L`église de Saint Martin au Laërt Au diocèse d`Arras

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L`église de Saint Martin au Laërt Au diocèse d`Arras
L’église de Saint Martin au Laërt
Au diocèse d’Arras
Par HUGUES BEYLARD s.j.
Edition originale : Juillet 1960
Réédition : Novembre 2007
Communauté catholique de Saint Martin au Laert
Paroisse Saint Benoît en Morinie.
L’EGLISE DE Saint Martin au Laërt
Au diocèse d’ARRAS
Par HUGUES BEYLARD s.j.
Si l'on en croit une certaine tradition la paroisse de Saint Martin au Laërt tirerait son nom et son
origine de la plus ancienne des églises de Saint-Omer en dehors de l'abbatiale Saint-Bertin. A lui seul
le patronage de l'évêque de Tours, grand missionnaire des Gaules est déjà une certaine marque
d'ancienneté. La vieille paroisse Saint-Martin se trouvait dans les parages de la porte Boulenisienne1.
Quand la ville fut munie de remparts, l'église se trouva hors les murs, d'où le nom de Saint-Martin
extra burgum, in suburbis, extra parietes, et plus tard extra muros, prope et extra muros. On reconnaît
généralement qu'en 1477 les Audomarois pour mieux assurer la défense de leur cité contre une
éventuelle attaque de Louis XI brûlèrent l'église Saint-Martin et le quartier avoisinant.
Après cela les souvenirs sont moins précis, ne se rattachant plus à l'histoire de la ville. Au cours des
siècles d'autres églises avaient surgi dans le centre de Saint-Omer à mesure que la population s'y
développait, que les religieux s'y installaient. Saint-Martin ne fut rebâtie que pour 1a population
extérieure. On la réédifie en 1539, dit-on, au nord, vers le "rivage" du marais, en un lieu où il semble
que les intempéries en aient eu facilement raison. Du coup la paroisse s'appelle Saint Martin au Laërt,
c'est à dire au pré banal, selon l'étymologie du mot flamand. Les guerres n'arrangent rien, et on
affirme qu'en 1570 le choeur fut renversé et qu'il ne fut reconstruit qu'en 1604. Quand on dit qu'au
cours de la guerre de Trente ans, fertile en ruines pour nos régions, elle fut de nouveau démolie pour
n'être réédifiée qu'à la fin du XVIIe siècle, il n'est pas aisé de fixer l'époque où le nouveau lieu de
culte fut transporté du "rivage" à l'endroit où l'église s'élève de nos jours. Près du mur de la nef
actuelle, du coté de l'épître2 gît une pierre polygonale qui semble bien être le sommet d'un pilier de
grès, juste avant la naissance du chapiteau. Mais ce que nous savons de l'église du XVIIe siècle,
dépourvue de caractère, ne nous permet pas de croire qu'il faille voir là une épave de l'ancien édifice.
Il ne comportait qu'une nef et sans doute pas de voûte. Cette pierre aurait-elle supporté la cuve des
anciens fonts baptismaux ? Rien ne nous autorise à étayer cette conjecture purement gratuite. Aucun
document ne nous renseigne sur l'origine de ce vestige vénérable.
Les registres de catholicité de Saint Martin au Laërt, conservés à la mairie, permettent de se faire une
idée de la population, strictement rurale à cette époque. Le plus ancien porte la date de 1574. C'est un
liber status animarum3 conforme aux exigences du Concile de Trente, auquel il se réfère, et aux
articles "arrestez à Cambray au mois de may 1567 par les Evesques, Prélats et aultres de la Province
avec aulcuns evesques d'aultres provinces et plusieurs Docteurs en Théologie". Il fait également
allusion aux statuts du synode diocésain tenu à Saint-Omer sous la présidence de Gérard
d'Haméricourt, premier évêque du lieu4. Le curé, qui néglige de se nommer, dit qu'il a fait ses études
à l'Université de Douai et pris possession de sa cure par procuration. I1 y a célébré sa messe de
prémices le 20 décembre 1573. A dire vrai il semble bien que la suscription, la copie des "arrêts"
synodaux et le préambule soient de la main d'un scribe chargé de préparer uniformément les registres.
Le curé, dont l'écriture est incomparablement moins soignée, a négligé de remplir quelques blancs, à
commencer celui où devraient figurer son nom et son âge. Le registre dont existe d'ailleurs une sorte
de cahier brouillon, à moins que ce ne soit le double qui aurait dû figurer aux archives épiscopales,
comporte les actes de baptême, de mariage et de sépulture, très rudimentaires en ces premières
années, et le "catalogue ou registre" contenant les noms des fidèles qui ont fait leurs pâques dans leur
paroisse. Cette liste, établie par familles, fait évidemment abstraction des enfants qui ne sont pas en
âge de communier. Après le nom du maître ou de la maîtresse de maison figurent les enfants puis de
ceux qui vivent sous le même toit: domestique, servante, cocher, berger.
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En 1579 autant que l'on peut distinguer, les groupes de noms, il y a 65 familles, il se fait 5 mariages,
ce qui est un chiffre moyen par rapport aux années précédentes et suivantes. Dans la suite les actes
deviennent plus explicites et comportent les signatures des parrains ou des témoins. En 1891 il n'y a
que 26 familles, 142 personnes, 92 pâques faites dans la paroisse. Dès le début du XVIIIe siècle on
trouve des noms encore connus à Saint Martin au Laërt ; les Marquis, les Guilbert, les Carpentier, les
Martel. Le curé se dit facilement curé du Laërt (on trouve aussi Naërt). A cette époque l'histoire
devient plus facile. Avant la révolution, l'église tant de fois éprouvée et tant bien que mal relevée est
rebâtie chichement. Elle n'a aucun caractère. Sous 1a révolution, vendue par le district de SaintOmer, elle est dépecée par l'acheteur, qui en retire le mobilier et la toiture. Une des deux cloches,
fondue à Douai en 1600 est cependant sauvée. Les murailles sont revendues à un notaire qui n'en fait
rien.
Après la signature du concordat et l'arrivée de Mgr de la Tour d'Auvergne5 comme évêque d'Arras,
l'abbé Brassart, ancien religieux, est nommé desservant6 de Saint Martin au Laërt le 1er mai 1803.
Dans le même mois un chrétien du nom de Bocquet fait ériger à ses frais un calvaire dans le
cimetière. Le nouveau pasteur se hâte de rendre l'église utilisable. Des paroissiens généreux vont
l'aider.
Dans l'ignorance de la loi du 8 novembre 1802, le conseil de fabrique7 constitué décida d'emprunter
de l'argent. En 1804 l'église, couverte et meublée pour l'essentiel, fut bénite et rendue au culte. Le
sieur Dulu, de Saint-Omer, prêta 2.200 francs. J.P. Le Ducq, fabricant audomarois donna 96 francs.
Mais la dette contractée pesait lourd sur les pauvres finances de la fabrique. On avait peut-être
négligé les formalités légales requises pour un tel emprunt, ce qui amena Dulu à réclamer son argent
en novembre 1807. Il fallut emprunter ailleurs. L'abbé Huguet, vicaire à Saint-Sépulcre et futur doyen
de Calais, avança 2.000 francs dont 100 à fonds perdus.
En 1825 le comte du Tertre, ayant acquis le domaine de la Tour Blanche8, s'installa à Saint Martin au
Laërt. Dès l'année suivante il était nommé maire par le gouvernement de la restauration et élu
président du Conseil de fabrique, tandis que l'abbé Ducrocq remplaçait M. Brassart décédé, Chrétien
généreux, le comte du Tertre décida en 1827 de rendre l'église plus digne de sa destination. Il ouvre
une souscription à laquelle répondent le Dauphin (sic), l'Evêque, le Préfet et les notables de la
paroisse. Il fait refaire un toit solide, établir des voûtes, poser un pavement, placer des autels et se
charge lui-même d'égaler la somme à recueillir au montant de la facture. Les chiffres restent son
secret. Deux ans plus tard, pour mettre le sceau à ces libéralités, le comte du Tertre donne à l'église la
décoration intérieure qui lui manquait. Jusqu'à sa mort il ne cessera de l'enrichir de linge d'autel,
d'ornements, de vases sacrés, de statues, etc.
En 1838, une occasion se présente à la fabrique toujours endettée, de se libérer totalement. Depuis
trois ans M. Lefebvre est curé de Saint Martin au Laërt, il le restera huit ans. On le devine souvent
derrière les fabriciens. Un très vieux procès oppose la famille Carpentier-Belin à la fabrique à propos
de terres arrentées9 par la fabrique en 1734. Les Carpentier proposent un accommodement que l'on
s'empresse d'accepter sachant bien qu'un procès long et coûteux mangerait tout l'argent que l'on
pourrait enfin gagner. Or la somme proposée pour la transaction est à peu près celle qui est due à
l'abbé Huguet. Mais les fabriciens demandent au conseil municipal de les aider à se libérer d'une
dette qui aurait dû être à la charge de la commune.
Après les travaux exécutés par le comte du Tertre, il semble que l'église de Saint Martin au Laërt dût
être satisfaisante. Ils ne l'étaient certainement pas pour l'abbé Lefebvre, qui méditait de grands
desseins. Du vivant de ce bienfaiteur insigne qu'était le maire il n'en fut pas question. Les seuls faits
dignes d'être notés, c'est que le 8 août 1843 Pie IX accorda la faveur de l'autel privilégié10 à l'autel de
la Vierge et que la vieille cloche, appelée Marie, brisée accidentellement fut refondue sur place et son
beffroi réparé en 1847.
En 1853 meurt le comte du Tertre, remplacé à la présidence du Conseil de fabrique par D. Helleboid.
Le premier acte des fabriciens est d'accepter du défunt un leg de 800 francs à charge de deux messes
annuelles et un ensemble d'objets qui servaient au culte tout en restant la propriété du testateur et qu'il
abandonne à l'église. Leur valeur monte à 1.000 francs environ, ce qui semble une estimation
modeste.
