Duopole (suite)
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Duopole (suite)
5) Extension : Équilibre de Cournot – Nash en information incomplète Supposons désormais que la firme 2 connaît avec perfection la fonction de coût de la firme 1, mais que celle - ci en revanche est imparfaitement informée quant à la structure de coût de son concurrent (information incomplète). Un troisième joueur, « la nature » intervient donc dans le jeu de duopole en attribuant de manière aléatoire le type (T ) de la firme 2. - Celle-ci peut-être de type T = H (coût élevé) avec la probabilité q - ou de type T = B (coût faible) avec la probabilité (1-q). Dans la structure du modèle de duopole, on peut représenter cette asymétrie informationnelle en écrivant la fonction de coût de la firme 2 sous la forme suivante : C2 = a . y22 2 T où T = H, B tel que (a2)H > (a2)B Pour chaque offre de vente y1 de la firme 1, la réaction anticipée de la firme 2 est y2H si celle-ci est de type H ou y2B si elle est de type B. La fonction de réaction de la firme 2 s’écrit désormais : y 2T = k − y1 2 .( a + 1) 2T 1 Comme la firme 1 ne connaît pas avec certitude la fonction de coût de son concurrent elle prend sa décision en cherchant à maximiser son profit espéré (noté EΠ 1), soit : En annulant la dérivée partielle de cette fonction de profit par rapport à y1, on obtient la nouvelle fonction de réaction de la firme 1 soit : En reportant la fonction de réaction de la firme 2 selon son type dans la fonction de réaction de la firme 1, on obtient l’équilibre de ce duopole à information incomplète soit : Les solutions y2T sont obtenues selon le type de la firme 2 soit : NB : Si AH = AB, (absence d’incertitude sur le type de la firme 2) les solutions d’équilibre du duopole de Cournot en information complète sont retrouvées. NB2 : La firme 2 peut avoir intérêt à révéler l’information si elle est de type B puisque dans ce cas y1* < y1* * et donc y2* > y2* * 2 6) Duopole et solution coopérative Cas où les firmes décident de s’entendre pour déterminer conjointement leurs quotas respectifs de production. Les 2 firmes transfèrent à une autorité collective le choix de la combinaison (y1, y2) et forment un cartel. L’ensemble des contrats (y1, y2) coopératifs (noyau du duopole) doit satisfaire à deux conditions : 1) Contrainte de rationalité individuelle 2) Contrainte d’efficacité (Pareto) 6) Duopole et solution coopérative : présentation graphique y2 Noyau du duopole : ensemble des contrats Pareto - efficients (I) M2 C N P M1 (II) y1 0 La maximisation du profit – joint : Π=Π1+Π2 Π2 Droite d’isoprofit du cartel (dΠ (dΠ = 0) M2 Π *2 0 N M1 Π1* 45° Π1 3 Résolution formelle : Soit encore : Remarque : Instabilité de la solution coopérative : y2 (I) M2 y nc 2 y *c 2 A N B M1 0 y *c 1 (II) y1 y nc 1 Remarque : instabilité de la solution coopérative Firme 2 y *c 2 y nc 2 y *c 1 (2 , 2 ) (0 , 3 ) y nc 1 (3 , 0) (1, 1) Firme 1 (cf. dilemme du prisonnier) Dans son article de 1950, J.F. Nash a proposé une justification axiomatique à cette solution coopérative 4 Chapitre 1 : Concurrence imparfaite et jeux de marché marché Section 1 : Interactions straté stratégiques et jeux de marché marché Section 2 : Les straté stratégies quantité quantités en duopole Section 3 : Les straté stratégies prix en duopole Section 3. Les stratégies prix en situation de duopole 1) Le duopole en prix de Bertrand (homogénéité du produit) 2) Le duopole de Sweezy ou duopole à demande coudée (différenciation des produits) 1) Le duopole en prix de Bertrand Dans un article intitulé intitulé « Thé Théorie des richesses » publié publié dans le Journal des Savants en 1883, et en ré réaction au modè modèle de Cournot, Joseph Louis Franç François Bertrand propose un mé mécanisme de concurrence par les prix dans le cadre des situations oligopolistiques. J.L.F. Bertrand (1822 – 1900) Paradoxe de Bertrand: Bertrand: lorsque la variable straté stratégique de l’l’oligopole est le prix et si les firmes ont la mê quilibre obtenu est tel même fonction de coû coût, l’é l’équilibre que chaque firme fixe un prix identique et égal au coû coût marginal de Production. 