L`audit du plan de continuité
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L`audit du plan de continuité
dossier :Audit L’audit du plan de continuité : un contrôle des risques de l’entreprise Antoine Dubois, • La revue n° 78 - Mars 2005 Associé ADVESE, CISA Responsable des activités d’Audit 16 La prise de conscience d’un besoin de gestion de la continuité d’activité est apparue brutalement à la suite de l’incendie du siège du Crédit Lyonnais en mai 1996. Malgré ce choc, son développement dans les entreprises ne s’est fait que très progressivement, et principalement sur les marchés de la banque et de l’assurance. Des évolutions réglementaires récentes, comme la loi sur la sécurité financières en 2003 et une prise de conscience plus claire, par les dirigeants, du poids du système d’information dans leur activité, ont accéléré cette tendance. Le contrôle des risques informatiques comme « maîtrise de la continuité » est devenu une préoccupation réelle de l’entreprise. La gestion d’un plan de continuité d’activité est une discipline à part entière, confiée à des équipes spécialisées issues des services clés de l’entreprise : direction générale, direction métier, ressources humaines et informatiques, responsable de la continuité, etc.. De plus en plus structurée, elle permet à l’entreprise de gérer rapidement une crise suite à une perturbation importante et inattendue de ses activités. Comme toute fonction exécutée peu fréquemment, le plan de continuité nécessite un contrôle périodique de l’ensemble de ses composantes : chaîne décisionnelle, ressources nécessaires et capacité d’activation. Ce sont les caractéristiques des contrôles de cette activité que nous allons essayer de préciser ici. Le plan de continuité répond au besoin impératif de l’entreprise de pouvoir maintenir dans le temps sa capacité opérationnelle pour exercer ses activités profitables. A ce titre, il doit posséder plusieurs éléments : une évaluation précise des dépendances métiers vis-à-vis du système d’information, une stratégie de recouvrement partiel et complet, la description des ressources nécessaires à son exécution, le planning de mise en œuvre et la mesure du niveau de confiance réel dans sa réalisation. Ce dernier point est important, car il traduit l’adaptation du plan aux évolutions de l’entreprise. La durée des cycles informatiques est de l’ordre de 3 à 5 ans, ce qui correspond aussi à la durée de validité maximale d’un plan. Les caractéristiques du plan sont relativement connues, elles servent à adresser un type particulier de risque. L’analyse d’impact notamment, permet d’évaluer les risques de perte de profit en cas d’arrêt d’activité. La stratégie de recouvrement elle, traite les risques de délais et de coûts de la reprise. Certains scénarios de recouvrement possèdent un coût de mise en oeuvre qui peut s’avérer incompatible avec le montant des pertes que l’entreprise pourrait assumer. Après cette étape, les responsables peuvent commencer à construire le plan de reprise en identifiant les ressources internes et externes nécessaires. L’entreprise évalue ainsi son risque de dépendance à l’égard d’une ressource clé : une personne, un système, un processus, un prestataire, etc… Les mouvements importants des effectifs informatiques et l’absence d’une volonté affirmée de capitalisation dans beaucoup d’entreprises conduisent à concentrer fréquemment les savoir-faire entre les mains d’une seule personne. Sur ces derniers points (planning de mise en œuvre et niveau de confiance), l’entreprise mesure sa maturité pour une activité nouvelle. C’est la compréhension et la gestion de l’ensemble de ces risques qui garantissent la capacité de l’entreprise à réagir le jour d’une interruption. Il appartient à l’audit du plan de continuité de l’activité de contrôler tous les éléments cette chaîne. Fondamentalement l’audit du plan de continuité d’activité répond aux règles rigoureuses de tout audit informatique. Il doit être confié à un acteur totalement indépendant de sa définition, mise en œuvre ou participation. La première étape de la démarche correspond à la création d’un périmètre, basé sur l’analyse de l’environnement de l’entreprise. Cette compréhension mobilise des expertises et des expériences variées portant aussi bien sur les métiers de l’entreprise (compréhension des enjeux, des valeurs, des contraintes légales) que sur le système d’information lui-même (compréhension de son organisation opérationnelle, des technologies mises en œuvre, des partenariats). Elle garantit à l’auditeur, la connaissance des risques clés. La seconde étape a pour objectif de définir la charte d’audit. Elle traduit, d’un côté Audit dossier Plusieurs méthodologies sont disponibles pour servir de support à la préparation du contrôle. Les méthodologies généralement utilisées pour l’évaluation de la continuité informatique sont COBIT (Control Objectives