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A l'époque de la mort de M. du Tertre, écrira plus tard M. Deseille, "un goût général de
reconstruction des églises s'emparait du diocèse". L'abbé Lefebvre estime le moment venu de réaliser
ses projets. Il en fait part au Conseil de fabrique et le convainc facilement. L'occasion est fournie par
la visite pastorale de Mgr Parisis11 en 1854. L'évêque remarque l'absence de sacristie et fait observer
qu'il est indispensable d'y remédier. Lors du rétablissement du culte, un demi-siècle plus tôt, on s'est
contenté de placer l'autel en avant du choeur et d'utiliser comme sacristie la partie qui s'étend entre
l'autel et le chevet, ce que le prélat estime contraire à la décence. Le curé est bientôt en possession
d'un plan dressé par l'architecte Leroy12, de Lille, à qui est confiée la construction de la future
basilique de Notre-Dame de la Treille, de l'église des Jésuites à Lille, de l'église paroissiale de
Beaucamps et de maint autre édifice réalisé dans ce style néo-gothique qui a la faveur des officiels,
que favorise Viollet-le-Duc et qui a l'avantage d'être le meilleur marché à cette époque. Le curé de
Saint-Martin aiguillonne le Conseil de fabrique, qui va tâcher d'obtenir de l'évêque et du préfet
l'autorisation et l'aide nécessaires pour remplacer l'ancien édifice. On expose que l'église est trop
basse, malsaine, trop petite pour la population les jours de fête et aux enterrements, ce qui est normal
puisque cette population, surtout industrielle, ne cesse d'augmenter; les ouvertures sont des lucarnes
plutôt que des fenêtres. La tour tronquée et ruineuse est à refaire. Pourquoi consacrer tant d'argent à
réparer sans cesse un édifice caduc au lieu de faire du neuf, quitte à étaler la construction sur
plusieurs années ?
Le premier plan sera de retourner l'église, d'élever le nouveau choeur à la place de l'ancienne tour et
la nouvelle tour près de la route. Ces projets sont de 1856. Il faudra pour les entreprendre lutter pied à
pied pendant près de six ans non sans perdre un peu de terrain. Il faudra ensuite pratiquement douze
ans pour les réaliser, Mais malgré son âge M. Lefebvre est ardent et tenace, et quand il mourra en
1871, âgé de 68 ans, il aura vu l'œuvre presque achevée,
Un conflit éclate d'abord avec le Conseil municipal. Le maire et la majorité des conseillers sont des
catholiques fort bien intentionnés, mais ils sont effrayés par la dépense. La paroisse n'est pas riche.
Sans doute elle compte quelques fermiers cossus, un industrie1, un châtelain et un certain nombre de
bourgeois dont le nombre s'accroîtra à mesure que l'on bâtira entre Saint Martin-au-Laërt et SaintOmer, mais 1'ensemble de la population est ouvrière et besogneuse. La crainte d'avoir à contribuer
aux frais de la construction nouvelle porte sans doute la municipalité, en particulier les paysans, à
trouver l'église actuelle suffisante et fort convenable telle qu'elle est.
Le conseil de fabrique fait remarquer très justement que la commune n'a pas eu à supporter les frais
de restauration en 1804, que l'évêque juge indispensable la construction d'une sacristie, et qu'il faut
périodiquement faire des réparations dont le nombre et 1'importance ne feront que s'accroître avec le
temps. Pourquoi, la municipalité ne contribuerait-elle pas aux travaux projetés par une subvention,
laissant de plus la fabrique libre de disposer de l'argent destiné à la sacristie et aux travaux de
réfection annuels ? Avec le produit des quêtes et des dons volontaires augmenté d'une aide de l'Etat,
les fabriciens se font forts de réaliser leurs projets. Ou encore la commune, pour 3 à 4.000 francs,
bâtirait le nouveau choeur à la place de la vieille tour et la fabrique élèverait la nouvelle tour à l'autre
extrémité. Un des moyens envisagés pour recueillir des fonds est d'aménager dans les parties neuves
de l'édifice des caveaux funéraires que l'on vendra.
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En avril 1857 l'affaire piétine. Puisque la municipalité estime inutile de reconstruire, qu'elle restaure
la nef et bâtisse une sacristie, la fabrique se chargera du choeur et fera les frais de la tour ! Cependant
les papiers ont cheminé à travers les bureaux. A la mi-juin 1857, le sous-préfet veut connaître les
exigences de la fabrique au sujet des réparations nécessaires. On lui répond qu'il faut:
- ne pas supprimer mais restaurer le cordon de pierre blanche autour de l'église, dernier vestige d'un édifice déjà trop
mutilé;
- couvrir en pierre blanche les contreforts et les pignons, ce qui les mettrait dans leur premier état;
- supprimer le badigeon prévu par le devis communal: des circulaires l'interdisent, il défigure et ne dure pas;
- remplacer plusieurs lames des abat-sons;
- construire deux pilastres pour empêcher l'écartement; [s'agit-il de la vieille tour]
- ne pas placer de "nochère" : cela dépare l'église, et c'est inopérant parce que les murs sont bas et le toit trop élevé,
mais placer une corniche qui rejetterait les eaux du toit ;
- construire une sacristie.
Un mois plus tard, M. Lequette, vicaire général, mande que le Préfet a consulté l'évêché sur les
travaux et qu'on va le mettre au courant des démêlés avec la commune en soulignant l'injustice de son
refus et l'urgence d'établir une sacristie. En octobre 1857, sur les conseils du vicaire général, la
fabrique se borne à demander les réparations extérieures, la création de vraies croisées, la
construction d'une sacristie et le déplacement de l'autel vers le fond du choeur. Quelques jours après
cette décision, M. Lequette fait part aux fabriciens des craintes et des exigences de la commune. Elle
ne croit pas la fabrique en mesure de trouver l'argent nécessaire à la réalisation de ses projets, elle
redoute d'avoir un jour à payer les factures... Elle voudrait que l'autorité exigeât de la fabrique des
garanties légales. L'évêché demande le plan de l'église projetée, mais conseille de s'en tenir à des
réparations modestes et à la construction d'une sacristie.
Un mois après cette lettre une première question est nettement et définitivement tranchée. Personne à
l'évêché n'admet que l'on désoriente l'église. Il faut s'en tenir à la tradition. Que l'on se contente d'une
sacristie au-delà du choeur actuel, en direction de la route. Nous pouvons nous étonner aujourd'hui de
cette réponse, mais les temps ont changé. Il est vrai que l'église de Saint Martin au Laërt n'est que
partiellement orientée13, et qu'il est assez bizarre de voir une église tourner le dos à la route, rendant
son accès plus difficile à travers le cimetière. Mais une des raisons données par le Conseil de
fabrique, certainement à l'instigation du curé nous étonne davantage: il prétendait que les offices
seraient dérangés par le bruit venant de la rue. L'expérience prouve que le bruit pénètre davantage
dans les églises par la porte toujours plus ou moins bien fermée que par les vitraux du chœur.
En janvier 1858, M. Lequette fait part de la réponse du Préfet. La fabrique a eu tort de laisser
entendre qu'elle avait de quoi bâtir la sacristie. Qu'elle la bâtisse ! Pense-t-on dans l'administration.
Ce sera d'ailleurs le moyen d'éviter une construction mesquine. Ou bien qu'elle se contente d'une
contribution qui lui permette de garder l'initiative des travaux !
Le mois suivant, le ton devient plus conciliant. Le Conseil de fabrique estime qu'il faut se mettre
d'accord. Le Sous-préfet accepte Leroy comme architecte, bien qu'il ne soit pas du département,
l'évêché et la préfecture sont favorables à son plan. La fabrique songe un moment à verser ses fonds
dans le caisse municipale qui les ferait valoir comme siens pour obtenir une aide de l'Etat et du
département. Cette solution ne sera pas retenue. En fait l'année 1858 entière se passe sans doute en
démarches officielles avec la lenteur que l'on devine et qui est la maladie chronique de toutes les
administrations sous toutes les latitudes, à tous les siècles de l'histoire. Sans doute aussi l'architecte
doit-il remanier ses plans. Le 21 janvier, la commune décide enfin qu'elle versera 250 francs à la
fabrique sous forme de financement des réparations. Ce n'est que le 2 octobre que le Conseil de
fabrique présente plans et devis de restauration : on exhaussera les murs de l'église qui sont
extrêmement bas alors que le toit est très élevé, on bâtira une sacristie et une tour avec sa flèche, on
réparera les vieux murs, la tour "à l'aide d'une souscription heureusement commencée" et des fonds
alloués par le Conseil municipal.
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Le 26 novembre, le secrétaire de l'évêché répond à la fabrique que la Commission ecclésiastique des
églises et presbytères a examiné plans et devis. Les travaux sont reconnus utiles. En ce qui le
concerne, Monseigneur autorise à commencer dès que possible. Mais ce projet "n'ajoute rien à
l'étendue de l'église, remarque la Commission, et enlève même toute possibilité de le faire". 0r la
population, qui était de 600 habitants au début du siècle, est maintenant de 1.000. Il faut donc
agrandir. Quant à la tour le croquis envoyé est pauvre d'architecture et manque entièrement de grâce
et d'élégance même dans son ensemble. "Puisque vous avez l'intention, les ressources aidant, d'y
ajouter de l'ornementation, étudiez tout de suite, dit M. Braure, le secrétaire, le projet définitif, quitte
à ne le réaliser que plus tard".... Enfin "il est indispensable de reporter l'escalier de la tour à droite, car
le côté gauche est destiné aux fonts baptismaux"...
Le 1er janvier 1860, il semble qu'un grand pas soit fait. Le Conseil municipal a chargé le Conseil de
fabrique des travaux de l'église. La largeur de l'édifice étant suffisante, on fait des fouilles et des
sondages. On conservera ce qui est bon de l'ancienne bâtisse. Les fondations sont posées sur l'argile
vive, elles offrent toute garantie. Les murs, faits de briques et d'excellent mortier, sont très épais. Le
nouvel édifice sera de style néo-gothique. On semble répondre à l'évêché que si l'on n'a pas prévu
l'allongement, c'est faute de ressources; quant à l'ornementation on pourra toujours la développer
ultérieurement. De toute façon, à l'endroit où se trouvera la tour selon la volonté épiscopale, la base
n'en sera vue de personne. La commune donnera 1.600 francs. On va commencer par bâtir la tour et
la sacristie. Pour simplifier les affaires et réduire les délais imposés par les formalités, on ne
demandera rien au gouvernement. Ce qui diminue les frais, souligne la fabrique, c'est que des
entrepreneurs s'offrent à nous aider de leurs conseils et de leur bienveillance, et que marchands de
bois, de chaux, de sable, habitant la commune fourniront les matériaux à prix réduits et sur place.
Enfin les fabricants de sucre s'offrent à faire des charrois gratuitement.
Le travail des bureaux commence à porter des fruits. Le 1er juillet 1860, une lettre du Préfet demande
des modifications au plan, notamment l'agrandissement de la nef par une travée supplémentaire pour
le moins. Pourtant la fin de 1860 et l'année 1861 tout entière s'écoulent sans que rien soit mis à
exécution. On se demande si cette inaction n'est pas due en grande partie à l'obstruction du Conseil
municipal. Celui-ci a bien voté un crédit de 2.050 francs le 21 janvier 1859, mais il n'avait en vue que
des réparations, il semble bouder le plan de réfection totale. En mars 1861 il reproche à la fabrique
(est-ce inadvertance, est-ce habileté, est-il écrit au procès-verbal de la délibération) d'avoir depuis
lors soumis au Préfet "un projet de construction qui se monte à 20.000 francs sans préjuger de
l'ornementation intérieure et de 1'ameublement". La commune persiste à croire inutiles les travaux
projetés.
