Extrait du magazine 42 Juillet 2016
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Extrait du magazine 42 Juillet 2016
’’ LE MAG no42 VTT VTT DE DESCENTE EN STATION, UN PRODUIT D’APPEL NÉCESSAIRE ? UN PRODUIT D’APPEL NÉCESSAIRE ? L’offre VTT, dans une ou plusieurs de ses composantes, est aujourd’hui omniprésente dans les stations de montagne tous massifs confondus. Cette offre devrait se renforcer et évoluer dans l’avenir avec l’arrivée prometteuse du VAE ( Vélo à Assistance Électrique). Ces 10 dernières années une discipline s’est particulièrement structurée avec des aménagements spécifiques type modules, le VTT de descente. Le VTT de descente est pratiqué sur des pistes réglementées, signalées et balisées. Ces pistes sont réservées exclusivement à la pratique du VTT de descente et ne peuvent être empruntées que dans le sens de la descente. Elles comportent généralement un ou plusieurs modules en complément d’obstacles naturels (cf. encadré). Les pistes de descente VTT, qui nécessitent en règle générale un moyen de transport (remontée mécanique ou autre) pour rejoindre les points de départ, sont devenues un produit d’appel en s’inscrivant dans une offre visible et très porteuse en termes d’image et de notoriété. Pour autant, considérée avec le regard de l’exploitant de remontées mécaniques, la rentabilité de l’activité n’est pas forcément au rendez-vous. Pour preuve les résultats de l’enquête menée par Domaines Skiables de France en 2015. Alors, info ou intox, le magazine de Domaines skiables de France est allé regarder du côté de deux sites, Le Lac Blanc dans les Vosges et les Portes 22 DOMAINES SKIABLES DE FRANCE du Soleil. Deux modèles économiques très différents et deux regards finalement pas si éloignés. Lors de l'édition 2015 à Châtel du Mountain Debrief (équivalent du Ski Debrief de France Montagnes, mais pour l'été), Serge Riveill, chargé de mission de DSF a présenté les conclusions d’une enquête nationale menée auprès des opérateurs de domaines skiables, à laquelle plus de 70 stations de l’ensemble des massifs français ont répondu. La précédente enquête datait de 2006. « Entre les deux enquêtes, en dix ans, la pratique a connu un certain essor et une norme AFNOR “Pistes de descente VTT - Aménagement”, publiée en avril 2013 (remplaçant une norme expérimentale d’avril 2009), oblige les organisateurs de cette activité à structurer l’offre Pistes de descente VTT ». JUILLET 2016 Comment s’y retrouver dans l’univers du VTT ? Aujourd’hui les pratiques se multiplient et donnent lieu à la création d’espaces dédiés de plus en plus complets. Explication de texte… Les différentes pratiques Où se pratiquent ces disciplines ? Four cross (4 cross ou 4X) Cette discipline est pratiquée sur de courtes pistes aménagées, comprenant modules de sauts, bosses, virages relevés et dévers, sur lesquels les pratiquants peuvent se défier à plusieurs. Piste de descente VTT Cheminement, tracé, réglementé, aménagé, signalé et balisé réservé exclusivement à la pratique du VTT de descente et autres activités autorisées, de dénivelée négative, et ne pouvant être emprunté que dans le sens de la descente. Les pistes de descente VTT peuvent comporter un ou plusieurs modules en complément d’obstacles naturels. Descente Le VTT de descente se pratique sur des pistes de dénivelée négative, accessibles par une remontée mécanisée ou non (navette, remontée mécanique…), et nécessitant du matériel adapté tel que VTT, protections, casque… Dirt Il s’agit de la pratique acrobatique et aérienne du VTT sur des modules de sauts aménagés (existe aussi en BMX). Randonnée Cette discipline sportive ou de loisir se déroule sur les itinéraires de randonnée VTT (ou de cross-country). La randonnée est également définie par le terme cross-country dans sa version de compétition. Slopestyle Cette discipline est pratiquée sur des zones spécifiques, constituées d’obstacles et/ou de modules pour effectuer des figures acrobatiques le long d’un parcours descendant. Trial C’est la discipline d’agilité par excellence. Elle consiste à franchir des obstacles ou des modules en évitant de mettre le pied à terre. Dual slalom Deux pilotes s'affrontent, sur des parcours descendants parallèles pratiquement identiques, chacun