verbiest - KU Leuven

Transcription

verbiest - KU Leuven
COURRIER
België-Belgique
P.B.
2/111 LEUVEN 1
VERBIEST
Bulletin
Trimestriel
Afgiftekantoor 3000 Leuven 1
Vol. XXIV, déc. 2011/janv. 2012
Institut Ferdinand Verbiest
Naamsestraat, 63, bus 4018
B - 3000 Leuven
Katholieke
Universiteit
Leuven
EDITORIAL: L’EGLISE EN CHINE PASSE DES TEMPS DURS
Seule la lettre du Pape Benoît XVI peut encore fournir une solution
En 1958 deux évêques chinois ont été excommuniés par le
Pape Pie XII, parce qu’ils avaient accepté d’être sacrés évêque,
sans nomination par Rome. C’était une époque sombre de
confrontation entre Pékin et Rome, qui a commencé en 1949
quand Mao Zedong avait pris le pouvoir. Pourtant en 1964 le
Pape Paul VI a choisi le chemin du dialogue dans la ligne de son
encyclique “Ecclesiam Suam”. Il était soutenu par son secrétaire d’Etat le cardinal Cassarole. A cette époque des dizaines d’évêques ont été nommés et sacrés illégalement par Beijing, mais
Rome n’a pas réagi.
Jean Paul II a suivi la même route. En tant que Polonais il
avait une approche plus dure vis-à-vis du bloc oriental, avec les
résultats que nous connaissons. Mais dans ses relations avec la
Chine il a pu sagement éviter les nombreuses embûches que lui
avaient tendues certains communistes agressifs, qui voulaient
provoquer la confrontation avec le Vatican. Il s’est abstenu de
critique publique et de reproches à l’adresse des évêques, mais
il a eu la sagesse de chercher un contact personnel avec ces évêques illégaux et à leur demande, il a fait un effort pour les mettre en règle avec le droit canon, l’un après l’autre. A deux exceptions près, tous les évêques illégaux ont été ainsi régularisés.
Le Pape Benoît XVI aussi a suivi la ligne de son prédécesseur quand dans sa lettre pastorale pour l’Eglise de Chine du
30 juin 2007 il s’est adressé paternellement aux deux communautés de l’Eglise intérieurement divisée en lui montrant de sa
compréhension et son estime. Cependant, il les a exhortées à réaliser l’unité par la réconciliation et le dialogue, aussi bien à l’intérieur de l’église qu’avec les autorités. Et cette lettre a eu une
suite heureuse, car déjà en 2009 des délégations de part et d’autre,
à Rome aussi bien qu’à Pékin, ont négocié le point le plus sensible à savoir la nomination des évêques par Rome et Pékin ensemble. Le fait que ces entretiens ont eu lieu peut être considéré comme un tournant historique et a produit des résultats. Grâce
à ces négociations une dizaine d’évêques ont été nommés en accord mutuel. Quelques-uns d’entre eux ont été ordonnés effectivement. Les autorités chinoises ont confirmé récemment que
les négociations avaient même mené à un accord écrit, accepté
de part et d’autre et auquel ne manquait que la signature. Malheureusement pour des raisons inconnues ce document n’a jamais été signé. A partir de novembre les choses ont tourné mal.
Une méfiance mutuelle s’est développée ce qui s’est fait sentir
dans des déclarations publiques. La discorde interne troublait
le dialogue. En novembre 2010 la Chine
a obligé des évêques à ordonner l’Abbé
Joseph Guo, sans nomination de Rome.
D’autres déclarations agressives des deux
côtés ont suivi accompagnées même par
la menace d’appliquer le droit canon et
d’excommunier les responsables, ce qu’on
n’avait plus fait depuis 50 ans. En juinjuillet 2011 la Chine a de nouveau fait sacrer deux prêtres illégalement. Les nouveaux évêques ont été excommuniés l’un
après l’autre. Cela a renvoyé l’Eglise au
temps obscurs des deux excommunications par Pie XII (1958). On se demande
si ce qui se passe maintenant constitue la
fin du dialogue commencé par le Pape
Paul, VI il y a quarante ans. Ce n’est pas
possible!
Les conséquences de cette évolution se
manifestent et pas uniquement sur le plan
diplomatique. Elles se font aussi sentir de
façon dramatique et nuisible sur le plan
pastoral à l’intérieur de l’Eglise en Chine. La tension et la discussion ont semé
Le 12 novembre, le Père Jeroom Heyndrickx donnait une conférence sur «La
encore plus la division entre les croyants,
situation critique de la relation entre Rome et Beijing», pour un groupe de 70
les prêtres et certains évêques. Tout cela
auditeurs dans l’abbaye trappiste de Brialmont (Liège)
dans une communauté ecclésiale qui est
1
en train de se reconstruire avec un dynamisme admirable, qui
chaque année baptise des milliers d’adultes en leur souhaitant
la bienvenue dans la communauté des croyants, où on proclame
le message évangélique avec enthousiasme. Les croyants, les prêtres et les évêques célèbrent dans l’eucharistie leur unité dans le
Seigneur Jésus. Cette vie est perturbée de façon brutale parce
que les autorités n’arrivent pas à résoudre des problèmes juridiques (même des problèmes très importants) par le dialogue.
Il est évident que la façon d’agir de certaines autorités gouvernementales en Chine choque le monde entier. La façon dont
on fait pression sur des évêques et des prêtres pour qu’ils ordonnent des évêques contre leur conscience, montre clairement que
ce qui en Chine veut dire “la liberté de religion” ne correspond
pas au vrai sens de cette expression. Cette façon de faire flétrit
la Chine, un pays d’une grande culture qui mérité sa place parmi les grandes nations. Pour l’Eglise se pose la question: Comment réagir? Angelo Lazzarotto PIME l’a bien dit promptement:
quand la nuit tombe il est inutile de critiquer l’obscurité et de condam-
ner des gens. Il vaut mieux allumer une bougie. Dans l’Eglise en
Chine et ailleurs nous n’avons pas encore compris suffisamment
cette vérité. Nous n’acceptons pas la situation et nous critiquons
les gens. Cela ne renforce pas l’unité dans l’Eglise, au contraire.
Le Pape Jean-Paul II l’a dit encore plus clairement: «Laissezvous conduire par l’évangile. Mettez le droit canon de côté temporairement». Cela ne veut pas dire que la loi ne compte pas, mais
que l’évangile est plus important. La situation actuelle de l’Eglise en Chine et ses relations avec le gouvernement et avec Rome,
constitue une invitation pour tous à réfléchir sur l’évangile et à
relire attentivement la lettre pastorale du Pape Benoît XVI. Cette
lettre insiste sur l’unité par la réconciliation et le dialogue, non
seulement à l’intérieur de l’Eglise mais aussi avec les instances
officielles. C’est la bougie que le Pape allume pour accompagner l’Eglise de Chine dans sa situation obscure actuelle... C’est
la seule bonne issue.
Jeroom Heyndrickx cicm
DE LA POSITION DU SAINT-SIÈGE À L’ÉGARD DE LA NAISSANCE DU
“PROBLÈME DES DEUX CHINES” ET SES RÉACTIONS (1949-1952)
Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame sur la place Tiananmen, à Pékin, la fondation de la République populaire de
Chine. Le lendemain, l’URSS lui accorde la reconnaissance officielle. Ses combats perdus en Chine continentale, le gouverne-
ment nationaliste se réfugie à Taipei sur l’île de Taïwan et ne cesse de se déclarer la seule autorité légitime pour la Chine tout entière. Ainsi naît «le Problème des Deux Chines ». Les puissances au sein du bloc communiste reconnaissent, l’une après l’autre,
le régime de Pékin. Celles du bloc occidental font évacuer leurs
délégations diplomatiques sises à Nankin, ancienne capitale nationaliste. Seule l’internonciature reste sur place, en raison de
la détermination ferme de l’internonce, Mgr. Antonio Riberi
(1897-1967), qui cherche à rapprocher les autorités chinoises des
deux bords.
Ses efforts sont vains. Expulsé de Chine, Mgr. Riberi rétablit
finalement l’internonciature à Taipei en octobre 1952. Ainsi il
met fin à sa situation ambiguë et aux tensions diplomatiques à
Beijing. Nous voulons ici examiner les rapports triangulaires entre Rome - Taipei - Pékin, pendant la première phase de la fondation de la République populaire de Chine, entre 1949 et 1952.
La résistance du Saint-Siège à la poussée
communiste après la 2ème guerre mondiale
Mgr. Antonio Riberi (1897 - 1967)
2
Depuis l’établissement du régime bolchevique en 1917, l’Eglise catholique en URSS connut des persécutions religieuses, dures et persistantes. En 1937, le Pape Pie XI (1922-1939) publie
son encyclique Divini Redemptoris pour condamner le communisme athée et les persécutions en Russie. Soumis à la puissance
soviétique, les régimes communistes de l’Europe de l’Est décrètent des mesures impitoyables contre leurs citoyens chrétiens.
Les délégations pontificales y constituaient, aux yeux des prélats du Vatican, le premier front anti-communiste et étaient maintenues sur place jusqu’à l’expulsion de tous leurs membres. L’intransigeance de la diplomatie pontificale envers le communisme est motivée par l’amour paternel du Souverain Pontife pour
des Eglises locales souffrantes.
Dans la péninsule italienne se manifestait également une influence croissante du parti communiste qui menaçait la nouvelle démocratie italienne d’après-guerre et le développement de
l’Eglise du pays. Face à l’effervescence communiste sur l’échiquier européen et sur le plan international, le St-Siège publia un
décret, le 1er juillet 1949, pour interdire la participation active
et volontaire des croyants au parti communiste et à la diffusion
du communisme, sous peine d’excommunication.
C’est à la doctrine communiste que le St-Siège s’oppose, mais
pas à un Etat particulier. La diffusion du communisme suffit pour
menacer la vie des Chrétiens d’un pays. Pour parvenir à assurer
la vie des Eglises locales et la foi de leurs fidèles, la diplomatie
pontificale demeure impartiale et supranationale, au-dessus des
intérêts temporels des Etats. Le St-Siège demande à ses représentants d’entreprendre des pourparlers avec les autorités. Le
respect des droits humains et le développement des Eglises locales
constituaient les préoccupations majeures dans ces contacts.
Mgr. Antonio Riberi dans la tourmente rouge entre
1949 et 1951
Des rapports diplomatiques entre le St-Siège et la Chine furent établis à partir de juin 1942. Succédant à Mgr. Mario Zanin
(1890-1958, délégué apostolique en Chine de 1934 à 1946), Mgr.
Antonio Riberi est nommé internonce et présente ses lettres de
créance auprès du gouvernement nationaliste à Nankin en décembre 1946.
Après la guerre avec le Japon, la Chine s’efforce de se relever de ses ruines, et le gouvernement nationaliste entreprend un
grand travail de reconstruction. Cependant assez vite les troupes communistes se manifestent dans le nord du pays. La Chine
entre dans la guerre civile.
En vertu de la mission qui lui a été confiée par le St-Siège,
Mgr. Riberi lance un appel aux missionnaires et au clergé chinois leur demandant de rester solidaires de l’Eglise locale dans
ces moments difficiles. Cependant, plus tard, à partir de 1949
quand les persécutions communistes s’accentuent des membres
du clergé et des séminaristes de plus en plus nombreux optent
pour l’exil. Pour le moment, puisque le régime communiste n’est
qu’à ses débuts, ses dirigeants ne font pas preuve ostensible d’une
hostilité acharnée contre les religions. Leur premier souci est la
stabilité sociale et une attitude bienveillante de la population envers le régime. Au niveau national les activités de l’Eglise ne sont
pas encore entravées.
Par une lettre officielle, le gouvernement invite les ambassades
à reconnaître le nouveau régime. Uniquement l’internonciature
ne reçoit pas une telle invitation. Préoccupé par cette isolation
organisée par les autorités de Beijing, Mgr. Riberi essaye à plusieurs reprises de prendre contact avec les dirigeants pour négocier la normalisation des relations mutuelles. La seule réponse qu’il obtient est un silence complet.
Par principe, le St. Siège ne reconnait jamais en premier un
nouveau régime politique. Pour sortir de l’impasse, la Curie espère que la France sera la première des puissances occidentales
pour établir des liens diplomatiques avec la RPC. En effet, le
Vatican, trouve que, parmi les pays catholiques, la France tient
une place importante et privilégiée en tant que «fille aînée de
l’Eglise». Si l’Angleterre, ou les Etats-Unis prenaient l’initiative,
le St. Siège serait gêné, car ces pays sont traditionnellement protestants.
