l`huile de palme dans les éChanges mondiaux

Transcription

l`huile de palme dans les éChanges mondiaux
CTB Trade for development
L’huile de palme
dans les échanges
mondiaux
Enjeu stratégique
et sujet de polémiques
ÉDITEUR RESPONSABLE
Carl Michiels, CTB-BTC Rue Haute, 147 - 1000 Bruxelles
REALISATION
Izicom – www.izicom.com
RÉDACTION
Jean-Paul Rivière
Réalisation graphique
Perfecto
Crédit photos
Shutterstock – Dreamstime - Greenpeace
© CTB, agence belge de développement, janvier 2011.
Tous droits réservés.
Le contenu de cette publication peut être reproduit, après autorisation
de la CTB et pour autant que la source soit mentionnée.
Cette publication du Trade for Development Centre ne représente pas
nécessairement le point de vue de la CTB
Sommaire
INTRODUCTION
Des critiques nombreuses,
une réponse balbutiante4
FICHE D’IDENTITE
La championne du monde
des huiles végétales7
CONTROVERSES
La culture de la palme met à mal
le développement durable11
> Interview - Professeur Yvon Carpentier :
« Une composition moins bonne que le lard »
13
> Interview « Une plante typique des zones
équatoriales humides »
14
L’Indonésie sous le feu des critiques
15
Agrocarburants :
un nouvel usage en débat
17
VERS UNE HUILE
DE PALME « DURABLE »
La Table ronde : un outil
pour moraliser la filière
19
Les acteurs partagés
sur les travaux de la RSPO21
> Interview - Adam Harrison :
« L’industrie est en train de changer
ses pratiques »
22
> Interview - François Van Hoydonck :
« Il faut trouver le bon équilibre entre
protection et développement »
24
> Interview - Stéphane Desgain :
« La priorité, c’est l’autosuffisance alimentaire »
26
L’huile de palme bio en ébullition27
CONCLUSION
De nombreux progrès
restent à accomplir29
REFERENCES ET BIBLIOGRAPHIE30
Trade for Development Centre31
3
introduction
INTRODUCTION
Des critiques
nombreuses,
une réponse
balbutiante
L’huile de palme illustre avec force la complexité des relations entre le nord
et le sud de la planète. Ce produit de l’agriculture tropicale interroge toutes
les composantes du développement durable.
L’économie tout d’abord. L’huile la plus consommée au monde est à l’origine d’une filière agro-industrielle prospère, dopée par la demande en carburants d’origine végétale. On y lit la trace d’anciennes voies coloniales
entre le sud-est asiatique (dont l’Indonésie, premier pays producteur) et le
port de Rotterdam où parviennent les cargaisons livrées en Europe. Il s’agit
d’une impression trompeuse car les flux se dirigent aujourd’hui d’abord
vers l’Inde et la Chine. Le centre de gravité demeure donc asiatique.
L’environnement ensuite. Forêts détruites, biodiversité affaiblie, libération
de gaz à effet de serre, pollution et sols appauvris : les sujets de crispation
ne manquent pas pour les ONG de protection de l’environnement, les premières à se mobiliser contre les méfaits de l’huile de palme.
Le social enfin. Moins médiatisées, les expulsions de populations pour
cause de déboisement, les conditions de travail dans les plantations et la
hausse des prix de l’huile de consommation courante font aussi partie des
données du commerce mondial de « l’or orange », parfois ainsi nommé à
cause de sa couleur avant raffinage.
Ajoutons à ce panorama les messages d’alerte des professionnels de la
santé quant à la nocivité d’un produit alimentaire que l’on retrouve partout
4
introduction
mais qui se dissimule en petits caractères dans les étiquettes de composition des produits.
L’huile de palme et les controverses qu’elle soulève interrogent en fait l’ensemble du modèle économique basé sur cette monoculture d’exportation.
Les présents et les absents
La question d’une huile de palme durable est posée. La création de la
RSPO (Table ronde pour une huile de palme durable) en 2004 est le premier acte de régulation internationale d’une filière jusque là livrée à ellemême. Le cap est donné : « moraliser » la production en certifiant une huile
selon les critères du développement durable. « Greenwashing » crient les
ONG. Autrement dit, il s’agit d’une opération de communication. Certaines
d’entre elles choisissent pourtant la voie de la co-gestion pour améliorer un
système encore imparfait.
Dans ce processus, il y a ceux qui répondent « présent » et les autres.
Parmi les présents, on trouve d’abord ces ONG internationales de protection de l’environnement dont c’est en quelque sorte le fonds de commerce.
Les ONG dites « de développement » apparaissent plus en retrait sauf sur
la question des agrocarburants. Les multinationales de l’agro-alimentaire
sont aussi très visibles et parties prenantes de changements de pratiques.
Ces deux groupes d’acteurs se trouvent dans les pays riches industrialisés
- spécialement en Europe occidentale - là où les citoyens sont sensibles
à la disparition des forêts équatoriales, au réchauffement du climat et à
leur propre santé. Ensemble, ils sont pour l’instant les seuls garants d’une
transformation en profondeur des règles de la production mondiale d’huile
de palme.
D’autres acteurs sont absents ou en tout cas moins audibles. D’abord, toute
une partie du monde (dont les Etats-Unis) est relativement peu concernée
par le sujet. Ensuite, des compagnies agro-alimentaires à capitaux chinois
constituent des pièces maîtresses de la filière mais elles sont plutôt discrètes
quant à leurs intentions. Les principaux pays de consommation (Inde et
Chine) sont également peu diserts. Les populations affectées par l’industrie
de la palme dans les pays de production ont, quant à elles, du mal à avoir voix
au chapitre. Enfin, les Etats dans leur ensemble brillent par leur absence dans
ces efforts de régulation internationale encore balbutiants.

5
Fiche
d’identité
FICHE D’IDENTITE
La championne
du monde des huiles
végétales
Bien que près de la moitié des aliments transformés en contiennent,
que bon nombre de cosmétiques
aussi et que de plus en plus de
véhicules l’utilisent comme carburant, l’huile de palme est pourtant
méconnue des Occidentaux. Elle
est à la fois l’huile issue de pays
tropicaux lointains, elle arrive en
Europe par voie maritime puis rejoint les rayons des supermarchés.
Elle y est difficilement identifiable
dans la liste de composition de très
nombreux produits, noyée dans les
appellations « huile végétale » ou
« matières grasses végétales ».
Elle est l’huile issue de plantes à la
fois la plus produite (46,6 millions
de tonnes par an, soit un tiers de
la production mondiale) et la plus
consommée (devant l’huile de soja).
Sa demande est en croissance de
3 % par an depuis trente ans, tirée par une sollicitation sans cesse
grandissante.
L’huile de palme est obtenue par la
pression de la pulpe des fruits du
palmier à huile. Ce végétal est une
herbe géante qui peut atteindre plus
de 20 m de haut. Il appartient à la famille des monocotylédones, plantes
à fleurs auxquelles se rattachent les
palmiers mais aussi les orchidées
et les graminées. L’huile de palme
non raffinée, issue d’une pression à
froid, est de couleur rouge orangée.
L’amande du fruit, après broyage,
donne l’huile de palmiste qui est de
couleur blanche.
Le palmier à huile ne pousse que
dans les pays tropicaux humides :
le Golfe de Guinée en Afrique – d’où
il est originaire, l’Amazonie et l’Amérique Centrale, et enfin l’Asie du SudEst où il est de loin le plus présent
aujourd’hui. 15 millions d’hectares
au total sont plantés dans le monde.
