L`étude de la Mutualité française
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L`étude de la Mutualité française
LES ÉTUDES DE LA MUTUALITÉ FRANÇAISE SUR LE MÉDICAMENT Impact économique de la modification des conditions de remboursement des SMRi en 2006 Juin 2007 PLAN DE L'ÉTUDE Résumé ......................................................................................................................................................................... Préambule .................................................................................................................................................................... Note méthodologique ................................................................................................................................................. 1- Médicaments déremboursés au 1-1- Analyse des quantités 1er 4 5 5 mars 2006 ■ Evolution du nombre de boîtes vendues (prescrites et non prescrites) de médicaments déremboursés au 1er mars 2006 ....................................................................................................... 6 ■ Répartition des boîtes vendues en automédication ou sur prescription parmi les médicaments déremboursés au 1er mars 2006 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ■ Evolution du nombre de boîtes vendues (prescrites et non prescrites) des médicaments déremboursés au 1er mars 2006, par classe thérapeutique de niveau 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ■ Trois premières classes thérapeutiques vendues en 2006, parmi les classes déremboursées au 1er mars 2006 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ■ Dix premiers médicaments vendus en 2006 parmi les médicaments déremboursés au 1er mars 2006 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 7 8 8 1-2- Analyse du chiffre d'affaires ■ Evolution du chiffre d'affaires et du nombre de boîtes délivrées (prescrites et non prescrites) des médicaments déremboursés au 1er mars 2006 ......................................................... 9 .......................................................................................................................................... 9 ■ Evolution du chiffre d'affaires des médicaments déremboursés au 1er mars 2006, à volume de vente constant ■ Evolution du coût moyen de chacune des composantes du prix public TTC des médicaments déremboursés .................................................................................................................................. 10 ■ Tableau récapitulatif de la contribution à la croissance du prix public TTC des médicaments déremboursés entre février et décembre 2006 ................................................................................. 11 ................................................................................. 11 ...................................................................................................... 12 ■ Contribution à la croissance du prix public TTC moyen des médicaments déremboursés entre février et décembre 2006 ■ Evolution de l’indice moyen des prix par classe thérapeutique, base 100 : prix moyen de la classe en février 2006 2- Baisse du taux de remboursement des veinotoniques au 2-1- Analyse des quantités 1er février 2006 ■ Evolution du nombre de boîtes vendues (prescrites et non prescrites) des médicaments veinotoniques ................................................................................................................................... ■ Evolution du nombre de boîtes de veinotoniques délivrées en automédication ■ Dix premiers médicaments vendus en 2006 ................................................................ parmi les veinotoniques dont le taux de remboursement est passé à 15 % au 1er février 2006 ..................................... 13 14 14 2-2- Analyse du chiffre d'affaires ■ Evolution du chiffre d'affaires et du nombre de boîtes délivrées (prescrites et non prescrites) des médicaments veinotoniques ................................................................................................................................... ■ Evolution du chiffre d'affaires des veinotoniques, à volume de vente constant ............................................................... 15 15 2-3- Analyse des remboursements ■ Part des veinotoniques dans les remboursements du régime obligatoire et dans le ticket modérateur ■ Evolution des montants remboursés par le régime obligatoire et du ticket modérateur des veinotoniques ............................. 16 .................................................................................................................... 16 ■ Décomposition des effets prix, volume, taux et structure dans l’évolution globale du ticket modérateur et des remboursements du régime obligatoire (médicaments veinotoniques) ......................................... 17 17 .................................................................................................................... 18 .................................................................................................................................................................... 