A quoi sert le traitement
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A quoi sert le traitement
APLCP Association Pour la Lutte Contre le Psoriasis Psoriasis : quel traitement pour faire peau neuve ? C O L L E C T I O N aPSOLu n° 3 info ou intox ? Aucun traitement n'élimine totalement le psoriasis : INFO L'aloé vera guérit le pso : INTOX ! Les traitements ont fait des progrès ces dernières années : INFO Ne pas manger de viande rouge et ne pas boire de lait améliore le pso : INTOX ! La rémission, c'est possible : INFO Il n'y a que des crèmes pour traiter le psoriasis : INTOX ! Trop de séances de puvathérapie peuvent provoquer une intolérance au soleil : INFO Les cures thermales sont un traitement à part entière du psoriasis : INFO Les biothérapies provoquent toujours des effets secondaires importants : INTOX ! Il n'y a pas un psoriasis, mais différentes formes de psoriasis. Certains d'entre nous ont un psoriasis limité à certains endroits du corps. D'autres souffrent d'un psoriasis sévère et très étendu, d'autres encore sont touchés par le rhumatisme psoriasique. Aujourd'hui, il n'existe pas encore de médicament qui guérisse le psoriasis. Mais plusieurs traitements visent à minimiser l'impact de la maladie sur notre quotidien : crèmes ou pommades à application locale, comprimés ou injections pour les formes plus sévères. L'important, pour chacun d'entre nous, est de trouver le traitement qui convient, en fonction de la gravité de notre psoriasis, mais aussi de notre mode de vie et de nos contraintes. Cela prend parfois du temps. Cette brochure a pour but de vous aider dans cette recherche, en faisant l'inventaire des traitements existants, et en vous faisant partager notre expérience avec ces traitements. A quoi sert le traitement ? Le psoriasis est dû à un défaut de notre système immunitaire, qui « attaque » les cellules de la peau. Notre peau se renouvelle trop vite, et les peaux mortes (les squames) s'accumulent sous forme de plaques rouges très irritantes. Comme la médecine ne sait pas encore remédier définitivement à l'origine de ce dysfonctionnement, l'objectif actuel des traitements est la diminution (et, dans certains cas, la disparition totale) des plaques, ce qui a pour effet d'atténuer ou de supprimer les démangeaisons et la desquamation. Pour l'instant, on parle de rémission, pas de guérison. Le but est d'obtenir la rémission la plus longue, c'est-à-dire de se débarrasser le plus longtemps possible du psoriasis. Un traitement adapté et bien suivi permet ainsi à cer tains d'entre nous de vivre depuis des années sans psoriasis ! Nous devons donc nous prendre en charge pour vivre le plus longtemps possible sans pso. Certains traitements sont destinés à la phase d'attaque : ils visent à réduire et éliminer les plaques existantes. D'autres traitements, prescrits sur une plus longue durée (c'est la phase « d'entretien »), permettent d'empêcher l'apparition de nouvelles plaques. « Dès qu'une petite plaque apparaît sur ma peau, j'applique mon traitement habituel, pour éviter que cela ne s'étende. Hors de question de regarder une plaque grossir sans rien faire ! Jusqu'à présent, avec cette méthode, j'ai réussi à limiter l'apparition des plaques. » David, 38 ans « Cela fait désormais vingt ans que je n'ai pas eu de plaques de pso, mais j'ai toujours peur que ça revienne. Je ne me considère pas comme guérie. C'est pourquoi je suis toujours attentive à ma peau. Evelyne, 57 ans 2-3 » Comment négocier le bon traitement avec mon médecin ? Le traitement qui vous convient n'est pas forcément le même que celui d'un autre malade atteint d'une forme similaire de psoriasis. En fait, le choix d'un traitement doit se faire selon plusieurs critères : • L'étendue de votre psoriasis et sa localisation • L'impact du psoriasis sur votre vie sociale, familiale, professionnelle • Le temps nécessaire à l'application du traitement (surtout local) en tenant compte de votre rythme de vie • L'efficacité espérée du traitement, mise en balance avec les éventuels effets secondaires : c'est la fameuse notion de « bénéfice-risque » dont parlent les médecins. Il est important de bien s'informer : • Renseignez vous auprès d'associations ou d'autres malades • Questionnez