Le cours des événements étouffe cet espoir. Quand la Chine
fournit de l’aide militaire au Vietcong, les guérilleros communistes vietnamiens, les relations sino-françaises deviennent extrêmement tendues. L’Angleterre noue bien des relations officielles avec la RPC à cause de ses intérêts politiques liés en particulier à Hong Kong. D’autre part l’invasion de l’armée chinoise au Tibet alerte les leaders de Washington et de Londres, car
il s’agit d’une extension de l’hégémonie de la Chine dans toute
la région.
Leur silence face aux appels de l’internonce montre que les
dirigeants communistes sont dans l’attente d’une opportunité
pour prendre l’initiative. La guerre de Corée survenue le 25 juin
1950, leur vient au bon moment.
La réalisation de la politique religieuse du régime
communiste et le bouleversement des relations entre
les trois instances
Sous prétexte de venir en aide à la Corée du Nord, les autorités chinoises mobilisent tout le peuple en lançant le «Mouvement de résister aux Etats-Unis et de venir au secours de la Corée». Ce Mouvement a pour but d’embrigader toutes les cou-
Card. Paul Yu Pin (1901-1978)
ches sociales dans le cadre de la stratégie du «Front uni» pour le
rétablissement de l’ordre dans le pays, et ainsi supprimer les dissidents ou les opposants potentiels. Le gouvernement agite le
drapeau du «Mouvement des Trois Autonomies» obligeant les
croyants catholiques à rompre les liens avec le Vatican, considérée comme un Etat faisant partie du bloc impérialiste américain. Les Catholiques chinois qui demeurent fidèles à Rome sont
soumis au «lavage du cerveau» ou simplement liquidés.
Les slogans communistes contre la foi chrétienne visent aussi Mgr. Riberi. A partir du 26 juin 1951, ce dernier est mis en
résidence surveillée. Le 5 septembre, accusé de conspirer avec
les impérialistes occidentaux, il est expulsé sur le champ. Le
8 septembre, il arrive à Hong Kong et y rétablit l’internonciature, à la déception du gouvernement nationaliste à Taipei.
Le St-Siège se garde de transférer l’internonciature à Taiwan,
car Rome craint une réaction acharnée et des représailles de la
part de RPC contre l’Eglise chinoise, si les liens entre Taiwan et
le Vatican se raffermissent. Cependant il faut constater que malgré le fait que Mgr. Riberi demeure à Hong Kong, les persécutions continuent. La réserve du St-Siège est mise en question,
car bien que le Vatican se tient à distance de Taiwan, la pression
sur l’Eglise en Chine ne diminue pas.
Fin mai 1952, la République de Chine (Taiwan) réussit à nouer
des relations diplomatiques avec l’Espagne du Maréchal Franco
par l’intermédiaire de l’archevêque Yu Pin. L’Espagne reste pays
catholique, malgré son régime dictatorial. Cet événement permit un changement d’attitude du Siège Apostolique à l’égard du
Problème des Deux Chines. En août 1952, la Curie romaine décide d’élever la préfecture apostolique de Taipei en archevêché
qui fait partie du 21ème territoire ecclésial de Chine. A l’occasion de la cérémonie du sacre de Mgr. Guo Ruo-shi comme archevêque de Taipei prévue le 26 octobre 1952, Mgr. Riberi se
rend à Taipei pour la présider. Depuis lors, il s’y installe discrètement, afin d’éviter toute polémique dans la presse internationale.
3
La compatibilité entre la lutte contre le
communisme et la normalisation des relations
sino-vaticanes?
La souplesse du St-Siège face à la RPC donne prise aux critiques du clergé et des fidèles à Taiwan. Existerait-il une contradiction entre les deux positions pontificales: le décret d’interdiction
de 1949 et la poursuite de pourparlers avec la RPC?
L’objectif de l’action internationale du Vatican consiste de
mener des négociations par voie officieuse et officielle pour procurer à l’Eglise en Chine une protection légitime et réelle. Le
Problème des Deux Chines place le St-Siège devant un dilemme, sa solution se trouve dans action duale. Mgr. Riberi avait été
accrédité comme internonce auprès du gouvernement nationaliste de Nankin; il va de soi qu’en 1952 il rentre auprès de ce
même gouvernement établi à Taipei et qui se déclare l’autorité
unique exerçant exclusivement la légitimité politique sur toute
la Chine. Dans l’attente d’une opportunité, cette dualité lui permettra également d’ouvrir une voie pour reprendre des négociations avec Pékin. Cependant la Curie romaine demeure confrontée à des difficultés croissantes pour maintenir l’équilibre des
intérêts ecclésiaux entre des deux côtés du détroit, aussi longtemps que l’hostilité entre deux entités adversaires rend la situation tendue et complexe. Il faudra du temps pour cristalliser
l’ambiguïté intrinsèque du Problème des Deux Chines.
Chen Tsung-Ming
“SAINT PÈRE, IL N’Y A PAS D’EGLISE SCHISMATIQUE EN CHINE.
LES CATHOLIQUES SONT DIVISÉS ENTRE EUX SUR BEAUCOUP DE
CHOSES ET IL Y A DES SITUATIONS ILLEGALES, MAIS TOUS
PROFESSENT LA MEME FOI. VOILÀ LA BONNE NOUVELLE”
C’est encore mon évaluation aujourd’hui de la situation de l’Eglise en Chine, même après la confrontation cette année entre Pékin
et le Vatican et après l’excommunication d’évêques chinois en
juin-juillet 2011.
Ces jours-ci j’ai découvert un bref article que j’ai écrit après
cette première visite en 1984 dans Chronica, la publication pour
les nouvelles internes de la Congrégation de Scheut. J’avais l’intention alors de communiquer cette bonne nouvelle sur l’Eglise
de Chine aux pères de Scheut - surtout aux anciens de Chine que malgré les querelles sur les difficultés juridiques (L’Association patriotique, des prêtres mariés etc.) tous les chrétiens en
Chine avaient gardé l’unité dans la foi et avec Rome, qu’ils professaient et célébraient un même Credo dans les célébrations
eucharistiques et les conversations privées.
L’Eglise de Hohhot (Mongolie Intérieure)
Notre attitude d’alors reste notre attitude d’aujourd’hui: essayer de comprendre de l’intérieur de la communauté chrétienne en Chine l’attitude de foi des chrétiens, des prêtres et des évêques et de les confirmer dans leur lutte pour rester fidèles à la
foi unique.
Voilà le contenu de mon rapport présenté au Pape, après ma
première visite à l’Eglise de Chine (Mongolie intérieure) en 1984.
Voici l’article que j’ai signé par le pseudonyme “viator” parce qu’en 1984 je ne voulais pas m’identifier.
SALUTS DE LA MONGOLIE INTÉRIEURE (EN CHINE), UNE ANCIENNE MISSION DE SCHEUT
Le jour de la Pentecôte 1984 j’ai visité Hohhot, la capitale de la région autonome de Mongolie intérieure (le Nord de la Chine).
Des drapeaux multicolores flottaient au vent sur la tour de l’église catholique, construite dans les années 1920 par des pères de
Scheut. Les chrétiens avaient nettoyé l’église auparavant en vue de la fête de la Pentecôte.
“J’espère que vous venez assister à la messe pontificale” m’avait dit l’évêque quelques jours auparavant. “Nous attendons un millier
de chrétiens; c’est la moitié de ceux qui sont venus à Noël parce que maintenant les gens travaillent dans les champs.”
La Pentecôte fut effectivement une grande fête. Déjà dans l’après- midi du samedi les chrétiens, qui venaient de loin, arrivaient dans l’église. Le dimanche de Pentecôte à six heures du matin j’ai vu quelques centaines de cyclistes près de l’église. Une
heure avant la messe l’église était pleine à craquer. Pour tout le voisinage il était clair qu’il y avait une grande fête dans l’église.
A 7h. la procession solennelle faisait son entrée dans l’église: le diacre et le sous-diacre suivis de l’archevêque Wang qui bénissait le peuple. Le chœur sous la direction de l’abbé J.B. Wang chantait “Ecce sacerdos magnus” (la bienvenue au «grand prêtre»).
Le chant était soutenu fortement par un lecteur de cassette sur lequel on avait enregistré les chants grégoriens.. On avait l’impression que toute l’église chantait en chœur. Mgr. Wang - depuis 1951 successeur de Mgr. Louis Morel cicm - a fait une homélie
de 40 minutes. C’était une catéchèse au sujet des dons de l’Esprit Saint et au sujet de la confirmation qu’il allait administrer à une
centaine de fidèles. Devant les quatre confessionnaux il y avait de longues files de chrétiens qui attendaient leur tour.
4
Le choeur a chanté “Veni Sancte Spiritus” (Viens Esprit Saint). La communauté entière s’est agenouillée à ce moment
impressionnant de la liturgie: “Remplis le
coeur de tes fidèles et allume en eux le feu
de ton amour ”. Avec la communauté je
me suis agenouillé et j’ai prié avec eux.
J’avais déjà entendu tant d’histoires (sur
ce qui s’était passé à Hohhot pendant la
persécution de la révolution culturelle) et
je traouvais tellement extraordinaire qu’en
ce moment je me trouvais moi-même à
Hohhot, priant avec une grande communauté de chrétiens le jour de la Pentecôte. Je me suis dit: ‘Tous ces gens ont tellement souffert. Dieu sait combien de doute et de douleur il y a encore dans les
coeurs de ces gens qui se sont agenouillés
ici et prient avec moi. Malgré tout ce qui
s’est passé nous prions ensemble un seul
Credo, nous partageons une seule Eucharistie. Je me rappelais la prière de Jésus:
«Que tous soient un»
P. Heyndrickx en 1984 à Hohhot (Mongolie Intérieure) en bicyclette cherchant
où se trouve l’église Catholique.
Après mon retour en Europe, j’ai montré à mes amis les photos de cette communauté en prière en Mongolie intérieure. Plusieurs fois on me posait la question: «S’agit-il de l’Eglise patriotique ou de l’Eglise fidèle? C’est une question que beaucoup se posent spontanément sans y voir un problème. Pourtant nous devons nous rendre compte que cette question implique un
jugement. On qualifie certains de “fidèles” et par conséquent d’autres “d’infidèles”. Mais qu’est-ce que nous en savons et avonsnous le droit de prononcer un tel jugement? La vérité c’est qu’en Chine il n’y a ni une «Eglise patriotique» ni «une Eglise fidèle».
Ce qui existe ce sont des communautés comme j’en ai rencontré une en Mongolie intérieure: une communauté ecclésiale chinoise
priant ensemble. Il y a bien sûr des tensions mais pas de schisme. Dieu soit loué!
Evidemment on ne peut pas nier que le gouvernement chinois a établi en Chine une “Aassociation catholique et patriotique”
(il ne s’agit pas d’une «Eglise patriotique»!). Cela s’est passé dans les années cinquante. Quelques évêques, prêtres et croyants en
sont devenus membres. Le gouvernement utilise cette association pour réaliser sa politique religieuse. Dans d’autres religions en
Chine des associations pareilles existent. Cela suscite des frictions, des points de vue différents, des malentendus entre les “collaborateurs” et les autres, surtout à cause de déclarations critiques à l’adresse du pape et aussi à cause du mariage de certains prêtres qui continuent à célébrer l’eucharistie etc ... Tout cela a créé une situation comme on en a connu une en Belgique après la
Révolution française avec des prêtres assermentés et non assermentés. N’oublions pas non plus que tous les Chinois - non seulement les catholiques - sont sortis traumatisés par Révolution culturelle. Il faut pourtant reconnaître que les catholiques ont été
frappés de façon particulièrement dure.
Tout cela m’est venu à l’esprit à Hohhot
pendant qu’à genoux je priais “Viens Esprit
Saint”. Toute communauté chrétienne qui
s’agenouille devant le Seigneur reconnaît
ses fautes. Cela s’applique aussi à l’Eglise chinoise. Certains chrétiens agenouillés
à côté de moi se sont sans doute débattus
dans leur cœur avec tout ce qu’ils avaient
vécu pendant la révolution culturelle. Je
me suis fait la réflexion suivante: il s’agit
d’une Eglise blessée. Pourtant c’est une
véritable communauté ecclésiale parce
qu’ils réussissent à prier ensemble et à
chanter le Credo. Peut-être sera-ce précisément leur courage de prier ensemble
qui les mettra en état de surmonter leurs
différences internes. Heureusement les
Chinois ont le sens de l’harmonie et de la
paix. C’est leur don naturel.
