FÉDÉRATION ROYALE DES CORPS DE SAPEURS
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FÉDÉRATION ROYALE DES CORPS DE SAPEURS
BELGIQUE · BELGIË P.P. 4700 EUPEN 1 9/348 Bureau de dépôt : EUPEN 1 FÉDÉRATION FÉDÉRATION ROYALE ROYALE DES DES CORPS CORPS DE DE SAPEURS-POMPIERS SAPEURS-POMPIERS DE DE BELGIQUE BELGIQUE AILE AILE FRANCOPHONE FRANCOPHONE–– GERMANOPHONE GERMANOPHONE a.s.b.l. a.s.b.l. PÉRIODIQUE PÉRIODIQUE TRIMESTRIEL TRIMESTRIEL N° N° 1/2009 1/2009 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 3 Sommaire ÉDITORIAL .......................................................................................................................................... 4 LA VIE DE LA FÉDÉRATION Communiqué de l’Union des Villes et Communes de Wallonie ................................................................................................... 5 Discours prononcé par le Cdt. Marc Gilbert 85e année N° 1 – 2009 Site web : www.frcspb.be ...................................................... ....................... 10 .............................................................................................. 12 COSI: compte-rendu de la réunion du 29 janvier 2009 COSI: membres du groupe 6 ........................................... 13 ......................................................... 14 Guido De Padt, nouveau ministre de l’Intérieur Siège Administratif Rédacteur en Chef Michel MÉAN Rue de Charleroi 556 · 6140 Fontaine-l’Évêque GSM : (0475) 44 25 72 E-mail : [email protected] E-mail : [email protected] Secrétariat de rédaction : Isabelle SAUSSEZ E-mail : [email protected] Éditeur responsable : Marc GILBERT Rue des Vignes 2 · 5060 Sambreville Tél. : (071) 26 99 50 · Fax : (071) 26 99 56 GSM : (0495) 35 41 12 E-mail : [email protected] Publicité Daniel REQUETTE Chaussée de Namur 28 · 5310 Éghezée Tél. : (081) 81 18 14 · Fax : (081) 81 14 58 E-mail : [email protected] Abonnement : 15 € à verser sur le compte n° 001-2349927-81 de Sapeur-Pompier Belge Chaussée de Namur 28 · 5310 Éghezée avec communication : Abonnement + nom + prénom et adresse Imprimé par Imprimerie KLIEMO s.a. Hütte 53 · 4700 Eupen Tél. (087) 59 50 00 · Fax (087) 55 57 81 E-mail : [email protected] Tous les articles de cette édition n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. AU SERVICE DU SAPEUR Nouveauté: Le Centre de Connaissances LA VIE DES UNIONS Les Cadets sapeurs-pompiers en Belgique ......................................... 16 PRÉVENTION Poêles au bioéthanol: attention, danger potentiel! ................................... 18 ASPECTS TECHNIQUES ................ 20 ........................................................................................ 26 Éclairage de sécurité et de secours LE SAPEUR-POMPIER EN BALADE Accueil, hospitalité, solidarité À L’ÉTRANGER Les pompiers de la Lituanie ..................................... 32 Changement d’adresse – Adresse incorrecte Prière de renvoyer l’étiquette de la présente revue corrigée à : Mme Catherine HORNICK Trésorière Adjointe de la FRCSPB Centre 73 · 6637 Fauvillers Tél. (063) 58 35 58 · Fax (063) 58 35 59 GSM (0496) 58 69 02 E-mail : [email protected] E-mail : [email protected] MISCELLANÉES .......................... Notre couverture: Le Ministre de l’Intérieur (Guido De Padt) lors de notre Assemblée Générale à Bruxelles, le 20 février dernier. 