Extrait du magazine 42 Juillet 2016

Transcription

Extrait du magazine 42 Juillet 2016
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LE MAG no42
VTT
VTT DE DESCENTE
EN STATION, UN PRODUIT
D’APPEL NÉCESSAIRE ?
UN PRODUIT D’APPEL NÉCESSAIRE ?
L’offre VTT, dans une ou plusieurs de ses composantes, est
aujourd’hui omniprésente dans les stations de montagne tous
massifs confondus. Cette offre devrait se renforcer et évoluer
dans l’avenir avec l’arrivée prometteuse du VAE ( Vélo à Assistance
Électrique). Ces 10 dernières années une discipline s’est particulièrement structurée avec des aménagements spécifiques type
modules, le VTT de descente.
Le VTT de descente est pratiqué sur des pistes réglementées,
signalées et balisées. Ces pistes sont réservées exclusivement
à la pratique du VTT de descente et ne peuvent être empruntées
que dans le sens de la descente. Elles comportent généralement
un ou plusieurs modules en complément d’obstacles naturels
(cf. encadré).
Les pistes de descente VTT, qui nécessitent en règle générale
un moyen de transport (remontée mécanique ou autre) pour
rejoindre les points de départ, sont devenues un produit d’appel
en s’inscrivant dans une offre visible et très porteuse en termes
d’image et de notoriété.
Pour autant, considérée avec le regard de l’exploitant de remontées mécaniques, la rentabilité de l’activité n’est pas forcément
au rendez-vous. Pour preuve les résultats de l’enquête menée
par Domaines Skiables de France en 2015.
Alors, info ou intox,
le magazine de Domaines skiables de France est allé regarder
du côté de deux sites, Le Lac Blanc dans les Vosges et les Portes
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DOMAINES SKIABLES DE FRANCE
du Soleil. Deux modèles économiques très différents et deux
regards finalement pas si éloignés.
Lors de l'édition 2015 à Châtel du Mountain Debrief (équivalent
du Ski Debrief de France Montagnes, mais pour l'été), Serge
Riveill, chargé de mission de DSF a présenté les conclusions d’une
enquête nationale menée auprès des opérateurs de domaines
skiables, à laquelle plus de 70 stations de l’ensemble des massifs
français ont répondu.
La précédente enquête datait de 2006. « Entre les deux enquêtes,
en dix ans, la pratique a connu un certain essor et une norme
AFNOR “Pistes de descente VTT - Aménagement”, publiée en avril
2013 (remplaçant une norme expérimentale d’avril 2009), oblige
les organisateurs de cette activité à structurer l’offre Pistes de
descente VTT ».
JUILLET 2016
Comment s’y retrouver dans l’univers du VTT ?
Aujourd’hui les pratiques se multiplient et donnent lieu à la création d’espaces dédiés de plus en plus
complets. Explication de texte…
Les différentes pratiques
Où se pratiquent ces disciplines ?
Four cross (4 cross ou 4X)
Cette discipline est pratiquée sur de courtes pistes aménagées,
comprenant modules de sauts, bosses, virages relevés et dévers,
sur lesquels les pratiquants peuvent se défier à plusieurs.
Piste de descente VTT
Cheminement, tracé, réglementé, aménagé, signalé et balisé
réservé exclusivement à la pratique du VTT de descente
et autres activités autorisées, de dénivelée négative, et ne
pouvant être emprunté que dans le sens de la descente.
Les pistes de descente VTT peuvent comporter un ou plusieurs
modules en complément d’obstacles naturels.
Descente
Le VTT de descente se pratique sur des pistes de dénivelée
négative, accessibles par une remontée mécanisée ou non
(navette, remontée mécanique…), et nécessitant du matériel
adapté tel que VTT, protections, casque…
Dirt
Il s’agit de la pratique acrobatique et aérienne du VTT sur des
modules de sauts aménagés (existe aussi en BMX).
