l`exode selon yona LA FIN DU CYCLE, PAR DAVID RATTE
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l`exode selon yona LA FIN DU CYCLE, PAR DAVID RATTE
auteurs | album g r at u i t Cmag#02 | 01 #02 jan.-avr . 2013 le voyage des pères · saison II : la fin du cycle, par david ratte l’exode selon yona Thierry dubois Cmag#02 | 03 Jean-Luc Delvaux sommaire Le rapport de Gilles Ratier, le Secrétaire Général de l’ACBD, le souligne : la production de bandes dessinées a augmenté pour la 17e année consécutive. Libraires comme lecteurs doivent s’adapter à cette situation de surproduction perpétuelle, dans laquelle chacun doit seul séparer le bon grain de l’ivraie. En 2012, les Éditions Paquet ont publié 47 titres, contre 50 l’année précédente. Publier moins, pour publier mieux : nous maintenons le cap en nous focalisant sur nos collections, en y sélectionnant les meilleurs projets et en veillant à ce que l’affection et les connaissances des auteurs pour leurs sujets soient réelles. Plus qu’un supplément d’âme, cet intérêt particulier se ressent dans l’œuvre. Les auteurs de notre catalogue, quelle que soit la collection dans laquelle ils sont publiés, sont habités par la thématique de leurs livres. Cela transpire à chacune des pages ! Nous mettons un point d’honneur, aujourd’hui, à ce que l’ensemble des histoires qui paraissent dans notre catalogue s’inscrivent dans cette philosophie ! Bonne lecture. 04 Des fragments de l’oubli T2 Interview de Serge Annequin 10 Raoul Scopitone T1 Interview de Jérôme Lebrun 16 Dog Fights T3 Interviews de Régis Hautière et Fraco 20 Une aventure de Jacques Gipar T4 Interviews de Thierry Dubois et Jean-Luc Delvaux 26 L’Épée d’Ardenois 28 L’Exode selon Yona T4 Interview de David Ratte 34 Gung Ho Interview de Benjamin Von Eckartsberg 40 Bushido 42 Usagi Yojimbo 44 Le Libraire : M’Enfin ! ? 45 Les news 47 Carte blanche à… Serge Annequin Nicolas Anspach Cmag est publié par les Éditions Paquet. Tout le contenu est © Paquet, sauf mention contraire · Design : StoneBundle.com · Rédacteur en chef : Nicolas Anspach · Rédacteurs : le « Team Paquet », Stéphane « Fanfan » Heude, Jessica Boucher-Rétif · Merci à David Ratte pour la couverture inédite de ce CMag , et à Myriam Lavialle pour sa mise en couleur © Ratte et Paquet · Merci également à Serge Annequin pour sa carte blanche © Annequin et Paquet · Impression : [email protected] · Magazine gratuit, ne peut être vendu. Plus d’informations sur www.paquet.li histoire complète dans chaque tome des fragments de l’oubli | serge annequin 04 | Cmag#02 Serge Annequin signe aussi la « carte blanche » de ce Cmag, voir page 47. des fragments de l’ oubli Après un premier tome qui distillait ses cases en dégradé de gris et de pâles couleurs dans le paysage de la BD française comme autant d’interrogations dans notre esprit, Serge Annequin poursuit le fil tortueux de ses Fragments de l’oubli… Nous avions laissé Faustine, lycéenne abandonnée depuis plusieurs jours par son père évanescent, alors qu’une pilule bleue venait de la plonger dans un mystérieux voyage. Nous suivons cette fois le parcours de Jean-Pierre, sur les traces d’un frère jumeau inconnu, dans un dédale de rêves, de souvenirs et d’une réalité floue qui se mêle à celle de Faustine… Vos albums précédant Des fragments de l’oubli avaient été réalisés en collaboration avec Jean-Luc Jullian qui était l’auteur du scénario alors que cette fois, vous êtes à la fois auteur et dessinateur. Parce que personne ne pouvait l’écrire à votre place, parce qu’il s’agissait d’une œuvre très personnelle ? Je pensais pouvoir travailler avec Jean-Luc mais il a préféré se mettre en retrait et me laisser les mains libres. Oui, c’est une série très personnelle. J’ai mis là-dedans beaucoup de vécu, des souvenirs d’enfance, des visions et des rêves. Je vois cette histoire comme une « autobiographie onirique ». Les sujets abordés étant très personnels, je pense que Jean-Luc n’a pas pu trouver sa place. Mais il est toujours là, c’est mon homme de l’ombre, mon « patient zéro » et son avis est indispensable. Et puis rendons à César ce qui lui appartient : c’est lui qui a dessiné tous les tableaux qui apparaissent dans l’histoire ! Comment est née cette trilogie ? Avec la série des Très étranges et très inopinées aventures d’Auguste-Louis Chandel, je commençais à tourner en rond, j’ai eu envie de raconter une histoire plus adulte, plus personnelle. Le déclic est venu de ma participation à la collection BN2 des éditions Jarjille. Toujours avec Jean-Luc Jullian, nous avons réalisé Wilk, une histoire courte en noir et blanc sur le thème de l’enfance. J’ai pris beaucoup de plaisir à la dessiner, mais onze pages, c’était un peu frustrant, alors j’ai eu l’idée d’aller plus loin, d’ouvrir bien grand la boîte de Pandore et d’en sortir Des fragments de l’oubli. Ce qui frappait dès le premier tome, c’était, au-delà de son aspect sombre, un ton et un rendu finalement plus portés vers le gris, le morne que vers le noir et le désespoir. Était-ce le sentiment sur lequel vous avez travaillé, notamment au niveau de la colorisation ? serge annequin | des fragments de l’oubli Oui, c’est tout à fait ça. Je ne voulais pas d’une quadrichromie traditionnelle qui aurait altéré la force du récit. Je préfère travailler avec moins de couleurs mais leur attribuer un rôle déterminant. Au final j’ai établi des règles très précises : telle couleur pour tel personnage ou tel état d’esprit. La seule vraie pointe de couleur qui apparaît est le livre Voyage au centre de la Terre de Jules Verne que lit Faustine et que l’on retrouve à plusieurs moments et endroits. Pourquoi le choix de ce roman ? J’adore ce bouquin, je le relis régulièrement avec beaucoup de plaisir. J’y vois une métaphore de la dépression : une descente vertigineuse, une perte des repères sensoriels, une négation de son être, un retour au liquide amniotique et un final apocalyptique en forme d’éjaculation volcanique. Quand on touche le fond, on finit toujours par remonter, c’est un peu le message du bouquin. Les thèmes abordés dans les Fragments sont assez nombreux : l’absence, la mort, l’oubli, la déconnection de la réalité, la solitude… Quel est finalement pour vous le thème central de la série ? C’est la déréalisation et la dépersonnalisation. En gros c’est une anomalie du mécanisme cognitif qui vous fait perdre le sens de la réalité. Mais attention, je propose une vision romanesque de ce qu’on peut endurer, je ne cherche pas à expliquer cette pathologie… j’en serais bien incapable. Les masques sont un élément récurrent : celui du père, de la Joconde, ceux non visibles… Que symbolisent-ils ? La recherche de l’identité, la peur de l’autre, l’incompréhension du monde. Lorsque vous portez un masque vous vous protégez des autres mais paradoxalement vous devenez une cible car vous êtes différent. C’est un sentiment paranoïaque propre aux crises de dépersonnalisation. Il y a dans ce deuxième tome, plus que dans le premier, un jeu sur les mots, notamment autour de Moleskine, toujours décomposé. Ce carnet étant un peu l’âme du personnage, faut-il y voir justement le reflet de cette fragmentation de son identité ? Oui, c’est exactement cela. Moleskine est l’ami imaginaire de Jean-Pierre. C’est un confident protéiforme. Il peut être Mollesse Skin - la peau molle mais aussi Mole Skin - la peau de taupe. Vous avez choisi une construction en Cmag#02 | 05 trilogie pour présenter non pas une progression chronologique mais trois points de vue sur un même événement : une façon de mieux cerner celui-ci pour répondre aux interrogations du lecteur, ou au contraire, de montrer l’aspect subjectif du réel et de mieux perdre le lecteur ? Mon intention est bien de montrer l’aspect subjectif du réel, mais je ne cherche pas forcément à perdre le lecteur ! En recoupant les trois albums il y aura des réponses à beaucoup d’interrogations ; il faudra parfois chercher un peu… Dans ce deuxième tome, nous découvrons les catacombes lyonnaises. Êtes-vous vous-même cataphile ? Je l’étais. Dans la région lyonnaise, on parle plus de galeries souterraines que de catacombes car ces lieux n’accueillent pas de sépulture. Le sous-sol de la ville est un véritable gruyère. En plus des nombreux souterrains reliant d’anciennes fortifications, la ville possède un incroyable réseau de galeries qui datent, pour certaines, de l’époque gallo-romaine. Quelles sont vos influences ? La littérature, si l’on en juge par les nombreuses références qui émaillent ce deuxième volet, semble jouer un rôle important… La littérature bien sûr et aussi le cinéma. La « carte blanche » de ce numéro de Cmag me permet de rendre hommage à l’un de mes films de chevet. Il s’agit de Blow Up de Michelangelo Antonioni. Il y a une scène absolument sidérante entre un photographe et un couple dans un parc désert… Quand l’étrange s’invite dans la réalité, il peut naître des merveilles, comme ce film. Des fragments de l’oubli sort dans la collection Calamar qui est dirigée par Tony Sandoval. Avez-vous des favoris parmi ses publications, ses personnages ? J’ai une préférence pour Le Cadavre et le sofa mais je trouve le personnage de Doomboy attachant. Tony est un artiste puissant avec un univers personnel… Je suis humblement très fier d’être publié dans cette collection au côté d’autres talentueux auteurs comme Grazia La Padula et Chanouga. Cette trilogie est votre première expérience solo : avez-vous déjà des idées d’autres à venir ? Je pense à un road movie très lent avec un homme, une jeune femme, un tueur invisible, des silences et beaucoup de musique et enfin… la quête d’un trésor. Des fragments de l’oubli Tome 1 · Faustine Tome 2 · Jean-Pierre Tome 3 · L’Homme oiseau Série prévue en 3 tomes Collection Calamar Scénario & dessin > Serge Annequin Parution du tome 2 le 13 février 2013 Parution du tome 3 en mai 2013 Format 22 x 28 cm 48 pages couleurs · Couverture cartonnée ISBN 978-2-88890-489-2 (tome 2) Prix de vente 11.50 euros serge annequin 06 | Cmag#02 serge annequin Cmag#02 | 07 Alzheimer est mon pire cauchemar et… Moleskine mon meilleur ami ! Le célèbre carnet ? Voilà, c'est ici … Restez le temps qu'il faut, fouillez ses affaires, vous arriverez peut-être à faire un lien avec votre enfance. Vous ne vous rappelez vraiment pas de votre frère, de vos parents ? "L'accessoire indispensable à la panoplie de l'écrivain voyageur"… je ne sais plus qui a écrit ça … Je n'ai aucun souvenir de famille. Bon, je vous laisse les clés et mon numéro de téléphone, n'hésitez pas si besoin… Merci. Non. Bonne chance. Alors je note tout, sur des Post-It, des carnets… Encore maintenant cette brèche me terrifie. Je ne veux pas perdre à nouveau la mémoire… Je comprends … 14 15 Planche 12 Planche 13 serge annequin 08 | Cmag#02 serge annequin Cmag#02 | 09 20h14, une pensée m'obsède : …j'imagine ma rencontre avec un de ses voisins, entre stupeur et incompréhension… "mais… vous n'êtes plus mort ?" Décidément, la place du mort n'est pas confortable, surtout quand on a la tête du défunt. Sensation étrange de transgresser un interdit… Un kebab, deux bières ; manger m'a fait du bien. Encore le goût d'oignon dans la bouche. Tu es là, Moleskine ? Note bien que j'ai failli tout lâcher, me barrer, reprendre le train… Ce serait con, tu ne crois pas ? Mais c'est dur, putain ! J'ai l'impression de ne pas être à ma place. 