Lettre d`information N°14- février 2013
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Lettre d`information N°14- février 2013
février 2013 (N° 14) Lettre d’information de l’EPTB Oise-Aisne Dossier spécial Direc tive Inondation Sommaire p.1 Editorial p.2 Contexte général p.3 L’EPRI p.4 Les TRI p.7 Les interviews p.8 Les Stratégies p.10 Des idées reçues p.11 Le rôle de l’Entente p.12 Le point sur des dossiers Edito J’ai constaté, au cours de différentes réunions, la méconnaissance de la Directive Inondation, sur les modalités tant réglementaires que pratiques. Il était donc nécessaire que l’Entente Oise- Aisne informe les élus sur cette Directive. Ainsi, après avoir été à l’initiative de Commissions territoriales (COMITER) élargies à vocation pédagogique avec des interventions du CEPRI et de l’IRSTEA, après avoir organisé et animé des réunions d’information dans les départements qui l’ont sollicité, j’ai souhaité que l’Entente Oise-Aisne consacre un numéro spécial de sa lettre d’information à ce sujet. La Directive Inondation, qui doit sa naissance à des circonstances dramatiques en Europe de l’Est, est un texte fondamental réformateur dans l’approche de la gestion du risque inondation. En effet, les efforts ne se concentrent plus seulement sur l’aléa mais aussi sur les conséquences dommageables qu’il pourrait engendrer. Cette anticipation sur l’aléa a nécessité la construction d’une base nationale d’informations à partir de critères techniques communs qu’est l’EPRI et la priorisation de secteurs avec l’émergence d’une nouvelle classification des territoires. Dans un futur proche, des stratégies seront élaborées pour que les inondations ne soient plus aussi impactantes sur le fonctionnement de notre société. Cette « co-construction », qui nécessite la concertation et l’implication de l’ensemble des acteurs, engage chacun d’eux dans une réflexion transversale du risque inondation, à l’échelle du pays, des bassins versants et des Territoires à risque important (TRI). Il reste cependant qu’il est essentiel de pouvoir poursuivre, avec le soutien de l’Etat, les actions sur l’ensemble des territoires, qu’ils soient ou non classés « TRI ». Parce qu’elle a une vision globale du bassin de l’Oise, l’Entente Oise-Aisne, en tant qu’EPTB, doit participer à cette mise en cohérence de politiques. Son rôle, son expertise font d’elle un acteur incontournable dans la déclinaison de la Directive et d’une manière plus générale, du grand cycle de l’eau. Et c’est bien ce rôle de gestionnaire incontournable que l’Acte III de la décentralisation générale devra impérativement maintenir et reconnaitre aux EPTB. Enfin, j’affirme régulièrement auprès des services de l’Etat que les communes sinistrées mais non prioritaires ne doivent en aucun cas être laissées de côté par cette démarche dans laquelle chacun doit se retrouver, gage de sa réussite. Gérard SEIMBILLE Président de l’Entente Oise-Aisne Direc tive ou Direc tive - cad re ? La directive lie tout État membre destinataire quant au résultat à atteindre, tout en laissant aux instances nationales la compétence quant à la forme et aux moyens. D’un point de vue juridique, il n’y a absolument aucune différence entre directive et directive-cadre : ces dernières sont tout simplement des directives relevant de la « définition » standard de ce type d’acte juridique de l’Union européenne (source : article 288 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne- Journal Officiel du 30/03/2012) D’un point de vue pratique, l’appellation « directives-cadres » a généralement été attribuée à des directives visant à établir précisément un cadre pour l’élaboration d’une politique de l’Union européenne. (Source : Centre de contact EUROPE DIRECT) EPTB Oise-Aisne dossier spécial Contex te Après avoir subi plus d’une centaine d’inondations entre 1998 et 2002, l’Europe décide de réagir en se dotant d’un cadre de travail qu’est la Directive Inondation (Directive 2007/60/CE du 23 octobre 2007). La Directive est transposée dans le droit français par deux textes : • la loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010, ou « Grenelle 2 », Titre V. • le décret n° 2011-227 du 2 mars 2011 relatif à l’évaluation