La lettre d`information des particuliers
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La lettre d`information des particuliers
05 N° © peshkova - Fotolia.com MARS 2016 La lettre d’information des particuliers Les locations saisonnières La location d’une maison, d’un appartement, d’un mobil-home dans un camping se fait souvent plusieurs mois à l’avance et sans visite préalable des lieux. Que vous soyez loueur ou preneur, cet article fait le point sur vos droits et vos obligations. LE LOUEUR, PARTICULIER OU PROFESSIONNEL, DOIT REMETTRE AU PRENEUR ÉVENTUEL, AVANT LA SIGNATURE DU CONTRAT DE LOCATION, UN ÉTAT DESCRIPTIF DES LIEUX Ce document, qui doit être conforme à un modèle type, contient : • des renseignements généraux sur le bien : type d’hébergement, ancienneté, superficie, capacité maximale en nombre de personnes, accès handicapés, garage, piscine, jardin… • la situation de l’immeuble dans la localité : distance du centre-ville, des commerces, de la mer, des pistes de ski, de la gare… • la description du bien : surface des pièces, équipements ménagers et sanitaires, nombre de lits, mobilier, mode de chauffage, télévision, internet… • les modalités et prix de location : prix selon la période (haute, moyenne, basse saison), à la journée, à la semaine, à la quinzaine, au mois, charges comprises ou non comprises (eau, électricité, ménage), loyer d’avance (arrhes ou acompte), règlement du solde, possibilité d’assurance annulation et coût… L’absence d’état descriptif est punie d’une amende pouvant atteindre 1 500 m. Le locataire doit demander des informations complémentaires et des photographies s’il a des exigences ou des contraintes spécifiques (enfants en bas âge, handicap…) et les conserver en cas de litige éventuel. LA SIGNATURE D’UN CONTRAT DE LOCATION L’accord des parties sur les conditions de la location du bien doit nécessairement être écrit. Les loueurs professionnels (dont les agences immobilières) doivent remettre un contrat en 2 exemplaires. Pour les non professionnels, il peut s’agir d’échanges de courriers (postaux ou électroniques) si ceuxci sont sans ambiguïté. Toutefois, pour plus de sécurité, il est recommandé d’établir un contrat en 2 exemplaires. Ce contrat doit notamment mentionner : • la durée de la location et les dates et heures d’arrivée et de départ, • l e prix : il est librement fixé par le bailleur. Il est généralement demandé au locataire de payer une partie du prix par avance : - s i la location est conclue par le biais d’un agent immobilier, ce versement ne peut être exigé plus de 6 mois à l’avance ni excéder 25 % du montant total du loyer. Le solde ne peut être exigé qu’un mois, au plus tôt, avant l’entrée dans les lieux, - si la location est conclue directement avec le propriétaire, le montant et la date du versement d’avance sont librement débattus mais il est conseillé de ne pas verser plus du quart du prix de la location, • les charges : eau, électricité, gaz, chauffage… • les conditions d’annulation de la réservation : voir ci-après « l’annulation de la réservation », • le dépôt de garantie : versé à l’entrée dans les lieux, son montant correspond généralement à 20 % ou 25 % du prix de la location, • la taxe de séjour : son montant est affiché en mairie, • le dossier de diagnostic technique : annexé au contrat de location, il comprend un diagnostic de performance énergétique (sauf si le local est loué moins de 4 mois par an), un constat de risque d’exposition au plomb et, dans les zones concernées, un état des risques naturels et technologiques. Un bailleur saisonnier peut interdire, dans le contrat, l’accès des animaux au logement. UN ÉTAT DES LIEUX, À L’ARRIVÉE ET LORS DU DÉPART DU LOCATAIRE La rédaction d’un état des lieux n’est pas obligatoire mais néanmoins recommandée afin d’éviter un litige lors du départ du locataire : l’état du mobilier, des équipements… y sera noté. Si un inventaire préétabli est remis au locataire, ce dernier doit vérifier son exactitude. Les parties procéderont également au relevé des compteurs. Le jour du départ du locataire, un état des lieux de sortie sera dressé : s’il n’y a eu ni détérioration ni casse, le dépôt de garantie doit être restitué intégralement au preneur. L’ASSURANCE DU LOGEMENT Le locataire est présumé responsable en cas d’incendie, de dégât des eaux, de vols, dégradations et pertes. Le locataire doit vérifier auprès de son assureur qu’il est bien assuré contre ces risques ; à défaut, une extension de garantie ou une assurance spécifique peut être souscrite. UN IMPRÉVU CONTRAINT LE BAILLEUR OU LE LOCATAIRE À ANNULER LA RÉSERVATION Si le contrat prévoit les conséquences d’une telle annulation, les parties doivent s’y référer : perte ou remboursement partiel