18 ■ Répartition de la base de remboursement entre le ticket modérateur et le régime obligatoire ■ Evolution des remboursements de veinotoniques entre le régime obligatoire (ALD et hors ALD) et le ticket modérateur Conclusion ................................. 3 LES ÉTUDES DE LA MUTUALITÉ FRANÇAISE SUR LE MÉDICAMENT Impact économique de la modification des conditions de remboursement des médicaments à Service Médical Rendu insuffisant (SMRi) en 2006 RÉSUMÉ Médicaments déremboursés ■ Les déremboursements se sont traduits par un effondrement des prescriptions (- 50 % entre 2005 et 2006). ■ L’automédication a augmenté (+ 33 % entre 2005 et 2006) mais n’a pas compensé la baisse des prescriptions. ■ Les médicaments déremboursés (84 % des ventes en quantité) comprennent essentiellement des médicaments de l’appareil respiratoire (fluidifiants bronchiques et autres expectorants), de l’appareil digestif et du système nerveux central (phytothérapie contre les troubles mineurs du sommeil). ■ Le chiffre d’affaires de ces médicaments a diminué dans de moindres proportions que les volumes vendus (- 41 %) du fait de l’augmentation importante des prix de ces médicaments (environ 36 %), à la suite de leur déremboursement. Veinotoniques ■ La baisse du taux de remboursement des veinotoniques de 35 % à 15 % et la baisse autoritaire de leurs prix d’en moyenne 12 % se sont traduites dans les faits (2006 versus 2005) par : A Une baisse des quantités de 21 % liée au changement de comportement des médecins ; A Une baisse du chiffre d’affaires de 30 % ; A Un transfert des prescriptions vers les veinotoniques moins chers ; A Une diminution des montants remboursés par le régime obligatoire de 55 % ; A Une diminution du ticket modérateur de 13 %. ■ Les patients utilisent les veinotoniques lorsqu’ils leur sont prescrits. L’automédication est restée très faible (5 % des boîtes délivrées en 2006), même si elle a fortement augmenté en 2006 (+ 29 %). ■ En 2006, les 10 premiers veinotoniques vendus représentaient 76 % de l’ensemble des boîtes de veinotoniques vendues (avec ou sans prescription). ■ Une boîte de veinotoniques sur 10 est encore remboursée à 100 % par l’assurance maladie, dans le cadre des affections longue durée, ce qui représentait 37 millions d’euros en 2006. Conclusion ■ En 2006, l’augmentation du taux de participation de l’assuré pour les médicaments à service médical rendu insuffisant s’est traduit par un recul des prescriptions sans que les patients ne se tournent pour autant vers l’automédication. ■ Il pourrait être envisagé, sur la base de cette observation, qu’il existe une corrélation positive entre le taux de remboursement d’un médicament, sa prescription par le médecin et son utilisation par le patient. 4 PRÉAMBULE À la suite de la publication du décret du 27 octobre 1999 relatif aux médicaments remboursables et modifiant le Code de la Sécurité sociale, la Commission de la Transparence a évalué, entre 1999 et 2001, le niveau de Service Médical Rendu (SMR) de l’ensemble des médicaments remboursables. Sur les 4 490 spécialités évaluées, 835 se sont vu attribuer un SMR insuffisant pour justifier une prise en charge par la collectivité. Le Code de la Sécurité sociale prévoit en effet (article R 163-3) que « les médicaments dont le service médical rendu est insuffisant au regard des autres médicaments ou thérapies disponibles ne sont pas inscrits sur la liste » des médicaments remboursables. Ces médicaments n’ont pas été déremboursés, mais ont fait l’objet d’une baisse de leur taux de remboursement et d’une baisse de leur prix. Par la suite, la Commission de la Transparence a procédé à une réévaluation des médicaments dont le SMR avait été qualifié d’insuffisant, en trois vagues : 1) En 2003, sur 60 médicaments n’ayant pas leur place dans la stratégie thérapeutique. 2) En 2005, sur 245 médicaments à prescription médicale facultative (PMF). 3) En 2006, sur 133 médicaments à prescription médicale obligatoire (PMO). L’objet de la présente étude est d’évaluer l’impact des décisions prises par le Ministre de la Santé à la suite de la réévaluation de la deuxième vague de médicaments sur les pratiques de prescription des médecins et de consommation des patients, ainsi que sur les remboursements dans le cas des veinotoniques : • Baisse du taux de remboursement des veinotoniques de 35 % à 15 % à compter du 1er février 2006 jusqu’au 31 décembre 2007 (ces médicaments seront déremboursés à compter de cette date). • Déremboursement total des autres médicaments réévalués, à compter du 1er mars 2006. Cette étude consiste en une observation du marché de ces médicaments toutes choses égales par ailleurs : elle ne tient pas compte des transferts de prescriptions éventuellement intervenus sur d’autres classes à la suite de la modification des conditions de remboursement de ces médicaments. En effet, les données dont nous disposons ne permettent pas d'analyser ces transferts éventuels. Enfin, cette étude s'inscrit dans un contexte politique et concurrentiel qu'il