Présentation du nouveau programme d`actions
Transcription
Présentation du nouveau programme d`actions
PROGRAMME CONCERTE DE COOPERATION DECENTRALISEE ENTRE 6 COMMUNES NORMANDES (CASTILLON-EN-AUGE, COLOMBELLES, IFS, LOUVIGNY, MEZIDON-CANON ET MONDEVILLE) ET LES 5 COMMUNES DU CANTON DE KORNAKA AU NIGER JUILLET 2016 / JUIN 2019 1. ACTEURS DU PROJET Maîtres d’ouvrage Les élus des deux territoires assurent la maîtrise d’ouvrage du programme. Celui-ci se construit en deux grandes phases : dans chaque territoire des réunions de travail font le bilan des activités passées et définissent les objectifs recherchés pour l’année qui vient ; puis une rencontre entre les élus français et nigériens met les résultats en commun et définit le programme à venir. Les communes normandes sont réunies au sein d’un comité de pilotage. Ce « Copil » se réunit régulièrement avec Eau Vive Normandie, son maître d’œuvre, suit la réalisation du programme et fait des propositions de réalisations. Les cinq communes du canton de Kornaka (Adjékoria, Dan Goulbi, Kornaka, Sabon Machi et Mayara), (région de Maradi au Niger) sont réunies au sein de l’Association des Communes du Canton de Kornaka (ACCK). L’ACCK est en contact régulier avec son maître d’œuvre Eau Vive au Niger. Un cadre de concertation entre les communes joue un rôle équivalent à celui du Copil en Normandie. Il existe aussi des cadres de concertation spécifiques (cadre de concertation des femmes, cadre de concertation des jeunes). Maîtres d’œuvre L’association Eau Vive Normandie et l’ONG Eau Vive, via sa délégation au Niger, ont été choisies par les collectivités concernées pour mettre en œuvre le programme en Normandie et au Niger : accompagner les collectivités dans leur démarche de coopération ; coordonner la mise en place des activités, effectuer le suivi administratif et financier ; mobiliser, impulser des synergies entre les communes, animer le territoire ; faciliter les échanges et les relations avec les partenaires ; faciliter l’ouverture des populations sur le monde, faire évoluer les représentations. Partenaires Au-delà des acteurs directement impliqués dans le pilotage et le portage du projet, de nombreux partenaires apportent également depuis plusieurs années leur soutien à cette coopération, sous différentes formes : - Le Conseil Régional de Normandie ; Le Ministère des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI) ; Les associations Ifs Solidarité Sahel (ISS) et Solidarité de Louvigny avec le Sahel (SLAS) et l’association Kascad (association d’étudiants en médecine de Caen) ; L’Agence de l’Eau Seine-Normandie (AESN) ; La Communauté d’Agglomération de Caen-la-Mer ; Les Syndicats intercommunaux d’alimentation en eau potable (SIAEP) d’Ifs-Bourguébus, de Louvigny et de Mondeville-Colombelles-Giberville et le Syndicat de production d’eau potable de la région de Caen ; La ville de Lisieux. Pour ce nouveau programme, de nouveaux partenariats sont sollicités : - Le Comité français pour la solidarité internationale (CFSI) et la Fondation de France, par leur programme de renforcement de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest. - Le Syndicat de Production d'Eau Potable (SPEP) Sud Calvados à Falaise. 2. DESCRIPTIF DU PROJET Résumé Ce programme vise à appuyer le développement local dans le canton de Kornaka, de façon transversale, tout en apportant au territoire normand une ouverture sur le monde et s’articule autour de 5 volets : - Renforcement des capacités institutionnelles - Animation du territoire et ouverture sur le monde - Insertion socio-économique de tous les citoyens - Appui à la sécurité alimentaire dans le canton de Kornaka - Accès à l’eau potable et l’assainissement dans le canton de Kornaka Contexte Situation politique et sécuritaire au Niger : La situation politique du pays est stable depuis les différentes élections de 2011, mais l’existence de risques terroristes et d’enlèvement ne permet pas, à l’heure actuelle, aux acteurs normands de se rendre dans le canton de Kornaka. De nouvelles élections présidentielles, législatives et locales sont prévues en 2016. Les équipes municipales des communes du canton de Kornaka pourraient donc changer. L’Association des communes du canton de Kornaka (ACCK) et son territoire : L’ACCK est aujourd’hui dynamisée par le programme et constitue le cadre privilégié de concertation pour la mise en œuvre des actions intercommunales. Un secrétariat permanent de l’AACK a été mis en place, avec un agent technique intercommunal eau et assainissement, et un secrétaire administratif. Ce dynamisme est toutefois entravé par le manque de moyens, dû à l’absence d’un cadre intercommunal défini au Niger. Le territoire couvert par l’ACCK compte plus de 400 000 habitants, pour une superficie d’environ 9 500km2. Les besoins prioritaires de la population sont l’accès à l’eau, à l’assainissement et à la sécurité alimentaire. Manque d’ouverture sur le monde en Normandie : Les évènements traversés par la France en 2015 (afflux des réfugiés et attentats) ont aggravé le climat de méfiance et les cas de discriminations. Les communes normandes, bien qu’elles comptent en moyenne peu d’immigrés, font malgré tout face à une augmentation de l’intolérance et des préjugés, notamment vis-à-vis de la religion musulmane. Historique Avec l’avènement de la décentralisation au Niger et la mise en place des premiers conseils municipaux en 2004, le canton de Kornaka a été subdivisé en cinq communes. Dès 2006, les communes du canton de Kornaka ont décidé de se regrouper au sein d’une association pour mettre en place des projets intercommunaux : c’est ainsi qu’a été créée l’ACCK. Le Conseil Régional de Basse-Normandie a soutenu la mise en place d’un programme d’appui au développement local du canton de Kornaka, mis en œuvre par Eau Vive. Puis, quatre communes (Colombelles, Castillon-en-Auge, Ifs et Mézidon-Canon) se sont engagées auprès du Conseil Régional pour mettre en place un programme concerté de coopération entre des communes bas-normandes et celles du canton de Kornaka. Cette coopération innovante, de territoire à territoire, a permis de soutenir deux programmes triennaux (juin 2010 / juin 2013 et juillet 2013 / juin 2016). Le premier programme était porté par le Conseil Régional de Basse-Normandie, le deuxième par la ville d’Ifs. C’est désormais la ville de Colombelles qui prend le relais en tant que chef de file. Les réflexions sur la préparation du programme de coopération présenté ici ont débuté au printemps 2015, par des échanges entre acteurs normands et entre acteurs nigériens. Puis des discussions entre l’ensemble des acteurs ont été organisées lors de l’accueil en Normandie d’une délégation des Maires des cinq communes du canton de Kornaka du 5 au 11 octobre 2015. Ces discussions ont permis d’approfondir certains sujets identifiés comme pouvant faire partie du prochain programme et de valider les axes de travail pour les trois prochaines années. Ce nouveau programme est dans la continuité des deux précédents, avec la définition d’un nouveau volet, axé sur l’accès à la citoyenneté. En parallèle, les échanges avec d’autres communes normandes ont été poursuivis, pour leur présenter le programme de coopération décentralisée. Deux nouvelles communes, Louvigny et Mondeville, ont souhaité rejoindre la coopération décentralisée pour ce nouveau programme. Innovation Cette coopération a la particularité de créer du lien au sein de ces deux territoires : - Cadre de concertation au Niger Comité de pilotage, chargé du suivi de la coopération et de la concertation entre les communes, en Normandie. L’implication des différents acteurs de la société civile (associations, écoles, habitants), contribue au renforcement des liens entre les habitants et les acteurs des communes. Par ailleurs, Il ne s’agit pas d’une coopération « à sens unique » mais d’un partenariat qui permet à chaque acteur d’interroger ses pratiques et de les mettre en perspective, avec des activités sur les deux territoires. Les programmes de coopération ont été construits à partir de la confrontation des attentes des partenaires, afin d’identifier des domaines de complémentarités et d’apports mutuels. Les actions mises en œuvre accordent une place importante aux échanges d’expérience. Page 2 sur 20 Bénéficiaires du projet ici et là-bas : Les cinq communes du canton de Kornaka (Kornaka, Adjékoria, Dan Goulbi, Sabon Machi et Mayara), Région de Maradi au Niger, et les six communes normandes de Colombelles, Castillon-en-Auge, Ifs, Louvigny, Mézidon-Canon et Mondeville. Plus largement, ce programme rayonne sur l’ensemble des territoires normand et du canton de Kornaka Objectifs du projet Sur le territoire partenaire : Résultat global espéré dans le cadre du projet : Amélioration des capacités d’intervention de l’association des communes du canton de Kornaka pour permettre à la population d’accéder aux services sociaux de base Objectifs à long terme du projet : - Renforcer les capacités institutionnelles des communes, notamment en matière de gestion intercommunale ; - Contribuer à l'animation des territoires et à l’ouverture sur le monde des populations ; - Contribuer à l’amélioration des conditions d’insertion socio-économique de tous les citoyens, en particulier des femmes et des jeunes ; - Améliorer l’accès à la sécurité alimentaire dans le canton de Kornaka ; - Améliorer l’accès à l’eau potable et l’assainissement dans le canton de Kornaka. Actions à mettre en œuvre pour atteindre ces résultats : Renforcement des capacités institutionnelles Animation du territoire et ouverture sur le monde Insertion socio-économique de tous les citoyens, en particulier des femmes et des jeunes Appui à la sécurité alimentaire dans le canton de Kornaka Amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement Sur le territoire français : Résultat global espéré dans le cadre du projet : Renforcement de l’animation du territoire et de l’ouverture sur le monde de la population des communes normandes Objectifs à long terme du projet : - Ouverture sur le monde de la population, sensibilisation des habitants, en particulier des plus jeunes, à l’interculturel et à la citoyenneté ; - Participation à l’animation du territoire, via la mobilisation de la population autour de cette coopération; - Mobilisation citoyenne, en particulier des jeunes, comme acteurs du développement de leur territoire - Apport d’un regard extérieur sur le développement du territoire et ses problématiques, permettant d’interroger ses propres modes de fonctionnement et de s’inspirer des expériences des partenaires, pour faire évoluer ses propres pratiques ; - Création de liens entre les collectivités normandes impliquées, avec un effet d’entraînement au-delà de la coopération. Actions à mettre en œuvre pour atteindre ces résultats : Renforcement des capacités institutionnelles Animation du territoire et ouverture sur le monde Insertion socio-économique de tous les citoyens, en particulier des