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Entretien exclusif avec MGR SCHNEIDER sur Amoris laetitia du pape François P8 SAMEDI 30 AVRIL 2016 - N° 8599 - 2,50 €www.present.fr Belgique•Luxembourg•Italie : 2.70 € - Suisse : 3 CHF - Canada : 3.5 $ can - Dom avion : 2.60 € - Tom avion : 850 CFP Interview de Nicolas Bay Un 1er mai avec Jeanne Le spectacle des intermittents Q UAND LE CHÔMAGE augmente, que le déficit de l’Unedic se creuse davantage et que des économies sont nécessaires une fois de plus, on demande aux intermittents du spectacle qu’ils y contribuent eux aussi. Aussitôt, artistes et autres cultureux ne sont qu’un cri : « C’est la culture qu’on assassine ! », voire Mozart. Ils se lancent alors dans l’action, des commandos d’agitateurs occupent théâtres et salles de spectacle. Pour qu’ils puissent continuer à être royalement indemnisés, ils empêchent leurs collègues de se produire et interdisent l’accès des salles aux spectateurs dont ils sont supposés vivre. Triste spectacle des intermittents ! Le gouvernement exhorte les partenaires sociaux à céder. Qu’il soit de droite ou de gauche, le pouvoir vit dans la terreur d’être accusé d’empêcher la transhumance estivale des bobos vers Avignon et autres festivals branchés qui pourraient être annulés. Il ne faut désespérer ni Saint Germain-des-Prés, ni le Marais. C’est ce qui se passe actuelle- Jeudi 28 avril à la Comédie française. ment. L’autre nuit, un accord de branche a été conclu, avantageux pour les intermittents, la CGT l’a donc accepté, mais il n’est pas sûr que l’Unedic l’agrée en l’absence des 185 millions d’économies qu’elle demandait, ce qui est peu par rapport au milliard que le régime coûte à cet organisme pour 230 millions de cotisations. Mais, en cas de refus, comme précédemment, l’Etat mettra la main dans la poche des contribuables pour compléter. Si la culture doit être subventionnée, si elle doit être sous la tutelle d’un ministère, c’est-à-dire de l’Etat – ce qui n’existe pas dans les pays anglo-saxons qui trouvent cela totalitaire – est-ce d’abord à l’assurance chômage de nourrir la corne d’abondance ? En Allemagne et en Italie, l’artiste est considéré comme exerçant une profession libérale. Estce que dans ces pays-là la culture se porte moins bien que chez nous ? Dans un énième rapport, en 2013, la Cour des comptes, en préconisant d’aligner le régime des intermittents sur celui des intérimaires, notait que les premiers étaient « la catégorie de demandeurs d’emploi indemnisés bénéficiant, de loin, des règles les plus favorables ». Qu’on en juge : pour un salaire brut de 1 500 euros mensuels, l’allocation d’un intérimaire s’élèvera à 3 848 euros par an ; à rémunération mensuelle égale, un technicien du spectacle touchera 9 088 euros ! On comprend que cela suscite des vocations artistiques et même une véritable explosion « culturelle » : il y avait 9 060 allocataires en 1984, 41 038 en 1991 et 106 000 en 2013 pour vivre l’enfer de l’intermittence. Qui paie ? Les cotisants de l’Unedic, les employeurs, certes, mais surtout les salariés, les chômeurs, les smicards, transformés, bien malgré eux, en mécènes. Et cela, afin que des nantis puissent, sous le soleil, se régaler de spectacles le plus souvent engagés et abscons que les plus pauvres des salariés et des sansemploi ne verront jamais, n’en ayant ni les moyens, ni le temps. L’abolition des privilèges n’est pas achevée… GUY ROUVRAIS [email protected] potentialité d’une attaque sur notre territoire de manière plus générale. Et elle est toujours extrêmement élevée ! Les attaques de Bruxelles nous l’ont rappelé, et les djihadistes projetaient d’ailleurs de frapper à nouveau en France. Il est évident que la réponse actuelle du gouvernement n’est pas du tout à la hauteur de la menace. — Quand Manuel Valls découvre le salafisme ou les Molenbeek français, qu’est-ce que cela vous inspire ? — Combien d’imams étrangers prêchant la haine dans notre pays ont été expulsés ? Combien suite page 4 Propos recueillis par Caroline Parmentier Menace d’attentats en Suède La police suédoise a confirmé mardi avoir reçu des informations sur l’existence de menaces concrètes à Stockholm à l’approche du concours de l’Eurovision qui se déroulera dans la capitale suédoise du 12 au 14 mai. Des menaces si concrètes que l’ambassade des Etats-Unis conseille officiellement aux citoyens américains d’éviter les attroupements de foule en Suède par crainte d’attentats. D’après plusieurs médias suédois cités par l’agence Reuters et les sites Breitbart et The Local se, les services de sécurité du pays seraient à la recherche d’un groupe d’au moins six à huit terroristes de l’Etat islamique signalés par le renseignement irakien. Ces terroristes auraient quitté l’Irak en février 2015 et seraient arrivés en Suède via la Turquie en se faisant passer pour des réfugiés. Leur objectif serait d’organiser plusieurs attaques terroristes pour forcer la Suède à se retirer de la coalition internationale contre l’Etat islamique. D’après la télévision publique norvégienne NRK, citée par Reuters, la famille royale norvégienne envisagerait d’annuler son voyage à Stockholm prévu ce week-end pour les célébrations de l’anniversaire du roi de Suède. Les festivités, qui doivent durer cinq jours, pourraient elles aussi être ciblées par le commando de terroristes islamiques déguisés en réfugiés. Voici donc un exemple de plus de djihadistes infiltrés avec les « migrants » malgré les assurances répétées à l’envi par les responsables politiques et les grands médias européens l’année dernière, alors que les services de renseignement européens disposaient déjà d’informations concrètes sur ces infiltrations annoncées à l’avance par l’Etat islamique. Pour le directeur du renseignement national américain, James Clapper, le problème, c’est l’incompatibilité fondamentale entre la politique des frontières ouvertes de l’Europe et la sécurité des citoyens. Discutant lundi dernier avec des journalistes lors d’un petit-déjeuner organisé par le Christian Science Monitor, James Clapper, dont les propos ont été repris par le New York Times puis par de nombreux journaux anglo-saxons, a confirmé la présence de cellules terroristes clandestines de l’Etat islamique qui ont profité de la liberté de circulation pour s’infiltrer dans plusieurs pays européens. Outre la Suède, les cibles prochaines pourraient être la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie. Olivier Bault [email protected] 3’:HIKKLD=[UWZUX:?a@e@n@k@a"; — Certainement pas ! Jeanne d’Arc est le symbole de l’esprit de résistance de notre pays, mais aussi de sa capacité à se relever, à se redresser. Plus que jamais, il est important de se tourner vers elle et d’invoquer son exemple. Et c’est pour cela que, cette année encore, le Front national lui rendra hommage et placera son action de redressement national sous son patronage. Pour autant, vous n’ignorez pas que notre pays évolue actuellement dans un contexte sécuritaire pour le moins troublé et que le Front national a été désigné publiquement comme une cible par l’Etat islamique, dans une de ses revues francophones. Une photo de la manifestation traditionnelle du 1er mai était justement agrémentée d’un commentaire ne laissant pas de place au doute : « des cibles de premier choix ». Après des échanges avec les services du ministère de l’Intérieur nous confirmant la menace potentielle, c’est donc une décision difficile qu’il nous a fallu prendre en modifiant la formule de notre hommage à Jeanne, car il était primordial d’assurer la sécurité de nos militants et sympathisants. Autour de Marine Le Pen, ce sont les membres du Bureau politique et les parlementaires du Front national qui se rendront aux pieds de la statue de la Pucelle, place Saint—Augustin. Cet hommage sera suivi d’un grand banquet patriotique et populaire. — Où en sont les menaces de Daech contre le FN ? — Je pense qu’il faut dépasser la simple question de notre mouvement, qui est une cible, mais évidemment pas la seule, pour s’interroger sur la M 00136 - 430 - F: 2,50 E — Est-ce que Jeanne d’Arc est devenue ringarde au Front national ? 2 — PRÉSENT Samedi 30 avril 2016 www.present.fr La semaine politique de Jean Cochet L A « LONGUE MARCHE » de Mao Zedong et de ses partisans pour échapper à l’Armée du Kuomintang de Tchang KaïChek, dura une année : du 15 octobre 1934 au 19 octobre 1935. Elle fit, côté communiste, un peu plus de cent mille morts. Désormais nous avons en France, sur le mode dérisoire, la Longue marche d’Emmanuel Macron. L’image est certes un peu osée. Ce dernier, 39 ans en décembre prochain, n’était même pas né quand, au tout début des années soixantedix, les snobinards parisiens portaient le costume Mao retaillé par Yves Saint-Laurent. S’il avait vécu cette époque, nous aurions sans doute vu le petit minet Macron en costume Mao. A défaut, ce dernier s’offre aujourd’hui sa Longue marche sur mesure… En Marche, lancé le 7 avril dernier, vise, bien sûr, l’élection présidentielle qui aura lieu dans douze mois… Une année de coups médiatiques ! Pour Mao Macron la victoire serat-elle au bout du fusil (à tirer dans les coins ?) En Marche donc pour le grand bond en avant… Mais dans quelle direction ? De macronneries en macronnades… Le 7 avril, beaucoup d’observateurs s’interrogeaient : Macron avec Hollande ? Ou Macron à la place de Hollande ? L’offensive d’Amiens pouvait tout à fait s’envisager dans une manœuvre pro Hollande. Les électeurs centre gauche du PS, envisageant de plus en plus, toutes les enquêtes d’opinion l’indiquent, de voter Juppé dès le premier tour, il devenait urgent pour Hollande d’allumer sur ce terrain-là un contre-feu. Le mois dernier encore, le chef de l’Etat déclarait dans un magazine économique : « Macron, c’est un type gentil, gai, qui n’a pas mauvais esprit, ni une ambition dérangeante. » Aujourd’hui, de provocations en recadrages, Hollande ne pense sans doute plus tout à fait la même chose. « Gentil n’a qu’un œil » et la « gaieté » de Macron a de plus en plus mauvais esprit. Lors de son très moyen « dialogue citoyen », Hollande avait réaffirmé sa confiance à celui qui venait justement de commencer sa marche en avant, ajoutant, comme pour se rassurer ou comme un rappel au principal intéressé : « Il sait ce qu’il me doit. » Réplique abrupte de Macron : « Lorsqu’un président nomme quelqu’un ministre, il le fait parce que c’est bon pour son pays, pas pour en faire son obligé. Je ne suis l’obligé de personne. » Même pas de son mentor ? Ah ! l’ingratitude des marionnettes envers leurs constructeurs, quand