et à la gestion des risques d’inondation, avec application immédiate. En Fr ance, c’est une commune sur trois qui est concernée par le risque inondation, soit plus de 2 millions de personnes. Près des deux tiers des communes en France ont fait l’objet d’un arrêté préfectoral « catnat » (catastrophe naturelle) au titre soit de l’inondation, soit de la coulée de boue depuis 1982 (source : CEPRI). Qu elqu es définitions : Risque naturel : confrontation d’un aléa et des enjeux d’une zone géographique. Selon l’intensité de l’aléa et des enjeux, le risque peut être majeur ou mineur. Aléa : phénomène naturel dangereux, impactant de façon marquée un espace. Vulnérabilité : fragilité d’une société face à un aléa. Elle dépend des enjeux. Inondation : submersion d’une zone habituellement hors d’eau Cyndiniques (les) : sciences qui étudient les risques. Période de retour : probabilité d’occurrence temporelle d’une crue. Ex : une crue de période de 10 ans = 1 chance sur 10 qu’elle se produise dans l’année. * Résilience : capacité à récupérer un fonctionnement normal suite aux conséquences d’un événement non souhaité. 2 Acce pter de vivre avec le r isque inondations Les inondations sont des phénomènes naturels avec lesquels l’homme doit composer. Certes, elles ont des effets bénéfiques sur la biodiversité des espaces mais leurs effets peuvent être dévastateurs dans les zones urbanisées où les enjeux socioéconomiques sont importants. C’est pour ces zones à enjeux que les efforts doivent porter pour limiter les dégâts. Dans ce combat à armes inégales, l’homme doit accepter de s’adapter et aménager son environnement, pour « […] réduire les risques des conséquences négatives associées aux inondations, en particulier sur la santé et la vie humaine, l’environnement, le patrimoine culturel, l’activité économique et les infrastructures […] » (art.3 de la Directive). La démarche est en soi novatrice : en plus de réaliser des plans de lutte contre les inondations et de diminution de la vulnérabilité, il faudra définir des objectifs de réduction du risque à atteindre. Notre société doit changer d’attitude et devenir actrice face aux risques en travaillant sur l’anticipation. Pour cela, il faut : • avoir conscience de l’envergure des dégâts occasionnés par de probables crues futures ; • se donner les moyens de les réduire au maximum afin de réduire sa vulnérabilité ; • aménager son territoire pour le rendre moins sensible à ce risque et assurer un retour à la normale plus rapide*. Véritable approche systémique de la gestion des inondations, la Directive s’articule en plusieurs étapes. Lettre d’information de février 2013 (N° 14) 1ère étape : diagnostic des enjeux, l’EPRI La Directive se base sur un document qui établit un diagnostic. Il s’agit de l’Evaluation Préliminaire des Risques d’Inondations : EPRI (chapitre II de la Directive ; chapitre IV du décret), réalisée à l’échelle communale. Les DREAL (Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) ont réalisé les EPRI. Cette évaluation comprend : • Les cartes avec les limites des bassins hydrographiques, indiquant l’occupation des sols. • U n historique des inondations avec la description de leurs envergures et l’évaluation de leurs dégâts. • Le recensement, à partir des premiers éléments, des enjeux qui pourraient être touchés par de futures crues dont celles extrêmes (au-delà de la crue centennale). • L a cartographie de la zone qui pourrait être impactée par des inondations : l’enveloppe approchée des inondations potentielles (EAIP). Cette enveloppe fait apparaître des poches d’enjeux potentiellement inondables, comptabilisées à l’échelle de la commune. L’EPRI a été arrêtée par le préfet coordonnateur de bassin SeineNormandie le 20 décembre 2011, après avoir été soumise à la consultation des parties prenantes (membres du comité technique du Plan Seine élargi aux acteurs du risque inondation) Particularité française, il existe une EPRI nationale, préalable à la définition d’une stratégie nationale de gestion des risques d’inondation. C’est l’inventaire national des risques d’inondation avec une synthèse des informations locales et l’identification des poches d’enjeux nationaux. L’EPRI sera