Grenoble ville laboratoire

Transcription

Grenoble ville laboratoire
Alternative
N°27 - Automne 2014
Le renouveau des
monnaies locales
Page 8
Ils s’engagent
Du courage pour
Gaza
Page 11
Bien-être
Detox, formation,
taillures, clown, etc.
Page 12 et 13
Le gratuit citoyen de la région grenobloise
Artistes
Trois talents d’ici et
d’ailleurs
Page 14
w w w. l e s a n t e n n e s . o rg
Grenoble
ville
laboratoire
Gaspard Noel. Voir page 14
Qui dit laboratoire, dit cobaye. Mais les
habitants de l’agglo ne sont pas des souris
et ils ont des choses à dire.
Nous les avons rencontrés.
lire les résultats de l’enquête, p. 2 à 5.
Greg Randon, le miroir des Fétoules. : www.gregrandon.com
Quand le citoyen
émerge
Edito
PA
GE
2
On n’est pas des microbres !
Les médias nationaux, lors des
dernières élections municipales
ont largement qualifié Grenoble
de ville «laboratoire». Laboratoire
«de la gauche française» (1),
«laboratoire politique d’une
«nouvelle gauche» (2), «de la
«transition écologique» (3), «pour
l’écologie politique» (4), d’une
« autre gauche» (5)...
Grenoble va donc faire l’object
d’une observation attentive.
Or, des études sociologiques
ont démontré que l’observation
des humains présentait une
spécificité: le simple fait
d’étudier un individu a un
impact sur l’individu lui-même.
En cela, nous nous distinguons
des microbes : on n’a encore
jamais vu ces petites bêtes
rougir parce qu’elles étaient
décortiquées par l’oeil scrutateur
d’un microscope.
Les sociologues ont aussi observé
qu’une attention particulière
portée sur un individu a pour
effet de le bonifier et de l’inciter à
donner le meilleur de lui-même.
Qu’à cela ne tienne, Grenoblois,
saisissons cette opportunité,
relevons le défi, soyons inventifs et
sourions, parce que nous sommes
filmés... et pas par des caméras de
surveillance.
Anne Benoit-Janin
(1) rue89.nouvelobs.com (2) france24.com
(3)lefigaro.fr (4) lepoint.fr (5) rue89lyon.fr
A quoi rêvons-nous?
La première idée qui vient à l’esprit des personnes interrogées : faire baisser la pollution de l’air. Et la
solution la plus imaginée pour faire diminuer la pollution? La réduction de la voiture en ville.
Moins polluée .............................
Plus animée ................................
Plus solidaire ..............................
Plus sûre .....................................
Plus belle ....................................
Plus d’emplois pour les jeunes ..
Plus d’emplois ............................
Plus intergénérationnelle ..........
Plus cyclable ...............................
Plus de transports en commun ...
Plus végétalisée .........................
Plus à l’écoute des habitants .....
Résultats enquête
qualitative réalisée
en juillet et août 2014
auprès de 109 habitants
de l’agglomération
grenobloise (hommes :
52; Femmes 57)
0%
On rêve d’air pur!
Extrait des réponses faites
par les personnes que nous
avons rencontrées
- «Tout faire pour que l’air ne
soit plus pollué. Supprimer
carrément les voitures du centreville et trouver les solutions
adéquates pour respirer le bon
air» (Femmes, 33 ans)
- «Par exemple, être la première
ville sans voiture au centre ville,
pour de vrai… Qu’il y ait aussi deux
choses gratuites : les musées et
les transports en commun. Le
tram, c’est vraiment trop cher!»
(Hommes, 30 ans).
- «Qu’on ait plusieurs possibilités
Grenoble, capitale verte ?
Lancé en 2008, le titre de « capitale verte européenne » a été
récemment décerné à Bristol, sixième ville de Grande Bretagne.
Quelles en sont les raisons?
La ville de 426 000 habitants,
modèle de ville-jardin, a été
saluée pour ses investissements
dans les transports (500 millions
d’euros), et dans l’efficacité
énergétique,
(300
millions
d’euros). En dix ans, le nombre
Gaspard Noel, voir p. 14
Grenoble est, depuis les dernières municipales, la première grande ville française
dirigée par un maire écologiste. Considérée comme une ville laboratoire,
expérimentale, nous avons pour autant un rôle à jouer. L’avenir de cette ville ne
se jouera pas sans nous, ses citoyens. Ca fuse d’idées dans cette ville! La preuve
dans ce numéro.
Le journal Les Antennes est aussi allé à la rencontre des habitants de l’agglo,
tous concernés par le devenir de Grenoble, pour connaître les actions qu’ils
souhaiteraient voir se réaliser dans cette ville. Durant cet été, nous avons rencontré
dans les rues de Grenoble plus de 100 personnes qui ont échangé avec nous sur
la base de cette question : qu’est-ce qui ferait que vous seriez fiers de Grenoble?
de cyclistes a doublé, l’efficacité
énergétique des bâtiments a
progressé de 25 %, tandis que
la consommation énergétique
a baissé de 16 %. D’ici à 2050,
la ville s’est engagée à réduire
de 80 % ses émissions de gaz
10%
20%
30%
40%
50%
pour se déplacer en ville à très petit
prix et qu’on développe le transport
urbain par câble, boulevard Jean
Pain, par exemple.» (F, 52 ans)«Qu’on agisse vraiment contre la
pollution !» (H, 28 ans).
- «Il faudrait que les transports
collectifs soient un terrain
d’expérimentation. Par exemple,
qu’on arrive à démontrer qu’en
baissant le prix des billets, on s’y
retrouve» (F, 24 ans)
- «Le tunnel sous la Bastille aurait
été une solution à la condition qu’il
soit accessible par les camions.»
(H, 60 ans).- «Qu’on respire un meilleur air (tous
à vélo !) ou en tram (sauf livraisons et
artisans bien sûr)» (F, 45 ans)
- «Encore plus de vélos libres,
plus de pistes cyclables, belles et
sécurisées. Et des bus gratuits ou
presque pour les jeunes». (F, 50
ans)
- «Une ville dans laquelle tu peux
laisser ton vélo pas attaché
sans te le faire voler, où il y ait
plus de solutions pour que les
gens utilisent moins leur voiture.
J’aimerais bien tenter le transport
en commun gratuit.» (F, 45 ans)
- «Il faudrait par exemple, plus de
points pour louer des vélos dans la
ville, et puis des vélos plus fun, des
vélos électriques... Les gens en vélo,
ils ont le sourire !» (H, 48 ans)
à effet de serre, par rapport à
2005. La ville sensibilise aussi
la population aux bienfaits
de
l’agriculture
biologique,
sauvegarde la biodiversité et
mise sur l’architecture durable.
Ce titre est décerné par l’Union
Européenne sur la base de
douze critères : la contribution
locale
au
changement
climatique
mondial,
les
transports, les espaces verts, la
biodiversité, la qualité de l’air,
de l’environnement sonore,
les déchets, la consommation
d’eau, le traitement des eaux
usées, l’emploi durable, la
performance énergétique, la
gestion de l’environnement
par les autorités locales. Il est
curieux que dans ces critères
n’apparaissent pas des critères
sociaux. Les habitants de
l’agglomération, eux, ne l’ont
pas oublié.
Sinatou Saka
DOSSIER
On a des tonnes d’envies (enquête)
- «Un festival de rue, ou un petit Avignon, avec des spectacles de
danse, théâtre, dans les petites salles» (F, 50 ans).
- «Un quartier festif jusqu’à 2 h du matin, avec des bars ouverts tard. A
Lisbonne, c’est possible».(H, 48 ans).
- «J’aimerais danser le soir après le boulot sur une place en ville.
Place Grenette ?» (F, 62 ans).
- «On pourrait profiter des berges de l’Isère ou du Drac avec la possibilité
de se baigner, faire un Grenoble plage avec des guinguettes, des bals
musette, de la zumba. Pourquoi pas organiser du cinéma en plein air
sans que ça coûte un œil à chaque fois. En famille, le cinéma, c’est du
luxe !» (F,42 ans).
- «Il faudrait de l’innovation mais pas uniquement dans le domaine
scientifique, y compris dans la culture.» (F, 24 ans).
- «Que Grenoble réussisse à montrer qu’il y a d’autres alternatives. Par
exemple, ce serait intéressant de montrer qu’on peut manger local et
bio, sans que cela coûte plus cher, notamment pour la restauration
scolaire». (F, 24 ans).
- « Que la ville ait un objectif : devenir autonome énergétiquement»
(H, Retraité)
- «Ce serait le développement de toutes les énergies alternatives, le
vent, le soleil, l’eau… Ce serait développer la nature dans la ville : des
parcs, des abeilles, des jardins partagés» (H, 62 ans).
- «Il y a trop d’immeubles. Ca fait moche, il faudrait plus d’espaces
verts.» (F, 22 ans).
- «Que Piolle réussisse et qu’on soit la ville où il y ait le moins de votes
FN... (et que ça attire ici des entrepreneurs citoyens qui créent des jobs
dans l’ESS)» (F, 53 ans).
- «Mettre des potagers et des jardins partagés partout. Et que ce
soient les habitants qui les prennent en charge avec composteurs» (F,
33 ans).
- «Que les deux atouts formidables de Grenoble qui font sa renommée,
les nouvelles technologies et le côté montagnard, soient davantage
partagés et que ce ne soit pas une forme de clivage.» (F, 60 ans)
Sous les fraises
des emplois
Végétaliser la ville et créer
des emplois ? C’est possible
en introduisant la culture
hors-sol et en transformant
des murs en potager. Une
innovation prometteuse pour
Yohan Hubert, Directeur de
l’Association Française de
Culture Hors-sol (AFCH) dont
le siège social est à Grenoble.
Depuis dix ans, cette association
regroupe une cinquantaine de
bénévoles et forme des citadins,
lors de stages et d’ateliers, aux
cultures hors-sol.
La technique de culture hors-sol
fait la part belle à la récup’. Pour
créer une installation, explique
Yohan Hubert, il suffit d’un seau
ou d’un pot recyclé, d’une petite
pompe d’aquarium, de graviers
ou de billes d’argile, de déchets
organiques. Facile à utiliser,
le hors-sol est économique,
productif, écolo, il supporte les
grandes températures, nécessite
peu d’entretien et consomme
jusqu’à 20 fois moins d’eau que
la culture dans le sol. Son usage
peut être associé à des pratiques
écocitoyennes valorisant l’eau de
pluie, la chaleur des bâtiments,
la terre des balconnières recyclée
et les déchets de la ville pour le
compost».
Yohan Hubert est aussi cofondateur de la jeune scoop «Sous
Les salariés de la bibliothèque du centre ville
sont devenus cet été des jardiniers le temps d’un
arrosage et d’une petite récolte...
les fraises», pionnière dans la
production biologique de végétaux
comestibles en milieu urbain, et a
inventé des techniques de culture
biologique hors-sol pour la ville en
utilisant une membrane organique
pour végétaliser les murs. Ce
procédé de culture verticale a
donné lieu à un brevet. «Cela nous a
conduit à la création de cette scoop
qui a déjà créé quatre emplois.
Cette invention de membrane
organique a pris naissance avec
des élèves du lycée de Sassenage.