5 Ce ré résultat qui remet en cause l’l’existence d’ d’un quelconque pouvoir de marché marché d’une firme en situation d’ d’oligopole ré résulte du mê même mécanisme de coordination qui sous - tend l’l’équilibre non coopé coopératif de Nash. Nash. Chaque firme cherche à atteindre une dé décision de prix telle qu’ qu’elle n’ait plus inté intérêt à changer sa straté stratégie et ce quelle que soit la décision de son concurrent. La seule situation d’é quilibre stable est celle où d’équilibre où chaque firme pratique un prix identique et égal au coû coût marginal de production (straté (stratégie de meilleure ré réponse). Recherche de l’équilibre de Nash dans un exemple de duopole i = 1, 2 : Supposons que les deux firmes soient caractérisées par des rendements rendements d’échelle constants tels que: Ci (qi ) = c.qi Où c est le coût marginal = coût moyen de long terme : Envisageons les équilibres possibles : p1 < c ou c < p1 < p2 p1 = c < p2 p1 = p2 > c p2 < c est impossible : chaque firme produit à perte est impossible : 2 ne vend rien et est incité à pratiquer un prix légèrement en dessous de p1 est impossible : 1 gagnerait à augmenter légèrement son prix N’est pas un équilibre de Nash : les firmes se partagent le marché et chacune d’elles gagnerait à baisser légèrement son prix Le seul équilibre de Nash en prix possible est donc: p1 = p2 = c …soit l’équilibre concurrentiel ! Paradoxe : Alors que l’observation courante montre que les entreprises pratiquent une concurrence en prix (Bertrand), les résultats obtenus obtenus par le modèle de Cournot sont plus satisfaisants pour l’intuition l’intuition que ceux du modèle de Bertrand. 6 Extensions du duopole en prix de Bertrand Remarque 1 : Ce mé mécanisme de coordination est basé basé sur l’l’hypothè hypothèse que chaque firme dispose à tout moment de la capacité capacité de production suffisante pour pouvoir ré répondre au report de demande des consommateurs que leur dé décision de baisse de prix engendrerait (Edgeworth 1897). Les limites du modè modèle de Bertrand ont amené amené les travaux en économie industrielle à introduire la dé décision du niveau de capacité capacité de production en tant que variable straté stratégique comme étape pré préalable à la concurrence en prix [ Kreps, Kreps, Scheinkman (1983) ]. Remarque 2: 2: Paradoxe de Bertrand et jeux répétés… une piste de résolution Dans le modèle statique de Bertrand la situation p = p1 = p2 > c n’est pas stable. Supposons que l’interaction stratégique entre les 2 firmes soit répétée pour les périodes t = 1, 2, …∞ …∞ Chaque firme peut adopter deux types de stratégies: pt = p > c Si le concurrent ne tarifie pas en dessous de pt = c Dans le cas contraire p Soit δ le facteur d’ d’actualisation Profit actualisé en l’absence de firme déviante : pt = p > c A chaque période chaque firme reçoit un profit égal à Π 2 Le profit actualisé de chaque firme sur la durée de vie du jeu est est alors: Profit actualisé en cas de comportement déviant : pt = c Eu égard à la punition attendue du concurrent aux périodes suivantes: suivantes: 7 La stratégie de prix : pt = p > c est un équilibre parfait en sous – jeu si et seulement si : Remarque : Dans le cas général d’un oligopole à N firmes, la condition sur le taux d’escompte devient : δ ≥ N −1 N Cf. B. Salanié (1998), Microéconomie, Les défaillances du marché, Ed. Ed. Economica, Economica, coll. ESA 2) Le duopole de Sweezy ou duopole à demande coudée En 1939 par Paul Sweezy a proposé proposé une situation d’ d’oligopole en prix plus originale en ce sens que les produits offerts par les firmes firmes y sont diffé différencié renciés. Il existe deux lois de demande et les prix pratiqué pratiqués par les deux firmes peuvent diffé différer, reflet des diffé différences de qualité qualité des produits. Dans ce contexte, les straté stratégies de prix de chacun des concurrents varient en fonction de l’l’anticipation (on parle de conjecture) conjecture) qu’ qu’ils se font de la dé décision de prix de leur concurrent respectif. 2) Le duopole de Sweezy ou duopole à demande coudée A partir d’un niveau de prix fixé, les réactions attendues du concurrent concurrent à la politique de prix sont asymétriques : 1er cas : Cas où i envisage une augmentation du prix : Conjecture posée par i sur la réaction de j : « j ne modifie pas son prix » Conséquence : report de la demande en faveur de j 2ème cas : Cas d’une baisse du prix envisagée par i : Conjecture posée par i sur la réaction de j : « j suit la baisse de prix » Conséquence : aucun effet de report de la demande 8 Présentation graphique : P,CmC CmC P* Rm1 La stratégie de meilleure réponse consiste à maintenir le prix inchangé en P* E A RM1 B Rm2 y* RM2 y 9
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