J’ai pensé alors à ce qu’un prêtre chinois a dit: “Tu n’étais pas ici quand tout
cela s’est passé. Tu n’en sais rien et il ne faut
donc pas en parler et encore moins nous
Condamner”.
Pentecôte 1984: Messe pontificale à Hohhot: Mgr. Francis Wang assisté de
prêtres, tous mariés pendant la Révolution culturelle
5
Après la messe je leur ai dit adieu. “Restons unis dans la prière”, a dit un prêtre et un autre a ajouté: “Nous espérons que les
problèmes avec Rome seront vite résolus”. Et Monseigneur Wang
a dit: “Saluez tous les pères de Scheut qui ont travaillé ici! Ditesleur que nos chrétiens d’aujourd’hui sont encore plus fervents et plus
nombreux qu’avant!... Ils viennent à la messe librement sans qu’ils
en obtiennent aucun avantage...”
C’est précisément ce que je veux faire dans cet article: pendant mon séjour en Mongolie intérieure transmettre les saluts à
tous les pères de Scheut, anciens missionnaires de Chine. L’Eglise
y a connu des temps durs. Peut-être des questions et des doutes
restent-ils dans les coeurs de certains. Mais pour moi il est clair:
Eux ils sont l’Unique et Sainte Eglise Catholique et Apostolique en Mongolie intérieure. Pouvoir affirmer cela signifie beaucoup. Cela nous rend joyeux et tranquilles en même temps. Dans
cette réflexion tranquille ils peuvent nous apprendre beaucoup.”
Viator
Chez des croyants d’une communauté
clandestine. Le Saint-Sacrement est
gardé dans un sac au mur
Après avoir relu cet article daté de 1984, avec dans la tête la
situation de l’Eglise en Chine aujourd’hui je communiquerai au
Pape le même message qu’après ma visite en 1984 à savoir:
“Saint Père il n’y a pas d’Eglise schismatique en Chine. Les
catholiques sont divisés entre eux sur beaucoup de choses et il y
a des situations illégales, mais tous professent la même foi. Voilà la bonne nouvelle.”
En effet ce qui est illégal aujourd’hui peut à la longue devenir légal, après un long dialogue. La loi est entre les mains de
l’Eglise, mais la demande d’unité vient du Seigneur Jésus lui-
même. Il s’agit de l’essence de l’Eglise. Pour la garder nous devons faire tout ce nous pouvons. Voilà pourquoi, si j’écrivais un
rapport au Pape maintenant, j’y ajouterais probablement ce qui
suit:
“Saint Père, votre appel à l’unité, la réconciliation et le dialogue (aussi avec le gouvernement chinois) adressée à l’Eglise
de Chine dans votre lettre pastorale (30 juin 2007) reste pour
nous, à côté de l’évangile, le document le plus important qui doit
nous guider et inspirer pour sortir de la confusion actuelle. La
façon dont le gouvernement chinois traite les évêques ces joursci et leur enlève toute liberté de religion est humiliante et honteuse pour une grande nation comme la Chine. C’est le problème de la Chine, pas le
nôtre. Mais peut-être avons-nous, de la part
de l’Eglise, dans la confusion actuelle, oublié votre appel de poursuivre le dialogue
pour nous engager brusquement dans le
chemin de la confrontation sans perspective. C’est dangereux. La confrontation ne
conduit presque jamais à un résultat positif. Elle produit des émotions de part et
d’autre et l’histoire de l’Eglise nous apprend qu’elles peuvent parfois s’écarter du
droit chemin ... Certains schismes ont été
causés de cette façon. Il est donc grand
temps que nous retournions à votre appel
à l’unité, la réconciliation et le dialogue...
Quel que soit l’effort de notre côté, le dialogue produit plus de fruits que la confrontation. “
Retournons donc à la lettre du Pape.
Reste à savoir si tous sont d’accord là-dessus.
Jeroom Heyndrickx cicm
Dialogue amical avec quatre prêtres mariés (à Hohhot en 1984), cherchant
ensemble le chemin pour légaliser ce qui était illégal.
6
LE P. LUO XUEGANG A ÉTÉ ORDONNÉ SOUS HAUTE SÉCURITÉ
ÉVE
| QUE COADJUTEUR DE YIBIN, EN PRÉSENCE D’UN ÉVE
| QUE
EXCOMMUNIE
ornements épiscopaux, aux côtés de quatre autres évêques «officiels» reconnus par
le Saint-Siège, à savoir Mgr Paul He Zeqing, évêque de Wanzhou, Mgr Joseph Li
Jing, évêque de Ningxia, Mgr John Baptist
Yang Xiaoting, évêque de Yulin, et Mgr Paul
Xiao Zejiang, évêque coadjuteur de
Guiyang. Selon un prêtre de Leshan interrogé par l’AFP, Mgr Lei Shiyin a concélébré l’eucharistie, sans toutefois participer
directement au rituel d’ordination du nouvel évêque.
Dans la matinée du 30 novembre, le P. Peter Luo Xuegang, 47 ans, a été ordonné évêque coadjuteur du diocèse de Yibin
Dans la matinée du 30 novembre, le P. Peter Luo Xuegang,
47 ans, a été ordonné évêque coadjuteur du diocèse de Yibin.
Accompagnée d’un important déploiement policier, l’ordination
épiscopale lui a été conférée par Mgr John Chen Shizhong, 95
ans, évêque en titre de Yibin. Cinq autres évêques étaient présents autour de l’autel de l’église Sainte-Marie, dont Mgr Paul
Lei Shiyin, évêque illégitime de Leshan, sous le coup d’une mesure d’excommunication depuis son ordination le 29 juin dernier.
Le 28 novembre, le responsable de la Salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico
Lombardi, avait exprimé le souhait que, lors
de l’ordination du P. Luo Xuegang, «les normes de l’Eglise soient respectées, c’est-à-dire
que les fidèles soient informés de l’approbation
du candidat par le Saint-Siège et qu’aucun
évêque illégitime ne participe à la célébration liturgique». Selon les informations disponibles, il semblerait que les conditions
demandées par le Saint-Siège concernant
le déroulement de la cérémonie n’aient pas
été observées.
Ce 30 novembre, le Vatican n’a pas publiquement réagi à
l’événement. Le 18 mai dernier, à l’approche de la fête de Notre
Dame de Sheshan (sanctuaire marial proche de Shanghai), le
pape Benoît XVI avait invité les évêques, les prêtres et les catholiques de Chine à «dépasser la tentation d’un chemin indépendant de Pierre», ajoutant: «A Marie, je demande d’éclairer ceux qui
sont dans le doute, de ramener les égarés, de consoler les affligés,
de fortifier ceux qui sont empêtrés dans les flatteries de
l’opportunisme.»
Eglises d’Asie, 30 novembre 2011
Déjà la veille, lors de la répétition générale de la cérémonie,
le nombre d’agents du gouvernement et de membres des forces
de l’ordre était plus important que celui
des catholiques locaux. Ce 30 novembre,
le quartier entourant l’église catholique
avait été bouclé et les invités à la messe
d’ordination avaient reçu instruction de
se présenter sur les lieux trois heures avant
l’ouverture de la célébration. Des contrôles d’identité avaient été mis en place et
aucun téléphone, appareil photo ou bouteille contenant un liquide n’était autorisé dans l’enceinte délimitée par des portiques de sécurité.
Présidée par Mgr Chen Shizhong, la
messe a débuté à 9 heures pour finir deux
heures et demie plus tard. A la célébration suivie par une foule de 800 fidèles, assistaient 61 prêtres, 35 religieuses, de nombreux représentants des autorités ainsi que
plusieurs délégués religieux non catholiques. Mgr Lei Shiyin, évêque excommunié après avoir accepté, en juin dernier,
l’épiscopat pour le diocèse de Leshan sans
mandat pontifical, se tenait, revêtu de ses
Mgr. John Chen Shizhong, 95 ans, évêque en titre de Yibin, et le P. Luo Xuegang
7
SHANXI: LES AUTORITÉS INTERVIENNENT DANS LE FONCTIONNEMENT
DU GRAND SÉMINAIRE RÉGIONAL ET BLOQUENT LA REPRISE DES
COURS
Mgr. Peter Wu Junwei
Début septembre, après les vacances d’été, les cours auraient
dû reprendre au séminaire régional du Shanxi, le grand séminaire de Montecorvino, installé à Xiazhuang, dans le diocèse de
Taiyuan. Les quelque 70 séminaristes qui s’y préparaient au sacerdoce ont toutefois reçu instruction de rester chez eux dans
l’attente d’une hypothétique reprise des cours, la direction du
séminaire faisant l’objet d’un bras de fer entre les évêques qui
ont la tutelle de l’établissement et les autorités locales, qui veulent maintenir en place un recteur démis de sa fonction par les
évêques.
L’origine des difficultés que rencontre le séminaire de Montecorvino remonte à l’an dernier, lorsqu’en septembre 2010, le
recteur alors en poste, le P. Peter Wu Junwei, apprécié de tous
au sein de l’Eglise locale, avait été ordonné évêque du diocèse
de Xinjiang (Yuncheng), dans le Shanxi. Pour le remplacer, les
évêques de la province avaient nommé le P. Anthony Chang Tongxi, un prêtre du diocèse de Taiyuan dont l’ordination remontait
à 1989. Rapidement toutefois, le P. Chang, aujourd’hui âgé de
45 ans, n’a pas donné satisfaction. Selon des sources ecclésiales
locales, tant sa conduite personnelle que sa gestion des finances
du séminaire ont laissé à désirer. Il lui a de plus été reproché de
se montrer trop proche des autorités locales.
C’est ainsi que, le 18 juin dernier, à la faveur d’un conseil
d’administration, Mgr John Huo Cheng, évêque de Fenyang et
président du conseil d’administration du séminaire, a annoncé
que le P. Chang était démis de ses fonctions, la décision étant à
effet immédiat. Avec quelques jours d’avance, il était aussi mis
fin aux classes et les séminaristes étaient mis en vacances d’office
pour la durée de l’été. Trois évêques et deux administrateurs diocésains ont pris part à ce conseil d’administration.
Selon les informations disponibles, le Bureau des Affaires religieuses du Shanxi s’est alors saisi de l’affaire, affirmant que le
conseil d’administration n’avait pas autorité à agir sans accord
officiel et que ses décisions contrevenaient par conséquent aux
règlements sur les affaires religieuses. Instruction a été donnée
à Mgr Huo de revenir sur ses actes et d’annuler toutes les mesures prises concernant le séminaire. L’évêque refusant, semblet-il, d’obtempérer, les autorités ont décrété que les cours ne reprendraient pas comme convenu en ce début du mois de septembre.
Pour sa part, le P. Chang dément toute intervention des autorités dans cette affaire. «Je suis un prêtre catholique. J’obéis aux
évêques. J’attends toujours que le conseil d’administration trouve
une solution à cette situation et prenne une décision», a-t-il déclaré le 15 septembre à l’agence Ucanews. «Si le conseil
8
d’administration estimait que je ne faisais plus l’affaire, il
aurait dû me le faire savoir à l’avance, mais cela n’a pas
été le cas», a-t-il ajouté, précisant que les accusations et
les rumeurs qui circulent à son sujet sont fausses. Cependant, il affirme qu’il ne faut pas voir dans ces événements «une lutte de pouvoir».
Pour les séminaristes et leurs enseignants (le séminaire compte huit professeurs à temps plein et cinq à
temps partiel) ainsi que pour les prêtres du Shanxi, la
querelle qui se développe est «triste et dommageable».
Un ancien élève du séminaire, devenu prêtre, renvoie
dos à dos les parties en présence. «Le P. Chang peut ne
pas être très souple dans son management du séminaire ni
très transparent en matière financière, mais la décision du
conseil d’administration a sans doute été hâtive », estimet-il, tout en déplorant l’intervention du gouvernement
dans l’affaire, laquelle «ne fait que compliquer la situation».
Selon un autre témoignage, le danger qui désormais
menace le personnel enseignant est d’être entièrement
renouvelé au cas où le P. Chang retrouverait son poste
avec l’aide des autorités. «Ce sont les séminaristes qui souffriront
le plus de tout ceci», précise cette source. De plus, les évêques de
la région hésiteront désormais à envoyer leurs jeunes en formation à Taiyuan, alors que jusqu’ici le séminaire avait bonne réputation. Déjà, sans attendre une éventuelle réouverture du grand
séminaire, des étudiants suivent des cours dans leurs diocèses
respectifs.
Pour un des responsables de l’Eglise dans le Shanxi, le gouvernement se doit d’autoriser la réouverture du séminaire: «Le
conseil d’administration a statué et a décidé que le recteur ne convenait pas. Ce sont les évêques qui détiennent l’autorité pour diriger
et orienter le séminaire ainsi que la formation des futurs prêtres. Ce
sont là des affaires qui ne regardent que l’Eglise.»