Aujourd’hui, nous avons été
sollicités par des entreprises
et municipalités en France et à
l’étranger, sourit-il, mais nous
voulons développer ce concept
partout où cela est possible sans
oublier la dimension sociétale de
notre démarche, particulièrement
en terme de création d’emplois».
Rosalie Hurtado
Yohan Hubert a écrit un livre «Cultiver ses
légumes hors sol» (Édition Ulmer).
Contact : [email protected] - http://
www.culture-hors-sol.org/
«Je veux une ville joyeuse !»
Je veux plein de bubble car !
Manon habite l’agglo depuis qu’elle est née. Elle a
18 ans et se préparait à s’installer à Lille pour ses
études. Elle nous a proposé d’érire cet article.
Le compte à rebours a déjà
commencé ! Avant le grand départ
pour mes études, je flâne dans
le centre de Grenoble ! Je réalise
combien j’aime parcourir cette ville,
me sentir grisée par le soleil (assez
rare il faut le dire) à la terrasse
d’un café ou encore profiter de la
fraîcheur du jardin de ville. Je me
projette alors.
Grenoble est devenue la première
grande ville de France dirigée par
des écologistes. J’ai des attentes.
Tout le monde regarde notre ville
comme un laboratoire et j’espère
trouver à mon retour dans 5 ans, des
choses nouvelles, notamment contre
la pollution.
J’imagine par exemple, que je pourrai
me déplacer avec les nouvelles minivoitures électriques en libre-service :
on en voit déjà place Victor Hugo ! On
nous en promet près de cinq fois plus
d’ici 2016 ! 350 ? Mais ce n’est pas
assez.
J’en veux plus ! Là on parlerait de
nous, on nous verrait autrement,
pas comme une ville pleine
d’insécurité.
Il y aurait moins de bruit… Attention
tout de même, pas de bruit d’accord
mais du mouvement quand même…
Oui, je veux une ville avec de la vie,
une ville où les gens débouleraient de
tous les côtés, une ville où je pourrais
apercevoir des skateurs Grand rue,
où je croiserais des vélos immenses
(un peloton de tandem pour les plus
romantiques) boulevard Gambetta,
une ville où je pourrais courir un
sprint pour prendre mon train sans
avoir peur pour mes bronches.
Oui, c’est ça, je rêve d’une ville
douce, d’une ville pleine de vie,
d’un véritable éco-village avec des
transports propres : trottinettes,
rollers, covoiturage, vélos en libre
service, vélos-taxi et même des
gyropodes, également appelés
Segway (sorte de plateforme montée
sur deux grosses roues avec guidon).
Oui c’est un cri du cœur, je veux que
mon rêve devienne réalité !
Manon Cuaresma, 18 ans
PA
GE
3
DOSSIER
Partager le savoir, le soleil, l’énergie...
A la recherche d’un modèle économique plus équitable, les
associations Entropie et Demo’Tic proposent de partager leur
savoir, les uns en livrant au plus grand nombre les modes
d’emplois de fabrication d’objets, les autres en diffusant des
logiciels libres.
PA
GE
4
Entropie s’est lancé le défi
de vivre le monde autrement.
Cette
association
milite
pour un nouveau modèle de
société fondé sur l’entraide,
la
collaboration,
la
libre
circulation des connaissances
et le bien-être collectif par
opposition à la recherche de
profit personnel trop souvent
prônée par le système actuel.
Pour débattre des modèles
de sociétés, elle organise le
festival «Vivre l'utopie» (voir les
Antennes n°25) et depuis six
ans, ses membres défendent
la pratique du design libre et
de l'autoconstruction. «Cela
conduit à l’édition de notices
pédagogiques téléchargeables
sur le site d’Entropie, permettant
à chacun de reconstruire l’objet,
de le modifier et même de
le commercialiser, explique
Christophe André, fondateur
de l’association. Les plans les
plus recherchés sont ceux du
four solaire, mais aussi de la
boîte pour ranger ses outils,
de l’écrin pour la marmite
norvégienne, de la grelinette...»
«Plus qu'une activité de loisir,
l'autoconstruction change notre
rapport aux objets et nous rend
plus autonomes, poursuit Lucas,
chargé de communication. Elle
permet ainsi de nous émanciper
dans une société qui produit de
façon industrielle des objets
sans âme, peu robustes, et
verrouillés par des brevets. La
Petite marmite à Mens, qui se
charge de nourrir les festivaliers
durant l’été, vient de nous
commander un immense four
solaire, spectaculaire. Dès que
nous aurons établi la notice,
nous la publierons comme
pour tous les autres objets",
ajoute-t-il.» Pour parfaire cette
pratique, l'association organise
des ateliers de bricolage sur
des thématiques écologiques et
met en place des formations à
l'autoconstruction.
RH
[email protected] - 0664402320
http://laboratoireentropie.blogspot.fr/
Le soleil pour favoriser les rencontres
En mai dernier, un four solaire de quartier a été inauguré à Saint-Martind’Hères, par le collectif LUS (1). Il est à l’initiative d’un groupe d’habitants qui
avaient envie de plus de convivialité et de lien social.
La construction du four a été une véritable aventure collective, impliquant
union de quartiers, services municipaux, habitants, architectes-designers,
etc. (au total environ 90 personnes !).
Des étudiants ont aussi participé à la
conception technique du four entièrement pensé «pour un fonctionnement
optimal dans notre région». A Grenoble, le temps d’ensoleillement est
en moyenne de 2 000 heures par an.
Ce four solaire est utilisable par tous
lors de fêtes de quartiers. Il a la capacité de cuire quatre grandes pizzas
en même temps. La cuisson se fait
On rêve d’innovations !
«Mon rêve serait que tout
Grenoble
soit
remplie
d’Eolitales», dit Eliane Sausse,
directrice de l’Atelier ArtsSciences (1). Assise sous ce
mobilier urbain d’un nouveau
genre, «la tulipe» est une
éolienne qui cache des capteurs
solaires. Sa corolle de Led en
dessous, est un éclairage bidirectionnel. On doit ce bijou
technologique au grenoblois
Rémy Vigneron.
(1) Theatre Hexagone/CEA
Lampadaire présenté au salon Expérimenta
au rythme de l’ensoleillement. Le
four transforme les rayons du soleil
en chaleur, et, quand les conditions
sont maximales, il peut atteindre une
température proche des 200°C ! La
cuisson est bien sûr assez lente, mais
aussi plus douce, ce qui préserve le
goût, les nutriments et les vitamines.
L’autre avantage de cette technique
de cuisson est que cette énergie est
totalement gratuite, renouvelable et
écologique.
Julie Fontana
(1) Les Unités Solaires
Contact : [email protected]
L’informatique libre,
une forme de
démocratie participative
Marre de l’informatique bridée, marre des logiciels qui génèrent
des formats de fichiers illisibles pour les autres, marre des
éditeurs qui imposent l’usage de la dernière version sans
possibilité de lire les fichiers antérieurs... A Grenoble, une
communauté de passionnés souhaitent renverser la tendance.
Par définition, un logiciel dit
«libre» est gratuit. Il est enrichi
et amélioré par les utilisateurs
eux-mêmes de toute la planète
qui partagent ainsi leurs savoirs.
La communauté du Libre se bat
dans le monde entier pour le partage du savoir sans contrainte
de diffusion. Cela permet de
s’affranchir des contraintes de
gestion de licences. Ainsi, grâce
au travail collaboratif de la communauté du Libre, on dispose de
logiciels de bureautique, pour le
web, la vidéo, le graphisme ou
la 3D. Et puis nos vieux ordinateurs, soit-disant poussifs, fonctionnent à merveille avec Ubuntu
( système GNU-Linux).
Antoine Marmonier, est l’un
des membres de l’association
Demo-TIC qui forme et gère des
parcs d’ordinateurs fonctionnant avec des Logiciels Libres.
Il nous rappelle l’importance
d’avoir une «maîtrise citoyenne
des Technologies. Nous avons
Louer sa voiture?
Véronique a testé
pour nous
Grenobloise à vélo depuis plus
de cinq ans, je possède néanmoins une voiture que j’utilisais
souvent avant, mais dont je me
sers aujourd’hui de manière très
ponctuelle. J’ai alors cherché des
moyens de « rentabiliser » mon
véhicule en dehors de la seule
journée dans la semaine où j’en
ai absolument besoin.
En plus du covoiturage (suis
«experte» sur Blablacar, waouh
!), j’ai donc testé la location de ma
voiture avec le site Drivy.
Bon, je dois dire que mes
deux expériences se sont bien
passées, mais au fond, avec un
peu d’inquiétude de confier mon
véhicule à un inconnu, même
sérieux. En plus, le bénéfice
retiré (une trentaine d’euros pour
une boucle d’une petite centaine
de kilomètres) ne m’a pas paru
énorme au regard du risque
encouru : franchise nettement
moins favorable que la mienne en
cas d’accident, au pire perte de
participé à l’organisation d’une
rencontre entre Richard Stallman (à l’origine des logiciels
libres) et le maire de Grenoble,
Éric Piolle. Ce dernier est particulièrement intéressé pour faire
la bascule à l’Hôtel de Ville et
réaliser ainsi des économies
annuelles conséquentes en frais
de licences. La ville de Munich
a ainsi économisé environ dix
millions d’euros en dix ans. Ce
n’est pas rien...». L’idéal, pour
ces passionnés, serait «que tout
ce qui est rattaché à la ville de
Grenoble passe par des logiciels
libres : bibliothèques écoles,
MJC… Ce serait un vrai progrès:
non seulement d’un point de vue
économique mais aussi pour
notre autonomie et notre protection. On ne dépendrait plus
uniquement des sociétés américaines.»
RH
Contact: Antoine Marmonier - 06 38 81 55 83 [email protected] - www.demo-tic.org
mon véhicule si accident majeur…
Bref, je ne recommande finalement
pas ce système et je pense par
contre que le partage amiable de
voiture entre amis, moyennant
finances reste la meilleure solution,
système D, quoi…
Idéalement, il faudrait que les
compagnies d’assurance puissent
proposer des assurances de voiture
en « propriété partagée », en offrant
à l’ensemble des conducteurs
déclarés les mêmes conditions
de garanties et de niveaux de
franchise. Encore mieux, pourquoi
ne pourrait-on pas acheter à
plusieurs une voiture et avoir une
carte grise « partagée » ?
Mais là, bien sûr, je rêve… Ce
serait la porte ouverte à moins
de voitures achetées et nos chers
lobbys ne verraient pas cela d’un
bon œil. Sans compter le temps
que prendrait l’adaptation de la
législation à ces nouveaux usages…
Bon, je continuerai de demander
à ma voisine ou à mes amis leur
voiture le temps d’une courses ou
d’un week-end si j’en ai besoin,
et inversement… Ca sauvera mon
porte-monnaie et la planète !
Véronique Vermorel
Le vélo sound système
Richard Plaussu est un inventeur. Il a créé de toute pièce un « vélo
sound system » : une sono mobile alimentée par pédalage. Une
solution écologique alternative, dans l’air du temps...
Etre écouté !
(enquête)
- «Il faudrait aussi qu’il y ait une vraie écoute de la population.» (F, 24 ans).