elles se mettent à marcher toutes seules ! Macron ou l’obligé désobligeant… Samedi dernier, la « coqueluche des médias » franchissait un pas de plus dans l’émancipation, déclarant avec insolence sur Arte : « La gauche aujourd’hui ne me satisfait pas. » Quelques jours auparavant, on avait vu le président de la République, lors d’un déplacement à Chartres, en compagnie de Marisol Touraine et de son incontournable ministre de l’Economie, chercher désespérément celui-ci du regard devant les caméras. On l’avait même entendu interroger son entourage avec un brin d’agacement dans la voix : « Emmanuel n’est pas là ? » Non… Emmanuel s’était subrepticement éclipsé pour aller faire le paon devant ses fans. Et sans doute pour ne pas être filmé en compagnie d’un président dont l’impopularité dévalorise l’image de ceux qui l’approchent de trop près. En cet anniversaire de Tchernobyl, Macron craignait sans doute d’être contaminé par ce président irradié. Le lapin Duracell Hollande et/ou Macron ? Plus personne ne se pose vraiment la question. Macron veut bien encore feindre d’entrer dans le jeu du président de la République, mais, comme beaucoup à gauche, il n’y croit plus prendre des risques. Or, aux yeux de cet électorat tiède, le moindre risque pour éliminer Hollande du second tour, c’est Juppé. Tous les sondages le leur affirment. Avec le maire de Bordeaux, pas le moindre souci d’une candidature centriste. Le Centre, c’est lui. Ces électeurs – j’en connais deux ou trois – ont déjà placé Sarkozy dans la colonne pertes et profits. Les morticoles Un faux air de Sarkozy. vraiment. Aussi se prépare-t-il, non plus à jouer le terre-neuve d’un président en détresse, mais à se substituer à lui. Candidat ou pas, Hollande tranchera « en décembre prochain ». C’est-à-dire après la primaire de la droite. La seule chance pour l’actuel président de la République de se représenter résiderait dans l’éventuelle présence de Nicolas Sarkozy. Mais celle-ci devient de plus en plus aléatoire. Jean-Marie Le Pen, dont on connaît le flair politique, pronostiquait néanmoins dans le JDD du 10 avril, avec humour : « Nicolas Sarkozy remportera la primaire de droite… L’animal politique est redoutable. Il est pire que le lapin Duracell. Lui, si on lui enlève les piles, il continue de marcher. » Si personne parmi ses proches ne parvient à l’en dissuader, Sarko, même avec des piles de plus en plus faibles, se présentera sans doute à la primaire. Où il sera inexorablement battu. Les électeurs les plus patriotes de l’ex-UMP se tournent et se tourneront de plus en plus vers Marine Le Pen, laissant au LR un électorat conservateur, trop pusillanime pour ■ BAVU RES SYN DI- Saint Maxime (250) Dèce avait publié par tout l’empire un décret ordonnant d’adorer les idoles, sous peine de supplices. Maxime originaire d’Asie, homme et marchand de son état, fut conduit devant le consul. Après avoir subi l’interrogatoire préliminaire, l’accusé répondit en déclarant son nom, sa profession et sa qualité de chrétien. « Sacrifie aux dieux », lui dit le consul. « Je ne sacrifie qu’au seul Dieu, à qui je m’honore d’avoir sacrifié dès l’enfance », lui fut-il répondu. « Sacrifie pour sauver ta vie, sinon je te ferai mourir dans les tourments. » « Je l’ai toujours désiré ; c’est pour passer de cette misérable vie à la vie éternelle que j’ai proclamé ma foi. » Ni le supplice des verges, ni celui du chevalet, n’eurent raison de sa fidélité. Il fut lapidé. Cela se passa dans la province d’Asie. AB V.B. [email protected] CALES. Obligés, pour faire nombre, d’accepter étudiants et surtout lycéens dans leurs cortèges, les syndicats prennent le risque, manif ’ après manif ’, de voir celles-ci dégénérer. C’est ce qui s’est passé le 28 avril, nouvelle journée de protestation contre la loi Travail, dans la région parisienne et plusieurs villes de France. A Grenoble, Rennes, Nantes, notamment, des trublions ont caillassé les forces de l’ordre, qui ont répliqué par des jets de gaz lacrymogène. Ce qui a permis à certains médias de mettre l’accent sur « les violences policières ». A Gennevilliers (Hauts-de-Seine), c’est l’important port fluvial que des jeunes, dont pas mal venus des cités d’alentour, ont tenté de bloquer, en incendiant des pneus, avant de se diriger vers Saint-Denis. A Paris, près du pont d’Austerlitz, ont eu lieu des affrontements si violents que le défilé a dû être interrompu. A Marseille, plus de 700 casseurs ont semé la terreur autour de la gare Saint-Charles, etc. Et le ministre de l’Intérieur ose parler de « quelques poignées de casseurs » ! Baptisée par ses organisateurs « Hé oh la gauche », la réunion publique de soutien au président de la République s’est tenue lundi sous les quolibets à la faculté de médecine de Paris, avec deux objectifs : répondre aux critiques (venues de son camp), qui s’abattent sur François Hollande comme la vérole sur le pauvre monde. Et montrer au reste de la gauche que, si vérolé soit-il, « il faudra compter en 2017 avec le sortant ». Une faculté de médecine évoque les cours d’anatomie et la dissection de cadavres. Lieu symboliquement bien choisi pour autopsier un bilan en état de mort cérébrale… Les ministres et sous ministres qui, autour de Stéphane Le Fol, se sont chargés de la besogne – François Rebsamen, Michel Sapin, Marisol Touraine, Najat Bel Kacem, Jean-Michel Baylet, Emmanuelle Cosse, Jean-Vincent Placé – sont des Hollandais de la première heure. Renforcés lundi soir par les radicaux de gauche et les transfuges d’EELV, dont le poids électoral frise l’anorexie ! Réunion de morticoles donc pour empêcher les carabins et les carabines très excités de l’extrêmegauche (mais aussi du PS) de jeter à la figure du gouvernement les morceaux de ce bilan cadavérique, qu’ils ne cessent de déchiqueter. TAFTA tartata… En Allemagne, auprès de sa grande amie Angela Merkel, partisane comme lui d’un monde métissé, ou■ CANOPÉE : VERS UN ÉTÉ MEURTRIER. Certains avaient pointé la laideur et le coût extravagant de la canopée des Halles (240 millions d’euros par an plus près d’un demi-million pour son entretien — voir Présent du 8 avril), d’autres, ses malfaçons, puisqu’elle laisse passer la pluie. Mais le soleil pose d’autres problèmes comme s’en sont aperçus les riverains, contraints par la réverbération de l’immense verrière aux 18 000 écailles à fermer leurs volets dès le moindre rayon pour échapper à l’éblouissement. Sans parler de la chaleur torride qu’ils doivent endurer derrière leurs fenêtres chauffées à blanc. D’où un nouveau vent de révolte soufflant sur les Halles, alors même que les températures sont encore frisquettes et le soleil bien timide. Que sera-ce par temps de canicule ! ■ CI TOYENN E AU BI BERON. Plainte des anciens ministres Arnaud vert à la circulation sans limite des biens, des capitaux et des personnes, Barack Obama a joué les VRP d’un TAFTA de plus en plus contesté en Europe, et à juste titre. Même par François Hollande. Pourtant ce dernier, lors de son premier voyage à la Maison Blanche en tant que président, avait souhaité une conclusion rapide des négociations en cours. Souhait qu’il avait renouvelé par la suite. Ce traité libre-échangiste, sans réelle réciprocité, nous placerait un peu plus dans la dépendance du droit et du commerce américain. Les négociations se déroulent depuis trois ans, dans un « secret hallucinant », et durant longtemps dans une quasi indifférence de la France, dont les partenaires regrettaient le peu d’implication. Tout a changé ces derniers mois. « Hé ho, la France » vient, à l’appel d’autres pays, de se réveiller et joue maintenant « l’opposant de la dernière heure ». Non pas tant parce que ce TAFTA lui semble une étoffe inflammable susceptible de carboniser un peu plus notre commerce et notre industrie, mais parce que l’hôte de l’Elysée en voie d’expulsion perçoit là le moyen de réunir enfin la gauche et ses extrêmes sur un thème commun. Toute la gauche ? Sans doute pas celle de Macron. TAFTA… Une nouvelle déchirure entre le président de la République et son ministre de l’Economie ? JEAN COCHET [email protected] Montebourg et Aurélie Filippetti contre Paris Match qui a publié une photo de leur fille Jeanne, prise lors de son baptême le 9 avril. Un baptême strictement républicain, révèle l’hebdo qui souligne qu’ainsi, à six mois, l’enfançonne est « déjà citoyenne ». ■ HOMMAGE À TURNER. Si Washington a choisi l’effigie de l’ancienne esclave noire Harriet Tubman pour illustrer les futurs billets de 20 dollars (Présent du 23 avril), Londres a fait un choix radicalement inverse : ses prochains billets de 20 livres seront ornés de l’autoportrait de Joseph Mallord William Turner (1775-1851), l’immense « peintre de la lumière », qui influença tant les Impressionnistes, et de sa toile sur « Le Dernier voyage du Téméraire ». Quant aux billets de 10 livres, ils rendront hommage à la grande romancière Jane Austen. La messe à l’intention des vivants et des défunts de Présent sera célébrée le mercredi 4 mai à 19 heures en l’église Saint-Eugène-Sainte-Cécile, 75 009 Paris. Samedi 30 avril 2016 PRÉSENT — 3 États-Unis Les sous-marins de M. Poutine inquiètent les Américains De notre correspondant permanent aux Etats-Unis. – Après vingtcinq ans d’un sommeil relatif, dû sans doute à un brutal changement de régime et à quelques problèmes financiers, les forces armées russes, sous la férule de Vladimir Poutine, donnent l’impression de vouloir relever la tête et réoccuper une place de choix au sein de la fédération. On a pu le constater en Ukraine, où elles défendirent avec pugnacité la sphère d’influence moscovite. On l’a vu en Syrie, où elles fournirent en quelques semaines le second souffle dont le régime d’Assad avait le plus cruel besoin. Matériel ultra-moderne, personnel parfaitement entraîné, stratégie et tactique revisitées : Poutine cherche à faire de son outil militaire la pièce maîtresse d’une nouvelle ambition planétaire. Il l’a dit et répété à maintes reprises : le monde est désormais multi-polaire. Et Moscou a le droit d’en occuper l’un des pôles. Quitte à replonger dans une atmosphère de guerre froide. Quitte à éveiller la méfiance des Américains. Et même l’inquiétude. C’est l’amiral Mark Ferguson, patron de l’US Navy en Europe, qui le premier sonna l’alarme en agitant un chiffre assez spectaculaire. « Le nombre de patrouilles de sous-marins russes le long des côtes occidentales, a-t-il martelé, a augmenté de 50 % entre mars 2015 et mars 2016 ». Deux flottes se font face Ainsi, la menace russe a désormais le profil, la longueur, la puissance et le mystère d’un engin