convient de préciser. En effet, la majeure partie des mutuelles a choisi de suivre les recommandations de la Haute Autorité de Santé et de ne pas prendre en charge le ticket modérateur des médicaments remboursés par le régime obligatoire à 15 % (vignette orange). NOTE MÉTHODOLOGIQUE L’objet de cette étude est d’observer le marché des médicaments à SMRi dont le taux de remboursement a été modifié en 2006. Les médicaments concernés par l’étude ont été identifiés sur la base des listes publiées au JO (deux arrêtés du 17 janvier 2006 publiés au JO du 25 janvier 2006). Les variables étudiées sont issues des données IMS Health. Elles ont été extraites CIP par CIP et mois par mois de janvier 2004 à décembre 2006 : - ventes en quantité : unités vendues en officine sur prescription et hors prescription ; - ventes en valeur : chiffre d’affaires réalisé à partir d’une prescription et sans prescription ; - prix public TTC ; - prix fabricant hors taxe des médicaments déremboursés ; - montants remboursés par le régime obligatoire des veinotoniques ; - montant du ticket modérateur, défini comme la différence entre la base de remboursement et le montant remboursé par le régime obligatoire ; - taux de prescription des veinotoniques dans le cadre des affections longue durée (ALD). L’analyse de l’évolution des prix a été faite sur la base du calcul de la moyenne des prix CIP par CIP pondérés par les quantités vendues pour chacune des deux listes de médicaments, mois par mois de janvier 2006 à décembre 2006 pour les veinotoniques et de février 2006 à décembre 2006 pour les médicaments déremboursés. Pour une facilité de lecture, l’impact de la modification des conditions de remboursement des médicaments à SMRi a été chiffré sous la forme d’une comparaison entre les deux années civiles 2005 et 2006. Pour l’interprétation des résultats, il convient néanmoins de prendre en compte le fait que les modifications des conditions de remboursement sont intervenues au 1er février et au 1er mars 2006. Par ailleurs, cette analyse n’intègre pas les éventuels transferts de prescription susceptibles d’être intervenus sur d’autres classes à la suite de la modification des conditions de remboursement de ces médicaments. 5 1. MÉDICAMENTS DÉREMBOURSÉS AU 1er MARS 2006 1. 1 Analyse des quantités Le déremboursement de ces médicaments a eu pour conséquence immédiate un effondrement des quantités vendues. Elles ont ainsi chuté de 50 % entre 2005 et 2006, passant de près de 213 millions de boîtes vendues en 2005 à 106 millions en 2006. Les ventes des médicaments déremboursés au 1er mars 2006 sont cycliques avec un pic en automne et en hiver et un ralentissement au printemps et en été. Cela s’explique essentiellement par le fait que les trois premières classes déremboursées concernent des médicaments dont l’utilisation est plus forte en hiver qu’en été. L’impact des médicaments de la pathologie hivernale est particulièrement fort puisque cette classe représente à elle seule 40 % des boîtes vendues en 2006. en millions de boî tes Évolution du nombre de boîtes vendues (prescrites et non prescrites) de médicaments déremboursés au 1er mars 2006 25 Unités délivrées sur prescription Unités délivrées 20 en automédication 15 10 Automédication : + 33 % en 2006 5 Prescriptions : - 61 % en 2006 dé ce m br e2 00 6 00 6 ju ille t2 00 6 jan vie r2 00 5 t2 ju ille 00 5 jan vie r2 00 4 t2 ju ille jan vie r2 00 4 0 Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 Les médecins ont massivement cessé de prescrire ces médicaments et les patients se sont très partiellement tournés vers l’automédication. Néanmoins, l’augmentation de l’automédication n’a pas permis de compenser l’effondrement des quantités vendues. En effet, si l’automédication a augmenté de 33 % entre 2005 et 2006, cela n’a représenté que 8 millions de boîtes vendues en plus en 2006, alors que 115 millions de boîtes prescrites de moins ont été délivrées en 2006 par rapport à 2005. 6 Le graphique suivant montre l’augmentation de la « part de marché » de l’automédication dans les ventes des médicaments déremboursés au 1er mars 2006. Répartition des boîtes vendues en automédication ou sur prescription parmi les médicaments déremboursés au 1er mars 2006 Unités délivrées sur prescription 100 Unités délivrées en automédication } } 80 60 40 20 Automédication 50 % Prescriptions dé ce m br e2 00 6 ju ille ju ille jan vie r2 t2 00 6 00 6 00 5 t2 00 5 jan vie r2 t2 00 4 ju ille jan vie r2 00 4 0 50 % Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 Alors qu’une boîte sur dix était délivrée dans le cadre de l’automédication en août 2005, aujourd’hui, c’est une boîte sur deux qui est délivrée en automédication. Les médicaments déremboursés au 1er mars 2006 comprennent essentiellement des médicaments de l’appareil respiratoire (fluidifiants bronchiques et autres expectorants, ex : BRONCHOKOD Gé, HEXALYSE), de l’appareil digestif (ex : ULTRA LEVURE) et du système nerveux central (analgésiques, ex : EFFERALGAN VIT C, phytothérapie contre les troubles mineurs du sommeil, ex : SPASMINE). en millions de boî tes Évolution du nombre de boîtes vendues (prescrites et non prescrites) des médicaments déremboursés au 1er mars 2006, par classe thérapeutique de niveau 1 12 Appareil respiratoire (pathologie hivernale) 10 Appareil digestif 8 Système nerveux central (dont phytothérapie) 6 Dermatologie 4 Appareil locomoteur 2 Appareil cardiovasculaire Divers dé ce m br e2 00 6 ju ille t2 00 6 00 6 jan vie r2 ju ille t2 00 5 00 5 jan vie r2 00 4 t2 ju ille jan vie r2 00 4 0 Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 Ces trois classes représentent en 2006, 84 % des boîtes vendues parmi les médicaments déremboursés au 1er mars, soit près de 90 millions de boîtes. Les ventes de chacune de ces trois classes ont diminué de moitié en 2006. 