50 4 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 Éditorial Merci Philippe Être à la tête d’une revue comme « le Sapeur-Pompier Belge » n’est pas toujours chose aisée. Pourtant, durant cinq ans, Philippe Staquet a assumé les fonctions de rédacteur en chef de votre revue. Je me demande comment il a réussi à limiter l’apparition de cheveux blancs au sommet de son crâne. En effet, pour ce genre de travail, on se retrouve généralement très seul. Et pourtant il faut boucler dans les délais impartis par l’imprimeur. Pas toujours facile de remplir une quarantaine de pages, lesquelles doivent intéresser l’ensemble de la profession. Il faut justement doser les articles dans leur contenu. Dans la revue, les membres de la fédération attendent de retrouver, bien sûr les grandes options prises par la fédération au point de vue, par exemple, de la réforme de la sécurité civile, les comptes rendus de différentes réunions du conseil d’administration, mais également des articles plus spécifiques à la vie des pompiers dans leur caserne. C’est pourquoi, dans chaque numéro du « Sapeur-Pompier Belge » vous retrouvez les différents PV des réunions du conseil d’administration, mais aussi des articles dédiés à la réglementation en matière de prévention incendie ou encore la vie de casernement de collègues partout en Wallonnie ou à travers le monde. Cinq ans à la tête de la revue, cela veut dire vingt numéros et plus de huit cents pages rédactionnelles. Cinq années durant lesquelles Philippe a assumé ces fonctions de rédacteur en chef avec ardeur, malgré ces nombreuses autres responsabilités au sein de la sécurité civile, tant au niveau fédéral qu’au sein de la province de Hainaut. Il était sur tous les fronts. Dont ceux de la réforme de la sécurité civile ou encore du centre de formation du Hainaut, dont il est devenu directeur. Toutes ces tâches usent un homme normalement constitué. Mais comme Philippe est un surhomme, gageons qu’il a conservé toutes ses facultés physiques mais également intellectuelles. Qu’il soit ici remercié pour le travail qu’il a accompli tout au long de ces années pour maintenir la revue à un niveau de qualité tant rédactionnelle qu’esthétique. Qualité reconnue par chaque membre de la fédération, mais également, et c’est peut-être le plus gratifiant, par nombre d’acteurs étrangers à notre fédération. Pour ma part j’essayerai de rester fidèle à la ligne rédactionnelle qui a toujours été la même depuis le début de la création du SPB, mais je reste ouvert à toute suggestion et surtout je fais appel aux bonnes volontés qui voudraient s’investir dans la rédaction d’articles pouvant intéresser l’ensemble des lecteurs. LT MICHEL MEAN Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 5 La vie de la Fédération Communiqué de l’Union des Villes et Communes de Wallonie L’UVCW inquiète La RTBF consacrait en janvier dernier son émission « Question à la une » au sujet de la réforme des services incendie. « Problèmes de financement, de formation, de statut, notamment en ce qui concerne les pompiers volontaires : une vague de mécontentement grandit chez les pompiers », résumait la RTBF en ajoutant « pourtant, depuis le drame de Ghislenghien, l’État fédéral a lancé une grande réforme des services de secours. Mais aujourd’hui, ces améliorations tant attendues semblent encore bien loin ». L’Union rappelle donc aujourd’hui sa revendication principale en cette matière. L’État Fédéral doit impérativement remplir ses engagements en prévoyant des moyens suffisants, et ce afin d’éviter que la charge de la réforme ne retombe une fois de plus sur les communes. Il s’agit là pour l’Union d’une condition essentielle à la réussite de la réforme. Les Villes et Communes, malgré l’ampleur de leurs charges de plus en plus nombreuses et malgré la crise financière actuelle, n’ont jamais cessé de considérer que ce service public primordial pour la collectivité doit être préservé. Les Bourgmestres wallons sont très conscients que la sécurité des citoyens et le travail des soldats du feu sont ici en jeu. En tant que responsable de la sécurité publique sur leur territoire, les Bourgmestres sont demandeurs d’une réforme jugée nécessaire si l’on veut un corps de pompier digne du 21e siècle. Amélioration de la situation des volontaires, renforcement de la formation, optimisation du service à la population : telles sont nos demandes depuis 2006. Mais la première d’entre toutes tient à la nécessité, pour le Fédéral, d’enfin