Randonnée
Cette discipline sportive ou de loisir se déroule sur les itinéraires de randonnée VTT (ou de cross-country).
La randonnée est également définie par le terme cross-country
dans sa version de compétition.
Slopestyle
Cette discipline est pratiquée sur des zones spécifiques, constituées d’obstacles et/ou de modules pour effectuer des figures
acrobatiques le long d’un parcours descendant.
Trial
C’est la discipline d’agilité par excellence. Elle consiste à
franchir des obstacles ou des modules en évitant de mettre le
pied à terre.
Dual slalom
Deux pilotes s'affrontent, sur des parcours descendants parallèles pratiquement identiques, chacun dans un tracé.
Enduro
Dans cette discipline, un pilote emprunte un ensemble de
plusieurs parcours descendants (appelé « spéciales ») entrecoupés de liaisons
Itinéraire enduro VTT
Cheminement, balisé suivant les réglementations de la
fédération délégataire, éventuellement aménagé, réservé ou
non à la pratique exclusive du VTT et de dénivelée globalement
négative.
Itinéraire randonnée VTT (appelé également itinéraire de
cross-country dans sa version de compétition)
Cheminement de randonnée en boucle ou en linéaire, balisé
suivant les réglementations des fédérations délégataires
éventuellement aménagé, non réservé à la pratique exclusive
du VTT, de profils variés (dénivelées nulle ou positive ou
négative).
Espace VTT (également appelé bike park)
Ensemble d’itinéraires et/ou de pistes permettant la pratique
du VTT. Un site VTT peut être composé de un ou plusieurs
tracés :
m Piste de descente VTT.
m Itinéraire enduro VTT.
m Itinéraire de randonnée VTT.
m Zone spécifique VTT.
Zone spécifique VTT
Zone balisée, aménagée, dédiée à une pratique précise
Quelques exemples de zones spécifiques VTT :
m Zone north shore (zone constituée de passerelles en bois),
m Zone slopestyle : zone constituée de modules de sauts et
de modules pouvant se combiner.
m Z one de dirt : zone constituée de modules de sauts permettant l’enchaînement successif de sauts et d'acrobaties.
m Zone free ride : zone délimitée, aménagée ou non, où le
pratiquant est libre de son cheminement.
m Zone d’initiation VTT descente : zone large et peu pentue
permettant l'apprentissage des techniques de base du VTT.
Descente
mZ
one trial : zone constituée d’obstacles ou de modules
aménagés de manière à privilégier l’équilibre et le franchissement.
m Z one d’habileté : zone aménagée avec des obstacles ou des
modules spécialement destinés à l’initiation aux techniques
de base du VTT.
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LE MAG no42
LA PRATIQUE DU VTT
À LA LOUPE
Enquête Eté 2015 auprès des adhérents DSF
Nombre de répondants : 70.
85,5 % des exploitants de RM répondants assurent
le transport de VTT par RM (62 % en 2006)
En considérant les entreprises qui participent à l’organisation
d’une activité Pistes de descente VTT : plus de 2 appareils utilisés
en moyenne par site pour le transport de VTT.
Cette activité récente va-t-elle s’inscrire durablement dans
l’offre touristique des stations ? :
m 44 % des répondants assurent le transport de VTT depuis plus
m
m
m
m
de 10 ans (graphique 1).
42,6 % des répondants prennent en charge l’aménagement et
l’exploitation des pistes de descente (ratio en baisse de -7,6 %
depuis 2006) (graphique 2).
24,5 % déclarent participer aux opérations de secours : alerte,
transmission du bilan, premiers secours. Le transport des blessés
n’est pratiquement jamais assuré par l'exploitant de RM (3 %).
L’activité VTT de descente peut générer entre 2 % et 99 % des
recettes réalisées en période estivale.
S eulement 18 % des répondants déclarent franchir le seuil de
rentabilité, sachant que les sites rentables se caractérisent par
la prise en charge proactive du transport, de l'aménagement
et de l'exploitation des pistes de descente VTT.