Les caractéristiques de l’huile de
palme la rendent intéressante pour
l’industrie agro-alimentaire. Elle est
de loin la moins chère du marché
(environ 1 000 $ la tonne fin 2010),
même si les cours sont nettement
orientés à la hausse. Le rendement
du palmier à huile, avec 5 950 litres
par hectare et par an, est cinq fois
supérieur à celui de l’arachide ou
du colza. Les palmiers à huile font
l’objet de monocultures organisées
en plantations tropicales sur des
terres déboisées, utilisant une main
d’œuvre très bon marché. Les récoltes ont lieu plusieurs fois par an
pendant la période de maturité de la
plante, laquelle dure vingt ans environ. Par ailleurs, l’huile de palme est
solide à température ambiante (ce
qui l’assimile plutôt à une graisse),
supporte bien les hautes températures, rancit peu et donne du moel-
7
FICHE D’IDENTITE
leux aux aliments : pour toutes ces
raisons, elle s’avère intéressante
pour de nombreuses préparations
alimentaires.
Cette huile végétale est un ingrédient traditionnel dans les pays où
elle est produite. Elle y est alors
consommée crue. Elle est aussi – et
le devient de plus en plus – un produit d’exportation. Dans ce cas, elle
est utilisée raffinée et désodorisée.
Ses utilisations vont à 80 % des cas
à l’alimentation (margarines, plats
préparés, brioches, céréales, biscuits, glaces, etc.), à 19 % à des
produits non alimentaires issus de
l’oléochimie (cosmétiques, savons,
lubrifiants, bougies, produits pharmaceutiques, etc.) et pour le 1 %
restant à la production d’un agrocarburant, le biodiesel (27 % des
usages pour l’Union européenne).
Le début de l’exploitation industrielle
de la palme à des fins d’exportation
remonte aux dernières décennies
du XXème siècle. Deux pays, l’Indonésie et la Malaisie, concentrent
aujourd’hui à eux seuls 87 % de la
production mondiale. La Malaisie,
longtemps premier pays producteur,
vient d’être détrônée par l’Indonésie.
D’autres pays comme la Thaïlande,
la Colombie ou la Papouasie-Nouvelle Guinée sont en compétition
pour accéder au podium.
Du coté des consommateurs finaux,
l’Inde, la Chine, l’Union européenne
et le Pakistan représentent 60 % des
débouchés à l’export. L’Europe des
27, à elle seule, en accapare près
de 15 %. L’avenir de la palme est
donc avant tout lié au devenir des
puissances géantes émergentes du
continent asiatique, qui combinent
les populations les plus nombreuses du globe et des taux de croissance élevés.
Une filière aux acteurs
multiples
La filière de l’huile de palme est
complexe. Elle met en jeu de nombreux acteurs à la taille et aux intérêts variés.
Deux pays produisent presque toute l’huile de palme dans le monde
Autres 14%
Indonésie 47%
Malaisie 39%
Source : Oil World, 2010
8
FICHE D’IDENTITE
Production d’huile de palme dans les 4 pays
Sujet / pays
Indonésie
Malaisie
Thaïlande
Papouasie NG
Surface totale du pays (Millions Ha)
181,16
32,85
51,29
45,29
% de surface forestière
46,78
62,73
28,19
64,39
% de surface agricole
26,77
23,95
38,66
2,30
Surface huile de palme récoltée
(Millions Ha)
5,00
3,90
0,45
0,096
% surface dédiée à l'huile de palme par
rapport à la surface agricole
10,31
49,56
2,28
9,23
85
83
9,27
1,4
17,00
21,28
20,08
14,58
44
41
76
42
Rendement FFB* (millions de t)
Productivité FFB* (t/Ha)
Surface de petits propriétaires (en %)*
Source: FAOSTAT (2008), * World Bank (2010)
Dr Yotsawin Kukeawkasem - Round
Table Palm Oil Nov 2010
* FFB: fresh fruit bunch, soit grappe
de fruits frais
Les planteurs familiaux représentent 60 % du secteur des plantations à l’échelle mondiale. Dans un
pays comme l’Indonésie, ils exploitent plus de 40% des surfaces de
palmiers. Leur activité peut s’avérer très profitable à condition qu’ils
aient eu au départ les capacités
financières d’investir dans la création d’une palmeraie, l’achat d’un
pressoir et la fourniture des intrants.
C’est pourquoi il s’agit souvent de
citadins ayant un travail en ville et
décidant de consacrer leurs économies à ce placement juteux.
Le fruit du palmier exige d’être
pressé très vite une fois cueilli. Une
première industrie de transformation, pour la pression à chaud et le
raffinage, a donc vu le jour en Asie
du Sud-Est à proximité des sites de
production. Les plantations et ces
entreprises de transformation sont
en partie exploitées par des groupes
alimentaires d’importance régionale,
comme Sime Darby, n° 1 du secteur
ou Sinar Mas. Ceux-ci, installés en
Malaisie (Sime Darby), en Indoné-
sie (Sinar Mas) ou à Singapour sont
tous sous le contrôle de capitaux
chinois et exercent aussi des activités de négoce international.
Les multinationales occidentales
de l’agro-alimentaire apparaissent
surtout dans les phases suivantes
de négoce, fabrication de biens de
consommation et distribution. Elles
se sont retirées il y a longtemps du
contrôle direct des plantations. Le
groupe Unilever était jusqu’en 2010
le premier consommateur mondial
d’huile de palme (3 %). Signe des
temps : il est en passe de se faire
détrôner en 2011 par la société
finlandaise Nesteoil, détentrice
d’un nouveau procédé d’utilisation
de ce produit à des fins d’agrocarburant. 
9
CONTROVERSES
CONTROVERSES
La culture de
la palme met à mal
le développement
durable
C’est l’heure de la pause au bureau. Le slogan « Have a break » apparaît
à l’écran. Un employé, l’air fatigué, enlève l’emballage d’une barre chocolatée Kit Kat et croque dans le biscuit sans le regarder. Stupeur : la barre
énergétique est en fait une patte poilue. Du sang gicle sur un clavier. Un
slogan apparaît à l’écran : « Accordez une pause aux orangs-outans ».
Ce clip réalisé par Greenpeace en 2009 a créé le buzz sur Internet. Son
but était de faire pression sur Nestlé, titulaire de la marque Kit Kat, afin que
la multinationale cesse ses approvisionnements auprès du principal producteur indonésien d’huile de palme, Sinar Mas, via sa filiale Smart. Cette
entreprise indonésienne est dans le collimateur de l’ONG écologiste car
jugée responsable de la destruction de nombreuses forêts, au mépris des
règlementations et de la volonté des populations locales. Mission accomplie : Nestlé a cessé de s’approvisionner auprès de Sinar Mas début 2010.
L’orang-outan est le symbole des méfaits attachés à la production massive
d’huile de palme. Sa disparition programmée est liée à la destruction de
son habitat naturel (la forêt primaire des îles de Bornéo et Sumatra) au profit
de plantations de palmiers à huile.
En outre, la controverse touche en fait tous les aspects du développement
durable : l’environnement, le social et l’économique. La question sanitaire
la complète.
L’essor effréné de l’huile de palme a comme première conséquence la déforestation. Les forêts tropicales primaires sont de grands réservoirs de biodiversité. Or ceux-ci, d’une richesse inégalée, sont menacés. Plus d’un million
d’hectares de forêt disparaissent chaque mois, soit l’équivalent d’un terrain
de football toutes les deux secondes. La destruction des forêts primaires
tropicales est due à l’origine à l’exploitation du bois d’œuvre. L’industrie de
la pâte à papier et de l’huile de palme prennent aujourd’hui le relais, notamment dans les zones forestières des grandes îles du sud-est asiatique où se
concentre une bonne partie de la production mondiale d’huile de palme.