- «Ce serait le lieu d’une véritable participation citoyenne qui permettrait aux
gens d’être associés aux décisions et d’être force de proposition!» (H, 62 ans).
- «Expérimenter de nouvelles solutions sociales, que ce soit dans le
domaine de la vie quotidienne des quartiers, des logements, dans la relation
au pouvoir politique. Comment les habitants deviennent-ils citoyens? Cela
suppose une évaluation indépendante et de bons indicateurs pour évaluer
la conduite de la ville.» (Jean, 70 ans).
- «Que la concertation et les commissions ne soient pas un prétexte pour
ne rien faire». (H, 64 ans).
Une concertation qui n’a pas
tourné en rond
« En 2007, je participais à un festival
de musique au milieu des Alpes.
L’endroit et la musique étaient
super mais pourtant quelque chose
clochait. Pendant trois jours, un
groupe électrogène de la taille
d’un semi-remorque tournait en
dégageant une odeur de diesel pour
générer un maximum de décibels.
J’ai ressenti le besoin d’imaginer
un « sound system » qui soit en
harmonie avec la nature, un
système de sonorisation qui soit
léger et transportable à pied. Pour
moi, c’était important de pouvoir
s’éloigner des voitures, et surtout de
pouvoir se passer du pétrole et du
nucléaire.
Pour cela, il fallait une énergie fiable
et disponible en toute circonstance:
l’énergie musculaire. J’ai alors
pensé à un générateur électrique
à pédale.
Ce qui est intéressant aussi avec
ce système, c’est que pédaler
pour produire de l’électricité
amène naturellement à modérer
notre consommation électrique:
on prend conscience de l’effort
qu’il faut fournir pour alimenter
un ordinateur, une enceinte, un
rétroprojecteur, etc. Cela sensibilise
«corporellement» aux économies
d’énergie.
Une chose est sûre : il faut de la
motivation... et ce n’est pas ce
qui manque ! À chaque fois que
le pédalage est ouvert au public,
petits et grands, hommes et
femmes, sportifs ou non, ils sont
nombreux à se relayer sur le vélo
et l’effort devient plus ludique et
facile. Pédaler revient alors à faire
don de son énergie. »
Mais le raisonnement de Richard
Plaussu va bien plus loin : il
regrette que les gens payent pour
aller pédaler dans des salles de
sport et produire de l’énergie
à perte alors qu’ils pourraient
fournir de l’électricité pour leur
propre consommation ou pour le
bien commun.
Aujourd’hui, le vélo sound system
sonorise avec la seule force
musculaire des fêtes, mais aussi
des forums ou des conférences.
Si vous souhaitez sonoriser
votre événement avec ou sans la
participation du public, n’hésitez
pas à faire appel au « Sound system
décroissant » !
Julie Fontana et Richard Plaussu
Contact : Richard Plaussu 06 16 78 00 18
Les déraillées et leur atelier volant
Une nouvelle association vient de se créer pour la promotion du vélo : «Les
déraillées». Soutenue par Le Petit Vélo dans la Tête et l’ADTC (1), les membres
de cette association (en majorité des femmes) veulent développer le vélo dans
l’agglomération pour améliorer la qualité de l’air, bien sûr, mais aussi pour
développer le lien social.
Pour favoriser l’usage du vélo, elles
Sur les traces du Petit vélo dans la
tête, elles ont créé de toute pièce une comptent bientôt ouvrir un atelier
remorque qu’elles emmènent en vélo d’autoréparation et organiser des
dans les quartiers pour organiser des cours pour ceux qui ont peur de cir« ateliers volants ». « On fait des ate- culer en ville. Elles pensent que le
liers participatifs dans la rue, explique vélo, c’est l’avenir dans l’agglo.
l’une d’entre elles. Les gens viennent (1) Association pour le Développement des Transports
en Commun, voies cyclables et piétonnes de la région
pour réparer leur vélo et nous, on leur grenobloise.
fournit les outils et on leur donne des Contact:lesderaillees.wordpress.com ou sur faceconseils. Cela mélange des gens très book - asso.lesderaillees@ gmail.com
différents : parents, enfants, chômeurs,
Il existe aussi l’Atelier Mobile
ingénieurs… Il y a peu de choses qui réVélos «Récup & Répa»
unissent les gens dans la rue comme
Les jeudis de 15h à 19h face au marché Europole,
les vendredis de 8h30 à 12h30, au marché de
cela. Les passants voient l’atelier et
l’Estacade (côté Cours Jean Jaurés).
petit à petit, ils viennent. »
Le projet d’aménagement de l’Esplanade de l’ancienne municipalité avait
fait beaucoup de mécontents. La méthode de la nouvelle municipalité pour
prendre en compte l’avis des habitants pour le nouvel aménagement de cet
espace était donc particulièrement attendue. Une participante raconte :
« Tout le monde était en cercle autour
cela a créé une espèce d’inquiétude
d’un espace central. Quand les élus
car on ne voyait pas où ni comment
ou l’animatrice voulaient prendre la
allait avancer le projet : Il fallait
parole, ils étaient amenés à tourner
repartir de zéro, tout recommencer...
sur eux-même pour parler aux
De nombreuses interventions ont
participants. De cette façon les gens
donc eu lieu à propos des piétons,
pouvaient se voir. C’était très original.
du stationnement, de la hauteur des
J’ai trouvé ça bien.
bâtiments, du bruit des animations
L’animatrice, totalement externe
la nuit… Un temps à ensuite été
à la ville de Grenoble, donnait les
donné afin que chacun puisse faire
informations de base. Elle s’adressait
des remarques. Les propositions ont
aussi bien aux élus qu’au public
été affichées dans le boulodrome
avec la même attention et un ton de
et. rassemblées pour être prises en
conciliation apaisant.
compte. Exemple : Il a été proposé
D’habitude, les projets présentés
que soient valorisées les trames
sont déjà tout ficelés. Cette fois, la
vertes et bleues (eau) qui vont jusqu’à
demande des nouveaux élus était
l’Isère, avec les remparts Ouest qu’on
d’échanger avec tous les participants:
ne voit plus, et de créer une ballade
commerçants, habitants et utilisateurs
jusqu’à la Bastille.
de ce quartier. Ils ponctuaient souvent
Pour ma part, j’ai mieux compris
leurs phrases avec les termes «si
le terme «co-construction». Cette
vous êtes d’accord», «donnez-nous
démarche est engageante et
vos avis, vos envies»... Ils ont annoncé
positive.»
les contraintes dès le départ ainsi que
Geneviève G.
Plan et perspectives sur http://www.grenoble.fr/750-esles volontés municipales. Au début,
planade.htm
PA
GE
5
Lors d’une cueillette à La frette
DOSSIER
On veut un monde plus
solidaire !
«Le chat groupé»
Le Chat Groupé est un groupement
d’acheteurs en situation de précarité
PA
GE
6
Créée par des allocataires du RSA,
membres des forums RSA de
l’agglomération grenobloise (1),
cette jeune association souhaite
faire le lien entre les producteurs
sensibles aux questions sociales et
les consommateurs qui, malgré leur
précarité, veulent avoir une qualité
de vie, se nourrir correctement, et
participer à une œuvre commune.
Les objectifs de l’association sont
divers : acheter en grosse quantité
pour bénéficier de tarifs réduits,
éviter le gaspillage alimentaire
(surplus, produits non calibrés ou
abimés), organiser des cueillettes et
du glanage collectif...
Le Chat groupé lance un appel aux
producteurs qui seraient intéressés
par ce projet.
Et si vous gagnez moins que le
SMIC et que vous avez envie de vous
nourrir avec des produits de qualité,
n’hésitez pas à
les rejoindre.
(1) Forums mis en
place par le conseil
général de l’Isère.
Contact@lechatgroupe.
org - 04 76 20 58 63
(résultats enquête)
- «Envahir Villeneuve avec des artistes/artisans et mettre à disposition
des locaux avec comme accord : la formation gratuite des habitants de
Villeneuve en échange. Villeneuve est un beau quartier!» (H, 30 ans)
- «Franchement, plus de travail et pas trop de chantiers qui emploient
des personnes extérieures à Grenoble». (H, 18 ans)
- «Plus d’aides pour ceux qui vivent dehors, qui n’ont pas de logement
et qui veulent s’en sortir. Pour les jeunes, il n’y a pas assez d’aide,
d’organismes pour des logements de nuit d’urgence. Quand il n’y a plus
de place au 115, des gens dorment dehors. Moi je suis dans ce cas-là».
(F, 22 ans)
- «On a un tissu associatif très riche mais il faudrait qu’il soit plus ouvert
aux habitants des quartiers, des personnes âgées… On est trop entre
nous…» (F, 28 ans).
- «Organiser des parrainages politiquement reconnus pour les jeunes,
avec des stages, des conseils, de l’accompagnement.» (F, 50 ans).
- «Créer davantage de logements en accession sociale à la propriété
(prix maîtrisés). L’idéal serait que le prix des terrains baissent avec une
véritable politique foncière des coûts fonciers». (H, 45 ans).
L’Atypik restaurant
de Grenoble
Au premier regard, rien de bien différent. Le café-restaurant L’Atypik,
situé rue Très Cloîtres, ressemble
à un restaurant comme les autres.
Pourtant, il n’a rien à voir !
Ce nouveau lieu est en fait tenu
par des jeunes bénévoles autistes. L’objectif, interagir sans
jugement et permettre aux gens
de changer leur regard sur l’autisme.
« Nous cherchons à dévelop-
SolidarAuto : un garage
mais pas seulement
Un garage solidaire a ouvert ses portes en juin 2013 à Echirolles.
L’objectif, faciliter la mobilité des personnes en difficulté
notamment les bénéficiaires des minima sociaux.
cule personnel est donc souvent la
meilleure solution pour travailler, se
former, explique l’équipe du garage.
Nos missions : leur permettre d’avoir
accès aux services d’un garage mais
à tarif réduit. Ces missions s’articulent essentiellement autour de
deux types de prestations : l’entretien, la réparation des véhicules et la
« La mobilité est un des facteurs vente de voitures d’occasion.
essentiels de l’insertion sociale et Pour bénéficier des services du gaprofessionnelle des personnes en rage solidaire, une seule condition:
difficulté et de leur famille.» Le véhi- disposer d’un quotient familial infé-
Voyager solidaire
L’association Amazigh Trekking.
fait partie d’un réseau de tourisme
solidaire rhônalpin et vient de
fêter ses 5 ans d’existence. Elle
propose des treks originaux chez
l’habitant mais propose aussi
des formations originales pour
découvrir le Maroc et la vie locale.
«Nous partons prochainement à
deux reprises au Maroc avec un
guide de montagne du Vercors
pour perfectionner nos équipes
et nos guides marocains, puis
avec l’Institut des Arômes et des
Plantes de Grenoble pour former les femmes d’une coopérative d’extraction d’huile d’argan
pour diversifier leur production:
crèmes de soin thérapeutique,
crèmes de beauté, parfum (formation phytothérapie et aromathérapie), etc.», commente Florence, la présidente et responsable rando.