qui fonctionne au diesel ou au nucléaire, qui se faufile dans toutes les mers du globe, qui peut disparaître dans des profondeurs abyssales avant de remonter à la surface pour déclencher l’apocalypse. Aux yeux du hautcommandement militaire russe, les sous-marins ont toujours été considérés comme les joyaux de la couronne défensive et offensive. La preuve par les ombres sinistres qui se déplacent lentement dans les eaux territoriales de la Scandinavie, de l’Écosse, de certains pays de la Méditerranée orientale et de l’Atlantique Nord : les sous-marins de Poutine commencent à pulluler à l’intérieur d’un périmètre qui était jusqu’ici chasse gardée de l’OTAN. Du coup, le Pentagone revoit ses programmes à la hausse, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Norvège ont émis l’intention de s’équiper de Sous-marin russe classe Oscar. nouveaux sous-marins et sept pays alliés, dont la France, ont décidé de doubler cette année le nombre d’exercices navals dans les mers froides en insistant particulièrement sur les évolutions de submersibles. Autre signe : la base aéronavale américaine de Keflavik, en Islande, fermée en 2006 pour des raisons budgétaires, va être réactivée. C’est de là que partiront les patrouilles des P8A Poséidon qui sont, à ce jour, les meilleurs avions « renifleurs » de sous-marins. Comme au temps de la guerre froide, deux flottes se font face. Aussitôt, les experts s’efforcent d’en dénombrer les bâtiments et d’en définir les atouts. Poutine alignerait 45 sous-marins d’attaque – la moitié environ fonctionnerait à l’énergie nucléaire – désignés pour couler tous les types de navires ennemis, recueillir des informations sur les objectifs à atteindre ou participer à des patrouilles le long des grands axes de ■ À NOUS LA ■ LAUVERGEON ET SON MALE BLANC PERSONNEL (SUITE). Le 1er avril, nous signalions la mise en examen d’Olivier Face aux abus et à l’augmentation des arrêts maladies « pertinents » ou « bidons » des vrais-faux malades au long cours du genre « rapacecossard », l’Assurance maladie envisage d’inclure de nouveaux critères dans la « Rosp » (rémunération sur objectifs de santé publique) – prime que les médecins touchent chaque année (90 000 médecins ont perçu chacun 4 500 euros en moyenne en 2015. Chiffre qui passe, la même année, à 6 756 euros pour les généralistes) et dont le montant varie selon l’atteinte des objectifs. L’idée : rémunérer les médecins en fonction de la « pertinence » des arrêts de travail qu’ils délivrent, c’est-à-dire des arrêts qui respectent les préconisations de la Haute autorité de santé (HAS). L’objectif : enrayer l’allongement des arrêts maladie et réduire le coût lié aux arrêts de travail et plus précisément, celui des indemnités journalières, indemnités versées par la Cpam aux salariés et dont le coût ne cesse de progresser. Avec ce projet de contrôle et de rémunération, les médecins seraient, par exemple, invités à respecter le barème de la Cpam, c’est-à-dire 5 jours d’arrêt de travail pour une grippe saisonnière, 3 jours pour une angine ou encore 21 jours pour une entorse grave lorsque le patient effectue « un travail physique lourd ». L’Assurance maladie et les syndicats de médecins ont jusqu’à la fin de l’été pour se mettre d’accord et signer une nouvelle convention. PIERRE MALPOUGE [email protected] Attentat déjoué à Rome ■ L’HOMME À ABATTRE. « Superstar » pour nos médias (voir Présent d’hier), l’islamiste Salah Abdeslam est un traître et un pleutre pour les (nombreux) taulards radicalisés. Ils l’ont copieusement sifflé et hué lors de son arrivée à Fleury-Mérogis, ne lui pardonnant pas de ne pas être « mort en martyr » comme ses complices des attentats de Paris et de Bruxelles. D’où les mesures de sécurité inouïes prises en sa faveur. LÉGION ! Panique le 27 avril au soir dans un bus marseillais où un quadragénaire (dont on apprendra ensuite qu’il était « très défavorablement connu des services de police ») brandit un pistolet et en menace les autres passagers, dont l’un appelle la police. Qui arrivera trop tard : à bord du véhicule se trouvaient trois légionnaires en civil, qui ont maîtrisé et désarmé l’énergumène. navigation. De leur côté, les EtatsUnis entretiennent 57 sous-marins d’attaque, tous munis de moteur à énergie nucléaire, dont quatre sont spécialement conçus pour lancer des missiles de croisière ou pour débarquer, près d’une côte, des commandos de forces spéciales. Petit détail qui réduit, dans chaque camp, l’ampleur de cet outil plein de promesses : seulement la moitié des sous-marins russes et le tiers des Menace sur les arrêts de travail Fric, le bien nommé, second époux de l’ancienne patronne d’Areva, Anne Lauvergeon, « pour délit d’initié et blanchiment dans un volet de l’en- sous-marins américains sont en mer, tant ces bijoux ultra-sophistiqués ont besoin d’entretien, de réparations et de perfectionnement. Justement, le perfectionnement devient dans cette course de vitesse l’obsession des ingénieurs des deux pays. Les Russes travaillent sur un drone qui marauderait dans les profondeurs océaniques avec dans ses flancs une bombe nucléaire tactique capable de pulvériser des villes entières ou des installations portuaires. Les Américains ripostent en projetant un drone non armé de 40 mètres de long qui, avec une autonomie de trois mois et des antennes ultra-sensibles, serait chargé de débusquer les sous-marins « classiques ». Qu’on l’admette ou non, on retrouve bien là l’esprit de la guerre froide : un bras de fer sans limites dans la recherche de la terreur. CHRISTIAN DAISUG [email protected] quête sur le rachat calamiteux de la société UraMin par le géant du nucléaire, dont l’ancienne “sherpa” de François Mitterrand présida le directoire de 2001 à 2011 ». Selon L’Obs’, une seconde mise en examen d’Olivier Fric et de son partenaire Franck Hanse pourrait suivre, en raison de leur achat le 18 janvier 2007 de 765 000 euros d’actions de la société allemande Repower dont le principal actionnaire était Areva qui, quatre jours plus tard, voulait acquérir 70 % du capital de Repower. Le 9 février, le tandem FricHanse vend ses titres à Areva… et « empoche une plus-value de 370 000 euros ». Lauvergeon était-elle au parfum ? Vous cherchez Présent ? Allez sur www.trouverlapresse.com Vous voulez trouver Présent près de chez vous ? Indiquez-nous le kiosque ou la maison de la presse la plus proche et il y sera rapidement disponible : [email protected] 01 42 97 51 30 Suivez Présent sur Twitter et Facebook Rome, objectif islamiste ? Un couple et deux hommes soupçonnés de préparer des attentats terroristes sur le sol italien, notamment à Rome, qu’ils qualifient de « lieu de référence pour tous les chrétiens », avant de partir combattre en Syrie aux côtés des barbus de l’Etat islamique (EI) en emmenant leurs deux enfants, ont été arrêtés jeudi en Lombardie. Le couple en question : Moutaharrik Abdererrahim et Salma Bencharki (italienne convertie à l’islam), résidant à Lecco, sur les bords du lac de Côme ; Leurs complices présumés : Abderrahmane Khachia, ressortissant marocain de 23 ans, dont le frère a été expulsé d’Italie en janvier 2015 sur des soupçons de terrorisme, et un autre Marocain dont l’identité n’a pas été révélée. Selon les premiers éléments de l’enquête, le couple et les deux marocains étaient en contact avec un autre couple du même calibre – Mohamed Koraichi, ressortissant marocain ayant travaillé comme soudeur, et une autre italienne convertie elle aussi à l’islam, Alice Brignoli –, rencontré à Lecco et déjà parti rejoindre les rangs de l’EI depuis février 2015. C’est ce couple qui, depuis la Syrie, aurait conseillé aux quatre interpellés « d’agir d’une façon, n’importe laquelle, dans un lieu, n’importe lequel » dans le but de « toucher l’Etat italien ». Voilà le pape François mal récompensé de ses prévenances envers les migrants, selon lui « chair de l’Eglise » au point qu’il en avait amené une douzaine avec lui au Vatican, tous musulmans. P. M. Festival Etonnants Voyageurs Nous n’irons plus à Saint-Malo… Voici plusieurs années que le Festival Etonnants Voyageurs, fondé et toujours présidé par Michel Le Bris, sombre dans un conformisme affligeant. Mais cette année, la coupe est pleine : les vedettes en seront, du 14 au 16 mai, Christine Taubira et Lilian Thuram. Le second remettra même le prix du concours de nouvelles (short stories). On a les Maupassant qu’on peut ; ou, comme disait à peu près Voltaire, « il fallait un vrai lecteur, ce fut un footballeur qui l’obtint (la place) ». Irène Frain. Ajoutez Didier Daeninckx (Didier dénonce, comme dit Patrick Besson), l’anticolonialiste professionnel Pascal Blanchard, et tutti quanti. Pas un pour sauver l’autre ! On venait à Saint-Malo pour prendre l’air du large, il faut maintenant respirer les rances effluves du gauchardisme le plus gluant. Le timide maire centriste de Saint-Malo, Claude Renoult, rappelant qu’il verse 670 000 euros de subventions et prestations, a tenté de faire observer que le Festival devient un peu trop parisianiste, et qu’il faudrait « impliquer davantage les Malouins ». Michel le Bris. Peine perdue. Le patriarche Michel Le Bris répond que le Festival n’est pas parisianiste, mais féministe : « Les femmes occupent une place centrale comme actrices et comme victimes dans les bouleversements mondiaux ». Ah ! ah ! Quand on sait que le Sillon (qui relie les remparts à Paramé) résonne encore de sa querelle avec la romancière Irène Frain, désormais interdite de festival, cela fait doucement ricaner dans les chaumières, de Cancale à Miniac-Morvan. Coriosol P.S. Il y a pire encore que le Festival de Saint-Malo, c’est le Salon du Livre de Vannes (10-12 juin), avec en vedette l’ignoble Jean-Louis Debré, la « féministe » Isabelle Alonso et une exposition sur Wolinski. Croyez-vous que le maire soit socialiste ? Non, c’est le très peu courageux David Robo, « juppéiste » comme il se doit… 4 — PRÉSENT Samedi 30 avril 2016 www.present.fr Un 1er mai avec Jeanne Suite de la page 1 de mosquées radicales fermées ? Combien d’organisations dissoutes ? Mieux vaut tard que jamais sans doute, mais encore faut-il que l’action accompagne les paroles. On n’attend pas des responsables politiques qu’ils nous livrent uniquement des constats. Je rappelle quand même que le précédent ministre de l’Intérieur, donc tout particulièrement concerné par ces sujets normalement, s’appelait justement Manuel Valls. Il faut mener une lutte sans faiblesse face aux islamistes ! Et face à TOUS les islamistes, car je remarque que si l’on se focalise beaucoup sur les salafistes, on