dans un tracé. Enduro Dans cette discipline, un pilote emprunte un ensemble de plusieurs parcours descendants (appelé « spéciales ») entrecoupés de liaisons Itinéraire enduro VTT Cheminement, balisé suivant les réglementations de la fédération délégataire, éventuellement aménagé, réservé ou non à la pratique exclusive du VTT et de dénivelée globalement négative. Itinéraire randonnée VTT (appelé également itinéraire de cross-country dans sa version de compétition) Cheminement de randonnée en boucle ou en linéaire, balisé suivant les réglementations des fédérations délégataires éventuellement aménagé, non réservé à la pratique exclusive du VTT, de profils variés (dénivelées nulle ou positive ou négative). Espace VTT (également appelé bike park) Ensemble d’itinéraires et/ou de pistes permettant la pratique du VTT. Un site VTT peut être composé de un ou plusieurs tracés : m Piste de descente VTT. m Itinéraire enduro VTT. m Itinéraire de randonnée VTT. m Zone spécifique VTT. Zone spécifique VTT Zone balisée, aménagée, dédiée à une pratique précise Quelques exemples de zones spécifiques VTT : m Zone north shore (zone constituée de passerelles en bois), m Zone slopestyle : zone constituée de modules de sauts et de modules pouvant se combiner. m Z one de dirt : zone constituée de modules de sauts permettant l’enchaînement successif de sauts et d'acrobaties. m Zone free ride : zone délimitée, aménagée ou non, où le pratiquant est libre de son cheminement. m Zone d’initiation VTT descente : zone large et peu pentue permettant l'apprentissage des techniques de base du VTT. Descente mZ one trial : zone constituée d’obstacles ou de modules aménagés de manière à privilégier l’équilibre et le franchissement. m Z one d’habileté : zone aménagée avec des obstacles ou des modules spécialement destinés à l’initiation aux techniques de base du VTT. 23 ’’ LE MAG no42 LA PRATIQUE DU VTT À LA LOUPE Enquête Eté 2015 auprès des adhérents DSF Nombre de répondants : 70. 85,5 % des exploitants de RM répondants assurent le transport de VTT par RM (62 % en 2006) En considérant les entreprises qui participent à l’organisation d’une activité Pistes de descente VTT : plus de 2 appareils utilisés en moyenne par site pour le transport de VTT. Cette activité récente va-t-elle s’inscrire durablement dans l’offre touristique des stations ? : m 44 % des répondants assurent le transport de VTT depuis plus m m m m de 10 ans (graphique 1). 42,6 % des répondants prennent en charge l’aménagement et l’exploitation des pistes de descente (ratio en baisse de -7,6 % depuis 2006) (graphique 2). 24,5 % déclarent participer aux opérations de secours : alerte, transmission du bilan, premiers secours. Le transport des blessés n’est pratiquement jamais assuré par l'exploitant de RM (3 %). L’activité VTT de descente peut générer entre 2 % et 99 % des recettes réalisées en période estivale. S eulement 18 % des répondants déclarent franchir le seuil de rentabilité, sachant que les sites rentables se caractérisent par la prise en charge proactive du transport, de l'aménagement et de l'exploitation des pistes de descente VTT. Quand les 3 activités sont organisées sur un même site, le podium des recettes générées pourrait ainsi se profiler : Luge 24 Tyrolienne VTT descente DOMAINES SKIABLES DE FRANCE 34+17+3910D 1-Nombre de saisons d'expérience dans le transport de VTT par RM 10 % 39 % 34 % Moins de 5 ans Entre 5 et 10 ans Entre 11 et 20 ans Plus de 20 ans 17 % 2-Prestation aménagement-exploitation de la descente assurées par le transporteur en 2015 54+D 43+D 57,4 % Non pris en charge 42,6 % Pris en charge VTT LA NORME AFNOR AU CHEVET DE LA SÉCURITÉ La norme AFNOR NF S 52-110 intitulée « Pistes de descente VTT – Aménagement » traite de la terminologie et de différents aspects techniques liés à l’aménagement des pistes de descente VTT : m Tracé des pistes de descente. m Réalisation et implantation des modules. m Détermination des niveaux de difficulté. m Balisage et signalisation. m Informations aux pratiquants. m Entretien des pistes de descente. m Recommandations de sécurité lors du transport. LA SÉCURITÉ, UNE ATTENTION DE TOUS LES INSTANTS Un groupe de travail réunissant les professionnels de la montagne et de la