Le 30 août 1860 le maire écrit au préfet. "L'église, sous tous les rapports, est dans les meilleures
conditions pour les besoins du culte. L'exhaussement de la nef et du choeur peut-il s'opérer
moyennant les 7.000 francs que M. le Curé garde en dépôt et les 3.000 qu'il garantit
personnellement? ... Que deviendra la vieille tour que l'abbé juge [déjà] trop basse, quand le son de la
cloche sera étouffé par la nef rehaussée ?... Le Conseil ne veut pas s'opposer à M. le Curé mais il ne
veut pas entrer dans cette affaire..." Un peu amèrement peut-être M. Mahieu ajoute :"Si le Comte du
Tertre, qui a fait décorer intérieurement l'église, vivait encore, on n'oserait pas la gâcher par les
travaux prévus... " Aucun document ne laisse percer mieux que celui-ci l'opposition entre le maire,
qui mène son conseil, et le curé, qui mène le sien. Obstinément le chef de la commune se refuse à
l'aventure et pare la vieille église de charmes et d'avantages qui se résument en deux mots : vieillesse
et routine. Mais oserait-on l'en blâmer ? L'avenir prouvera qu'il voyait juste en ce qui concerne les
difficultés financières, mais donnera raison à l'abbé Lefebvre d'avoir osé les braver pour arriver au
but.
Et soudain tout change. L'Evêché et la Préfecture sont favorables, le conseil de fabrique est unanime,
bien des fidèles ont prouvé par leurs aumônes qu'ils ne jugent pas inutiles les projets de leur curé et
celui-ci a poursuivi l'affaire suivant le plan élaboré par l'architecte Leroy. Le 21 janvier 1862, le
maître verrier Lusson14, de Paris a envoyé un projet de vitraux pour le choeur. En effet on a décidé de
se mettre à l'œuvre au printemps de cette année. Le 23 février, l'adjudication des travaux est faite aux
entrepreneurs audomarois Escudé pour la maçonnerie et Honoré Capelle pour la charpente. Le 23
mars, les ouvriers sont occupés à exhausser les murs du choeur. Tant que durera ce travail, les offices
seront célébrés à l'école communale de garçons.
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Mais avec les travaux commencent les difficultés, les déboires... On s'aperçoit que les anciens murs
sont plus défectueux qu'on ne pensait. Il faut en refaire une partie et modifier le devis. Heureusement
l'entrepreneur fait un rabais et l'on peut réaliser des économies sur la toiture parce que les ardoises
que le comte du Tertre a fait poser en 1827 se révèlent en excellent état. Tout est mené si rondement
que le 1er novembre, le nouveau choeur peut être inauguré. A la messe solennelle, le diacre n'est
autre que M. Deseille, un Guînois, celui qui deviendra curé de Saint-Martin neuf ans plus tard.
Dès le printemps de 1863 on s'attaque à la sacristie. Ce n'est pas la meilleure réalisation du plan. On
devine que pour éviter de masquer le chevet de l'église l'architecte a voulu une sacristie basse. Son
étroitesse était même peut-être commandée par l'exiguïté du terrain concédé sur le cimetière. Enfin
elle n'est accessible que de l’église. Etablie sur un terrain précédemment occupé par des tombes les
murs sont lézardés. Il faudra peu de temps pour qu'on s'aperçoive, mais trop tard, de ces défauts. Sans
doute avait-on été si longtemps confiné derrière l'autel dans l'église même qu'on se tint pour satisfait
à peu de prix, réservant la grande dépense pour l'église elle-même.
Sans attendre, 1'abbé Lefebvre fait poser dans le choeur les trois vitraux du fond, fournis par la
maison Lusson, celui de saint Martin, patron de la paroisse; encadré par deux verrières en mosaïque.
La facture du 20 février 1863 est de 1.800 francs. Fort heureusement la famille du comte du Tertre
remet en octobre l.000 francs et 206 francs d'intérêts dont elle était dépositaire en faveur de la
fabrique. Le 6 novembre on décide de vendre les cinq parcelles de terre qui appartiennent à l'église.
Le produit de leur location est insignifiant mais la vente doit en être fructueuse car elle arrondit à
propos des propriétés voisines. En janvier 1865, il est décidé que l'on commencera au printemps les
travaux de deux chapelles latérales entre le haut de la nef et le choeur. On commence par la chapelle
de la Vierge, au nord. Chacune pourra recevoir un autel et un confessionnal, ce qui dégagera d'autant
la nef. Sous le sol de ce faux transept on avait songé à construire des caveaux funéraires pour les
vendre au profit de l'église. Mais ce genre de sépulture exigeant une autorisation ministérielle on se
contente d'établir ces caveaux au pied des murs ce qui ne ressortissait que du maire.
Il semble bien que la fabrique n'ait jusqu'ici construit qu'avec ses propres ressources, car les 1.600
francs décidés de principe par le Conseil municipal dès 1857 ne sont votés en fait que le 15 février
1866 ! Auguste Campagne était maire, désigné depuis six mois par le Préfet. Il est temps, car le
conseil de fabrique commence à s'essouffler et demande l'aide de la commune. Pour l'engager à
financer, M. le Curé promet de verser en octobre 2.000 francs et en 1857 ce qui restera à payer, pour
la chapelle et les caveaux bâtis à l'est (il faudrait plutôt dire au nord-est). Le 1er juillet 1866, la
fabrique lance un cri d'alarme : il faut demander l'aide de l'Etat pour achever l'église, on a besoin de
5.000 francs. La dépense totale doit être de 36.000, dont 30.000 de dons. Le curé propose
d'abandonner les droits que ces dons lui donnent sur le bâtiment et réclame l'appui du maire qui écrit
au Préfet.
Mais voici que le Sous-préfet ne trouve pas assez justifiée l'allocation de 1.600 francs aux travaux de
l'église. Le nouveau maire est d'une autre trempe que l'ancien. Il estime que si le Préfet autorise une
dépense de 2.397 francs pour une mairie qui ne presse pas, on peut bien demander que cette somme
soit supprimée des dépenses extraordinaires pour y prendre les 1.600 francs promis à l'église, puisque
la construction de la mairie est retardée.
Lentement les travaux des chapelles latérales se poursuivent au cours de l'année 1867. En novembre,
enfin le Conseil municipal approuve la vente des cinq parcelles de terres. Les constructions sont
assez avancées pour que l'on parle des vitraux. Il semble que les chapelles sont alors terminées.
Comme elles font saillie et sont plus visibles de la rue que la tour à venir, on les a soignées, faites en
pierre de taille, et les pignons recevront des statues. Aucun document ne parle de l'exhaussement de
la nef, mais il est visible qu'il a été réalisé antérieurement aux chapelles, qui sont comme plaquées sur
les contreforts. Celles-ci ont dû être achevées avant que l'on n'ouvrit les murailles de la nef, afin de ne
pas gêner les offices. En dernier lieu, on aura éventré les parois de la nef et fait les raccords
nécessaires. Encore ont-ils été faits tardivement, peut-être au temps de M. Deseille. Les
photographies de l'église au début du XXe siècle nous montrent les contreforts du choeur et du
transept surmontés de clochetons gothiques en pierre sculptée. Surajoutés - à quelle date ? - ils n'ont
pas résisté aux intempéries.
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Et déjà en 1868 on aborde la construction de la travée; supplémentaire et de la tour, dont l'évêque
pose la première pierre le 4 octobre. Mais à ce moment éclate un différend entre la fabrique et
l'entrepreneur Escudé. On n'en donne pas la cause mais il n'est pas invraisemblable que le trésorier
soit incapable de payer ses dettes, à moins qu'il ne s'agisse d'un différend sur la façon de mener les
travaux. Le chantier est fermé. Le trésorier Daeschodt démissionne. Cela n'empêche heureusement
pas la maison Courmont d'Arras, de poser les vitraux de la chapelle Saint-Joseph en 1869. Le curé se
tourne vers la municipalité et lui déclare qu'il aura besoin de 1.000 frs pour la tour. Le Conseil vote
un crédit de 1.500 frs qui seront versés en trois annuités, mais seulement à partir du jour où la tour
sera aussi haute que le faîte de l'église.
Ce n'est qu'en 1870 que l'on reprend les travaux confiés à 1'entrepreneur Lemaire qui, dit-on dans le
compte-rendu des délibérations de la fabrique, "n'aura pas plus que le précédent de responsabilité
personnelle". Les fabriciens désignent successivement pour la surveillance du chantier un membre de
la commission des travaux qui est Acrement, puis Helleboid. Un legs et un don viennent
opportunément permettre de payer Scudé et d'achever les travaux intérieurs de la chapelle SaintJoseph. Les difficultés des temps ne poussent pas à placer de l'argent en fonds d'Etat. On estime
préférable de régler les factures, quitte à récupérer ensuite de quoi rétablir une fondation dont la
fabrique s'engage, naturellement à assumer les charges. La travée supplémentaire peut ainsi être
achevée. On y accède par les deux portes latérales. Aussitôt on bâtit la tour. Déjà elle atteignait le
faîte de l'église et le Conseil municipal allait devoir remplir ses engagements quand l'abbé Lefebvre
mourut, le 20 février 1871, et fut enterré dans le caveau de la Chapelle Saint-Joseph.
La paroisse n'eut pas le temps de se demander ce qu'il allait advenir des projets en suspens. Le 25
février, M. Deseille était enlevé au Collège Saint-Bertin et nommé curé. Ayant bien envisagé la
situation, il décide aussitôt d'achever l'oeuvre de son prédécesseur. Il faut d'abord payer les dettes. Au
début de mai, le nouveau pasteur annonce en chaire sa volonté de rembourser les créditeurs, et le
lendemain, accompagné du maire, C. Mahieu, il va solliciter à domicile la générosité de tous les
habitants. Leur démarche rapporte 3.500 frs. L'année suivante, une quête faite par les dames réunit la
même somme. Les dettes payées, le Curé pense demander à la commune de prendre à sa charge
l'achèvement de la tour. Le Conseil municipal accède à cette requête et vote un crédit de 7.200 frs,
qui seront prélevés à partir de l'exercice de 1874. On aura recours à une imposition extraordinaire de
1.440 frs par an pendant 5 ans (centimes additionnels), que la Préfecture fera plus tard étaler sur 6
ans. Il restera 1.500 francs de dettes qui seront couvertes par des dons que M. Deseille recevra de
parents, d'amis, d'anciens de Saint-Bertin. Après avoir songé à demander l'aide de l'Etat, par crainte
des complications et des lenteurs, on y renonce purement et simplement.