Des séjours se mettent en place
tout au long de l’année. Des raids
en VTT ont été lancés avec succès.
per une activité économique de
type Economie Sociale et Solidaire (ESS) dans un lieu au cœur
de la ville et non pas en marge,
explique t-on à l’Atypik. Ce n’est
pas un espace d’éducation ou de
formation, mais de loisirs et de
restauration. Si une personne a
besoin de venir parce qu’elle est
seule, qu’elle veut faire de la cuisine ou faire le service, elle vient
ici pour rompre la solitude et être
dans un lieu convivial ».
Sinatou Saka
Un café/restaurant
social et interactif
A 50 mètres de la place Notre Dame,
nous allons à la découverte d’un café/
restaurant d’un nouveau genre, qualifié
de «social, interactif».
J’entre
dans
cet
ancien
restaurant grec, et, à l’intérieur,
je découvre une exposition
de
portraits
de
femmes
résistantes. Caroline, la gérante,
me prépare un café bio. Je
l’interroge: c’est quoi un café
social ? Caroline m’explique
que ce café/restaurant dispose
«d’un système de cagnotte
d’entraide pour permettre à
ceux qui ont plus de moyens
(ou qui trouvent que les prix ne
sont pas assez élevés), d’aider
ceux qui ont moins. On propose
des prix bas et on permet aussi
à des personnes qui portent
les mêmes valeurs que nous
d’organiser des événements.
Cette énergie nouvelle a fait
un bien fou à ce quartier qui
est entré depuis peu en Zone
prioritaire (1)».
10, place Edmond Arnaud à Grenoble - 09 67 33
12 94 - http://atypik-restaurant.fr/
rieur au plafond CAF, soit environ
750€ par mois.
Aujourd’hui nous disposons d’un vaste
choix de voitures toutes marques et à
des prix « très doux », essentiellement entre 1 000 et 3 000 €. Si nous
pouvons vendre des voitures en bon
état à si bas prix, c’est que l’association à l’origine du garage solidaire
est déclarée d’intérêt général et qu’à
ce titre, elle peut recevoir des dons
en espèces ou en nature. Les voitures qu’on nous apporte sont mises
en vente après une révision complète. A noter que ces dons peuvent
ouvrir droit à la réduction d’impôts.
Sinatou Saka
Contact: [email protected] - Tél: 04 76 90
19 66 - www.solidarauto38.fr/
Quatre groupes partent cette
année, dont un en tandem.
Contact : www.amazigh-trekking.com - 06 23
32 33 14
Et un café interactif? Le sourire
jusqu’aux oreilles, Caroline
poursuit : «l’idée est de proposer
un lieu où l’on se sente bien, bâti
à partir des désirs de chacun.
Ici, les projets sont autogérés
par des militants associatifs.
La programmation se construit
autour des besoins des usagers».
Depuis sa création, A l’affût est
devenu un lieu de rencontres
culturelles, de spectacles et
également un des lieux de
rendez-vous des associations
du quartier. Chaque mercredi
au moins, un événement est
proposé (projection, rencontre,
débat, jeux, concert).
Deux structures cohabitent pour
faire vivre le lieu: la SAS(2) « A
l’Affût », qui gère la partie
restauration café, et l’association
« Le Raffut » qui se charge de la
co-organisation des rencontres
et des événements.
Sinatou Saka
(1) Une zone de sécurité prioritaire (ZSP) est un
territoire qui « souffre plus que d’autres d’une
insécurité quotidienne et d’une délinquance
enracinée » et qui bénéficie à ce titre d’aides
particulières.
(2) SAS : Société par Actions Simplifiée (SAS)
est une société commerciale assortie d’un pacte
d’actionnaires.
Contact :04.76.59.06.45 - [email protected]
Se grouper ça tient
chaud...
(enquête)
«Il faut penser à l’habitat partagé, au même titre que la voiture. J’ai
des amis qui, après le départ de leurs enfants, ont divisé leur maison en trois parties. Ils sont ravis d’avoir des amis à proximité et
cela favorise les liens intergénérationnels.» Martin Lesage, directeur général de la coopérative Cité Lib.
L’habitat groupé participatif : le choix
d’une aventure humaine...
L’habitat groupé, c’est d’abord l’envie de concevoir un habitat collectif
tout en préservant les qualités propres à un logement individuel.
d’avoir du temps devant soi, insiste
Thomas Braive. Le principal obstacle,
c’est la longueur du processus.» Et oui, traduire spatialement les désirs
de chacun implique nécessairement
des compromis et du temps.
Pour en savoir plus sur le sujet, rendez-vous tous les 1er lundis de chaque
mois à la MNEI (1) à 19h30.
Julie Fontana
Les Naïfs, précurseurs
ces immeubles autogérés. Ils se
réunissent tous les mois pour gérer
en commun une laverie, une salle de
jeux, une grande pièce à vivre, idéale
pour faire la fête, organiser des réunions ou encore abriter des invités, et
une belle prairie arborée. "C'est cool
d'habiter ici, raconte Florent, qui a
rejoint le groupe, voici un an et demi.
Nous nous réunissons pour gérer le
budget que nous consacrons aux parties communes, poursuit-il, tout en
étendant le linge sur un fil dans le pré.
Bâti voici trente ans, cet îlot d'une
pour un habitat locatif
social groupé autogéré
Trente ans après, l’expérience
de l’îlot Les naïfs aux Béalières
à Meylan, reste exceptionnelle.
Qui n’a pas rêvé de disposer d’une
salle pour faire la fête, d’un appartement pour recevoir ses amis, sa
famille? Richard, Eliane, Florent,
Jacqueline et quelques autres habitants, ont la chance de vivre dans
www.leshabiles.org
(1) MNEI : Maison de la Nature et de l’Environnement de l’Isère
grâce à l’habitat inter-génération !
Depuis un an, l’Association Domicile Inter-génération Isérois (DIGI) et le
bailleur social Actis se sont associés pour monter ensemble un projet
d’habitat intergénérationnel dans trois résidences de logement social à
Grenoble. L’objectif ? L’entraide et la solidarité entre deux générations
qui ont besoin l’une de l’autre.
Actis constate depuis plusieurs anmaine : entretenir des relations de
nées un vieillissement de la populavoisinage, faire des courses et des
tion dans ses résidences. Certaines
petits services, organiser une fête
atteignent 30 à 40% de personnes
annuelle, de goûters, etc.).
de plus de 70 ans. Soucieux de l’isoGrâce à ce lien de proximité, chacun
lement de ses habitants âgés, mais
trouve son compte : les personnes
aussi des difficultés que rencontrent
âgées peuvent vivre plus longtemps
les étudiants pour se loger à Greà leur domicile en se sentant en sénoble, le bailleur a alors fait appel à
curité, et les étudiants trouvent une
la DIGI. Cette association s’investit
solution aux problèmes de logement
depuis bientôt 10 ans pour dévelop(prix élevé des loyers et absence de
per l’entraide entre personnes âgées
garantie).
et jeunes à travers la colocation.
Au-delà des services rendus par les
Un dispositif a ainsi été mis en place,
jeunes, les temps conviviaux sont
l’année dernière, entre la DIGI et Acl’occasion pour les personnes âgées
tis: sept jeunes étudiants sont logés
de faire connaissance entre elles par
dans trois appartements au loyer
l’intermédiaire des jeunes, qui se
réduit. En échange, ils s’engagent à
révèlent parfois être de vrais entreassurer un lien avec les personnes
metteurs amicaux !
âgées environ cinq heures par seJF
Plus d’infos : www.digi38.org - www.actis.fr
Crédits : Damien Artero_planeted.
L’envie de plus de convivialité, de faire
des économies en mutualisant des
services et des espaces, ce sont les
premiers avantages de l’habitat groupé.
L’association Les Habiles assure la
promotion de ce type d’habitat dans
tout le département. Elle est animatrice de groupes et apporte un véritable accompagnement technique et
juridique à ceux qui veulent s’informer,
être en lien avec des porteurs de projets ou s’organiser en collectif pour
écrire un nouveau projet.
« Il n’y a pas de recettes, explique Thomas Braive, membre de l’association,
chaque projet est unique ! Le projet
c’est ce que les gens veulent mettre
dedans » En fonction des moyens
dont un groupe dispose, les habitants
peuvent partager une salle commune,
une pour les enfants, une buanderie,
des ateliers, un jardin, un four à pain...
Cela dépend des besoins et de l’imaginaire du groupe.
Il est important de savoir que s’engager dans cette démarche nécessite
« Bien vieillir dans mon HLM »
«Les Granges des Toits Liés», 8 logements en habitat groupé à Pontcharra
dizaine de logements, les Naïfs, fait
figure de précurseur pour des logements sociaux. "C’est une expérience
originale et unique en France, souligne Robert Chartier, ex-président de
l'APU (Atelier public d'urbanisme), qui
a mené pendant deux ans la difficile
concertation entre les habitants, les
architectes et les promoteurs immobiliers. Une grande difficulté a été
de faire accepter de laisser vide un
grand bout de terrain, un endroit non
formaté, accessible à tous, pour que
les enfants jouent. Il a été nommé la
Coulée verte, plaisante-t-il. Et pourtant,
la densité d'habitation est la même qu'à
la Villeneuve, avec également une mixité
à 50 % d'accession à la propriété et de
locatifs pour deux tranches des Béalières. Pour réussir une telle opération
il faut une volonté politique de l'équipe
municipale comme celle conduite à
l'époque par François Gilet.
RH
Deux autres îlots sont également autogérés mais
en accession à la propriété, Helixe et Le Saule. Ce
dernier a obtenu le palmarès national de l' habitat
en 1986
PA
GE
7
ALTERNATIVES
Le renouveau
des monnaies locales
Plusieurs monnaies solidaires ont vu le jour dans notre agglomération : le S.E.L.
(voir ci-dessous), nommé la Noix de Grenoble, créé en 1996, se porte plutôt bien.
Le SOL, lui, n’a vécu que quelques années . Le Passeport écocitoyen (voir cidessous) créé en 2012 à Villeneuve, est actuellement en arrêt. Cependant d’autres
formes de relocalisation de la monnaie émergent. En voici quelques exemples.
La noix de Grenoble
Le SEL de Grenoble est un Système
d’Echange Local, fondé sur une monnaie fictive («noix»). Avec des noix, on
peut échanger n’importe quel bien ou
service. Pour cela, chaque adhérent
a un compte, en noix, qui est crédité chaque fois qu’il offre, et débité
chaque fois qu’il reçoit. Il n’y a aucun
inconvénient à être débiteur.
Avec le SEL, c’est d’abord la notion
de plaisir, qui prime : pour échanger,
négocier, exécuter, donner, recevoir...
Le Passeport
C’est une autre forme de monnaie
solidaire qui a pour but de valoriser
l’effort des personnes par des
contreparties . Par exemple, le
fait d’amener ses encombrants à
la déchetterie peut permettre de
bénéficier d’un écomiseur d’énergie,
d’une réduction des charges locatives,
de places de spectacles...
Contacter un SEL :
A Grenoble : [email protected]
A Fontaine : [email protected]
A Vizille : 04 76 68 65 32
Pourquoi créer une
monnaie locale?