femmes et des jeunes Viabilité du projet Précisions sur la viabilité technique, organisationnelle, environnementale, financière, politique, sociale et culturelle du projet Sur le plan politique, ce projet est né de la détermination des collectivités concernées à poursuivre leur coopération et à inscrire leur action dans la durée. En Normandie, le comité de pilotage, qui rassemble les collectivités impliquées, se réunit régulièrement pour assurer le suivi de la coopération. Au Niger, toutes les activités prévues dans le projet s’inscrivent dans le cadre du plan intercommunal de développement élaboré par les cinq communes du canton de Kornaka. Ce programme permet également de renforcer et d’opérationnaliser les dispositifs garantissant la mise en œuvre de l’action intercommunale : secrétariat permanent, service technique et cadre de concertation. L’intervention d’Eau Vive Normandie et Eau Vive au Niger facilite le lien entre les deux territoires, la coordination intercommunale et la mise en œuvre des activités d’animation du territoire Page 3 sur 20 Les communes du canton de Kornaka sont maîtres d'ouvrage pour les actions menées au Niger, donc déjà autonomes et responsabilisées dans leurs projets. Le programme renforce cette autonomie par les actions d’appui institutionnel. Concernant les appuis techniques, la formation et l’implication des bénéficiaires permettent la pérennité des actions : - la formation en gestion des groupements appuyés pour les cultures maraîchères irriguées, leur permet de devenir totalement indépendants vis-à-vis du projet. - la formation des associations des usagers du service public de l’eau et l’approche assainissement total piloté par la communauté implique directement la population dans la pérennité de ces services. Communication Chaque commune impliquée est garante d'un plan de communication propre à son territoire (journal municipal, site internet, panneaux de communication), et les manifestations sont relayées via la presse locale. Le soutien des différents partenaires est mis en avant dans les différents supports de communication. Pour ce nouveau programme triennal, il a été décidé d’initier la mise en place d’une stratégie globale de communication en Normandie. Au Niger, l’ensemble des actions sera communiqué à la population par l’intermédiaire de la radio intercommunale. 3. DETAIL DES ACTIONS DU PROJET PROPOSE (ICI ET LA-BAS) ACTION 1 : Renforcement des capacités institutionnelles Activité 1.1 : formalisation des modalités de fonctionnement de l’ACCK Activité 1.2 : Renforcement des capacités de gestion des infrastructures intercommunales dans le canton de Kornaka Activité 1.3 : Appui aux communes du canton de Kornaka dans la réorganisation de la gestion de leurs marchés Activité 1.4 : Echanges de pratiques et rencontres de concertation avec d’autres acteurs de la coopération décentralisée en France Activité 1.5 : Organisation d’une mission d’échange entre élus des deux territoires ACTION 2 : Animation du territoire et ouverture sur le monde Activité 2.1 : Organisation des journées intercommunales (JICO) Activité 2.2 : Réalisation d'animations et d'activités de sensibilisation en Normandie Activité 2.3 : Echange entre établissements scolaires Activité 2.4 : Partage autour des activités culturelles et sportives ACTION 3 : Amélioration des conditions d’insertion socio-économique de tous les citoyens, en particulier des femmes et des jeunes Activité 3.1 : éducation citoyenne et politique, notamment pour les femmes et les jeunes Activité 3.2 : Accompagnement des habitants du canton de Kornaka à l’obtention des documents permettant l’exercice de la citoyenneté Activité 3.3 : Mise en place d’un fonds pour soutenir des initiatives de jeunes dans le canton de Kornaka Activité 3.4 : Organisation d’une mission d’échange sur la question de la formation, de l’insertion et de l’emploi des jeunes ACTION 4 : Appui à la sécurité alimentaire dans le canton de Kornaka Activité 4.1 : Renforcement et extension des sites de production maraîchère dans la vallée du Goulbi Kaba Activité 4.2 : Renforcement des capacités de gestion et de mutualisation des groupements maraîchers pour accéder aux marchés urbains Activité 4.3 : Promotion du maraîchage et de ses produits ACTION 5 : Accès à l’eau potable et l’assainissement dans le canton de Kornaka Activité 5.1 : transformation de pompes à motricité humaine en postes d’eau autonomes Activité 5.2 : Mise en place et formation des Association des Usagers du Service Public de l’Eau (AUSPE) Activité 5.3 : Mise en œuvre de l’approche Assainissement Total Piloté par la Communauté (ATPC) dans 10 villages Activité 5.4 : Constructions de 2 blocs de latrines scolaires Activité 5.5 : Réalisation et diffusion d’émissions radio de sensibilisation Page 4 sur 20 ACTION 1 : Renforcement des capacités institutionnelles La dynamique intercommunale est en marche dans le canton de Kornaka. Cependant, l’ACCK manque encore de compétences et de moyens pour pouvoir assumer pleinement son rôle. A travers ce volet, plusieurs activités permettront de renforcer les capacités de l’ACCK et de ses élus, afin qu’elle puisse mener une action intercommunale concertée. Côté normand, les élus perfectionneront leurs pratiques d’intervention en matière de coopération décentralisée. Activité 1.1 : formalisation des modalités de fonctionnement de l’ACCK L’ACCK constitue aujourd’hui le cadre privilégié de concertation pour la mise en œuvre des actions intercommunales. Un secrétariat permanent de l’ACCK a été mis en place, ainsi qu’un agent technique intercommunal eau et assainissement et un secrétaire administratif. Ce type de structure est innovant dans le paysage institutionnel nigérien où l’intercommunalité est prévue par la loi, mais dont les textes d’application n’ont pas encore été adoptés. L’ACCK est ainsi devenue une référence en matière de maîtrise d’ouvrage dans la région de Maradi en particulier, au Niger en général et dans les pays voisins (Burkina Faso, Bénin…). Les maires des 5 communes sont régulièrement sollicités pour partager leur expérience dans des réunions, forums et ateliers au niveau régional et national. Ce dynamisme est toutefois entravé par le manque de moyens et il apparaît nécessaire de renforcer encore davantage le travail entrepris, pour consolider les acquis. D’un point de vue institutionnel notamment, les modalités de fonctionnement de l’ACCK sont encore assez peu formalisées, ce qui à terme pourrait fragiliser la structure, notamment dans la perspective des prochaines élections municipales au Niger. Il est donc proposé, dans le cadre du présent projet, d’accompagner l’ACCK dans la formalisation de ses modalités de fonctionnement. Pour cela, un diagnostic institutionnel de l’ACCK est en cours de réalisation, pour faire le point de tous les acquis, aussi bien immatériels que matériels (liste du patrimoine matériel de l’ACCK, évaluation de l’usage de ces biens, élaboration de règles d’utilisation…). Ce diagnostic sera conclu par l’organisation d’une rencontre de restitution, lors de laquelle les recommandations du consultant seront présentées à l’ensemble des acteurs de l’ACCK. La phase de mise en œuvre des recommandations qui suivront sera réalisée en année 1 du nouveau programme de coopération. Le consultant mobilisé pour le diagnostic accompagnera cette phase de discussion au sein de l’ACCK pour : Formaliser les compétences transférées par les communes à l’ACCK et son fonctionnement Elaborer un cahier des charges du secrétariat permanent. Définir et formaliser les postes de dépense et les sources de financements de l’ACCK. Ces trois axes seront validés lors de trois rencontres intercommunales dédiées. Ce travail de formalisation contribuera également à permettre aux 5 communes du canton de mieux valoriser leur expérience dans la perspective de la mise en place effective des textes d’application devant régir l’intercommunalité au Niger. Activité 1.2 : Renforcement des capacités de gestion des infrastructures intercommunales dans le canton de Kornaka Mutuelle d’épargne et de crédit (MUTEC) Avec l’appui financier d’Eau Vive et l’appui technique de l’Union des Mutuelles d’Epargne et de Crédit du Niger, l’ACCK a mis en place, dans le cadre de l'intercommunalité, une mutuelle d’épargne et de crédit, avec des guichets dans chacune des communes. Les prêts octroyés permettent de réaliser des activités génératrices de revenus et constituent un moyen de lutte contre la pauvreté, notamment pour les femmes. La Mutec est aujourd’hui extrêmement sollicitée. Cependant, dans les périodes d’investissement agricole, les guichets ont des difficultés à répondre aux demandes des autres secteurs. Il est donc nécessaire d’améliorer le système global de gestion de la mutuelle. Pour cela une formation spécifique en gestion des mutuelles sera dispensée aux nouveaux élus administrateurs par un consultant spécialisé dans le domaine. Cette formation s’accompagnera de la définition du nouveau plan d’action et d’un plan financier. De plus la gestion comptable sera modernisée, par la fourniture d’un logiciel de comptabilité, pour lequel le comptable de la mutuelle recevra une formation. Radio intercommunale Véritable outil d’animation du territoire, les radios de proximité favorisent la circulation de l’information et les échanges entre les villages. Elles permettent également d'informer et de sensibiliser les villageois sur des questions liées au civisme, à l’eau, à l’assainissement, à la sécurité alimentaire… Page 5 sur 20 Le développement de la radio intercommunale Gyaré, soutenu dans le cadre du programme de coopération, a été un véritable succès. En effet, la radio est aujourd’hui sollicitée par de nombreux acteurs associatifs et institutionnels, comme outils de sensibilisation dans différents domaines. Pour répondre à cette augmentation de la demande et compte tenu des récents changements intervenus dans la composition de l’équipe de la radio, il est nécessaire d'améliorer sa capacité de gestion. Les radios communales se développent de plus en plus à travers l’Afrique. Leur étude a mis en avant les avantages et les limites des systèmes de gestion existants, dégageant ainsi les lignes directrices à suivre pour la gestion de ces structures. Un consultant spécialisé en accompagnement des radios communales sera sélectionné pour mettre en œuvre ces recommandations de gestion au niveau de la radio Gyaré, par trois modules de formation : 1. Fonctionnement et rôle des différentes structures de gestion (assemblée générale, conseil d’administration, comité exécutif, comité de gestion de la radio et commissaire aux comptes) 2. Gestion financière d’une radio intercommunale (viabilité financière, sources de revenus, démarche d’élaboration d’un compte d’exploitation, outils de gestion financière…) ; 3. Promotion et autofinancement d’une radio intercommunale (marketing, contractualisation, exécution …) Activité 1.3 : Appui aux communes du canton de Kornaka dans