Le grand séminaire de Montecorvino a été fondé dans les années 1930 par Mgr Agapitus Fiurentini, franciscain italien, vicaire
apostolique du Nord-Shanxi. C’est lui qui a consacré le territoire
à Mgr Giovanni da Montecorvino (Jean de Montcorvin) (12471328), franciscain et premier archevêque ayant vécu en Chine.
Après avoir été fermé pendant près de soixante ans, le grand
séminaire, qui dépend du diocèse de Taiyuan, a rouvert ses portes en 1985, avant de déménager en 2000 dans les locaux qu’il
occupe actuellement à Xiazhuang, un quartier de la ville de
Taiyuan.
Eglises d’Asie, 16/09/2011
Le Grand Séminaire régional de Shanxi
“IL EST IMPORTANT DE PORTER LE TEMPLE DE DIEU DANS NOS COEURS”:
MGR. FRANCIS AN CONSACRE UNE ÉGLISE QUI EST REVENUE À LA
COMMUNAUTÉ CATHOLIQUE
fants de Dieu dignes de ce nom″, a dit Son Exc. Mgr. Francis An
Shu Xin, Coadjuteur du Diocèse de Bao Ding dans la province
de He Bei, encourageant les fidèles pendant la consécration de
l’église du village de Sui Cheng. Conformément aux informations reçues par Fides, plus de 300 fidèles ont participé à la consécration qui a eu lieu le 30 août. La messe a été concélébrée par
15 prêtres, avec la participation des religieuses de la Congrégation diocésaine des petites Soeurs de Sainte Thérèse et de la
Congregation diocésaine du Coeur immaculé de Marie. Le village de Sui Cheng a environ 3.000 habitants, dont une centaine
sont des catholiques fervents. Ils ont été rejoints par beaucoup
d’autres fidèles des quartiers d’alentour. Selon les fidèles locaux, “la nouvelle église nous a donné la possibilité de prier et de
célébrer l’eucharistie de façon convenable. En même temps c’était
un appel à l’évangélisation”.
Mgr. Francis An Shuxin pendant une célébration de l’eucharistie
“Il n’y a rien de mal qu’une église soit petite et simple, aussi longtemps que nous pouvons y prier et célébrer l’Eucharistie. Il est important de porter le temple de Dieu dans nos coeurs, décoré de prière et de bonnes actions, parce que nous sommes réellement des en-
Cette église a été construite par des missionnaires Lazaristes
français en 1901 et consacrée au Sacré-Cœur de Marie. Après
la Révolution culturelle et grâce à l’évêque et aux prêtres diocésains, l’église qui avait été utilisée pendant de longues années
pour des activités profanes, a pu finalement rejoindre la communauté catholique au début de cette année. Elle était en très
mauvais état. Les prêtres et les fidèles ont décidé de la reconstruire eux-mêmes, ce qu’ils ont fait en deux mois. Aujourd’hui
la communauté locale peut se réunir dans un bâtiment d’une longueur de 15 mètres, d’une largeur de 6 mètres et d’une hauteur
de 7 mètres. Il y a de la place pour 300 fidèles.
Agence Fides, 05/09/2011
L’UNIVERSITE CATHOLIQUE FU REN ACCORDE UN TITRE
HONORIFIQUE A MGR. SAVIO HON TAI-FAI
L’archevêque Savio Hon reçoit un doctorat Honoris Causa
de l’Université Catholique Fujen à Taipei (déc. 2011)
Les Cardinaux Paul Shan et Joseph Zen, ainsi que des évêques et des personnalités politiques ont assisté à la cérémonie.
La dissertation doctorale de Mgr. traite de la figure du Cardinal
Celso Costantini, le premier délégué apostolique en République de Chine, défenseur passionné du peuple chinois contre les
pouvoirs occidentaux, avocat d’une hiérarchie chinoise, promoteur de l’intégration de l’évangile dans la culture chinoise. Il a
traité aussi des défis actuels du sécularisme à Taiwan et du contrôle politique de la foi en Chine.
Taipei (AsiaNews) − L’Université catholique de Taiwan, Fu
Ren Da Xue a accordé un titre honorifique en philosophie à Mgr.
Savio Hon Tai-fai, secrétaire de la Congrégation de l’évangélisation des peuples. «Ce titre − a dit Mgr. Hon à AsiaNews − me
fait sentir encore plus uni avec le Saint Siège dans la promotion du
progrès culturel et de l’intégration du message chrétien dans la culture chinoise.» Le secrétaire de la Propaganda Fide espère que
cet engagement contribuera à l’évangélisation de la Chine, à
condition que les chrétiens restent fidèles au Pape et à leur identité.”
La cérémonie solennelle a eu lieu dans l’auditoire “Cardinal
Cushing”, situé à quelques kilomètres de la capitale de Taiwan.
Deux cardinaux importants étaient présents, le Cardinal Paul
Shan, archevêque émérite de Kaohsiung et le Cardinal Joseph
Zen, évêque émérite de Hong Kong, avec quelques évêques de
Taiwan (Mgr. Peter Liu de Kaohsiung, Mgr. John Hung, Archevêque de Taipei), la Faculté et l’Ambassadeur de la République
de Chine près du Saint Siège Larry Wang.
Après un moment de prière, plusieurs personnalités sont intervenues pour souligner la valeur du candidat pour le doctorat
honorifique et ont rappelé son engagement comme prêtre salésien, comme professeur à Hong Kong et en Chine, jusqu’à sa nomination comme secrétaire de la Propaganda Fide, «le citoyen
chinois le plus haut gradé au Vatican». Tous ont souligné que l’intégration de Mgr. Hon dans la faculté met en valeur la mission
pour laquelle l’université a été fondée: l’évangélisation du monde à travers la culture chinoise
9
Mgr. Hon rencontre le team de l’Institut Verbiest à Taipei
(2011)
Le président de Fu Ren, le Dr. Bernard Li a souligné que l’engagement culturel implique aussi le témoignage et il a cité le Cardinal Shan, qui vient d’atteindre l’âge de 90 ans et a été opéré
d’un cancer, qui se fatigue encore pour la mission de l’Eglise à
Taiwan et en Chine et le Cardinal Zen, qui récemment a jeûné
pour défendre la liberté de l’éducation à Hong Kong contre les
revendications de contrôle gouvernemental du territoire.
L’Université Fu Ren a été fondée en 1925 à l’initiative de quelques évêques, religieux et laïcs en Chine et avec le soutien vigoureux du Cardinal Celso Costantini (1876-1958), premier délégué apostolique en République de Chine et défenseur convaincu de l’inculturation de la foi dans la mentalité chinoise. Il a appuyé aussi l’organisation de cours de culture chinoise traditionnelle dans les séminaires, le premier synode de Shanghai (1924),
le sacre des six premiers évêques chinois (1926), la mise en œuvre d’un art chrétien chinois en peinture et en architecture. Une
étude objective de Costantini peut montrer la gratuité de beaucoup de slogans idéologiques en Chine dans le passé et encore
aujourd’hui. Après la prise de pouvoir par Mao Zedong l’université fut fermée, les bâtiments saisis et les missionnaires expulsés. Mais en 1961 l’université a été rouverte avec les mêmes
idéaux. Cette année on célèbre le cinquantenaire de son existence sur l’île.
Mgr. Hon a consacré sa dissertation au personnage de Celso
Costantini, en illustrant son amour pour le peuple chinois et sa
culture, sa condamnation des pouvoirs occidentaux et leurs plans
d’expansion en Chine, sa générosité pour les pauvres et son effort continu pour présenter le christianisme, non pas comme une
foi des colonialistes, mais comme la révélation du Christ, l’accomplissement du désir de la religion chinoise. Citant un diplomate chinois, qui s’est converti plus tard au christianisme au et
est devenu bénédictin, Lou Tseng-Tsiang, Mgr. Hon a fait le lien
entre la foi Taoiste et la foi catholique, dans cette phrase «Au
commencement était le Tao et le Tao s’est fait chair...», parce que
«le Christ est le Tao qui récapitule toute sagesse».
Visiblement ému à la fin de la cérémonie, Mgr. Hon a exprimé à AsiaNews ce que le doctorat signifie pour lui en disant: «Je
suis vraiment honoré par ce geste. Et cela pour deux raisons. D’abord
parce que cette université a été fondée en 1925 par le Saint-Siège,
avec un objectif spécifique: la formation intellectuelle de laïcs et de
prêtres. Ce doctorat m’unit encore plus fortement à l’engagement
du Saint Siège pour la promotion du progrès culturel chrétien et son
intégration dans la culture chinoise».
«La deuxième raison est que le fondateur de Fu Ren fut le cardinal Celso Costantini, délégué apostolique en Chine à cette époque. La découverte de ce personnage était une merveille pour moi.
Sa mentalité exprime son amour pour la Chine, qui s’est révélé dans
sa passion pour un art et un style chrétiens chinois, dans son attention pour les grandes et les petites personnalités, tout à fait comme
Matteo Ricci. Tout cela fait de lui un modèle créatif et adapté à son
temps pour tous ceux qui veulent être missionnaire en Chine
aujourd’hui. Le Cardinal. Costantini a été en un certain sens mon
prédécesseur [Il a été secrétaire de la Propaganda Fide à partir de
1935] dans son engagement pour cette université et je suis heureux
de faire partie de cette tradition.»
En ce qui concerne la probabilité de réussite de cet engagement, aussi bien en Chine qu’à Taiwan Mgr. Hon a expliqué:
Quant à l’avenir de la relation entre la culture chinoise et la culture chrétienne, il n’y a pas d’obstacles à Taiwan. Il y a pourtant
des problèmes en Chine. A Taiwan. Il y a le défi interne du sécularisme, qui est très fort dans la société. En Chine, le sécularisme n’est pas fort pour le moment, vous n’avez qu’à regarder le
nombre de conversions au catholicisme [150.000 par an].
Mais en Chine les défis externes et les obstacles de nature politiques pour la foi sont plus forts. Ce qui est important c’est que
les croyants restent loyaux à leur identité chrétienne et au pape.
Bernardo Cervellera, Asianews 12/01/2011
INAUGURATION DE LA PLUS GRANDE PLACE DANS LA STEPPE DE
LA MONGOLIE INTÉRIEURE CONSACRÉE À “NOTRE DAME DE
MONGOLIE”
La plus grande et la plus belle place dans la steppe de la Mongolie intérieure, dans le diocese de Bao Tou, a été inaugurée il y
a quelques jours et consacrée. Plus de 3.000 fidèles étaient présents à l’inauguration et la bénédiction de la place et de la statue de Notre Dame de Mongolie, présidées par trois évêques diocésains, les Ordinaires de Hohhot (Suiyuan), Ji Ning et Bayanur
Meng (shanba) . Environ 30 prêtres ont pris part à la concélébration. A cette occasion, les 40 universités catholiques qui prennent part au “Camp Life of Faith” ont présenté un spectacle sur
le thème de la dévotion à Notre Dame.
D’après ce qui a été rapporté à Fides par Faith de He Bei, la
place qui mesure 7.488 mètres carrés avec une ceinture verte de
4.000 mètres carrés, se trouve en face de l’ancienne église d’Ershisiqingdi, qui a été construite en 1904 et est considérée historiquement comme le point de départ de la dernière phase d’évangélisation du diocèse actuel de Bao Tou. L’église était également la cathédrale du diocèse. La statue de Notre Dame est hau10
te de 8,42 mètres, pèse 1500 kg et elle porte des vêtements traditionnels mongols, tenant l’enfant Jésus dans ses bras. C’est
pourquoi elle a reçu de la part des fidèles avec grande dévotion
le nom de Notre Dame de Mongolie.
L’Inauguration de la place termine la reconstruction et la restauration du complexe pariossial, commencées en juillet 2009
avec l’aide financière des autorités locales − 3 millions de yuan
(environ 400.000 euros), dans le but de vivifier une zone de tourisme religieux et culturel autour de l’église. Le curé a pris l’initiative pour intensifier l’évangélisation et les soins pastoraux.
A cet effet il a commencé à collectionner des objets sacrés,
des habits liturgiques, des photos, des livres liturgiques .... appartenant à l’église et qui se trouvaient dans les mains des fidèles et d’autres laïcs. Finalement il a été en mesure d’ouvrir une
exposition dans la petite chapelle à l’intérieur de l’église, consacrée à l’histoire de la paroisse. C’est la première paroisse du diocèse qui a une exposition au sujet de son histoire. Selon le prêtre, plein de confiance et d’enthousiasme pour l’avenir de l’évangélisation, Notre Dame protègera notre mission d’évangélisation.