en oublie trop facilement les autres mouvances qui partagent en réalité la même matrice idéologique. Je pense notamment aux Frères musulmans, représentés dans notre pays par l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), organisation avec laquelle des responsables politiques tels que Christian Estrosi ou Alain Juppé entretiennent de cordiales relations dans leurs villes respectives. Pour ma part, je considère que l’on ne doit pas distinguer les islamistes selon la longueur de leur barbe ou l’épaisseur du voile qu’ils imposent aux femmes. — L’Union européenne n’est toujours pas parvenue à répondre efficacement au chaos migratoire en Méditerranée. Quelles sont selon vous les mesures qui doivent être prises d’urgence ? — Non seulement l’UE ne répond pas au chaos, mais elle se re- pose désormais sur les autorités turques, qui se livrent à un scandaleux chantage en exigeant que les Turcs soient exemptés de visas pour entrer sur le territoire européen. Avec cette crise, ce sont les dernières illusions de frontières extérieures, et donc la logique même de l’espace Schengen, qui s’écroulent. Je crois qu’il faut simplement être “ campagnes de communication ayant pour but de prévenir des risques encourus lors de la traversée à l’image de celles lancées par l’Australie ; telles sont les mesures qui devraient être mises en place de toute urgence. A défaut, non seulement les clandestins vont continuer d’affluer, mais, en plus, nous connaîtrons encore de nouvelles tragédies avec des parcours et des sensibilités différentes, mais chacun se retrouve dans le corpus commun tel que défini par notre présidente et par nos instances. Ces nuances font que l’on peut être plus sensible à tel ou tel sujet. Pour ma part, je considère que les enjeux et combats sont multiples mais liés et doivent être menés de front. C’est à mes yeux le même Oui, le FN abrogera la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe pragmatiques et considérer qu’il revient alors aux Etats – comme c’est prévu par les traités – de reprendre la main, y compris bien sûr en mettant en place des coopérations interétatiques. La décision de l’Union européenne de tripler les fonds alloués aux opérations de sauvetage en mer a encouragé et amplifié l’émigration sauvage, faisant la part belle aux mafias de passeurs qui profitent de la passivité et de la naïveté des gouvernements européens. La restauration immédiate de nos frontières nationales, la reconduite systématique des bateaux de migrants vers les ports d’origine, la réduction du droit d’asile, la suppression des aides sociales accordées aux clandestins et faux demandeurs d’asile pour les dissuader de venir, une politique ambitieuse de stabilisation de la Libye (détruite par Nicolas Sarkozy) et la mise en place de en Méditerranée comme lors du naufrage d’un bateau la semaine dernière. — Les déclarations de Florian Philippot notamment sur le « mariage » homo sur lequel il a ironisé, laissant entendre qu’il ne s’agit pas pour lui d’un sujet majeur, ont provoqué une vive polémique. Est-ce que vous confirmez que vous abrogerez la loi sur le mariage pour tous si le FN arrive au pouvoir ? — Sur ce sujet, la position adoptée à l’unanimité par notre Bureau politique (dont Florian Philippot fait bien sûr partie) est claire et je la rappelle : oui, le FN abrogera la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe. Je n’ai pas lu où que ce soit que Florian Philippot aurait changé d’avis à ce sujet. Comme dans tout groupe humain, il y a au FN des personnalités ” mouvement de globalisation et d’indifférenciation qui s’attaque aux nations, aux frontières, aux identités, et à la famille. — A droite on entend beaucoup de défiance contre Marine Le Pen. Elle a gagné beaucoup de voix à gauche mais elle n’arriverait pas à rassembler à droite. C’est un peu le sens des Rendez-vous de Béziers organisés par Robert Ménard fin mai. Il le dit lui-même : « L’incapacité du FN à prendre une région en décembre dernier, la place de Juppé très haut dans les sondages, tout concourt à décourager certains de nos amis, à penser que 2017 est déjà perdu. » Seul contre tous, le FN peut-il encore gagner ? — Il me semble qu’une partie de votre analyse est erronée : lors des élections régionales, un grand nombre d’électeurs issus de la « droite » se sont portés sur les listes du Front national. Pas suffisamment pour que nous l’emportions, je vous le concède, mais la poussée a cependant été très forte. Et c’est justement pour cela que certains – dont les prébendes et places sont directement menacées par cette érosion électorale – tentent de caricaturer notre programme, nos positions et propositions. Face à cela, il s’agit pour nous de continuer à parler plus haut, plus clair et plus fort, notamment dans le domaine économique. En rappelant que l’Etat protecteur et la liberté d’entreprendre ne sont pas antinomiques, bien au contraire, ou encore que notre projet défend tout autant le protectionnisme qu’une politique fiscale tournée vers la défense des petites et moyennes entreprises qui constituent l’essentiel du tissu économique de la France. Et pour évoquer les rencontres organisées à Béziers par Robert Ménard, je trouve sain et vivifiant que le débat intellectuel soit foisonnant au sein ou à la périphérie de notre mouvement. Tout ce qui permettra que le rassemblement des patriotes sincères se poursuive et s’amplifie autour du Front afin d’assurer la victoire de Marine Le Pen en 2017 doit être encouragé. Propos recueillis par Caroline Parmentier [email protected] ● Dans Présent de mardi : nos reportages sur l’hommage à Jeanne d’Arc et le Banquet patriote du FN. Le potager de mon grand-père A l’écoute de Cette semaine, la vedette sur Radio Courtoisie était Gabrielle Cluzel qui s’est entretenue avec l’abbé Guillaume de Tanoüarn et Jean-Marie Le Méné, dans leur émission respective, du féminisme et de ses contradictions. Et elles sont nombreuses… Elle relève l’incongruité de l’existence même d’une presse féminine, qui plus est, dans laquelle écrit une Caroline Fourest. Existet-il une revue appelée JeanClaude ? Alors pourquoi MarieClaire ? Elle dénonce l’abolition du délai de réflexion avant un avortement (pardon, une IVG…) prétendument infantilisant pour la femme. Depuis quand réfléchir est-il infantilisant ? Elle rappelle que, même lorsque vous achetez une machine à laver, vous avez droit à un délai de réflexion ! exemple les écoles militaires où les performances sportives permettant d’intégrer ces écoles ont été abaissées afin que les femmes puissent se présenter. Et alors : faudra-t-il dire à l’Etat islamique de courir un peu moins vite derrière les femmes que derrière les hommes ? Ne vaudrait-il pas mieux reconnaître que, physiquement, la femme n’est pas l’égale de l’homme, et qu’en revanche, elle a d’autres qualités que les hommes n’ont pas ? Elle rappelle également que c’est généralement le camionneur qui viole la jeune fille et rarement le contraire ! Le laxisme judiciaire est donc particulièrement ressenti par les femmes. Cet écumage en règle du marigot féministe par Gabrielle Cluzel fut un grand moment, à la fois drôle et percutant. Elle s’en prend à l’égalité homme/femme et cite comme ANNE DULIN [email protected] Bergeron au Bistro ● Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Francis Bergeron sans jamais oser le demander… est dans ce Bistro Libertés ! Journaliste, essayiste, auteur de livres pour enfants, directeur des ressources humaines d’une grande entreprise mais aussi militant anti-communiste convaincu qui distribua des tracts sur la Place Rouge en plein régime soviétique et jeune combattant des Phalanges libanaises lors de la Guerre du Liban. Il est l’invité de Martial Bild et de ses sociétaires pour débattre de quatre thèmes : • Hé oh la gauche ! Le cri du réveil ou du désespoir ? • Hé oh, le TAFTA est-il obligatoire ? • Hé oh, comment va la presse ? • Hé oh, un bourre-pif à Joey Starr peut-il faire trembler le PAF ? Une émission que nos lecteurs ne peuvent pas manquer. Vendredi 29 avril à 19 heures : www.tvlibertes.com Le jardin des délices et de la transmission « Dans un monde qui va trop belle-sœur et de son beau-frère vite, où l’on a de moins en moins qui arrosent trop les tomates et de repères, j’avais la nécessité de abusent des pesticides et du moretourner aux sources », explique toculteur qui « génocide » les le réalisateur Martin Esposito. lombrics – et sur ses conseils, Alors, comme on a toujours beMartin va s’initier aux gestes présoin d’un… pote âgé, pour « recis du parfait petit jardinier. Des tourner aux sources », il s’est conseils qui vont du tri des setourné vers son grand-père : Vinmences à la récolte, en passant par cent Esposito. la cuisine et la mise en bocaux des légumes amoureusement cultivés D’origine calabraise, Vincent, dans un profond respect de la na85 ans, le visage bosselé comme ture. Comme le dit Vincent : les une pomme de terre, cultive avec pesticides, « on s’en cague ! [« On amour et patience son jardin pos’en fout ! »] Tu regardes comme tager. Un jardin extraordinaire je fais et tu recopies (…) Comme où, loin de la fébrilité urbaine, du le père de mon père me l’avait sans gluten et autres principes de montré à l’époque. Ça fait 70 ans précaution, le temps semble susde ça ! ». pendu au fil des saisons. Un jarLes choses – simples – de la vie ! din pour lequel Vincent, depuis la Avec ce documentaire du genre mort récente – et en souvenir – de « silence ça pousse » plein de tensa femme, redouble de soins endresse et au suspense insoutenable vers ses semis et plantations. Un Mon grand-père ce « héros ». – les tomates, poivrons, piments, jardin qui lui sert de refuge lorsque la tristesse le gagne et que l’absence de celle qui a été sa courges… sortiront-ils de terre le moment venu ? –, Martin Esposito offre au spectateur un vibrant hommage à la compagne se fait trop sentir. nature (bio) et un hymne d’amour à son grand-père « pasPour ne pas perdre à jamais le savoir-faire de cet « an- seur de témoin » et « gardien de la terre ». cien » qu’est son grand-père, Martin a planté sa caméra PIERRE MALPOUGE dans le potager de celui-ci. Là, sous le regard parfois [email protected] queur de son « pépé » – notamment à l’encontre de sa Abonnements : [email protected] 1 mois : 27,50 € abonnement illimité par prélèvement mensuel 5, rue d’Amboise - 75002 Paris Téléphone : 01.42.97.51.30 Fax : 01.42.61.97.79 [email protected] Directeur (1981-2013) : Jean Madiran (†). SARL PRéSenT pour 99 ans au capital de 135 555 euros, sise 5 rue d’Amboise, 75002 