de la somme versée d’avance, obligation de verser le solde de la location… Si le contrat est muet sur ce point, il faut rechercher si la somme versée d’avance par le locataire lors de la réservation est un acompte ou des arrhes : • l e locataire a versé un acompte : la location étant définitivement conclue, il doit, sauf si le bien a été reloué ou cas de force majeure, régler le solde de la location. Si c’est le loueur qui annule, il devra, sauf force majeure, rembourser au locataire le montant de l’acompte et l’indemniser de son préjudice (dépenses éventuellement engagées…), • le locataire a versé des arrhes : chacune des parties est libre de se désister, le locataire en abandonnant les arrhes qu’il a versées, le bailleur en lui restituant le double des arrhes. LA LOCATION NE CORRESPOND PAS À CE QUI A ÉTÉ ANNONCÉ : SITUATION GÉOGRAPHIQUE, ENTRETIEN, ÉLÉMENTS DE CONFORT, CALME… Plusieurs situations peuvent se présenter : • le loueur a fourni des renseignements manifestement inexacts sur la situation du logement, la consistance et l’état des lieux, les éléments de confort et l’ameublement : la piscine annoncée n’existe pas, la location comporte 2 chambres au lieu des 3 mentionnées au descriptif, elle se trouve à proximité d’un chantier alors que le loueur avait vanté la tranquillité des lieux… Le loueur est passible d’une amende de 3 750 m ou, s’il s’agit d’un professionnel, d’un emprisonnement de deux ans au plus et d’une amende de 37 500 m au plus, ou de l’une de ces deux peines seulement. Le locataire doit déposer plainte auprès du procureur de la République du Tribunal de Grande Instance du lieu de la location et saisir la direction départementale chargée de la protection des populations qui pourra enquêter et, le cas échéant, verbaliser. • la location présente des défauts qui n’ont pas été signalés au preneur : la piscine n’est pas aux normes, la climatisation est en panne, l’installation électrique est dangereuse… - en cas de défaut grave, le locataire peut renoncer à la location et demander, soit un relogement, soit de ne pas payer le solde du prix, outre le remboursement du versement effectué à la réservation et des dommages et intérêts en fonction de son préjudice, - en cas de défauts mineurs ou si le locataire décide de rester dans les lieux, il peut demander au propriétaire la fourniture des objets manquants, leur remplacement en cas de détérioration ou une diminution du prix convenu ou des dommages et intérêts en fonction de son préjudice. Dans tous les cas, afin de se ménager des éléments de preuve, le locataire doit demander des attestations (écrites, datées et signées de leur auteur) aux personnes présentes sur les lieux, prendre des photos et, dans la mesure du possible, faire établir un constat des lieux par un huissier de justice. Le locataire doit adresser au propriétaire des lieux une lettre recommandée avec A/R détaillant, justificatifs à l’appui, les manquements ou défauts constatés et demandant l’indemnisation de son préjudice. À défaut de règlement amiable, le locataire doit saisir le Tribunal d’Instance du lieu de la location. Si le bailleur est un professionnel, le locataire peut également saisir le tribunal du lieu de sa résidence lors de la signature du contrat. Références • Arrêté n° 25-305 du 16/05/1967 relatif aux locations saisonnières en meublé et arrêté du 22/10/2008 relatif à l’information préalable du consommateur sur les caractéristiques des hébergements locatifs en hôtellerie de plein air. • Décret n° 67-128 du 14/02/1967 réprimant la production de renseignements inexacts en cas d’offre ou de contrat de location saisonnière en meublé. • Code de la Consommation : articles L. 121-1 et s. (pratiques commerciales trompeuses), L. 141-5 (compétence territoriale tribunal), R. 113-1 (absence d’état descriptif). • Code du Tourisme : article L. 324-2 (meublés de tourisme). • Code Civil : articles 1590, 1730 à 1733. • Loi n° 2012-382 du 22/03/2012 - article 96 modifiant l’article 10-1 al. 1 de la loi n° 70-598 du 09/07/1970 (refus des animaux familiers). • Loi n° 70-9 du 02/01/1970 réglementant les conditions d’exercice des activités relatives à certaines opérations portant sur les immeubles et les fonds de commerce. • Décret n° 72-678 du 20/07/1972 fixant les conditions d’application de la loi n° 70-9 du 02/01/1970 réglementant les conditions d’exercice des activités relatives à certaines opérations portant sur les immeubles et fonds de commerce - article 68 (versement d’avance). Matmut Protection Juridique, SA à directoire et conseil de surveillance au capital de 7 500 000 € entièrement libéré, N° 423 499 391 RCS Rouen. Entreprise régie par le Code des Assurances, 66 rue de Sotteville 76100 Rouen. MPJ.info 5 - 03/16