Agenzia Fides 14/09/2011
Gerard Van Asperen, Missionering in China. Pater Peregrinus
Teunissen OFM
Débuté comme une recherche des traces de son oncle prêtre Peregrinus Teunissen OFM en Chine, dans l’espoir d’aboutir à
une chronique familiale, l’ouvrage est finalement devenue une monographie. Ainsi l’auteur nous fournit une contribution précieuse à la mise par écrit d’une part de l’histoire missionnaire de cet immense pays qu’est la Chine. Une part infirme d’un grand
puzzle.
À partir de matériel photographique original de Peregrinus
lui-même, assorti d’un commentaire captivant par quelqu’un qui
a été plusieurs fois sur place, se développe aux yeux du lecteur
une image de la vraie vie d’un missionnaire dans la province
Hubei en Chine. Ce territoire de mission fut confié aux Frères
mineurs belges en 1891. Il a été marqué à plusieurs reprises par
le sang de missionnaires qui ont été qualifiés de martyrs.
Avec cette publication Gerard van Asperen a rendu hommage à un membre de sa famille, mais il a aussi fourni une belle
contribution dans le cadre de l’histoire des Frères mineurs belges en Chine, telle qu’elle a été écrite par Carine Dujardin en
1996. En outre la mise en valeur de la correspondance envoyée
par le P. Peregrinus à sa famille combiné aux voyages de Gérard
et de son épouse, Margriet Veuskens sur les lieux où a vécu leur
oncle a rendu l’histoire des Frères mineurs hollandais et belges
en Chine, et nous a rendus beaucoup plus proches des événements. Leurs voyages font le pont avec le passé, qui ainsi est actualisé.
Si vous désirez plus d’information sur cette publication, ou si vous
voulez commander un exemplaire, veuillez contacter notre secrétariat ([email protected])
11
LA MISSION CHINOISE DE LEO VAN DIJK CICM (1878-1951) EN
BELGIQUE (1912-1920)
pastoral du 11ième régiment de ligne, stationné à l’époque à l’ancienne abbaye de Herkenrode à Hasselt. Cette nomination spéciale pour fonctionner comme aumônier (“prêtre agréé”)2 de la
garnison mentionnée, a précédé son ordination (le 13 juillet 1902).
Peu de temps après il est parti pour la Chine (15 septembre
1902) où la jeune congrégation était de plus en plus active depuis 1865. Après un an d’étude de la langue et de formation pastorale il a travaillé pendant 10 ans comme prêtre paroissial et
professeur de français (1902-1912) à Lanzhou, la plus grande ville
du vicariat du nord-Gansu3. En septembre 1912 Di Hua Chun
(V ft S: le nom chinois de Leo Van Dijk) a été rappelé en Belgique pour une année sabbatique. Vers la fin de cette interruption bienvenue il s’est rendu utile comme co-organisateur des
fêtes Verbiest, qui ont eu lieu du 10 jusqu’au 17 août 1913 à Pittem près de Courtrai. L’Evénement central était l’érection d’une
statue, réalisée par Jacques de Lalaing (1859-1917), de l’habitant le plus célèbre de Pittem Ferdinand Verbiest (1623-1688),
homme de sciences méritoire et missionnaire à la cour de l’empereur Kangxi.
P. Leo Van Dijk cicm (1878-1951)
Cet article est une version abrégée
d’une conférence intitulée “The private
battle of father Leo Van Dijk CICM (18781951) for the souls of Chinese labourers”
présentée au colloque international
“Chinese Workers in the First World War”
à Boulogne-sur-Mer (France) et à Ypres
(26-30 mai 2010). Un nombre de données
trouvées récemment dans le périodique
“Chine et Belgique: revue économique de
l’Extrême-Orient, publiée par la chambre de
commerce Sino-Belge″ (1905-1914) sont
mentionnées ici. Elles peuvent illustrer la
mission chinoise remarquable de Leo Van
Dijk en Belgique,
Des missionnaires flamands y voyaient une occasion pour faire connaître leurs plus récentes activités en Chine. Scheut, représenté par Leo Van Dijk, s’y est présenté devant un large public, à côté d’autres instituts missionnaires comme les Lazaristes (CM) qui avaient mandaté Vincent Lebbe (1877-1940)4. Un
agenda de conférences bien rempli faisait voyager Leo Van Dijk
à travers le pays. Ainsi le 2 décembre 1913 il a donné une conférence très appréciée sous le titre “Voyage en Chine, en Mongolie
et au Lac Koukounor (Thibet)” à l’hôtel Ravenstein à Bruxelles.
Le 7 juillet 1914 il a participé à un dîner au château de Mariemont en honneur de Lu Zhengxiang, qui deviendra plus tard
Dom Pierre-Célestin Lou (1871-1949), et qui au mois de mai de
la même année, au nom de Yuan Shikai
(1859-1916), Président de la Première République chinoise (1911), était venu remettre au Roi Albert I “Un ordre national de
mérite”
En ces jours ensoleillés une guerre semblait un scénario inimaginable. Le missionnaire Leo Van Dijk vivait en attente de son
retour en Chine, prévu en été de 1914. Après
l’assassinat de l’Archiduc François Ferdinand d’Autriche le 28 juin 1914, la triple
Entente activée par la Russie (1907) et la
Triple Alliance promue par l’Allemagne
(1882) ont déployé une stratégie de guerre
impitoyable, qui a bloqué Leo Van Dijk dans
les «Flanders Fields». Le prêtre catholique
qui même pendant son séjour en Chine était
resté rattaché au 11ième régiment de ligne
de Hasselt5, se voyait candidat pour une
mobilisation rapide comme réserviste dès
que les hostilités se seraient ouvertes sur le
territoire belge. Sa carte d’identité (feuillet
contrôle) et ses lettres envoyées à Florent
Mortier (1877-1963), Supérieur Général de
Scheut à l’époque, montrent ses déplacements et sa situation au front de l’Yser. Les
mêmes documents mentionnent les initiatives qu’il a prises pour donner corps à son
idéal missionnaire, même si cela devait se
faire derrière le champ de bataille de la
Flandre occidentale.
Un missionnaire avec un profil
militaire
Leo Van Dijk est né le 15 avril 1878 à
Anvers. De 1890 jusque 1896 il était élève chez les Jésuites au Collège de Notre
Dame (Frankrijklei). Ensuite il est entré
dans la Congrégation de Scheut. Après le
noviciat (1896-1897) et les premiers voeux
(8 septembre 1897) il a étudié la philosophie pendant deux ans dans la maison
mère de Scheut à Bruxelles (18971899)1. Il a étudié la théologie (18991902) au “Collège philosophique et théologique” des Jésuites à Louvain. Le 20 décembre 1900 il a été nommé responsable
12
P. Leo Van Dijck cicm avec P. Van belle
cicm (?) (Langzhou, 1910)
Dans sa désillusion il a noté: “Je suis fort
préoccupé de la Chine. Ce serait regrettable qu’un jour la mission soit utilisée pour
répandre la civilisation européenne!”
Le grand nombre de victimes lors des
dernières offensives a fait naître l’idée chez
les officiers britanniques d’engager des
volontaires chinois dans la construction
militaire et les travaux d’entretien dans les
régions Nord, Pas-de-Calais et la Somme.
Le ‘Labor Corps’ (CLC) chinois est érigé
officiellement le 21 février 1917. Le premier groupe de Chinois recruté par les
Britanniques s’est embarqué pour la
France le 18 janvier 1917. Le 14 août 1917
la Chine a déclaré la guerre à l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie7. En septembre 1917 Leo Van Dijk a eu un premier
contact avec des travailleurs chinois. Pendant un bref congé à Londres à la fin d’ocDes Chinois au travail dans les champs de bataille flamands pendant la première
tobre 1917, il voulait discuter leur situaguerre mondiale
tion difficile avec Florent Mortier, Supérieur Général de Scheut, en exil volontaiA partir de 1916 des travailleurs chinois sont envoy és en Belre. Leo Van Dijk s’est présenté comme le seul prêtre catholique
gique et en France, ainsi s’est ouverte une possibilité pour Leo
qui célébrait la messe tous les jours pour les chrétiens d’un grouVan Dijk d’une rencontre inattendue avec une communauté chipe de chinois dans le village de Proven, actuellement une comnoise, dont certains étaient originaires de son Gansu bien-aimé.
mune de Poperinge.
Mais hélas les Chinois n’étaient pas venus pour travailler au serLes Chinois étaient sous la surveillance d’officiers britannivice de l’armée belge. Les Armées française et britannique qui
ques, mais résidaient dans un camp séparé. C’est pourquoi Leo
les avaient recrutés comme coolies sous leur commandement, ne
Van Dijk a eu l’idée de demander au commandant de la 2ième division britannique (27 décembre 1916 jusqu’au 11 novembre 1918),
les considéraient pas du tout comme des égaux. Leo Van Dijk
le Commandant Général C.E. Pereira, un catholique dévoué, la
avait la tâche extrêmement difficile d’obtenir le droit de contact
permission de rejoindre l’armée britannique pour pouvoir s’ocavec ces expatriés chinois, originaires du pays où l’avait amené
cuper ainsi de la pastorale parmi les Chinois, aussi bien à l’intéson idéal missionnaire.
rieur qu’à l’extérieur de Proven. Cette permission ne lui a pas
été accordée. En mars 1918 il obtient quand même la permisLe missionnaire au front
sion britannique d’entrer dans les camps des travailleurs chinois
dans l’arrière-pays français. Leo Van Dijk considère ce permis
Immédiatement après la mobilisation générale du 31 juillet
comme un premier pas d’un transfert définitif. L’Aumônier en
1914 le 11ième régiment de ligne de Hasselt (qui faisait partie
chef belge, Mgr. Joannes Marinis, ne rejetait pas l’idée mais lui
de la 3ième division militaire) a subi un assaut terrible dans la
a demandé pour lui une approbation supplémentaire chez le Carbataille de Liège (4-16 août). Cette bataille était le premier esdinal britannique Francis Alphonsus Bourne (1861-1935),
sai belge à grande échelle pour arrêter l’invasion allemande. Probablement Leo Van
Dijk n’a pas pris part à cette opération. La
section des aumôniers de la bataille du 5
août 1914 l’a enregistré dans la deuxième
section hospitalière, stationnée à Oostende6. Quand vers le 14 octobre 1914, l’armée belge s’est retirée définitivement des
villes portuaires d’Oostende et d’Anvers,
Leo Van Dijk âgé de 36 ans s’est retrouvé
derrière l’Yser. L’ordre de bataille du 1
octobre 1914 l’a identifié comme aumônier auxiliaire/adjoint de 2ième classe embrigadé dans le premier régiment des lanciers. En cette qualité il a obtenu le rang
militaire de sous-lieutenant.
Au début de 1915 Leo Van Dijk a pris
un peu de temps pour se remettre de la
mêlée du combat. Il a trouvé le repos qu’il
lui fallait à la mer du Nord française-flamande. Les atrocités de la guerre bouleversaient ce prêtre accablé, qui commençait à mettre en question les valeurs sousjacentes de sa tâche missionnaire. Il acceptait de moins en moins les effets secondaires d’une soi-disant mission civilisatrice qui avait l’ambition d’assimiler la
culture chinoise à la culture occidentale.
Le camp Chinois
13
dont la décision serait décisive pour convaincre également le Général Armand De Ceuninck (1858-1935), le ministre de la guerre belge (1917-1918) stationné au Havre Sainte-Adresse. Florent Mortier, le supérieur exilé des “Missions de Chine” à Londres était aussi bien placé pour mettre l’affaire sur le tapis chez
le même archevêque de Westminster. Hélas du côté belge il n’y
avait aucun précédent d’une demande pareille pour faire du travail volontaire au service du ‘Labor Corps chinois’ (CLC)8. Et
cela se comprend. Parmi les pères de Scheut au front Leo Van
Dijk était le seul qui pouvait allier une expérience missionnaire
avec sa connaissance de la langue chinoise mandarine9. Il y avait
surtout une animosité croissante entre le missionnaire expérimenté et opérant de plus en plus de façon indépendante, informé directement sur le terrain de l’action militaire, et le Supérieur Général. Celui-ci arrive à la conclusion que la demande de
Leo Van Dijk d’intervenir personnellement en sa faveur était irrecevable.