Quand les 3 activités sont organisées sur un même site,
le podium des recettes générées pourrait
ainsi se profiler :
Luge
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Tyrolienne VTT descente
DOMAINES SKIABLES DE FRANCE
34+17+3910D
1-Nombre de saisons d'expérience
dans le transport de VTT par RM
10 %
39 %
34 %
Moins de 5 ans
Entre 5 et 10 ans
Entre 11 et 20 ans
Plus de 20 ans
17 %
2-Prestation aménagement-exploitation
de la descente assurées
par le transporteur en 2015
54+D 43+D
57,4 %
Non pris en charge
42,6 %
Pris en charge
VTT
LA NORME AFNOR AU CHEVET
DE LA SÉCURITÉ
La norme AFNOR NF S 52-110 intitulée « Pistes de descente VTT –
Aménagement » traite de la terminologie et de différents aspects
techniques liés à l’aménagement des pistes de descente VTT :
m Tracé des pistes de descente.
m Réalisation et implantation des modules.
m Détermination des niveaux de difficulté.
m Balisage et signalisation.
m Informations aux pratiquants.
m Entretien des pistes de descente.
m Recommandations de sécurité lors du transport.
LA SÉCURITÉ, UNE ATTENTION
DE TOUS LES INSTANTS
Un groupe de travail réunissant les professionnels de la montagne et de la sécurité se réunit régulièrement pour faire le
point sur l’accidentologie et écouter les acteurs présents sur le
terrain. Lors de la dernière réunion, en mars 2016, il a beaucoup
été question de sécurité, un des points clés de l’activité. Le
nombre d’interventions des secours, probablement lié à une
augmentation de la pratique et à des parcours toujours trop
techniques, est en hausse. Ce qui permet de rappeler qu’une
attention particulière doit être portée sur l’obligation de porter
des équipements de protection dont le casque intégral. Selon
le SNOSM : les services de secours publics ont réalisé 807 interventions en montagne suite à un accident VTT en 2015, sachant
que 3⁄4 des personnes secourues pratiquaient une activité VTT
de descente. Les activités VTT représentent 12 % de la totalité
des interventions en montagne sur l’année à parts égales avec
l’alpinisme (812 interventions). Sans oublier l’importance de
l’aménagement des pistes et de leur entretien et de l’apprentissage des techniques de pilotage : la qualité des aménagements
JUILLET 2016
est déterminante pour limiter l’accidentologie. Les aménageurs
limitent l’érosion par le drainage et améliorent la sécurité par
le choix des tracés.
Des personnels assurent un entretien régulier des tracés et
veillent au maintien du niveau de difficulté initial des pistes.
Ils connaissent les lieux accidentogènes et peuvent apporter
des actions correctives. La norme AFNOR prévoit un classement
des pistes de descente VTT à 5 niveaux : « Très facile », « Facile »,
« Difficile », « Très difficile », « Élite ». L’importance d’un encadrement par un moniteur est à souligner.
Cela permet d’apprendre les techniques de pilotage d’un VTT
en montagne. Ce besoin de formation pour découvrir l’activité
descente n’est pas encore reconnu à l’égal du ski. Pourtant, cela
limiterait beaucoup la prise de risques.
UNE RENTABILITÉ ALÉATOIRE
La mise en place de Bike Parks n’est pas la « poule aux œufs d’or »
que certains attendaient. Pour Serge Riveill, chargé de mission
à DSF, « c’est un produit d’appel pour faire venir du monde en
station. Aujourd’hui, l’activité VTT de descente semble avoir
atteint sa vitesse de croisière et sa rentabilité directe n’est pas
toujours démontrée. Assurer le transport VTT c’est participer à
l’effort commun pour valoriser la montagne l’été. »
À cela plusieurs raisons : ce sport fait appel à un équipement
coûteux. Les VTT de descente sont chers et la tranche d’âge qui
pratique ce sport n’est pas forcément capable d’investir dans
ce type de matériel. Les magasins de location restent réticents
à proposer le produit en raison de la courte période d’amortissement (deux mois d’été) et de la nécessité d’intervenir souvent
sur le matériel. Enfin, le coût du titre de transport doit également
être pris en compte.