sécurité se réunit régulièrement pour faire le point sur l’accidentologie et écouter les acteurs présents sur le terrain. Lors de la dernière réunion, en mars 2016, il a beaucoup été question de sécurité, un des points clés de l’activité. Le nombre d’interventions des secours, probablement lié à une augmentation de la pratique et à des parcours toujours trop techniques, est en hausse. Ce qui permet de rappeler qu’une attention particulière doit être portée sur l’obligation de porter des équipements de protection dont le casque intégral. Selon le SNOSM : les services de secours publics ont réalisé 807 interventions en montagne suite à un accident VTT en 2015, sachant que 3⁄4 des personnes secourues pratiquaient une activité VTT de descente. Les activités VTT représentent 12 % de la totalité des interventions en montagne sur l’année à parts égales avec l’alpinisme (812 interventions). Sans oublier l’importance de l’aménagement des pistes et de leur entretien et de l’apprentissage des techniques de pilotage : la qualité des aménagements JUILLET 2016 est déterminante pour limiter l’accidentologie. Les aménageurs limitent l’érosion par le drainage et améliorent la sécurité par le choix des tracés. Des personnels assurent un entretien régulier des tracés et veillent au maintien du niveau de difficulté initial des pistes. Ils connaissent les lieux accidentogènes et peuvent apporter des actions correctives. La norme AFNOR prévoit un classement des pistes de descente VTT à 5 niveaux : « Très facile », « Facile », « Difficile », « Très difficile », « Élite ». L’importance d’un encadrement par un moniteur est à souligner. Cela permet d’apprendre les techniques de pilotage d’un VTT en montagne. Ce besoin de formation pour découvrir l’activité descente n’est pas encore reconnu à l’égal du ski. Pourtant, cela limiterait beaucoup la prise de risques. UNE RENTABILITÉ ALÉATOIRE La mise en place de Bike Parks n’est pas la « poule aux œufs d’or » que certains attendaient. Pour Serge Riveill, chargé de mission à DSF, « c’est un produit d’appel pour faire venir du monde en station. Aujourd’hui, l’activité VTT de descente semble avoir atteint sa vitesse de croisière et sa rentabilité directe n’est pas toujours démontrée. Assurer le transport VTT c’est participer à l’effort commun pour valoriser la montagne l’été. » À cela plusieurs raisons : ce sport fait appel à un équipement coûteux. Les VTT de descente sont chers et la tranche d’âge qui pratique ce sport n’est pas forcément capable d’investir dans ce type de matériel. Les magasins de location restent réticents à proposer le produit en raison de la courte période d’amortissement (deux mois d’été) et de la nécessité d’intervenir souvent sur le matériel. Enfin, le coût du titre de transport doit également être pris en compte. Malgré ce constat, les stations poursuivent l’aménagement des Bike Parks, avec des stratégies de promotion différentes selon les endroits. Certains misent sur l’événementiel, d’autres sur l’attractivité des parcours. Et tous cherchent patiemment la recette magique pour la transformation de ces clients de l’été en futurs skieurs. Leur motivation : pérenniser l’activité estivale pour doper celle de l’hiver. DSF a édité un guide d’aide pour le transport des VTT par remontée mécanique et pour l’organisation du VTT de descente. Édition 2010 Disponible en ligne. 25 ’’ LE MAG no42 VTT LES VOSGES EN METTENT UN RAYON ! Créée en 1971 par Germaine Jaegle, la station de ski du Lac Blanc, située à une demi-heure de Colmar en Alsace, est devenue depuis quelques années La Mecque du VTT de descente. Depuis 2007, dès le retour des beaux jours, un Bike Park de qualité ouvre ses pistes aux adeptes européens et aux meilleurs experts d’une discipline qui a le vent en poupe. En se rendant sur le site, en mai dernier, nous nous sommes très vite rendu compte que le bike park était beaucoup plus qu’une simple diversification de pratiques estivales. Au Lac Blanc, c’est un véritable phénomène attirant tous les passionnés de la discipline et insufflant une forte identité à la station vosgienne. Le télésiège débrayable 6 places mis en place en 2005 génère l’été entre 200 000 et 240 000 passages sur 54 jours d’ouverture. Quelle est donc la recette de ce succès qui fait l’effet d’une comète dans l’univers des stations ouvertes au VTT de descente et dont la rentabilité semble globalement aléatoire ? Nous sommes allés chercher la réponse auprès de Patrice Perrin (à droite sur la photo), Directeur général de la Société Lac Blanc Tonique, délégataire de service public, et de Jean-Michel Mathis, responsable du Service des Pistes. 