octroyer un financement suffisant aux futurs services de secours. L’UVCW s’oppose fermement à un quelconque remake de la réforme des polices dans ce dossier. Il est un fait indéniable : le Gouvernement fédéral s’est aujourd’hui engagé politiquement à prendre en charge tous les surcoûts de la réforme, mais aussi à atteindre une répartition des dépenses à 50/50 avec les autorités locales. Il y est également tenu par la loi. Il s’agissait d’ailleurs d’une exigence essentielle posée par l’Union des Villes et Communes de Wallonie, avec son association sœur flamande, avant de donner son aval à la réforme. Patrick Dewael, a, pour sa part, répété devant le Parlement ses engagements de refinancement. Il a, en outre, été annoncé à tous les acteurs du dossier, que la réforme atteindrait sa vitesse de croisière dès 2009. Et pourtant… Les Villes et Communes supportent toujours 90 % des coûts des services d’incendie. Une analyse financière montre en outre que les dépenses d’incendie croissent dans une plus grande proportion que les autres postes de dépenses : depuis 1984, la part du budget communal consacré à l’incendie est passée de 2,9 à 4 %. La confection du budget fédéral est une opération très délicate, sans doute plus encore que les années précédentes, certes, mais les 10 millions d’euros aujourd’hui prévus sont loin de couvrir les surcoûts. Comment le gouvernement fédéral pourra-t-il, avec pareil budget, faire croire aux villes et communes que les diverses avancées engrangées ne seront pas laissées purement et simplement à la charge des finances communales ? Les Villes et Communes attendent donc toujours que le Fédéral tienne ses promesses. L’Union espère beaucoup du dialogue qui s’installera très bientôt avec le nouveau Ministre de l’Intérieur, Guido De Padt. Une réunion vient d’être fixée avec lui à ce propos. RENSEIGNEMENTS : JOHN ROBERT © Union des Villes et Communes de Wallonie asbl 6 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 La vie de la Fédération Discours prononcé par le Cdt. Marc Gilbert lors de l’Assemblée générale du 20 février Monsieur le Ministre, Messieurs les Officiers chefs de service, Officiers, Sous-Officiers, Caporaux, Sapeurs-pompiers, Mesdames, Messieurs, en vos titres et qualités. Avant toute chose, je souhaite vous demander une minute de silence en mémoire de nos trop nombreux collègues disparus et plus récemment de nos deux collègues et amis de Bruxelles qui ont perdu la vie l’année dernière au cours d’une intervention, Patrick Batselier et Alain Tacqueniere. Puisse le don de leur vie conforter la prise de conscience par le monde politique de la nécessité de réformer profondément nos modes de fonctionnement. Je tiens d’abord à remercier Monsieur le Ministre Cerexhe ainsi que mon collègue et ami, le Colonel De Snijder d’avoir accepté de nous accueillir une nouvelle fois dans cet auditorium du service d’incendie de Bruxelles. Je voudrais remercier Monsieur le Ministre de l’Intérieur de sa présence, qui nous honore, et lui souhaiter la bienvenue parmi la grade famille solidaire des femmes et des hommes du feu. Monsieur le Ministre, je souhaite d’abord vous dire que nous comptons vraiment sur vous pour la suite des travaux de la réforme, et j’y reviendrai. Mais je voudrais dès à présent insister sur nos attentes et vous rappeler que tous, nous attendons de la réforme qu’elle apporte la reconnaissance de la profession et qu’elle donne à chacun les moyens nécessaires pour effectuer dans les meilleures conditions, ses missions d’aide et de protection du citoyen. Je voudrais ensuite vous interpeller à propos de la mise en œuvre du Centre de Connaissances. J’aborderai pour terminer une autre de nos préoccupations majeures, la disparition organisée de la direction générale de la Sécurité civile. La réforme de la Sécurité Civile La loi de 2007, porteuse d’espoir Je devrais être porteur d’un message plein d’espoir et