révisée tous les six ans. Chiffres-clés de l’EPRI nationale et du bassin Oise-Aisne E c h e l l e n at i o n a l e Echelle bassin Oise-Aisne N b h a b i t a n t s d a n s l a zo n e 17 0 0 0 0 0 0 50 0 0 0 0 9 0 0 0 0 0 0 220 000 p ot e n t i e l l e m e n t i n o n d a b l e N b d ’e m p l o i s d a n s l a zo n e p ot e n t i e l l e m e n t i n o n d a b l e pour aller plus loin, www.driee.ile-de-france.developpement-durable. gouv.fr, rubrique « eau et milieux aquatiques ; politique de l’eau » Qu els sont les indic ateu rs pris en considé r ation dans l’E AIP ? Il y a 4 thématiques d’indicateurs nationaux : • la santé humaine (nb. d’habitants et de logements dont ceux de plain-pied, proportion de population et d’habitations, nb. d’établissements de soins, densité au km²) ; • l’ac tivité économique (emprise des bâtiment s d’activités, nb. d’emplois, infrastructures de transport) ; • l’environnement (zones naturelles, sites industriels, STEP) ; - le patrimoine (emprise des bâtiments remarquables). 3 EPTB Oise-Aisne dossier spécial 2e étape : identification des priorités, les TRI A partir des poches d’enjeux identifiées dans l’EAIP, une sélection en trois étapes va être réalisée, en concertation ouverte aux parties prenantes que sont, pour le bassin Seine-Normandie, le comité technique du Plan Seine élargi aux acteurs du risque inondation, le Comité de bassin et ses commissions territoriales (COMITER), dont l’Entente OiseAisne fait partie : •1ère étape : sélection de 31 poches d’enjeux, qui dépassent le cadre communal, à partir des critères nationaux définis par la Stratégie Nationale de Gestion des Risques inondation -SNGRI- et des critères spécifiques au bassin Seine-Normandie (portant sur la population, la surface de résidence en plain-pied, le nombre d’emplois et/ou la surface de bâti d’activité) •2 e ét a pe : classif ication, à par tir d’une analyse complémentaire locale et qualitative de ces poches d’enjeux en deux catégories : les territoires à forts enjeux et les territoires à très forts enjeux. Ces derniers sont dénommés TERRITOIRES A RISQUE IMPORTANT D’INONDATION, les TRI. •3e étape : précision de l’aire géographique de chaque TRI, au cours de réunions avec les élus locaux des communes concernées. Des nouvelles ont pu intégrer des TRI, au nom de la continuité urbaine. Les élus des territoires à forts enjeux ont été consultés sur leur souhait de devenir TRI. En bref, un TRI, c’est un ensemble de communes qui concentre le plus d’enjeux exposés au risque d’inondation. 4 A u niveau du ba s s in de l ’Oise , il y a 4 TR I : • TRI de Chauny-Tergnier- La Fère : Abbecour t , Andelain, Autreville, Beautor, Charmes, Chauny, Condren, Danizy, La Fère, Ognes, Sincecy, Tergnier, Viry-Noureuil. • TRI de Creil : Brenouille, Creil, Les Ageux, Montataire, Nogent-sur-Oise, Pont-Sainte-Maxence, Précy-sur-Oise, Rieux, Saint-Leu-d’Esserent , Saint-Maximin, Thiverny, Verneuil-en-Halatte, Villers-Saint-Paul, Villers-sous-Saint-Leu. • T R I d e C o m p i è g n e : A r m a n c o u r t , B i e n v i l l e , Choisy-au-Bac, Clairoix, Compiègne, Janville, Jaux, La-CroixSaint-Ouen, Le Meux, Le Plessis-Brion, Longueil-Annel, Longueil-Sainte-Marie, Margny-lès-Compiègne, Montmacq, Rivecourt, Thourotte, Venette, Verberie. • TRI Oise-Aval : Asnières-sur-Oise, Auvers-sur-Oise, Beaumont-sur-Oise, Bernes-sur-Oise, Bruyères-sur-Oise, Butry-sur-Oise, Cergy, Champagne-sur-Oise, Eragny, Jouyle-Moutier, L’Ile-Adam, Mériel, Méry-sur-Oise, Mours, Neuville-sur-Oise, Noisy-sur-Oise, Parmain, Persan, Pontoise, Saint-Ouen-l’Aumône, Valmondois et Vauréal. Le TRI Oise-Aval fait partie intégrante du TRI Ile-de-France. La liste des TRI du bassin Oise-Aisne a été déposée au préfet coordonnateur de bassin le 22 septembre 2012. Lettre d’information de février 2013 (N° 14) U ne ap proche s ys témique du r isque inondation Les enjeux dans ces TRI sont vitaux, en terme d’emploi, de population, de patrimoine et d’environnement qui impactent le fonctionnement de la société bien au-delà de leurs propres périmètres. Bassin de vie, générateur d’activités socio-économiques, le TRI a une aire d’influence qui rayonne au-delà de son périmètre stricto sensus. Le TRI marque donc la