11
CONTROVERSES
Alain Rival, spécialiste de la filière palmier à huile au CIRAD, un institut
français de recherche agronomique pour le développement, relativise le lien
entre déforestation et plantations : « Sur 21 millions d’hectares de forêt primaire qui ont disparu en Indonésie entre 1990 et 2005, seulement 3 millions
correspondent à la création de palmeraies ». Chez Greenpeace comme
dans la plupart des autres ONG, on insiste au contraire sur la véracité de ce
lien, même si l’on concède que d’autres productions sont aussi en cause.
Et de souligner que 3 millions d’hectares constituent une superficie considérable, équivalente à la superficie de la Belgique.
Une cause du réchauffement climatique
Les forêts sont détruites en particulier via des incendies volontaires gigantesques qui libèrent d’énormes quantités de CO2, particulièrement en zones de tourbières comme dans la région de Riau sur l’île de Sumatra. On
estime que la déforestation est à l’origine d’un cinquième des émissions
mondiales de gaz à effet de serre. L’Indonésie est ainsi devenue le troisième contributeur mondial à cette cause majeure du réchauffement de la planète. Replanter des palmiers à huile ne permet pas de recréer des stocks
de carbone : une forêt tropicale dense humide en contient 150 tonnes par
an alors qu’une palmeraie en séquestre au mieux entre 30 et 35 tonnes.
La culture du palmier à huile requiert enfin d’énormes quantités d’engrais
très polluants et de très grandes quantités d’eau. Il s’agit d’une monoculture exclusive : rien ne pousse sous les palmiers et, au bout de vingt à
vingt-cinq ans d’exploitation intensive, la plante laisse souvent la place à
un sol inculte.
Sur le plan social, la culture du palmier est aussi sujette à toutes les critiques des mêmes ONG. Les forêts détruites privent les populations autochtones de leur principale ressource et de leur mode de vie ancestral. Les
habitants dépossédés de leurs terres deviennent les employés des plantations et des usines de transformation pour des salaires dérisoires. Ils sont
victimes d’accidents fréquents et souffrent d’affections liées à l’utilisation
de produits nocifs pour la santé.
En matière économique enfin, l’huile de palme est une culture tropicale de
rente délibérément tournée vers l’exportation. Pour les ONG de développement, ce type de production met en péril la souveraineté alimentaire des
pays producteurs. Elle se réalise pour elles au détriment du maintien d’une
agriculture paysanne tournée vers la production vivrière.
Le dernier usage en date de l’huile de palme, en tant qu’agrocarburant, est
encore minime en valeur. Il contribue cependant à doper l’ensemble d’une
filière qui se satisfaisait jusque là du peu de publicité faite autour de « l’or
orange ». Le courant d’opinion critique apparu dans les pays occidentaux
prend appui sur ce développement. Ses attaques vont bien au-delà de la
simple défense de quelques grands singes insulaires d’Asie du Sud-Est.
Elles mettent en cause les fondements d’un modèle de production aux
enjeux stratégiques majeurs.

12
CONTROVERSES
Interview
Professeur Yvon Carpentier :
« Une composition moins bonne que le lard »
Le Professeur Yvon Carpentier enseigne la biochimie pathologique et la nutrition à l’Université
libre de Bruxelles. Il dirige également la clinique
des lipides de l’hôpital Erasme. Le Pr Carpentier
participe au groupe nutrition du Conseil supérieur de la santé qui devait remettre fin 2010 un
rapport sur l’huile de palme.
Que faut-il penser de l’huile de palme en termes
nutritionnels ?
Yvon Carpentier : La composition de l’huile de
palme est moins bonne que le lard. C’est l’une des
rares huiles végétales à être extrêmement riche en
mauvais acides gras saturés, susceptibles d’influer
sur le mauvais cholestérol. Certains acides gras saturés ne sont pas si mauvais : c’est le cas de l’acide
stéarique en particulier. Les acides gras palmitiques
(dont l’huile de palme regorge) et myristiques (très
présents dans le beurre et la crème fraîche) augmentent au contraire le taux de cholestérol.
Quelles recommandations
consommateurs ?
faites-vous
aux
Y.C. : Si on veut utiliser une graisse relativement
solide, il faut le faire avec une huile riche en acides
gras saturés. Je sais qu’on est en train d’en développer une de meilleure qualité sanitaire que l’huile
de palme actuellement aux Etats-Unis. Sinon, il faut
préférer les huiles liquides, comme l’huile de tournesol ou celle d’olive. Je pense qu’il faut qu’il y ait
une mention plus explicite de composition sur les
étiquettes des produits alimentaires. Ensuite, tout
est question de quantité : on peut consommer de
l’huile de palme mais si on ne sait pas où elle se
trouve, on risque d’en consommer trois ou quatre
fois plus que ce qui est permis. J’invite ceux qui le
souhaitent à se référer pour plus d’information au
rapport du groupe nutrition du Conseil supérieur de
la santé. (Voir p. 30)
Dans quels produits la trouve-t-on ?
Y.C. : Le problème, c’est que les consommateurs
en ingèrent sans le savoir et les artisans transformateurs en utilisent également sans être au courant. Toutes les grandes sociétés agro-alimentaires
l’incorporent en cachette et la présentent en magasin sous la mention « huiles végétales ». On en
trouve ainsi dans des préparations pour bébés, des
aliments de santé pour le 3ème âge et des aliments
bios. L’apport principal concerne cependant la pâtisserie et la briocherie.
13
CONTROVERSES
Interview
« Une plante typique des zones équatoriales humides »
Sabine Danthine
Guy Mergeai
Les chercheurs de la faculté de Gembloux (Belgique) travaillent sur l’huile de palme depuis de
nombreuses années. Guy Mergeai, chargé de cours
en phytotechnie tropicale, relate qu’un certain R.
Vanderweyen, qui œuvrait au Congo belge pour le
compte de l’institut de recherche agronomique, a
été à l’origine d’une découverte majeure sur l’hybridation des palmiers à huile en 1939. Aujourd’hui
encore, les variétés tenera, hybrides des dura et des
pisifera, combinent une coque épaisse et une pulpe
fournie et forment la totalité des palmiers exploités
dans le monde.
« Le palmier à huile est une plante typique des zones
équatoriales humides », explique Guy Mergeai. Sa
zone de prédilection se situe à 10° maximum de
part et d’autre de l’équateur, là où les précipitations
sont continues, de l’ordre de 1 800 mm d’eau par
an (700 mm en Belgique). « C’est le champion du
monde de la transformation de l’énergie solaire
en matière grasse. Il est imbattable en termes de
productivité de surface », précise le chercheur. Le
potentiel du palmier à huile est directement lié au
niveau de pluviosité, car il craint avant tout le stress
hydrique.
Sabine Danthine est une spécialiste des huiles
alimentaires à la même faculté de Gembloux. Elle
explique les nombreuses étapes qui permettent de
passer du fruit (un ensemble de petits fruits regrou-
14
pés en grappes) à la graisse incorporée aux produits
de l’industrie agro-alimentaire : « Très vite après la
cueillette, il y a une étape de stérilisation pour limiter
les altérations dues à des lipases présentes dans
le fruit. Cette cuisson facilite aussi l’égrappage.
Le fruit est malaxé à haute température. L’huile de
palme brute est obtenue à partir de la pulpe, par
pression. Les amandes sont séchées et craquées ;
l’huile de palmiste en est extraite, parfois à l’aide
d’un solvant. Le raffinage de l’huile de palme brute
est un ensemble de techniques qui permettent de
la rendre comestible. On enlève les éléments indésirables par procédés chimiques ou physiques.
L’huile de palme est désacidifiée, blanchie et désodorisée. On obtient un produit pâteux de couleur
blanche, semi-solide, que l’on peut fractionner de
façons multiples en parties solide et liquide et obtenir ainsi des produits dérivés ».