En 1871 l'abbé Lefebvre avait fait commencer la construction d'un appentis le long de la nef, du côté
de l'évangile15 pour remédier à l'insuffisance de la sacristie et pour y remiser des chaises.- C'était bâtir
sur l'emplacement du cimetière à la hauteur de la nouvelle travée: la municipalité, qui n'avait pas été
consultée, s'y était bientôt opposée, interrompant les travaux. En 1872, 1'affaire est réglée et la
fabrique, avec l'agrément du maire, achève cette remise à ses frais. (On peut noter ici que le nombre
des chaises passera de 281 en 1854 à 445 en 1906.)
En attendant que soit abattue la cloison qui sépare le fond de l'église de la tour en voie d'achèvement,
M. Deseille meuble son église. La Vicomtesse du Tertre offre le chemin de croix, béni
solennellement le 1er septembre 1872, et fait paver à ses frais la nouvelle travée. Dernières largesses:
elle mourra l'année suivante. M. et Mme Cotillon-Belin offrent pour le futur maître-autel six
chandeliers et une croix gothique.
Le 16 février 1873, le Préfet approuve le projet présenté pour le clocher; les travaux sont mis en
adjudication, mais personne ne se présente: le devis est estimé trop bas. L’entrepreneur Louis
Lemaire n'accepte finalement qu'à la condition que le prix soit relevé. On se met à l'oeuvre en mai, on
aura terminé en février 1874
Cette année-là est placé le maître-autel sculpté dans la pierre par les frères Sturne16, don de M.
Thilloy-Lecomte (1.000 frs), de M.Duquénoy-Malleux (1.600 frs), nouveau maire depuis la
démission de C.Mahieu et d'un anonyme (900 frs.). La porte du tabernacle est faite et donnée par M.
Berlinguez-Fauchet, de Lille, né à Saint Martin au Laërt.
8
La tour achevée, le Conseil municipal vote l'adoption du plan et du devis établis pour le bâti des
cloches en coeur de chêne. En attendant mieux, la cloche Marie, refondue en 1847, et que l'on avait
accrochée dans un coin du cimetière, est montée à sa place. Le curé pousse les travaux. Il a voulu une
tribune. L'architecte Leroy se serait contenté d'une construction en bois qui aurait occupé toute la
largeur de l'église et coupé le cintre des deux chapelles du fond. M. Deseille demande une tribune en
pierre, établie devant la tour et dans toute sa profondeur. Des quêtes et une offrande de M.
Carpentier-Lefebvre en paieront les frais. On l'inaugure le 5 juillet 1874. Les fonts baptismaux sont
établis grâce aux dons de MM Léon Belin et Ch. de Givenchy. Enfin la réception définitive des
travaux d'achèvement de la tour et du clocher a lieu.
Le corps de l'église, 1e chœur, les chapelles latérales et la
sacristie auront coûté en mai 1870
La travée et la tour jusqu'au faîte de l'église en juillet 1871
La remise en 1874
L'achèvement de la tour et la flèche
Au total
37.837 Frs
10.053 Frs
820 Frs
7.200 Frs
55.810 Frs
Là-dessus, l'Etat a donné 3.000 Frs, la commune 8.799, le reste, soit un peu plus de 47.000 Frs, étant
le fruit de dons recueillis surtout par les abbés Lefebvre et Deseille.
On touchait au but. Le 28 juillet 1874, Mgr Lequette, qui avait, comme vicaire général, suivi les
premiers efforts et, comme évêque, encouragé l'achèvement et vu le couronnement de l'oeuvre,
voulut consacrer l'église de Saint Martin au Laërt. On devine quel événement ce fut pour la paroisse.
Après la cérémonie, M. Deseille, qui voyait grand, réunit dans un banquet de 48 couverts servi sous
une tente dans le jardin du presbytère, avec les personnalités religieuses, civiles et militaires les
principaux artisans de l'oeuvre soutenue pendant douze ans et notamment les trois entrepreneurs
Scudé, Lemaire et Capelle. Pendant le repas, la fanfare du Cinquième Dragons exécuta divers
morceaux. Il faut dire que le Colonel du régiment, père du futur maréchal Franchet d'Espérey17,
habitait Saint-Martin.
Il restait à M. Deseille la tâche d'orner et de meubler de plus en plus son église. Il n'y manquerait pas
plus qu'à celle d'équiper spirituellement sa paroisse. Un groupe d'amis et de bienfaiteurs de SaintMartin et de Saint-Omer l'y aiderait.
En 1875, l'année même où il fonde le patronage de garçons équipé d'un uniforme et d'une clique, le
curé, à la suggestion d'un religieux venu pour une prédication, décide de faire de la chapelle
symétrique à celle des fonts baptismaux jusque là envahie par des chaises de réserve, un lieu de
dévotion consacré aux Douleurs de Notre-Dame fort en honneur à cette époque. Les choses sont
rapidement menées. Les frères Sturne, aidés des conseils de Louis Noël sculptent dans la pierre l'autel
et la Pieta qui le surmonte. En même temps une commande est passée à la Maison Courmont de deux
vitraux en mosaïque de verre pour achever la décoration du choeur dans le style des vitraux fournis
précédemment par Lusson, et un troisième pour la nouvelle chapelle. Il comportera des médaillons du
genre de l'Ecole de Düsseldorf. Le tout sera posé pour Pâques 1876. Parallèlement sont installés dans
la chapelle, du Sacré-Coeur les deux vitraux dont les médaillons représentent également des scènes
de la vie de la Sainte Vierge. Rien d'étonnant à cela si l'on songe que cette chapelle était jusque là
dédiée à Notre-Dame. L'abbé Lefebvre avait dû les commander en même temps que ceux de la
chapelle Saint-Joseph, pour lesquels il avait probablement reçu une aumône spéciale. I1 était
impossible de les refuser, trop tard pour en changer les médaillons.
Le 2 Juillet suivant, la Pieta est bénite en même temps que les statues de saint Benoît Labre et de
Saint Martin et que celle du Sacré Cœur qui prend place dans la chapelle latérale du coté de
l'évangile.
9
Entre 1877 et 1882, la nef est à son tour munie de vitraux plus simples, offerts par M. et Mme
Duquénoy-Walleux et par les familles Le Ducq, Delebarre et Dassonneville. Le 30 mars 1879 on
bénit le chemin de croix de N.D. des VII Douleurs placé dans la chapelle du fond, et le 9 novembre,
c'est le tour de la chaire en chêne sculpté, oeuvre des frères Sturne. En 1880, M. DelepouveCarpentier, en souvenir de sa femme, fille de Jacques Carpentier, morte l'année précédente à 41 ans
(les gens du village l'appelaient "la sainte" à cause de sa bonté pour les pauvres et de sa piété), offre
le grand crucifix de pierre, oeuvre d'un des Sturne, et qui se dresse, émouvant, en face de la chaire.
Mais cette année M. Deseille est habituellement hors de sa paroisse. Les Jésuites ayant perdu par les
décrets Ferry le droit de diriger leurs collèges et d'y enseigner, l'évêque prie M. Deseille de prendre
pour un an la direction du Collège Notre-Dame de Boulogne en attendant qu'un autre prêtre puisse y
être nommé. De janvier 1880 à janvier 1881 la paroisse est administrée par M. Pillain, missionnaire
diocésain bien connu, puis par un Père Jésuite. M Deseille y gagne, avec le camail de bénéficier de
1ère classe, de nombreux tracas de toute sorte, car l'Université ne lui facilite pas la tâche. Après cette
année, il est tout heureux de reprendre son poste.
A son église il manque une voix puissante qui entraîne et soutienne le chant des fidèles. Le pasteur y
songe depuis longtemps, voulant un instrument digne du sanctuaire, et le 28 avril 1885 est installé un
orgue Cavaillé-Coll18 de huit jeux qui sera bénit et inauguré solennellement le 28 juin.
"On est toujours en fête dans cette paroisse" disaient les confrères voisins. Et c'était vrai ! En
septembre 1886 M. Deseille perd un ami en la personne de M. Jacques Carpentier. Il avait eu six
enfants. Mais le dernier était mort à cinq ans, sa fille aînée, "la sainte" épouse d'un magistrat
d'Amiens était morte en 1879, son fils aîné et les deux cadettes étaient mariés en Alsace dans des
familles de filateurs de coton. Il ne restait à Saint Martin au Laërt que Mlle Sidonie Carpentier. Il est
vrai que sa générosité la mettait entièrement au service de la paroisse. Elle tenait l'orgue, dirigeait le
choeur de chant, s'occupait des enfants, des jeunes filles, entretenait à la sacristie la lingerie et les
ornements; elle fit elle-même le grand tapis du sanctuaire. En souvenir de M. Carpentier et de son
petit Georges, la famille érigea le grand calvaire du cimetière; on le bénit le 2 octobre.
Le 20 décembre suivant, le Curé de Saint-Martin fêtait ses vingt-cinq ans de sacerdoce et ce fut une
occasion d'enrichir l'église des deux candélabres qui encadrent l'autel (l.408 frs.) et d'un ostensoir de
vermeil (1.267 frs.). Cette même année mourait à Vannes à 44 ans M. Léon Belin-Masurié, fabricant
de sucre à Saint-Martin, qui comptait également parmi les bienfaiteurs de la paroisse.
En 1890 une grande statue du Sacré-Coeur remplaça celle qui avait été installée dans l'ancienne
chapelle de la Vierge, elle fut bénite le 1er juin. La voix de la petite cloche, Marie, paraissait un peu
timide. De nouveau M. le Curé se met en quête et bientôt il peut en commander une plus forte à la
fonderie Drouot, de Douai. Martine, qui pèse 1.088 kg, est bénite le 7 mai 1893, Madame de
Givenchy en est la marraine. C'est vers cette époque que fut placée sur l'un des pignons de la chapelle
Saint-Joseph la statue de saint Louis offerte par Mlle Masset, de Tatinghem en souvenir de son
cousin, Louis Duquénoy, maire de Saint-Martin. En 1893 meurt la Soeur Marie-Reine, qui dirigeait
depuis longtemps l'école communale. Elle était de la Sainte-Famille d'Amiens. Comme elle est
remplacée par une laïque, M. le Curé décide de bâtir une école chrétienne.
L'année 1895 voit la mort de Mlle Carpentier. Jusqu'après sa mort, la paroisse bénéficiera de ses
largesses. Grâce à un legs généreux qu'elle a voulu faire, M. Deseille peut bâtir son école libre de
filles. En 1896, 1e pasteur fête ses vingt-cinq ans de présence à Saint-Martin. C'est une grande fête.