naissance d’une approche territoriale et intégrée de la gestion du risque, qui dépasse le niveau communal. Comment ont é té sé lectionnés les TRI ? Un état des lieux – Evaluation Préliminaire des Risques d’Inondation ou EPRI-, arrêté en décembre 2011 par le préfet coordonnateur de bassin, a identifié des territoires où les enjeux situés dans la zone potentiellement inondable sont les plus importants. Un certain nombre d’entre eux ont été reconnus comme TRI. Pou rquoi cette comm une est dans un TRI et pa s celle- ci ? Le choix d’intégrer une commune dans un TRI est motivé par une logique de concentration des enjeux sur ladite commune. Si les enjeux ne correspondent pas aux critères de sélection, si l’analyse qualitative ne l’a pas fait ressortir comme étant prioritaire, si il n’y a pas de continuité urbaine, la commune n’a pas été retenue. La liste des TRI sera mise à jour tous les six ans pour tenir compte des actions qui auront été menées et de l’évolution des territoires. Une commune qui n’a pas été sélectionnée en TRI en 2012 pourra l’être en 2018. Nouvelle approche spatiale de la gestion du risque Po c h e s d ’e n je u x Te r r i t o ire s à Te r r i t o ire s à Te r r i t o ire s à e n je u x fo r t s e n je u x t rè s fo r t s e n je u x TRI TRI Poches d’enjeux Te r r i t o ire d e l a s t r at é g ie l o c a l e Territo la gestioirne stratégique de d e s TR I 5 EPTB Oise-Aisne dossier spécial 3 e étape : amélioration de la connaissance des TRI La phase suivante de la mise en œuvre de la Directive Inondation est l’amélioration de la connaissance de ces territoires avec une cartographie précise des surfaces inondables et des risques d’inondation selon trois scénarios possibles : crue extrême, de faible probabilité : période de retour > 1000 ans crue de probabilité moyenne : période de retour > 100 ans crue fréquente, de forte probabilité : période de retour entre 10 et 30 ans. CARTOGRAPHIE DES TRI (1/25 000 ) e Cartes des surfaces inondables : • étendue de l’inondation • hauteur ou niveau d’eau • vitesse du courant, le cas échéant Po ur l e 2 2 d é ce m b re 2 013 Enjeux cartographiés : • nombre d’habitants touchés • t ypes d’activités économiques touchées • installations ou activités polluantes classées IPPC et les zones protégées • installations nucléaires de base • établissements, infrastructures ou installations sensibles (Source : Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, 2012) Ces cartes serviront à définir les objectifs de réduction du risque d’inondation. Elles seront mises à disposition du public et seront actualisées tous les 6 ans afin de prendre en compte l’évolution du territoire et les aménagements réalisés pour réduire le risque. Pour la crue moyenne (période de retour > 100 ans), la cartographie de la Directive sera issue des cartes élaborées dans le cadre des PPRi. A noter que seules ces dernières permettent de règlementer l’urbanisation. 6 Qu ’est ce qui ser a c artog r aphié ? Seules les communes du TRI seront cartographiées. Les communes de la stratégie locale ne le seront pas. Il y aura une carte des surfaces inondables et une carte des risques (surface inondable + enjeux) E t qu ’advient- il des comm unes hors TRI ou hors périmè tre de l a str atég ie loc ale ? Même si les efforts de l’Etat se concentreront sur les TRI et les périmètres des stratégies locales, les actions des communes hors TRI seront soutenues. Les dispositifs PAPI (Plans d’actions de prévention des inondations) subsistent. L a c artog r aphie de l a zone inondable pour l a crue e x trême ( période de retou r 10 0 0 ans ) rég lementer a -t- elle l’u rbanisation ( comme le PPR pou r l a cru e de période de retou r 10 0 ans ) ? La cartographie de la crue extrême servira principalement à améliorer l’alerte et la gestion de crise. Elle pourra toutefois contribuer à la prise en compte du risque d’inondation dans les documents d’urbanisme sans pour autant être l’objet de nouvelles obligations règlementaires. Cependant, les PPRi ultérieurs ou révisés pourraient intégrer certaines informations. Lettre d’information de février 2013 (N° 14) INTERVIEW de Frédéric MOLOSSI, président de l’EPTB Seine Grands Lacs Comment la sélection