Paris. Gérant : Zita de Lussy. Imprimerie RPn - 93190 Livry-Gargan. Dépôt légal : 2e trimestre 2016. CPPAP : 0518 C 83178 - ISSn : 07.50.32.53. Directeur de la publication : Zita de Lussy. Rédacteur en chef : Samuel Martin. Directeur du jour : Anne Le Pape. 3 mois : 95 € 6 mois : 175 € Abonnement de parrainage 3 mois : 75 € 6 mois : 139 € 1 an : 239 € 1 an : 299 € + 30 € avec l’abonnement numérique 2 ans : 580 € + abonnement numérique offert 2 ans, abonnement de soutien : 1 200 € + abonnement numérique offert Abonnement Internet 1 jour : 1 € - 1 mois : 17 € 3 mois : 50 € 6 mois : 95 € - 1 an : 180 € Samedi 30 avril 2016 PRÉSENT — 5 Entretien avec Alfred Eibel Les auditeurs de Radio-Courtoisie et les amoureux de la littérature en général connaissent bien le nom d’Alfred Eibel à qui, s’il fallait le définir par un mot, on pourrait appliquer celui de « découvreur ». — On vous entend régulièrement sur les ondes de Radio Courtoisie. A quelles émissions participez-vous régulièrement ? — Michel Mourlet, un ami de 45 ans, m’invite à son émission intitulée « Français mon beau souci » – référence à Valery Larbaud – pour une courte critique de livre. J’y évoque soit une réédition, soit un ouvrage plus récent correspondant au titre de l’émission. Christian Brosio et Arnaud GuyotJeannin m’invitent aussi parfois. Côté écriture, je participe actuellement à la revue mensuelle Service littéraire de François Cérésa ainsi qu’à Livr’Arbitres, que vos lecteurs connaissent bien. — Critique littéraire, éditeur, journaliste (Le Quotidien de Paris, Valeurs actuelles jusqu’à une période récente), vous vous intéressez à toutes les littératures, française et étrangères, au roman, à la poésie, au cinéma… Que représente la littérature pour vous ? — La littérature est pour moi une façon de vivre autrement et surtout de comprendre le monde. Sans oublier le plaisir de lire, tout simplement. Aimer lire ou écrire permet de ne pas se laisser grignoter par les problèmes de la vie quotidienne. La passion est nécessaire à la vie : sans elle, on se laisse atteindre par tous les maux. La lecture est une passion et un secours. — Vous avez rencontré de nombreux écrivains et êtes même devenu ami avec les plus ombrageux. Qui évoqueriez-vous avec le plus d’émotion ? — J’en évoquerai deux : le premier est Michel Le Brun, passionné de roman policier et de roman noir. Pour lui, le clivage gauche/droite ne comptait absolument pas, seule la qualité devait avoir de l’importance. Il aimait aussi des romans un peu fous. Responsable de la revue Polar aux éditions Rivages, il m’y a accueilli. Le second s’appelle G-J. Arnaud, un grand ami de Léo Malet. Le jour où l’on voudra évoquer la vie de province au XXe siècle, on ne pourra l’ignorer. Il s’agit d’une sorte de Balzac, très sous-estimé. Il a écrit entre 300 et 400 romans policiers où l’on ne trouve ni détective, ni policier… — Quels sont vos auteurs de polars favoris ? — Ne parlons si vous le voulez bien que des Français. J’ai envie de citer des auteurs que j’ai découverts et suivis, très différents les uns des autres : André Elena, qui donne, comme Léo Malet, une idée du Paris de la pègre. Sa langue est belle – il a étudié le latin à l’école ! –, il évoque la Place Blanche, Pigalle, où se trouvaient encore à l’époque énormément de bistros louches qu’il avait vraiment fréquentés. Puis je parlerai d’Ange Bastiani, un « salaud », un voleur, un infréquentable, un collabo malhonnête, tous les défauts… mais dont la langue verte a un naturel et une spontanéité qui font que certains, comme André Breton, l’ont portée aux nues. Il a trop écrit, mais dans un roman, tout à coup, lui viennent trois ou quatre pages qui constituent une véritable envolée d’écriture. Son argot, selon moi, reste plus intéressant et moins laborieux que celui de Simonin, un peu tiré par les cheveux. — Vous n’aimez pas Le Petit Simonin illustré ? — Ah si, son dictionnaire est un bon livre ! — Notre ami ADG fait-il partie des auteurs de polars contemporains que vous estimez ? — Je l’ai rencontré, bien entendu. Et j’appréciais beaucoup ses livres. Son dernier roman a connu un grand succès… bien tard ! A son propos, je ferai une remarque qui va sans doute vous surprendre : j’ai remarqué qu’un certain nombre d’auteurs de romans policiers ont commencé par publier des poèmes : Michel Le Brun, Bastiani, Photo Anne Le Pape La lecture, une passion Alfred Eibel. Auguste Le Breton… et ADG, qui m’a envoyé des poèmes jamais parus. Savez-vous qu’Agatha Christie a écrit dix recueils de poèmes avant de publier des romans ? — A propos de poèmes, permettez-moi de revenir à Léo Malet, que vous avez bien connu. Vous m’avez même appris que son recueil, édité par vos soins, des Poèmes surréalistes, était devenu rare et recherché par les amateurs. Aimez-vous Les Nouveaux Mystères de Paris ? — Le moins réussi est celui qu’il a situé dans le XVIe arrondissement : il avait besoin de « sentir » le quartier. L’un des plus justes reste sans doute Les Eaux troubles de Javel. « La Place Balard, l’une des plus tristes de Paris », disait-il. J’y ai connu le Bar de la Marine et tout ce qu’il décrit, les filles, les personnages louches. Tout est juste ! — Le Paris de Léo Malet existet-il encore ? Pensait-il qu’il allait disparaître quand il arpentait la ville pour s’en imprégner ? — Il s’est arrêté quand il a vu combien Paris se transformait. « Ce n’est plus Paris », répétait-il. Il a d’ailleurs quitté la ville… pour une banlieue immonde. — Quelles sont les meilleures adaptations des polars de Léo Malet ? — Léo Malet a toujours suivi les adaptations de ses œuvres au ciné- ma. La meilleure est sans conteste 120 rue de la gare, de Jean-Daniel Norman. Léo lui-même le reconnaissait. — Guy Marchand est-il un bon Nestor Burma ? — Il reste l’acteur le plus proche de son personnage, l’auteur en convenait. Mais ensuite, autour du héros ont été construits des scénarios n’ayant plus rien à voir avec les livres de Léo Malet, donnant des films très politisés, très mauvais. — Le monde des anarchistes, des trotskistes, est un monde qu’il évoque avec une grande justesse… — Et pour cause : un monde qu’il avait bien connu. Il possédait même la machine à écrire du secrétaire de Trostski. Il m’avait recommandé la lecture de son Abattoir ensoleillé, qui n’est pas un Nestor Burma, en me précisant : « Tu verras, c’est le plus proche de ce que j’ai été à un moment donné. » Il venait de l’extrême gauche. — A-t-il connu le succès ? — Trop tard, malheureusement. Son crève-cœur était que sa femme ne l’avait jamais vu percer. « Tu te rends compte, je peux prendre des taxis ! », me disait-il. La transformation de Paris et surtout la mort de Paulette, sa femme, l’ont beaucoup affecté. Propos recueillis par Anne Le Pape [email protected] ● Alfred Eibel anime aussi, avec un ami, un blog consacré au cinéma : [email protected] 120 rue de la Gare, roman de Léo Malet adapté au cinéma, et en bande dessinée par Tardi. Six nouvelles en enfilades Les six nouvelles qui composent le recueil de François Marchand, auteur par ailleurs de quatre romans remarqués (1), sont percutantes, roboratives et, ce qui est bien rafraîchissant, politiquement incorrectes (voir l’article de Pierre Saint-Servant, Présent du 23 avril). Il en est deux, plus particulièrement, « Les Abeilles » et « Singerie » qui, dans le microcosme intello-bisounours-surtoutpasdamalgam, ne devraient pas faire que des amis à l’auteur. Dans « Les Abeilles », abeilles masquées ou abeilles des sables, on nous raconte dard-dard une invasion de ces bestioles qui, in fine, va contraindre les habitants des maisons envahies à déménager. Dans « Singerie », on accompagne l’irrésistible ascension, jusqu’aux fonctions suprêmes de l’Etat, d’un gorille femelle sauvé des griffes de braconniers rwandais. S’en étonner, s’en offusquer, s’y opposer ? — François Brigneau m’a raconté l’avoir vu plus d’une fois dans les locaux de Minute ? — En effet, Léo Malet connaissait bien Jean Bourdier et passait le voir. — Jean Bourdier, auteur d’un roman policier paru au Masque, Le Commissaire priseur ? — Exactement, sous le nom de John McGregor. Mais figurezvous que c’est par Minute que j’ai découvert Léo Malet. Tout le monde lisait Minute à l’époque, certains plus ou moins en cachette. Bourdier se conduisait comme Léon Daudet : il défendait les livres qui lui semblaient bons, même s’ils n’étaient pas écrits par des gens de son bord. — Vous continuez à lire des policiers ? — J’ai un peu décroché. Il me semble que les auteurs contemporains n’ont plus cette connaissance directe de ce dont ils parlent qu’avaient leurs prédécesseurs. Cela se sent… N’y pensez même pas : ce serait raciste ! Il n’y aura d’ailleurs qu’un petit groupe réac et marginal, attaché à la distinction de l’homme et de la femme, de l’adulte et de l’enfant, de la vie et de la mort, pour trouver ça un peu fort de café. D’abord rappelés à l’ordre, ils seront vite mis au pas par la République. Chez François Marchand, pourfendeur de la « bonne pensée » sirupeuse, toutes ressemblances avec des situations existantes ne relèvent pas de la coïncidence fortuite. Un auteur qui flingue à tout va et qui ne se croit pas obligé de plier l’échine, ça ne se rate pas ! M’étonnerait d’ailleurs pas qu’ « ils » le ratent… ALAIN SANDERS [email protected] ● Editions du Rocher. (1) L’Imposteur (Le Cherche-Midi) ; Plan social (Le Cherche-Midi) ; Un week-end en famille (Le ChercheMidi) ; Cycle mortel (Ecriture). L A SEMAINE PROCHAINE, article de Philippe Vilgier sur les Mémoires de Michel Mourlet (ami d’Alfred Eibel), Une vie en liberté, accompagné d’une évocation de l’admirable travail de son éditeur, les éditions Séguier, par Pierre Saint-Servant. 