Sabine Danthine considère que cette huile est plutôt
à éviter d’un point de vue sanitaire en raison de son
taux élevé d’acides gras saturés (presque la moitié
de sa composition). Dans le même temps, ceuxci sont nécessaires pour donner aux produits une
texture adaptée aux besoins de l’industrie agro-alimentaire. Le débat est ainsi posé, résume l’universitaire, entre les arguments technologiques qui plaident en faveur de l’huile de palme et les arguments
nutritionnels qui vont à son encontre. (Lire à ce sujet
l’interview du Pr Yvon Carpentier, page 13)
CONTROVERSES
L’Indonésie sous le
feu des critiques
En matière d’huile de palme, un pays concentre tous les regards. L’Indonésie
en est le premier producteur au monde avec 21,5 millions de tonnes pour la
saison 2009-2010 (45 % de la production mondiale). Son dauphin et ex-leader, la Malaisie, a quant à elle arrêté son expansion il y a quelques années.
Les investisseurs malais sont aujourd’hui très actifs dans l’achat de plantations… en Indonésie.
Les palmiers à huile ont été introduits au début du XXème siècle dans le pays
par l’agronome belge Adrien Hallet. L’expansion de la palme dans l’archipel
date de l’ère Suharto et repose sur la mise en œuvre de grands projets industriels puisant dans les ressources inexploitées des grandes îles du pays :
Kalimantan (Bornéo) et Sumatra en tête. Elle accompagnait alors une politique de transmigration, c’est-à-dire de déplacements de populations des îles
surpeuplées du centre de l’archipel comme Java vers ces territoires périphériques peu habités.
Entre 4 et 6 millions d’hectares de terres, selon les sources, sont aujourd’hui
exploités en Indonésie en plantations de palmiers à huile, dont 3 millions
d’hectares (soit, rappelons-le, la superficie de la Belgique) provenant de la
conversion récente de forêts primaires. Il s’agit d’une partie d’un phénomène
de déforestation très important. Greenpeace Belgique estime à 74 millions
d’hectares (deux fois le territoire de l’Allemagne) les superficies de forêts
détruites dans le pays depuis 50 ans. 40 % du couvert d’origine du pays
auraient ainsi disparu. Le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) estime qu’au rythme actuel, cette forêt originelle sera détruite à
98 % en 2022.
Parmi les sociétés indonésiennes exploitant la palme, quelques-unes sortent du
lot, à commencer par le leader national du secteur : Sinar Mas. Cette entreprise
a la particularité d’être aussi l’un des principaux acteurs du secteur de la pâte
à papier via sa filiale APP, deuxième gros contributeur de la déforestation en
Indonésie. Pour cette raison, elle est l’objet de toutes les attentions des ONG
environnementalistes. Greenpeace a publié en 2009 un rapport intitulé « La
face cachée de Sinar Mas », dénonçant les pratiques illégales du conglomérat
en matière de déforestation, alors même que deux autres de ses filiales (dont
Smart, visée par l’ONG) participent à la Table ronde sur l’huile de palme durable
(RSPO). Le rapport montre ainsi que Sinar Mas n’a pas jugé bon de recourir
aux permis pourtant obligatoires pour déboiser des forêts avant d’y établir des
plantations. Ailleurs, la déforestation a été menée sans que les impacts environnementaux n’aient été évalués au préalable, comme la loi l’exige. L’entreprise a
également détruit des forêts situées sur des tourbières de plus de trois mètres
de profondeur, ce qui est contraire aux principes et critères de la RSPO.
15
CONTROVERSES
Précieuses tourbières
Greenpeace est d’ailleurs particulièrement attentif à l’avenir des tourbières
indonésiennes, en raison de la capacité de ces sols fragiles à stocker du
carbone. L’ONG a mené fin 2007 une étude sur les tourbières de la province de Riau, sur l’île de Sumatra, où se situent un quart des plantations
indonésiennes de palmiers à huile. Ces sols présentent la concentration
en carbone par hectare la plus élevée au monde : 14,6 Gt de carbone, soit
40 % du carbone des tourbières d’Indonésie sur une surface de la taille de
la Suisse. Or de nouvelles concessions sur sols tourbeux ne cessent d’être
accordées à Riau, laissant présager la libération de quantités importantes
de CO2 dans l’atmosphère.
Qu’en disent les Indonésiens ? Sur le plan social, les paysans et les peuples indigènes sont les premiers touchés par l’expansion de la palme. Ils se
voient dépossédés de leur propre terre, de façon parfois brutale, en dépit
des droits coutumiers régissant leur propriété.
Thibault Simonet, de l’ONG Frères des Hommes, a recueilli le témoignage
de plusieurs d’entre eux lors d’une mission en Indonésie en 2010. Ceux-ci
mettent en cause les pratiques de Sinar Mas. Un homme explique : « Avant
1994 et l’arrivée de la compagnie, on pouvait développer librement nos
plantations ». « Aujourd’hui, disent ces paysans, nos familles sont menacées, parfois des maisons sont brûlées ».
Des organisations les rassemblent pour faire valoir leurs droits et mener des
actions de plaidoyer à l’échelle nationale et internationale, en lien avec les
ONG internationales de défense de l’environnement. Le Consortium pour la
réforme agraire (KPA) regroupe ainsi plus de 250 organisations paysannes
indonésiennes pour une reconnaissance du droit à la terre.
Sawit Watch, observatoire indépendant de l’huile de palme, leur apporte
son appui juridique et mène des actions de plaidoyer international. L’Institut
de Dayakologie concentre son action sur la préservation de la culture dayak
de l’île de Kalimantan, mise à mal par l’expansion de la palme. Walhi, une
autre organisation, filiale locale des Amis de la terre, sensibilise quant à elle
les populations urbaines du pays à la question.
Rendements moyens par an (tonnes d’huile par hectare)
Palmier à huile: 3.68
Colza: 0.59
Tournesol: 0.42
Soja: 0.36
Source : Oil World
16
CONTROVERSES
Agrocarburants :
un nouvel usage en débat
Le 23 janvier 2008, la Commission
européenne propose aux Etats
membres de l’Union un objectif de
10 % d’incorporation de carburants
d’origine végétale dans les carburants routiers d’ici 2020. Il s’agit de
réduire avec ces agrocarburants
(ou biocarburants) la part des énergies fossiles dans les moteurs des
véhicules européens. Or à la date
de cette décision, l’Union ne peut
assurer la production sur son seul
territoire que de 1 % de ses besoins
en agrocarburants et, à terme, que
de 3 à 5 %. Le reste, elle doit aller le
chercher ailleurs.
Deux types de carburants d’origine végétale existent à ce jour. Le
bioéthanol est obtenu à la partir de
la fermentation de matières riches
en sucre ou en amidon, comme le
maïs, la betterave ou la canne à
sucre. Destiné à alimenter les moteurs à essence, il domine jusqu’à
présent le marché. Le biodiesel
contient une proportion d’huiles de
colza, de tournesol, de soja ou de
palme. Il sert de carburant pour les
moteurs diesel.
L’Union européenne a fait le choix
de développer le biodiesel. Le colza
et le tournesol, plantes de climat
tempéré, fournissent pour l’instant
la plus grande partie des besoins.
Désormais, les cultures tropicales
sont sollicitées, au premier rang
desquelles le palmier à huile. Le procédé que vient de mettre au point
Nesteoil en Finlande lève l’obstacle
constitué par le point de solidification bas de l’huile de palme. Dé-
sormais, celle-ci pourra être utilisée
presque pure.
« sans conduire à la réduction des
gaz à effet de serre ».