des TRI s’est déroulée sur le territoire de votre EPTB ? L’EPTB Seine Grands Lacs a été associé par les services de l’Etat à la sélection des TRI à l’intérieur de son périmètre de reconnaissance. Il a notamment appuyé la concertation avec les parties prenantes à l’occasion de 3 COMITER (rivières Ile de France, vallées de Marne et Seine amont) ou lors de réunions spécifiques. Lors de celles-ci, il a tout particulièrement veillé à ce qu’une approche cohérente par vallée ou bassin soit bien prise en compte. Comment s’organise la concertation avec les représentants de chacun de ces TRI, représentés au sein de 3 COMITER différentes ? Le fait d’intervenir sur 3 COMITER différentes n’a pas été source de difficulté mais plutôt un facteur d’enrichissement, en permettant d’affiner les présentations faites devant celles-ci et de mutualiser à l’échelle du bassin les observations recueillies. Le TRI Oise-Aval a été intégré dans le TRI national Ile-de-France. Comment concevez-vous la coopération trans-EPTB avec l’Entente Oise-Aisne ? L’ EPTB Seine Grands Lacs prépare actuellement un projet de PAPI visant à réduire prioritairement le risque d’inondation sur Paris et la petite couronne. La stratégie proposée vise 3 principaux objectifs : • Accroître la « culture du risque inondation » de la population située en zone inondable et plus particulièrement celle des principaux acteurs publics ou privés participant à la gestion de ce risque. • Stabiliser à court terme le coût des dommages potentiels liés aux inondations. • Raccourcir le délai de retour à la normale après une grande crue des principaux services publics (énergie, télécommunications, transports, sanitaires, sociaux et éducatifs) des territoires sinistrés. Dans ce contexte, je ne verrais pour ma part que des avantages à effectuer un travail en commun avec l’EPTB Oise-Aisne. Cette coordination présenterait en effet l’intérêt d’offrir un cadre homogène d’actions aux 144 communes du TRI Ile de France, ce qui en augmenterait la compréhension par les habitants. Nous avons prévu de nous rencontrer prochainement à ce sujet avec M SEIMBILLE. INTERVIEW DE Daniel MARCOVITCH, président de l’AFEPTB Qu’appor te la Directive Inondation aux politiques déjà en cours sur de nombreux territoires ? La transcription de la Directive marque une volonté nationale d’unifier les moyens et d’associer l’ensemble des acteurs dans une démarche raisonnée du risque. En créant un cadre de réflexion, elle permet de bien définir les responsabilités de chacun, de proposer des programmes d’actions pertinents et de répartir de façon adéquate les financements. Comment les EPTB ont-ils été associés à la concertation sur la Directive ? Dans la déclinaison de la Directive, les EPTB ont eu un rôle consultatif. La mise en place de liens entre les services de l’Etat et les EPTB a enrichi les connaissances constitutives des EPRI. La détermination de critères nationaux de sélection (santé humaine, environnement, patrimoine et activités économiques) a permis d’identifier des zones d’enjeux sur lesquelles vont porter les efforts de gestion avec l’élaboration de stratégies. Dans la phase de sélection des TRI, qui répond à une nécessité comptable et tactique de priorisation, les EPTB ont évidemment été partie prenante de la concertation mais la décision finale incombait au Préfet. La CMI est peu connue des acteurs du risque inondation : quel rôle joue-t-elle spécifiquement dans la mise en place de la Directive ? La Commission Mixte Inondation, instituée par le ministère du Développement Durable, rend compte au COPRNM (Conseil d’Orientation pour la Prévention des Risques Naturels Majeurs) et au CNE (Comité National de l’Eau). Outre son rôle décisionnaire dans la labellisation des PAPI, elle a mis en place des ateliers de réflexion sur des questions inhérentes à la Stratégie Nationale. A l’heure actuelle, 5 ateliers thématiques coexistent et ont respectivement comme thèmes la réduction de la vulnérabilité, l’amélioration de la connaissance, les financements, la maîtrise d’ouvrage des actions et la culture du risque. 