d’optimisme. Nous nous étions en effet réjouis, en mai 2007, de constater que le projet de loi avait été voté sans qu’il y ait eu de votes négatifs. Vous l’avouerais-je, ceci avait emporté notre conviction que le monde politique, dans son ensemble, était conscient de l’impérieuse nécessité d’une réforme. Mais y arrivera-t-on ? Je devrais certes me féliciter que les arrêtés royaux du 2 février 2009 déterminant la délimitation territoriale des zones de secours et la commission d’accompagnement de la sécurité civile aient été publiés tout récemment au Moniteur belge du 17 février. Car voilà enfin les premiers véritables arrêtés d’exécution de la loi du 15 mai 2007. Mais il en aura fallu du temps : plus de 21 mois après le vote de la loi ! Si peu de résultats concrets Je parlais d’espoir et d’optimisme. Mais pour tout dire, nous ne sommes qu’à moitié rassurés. Qu’un arrêté fixant l’étendue géographique des zones entre bientôt en vigueur, c’est bien. Mais quels sont les changements concrets que cette entrée en vigueur apportera immédiatement sur le terrain ? Actuellement aucun. Nous le savons bien. Et nous savons aussi qu’il existe au sein du monde politique des poches de résistance, des élus qui ne voient pas la nécessité de changer quoi que ce soit à l’organisation existante. Certes, les premiers moyens de réaliser la réforme existent désormais puisqu’un montant de 10 millions d’euros a été attribué à la Sécurité Civile afin de mettre en place les zones de secours et la Task Force. Mais nous vous signalons déjà que nous restons tout particulièrement attentifs à l’évolution de ce dossier. Quels sont les changements concrets constatés sur le terrain depuis le vote de la loi, il y a presque deux ans ? Une initiative a été réellement positive : c’est la mise en œuvre du principe de l’aide adéquate la plus rapide ; et je n’évoquerai pas ici les obstacles en tous genres auxquels elle s’est heurtée. Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 7 La vie de la Fédération Mais à part cela ? Nous avions bien d’autres attentes, Monsieur le Ministre, celles qui concernent les nombreux arrêtés à prendre en exécution de la loi. Et nous tenons à vous le dire, nous ne sommes pas très contents. Loin de là. Certes, des groupes de travail ont été mis en place pour mener à bien la réforme. Bonne idée en principe. De très nombreuses discussions ont eu lieu et des débats souvent animés parfois même houleux ont été menés. C’est normal. Mais pour quels résultats concrets ? Demandez donc à votre administration un tableau comparatif de ce qui avait été programmé, lors des premières réunions du comité de pilotage, en janvier 2008, et de ce qui a été effectivement réalisé, plus d’un an plus tard. Qu’il puisse y avoir certains retards dans la mise en œuvre d’un planning, c’est compréhensible. Mais ce qui est inadmissible, c’est que rien, mais alors RIEN de ce qui avait été annoncé, n’a été réalisé dans les délais fixés. Bien au contraire, le retard ne fait que s’accentuer. Savez-vous, Monsieur le Ministre, que bon nombre de nos collègues dont votre serviteur ont passé des heures et des heures dans ces groupes de travail ? Êtes-vous au courant du temps perdu à devoir rechercher des « modus vivendi » entre les différents partenaires prenant part à ces travaux préparatoires, principalement ceux qui appartiennent à la tendance policière ? Êtes-vous informé de l’impression ressentie par de nombreux collègues pompiers d’être considérés, au cours de ces travaux, comme quantité négligeable ? Savez-vous combien de fois les conclusions de ces groupes de travail ont été rejetées en comité de pilotage d’un ton autoritaire et parfois méprisant ? Il faut que vous sachiez que notre frustration grandit de jour en jour. Car aujourd’hui, après de nombreuses années de lutte pacifique pour faire aboutir nos revendications diverses, nos desiderata sont loin d’être rencontrés. Nos souhaits Comme