17 18 Planche 15 Planche 16 raoul scopitone | Philippe pinard & jérôme lebrun 10 | Cmag#02 raoul scopitone 1964, après une mission calamiteuse au Maroc, le commandant Raoul Scopitone et son adjoint, le sergent Marcel Formica, des barbouzes, sont chargés par le chef des services secrets français, en représailles, d’assurer la protection de l’idole des Yéyés : Sonny Brushing. Plusieurs vedettes Yéyés ont disparu mystérieusement. Nos deux zigues vont devoir mener leur enquête en immersion totale dans le monde du show-business, croisant tour à tour une idole égocentrique, un manager véreux, des musiciens louches, des fans hystériques, des blousons noirs délinquants et une ancienne gloire du music-hall des années 30. Après avoir dessiné 14 ans pour différentes sociétés gravitant autour de la Disney Company, Jérôme Lebrun a décidé de voler de ses propres ailes, et de réaliser des bandes dessinées. Pour Raoul Scopitone – du Rififi chez les Yéyés, sa deuxième BD, le dessinateur a mis en place un univers qui lui correspond totalement. Avec l’aide de Philippe Pinard, coscénariste de l’histoire, il a écrit un récit loufoque, décalé, dont les dialogues vifs et enlevés nous replongent dans les années 60 version barbouzes et yéyés. Comment est né ce nouveau personnage, Raoul Scopitone ? J’ai longtemps fait partie d’un groupe de musique, qui reprenait des standards des chansons françaises des années 60, des yéyés ! J’ai toujours aimé ces ambiances. Ce mouvement musical n’a pas été beaucoup évoqué dans la bande dessinée. J’ai souhaité écrire un scénario sur ce sujet, tout en y ajoutant ce que je trouvais de plus kitsch dans les années 60. Pour le personnage en lui-même, je me suis inspiré d’un panel de personnages un peu ringards de seconde zone du cinéma français de cette époque. Le plus digne représentant reste pour moi Léonard Michalon du film Ne nous fâchons pas. Un pauvre type qui a toujours tout faux, un raté complet… Bref, le foireux total. Ce personnage est incarné par Jean Lefebvre. J’ai présenté le projet à Pierre Paquet, qui aimait le ton du scénario, proche de celui des films de Georges Lautner. Mais il était dérangé par certains aspects du récit. Il m’a proposé de m’associer avec Philippe Pinard, scénariste de Zone Rouge et de Ciel en Ruine, qui a retouché mon scénario, et modifié l’intrigue, mais sans en changer le contexte ni les personnages. Philippe pinard & jérôme lebrun | raoul scopitone Vous abusez de certaines ficelles dans cette histoire… Ah, oui ! J’ai tenu à appuyer le côté franchouillard de l’époque. Notre pays était encore très « français » dans la manière de vivre. Mais nous essayions d’imiter les Américains à tout prix. Regardez les voitures, qui se sont américanisées… Les artistes français se sont mis à reprendre dans notre langue des standards de la musique américaine. C’est ce décalage qui m’amuse dans les années 60. Votre humour est burlesque. On est totalement dans le second degré. Raoul Scopitone et Marcel Formica sont des espions à la française, qui ratent toutes leurs missions. Le récit débute sur la fin d’une mission au Maroc. Ils doivent arrêter un espion à la solde des Russes, qui possédait des plans atomiques (un grand classique). Non seulement, ils n’arrivent pas à le neutraliser, mais ils font exploser la moitié de Marrakech. En punition, on leur confie une mission intra-française, où ils doivent élucider la disparition de quelques vedettes yéyés. J’essaie modestement d’être dans le même ton que les meilleurs films de Georges Lautner, Les Barbouzes, Ne nous fâchons pas, Les Tontons flingueurs, etc. Je veux aussi être dans l’esprit de OSS 117 où Michel Hazanavicius a repris tout ce qu’il y avait de plus kitsch et ridicule de ces années-là. Mais mon film de référence d’espionnage est Le Monocle avec l’excellent Paul Meurisse. Le ton, les personnages, l’intrigue et les dialogues y sont parfaits. Je suis un fan de cette série de trois films. J’ai d’ailleurs ajouté un monocle à l’un de mes personnages comme petit clin d’œil. L’album contient quelques hommages à des grands auteurs de BD. Effectivement. Je suis un grand fan du Spirou de Franquin, de Gil Jourdan. J’adore les ambiances de ces BD. Ce sont ces auteurs-là qui ont posé tous les fondamentaux de la BD moderne. Mon style graphique est plus cartoon qu’eux. J’ai travaillé pendant six ans pour une société sous-traitante de Disney-Hachette, puis j’ai dessiné et sculpté pendant huit ans pour le parc EuroDisney. J’étais censé maîtriser toute la gamme des personnages Disney. Nous avions souvent des entraînements avec les dessinateurs américains. J’ai réalisé Cmag#02 | 11 beaucoup de dessins pour du merchandising Disney. Cela m’a appris à avoir de la technique, un sens du mouvement, un graphisme rond. Quand je me suis lancé dans la BD, j’ai dû d’abord désapprendre à dessiner à la Disney, pour arriver à me lâcher. J’ai tenu également à bosser comme à l’époque, sans filets. C’est-à-dire en réalisant l’encrage, puis la couleur directe à l’aquarelle sur les planches. Cette technique ne permet aucune erreur. Pourquoi cette introduction au Maroc, alors que l’essentiel du récit a pour cadre la France… Avez-vous remarqué que les films de James Bond commencent tous par une fin de mission dans un pays exotique ? J’ai voulu reprendre le même principe. J’ai trouvé cela rigolo. Je fais du « James Bond version sandwich pâté-rillettes »… Scopitone et Formica auront-ils des conquêtes féminines ? Bien sûr ! Mais ils seront bien évidemment pathétiques. Comme dans toutes leurs démarches d’ailleurs. Ils vont devoir infiltrer le monde des yéyés, côtoyer les plus grandes vedettes. Ils vont devoir protéger, l’une d’elles, Sonny Brushing, et pour ce faire intégrer son orchestre, en qualité de musiciens, alors qu’ils ne sont pas capables de jouer un instrument… Brushing est lui aussi dans une démarche un peu simplette. Les vedettes de l’époque voulaient singer les Américains ! Raoul Scopitone Tome 1 · Du rififi chez les yéyés One-Shot Collection Calandre Scénario > Jérôme Lebrun & Philippe Pinard Dessin & couleur > Jérôme Lebrun Parution le 20 mars 2013 Format 23.5 x 31.5 cm 48 pages couleurs · Couverture cartonnée ISBN 978-2-88890-482-3 Prix de vente 13.50 euros raoul scopitone | Philippe pinard & jérôme lebrun 12 | Cmag#02 Philippe pinard & jérôme lebrun du Page ci-dessous : ex-libris réalisé pour la libraire La Parenthèse à Nancy. Cet album paraît dans la collection Calandre. La voiture vedette est une 4CV. Pourquoi ? Le design, les proportions bizarres et les différentes déclinaisons de la voiture me plaisaient beaucoup. Celle que j’ai représentée est montrée dans le catalogue de 1959 de la marque sous le modèle « découvrable ». C’est une voiture incontestablement populaire, dans l’esprit de la « France des Trente Glorieuses ! ». Cela a bien sûr orienté mon choix. Mais l’histoire de sa conception, durant la Seconde Guerre mondiale, a achevé de me convaincre : une poignée d’ingénieurs français, à la barbe des Allemands qui contrôlaient les usines Renault, ont essayé et amélioré les premiers prototypes de cette voiture. Et ce dans la clandestinité. Quelle est la bande son idéale pour ce récit ? Je suis en train de la composer avec un ami guitariste. Comme je vous le disais, j’ai joué dans des groupes yéyés. On postera ces morceaux sur mon blog. Je réfléchis également à une manière d’animer les séances de dédicaces. J’aimerais dédicacer au rythme de certaines chansons yéyés… Petite référence cinématographique, la baraque représentée ci-contre est le routier où s’arrête Jean Gabin dans le film de 1956 Des gens sans importance de Verneuil. , , rififi yeyes chez les Cmag#02 | 13 les saligots!!! !!! et je vous rappelle que le contribuable ne paie pas ses impôts pour vous voir faire les mariolles sur scène et dévoyer notre jeunesse française, m’entendez, commandant??? Toujours dans un souci de réalisme, le premier gala de Sonny Brushing a lieu à Lyon, mais pas dans n’importe quelle salle ! Feu l’Eldorado, malheureusement détruit en 1993 après 99 ans de bons et loyaux services en tant que salle de spectacle, salle de cinéma et théâtre, qui rappellera des souvenirs aux Lyonnais ! vous bilez pas, mon colonel, vous connaissez les journalistes, toujours à exagérer pour vendre leur torchon. et puis ça prouve que notre couverture est crédible. cette fois on s’est tellement bien fondus dans l’ambiance, que même notre équipe de ravisseurs s’y tromperait. tout baigne, mon vieux formica, le colon nous renouvelle son entière confiance et ne doute pas un instant de notre succès. c’est justement ce qui m’inquiète, patron. pour l’instant c’est moi qui ai la désagréable impression de m’être une fois de plus trompé sur votre compte!! 25 Planche 23 14 | Cmag#02 du j’comprends pas pourquoi qu’vous avez demandé hier à ponthieu de vous rabouler votre foutue chariotte?? , , rififi yeyes chez les non mais t’as vu la fiabilité de la juva du groupe? comment veux-tu que je file l’autre andouille avec leur tas de boue?? me permettant de suivre la simca de brushing grâce au mouchard que j’y ai planqué... tiens v’là ponthieu!! Philippe pinard & jérôme lebrun Philippe pinard & jérôme lebrun du , , rififi yeyes chez les Cmag#02 | 15 marseille est notre "bonne mère" veillant sur tout un chacun... de plus ce que tu appelles "ma chariotte" n’est autre que le fleuron de notre industrie automobile conçue en toute clandestinité pendant la guerre, à la barbe des teutons par d’audacieux ingénieurs, ma version luxe décapotable est en plus équipée d’un radar haute portée… dites, patron, c’était pas écrit dans l’contrat que je devais aussi servir de loufiat à ces messieurs les musiciens!! salut ponthieu, la route a été bonne? aucun pépin, t’as pris soin de mon carrosse? pas d’lézard, patron, j’ai roulé pépère, au poil. ah! ah! c’te touche qu’vous vous tapez, patron! un vrai loubard, coquard et tout le tatouin, chapeau!! ça va, ça va! écrase tu veux, maurice! sacré ponthieu! bon, c’est pas tout ça, mais va falloir appuyer sur l’champignon pour rattraper l’autre bande de guignols! la tournée reprend son long pèlerinage, bien décidée à convertir de nouveaux adeptes au dieu païen du twist… non sans quelques embûches. hé! ho! vous m’aurez vraiment rien épargné, me v’là transformé en voiture-balai, une vraie bétaillère! qu’est-ce que tu attends pour me passer la grosse caisse, on n’a pas toute la journée!! tu fermes ton claque-merde! 