7 EPTB Oise-Aisne dossier spécial 4 e étape : De la réf lexion à l ’ac tion , une s t ratégie à chaque niveau de la réf lexion au nive au national : SNG RI La Stratégie Nationale de Gestion des Risques d’Inondation est établie sur la base de l’EPRI nationale. Elle émane du ministre chargé de la prévention des risques majeurs. Cette stratégie nationale définit (art. R.566-1 du Code de l’Environnement) : • les grands objectifs de réduction des préjudices potentiels associés aux inondations • les orientations : - réduction de la vulnérabilité par un aménagement durable des territoires - mieux savoir pour mieux agir - gestion pérenne des ouvrages de protection - apprendre à vivre avec les inondations • le cadre d’actions qui découlent de ces orientations • les critères nationaux de caractérisation de l’importance du risque d’inondation, utilisés pour sélectionner les TRI. Ainsi, les grandes orientations de la Stratégie nationale sont d’« augmenter la sécurité des populations, faire partager la connaissance des risques par tous les publics, stabiliser à court terme et réduire à moyen terme, le coût des dommages des inondations, et raccourcir fortement le délai de retour à la normale des territoires sinistrés ». 8 Zoom su r l a COMMISSION MIX TE INONDATION L’ensemble des acteurs au niveau national sont réunis au sein de la CMI, mise en place en juillet 2011. Elle émane du COPRNM (Comité d’orientation pour la prévention des risques naturels majeurs, divisé en 4 groupes de travail) et du CNE (Comité national de l’eau). Les membres de cette commission, coprésidée par les présidents du CNE et du COPRNM, sont, d’une part, issus du COPRNM et du CNE, représentés à parts égales, et, d’autre part, désignés par la ministre parmi les représentants des associations nationales d’élus, de la société civile et des départements ministériels concernés Lettre d’information de février 2013 (N° 14) au niveau du bassin Seine-Normandie : PGRI Les orientations du SDAG E 2012-2015 Le Plan de Gestion des Risques d’Inondation, qui reprend les résultats de l’EPRI de bassin, fixe les objectifs de gestion des risques d’inondation au niveau du bassin SeineNormandie, ce qui inclut les TRI. Plusieurs axes d’intervention sont recensés : • les orient ations fondament ales sur les inondations présentées dans le SDAGE 2012-2015 au regard de la gestion équilibrée et durable de la ressource en eau; • les dispositions concernant la surveillance, la prévision et l’information sur les phénomènes d’inondation ; • les dispositions pour la réduction de la vulnérabilité des territoires face aux risques d’inondation ; • les dispositions concernant l’information préventive, l’éducation, la résilience et la conscience du risque. Le Plan de Gestion des Risques d’Inondation peut identifier des actions structurantes de réduction sur l’aléa. Les premiers plans doivent être achevés pour le 22 décembre 2015. Le projet de plan est soumis à la consultation du public au moins un an avant la date de son entrée en vigueur (Article L566-7 du Code de l’Environnement). • améliorer la sensibilisation, l’information préventive et les connaissances • r éduire la vulnérabilité des personnes et des biens exposés au risque d’inondation • p réser ver et reconquérir les zones naturelles d’expansion des crues • limiter les impacts des ouvrages de protection contre les inondations, qui ne doivent pas accroître le risque à l’aval • l imiter le ruissellement en zone rurale et en zone urbaine pour réduire les risques d’inondation En bre f, le SDAG E Instrument de planif ication, le Schéma Direc teur d’Aménagement et de Gestion des Eaux f ixe pour chaque bassin hydrographique les objectifs de gestion de la ressource en eau. Il a une portée juridique et s’impose à l’instruction des déclarations et autorisations administratives. au niveau local : SLGRI Déclinaisons du PGRI au niveau du TRI et de son périmètre de stratégie, les Stratégies Locales de Gestion des Risques Inondation doivent être finalisées pour décembre 2015. Elles sont co-construites par l’Etat et les collectivités concernées (communes en TRI ou périmètre). La gouvernance reste à définir. La stratégie locale comportera (section 5 du décret) : • la synthèse de l’EPRI dans son périmètre ; • les cartes des surfaces inondables et les cartes des risques d’inondation