vous n’avez pris vos fonctions que récemment, Monsieur le Ministre, je vais brièvement rappeler ce que nous désirons. De façon générale, même si nous ne perdons jamais de vue que l’objectif premier doit toujours être de secourir la population et de protéger de la façon la plus appropriée, la plus adéquate et la plus rapide, nous voulons que soient enfin reconnus à notre profession, le statut et la considération qu’elle mérite, en lui permettant de travailler dans des conditions décentes. Concrètement, cela signifie : • régler le problème du statut administratif afin que tous les pompiers du pays soient soumis aux mêmes règles, qu’il s’agisse de recrute- ment, d’évaluation, de carrière, de procédure disciplinaire, de fins de carrière, du temps de travail à régler de toute urgence,… ce qui permettra notamment de faciliter le passage du statut de volontaire à celui de professionnel ; • Régler le problème du statut pécuniaire ; pourquoi, face aux mêmes risques – et nos morts sont là pour en témoigner – autant de divergences dans les rémunérations et les diverses allocations ? • Mettre en place des commandants de zone, impérativement des gens de terrain, qui se préoccupent plus de bonne gestion que de visions fumeuses ; • Organiser la mobilité du personnel ; • Prévoir une véritable hiérarchisation du personnel, des tâches, des fonctions, des responsabilités et des compétences ; • Veiller à une couverture optimale du risque, avec les moyens nécessaires pour y répondre rapidement et de manière efficiente, en d’autres mots, fournir des moyens adaptés et suffisants, ni trop, ni trop peu ; • Garantir un plus haut degré d’efficacité et d’uniformisation de la prévention par la mise en place de bureaux techniques ; • Organiser la formation du personnel, à savoir la formation de base, la formation continue et surtout la formation pratique, y compris la condition physique, non plus dans les principes mais dans les faits et en y accordant le temps et les moyens nécessaires. C’est là l’édifice qui doit être construit au cours des tout prochains mois, de pierre en pierre, de brique en brique, d’Arrêté d’exécution en Arrêté d’exécution, en suivant strictement les lignes directrices tracées dans la loi, une bonne loi, je le répète. Pas de surcoût exagéré Je tiens à souligner par ailleurs que nous comprenons les appréhensions exprimées par certains représentants des pouvoirs locaux quant au coût de la réforme. Mais nous ne sommes pas de ceux qui vont hurler pour bénéficier encore et encore de plus de moyens financiers. Je voudrais rassurer le monde politique sur nos intentions. Nous avons toujours pensé la réforme selon une ligne de force : la modernisation organisationnelle que nous estimons nécessaire pour répondre aux défis de notre société contemporaine. Bien sûr, nous pensons aussi que le personnel doit obtenir un statut uniforme. Bien sûr aussi, nous considérons que la spécificité de notre métier – dangereux – de technicien du risque, doit être reconnue et valorisée. Mais ces combats nous voulons les conduire de manière raisonnée et raisonnable. En discutant 8 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 La vie de la Fédération des priorités. Car nous sommes conscients que la crise économique entraîne et entraînera des difficultés budgétaires non négligeables. Aucune dépense irréfléchie, inconsidérée ou fastueuse ne sera proposée, nous le promettons. Solidarité et complémentarité Par ailleurs, vous aurez remarqué, Monsieur le Ministre, que les pompiers forment une seule et grande famille. Nous avons tous, les néerlandophones, les germanophones, les francophones, les Bruxellois, les volontaires, les professionnels, travaillé main dans la main. Nous avons aussi travaillé et travaillons encore de concert avec les unions des Villes et communes ainsi qu’avec les différentes organisations syndicales. Mais nous souhaitons que tous nos efforts soient