Manque de clarté
Les ONG coalisées exigent que
l’objectif de 10 % d’incorporation
soit revu à la baisse sans tarder à
hauteur de 4 %. Comme autres
mesures, elles proposent aux Européens de diminuer leur consommation de carburants, en adoptant des
plans de mobilité construits sur un
usage prioritaire des transports en
commun. Elles demandent l’institution de critères de durabilité sur
la provenance des productions végétales à usage d’agrocarburant,
comme l’interdiction de l’expulsion
de personnes ou de l’accaparement
des terres.
Les ONG dénoncent « l’effet pompe » de la directive européenne de
2008. Pour elles, cette décision
crée en effet une tension sur les prix
dans les pays producteurs. Les Indonésiens sont ainsi victimes de la
hausse du prix de la palme et ont
du mal à s’en procurer à un prix correct, expliquent certaines organisations locales.
« L’Etat belge manque de clarté sur
la question », dénonce An Lambrechts, chargée de la campagne
forêts à Greenpeace. D’un côté, la
Belgique a choisi de mener une lutte
ambitieuse contre la déforestation
et les changements climatiques. De
l’autre, elle s’engage à relayer la décision de la Commission européenne de 2008. « Il ne devrait pas être
possible à l’Etat de promouvoir des
produits issus de la déforestation
comme l’huile de palme pour atteindre ses objectifs d’incorporation
d’agrocarburants », estime-t-elle.
Le son de cloche est le même à
Oxfam Solidarité. Brigitte Gloire, en
charge du développement durable
et du climat, participe à une campagne d’ONG européennes basées
à Bruxelles sur le changement climatique. La directive sur les agrocarburants contribue, selon elle, à
« l’accaparement de terres » dans
les pays du Sud, au détriment de
leur souveraineté alimentaire et
« Ce type de production, précise
Brigitte Gloire, conduit à remplacer la production agricole vivrière
durable au profit d’un modèle agroindustriel qui induit des disparitions
d’emplois, des dommages environnementaux et une perte de pouvoir
en termes de souveraineté alimentaire ». Pour elle, la hiérarchie des
priorités en matière d’usage des
sols devrait être la suivante : « En
premier lieu, il s’agit de répondre à la
demande alimentaire. Si cet usage
est réalisé, on peut affecter les sols
à la production de matières comme
le coton ou le bois. En troisième lieu
seulement, ils peuvent être affectés à une fonction énergétique :
d’abord à l’utilisation de biomasse,
ensuite seulement à la production
de carburants ».

17
Vers une huile
de palme durable
VERS UNE HUILE DE PALME « DURABLE »
La Table ronde :
un outil pour
moraliser la filière
Le premier bateau chargé d’huile de palme certifiée durable (CSPO – Certified Sustainable Palm Oil) est arrivé dans le port de Rotterdam en novembre
2008, chargé de 500 tonnes d’huile de palme en provenance de Malaisie.
Fin 2010, la production certifiée atteint 7,5 % du marché (environ 3,5 millions de tonnes annuelles) et ce pourcentage ne cesse d’augmenter. Selon
les acheteurs, d’ici cinq ans, 40 % de l’huile de palme devrait répondre aux
principes et critères de la RSPO.
La Table ronde pour une huile de palme durable est née officiellement à
Zürich en 2004, sous l’impulsion de l’entreprise suisse Migros, la première à
utiliser de l’huile de palme durable dès 2001. Parmi les fondateurs on trouve
WWF. L’ONG internationale de défense de l’environnement s’était auparavant beaucoup impliquée dans la création du FSC (Forest stewardship
council) qui a mis au point un système de certification pour le bois. D’autres
multinationales de l’agro-alimentaire (dont Unilever) faisaient partie de ce
tour de table d’origine.
L’objectif était de « moraliser » cette filière promise à un bel avenir. De façon
plus pragmatique, pour les entreprises, l’initiative devait aussi permettre de
sécuriser leur activité face aux pressions de plus en plus insistantes des
lobbies occidentaux pro-environnement.
La RSPO est une initiative regroupant des acteurs multiples, dédiée à la
promotion d’une huile de palme durable sur toute la planète. Près de 500
organisations en sont membres ou associées : une très grande majorité
d’entreprises représentant 40 % de l’huile de palme mondiale (producteurs,
triturateurs, négociants, industries agro-alimentaires, distributeurs et banquiers) et une vingtaine d’ONG. Les Etats en sont absents.
Huit principes, trente-neuf critères
La RSPO siège à Djakarta (Indonésie) et Kuala Lumpur (Malaisie) et possède une antenne de communication à Bruxelles. Ses deux principaux responsables sont européens : le Néerlandais Jan Kees Vis, responsable de
l’agriculture durable chez Unilever (président) et l’Ecossais Adam Harrison,
responsable de l’alimentation et de l’agriculture à WWF (premier vice-président).
19
VERS UNE HUILE DE PALME « DURABLE »
Production de
l’huile de palme:
> Nombreux
intermédiaires
Petits
propriétaires
Palmeraies
Moulins
à huile
Stockage, transport,
expédition
La Table ronde s’est dotée, en 2005, de huit principes et trente-neuf critères
faisant référence au développement durable (lire la liste des principes dans
l’encadré). La certification elle-même a débuté en 2008 avec le premier
chargement pour Rotterdam.
Cette dernière s’appuie sur plusieurs niveaux principaux. Le premier d’entre eux, dénommé « book and claim », repose sur un système de certificats
équivalent à celui mis en place pour les émissions de CO2. Les producteurs
enregistrent la partie « durable » de leur production (et tracée comme telle)
auprès du programme de certification GreenPalm. Un certificat leur est délivré pour chaque tonne d’huile produite ainsi. Les négociants achètent ces
certificats et versent une prime directe aux producteurs. Ils obtiennent en
échange la possibilité de communiquer sur leur soutien au développement
durable mais, en réalité, n’achètent pas eux-mêmes de l’huile durable.
Les autres niveaux apportent tous une garantie plus ou moins élevée de
traçabilité. Le deuxième, appelé « mass balance », combine l’achat d’huile
de palme conventionnelle et durable. Dans le troisième niveau, dit « segregated », toute l’huile est certifiée et tracée du début à la fin de la chaîne
d’approvisionnement ; elle est totalement séparée (ségrégée) de l’huile
conventionnelle.
Un quatrième niveau, nommé « identify preserved », existe, bien qu’il ait
vocation à rester marginal et à s’adresser à un marché de niche. Il apporte
une traçabilité maximale dès la plantation d’origine.
Raffineurs et mélangeurs
Fabricants d’ingrédients
L’organisme de certification néerlandais UTZ-Certified (qui a fait ses armes
dans le café « responsable ») pilote ces derniers niveaux de certification,
avec l’objectif avoué de tirer toute la filière vers le haut, c’est-à-dire en
pratique vers une huile la plus ségrégée possible. Sur les 7,5 % d’huile
certifiée durable, moins d’un tiers serait aujourd’hui de l’huile ségrégée. De
plus, à peine plus de la moitié de l’huile durable produite trouve preneur.
Première victoire cependant : les milieux d’affaires liés à l’huile de palme
aux Pays-Bas se sont engagés à ce que leur pays ne commande que de
l’huile certifiée durable à l’horizon 2015.

Les huit principes de la RSPO
Fabricants de produits finis
Distributeurs
20
1. Engagement de transparence.
2. Respect des lois.
3. Engagement sur un développement économique à long terme.
4. Utilisation de bonnes pratiques de culture et de broyage.
5. Responsabilité environnementale.
6. Respect des employés et des communautés.
7. Engagement sur les nouvelles plantations.
8. Engagement d’amélioration permanente.
VERS UNE HUILE DE PALME « DURABLE »
Les acteurs
partagés sur les
travaux de la RSPO
Une chose est sûre : les initiatives de la RSPO ne laissent personne indifférent. Du côté des ONG, le spectre va
de l’adhésion pleine et entière au refus catégorique de la
consommation d’huile de palme, même certifiée durable.
