Candide ou l`optimisme de Voltaire
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Candide ou l`optimisme de Voltaire
Contrôle de lecture séquence 1 : corrigé Candide ou l’optimisme de Voltaire 1. Expliquez le titre : Candide ou l’optimisme avec précision Le titre met en évidence la double visée de l’ouvrage : une visée divertissante par le nom de son héros (le genre du conte) et la visée sérieuse, appelant à la réflexion philosophique sur l’optimisme. Voltaire inaugure ici le « conte philosophique ». Candide, le nom du personnage principal, qui signifie « blanc » en latin (candidus), est l’incarnation de la candeur, de la naïveté ; c’est le trait de caractère principal du héros. Il est droit, dépourvu de préjugés, bon (il éprouve de la pitié devant le nègre de Surinam, par exemple), ce qui lui permettra de remettre en question les leçons de son maître Pangloss (chapitre 19). C’est son apprentissage que l’on suit au cours du conte, au fil de ses désillusions. C’est lui qui coupera la parole à Pangloss, pour formuler la maxime finale : « il faut cultiver notre jardin ». L’optimisme est une satire de la philosophie de Leibniz, un philosophe allemand. Il est prôné par Pangloss, le précepteur de Candide ; l’expression fétiche de Pangloss est « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes », c’est-à-dire qu’il pense que l’univers est régi par une bienveillance générale et est organisé par une harmonie préétablie. Dans cette perspective, tout malheur est relatif et pris dans une chaîne d’effets et de causes qui le transforment en bien. Pour Candide, c’est « la rage de soutenir que tout est bien quand on est mal (chapitre 19). 2. Le conte philosophique est un conte divertissant qui comporte une histoire brève et une accumulation de péripéties et parfois de merveilleux : en quoi Candide répond-il à cette définition ? Candide est une série d’histoires courtes et enlevées, qui ne prennent pas toujours pour cadre un lieu réel (exemple : le mythe de l’Eldorado) et les épisodes se succèdent sans grand souci d’une chronologie réaliste (le héros est embarqué contre son gré d’une aventure à l’autre). De plus, chacun des personnages est stylisé et représente des valeurs ou des comportement (Pangloss, dont le nom signifie en grec « tout langue ») représente les discours vains qui entravent l’action ; Martin représente le pessimisme : il est convaincu que le mal domine sur terre etc. Le conte est écrit pour rendre accessible la philosophie, par des situations concrètes. De plus, une morale apparaît à la fin de ce récit initiatique : « le travail éloigne de n,ous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin ». 3. Comparez les chapitres concernant le bonheur : Cf. document 4. Quelle vision de l’homme et du monde nous donne ce conte ? Voltaire a une vision plutôt pessimiste de l’homme : son comportement est souvent absurde : « L’auto-da-fé » n’a pas empêché la terre de trembler de nouveau à Lisbonne (chapitre 6) ; dans le chapitre 3, les deux camps font sonner des Te Deum après le carnage ; les deux villages ont subi les mêmes exactions, ce qui prouve l’absurdité de la guerre. De plus, Candide constate, au cours de ses expériences, que le mal est partout, ce qui le pousse à remettre en cause la philosophie optimiste. L’homme est belliqueux (chapitre 3), hypocrite (chapitre 3 avec l’exemple du pasteur huguenot), fanatique (chapitres 3 et 6), ils ont le goût de l’argent, du pouvoir, de la domination (oppression paternaliste des jésuites au Paraguay, chapitre 14) ; la nature humaine n’est pas bonne (dixit Martin chapitres 20 et 21), mais malgré son constat très noir, il reste à Candide son amour de la vie et le recours au travail qui éloigne l’homme de l’ennui, du vice et du besoin. On peut reconnaître tout de même quelques personnages positifs dans l’entourage de Candide : l’anabaptiste Jacques, Cacambo, par son dynamisme, la vieille... Voltaire dénonce de manière générale tous les dogmes, les systèmes (philosophiques ou religieux) qui mènent au fanatisme et aux plus grands maux et leur préfère la morale de l’expérience. Cependant, s’il fallait trouver un coupable, ce serait sans doute la Providence (qui est un dogme chrétien : ce mot désigne l’action de Dieu sur le monde : « la Providence, ce sont les dispositions par lesquelles Dieu conduit avec sagesse et amour toutes les créatures jusqu’à leur fin ultime ». Voltaire constate que le mal est partout et que la Providence ne vient pas au secours des hommes. 5. Citez un procédé ou un registre employé pour dénoncer. Donnez un exemple précis Complément : le sous-titre de l’œuvre est : « traduit de l’allemand de M. le docteur Ralph, avec les additions qu’on a trouvées dans la poche du coteur, lorsqu’il mourut à Minden l’an de grâce 1759 ». Le conte de Voltaire dénonce sans cesse, avec virulence, les excès de l’injustice comme le d’intolérance et vise très clairement certains adversaires comme l’Eglise (critique des Jésuites) ; c’est pourquoi pour déjouer la censure et la police, Voltaire publie ses ouvrages à l’étranger et utilise des pseudonymes. Pour Candide, Voltaire a recours à la « fiction auctoriale » c’est-à-dire qu’il « invente un auteur » en prétendant que le livre est écrit par le frère de Candide, traduit par le Docteur Ralph, qui n’existe pas. Le genre du conte est commode car en tant qu’œuvres mineures, romans et contes étaient rarement signés. Candide, Cacambo et le « Nègre de Surinam »
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