7 Trois premières classes thérapeutiques vendues en 2006, parmi les classes déremboursées au 1er mars 2006 Rang Classe thérapeutique 1 2 3 Nombre de boîtes vendues en 2006 (millions de boîtes) % cumulé Évolution par rapport à 2005 43,0 28,3 17,6 40 % 67 % 84 % - 49 % - 48 % - 47 % 88,9 106,3 84 % 100 % - 49 % - 50 % Appareil respiratoire Appareil digestif Système nerveux central Total trois premières classes Total médicaments déremboursés au 1er mars 2006 Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 Les ventes des médicaments déremboursés sont également concentrées sur un faible nombre de médicaments. Dix premiers médicaments vendus en 2006, parmi les médicaments déremboursés au 1er mars 2006 Rang Médicament 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Nombre de boîtes vendues en 2006 (millions de boîtes) % cumulé Évolution par rapport à 2005 5,6 4,9 4,6 4,3 4,1 3,7 3,4 3,4 3,1 2,5 5% 10 % 14 % 18 % 22 % 26 % 29 % 32 % 35 % 37 % - 49 % - 43 % - 38 % - 48 % - 39 % - 51 % - 63 % - 44 % - 48 % - 35 % 39,6 106,3 37 % 100 % - 47 % - 50 % EFFERALGAN VIT C BRONCHOKOD GE ULTRA LEVURE SPASMINE EUPHYTOSE HEPTAMYL CYSTINE B6 BAILLEUL HEXASPRAY OLIGOSOL LITHIUM HEXALYSE Total 10 premiers Total médicaments déremboursés au 1er mars 2006 Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 En effet, sur les 151 médicaments commercialisés en 2006 (soit 256 spécialités) et déremboursés au 1er mars, les dix premiers médicaments concentrent près de 40 % des quantités vendues en 2006. 8 1. 2 Analyse du chiffre d’affaires Le déremboursement de ces médicaments s’est traduit par une diminution du chiffre d’affaires proportionnellement moins importante que celle des quantités. 20 15 10 5 Unités délivrées 6 dé ce m br e2 00 t2 00 6 ju ille 00 6 jan v ie r2 ju ille 00 5 jan vie r2 t2 00 4 ju ille jan vie r2 Chiffre d’affaires t2 00 5 0 en millions de boîtes 25 70 60 50 40 30 20 10 0 00 4 en millions d’euros Évolution du chiffre d’affaires et du nombre de boîtes délivrées (prescrites et non prescrites) des médicaments déremboursés au 1er mars 2006 Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 En effet, le chiffre d’affaires d’un médicament dépend du nombre de boîtes vendues et du prix du médicament. Les médicaments remboursables sont soumis à un système de prix administrés, généralement stables dans le temps. L’évolution du chiffre d’affaires est donc directement proportionnelle à celle des volumes vendus. C’est d’ailleurs ce que l’on observe sur le graphique ci-dessus. Au total, le chiffre d’affaires généré par les médicaments déremboursés au 1er mars a diminué de 41 % entre 2005 et 2006, passant ainsi de 657 millions d’euros à 384 millions d’euros, alors que les volumes ont diminué de 50 % sur la période. Le graphique suivant présente l’indice du chiffre d’affaires avec pour base 100 le nombre de boîtes vendues à chaque période. Évolution du chiffre d’affaires des médicaments déremboursés au 1er mars 2006, à volume de vente constant Augmentation des prix 450 400 350 300 250 200 150 100 50 Médicaments remboursés : soumis au système de prix administrés + TVA 2,1% 6 00 dé ce m br e2 ju ille t2 00 6 jan vie r2 00 6 t2 00 5 ju ille jan vie r2 00 5 t2 00 4 ju ille jan vie r2 00 4 0 Médicaments déremboursés : prix libres + TVA 5,5 % Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 Ce graphique permet d’observer l’évolution du chiffre d’affaires des médicaments déremboursés au 1er mars 2006, à quantités vendues constantes : en neutralisant ainsi l’une des deux variables qui composent le chiffre d’affaires (le nombre de boîte vendues), on met en relief l’évolution de l’autre variable (les prix). Il apparaît clairement que les prix ont augmenté dès le déremboursement des médicaments, assez rapidement entre mars et août 2006 pour se stabiliser à partir d’août. 9 Au total, on constate une augmentation moyenne des prix de ces médicaments d’environ 36 % entre février 2006 et décembre 2006 qui a permis de compenser en partie la perte de chiffre d’affaires induite par la baisse des quantités vendues. En fait, le déremboursement de ces médicaments s’est traduit par une augmentation de leur taux de TVA de 2,1 % à 5,5 % et par leur sortie du système de prix administrés, permettant à chacun des acteurs de la chaîne de distribution du médicament (laboratoires pharmaceutiques, grossistes répartiteurs, pharmaciens) de