Le 5 mars, à 11 heures, il est accueilli à l'entrée de l'église par les notes du carillon installé dans le
clocher par M. Eugène Carpentier en souvenir de sa soeur Sidonie (2.025 frs.) C'est toujours cette
horloge qui rythme les heures du village. Mlle Lefebvre du Prey a offert un lustre en couronne qui
pend à hauteur des chapelles latérales.
La Vicomtesse du Tertre avait été remplacée à la Tour Blanche par M. et Mme Charles de Givenchy
qui y passaient leurs vacances. Ces bienfaiteurs de l'église mourront, elle le 14 décembre 1897, lui, le
7 janvier 1899. Le domaine sera pour lors vendu à M.Cotillon-Belin, propriétaire de la sucrerie de par
son mariage.
10
L'année 1897 est marquée par deux événements différents et sans importance capitale : le classement
par les beaux-arts et la pose contre le mur de la nef près de la chapelle Saint-Joseph du bas-relief en
céramique de Luca Della Robbia19 provenant de l'abbaye Saint-Bertin20 et un violent orage qui
renversa trois des clochetons de la tour. Toujours à 1'affût du progrès, M. Deseille fait installer la
lumière électrique à l'église en 1896.
Très régulièrement le curé fait prêcher des missions dans sa paroisse depuis 1877 il réveille
annuellement la piété de son troupeau par une neuvaine en l'honneur de N.D. des VII Douleurs à
laquelle s'associent d'ailleurs par un pèlerinage non seulement les paroisses rurales du voisinage mais
encore les paroisses de la ville et les communautés de Saint-Omer. Les chrétiens les plus fervents
sont groupés dans une confrérie de N.D. des Sept Douleurs. Amateur de reliques, à celles qu’il avait
déjà rassemblées il ajoutera en 1902 un fragment du voile présenté à Chartres comme le voile de la
Vierge. Le 22 octobre, il l'enfermera dans un reliquaire enrichi des bijoux offerts par des paroissiens
et le présentera désormais à la vénération des fidèles.
En 1900 M. Deseille avait soixante et un ans. Continuant l'oeuvre de son prédécesseur, il avait doté
son église et sa paroisse de tout ce que l'on pouvait y rêver. Il n'avait jamais rien refusé à son évêque,
acceptant le poste ingrat de supérieur intérimaire à N.D. de Boulogne, puis au collège St Stanislas qui
se fondait dans la même ville sans d'ailleurs que la proposition ait eu de suite (en 1904 on lui
proposera encore la direction du collège d'Aire), il n'avait rien refusé sauf un "avancement" qui l'eût
arraché à cette paroisse qui lui semblait à la mesure de sa santé un peu fragile. -Parmi les postes, qu'il
déclina on peut citer la cure de S.François de Sales à Boulogne.- En reconnaissance de ses services
1'évêque d'Arras le nomma chanoine en 1899 cette année qui ouvrait le nouveau siècle.
Si le curé de Saint-Martin avait achevé de bien loger son Dieu, il était lui-même assez mal loti. Un
vicaire général parlait du vieux presbytère en torchis en des termes peu flatteurs : "vieille guérite"
tout juste bonne à être démolie. Ses paroissiens le savaient, le maire en tête. En 1903 fut établi un
plan. On demanderait 2.000 frs à l'Etat, et 500 au Département. Les fonds libres communaux
donneraient 1.500 frs et l'aliénation d'un titre de rente fournirait 7.638 frs. Resterait à trouver près
d'un millier de francs. Puis, se ravisant, on décida de demander 3.000 frs à l'Etat (on demande plus
pour avoir moins). L'évêché fait remarquer que la Préfecture n'est pas satisfaite du projet de bâtisse:
elle manquera de solidité. L'architecte, Colbrant, revoit donc son plan. En juin le tracé est fait. Les
choses sont menées assez rondement pour que le 10 avril 1904, M. Deseille puisse pendre la
crémaillère dans son nouveau presbytère, avec dix-neuf invités dont M. Pouly, maire. L'ancien est
vendu 250 frs à un commerçant audomarois à condition d'être démoli.
Il était temps. La Séparation était imminente entre l'Eglise et l'Etat21. Déjà les religieux étaient hors-la
loi. M. Deseille ne s'en souciait guère. L'année précédente il avait demandé comme prédicateur de la
communion solennelle et de la neuvaine un prêtre universellement connu comme Jésuite. L'évêché
l'avait mis en garde: son traitement était peut-être en jeu, son église pourrait, par manière de
représailles, devenir simple chapelle de secours. M. le curé, plutôt batailleur, qui écrivait de temps à
autre des articles sous le couvert d'un pseudonyme fracassant, ne voulut pas en démordre et fit venir
son Jésuite. Rien de fâcheux ne s'en suivit.
La laïcisation le rend d'ailleurs plus actif que jamais. Le 18 février 1906 on lui a annoncé l'inventaire
de son église22 pour le 2 mars. Au jour dit, le sous-inspecteur de police de Béthune se présente, la
porte reste fermée. Le curé proteste et refuse d'ouvrir. Le fonctionnaire se retire. Pendant quelque
temps l'église reste barricadée. Et c'est par surprise que le 20 novembre les émissaires du
gouvernement, à 6 heures du matin, en l'absence du curé appelé auprès d'un malade, enfoncent la
porte latérale et dressent un inventaire dont M. Deseille dira qu'il était préparé d'avance par un
mouchard.
Cette espèce de cambriolage avec effraction semble l'avoir durement frappé. Quelque temps après,
atteint par la maladie, il rédigea son testament protestant contre ce sacrilège. Sur le coup, d'ailleurs, il
écrit au Préfet et lui envoie une liste d'objets que l'Etat ne peut revendiquer comme siens, puisqu'ils
lui ont été offerts par des amis, à lui, M. Deseille, à titre personnel. Il cite: le grand portail, les fonts
baptismaux, les confessionnaux, une des stalles, le chemin de croix des VII Douleurs, la cloche
Martine, plusieurs statues, le tableau de Confrérie etc...
11
Le traitement du clergé étant supprimé, on institue le Denier du Clergé. A Saint-Martin, il rapportera
562,55 frs en 1906 et ne cessera de progresser. En 1912 il donnera 897,05 frs.
En 1908 la municipalité sortante est balayée. M. Deseille en est attristé. Il continue le bon combat
comme un soldat du Christ, mais ses forces physiques ont diminué. Il entraîne l'A.C.J.F et la Ligue
Patriotique des Françaises, il soutient son école chrétienne de filles et quête pour elle jusqu'en Alsace
auprès des Carpentier, lointains, séparés par une frontière, mais fidèles. A partir de 1909 le curé doit
renoncer à prêcher. Heureusement l'abbé Ignace Béclin, qu'il considère comme un fils spirituel, et qui
a été fêté à Saint-Martin lors de ses prémices, vient l'aider régulièrement. Le vieil athlète songe-t-il à
la mort ? Cette année-là il fait poser près de la chaire la plaque où sont gravés les noms des curés
depuis la Révolution. C'est l'année de la béatification de Jeanne d'Arc. A cette occasion, il fait placer
dans l'église la statue de la Libératrice par Déchin. En 1912, il célèbre ses noces d'or sacerdotales.
Mais à cause de la situation faite à l'église de France et sans doute aussi à cause de l'attitude de la
municipalité il se refuse à toute solennité. Pour reconnaître et soutenir l'ardeur du lutteur, ses amis lui
offrent une statue de Saint Michel. Et c'est aussi l'occasion de faire le nettoyage par la maison
Cavaillé-Coll de l'orgue en service depuis vingt-sept ans.
Et brutalement, 1e 21 mars l913, la congestion cérébrale frappe le curé de Saint Martin au Laërt
d'hémiplégie. Fort heureusement cette épreuve n'est que passagère et même le malade se remet si
bien que le 27 juillet il remonte en chaire, la première fois depuis quatre ans et demi.
La loi de Séparation obligeait les conseils municipaux à faire payer un loyer aux curés. Malgré sa
teinte politique, celui de Saint-Martin connaît trop bien M. Deseille qui a baptisé, catéchise, marié
presque tout ce monde, pour lui jouer ce mauvais tour. Il faut y passer pourtant. Mais il voudrait ne
faire de conditions spéciales et ne conclure un bail de neuf ans qu'avec lui, M. Deseille, et non pas
avec le curé, se réservant ainsi de traiter autrement le successeur. On discute. La mairie ne veut rien
entendre. Finalement, sur les conseils de l'évêché, M. Deseille demande et obtient que le bail ne fasse
mention d'aucune restriction et paie 230 frs par an.
1914, c'est la guerre. Et ses deuils ! Le curé a repris vigueur. L'abbé Béclin est mobilisé. Il s'agit de
garder le contact avec tant de familles éprouvées comme avec ces soldats dispersés sur tant de fronts.
M. Deseille doit souvent, hélas, faire le service funèbre d'un paroissien tombé au champ d'honneur.
En juin 1917 la foudre tombe sur le clocher et y cause des dégâts. Le 1er septembre le général
Pétain23 envoie une carte à son vieil ami de Saint-Bertin. Et voilà qu'en 1916 une bombe vient éclater
dans le jardin du presbytère qu'elle rend inhabitable. Rudement secoué, M. Deseille se retire à
Hardinghem. La fin de la guerre le ramène à Saint-Martin, mais la cure n'est pas encore habitable. En
1920 le vieux pasteur démissionne, ayant obtenu que M. Béclin lui soit donné pour successeur le 6
août. L'année suivante, à 1'occasion de la neuvaine, il fête ses 50 ans de présence à Saint-Martin et le
15 avril 1922 à l'âge de 83 ans il rend son âme à Dieu. Ses restes sont déposés à coté de la dépouille
de sa mère dans le caveau qu'il avait fait aménager contre la chapelle de N.D. des VII Douleurs.
M. Béclin saisit le flambeau. Rentré au presbytère le 16 juillet 1923 il bâtit une salle paroissiale qu'on
inaugure le 14 décembre 1924 (31.960 frs) L'église a besoin d'être restaurée, elle le sera
complètement en 1928, les autels de pierre étant soigneusement grattés.
Elle a maintenant vu trois guerres. Elle reste solide, et l'on aurait peine à croire qu'elle a été bâtie en
tant d'étapes, à partir d'une nef ancienne et sans aucun style, qui ne se distingue plus désormais du
reste. Il faut en rendre hommage à l'architecte mais aussi a la ténacité des deux curés qui l'ont voulue
et réalisée avec l'aide du conseil de fabrique et la générosité des paroissiens et des bienfaiteurs.
Seule la parure de pierre de cette église bientôt centenaire a souffert du temps, cela n'est pas
irrémédiable.