6 — PRÉSENT Samedi 30 avril 2016 www.present.fr © Musée des Beaux-Arts, Budapest 2016 Au musée du Luxembourg Un parcours européen Deux musées de Budapest, la Galerie nationale hongroise et le Szépmuvészeti Múzeum qui est en travaux, envoient à Paris leurs chefs-d’oeuvre. Le noyau de leurs collections, quelque six cents tableaux issus de celles des princes Esterhazy dont la Pinacothèque de Paris avait donné un florilège en 2011. Voici un aperçu tout personnel de cette riche exposition. *** © Musée des Beaux-Arts, Budapest 2016 Albrecht Dürer, Portrait d’un jeune homme (1500-1510). – Peint sur bois, ce jeune homme est peut-être le frère de Dürer, qui n’a pas cherché à dissimuler l’asymétrie du sourire. On apprécie la souplesse de la touche, quand Dürer, dans ces gravures, est souvent dur. On note le beau fond rouge : la facile manie n’était pas encore passée par là, qui crut bon d’éclairer les visages par contraste sur un fond noirâtre. Elle dénaturera longtemps l’art du portrait. Albrecht Dürer, Portrait d’un jeune homme, vers 1500-1510. Huile sur panneau de sapin, 42,8 x 34,5 cm. Budapest, musée des Beaux-Arts. Le Greco, L’Annconciation (vers 1600). – Comme l’indique le surnom, Dominikos Theotokopoulos était un peintre d’origine crétoise. Passé par l’Italie, il sera finalement un peintre « espagnol ». Son art, d’origine byzantine, prend une coloration unique au contact de l’art occidental. Œuvre de la maturité, cette Annonciation où le ciel a envahi la chambre de la Vierge est représentative du Greco avec ses figures éloquentes. Fuyant le réalisme, le Greco semble peindre des visions. Jacques Blanchard, Saint Jérôme (1632). – Mort de la poitrine à 38 ans (presque comme Modigliani), Jacques Blanchard est passé par Rome et Venise tout comme le Greco. Son Saint Jérôme respecte la représentation traditionnelle : vieillard méditant devant un crucifix, crâne sous la main et Bible ouverte. Le saint exégète est mâlement peint. BlanDoménikos Theotokópoulos, dit Greco, L’Annonciation, vers chard était un artiste talentueux, mais pas au point de méri- 1600. Huile sur toile, 91 x 66,5 cm. Budapest, musée des Beauxter le surnom de « Titien français » qui lui fut donné. Arts. Jan Steen, La Famille des chats (vers 1674). – Voilà une joyeuse compagnie (autre titre du tableau), peut-être la familPuvis de Chavannes, La Madeleine (1897). – Puvis de le du peintre aux côtés de sa seconde femme. Ils sont rassem- Chavannes a eu une influence considérable sur les symboblés autour d’une chatte avec ses six petits ; mais il y a aussi listes, sur les nabis… Sa peinture est par nature murale comun chien, une chouette sur son perchoir, et un corbeau qui me le montre cette Madeleine proche, par sa clarté, de celle joue avec la bonde du tonneau… et un crâne. Peintre de du Greco également présentée. Mais celle du Greco est scènes de genre, Steen a peint de nombreuses compagnies « pénitente », ce que n’est pas la Madeleine de Puvis. Elle a amicales ou familiales festives. Le crâne signifie que ces joies l’air d’un beau morceau de nu, mais assurément le peintre l’a ne sont pas sans mélange. La mort y prend sa part. douée d’une vie intérieure. Goya, Portrait de Manuela Camas y de las Heras (17921793). – Le maître espagnol fait le portrait d’une actrice, épou*** se d’un de ses amis peintres. Etait-elle belle ? Comme le jeune Qu’ajouter ? Il y a un Gauguin, Les cochons noirs, peint à homme peint par Dürer, sa bouche ne paraît pas des plus harmonieuses et Goya n’y modifie rien. Il n’en a pas besoin, c’est Tahiti l’année de son arrivée (1891). Ce tableau avec ses perde tout l’ensemble que se dégage l’harmonie : visage, maintien sonnages, ses cases, son bosquet, manque d’unité. S’il y a un du corps, étoffes peintes sans pignocher dans une association Gauguin à voir en ce moment, c’est Et l’or de leur corps, tiré du musée d’Orsay pour illustrer « Hata Moata – Arts et hardie de bleu céruléen et de vert oxyde de chrome. société aux Iles Marquises », exposition du Quai Branly. Mais Cézanne, Le Buffet (1877-1879). – Cézanne est omniprérestons dans notre voyage à Budapest, et voyage dans le sent en sous-main dans l’histoire de l’art moderne, mais on temps européen : il y a encore une nature morte de Willem en parle plus souvent qu’on ne le voit et le paysagiste, en ce Claeszoon Heda, une crucifixion de Véronèse, une Vierge à cas, l’emporte sur le peintre de nature morte. Aussi a-t-on l’Enfant de Michel Sittow… plaisir à contempler ce grand buffet avec pommes, boudoirs, vaisselle et torchon. C’est une composition complexe, à pluSAMUEL sieurs étages, avec d’habiles effets de décentrage et dissymé[email protected] trie. La couleur est grasse, la touche généreuse et – surtout – l’une et l’autre concourent à une forme parfaitement juste, ● Chefs-d’œuvre de Budapest. Dürer, Greco, Tiepolo, Manet, Ripplobsession de l’artiste. Ronai… Jusqu’au 10 juillet 2016, musée du Luxembourg. Récap’expo Goupillières, le 30 avril Tantine, Il y a quinze jours, je t’expliquais ce qu’allait dire et faire le pape à Lesbos. Je m’étais bien trompée. Il n’a pas converti les migrants musulmans mais en a ramené douze avec lui (dont six enfants). On compte 450 à 500 personnes possédant la citoyenneté vaticane, la population s’est accrue d’un coup. Finalement, l’Etat du Vatican fait comme l’Allemagne : il réinjecte du sang jeune dans un vieil organisme, peu lui importe que cela ressemble à une Grande Transfusion. Pendant ce temps, en France, d’innombrables personnalités politiques se présentent pour sauver la Nation. Cela fait chaud au cœur. Rien que chez Les Républicains, on trouve, avoués ou pressentis : JeanFrançois Copé, Alain Juppé, François Fillon, Nicolas Sarkozy, Hervé Mariton, Jean-Frédéric Poisson, Frédéric Lefebvre, Nadine Morano, Bruno Le Maire, NKM, Jacques Myard, Geoffroy Didier, Hassen Hamou, Michèle Alliot-Marie, Henri Guaino… Du coup Rama Yade, en annonçant sa candidature, a eu beau jeu de déclarer : « Je suis candidate à la seule primaire qui ait du sens dans notre République, le premier tour de l’élection présidentielle. » En additionnant tous les présidentiables de désir de l’UMPS, on arrivera facilement à trente l’automne prochain. Plutôt que voir s’entre-déchirer des amis, disons même des frères, ils n’ont qu’à constituer un gouvernement à eux tous : on les appellera « les Trente », comme dans les versions grecques de ma lointaine scolarité. Hoi Triakonta. Seuls les partisans des Trente étaient pleinement citoyens, les autres pouvaient être éliminés sans aucun jugement. Cela ne suit-il pas une pente logique ? Une fois qu’ils auront joué tout leur saoul à « sauver la République », arrivera un Thrasybule qui remettra la France d’équerre et nous débarrassera de cette engeance politicienne. Une bouteille jetée à la mer en 1906 à Plymouth est arrivée ce mois-ci sur une plage allemande. 108 ans et 136 jours de navigation, un record. Heureusement qu’elle ne contenait pas un message de détresse. Elle avait été mise à l’eau par un biologiste qui étudiait les courants marins. A cette fin, il en avait jeté plus de mille entre 1904 et 1906. L’histoire ne dit pas s’il les buvait avant. En tout cas, nous voilà renseignés : jeter une bouteille à la mer au moment du naufrage de la France est inutile. Votons plutôt en 2017, non ? Les perruches te saluent. Les chats t’embrassent. Moi de même. Ta Sardine Tous les samedis, la Boîte à Sardine Une dame entre deux âges, « Tantine », correspond avec sa nièce, « Sardine ». Elle demeure à Saint-Pompon, en Dordogne, et sa nièce à Goupillières, dans les Yvelines. Elles échangent des lettres (Tantine n’est pas connectée), qui se retrouvent à leur insu dans nos colonnes et dont le contenu n’engage qu’elles. Hubert Robert – Un peintre visionnaire. Grande rétrospective d’un peintre qui mérite mieux qu’une petite place dans l’histoire de l’art. Jusqu’au 30 mai 2016, musée du Louvre. (Présent du 19 mars 2016.) Amedeo Modigliani. L’œil intérieur. Jusqu’au 5 juin 2016, LaM Villeneuve d’Ascq. Remarquable exposition du plus grand des Parnassois. (Présent du 23 avril 2016.) Faire le mur, quatre siècles de papiers peints. Jusqu’au 12 juin 2016, musée des Arts décoratifs. (Présent du 11 mars 2016.) L’art et l’enfant – chefs-d’œuvre de la peinture française. Le Nain, Chardin, Morisot… Jusqu’au 3 juillet 2016, musée Marmottan-Monet. (Présent du 26 mars 2016.) Dans l’atelier. L’artiste photographié d’Ingres à Jeff Koons. Une belle visite d’ateliers variés des XIXe et XXe siècles, avec ou sans l’artiste. Jusqu’au 17 juillet 2016, Petit Palais. (Présent du 9 avril 2016.) L’atelier en plein air – Les impressionnistes en Normandie. La route de l’impressionnisme passe par la Normandie, avant même sa naissance. Jusqu’au 25 juillet 2016, musée Jacquemart-André. (Présent du 2 avril 2016.) Carrosses à Marmottan. Jusqu’au 30 juillet 2016. Bibliothèque Paul-Marmottan, Boulogne-Billancourt. (Présent du 22 avril 2016.) Albert Marquet, peintre du temps suspendu. A la lisière de la terre et de l’eau, un paysagiste de la sérénité. Jusqu’au 21 août 2016, MAM Paris. (Présent du 16 avril 2016.) De la caricature à l’affiche (1850-1918). De beaux talents passés des caricatures aux affiches : un chemin logique. Jusqu’au 4 septembre 2016, musée des Arts décoratifs. (Présent du 12 mars 2016.) Samedi 30 avril 2016 PRÉSENT — 7 Justinien : l’Empire, le droit, la croix Qui, aujourd’hui, se souvient de Justinien (483-565) ? Peu de monde, sans doute, hormis quelques attentifs étudiants en droit et des touristes ayant contemplé Ravenne. Il convenait de rendre justice à cet empereur trop méconnu en Occident. Pierre Maraval, universitaire, s’est attelé à cette tâche. Nominalement, Justinien est empereur romain. Pour être exact, il est byzantin : sa capitale est Constantinople. Il est aussi chrétien et règne deux siècles après Constantin, qui fut le premier empereur à confesser le Christ. Pierre Maraval révèle la trajectoire hors-norme de cet Illyrien (Balkans) de souche modeste, né en 483. Son oncle, Justin, s’illustre par les armes et devient empereur byzantin en 518. Justinien accède ainsi à l’éducation romaine et chrétienne la plus complète. En 527, Justin meurt après avoir désigné Justinien comme successeur. Dès lors, Justinien n’a de cesse d’affirmer sa légitimité à travers une véritable « idéologie impériale ». Il s’appuie sur une théologie politique faisant de l’empereur « un ami du Christ (philochristos) », gouvernant à l’imitation de Dieu. Justinien aime à se présenter comme le prince chrétien par excellence. Sur les pièces de monnaie comme dans le cérémonial quotidien, tout doit rappeler la sacralité du pouvoir impérial. Mais, loin d’être une statue du Commandeur, Justinien est un législateur et un codificateur. Pour lui, faire respecter l’ordre public revient à faire respecter l’ordre vou- rable, est devenu un magma difficile à interpréter. Il convient de coordonner et d’actualiser le droit, afin de donner à Rome (Byzance) un lustre nouveau, celui d’un Etat unifié par la foi chrétienne. Ainsi naît le Corpus iuris civilis, composé du Code de Justinien (recueil de lois impériales), du Digeste (consultations de juristes classiques), des Institutes (manuel d’enseignement) et des Novelles (nouvelles lois de la fin du règne de Justinien). L’œuvre est si monumentale que sa redécouverte à Bologne, au XIIe siècle, marquera un tournant dans l’histoire juridique européenne. lu par Dieu. Or, en ce IVe siècle ap. J.