votre médecin sur les traitements disponibles et les différentes options adaptées à votre cas • Avant une consultation, listez vos interrogations afin d'obtenir des réponses précises. Pro de mon pso! Il est préférable de voir régulièrement un dermatologue, souvent mieux informé des dernières avancées au niveau des traitements. Néanmoins, le lien avec votre généraliste est important : il vous connaît bien, il doit savoir où vous en êtes et il peut aussi renouveler les traitements prescrits par le dermatologue. « Je vivais mal avec mon psoriasis, et je pensais à un traitement général, mais j'avais peur des effets secondaires. J'ai rencontré d'autres malades, ce qui m'a permis de constater que j'avais finalement un psoriasis léger. Du coup, je l'accepte mieux et les traitements locaux me suffisent. Pierre, 42 ans » Dois-je hydrater ma peau tous les jours ? Les médecins ne pensent pas toujours à nous recommander d'hydrater notre peau. C'est dommage, car c'est très important ! Quelles que soient la forme et la sévérité de notre psoriasis, l'hydratation quotidienne est indispensable : elle a un effet préventif, mais elle permet aussi de diminuer de 50 % le renouvellement des cellules de la peau d'une plaque de psoriasis. De plus, l'hydratation atténue les démangeaisons. Bien hydrater notre peau entraîne donc une amélioration notable du psoriasis. Même si vous avez du psoriasis seulement à certains endroits, il est essentiel d'hydrater tout votre corps. Comment choisir la bonne crème ? Hormis quelques règles à respecter (la crème hydratante doit être hypoallergénique, sans parfum et sans conservateur), c'est ensuite une question de goût et de budget : la texture, l'odeur et le prix sont des critères à prendre en compte. Dexéryl est la seule crème hydratante remboursée par la Sécurité sociale, si elle est prescrite par votre médecin. Mais des préparations réalisées par un pharmacien peuvent également être prises en charge. Les pommades et crèmes à base de cérat (Cérat de Galien, Cérat cosmétique de la Roche Posay) sont souvent recommandées par les dermatologues. Il existe aussi des gammes de soins qui se disent spécialisées dans le traitement du psoriasis : ce sont généralement de bons produits, mais onéreux. Certains d'entre nous préfèrent des crèmes basiques et peu chères : pommades grasses type Nivéa, ou vaseline. À chacun de trouver le produit qui lui convient le mieux ! Pro de mon pso! Il n'est pas nécessaire d'acheter votre crème hydratante en pharmacie. Certains produits vendus en grande surface sont de bonne qualité. En cas de budget serré, vous pouvez choisir un conditionnement plus économique, grand modèle, en 500 ml (avec pressoir, c'est plus pratique) ! Surtout, hydratez votre peau matin et soir, et même au cours de la journée si vous le pouvez. 4-5 « J'ai eu du pso très jeune et j'en ai beaucoup souffert. Aujourd'hui, mon pso a presque disparu, mais j'ai gardé le réflexe d'hydrater ma peau chaque jour. Pour moi, c'est de la prévention, et en plus ça rend ma peau plus douce ! J'ai toujours trois tubes de crème d'avance, et j'en emporte même quand je pars en voyage. » Marlène, 35 ans « J'ai du pso sur le cuir chevelu, et j'ai trouvé un truc qui marche bien. Le soir, j'enduis ma tête de vaseline et je dors avec, en protégeant mon oreiller. Au début, ce n'était pas évident dans mon couple, mais maintenant c'est devenu un sujet de plaisanterie. Je fais rire mon mari, qui m'appelle « Ma petite charlotte » ! Le matin, je fais un shampoing, et mon cuir chevelu est bien hydraté. Pauline, 52 ans » Quelles sont les crèmes et pommades qui permettent de traiter les plaques de psoriasis ? En complément de l'hydratation, votre médecin vous prescrira des traitements locaux qui agissent directement sur les plaques de pso : ils sont efficaces et atténuent notablement les conséquences du psoriasis, en particulier les démangeaisons, mais ils ne sont pas dénués d'effets secondaires. Ces traitements locaux (d'attaque) durent quelques semaines à quelques mois. Un anti-histaminique peut être prescrit en complément pour calmer les démangeaisons. Pro de mon pso! Appliquez toujours une crème hydratante avant votre traitement local : cela améliore l'efficacité du traitement. Certains traitements locaux, comme les corticoïdes, doivent être appliqués uniquement sur les plaques, en essayant de ne pas déborder autour. Respectez le nombre d'applications conseillées par votre médecin, mais en général, une fois par jour suffit. 