26 27 Planche 24 Planche 25 dog fights | régis hautière & fraco 16 | Cmag#02 dog fights Régis Hautière et Fraco concluent leur trilogie d’anticipation, mêlant habilement différents genres. Polar et jeu téléréalité aéronautique se côtoient pour une enquête menée par des détectives privés aux caractères bien trempés. Mais qu’est-ce qui peut bien relier le meurtre de Ben Bessan avec l’émission phare de télé-réalité, Check Your Six ? Lindberg et son équipe sont confrontés à des difficultés et des intimidations. Toute la ville semble s’être donné le mot pour les contraindre à mettre un terme à leur enquête. Gas et Sulfato, eux, semblent prêts à tout pour gagner la finale du jeu Check Your Six grâce aux performances de leur warbird. Le scénario de Régis Hautière (interview ci-dessous), à qui l’on doit Au-delà des nuages avec Romain Hugault, mélange humour et baston dans une enquête aux méandres nébuleux. Il s’efface régulièrement pour laisser le graphisme de Fraco s’exprimer, principalement dans les représentations de scènes aériennes. régis hautière & fraco | dog fights l’émission, surtout lorsque les concurrents ne respectent pas les règles. Dans le troisième album, un concurrent arrose gaiement une partie du public avec la mitrailleuse de son avion. Il est, en théorie, interdit d’utiliser une arme contre le public. Les commentateurs pestent sur la possibilité d’une disqualification, et non sur le nombre de mort dûs au comportement du pilote… Pourquoi avoir traité le sujet sous la forme d’un récit d’anticipation ? Le récit se déroule dans un futur proche, au début du xxie siècle. La série a été initiée en 2003, et ce qu’on pensait « futuriste » à l’époque, ne l’est plus forcément aujourd’hui… où tout du moins, la frontière est devenue mince ! Les grands écrans publicitaires extra-plats qu’on voit dans les rues de New York, dans Dog Fights, sont devenues monnaies courantes, même Cmag#02 | 17 dans les villes européennes. La télévision, sous un vernis de bien-pensante, est aussi devenue plus cynique. Au point qu’on en vient à se dire que la seule chose qui empêche encore un jeu comme Check Your Six d’exister, c’est son coût de production. Finalement, n’avez-vous opté pour ce type de récit qu’afin de laisser plus de liberté à Fraco pour la représentation des zincs ? C’est en partie vrai. Les avions de Fraco sont complètement inventés, mais, ceci dit, ce ne sont pas pour autant des avions de science-fiction. En effet, il s’est inspiré d’avions existants, pour la plupart datant de la Seconde Guerre mondiale. Ce sont donc des avions à hélices imaginaires, mais pas vraiment futuristes. Dès les premières planches, vous plongez le lecteur dans un polar. Vous ne vous privez pas d’utiliser les clichés du genre. Dog Fights est une série de divertissement, aussi bien pour les lecteurs que pour nous, les auteurs. Nous avions envie de nous amuser, en mélangeant les codes des histoires aéronautiques et du polar. Nous y avons ajouté une pincée d’humour noir pour que la sauce prenne. Les bases de ce récit étaient posées dès le début. Nous savions, à la signature du contrat, que l’intrigue se déroulerait sur trois tomes, et connaissions le déroulement du jeu. À la fin du premier tome, le lecteur se demande quels sont les liens qui relient le meurtre de Ben Bessan avec l’émission de téléréalité… Effectivement, les deux univers évoluent en parallèle dans le premier tome. En apparence, il semble n’y avoir aucun lien entre la disparition de Ben Bessan et Check Your Six. Mis à part quelques petits clins d’œil, puisque l’un Dog Fights Toutes les illustrations de cet article sont extraites de Dog Fights T3 · Hallali Le premier tome de Dog Fights est paru en 2005. La téléréalité était alors en pleine émergence. Cette série est-elle née suite à votre réflexion sur ce phénomène audiovisuel ? Oui. La série a été initiée en 2003, soit deux ans après la diffusion de la première saison de Loft Story sur M6. Cette émission a rencontré un tel succès que TF1 et plusieurs autres chaînes télévisées ont développé des concepts similaires. Notre émission Check Your Six est un mélange de la Reality TV et des jeux traditionnels, plus anciens, comme par exemple Intervilles. Nous avons poussé ce phénomène à l’extrême, en introduisant notamment des armes dans le jeu… Et bien sûr des avions, puisque Fraco avait envie d’en dessiner. L’une des personnes dit dans l’album que les participants de Check your six sont des gladiateurs des temps modernes… C’est exactement cela ! Deux équipes se battent entre elles, dans une arène aux dimensions plus grande qu’une arène de cirque. Les concurrents, même s’ils pilotent des avions, sont des combattants qui s’affrontent pour distraire des spectateurs, et donc des gladiateurs. Tout est-il permis dans Check your six ? Presque ! Le jeu a ses règles mais, on le voit dans l’histoire, les concurrents ne se gênent pas pour les enfreindre. En fait, ce sont plus des contraintes, que des règles : la plupart des coups bas sont permis ! Ces contraintes sont différentes pour chacune des épreuves, et les concurrents doivent les contourner pour remporter le jeu. Était-ce un amusement de pousser le phénomène de la téléréalité jusqu’à son paroxysme ? Bien sûr, mais cela reste bien plus une histoire divertissante qu’une thèse… L’intrigue m’a permis de suggérer quelques pistes de réflexion. Je m’amuse également beaucoup à écrire les réactions des commentateurs de Tome 1 · Crash TV Tome 2 · Ceux qui vont mourir... Tome 3 · Hallali Série complète Collection Cockpit Scénario > Régis Hautière Dessin & couleur > Fraco Parution du tome 3 le 20 mars 2012 PDF DE LECTURE PDF DE LECTURE Format 23.5 x 31.5 cm 48 pages couleurs · Couverture cartonnée ISBN 978-2-88890-353-6 (tome 3) Prix de vente 13.50 euros 7 dog fights | régis hautière & fraco 18 | Cmag#02 régis hautière & fraco | dog fights Cmag#02 | 19 Habile dessinateur semi-réaliste, Fraco excelle dans les scènes de combat de warbirds, ces avions imaginaires qu’il assemble du bout de son crayon sur ses planches. Sa mise en page dynamique et son travail sur l’expressivité des trognes de ses personnages séduisent au premier regard. des enquêteurs est un fan de l’émission. Le lien est révélé dans le deuxième album, où l’enquête démarre véritablement. Dans le premier tome, les détectives privés sont confrontés à la disparition d’un homme. La mère de Ben Bessan les engage pour retrouver son fils. Les enquêteurs, eux, sont persuadés qu’il passe du bon temps quelque part… jusqu’au moment où ils découvrent son cadavre ! Avec cet homicide, ils commencent à prendre cette enquête au sérieux !… Et les liens entre Ben Bessan et l’émission deviennent de plus en plus évidents ! Intervenez-vous dans le découpage, en donnant des instructions précises à Fraco ? Pas tellement ! Le graphisme de Fraco a beaucoup de force. C’est un dessinateur qui connaît les codes de la BD francobelge. Il est capable de faire passer plusieurs mouvements dans une seule case. Un dessinateur réaliste ne pourrait pas faire de même… Franquin, dans une seule case, montrait une gomme en mouvement qui démolissait différents objets, avec le chat de Gaston qui la poursuivait ! Fraco est dans cette veine. Il utilise les mêmes codes : les traits de mouvement, les onomatopées, les ondes de choc, etc. Il y a effectivement beaucoup de mouvement dans ses cases… et énormément de bruit ! Quand on lit une BD de Fraco, on a presque mal aux oreilles ! J’ai compté pas moins de vingt-quatre onomatopées dans une planche du troisième album. Il les maîtrise à la perfection. Souvent, aujourd’hui, les dessinateurs dessinent les onomatopées à l’ordinateur, et cela leur donne un aspect un peu froid. Avec Fraco, ce n’est pas le cas ! Vous avez également scénarisé Au-delà des nuages pour Romain Hugault. Fraco nous a mis en contact. Ils avaient fait connaissance via un forum consacré à la simulation aéronautique sur ordinateur. Ils étaient tous les deux passionnés par ce type de logiciel. J’ai accompagné Fraco à leur premier rendez-vous. Ils avaient décidé de se rencontrer au premier salon de la BD au musée du Bourget. Nous y étions venus comme visiteurs. C’est ainsi que j’ai été amené à scénariser cette histoire pour Romain. J’ai de nombreux centres d’intérêt, et l’aviation en fait partie ! PDF DE LECTURE 29 30 31 Planches 28 & 29 Régis Hautière nous confiait que ce polar d’anticipation avait pour cadre un jeu de téléréalité aéronautique pour correspondre à vos envies… D’où vient votre intérêt pour l’aviation ? À l’époque où j’ai rencontré Pierre Paquet, je jouais beaucoup avec Flight Simulator, IL2, et d’autres softwares de ce genre. Je n’étais pas un réel passionné d’aéronautique. Mais ces simulations de vol sur PC m’amusaient. Je n’éprouve pas tellement de plaisir à dessiner les warbirds, car cela reste de « gros flingues avec des ailes ». Je ne suis guère fétichiste de ces machines à tuer, aussi impressionnantes soient-elles. Je laisse le soin aux autres auteurs des Éditions Paquet de dessiner de vraies machines. Ils sont bien plus talentueux que moi pour les représentations réalistes. À vrai dire, cela m’ennuie. C’est pour cette raison que mes avions sont… mixés. J’ai pris un vrai plaisir à mélanger des P-38 avec des Corsair ! Je me sentais comme un gosse qui met le bronx dans ses maquettes… C’est donc pour avoir plus de liberté que vous mélangez ces avions… Cela a été un coup de poker ! Régis Hautière et moi-même avions présenté un autre projet à Pierre Paquet. Mais il n’était pas très enthousiaste. Comme je m’amusais beaucoup sur ces jeux de simulation, j’ai proposé à Pierre de faire une histoire de zinc et de baston ! C’était vraiment une idée lancée comme ça, sur un coup de tête, sans trop y réfléchir. Pierre Paquet l’a accepté. Et Régis a apporté le côté polar, et bien sûr l’histoire en elle-même. Nous sommes, Régis et moi-même, sur la même longueur d’onde. Le reste a suivi très facilement. Comme je ne voulais pas dessiner de vrais zincs, nous avons opté pour un récit d’anticipation. En fait, quand y regarde bien, Dog Fights n’a pas grand-chose à faire dans la collection Cockpit. Les avions sont accessoires. Mais c’est vrai que la ligne éditoriale de la collection cockpit a pris tout son sens au fur et à mesure que de nouveaux albums sont parus… Comment procédez-vous pour créer des avions ? Je suis comme un môme qui mélange ses maquettes sans suivre les plans ! Je n’aime ni les plans, ni la rigueur militaire, et encore moins les reproductions d’armes (Rires). Cela m’amusait de mixer des carlingues . Les amateurs éclairés se sont vite pris au jeu de reconnaître un nez de Messerschmitt, les ailes du Corsair et la verrière du Spitfire sur un de mes zincs. C’est ma manière d’être irrévérencieux envers ces machines. Les vrais modèles sont impressionnants, mais pas respectables. L’aviation est un domaine où les hommes ont fait des progrès techniques fabuleux pour faire la guerre. Les warbirds en sont le parfait symbole. Je pense que le monde de l’aviation manque cruellement de fantaisie… Je suis-là pour le combler en partie. Mon maître dans le domaine est Miyazaki avec son fabuleux Porco Rosso. C’est pour cette raison que mes avions sont délirants. Régis Hautière a trouvé le prétexte pour dessiner mes envies. Il fonctionne souvent de cette manière avec ses dessinateurs. Il est très fort dans son domaine… Je n’ai quasiment jamais discuté de ses écrits. Son travail me convient parfaitement ! C’est un vrai plaisir de travailler avec Régis. Et puis c’est un ami. La complicité fait le reste. une aventure de jacques gipar | Thierry dubois & jean-luc delvaux 20 | Cmag#02 Thierry dubois & jean-luc delvaux | une aventure de jacques gipar une Cmag#02 | 21 aventure de jacques gipar Jean-Luc Delvaux et Thierry Dubois reviennent avec un nouvel album de Jacques Gipar. Ils nous plongent dans une histoire de meurtre, en province. Un représentant de commerce est abattu près de sa voiture. On murmure