A Romans, à 80 km de Grenoble,
une monnaie solidaire, « la
Mesure », a été lancée en
mai 2011 par un collectif de
citoyens(1). Soucieux de donner
une dimension locale, solidaire
et citoyenne à leur économie,
les membres de ce collectif ont
voulu reprendre la maîtrise de
la circulation de la monnaie.
La Mesure est un moyen de
paiement légal, autre que
nos euros, utilisable auprès
de commerces, entreprises,
associations,
artisans,
producteurs,
exclusivement
locaux. Ces derniers ont tous
signé une charte qualité. La
Mesure existe sous forme de
billets émis par l’association)
et peut être échangée en euros.
Une Mesure vaut un Euro.
Devenir un consommateur acteur
En utilisant cette monnaie, le
consommateur sait où va l’argent
qu’il donne. Celui-ci reste sur
place, est réutilisé localement, et
ne va pas circuler en dehors du
bassin de vie dans des sphères
inconnues et virtuelles. Au-delà,
celui qui paie avec de la Mesure
crée un lien de complicité et
de solidarité avec celui à qui il
achète. L’argent retrouve une
autre valeur et cela plait.
Aujourd’hui,
cette
monnaie
est en pleine expansion avec
près de 300 utilisateurs et 55
prestataires. De l’épicier au
libraire, en passant par le café du
quartier, ils sont convaincus qu’il
faut prendre les choses en main
«par le bas» dans un contexte
où le système économique
traditionnel a montré ses limites.
Sinatou Saka
Contact : [email protected].
(1)« Commune Mesure »
A l’accorderie,
PA
on s’accorde
bien
GE L’accorderie
est une association grenobloise d’échange de services
8
PA
GE
Le principe est simple : chacun peut
s’inscrire pour offrir ou bénéficier
de services en tout genre (jardinage,
cours de langues, déménagement,
garde d’animaux, etc.). On devient
accordeur en échangeant… Une
fois qu’on a rendu un service à un
Greg Randon ©
8
entre habitants, créée il y a un an dans le quartier du village Olympique.
Sa particularité est qu’il n’y a pas d’échange de monnaie au sens propre
: pas d’euros, pas de sel, pas de noix. L’unité monétaire, c’est l’heure :
on échange le même nombre d’heures pour un service rendu.
membre, on comptabilise une heure
sur son compte qu’on peut utiliser par
la suite pour bénéficier d’un autre service de son choix proposé par un autre
membre. « Il n’y a pas d’argent en
jeu, on met seulement en avant le côté
humain », précise Elodie, membre de
De la pierre pour tous!
Deux diplômés de l’école de
management de Grenoble viennent
de créer une start-up pour rendre
plus accessible l’investissement
dans la pierre aux petits budgets :
Homunity
l’Accorderie.
Les accordeurs (membres de l’accorderie) sont inscrits sur un espace
qui leur est dédié, en ligne, et sont
munis du chéquier de l’accordeur,
outil qui permettra de valider les
échanges.
Ce projet va plus loin que l’échange
de services. C’est aussi un bon
moyen de créer du lien, de rencontrer d’autres personnes. Et
pour proposer ses services, il faut
s’interroger sur ses compétences.
« La démarche me plaisait beaucoup, raconte Elodie, mais j’avais du
mal à savoir ce que j’allais proposer
comme service. L’animatrice m’a
aidé à trouver mes compétences.
Depuis, je rends des services d’ordre
administratif et bureautique. Moi,
j’ai trouvé des gens qui m’ont fait
mes plantations sur le balcon», nous
raconte Elodie.
Julie Fontana
Contact:
[email protected]
09.84.24.42.97 - www.accorderie.fr/grenoble
«Dans l’immobilier, il y a deux
solutions, explique l’un des deux
jeunes : soit vous disposez de
suffisamment d’argent et vous
pouvez investir seul dans un
bien, soit vous n’avez pas assez
d’argent et vous pouvez opter
pour une SCPI(1) : votre bien,
que vous ne connaissez pas,
sera alors géré par une banque.
Nous, ce qu’on propose, c’est
Quand les Cigales soutiennent
les fourmis
Une cigale est un club d’investisseurs qui relève de l’épargne
solidaire. Il permet de placer son argent pour soutenir des projets
locaux, éthiques et au service de l’économie réelle, et cela, même
quand on a peu d’argent.
Chaque cigale rassemble 5 à 20 personnes qui ont à cœur de ne pas subir
la crise et d’agir sur l’emploi. Ces
personnes ne placent pas leur argent
dans une banque sans savoir à quoi
il va servir mais choisissent les projets qu’elles souhaitent soutenir. Elles
peuvent également envisager de créer
une cigale autour d’un projet.
Le principe ? Les mensualités commencent à partir de 8 € par mois et
vont jusqu’à 450 €. Une fois qu’une
cigale a rassemblé 4 à 5 000 euros,
elle choisit le projet qu’elle veut soutenir, un projet qui permettra la création,
le développement, le maintien ou la
reprise d’une entreprise.
La durée de vie d’une cigale est de
10 ans : 5 ans sont consacrés à la
collecte. A partir de la 6e année,
l’entreprise commence à rembourser le capital. L’argent placé, investi
sous forme de parts sociales du capital, peut être défiscalisé. Les cigaliers
peuvent aussi demander une rémunération du capital. « C’est vrai qu’il y
a un risque, précise Marilyne Mougel
Samuel Delus regarde les plantation à Prébois de
la coopérative « Vignes et vignerons du Trièves »
qui a été financée en partie par une cigale.
d’investir dans un appartement
qu’on vous propose à la hauteur
de ce que vous pouvez investir.
Par exemple, avec 5 000 €, vous
pouvez investir dans un bien
concret, bien identifié. Ce pourra être dans un appartement de
100 000 euros à Grenoble qui
sera ensuite divisé en parts.
Vous deviendrez propriétaire au
prorata de ce que vous avez in-
vesti et toucherez tous les mois
un loyer correspondant. Notre
rôle : sélectionner des biens
rentables, regrouper des investisseurs dans une SCI et s’occuper de la gestion du bien.»
ABJ
qui fait vivre le réseau des cigales en
Rhône-Alpes, mais c’est un risque
mesuré. Comme on a à cœur que l’entreprise réussisse, on en parle autour de
soi, on fait jouer nos réseaux, on apporte
nos compétences. C’est une vraie force.
Les cigaliers apportent bien plus que
de l’argent ! ».
A savoir, les cigales du Grésivaudan (plateau des Petites roches) et du Trièves,
cherchent des projets à financer.
Sinatou Saka
Contact : [email protected]
0603170860- www.cigales.asso.fr
(1) Société Civile de Placement Immobilier
Contacts
:
[email protected]
0666730146 - www.homunity.fr
-
-
PA
GE
ESPACE ASSO
Bip Bip, pour faciliter leur vie
Il habite Fontaine et il a décidé de donner un coup de main à ceux
qui sont, comme lui, en situation de handicap.
Yannick Jacquier est à l’instar de
plusieurs personnes en situation
de handicap, «en recherche active
d’emploi ». Il a créé l’association Bip
bip pour rendre la vie des handicapés plus agréable.
Avec l’appui de bénévoles, il a créé
le site « Bons plans pour Invalides ».
Exéco
De plus en plus d’entreprises s’engagent dans la mise en place de politiques en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap, mais
il reste toujours de nombreuses idées
reçues à contrer. Combien d’entre nous
savent, par exemple, que 90% des handicaps sont invisibles? Que les personnes en situation de handicap ont en
moyenne un taux d’absentéisme moins
important ?
Exéco accompagne les entreprises
On y trouve toutes sortes d’informations concrètes pour que les
personnes en situation d’handicap
sortent en étant autonome : accessibilité, tarifs spécifiques pour les
personnes qui accompagnent un
invalide... Les personnes sourdes,
aveugles, handicapées moteur,
ont souvent du mal à sortir de chez
elles. Yannick veut générer un réflexe de « sociabilité économique ».
Quand c’est moins cher, c’est plus
facile de sortir...
Sinatou Saka
http://bons-plans-pour-invalides.fr/
avec des actions sur mesure : sensibilisation, formation et validation
pour l’adéquation post-handicap. Les
personnes en situation de handicap en
recherche d’un emploi peuvent aussi
bénéficier d’un accompagnement :
projets de formation, aide au CV, préparation à l’entretien, conseil sur la
manière d’aborder le handicap avec
un employeur… Tout ceci à travers un
suivi personnalisé.
Créé en 1997, Exéco est un cabinet-conseil
associatif - [email protected] – 04 76 26
90 30
10Etudiants,vousavezunpeudetemps?
L’AFEV a lancé sa campagne de mobilisation 2014-15. Il s’agit de recruter
75 étudiants bénévoles pour accompagner un jeune qui vit dans un quartier
défavorisé, en se rendant à son domicile deux heures par semaine.
regard sur les quartiers populaires.
Je ne les connaissais que par l’image
que relayent les médias de masse.
L’accompagnement que je fais est
L’accompagnement concerne des
enfants de maternelle, de primaire
et de collège, il peut porter sur la
découverte de la lecture, l’ouverture
culturelle, l’estime de soi ou encore
l’orientation.
Nous avons rencontré Adam, un des
bénévoles de l’association. Chaque
mardi soir, il se rend chez Sam, un
collégien de 3e domicilié à la Villeneuve de Grenoble. Il a commencé
l’an dernier et nous raconte :
« Je suis étudiant en licence de
psychologie et j’ai voulu mettre à
profit mon temps libre. Une copine
m’a conseillé l’accompagnement
individualisé. Evidemment, quand
j’ai commencé, Sam était un peu
timide mais petit à petit, on a appris
à se connaître. Cet engagement
m’a permis de découvrir une autre
culture, un autre lieu de vie. J’ai
toujours vécu dans le monde rural.
Aller chez Sam a fait évoluer mon
varié : parfois on travaille les devoirs,
on discute, parfois on fait des jeux !
En fin d’année, j’ai constaté que Sam
avait évolué, qu’il était plus investi
dans ce qu’il faisait. Comme il souhaite faire un bac pro en alternance,
on a travaillé ensemble sa lettre de
motivation. Là, il vient de passer en
3e, comme je connais désormais
sa famille et que je m’entends bien
avec tout le monde, j’ai décidé de
poursuivre cet accompagnement
cette année. »
Corentin Gautier
(1) Association de la Fondation Etudiante pour la Ville.
Contact : [email protected] - 06 73 10 23
44 - A Grenoble http://afevgrenoble.wordpress.
com/ - Site national: http://mob.afev.eu/
Roms Action
améliore le sort
des plus démunis
L’association iséroise Roms Action,
née en 2003, intervient auprès d’un
public essentiellement roumain
en très grande précarité. Nous
avons demandé à la présidente
Adèle Dumontier si des solutions
sociales innovantes existaient dans
le domaine de l’aide aux personnes
étrangères précaires.
«Nous pouvons et avons eu des
thématiques innovantes, mais
dans la pratique nous avons trop
peu de moyens. De 2007 à 2011,
nous avons travaillé sur des projets
de vie en Roumanie, pour améliorer les conditions sur place. Travailler ici et là-bas tel était notre
programme ambitieux. Depuis
2013, nous sommes financés par
l’Etat pour un copilotage international afin d’éradiquer des espaces
insalubres au profit d’un habitat
diffus. Nous avons ainsi officialisé
un Mous, une Maîtrise d’oeuvre
urbaine et social. A Grenoble, nous
Elsa, médiatrice de santé, suit les enfants Roms
avons refusé les villages d’insertion
sur des grands terrains viabilisés
dotés d’algecos. L’image est trop
stigmatisante pour la population.