6-7 Il existe plusieurs catégories de traitements locaux. • Les dermocorticoïdes (pommades ou crèmes à base de cortisone) permettent d'atténuer fortement les plaques de pso (blanchiment). Leur action est rapide et visible, mais ils ont plusieurs inconvénients : ils fragilisent la peau, qui devient plus fine ; leur efficacité diminue au fil du temps (l'organisme « s'habitue » au produit) ; et surtout, à l'arrêt du traitement, la récidive est importante (on appelle cela « l'effet rebond »). De plus, ils ne doivent pas être appliqués sur une grande surface de peau. L'usage des corticoïdes est limité dans le temps : on diminue les applications progressivement. • Les dérivés de la vitamine D ont un délai d'action plus long (deux à trois semaines) et ils ont moins d'effets secondaires. Ils peuvent provoquer une irritation et des sensations de brûlures lors des premières applications. On les utilise jusqu'au blanchiment des plaques, puis on arrête le traitement. Ces traitements ne conviennent cependant pas à tous les malades : chez certaines personnes, ils entraînent des effets secondaires très forts, et le traitement doit alors être suspendu. • Il existe un médicament qui contient à la fois un corticoïde et des dérivés de la vitamine D. • Les rétinoïdes agissent encore plus lentement (trois à six semaines), mais le bénéfice dure souvent plus longtemps après l'arrêt du traitement. Un seul médicament de ce type est disponible en application locale, sous forme de gel. Il a un effet « décapant », donc il peut provoquer des irritations. Il faut débuter progressivement le traitement (une fois par semaine au début), mettre peu de produit (une goutte suffit) et ne pas masser. • Des crèmes à base d'acide salicylique peuvent également être utilisées, associées avec un corticoïde (certains médicaments contiennent les deux produits) : elles ont aussi un effet décapant. Pro de mon pso! Le médecin peut prescrire une préparation qui sera réalisée en pharmacie et qui peut mélanger plusieurs types de produits. Il n'y a pas une crème “anti-pso” qui convienne à tout le monde : nous tâtonnons souvent au départ, et nous devons apprendre à connaître les réactions de notre peau avant de trouver le traitement qui nous correspond le mieux. Il est utile d'avoir un tube d'avance chez soi : on l'utilise selon nos besoins, en s'arrêtant quand les plaques sont blanchies. Pour le cuir chevelu, des corticoïdes et des dérivés de la vitamine D sont disponibles en lotion ou en gel. L'application se fait à l'aide d'un embout. « Après une fracture, j'ai eu un plâtre pendant plusieurs semaines : impossible de mettre une crème, et les démangeaisons étaient terribles. Alors j'ai utilisé une aiguille à tricoter pour me gratter sous le plâtre, et j'ai pris un antiallergique par voie orale, pour atténuer les démangeaisons. » Eléonore, 46 ans « L'application de crèmes est une contrainte journalière, surtout lorsque je dois faire des déplacements professionnels. Mais quel soulagement quand je constate au bout de quelques jours que les plaques régressent ! Yvon, 35 ans 8-9 » Que faire quand les traitements locaux ne suffisent pas ? La photothérapie et la puvathérapie Les rayons du soleil améliorent le psoriasis chez 9 malades sur 10. On a donc cherché à reproduire, par un traitement adapté, les bienfaits du rayonnement solaire. • La puvathérapie est utilisée depuis plusieurs dizaines d'années dans le traitement du psoriasis. Elle associe une exposition au rayonnement UVA et la prise de substances photosensibilisantes environ deux heures avant l'exposition. En général, une amélioration très significative des lésions apparaît au bout de deux mois, avec deux à quatre séances par semaine. Mais ce traitement présente de nombreuses contre-indications, peut induire des effets secondaires (problèmes digestifs, allergies, douleurs cutanées) et, à long terme, un risque accru de cancer de la peau. Pour cette raison, la dose totale de 1000 joules/cm2, soit 200 