qu’il connaissait très bien la femme du notaire. Ce dernier ne va pas tarder à le suivre dans la tombe. Jacques Gipar ne croit pas que le gitan arrêté par la police est coupable. Il enquête sur ces meurtres. Amoureux des maîtres de la bande dessinée de l’école de Marcinelle, Jean-Luc Delvaux s’inscrit dans leur lignée avec Jacques Gipar. Passionné par les automobiles anciennes depuis son enfance, Delvaux a développé un savoir-faire dans la représentation des voitures en travaillant pour la presse spécialisée ou, pendant quelques années, auprès de Jean Graton. Tout en étant respectueux de leurs courbes, Il n’hésite pas à prendre quelques libertés pour mieux faire vrombir ses autos… Et ce à notre plus grand plaisir. Une aventure de Jacques Gipar Tome 1 · Le Gang des pinardiers Tome 2 · Le Retour des Capucins Tome 3 · Une 2CV pour Luciano Tome 4 · La Femme du notaire Histoire complète dans chaque tome Collection Calandre Scénario > Thierry Dubois Dessin > Jean-Luc Delvaux Parution du tome 4 le 23 janvier 2013 Format 23.5 x 31.5 cm 48 pages couleurs · Couverture cartonnée ISBN 978-2-88890-529-5 (tome 4) Prix de vente 13.50 euros Pourriez-vous revenir sur la création de Jacques Gipar ? Il y a une quinzaine d’année, j’avais lu un article consacré au travail de Thierry Dubois dans Auto Journal. J’ai été frappé par son style graphique. Il était proche du mien. En plus, je me retrouvais totalement dans ses propos. Nous avions visiblement les mêmes centres d’intérêt. Je lui ai écrit une lettre, à laquelle il a répondu rapidement. Il devait se rendre quelques jours plus tard à un mariage à quelques kilomètres de chez moi. Nous en avons profité pour nous rencontrer et faire connaissance… Nous sommes devenus amis. Des années plus tard, Thierry a créé une collection pour Altaya, qui éditait des reproductions miniatures de voitures mythiques, accompagnés d’un fascicule, intitulé La Route Bleue. Thierry Dubois s’occupait entièrement de la conception du fascicule. Il se chargeait du scénario et du dessin d’une bande dessinée qui clôturait la revue. Thierry était débordé, et m’a demandé de l’aider en réalisant les couleurs de la bande dessinée. La première histoire terminée, il m’a demandé si je voulais assumer le graphisme des planches. C’est alors que l’on a créé Jacques Gipar. Thierry connaissait mes envies. Nous avons réfléchi, ensemble, à un héros qui pourrait vivre plusieurs aventures. Il nous a paru évident d’en faire un journaliste parcourant les routes de France. Thierry est un grand connaisseur des routes de France, de leur historique. Et nous affectionnons tous deux les années 50… Comment avez-vous atterri aux éditions Paquet ? Le premier album était, à l’origine, une création pour la collection La Route Bleue. Mais il était libre de droits pour la publication en album. Une fois terminé, nous l’avons proposé à Page ci-contre : Jean-Luc Delvaux et Thierry Dubois devant leurs Peugeot 203 et 404. Toutes les autres illustrations de cet article sont extraites d’Une aventure de Jacques Gipar T4 · La Femme du notaire une aventure de jacques gipar | Thierry dubois & jean-luc delvaux 22 | Cmag#02 12 différents éditeurs… sauf aux éditions Paquet. Assez naïvement, je pensais qu’ils étaient déjà servis par ce type d’histoire. Le Mystère de la Traction 22, la première Enquête Auto de Margot, était déjà publié. J’ai fini par leur proposer Jacques Gipar… Et deux jours après, Olivier Marin, le directeur de la collection Calandre, me téléphonait ! Le troisième album est lui aussi composé d’histoires qui sont parues dans La Route Bleue. Excepté Une 2CV pour Luciano, qui est, elle, inédite ! Pourquoi avoir situé l’histoire dans les années 50 ? Je suis particulièrement attaché aux années 50 et 60. Les auteurs de l’âge d’or de la BD ont représenté à merveille l’esthétisme de ces années-là. Regardez les albums de Maurice Tillieux, André Franquin ou Will pour ne citer que ces auteurs-là. Et puis, j’aime les films et les voitures de cette époque… Thierry Dubois utilise des mécanismes narratifs classiques. Le petit côté « rétro » de la série était-il voulu dès le départ ? Tout à fait ! Toutefois, tout en restant relativement soft, nous nous permettons d’aborder des thèmes qui n’auraient pas pu l’être à l’époque. Certaines scènes de Gipar sont légèrement violentes, ou contiennent des sous-entendus… La censure était féroce dans les années 50. Certaines scènes de Jacques Gipar n’auraient pas convenu. Dans La Femme du Notaire, par exemple, nous mettons en scène une femme volage, libérée. Mais nous veillons toutefois à être lisibles par tous, y compris par les enfants. Pour ce quatrième album, nous souhaitions une intrigue provinciale, proche des atmosphères des films de Claude Chabrol. D’où vient votre intérêt pour les voitures ? Je m’y intéresse depuis toujours. J’ai commencé à les dessiner dès mon enfance. À douze ans, mon intérêt a commencé à se porter vers les automobiles anciennes. J’ai grandi en nourrissant le rêve de posséder moi-même une voiture ancienne ! J’ai assouvi ce rêve à 20 ans, puisque j’ai acquis une Dauphine de 1957… Je l’ai toujours d’ailleurs. J’ai eu aussi le bonheur de recevoir de mon épouse, pour mes quarante ans, une Peugeot 203… de 1957. Qu’avez-vous envie d’acheter pour vos soixante ans ? (Rires) J’ai encore le temps d’y réfléchir ! Mais j’ai une préférence pour les voitures populaires de l’après guerre. Les voitures les plus esthétiques ont été assemblées avant les années 70. Comparez une Ferrari ou une Maserati actuelle et un modèle plus ancien, vous verrez… Les couleurs de La Femme du Notaire ont été réalisées par Béa Constant. Pourquoi avoir fait appel à elle pour ce récit ? Pierre Paquet avait été séduit par son travail sur la refonte de Mauro Caldi. Sa touche féminine pouvait apporter des atmosphères particulières à Jacques Gipar. Sa gamme de couleur s’accordait parfaitement aux ambiances des années 50, tout en étant légèrement moderne. Elle arrive à mettre mon graphisme en valeur. Je lui laisse beaucoup de liberté. Je souligne juste, sur des copies de planches, des détails techniques. Comme par exemple, les endroits où il y a des chromes ou des caoutchoucs sur les voitures. Quel est votre lectorat ? Il est diversifié. On pourrait croire que les lecteurs de Jacques Gipar sont tous des nostalgiques des années 50. Ce n’est pas toujours le cas. Il y a bien sûr les amoureux de belles carrosseries, mais aussi des enfants d’une dizaine d’année. Ceux-ci apprécient visiblement ces enquêtes « à l’ancienne », sans les moyens technologiques que nous connaissons aujourd’hui. Vous avez travaillé quelques années pour les studios Graton… Oui, j’ai assisté quelques années Jean Graton. Le studio était composé de Thierry dubois & jean-luc delvaux | une aventure de jacques gipar 13 12 plusieurs personnes. Christian Lippens, décorateur attitré pour la série Michel Vaillant. Daniel Bouchez, quant à lui, dessinait les Vaillante. Quand à moi, je me chargeai des voitures secondaires, et de certains décors. J’ai participé aux albums La Piste de Jade et Paddock. J’avais plus de liberté dans les dossiers, que cela soit celui sur Honda, James Dean ou Steve McQueen. J’allais de temps à autre rendre mes dessins au Studio Graton. Au premier abord, Jean Graton était taiseux, légèrement bougon. Mais il devenait très agréable dès qu’on le connaissait un peu. Je me régalais de ses anecdotes. Ce fut un plaisir de travailler avec lui… et de contempler ses originaux ! Est-ce là que vous appris à apporter un certain dynamisme à vos voitures ? Vous trichez parfois en apportant une certaine distorsion à leurs courbes ou pneus pour qu’elles soient plus vivantes… Je crois plutôt que cela vient de mon style, qui permet ce genre de liberté. Je ne suis pas soumis au respect de certains codes, comme l’est par exemple Olivier Marin. Il dessine Les Enquêtes auto de Margot dans une ligne claire… Dans Jacques Gipar, je peux me permettre d’ajouter des lignes de vitesse, déformer des voitures, etc. Bref, apporter des éléments visuels qui permettent de rendre l’ensemble plus dynamique. Je ne décalque jamais les voitures que je dessine. Je me base bien sûr sur un document, mais je redessine entièrement la voiture. Je les caricature peut-être aussi… d’une manière inconsciente. Jacques Gipar ressemble physiquement au Marquis, un personnage que vous animiez dans les années 90. Effectivement. Ce n’est pas voulu. On en revient toujours au même type de personnage. Les acteurs des années 50, comme par exemple Lino Ventura ou Carry Grant, avaient un certain style, un art de l’élégance. Abel Simonin, mon précédent personnage, que j’avais créé pour le magazine Rétro Mania, avait le même look… et il avait également la quarantaine ! J’ai eu les cheveux blancs relativement jeune, c’est peut-être la raison de mon attachement à des héros quadragénaire ! Vous semblez avoir travaillé longtemps pour la presse spécialisée avant Gipar… Oui. Je n’avais pas toujours la possibilité de développer le scénario. Pour Cmag#02 | 23 13 Abel Simonin, je devais réaliser une mini-histoire en deux planches tous les mois. Il était impératif qu’une voiture populaire soit au cœur de l’intrigue. Mon principal mérite, au point de vue narratif, pour cette minisérie, était d’avoir trouvé des titres amusants : Pour qui sonne le verglas, Du rififi sur le macadam, l’occase se rebiffe. Abel Simonin, dit « l’Abel occase », était un ancien gangster devenu un vendeur de voiture d’occasion. Au bout de quelques numéros, le journal a changé de main et l’aventure s’est terminée là. Mais cela m’a permis de rentrer en contact avec le rédacteur en chef du magazine Gazoline. J’y réalise chaque mois une page de gag dénommé Gazafond, mettant en scène les personnages et les véhicules de la rédaction. Je viens de rendre la 73e planche. Le mot de la fin ? La Femme du notaire est l’album le plus abouti. La série a été créée pour un support presse, et sa mise en route a été lente. Thierry Dubois s’est surpassé, et a soigné l’intrigue pour garder un suspense jusqu’à la dernière page. L’arrivée de Béa Constant aux couleurs apporte un plus à l’album… une aventure de jacques gipar | Thierry dubois & jean-luc delvaux 24 | Cmag#02 Fin connaisseur des routes nationales, Thierry Dubois n’hésite pas à lancer son personnage, Jacques Gipar, sur des lieux qu’il connaît bien. Avec La Femme du notaire, Le scénariste a tissé une intrigue digne d’un film de Chabrol. Avec Jacques Gipar, dont le succès est croissant, et l’excellent accueil de son livre C’était la Nationale 7, il s’inscrit comme l’un des auteurs marquants de la collection Calandre. Comment naissent les histoires de Jacques Gipar ? Dans ma voiture ! Les trajets sur l’autoroute sont plutôt monotones. Lorsque je suis seul, je profite de ces voyages pour construire l’histoire, réfléchir à l’intrigue. Bien sûr, tout au long de l’année, je me nourris de vieilles histoires criminelles, d’ambiances, etc. Je ne cesse de penser à tous les éléments qui me permettent d’associer Jacques Gipar à une époque. Mais les pièces du puzzle s’associent peu à peu… dans ma voiture ! Je dois aussi tenir compte des saisons. Vous le remarquerez : elles se suivent dans la série. Cette chronologie a été voulue dès le départ. La Femme du notaire se déroule en février 1954. Le prochain récit, qui s’articulera en deux tomes, aura lieu au printemps de la même année. Ce genre de petit détail apporte de la crédibilité, du réalisme à la série. D’où vient votre goût pour les années 50 ? Souvent les gens apprécient particulièrement la décennie qui précède leur naissance ! Pourquoi ? Je ne sais pas… Sans doute représente-t-elle un certain idéal ? Les années où leurs parents étaient plus jeunes… Les années 50 sont bien sûr particulières : elles marquent la reprise économique, et l’après-guerre. C’est aussi le début d’une consommation plus active ! Les gens avaient plus de 35 moyens, certains pouvaient s’acheter leur première voiture. Pourtant la France était encore très archaïque. Ce mélange entre ce début de modernité et les traditions, une manière de vivre « à l’ancienne », apportait une atmosphère particulière à ces années. Les voitures étaient encore rares, et elles représentaient déjà un mythe. La production française se limitait à une dizaine de modèles différents : La 4CV, la 2CV, la Simca Aronde que conduit d’ailleurs Jacques Gipar. Ces voitures sont représentatives de l’époque. Quel est pour vous l’exemple même de voiture mythique par excellence ? Ah !