for Information and related Technology) ou ISO 17799. L’audit nécessite fréquemment l’utilisation intelligente de plusieurs méthodologies, pour la constitution du référentiel de contrôles adapté à la problématique spécifique du plan de continuité de telle ou telle entreprise. Dans le cadre du plan de continuité, trois catégories de contrôles sont généralement utilisées. La première correspond à l’évaluation effective de la stratégie de continuité d’activité. En règle générale, une entreprise sait définir très précisément son besoin de continuité sur ses métiers de base. Cependant, avec le développement du réseau, l’externalisation des activités annexes et l’augmentation de la dépendance informatique vis-àvis de partenaires, définir une stratégie efficace de continuité d’activité implique la prise en compte de métiers externes à l’entreprise. Il est par exemple impensable pour un constructeur automobile de ne pas tenir compte des flux et des systèmes présents chez ses principaux fournisseurs de pièces détachées pour sa stratégie de continuité. Cela se traduit par la définition précise du métier des partenaires indispensable au fonctionnement de l’entreprise et surtout, par celle de la qualité de la relation mise en place. D’un point de vue légal en France, les prestations de services ne sont pas réellement engagées sur les résultats. Il n’est pas envisageable de couvrir l’intégralité d’une perte de production par le contrat d’externalisation. C’est pourquoi les contrôles doivent vérifier la continuité des processus métiers tant en interne qu’en externe. La seconde catégorie de contrôles s’applique à la constitution du plan de continuité et au document clé qui le constitue, le plan de reprise d’activité. Le plan comprend les ressources, les processus et les systèmes nécessaires à la gestion de la crise. La composante du système d’information est en général la mieux maîtrisée et repose sur une offre technique relativement mature : architecture redondante, unité de stockage de type SAN, clustering géographique, etc… Le choix des systèmes de continuité est dicté par le temps de reprise d’activité souhaité (Recovery Time Objective) et le point de reprise d’activité (Recovery Point Objective). Plusieurs contrôles importants concernent l’efficacité des processus de décision, d’analyse des problèmes et de reconstruction des capacités opérationnelles. Pour cette partie, le plan doit s’appuyer sur les processus de l’entreprise. Une majorité des processus de reprise doit être proche des processus métiers connus et donc maîtrisés. La complexité et les facteurs de risques proviennent généralement de l’enchaînement d’un grand nombre d’activités sur une période de temps relativement courte, plutôt que sur un processus en particulier. En outre, les contrôles doivent aussi vérifier que le plan contient non seulement les opérations de gestion de crise, mais aussi les processus de retour à la normale. Le dernier élément concerne la disponibilité des ressources nécessaires à l’exécution du plan. Les contrôles doivent s’attacher à mesurer l’efficacité de la chaîne décisionnelle. Autre facteur important de risques qu’il convient d’éliminer : la concentration de responsabilités sur une ressource unique. Avec la pression budgétaire actuelle sur la fonction informatique, il est extrêmement rare d’avoir une redondance complète des compétences sur toutes les activités de production. Pour cette fonction largement externalisée, certaines sociétés possèdent même très fréquemment un correspondant unique avec les prestataires en charge de l’exploitation. Comme pour les processus, la disponibilité et la coordination dans un délai court d’un grand nombre de personnes avec des profils très différents constituent les éléments les plus importants à contrôler. La dernière catégorie de contrôles correspond au maintien du plan de continuité en conditions opérationnelles. Il s’agit là de mesurer la réalité des tests effectifs et périodiques, la communication et la formation de tous les acteurs et le cycle d’évolution du plan. La gestion des tests est coûteuse et même risquée pour l’entreprise. Pour une place de marché européenne, la réalisation d’un test de basculement avec un arrêt complet de la production, a nécessité un an de négociation avec l’ensemble des acteurs. Les tests imposent de mobiliser de nombreuses ressources pendant le temps nécessaire à son exécution. Dans certains cas l’entreprise privilégiera de tester périodiquement certaines parties du plan jugées plus critiques que les autres, notamment par crainte du risque d’arrêt de production. Comme dans toute chaîne, la valeur du plan correspond toujours à celle du maillon le plus faible. A ce titre il est fréquent que l’investissement humain nécessaire à la compréhension des différents éléments du plan et du rôle de chacun soit insuffisamment évalué. On le voit, l’élaboration