leur appliquer la marge de leur choix. Le graphique suivant présente l’évolution des principales composantes du prix public TTC des médicaments déremboursés (prix fabricant hors taxe, marges grossistes et pharmaciens et TVA) entre février 2006 et décembre 2006. Évolution du coût moyen de chacune des composantes du prix public TTC des médicaments déremboursés Marge grossistes + pharmaciens Prix fabricants hors taxe TVA 2,5 € 2,0 € 1,5 € 1,0 € 0,5 € 0€ v fé 06 20 r r ie m 06 20 s ar 6 00 ir l 2 av m 06 20 i a 06 06 20 20 t n i ille ju ju 06 06 06 06 06 20 20 20 20 20 t e e e e û br br br br ao m m m to te ce ve oc p é o d n se Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 Le prix fabricant hors taxe moyen de ces médicaments a augmenté de 16 % entre février 2006 et décembre 2006 alors que la marge de distribution (grossistes et pharmaciens) a augmenté de 55 %. Au total, le prix public a progressé de 36 % sur la période. 10 Le tableau suivant présente la répartition de l’augmentation du prix moyen des médicaments déremboursés entre les différents acteurs (industriels, distributeurs et État), calculée à partir d’une comparaison du prix moyen observé en février 2006 (système de prix administrés et TVA à 2,1 %) à celui observé en décembre 2006 (système de prix libre et TVA à 5,5 %). Tableau récapitulatif de la contribution à la croissance du prix public TTC des médicaments déremboursés entre février et décembre 2006 Février-06 Décembre-06 Prix fabricant hors taxe moyen Marge moyenne grossistes + pharmaciens TVA moyenne 1,80 € 1,19 € 0,06 € 2,09 € 1,84 € 0,22 € Prix public TTC moyen 3,05 € 4,15 € Différence Contribution à la croissance 0,29 € 0,65 € 0,16 € 26 % 60 % 14 % 1,10 € 100 % Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 La contribution à la croissance de chacune des composantes du prix public TTC est présentée dans le graphique suivant. Contribution à la croissance du prix public TTC moyen des médicaments déremboursés entre février et décembre 2006 TVA 14 % Prix fabricant hors taxe 26 % Marges grossistes + pharmaciens 60 % Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 Ce sont les marges de distribution (grossistes et pharmaciens) qui ont le plus contribué à la croissance du prix public moyen des médicaments déremboursés, suivis par les fabricants et par la TVA. Nous ne disposons pas de données suffisamment précises pour connaître la répartition de la marge de distribution entre les grossistes et les pharmaciens. Cependant, à titre d’information, lorsque ces médicaments étaient remboursables et que les marges étaient administrées, la marge des pharmaciens était 2,5 fois plus importante que celle des grossistes. 11 Le graphique suivant présente, mois par mois, l’évolution de l’indice moyen des prix par classe thérapeutique avec comme base 100 le prix moyen de la classe en février 2006 (mois précédant le déremboursement de ces médicaments). Évolution de l’indice moyen des prix par classe thérapeutique, base 100 : prix moyen de la classe en février 2006 (1) 170 160 Appareil respiratoire (pathologie hivernale) 150 Appareil digestif 140 Système nerveux central (dont phytothérapie) 130 } Trois premières classes en volume de vente Dermatologie 120 Appareil locomoteur 110 Appareil cardiovasculaire 100 Ensemble des classes 20 06 00 6 dé ce m br e re 2 to b oc ao ût 2 ju in 00 6 il 2 av r fé vr ier 2 00 6 80 20 06 Divers 00 6 90 Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 Les prix ont tous augmenté, quelle que soit la classe thérapeutique mais dans des proportions variables selon les classes. Ainsi, les prix des médicaments de l’appareil digestif ont connu la plus forte augmentation jusqu’en août 2006 (+ 59 % entre février et août). Rappelons qu’en 2006, ces médicaments représentaient 28 millions de boîtes vendues pour un chiffre d’affaires de 112 millions d’euros. Il s’agissait, en valeur, comme en volume, de la deuxième classe des médicaments déremboursés au 1er mars 2006. Les médicaments de l’appareil cardiovasculaire sont ceux dont les prix ont le moins augmenté sur la période : « seulement » de 10 % entre février et décembre 2006. Enfin, les médicaments de classe « divers » sont, avec les médicaments de l’appareil digestif, ceux qui ont connu la plus forte croissance de leurs prix depuis leur déremboursement. Il s’agit essentiellement de DAZEN (2) comprimés 10 000 U (B/40) et de médicaments utilisés en ophtalmologie (VITARUTINE collyre 10 ml, DIFRAREL E dragées B/24 et OPHTALMINE collyre 20 ml). Les quantités vendues de ces médicaments sont néanmoins très faibles (240 000 boîtes vendues en 2006 pour un chiffre d’affaires de 1,3 million d’euros). (1) L'indice moyen des prix par classe thérapeutique mesure ici l'évolution du prix moyen d'un "panier de biens médicaments" acheté par le patient, à chaque période. (2) Indiqué en traitement d’appoint des oedèmes post-traumatiques ou post-opératoires et en traitement d’appoint des troubles de la sécrétion bronchique. 