la réorganisation de la gestion de leurs marchés En mars 2015, 16 représentants de l’ACCK ont réalisé un voyage d’étude au nord Bénin pour rencontrer l’Association pour la Promotion de l’Intercommunalité dans le Département de l’Alibori (APIDA), qui a été créée en 2004 par les 6 communes du département, avec l’appui de la Région Picardie en France. A cette occasion, les représentants de l’ACCK ont notamment visité le marché à bétail de Gogounou. Ils ont été très impressionnés par l’efficacité de sa gestion, qui dégage des bénéfices, réinvestis par exemple dans la construction de salles de classe. Les communes de l’ACCK souhaitent donc s’inspirer de cette expérience pour réorganiser la gestion de leurs marchés. En effet, la mobilisation des ressources locales est une des principales difficultés des communes nigériennes : actuellement, rares sont les communes qui arrivent à payer régulièrement les salaires de leurs fonctionnaires, à plus forte raison à investir. Or, les marchés ruraux (les marchés à bétail en particulier) sont potentiellement la principale source de revenus des communes rurales au Niger. Cependant, la défaillance des entités devant les gérer représente souvent un manque à gagner important pour les communes. Dans le canton de Kornaka, Sabon Machi dispose notamment d’un marché à bétail de grande ampleur, qui, selon une étude, devrait permettre de mobiliser au moins 1 million de FCFA par jour de marché, soit 4 millions de FCFA par mois, ce qui permettrait de couvrir totalement les charges de fonctionnement de la commune, et même d’investir. Or, avec la gestion actuelle, le marché permet rarement à la commune de mobiliser plus de 200 000 FCFA par jour. Dan Goulbi dispose également d’un marché à bétail non négligeable. Kornaka, Adjékoria et Mayara, disposent des grands marchés à céréales de la région. Il s’agit donc d’accompagner les communes dans la réorganisation de la gestion de leurs marchés, en commençant par Sabon Machi puis en généralisant par la suite aux autres communes. Pour cela, il est proposé de : mobiliser un consultant spécialisé pour réaliser une étude socioéconomique du marché et définir les étapes à suivre pour en réorganiser la gestion ; accompagner le processus de mise en œuvre, en concertation avec l’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion du marché. L’objectif est également de réfléchir à un partage des compétences entre les communes et l’intercommunalité, dans le respect de l’esprit des textes en vigueur. Cette réflexion pourrait être élargie à toutes les infrastructures marchandes dont la gestion pourrait procurer des ressources financières aux communes et dont une partie pourrait être reversée à l’intercommunalité. Les communes normandes pourront également partager leur expérience en la matière : les réalités sur les deux territoires sont très différentes et l’organisation des communes normandes n’est pas transposable en l’état aux communes nigériennes mais un échange d’expérience peut malgré tout être intéressant pour apporter un éclairage différent aux élus nigériens. Cet échange a déjà démarré en octobre 2015, lorsque la délégation des maires du canton de Kornaka a été reçue à la Mairie de Caen pour échanger autour de la gestion du marché avec le placier et la responsable du service dont il dépend. Page 6 sur 20 Activité 1.4 : Echanges de pratiques et rencontres de concertation avec d’autres acteurs de la coopération décentralisée en France Les acteurs du projet, en particulier les élus normands, souhaitent approfondir et améliorer leurs pratiques d’intervention en matière de coopération décentralisée, à la fois via des échanges d’expérience avec d’autres collectivités engagées en coopération et via la participation aux rencontres de concertation organisées à l’échelle régionale ou nationale. L’objectif est de mieux outiller les élus, les agents et les acteurs communaux dans la mise en œuvre de leur programme de coopération décentralisée, mais aussi de mutualiser les compétences, de partager les informations et de coordonner les démarches pour une plus grande efficacité des actions. En Normandie, le travail de concertation sera réalisé avec le Conseil Régional ainsi qu’avec Horizons Solidaires, le RRMA Normand. Au niveau national, les relations établies avec Cités Unies France se poursuivront, notamment via la participation au groupe pays Niger et aux réunions thématiques. Les échanges avec les autres réseaux de la solidarité internationale, tels que le Programme Solidarité Eau, seront maintenus, pour se tenir informé des évolutions et innovations dans les différents domaines. Activité 1.5 : Organisation d’une mission d’échange entre élus des deux territoires Une mission d’échange entre élus sera organisée en année 3, pour faire le point sur la mise en œuvre des activités, réaliser un premier bilan du programme et travailler sur les perspectives de la coopération. Cette mission sera également l’occasion de mettre en exercice l’échange d’expériences entre élus, en travaillant sur les axes de réciprocité identifiés. Le lieu de la mission sera défini en fonction de la situation sécuritaire au Niger. S’il n’est toujours pas possible pour les acteurs normands de se rendre dans le canton de Kornaka, les élus du canton de Kornaka seront accueillis en Normandie. Dans tous les cas, les acteurs du programme se conformeront aux recommandations du MAEDI quant aux déplacements au Niger. En fonction du lieu arrêté, cette mission sera organisée conjointement à la journée intercommunale en Normandie ou dans le canton de Kornaka (voir activité 2.1) et sera également l’occasion de célébrer les dix ans de la coopération. Bénéficiaires de l'action ici et là-bas : - L'ACCK, Association des Communes du Canton de Kornaka, et son secrétariat permanent ; - Les élus des cinq communes du canton de Kornaka ; - Les élus des six communes normandes ; - L’équipe de la radio intercommunale Gyaré ; - L’équipe en charge de la gestion de la Mutec ; - Les comités de gestion des marchés du canton de Kornaka. Résultats progressifs de l'action visés dans le cadre du projet ici et là-bas : A court terme - Le fonctionnement de l’ACCK et les compétences qui lui sont transférées par les communes sont formalisés - Un cahier des charges du secrétariat permanent de l’ACCK est élaboré. - Les postes de dépense et les sources de financements de l’ACCK sont définis - Les nouveaux élus administrateurs de la Mutec sont formés à la gestion d’une mutuelle d’épargne et de crédit. - Le nouveau plan d’action et le plan financier de la Mutec sont établis - Le comptable de la Mutec est équipé d’un logiciel de comptabilité spécialisé et sait l’utiliser - L’équipe de la radio intercommunale de Kornaka est formée sur le fonctionnement et le rôle des différentes structures de gestion de la radio, sur la gestion financière et sur la promotion et l’autofinancement d’une radio intercommunale - Les enjeux de la gestion du marché de Sabon-Machi sont évalués et les étapes à suivre pour réorganiser sa gestion sont définies - Le processus de mise en œuvre de la réorganisation du marché de Sabon-Machi est lancé, en impliquant l’ensemble des acteurs concernés par sa gestion - Les communes normandes et nigériennes concernées échangent leur expérience sur la gestion des marchés. - Les élus normands participent à au moins deux rencontres d’échange d’expérience avec d’autres acteurs de la coopération décentralisée chaque année. - Une mission d’échange entre élus des deux territoires est organisée A l’issue du projet : Page 7 sur 20 - - Les capacités de gestion de l’intercommunalité et de ses structures sont renforcées dans le canton de Kornaka La gestion globale de la mutuelle d’épargne et de crédit et de la radio intercommunale de Kornaka s’améliore. Le marché de Sabon-Machi commence à générer des bénéfices pour la collectivité et une réflexion est engagée sur le partage des compétences entre les communes et l’intercommunalité, en matière de gestion des infrastructures marchandes et non marchandes Les pratiques d’intervention en matière de coopération décentralisée sont améliorées Le nouveau programme de coopération décentralisée est défini Résultats progressifs de l'action visés après le projet ici et là-bas : - Les communes du canton de Kornaka sont davantage en capacité de valoriser leur expérience d’intercommunalité, contribuant ainsi à alimenter la réflexion sur la mise en place de l’intercommunalité au Niger. - L’expérience de Sabon-Machi peut être reproduite sur d’autre marchés du canton de Kornaka et générer des bénéfices suffisants pour couvrir une part des charges communales et/ou intercommunales et investir dans de nouvelles infrastructures - L’ACCK définit des nouvelles structures à gérer en intercommunalité et crée des emplois sur des postes de gestion dans les domaines liés - La Mutec accroît son nombre de bénéficiaires et à plus long terme crée de nouveaux guichets - La radio intercommunale conclut de nouveaux partenariats - La coopération décentralisée continue de se renforcer - De nouvelles communes normandes rejoignent la coopération décentralisée Questions évaluatives : - Les modalités de fonctionnement de l’ACCK sont-elles formalisées ? - Les capacités de gestion de la Mutuelle d’épargne et de crédit et de la radio intercommunale de Kornaka sont-elles renforcées ? - La gestion du marché de Sabon-Machi s’est-elle améliorée ? - Les communes normandes ont-elles échangé leur expérience avec d’autres acteurs de la coopération ? - Un bilan du programme et un échange entre élus sur les perspectives de la coopération a-t-il été réalisé Sources du suivi-évaluation : - Rapport du consultant chargé de la formalisation du fonctionnement de l’ACCK - Compte rendu de la formation des administrateurs de la Mutec - Plan d’action et plan financier de la Mutec - Compte-rendu des modules de formation de l’équipe de la radio intercommunale de Kornaka - Rapport du consultant chargé de la réalisation de l’étude socioéconomique du marché de Sabon-Machi et de la définition des étapes à suivre pour en réorganiser la gestion. - Comptes-rendus des rencontres d’échanges d’expérience entre acteurs de la coopération. - Compte-rendu de la mission d’échange entre élus ACTION 2 : Animation du territoire et ouverture sur le monde L’objectif général des projets d’animation est de mobiliser et d’impliquer davantage les habitants, en rendant plus concrets les échanges possibles dans le cadre de cette coopération et en améliorant l’interconnaissance entre les deux territoires. C’est également un moyen de sensibiliser davantage la population des communes aux enjeux de la solidarité internationale et de l’ouverture interculturelle. Dans le cadre de ce programme, la coopération décentralisée est conçue comme un outil politique d’animation du territoire, par l’implication des différents acteurs de la société civile (associations, écoles, habitants, élus…) et le renforcement des liens entre la population et