pour les territoires à risque impor tant d’inondation inclus dans son périmètre ; • les objectifs fixés par le PGRI pour ces territoires à risque ; • les mesures d’action prévues à l’échelle de la stratégie locale tenant compte des dispositions du PGRI déclinées sur son territoire pouvant relever des axes suivants : - surveillance, prévision des crues et gestion de crise ; - actions d’écrêtement des crues ; - réduction de la vulnérabilité ; - culture du risque et information préventive ; - mesures de prévention, de protection et de sauvegarde, - gestion du risque au regard de la gestion de la ressource en eau ; - compatibilité avec les objectifs du SDAGE ; - compatibilité avec le plan d’actions pour le milieu marin pour les territoires concernés. La Directive s’inscrit dans un processus d’amélioration : la définition des TRI et le contenu des stratégies seront réexaminés et mis à jour si nécessaire tous les 6 ans. La stratégie sera approuvée par arrêté du (ou des) préfet(s) des dépar tement s concerné ( s) après avis du préfet coordonnateur de bassin. Elle est en outre rendue publique. La consultation du public est possible dès décembre 2014. 9 EPTB Oise-Aisne dossier spécial Direc tive Inondation : Ques tions L’application de la Directive va-t-elle avoir des impacts sur les documents d’aménagement du territoire et d’urbanisme ? Doivent être compatibles ou rendus compatibles : • les SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) (art.L 122-1-13 du Code de l’Urbanisme) dans un délai de trois ans après approbation du PGRI • les PLU (Plan Local d’Urbanisme), principaux documents de planification d’urbanisme. Tout PLU antérieur au PGRI doit être rendu compatible dans un délai de 3 ans (art. L-123-1-10 du Code de l’urbanisme) avec le PGRI • les cartes communales (art.L124-2 du Code de l’Urbanisme) Quelle sera l’articulation avec les PPRi (Plans de Prévention des Risques inondations) existants ? Annexé au Plan Local d’Urbanisme, le PPRI est un dossier réglementaire de prévention qui définit les conditions d’urbanisme (zones constructibles ou non, prescriptions). Les stratégies locales ne se limiteront pas à une intervention sur la maîtrise de l’urbanisation. Elles intégreront des mesures sur le développement des connaissances enjeux/aléas ; l’éducation ; la réduction de vulnérabilité ; la prévision des crues ; la réduction de l’aléa ; la gestion de crise et la protection. Pour les communes hors TRI et hors périmètre, qu’est-ce qui sera possible ? L’Etat continuera à soutenir les initiatives locales des territoires non identifiés en TRI dans le cycle en cours. Le dispositif des PAPI persiste. les PAPI Créés en 2003, les Programmes d’actions de prévention des inondations (PAPI) visent à réduire les conséquences des inondations sur les territoires à travers une approche globale du risque. Début 2011, l’Etat, anticipant certaines exigences de la Directive Inondation, a modifié le dispositif en intégrant les enseignements de la mise en œuvre des PAPI « premières générations » (20032009). La sélection des dossiers s’effectue selon un processus de labellisation national (ou au niveau des grands bassins hydrographiques pour les PAPI d’un montant inférieur à 3 millions d’euros). Les premiers dossiers ont été examinés le 12 juillet 2011 par la Commission Mixte Inondation (CMI). 10 Lettre d’information de février 2013 (N° 14) Le rôle de l ’ Entente Oise - A is ne Au vu des missions que leur confère l’article L566-10 du Code de l’environnement, les EPTB ont un rôle inéluctable à jouer dans la mise en œuvre de la Directive. Bien que les EPRI aient été établies par les DREAL, l’Entente Oise-Aisne a été consultée pour leur élaboration. Dans la phase de sélection des TRI, l’Entente Oise-Aisne a examiné chaque caractéristique de ces territoires afin d’en préciser le contour et a fourni des informations qualitatives pour faciliter la priorisation. Dans la phase de cartographie, étape en cours à ce jour, l’Entente Oise-Aisne participe à sa conception. Cela passera par l’approfondissement des connaissances des aléas et des enjeux et par l’acquisition de données topographiques. L’Entente Oise-Aisne pourra se positionner en tant que porteur