Nous avons obtenu une dizaine de
logements sur Grenoble, St Egrève,
Eybens, Gières... Cela semble peu
pour une population de deux cents
personnes. Mais bientôt SaintMartin-d’Hères et Fontaine vont
participer, constate-t-elle. C’est
une grande avancée car avant il n’y
avait rien !»
Propos recueillis par
Rosalie Hurtado
www.facebook.com/romsaction
www.romeurope.org
04 76 43 47 56
[email protected]
http://youtu.be/n1JWa5b-yo0
Apprendre à bien rafistoler
A Villeneuve, il est possible de
s’exercer sur des murs pour
apprendre à peindre, à poser de la
tapisserie, de l’enduit, mais aussi
pour découvrir une technique de
bricolage, manuelle.
“Les gens se croient nuls mais
c’est de la logique, le bricolage”,
explique Giuseppe, l’animateur
technicien de ce lieu. “C’est
important de savoir rénover son
appartement, relooker un meuble
à petit prix... Avec des outils
simples, une ficelle et un caillou
(pas besoin de faisceau laser), tout
le monde peut créer un mur… Et
puis il y a aussi des tas de choses à
récupérer. C’est incroyable tout se
que les gens jettent!. Comme je ne
peux pas conduire, je me promène
avec mon chariot dans les rues et
je découvre des tas de trésors.”
Depuis sa création, les formations se
sont diversifiées : déstructuration,
réparation, création à partir de
bois de récupération, de palettes…
Une peinture peut transformer
un mobilier démodé, banal, en un
meuble personnalisé, original et à
la page… et on peut le faire avec de
très petits moyens.”
Régie de quartier Villeneuve/VO
06 31 86 00 44
Un autre type de café «Réseau»
existe à la Maison de l’Emploi et
de l’Entreprise du Néron (MEEN),à
Saint-Egrève.
Le principe est simple : faire se
rencontrer, autour d’un café, toutes
les personnes en dynamique de
recherche de nouveaux contacts
Dans la même logique, il existe
un Repair café à Saint Egrève et
à Montbonnot, mais on y rajoute
une pincée d’électronique pour les
appareils ménagers et on écarte
les rénovation des logements.
http://www.repaircafesaint-egreve.fr/
Il existe aussi d’autres associations
pour consommer autrement : la
ressourcerie (Grenoble solidarité),
les Ateliers Marianne, l’Arche aux
jouets, La Brocante de Mamie,
Pêle mêle solidarité (Arlequin)...
professionnels. A cette occasion
la MEEN invite différents acteurs
de l’agglomération tels que
Actif’Réseau, Impulsion, Nouvelle
Donne et les entreprises du canton
Saint-Egrève et de l’agglomération.
4 Avenue Général de Gaulle, 38120 Saint-Egrève
- 04 76 13 18 05
ILS S’ENGAGENT
Nous demandons
aux élus d’être
courageux
Isère Palestine est un collectif créé suite
aux événements de cet été qui se sont
produits à Gaza. Des milliers de civils sont
morts sous les bombes des Israéliens.
Quand le le collectif a appris fin août qu’un
soldat israélien devait venir donner des
cours de self défense (technique du krav maga, utilisé par l’armée
israélienne Tsahal) dans un gymnase municipal de Fontaine, ses
membres ont été très choqués.
«Nous avons alors publié une
des Palestiniens ont demandé à
lettre ouverte au nouveau maire de
lire un texte lors du dernier conseil
la commune, Jean Paul Trovero,
municipal (15 septembre). Une déexplique un membre du collectif.
libération était mise au vote pour le
Nous avons utilisé les réseaux
versement d’une aide humanitaire
sociaux et la mairie a rapidede 10 000 euros à la bande de Gaza.
ment réagi : deux jours plus tard,
Donner de l’argent, pourquoi pas,
elle annulait la venue du soldat
mais ce n’est pas suffisant si des
israélien. Aujourd’hui, nous nous
sanctions ne sont pas également
tournons vers la Ville de Grenoble
imposées à Israël pour le pousser à
pour lui demander de rompre son
respecter le droit international (1).
jumelage avec la ville israélienne
Nous pensons, comme d’ailleurs
de Rehovot tant qu’Israël ne resles Israéliens engagés pour la dépectera pas le droit international.
fense des droits des Palestiniens,
Ce jumelage, qui date de 1984, a
que les possibilités de dialogue
été mis en place sous Carignon.
avec Israël sont épuisées.
Le maire de Rehovot appartient à
La mairie de Grenoble nous a reun parti religieux d’extrême droite
fusé la lecture du texte au conseil
qui refuse l’idée même d’un Etat
municipal. Devant ce refus sans
pour les Palestiniens. Les assoappel, nous avons poursuivi notre
ciations grenobloises œuvrant
joyeux chahut revendicatif, larpour la reconnaissance des droits
gement audible dans la salle du
Pourquoi des écologistes luttent contre
le projet de train Lyon-Turin
Les membres du Collectif Chapareillan Lyon-Turin (CCLT) regardent le tracé du projet ferroviaire
Ils sont de plus en plus nombreux à penser que le projet Lyon-Turin est un
grand projet inutile et imposé, anti-écologique et ruineux.
Les opposants à ce projet estiment
que le Lyon-Turin est une aberration pour plusieurs raisons :
ils sont bien sûr contre le développement du trafic routier, ils
demandent au contraire le développement des déplacements par
rail, le report des marchandises
sur la ligne ferroviaire existante
et surtout, le développement des
transports de voyageurs (la majeure partie de la pollution dans
les agglomérations provient des
transports individuels). Ils militent
pour que le trafic routier dans les
villes alpines diminue.
D’autre part, l’emprise au sol de
cette nouvelle voie représenterait
en Savoie une perte de 600 hectares. Depuis 20 ans, toutes les
prévisions qui justifiaient ce projet ont été démenties : diminution
des transports de marchandises,
diminution du nombre de camions
par an... D’autre part, le coût global prévisionnel du projet, évalué
à 12 milliards d’euros en 2002,
a explosé à plus de 26 milliards
d’euros aujourd’hui, dont 13 milliards à la charge de la France .
Le rapport récent de la Cour des
comptes sur les lignes à grande
vitesse va dans le sens des opposants à ce projet : elles seraient
souvent non rentables, avec des
objectifs trop optimistes et très
éloignés des résultats.
ABJ
Contact : [email protected]
https://france.attac.org
conseil, pendant près d’une heure
et demie.
Nous disons simplement aux élus :
il se passe à Gaza et en Palestine
des choses inacceptables, nous
attendons des gestes symboliquement forts de votre part, comme la
rupture du jumelage avec Rehovot.
Nous venons d’adresser une lettre
ouverte à Eric Piolle. Nous attendons une réaction rapide de sa part.
Nous voulons que nos élus affichent clairement leurs positions.
Quand Pénélope Cruz parle de génocide, cela a un effet d’entraîne-
ment. Les gens osent davantage.
Lorsqu’un élu s’engage, d’autres
ensuite lui embroîtent le pas. Nous
avons mis beaucoup d’espoir dans
la nouvelle municipalité de Grenoble. Les événements de cet été
à Gaza imposent une réaction de la
part de la nouvelle équipe municipale. Les élus, du courage, mettez
fin au jumelage ! ».
Propos receuillis par ABJ
(1) C’est tout le sens de la campagne internationale Boycott-désinvestissements-sanctions
(BDS).
Contact :[email protected] - 07 58 67
14 77 - Facebook : «Info Palestine : Grenoble»
PA
GE
11
BIEN-ÊTRE
L’art de la contenance :
les jus detox
L’homme est ainsi fait qu’il lui faut quelque chose dans la main pour se
donner bonne contenance. Longtemps ça a été un gourdin puis une épée,
une cigarette, un verre, une trottinette, une vaporette… et nous voici
rentrés dans l’ère de la bouteille detox. On en parle, on veut tester, les
spécialistes ont un avis et c’est un must de s’afficher avec sa bouteille à
la fashionweek de Paris, les multiples couleurs des jus permettent de
l’accorder avec tout ! Mais au fait c’est quoi ?
Le phénomène detox dont il s’agit
ici est de s’alimenter exclusivement
pendant quelques jours de jus
de fruits et légumes fraîchement
pressés. L’état liquide permet de
mettre au repos le système digestif
(au grand dam du MEDEF, on passe
70% de notre temps à digérer),
les vitamines et minéraux des jus
sont immédiatement assimilés
par l’organisme et lui permettent
de faire une incroyable cure de
jouvence. Ce ne sont pas les jus
qui éliminent les toxines, puisque
nos organes le font déjà, mais leur
apport nutritionnel les aide à mieux
fonctionner. Et ça marche !
Après une detox, les effets sont
multiples : teint éclatant, œil
brillant, sommeil de plomb,
vitalité, perte de poids, bienêtre intestinal. Chaque jour,
on s’envoie 5kg de fruits et
légumes, soit 2,5l de liquide, on
n’a pas faim, le corps n’est pas
carencé sur cette courte période
et ne se venge pas ensuite avec
le fameux effet yo-yo : youpi
donc !
Pour bénéficier d’un effet
optimum et ne pas se gâcher la
santé en tentant de l’améliorer, il y
a quelques règles à respecter :
• Les produits : les jus doivent
Sauvé par la
PA
GE
photographie
12
C’est en voulant posséder de belles
mines de crayons que Mathieu
Mélo, jeune, s’est émerveillé sur les
taillures. C’est ainsi qu’est né
«Le pencil art».
Cuisinier de métier au côté du
renommé chef isérois Vincent Fortunato, Mathieu Mélo a été victime
d’un grave AVC en 2013. Hémiplégique, il est alors retourné à sa
première passion : la photographie.
Tout au long de sa difficile période de
rééducation, malgré son handicap,
il participe à plusieurs concours
être frais, bio, et non pasteurisés
(la chaleur tue vitamines et
minéraux).
• La démarche : pour bien vivre
cet instant, il faut en comprendre
les effets bénéfiques afin de
rester motivé et l’accompagner
d’activités relaxantes (yoga,
méditation, massage)
• La préparation : afin de
maximiser les effets, il est de
bon ton d’habituer avant son
corps en arrêtant le café, l’alcool,
la viande grasse, de le bichonner
avec des produits cosmétiques
bio,
sans
perturbateurs
endocriniens et de le préparer
en effectuant une irrigation du
colon (nettoyage du colon par
voie rectale... il faut ce qu’il faut
pour un transit impeccable et un
bon sujet de conversation à la
fashionweek.
• Le bon moment : il est souvent
conseillé de pratiquer une detox
aux changements de saison
mais aussi après des excès
alimentaires, une compétition
sportive ou, quand vous en
ressentez le besoin.