séances dans toute une vie, ne doit jamais être dépassée. La puvathérapie ne doit pas être prescrite sur une longue période. • La photothérapie utilise les UVB, qui correspondent au spectre du coup de soleil. Pour limiter les risques de cancer cutané, les dermatologues préfèrent opter pour une nouvelle technique, la photothérapie à spectre étroit, également appelée UVB-thérapie sélective. La durée du traitement est d'un mois et demi à deux mois, à raison de 2 à 3 séances par semaine, et le blanchiment est souvent obtenu au bout de 4 à 6 semaines. La puvathérapie et la photothérapie sont la plupart du temps très efficaces, et en plus nous avons bonne mine ! Le temps passé en cabine est court : de 1 à 3 minutes, maximum 7 minutes. La puvathérapie et la photothérapie sont des traitements, qui doivent être prescrits par un dermatologue et administrés par un médecin. Les séances sont d'ailleurs prises en charge par la Sécurité sociale. La rémission peut durer plusieurs mois après l'arrêt du traitement : elle est souvent plus longue qu'avec les traitements locaux. Mais certaines personnes peuvent ensuite développer une intolérance au soleil. La peau peut également s'épaissir ou, au contraire, devenir fine comme du papier à cigarettes. Il faut donc profiter de ces possibilités de traitement, mais savoir les utiliser avec précaution. Pro de mon pso! En raison des risques de cancer cutané, n'utilisez jamais une lampe à bronzer personnelle, ou les salons de bronzage. Nous avons tous un capital soleil, et il ne faut pas dépasser un certain temps d'exposition, calculé en joules. Si vous avez passé beaucoup de temps au soleil dans votre jeunesse, vous devez le signaler à votre médecin pour qu'il le prenne en compte. Gérez vous-même votre nombre de séances : l'association APLCP édite un « passeport pour la puvathérapie », qui permet de noter l'ensemble des séances reçues et de calculer le cumul de son exposition aux UV. Pendant la durée du traitement, entre les séances, protégez vous du soleil en mettant une crème écran total. Hydratez copieusement votre peau après chaque séance. « J'ai fait de la puvathérapie pendant trois semaines et ça ne m'a pas été bénéfique, au contraire ! Cela m'a provoqué des brûlures superficielles, dont j'ai encore la trace sur les épaules et les bras. Pourtant, les séances ne duraient que 7 minutes ! Célia, 65 ans » Les traitements par voie orale ou par injection Il existe plusieurs catégories de traitements dits « systémiques », c'est-à-dire qui ont une action générale et non pas locale : ils visent à bloquer le mécanisme biologique qui provoque l'inflammation au niveau de la peau, donc les plaques de psoriasis. Ils sont indiqués pour les psoriasis cutanés modérés à sévères, mais les médecins les prescrivent encore relativement peu parce qu'ils les connaissent mal. • Les rétinoïdes oraux sont des dérivés de la vitamine A. Ils sont plus efficaces sur le psoriasis pustuleux ou érythrodermique que sur le psoriasis en plaques. Ils sont souvent associés avec la puvathérapie, pour augmenter leur efficacité. Il faut généralement huit semaines de traitement avant de constater l'action du médicament. Ces traitements peuvent entraîner une sécheresse de la bouche, une inflammation et une sécheresse des yeux et une hausse du cholestérol. 10-11 • La ciclosporine est un traitement par voie orale. Son effet s'observe généralement au bout de quatre semaines de traitement. Très efficace, la ciclosporine a néanmoins de nombreux effets indésirables : fatigue, nausées, maux de tête, mais aussi hypertension et altération de la fonction du foie et des reins. La ciclosporine induit aussi des interactions avec de nombreux autres médicaments (antibiotiques, anti-inflammatoires, corticoïdes) : il faut donc être vigilant, et bien communiquer les traitements que vous prenez à tous les médecins qui vous suivent. • Le méthotrexate est un traitement au long cours réservé au psoriasis modéré à sévère et au rhumatisme psoriasique. Au début du traitement, les doses sont progressivement augmentées par palier, avant de parvenir à la dose optimale, qui peut être prise plusieurs années. Les nausées sont fréquentes avec le méthotrexate, qui peut aussi avoir un effet toxique sur