Malgré ce constat, les stations poursuivent l’aménagement des
Bike Parks, avec des stratégies de promotion différentes selon
les endroits. Certains misent sur l’événementiel, d’autres sur
l’attractivité des parcours. Et tous cherchent patiemment la
recette magique pour la transformation de ces clients de l’été
en futurs skieurs. Leur motivation : pérenniser l’activité estivale
pour doper celle de l’hiver.
DSF a édité un guide
d’aide pour
le transport des VTT
par remontée
mécanique et pour
l’organisation
du VTT de descente.
Édition 2010
Disponible
en ligne.
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LE MAG no42
VTT
LES VOSGES
EN METTENT UN RAYON !
Créée en 1971 par Germaine Jaegle, la station de ski du Lac Blanc, située à une demi-heure
de Colmar en Alsace, est devenue depuis quelques années La Mecque du VTT de descente.
Depuis 2007, dès le retour des beaux jours, un Bike Park de qualité ouvre ses pistes aux
adeptes européens et aux meilleurs experts d’une discipline qui a le vent en poupe.
En se rendant sur le site, en mai dernier, nous nous sommes très
vite rendu compte que le bike park était beaucoup plus qu’une
simple diversification de pratiques estivales. Au Lac Blanc, c’est
un véritable phénomène attirant tous les passionnés de la
discipline et insufflant une forte identité à la station vosgienne.
Le télésiège débrayable 6 places mis en place en 2005 génère
l’été entre 200 000 et 240 000 passages sur 54 jours d’ouverture.
Quelle est donc la recette de ce succès qui fait l’effet d’une
comète dans l’univers des stations ouvertes au VTT de descente
et dont la rentabilité semble globalement aléatoire ?
Nous sommes allés chercher la réponse auprès de Patrice Perrin
(à droite sur la photo), Directeur général de la Société Lac Blanc
Tonique, délégataire de service public, et de Jean-Michel Mathis,
responsable du Service des Pistes.
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DOMAINES SKIABLES DE FRANCE
JUILLET 2016
UN MODÈLE ÉCONOMIQUE SIMPLE
«
Pour Patrice Perrin, Directeur général de la Société Lac Blanc Tonique, la formule
conjugue une maîtrise des coûts d’exploitation à une forte fréquentation du site.
Ainsi l’exigence d’attractivité annuelle du site du Syndicat Mixte d’Aménagement
du Lac Blanc peut être satisfaite.
« Notre modèle économique est relativement simple et se limite au rapport recettes/
coûts d’exploitation. Nous savons que notre succès tient dans ce constat qui n’est que
la conséquence de notre localisation. 50 % à 60 % de la clientèle « été » est étrangère
avec une majorité d’Allemands, de Suisses et de Belges. Les Vosges ont l’habitude de
transformer des inconvénients en atout et c’est ce qui explique qu’aujourd’hui l’activité
VTT de descente représente entre 15 et 20 % de notre chiffre d’affaires annuel, ce qui
est largement au-dessus des stations alpines par exemple. À noter toutefois que nous
sommes arrivés à maturité. L’activité prospère mais n’augmente plus comme au début
où nous avions d’une année sur l’autre des progressions de plus de 50 %. Désormais
nous flirtons avec les 6 % de croissance, ce qui reste honorable. »
LE BIKE PARK DU LAC BLANC
EST UN ESPACE VTT COMPRENANT :
m Des pistes freeride (north shore)
et de descente de niveaux différents :
débutant, famille, expert.
m Une piste type cross composée
de modules.
m Une zone de slopestyle composée
de modules de sauts.
m Une zone trial.