Le WWF, en tant que fondateur de la Table ronde, est le plus impliqué dans
sa gestion. « Notre travail est de faire en sorte que les entreprises achètent
de l’huile de palme durable. Il faut que les acheteurs se bougent maintenant », précise Jean-Philippe Denruyter, chargé des énergies renouvelables
au WWF international. Un intérêt que l’agronome Alain Rival, du CIRAD
(Centre français de Recherche Agronomique pour le développement), résume autrement : « L’enjeu, c’est d’accroître les rendements sans compromettre l’avenir de la planète. Ce qui nous intéresse, c’est que dans les pays
producteurs, les enfants puissent aller à l’université parce que leurs parents
se seront enrichis grâce à la palme. Cela ne pourra se faire que si l’on asseoit la durabilité sur des bases sérieuses au sein de la RSPO ».
« Il faut aller vers 100 % d’huile de palme ségrégée », confie de son côté
Cécile Lachaux, de TFT (The forest trust). Forte de son expérience de certification FSC des forêts, cette ONG anglaise a choisi récemment d’adhérer à
la RSPO et d’y accompagner les entreprises dans leur démarche de certification. TFT travaille pour l’heure avec Nestlé et, depuis peu, avec le distributeur français Leclerc. Elle les guide dans leur plan d’action vers la durabilité
avec la volonté d’aller au-delà des principes et critères de la RSPO.
Pas de remise en cause
Aller au-delà des engagements prévus par la Table ronde : les ONG critiques
(dont Greenpeace et les Amis de la Terre) ne disent pas autre chose. Sauf que,
pour leur part, elles soulignent d’abord les limites d’un dispositif où, par exemple, l’adhésion des entreprises s’effectue sur une base volontaire et sans obligation de certification. Un système qui offre certes une garantie ferme contre
le déboisement des forêts primaires, mais qui ne fait que conseiller, sans
l’imposer, d’éviter la destruction des forêts secondaires ou des tourbières. Un
système enfin qui ne remet pas en cause le modèle agricole de monoculture
d’exportation et ses effets socio-économiques destructeurs.
Greenpeace, en particulier, entend faire bouger la RSPO grâce à des campagnes d’opinion dont il a le secret. En 2008, une première campagne paro21
>>>
VERS UNE HUILE DE PALME « DURABLE »
Interview
Adam Harrison : « L’industrie est en train
de changer ses pratiques »
Adam Harrison est
chargé de l’alimentation et de l’agriculture
au WWF et vice-président de la RSPO.
que l’industrie est en train de changer ses pratiques
et a la volonté de le faire. Le défi sera de faire en
sorte que la Chine et l’Inde produisent de manière
durable.
Comment répondez-vous aux critiques de certaines ONG qui estiment les résultats de la RSPO
notoirement insuffisants au regard des enjeux ?
Pourquoi le WWF a-t-il joué un rôle moteur dans
la fondation de la RSPO ?
Adam Harrison : Pour réduire les impacts environnementaux de la déforestation dans les tropiques
dus à la culture de l’huile de palme. La RSPO a mis
en place des standards qui requièrent l’identification et la conservation de la forêt, laquelle joue un
rôle crucial pour la faune et la flore mais aussi pour
les communautés.
Selon vous, y a-t-il une réelle volonté de la part
des acteurs de la filière de modifier les règles ?
A.H : Trois millions de tonnes d’huile de palme certifiée durable sont produites dont 60% sont achetées. Ceci montre que le démarrage est lent mais
>>>
A.H. : La RSPO est un processus multi-acteurs dont
l’objectif est d’améliorer la majorité de l’huile de palme produite et non de mettre en place un standard
pour une niche que seuls les meilleurs pourront satisfaire. De ce fait, il s’agit d’un processus lent et
il peut sembler que nous ne soyions pas en train
d’obtenir les résultats dont nous sommes capables.
Toutefois, en assurant un vaste soutien sur le long
terme, nous réussirons à accroître l’impact de ce
processus.
N’y a-t-il pas des efforts à accomplir pour améliorer encore le standard établi ?
A.H. : Oui, bien sûr. Il faut inclure l’impact de la production d’huile de palme sur le climat dans les standards RSPO et les membres doivent être encouragés à progresser plus vite. Ce sont deux questions,
parmi d’autres, sur lesquelles nous travaillons.
diait une publicité pour les cosmétiques Dove, sur le thème de la déforestation. Derrière Dove, c’est Unilever, propriétaire de la marque, qui était touché,
comme membre influent de la RSPO. Greenpeace demandait en effet l’adoption de mesures plus restrictives sur le déboisement et la protection des tourbières.
Unilever a modifié ses pratiques et a entraîné une coalition de multinationales de l’agro-alimentaire derrière elle. Cela n’a pas été suffisant pour
faire bouger les règles de la RSPO, en raison de l’opposition des planteurs.
C’est pourquoi une deuxième campagne en 2009 a ciblé l’un des plus gros
d’entre eux, le groupe Sinar Mas, via son client Nestlé et le fameux clip
« Have a break » parodiant une publicité pour les barres Kit Kat.
Ces ONG reconnaissent qu’on ne peut se passer de l’huile de palme, mais
qu’il s’agit d’en moraliser la chaîne de production bien au-delà de ce que
prévoit la RSPO. Il s’agit ainsi pour elles, par exemple, de maintenir la
culture des palmiers dans des zones déjà dégradées et non de déboiser les
forêts primaires. Il faut, disent-elles aussi, promouvoir des systèmes culturaux dont les agriculteurs des pays du Sud sont les principaux bénéficaires.
En 2010, Greenpeace fait pression sur le gouvernement indonésien pour
obtenir un moratoire sur la déforestation.
22
VERS UNE HUILE DE PALME « DURABLE »
Un troisième groupe, enfin, est dans une logique d’opposition totale à la
RSPO. Pour lui, rien de bon ne peut sortir de ces discussions avant tout
orientées vers les intérêts des entreprises. Une coalition d’ONG (dont, en
Belgique, les Amis de la Terre et FIAN, mais aussi de nombreuses ONG
latino-américaines et européennes) a signé ainsi une déclaration contre la
RSPO à l’occasion de la tenue d’une conférence sur l’huile de palme tenue
en Colombie en octobre 2008.
Les distributeurs prônent l’huile durable
Du côté des entreprises, les avis ne sont pas moins divers sur l’intérêt de
s’asseoir ou non à la Table ronde. Sans surprise, les plus impliquées sont
les multinationales occidentales de l’agro-alimentaire. Unilever, Nestlé,
Carrefour et Kraft se sont ainsi donné le mot pour ne plus s’approvisionner
qu’en huile de palme durable d’ici 2015. PepsiCo, Casino et Findus vont
plus loin et retirent totalement cette graisse végétale de leurs rayons.
Les planteurs industriels, transformateurs et négociants du sud-est asiatique sont beaucoup plus discrets quant à leurs intentions. Placés sous influence chinoise, peu connus des courants d’opinion occidentaux (jusqu’à
la campagne Sinar Mas de Greenpeace), ce sont aussi d’énormes groupes
dont les pratiques évoluent lentement. Le groupe malais Sime Darby exploite ainsi 530.000 ha en palmiers à huile, pour un volume de 2,4 millions
de tonnes, soit 6 % de la production mondiale d’huile de palme. Or qui
connaît Sime Darby en Europe ?