le foie. Des bilans hépatiques doivent donc être effectués pendant toute la durée du traitement. • Les biothérapies sont les traitements les plus récents du psoriasis modéré à sévère. Il s'agit d'une nouvelle classe de médicaments, synthétisés à partir de protéines humaines ou animales, par des techniques de génie génétique. Ils sont administrés par injection ou perfusion. Ces traitements n'ont pas les effets toxiques des autres médicaments par voie orale, et ils entraînent peu de risques d'interactions médicamenteuses. En revanche, ils exposent le malade en traitement à des risques accrus d'infection : il faut donc être vigilant si l'on se blesse ou si l'on est en contact avec des personnes atteintes de maladies contagieuses. Une surveillance et des prises de sang régulières sont nécessaires. Pro de mon pso! Certains de ces traitements sont déconseillés aux personnes (femmes et hommes) souhaitant un enfant, car ils peuvent provoquer de graves malformations du fœtus. De plus, ils persistent dans l'organisme plusieurs semaines, voire plusieurs mois après leur utilisation. Une contraception efficace doit impérativement être adoptée un mois avant le début du traitement, durant tout le traitement, et pendant une durée variable après l'arrêt du traitement. Certains de ces traitements peuvent aussi entraîner une infertilité passagère chez l'homme. Si vous avez envie de mettre en route un bébé prochainement et que votre médecin vous propose un traitement général pour votre psoriasis, évoquez d'emblée votre désir d'enfant, pour trouver avec lui la meilleure solution thérapeutique. « Mon médecin m'a prescrit il y a dix ans du méthotrexate en injection, une fois par semaine, pendant un an et demi. Le résultat a été extraordinaire : mon pso a complètement disparu, et je ne ressentais aucun effet secondaire. Il y a trois ans, j'ai recommencé le même traitement, mais j'étais plus réticente, et je suis devenue très attentive aux effets secondaires. Du coup, je mettais la moindre manifestation sur le compte de mon traitement. J'ai fini par l’arrêter, mais mon pso est réapparu. » Suzie, 71 ans « Mon médecin m'a prescrit récemment un rétinoïde, mais je ne l'ai pas supporté : j'ai eu des nausées, des vomissements, des maux de tête. J'ai arrêté immédiatement, comme c'était indiqué sur la notice. J'en parlerai à mon médecin à la prochaine consultation, j'espère qu'il pourra me prescrire un autre traitement. Loïc, 23 ans 12-13 » « À une conférence sur le psoriasis, j'ai entendu parler des biothérapies, que je ne connaissais pas. J'ai pris rendez-vous à l'hôpital et le médecin m'a prescrit ce traitement. Ça m'a vraiment changé la vie : plus de douleurs aux articulations, presque plus de psoriasis, et cela dès les premiers jours de traitement ! J'avais du psoriasis depuis 50 ans, la maladie devenait de plus en plus invalidante. Je souhaite que beaucoup de malades aient la même chance que moi avec ce médicament. Gisèle, 64 ans » Tous les malades peuvent-ils prendre un traitement par voie orale ou par injection ? Ces traitements sont réservés aux malades ayant un psoriasis modéré à sévère. Des experts européens ont défini des critères pour évaluer la gravité du psoriasis : la surface corporelle atteinte, les caractéristiques des plaques, mais aussi l'impact du psoriasis sur la qualité de vie. En effet, l'étendue du psoriasis n'est pas la seule donnée à prendre en compte : cela dépend aussi de la localisation du psoriasis et de la douleur, physique ou psychologique, ressentie par le malade. Pour bénéficier d'une biothérapie, le malade doit déjà avoir reçu un autre traitement par voie générale sans résultat probant, ou présenter une contreindication à un autre traitement par voie générale (puvathérapie, méthotrexate, ciclosporine). Pro de mon pso! Si vous souhaitez un avis plus spécialisé sur ces médicaments, il existe, dans tous les centres hospitaliers, des médecins qui ont l'habitude de ces traitements, car ils les prescrivent plus fréquemment. Vous pouvez prendre rendez-vous pour une consultation externe. Que penser des traitements complémentaires ? Les cures thermales ont-elles un intérêt pour le psoriasis ? Il est intéressant de faire une cure thermale assez rapidement