les communes, l’objectif étant de faire émerger une réelle dynamique territoriale autour de la coopération. Activité 2.1 : Organisation des journées intercommunales (JICO) Cette action est inspirée des « JICO » (journées intercommunales) qui s’organisent entre plusieurs communes au Niger et permettent de réunir élus, acteurs locaux et population autour de manifestations diverses, favorisant ainsi les rencontres et les échanges entre acteurs du territoire, notamment sur des sujets relatifs à la vie de la commune. Dans le cas présent, l’objectif est de créer un cadre d’échange et de réflexion entre les acteurs des différentes communes impliquées ; c’est aussi l’occasion pour les communes de rassembler les habitants autour d’une journée de réflexion et d’animation. Page 8 sur 20 Dans le canton de Kornaka Ce type de journée a déjà été soutenu à plusieurs reprises dans le cadre de la coopération et a toujours rencontré un succès important, suscitant une forte mobilisation locale. Il est donc proposé de renouveler l’expérience dans le cadre du présent projet, pour faire de cette journée intercommunale un rendez-vous annuel et attendu, permettant de consolider les liens entre les différents acteurs concernés. En Normandie En Normandie, la journée intercommunale organisée à Mézidon-Canon en octobre 2011, a été une véritable réussite. Elle a permis de rassembler de nombreux citoyens de plusieurs communes normandes lors d’une manifestation culturelle autour de l’Afrique. C’est le cas également, à plus petite échelle, des différentes soirées thématiques organisées chaque année dans les communes impliquées. Sur le modèle de ce qui avait été fait à Mézidon-Canon, les élus ont souhaité qu’un évènement soit organisé chaque année dans une commune de la coopération, pour créer un cadre d’échange et de réflexion entre les acteurs et habitants des différentes communes ; apporter à la coopération un rayonnement sur le territoire et une appropriation par les habitants ; créer un temps de convivialité, terreau d’une coopération assumée. Partant du constat que les évènements organisés sur des thèmes extérieurs à la coopération en tant que telle, comme le festival Alimenterre, attirent un plus large public, le Comité de Pilotage en Normandie, a défini les axes stratégiques de ces évènements annuels. Les journées seront organisées autour de thématiques adaptées à l’actualité, avec une phase d’échanges et de débats en matinée, des animations adressées à un public familial l’après-midi et un évènement festif le soir. Ces journées seront organisées, si possible, en même temps que les missions d’échange d’acteurs avec le canton de Kornaka. Elles seront également l’occasion de présenter les travaux d’échanges entre écoles, d’activités culturelles et sportives (cf paragraphes 2.3 et 2.4). L’une des journées intercommunales aura une symbolique particulière, puisqu’elle se tiendra autour des commémorations du centenaire de la fin de la grande guerre. Cet évènement particulier se tiendra à Colombelles, la commune chef de file du programme. Il s’intégrera aux cérémonies à la mémoire des soldats colombellois, des soldats allemands de Steinheim am Albuch (ville jumelle) et des soldats du canton de Kornaka, morts lors de cette guerre. La journée intercommunale de la troisième année sera l’occasion de célébrer les 10 ans de la coopération. Dans le cas où ce sont les maires nigériens qui se déplacent en France, cette célébration se fera en leur présence. Pour mobiliser les acteurs et citoyens du territoire de façon intergénérationnelle et interculturelle, un effort particulier sera fait pour intégrer le plus grand nombre possible d’acteurs variés dans la préparation de ces journées. Il sera notamment prévu de travailler avec Horizons Solidaires, le RRMA en Normandie, pour réfléchir à la manière d’intégrer d’autres acteurs de la coopération internationale dans ces journées ; de solliciter l’aide de la médiathèque de Colombelles pour rechercher des films sur la grande guerre, adaptés à la question des troupes coloniales (regroupées sous le nom de tirailleurs sénégalais pour les soldats noirs d’Afrique subsaharienne) ; d’inclure les étudiants du cursus Information-Communication de l’IUT d’Ifs pour préparer la communication sur l’évènement, ou ceux du lycée-hôtelier Rabelais à Ifs pour accueillir des festivités. Activité 2.2 : Réalisation d'animations et d'activités de sensibilisation en Normandie En dehors des JICO, des animations de plus faible ampleur seront assurées sur le territoire normand, au cours de l’année, en fonction des opportunités qui se présenteront : - Valorisation de la coopération dans le cadre d’événements communaux plus larges (ce qui est également un moyen de renforcer la transversalité de la coopération) : forum des associations d’Ifs, marché de Noël de Louvigny, foire aux plantules de Colombelles… - Organisation d’actions dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale, qui a lieu tous les ans, la 3ème semaine de novembre ; - Participation au festival Alimenterre (festival de films documentaires sur les enjeux agricoles et alimentaires, organisé tous les ans par le CFSI, de mi-octobre à fin novembre, et coordonné au niveau régional par le RRMA Normand, Horizons Solidaires), via l’organisation de projections-débats dans les communes. Il est également étudié la possibilité de réaliser des projections en parallèle dans le canton de Kornaka. - Participation et création d’évènements en lien avec l’action 3 et en partenariat avec des organismes œuvrant à la vie citoyenne en Normandie et à l’intégration des populations en difficultés, en particulier des femmes. Les acteurs de la coopération ont notamment déjà travaillé avec l’Ecole des Parents et des Educateurs (EPE) à Ifs pour l’intégration des personnes d’origine étrangère, et avec le centre Léo Page 9 sur 20 Lagrange de Colombelles qui travaille avec les femmes issues de milieux populaires en difficultés. Ces partenariats seront renforcés et développés avec d’autres structures, selon les opportunités. Eau Vive Normandie mettra également ses outils pédagogiques à disposition des communes et des acteurs locaux, les accompagnera dans la mise en place d’actions de sensibilisation et d’éducation au développement, en fonction des besoins et des opportunités. De manière générale, une concertation sera recherchée avec les autres acteurs locaux et régionaux de l’éducation au développement et à la solidarité internationale, notamment le Citim, centre Ritimo de Caen. Activité 2.3 : Echange entre établissements scolaires Les actions du programme s’inscrivent dans une logique d’ouverture sur le monde des deux territoires. Les élus ont donc souhaité que les enfants puissent profiter de ce programme pour s’ouvrir à d’autres cultures, notamment par la mise en relation des établissements scolaires de leurs territoires. L’objectif est de permettre aux élèves d’appréhender l’altérité, de comprendre comment vit l’autre et de découvrir d’autres cultures et d’autres réalités. La mise en lien des établissements scolaires a débuté au cours des deux premiers programmes triennaux, sous la forme d’échanges d’école à école ou de classe à classe, via des travaux collectifs réalisés en classe, en lien avec les programmes scolaires, sur des thèmes choisis par les enseignants (par exemple les paysages, les contes, les jeux…). Des ateliers de découverte du Niger et plus largement de l’Afrique ont également été mis en place dans le cadre du temps périscolaire. L’objectif est de poursuivre ces deux types d’actions (échanges entre écoles et ateliers périscolaires), pour toucher davantage d’enfants et ancrer la coopération dans les projets pédagogiques des écoles et des communes, notamment sur les deux nouvelles communes récemment rattachées à la coopération : Louvigny et Mondeville. Les élus ont suggéré qu’une partie des travaux des élèves normands soit faite sous un aspect plus ludique et vivant. Ces échanges pourront prendre la forme de petits films, sur le modèle des travaux envoyés par les classes nigériennes les années précédentes, qui avaient beaucoup plu aux élèves normands. Activité 2.4 : Partage autour des activités culturelles et sportives Les récents constats de recrudescence de la xénophobie en France ont mis en avant le fait qu’il est urgent d’adresser des messages d’ouverture au monde à toutes les générations. Or, les programmes de coopération passés ont montré que les actions de sensibilisation, qu’elles soient faites dans le cadre même de la coopération ou intégrées à d’autres festivités communales, ont souvent tendance à s’adresser à une part restreinte de la population. Les élus Normands ont donc souhaité qu’une approche soit définie pour partir à la rencontre de tous. Partant de cet objectif et du constat que pour comprendre l’autre, il est intéressant de le découvrir dans sa vie de tous les jours, il a été proposé de permettre aux deux territoires de présenter à l’autre leurs activités culturelles, encadrées ou non (sports, théâtre, danse…). Ces échanges pourront prendre la forme de films, dans lesquels les participants présenteront leurs clubs d’activités, les manifestations culturelles auxquelles ils participent et toutes sortes de hobbies qu’ils pratiquent dans la vie quotidienne. Ainsi les populations des deux territoires pourront découvrir d’autres réalités, mais également constater des similitudes et des objectifs communs. Sur les deux territoires, l’approche se fera en relation avec les structures gérant ces activités culturelles sur le territoire des communes : associations sportives, clubs de théâtres, école ou groupe de musique, de danse et d’art. Il est à noter que les activités culturelles et sportives sont des lieux privilégiés pour aller à la rencontre de la jeunesse, groupe cible que la coopération décentralisée a habituellement des difficultés à toucher. Bénéficiaires de l’action ici et là-bas : - Les populations participant aux JICO et aux journées d’animations organisées en Normandie et dans le canton de Kornaka. - Les élus des communes normandes et nigériennes engagées - Les élèves et enseignants des écoles normandes et nigériennes participant aux échanges de travaux - Les associations sportives et culturelles des 2 territoires participant à l’action de valorisation et d’échanges de leurs pratiques Page 10 sur 20 Résultats progressifs de l’action visés ici et là-bas dans le cadre du projet: A court terme : - 3 journées intercommunales du canton de Kornaka sont organisées - 3 journées intercommunales en Normandie sont organisées - Les acteurs normands de la coopération participent et/ou organisent au moins 2 autres animations par an - Au moins 6 classes normandes et 6 classes du canton de Kornaka échangent des travaux chaque année - Au moins 1 atelier périscolaire de découverte du Niger est organisé chaque année - 2 groupes de travail impliquant des acteurs culturels et sportifs sont organisés sur les deux territoires - Au