Pour ces deux Suisses
du Valais, le Lac Blanc
c’est le Graal : « Les
gens sont sympas, les
pistes géniales et
surtout chez nous dans
le Valais, il y a encore
une chiée de neige ! »
(à lire avec l’accent
suisse…)
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LE MAG no42
LES RECETTES DU SUCCÈS
m T out commence avec une grande amplitude d’ouverture due
à la fonte des neiges, précoce sur la station située entre 900 à
1 200 mètres. Le Bike Park ouvre dès le mois de mai et ferme en
octobre. Il est accessible les week-ends et jours fériés, et les
lundi et mardi en juillet/août, soit environ 54 jours par an. Il
faut y ajouter une faible influence de la météo, les pratiquants
du VTT de descente trouvant leur compte même sous la pluie !
Et une maîtrise des horaires d’ouverture, indispensable pour
une clientèle hyper connectée et hyper réactive.
mU
ne seule remontée mécanique dessert toutes les pistes de
descente. Le TSD 6 places est à ce jour le seul équipé pour
embarquer 4 VTT et 4 pilotes, générant un débit maximum de
1 050 vélos/heure soit 8 400 pilotes et vélos sur une journée.
mL
a configuration du site permet d’éviter tous les conflits
d’usage avec les autres pratiquants, randonneurs et promeneurs. Les sentiers de randonnée et le Parc Aventure sont
situés en haut de la station alors que les pistes de VTT se
trouvent en bas.
mD
epuis longtemps, le site est connu des passionnés de VTT et
le terrain se prête à l’activité. Parmi les 23 permanents, une
grande partie pratique la discipline. Jean-Michel Mathis, responsable du Service des Pistes, est fier du travail accompli et
de la notoriété du Bike Park du Lac Blanc. « Dès le départ, les
jeunes locaux, compétiteurs mais aussi simples pratiquants,
ont été intégrés dans la création des pistes. Avec l’idée que le
site devait répondre à une large clientèle allant des experts
aux débutants. Aujourd’hui, les meilleurs mondiaux viennent
s’amuser ici mais aussi les familles avec de jeunes enfants qui
y trouvent un terrain de jeu très sûr et surtout très ludique. »
Ainsi, les créateurs du Bike Park parmi lesquels, Jean-Michel,
Richard et Guillaume, tous pisteurs secouristes, ont dessiné
des tracés parfaits, passant par la forêt et n’empruntant
quasiment pas les pistes de ski. « Les clients le sentent et le
savent, ce Bike Park a été dessiné par des gens comme eux. 28
DOMAINES SKIABLES DE FRANCE
À partir de là, le bouche-à-oreille a fonctionné tout seul. Hormis
l’organisation de deux Coupes de France en 2009 et 2010
qui ont dopé notre notoriété, nous n’avons jamais fait de
campagne de promotion. »
mP
ar ailleurs, des accès à un certain nombre d’équipements de
base sont proposés gratuitement aux clients : une station de
lavage, un atelier de réparation avec du matériel disponible,
des douches, et une zone de bivouac pour les tentes, le Lac
Blanc n’ayant pas d’hébergements directement sur la station.
Enfin, on y trouve un restaurant adapté aux attentes de la
clientèle des 15/40 ans et un magasin de location proposant
une centaine de vélos DH (Down Hill).