après le diagnostic de psoriasis : cela aide à prendre en charge la maladie car sur place, l'équipe thérapeutique donne des conseils utiles d'hygiène de vie. Pour les enfants atteints de psoriasis, cela permet aussi aux parents d'être moins anxieux. La majorité des dermatologues sont réticents à prescrire une cure thermale, car ils estiment que ce n'est pas efficace. Pourtant, au-delà des soins d'hydrothérapie, qui soulagent les démangeaisons et atténuent les plaques, la cure thermale est aussi un moment privilégié où l'on prend soin de soi, où les sources de stress sont éloignées, où l'on se sent « zen ». Beaucoup de personnes atteintes en retirent un réel mieux-être et une amélioration de leur psoriasis. Il est conseillé de faire une cure de trois semaines chaque année pendant trois ans. En France, une dizaine de stations thermales sont spécialisées dans le traitement du psoriasis. Chacune a une eau particulière, donc chaque cure a ses avantages. Pro de mon pso! Une cure thermale peut être prise en charge par la Sécurité sociale si elle est effectuée sur prescription médicale. Il faut impérativement choisir un établissement agréé par l'Assurance maladie, et dont l'orientation thérapeutique est le psoriasis. La cure doit durer trois semaines. En 2007, les honoraires médicaux et le forfait thermal sont remboursés à 65 ou 70 %. Pour le reste des frais (transport, hébergement), la prise en charge est calculée en fonction des ressources du malade. Certaines mutuelles versent un complément : renseignez-vous. 14-15 Les cures à la Mer Morte sont réputées auprès des personnes atteintes de psoriasis. Les caractéristiques particulières de l'eau, l'ensoleillement, les enveloppements de boue, le dépaysement et la relaxation semblent être très bénéfiques chez les malades ayant tenté l'expérience. Inconvénient de taille : aucun remboursement n'est envisageable. Pro de mon pso! Vous pouvez contacter l'APLCP, qui propose parfois des séjours groupés vers des destinations thermales. « Je me suis offert le luxe d'une cure sur la Mer Morte : soins du cuir chevelu, bains d'eau salée à volonté, douches pour se « dessaler » ensuite. Très tôt le matin, je m'allongeais 15 minutes au soleil sur la terrasse. Le bien-être, évident, s'est prolongé après mon retour. » Barbara, 53 ans « Quand j'étais ado, mon père a lourdement insisté pour que mon médecin me prescrive une cure thermale. Je ne voulais pas trop y aller, et pourtant ça m'a beaucoup aidé pour prendre en charge ma maladie. Jules, 27 ans » Peut-on utiliser des traitements « naturels » ? Certains produits naturels peuvent en effet nous faire du bien, mais ne confondons pas : il ne s'agit en aucun cas de traitements, mais de compléments. • Si l'on se lave avec du savon d'alep (huile d'olive et laurier), cela permet la désquamation des plaques. • Les savons et les masques de boue de la Mer morte sont en vente dans des boutiques spécialisées et dans les parapharmacies de certaines grandes surfaces. • Certaines plantes (pensée sauvage, violette des champs, presle) en cataplasme, en gélules ou en infusions améliorent l'aspect de la peau, pour les psoriasis peu étendus. Comment repérer et éviter les charlatans et les vendeurs de remèdes « miracle » ? Nous devons être très vigilants, car les charlatans utilisent des discours pseudo-scientifiques, et jouent souvent sur la peur liée aux effets secondaires des traitements médicaux habituels. Ils promettent généralement des résultats rapides, et surtout la guérison ! N'oubliez pas que cet argument ne repose sur aucun fondement : actuellement, aucun traitement ne guérit définitivement du psoriasis. Pourtant, tous les six mois, nous entendons parler d'un soi-disant produit miracle. La liste est déjà longue : gélules à base d'huile de poisson, lait de jument, aloé vera (qui a simplement une action hydratante, rien de plus), magnétiseurs, bracelets magiques… Sachez prendre vos distances. Si vous avez des doutes, parlez-en à votre médecin, demandez-lui son avis, ou contactez une association pour en savoir davantage. Ne vous laissez pas tenter sans vous renseigner auparavant. Les dangers sont nombreux : vous risquez de perdre beaucoup d'argent pour rien, d'arrêter le traitement que le