12
Sources
Archives paroissiales de Saint Martin au Laërt :
Registre des délibérations du Conseil de fabrique
Historique succinct de la paroisse avant la Révolution [Abbé Lefebvre]
Notes de M. Deseille
Correspondance de l'évêché avec M. Lefebvre: quelques lettres
Quelques lettres de MM Lusson et Osell
Quelques notes de M. Béclin
Archives communales :
Registres de Catholicité depuis 1576
Registre des délibérations du conseil municipal
L'auteur de ce modeste essai composé au hasard des ministères donnés cet été ne
prétend pas avoir fait oeuvre définitive, loin de là ! Faute de loisirs et de documents il
a pu se tromper et laisser dans cette esquisse bien des erreurs d'interprétation.
Il souhaite que des chercheurs mieux placés reprennent la tâche et la mènent à bien.
Arras, en la fête de Notre-Dame des Miracles
14 juillet 1960
Hugues Beylard, s.j.24
Les étapes de construction.
13
Illustrations.
Octobre 2007
Reproductions : Jean Marc Evrard
Tour et porche.
A voir :
La couverture récente de la dernière travée construite
Les clochetons - aujourd’hui disparus - sur la chapelle
14
Reproduction : Jean Marc Evrard
On peut ici remarquer la quantité de terrains non encore bâtis
L’appentis construit en 1871, (visible ci-dessus) puis abattu, a laissé des traces sur la face nord.
15
Chapelle Nord
Vue de la rue de Calais
Vierge à l’enfant
Chapelle Sud
Vue du cimetière
Saint Louis
Les chapelles ont été plaquées sur les
contreforts de l’église initiale qui sont
encore visibles.
Les embases des clochetons aujourd’hui
disparus
sont encore présentes.
16
Chapelle latérale Sud
Détail statue Christ
Vue rue de Calais.
17
Reproductions : Jean Marc Evrard
Ancienne sacristie - 1863
Architecture néo-gothique
18
Martine.
Fondue en 1893 à DOUAI par Ch DROUOT
Diamètre : 1,23 m
19
INSCRIPTIONS SUR LES DEUX
CLOCHES
Marie, fondue en 1847 – diamètre : 0,92 m
L’AN 1847 J’AI ETE BENITE PAR MR DUMETZ VICAIRE GENERAL
ET CURE-DOYEN DU SAINT-SEPULCRE DE ST-OMER ET MISE PAR
MR LEFEBVRE CURE DE ST-MARTIN AU LAERT
SOUS L’INVOCATION DE LA B.V. MARIE
MM. CAMPAGNE AUGUSTIN MAIRE
CARPENTIER JACQUES ET DUQUENOY LOUIS CONSEILLERS MUNICIPAUX DELEGUES.
GORLIER FONDEUR A FREVENT.
CHRIST en croix accosté de la VIERGE et d’un évêque
Martine, fondue en 1893 – diamètre : 1,23 m
L’AN 1893 JE FUS NOMMEE : MARTINE-LOUISE-JULIA-SIDONIE-JEANNE-HELENE
PAR MR ERNEST DELEPOUVE-CARPENTIER ANCIEN MAGISTRAT MON PARRAIN
ET PAR MME CHARLES DE GIVENCHY NEE LOUISE D’ANSTAING MA MARRAINE
JE SONNE POUR LES VIVANTS ET POUR LES MORTS
J’APPARTIENS A L’EGLISE DE ST-MARTIN AU LAERT
ET JE FUS BAPTISEE PAR MR LIENARD VICAIRE GENERAL D’ARRAS, LEON XIII PAPE
MGR WILLIEZ EVEQUE D’ARRAS, MR BENOIST DOYEN DU ST SEPULCRE, MR JULES DESEILLE CURE
MR ANDRE CAMPAGNE MAIRE, MR GASTON POULY ADJOINT, MR CH. DE GIVENCHY PRESIDENT DE LA
FABRIQUE
FONDERIE
CH. DROUOT
DOUAI
NORD
CHRIST en croix
20
Grand Calvaire.
Erigé en 1886
A la mémoire de
Mr Carpentier
21
Cartes anciennes
Reproduction
JM Evrard
22
Reproduction : Jean Patou
Grand autel
On distingue sur cette carte postale:
Le maître-autel, sculpté en pierre par les frères Sturne (1874)
Le tabernacle réalisé et offert par M Berlinguez-Fauchet (1874)
6 chandeliers, une croix gothique offerts par M. MME Cotillon-Belin (1872)
Une partie du chemin de croix offert par la vicomtesse du Tertre (1872)
Le banc de communion
Le Grand autel a été retiré suite à la réforme Vatican II, pour placer au
milieu du chœur l’autel actuel.
23
Les quatre évangélistes qui
forment les angles de l’autel et
le tabernacle proviennent de
l’ancien grand autel.
24
L’Annonciation
En 1897, est classé aux Monuments Historiques, puis posé dans l’église le bas relief en
céramique de Luca Della Robbia.
Il provient de l’abbaye Saint Bertin – tombeau de Guillaume Fillastre, Abbé de Saint-Bertin.
XVieme siècle.
Luca Della Robbia est un sculpteur et céramiste italien,
né à Florence en 1400 et mort en 1481.
Ce bas relief fût, un temps attribué par erreur au neveu de l’artiste, Andréa qui poursuivit son
œuvre.
On peut noter le ‘A’ Della Robia en partie effacé.
25
Reproduction partielle de l’arrêté de classement à
l’inventaire des monuments historiques du bas relief.
26
Chaire
Chêne sculpté
Oeuvre des
frères Sturne
(Saint Omer)
Bénie
le 9 Novembre
1879.
27
Crucifix
Pierre sculptée
Oeuvre d’Emile Sturne
offert en 1880 par
M. DelepouveCarpentier
E. Sturne a aussi
sculpté les statues
dressées sur la
balustrade de la
Caisse d’Epargne
Place Foch Saint-Omer
audomarois-online.com
28
L’orgue Cavaillé-Coll de huit jeux installé à la tribune est en parfait état de marche depuis le 28
Avril 1885. Il fut nettoyé par le même facteur d’orgue en 1912.
Plaque constructeur de la console de l’orgue.
Un CAVAILLE COLL comme à Notre-Dame (Paris), Notre-Dame (Saint Omer), Saint Eustache
(Paris), Basilique (Saint Denis), Notre-Dame de la Treille (Lille), Cathédrales de Nancy, Nevers,
Nîmes, Orléans, Rennes …
29
Arrière de l’orgue Ç
Face avant
vue de la console
30
Autel et Pieta
Pierre sculptée
1875
Oeuvre des frères Sturne
Chemin de croix.
31
Vitraux des chapelles
(Détails)
Maison Courmont - Arras
Gauche.
Saint
Joseph.
1869
Droite.
Marie
1876
32
Détail du vitrail
représentant Saint Martin.
Ce vitrail ainsi que les deux
verrières en mosaïque proviennent
(1863) de la célèbre maison Lusson
à Paris (ND Paris, Ste Chapelle …).
Détail des vitraux situés dans la
chapelle ‘Notre Dame des VII Douleurs’
Médaillon dans le style
de l’école de Düsseldorf
1876 - Courmont – Arras.
33
Fonds baptismaux & tribune – 1874
Pierre sculptée
Jeanne d’Arc – Jules Déchin - 1909
1902 : un fragment du voile présenté à
Chartres comme le voile de la Vierge, est
enfermé dans un reliquaire enrichi des
bijoux offerts par des paroissiens.
34
Reproduction partielle du registre du conseil de fabrique
en date du 4 Janvier 1857.
Le conseil de fabrique au sein duquel siège le maire,
décide de s’adresser au conseil municipal pour engager les
travaux d’agrandissement de l’église.
35
Reproduction partielle du
registre du conseil paroissial en
date du 4 Octobre 1919.
Le conseil accepte comme don
de M Deseille, un ostensoir en
vermeil.
36
Notes de la réédition d’Octobre 2007.
A l’occasion d’une manifestation culturelle organisée le 20 Octobre 2007 au sein de la Maison du
Rivage – Maison de la culture, de la jeunesse et des associations, la communauté catholique de Saint
Martin au Laert, une des composantes de la Paroisse Saint Benoit en Morinie, a souhaité rééditer les
quelques pages rédigées en 1960, par le père H Beylard sur l’église de notre commune.
Les photographies et reproductions de cartes postales qui suivent le texte ont servi de support à
l’exposition du 20 Octobre 2007.
A la suite, quelques notes et commentaires ont été ajoutés à l’occasion de cette réédition.
Les auteurs sollicitent l’indulgence du lecteur pour les erreurs ou imprécisions qui pourront s’y
trouver ; ils l’invitent à communiquer leurs commentaires auprès de notre équipe d’accueil ([email protected]).
Leurs remerciements vont à :
Monsieur Jean Pierre GRESSIER, directeur général des services de la ville de Saint Martin au
Laert, qui nous a permis d’exploiter les archives municipales,
Monsieur Michel BEIRNAERT, directeur des archives du diocèse d’Arras, qui a bien voulu
reproduire et nous transmettre certains documents de ses archives,
Monsieur Walter BRUGES, directeur de la maison du rivage pour son aide dans l’organisation de
la journée du 20 Octobre 2007,
Monsieur Jean Marc EVRARD, collectionneur à Saint Martin au Laërt pour la reproduction de ses
cartes postales.
1
Son emplacement correspond à peu près à l'actuelle allée du Parc à Saint-Omer.
Côté droit de l'Eglise par rapport aux fidèles, parce que l'épître se lit de ce côté (épître : Nom donné à une lettre
revêtant de l'importance. Dans le Nouveau Testament figurent vingt épîtres dont la plus grande part est
attribuée à Paul).
3
Le but pratique du Liber Status Animarum est de donner un tableau sommaire de l'état religieux de toutes les
familles, comme de toutes les personnes d'une paroisse.
4
Gérard d’Haméricourt, premier évêque de Saint-Omer et abbé de Saint-Bertin.
5
Evêque d'Arras de 1802 à 1851.
6
Convention du 26 Messidor an IX [c'est-à-dire le Concordat du 15 juillet 1801]. TITRE IV Section 2 - LXIII. Les
prêtres desservant les succursales sont nommés par les évêques.
7
La fabrique, au sein d'une communauté paroissiale, désigne un ensemble de « décideurs » (clercs et laïcs) nommés
pour assurer la responsabilité de la collecte et l'administration des fonds et revenus nécessaires à la
construction puis l'entretien des édifices religieux et du mobilier de la paroisse Le conseil de fabrique
comprend alors le curé, le maire et cinq à neuf membres élus. Les fabriques sont supprimées par la loi de
séparation des Églises et de l'État en 1905.