L’armée belge lui fournit la bonne solution. Le 22 avril 1918
l’aumônier fut nommé dans une unité de boulangerie et une unité logistique à Bourbourg, une commune dans le Nord de la France, où tout près se trouvaient environ 15.000 Chinois. En juin
1919 Leo Van Dijk a fait rapport des randonnées en bicyclette
qu’il avait faites à partir de Bourbourg dans les camps chinois
de Béthune et Saint-Omer. “Ici j’ai déjà baptisé plus de Chinois
qu’en Chine. Cependant ils étaient déjà des catéchumènes d’autrefois, et je n’ai donc, hélas, joué aucun rôle dans leur conversion”,
a-t-il ajouté dans un mélange de fierté et d’humilité.
L’offensive des forces alliées du 28 septembre au 30 octobre
1918 a chassé les dernières unités allemandes de la Belgique.
Après la signature de l’armistice le 11 novembre 1918 fut mis en
oeuvre une grande action pour rapatrier tous les travailleurs chinois. Entre décembre 1918 et septembre 1920, Leo Van Dijk a
vu partir beaucoup de groupes. Du 7 au 13 octobre 1919 il partit
pour la première fois en pèlerinage à Lourdes, accompagné de
quelques chinois restés en Europe. Il s’agissait de 14 Chinois
(“pieux coolies”), peut-être originaires du Gansu (“du nord du
céleste Empire”), qui tous avaient travaillé trois ans au front ou
dans les villes portuaires de Dunkerque et de Calais10.
Retour en Chine
Leo Van Dijk et un groupe important d’aumôniers ont été relevés de leur tâche militaire et pastorale, probablement aux environs de juillet 1919. Il a demandé au Supérieur Général une
permission écrite pour pouvoir continuer à entendre la confession pendant 6 mois dans les derniers camps chinois. Une épidémie de la grippe espagnole (mars 1918 jusque juin 1920) au
milieu de 1919 peut avoir accéléré sa demande d’être rapatrié
par Rouelles (Montvilliers) vers le territoire chinois estimé plus
salubre. Ce n’est qu’en mai 1920 qu’il est parti effectivement. Arrivé à Gansu en septembre de la même année, il y a repris une
tâche de prêtre paroissial à Ganzhou (“Kan-chou”) et Lanzhou,
jusqu’en 1923. De sa main sont connu des peintures de scènes
bibliques, où il visualise les bases de la foi catholique dans un
contexte chinois. Ainsi il a contribué à l’inculturation de la foi
catholique dans la vie locale à une époque de renouvellement
missionnaire et missiologique au cours des années 20 et 30, lancée par les directives de la lettre apostolique Maximum Illud
(1919)11. Leo Van Dijk est rentré en Belgique où il est décedé le
11 janvier 1951, à l’âge de 72 ans. Il est enterré au cimetière de
la maison de repos de Scheut à Schilde. Deux ans plus tôt il avait
reçu la reconnaissance méritée des sacrifices qu’il avait faits pendant la guerre. Par une décision tardive du 12 mai 1949, 4 galons
de front lui ont été accordés: un premier galon pour la première
année complète de service militaire au front entre 1914 et 1915,
et trois autres pour chaque six mois suivants entre juin 1915 et
avril 1918.
Dirk Van Overmeire
1. D. Van Overmeire, Elenchus of CICM in China, 1865-1955 (Taipei: 2008), p. 540.
2. J.R. Leconte, Aumôniers militaires belges de la guerre 1914-1918, Contributions au Centre d’histoire militaire, Vol. 5 (1969), pp. 301.
La nomination de Scheutistes en formation comme aumônier militaire n’était pas une pratique courante. Elle a fait marcher Leo Van
Dijk sur les traces de Théophile Verbist (1823-1868) qui avant la fondation de la Congrégation de Scheut en 1862 avait été aumônier
militaire à Bruxelles. Voir: D. Verhelst and H. Daniëls, Scheut vroeger en nu (Leuven: 1991), p. 25.
3. D. Van Overmeire, Elenchus of CICM in China, 1865-1955, p. 540; D. Verhelst et H. Daniëls, Scheut vroeger en nu, p. 171.
4. R. Pontus, “Inauguration de la statue du P. Verbiest à Pitthem”, en Chine et en Belgique, Vol. 9, Nr. 5 (1913), pp. 111-116; A. Blondeau,
Ferdinand Verbiest. Als Oost en West elkaar ontmoeten (Tielt: 1983), pp. 137-139.
6. B. C. Fawcett, “The Chinese Labour Corps in France, 1917-1921”, dans Journal of the Royal Asiatic Society Hong Kong Branch, Vol.
40 (2000), pp. 33-111. Voir aussi: S. Conrad, Globalisation and the Nation in Imperial Germany (Cambridge: 2010), pp. 270-274.
7. Des missionnaires catholiques d’autres pays étaient peut-être actifs. Ainsi un membre non identifié des Jésuites, qui avait été actif au
vicariat apostolique du Sud-Ouest Chi-Li (“la Mission de Ho-Kien-fou”), a remplacé Leo Van Dijk pendant sa visite à la maison mère
de Scheut le jour de Noël de 1919.
8. Un Total de 129 Scheutistes a pris part à la guerre, surtout des scheutistes en formation (avant le premier départ en mission). 14 y ont
perdu la vie, la plupart au cours d’opérations militaires. Voir: L. Cleynhens, De scheutisten tijdens de eerste wereldoorlog, Diss. Lic.
Geschiedenis van Middeleeuwen, Nieuwe Tijd en Nieuwste Tijd, KULeuven Faculteit letteren (Leuven: 1995), p. 116. Seulement 9 ont
servi comme aumônier militaire, un de plus que le chiffre total de 8 aumôniers militaires scheutistes compté par L. Cleynhens, qui a
oublié Léon Dieu (1883-1949). Voir: L. Cleynhens, De scheutisten tijdens de eerste wereldoorlog, p. 36; J.R. Leconte, Aumôniers militaires belges de la guerre 1914-1918, p. 172.
9. Press article: Journal de la Grotte de Lourdes (publié, depuis le 8 mai 1898, par les révérends pères de l’Immaculée Conception), ajouté
à F.III.a.7., L. Van Dijk aan F. Mortier, Bourbourg, 14 octobre 1919.
10. K. De Ridder, Van Genechten’s Chinese Christian art: inspiration and background, dans: L. Swerts and K. De Ridder (eds.), Mon Van
Genechten (1903-1974), Flemish missionary and Chinese painter: inculturation of Christian art in China, Leuven Chinese studies, Vol.
11 (Leuven: 2002), pp. 19-20.
11. RMM, Dossier AUM 1518, Maj. Hermanne (Ministère de la Défense Nationale, Service des Distinctions) à O.C.M. (Matricule des
Officiers, Caserne Prince Albert Bruxelles), Bruxelles, 15 juni 1949.
14
LE FRÈRE JOSEPH VAN DEN BRANDT CM
Parmi les Lazaristes belges
qui ont travaillé
en Chine, le frère Joseph Van
den Brandt a été
sans aucun doute une des figures les plus remarquables.
cueillies et mises à jour par J. van den Brandt, Frére Lazariste, Peiping Imprimerie des Lazaristes 1936. Régulièrement il publie le
Bulletin de Pékin et les années suivantes il publie Les Lettres des
bienheureux Clet et Perboyre.
Tout près de l’église se trouve ‘la maison de la miséricorde’,
dirigée par les Filles de la Charité, où habitent plus de 1000 orphelins. Chaque dimanche après-midi le frère Joseph se rend
dans l’infirmerie, où se trouvent des patients qui doivent garder
le lit toute leur vie à cause d’un handicap grave.
Il est né le 19
Pendant la deuxième guerre mondiale il a été interné à Weiseptembre 1883 à
hsien, comme tous les missionnaires belges et néerlandais. Il deTurnhout. Après
meure dans la baraque des Lazaristes néerlandais et 5 mois plus
l’école primaire il
tard il peut retourner à Pékin avec ses compatriotes, où ils sont
a passé un certain
internés dans les bâtiments de Beitang. C’est une période triste
temps à l’école
pour les Lazaristes néerlandais, parce qu’ils ne peuvent excerapostolique d’Incer aucune activité pastorale, ni quitter les bâtiments. Le frère
gelmunster mais
Joseph par contre peut reprendre son travail à l’imprimerie.
sa connaissance
Fr. Joseph Van Den Brandt cm
des langues était
insuffisante et il
Le 15 aôut c’est la proclamation de l’armistice. Alors que tout
a décidé de quitter. Le 20 avril 1901 il entre chez les Lazaristes
le monde espère la venue de jours meilleurs, la santé du frère
dans la maison mère à Paris. Le 26 avril 1903 il prononce ses
Joseph se détériore de jour en jour; ses jambes ne fonctionnent
voeux perpétuels et peu de temps après il est nommé pour la Chiplus. Il est accueilli à l’hôpital Saint Vincent qui se trouve à côté
ne. Le 9 septembre 1903 il arrive à Shanghai.
de l’imprimerie. Le 5 juillet 1951 il doit quitter la Chine par
Les premières années le frère Joseph, qui a reçu le nom chiTianjin. Arrivé à Hongkong il poursuit son voyage en avion. En
nois Fang Lì-zhong, travaille à Ganzhou dans la province de Jianautomne de 1951 le périodique américain Life publie une photo
gxi. Il ne peut pas s’habituer à l’humidité et aux températures
du frère Joseph que son confrère néerlandais Jan De Bakker lui
estivales, qui jour et nuit se maintenaient jusqu’à environ 35 deremet dans l’avion. Lui-même ne peut plus rentrer en Belgique
grés. Le médecin lui conseille de déménager au Nord de la Chiparce qu’il est trop affaibli. Il est accueilli dans la maison mère à
ne. Cela implique qu’il doit se remettre à l’étude de la langue
Paris où il était entré 50 ans plus tôt. Il y meurt le 26 janvier 1957
chinoise pour apprendre la prononciation du Nord.
à 2 heures du matin, loin du pays pour lequel il a vécu et auquel
Le 17 juillet 1908 il est au travail dans l’imprimerie du Beitang
il a consacré toutes ses forces.
à Pékin. Le directeur en est le frère August Maes, déjà depuis la
fondation le 13 mars 1878. Avec les deux frères chinois Etienne
W. Bellemakers cm
Zhang Fú-liáng et Antoine Guan Kuíxiu, le frère joseph devient l’appui et le
soutien du frère Maes. Quand celui-ci
meurt le 1 juillet 1931, l’imprimerie est
reprise par Monsieur Aymard Duvigneau. Dans ces années l’imprimerie
connaît une expansion formidable.
Quelque 60 personnes y travaillent On
y imprime des catéchismes, des livres
de chant, des livres de méditation, des
images pieuses pour toute la Chine du
Nord et en outre un nombre respectable de périodiques et de livres. Tout en
chinois, en latin et plusieurs langues
européennes.
A côté de son travail dans l’imprimerie il a un passe-temps tout à fait
particulier. Pendant son temps libre il
lit les anciens documents missionnaires de Mgr. Mouly, le premier vicaire
apostolique de Pékin, et de ses successeurs. Il étudie tous les livres d’histoire et de culture chinoises qu’il peut
trouver. Il prend des notes innombrables. Ainsi il devient une encyclopédie
vivante pour tous ceux qui veulent s’informer sur l’histoire de l’Eglise catholique à Pékin, de la Chine du Nord et
même de la Chine entière. En 1936 il
publie lui-même Les Lazaristes en Chine 1697-1935. Notes biographiques, re- L’imprimerie du Beitang à Pékin
15
DES ÉTUDIANTS CATHOLIQUES UNIVERSITAIRES LANCENT UN
NOUVEAU SITE WEB DESTINÉ À LEURS COLLÈGUES POUR
APPROFONDIR LE SENS DE LA VIE, DES VALEURS ET DE LA FOI
À Ningxia - ancien diocèse de Scheut - des étudiants
universitaires se sont réunis avec des prêtres pour parler
sur le «sens de croire aujourd’hui»
Un groupe d’étudiants catholiques universitaires du diocèse
de Han Dan, dans la province de Hebei, dans la Chine continentale, a lancé un nouveau site web pour l’évangélisation, intitulé
«Le chœur des Anges», pour offrir à leurs collègues des éléments nécessaires pour approfondir le sens de la vie, des valeurs
et de la foi. Conformément à ce qui a été relaté à l’agence Fides
par Faith de He Bei, l’initiative a été soutenue par des prêtres,
spécialement par ceux qui sont actifs dans le domaine de l’évangélisation par internet. Selon le créateur et fondateur du site web,
“ aujourd’hui les campus universitaires sont nombreux où des étudiants se rencontrent pour partager sur le sens de la vie, les valeurs
et la foi. Il s’agit d’un phénomène qui montre la soif de vie spiri-
tuelle dans le monde sécularisé dans lequel vivent nos collègues. Ce
que nous offrent les livres n’est pas suffisant pour étancher cette soif.