26 DOMAINES SKIABLES DE FRANCE JUILLET 2016 UN MODÈLE ÉCONOMIQUE SIMPLE « Pour Patrice Perrin, Directeur général de la Société Lac Blanc Tonique, la formule conjugue une maîtrise des coûts d’exploitation à une forte fréquentation du site. Ainsi l’exigence d’attractivité annuelle du site du Syndicat Mixte d’Aménagement du Lac Blanc peut être satisfaite. « Notre modèle économique est relativement simple et se limite au rapport recettes/ coûts d’exploitation. Nous savons que notre succès tient dans ce constat qui n’est que la conséquence de notre localisation. 50 % à 60 % de la clientèle « été » est étrangère avec une majorité d’Allemands, de Suisses et de Belges. Les Vosges ont l’habitude de transformer des inconvénients en atout et c’est ce qui explique qu’aujourd’hui l’activité VTT de descente représente entre 15 et 20 % de notre chiffre d’affaires annuel, ce qui est largement au-dessus des stations alpines par exemple. À noter toutefois que nous sommes arrivés à maturité. L’activité prospère mais n’augmente plus comme au début où nous avions d’une année sur l’autre des progressions de plus de 50 %. Désormais nous flirtons avec les 6 % de croissance, ce qui reste honorable. » LE BIKE PARK DU LAC BLANC EST UN ESPACE VTT COMPRENANT : m Des pistes freeride (north shore) et de descente de niveaux différents : débutant, famille, expert. m Une piste type cross composée de modules. m Une zone de slopestyle composée de modules de sauts. m Une zone trial. Pour ces deux Suisses du Valais, le Lac Blanc c’est le Graal : « Les gens sont sympas, les pistes géniales et surtout chez nous dans le Valais, il y a encore une chiée de neige ! » (à lire avec l’accent suisse…) 27 ’’ LE MAG no42 LES RECETTES DU SUCCÈS m T out commence avec une grande amplitude d’ouverture due à la fonte des neiges, précoce sur la station située entre 900 à 1 200 mètres. Le Bike Park ouvre dès le mois de mai et ferme en octobre. Il est accessible les week-ends et jours fériés, et les lundi et mardi en juillet/août, soit environ 54 jours par an. Il faut y ajouter une faible influence de la météo, les pratiquants du VTT de descente trouvant leur compte même sous la pluie ! Et une maîtrise des horaires d’ouverture, indispensable pour une clientèle hyper connectée et hyper réactive. mU ne seule remontée mécanique dessert toutes les pistes de descente. Le TSD 6 places est à ce jour le seul équipé pour embarquer 4 VTT et 4 pilotes, générant un débit maximum de 1 050 vélos/heure soit 8 400 pilotes et vélos sur une journée. mL a configuration du site permet d’éviter tous les conflits d’usage avec les autres pratiquants, randonneurs et promeneurs. Les sentiers de randonnée et le Parc Aventure sont situés en haut de la station alors que les pistes de VTT se trouvent en bas. mD epuis longtemps, le site est connu des passionnés de VTT et le terrain se prête à l’activité. Parmi les 23 permanents, une grande partie pratique la discipline. Jean-Michel Mathis, responsable du Service des Pistes, est fier du travail accompli et de la notoriété du Bike Park du Lac Blanc. « Dès le départ, les jeunes locaux, compétiteurs mais aussi simples pratiquants, ont été intégrés dans la création des pistes. Avec l’idée que le site devait répondre à une large clientèle allant des experts aux débutants. Aujourd’hui, les meilleurs mondiaux viennent s’amuser ici mais aussi les familles avec de jeunes enfants qui y trouvent un terrain de jeu très sûr et surtout très ludique. » Ainsi, les créateurs du Bike Park parmi lesquels, Jean-Michel, Richard et Guillaume, tous pisteurs secouristes, ont dessiné des tracés parfaits, passant par la forêt et n’empruntant quasiment pas les pistes de ski. « Les clients le sentent et le savent, ce Bike Park a été dessiné par des gens comme eux. 28 DOMAINES SKIABLES DE FRANCE À partir de là, le bouche-à-oreille a fonctionné