8
Le château fut vendu à Alexandre-Maximilien du Tertre, le 4 décembre 1829. Colonel au 32e régiment
d'infanterie, puis maréchal de camp, Du Tertre fut député de l'arrondissement de Saint-Omer de 1824 à 1830 et
maire de Saint Martin au Laërt. Situé à proximité de l’actuel Emmaüs.
9
Arrenter : céder ou acquérir moyennant une rente.
10
Autel auquel sont attachées par une autorité religieuse, généralement le Saint-Siège, des indulgences particulières
en faveur des âmes des défunts pour lesquels on dit la messe. Le privilège est perpétuel ou temporaire,
quotidien ou non. L’autel porte généralement une inscription du type "Autel privilégié" ou "Altare
privilegiatum quotidianum perpetuum" ou encore "Altare privilegiatum pro defunctis", etc. Aucune inscription
ne figure sur celui de Saint Martin.
11
Monseigneur Parisis, évêque d'Arras de 1851 à 1866.
12
Charles Leroy (1816-1879) Cet architecte a construit pas moins de cinquante églises et chapelles.
13
Dans son sens large le verbe "orienter" a reçu sa signification de l'habitude de diriger un édifice vers une
direction importante au point de vue cosmique ou religieux. Le plus souvent l'édifice est dirigé vers le Levant,
où le soleil se lève, ce qui explique donc le verbe orienter.
2
37
14
En 1833, le peintre verrier Antoine Lusson fonde son atelier dans la ville du Mans, centre alors très actif dans le
domaine de la peinture sur verre. Ses principales réalisations: vitraux de l’église Saint Médard (1869),
restauration des vitraux de la cathédrale Saint Julien du Mans (1858), quelques réalisations pour Notre-Dame
de Paris.
Il réalisa en 1844 la célèbre verrière de la Vie de la Vierge pour l'église Notre-Dame-de-la-Couture, au Mans,
considérée comme un chef d'œuvre par les ténors de la science archéologique de l'époque. Après des
collaborations prestigieuses avec des personnages tels que le célèbre architecte parisien Eugène Viollet Le Duc
qui lui dessina des cartons pour les vitraux des fenêtres hautes de l'église de Saint-Germain l'Auxerrois à Paris,
Antoine Lusson fut retenu pour restaurer les vitraux du XIIIe siècle de la Sainte-Chapelle.
15
Le côté gauche de l’autel, en lui faisant face.
16
Le sculpteur audomarois Emile Sturne (1842-1922) est aussi à l’origine des 4 statues dressées sur la balustrade de
l’ancien Baillage (Actuellement Caisse d’épargne), place Foch – Saint Omer.
17
Louis Félix Marie François Franchet d'Espèrey (25 mai 1856 à Mostaganem - 8 juillet 1942 à Saint-Amancet)
était un maréchal de France.
18
Saint-Omer, ND Dame de Paris, St Sulpice les 500 instruments, toutes tailles confondues. Aristide Cavaillé-Coll
(1811-1899) est l’un des l'un des plus grands facteurs d'orgue du XIXe siècle.
Né dans une famille de facteurs d'orgues, il monte à Paris, en 1833 à la demande de Rossini. Il se fait connaître
en remportant le concours pour la construction d'un grand orgue à l'abbaye royale de Saint-Denis. Il construit
par la suite les orgues de nombreuses églises à Paris comme en province. Il réalise également de nombreux
orgues à l'étranger, tel celui de la cathédrale de Saint-Sébastien en Espagne, ou celui du conservatoire de
Bruxelles. Sa production avoisine les 500 instruments, toutes tailles confondues.
La petite histoire attribue à Aristide l’invention de la scie circulaire.
19
Sculpteur et céramiste italien, né à Florence en 1400 et mort en 1481
20
Provenant du tombeau de Guillaume Fillastre, abbé de Saint-Bertin. XVieme siècle. Classé depuis le 11 avril
1897 au Monuments historiques.
21
Loi du 9 décembre 1905 relative à la séparation des Églises et de l'État. La loi affirme la neutralité de l’État dans
les questions religieuses. L’article 2 met fin au régime des cultes reconnus et subventionnés par le budget de
l’État. La liberté de conscience et la liberté collective de pratiquer une religion sans entraves sont garanties par
la loi.
22
Février 1906 : L’application de la loi de Séparation donne lieu à de violents incidents à Paris et dans plusieurs
départements au moment où l’administration procède aux inventaires des biens cultuels et demande
l’ouverture des tabernacles. La loi de Séparation est condamnée, le 11 février 1906, par le pape Pie X dans la
lettre encyclique ‘Vehementer nos’ qui encourage les catholiques français à s’opposer aux inventaires.
23
Henri Philippe Pétain est né le 24 avril 1856 à Cauchy-à-la-Tour (entre Lillers et Pernes en Artois) dans le Pasde-Calais, à partir de 1867 il fait ses études au collège Saint-Bertin à Saint-Omer.
24
S.J. est un acronyme signifiant Societas Jesu. Il désigne l'ordre religieux de la Compagnie de Jésus. Placé après
un nom, il indique que la personne est un jésuite.
38
Annexe - CHRONOLOGIE DE L'EGLISE Saint MARTIN
De la Révolution Française à la Première guerre mondiale.
Révolution Française (1789 - 1799)
DESTRUCTION
Comme beaucoup d'églises, celle de Saint Martin au laërt est vendue par le district de St Omer, puis
dépecée par l'acheteur qui en retire mobilier et la toiture. Une des deux cloches fondue à Douai en
1600 est cependant sauvée. Les murailles sont revendues à un notaire qui n'en fait rien
RE CONSTRUCTION
Consulat et premier empire (1799 - 1814) (Napoléon Bonaparte)
15 Juillet
1er Mai
1801 Signature du concordat
1803 L’abbé Brassart, ancien religieux, est nommé desservant de Saint Martin au Laërt.
Dans le même mois, M Bocquet fait ériger un calvaire dans le cimetière. Le nouveau pasteur se hâte
de rendre l'église utilisable. Des paroissiens généreux l'aident.
1804 Le conseil de fabrique constitué décide d'emprunter de l'argent. L'église couverte et meublée pour
l'essentiel, est bénite et rendue au culte.
Restauration (1814 - 1830)
RE CONSTRUCTION
1825 Le comte du Tertre, ayant acquis le domaine de la Tour Blanche, s'installe à Saint Martin au Laërt.
1826 Il est nommé maire par le gouvernement de la restauration et élu président du Conseil de fabrique,
tandis que l'abbé Ducrocq remplace M. Brassart décédé.
Il ouvre une souscription à laquelle répondent le Dauphin, l'Evêque, le Préfet et les notables de la
paroisse.
Il fait refaire un toit solide, établir des voûtes, poser un pavement, placer des autels et se charge luimême d'égaler la somme à recueillir au montant de la facture.
Monarchie de Juillet (1830 à 1848) (Louis-Philippe 1er)
8 Août
1835 M. Lefebvre est nommé curé.
1843 Pie IX accorde la faveur de l'autel privilégié à l'autel de la Vierge.
1847 La vieille cloche, appelée Marie, est brisée accidentellement puis refondue sur place et son beffroi
réparé.
Deuxième République (1848 - 1851)
RAS
annexe-1
Second Empire (1852 à 1870) (Napoléon III)
1853 Le comte du Tertre décède, il est remplacé à la présidence du Conseil de fabrique par D. Helleboid.
1854 L'évêque d’Arras, Mgr Parisis en visite, remarque l'absence de sacristie et fait observer qu'il est
NEGOCIATIONS CONSEIL DE FABRIQUE - CONSEIL MUNICIPAL - EVECHE - ETAT
indispensable d'y remédier. L'abbé Lefebvre estime le moment venu de réaliser des projets
d’agrandissement.
1856 Le curé est en possession d'un plan dressé par l'architecte Leroy, de Lille, à qui est confiée la
construction de la future basilique de Notre-Dame de la Treille et de beaucoup d’autres édifices
réalisés dans ce style néo-gothique favorisé par l’architecte Viollet-le-Duc.
Le premier plan est de retourner l'église, d'élever le nouveau choeur à la place de l'ancienne tour et la
nouvelle tour près de la route.
Un conflit éclate avec le Conseil municipal effrayé par la dépense.
mi juin
lui répond qu'il faut:
- ne pas supprimer mais restaurer le cordon de pierre blanche autour de l'église, dernier vestige
d'un édifice déjà trop mutilé;
- couvrir en pierre blanche les contreforts et les pignons, ce qui les mettrait dans leur premier état;
- supprimer le badigeon prévu par le devis communal: des circulaires l'interdisent, il défigure et ne
dure pas;
- remplacer plusieurs lames des abat-sons;
- construire deux pilastres pour empêcher l'écartement; [s'agit-il de la vieille tour ?]
- ne pas placer de "nochère" : cela dépare l'église, et c'est inopérant parce que les murs sont bas
et le toit trop élevé, mais placer une corniche qui rejetterait les eaux du toit ;
- construire une sacristie.
mi oct.
1857 Sur les conseils du vicaire général, la fabrique se borne à demander les réparations extérieures, la
création de vraies croisées, la construction d'une sacristie et le déplacement de l'autel vers le fond du
choeur.
1858 L'année se passe en démarches, l'architecte doit aussi remanier ses plans.
21 Janv.
1859 La commune décide qu'elle versera 250 francs à la fabrique sous forme de financement des
réparations.
2 Oct.
26 Nov.
1er Jan.
TRAVAUX DU CHŒUR
1857 Le sous-préfet veut connaître les exigences de la fabrique au sujet des réparations nécessaires. On
Le Conseil de fabrique présente plans et devis de restauration : on exhaussera les murs de l'église qui
sont extrêmement bas alors que le toit est très élevé, on bâtira une sacristie et une tour avec sa
flèche, on réparera les vieux murs, la tour "à l'aide d'une souscription heureusement commencée" et
des fonds alloués par le Conseil municipal.
L'évêché répond à la fabrique que la Commission ecclésiastique des églises et presbytères examine
plans et devis. Les travaux sont reconnus utiles, il faut agrandir l’église, car la population, qui était de
600 habitants au début du siècle, est maintenant de 1.000.
1860 Le Conseil municipal charge le Conseil de fabrique des travaux de l'église. La largeur de l'édifice
étant suffisante, on fait des fouilles et des sondages. On conservera ce qui est bon de l'ancienne
bâtisse. Les fondations sont posées sur l'argile vive, elles offrent toute garantie. Les murs, faits de
briques et d'excellent mortier, sont très épais. Le nouvel édifice sera de style néo-gothique.
21 Janv.
23 Février
23 mars
1862 Le maître verrier parisien Lusson envoye un projet de vitraux pour le choeur.
L'adjudication des travaux est faite aux entrepreneurs audomarois Escudé pour la maçonnerie et
Honoré Capelle pour la charpente.