mE
nfin, à ce jour, la seule concurrence pourrait venir de la station
de La Bresse qui a récemment ouvert un Bike Park et attaque
sa troisième saison. Mais là encore, l’esprit constructif des
Vosgiens est à l’œuvre. « Nous avons vu arriver ce Bike Park
de façon très positive. Les Vosges peuvent ainsi devenir une
vraie destination pour le VTT de descente et cela ne peut que
renforcer notre fréquentation. Un client peut rester plus
longtemps et choisir de rouler sur les deux sites. Nous allons
assister à la création d’un véritable produit commercial. »
VTT
JUILLET 2016
ENTRETIEN DES PISTES ET SÉCURITÉ
La contrainte la plus forte du site réside dans l’énorme travail
d’entretien. Éviter les pistes de ski est la première règle, les vélos
de descente étant très « dévoreurs » d’un terrain qui se dégrade
sans arrêt avec les passages répétés des cyclistes. Les Bike
Patrols, permanents et saisonniers (6 en été), y consacrent tout
leur temps. « Durant presque 15 jours en amont de l’ouverture,
nous nettoyons, défrichons, ratissons et ce travail se poursuit
quotidiennement pendant la saison. Les clients attendent aussi
des nouveautés en permanence. Il faut donc surprendre, transformer, créer. Nous avons initié une concertation très positive
avec l’ONF, en charge de la forêt. Nous avons trouvé un modus
vivendi permettant à chacun de travailler sur des périodes
définies ensemble et où chacun y trouve son compte. »
»
À ce travail des hommes s’ajoutent des moyens techniques, pelles
mécaniques, chargeuses compactes, véhicules 4X4, rouleaux…
AGENDA !
Du 25 au 29 juillet, le Lac Blanc
accueille le Trophée de France des
jeunes VTTistes. 450 compétiteurs,
benjamins, minimes, cadets, garçons
et filles de toutes les Régions de
France, sont attendus sur une série
d’épreuves : course d’orientation,
eliminator, trial, cross-country et
descente. Sans oublier un relais par
équipe qui se déroulera au cœur de la
cité historique de Kaysersberg.
«
« Ici, le paysage paraît naturel mais c’est le résultat
d’un gros travail. Nous avons recréé l’enrochement
naturel pour que ça soit roulable et intéressant. »
LA SÉCURITÉ, OBJET DE TOUTES LES ATTENTIONS
Jean-Michel Mathis est clair, « notre guide, c’est la norme ». Les balisages et les tracés
sont conformes à la norme homologuée AFNOR NF S 52-110 « Pistes de descente VTT
– Aménagement ». Mais à cela s’ajoute la volonté d’être en permanence attentif à tout
ce qui pourrait générer des accidents aux conséquences graves. Les trois pisteurs
secouristes de l’hiver ont les mêmes exigences sur le Bike Park que sur les pistes de
ski. Ainsi, l’accès est interdit aux pratiquants qui ne portent pas de casque intégral et
l’organisation des secours est connue de tous. Ensuite, en assurant un entretien régulier pour maintenir le niveau de difficulté initial des pistes, les patrouilleurs peuvent
aussi corriger les tracés des lieux réputés.
« La seule différence chez nous vient du fait que, contrairement à l’hiver, les pisteurssecouristes “patrouilleurs” de la station n’assurent pas le transport des blessés qui
est confié aux services publics de secours. Le commandant des opérations est le PGM
(Peloton de Gendarmerie de Montagne). Une fois le bilan du blessé établi, nous devons
faire appel aux secours extérieurs (PGM ou pompiers). Cela a parfois donné lieu à
d’impressionnants moyens pour peu de chose. Toutefois, nos rencontres avec la
Préfecture, le PGM de le SDIS 68 nous ont permis de progresser dans la gestion des
secours en atteignant les 2 objectifs fixés : maintenir le niveau élevé de qualité des
secours et maîtriser le coût de ces derniers. »
En savoir plus : http://lacblanc-bikepark.com
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LE MAG no42
VTT
LES PORTES DU SOLEIL
MISENT SUR L’ÉVÉNEMENTIEL
Chaque station met en œuvre ses propres recettes pour faire du VTT un produit phare
de l’été. En ouvrant ses domaines à toutes les pratiques VTT, descente, All mountain
et même VTT électrique, Les Portes du Soleil ont choisi de se tourner
vers l’événementiel pour renforcer l’attractivité touristique du domaine en été.