moins un échange est réalisé entre les 2 territoires sur leurs activités culturelles et sportives A l’issue du projet : - Les acteurs des territoires sont mobilisés et des synergies sont créées entre eux - La population des deux territoires, et en particulier les plus jeunes, est davantage ouverte sur le monde. - Les acteurs locaux et les habitants des communes sont davantage impliqués dans le projet de coopération. Résultats progressifs de l’action visés après le projet ici et là-bas : - Les habitants normands s’engagent davantage dans la coopération et la solidarité internationale. - D’autres communes normandes intègrent le projet, les pratiques et le concept de réciprocité sont partagés. - Les communes nigériennes et normandes mutualisent les outils et les moyens pour mettre en œuvre ces animations, dans chacun des pays. - Les outils d’animation des territoires et d’ouverture sur le monde crées sont partagés par et sur chacun de territoires. - Les actions de coopération s’étendent à la culture et au sport. - De nouveaux acteurs culturels et sportifs s’engagent dans le programme de coopération. Questions évaluatives : - Combien d’animations ont-elles été organisées ? - Quel est le nombre d’habitants mobilisés sur chaque action d’animation ? - Quel est le degré d’implication des habitants sur chaque action ? - Les formes de mobilisation des habitants et des associations ont-elles évoluées ? - De nouveaux acteurs sont-ils impliqués dans le projet de coopération ? - La presse locale a-t-elle communiqué sur les différentes actions ? Source du suivi d’évaluation : - Relevé quantitatif des animations et des participants et comparaison avec les relevés des actions précédentes. - Observation de l’évolution de la participation active des habitants. - Observation de l’intérêt des associations culturelles et sportives à intégrer le projet. - Les articles ou supports de communication produits ACTION 3 : Amélioration des conditions d’insertion socio-économique de tous les citoyens, en particulier des femmes et des jeunes L’objectif spécifique de cette action est de contribuer au développement local des deux territoires par l’amélioration des conditions d’insertion socio-économique de tous les citoyens, et en particulier des femmes et des jeunes. Activité 3.1 : éducation citoyenne et politique, notamment pour les femmes et les jeunes Souvent, les citoyens se montrent indifférents à l’action publique parce qu’ils n’ont pas la compréhension de leurs droits et du rôle qu’ils peuvent avoir dans le fonctionnement de la société et de l’Etat. Dans le canton de Kornaka Si le Niger est engagé dans un processus démocratique, cette ouverture n’empêche pas la marginalisation de certains, notamment les femmes et les jeunes. Cette situation est plus marquée dans les communautés rurales, où les femmes sont accaparées par les corvées quotidiennes des travaux domestiques et les jeunes préoccupés par le manque d’emploi. Beaucoup reste à faire pour les amener à prendre conscience du rôle important qu’ils doivent jouer en tant que citoyens dans la construction politique du pays et le développement de leur territoire. Pour inciter les citoyens, en particulier les femmes et les jeunes, à prendre part à l’action publique, des émissions sur la radio intercommunale Gyaré seront organisées sous deux formes : Page 11 sur 20 - Des séances d’éducation « citoyenne ». Il s’agira d’inviter les enseignants récemment formés à l’éducation citoyenne et politique dans le cadre du programme « Citoyens Engagés », développé par Eau Vive et mis en œuvre par Eau Vive Niger dans le canton de Kornaka. Les animateurs de la radio orienteront les discussions autour des droits et devoirs du citoyen, du fonctionnement des institutions et de l’importance des pièces d’état civil (actes de naissance, inscription sur les listes électorales, carte d’identité). Ces émissions d’éducation citoyenne seront proposées en langue locale, mais également en « français facile », afin que les femmes et les jeunes qui les écoutent aient les compétences pour communiquer le plus largement possible et puissent ainsi s’impliquer pleinement dans la vie locale, en investissant des espaces de parole. - Des débats sur la citoyenneté. Il s’agira d’inviter des leaders avertis pour tenir une tribune de conversation avec les femmes et les jeunes du canton sur des thématiques liées à la citoyenneté : contexte d’exercice de la citoyenneté dans le pays, instances de décision et de concertation sur les territoires, droits et devoirs des citoyens, enjeu de l’émancipation des femmes, leadership et participation aux instances de décision. En Normandie : S’il est essentiel que l’expression de la citoyenneté s’exerce au Niger, elle l’est également en France, où l’on prend peu à peu conscience de la nécessité de travailler davantage sur ces questions, comme en témoigne notamment le nouvel enseignement moral et civique mis en place dans les établissements scolaires à la rentrée 2015. S’inscrivant dans cette dynamique, les élus normands ont souhaité travailler ce volet sur leur territoire, en parallèle aux actions menées dans le cadre de la coopération. Partant de leurs expériences, les élus normands ont constaté que le manque d’implication des jeunes était en grand partie dû à un manque de connaissance du rôle et du fonctionnement des institutions et de leur place dans ce système, en tant que citoyens. Afin d’apporter une approche innovante dans la façon d’aborder le sujet, les acteurs de la coopération ont proposé d’organiser de petits débats de sensibilisation auprès des lycéens et collégiens, en lien avec les activités au Niger, pour voir comment l’exercice de la citoyenneté et la responsabilité individuelle et collective est appréhendé « là-bas » et faire le parallèle avec les réalités d’ « ici ». Cela pourrait notamment se faire par le biais des émissions radio enregistrées en français à Kornaka, comme base à l’ouverture d’un débat. Un groupe pilote désigné au sein des acteurs de la coopération travaillera à la préparation et la réalisation des animations, en collaboration avec des enseignants du secondaire. Des membres du comité de pilotage ont déjà des contacts privilégiés avec certains de ces acteurs. Sur les deux territoires : échanges sur les outils de démocratie participative Pour accompagner l’ensemble des actions d’implication des citoyens, en particulier des jeunes, dans la vie publique, les élus des communes normandes et nigériennes souhaitent approfondir ces questions, par des échanges sur les outils existants dans ce domaine, sur leurs territoires respectifs. Il s’agira alors de s’interroger des deux côtés, au sein du comité de pilotage pour la Normandie et du cadre intercommunal de concertation pour le canton de Kornaka, sur les outils et méthodes pour favoriser l’engagement des jeunes et former les citoyens de demain. Pour cela un élu référent sera désigné des deux côtés pour mener des recherches à ce sujet. Les deux instances échangeront ensuite leurs résultats, après avoir compilé l’ensemble des données. Cela permettra aux élus des deux territoires de se saisir des outils existants dans leur pays et de découvrir ceux qui sont proposés sur le territoire de l’autre. Activité 3.2 : Accompagnement des habitants du canton de Kornaka à l’obtention des documents permettant l’exercice de la citoyenneté Pour exprimer sa citoyenneté, tout habitant doit disposer de son acte de naissance, de sa carte d’identité et enfin de sa carte d’électeur. Il devient alors un citoyen à part entière, qui après avoir mesuré ses droits et devoirs, a les moyens d’exercer pleinement sa citoyenneté. Cependant, à l’heure actuelle bon nombre de citoyens du canton de Kornaka sont dépourvus d’acte de naissance, document pourtant indispensable à l’obtention de la carte d’identité et donc de la carte d’électeur. Les personnes qui n’ont pas été déclarées dans le délai légal à l’état civil, peuvent obtenir un jugement supplétif d’acte de naissance. Or, c’est une pièce difficile à obtenir pour les nombreux villageois éloignés du palais de justice, car elle demande leur présence et celle de témoins. L’organisation d’audiences foraines permet de déplacer le tribunal à la rencontre des populations des arrondissements éloignés du centre communal, afin d’établir massivement des jugements supplétifs d’acte de naissance. Lors de ce programme triennal, 10 audiences foraines seront organisées chaque année, en collaboration avec le Tribunal de première instance de Dakoro et le service d’état civil de la commune concernée, pour permettre aux couches vulnérables de la population (surtout les femmes et les jeunes), de se procurer un jugement supplétif. Chaque audience permettra de toucher environ 50 citoyens. Page 12 sur 20 Activité 3.3 : Mise en place d’un fonds pour soutenir des initiatives de jeunes dans le canton de Kornaka L’émancipation sociale des femmes et des jeunes doit nécessairement s’accompagner d’une émancipation économique. Elle donne aux individus une plus grande liberté et une certaine assise sociale qui leur permet de se mobiliser en tant que citoyen, de faire entendre leur voix et de devenir ainsi de véritables acteurs de changement sur leur territoire. Au cours des deux premiers programmes triennaux de coopération, plusieurs types d’actions ont été mis en place pour soutenir les jeunes du canton de Kornaka et contribuer à la lutte contre le chômage et l’exode rural fréquent dans la zone : - En 2012, formation de 5 jeunes en couture, appui à l’installation de leur micro entreprise dans leur village. - En 2013, lancement d’un appel à micro-projet, ouvert aux jeunes mais aussi aux femmes, qui a abouti au soutien de plus de 60 microprojets (principalement des projets d’embouche ovine), impliquant plus de 700 bénéficiaires (dont 6 groupements de jeunes). - En 2015, lancement d’un appel à proposition pour soutenir la formation, l’équipement et l’installation de micro-entreprises pour 10 jeunes du canton : 7 projets de couture, 1 projet de soudure, 1 projet d’informatique et 1 projet de menuiserie bois ont ainsi été soutenus (dont 3 portés par des jeunes femmes). Ces actions ont été un succès et ont rencontré l’adhésion de la population. Les cinq jeunes couturiers soutenus en 2012 sont devenus économiquement autonomes. Ils sont des « opérateurs économiques » dans leurs villages. L’appel à microprojets de 2013 avait enregistré plus de 300 demandes et pour l’appel à proposition de 2015, 45 dossiers ont été reçus. Pour ce dernier appel à proposition, un partenariat a été mis en place avec le centre de formation en développement communautaire de Kornaka. Les formations et l’équipement des jeunes ont eu lieu en juillet 2015 et les premiers résultats sont encourageants. Pour le présent programme, il est prévu de renouveler cette action, sur le format de l’appel à proposition de 2015 : il s’agit de susciter parmi les jeunes, en particulier les jeunes femmes, des initiatives de projets