tout seul. Hormis l’organisation de deux Coupes de France en 2009 et 2010 qui ont dopé notre notoriété, nous n’avons jamais fait de campagne de promotion. » mP ar ailleurs, des accès à un certain nombre d’équipements de base sont proposés gratuitement aux clients : une station de lavage, un atelier de réparation avec du matériel disponible, des douches, et une zone de bivouac pour les tentes, le Lac Blanc n’ayant pas d’hébergements directement sur la station. Enfin, on y trouve un restaurant adapté aux attentes de la clientèle des 15/40 ans et un magasin de location proposant une centaine de vélos DH (Down Hill). mE nfin, à ce jour, la seule concurrence pourrait venir de la station de La Bresse qui a récemment ouvert un Bike Park et attaque sa troisième saison. Mais là encore, l’esprit constructif des Vosgiens est à l’œuvre. « Nous avons vu arriver ce Bike Park de façon très positive. Les Vosges peuvent ainsi devenir une vraie destination pour le VTT de descente et cela ne peut que renforcer notre fréquentation. Un client peut rester plus longtemps et choisir de rouler sur les deux sites. Nous allons assister à la création d’un véritable produit commercial. » VTT JUILLET 2016 ENTRETIEN DES PISTES ET SÉCURITÉ La contrainte la plus forte du site réside dans l’énorme travail d’entretien. Éviter les pistes de ski est la première règle, les vélos de descente étant très « dévoreurs » d’un terrain qui se dégrade sans arrêt avec les passages répétés des cyclistes. Les Bike Patrols, permanents et saisonniers (6 en été), y consacrent tout leur temps. « Durant presque 15 jours en amont de l’ouverture, nous nettoyons, défrichons, ratissons et ce travail se poursuit quotidiennement pendant la saison. Les clients attendent aussi des nouveautés en permanence. Il faut donc surprendre, transformer, créer. Nous avons initié une concertation très positive avec l’ONF, en charge de la forêt. Nous avons trouvé un modus vivendi permettant à chacun de travailler sur des périodes définies ensemble et où chacun y trouve son compte. » » À ce travail des hommes s’ajoutent des moyens techniques, pelles mécaniques, chargeuses compactes, véhicules 4X4, rouleaux… AGENDA ! Du 25 au 29 juillet, le Lac Blanc accueille le Trophée de France des jeunes VTTistes. 450 compétiteurs, benjamins, minimes, cadets, garçons et filles de toutes les Régions de France, sont attendus sur une série d’épreuves : course d’orientation, eliminator, trial, cross-country et descente. Sans oublier un relais par équipe qui se déroulera au cœur de la cité historique de Kaysersberg. « « Ici, le paysage paraît naturel mais c’est le résultat d’un gros travail. Nous avons recréé l’enrochement naturel pour que ça soit roulable et intéressant. » LA SÉCURITÉ, OBJET DE TOUTES LES ATTENTIONS Jean-Michel Mathis est clair, « notre guide, c’est la norme ». Les balisages et les tracés sont conformes à la norme homologuée AFNOR NF S 52-110 « Pistes de descente VTT – Aménagement ». Mais à cela s’ajoute la volonté d’être en permanence attentif à tout ce qui pourrait générer des accidents aux conséquences graves. Les trois pisteurs secouristes de l’hiver ont les mêmes exigences sur le Bike Park que sur les pistes de ski. Ainsi, l’accès est interdit aux pratiquants qui ne portent pas de casque intégral et l’organisation des secours est connue de tous. Ensuite, en assurant un entretien régulier pour maintenir le niveau de difficulté initial des pistes, les patrouilleurs peuvent aussi corriger les tracés des lieux réputés. « La seule différence chez nous vient du fait que, contrairement à l’hiver, les pisteurssecouristes “patrouilleurs” de la station n’assurent pas le transport des blessés qui est confié aux services publics de secours. Le commandant des opérations est le PGM (Peloton de Gendarmerie de Montagne). Une fois le bilan du blessé établi, nous devons faire appel aux secours extérieurs (PGM ou pompiers). Cela a parfois donné lieu à d’impressionnants moyens pour peu de chose. Toutefois, nos rencontres avec la Préfecture, le PGM de le SDIS 68 nous ont permis de progresser dans la gestion des secours en atteignant les 2 objectifs fixés : maintenir le niveau élevé de qualité des secours et maîtriser le coût de ces derniers. » En