La création de ce site nous aide à nous enrichir nous-mêmes”.
D’après des rapports de Faith, le site contient beaucoup de sujets et de citations bibliques qui renvoient à ces sujets. Pour les
jeunes “c’est un défi lancé à la société secularisée d’aujourd’hui″.
Dans la Chine continentale d’aujourd’hui il y a des douzaines de
sites consacrés à l’évangélisation catholique, beaucoup sont des
sites diocésains et paroissiaux, ce qui confirme que l’internet est
en train de devenir un instrument d’évangélisation, surtout parmi les jeunes.
Agenzia Fides 12/09/2011
LE MARIAGE TRADITIONNEL DANS UN PETIT VILLAGE CHINOIS ANNO 1916
Les premiers pas. Le choix d’une candidate
Au début du siècle dernier à la campagne chinoise, un garçon devait surtout faire confiance à ses parents et en premier lieu
au jugement compétent de sa mère, dans le choix d’une partenaire. La mère comme chef du ménage, doit prendre l’initiative
en encourageant son mari à se mettre en route à la recherche
d’une belle-fille pour leur fils, mais en fait elle a déjà fait un choix
elle-même depuis longtemps.
Bien que la distance entre les villages ne puisse parfois pas
être sous-estimée, souvent les habitants sont connus à l’extérieur des communautés. Les femmes de ménage sont très expertes dans la découverte de toutes les petites nouvelles concernant les familles des alentours, ce qui fait que la plupart des jeunes filles du voisinage sont connues avec leurs qualités mais aussi avec leurs défauts. Grâce à tous les ragots qu’elle a entendus,
la belle-mère choisit, dans son for intérieur, une candidate apte.
Au fils on ne demande rien, on ne lui dit même pas qu’il va se
marier, sauf quelques jours avant la cérémonie.
Les qualités les plus importantes d’une bonne candidate ce
sont ses aptitudes pour les travaux ménagers: Est-elle économe? Est-ce qu’elle est toujours prête à nettoyer? L’intelligence
et la beauté ne jouent qu’un rôle secondaire, si elles en jouent
un.
16
Après le choix de la belle-mère, le beau-père peut arranger
le mariage. Appelons-le paysan Tchang. Il prend contact avec
deux amis du père de la fille, le paysan Li, et leur demande s’ils
veulent intervenir. L’empressement et la hâte sont assez exceptionnels en Chine. Les partis impliqués attendent jusqu’à ce que
se produise une occasion dans le
village. A ce moment ils rendent
visite au père sans dire auparavant qu’ils viennent pour discuter un mariage. La conversation
se déroule de façon amicale et
ensemble ils fument une pipe.
Ce n’est qu’au moment du départ qu’ils mentionnent comme
si rien n’était, que dans un village plus loin il y a une famille
qui aimerait bien que leur fille
devienne la femme de son fils.
Les parents Li sont étonnés
de la proposition parce que à
leurs yeux leur fille ne possède
aucune qualité admirable, qu’elle est trop jeune etc... Les intermédiaires leur demandent quand La mariée avec le bonnet
même d’y réfléchir à tête repo- traditionnel
La période entre les fiançailles et le mariage dure parfois très
longtemps. Plusieurs facteurs interviennent ici: est-ce que le père
a assez d’argent? Est-ce que le couple n’est pas trop jeune? Ainsi des fiançailles peuvent traîner deux, trois en même parfois cinq
ans. En ce cas et si la fille a atteint l’âge approprié, il se peut que
parfois les parents de la fille envoient des messages à l’autre famille pour les exhorter à se dépêcher. Le mieux qu’ils puissent
faire c’est de céder, parce que s’ils devaient interrompre des fiançailles, ils peuvent en être certains de ne plus jamais trouver une
autre candidate pour leur fils.
Les préparations pour la fête
Quelques invités arrivent par carrosse
sée, et puis s’apprêtent à partir, après avoir fait comme en passant l’éloge de la famille du village voisin. Le lendemain la famille de la fille commence à s’informer au sujet du garçon et de
sa famille, dont hier on a reçu une demande en mariage. Bien
sûr, les parents se réjouissent de l’intérêt que quelqu’un a pour
leur fille, mais ils veulent qu’elle se marie bien et que la nouvelle famille mérite la confiance.
Quelque deux semaines plus tard les intermédiaires reviennent. Comme lors de la première rencontre on ne parle pas tout
de suite du mariage. Quand, après avoir parlé de la pluie et du
beau temps, ils arrivent finalement au sujet, ils prennent encore
amplement le temps pour faire l’éloge de la famille du fils, et présenter celui-ci comme un partenaire idéal. Les beaux-parents résistent encore mollement, en traîtant leur fille de peu mature,
mais les intermédiaires savent que c’est pour la façade et qu’un
accord est en bonne voie.
Après ce brin de comédie, le ton de la conversation change.
Les parents de la fille soulignent clairement que leur fille n’est
certainement pas la première venue, et ils commencent à formuler leurs exigences. Ils proposent d’en faire une liste qu’ils veulent voir réalisée en échange de leur fille. On fume encore une
pipe. Puis les deux intermédiaires se mettent en route pour les
parents du garçon. Quand ceux-ci prennent connaissance de la
liste d’exigences, ils ne cachent pas que pour eux c’est beaucoup
trop et qu’ils trouveront bien une autre candidate. Passées ces
premières réactions on essaye de trouver un compromis. Après
quelques visites des intermédiaires de part et d’autre, on arrive
à un accord.
La première rencontre des parents
Accompagné des deux intermédiaires et de deux membres de
sa famille le paysan Tchang se rend chez les parents de la fille. Il
est tiré à quatre épingles. Pour lui c’est un jour très important
parce qu’aujourd’hui il fera la connaissance de la famille Li, la
famille de sa future belle-fille. Quand ils arrivent chez les Li, le
maître de maison les attend à l’extérieur, et après d’amples salutations ils prennent place à une table ronde. Le père Li essaye
de suivre la conversation avec attention, parce qu’il devra rapporter à sa femme tout ce qu’il entendra! L’atmosphère est bonne mais on ne parle pas encore d’un mariage. Le repas se termine en fumant une pipe. La compagnie Tchang décide de rentrer chez eux et après d’amples adieux ils donnent encore un petit cadeau au maître de maison, ce qui peut être considéré comme un acompte pour la future belle-fille. A la maison la mère
attend le rapport des évènements. Le père fait son possible pour
la convaincre qu’un bon choix a été fait et qu’aussi bien la famille que la fille en question sont un bon parti pour leur fils.
Quelques jours plus tard c’est le père Tchang qui vient en visite.
Cette visite se déroule selon les mêmes modalités et les fiançailles sont approuvées de part et d’autre!
Quelques mois après les fiançailles, quand toutes les formalités sons réglées, les parents du fils consultent un voyant pour
fixer la date du mariage. Des voyants on en trouve un peu partout en Chine. Même si ces hommes n’ont fait que peu d’études,
ils sont très astucieux ... Le voyant demande d’abord jusqu’à quel
point sont avancées les préparations. Il demande ensuite quand
ils pensent être prêts. A base de ces informations il choisit le mois
et le jour, souvent de façon tout à fait arbitraire. Il prétend devoir faire de grands efforts pour faire ce choix et il donne plusieurs raisons pour lesquelles précisément la date qu’il a choisie
est la meilleure, mais toutes ces explications ne sont que des balivernes.
Deux jours avant la fête le personnel est déjà à son poste. Partout il y a du tapage. C’est comme si la fête avait déjà commencé.. Le père Tchang offre à l’équipe complète un bon déjeuner
qu’évidemment ils ne refusent pas! Ils prennent leur temps bien
qu’il y ait encore pas mal à faire. Quand finalement le déjeuner
est fini ils se mettent au travail mais tout doucement. On sort les
tables de la grange et les assiettes et les tasses couvertes d’une
couche épaisse de poussière de l’armoire. Tout le monde est au
travail, c’est comme s’il y avait une kermesse chez la famille Tchang.
Tout le village vient voir, on rit et tous ceux qui peuvent donnent
un coup de main.
La famille commence à arriver et pour les invitées féminines
est prévu une petite chambre à part où aucun non-initié ne peut
entrer Les dames parlent de la pluie et du beau temps, boivent
du thé et le soir toutes prennent place à la table. Le père Tchang
prend vraiment soin de son personnel! Jusque tôt le matin on
fraternise, puis tout le monde rentre chez lui!
Le matin, encore à demi ensommeillés, la plupart des travailleurs se traînent jusqu’à la demeure du fermier Tchang.
D’abord il y a le petit déjeuner mais beaucoup moins copieux
que les jours précédents, car maintenant il faut que le travail
avance! Le personnel embauché se démène, mais les membres
de la famille déjà sur place, se contentent de se promener un peu
tout en contrôlant le personnel, ou essaye d’attraper une bouchée à la cuisine. Entretemps les musiciens sont arrivés. Ils doivent accueillir à l’entrée de la ferme les invités. Le grand jour va
commencer bientôt.
Les femmes se rassemblent pendant la fête
17
Les nouveaux
mariés
Le garçon entre
dans la ferme sur
une chaise à porteurs. Il s’et bien
lavé et porte des vêtements magnifià table!
ques. Il ne se sent
certainement pas à
l’aise ainsi, il va et vient, nerveusement. Maintenant arrive le moment du « Salut à la famille ». Il faut que le garçon s’agenouille
de façon solennelle devant chaque membre de la famille, mais
ce n’est pas tout. Tous les parents du village attendent de lui une
génuflexion. Il est porté à travers pratiquement tout le village et
à chaque ferme il descend de sa chaise et on déroule pour lui un
tapis rouge. Il s’agenouille devant le maître de maison sans dire
un mot. Ensuite il est temps que le jeune homme rencontre ses
beaux-parents. Les porteurs se dirigent vers la ferme du beaupère, un déplacement qui parfois prend des heures! Une fois arrivé c’est seulement le père qui puisse parler au garçon ou le voir.
Après les salutations d’usage, ils causent des choses les plus diverses, mais on ne mentionne même pas le mariage. La visite est
relativement brève et le garçon se promène avec son futur beaupère jusqu’au bord du village où un cheval l’attend qui le ramènera chez ses parents. Les porteurs de la chaise restent sur place
pour porter la fiancée à sa nouvelle maison.
La fille s’apprête pour son départ. Assistée par les femmes
de sa famille elle mettra ses vêtements les plus beaux. Entretemps à l’extérieur on prépare deux charrettes. Sur l’une on chargera l’équipement ménager dont le jeune couple aura besoin,
l’autre servira pour le transport de la famille de la mariée à la
fête de mariage. Le voyant indique qui peut participer à la fête
et qui ne peut pas. Les parents ne peuvent en aucun cas y participer puisque cela porte malheur. Devoir quitter ses parents est
dur pour la mariée mais c’est ainsi que le veut la tradition et il
n’y a pas de retour possible. En général, le départ à lieu vers 4h
du matin. Les ténèbres sont ici symbole de la plongée dans l’inconnu et de la peine de la fille en quittant ses parents. D’autre
part, il y a aussi un côté pratique. Dans l’obscurité, la fille ne voit
rien et ne se souviendra pas de la route pour sa maison. Elle ne
risquera donc pas de s’enfuir de sa nouvelle famille.
res événements dignes de mention, dont ils seront témoins au
cours de leur vie. Partout on entend des coups de feu d’artifice
et de petits canons. Les Chinois appellent ce moment «Le salut
au ciel et à la terre». Dès ce moment le mariage est conclu et
l’époux se dirige vers la maison suivi de son épouse.
Les invités suivent le jeune couple vers la salle de fête où est
amené un immense gâteau de mariage, symbole de richesse. La
jeune épouse doit tourner le dos aux gens et ne mangera ni ne
boira jusqu’au coucher du soleil. Elle ne peut rien dire non plus,
à moins qu’il s’agisse de répondre aux questions que lui posent
les femmes. Aussi étonnant que cela puisse paraître, pour la jeune épouse c’est un soulagement, car ainsi elle ne doit pas entamer de conversation, elle peut rester assise en toute tranquillité
et surtout personne ne peut voir son visage. Au bout d’un certain temps, tous quittent la salle et il n’y a plus que les femmes
qui peuvent entrer dans la chambre où se trouve l’épouse. Aussi
le jeune époux doit être réservé. A l’intérieur il peut parler avec
ses parents mais certainement pas avec son épouse. Il ne peut
même pas la regarder. On se moque de lui s’il reste trop longtemps chez les femmes et il y est très sensible car quand on se
moque d’un Chinois il le ressentira comme une sérieuse atteinte à son honneur.