12 2. BAISSE DU TAUX DE REMBOURSEMENT DES VEINOTONIQUES AU 1er FÉVRIER 2006 Les veinotoniques limitent la dilatation de la veine mais n’ont pas d’action sur la maladie veineuse et sont principalement indiqués dans le traitement de l’insuffisance veineuse chronique et/ou des hémorroïdes. Le taux de remboursement des veinotoniques est passé de 35 % à 15 % à compter du 1er février 2006. 2. 1 Analyse des quantités Plus de 74,5 millions de boîtes de veinotoniques ont été vendues en 2006 (avec ou sans prescription) contre près de 94 millions en 2005, ce qui représente une diminution de 20,6 %. Les ventes de veinotoniques sont très cycliques. Le graphique ci-dessous, qui porte sur les données de janvier 2004 à décembre 2006, montre qu’elles augmentent très significativement avant l’été, dès le mois de février pour diminuer progressivement à partir du mois de juillet. La baisse du taux de remboursement des veinotoniques intervenue au 1er février 2006 s’est traduite par une rupture de ce cycle avec une reprise des ventes retardée de février 2006 à avril 2006. Les ventes ont naturellement continué de progresser jusqu’en juillet pour entamer leur régression annuelle dès le mois d’août. Il est cependant intéressant de constater que le pic de juillet 2006 n’a pas atteint le niveau des pics observés en juillet 2004 et 2005. Les ventes ont, en effet, diminué de 24 % entre juillet 2005 et juillet 2006. On observe ainsi que la baisse du taux de remboursement des veinotoniques a conduit les médecins à modifier leurs comportements de prescription. Ce sont en effet essentiellement les prescriptions de veinotoniques qui ont chuté. Évolution du nombre de boîtes vendues (prescrites et non prescrites) des médicaments veinotoniques en millions de boîtes Unités délivrées sur prescription Unités délivrées en automédication 12 10 - 24 % entre juillet 2005 et juillet 2006 8 6 7,2 millions de boîtes 9,5 millions de boîtes 9,5 millions de boîtes 4 2 6 00 dé ce m br e2 t2 00 6 ju ille 00 6 jan vie r2 t2 00 5 ju ille 00 5 jan vie r2 t2 00 4 ju ille jan vie r2 00 4 0 Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 Les veinotoniques sont des médicaments à prescription médicale facultative. Il apparaît néanmoins sur ce graphique que les patients les achètent essentiellement lorsqu’ils leur sont prescrits. En effet, l’automédication représente une part très faible de la délivrance de veinotoniques avec 5 % des boîtes délivrées en 2006, contre 3 % entre 2004 et 2005. 13 Le graphique suivant montre que la délivrance de veinotoniques en automédication est également très cyclique avec un pic plus important en juillet 2006 que les années précédentes : les patients se sont donc partiellement tournés vers l’automédication à la suite de la baisse du taux de remboursement des veinotoniques au 1er février 2006. L’automédication s’est développée en 2006 puisqu’elle a augmenté de 29 % par rapport à 2004 et 2005, mais la délivrance de veinotoniques en automédication reste malgré tout très faible par rapport aux prescriptions de veinotoniques. Évolution du nombre de boîtes de veinotoniques délivrées en automédication 600 000 Unités délivrées en automédication 500 000 400 000 300 000 200 000 dé ce m br e2 00 6 t2 ju ille ju ille 00 6 00 6 jan vie r2 00 5 t2 00 5 jan vie r2 00 4 t2 ju ille jan vie r2 00 4 100 000 Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 Remarque : le 1er janvier 2008, ces médicaments seront totalement déremboursés et pourront, puisqu’ils ne sont pas soumis à prescription médicale obligatoire, faire l’objet d’une publicité directe auprès du public. Cet assouplissement réglementaire pourrait avoir un impact significatif sur le développement de l’automédication dans la pathologie veineuse. Près d’une centaine de spécialités veinotoniques étaient commercialisées en 2006, mais les ventes étaient concentrées sur un faible nombre de spécialités. Les dix premiers médicaments veinotoniques concentrent 76 % des quantités vendues en 2006. Dix premiers médicaments vendus en 2006 parmi les veinotoniques dont le taux de remboursement est passé à 15 % au 1er février 2006 Rang Médicament Nombre de boîtes vendues en 2006 % cumulé Évolution par rapport à 2005 (en millions de boîtes) 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 DAFLON ENDOTELON (B/20) GINKOR FORT ESBERIVEN FORT CYCLO 3 DIFRAREL VEINAMITOL HIRUCREME CIRKAN, voie orale VELITEN Total 10 premiers veinotoniques Total médicaments veinotoniques passés à 15 % au 1er février 2006 14,1 11,2 9,9 5,5 3,9 3,2 3,1 2,2 1,8 1,6 19 % 34 % 47 % 55 % 60 % 64 % 68 % 71 % 74 % 76 % - 20 % - 18 % - 21 % - 18 % - 22 % - 18 % - 32 % - 13 % - 17 % - 19 % 56,7 76 % - 20 % 100 % - 21 % 74,5 Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 DAFLON se situe à la première place des veinotoniques. En 2006, une boîte de veinotoniques délivrée sur cinq était du DAFLON. Ses ventes ont diminué de 20 % entre 2005 et 2006, ce qui représente 3,5 millions de boîtes délivrées en moins. 14 2.2 Analyse du chiffre d’affaires Le chiffre d’affaires des médicaments dépend de deux variables : les quantités vendues et les prix publics. Les veinotoniques sont des médicaments remboursables, leurs prix sont donc administrés et relativement stables dans le temps. 