de projet pour l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies locales. Calendrier 2011-2015 Une méthode progressive en 4 étapes 2011 1. État des lieux : Évaluation Préliminaire du Risque mi 2012 2. Définition des priorités : Identification des Territoires à Risque Important 2013 3. Approfondissement des connaissances sur ces priorités : Cartographie des risques sur les Territoires à Risque Important 2015 4. Définition d’une politique d’intervention : finalisation du plan de gestion du risque d’inondation sur le district, intégrant des stratégies locales de gestion du risque d’inondation sur les territoires à risque important Article L566 -10 Les établissements publics territoriaux de bassin mentionnés à l’article L. 213-12 assurent à l’échelle du bassin ou sous-bassin hydrographique de leur compétence la cohérence des actions des collectivités territoriales et de leurs groupements visant à réduire les conséquences négatives des inondations sur les territoires mentionnés à l’article L. 566-5, par leur rôle de coordination, d’animation, d’information et de conseil pour des actions de réduction de la vulnérabilité aux inondations. » Une révision tous les 6 ans Les étapes de la mise en œuvre de la Directive Inondation (source : DREAL Picardie, 2012) 11 EPTB Oise-Aisne dossier spécial Lettre d’information de février 2013 (N° 14) En quelques mot s , le point s ur des dos s ier s de l ’ Entente Le dossier de MONTIGNY-SOUS-MARLE est aux enquêtes : Conçu pour réguler une crue d’occurrence trentennale de la Serre, affluent principal de l’Oise moyenne, cet aménagement de régulation de Montigny-sous-Marle est composé d’une digue et d’un ouvrage de régulation avec un vannage sur la Serre. 14 communes seraient bénéficiaires de cet aménagement sur la Serre de Marle à Anguilcourt-le-Sart. A l’échelle du bassin, il aurait une influence bénéfique sur les crues de l’Oise. Un cer tain nombre de mesures d’accompagnement et de compensations environnementales ont été envisagées. Afin de conclure les études de cet aménagement, le Secrétaire général de la Préfecture de l’Aisne a invité, à la demande du Président de l’Entente Oise-Aisne, les acteurs locaux à un comité de pilotage qui s’est tenu le 11 septembre dernier. Suite au Conseil d’Administration de l’Entente du 10 octobre, le dossier d’enquête a été déposé en préfecture et le dossier a été jugé recevable. Une réunion avec les acteurs locaux et le Président de l’Entente s’est tenue le 4 décembre dernier. le dossier PAPI Verse est passé en CMI : Attendu par les riverains, porté par les élus locaux, le projet PAPI Verse propose un ensemble complet d’aménagements et d’actions à mener sur le sous-bassin de la Verse, avec une dizaine de types de travaux : trois ouvrages écrêteurs, réouverture de la Verse dans Guiscard, la remise en fond de vallée, actions de restauration, … Le dossier a été présenté aux populations locales au cours de réunions publiques organisées par l’Entente en octobre dernier. Il a été déposé en préfecture de l’Oise le 18 septembre dernier et a reçu récemment un avis favorable de la DREAL Picardie. Le passage du dossier en CMI (cf. supra pp.7-8) a eu lieu le 30 janvier 2013. La Commission a émis un avis favorable, à l’unanimité, sur la cohérence technique du projet et son plan de financement avant approbation finale. Entente interdépartementale pour la protection contre les inondations de l’Oise, de l’Aisne, de l’Aire et de leurs affluents (Conseils généraux des départements de l’Aisne, des Ardennes, de la Marne, de la Meuse, de l’Oise et du Val d’Oise) Pour nous joindre : 11 cours Guynemer - 60200 Compiègne Téléphone : 03 44 38 83 83 Fax : 03 44 38 83 80 Tous les numéros direct et mails des services sur notre site : www.eptb-oise.fr Lettre d’information de l’Entente Oise-Aisne / février 2013 Directeur de publication : Jean-Michel CORNET Responsable de la communication : Laurence DUBROMELLE Rédaction : Laurence DUBROMELLE, Marjorie ANDRÉ Réalisation : Tri-angles.com Photos : Entente Oise Aise, SIA Verse, Impression : Imprimerie Houdeville-ICO Lettre imprimée dans le respect de l’environnement sur du papier recyclé certifié FSC ISNN : 2114-8643 Dépôt légal à parution