-C. le droit romain, si véné- Justinien, enfin, est un empereur guerrier. Son ambition est immense : accomplir la restauration de l’Empire (renovatio imperii). Il combat les Vandales (présents en Afrique du nord, en Corse, en Sardaigne) et les Ostrogoths (maîtres de la péninsule italienne). L’Italie, justement, est l’un des théâtres d’opération de Justinien et de son général Bélisaire. En 540, Ravenne (Italie du nord) est conquise par les Byzantins. Mais le rêve de l’empereur de réunir l’ancien Empire d’Occident à celui d’Orient n’aboutira pas entièrement. Justinien s’éteint en 565, à l’âge de 82 ans. Prince volontaire et bâtisseur, il lègue à la postérité des monuments de l’esprit et du droit, mais aussi de la matière : les mosaïques de Ravenne, les coupoles de Sainte-Sophie. Tugdual Fréhel ● Pierre Maraval, Justinien. Le rêve d’un empire chrétien universel, Tallandier, 432 pages. La chronique de Livr’arbitres Leurs figures à la devanture des libraires Voyage au bout de l’horreur Francis Bergeron : Degrelle Par-delà sa sulfureuse légende, Léon Degrelle (1906-1994) aura été un de ces hommes comme il n’en pense qu’une poignée par siècle. Une grande gueule, un provocateur qui ne fut pas à l’abri de quelques tartarinades, mais du courage à revendre. Un petit côté Séraphin Lampion chez celui que ses amis avaient surnommé Modeste Ier ? Incontestablement. C’est sans doute pourquoi Francis Bergeron, tintinologue fervent, s’est attaché à raconter l’aventure – les aventures – d’un condottiere au destin exceptionnel. Degrelle est mort à Malaga, en Espagne, loin de sa Belgique natale. D’une crise cardiaque, lui qui n’en manquait pourtant pas, de cœur. Il avait demandé que ses cendres soient dispersées près de Bouillon, où il était né. Le gouvernement d’Outre-Quiévrain publia un décret d’interdiction d’accès au territoire belge de ces pauvres reliques. Une histoire belge, certes, mais désolante, pour le coup. Pardès. Collectif : Jean Mabire Dans le cadre des Cahiers de l’histoire du nationalisme, Synthèse Nationale rend hommage à un grand Normand qui nous a quittés il y a dix ans, le 29 mars 2006. Mabire fut un homme complet. Marin-pêcheur, navigateur, officier, journaliste, militant, écrivain prolifique (une centaine d’ouvrages publiés). Né à Paris dans une famille originaire de Vire et de Bayeux, il avait la Normandie chevillée au cœur. En 1949 il avait créé, pour le dire, une revue régionaliste (dont les numéros sont aujourd’hui très recherchés), Viking. Il sera de l’aventure algérienne, dans cette Algérie française où son père, mort à Constantine en 1961, avait été enterré. Je l’ai connu dans les années soixante quand il œuvrait, avec honneur et fidélité, à Europe-Action. Des années plus tard, il vint parler aux « Lundis du Centre Charlier » que j’animais une fois par mois (et qui n’ont jamais été remplacés). Il fut passionnant. Et touché par l’intérêt et l’amitié que lui manifestèrent les membres de Chrétienté Solidarité. Les Bouquins de Synthèse Nationale Jean-Louis Fiamenghi : Dans le secret de l’action Ancien chef du RAID, Jean-Louis Fiamenghi fait partie de ces grands flics dont la France peut s’honorer. Il a connu les grandes heures de l’Antigang du commissaire Broussard. A ce titre, il fut l’un des acteurs principaux – et même un peu plus – de la mise hors d’état de nuire de Mesrine. Il lève aujourd’hui le voile sur cette opération dont on ne connaissait que la partie immergée. Il raconte aussi, dans cet ouvrage, sa participation à l’éradication du groupe Beghal, précurseur et annonciateur de ce que nous vivons aujourd’hui. Il fut encore un des hommes clefs de l’arrestation d’Yvan Colonna. Il écrit : « Nous venons de basculer dans un autre monde ». Avec la menace des islamistes contre lesquels, dit-il, « il faut frapper vite et fort ». Marcueil Editions. Robert Paturel : Mes réflexions sur le combat Autre légende du RAID et bien connu des lecteurs de Présent où il s’exprime parfois, Robert Paturel a été champion de France et d’Europe de boxe française, formateur pendant vingt ans au RAID (où il a côtoyé Fiamenghi) et au GIPN, « importateur » du tonfa (et de ses techniques qu’il a peaufinées), spécialiste de nombreux sports de combat, etc. Dans Mes réflexions sur le combat, véritable manuel de fighting spirit, il s’adresse aux pratiquants des arts martiaux, à leurs entraîneurs, aux professionnels de la sécurité. Mais ce livre peut – et doit – être lu par tout un chacun. Ce n’est pas un livre de « recettes » (il y en a autant qu’il y a de styles). Mais des conseils pour se préparer à d’éventuels affrontements. Ne serait-ce que pour porter secours à sa famille, aux siens : « De même qu’il serait insupportable de ne pouvoir sauver son enfant de la noyade faute d’avoir appris à nager, il serait odieux de n’avoir pu sauver un membre de sa famille faute d’avoir jamais appris à se battre. » ALAIN SANDERS [email protected] ● Atelier Fol’Fer, 147 rue Bel-Air, 28260 La Chaussée d’Ivry. Tél. : 06 74 68 24 40. Fax : 09 58 28 28 66. Site : atelier-folfer.com. Prix franco : 19 euros. Ecrire un roman évoquant un sujet à la fois aussi sensible et aussi « exploité » que le national-socialisme et les camps sans tomber dans la banalité, le conventionnel ou le pesant pathos est une véritable gageure littéraire. Et force est de reconnaître qu’Edmond Tran s’en sort remarquablement bien dans ce récit sombre et intense, même si l’on n’échappe pas complètement à tous les clichés du genre, comme celui du kapo nazi puceau tardif et pervers sexuel. Faux sanglants est un roman historique à clef qui nous amène au cœur du mal en évitant tout parti pris idéologique et tout jugement moral, avec la froideur implacable du chercheur de vérité au sein des méandres de l’existence et des noirceurs de l’âme humaine. Dès les premières pages, on est plongé dans l’horreur absolue de la description clinique et crue des tortures infligées à une jeune prisonnière juive dans l’enceinte de Buchenwald, quelques jours avant la libération du camp par les troupes américaines en 1945. Une barbarie d’où naîtra un lien entre le tortionnaire et deux officiers SS, qui ferment les yeux sur ces actes en échange d’un plan d’évasion leur permettant d’échapper à la justice des libérateurs. Les trois Allemands vont en effet parvenir à quitter le camp après s’être déguisés en détenus. Un travestissement dont les conséquences ébranleront bien des certitudes par la suite. « En ces temps qui ne datent que d’hier, l’humanité a rarement fait preuve d’autant de fragilité face à la possibilité du chaos » : l’auteur nous conduit sur le fil du rasoir d’Israël, au lendemain de la guerre des Six-Jours, à Paris, dans les années 1980, sur les traces David Pérez, ancien agent du Mossad et de son neveu, Emmanuel Ascher, tous deux « chasseurs de nazis » et « casseurs de fafs ». Mais un jour les convictions et la soif de vengeance du jeune Ascher vont se troubler, basculer, tous ses repères se brouiller… Les gens qui l’entourent, ces « justiciers » autoproclamés, sont-ils bien ce et ceux qu’ils prétendent être ? Quelle est la véritable histoire de sa famille ? Et lui, finalement, qui est-il réellement ? Débute alors une descente aux enfers dans un monde où le bien et le mal ne sont pas aussi clairement tranchés, où les monstres ne sont pas toujours ceux que l’on croit et où les destins troubles et violents se croisent et s’entrecroisent, mêlant les héros aux salauds… Une plongée qui ne ménage ni les personnages, ni le lecteur, mais qui tient en haleine jusqu’à la dernière ligne. Xavier Eman ● Faux Sanglants, Edmond Tran, Ed. PierreGuillaume de Roux, 360 pages, 22,90 euros. Tous les quinze jours dans Présent, la chronique de Livr’Arbitres, revue littéraire apériodique. www.livr-arbitres.com Les DHSD plus que jamais contre le peuple Dès 1988, Jean Madiran publiait aux éditions de Présent Les Droits de l’homme DHSD (Droits de l’homme sans Dieu) et, en 2002, aux éditions de l’Æncre, l’avocat Eric Delcroix démontrait dans Le Théâtre de Satan les ravages de cette idéologie débilitante sur la magistrature et, plus grave encore, sur le Droit français. A son tour, le grand universitaire Jean-Louis Harouel s’attaque, dans Les Droits de l’homme contre le peuple, livre bref mais très argumenté, à la « religion séculière millénariste » qui, s’adossant aux « idées chrétiennes devenues folles » déjà dénoncées par l’Anglais Chesterton, s’acharne à saper les fondements de notre société, de notre civilisation bimillénaire et de notre peuple, en déniant à ce dernier toute défense immunitaire… aussitôt assimilée à une hérésie. Pour contrer cette entreprise de démoli- tion, M. Harouel professe qu’il « est indispensable de discriminer », seul moyen de « bloquer d’urgence les flux migratoires » et « le processus de la conquête musulmane ». Faute de quoi, mondialiste et totalitaire comme le fut le communisme et secondé par le « marcionisme judiciaire » condamnant comme blasphème toute opinion dissidente, le « millénarisme immigrationniste » conduira au « suicide assisté » d’une France sans cesse culpabilisée et contrainte – par ses « élites » – à l’ethnomasochisme. Comment lui donner tort ? C.G. [email protected] ● Jean-Louis Harouel, Les Droits de l’homme contre le peuple, éd. Desclée de Brouwer, 124 pages. 