… Il y a une différence entre le côté mythique et celle que l’on aimerait posséder ! (Rires) La voiture mythique par excellence est la Chevrolet Bel Air. Et si je pouvais n’acquérir qu’une seule voiture, ce serait sans nul doute l’Hispano-Suiza. Elle représente la perfection automobile. Elle a été construite jusqu’aux années 30. Certaines voitures ont une connotation luxueuse, comme la Rolls-Royce par exemple. D’autres sont l’exemple même de la sportive, comme la Bugatti. L’Hispano-Suiza combine ces deux caractéristiques. Et puis, elle a été conçue par un équipementier aéronautique. Ce serait mon rêve d’en avoir une. Il va falloir que je vende beaucoup d’albums de Jacques Gipar pour en acquérir une (Rires). Jacques Gipar est l’archétype du héros classique des années 50. Pourquoi ? Effectivement. On revendique à 100% cette carte rétro. Nous avons tout fait pour cela. En général, les héros de cette époque ont deux professions : soit ils sont journalistes, soit flics. Cela permet de les faire évoluer dans tous les milieux. Je tournerais vite en rond en écrivant les aventures de Riton le routier ou de Jeff le garagiste. Donc, Gipar est un journaliste. Cela me permettait de le mettre légèrement en marge des lois. Ses rapports avec la police sont parfois tendus. Nous tenions cependant à lui apporter un côté moderne : il a une petite amie, utilise parfois des expressions un peu crues, etc. Pourquoi l’avoir flanqué d’un acolyte, Petit Breton ? Il lui fallait un faire-valoir. Quand on est seul sur la route, on s’ennuie vite. Je voulais un personnage qui soit un peu en marge, sans toutefois être un grand délinquant. Petit Breton est une petite frappe, un voyou gentil… Comment décririez-vous le style graphique de Jean-Luc Delvaux ? C’est du franco-belge traditionnel. On s’entend bien, et il n’y a jamais eu de concurrence entre nous. Je lui envoie un découpage stylisé, story-boardé. Je représente chaque double planche Thierry dubois & jean-luc delvaux | une aventure de jacques gipar sur une seule page. Cela me permet d’équilibrer le découpage. Il le modifie lorsqu’il juge que ses choix apporteront une meilleure compréhension. J’ai une confiance totale en lui… Vous êtes tous les deux des grands amateurs de vieilles voitures. Vous n’avez jamais de « bagarre » quant aux choix des voitures à représenter ? Il y en a suffisamment pour que l’on puisse inclure les automobiles qui nous font plaisir (Rires). Il faut toutefois être réaliste. Jacques Gipar roule en Simca Aronde, une voiture populaire. Une Ferrari ou une Jaguar n’est pas une voiture crédible pour un journaliste… Pourriez-vous lever le voile sur la prochaine histoire ? Les années 50 ont connu d’importants trafics de cigarettes, entre les zones franches d’Afrique du Nord – principalement Tanger – et le Sud de la France. Cela entraînait différentes guerres des gangs en France pour prendre le monopole du trafic. Gipar va enquêter sur ce sujet. Le récit sera traité en deux albums… Quels sont vos projets ? Je vais entamer une nouvelle série avec Callixte où nous évoquerons la vie d’une compagnie motorisée du Nord Sahara. Je prépare également un nouvel ouvrage qui sera dans la lignée de celui sur la Nationale 7. Ce sera une étude approfondie de la Route Napoléon avec bien sûr des textes, des photos d’époque et des dessins… Pourquoi un tel attachement aux routes nationales ? Les dessinateurs vivent souvent cloîtrés chez eux. La route est synonyme d’évasion, de vacance. J’aime beaucoup rouler sur ces nationales car elles me permettent bien souvent de me plonger dans les atmosphères d’époque. Beaucoup de bâtiments sont préservés. La Nationale 7 s’est vendu à 10 000 exemplaires. Il faut croire que les lecteurs sont nostalgiques. On vit dans un quotidien qui n’est pas très joyeux ; notre futur est incertain. Les gens se tournent plus facilement vers le passé, qui offre l’avantage d’être idéalisé… Cmag#02 | 25 3 La Simca 9 Aronde de Jacques Gipar premier modèle (1951), facilement identifiable avec sa calandre en escalier. On la retrouve dans Du Rififi à Pouilly et Le Gang des pinardiers, où elle termine son existence par un plongeon au fond de la Seine… L’Aronde modèle 53, avec sa nouvelle calandre arrondie. Apparue dans L’Hispano disparue, sa carrière sera courte, puisqu’elle finit tragiquement sa course autour d’un arbre dans Le Retour des Capucins. Pour cette aventure, La Femme du notaire, Jacques Gipar étrenne sa nouvelle Aronde, un coach « Grand Large » tout neuf. Petit clin d’œil, les clés de cette belle auto lui sont remises par Henri-Théodore Pigozzi, créateur et PDG de Simca. l’épée d’ardenois | Étienne willem 26 | Cmag#02 Étienne willem | l’épée d’ardenois Cmag#02 | 27 des pillards skernovites ! tu devrais faire plus d’exercice, grimbert ! comme moi ! toi, le gamin ! tu restes ici ! et tu te fais tout petit ! regardez ! toujours en forme ! en selle ! … urgh ! aouch ! mon pauvre derrière !! Épée non ! des réfugiés ! des soldats ? l’ ardenois d’ trop vieux pour ces c… moi ! des paysans qui espèrent trouver refuge au fort de la lanterne ! 18 Pris par des contraintes professionnelles, Nicolas Imhof, le coloriste d’Étienne Willem, n’a pas pu mettre en couleur le deuxième tome de L’Épée d’Ardenois. Willem s’est chargé luimême de ce travail pour La Prophétie, le deuxième opus. Il s’essayait ainsi à la couleur directe. Il a posé ses encres acryliques sur des photocopies poussées de ses crayonnés. Le résultat en a bluffé plus d’un aux Éditions Paquet. Étienne Willem y a pris goût et n’envisage plus de lâcher ses pinceaux et ses encres acryliques. Le dessinateur a donc redonné de nouveaux tons au premier tome de la série afin de donner une unité, une cohérence graphique à la série. Cette version « 2.0 » de l’album permettra aux lecteurs de découvrir avec beaucoup plus de plaisir le Moyenâge réinventé – voire imaginaire d’Étienne Willem. Un monde peuplé de personnages anthropomorphes. Avec L’Épée d’Ardenois, l’auteur a souhaité revenir aux fondamentaux du genre. « J’ai bien sûr toujours apprécié les films de Walt Disney, et plus particulièrement l’adaptation de Robin des Bois, confie le dessinateur. Mais mes influences remontent plutôt à la source de ce film. Lisez le Roman de Renart, et vous constaterez que l’attribution des rôles et des caractères des personnages dans ces écrits médiévaux est la même que dans le Robin des Bois de Disney ». Néanmoins, Willem le ne cache pas : En hommage, il a redonné vie dans son histoire au couple mythique du dessin animé : le renard et l’ours. Plantons le décor et évoquons le début du récit de L’Épée d’Ardenois : le petit village de Chassenoix s’endort, et une bande de maraudeurs vient piller cette communauté. Le chevalier d’Ardenois défend avec vailance les habitants, mais les brigands sont trop nombreux. Il finit par être blessé, puis abattu. Garen, un lapin naïf, aux idées préconçues sur les combats, assiste à la scène. Il part prévenir le Roi du danger qui guette sa contrée, mais aussi les royaumes voisins. Il semble que l’on veuille faire revivre Nuhy, le seigneur à l’armure noire, que le chevalier d’Ardenois avait terrassé des années plus tôt… Garen apprendra à ses dépens que si les légendes restent vivaces, les héros vieillissent et le Mal ne porte pas toujours l’armure noire qui le rend facilement identifiable… Le rôle tenu par les personnages est clairement identifiable, grâce notamment à l’anthropomorphisation des personnages. « Chaque animal a un caractère qui, dans l’imaginaire collectif, est associé a son espèce, nous dit Étienne Willem. Arthus – l’ours – est brave. Grimbert – le renard – a un côté finaud. Et enfin, Garen, le lapin est naïf (bien évidement, j’utilise parfois cette association pour tromper le lecteur…). J’ai accordé un soin particulier à la définition de leurs objectifs, et leur manière à réagir aux événements. Les personnages “positifs” ont tous des motivations différentes pour combattre le Mal ». Étienne Willem a tenu à s’éloigner de toute contrainte historique, pour offrir un Moyen-âge réinventé, accessible à tous. Sans toutefois commettre d’impair : les costumes et les bâtiments trouvent leur inspiration dans d’autres, qui ont réellement existés. L’utilisation des personnages animaliers permet de créer une distanciation par rapport à l’époque. Le lecteur comprend rapidement, par ce biais, que le récit n’a aucune prétention historique. Adultes et enfants trouveront un plaisir différent à lire L’Épée d’Ardenois, un récit tout public. Willem n’a qu’une seule envie, que parents et enfants évoquent ce récit, en échangent leurs opinions au coin du feu… 19 L’Épée d’Ardenois Tome 1 · Garen Tome 2 · La Prophétie Série prévue en 4 tomes Scénario, dessin & couleur > Étienne Willem Tome 1 disponible dans sa nouvelle mise en couleur le 17 avril 2013 Format 23.5 x 31.5 cm 48 pages couleurs Couverture cartonnée Prix de vente 13.50 euros tome 1 : ISBN 978-2-88890-326-0 tome 2 : ISBN 978-2-88890-368-0 Convaincus depuis de nombreuses années du talent d’Étienne Willem, nous avons souhaité proposer des éditions crayonnées des albums de L’Épée d’Ardenois. Limitées à 1 300 exemplaires, ces éditions à la fabrication soignée permettent d’admirer le trait de l’auteur dans toute sa virtuosité. Les tomes 3 et 4 seront aussi publiés dans ce format en même temps que leurs versions couleurs. Éditions limitées à 1300 exemplaires numérotés Dos toilé · papier munken Format 23.5 x 31.5 cm · 48 pages · Couverture cartonnée, pelliculage mat, dos toilé ISBN 978-2-88890-552-3 (tome 1 - version crayonné) ISBN 978-2-88890-532-5 (tome 2 - version crayonné) Prix de vente 25 euros L’exode selon yona | David ratte 28 | Cmag#02 l’ EXODE YONA selon David Ratte conclut l’Exode selon Yona, le deuxième cycle du Voyage des pères, dans lequel il explorait le parcours de trois pères à la recherche de leur progéniture sur les routes de Judée et de Galilée, leurs enfants ayant tout plaqué pour L’Exode selon Yona suivre un homme qui se prétend être le