économiques structurants, leur permettant un auto-emploi. Les secteurs d’activités ou filières seront diversifiés. Les bénéficiaires seront accompagnés dans la formation, l’équipement et leur installation sur le marché. Lors de ce programme triennal, deux appels à projet seront lancés, l’un en fin d’année 1 et l’autre en année 3, pour soutenir 10 microentreprises par an. Le soutien à de nouvelles activités est essentiel au développement économique local. Cependant la mise en œuvre seule du fonds ne suffit pas à garantir la pérennité de l’action. Il est essentiel que ces nouveaux entrepreneurs soient accompagnés dans leurs premières années d’activité. C’est pourquoi les jeunes entrepreneurs soutenus dans le programme précédent, feront également l’objet d’un accompagnement spécifique en année 1 et 2, tandis que ceux soutenus en année 1 seront suivis en année 2 et 3, et ceux soutenus en année 3 seront suivis à la suite de ce programme. Activité 3.4 : Organisation d’une mission d’échange sur la question de la formation, de l’insertion et de l’emploi des jeunes La formation, l’insertion et l’emploi des jeunes sont des problématiques communes aux deux territoires, même si elles se posent différemment. Il est donc proposé d’organiser une mission d’échange spécifique sur ces thèmes, pour un partage d’expérience entre acteurs normands et du canton de Kornaka. Côté nigérien, il est notamment prévu de s’appuyer sur le centre de formation en développement communautaire de Kornaka, qui était déjà partenaire pour les actions de formation des jeunes réalisées dans le cadre des deux premiers programmes (cf. action 3.1 ci-dessus). Côté normand, le contact a récemment été établi avec certains acteurs de l’insertion, tels que la cellule emploi de Léo Lagrange à Colombelles ou Cap Avenir Pays d’Auge, lors de la présence des maires du canton de Kornaka en Normandie en octobre 2015. D’autres échanges pourront avoir lieu avec les missions locales des communes concernées. Il faudra associer la direction de l'emploi, de la formation professionnelle et de l'apprentissage du Conseil Régional de Normandie. Dans la continuité des actions déjà réalisées dans le canton de Kornaka en la matière, des échanges pourront notamment avoir lieu sur la question des jeunes micro-entrepreneurs, afin de réfléchir en quoi cela peut être un levier de développement et comment un territoire peut favoriser leur émergence. La mission associera des acteurs liés à la jeunesse, à la formation et à l’emploi, mais aussi des jeunes euxmêmes. Page 13 sur 20 Bénéficiaires de l’action ici et là-bas : - Les habitants du canton de Kornaka qui écoutent la radio Gyaré - Les jeunes et les femmes du canton de Kornaka bénéficiant des séances d’éducation citoyenne ; - Les collégiens et lycéens normands bénéficiant des interventions sur l’exercice de la citoyenneté en France et au Niger ; - Les élus des 2 territoires concernés par l’état des lieux des divers outils et dispositifs existants pour favoriser l’engagement des jeunes ; - Les 500 habitants du canton de Kornaka bénéficiant d’un jugement supplétif. - Les 20 jeunes du canton de Kornaka soutenus dans la création de leur microentreprise - Les acteurs de la formation, l’insertion et l’emploi des jeunes impliqués dans l’échange mis en place sur ce thème. Résultats progressifs de l’action visés ici et là-bas dans le cadre du projet: A court terme - Au moins 5 interventions/débats sur la mobilisation citoyenne sont diffusés sur la radio intercommunale du canton de Kornaka - De plus en plus d’habitants du canton de Kornaka, en particulier les jeunes et les femmes, participent aux débats radiophoniques autour de la citoyenneté - Le groupe pilote chargé de l’éducation citoyenne en Normandie, établit une stratégie d’intervention auprès des jeunes, avec des enseignants du secondaire - Au moins 2 interventions sur la mobilisation citoyenne sont organisées dans des lycées et collèges normands - Les interventions dans les classes donnent lieu à des débats autour de l’exercice de la citoyenneté - Un état des lieux des divers outils et dispositifs existant pour le renforcement de l’engagement des jeunes, est établi sur chaque territoire - 10 audiences foraines permettent de délivrer environ 500 jugements supplétifs chaque année - Une mission d’échange entre acteurs de la jeunesse, de la formation et de l’emploi, est organisée entre les deux territoires A l’issue du projet : - La population des deux territoires (en particulier les plus jeunes) se sent davantage concernée par l’action publique - La participation des citoyens, et en particulier des femmes et des jeunes, au processus démocratique de leur territoire s’améliore au Niger et en France. - 10 jeunes du canton de Kornaka sont indépendants dans la gestion de leur activité génératrice de revenus et 10 autres jeunes sont en passe de le devenir. - Les dispositifs de formation, d’insertion et d’emploi des jeunes sont mieux connus et valorisés ; des idées émergent pour les renforcer. - 5 000 personnes ont reçu leur jugement supplétif d’acte de naissance Résultats progressifs de l’action visés après le projet ici et là-bas : - Les jeunes s’impliquent davantage dans la vie locale, politique, associative. - Les collégiens et lycéens normands envisagent d’exercer pleinement leurs responsabilités de citoyens français et européens ; certains s’impliquent dans les diverses formes de démocratie participative existantes. - Les habitants du canton de Kornaka ayant bénéficié d’un jugement supplétif pour l’obtention d’un acte de naissance, se sont inscrits sur les listes électorales, et exercent leur droit de vote. - D’autres habitants de leur village et des villages alentours font à leur tour leur jugement supplétif - Des élus des communes concernées s’emparent et expérimentent les outils et méthodes recensés pour favoriser l’engagement des jeunes. - 20 jeunes du canton sont indépendants dans la gestion de leur activité génératrice de revenus, et leur réussite est un modèle pour les autres jeunes du canton ; la situation économique des jeunes du canton s’améliore. - L’échange sur la formation, l’insertion et l’emploi des jeunes se poursuit et donne lieu à la mise en place d’actions spécifiques dans ces domaines. Questions évaluatives : - Combien de séances d’éducation citoyenne ont-elle été menées dans le cadre du programme ? Cela at-il entrainé une multiplication de ce type d’initiative ? Les femmes et les jeunes du canton de Kornaka se sont-ils emparés de ces espaces d’expression ? - Les débats auprès des collégiens et lycéens ont-ils fait évoluer leur regard sur leurs responsabilités en tant que citoyen ? - Combien d’habitants du canton de Kornaka ont-ils obtenus les documents leur permettant d’exercer leur citoyenneté ? Les ont-ils effectivement utilisés pour exercer leur droit de vote ? Page 14 sur 20 - Les initiatives de jeunes soutenues dans le cadre du programme sont-elles pérennes (ou en voie de l’être) ? D’autres jeunes s’en sont-ils inspirés ? L’échange sur la formation, l’insertion et l’emploi des jeunes a-t-il généré des pistes d’action dans ces domaines ? Source du suivi d’évaluation : - Nombre de séances d’éducation citoyenne Et nombre d’habitants, notamment des jeunes et des femmes, lors de ces séances. - Nombre de débats organisés auprès des collégiens et lycéens normands et observation et propos exprimés par les jeunes sur l’impact et l’intérêt de ce genre d’initiatives. - Document de compilation des outils/dispositifs/initiatives sur l’engagement des jeunes. - Effectifs des nouveaux inscrits sur les listes électorales en Normandie et dans le canton de Kornaka. - Bilan des audiences foraines ayant donné lieu aux jugements supplétifs. - Entretiens avec les jeunes du canton de Kornaka soutenus dans le cadre du programme. - Rapport de suivi de l’animateur d’Eau Vive au Niger - Compte-rendu de la mission d’échange sur la formation, l’insertion et l’emploi des jeunes. ACTION 4 : Appui à la sécurité alimentaire dans le canton de Kornaka Dans le canton de Kornaka, les communes vivent essentiellement de l’agriculture vivrière et de l'élevage, mais ces productions traditionnelles sont aujourd’hui menacées par les modifications du régime des pluies, et par les produits d’importation disponibles toute l’année. Pour s’adapter à ces deux contraintes et ainsi rester compétitifs, les producteurs locaux doivent pouvoir aussi produire en saison sèche, ce que permettent les cultures maraîchères irriguées. De plus, les produits maraîchers permettent une grande diversité dans les apports nutritifs, souvent trop faibles dans l’alimentation d’une part importante de la population Face à la réussite des expérimentations de cultures maraichères irriguées, soutenues dans le précédent programme, les élus du canton de Kornaka ont souhaité qu’un « pôle » de maraîchage soit développé dans la vallée du Goulbi Kaba et connecté aux « marchés urbains ». Pour y arriver, plusieurs activités seront mises en place : Activité 4.1 : Renforcement et extension des sites de production maraîchère dans la vallée du Goulbi Kaba Le précédent programme avait permis d’expérimenter l’appui au maraîchage sur quatre sites dans la vallée du Goulbi Kaba. Quatre groupements féminins volontaires avaient été formés et équipés pour développer leurs activités de maraîchage sur les sites de Mayara, Jiffa, Agoyoyi et Kalgo. Leur production d’oignon, poivron, salade, chou, pomme de terre, aubergine et moringa ont doublé en deux ans ; elles ont appris à cultiver de nouvelles espèces (tomates et carotte) ; et des groupements féminins d’autres sites alentours ont spontanément suivi le modèle. L’un des quatre sites (celui de Mayara) a bénéficié d’un aménagement d’irrigation et d’une solide clôture, ce qui a permis de réduire considérablement l’effort d’exhaure pour les femmes et les destructions par les animaux, et ainsi d’optimiser ses capacités de production. Face à une telle réussite et aux potentialités qu’offre la vallée du Goulbi Kaba, les élus et acteurs du domaine agricole ont souhaité renforcer l’aménagement des trois sites non encore optimisés, et appuyer le développement de trois nouveaux groupement. Le renforcement de l’aménagement des trois anciens sites comprend : - La protection du site contre les animaux sauvages et domestiques par des clôtures adaptées. - L’amélioration de l’accès à l’eau par la construction ou la réhabilitation d’un point d’eau principal (généralement un puits) et d’un système drainant l’eau de ce point à des bassins de stockage construits à l’intérieur du site. Cela supprime le travail du transport de l’eau et permet de réaliser de petits stocks, répondant ainsi au problème d’assèchement temporaire du point d’eau parfois observé et dû à une pression d’exhaure trop importante. L’appui au développement de trois nouveaux groupements féminins comprend : - Une dotation en petits matériels agricoles (arrosoirs, pioches, pelles…) - La mise à disposition de semences améliorées - Une formation des exploitantes aux techniques de production et un suivi de proximité pendant l’ensemble de la campagne maraîchère Activité 4.2 : Renforcement des capacités de gestion et de mutualisation des groupements maraîchers pour accéder aux marchés urbains Le renforcement des capacités de production dans la vallée du Goulbi Kaba, augmentera considérablement l’offre en produits maraîchers, dans une zone faiblement peuplée. Il est donc nécessaire de trouver des solutions pour que les femmes puissent vendre l’ensemble de leur production à des prix convenables. Page 15 sur 20 C’est dans ce cadre que les marchés des centres urbains ont été identifiés comme des places de choix pour écouler une part importante des marchandises. Or, les deux grands marchés du canton (Kornaka et Sabon Machi), sont entre 80 km et 120 km des sites. Avec l’augmentation de leur nombre et des hectares cultivés, les groupements soutenus dans la vallée peuvent être en mesure de mutualiser leurs moyens, afin d’atteindre ensemble les grands marchés. Pour cela, les capacités de gestion des groupements seront renforcées par des modules de formation, orientés principalement sur la budgétisation, la gestion comptable et sur la mutualisation inter-groupement, en particulier des coûts de vente. Un cadre d’échanges sera mis en place pour faciliter les discussions entre les groupements, leur permettant ainsi de s’associer, en particulier pour accéder au crédit. Des ateliers d’échange seront organisés pour mettre les groupements en contact, puis suivre annuellement l’évolution des associations. La mutualisation des moyens des groupements leur permettra d’accéder facilement au crédit auprès de la Mutuelle d’épargne et de crédit (MUTEC), pour l’achat, entre autres, de moto-charrettes, moyen de transport adéquat des produits jusqu’aux marchés urbains. Un fonds de micro-crédit sera mis en place au niveau de la MUTEC spécifiquement pour ces groupements. Les groupements seront également appuyés pour entrer en discussion avec les vendeurs et les restaurateurs des deux marchés des centres urbains. Activité 4.3 : Promotion du maraîchage et de ses produits En parallèle au développement de l’offre en produits maraichers, il est nécessaire de faire évoluer la demande. Or, les produits issus du maraîchage ne sont pas toujours utilisés systématiquement par toute la population du canton de Kornaka, mais ont un fort potentiel de satisfaction des consommateurs, ainsi que de nombreuses vertus nutritives facilement valorisables. On peut d’ailleurs noter que l’augmentation de la production maraîchère des 4 groupements pilotes, c’était accompagnée d’une augmentation de la consommation locale. Il faut alors trouver des solutions pour faire connaître ces produits à ceux qui n’ont pas l’habitude de les utiliser, en particulier dans les centres urbains. Cela passera notamment par la radio intercommunale, écoutée par la majorité des habitants du canton, et par l’organisation d’ateliers cuisine auprès des femmes et restaurateurs des centres urbains. Pour réussir la promotion de l’utilisation systématique des produits maraîchers dans la cuisine traditionnelle, il est nécessaire que « les consommateurs parlent aux consommateurs ». Pour cela des reportages radiophoniques seront réalisés dans les marchés et auprès des groupements, pour que les consommateurs expliquent la façon dont ils utilisent ces produits et les bienfaits pour leur santé. L’équipe de la radio, dont le renforcement de capacité est prévu à l’action 1, sera particulièrement sollicitée pour mettre en œuvre des moyens innovants de communication, afin de rendre les produits maraîchers particulièrement attractifs. Pour montrer concrètement aux femmes qui n’auraient pas cette habitude, comment utiliser certains aliments (choux, laitue, carottes…) dans la cuisine traditionnelle, des ateliers cuisine seront réalisés auprès des groupes de femmes avec lesquels travaille l’antenne de Maradi, et des restaurateurs des deux centres urbains. Les témoignages des agricultrices, organisés sur la radio intercommunale lors du dernier programme se poursuivront. Elles s’adresseront en priorité aux agriculteurs, en leur expliquant les bénéfices économiques de cette activité. Cependant, le message sera également adressé aux consommateurs, pour mettre en avant le soutien qu’apportent les cultures maraîchères à l’économie locale, en particulier dans la lutte contre l’invasion des produits d’importation. L’action sera parallèlement valorisée auprès des autres acteurs du canton de Kornaka, en vue de promouvoir le développement des cultures maraîchères irriguées sur l’ensemble du canton. Il s’agira de saisir les opportunités de rencontres communales et intercommunales pour présenter ces expériences aux différents acteurs. Les exploitantes du site seront invitées lors de ces échanges. Bénéficiaires de l'action ici et là-bas : 7 groupements féminins de la vallée du Goulbi Kaba (le groupement de Mayara, dont le site est déjà optimisé, ceux de Jiffa, Agoyoyi et Kalgo, devant être renforcés, et trois nouveaux groupements à définir) La population du canton de Kornaka qui consommera ces produits Les vendeurs et restaurateurs qui achèteront les produits aux groupements Résultats progressifs de l'action visés dans le cadre du projet ici et là-bas : A court terme - 3 sites sont clôturés et aménagés pour une meilleure irrigation - 3 nouveaux groupement sont mis en place, équipés et formés à la production maraîchère - 7 groupements ont les bases utiles à la gestion d’une activité de maraîchage Page 16 sur 20 7 groupements comprennent les avantages et la façon dont fonctionne une mutualisation des frais de vente - Certains groupements ont créé des associations entre eux en fonction de leur rapprochement géographique et affinités - 7 groupements sont en capacité de prendre un crédit coopératif - 7 groupements s’équipent de moyen de moto-charrettes pour atteindre les centres urbains - 7 groupements sont mis en relation avec des vendeurs et des restaurateurs - Au moins 6 témoignages des productrices sont diffusés à la radio - Au moins 9 reportages sont diffusés à la radio pour présenter les témoignages des consommateurs - Au moins 6 ateliers cuisine sont organisés A l’issue du projet : - 7 groupements sont indépendants dans leur activité et leur gestion - 4 groupements ont une capacité de production optimisée - 7 groupements réalisent une part de leur vente dans les deux grands marchés du canton de Kornaka - La production et la consommation de produits maraîchers a augmenté dans le canton de Kornaka - Résultats progressifs de l'action visés après le projet ici et là-bas : - De nouveaux groupements maraîchers se développent dans le canton de Kornaka - Le nombre de consommateurs de produits maraîchers continue d’augmenter dans le canton de Kornaka Questions évaluatives : - Comment évolue la production annuelle sur les sites renforcés, par rapport aux années précédentes ? - Comment évolue la production annuelle des nouveaux groupements formés, au cours du projet ? - Comment évolue les ventes des groupements (en milieu rural et dans les centres urbains) ? - Les groupements sont-ils en mesure d’assurer leur gestion de façon autonome ? - Nombre et type de partenariats inter-groupements mis en place ? - Nombre et type de crédits contractés par les groupements pour leur équipement ? - L’intérêt de la population pour les produits maraîchers se fait-il ressentir ? - Nombre de nouvelles expériences de maraîchage ayant vu le jour de manière spontanée ? Sources du suivi-évaluation : - Cahier de gestion des groupements, indiquant les quantités produites, les ventes réalisées et détaillant les comptes - Rapport mensuel du formateur - Rapport de suivi de l’animateur d’Eau Vive au Niger - Interviews des femmes des groupements maraîchers - Rapport du formateur en gestion - Contrat de partenariat inter-groupement - Convention de mise en place du fonds de microcrédit - Bilan MUTEC - Enquête terrain - Témoignage radio sur les marchés ACTION 5 : Accès à l’eau potable et l’assainissement dans le canton de Kornaka Cette action entend améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement, afin d’améliorer la santé dans le canton de Kornaka. Les activités proposées mettent l’accent sur l’amélioration de la gestion des services et sur une plus grande responsabilisation des populations. Activité 5.1 : transformation de pompes à motricité humaine en postes d’eau autonomes L’accès à l’eau potable est une problématique majeure dans le canton de Kornaka : - Le taux d’accès à l’eau potable n’est que d’environ 50% ; - tous les ouvrages ne sont pas effectivement fonctionnels, certains étant arrêtés pour raison de panne, de vétusté ou de dégradation ; - de nombreux comités de gestion des points d’eau ne sont pas fonctionnels ; - la recherche de l’eau sur de longues distances et l’encombrement autour des points d’eau sont une corvée quotidienne pour les femmes et les jeunes filles, entravant leur scolarisation et les marginalisant davantage. Au-delà de la construction de nouveaux ouvrages, il est important, avant toute chose, de valoriser l’existant, afin de répondre à ces problématiques. Page 17 sur 20 Actuellement, la majorité des ouvrages de fourniture d’eau potable sont les pompes à motricité humaine (PMH). Or, le procédé de pompage est pénible et long, ce qui n’encourage pas les femmes à recourir aux PMH. Pour certaines il est difficile de comprendre qu’il faille payer pour récupérer l’eau des PMH, alors qu’elles peuvent recourir aux sources d’approvisionnement gratuites, telles que les puits et eaux de surface non traitées, qui fournissent pourtant une eau impropre à la consommation. Les PMH font alors face à des difficultés de gestion, du fait d’une trop faible utilisation ou du refus des utilisatrices de payer régulièrement le service rendu, et lorsqu’elles sont en panne, il est souvent difficile de trouver les fonds nécessaires pour acheter la pièce de rechange. Pour répondre à cette problématique, une approche est recommandée par l’Etat Nigérien, fondée sur les résultats des études faites par les organismes internationaux dans ce domaine, notamment la Banque Mondiale : la transformation des PMH en postes d’eau autonome (PEA). Il s’agit d’équiper le forage d’un système de pompage électrique (raccordé au réseau, alimenté par panneau solaire ou par groupe électrogène selon les possibilités au niveau local) alimentant un petit château d’eau, relié à une ou plusieurs bornes fontaines équipées de robinet. Cette réalisation technique doit s’accompagner d’un appui à la mise en place d’une gestion équilibrée. Le prix de l’eau est alors calculé par le service communal de l’eau et le délégataire désigné, en tenant compte de l’ensemble des charges, afin d’assurer la continuité du service. A partir des priorisations établie par les communes dans le cadre du plan de développement communal, il a été décidé de réaliser cette transformation