50 10 40 8 30 6 20 4 10 2 0 0 00 6 ju ille ju ille t2 jan vie r2 00 5 t2 00 5 jan vie r2 00 4 t2 ju ille jan vie r2 dé ce m br e2 00 6 12 00 6 60 00 4 - 31 % } entre - 21 % juillet 2005 et juillet 2006 en millions de boîtes en millions d’euros Évolution du chiffre d’affaires et du nombre de boîtes délivrées (prescrites et non prescrites) des médicaments veinotoniques Chiffre d’affaires Unités totales Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 Néanmoins, la baisse du taux de remboursement des veinotoniques s’est accompagnée, à la même période par une baisse autoritaire des prix qui s’est traduite par une diminution du chiffre d’affaires proportionnellement plus importante que celle des quantités. Au total, le chiffre d’affaires a diminué de 29,6 % entre 2005 et 2006 alors que les quantités ont diminué de 21 % sur la période. Evolution du chiffre d’affaires des veinotoniques, à volume de vente constant 650 Baisse des prix 550 450 350 250 150 6 00 dé ce m br e2 t2 00 6 ju ille r2 00 6 jan vie t2 00 5 ju ille r2 00 5 jan vie ju ille t2 00 4 jan vie r2 00 4 50 Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 Les veinotoniques ont ainsi vu leur prix baisser d’en moyenne 12 % au 1er février 2006. Les prix sont restés stables depuis, contrairement aux prix libres des médicaments déremboursés au 1er mars. 15 2.3 Analyse des remboursements L’analyse qui suit présente le ticket modérateur comme la différence entre la base de remboursement et les remboursements du régime obligatoire. Le ticket modérateur présenté ne correspond donc pas à celui qui a été effectivement remboursé par les organismes d’assurance complémentaire. Les mutuelles, par exemple, ont, dans leur majorité, choisi de respecter les recommandations de la Haute Autorité de Santé et de ne pas prendre en charge le ticket modérateur des médicaments remboursés à 15 %. Les veinotoniques représentent une plus forte part des dépenses pour les assureurs complémentaires que pour le régime obligatoire. Part des veinotoniques dans les remboursements du régime obligatoire et dans le ticket modérateur 5 Part des remboursements de veinotoniques dans les remboursements du régime obligatoire 4 Part des remboursements de veinotoniques dans le ticket modérateur 3 2 1 0 Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 Les remboursements de veinotoniques ont naturellement suivi la progression des quantités vendues, avec une rupture de leur cycle de remboursement en février 2006 et une reprise moins importante que les années précédentes du fait de la baisse des quantités vendues et de la baisse des prix. en millions d’euros Evolution des montants remboursés par le régime obligatoire et du ticket modérateur des veinotoniques Remboursement Sécurité sociale Ticket modérateur . TM de 13 % en 2006 . RO de 55 % dé ce m br e2 00 6 ju ille t2 00 6 00 6 jan vie r2 00 5 t2 ju ille 00 5 jan vie r2 00 4 t2 ju ille jan vie r2 00 4 en 2006 Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 Les remboursements du régime obligatoire ont diminué de 55 % en 2006. Le ticket modérateur des veinotoniques aurait dû augmenter compte tenu de la baisse de leur taux de remboursement par le régime obligatoire. On observe néanmoins une diminution de 13 % du ticket modérateur sur l’ensemble de l’année 2006. 16 Le tableau suivant présente la décomposition de chacun des effets (prix, volume, taux, structure) dans l’évolution globale du ticket modérateur et des remboursements du régime obligatoire. Décomposition des effets prix, volume, taux et structure dans l’évolution globale du ticket modérateur et des remboursements du régime obligatoire (médicaments veinotoniques) Régime obligatoire Ticket modérateur - 55,4 % - 11,2 % - 35,1 % - 16,7 % - 7,0 % - 12,6 % - 11,2 % + 26,3 % - 16,3 % - 6,9 % Effet global Effet prix Effet taux de remboursement Effet quantité prescrites Effet structure Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 Il apparaît ainsi que les remboursements du régime obligatoire ont diminué sous l’effet de quatre facteurs : ■ ■ ■ ■ la baisse du taux de remboursement de 35 % à 15 % ; la baisse des quantités prescrites ; la baisse des prix ; une modification de la structure de prescription vers des veinotoniques moins chers. Le ticket modérateur, quant à lui, a diminué, malgré un effet taux positif, sous l’effet de la diminution du nombre de boîtes prescrites, du prix des veinotoniques et d’un transfert des prescriptions vers des veinotoniques moins chers. Enfin, le graphique ci-dessous présente une répartition de la prise en charge de la base de remboursement entre le ticket modérateur et le régime obligatoire. Il montre que le taux réel (3) de prise en charge par le régime obligatoire s’est effondré en février 2006, à la suite de l’application de la baisse du taux de remboursement, mais il montre également qu’il reste néanmoins supérieur à 15 %. Cet écart s’explique par le maintien de la prise en charge de ces médicaments dans le cadre des affections longue durée (prise en charge à 100 %). Répartition de la base de remboursement entre le ticket modérateur et le régime obligatoire 100 80 60 40 20 15 % 00 6 dé ce m br e2 t2 00 6 ju ille 00 6 jan vie r2 t2 00 5 ju ille 00 5 jan vie r2 t2 00 4 ju ille jan vie r2 00 4 0 Remboursements Sécurité sociale Ticket modérateur Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 (3) Le taux réel de prise en charge se distingue du taux réglementaire (15 %) dans la mesure où il intègre la prise en charge à 100 % des médicaments dans le cadre des affections longue durée. 