fils de Dieu. L’Exode selon Yona, le second cycle, évoque la vie d’un lointain Tome 1 · Descendance Tome 2 · Turbulences Tome 3 · Effervescence Tome 4 · Transhumance ancêtre de Jonas. Il était égyptien, et vivait au bord du Nil 1 500 ans plus tôt. Yona coulait des jours heureux et oisifs à la cour de Pharaon, jusqu’au jour où un oracle lui dit qu’il doit avoir une descendance juive. Les mots de l’oracle sont Série complète Scénario & dessin > David Ratte Couleurs > Myriam Lavialle sacrés. Libi, une jeune juive, et un certain Moïse viendront chambouler son existence. L’auteur raconte avec subtilité, humour et finesse deux épisodes importants de la Bible. Une œuvre originale, saluée par un excellent accueil du public. Toutes les illustrations de cet article sont extraites de L’Exode selon Yona. Quel a été le déclic du Voyage des pères, un regard un peu décalé sur cette période précise de la vie des apôtres de Jésus Christ ? La plupart des livres ou films abordant la question de la religion le font soit de façon très didactique, soit en se moquant ou en inventant des théories fumeuses de complot mondial. Je ne me suis jamais reconnu dans une quelconque de ces tendances. L’idée du Voyage des pères est venue de cette frustration. Il n’y a pas vraiment eu de déclic. L’idée s’est construite de façon presque inconsciente dans mon esprit, et un beau matin elle était là de façon claire. J’avais envie de traiter de la question de la religion en me concentrant sur ses aspects humains… d’utiliser l’histoire de Jésus comme un décor, un cadre dans lequel j’allais faire évoluer et réagir mes personnages. On sent dans ce cycle un immense respect pour les croyances. Était-ce facile de garder un juste ton ? C’est vrai que c’est un exercice qui réclame quelques efforts. Mais ne serait-ce que d’un point de vue scénaristique, c’est quelque chose de passionnant à faire. Et puis, pour moi, la moquerie constitue un peu le niveau zéro de l’humour. Je n’avais pas envie de tomber dans cette facilité qui de toute façon allait à l’encontre de ma personnalité. Dans vos histoires, les caractères des personnages principaux sont tous ciselés, et le lecteur comprend rapidement leurs motivations. Dans une histoire, ce sont les personnages qui m’intéressent en premier lieu… leurs sentiments, leurs réactions, leurs contradictions, leurs évolutions. Pour moi, le Voyage des pères est avant tout une histoire de pères et de fils qui essaient de se comprendre. Le Voyage des pères Série complète Scénario & dessin > David Ratte Couleurs > Sylvie Sabater Tome 1 · Jonas Tome 2 · Simon Tome 3 · Alphée Pour tous les albums: Format 23.5 x 31.5 cm 48 pages couleurs Couverture cartonnée Prix de vente 13.50 euros L’exode selon yona | David ratte 30 | Cmag#02 Le Voyage des Pères a reçu de nombreux prix, dont deux prix de la meilleure BD chrétienne à Angoulême, en 2008 et 2011. Avez-vous été étonné par un tel accueil par les catholiques ? Un peu, dans la mesure où je ne savais même pas que ce prix existait. Avez-vous eu des réactions de lecteurs pratiquant une autre religion ? En fait beaucoup de mes lecteurs (voire la majorité) sont totalement athées ou agnostiques. Ils se sont vite rendu compte que mes albums ne sont pas du tout engagés pour ou contre la religion. Je n’aborde l’histoire de Jésus qu’en tant qu’évènement historique voire de phénomène social. Je laisse à chaque lecteur le loisir de se positionner comme il en a envie. Dans le premier cycle, les athées s’identifient naturellement à Jonas qui passe son temps à critiquer Jésus. J’imagine que les plus croyants s’identifient plus à Alphée. L’humour fait partie intégrante des deux cycles. Était-ce évident pour vous d’accorder autant de place à l’humour ? Vous n’hésitez pas à placer des termes d’aujourd’hui dans la bouche de vos personnages… L’humour me vient assez naturellement quand j’écris. Je n’ai pas vraiment besoin d’y réfléchir. En tant que lecteur j’aime qu’un livre me fasse passer du rire à l’émotion. J’essaie d’écrire des histoires que j’aurais envie de lire. En ce qui concerne le langage de mes personnages, il s’ est imposé assez rapidement. Ce sont des gens du peuple qui avaient sans doute une façon bien à eux de s’exprimer. Mais nous n’en avons plus aucune trace aujourd’hui. Et hors de question de les faire parler comme des livres. J’ai donc choisi de m’amuser un peu en utilisant des expressions actuelles. Pourquoi avoir créé un deuxième cycle atour de l’exode ? J’étais un peu triste de finir le premier cycle. J’avais l’impression d’avoir encore plein de choses à dire. Et puis j’adorais mettre en scène le personnage de Jonas. Mais mon histoire était bouclée. J’ai alors eu l’idée d’inventer à Jonas des ancêtres qui auraient les mêmes défauts que lui. Comment décririez-vous Yona, le lointain ancêtre de Jonas ? Un grincheux amoureux d’une jeune juive, qui n’éprouve pas les mêmes sentiments envers lui ? A priori, c’est un sale type. Il est vaniteux, méprisant, lâche, obséquieux… Mais il tombe sincèrement amoureux de Libi. Il faut dire qu’elle a plutôt mauvais caractère, elle aussi. Donc dans l’absolu, ils vont plutôt bien ensemble. Mais ils sont de conditions sociales, de religions et d’âges différents, ça complique tout. Il n’empêche qu’il est prêt à la suivre jusqu’au bout du monde… Votre dessin semi réaliste rond est expressif et attachant. Quelles sont vos influences ? Quand j’étais plus jeune je dévorais les albums d’Uderzo, de Walthéry, de Dany, de Turk et de Quino. J’imagine que quand je me suis lancé dans la BD humoristique, ces influences sont réapparues de façon inconsciente. Y aura-t-il un troisième cycle du Voyage des pères ? Oui, il est prévu pour 2014. Nous remonterons alors jusqu’à la période du déluge avec un ancêtre de Jonas et de Yona. Pouvez-vous nous présenter votre nouvelle série Mamada ? Mamada est une guerrière Himba plutôt grincheuse (encore un personnage au caractère bien trempé). Elle se retrouve détentrice d’un pouvoir surnaturel qu’elle ne contrôle absolument pas et échoue par erreur à Paris. Elle va porter sur notre civilisation et notre mode de vie un regard sans concession… ce qui va donner lieux à des situations un peu explosives et assez jouissives. Ce nouveau personnage apparaît d’ailleurs brièvement dans le quatrième album de l’Exode selon Yona à un moment ou Yona souffre d’hallucinations. DAVID RATTE Cmag#02 | 31 4 Planche 2 David ratte 32 | Cmag#02 5 DAVID RATTE Cmag#02 | 33 6 Planche 3 Planche 4 album | auteurs 34 | Cmag#02 Thomy Von Kummant & Benjamin Von Eckartsberg | gung ho Cmag#02 | 35 Après le succès de la Chronique des Immortels, Benjamin Von Eckartsberg et Thomas Von Kummant reviennent dans un genre où l’on ne les attendait pas. Une saga dans un univers post-apocalyptique, non dénué d’éléments fantastiques, mettant en avant le graphisme virtuose et spectaculaire de Thomas Von Kummant. Prévue en 5 tomes de 80 pages au format roman graphique, cette série fait l’objet en parallèle d’une édition grand format « Deluxe » au prix abordable, permettant d’apprécier à sa juste mesure tout le talent de Thomas Von Kummant. Le premier tome de ces versions au format augmenté, et au contenu enrichi par un cahier graphique de 20 pages, permettra de découvrir cette série dès le mois de février. Attention, tirage limité ! Dans un futur proche, la « plaie blanche » a presque complètement décimé l’humanité, et la civilisation n’est plus qu’un doux souvenir. L’Europe toute entière est devenue une zone de danger, où la survie n’est plus possible qu’à l’intérieur de villes ou de villages fortifiés. Les règles sont importantes dans la zone de danger. Même un enfant sait cela. Jusqu’à ce qu’il devienne adolescent… Paresse, insubordination, manque de discipline, violence : Zack et Archer Goodwoody ont largement tiré sur la corde. Depuis la mort de leurs parents huit ans auparavant, les deux frères vont d’orphelinats en orphelinats, chassés à chaque fois pour raisons disciplinaires. Ils ont gâché en profondeur toutes les chances que leur ont laissé les autorités, pour qui il n’y a plus rien de bon à attendre de ces deux éléments. Une dernière chance leur est toutefois accordée, eu égard à leur jeunesse : ils sont envoyés dans un projet de colonie au sein même de la zone de danger. S’ils ne réussissent toujours pas à s’adapter à cet endroit, ils seront chassés hors des murs de la civilisation. Zack voudrait saisir cette chance, et s’intégrer au sein de cette communauté dirigée par l’austère mademoiselle Kingsten. Mais pour Archer, les règles ne s’appliquent qu’aux autres : il se contente de profiter de la vie et de ceux qu’il côtoie. Mais il va devoir faire un choix ; entre la fidélité et la raison, entre le problème ou la solution. Le destin de la colonie tout entière en dépend… Un adolescent traumatisé, des règles strictes, des adultes corrompus, des armes et une menace extérieure constante : un mélange explosif. Alors, quand les hormones viennent s’ajouter à cela, la masse critique est atteinte, et la catastrophe prend sa course, en cet été caniculaire, quelque part en Europe. Toutes les illustrations de cet article sont extraites de Gung Ho UN PROJET global 2 Éditions DELUXE : 10 volumes en tout, 1 volume / 6 mois mi 2013 mi 2014 visuel provisoire Éditions standards : 5 volumes en tout, 1 volume / an Tome 2 visuel provisoire 1 Tome 1 Tome 3 Tome 4 Tome 5 mi 2015 mi 2016 mi 2017 Tome 1.2 Tome 2.1 Tome 2.2 Tome 3.1 Tome 3.2 Tome 4.1 Tome 4.2 Tome 5.1 Tome 5.2 DELUXE DELUXE DELUXE DELUXE DELUXE DELUXE DELUXE DELUXE DELUXE mi 2013 début 2014 mi 2014 début 2015 mi 2015 début 2016 mi 2016 début 2017 mi 2017 Chaque tome standard est divisé en 2 volumes DELUXE. Les tirages DELUXE, au tirage limité à 3 000 ex., ont un format agrandi (28 x 37 cm) et des bonus inédits. 3 Un concours organisé pour la création d’un morceau de musique Vous êtes musicien ? Devenez le compositeur de la BO Gung Ho ! Le site www.gungho.fr permet à tous les musiciens qui le souhaitent de participer au concours. Les participants doivent composer et enregistrer et soumettre un morceau de musique original réalisé pour accompagner la BD. Un jury de professionnels de la musique et les auteurs choisiront 10 morceaux et un grand gagnant parmi toutes les propositions. Les gagnants : · seront produits par les Éditions Paquet ; · un CD sera distribué gratuitement chez tous les libraires afin de faire connaître les groupes ; · le gagnant sera utilisé sur tous les supports de communication multimédia de Gung Ho avec un contrat à la clé. Voir conditions sur le site w w w. g u n gho . f r gung ho | Thomy Von Kummant & Benjamin Von Eckartsberg 36 | Cmag#02 Thomy Von Kummant & Benjamin Von Eckartsberg Cmag#02 | 37 Benjamin Von Eckartsberg a étudié la communication visuelle à Munich. Il a adapté avec Thomas Von Kummant le premier roman de la saga La Chronique des immortels, un best seller en Allemagne signé par Wolfgang Hohlbein. L’auteur fait partie de l’atelier « Die Artillerie », et a collaboré, en tant qu’illustrateur, à de nombreux films ou campagnes publicitaires. Il signe le scénario de Gung Ho, une œuvre moderne et prenante. Vous souvenez-vous du moment précis où vous avez mis en place les prémices de l’histoire ? Bien sûr ! Durant l’été 2005, je buvais tranquillement un café, le matin, en feuilletant un livre d’illustrations. C’était un recueil d’illustrations publicitaires réalisées avec un style graphique assez simple. L’une d’entre elles montrait un feu de signalisation au sommet d’une colline, avec de la végétation tout autour. La route était couverte par des herbes jaunâtres. On ne distinguait pas le macadam. Rien que la nature, donc… et ce feu de signalisation ! Cette image a provoqué un flash. J’ai imaginé directement un groupe d’adolescents, armés, fumant des cigarettes et flirtant entre eux. Mais en même temps, certains d’entre eux scrutaient les environs, car ils savaient qu’ils étaient dans une zone de danger. Ils étaient là, probablement, sans la permission de leurs parents, et ils savaient qu’ils pouvaient être attaqués à tout moment… Après avoir eu ce flash, j’ai terminé mon café, et écrit plusieurs pages pour rassembler ces idées autour de cette colonie, de cette zone de danger. J’ai esquissé aussi le village, la colonie, et la manière dont il était organisé. Pourquoi des adolescents ? J’ai toujours voulu écrire un drame racontant le parcours d’adolescents.