et la gestion d’un plan de continuité d’activité mobilisent une grande majorité des compétences de l’entreprise. Certes les équipes techniques jouent un rôle prépondérant dans le redémarrage des systèmes, mais c’est avant tout la direction générale et les directions métiers qui fixent, en cas de crise, les priorités en terme d’acti- • La revue n° 78 - Mars 2005 la volonté et l’engagement de la direction à contrôler sa capacité opérationnelle et de l’autre, les moyens et ressources nécessaires à une évaluation efficace. La charte est un document de communication et d’engagement. Elle doit être construite comme telle et validée par tous les participants de l’audit. A partir de cette étape, le processus est relativement classique et associe le travail d’évaluation à la rédaction d’un rapport. 17 dossier :Audit vité et de besoins. Le périmètre de l’audit doit inclure l’ensemble des services de l’entreprise. L’une des tendances actuelles consiste à focaliser les efforts du plan de continuité sur la maîtrise des données et leur restauration. La prolifération des solutions garantissant la duplication et la sauvegarde de toute modification, pratiquement en temps réel, en est le meilleur exemple. Or il règne une certaine confusion entre l’importance de la donnée et celle de l’information. Par définition, l’information possède un sens qui la rend compréhensible et exploitable. C’est la continuité d’accès à cette information intelligente que l’on cherche à garantir. C’est cet objectif qui doit influencer la démarche de mise en œuvre du plan. Enfin, il est important d’évaluer précisément le type de risque auquel l’entreprise est soumise. Un cataclysme ou un événement catastrophique majeur sert à faire prendre conscience de la réalité des risques. Dans les faits, ceux-ci ne constituent pas le type de danger auquel l’entreprise doit faire face le plus fréquemment. De plus en plus de sociétés dépendent, par exemple, de flux d’informations (logistique, financier, production) externes pour fonctionner. L’impossibilité de re-synchroniser un flux suite à une interruption de service, peut constituer une source de pertes inacceptable. La mesure de cette dépendance fait partie du périmètre complet de l’audit. Un troisième élément souvent évoqué correspond à la disponibilité des ressources clés dans la gestion de la crise. Or, par nature, leur disponibilité peut être compromise suite à un événement catastrophique. Pour y palier, un niveau de capitalisation minimum de l’information doit exister afin d’être accessible le moment voulu, particulièrement si cette information fait partie des savoirfaire majeurs de l’entreprise. Force est de constater que la pérennisation de l’information fait malheureu- sement partie des budgets fréquemment remis en question par la direction des systèmes d’information. De plus, c’est une démarche qui n’est efficace que lorsqu’elle est imposée par la direction ! En synthèse, l’audit du plan de continuité d’activité obéit à des règles strictes. Il nécessite une connaissance approfondie des enjeux de l’entreprise, des contraintes légales et de son patrimoine technologique. Sa mise en œuvre nécessite une volonté affirmée de la direction générale face à une demande des actionnaires et des sociétés d’assurance. Pour être efficace, la démarche doit s’inscrire dans la durée avec un contrôle périodique de l’activité. Or, faute de moyens, il arrive encore que le principe fondamental de séparation des responsabilités, entre réalisation et contrôle, ne soit pas appliqué, au risque de remettre en cause la validité de l’exercice. EUROPEAN IT AUDIT OPPORTUNITY Sara Lee Corporation (NYSE: SLE), headquartered in Chicago, IL USA is a leading global consumer products company with annual sales of more than $19 billion. Leading brand names in Europe include: Sara Lee, Douwe Egberts, Sanex, AmbiPur, DIM, Wonderbra and Bimbo. THE POSITION IS FOR BARCELONA OR PARIS. ONE IT AUDIT SENIOR WHO CAN BE BASED IN EITHER • La revue n° 78 - Mars 2005 IT Internal Audit Senior 18 Perform reviews of IT general controls, applications, network and platform security to assess IT risks, ensure compliance with IT policies and legislation, and identify opportunities for improvement. Assess technology related business initiatives linked with ERP projects and electronic commerce tools. Must possess an undergraduate degree, plus 3+ years experience with a “Big 4” accounting firm and/or a large corporation’s internal audit department. A professional accounting or IT (CPA or equivalent, CIA, CISA…) qualification is required. These positions offer high career visibility with the potential to move into various roles throughout our businesses in Europe. Travel of 65% to 70% is required. All candidates must speak fluent English and have the ability to speak other European languages. 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