savoir plus : http://lacblanc-bikepark.com 29 ’’ LE MAG no42 VTT LES PORTES DU SOLEIL MISENT SUR L’ÉVÉNEMENTIEL Chaque station met en œuvre ses propres recettes pour faire du VTT un produit phare de l’été. En ouvrant ses domaines à toutes les pratiques VTT, descente, All mountain et même VTT électrique, Les Portes du Soleil ont choisi de se tourner vers l’événementiel pour renforcer l’attractivité touristique du domaine en été. LE VTT UN PRODUIT PHARE « Aujourd’hui, les pratiques Randonnée et VTT se partagent le terrain à égalité 50/50. Sur un séjour de 7,5 jours en moyenne, les pratiquants VTT consacrent 4,5 jours à leur discipline favorite et le reste, selon la météo, à d’autres activités parmi lesquelles la randonnée. » Pour Benoît Cloirec, responsable événementiel en charge du VTT sur les Portes du Soleil, il est clair que le produit phare du domaine en été, c’est le VTT. On y pratique majoritairement le VTT All Mountain autrement dit l’itinérance en VTT. La pratique VTT All Mountain consiste à découvrir la montagne en utilisant un réseau de RM situées tout au long d’un parcours, lesquelles permettent de franchir les montées les plus difficiles. Outre l’attractivité estivale du produit, l’objectif est également de convaincre et convertir les 20 % de nouveaux clients présents sur l’été qui découvrent le site, en clients l’hiver. « Et pour ça, l’événementiel couplé au bouche-à-oreille vaut tous les plans média du monde. » Pour renforcer la notoriété de la pratique sur le terrain, Les Portes du soleil ont créé un grand événement 30 DOMAINES SKIABLES DE FRANCE européen, la « Pass’Portes du Soleil », qui attire chaque année plus de 7 000 participants français et étrangers. Avec 9 points de départ (les stations françaises et suisses du domaine) et une boucle de 80 km accessible à tous les niveaux à faire dans la journée, cette randonnée est en passe de devenir aussi célèbre que les événements équivalents en hiver. Il attire chaque année 22 % de participants qui ne sont jamais venus sur le domaine. « Avec 25 remontées mécaniques ouvertes en été, sur un parc qui en compte 230 l’hiver, les Portes du soleil représentent la plus grande ouverture estivale au monde. » L’autre avantage du développement du VTT, c’est aussi le rallongement de la saison estivale. « Avant l’arrivée du VTT et avec la seule randonnée, nous étions fermés entre 2 et 3 mois entre l’hiver et l’été. Nous essayons aujourd’hui de réduire au maximum la coupure hiver/été à un mois et demi. Cela nous permet de renforcer les emplois saisonniers et même d’en transformer certains en emplois permanents. C’est positif pour toute l’économie de la station, en particulier les magasins de location qui passent rapidement du ski au vélo. Pour les remontées mécaniques, cela n’en fait pas une activité rentable puisqu’une saison estivale complète correspond, en chiffre d’affaires, à un gros week-end de vacances de février. » JUILLET 2016 Mais toutes les stations qui inscrivent le VTT dans leurs activités estivales le savent, en termes de notoriété, c’est un produit visible. Benoît Cloirec le confirme : « C'est un élément déterminant dans le choix de leur destination pour 55% de notre clientèle. » C’est aussi un terrain d’innovations marketing qui n’en est qu’à ses débuts. À l’image de la station des Gets qui proposera cet été aux vététistes d’évoluer dans un vidéo-park ou de se mesurer à un chrono de référence établi par le champion du monde Loïc Bruni, et « de partager leurs exploits sur les réseaux sociaux ». ENQUÊTE RÉALISÉE DANS L’ÉTÉ 2015 DANS LES PORTES DU SOLEIL Un Vététiste dépense durant son séjour en moyenne sur la station : 570 € m Hébergement m Restauration m Location éventuelle de VTT (hors forfait remontées mécaniques et coût déplacement pour rejoindre la station). Êtes-vous déjà venus dans les Portes du Soleil ? Reviendrez-vous dans les Portes du Soleil ? 77+48+29+23 99+58+35+1 99,2 % 76,8 % 58,2 % 47,8 % 35 % 29,2 % 22,8 % 0,8 % Oui Été Hiver Non Oui Été Hiver Non Un marché en mouvement Le VTT de descente représente 3 % du marché des fabricants. Les ventes de VTT électriques affichent une progression à 2 chiffres sur une année (+14,5 %) tandis que celles du VTT traditionnel sont en perte de vitesse. 31