À cet âge, l’être humain découvre encore le monde avec ses propres yeux, et est confronté à ses premières émotions, ses premiers sentiments. Je percevais qu’avec cette idée, je pouvais faire un excellent récit mélangeant deux genres : la « survival story » et le fantastique. Gung Ho se déroule dans un futur proche… J’avais donc l’idée, une bonne perception de l’univers, mais je n’avais ni l’histoire, ni les personnages. Je reprenais de temps en temps ce carnet pour écrire des bribes. J’ai parlé de ce projet à Thomas Von Kummant, qui a adoré l’univers. Mais il devait d’abord finir l’adaptation du premier cycle de La Chronique des immortels. Il voulait que je lui réserve cette histoire. En 2011, Pierre Paquet nous a demandé ce que nous ferions après La Chronique des immortels. Cela m’a poussé à terminer l’écriture du projet. Pourriez-vous nous présenter les frères Goodwoody ? Ces deux frères sont envoyés par l’orphelinat de la ville à la colonie n°16, qui est située dans la zone de danger. C’est leur dernière chance de s’intégrer dans un endroit civilisé. S’ils ne se fondent pas dans la population, ils seront poussés à l’exil dans la zone de danger. Cela signifie qu’ils mourront, tôt ou tard. Le plus jeune, Zack, veut s’intégrer, avoir des amis, trouver une famille dans cette colonie. Mais Archer, lui, ne veut faire aucun effort pour en devenir membre. Des conflits naîtront rapidement entre les deux frères et les autres adolescents, ainsi qu’avec les adultes qui imposent leurs règles. Tout cela sera assombri par la menace constante de ce qu’il y a au-delà des murs de la colonie, de l’extérieur. Ces enfants sont nés dans un système qu’ils n’ont pas créé. Ils y ont grandi, et doivent décider s’ils doivent se révolter contre le système établi, ou pas. À moins qu’il n’y ait un juste milieu ? Le danger est-il réel à l’extérieur ? Bien sûr ! Mais nous ne le montrerons qu’à la fin du premier tome. Et seulement un petit aperçu de celui-ci… Le premier tome est plus une plongée dans l’univers et les règles de cette communauté. J’aime que le lecteur découvre lentement ces éléments, au fur et à mesure qu’il rentre plus profondément dans l’histoire. HERE BUT NOW THEY’RE GONE… ALL OUR TIMES HAVE COME… SEASONS DON’T FEAR THE REAPER… NOR DO THE WIND, THE SUN OR THE RAIN… WE CAN BE LIKE THEY ARE COME ON BABY... …DON’T FEAR THE REAPER… BABY TAKE MY HAND… …DON’T FEAR THE REAPER… Gung Ho - Grand Format Deluxe Tome 1.1 · Brebis galeuses Tirage limité à 3’000 exemplaires Scénario > Benjamin Von Eckartsberg Dessin & couleur > Thomas Von Kummant Parution le 20 mars 2013 Format 28 x 37 cm 64 pages couleurs · Couverture cartonnée ISBN 978-2-88890-503-5 Prix de vente 25.50 euros CHANSON : DON’T FEAR THE REAPER DE BLUE OYSTER CULT 6 Planche 4 Thomy Von Kummant & Benjamin Von Eckartsberg 38 | Cmag#02 Thomy Von Kummant & Benjamin Von Eckartsberg Cmag#02 | 39 C’EST DÉJÀ ASSEZ PÉNIBLE DE DEVOIR ESCORTER DEUX MORVEUX DANS LA ZONE DE DANGER PENDANT DEUX JOURS. BABY TAKE MY HAND… REPOSE TES FESSES, GOODWOODY. SI TU TOMBES, LE TRAIN NE S’ARRÊTERA PAS POUR TOI. JE NE VEUX PAS EN PLUS ENTENDRE TES BRAILLEMENTS. …DON’T FEAR THE REAPER… NOUS Y SOMMES. COLONIE N° 16, VOTRE NOUVEAU CHEZ VOUS, QUE L’ON APPELLE AUSSI "FORT APACHE". COMBIEN DE PERSONNES VIVENT ICI, SERGENT ? ET ARRÊTE DE BRAILLER, BON SANG, TU ME CASSES LES OREILLES ! PEUT-ÊTRE QUE LA VIE ICI VOUS FERA MÛRIR. ENVIRON QUATRE CENTS. C’EST JUSTE QUE VOUS N’AVEZ AUCUNE IDÉE DE LA CULTURE, SERGENT. 7 8 Planche 5 Planche 6 Michel kœniguer mep bushido Cmag#02 | 41 4/12/12 18:46 Page 26 ...trimbalant des flingues dans leur cartable… ou ces enfoirés qui bossent à la bourse… Vraiment rien que des minables... ...Je vais te regretter... ça fait longtemps qu’on bosse ensemble... bushido à l’époque, on pensait que tout ça durerait toujours... John Masanori, orphelin d’une mère japonaise, abandonné par un père américain, a été confié aux bons soins du père O’Brien. 25 ans plus tard, l’éducation du prêtre n’a pas empêché John de devenir un tueur efficace au service de la mafia italo-américaine. Hélas, un cancer fatal lui ronge le colon. Il lui reste 6 mois, peut-être 1 an, à vivre. Il décide de partir alors à la recherche de ses racines, dans son pays d’origine. Celui des samouraïs, dont il ne cessait de rêver, enfant. Celui du Bushido, le code de vie et de combat des guerriers médiévaux. C’est au Japon que John veut mourir. Le fric, les filles, la fête... Et avec de la classe hein?! Et Aujourd’hui, Tous ces petits merdeux qui se prennent pour des gangsters... Les choses évoluent Frankie... hum... C’est dans l’ordre des choses... dont la maturité et le succès constant justifient aujourd’hui une réédition en intégrale. mon éditeur, Pointe Noire, qui allait très mal. Je suis allé lui montrer mon livre. Il a pris le livre et m’a recontacté assez vite. Quand Pointe Noire a fermé ses portes, nous avons refait les couleurs et la couverture et puis la suite a vu le jour. Dès le début vous saviez qu’il y aurait 3 tomes ? Dès le départ ! Je ne me suis pas posé la question de savoir si j’irais au bout, mais je savais comment l’histoire devait se terminer. Pourquoi l’univers de la mafia japonaise ? Le cinéma asiatique débarquait, j’ai découvert Kitano, les yakusas… ça changeait des histoires de mafia occidentales. Aujourd’hui, comment regardez-vous cette histoire ? Bushido Intégrale Scénario & dessin > Michel Kœniguer Couleurs > Oscar Escamilla Parution le 17 avril 2013 Format 23.5 x 31.5 cm 160 pages couleurs · Couverture cartonnée ISBN 978-2-88890-554-7 Prix de vente 25 euros J’ai l’impression de m’être éloigné de ce graphisme. J’ai fait du chemin et je suis parti vers d’autres univers. L’édition en intégrale va regrouper ce travail, c’est une histoire complète dont je n’ai pas honte. Bien entendu, aujourd’hui je ferais cette histoire différemment, mais je ne regrette rien. Une intégrale de Bushido, en attendant la suite de Bombroad ? Je travaille sur le quatrième tome. Ce ne sera pas du tout une suite. On n’y verra pas les mêmes personnages, plus le même avion… D’autres seront au cœur de l’action. On va suivre le F-100 Super Sabre. Le récit se déroule plus tôt que le premier cycle, de 1967 à 1969, trois tours de services au cœur de l’Air Force et US Army. Vous êtes également scénariste, sur Eightball Hunter, avec Callixte au dessin. Que pouvez-vous nous dire du second volume prévu pour cette année ? Comment s’est passé la sélection des propositions du public à qui nous avions demandé de participer au scenario ? Ce second volume termine le récit, on y découvre donc le choix qu’ont fait les lecteurs qui ont participé au vote. Le truc assez amusant c’est que le résultat n’était pas celui auquel je m’attendais. Comme je n’avais rien préparé auparavant, ça n’a pas plus posé de difficultés que ça. On reste dans une ambiance de road-movie comme on en voyait à la TV dans les années 90. Ah Ouais?!? Figure-toi que j’emmerde l’ordre des choses... Il y a 10 ans, les Éditions Paquet publiaient la trilogie Bushido, du jeune Michel Kœniguer. Une œuvre de jeunesse, mais Bushido a connu une première publication en 2002 chez Pointe Noire. Comment revoyez-vous cette époque ? Comme ça, c’est dur de répondre. Cela me semble tellement loin. Une période pleine d’enthousiasme. Je faisais du travail intérimaire. Je dessinais depuis longtemps, j’ai eu assez tôt envie de faire de la bande dessinée. Mais il m’a fallu du temps pour me lancer. Bien sûr je suis allé à Angoulême montrer mon travail, quelques planches, des illustrations, mais pas de projet concret. Et puis j’y suis revenu et j’ai eu des contacts prometteurs. Comment s’est passée la rencontre avec Paquet ? En juin 2002, sur un festival, Pierre Paquet avait son stand juste derrière à côté d’eux, nous étions des seigneurs John… Nous aurons été les derniers seigneurs... plus tard... 26 Planche 24 usagi yojimbo | stan sakai 42 | Cmag#02 usagi yojimbo Usagi Yojimbo, le « lapin garde du corps », inspiré du personnage réel de Miyamoto Musashi – un samouraï légendaire – est une œuvre mettant en scène des animaux anthropomorphes créée par l’artiste américano-japonais Stan Sakai. La série, qui a débuté il y a plus de 25 ans, mélange intrigues courtes et histoires longues, et présente une foule de personnages secondaires. Elle prend place dans un japon féodal, dont les sources sont autant issues de recherches historiques très précises que du bestiaire fantastique japonais, ou encore du cinéma et de la pop culture… Le personnage d’Usagi Yojimbo naît en Californie en 1984 et bénéficiera de l’engouement pour les Teenage mutant ninja turtles (les Tortues ninja) qui permit la création d’autres comics en noir et blanc avec des personnages animaliers Usagi Yojimbo 25 tomes disponibles Histoire complète dans chaque tome Scénario & dessin > Stan Sakai Format 12.5 x 18.5 cm 160 à 240 pages noir et blanc Broché avec jaquette Prix de vente 6.00 euros anthropomorphes. L’histoire paraît en fascicules compilés en un volume tous les ans (comme il est d’usage pour les comics), bientôt suivie par plus de 10 adaptations en langues étrangères. Né au Japon, Stan Sakai a passé son enfance à Hawaii, où il bénéficie d’une double influence culturelle, et devient fan de BD de super héros, dont celles de de Stan Lee, Jack Kirby, Steve Ditko. Il part s’installer par la suite en Californie où il rencontrera celui qui deviendra son grand ami, le cartoonist de MAD, Sergio Aragones, dont il devient le lettreur sur la série Groo, et qui sera son mentor sur le processus de création de comics. Côté histoire, plantons le décor : Japon, fin du xvie siècle, nous sommes en une période instable de complots, d’assassinats par des ninjas, de guerres de pouvoir… Usagi, enfant, recevra une formation peu commune dans une montagne, loin des dojos, à porter des sceaux d’eau, couper du bois, et éviter des coups de bâton-surprise de son maître Katsuichi, un lion-ermite. Suite à un tournoi, il deviendra samouraï (« celui qui sert ») du clan Mifune qui sera par la suite annihilé lors d’une bataille stan sakai | usagi