Si vous avez une condition
médicale particulière ou le
moindre doute, ne demander pas
l’avis à votre voisine mais à votre
médecin. Et s’il le déconseille, la
trottinette est encore « in» pour
perdre du poids et se donner
bonne contenance !
Ninibulle
photos sur internet et se fait
remarquer par différents festivals.
« Réaliser à nouveau des œuvres
personnelles, continuer de créer
mon univers, m’a rattaché à la
vie, m’offrant à chaque fois un réel
moment de bonheur si nécessaire
à cette période. Aujourd’hui et plus
encore chaque jour, je vis cette
passion avec un peu plus de force,
la tête pleine de rêves et d’idées »
confie-t-il.
Aujourd'hui Mathieu Mélo veut
imprimer un recueil pour partager
son univers, «Un livre pour laisser
une trace du chemin parcouru,
explique-t-il, du chemin de la
récupération après un AVC. Son
titre : " De l'AVC à la photographie".
Présenté sous la forme d’un recueil
d'images à my major company (un
site de financement participatif
pour soutenir de jeunes artistes).
Vous pouvez contribuer à le soutenir
en suivant ce lien :https://www.
mymajorcompany.com/de-lavc-laphotographie-recueil-dimages-1
Sinatou Saka
www.mathieumelo.com/
BIEN-ÊTRE
Clown, es-tu là ?
Eloge de la lenteur, mouvements, palette d’émotions, Jaqueline Tabone vous aide à trouver le chemin
de votre clown intime afin de vous réconcilier avec vous-même.
Dans les ateliers de Jacqueline
Tabone, on danse à l’assaut de son
clown intérieur, le clown auguste,
pas le blanc, le gentil, le petit avec ses
pieds bien ancrés dans le sol... celui
qui vit le moment présent. Grâce
aux jeux, aux massages, mêlant taïchi, yoga, danse, Jacqueline aide les
participants à avoir un regard sur
eux-mêmes moins sévère, à lâcher
prise. «J’allie cette pratique à la
danse bio dynamique. Je travaille
sur le mouvement afin de retrouver
le corps félin de notre enfance»,
explique-t-elle. Parmi notre galaxie
hétéroclite de personnages (la
sensuelle, le renard, le singe...),
elle favorise l’émergence des
sentiments jusqu’à trouver le
chemin du clown intime. Pour
cela, il faut vivre l’expérience du
ralentissement: plusieurs stages
de sept heures sont nécessaires !
«Dans notre palette d’émotions, il
faut du temps pour se sentir bien
avec soi-même et avoir vraiment
envie de porter le nez du clown !
Une de mes stagiaires, formatrice,
utilise de temps en temps la magie
du nez rouge dans ses cours»,
Se former, c’est bon pour tout !
Et si vous profitiez de votre
temps libre pour développer
de nouvelles compétences?
L’accès à la formation se
démocratise et de plus en
plus de formations deviennent
accessibles
gratuitement
grâce aux Moocs(1).
Apparus en 2008, via les universités
canadiennes et américaines, les
moocs sont des cours en ligne qui
ont un début et une fin. Gratuits, ils
sont ouverts à tous.
Les Moocs fleurissent en France,
principalement grâce à la
plateforme FUN (2), mise en place
par le ministère de l’Enseignement
supérieur. Les cours sur cette
plateforme
abordent
divers
sujets : développement durable,
montage de projet, création de
start-up, médecine, codage et
développement web, création de
jeux en ligne, etc. Vous pouvez
vous lancer, que vous soyez
débutant ou confirmé, dans un
sujet. Seul regret, les Moocs ne
délivrent aucun diplôme.
Le Mooc c’est l’autonomie et la
liberté. Vous vous ennuyez ? Le
prof ne vous plaît pas ? Vous pouvez
arrêter quand vous voulez. Les
participants peuvent aussi, s’ils
le veulent, répondre à des quiz
proposés à la fin des cours. Ces
quiz sont notés et permettent aux
participants de s’auto-évaluer entre
eux.
A savoir, Grenoble INP propose un
Mooc qui porte sur les méthodes et
techniques pour la gestion durable
des rivières et la gestion des
risques(3).
Sinatou Saka
(1) Massive Online Open Course
(2) Plateforme du ministère: http://www.
france-universite-numerique.fr/
(3) MOOC de Grenoble INP: http://petitlien.
com/des-rivieres-et-des-hommes
sourit-elle. Et puis un peu de
dérision sur le monde et sur-nous
même, ça ne peut pas faire de mal...
Rosalie Hurtado
[email protected]
0685519759
http://jacqueline-tabone.over-blog.fr
Mon coiffeur est écolo
Depuis 2 ans, les salons de coiffure peuvent bénéficier du label
développement durable « Mon coiffeur s’engage ». Ce label est
accessible à tous les salons motivés et dont les valeurs rejoignent
celles du développement durable.
Dans un salon de coiffure, l’eau
et l’électricité sont sollicitées en
permanence. Les institutions de
la coiffure ont décidé de mettre
en place le label développement
durable « Mon coiffeur s’engage ».
Sur la base d’une Charte*,
l’objectif est de réduire la
consommation énergétique des
salons, d’assurer le bien-être de la
clientèle et de préserver la santé
des employés : choix des produits
et du matériel pour éviter les
problèmes de santé. Il ne s’agit pas
d’une « révolution » dans le salon,
mais de petits gestes simples, qui,
mis bout à bout, peuvent mener à
de grandes économies d’énergie
sur l’année. Cela vaut peut-être le
coup, sachant que c’est une plusvalue pour le salon, pour la nature,
et notre bonne mine !
Mode d’emploi pour un salon de
coiffure étoilé...
Le coiffeur qui souhaite entrer
dans la démarche répond à un
questionnaire. Puis, un certificateur
agréé Ecocert se déplace pour
un audit. Il peut alors attribuer
une à trois étoiles au salon. Petit
bémol, pour ceux qui font l’effort, la
démarche coûte 500 euros pour un
label de 3 ans. Mais la région RhôneAlpes souhaite la labellisation, et
prend en charge 40 à 50 % du coût. Julie Fontana
PA
GE
13
* Cette charte a été co-élaborée et signée par les
partenaires sociaux, la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, l’ADEME, et le secrétariat d’Etat
à l’artisanat.
Plus d’infos : www.moncoiffeursengage.com
N°Vert : 0800 800 195 (gratuit depuis un poste
fixe)
Vous souhaitez une insertion
publicitaire ?
Appelez : 04 76 00 94 41
ou
[email protected]
ARTISTES D’ICI
Gaspard Noel
retenu par les fils de la vie
PA
GE
14
Bizarre cette belle nature habitée par les clones nus du photographe luimême, Gaspard Noël ! Quelquefois suspendus à des branches, d’autres
fois trépignants, belliqueux et minuscules à la surface de la terre, il nous
transporte dans une fiction dont il nous délivre en partie, ici, le secret.
Le travail de Gaspard Noël* propres clones nus en pâture
est
construit
comme
le dans la nature? Parce que
scénario d’un film futuriste. cet amoureux fou de la nature
Ce photographe réfléchit en n’avait que lui sous la main
ayant dans les recoins de pour la mettre en scène, dit-il.
ses synapses les principaux Il ne s’est donc jamais autant
paramètres d’un cinéaste : le portraituré que depuis sa sortie
temps, l’espace, la lumière... et de l’Ecole de commerce. Il se
les notes d’intention de l’auteur. canarde partout semblable à un
Sur son site, on se délecte des champs de tir. Résultat ? 45 000
déclarations
accompagnant auto-portraits réalisés depuis
ses oeuvres : «Le ciel est Un. 2003. Narcissique, lui ? Plutôt
Gardien infaillible de l’humanité, selfie. Avec une superbe mise en
berceau de son extraordinaire mouvement cinématographique
lui-même
dans
une
diversité, rappel omniprésent de de
la toute-puissance du Hasard et nature sereine, ses clones
se déploient dans une belle
du Chaos».
Lorsque le ciel nous réserve des lumière recherchée. Nus ou
spectacles d’une rare beauté, formidablement bien habillés,
apprêtés,
Gaspard est là et saisit les plus minutieusement
beaux clichés et surtout les plus ils sont lancés et immergés
tourmentés. Pourquoi jeter ses dans une nature magnifique et
sauvage. C’est «une mise en
abîme complexe», ajoute-t-il
en souriant, se moquant de la
place de l’homme sur terre,
«l’homme qui a oublié sa part
d’animal en lui, l’homme qui
foule en ricanant la poussière
dont il est issu...» Parcourant
photographiquement
le
monde avec son trépied et
son retardateur, il produit
une vision de l’homme et de
la nature aux détours parfois
accusateurs.
Rosalie Hurtado
www.gaspardnoel.fr
* Gaspard Noël a exposé du 7 au 25 mai à l’ancien
Musée de la Peinture de Grenoble. Il a été sélectionné par la Maison de l’Image avec six autres
photographes pour participer à l’exposition “Sur
la route”, une rétrospective du magnifique travail
de Dorothea Lange “Migrant Farmers“
Murielle Ouarab
un monde visuel sans concession
Enigmatique, Murielle entrevoit l’art comme une philosophie. La peinture, elle
s’invente sans inventer l’art !
qu’elle enchaîne les expositions.
«Un galeriste parisien vient de
me contacter spontanément»,
souligne-t-elle,
enthousiaste.
Ce qu’elle aime peindre ? Le
modèle vivant et les mandalas.
«Je me mets souvent en scène.
J’accepte ce corps changeant,
en mutation, dans un monde
visuel
sans
concession».
entre chaos et harmonie. «Avec
cette abstraction lyrique, je
cherche à créer une électricité
visuelle, une danse de l’oeil.
Selon mon état d’âme, je mets
des couleurs vives ou non.
J’entrevois l’art comme une
philosophie, conclut-elle. Et j’y
mets toute mon énergie»
Murielle Ouarab aime aussi
transmettre son art, elle
l’enseigne aux plus petits comme
aux plus grands.
RH
http://www.murielleouarab.com/
Murielle Ouarab a fait la Une du n° 26
des Antennes
Audace,
plaisir
et
joie,
caractérisent le travail de
l’artiste peintre Murielle Ouarab,
dont l’atelier à Crolles est
resplendissant de soleils. «J’ai
toujours rêvé par l’image»,
introduit-elle. A ses débuts,
Claude Blanc Brude l’a formée
durant trois ans : « il m’a surtout
appris à être artiste, à croire en
mon talent, à m’investir avec
passion, déclare-t-elle, joviale.
J’ai suivi ses conseils et ceux de
Picasso : 10 % de talent et 90%
de travail». Et cela fait 15 ans
51 artistes contre l’A51,
l’aventure continue !
Toutes les expressions ont
leur place, sans artifices, sur
des corps composés de plis,
d’épaisseurs,
quelquefois
torturés, qui se chevauchent,
s’entrecroisent
sans
idées
préconçues. La beauté est là
aussi sur des corps vieillissants,
hurlants. Résultat ? Un fil tendu
Depuis
quelques
mois,
artistes
amateurs
et
professionnels
expriment
leur amour pour les paysages
du Trièves et leur opposition
au projet d’agrandissement
de l’A51 à travers des œuvres
d'art. Une exposition de
ces créations se tiendra à
l'ancien musée de peinture
de Grenoble, du 11 au 21
mars 2015. Ils lancent un
appel aux dons humains et
Aurore de Sousa
des tirages à part
Son travail est celui d’une
artiste contemporaine à part
car elle utilise le médium
photo comme un outil qui
trace le temps et qui donne à
ses installations puissance et
raffinement.