médecin vous a prescrit et de voir votre psoriasis repartir de plus belle. Sans parler du choc psychologique que nous subissons lorsque nous constatons que, bien sûr, ça ne marche pas. 16-17 « Il y a 15 ans, une dame que je connais m'a présenté un magnétiseur, en me certifiant qu'il avait un « don » pour traiter des maladies comme le psoriasis. Ce monsieur m'a fait payer un forfait de 100 euros pour plusieurs séances, et il m'a appliqué une crème soi-disant miraculeuse. Au bout de quelques séances, je me suis aperçue que c'était du saindoux ! Lorsque je lui ai dit de ne pas revenir, il m'a répondu que nous étions pourtant sur le chemin de la guérison ! Linette, 47 ans » Comment faire pour être régulier dans la prise de mon traitement ? Chercher à mieux comprendre sa maladie permet de devenir acteur de sa prise en charge et de son traitement. Tout d'abord, nous devons trouver le traitement qui nous convient le mieux en étant à l'écoute de notre corps et de ses réactions. Pour dépasser la contrainte de l'hydratation quotidienne, il faut essayer de l'assimiler à un geste beauté, en faire un instant de bien-être, un moment privilégié où l'on s'occupe de soi. Les traitements locaux doivent devenir un automatisme, comme se laver ou se brosser les dents : à nous de transformer une obligation supplémentaire en habitude, pour le faire naturellement, sans même y penser. Dans les moments de ras-le-bol, il faut se focaliser sur les résultats, et ne pas oublier que l'efficacité des traitements est plus grande s'ils sont appliqués chaque jour. Si nous ne respectons pas cette régularité, les plaques et les squames réapparaissent rapidement. Enfin, ne pas hésiter à demander l’aide d’un proche, en particulier pour les endroits inaccessibles (dos), et parler à d'autres malades permet de partager un peu nos difficultés. 18-19 « Ma dermatologue est merveilleuse. Malgré sa nombreuse clientèle, elle prend le temps de dialoguer, de me parler de mon état bien sûr, mais aussi de ma vie personnelle et familiale. Cela me fait du bien et m'aide à persévérer dans mes traitements. » Chantal, 32 ans « Il y a beaucoup de recherches dont on entend parler lors des congrès sur la maladie. J'ai de la gratitude pour les médecins et les chercheurs : la somme de travail qu'ils fournissent va parvenir, petit à petit, à donner des résultats pour beaucoup de psoriasiques. L'espoir est là. Bernard, 50 ans » A.P.L.C.P A s s o c i a t i o n Po u r l a L u t t e C o n t r e l e P s o r i a s i s Créée en 1983 à l’initiative d’un groupe de personnes atteintes de psoriasis, l’APLCP, association reconnue d’utilité publique, regroupe actuellement plus de 15 000 membres. L’APLCP compte 15 comités régionaux et organise chaque année, partout en France, 25 conférences, animées par un médecin, destinées au grand public et aux personnes souffrant de psoriasis. L’association a également mis en place, dans certaines régions, des groupes de parole animés par un psychiatre ou un psychologue, qui permettent aux personnes atteintes de psoriasis de sortir de leur isolement et de partager leur expérience. L’APLCP publie 4 fois par an sa revue « PSO », qui fait le point sur la recherche et les traitements, et édite des livrets d’information. Un congrès national, destiné aux membres de l’association et à leur famille, est organisé tous les deux ans, avec le concours de professeurs en dermatologie. L’APLCP a participé à l’élaboration d’un carnet de suivi patient, qui permet au malade et à son médecin de savoir quelles thérapies donnent les meilleurs résultats, avec le moins d’effets secondaires possibles. En partenariat avec l’industrie pharmaceutique, l’association organise tous les 29 octobre la Journée Mondiale du Psoriasis, pour contribuer à une meilleure connaissance de cette maladie par les patients eux-mêmes et par le grand public. Enfin, l’APLCP a initié un projet de sensibilisation des étudiants en médecine à la difficulté de vivre avec une maladie chronique. Cette formation a conquis de nombreuses universités en médecine dont Paris, Nantes, Brest, Lilles, Tours, Besançon, Bordeaux, Marseille et d'autres... L'APLCP a également initié l'école du psoriasis, programme d'éducation thérapeutique pour une meilleure