17 En 2006, plus de 7 millions de boîtes de veinotoniques ont été prescrites dans le cadre d’une ALD, contre 11,9 millions en 2004 et 11,4 millions en 2005. En valeur, les remboursements de veinotoniques, dans le cadre des ALD sont passés de 67 millions d’euros en 2004, à 37 millions d’euros en 2006, soit 10 % des remboursements. en millions d’euros Évolution des remboursements de veinotoniques entre le régime obligatoire (ALD et hors ALD) et le ticket modérateur 60 50 40 30 20 10 RO en ALD RO hors ALD 6 dé ce m br e2 00 ju ille t2 00 6 00 6 jan vie r2 00 5 t2 ju ille 00 5 jan vie r2 ju ille t2 jan vie r2 00 4 00 4 0 TM (hors ALD) Source : Mutualité Française, observatoire du médicament 2006 CONCLUSION Les mesures prises par le Ministre de la Santé à la suite de la publication de l’avis de la Haute Autorité de Santé relatif à la deuxième vague de réévaluation des médicaments à service médical rendu insuffisant ont entraîné un véritable changement de comportement de prescription chez les médecins. Ils ont en effet massivement cessé de prescrire les médicaments déremboursés. Dans le cas des veinotoniques, il reste une marge de progression importante dans la mesure où ces médicaments demeurent prescrits malgré l’avis de la Haute Autorité de Santé de septembre 2005. Mais les prescriptions de veinotoniques ont néanmoins fortement diminué, dès la baisse de leur taux de remboursement. Il pourrait être envisagé, sur la base de cette observation, qu’il existe une corrélation positive entre le statut de remboursement d’un médicament et l’opportunité de sa délivrance sur prescription. Par ailleurs, si les patients se sont partiellement tournés vers l’automédication, celle-ci est restée largement insuffisante pour compenser la baisse des volumes de prescription. En d’autres termes, les patients achètent ces médicaments s’ils leur sont prescrits et ils leur sont de moins en moins prescrits puisque moins bien remboursés. Le déremboursement des médicaments au 1er mars 2006 s’est également traduit par une augmentation très importante de leurs prix, du fait de la libéralisation des marges des différents acteurs de la chaîne de distribution et de l’augmentation de leur taux de TVA. Cette augmentation des prix n’a pas non plus permis de compenser, en terme de chiffre d’affaires, la baisse des quantités vendues. A contrario, la baisse du taux de remboursement des veinotoniques s’est accompagnée d’une réduction de leurs prix, ce qui, associée à la baisse des prescriptions, s’est traduit par une diminution des remboursements du régime obligatoire et, dans de moindres proportions, par une diminution du ticket modérateur. 18 La politique du médicament de la Mutualité Française La Mutualité Française développe une politique du médicament centrée sur la qualité et l’utilité, qui vise à : ■ ■ ■ ■ ■ promouvoir un meilleur usage du médicament ; développer l’utilisation de la DCI ; développer l’usage des médicaments génériques ; responsabiliser les adhérents face à l’automédication ; veiller à ce que le niveau de prise en charge d’un médicament soit en adéquation avec sa performance scientifique évaluée par la Haute Autorité de Santé. Depuis plusieurs années, la Mutualité Française se mobilise ainsi auprès de nombreux acteurs : ■ les adhérents des mutuelles en les sensibilisant aux différentes thématiques liées au médicament (service médical rendu insuffisant, dénomination commune internationale (DCI), génériques, automédication…) ; ■ les professionnels de santé, en les incitant par exemple à prescrire en DCI ; ■ les pouvoirs publics, en préconisant, par exemple, le déremboursement des médicaments dont le service médical rendu a été reconnu insuffisant ; ■ les autorités européennes en intervenant dans le processus d’élaboration de la politique européenne du médicament (Collectif Europe et Médicament, Association Internationale de la Mutualité). L’amélioration de la qualité des soins passe par une allocation des ressources adaptée aux besoins de santé et par une information éclairée des patients. A A A A A La quasi totalité des mutuelles santé (régies par le code de la Mutualité). 38 millions de personnes protégées. 100 000 élus et 55 000 salariés. 2 000 services de soins et d’accompagnement mutualistes. Un poids économique de l’ordre de 20 milliards d’euros en 2005 dont 14,4 milliards d’euros en complémentaire santé. A Les médicaments représentent 1/3 des dépenses des mutuelles. Mutualité Française - 255 rue de Vaugirard - 75015 Paris FNMF – DCI – Régie par le Code de la Mutualité – Juin 2007 – ciem.fr 07072 La Mutualité Française en chiffres