L'étrange évaporation de l'oeuvre
d'Aurore de Sousa s'inscrit
dans le sublime du quotidien.
L'acte
photographique,
la
quête du mouvement, "la trace
lumineuse d'un moment aide
à lutter contre la mort, dit-elle.
C'est l'infinitude du temps qui
me passionne. Cette manière
de sculpter les événements à la
fois mystérieuse et magique...
On se réveille un jour avec un
autre visage et pourtant rien n'a
changé en nous. Le sentiment
d'éternité est là". Aurore a choisi
le médium photo comme une
archéologie des lieux qu´elle
traverse : une pause dans
un long continuum qui va de
l'amour jusqu'à la mort. Parmi
ses autoportraits, balayée par
un soleil brûlant, sa chevelure
rousse brille comme sortie d'un
vieux chromo jauni. A côté, le ciel
bleu intense de son pays natal, le
Portugal, donne à son diptyque
des allures de décor de cinéma.
Ses installations dans les jardins
de musées avec ses oiseaux,
ses pervenches, la porte rouge
où l'on se reflète, l'intérieur à
l'extérieur, la bande son... sont,
comme un terreau de rêves qui
invitent à la narration. En dépit
de leur esthétique, elle poursuit
toujours sa quête de la lumière
et de la variation de la couleur.
RH
[email protected] - 06 32 50 59 49
Possibilité de stages individuels ou collectifs
www.auroredesousa.com
ou financiers, afin que cette
exposition puisse prendre la
route. Des volontaires ?
Contact et soutien : [email protected]
Installation de Jean-Olivier Majastre
DIVERS
-
Les livres à jouer
de Mademoiselle Cartonne « Il existe déjà des livres carrousels
qui s’ouvrent sur 360°. Mais,
fragiles, ils ne sont pas adaptés aux
petites mains des enfants de 3 ans »
Mademoiselle Cartonne, de son
vrai nom Delphine Robert, a créé ce
nouveau concept de livres dessinés
pour que l’enfant, avec très peu de
jouets, une ou deux figurines en
poche, puisse avoir déjà tout devant
lui pour s’imaginer une histoire ».
Lancés fin 2013, ils sont entièrement
illustrés, imprimés et façonnés en
région Grenobloise. Les livres à
jouer sont également montés à la
main par des personnes en insertion
professionnelle via l’association
Grenoble-Solidarité. Delphine Robert
tenait particulièrement à ce que son
projet s’inscrive dans une démarche
«citoyenne et solidaire ».
Sinatou Saka
http://livreajouer.com - 19,90 Euros TTC.
Nouvelles chroniques des hauteurs
de Jean-Michel Asselin
Les tribulations de Jean-Michel Asselin sur
tous les sommets du monde, ses peurs, ses
angoisses, ses joies et ses sentiments les plus
intimes dévoilés dans des chroniques parfois
rocambolesques.
Une interrogation majeure de ce chef d’expé sur les
dérives d’un alpinisme toujours plus mondialisé.
Nouvelles chroniques des hauteurs, éd Glénat, 19,99 Euros
Génération Y dans l’Y grenoblois.
Devenez membre associé
des Antennes
Adhérez à l’association Composite
qui édite Les Antennes et
participez à la réalisation d’un
journal fait avec la population de
agglomération.
En étant membre associé, vous
pourrez participer à la vie du
journal, être citoyen « reporter »
d’un jour, participer au développement du journal, contribuer à
sa renommée, ou tout simplement lire le journal en le recevant
chez vous...
Nom
Prénom
Abonnez-vous
pour 4 numéros (5 e).
et/ou soutenez notre démarche
(10, 15, 20, 25... e).
Merci de remplir ce bulletin et de
l’adresser accompagné du chèque à
l’association Composite,
1 rue Montorge, 38000 Grenoble.
Adresse
Tél
Mail
(Veuillez libeller votre chèque à l’ordre
de l’association Composite)
Les Antennes : association Composite.1 rue Montorge, 38000 Grenoble. tél. 0438129059.
E-mail: [email protected]. Responsable de la publication et rédactrice en chef: Anne
Benoit-Janin. Rédaction : Manon Cuaresma, Julie Fontana, Rosalie Hurtado, Sinatou Saka,
V. Vermorel. Ont participé à ce numéro: C. Gautier, G Guichard, Y Lee, Ninibulle, N. Vucinic.
Publicité : Rosalie Hurtado : 0616257119. Imprimerie Notre-Dame. Correcteur : François
Haÿs. 25 000 exemplaires. Ce journal est imprimé 100% papier recyclé, 100% désencré.
www.lesantennes.org
Les jeunes ont mauvaise presse? On vous prouve que c’est à tort.
Découvrez le webdocumentaire réalisé par Les Antennes et les
multiples talents des jeunes de l’agglomération : www.lesantennes.org
Des vieux
clous aux vélos «jaunes» ?
A Grenoble, la ville la plus
plate (et la plus engorgée)
de France, la « petite reine »
toise les autos, le maire écolo
circule à vélo et les arceaux
fleurissent… Ca c’est pour la
carte postale.
Arrivé
à
sa
destination
évidemment, mieux vaut s’être
armé d’un solide antivol en
U (compter 15 euros) pour
arrimer sa monture à un point
fixe et repartir avec sa selle –
sous peine qu’elle ne se fasse
la belle… (car ici à Grenoble,
le vélo, ça se démonte et ça se
recycle en pièces détachées).
On conseille aussi vivement
de s’équiper d’un vieux clou
(histoire d’éviter les jaloux) et si
C’est la class!
défend qu’une seule et grande
valeur : l’école doit être pour tous
et ce en s’adaptant à chacun.
Mr Gentil est à l’origine du
projet Starter qui a vu le jour
au lycée Guynemer à Grenoble
et qui a pour but d’accueillir
des collégiens décrocheurs
en fin de 4e pour les aider à
«raccrocher les wagons» avant
le brevet. Les jeunes sont
recrutés sur entretien à deux
conditions : être décrocheur et
avoir envie de mettre en place
un projet professionnel à court
terme. L’année scolaire est
partagée en deux parties : les
cours de niveau 3e (assurés
par une équipe restreinte de
trois enseignants) et des stages
en entreprise afin de préciser
le projet professionnel des
jeunes. Un secret ? Le coaching
personnalisé : Mr Gentil ne lâche
pas ses jeunes d’une semelle.
Celui qui ne vient pas en classe
sera appelé sur son portable,
les familles seront contactées
et rencontrées au moindre signe
de manque d’engagement, etc.
C’est limpide, les places sont
Hommage à
Hervé Gourdel
Hervé Pierre Gourdel est
mort le 24 septembre dernier,
décapité par les « Soldats du
califat ». Mathieu Vernerey,
originaire de Grenoble,
gardien de refuge, a tenu à lui
rendre cet hommage.
«La dernière fois que je
l’avais vu, c’était il y a une
dizaine de jours, au refuge
de la Cougourde. C’était lors
de l’anniversaire de la mort
de l’alpiniste Guy Demange,
auquel il participait et où je me
trouvais par hasard, au premier
jour de mon précédent séjour
dans l’Argentera. Je lui parlais
de mes projets de photos
en cours, et lui m’annonçait
son départ imminent pour
l’Algérie. Comme par réflexe,
je m’interrogeais au fond
de moi s’il s’agissait d’une
destination sans risque. Mais
son regard serein et confiant
me tranquillisait et suffisait à
me dire que cette inquiétude
n’avait pas lieu d’être. Je lui
chères, il n’y a qu’une classe
Starter.
Dans son enseignement du
français, Mr Gentil fait partie
de ceux qui considèrent que
la réussite s’acquiert par la
littérature et non par l’étude
d’une lettre de motivation. Il
n’envisage pas une seconde
d’ôter le droit à la culture de
ces jeunes sous prétexte qu’ils
l’Argentera, un massif familier à Hervé
demandais alors s’il y allait en
repérage pour y retourner plus
tard avec des clients, ce à quoi
il me répondit «pourquoi pas».
Puis, une poignée de main,
un sourire, et la certitude de
se revoir pour montrer à l’un
et l’autre des photos de nos
escapades respectives, fussentelles proches ou lointaines. Je
ne peux que les accompagner
en pensée, leur témoigner de
ma chaleur et de mon soutien
comme je le peux. [...]
Hervé ne reviendra pas, ce poids
sera longtemps lourd à porter
et la blessure béante longue
à cicatriser. Mais je remercie
Hervé de m’avoir fait croiser
son chemin et de m’avoir
permis de partager avec lui des
instants inoubliables de vie.
C’est quelque chose que ses
bourreaux ne sont pas parvenus
à tuer et qui restera pour moi et
pour tant d’autres une source
intarissable d’inspiration».
Mathieu Vernerey
ne sont pas là pour des études
longues.
Coup de cœur donc pour cet
homme aux grandes valeurs
qui coache ses élèves de près
et s’entend dire entre deux
cours « il est gentil Monsieur
Gentil ».
http://www.ac-grenoble.fr/lycee/guynemer.
grenoble/articles.php?lng=fr&pg=238
http://eduscol.education.fr/experitheque/
consultFicheIndex.php?idFiche=8848
Ne pas jeter sur la voie publique
Originaire de Grenoble,
je viens d’être nommée
enseignante de français en
zone difficile à Grigny en
Essonne. Je m’interroge.
Mon établissement vient
d’être classé REP+ (Réseau
d’Education Prioritaire +). Des
tas de dispositifs sont mis en
place, on nous propose de
réinventer la pédagogie, mais
nous avons toujours 28 élèves
par classe…
Pendant que grand nombre de
nos têtes pensantes s’apitoient
sur les résultats des enquêtes
classant l’école française bien
bas, certains se sont attelés au
problème depuis longtemps et
obtiennent des résultats.
C’est le cas d’Antoine Gentil,
l’enseignant aux mille facettes
et au cœur sur la main qui ne
possible résistant
aux coups
de pieds.
Mieux vaut aussi s’équiper
de pneus anticrevaison (40
euros par roue) pour éviter les
canettes brisées sur la voirie…
et les foudres des voleurs de
vélos quand l’acier du U leur a
résisté.
C’est ce qui est arrivé à mon
fiston il y a quelques jours, alors
qu’il s’apprêtait à enfourcher son
beau VTT tout neuf (49 euros en
promo à Carrefour, une aubaine)
pour aller au boulot.
Il s’est dit qu’il le réparerait
pendant le week-end... Car
après huit heures de boulot
comme magasinier lui aussi, il
est crevé !
Las, le surlendemain, le deuxroues sans selle ni pneus s’était
envolé avec son « U ». Moi mon
vieux clou tout fin s’est retrouvé
tout tordu un matin à son arceau
toujours accroché à son U.
Depuis, je loue un vélo jaune
comme 5 000 autres. Il pèse
15 kilos et son pédalier est
poussif mais le U et les pneus
anticrevaison sont compris...
Véronique Granger