prise en charge du patient et participe au programme “apprivoiser” qui a pour vocation de mieux répondre aux attentes des patients atteints de rhumatisme psoriasique grâce à une prise en charge personnalisée du patient. N’hésitez pas à nous contacter pour de plus amples renseignements et rejoignez-nous. Plus nous serons nombreux, plus nous obtiendrons une meilleure prise en charge du psoriasis. BULLETIN D’ADHÉSION Nom :.............................................................................................................. Prénom : ......................................................................................................... Date de naissance : ........................................................................................ Adresse : ........................................................................................................ ...................................................................................................................... Téléphone : ..................................................................................................... E-mail : ........................................................................................................... Profession :..................................................................................................... Depuis combien de temps avez-vous du psoriasis ? .......................................... ...................................................................................................................... Adhésion sans abonnement à la revue Pso : ❏ 10 euros Adhésion avec abonnement à la revue Pso : ❏ 40 euros • chômeurs ou handicapés : ❏ 17 euros • moins de 18 ans et étudiants : ❏ 25 euros • plus de 65 ans : ❏ 32 euros (sur pièces justificatives). Plus nous serons solidaires, plus notre voix sera entendue. Alors n’attendez plus et devenez adhérent et/ou membre bienfaiteur de l’APLCP pour soutenir ses actions visant à améliorer la vie des patients. Les données de notre fichier restent à l’usage exclusif de l’association et ne peuvent en aucun cas être vendues, louées, cédées ou échangées. Le saviez-vous ? Vous pouvez déduire 66 % de votre don dans la limite de 20% de vos revenus imposables. Ainsi, pour un don de 100 euros, vous ne payez effectivement que 34 euros R E N S E I G N E M E N T S P R AT I Q U E S Siège social : APLCP Hôpital St-Louis Pavillon Bazin 1, avenue Claude Vellefaux 75010 Paris e-mail : [email protected] Permanences téléphoniques : du lundi au vendredi de 9h à 19h Tél. : 01 34 42 09 01 Ensemble, changeons le regard que la société porte sur nous ! La collection de brochures APSOLU a été créée par des personnes directement concernées par le psoriasis. Notre objectif est d’expliquer et de partager nos expériences de vie avec le psoriasis aux personnes malades et à leurs proches. APSOLU illustre l’absolue nécessité de s’impliquer pour arriver à dépasser ou à contenir les difficultés engendrées par la maladie. Nous remercions particulièrement le comité de rédaction composé de membres de l’association, les personnes malades qui ont accepté d’apporter leurs témoignages et le Pr Humbert du Service de dermatologie du CHU de Besançon pour sa relecture et validation scientifique. Rédaction : Marianne Bernède Illustration : Jérôme Cloup Conception et réalisation graphique : Christian Scheibling La collection de brochure APSOLU a été réalisée grâce au soutien financier de SCHERING-PLOUGH en toute indépendance éditoriale. Brochures actuellement disponibles auprès de l’association : APSOLU n°1 : Vivre avec un psoriasis : quel quotidien ? Quel avenir ? APSOLU n°2 : Mal à la peau, mal dans ma peau (douleur physique et psychologique) APSOLU n°3 : Psoriasis : quel traitement pour faire peau neuve ? APSOLU n°4 : Psoriasis : quand les articulations s’en mêlent (le rhumatisme psoriasique) La collection de brochures APSOLU a reçu le prix information du patient du 18ème festival de la communication de Deauville en mai 2007 APLCP • Hôpital St Louis • Pavillon Bazin 1, avenue Claude Vellefaux • 75010 Paris Tél : 01 34 42 09 01 • email : [email protected] • Site internet : www.aplcp.org
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