Quant aux producteurs familiaux, ils font l’objet d’un grand intérêt de la part
de la RSPO. Le processus de certification les atteint difficilement, même si
dans certains pays comme la Papouasie-Nouvelle Guinée, leur encadrement au niveau national les a emmenés d’un bloc vers la certification. La
dernière réunion de la Table ronde, organisée à Djakarta en novembre 2010,
a été l’occasion de célébrer le 25.000ème planteur familial certifié.
Les Belges
Une douzaine d’entreprises belges sont membres de la RSPO à ce jour.
Parmi elles, certaines adhèrent depuis la première heure comme le groupe
d’agrobusiness anversois SIPEF (lire l’interview de son directeur général
page 24). D’autres ont rejoint le dispositif plus récemment.
C’est le cas du margarinier liégeois Aigremont. Philippe Thiry, son administrateur délégué, explique : « Nous avons choisi d’adhérer à la RSPO
car cette démarche correspond à nos convictions. C’est une question de
clairvoyance vis-à-vis de la déforestation ».
Philippe Thiry ne croit pas qu’on puisse se passer d’huile de palme dans
bon nombre de produits de l’industrie agro-alimentaire : « C’est aussi ridicule que si on voulait fabriquer des biscuits sans farine ». Son entreprise est
la première en Belgique à avoir la capacité de commercialiser de l’huile ségrégée. Le dirigeant d’entreprise se demande désormais quand les chaînes
de supermarché seront prêtes à payer plus pour acheter des produits à
base d’huile de palme certifiée durable.

23
VERS UNE HUILE DE PALME « DURABLE »
Interview
François Van Hoydonck : « Il faut trouver le bon équilibre
entre protection et développement »
François Van Hoydonck est directeur
général de la société
SIPEF, membre de la
RSPO depuis 2005.
L’huile de palme représente plus de 70 %
du chiffre d’affaires
de ce groupe d’agrobusiness belge.
Comment voyez-vous évoluer le marché de l’huile de palme dans les années à venir ?
F.V.H. : L’huile de palme connaît une forte demande, tout comme les autres huiles végétales. C’est
le résultat de l’augmentation du nombre d’habitants sur la planète et de la croissance du pouvoir
d’achat de bon nombre d’entre eux, caractérisée
par une demande accrue de graisses et de viandes
consommées. La demande augmente surtout en
Extrême-Orient où l’huile de palme est la plus appréciée des huiles végétales. De plus, si on assiste
à une pénurie de terres cultivables, l’huile de palme
est la plus avantageuse pour procéder à des extensions, sachant qu’un hectare de palmiers produit au
moins six fois plus d’huile à l’hectare que le soja ou
le colza.
En quoi l’huile de palme durable représente-telle un enjeu stratégique pour votre activité ?
F.V.H. : Nous sommes convaincus qu’à terme on
ne pourra produire que de l’huile durable, sachant
que le consommateur demandera une responsabilité du producteur au niveau de la protection des
zones forestières dans le monde et des zones fragiles comme les tourbières qui concentrent énormément de CO2. Nous sommes aujourd’hui certifiés
à concurrence de 70% de notre production mais
avons déjà passé l’audit pour l’être à 100% avant
24
la fin de l’année 2010. L’huile durable devient un
élément incontournable de notre stratégie et nous
sommes convaincus de devoir travailler dans ce
sens pour l’avenir de notre groupe situé en Europe
avec un actionnariat européen.
Comment considérez-vous les interventions de
différentes ONG sur le sujet ?
F.V.H. : Le monde a besoin de ces organisations pour
défendre l’intérêt de la nature et obliger les producteurs et les consommateurs à en tenir compte, sans
quand même bloquer le développement des pays
émergents qui ont besoin de développement rural
pour faire bénéficier les gens d’un meilleur avenir. Il
faut trouver le bon équilibre entre protection et développement.
Les Européens ont beau jeu d’imposer leurs vues
de conservation des forêts auprès des pays en développement, sachant qu’en Europe nous avons
abattu tous nos arbres ces 100 dernières années
pour contribuer à notre propre développement. Si
on veut que les arbres restent dans les forêts en
Extrême-Orient, les pays développés doivent payer
pour compenser cette perte.
VERS UNE HUILE DE PALME « DURABLE »
L’huile de palme est devenue l’huile la plus produite dans le monde
Autres 19%
Palme 30%
Tournesol 8%
Soja 29%
Colza 14%
Source : Oil World, 2010
La production mondiale d’huile de palme a augmenté rapidement
x 1 million tonnes
50
40
30
20
10
0
Source : Oil World, 2010
1966
1976
1986
1996
2006
Les surfaces de culture de l’huile de palme
ont augmenté de façon significative
x 1 million hectares
15
Autres
10
Malaisie
5
Indonésie
0
Source : Oil World, 2010
1990
1999
2004
2006
2007
2008
2009
25
VERS UNE HUILE DE PALME « DURABLE »
Interview
Stéphane Desgain :
« La priorité, c’est l’autosuffisance alimentaire »
Stéphane
Desgain
coordonne la Plateforme de la souveraineté alimentaire au
nom du Centre National de la Coopération
au
Développement
(CNCD – 11.11.11.).
Que vous inspire le développement actuel de
l’huile de palme ?
Stéphane Desgain : Notre plate-forme n’a pas pris
de position sur l’huile de palme. Toutefois, au travers de nos revendications, nous touchons des
questions relatives à cette production.
De façon générale, nous n’oublions jamais de questionner les modèles agricoles. La priorité, pour nous,
doit être d’assurer un certain niveau d’autosuffisance alimentaire, ce que garantit un modèle dans
les mains des organisations paysannes. L’export,
au contraire, n’est pas un modèle de développement fiable. Les richesses y sont mal distribuées.
Des problèmes naissent avec la monoculture, à partir du moment où les acheteurs détiennent les terres
et les usines. Or l’huile de palme est fondée sur un
modèle tourné vers l’exportation.
Que pensez-vous de l’initiative de la table ronde
RSPO ?
S.D. : Elle a été initiée pour répondre à la pression
de campagnes environnementales. Les entreprises
se sont dit qu’elles devaient s’en saisir pour essayer
de sauver des marchés.
26
La première chose que nous défendons à la
plate-forme est une régulation publique. L’autorégulation a, la plupart du temps, servi à faire du
« greenwashing » ou du « social washing » en cherchant à préserver le modèle de production en cours.
Or dans le cas de l’huile de palme, il s’agit bien de
l’importer principalement parce qu’elle est moins
chère que d’autres huiles et graisses produites en
Europe. L’initiative RSPO ne remet en cause ni les
monocultures, ni la dégradation de l’accès à la terre
pour les paysans, ni la priorité donnée à l’exportation dans les pays où une part importante de la population souffre de malnutrition, ni enfin l’inégalité
du partage des revenus de l’exportation.
Comment expliquez-vous ces manquements ?
S.D. : Cette démarche vient pour l’instant beaucoup
du Nord et il est vrai que la pression vient d’ONG
situées dans les pays développés. Les usines de
production de biscuits en Belgique sont passées
du beurre à l’huile de palme. Il est nécessaire que
les pouvoirs publics s’intéressent à cette question
afin que la production d’huile de palme soit d’abord
destinée aux besoins du Sud. S’il doit y avoir une
régulation publique, par exemple des protections
douanières pour limiter certaines exportations, l’argent dégagé doit être envoyé dans les pays producteurs pour soutenir leur agriculture.
VERS UNE HUILE DE PALME « DURABLE »
L’huile de palme bio
en ébullition
L’huile de palme bio concernerait 0,2 % des quantités vendues. Ce marché
de niche est en émoi depuis l’expulsion de leurs terres, en janvier 2009, de
123 familles de paysans de la communauté de Las Pavas en Colombie. Le
groupe agro-industriel Daabon a pris possession de ces 1100 ha pour en
faire une plantation de palmiers à huile,, avec l’appui de l’organisme national chargé de la gestion du foncier.