yojimbo entre clans rivaux… Survivant à la mort de son seigneur, il devient un rônin, un samouraï sans maître. N’ayant pas su saisir sa chance avec son amour de jeunesse, sans famille – du moins le croit-il – il est libre de parcourir le Japon pour affiner son art du sabre, toujours en suivant un code d’honneur et en gardant un cœur généreux. Ses pérégrinations l’amèneront à participer à de nombreuses aventures et à recroiser et régler des comptes avec ceux qui ont fait chuter son défunt seigneur. La série est dotée d’un nombre impressionnant de personnages secondaires tel Gennosuke, un rhinocéros chasseur de primes, inspiré du rôle de Toshiro Mifune dans Yojimbo d’Akira Kurosawa. « Gen », ami improbable avec lequel Usagi formera un tandem aux personnalités pour le moins contrastées ! Usagi célibataire rencontrera de nombreux personnages féminins : la samouraï Tomoe Ame avec qui il entretient une relation trouble qui culminera lors d’une cérémonie du thé ; une petite renarde, un brin voleuse, qui fait ce qu’il faut pour s’en sortir ; où encore une guerrière ninja chassée par son clan… La série alterne des histoires courtes avec des cycles plus longs, et dont on aura parfois la conclusion bien des volumes plus tard. Tout au long de la série, les histoires se mêlent et les personnages se croisent, créant une impression d’un univers extrêmement fort et compact, où la surprise de retrouver de vieux amis – ou de vieux ennemis – peut naître au détour de chaque page. Certaines histoires permettent de découvrir la manière de vivre de l’époque ou certains métiers : l’art de la ferronnerie, de la poterie, la création de cerf-volant, la vie paysanne, dans les quartiers de plaisir ou dans un monastère de montagne, ainsi que l’évolution sociale des samouraï sans emploi… La série sait changer de genre, passant par moments, au gré des personnages secondaires, dans le registre policier avec l’inspecteur Ishida, ou encore le fantastique, avec le chasseur de démons Sasuke, les yokai (monstres du bestiaire fantastique japonais) et le sinistre Jei-san qui semble immortel et dont la lame est aussi noire que son âme… Des clins d’œil au cinéma ou à d’autres œuvres parsèment la série : les 7 samouraïs d’Akira Kurosawa, Baby Cart de Kazuo Koike qui devient pour l’occasion Cmag#02 | 43 tu as brisé mon bâton de marche ! là, tu m’as mise en colère ! 37 « le bouc solitaire », le travail de Hiroshi Hirata, des crossovers avec les Tortues Ninjas. Stan Sakai sait retranscrire ses recherches minutieuses sur le Japon et traite de sujets historiques comme l’arrivée du christianisme ou de la poudre. L’un des moments phares de la série demeure le cycle Faucheuse d’herbe, qui se verra couronné d’un Eisner Award (meilleure histoire à suivre), équivalent des Oscars dans le milieu du 7ème art. Stan Sakai nous replonge dans le shintoïsme et la naissance mythologique du Japon, et nous narre l’histoire de la fameuse épée des dieux, la Faucheuse d’herbe, qui jouera un rôle central dans la série… Actuellement la série Usagi Yojimbo est en pause, Stan Sakai se consacrant à un projet le taraudant depuis des années : la fameuse histoire des 47 rônins. Il s’y fait assister de Mike Richardson pour l’histoire et de Kazuo Koike (le créateur de Lady Snowblood, œuvre qui a inspiré Quentin Tarantino pour Kill Bill) comme conseiller technique. Après cette histoire, Sakai confiait récemment retourner à Usagi, via une mini-série, sur un autre projet qui lui tient à cœur depuis longtemps, une insertion de la Guerre des mondes de H.G. Wells dans l’univers de Usagi Yojimbo… rider on the storm | Géro & baudouin deville album | auteurs 44 | Cmag#01 44 | Cmag#02 les news Cmag#02 | 45 printemps / été 2013: un programme alléchant Lincoln par Olivier, Jérôme & Anne-Claire Jouvray LE LIBRAIRE M’enfin ? ! est une belle librairie specialisée dans la bande dessinée, mais qui accueille également un beau rayon polar, SF et fantasy. Sur 180 m2, dans une belle rue pavée du centre de Rennes, tout près du Parlement de Bretagne, d’agréables rayonnages en bois proposent un panorama très complet de ce qui se fait en bande dessinée. L’occasion de rencontrer Double deux par Pascal Davoz & Daniel Gonzalez Librairie M’Enfin ? ! 13, rue Victor Hugo 35000 Rennes (France) Tél. : +33 2 99 38 07 83 Bernard Kervarec, maître ès-bande dessinée et libraire en chef. M’enfin ? ! a connu deux vies. Une dans les années 80, puis une nouvelle vie, et un lieu peut-être plus adapté au milieu des années 2000. Le premier magasin était situé non loin de l’actuel. Il était plus petit, mais c’était une autre époque. L’aventure a duré quelques années et puis la crise, déjà, m’a obligé à tirer le rideau. Après un parcours de représentant (dans un autre secteur que le livre), puis quelques années comme libraire chez Ty-Bull, toujours à Rennes, j’ai remonté une librairie quand Album a repris mon employeur. Comment voyez-vous la librairie aujourd’hui ? Le plus important aujourd’hui, c’est la professionnalisation. Il y avait 400 nouveautés en 1985, il y en aura plus de 5000 en 2012. Tout a changé, l’arrivée de l’informatique, le développement d’internet et une concurrence directe des sites de vente en ligne ; il faut être beaucoup plus rigoureux et réactif qu’avant. La clientèle a vieilli, mais elle est plus variée aussi. Chez les adultes, il y avait peu de femmes qui achetaient de la bande dessinée. C’est vrai que l’offre ne leur était pas adaptée. Aujourd’hui, nous proposons des livres pour tous les âges et pour tous. Et cela demande d’être très attentif à toutes les parutions. Que pensez-vous du catalogue Paquet ? Il s’est rapidement mis en place et bien structuré. Un beau catalogue, des collections fortes, reconnues par le public. Sur les 5 dernières années, Paquet a pris sa place au milieu des gros éditeurs. La concentration des éditeurs change la donne. Comment voyez-vous les “petits” éditeurs dans votre magasin ? Nous sommes des vendeurs de ce qui s’écoule plus difficilement dans les grandes enseignes. Paquet fait de belles ventes chez nous, même si on a de bons chiffres avec des grosses séries connues. Nous sommes assez représentatifs de la vente de bande dessinée en librairie spécialisée. Paquet correspond parfaitement à notre clientèle : Peu connu du grand public, mais avec des titres et des séries fortes. Comment doit être le catalogue d’un éditeur ? Le danger est le formatage. Mais nous sommes demandeur de collections bien identifiées. Il faut faire attention à ce qu’une collection ne devienne pas un fourre-tout, que l’on ne s’y reconnaisse plus. Il faut garder de l’exigence… Comment voyez-vous le Cmag ? C’est une très belle revue, indispensable pour bien communiquer avec la clientèle qui va s’en servir pour se tenir au courant. Les libraires, également. Il n’est pas rare que je vois revenir un client qui a pris des notes sur la revue. Et c’est un support très utile pour les bibliothèques également. Et cela met en avant tout le catalogue, ce qui est très pratique pour orienter le client vers de nouveaux titres. Après un début d’année sur les chapeaux de roue, les Éditions Paquet en remettent une couche sur la période de mai à août. Jugez plutôt… Les séries Des Fragments de l’oubli et Eightball Hunter verront leurs conclusions au mois de mai. En juin, on roule des mécaniques ! Une importante opération en librairie vous permettra de gagner de nombreux goodies autour de nos collections mécaniques : Calandre, Carénage et Cockpit. Bien évidemment, cette opération s’appuiera sur des nouveautés dans les 3 collections concernées, dont de nouvelles séries (Le Courrier de Casablanca – un Cockpit sur l’épopée de l’aéropostale ; Double deux – Carénage ; La Valse des félins – Calandre), des suites de séries (Zone Rouge – Calandre) et d’autres encore, dont certaines pourraient bien vous surprendre… L’été est traditionnellement une période plus calme, même si elle sera agitée par les trublions que sont les frères Jouvray (Lincoln tome 8) et David Ratte (Mamada tome 1, voir aussi son interview en pages 28 à 30). Zone rouge Le Courrier de Casablanca par Philippe Pinard & Olivier Dauger par Pascal Davoz & Richard Ortiz La Valse des félins par Fred Weytens & Skiav Mamada par David Ratte news 46 | Cmag#02 dans chaque numéro, un auteur vous livre un coup de cœur, un coup de gueule… Cmag#02 | 47 Carte blanche à… serge annequin Une nouvelle marque de modèles réduits fait son apparition, proposant de nombreuses mécaniques que vous avez peut-être, par ailleurs, pu admirer dans nos albums. Spécialisée dans la fabrication et l’import de miniatures, la marque DecoModel vous propose des dizaines de modèles de bolides, aussi bien roulant que volant et, bientôt, flottant. Tous leurs modèles sont en métal, pour une qualité et une résistance à toute épreuve. Ils sont de plus peints à la main avec le plus grand soin, ce qui leur confère ce côté chaleureux qui nous rappelle avec tendresse les maquettes que nous réalisions nous-mêmes dans notre enfance. > www.decomodel.com Doomboy le retour du guitariste Figurant parmi la sélection officielle du Festival d’Angoulême 2012, Doomboy, le dernier opus de Tony Sandoval, nous présentait un adolescent guitariste, bagarreur et amoureux. Dans un format à l’italienne qui respectait la taille des originaux de l’auteur, cet album de quelques 130 pages a su s’imposer tant auprès du public que de la presse par sa puissance graphique et narrative. Fleuron de la collection Calamar – dirigée, rappelons-le, par l’auteur himself, Doomboy revient auourd’hui dans un format à la française, les pages ayant été montées deux par deux. Une couverture et quelques pages inédites, ainsi qu’une galerie d’hommages au personnage éponyme par d’autres auteurs viennent compléter cette nouvelle édition. Doomboy Histoire complète Scénario & dessin > Tony Sandoval Format 22 x 28 cm 80 pages couleurs · Couverture cartonnée ISBN 978-2-88890-562-2 Prix de vente 13.50 euros 41 retrouvez toutes les news sur www.paquet.li Coup de cœur pour une scène de film : la scène du parc de Blow Up, de Michelangelo Antonioni, dans une très libre adaptation… Londres, dans les années 1960. Thomas, un photographe de mode, passe un matin dans Maryon Park. L’endroit est presque désert, sauf un couple qui s’embrasse. Il les photographie de loin. La jeune femme s’en aperçoit et tente vainement de récupérer les négatifs… Blow Up a obtenu la palme d’Or à Cannes en 1967. mars 2013 fevRIER 2013 janVIER 2013 planning des sorties Une Aventure de Jacques Gipar T4: La Femme du notaire T. Dubois & J.L. Delvaux EAN 9782888905295 Gung Ho Grand Format T1.1: Brebis galeuses B. Von Eckartsberg & T. Von Kummant L’Exode selon Yona T4/4: Transhumance D. Ratte Des Fragments de l’oubli T2/3: Jean-Pierre S. Annequin Raoul Scopitone T1: Du rififi chez les yéyés P. Pinard & J. Lebrun Dog Fights T3/3: Hallali R. Hautière & Fraco Usagi Yojimbo Tome 25 S. Sakai Bushido Intégrale M. Kœniguer L’Épée d’Ardenois T1/4: Garen E. Willem EAN 9782888905035 avril 2013 EAN 9782888904823 EAN 9782888905547 EAN 9782888905288 EAN 9782888903536 EAN 9782888904892 Doomboy One-shot T. Sandoval EAN 9782888905622 EAN 9782888904588 EAN 9782888903260 Cmag#02 · ISBN 978-2-88890-561-5 · Magazine gratuit · ne peut être vendu