8 — PRÉSENT Samedi 30 avril 2016 www.present.fr Appel à une interprétation authentique de l’exhortation apostolique Amoris laetitia Entretien avec Mgr Athanasius Schneider Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie en Astana, Kazakhstan, donne à Présent son analyse de la toute nouvelle exhortation du pape François. — L’exhortation apostolique Amoris laetitia ne permet-elle pas des interprétations diverses, voires contradictoires ? — L’exhortation apostolique Amoris laetitia [que nous désignerons sous le sigle AL] récemment publiée, contient une grande richesse spirituelle et pastorale concernant la vie dans le mariage et dans la famille chrétienne à notre époque. Mais, malheureusement, elle a aussi donné lieu, en peu de temps, à des interprétations nettement contradictoires, y compris au sein de l’épiscopat. La voie à des interprétations abusives semble avoir été ouverte par le cardinal Christoph Schönborn lui-même qui, pendant la présentation officielle de l’AL à Rome, a dit au sujet des unions irrégulières : « La grande joie que me procure ce document réside dans le fait qu’il dépasse de manière cohérente la division ment, des citations exactes des principes de la doctrine morale de l’Eglise dans la forme sous laquelle ils ont été formulés dans le n. 84 de l’exhortation apostolique Familiaris consortio et dans l’encyclique Veritatis splendor du pape JeanPaul II. Des allusions générales aux principes moraux et à la doctrine de l’Eglise sont certainement insuffisantes dans une matière controversée qui est d’une importance délicate et capitale. Dans le chapitre VIII de l’AL, n. 298, le Pape écrit que l’Eglise reconnaît des situations où « l’homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs – par exemple l’éducation des enfants –, remplir l’obligation de la séparation ». Des représentants du clergé et même de l’épiscopat affirment déjà que, selon l’esprit du chapitre VIII de l’AL, il n’est pas exclu que, dans un cas exceptionnel, les divorcés remariés puissent être admis à la Sainte Communion sans qu’il leur soit demandé de vivre en continence parfaite. Admettant une telle interprétation de la lettre et de l’esprit de l’AL on devrait accepter, si l’on observe une certaine honnêteté intellectuelle et selon le principe de non-contradiction, que le sixième commandement divin qui interdit tout acte sexuel hors du mariage ne serait plus universellement valable, admettant donc « Entre la foi et la vie des enfants de l’Eglise, il ne doit pas y avoir de contradiction » artificieuse, extérieure et nette entre les “réguliers” et les “irréguliers.” » Une telle affirmation suggère l’idée qu’il n’y a pas de différence claire entre un mariage valide et sacramentel et une union irrégulière, entre la vertu et le péché. — Mais on trouve aussi des interprétations plus « classiques » ? — Effectivement, d’un autre côté, certains évêques affirment que l’AL doit être lue à la lumière du Magistère pérenne de l’Eglise et qu’elle n’autorise pas la communion pour les divorcés remariés, même exceptionnellement. En principe, cette affirmation est correcte et désirable. De fait, chaque texte du Magistère doit être, en règle générale, cohérent dans son contenu avec le Magistère précédant, sans aucune rupture. — Comment comprendre de telles différences d’interprétation ? — Analysant avec une honnêteté intellectuelle certaines affirmations de l’AL vues dans leur propre contexte, on découvre une difficulté pour une interprétation selon la doctrine traditionnelle de l’Eglise, de par l’absence d’affirmation concrète et explicite de la doctrine et de la pratique constante de l’Eglise, fondée sur la Parole de Dieu. L’AL est dépourvue, malheureuse- des exceptions. La parole divine du Christ : « Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni » (Mt 19, 6) ne serait plus admis toujours et pour tous les conjoints sans exception. Le pérenne et infaillible enseignement de l’Eglise ne serait plus universellement obligatoire, notamment l’enseignement confirmé par Jean-Paul II dans Familiaris consortio, n. 84 et par Benoit XVI dans Sacramentum caritatis, n. 29, selon lequel la condition pour les divorcés de recevoir les sacrements est la continence parfaite. L’observance du sixième commandement de Dieu et de l’indissolubilité du mariage serait un idéal qui ne serait pas réalisable pour tous, mais en quelque sorte pour une élite. Les paroles intransigeantes du Christ qui demande aux hommes d’observer les commandements de Dieu toujours et en toutes circonstances, même en acceptant pour ce faire des souffrances considérables, c’est-à-dire en acceptant la Croix, ne seraient plus valables. Admettre des couples en « union irrégulière » à la Sainte Communion en leur permettant de pratiquer les actes qui sont réservés aux conjoints du mariage valide équivaudrait à l’usurpation d’un pouvoir qui, cependant, n’est de la compétence d’aucune autorité humaine, parce qu’il s’agirait ici d’une prétention à corriger la Parole de Dieu même. — Quelle attitude l’Eglise recommande-t-elle vis-à-vis des divorcés remariés ? — A l’égard des pécheurs, l’Eglise fait preuve d’une sollicitude attentive, les invitant à une vie de foi, à la prière, aux œuvres de charité et à l’éducation chrétienne de leurs enfants. Mais aussi longtemps que dure leur situation, objectivement contraire à la loi de Dieu, ils ne peuvent recevoir l’absolution sacramentelle, ni accéder à la communion eucharistique, ni exercer certaines responsabilités dans l’Eglise « (Compendium du Catéchisme de l’Eglise catholique, 349). L’Eglise, interprétant infailliblement la vérité divine de la loi morale et de l’indissolubilité du mariage, a observé immuablement, pendant deux mille ans, la pratique d’admettre à la Sainte Communion seulement les divorcés qui vivent en continence parfaite et « remoto scandalo », sans aucune exception ou privilège exceptionnel. La première tâche pastorale que le Seigneur a confiée à son Eglise est l’enseignement, la doctrine (cf. Mt 28, 20). L’observance des commandements de Dieu est intrinsèquement connexe avec la doctrine. Pour cette raison, l’Eglise a toujours rejeté la contradiction entre la doctrine et la vie, qualifiant une telle contradiction comme gnostique ou comme la théorie luthérienne hérétique du « simul iustus et peccator ». Entre la foi et la vie des enfants de l’Eglise, il ne doit pas y avoir de contradiction. Les affirmations du pape François sont très importantes quand le souverain pontife évoque l’intégration des divorcés remariés à la vie de l’Eglise : « Ce discernement ne pourra jamais s’exonérer des exigences de vérité et de charité de l’Evangile proposées par l’Eglise… Il faut garantir les conditions nécessaires d’humilité, de discrétion, d’amour de l’Eglise et de son enseignement… On évite le risque qu’un discernement donné conduise à penser que l’Eglise entretient une double morale » (AL, 300). Ces affirmations louables de l’AL restent toutefois sans spécifications concrètes concernant la question de l’obligation des divorcés remariés de se séparer, ou au moins de vivre en continence parfaite. L’acceptation de la part des divorcés remariés de la vérité qu’ils sont des pécheurs et même des pécheurs publics, n’enlève rien à leur espérance chrétienne. Au contraire, seule l’acceptation de la réalité et de la vérité les rend capables de prendre le chemin d’une pénitence fructueuse selon les paroles de Jésus-Christ. — L’interprétation selon la doctrine traditionnelle de l’Eglise ne suffit donc pas pour recevoir l’exhortation dans sa vérité ? — L’AL contient certainement et heureuse- ment des affirmations théologiques et des directives spirituelles et pastorales de grande valeur. Toutefois, affirmer que l’AL doit être interprétée selon la doctrine et la pratique traditionnelle de l’Eglise reste objectivement insuffisant. Quand on découvre dans un document ecclésiastique, dépourvu de caractère définitif et infaillible, des éléments donnant lieu à de telles interprétations, qui peuvent avoir des conséquences spirituelles dangereuses, tous les membres de l’Eglise, et en premier lieu les évêques comme collaborateurs fraternels du souverain pontife dans la collégialité effective, ont le devoir de signaler respectueusement ce fait et de demander une interprétation authentique. Il est urgent que le Siège apostolique confirme et proclame de nouveau, peut-être sous la forme d’une interprétation authentique de l’AL, la formule citée de Familiaris consortio 84. Tenant compte de la confusion dans la pratique sacramentelle en regard des divorcés remariés et de l’interprétation de l’AL chez les prêtres et les évêques, on peut considérer comme légitime un appel à notre cher pape François, le Vicaire du Christ et « le doux Christ en terre « (sainte Catherine de Sienne), à ordonner la publication d’une interprétation authentique de l’AL, laquelle devrait contenir nécessairement la proclamation explicite du principe disciplinaire du Magistère universel et infaillible en regard de l’admission des divorcés remariés aux sacrements, qui apportera à toute l’Eglise une clarté dans la joie (« claritatis laetitia ») et garantira un amour dans la joie (« amoris laetitia »), un amour et une joie qui ne sont pas « selon la pensée des hommes, mais selon la pensée de Dieu » (Mt 16, 23). Et c’est cela qui compte pour la joie, la vie et le salut éternel des divorcés remariés et de tous les hommes. Propos recueillis par Anne Le Pape [email protected] Un proche de Taubira conseiller de l’épiscopat Harcelés par la presse et sous la pression constante des victimes, les évêques de France ne savent plus à quel saint se vouer, si l’on ose dire, dans ces tristes affaires de pédophilie. Ils cherchent à montrer leur bonne foi, multiplient mea culpa et demandes de pardon et promettent qu’à partir de maintenant, rien ne sera plus comme avant. La dernière initiative en date est la création d’une Commis- sion nationale d’expertise indépendante pour les conseiller dans l’évaluation des situations de prêtres ayant commis des abus sexuels. Il s’agira de les « éclairer sur les missions pouvant être confiées à ces prêtres sans faire courir de risques à des mineurs », selon la Conférence des évêques de France. Le président en choisira les membres selon leur compétence : « juristes, médecins, psychologues, animateurs de mouvements de jeunes, parents ». Pas d’ecclésiastique, ce qui nourrit la suspicion à l’égard du clergé, or il s’agit d’évaluer les missions pouvant être confiées à des prêtres. Certes, l’évêque aura le dernier mot, mais on voit mal qu’il passe outre les recommandations de la Commission. En somme, pour prouver sa bonne volonté, l’évêque devra subordonner son autorité hiérarchique sur ses prêtres au jugement d’une commission laïque. Et ce qui se pose problème également, c’est le président choisi : Alain Christnacht. Il a été conseiller de Lionel Jospin, Premier ministre. Il a surtout été récemment le directeur de cabinet du garde des Sceaux Christiane Taubira, dont le nom restera à jamais lié à la funeste loi sur « le mariage pour tous ». Etre directeur de cabinet est un poste politique qui suppose, au moins, quelque affinité avec le ministre que l’on sert, au point que, parfois, on l’appelle le « ministre-bis ». Les évêques auraient sans doute pu trouver facilement un personnage moins lié à une loi destructrice du droit naturel. Pourquoi lui ? Pour prouver qu’il sera vraiment « indépendant », si ce n’est critique ? L’intéressé défend celle qu’il a servie en ces termes : « C’est une femme dont l’action ne se limite pas au “mariage pour tous” et qui, sur le traitement des prisonniers ou la justice des mineurs, a des positions très proches de l’Eglise. » Les évêques n’ont pas encore démenti que la politique carcérale de Mme Taubira était aussi la leur. GUY ROUVRAIS [email protected]