Le festin
Un maître d’hôtel appelle: “A table”! Déjà 60 invités sont arrivés. Ils prennent place sous les tentes autour de longues tables. Les places ne sont pas indiquées d’avance et tout le monde
s’assoit où bon lui semble: le commerçant à côté de l’employé,
le vieillard à côté des jeunes. A chaque place se trouve un bol et
deux baguettes à manger. Aussi les notables du village prennent
place. Ils sont venus par pure politesse et parce qu’ils croient que
leur présence fera plaisir à tous les gens du village. Ils parlent de
leurs propriétés et de leurs aventures (sans doute à voix suffisamment haute pour que tous puissent l’entendre). Un paysan
ordinaire n’y comprend pas grand-chose, mais écoute avec attention. Pour la plupart des invités un festin pareil est une occasion exceptionnelle, et surtout pour les paysans plus pauvres et
les domestiques, qui sans doute ne mangent de la viande que trois
fois par an. Ils en jouissent visiblement! La fête de mariage a demandé beaucoup de travail, mais c’est une journée plus que
réussie!
La fête de mariage
Sélection de: A. Segers, La Chine, p. 91 - 121
Finalement le grand jour est arrivé! Toute la cour de la ferme
est décoré de lanternes en papier, le tapis rouge est déroulé, et
les musiciens font de leur mieux pour maintenir l’ambiance, et
avec succès. Solennellement, le garçon est porté dans la cour, jusqu’à la tombe de ses ancêtres, devant laquelle il s’agenouille plusieurs fois. Il y brûle un petit paquet de papier en leur honneur.
Après cette cérémonie on rentre à la maison où ont lieu encore
quelques rites qui protègeront le jeune homme au cours de sa
nouvelle vie...
Quand la fille arrive, sa future belle-mère se précipite immédiatement vers elle. Elle l’invite à se réchauffer au feu du
foyer. Le motif sous-jacent en est que si la fille était porteuse
d’une maladie, celle-ci serait éliminée par la chaleur du feu. Ainsi elle entre en bonne santé dans la famille!
Maintenant a lieu la partie la plus importante de la cérémonie nuptiale. Le jeune garçon se trouve au milieu de la cour.
Il est visiblement timide. Il ne se sent pas du tout à l’aise et il
n’ose pas regarder sa fiancée. S’embrasser en public est même
inconnu! Deux maîtres de cérémonie expérimentés font de leur
mieux pour mener à bien la cérémonie nuptiale. Les parents et
les autres membres de la famille se mêlent dans la masse silencieuse. Après avoir allumé des bougies, le garçon s’agenouille
alors que la fille reste debout. Tout le monde essaye de voir du
moins une partie de ce spectacle, parce qu’il s’agit d’un des ra18
La cérémonie du mariage
SCHEUT A 150 ANS
En 2012 Scheut célèbre les 150 ans de son existence. La Fondation Verbiest, érigée par Scheut et continuant l’œuvre de Scheut
en Chine, est donc aussi en fête. Ces 150 années n’ont pas uniquement été consacrées à la Chine, mais nous porterons notre
attention surtout sur «Scheut (CICM) en Chine», dans les activités suivantes:
• Un symposium «Scheut en Chine». Tous nos lecteurs sont cordialement invités pour l’ouverture du 11e Symposium de notre fondation, consacré en particulier à l’histoire de Scheut
(CICM) en Chine
- Cette ouverture aura lieu le 4 septembre 2012
- 16.00h: visite guidée de l’exposition «Scheut (CICM)
en Chine»
- 17.00h: ouverture du Symposium international
(4 au 7 septembre)
- 18.30: réception
• Le prochain numéro du Courrier Verbiest sera consacré à
«Scheut (CICM) en Chine»
• Deux excursions en Chine seront organisées «Dans les pas des
Missionnaires de Scheut» (cf. Infra)
150 ans de Scheut − Deux voyages en Chine
«Sur les traces des Scheutistes»
Il s’agit donc deux fois d’une visite touristique des grandes villes de Chine et d’un parcours à travers la Mongolie Intérieure
où ont vécu et œuvré les premiers Scheutistes visitant à cheval
les postes de mission. Nous prierons sur les tombes de certains
de ces 250 Scheutistes qui y sont enterrés. Le premier voyage programmé accompagné par des guides locaux en français, aura lieu
du 24 mai au 8 juin 2012. Le deuxième voyage, dont les guides
locaux parleront l’anglais, est prévu entre le 10 et le 15 septembre 2012, mais les dates précises ne sont pas encore fixées. Chaque voyage sera aussi accompagné par des membres de l’Institut Verbiest. L’agence de voyage nous communiquera le prix de
voyage au début de février: séjour en hôtels 4 étoiles en ville, 3
étoiles en deux lieux où n’existent peut-être pas d’hôtels 4 étoiles.
Le voyage débuteera par une visite de la place Tiananmen et
des sites touristiques de Pékin. Le dimanche de la Pentecôte, à
la cathédrale de Pékin, nous participerons à la célébration commémorative de l’arrivée de Théophile Verbist, Fondateur de la
congrégation du Cœur Immaculé de Marie (CICM) communément appelée Scheut, dans cette même cathédrale en décembre
1865. De là, nous partirons en autocar pour parcourir surtout les
régions où les Scheutistes étaient actifs. En route pour Chengde
et la résidence d’été de l’empereur, nous visiterons Laohugou
(la vallée du Tigre) où le fondateur de Scheut est décédé en 1868
et où le P. Jozef Segers (St. Niklaas) fut enterre vivant par les
Boxers en 1900. Apres avoir rencontré la communauté chrétienne
de la place, nous visiterons le cimetière où sont enterres plusieurs Scheutistes. Apres la visite touristique de la résidence
d’été, le palais Botala, et d’autres sites, le lendemain sera consacré à une visite de la Grande Muraille et à un long voyage en bus
pour Xiwanzi, centre de l’œuvre des Scheutistes en Chine, où
Théophile Verbist a commencé. Puisque la communauté chrétienne locale n’est pas officielle (= souterraine, clandestine) une
rencontre n’est pas prévue... Il nous sera bien montré comment
la reconstruction de la cathédrale locale a progressé (elle a été
rasée en 1946 par les communistes) et nous visiterons ici également les tombes de Scheutistes. De là, nous parcourrons la Mongolie Intérieure, passant par quelques paroisses historiques, fondées par Scheut, jusqu’à Wumeng (l’ancienne Jining) où Mgr Liu
et ses prêtres célèbreront l’eucharistie. A travers les steppes de
Mongolie, nous atteindrons la paroisse de Sizewangqi. Apres une
bonne nuit, peut-être dans une tente mongole, nous parviendrons à Hohhot (l’ancienne Suiyan) pour y fraterniser et célébrer avec Mgr Meng Qinglu, ses prêtres et toute la communauté
chrétienne. Nous y visiterons des œuvres et des centres érigés à
l’époque par des Scheutistes. C’est en avion que nous parviendrons à Xi’an où nous visiterons l’armée en terre cuite et le musée provincial. Toujours en avion nous rentrerons à Pékin et le
lendemain en Belgique.
Inscriptions et informations: [email protected]
Le P. Jeroom
Heyndrickx,
Sr.Gabrielle Yang et le
P. Matthew Gong
étaient invités par les
Franciscains
conventuels pour
donner une session sur
le dialogue avec
l’Eglise en Chine dans
l’esprit de la lettre
pastorale de Benoit XVI
pour sept jeunes
franciscains chinois à
Assise, du 9 au14
janvier 2012
19
JOURNAL DE BORD
Juin
- Le 15 juin paraît un nouveau titre
dans la collection “Leuven Chinese Studies”. “About Songs, Books, Maps and Stèles”. Il s’agit de la publication des actes de
Symposium 2007.
Juillet
- Le 1 juillet, dans la matinée, le Conseil
d’Administration et l’Assemblée Générale de l’Institut Verbiest ont leur réunion
au Faculty Club. Dans l’après-midi ont lieu
au Centre Pastoral Diocésain à Malines
les réunions de direction de la Fondation
Verbiest.
- Le 28 et le 29 juillet a lieu à Hong
Kong la deuxième Conférence table ronde de l’Institut Verbiest, cette fois-ci en
collaboration avec la Chinese University of
Hong Kong. Aussi cette rencontre consacrée aux recherches Sino-Mongoles est
bien appréciée par les participants.
Août
- Le 1 août nous arrive à Louvain Alex
Chen Tsung-Ming. Il est le nouveau chercheur à l’Institut. Les jours suivants on lui
fait visiter Louvain et on l’informe du fonctionnement de l’Institut.
- Le 20 aout arrive en Belgique le P.
Paul Jiangang pour suivre le cours sur la
doctrine Sociale de l’Eglise chez les frères de la Charité à Moerzeke.
Septembre
- Le 20 septembre, arrivée à Louvain
de Bosco Mu Shanlin, il va suivre le programme Master après Master / Predoc à
la faculté de théologie à l’université.
Octobre
- Le 6 et 7 octobre Alex participe au
Symposium d’ouverture du Centre li
Madou à Macerata.
SOMMAIRE
- Le travail d’édition sur le texte du livre de Noël “Libraries of Western Learning for China” (Bibliothèques d’Etude
occidentale pour la Chine) est entamé au
début du mois en collaboration avec Mr.
John Steffen, ancien collaborateur du Collège américain
- Le mardi 18 octobre, les membres de
l’Institut au travail à Louvain visitent le
Père Paul à l’hôpital, ou nous célébrons
ensemble son 80e anniversaire
Novembre
- Le 10 nous arrive Thomas Jia Shaoheng pour entamer le premier master à la
faculté de théologie
- Le 15 le P. Jeroom part en Chine, où
il enseignera au grand séminaire de Shijiazhuang
Secrétariat:
Pieter Ackerman
Naamsestraat 63, bus 4018
3000 Leuven
Tél.: 016/32.43.50
Fax: 016/32.44.55
[email protected]
http://www.kuleuven.be/verbiest
Rédaction de ce numéro
Jeroom Heyndrickx, Pieter Ackerman,
Alex Chen Tsung-Ming,
Wiel Bellemaekers, Jacques Vanbelle
Collaborateurs:
Pieter Ackerman, Jeroom Heyndrickx, Dirk Van Overmeire, Alex Chen
Tsung-Ming, Wiel Bellemaekers
Editeur responsable:
J. Heyndrickx, Institut F. Verbiest
Naamsestraat 63, bus 4018
3000 Leuven
Le Père Jeroom Heyndrickx a donné les 13 et 14 octobre,
depuis sa chambre à Scheut (Leuven), quatre heures de
cours de théologie pastorale à 45 laïcs qui suivaient une
session de formation à Ningxia, près du Fleuve Jaune, ancien diocèse de Scheut. C’est aussi possible aujourd’hui
20
- Editorial
p. 1
- De la position du Saint-Siège à l’égard
de la naissance du problème des deux
Chines et sa réaction
Chen Tsung-Ming
p. 2
- Saint Père, il n’y a pas d’Eglise
schismatique en Chine
Jeroom Heyndrickx
p. 4
- Le P. Luo Xuegang a été ordonné
sous haute sécurité évêque coadjuteur
de Yibin
Eglises d’Asie
p. 7
- Shanxi: les autorités interviennent
dans le fonctionnement du Grand
Séminaire
Eglises d’Asie
p. 8
- Il est important de porter le temple
de Dieu dans nos cœurs
Agenzia Fides
p. 9
- L’université Catholique Fu Ren
accorde un titre honorifique à Mgr.
Savio Hon Tai-fai
Bernardo Cervellera, Asianews
p. 9
- Inauguration de la plus grande place
dans la steppe de la Mongolie
Intérieure
Agenzia Fides
p. 10
- Gerard Van Asperen, Missionering in
China. Pater Peregrinus Teunissen
OFM
p. 11
- La mission Chinoise de Leo Van Dijck
cicm
Dirk Van Overmeire
p. 12
- Le Frère Joseph Van Den Brandt cm
W. Bellemaekers
p. 15
- Des étudiants Catholiques
universitaires lancent un nouveau site
web
Agenzia Fides
p. 16
- Le mariage traditionnel dans un petit
village Chinois anno 1916
A. Segers
p. 16
- Chinareis
??
p. 19
Le 26 décembre 2011 les amis du Collège Chinois a Leuven
ont célèbre le 80eme anniversaire du P. Jeroom