Daabon est connu en Europe pour être un très important fournisseur en
huile de palme bio. C’est avant tout le leader de la palme en Colombie,
qu’elle soit exploitée de façon bio ou classique, comme cela est prévu à
Las Pavas. Le pays est devenu en moins de dix ans le premier producteur
du continent américain et affiche de grandes ambitions liées à l’essor des
agrocarburants. Le groupe Daabon est une entreprise dirigée par l’une des
grandes familles qui contrôlent les pouvoirs locaux depuis la colonisation,
proche du gouvernement central. Au niveau international, c’est un membre
influent de la RSPO.
La polémique a éclaté en Angleterre en septembre 2009 suite à un article du Guardian faisant état de manifestations de militants associatifs devant les enseignes The Body Shop. La marque de cosmétiques, filiale de
L’Oréal, avait choisi de se fournir en huile de palme chez Daabon deux ans
plus tôt.
Depuis lors, les pratiques de l’ensemble de la filière en Europe sont remises
en cause, d’autant que des informations circulent sur les pratiques douteuses du groupe. Claudia Guevara, ex-journaliste colombienne installée
en France, auteur du Blog Avenue Colombie relate ainsi dans le détail les
tenants et les aboutissants de l’affaire de Las Pavas. Elle dénonce « le problème d’éthique » posé par l’huile de palme bio colombienne et les faiblesses de la certification officielle. Elle-même incite aujourd’hui au boycott de
toute forme d’huile de palme.
Ce n’est pour l’instant pas le cas des distributeurs de la filière bio. Sur
cette question, ils ne sont pas allés aussi loin (sauf The Body Shop) que
les quelques distributeurs classiques qui refusent désormais de recourir à
ce produit suspect. Les distributeurs ont lancé des audits en Colombie et
Daabon s’est engagé à modifier certaines de ses pratiques, rien de plus. Si
la polémique semble s’être calmée pour l’heure, le doute s’est cependant
instillé dans une filière jusque là au-dessus de tout soupçon.

27
conclusion
CONCLUSION
De nombreux
progrès restent
à accomplir
Plus de 90 % de l’huile de palme vendue à ce jour l’est encore sans le
moindre critère de durabilité. Les 7,5 % d’huile certifiée durable sont toutefois appelés à croître rapidement dans les années à venir. La question sera
de savoir quelle sera la qualité de cette certification. L’huile « ségrégée »,
la seule à pouvoir être vraiment qualifiée de durable, ne représente qu’une
petite part de ces 7,5 % et peine à trouver preneur.
Quant à l’huile de palme bio, il s’agit d’un marché très étroit (0,2 %), qui
plus est soumis — on l’a vu — à de fortes turbulences depuis l’affaire de
Las Pavas en Colombie.
Enfin, l’huile de palme équitable est, pour sa part, encore très loin d’inonder
le marché. Dans un communiqué du 18 mars 2010, FLO, qui rassemble de
nombreuses organisations de labellisation « équitable » dont Max Havelaar,
explique qu’il n’existe pas de standard de commerce équitable pour l’huile
de palme qui soit reconnu internationalement. Ceci n’empêche toutefois
pas des produits alimentaires reconnus équitables pour d’autres éléments
de leur composition d’en contenir.
Les produits Kit Kat, tant décriés par Greenpeace, sont d’ailleurs désormais certifiés comme produits du commerce équitable par la Fairtrade
Foundation (système FLO) en Angleterre ; cependant seul le cacao utilisé y
est garanti équitable. Un autre système, Fair For Life, certifie quant à lui, de
façon marginale, de l’huile de palme équitable du Kenya.
En somme, si le mouvement pour une production « moralisée » d’huile de
palme est en route, de nombreux progrès restent à accomplir avant que ce
progrès soit significatif.

> Remerciements
L’auteur remercie toutes les personnes qui l’ont aidé à recueillir les informations nécessaires à la rédaction de cette
brochure, et en particulier, outre les personnes dont l’interview est publiée, Alain Rival, chercheur au CIRAD de Montpellier (France), Brigitte Gloire, d’Oxfam Solidarité Belgique et
Jérôme Frignet, chargé de mission forêts à Greenpeace France.
29
Documents
> L
a face cachée de Sinar Mas. Rapport de Greenpeace. 2009.
> L
a palme du réchauffement. Synthèse du rapport Cooking the climate.
Greenpeace, novembre 2007.
> L
a palma no se come (La palme ne se mange pas). Rapport de mission
CNCD 11.11.11 en Colombie. Juillet 2009.
> T
he impacts and opportunities of oil palm in Southeast Asia. What do
we know and vhat do we need to know ? CIFOR 2009.
> T
he oil for ape scandal : how palm oil is threatening orang-utan survival.
Friends of the earth, septembre 2005.
Sites Internet
> Deux sites pour la RSPO :
- www.rspo.eu est l’adresse du site du bureau de communication européen de la Table ronde ;
- www.rspo.org celle du site complet.
- Tél : 32.2.231-5019
- e-mail : [email protected].
> Les certificateurs :
- GreenPalm, www.greenpalm.org
- UTZ certified, www.utzcertified.org
> Diverses ONG et acteurs de la société civile :
- WWF, www.panda.org et www.wwf.be ;
- Greenpeace www.greenpeace.org
et www.greenpeace.org/belgium ;
- Friends of the earth (les Amis de la terre)
www.foei.org ;
- Oxfam Solidarité, www.oxfamsol.be ;
- CNCD 11.11.11, www.cncd.be ;
- The forests trust, www.tft-forests.org ;
- CIRAD, www.cirad.fr ;
- blog d’Avenue Colombie,
http://avenuecolombie. workpress.com
>
30
Entreprises :
- Unilever, www.unilever.com ;
- Nestlé, www.nestle.com ;
- Sinar Mas, www.sinarmasgroup.com (lien vers Smart) ;
- Sime Darby, www.simedarby.com ;
- SIPEF, www.sipef.be ;
- Aigremont, www.aigremont.be
- Le Conseil supérieur de la santé :
www.health.belgium.be. Le rapport du groupe nutrition sur l’huile de
palme devrait y être
consultable courant 2011.
Trade for
Development
Centre
Le Trade for Development Centre est un programme de la CTB (l’Agence
belge de développement) pour la promotion d’un commerce équitable et
durable avec les pays en voie de développement.
Les 3 axes de travail du Centre
> Centre d’expertise
C’est le centre d’expertise sur les thématiques d’aide au commerce, commerce équitable et commerce durable.
Collecte, analyse et production d’information (enquêtes d’opinion auprès
des consommateurs, études de marchés,...)
Animation d’un groupe de travail au sein de la plate-forme d’appui au secteur privé « Entreprendre pour le développement ».
> Appui aux producteurs
Le Trade for Development Centre est un outil d’appui aux organisations de
producteurs.
Il soutient les producteurs marginalisés, les micros et petites entreprises
ainsi que les projets d’économie sociale inscrits dans des dynamiques de
commerce équitable et durable.
Renforcement des capacités organisationnelles, techniques et productives
Transmission d’informations pertinentes (sur les marchés, les certifications
disponibles,...).
> Sensibilisation
Le Centre met en place des campagnes de sensibilisation à destination des
consommateurs (Semaine du commerce équitable), des acteurs économiques et des pouvoirs publics belges.
31
CTB
AGENCE BELGE
DE DÉVELOPPEMENT
RUE HAUTE 147
1000 BRUXELLES
T +32 (0)2 505 37 00
F +32 (0)2 502 98 62
[email protected]
WWW.BTCCTB.ORG