LE VTT UN PRODUIT PHARE
« Aujourd’hui, les pratiques Randonnée et VTT se partagent le
terrain à égalité 50/50. Sur un séjour de 7,5 jours en moyenne,
les pratiquants VTT consacrent 4,5 jours à leur discipline favorite
et le reste, selon la météo, à d’autres activités parmi lesquelles
la randonnée. »
Pour Benoît Cloirec, responsable événementiel
en charge du VTT sur les Portes du Soleil, il est
clair que le produit phare du domaine en été,
c’est le VTT. On y pratique majoritairement le
VTT All Mountain autrement dit l’itinérance en
VTT. La pratique VTT All Mountain consiste à
découvrir la montagne en utilisant un réseau
de RM situées tout au long d’un parcours, lesquelles permettent de franchir les montées les plus difficiles.
Outre l’attractivité estivale du produit, l’objectif est également
de convaincre et convertir les 20 % de nouveaux clients présents
sur l’été qui découvrent le site, en clients l’hiver. « Et pour ça,
l’événementiel couplé au bouche-à-oreille vaut tous les plans
média du monde. » Pour renforcer la notoriété de la pratique
sur le terrain, Les Portes du soleil ont créé un grand événement
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DOMAINES SKIABLES DE FRANCE
européen, la « Pass’Portes du Soleil », qui attire chaque année
plus de 7 000 participants français et étrangers. Avec 9 points
de départ (les stations françaises et suisses du domaine) et une
boucle de 80 km accessible à tous les niveaux à faire dans la
journée, cette randonnée est en passe de devenir aussi célèbre
que les événements équivalents en hiver. Il attire chaque année
22 % de participants qui ne sont jamais venus sur le domaine.
« Avec 25 remontées mécaniques ouvertes en été, sur un parc
qui en compte 230 l’hiver, les Portes du soleil représentent la
plus grande ouverture estivale au monde. »
L’autre avantage du développement du VTT, c’est aussi le rallongement de la saison estivale. « Avant l’arrivée du VTT et avec la seule
randonnée, nous étions fermés entre 2 et 3 mois entre l’hiver
et l’été. Nous essayons aujourd’hui de réduire au maximum la
coupure hiver/été à un mois et demi. Cela nous permet de renforcer les emplois saisonniers et même d’en transformer certains
en emplois permanents. C’est positif pour toute l’économie de
la station, en particulier les magasins de location qui passent
rapidement du ski au vélo. Pour les remontées mécaniques, cela
n’en fait pas une activité rentable puisqu’une saison estivale
complète correspond, en chiffre d’affaires, à un gros week-end
de vacances de février. »
JUILLET 2016
Mais toutes les stations qui inscrivent le VTT dans leurs activités estivales le savent, en termes de notoriété, c’est un produit
visible. Benoît Cloirec le confirme : « C'est un élément déterminant dans le choix de leur destination pour 55% de notre
clientèle. »
C’est aussi un terrain d’innovations marketing qui n’en est qu’à
ses débuts. À l’image de la station des Gets qui proposera cet été
aux vététistes d’évoluer dans un vidéo-park ou de se mesurer à
un chrono de référence établi par le champion du monde Loïc
Bruni, et « de partager leurs exploits sur les réseaux sociaux ».
ENQUÊTE RÉALISÉE DANS L’ÉTÉ 2015
DANS LES PORTES DU SOLEIL
Un Vététiste dépense durant son séjour
en moyenne
sur la station :
570 €
m Hébergement
m Restauration
m Location éventuelle de VTT
(hors forfait remontées mécaniques et coût déplacement pour
rejoindre la station).
Êtes-vous déjà venus
dans les Portes du Soleil ?
Reviendrez-vous
dans les Portes du Soleil ?
77+48+29+23 99+58+35+1
99,2 %
76,8 %
58,2 %
47,8 %
35 %
29,2 %
22,8 %
0,8 %
Oui
Été
Hiver
Non
Oui
Été
Hiver
Non
Un marché en mouvement
Le VTT de descente représente 3 % du marché des
fabricants. Les ventes de VTT électriques affichent une
progression à 2 chiffres sur une année (+14,5 %) tandis que
celles du VTT traditionnel sont en perte de vitesse.
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