Les ouvriers sont occupés à exhausser les murs du choeur. Tant que durera ce travail, les offices
seront célébrés à l'école communale de garçons.
Mais avec les travaux commencent les difficultés, les déboires... On s'aperçoit que les anciens murs
sont plus défectueux qu'on ne pensait. Il faut en refaire une partie et modifier le devis. Heureusement
l'entrepreneur fait un rabais et l'on peut réaliser des économies sur la toiture parce que les ardoises
que le comte du Tertre a fait poser en 1827 se révèlent en excellent état.
1er Nov.
Le nouveau choeur est inauguré.
annexe-2
SACRISTIE
Mai
1863 Les travaux de la sacristie démarrent. Elle est basse et étroite, avec un accès depuis la seule église.
Etablie sur un terrain précédemment occupé par des tombes, bien vite les murs vont se lézarder.
L’abbé Lefebvre fait poser dans le choeur les trois vitraux du fond, fournis par la maison Lusson, celui
de saint Martin, patron de la paroisse; encadré par deux verrières en mosaïque.
Janvier
1865 Les travaux de deux chapelles latérales, entre le haut de la nef et le chœur sont engagés. On
NEF et CHAPELLES
commence par la chapelle de la Vierge, au nord.
Auguste Campagne est maire, désigné par le Préfet. Le conseil de fabrique commence à s'essouffler
et demande l'aide de la commune.
1967 Les travaux des chapelles latérales se poursuivent. Comme elles font saillie et sont plus visibles de la
rue que la tour à venir, on les a soignées, faites en pierre de taille, et les pignons recevront des
statues.
Aucun document ne parle de l'exhaussement de la nef, mais il est visible qu'il a été réalisé
antérieurement aux chapelles, qui sont comme plaquées sur les contreforts. Celles-ci ont dû être
achevées avant que l'on n'ouvrit les murailles de la nef, afin de ne pas gêner les offices. En dernier
lieu, on aura éventré les parois de la nef et fait les raccords nécessaires.
NOUVELLE TRAVEE
4 Oct.
1868 L'évêque pose la première pierre de la nouvelle travée
Un différend éclate entre la fabrique et l'entrepreneur Escudé. On n'en donne pas la cause mais il
n'est pas invraisemblable que le trésorier soit incapable de payer ses dettes, à moins qu'il ne s'agisse
d'un différend sur la façon de mener les travaux. Le chantier est fermé. Le trésorier Daeschodt
démissionne.
1869 La maison Courmont d'Arras, pose les vitraux de la chapelle Saint-Joseph.
1870 Le curé se tourne vers la municipalité et lui déclare qu'il aura besoin de 1.000 frs pour la tour. Le
Conseil vote un crédit de 1.500 frs qui seront versés en trois annuités, mais seulement à partir du jour
où la tour sera aussi haute que le faîte de l'église.
Reprise des travaux confiés à l'entrepreneur Lemaire. La travée supplémentaire peut ainsi être
achevée. On y accède par les deux portes latérales.
TOUR
Aussitôt on bâtit la tour. Déjà elle atteignait le faîte de l'église et le Conseil municipal va devoir
remplir ses engagements.
Troisième république (1870 - 1914)
Janvier
1871 L'abbé Lefebvre fait commencer la construction d'un appentis le long de la nef gauche pour remédier
à l'insuffisance de la sacristie et pour y remiser des chaises.C'était bâtir sur l'emplacement du
cimetière à la hauteur de la nouvelle travée: la municipalité, qui n'avait pas été consultée, s'y était
bientôt opposée, interrompant les travaux.
20 Fev.
L'abbé Lefebvre meurt. Il est enterré dans le caveau de la Chapelle Saint-Joseph.
25 Fev.
M. Deseille est nommé curé. Accompagné du maire, C. Mahieu, il va solliciter à domicile la
générosité de tous les habitants. Leur démarche rapporte 3.500 frs. Le Conseil municipal accepte de
voter un crédit de 7.200 frs pour payer la tour.
1872 L'affaire de l'appentis est réglée et la fabrique, avec l'agrément du maire, achève cette remise à ses
frais.
1er Sept.
La Vicomtesse du Tertre offre le chemin de croix et fait paver la nouvelle travée.
M. et Mme Cotillon-Belin offrent pour le futur maître-autel six chandeliers et une croix gothique.
Mai
CLOCHER
Février
1873 L’entrepreneur Louis Lemaire est retenu pour la construction du clocher.
1874 Le clocher est achevé.
Le maître-autel sculpté dans la pierre par les frères Sturne est installé.
Le Conseil municipal vote l'adoption du plan et du devis établis pour le bâti des cloches en coeur de
chêne.
La cloche Marie, refondue en 1847 est montée à sa place.
5 Juillet
La tribune en pierre et les fonts baptismaux sont inaugurés
La réception définitive des travaux d'achèvement de la tour et du clocher a lieu.
annexe-3
28 Juillet
Mgr Lequette, évêque d’Arras, consacre l'église de Saint Martin au Laërt.
1875
2 Juillet
Le curé décide de faire de la chapelle symétrique à celle des fonts baptismaux un lieu de dévotion
consacré aux Douleurs de Notre-Dame. Les frères Sturne, aidés des conseils de Louis Noël sculptent
dans la pierre l'autel et la Pieta qui le surmonte. En même temps une commande est passée à la
Maison Courmont de deux vitraux en mosaïque de verre pour achever la décoration du choeur dans
le style des vitraux fournis précédemment par Lusson, et un troisième pour la nouvelle chapelle. Il
comportera des médaillons du genre de l'Ecole de Düsseldorf. Le tout sera posé pour Pâques 1876.
La Pieta est bénite en même temps que les statues de saint Benoît Labre et de Saint Martin et que
celle du Sacré Cœur qui prend place dans la chapelle latérale du coté droit.
1877 A partir de 1877, la nef est à son tour munie de vitraux plus simples.
30 Mars
1879 On bénit le chemin de croix de N.D. des VII Douleurs placé dans la chapelle du fond.
EMBELLISSEMENT
Le curé organise désormais chaque année une neuvaine en l'honneur de N.D. des VII Douleurs. Les
chrétiens les plus fervents sont groupés dans une confrérie de N.D. des Sept Douleurs.
9 Nov.
La chaire en chêne sculpté, oeuvre des frères Sturne est installé
1880 M. Delepouve-Carpentier, offre le grand crucifix de pierre, oeuvre d'un des Sturne, et qui se dresse,
en face de la chaire.
28 Juin
1885 Un orgue Cavaillé-Coll de huit jeux est inauguré solennellement.
2 Oct.
En souvenir de J Carpentier, sa famille érige le grand calvaire du cimetière; que l’on bénit le 2
octobre.
20 Dec
M Deseille fête ses vingt-cinq ans de sacerdoce et c'est l'occasion d'enrichir l'église des deux
candélabres qui encadrent l'autel et d'un ostensoir de vermeil
1890 Une grande statue du Sacré-Coeur remplace celle qui avait été installée dans l'ancienne chapelle de
la Vierge
7 mai
1893 Une seconde cloche de 1.088 kg, Martine est commandée à la fonderie Drouot de Douai. Elle est
bénite le 7 mai 1893, Madame de Givenchy en est la marraine.
C'est à cette époque que l’on place sur l'un des pignons de la chapelle Saint-Joseph la statue de saint
Louis en souvenir de Louis Duquénoy, maire de Saint-Martin.
5 mars
1896 M Deseille fête ses vingt-cinq ans de présence à Saint-Martin. Il est accueilli à l'entrée de l'église par
les notes du carillon installé dans le clocher.
Il fait installer la lumière électrique à l'église.
1897 Le bas-relief en céramique de Luca Della Robbia provenant de l'abbaye Saint-Bertin est classé aux
monuments historiques puis posé.
Un violent orage renverse trois des clochetons de la tour.
1900 M. Deseille a soixante et un ans, en reconnaissance de ses services l'évêque d'Arras le nomme
chanoine.
22 Octobre
1902 Un fragment du voile présenté à Chartres comme le voile de la Vierge est enfermé dans un reliquaire
enrichi de bijoux offerts par des paroissiens pour être présenté aux fidèles.
10 avril
1903 Un plan est établi pour remplacer le vieux presbytère en triste état.
1904 M. Deseille pend la crémaillère dans son nouveau presbytère, avec dix-neuf invités dont M. Pouly,
maire.
annexe-4
LOI 1905
9 Déc.
1905: Loi de SEPARATION DE L'EGLISE et de L'ETAT
18 fév.
1906 Le 18 février 1906 on annonce l'inventaire de l'église pour le 2 mars.
2 mars
20 Nov.
Le sous-inspecteur de police de Béthune se présente, la porte reste fermée. Le curé proteste et refuse
d'ouvrir. Le fonctionnaire se retire. Pendant quelque temps l'église reste barricadée.
Par surprise les émissaires du gouvernement, à 6 heures du matin, en l'absence du curé appelé
auprès d'un malade, enfoncent la porte latérale et dressent un inventaire.
1909 A partir de cette année, le curé doit renoncer à prêcher. L'abbé Ignace Béclin, qu'il considère comme
un fils spirituel, vient l'aider régulièrement.
Près de la chaire, la plaque où sont gravés les noms des curés depuis la Révolution est posée. C'est
l'année de la béatification de Jeanne d'Arc. A cette occasion, est placée la statue de la Libératrice par
Déchin.
1912 L'orgue en service depuis vingt-sept ans est nettoyé par la maison Cavaillé-Coll
21 mars
1913 Une congestion cérébrale frappe le curé de Saint Martin au Laërt d'hémiplégie, fort heureusement de
façon passagère.
Première guerre mondiale (1914 - 1918)
1914 L'abbé Béclin est mobilisé. M. Deseille doit souvent, hélas, faire le service funèbre d'un paroissien
tombé au champ d'honneur.
1916 Une bombe vient éclater dans le jardin du presbytère qu'elle rend inhabitable, M. Deseille se retire à
Hardinghem.
juin
1917 La foudre tombe sur le clocher et y cause des dégâts.
1918 L'abbé Deseille retourne à Saint-Martin, en dehors du presbytère encore endommagé.
6 Août
Avril
1920 Il démissionne, ayant obtenu que M. Béclin lui soit donné pour successeur.
1922 L'abbé Deseille décède à l'âge de 83 ans. Ses restes sont déposés à coté de la dépouille de sa mère
dans le caveau qu'il avait fait aménager contre la chapelle de N.D. des VII Douleurs.
6 Juillet
1923 M. Béclin saisit le flambeau. et rentre au presbytère restauré.
1928 L'église a besoin d'être restaurée, elle le sera complètement en 1928, les autels de pierre étant
soigneusement grattés.
annexe-5