sur trois forages les deux premières années, sur cinq la dernière année. Les PEA sont susceptibles de desservir une population de 750 à 1000 personnes dans un rayon de 500 mètres, alors qu’une PMH ne dessert que 250 habitants. Un PEA peut donc potentiellement fournir de l’eau à 500 à 750 personnes supplémentaires. De plus le confort d’usage est amélioré pour tous. Ces transformations seront réalisées par une entreprise nigérienne recrutée suivant les règles de passation de marchés en vigueur. L’opération consistera à démonter l’ancienne pompe à motricité humaine du forage. Puis des travaux de soufflage, suivis des essais de débit seront réalisés pour obtenir un débit supérieur ou égal à 5 3 m /h. une analyse physico-chimique et bactériologique sera réalisée par un laboratoire agréé pour s’assurer de la qualité de l’eau. Le forage sera équipé d’une pompe immergée et d’une tête de forage munie d’un compteur pour mesurer le débit pompé. La conduite de refoulement sera reliée à un réservoir de stockage, d’où partira un réseau de distribution (équipé d’un compteur pour mesurer le volume d’eau vendu) alimentant une rampe de 3 à 4 robinets. L’alimentation électrique de la pompe sera si possible solaire ou sinon thermique. Ces réalisations feront l’objet d’une étude technique et d’un contrôle à pied d’œuvre confiés à un bureau d’études recruté suivant les règles de passation de marchés en vigueur. Ces transformations matérielles s’accompagneront d’une action de sensibilisation de la population au préalable, pour expliquer les intérêts de cette transformation et la nécessité de payer le service d’accès à l’eau. Activité 5.2 : Mise en place et formation des Association des Usagers du Service Public de l’Eau (AUSPE) L’exploitation des PEA sera assurée par un délégataire recruté par la Commune par appel d’offres. Un contrat d’exploitation sur 5 ans sera conclu entre la Commune et le délégataire sur la base d’un cahier de charges conformément aux dispositions réglementaires nationales en vigueur en matière de gestion des PEA. Pour s’assurer que le service est correctement rendu à la population, une AUSPE sera mise en place et formée dans chaque village, par le service en charge de l’hydraulique et de l’assainissement. Le rôle de l’AUSPE se résume essentiellement au contrôle du prix de vente de l’eau, à la défense des intérêts des usagers (respect des heures d’ouverture des bornes fontaines, suivi des pannes) et à la sensibilisation sur l’hygiène autour des points d’eau. Elle joue également un rôle d’interface entre la Commune, les usagers et les fontainiers recrutés par le délégataire. Le bureau de l’AUSPE comprend 5 membres : un président, un secrétaire, un trésorier, un responsable pour l’hygiène et l’assainissement, un responsable de la communication et de la mobilisation sociale. Il y a également deux commissaires aux comptes en dehors du bureau. La mise en œuvre de cette activité sera exécutée par la direction départementale de l’eau et de l’assainissement sous la supervision d’Eau Vive au Niger et de la commune. Activité 5.3 : Mise en œuvre de l’approche Assainissement Total Piloté par la Communauté (ATPC) dans 10 villages Concernant l’assainissement, la situation dans le canton de Kornaka est préoccupante : le taux d’accès à des infrastructures d’assainissement est de 34%, avec des disparités importantes selon les communes (92% pour la commune de Dan Goulbi, contre 7% pour celle de Kornaka). Les conséquences sont désastreuses en termes d’hygiène et de prolifération des maladies. Il a été constaté qu’après une simple subvention de latrines dans un village, les communautés les utilisent peu, ne les entretiennent pas et n’en construisent pas d’autres. Dans l’approche ATPC, l’utilisation des méthodes Page 18 sur 20 d’évaluation rurale participative permet aux communautés locales d’analyser leurs conditions sanitaires et de prendre conscience collectivement de l’impact de la Défécation A l’Air Libre (DAL) sur la santé publique et sur leur environnement proche. Cette approche permet d’amener les populations à réaliser leurs propres installations d’assainissement, chacun selon ses moyens et les selon les technologies locales, pour atteindre l’état de Fin de Défécation à l’Air Libre (FDAL), clôturé par une cérémonie de certification FDAL. L’Etat du Niger a rendu ce processus obligatoire. L’approche consiste à amener les populations à un changement de comportement. Les étapes (prédéclenchement, déclenchement et post-déclenchement) seront mises en œuvre dans les villages par l’équipe du projet appuyée localement par deux leaders locaux identifiés parmi les élus, chefs traditionnels, chefs religieux…) et un comité de salubrité de 5 membres qui assureront le suivi local des engagements pris par les communautés dans leurs villages respectifs. Les principales étapes sont : Identification des villages par les communes avec l’appui des services techniques, notamment le comité départemental de l’ATPC Etude d’état des lieux dans les communautés Pré-déclenchement : Les lieux de DAL et les taux d’utilisation de latrines sont déterminés pour chaque village. Déclenchement : le déclenchement est fondé sur la stimulation d’un sentiment collectif de dégoût et de honte chez les membres de la communauté en les confrontant à la réalité crue de la DAL et à ses impacts sur la communauté tout entière Suivi post-déclenchement : cette activité consiste à suivre les réalisations menée par la population Certification FDAL Suivi post certification L’activité sera réalisée dans 10 villages de l’espace ACCK, sur les deux premières années du programme. Activité 5.4 : Constructions de 2 blocs de latrines scolaires 2 blocs de latrines scolaires à 2 cabines seront réalisés dans 2 écoles, chaque année. Ces latrines seront implantées dans des écoles à forte fréquentation, disposant de salles de classe en matériaux définitifs et dépourvues d’ouvrage d’assainissement. Le modèle technologique pour ces ouvrages est le « VIP » à 2 cabines avec un dispositif de lavage des mains. Chacune des écoles cibles disposera de préférence de 2 blocs de latrines séparés filles/garçons pour garantir l’intimité. A l’inauguration de chaque bloc, une sensibilisation sera dispensée par le service en charge de l’hydraulique et de l’assainissement. Cette activité permettra d’améliorer l’assainissement dans les écoles, mais aussi d’optimiser la promotion de l’hygiène auprès des enfants qui constituent une cible privilégiée pour la diffusion des bonnes pratiques d’hygiène. Activité 5.5 : Réalisation et diffusion d’émissions radio de sensibilisation Pour toucher plus largement l’ensemble de la population du canton de Kornaka, et continuer à encourager une prise de conscience de l’importance de l’hygiène et de l’assainissement, les activités de sensibilisation menées dans le programme précédent seront poursuivies et renouvelées. De nouveaux messages seront élaborés et diffusés par la radio intercommunale Gyaré, pour renouveler la communication auprès de la population. Ces messages parleront des maladies hydro-fécales, de leurs modes de transmission et des solutions pour les endiguer. Au-delà du message sur les vertus sanitaires de l’hygiène et de l’assainissement, l’accent sera mis sur les valeurs comme la dignité, l’amour propre, la fierté et le dégoût du déchet et de la défécation en plein air. Cette sensibilisation s’adressera à toutes les couches sociales, plus spécialement aux femmes qui sont les principales responsables des questions d’hygiène et de santé au village. Ces messages pourront prendre plusieurs formes (information, sketch, débat…). Ils seront réalisés par la radio Gyaré, avec le concours d’hygiénistes et placées sous la supervision de l’agent technique intercommunal en charge de l’hygiène et de l’assainissement. Bénéficiaires de l'action ici et là-bas : 8 250 habitants des 11 villages du canton de Kornaka bénéficiant de PEA 4 000 habitants des 10 villages ATPC du canton de Kornaka 6 écoles publiques primaires du canton de Kornaka La population du canton de Kornaka en général Page 19 sur 20 Résultats progressifs de l'action visés dans le cadre du projet ici et là-bas : A court terme Au moins 500 habitants supplémentaires ont accès à un point d’eau potable à la réalisation de chaque PEA Les 5 membres de chacune des 11 AUSPE formés comprennent leur rôle La défécation à l’air libre diminue progressivement dans les 10 villages où est mise en oeuvre l’ATPC 6 écoles bénéficient d’une amélioration de leur condition d’hygiène et d’assainissement Des émissions de sensibilisation sont régulièrement diffusées sur la radio intercommunale de Kornaka A l’issue du projet : Au moins 5 500 personnes supplémentaires bénéficient de l’utilisation de points d’eau potable Au moins 8 250 personnes bénéficient de la réduction de la pénibilité de la corvée d’eau Les taux de panne sont divisés par 4 dans les villages équipés de PEA Les AUSPE reportent tous problèmes rencontrés avec le délégataire La FDAL est atteinte dans au moins 9 villages sur les 10 cibles ATPC 100% des concessions des villages FDAL, soit 4 000 personnes, disposent de leurs latrines et les utilisent 570 latrines sont construites dans les 10 villages 100% des populations des villages FDAL se lavent les mains au savon ou à la cendre au sortir des toilettes Une forte amélioration du niveau de santé est observée dans les villages FDAL et ceux ayant bénéficié des PEA 6 écoles sont équipées d’un bloc de latrines utilisées par les élèves Résultats progressifs de l'action visés après le projet ici et là-bas : - Le niveau de santé continue de s’améliorer dans les villages cibles - La transformation des PMH en PEA devient un modèle pour d’autres projets qui reproduisent l’action dans d’autres villages - Les latrines des villages FDAL sont correctement entretenues et renouvelées - Les villages alentour prennent peu à peu exemple sur les villages FDAL, adoptent les mesures d’hygiène et construisent leurs latrines - Les habitants du canton de Kornaka adoptent de plus en plus des bonnes pratiques d’hygiène - Une amélioration générale du niveau de santé est observée dans le canton de Kornaka Questions évaluatives : - La consommation d’eau aux PEA dépasse-t-elle celle des PMH ? De combien ? - Combien de nouvelles personnes ont accès à un point d’eau potable ? - Les délégataires gèrent-t-ils correctement leur PEA ? - Les membres des AUSPE jouent-ils leur rôle ? - Les villageois des villages cibles FDAL intègrent-ils les notions d’hygiène ? - Les élèves utilisent-ils les latrines mises à leur disposition ? Sources du suivi-évaluation : - Rapport de consommation du délégataire - Rapport de gestion du délégataire et durée des pannes - Rapport d’activité des AUSPE - Inventaire des infrastructures d’assainissement des communes - Rapports de suivi des services communaux et du service intercommunal en charge de l’hydraulique et de l’assainissement - Rapport annuel des centres de santé Page 20 sur 20