enfin productifs. Appel au Ministre Monsieur le Ministre, il est plus que temps d’accorder la priorité aux projets de textes plutôt qu’aux paroles creuses et visions fumeuses. Personne ne peut plus nier maintenant que les structures mises en place il y a plus d’un an n’ont réussi à démontrer que leur inefficacité. Il est plus que temps d’en revenir à un mode de fonctionnement où, comme par le passé, tous les véritables acteurs de la Sécurité Civile étaient étroitement associés au développement de projets nouveaux. Nous sommes prêts à discuter rapidement de ces nécessaires changements avec vous. Le Centre de Connaissances Il nous a fallu des années pour que soit créé un Centre de connaissances. Détournement d’idées Que voulions-nous ? En réalité, notre souci était de disposer d’un service indépendant, composé majoritairement d’experts pompiers, qui développerait une expertise technique et opérationnelle dans une série de domaines spécialisés. Que voyons-nous ? Des responsables qui ne connaissent rien à nos problèmes et quelques experts détachés, certains partiellement, des services d’incendie et qui s’occupent naturellement en majorité de la réforme de la Sécurité Civile. Monsieur le Ministre où en est le projet relatif aux statistiques sur lequel nous, les pompiers, avons tant travaillé ? Où en sont les analyses des interventions et les retours d’expérience, spécialement pour les missions au cours desquelles des pompiers ont perdu la vie. Pourtant, ce sont des dossiers qui nous intéressent singulièrement, beaucoup plus que les promenades à l’étranger de certains membres de la cellule administrative. Appel au Ministre Monsieur le Ministre, nous comptons fermement sur vous pour mettre fin à ces dérives et développer le Centre de Connaissances sur les objectifs pour lesquels nous avions demandé sa création et ce, après avoir réalisé le travail d’encadrement de la réforme. Le démantèlement de la direction générale de Sécurité civile Une autre action que nous attendons de votre part, Monsieur le Ministre, c’est de rétablir une ligne hiérarchique cohérente à votre niveau, c’està-dire au niveau fédéral. Pourquoi changer une formule gagnante ? Nous avons réussi la réforme de la sécurité civile avec des structures déterminées. Nous sommes clairement en train d’en rater l’exécution avec les nouvelles structures qui ont été mises en place sous votre prédécesseur. Et voilà qu’aujourd’hui, même la gestion quotidienne de nos problèmes est menacée. La direction générale de la sécurité civile a éclaté en de nombreux morceaux et je vous assure que cela fait du bruit sur le terrain. Sachez que nous considérons cette récente réorganisation comme une gifle envers notre métier, envers nos compétences, envers nos collègues, envers nos morts. Nos missions sont-elles à ce point devenues insignifiantes et négligeables qu’elles ne valent même plus la peine d’être réunies dans une seule direction générale, comme c’était le cas avant votre arrivée ? Que fait-on de l’article 11 de la loi du 15 mai 2007 relatif à nos missions ? La dispersion temporaire ou définitive des attributions relatives à la sécurité civile nous paraît d’ailleurs éminemment suspecte et elle ne fait que confirmer nos craintes de voir de plus en plus planer une fâcheuse tendance policière au-dessus de la sécurité civile. Car des pans entiers de compétences de la direction générale de la sécurité civile ont été transférés à différentes directions Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 9 La vie de la Fédération générales qui s’occupent exclusivement ou principalement de sécurité policière. Je m’excuse à l’avance d’avoir à le dire de manière aussi abrupte mais certains responsables de votre ministère sont en train d’organiser le foutoir. Qui veut quoi et pourquoi ? Notre question est simple : pourquoi ? Est-ce que vous savez pourquoi, vous, Monsieur le Ministre ? Nous, nous l’ignorons et d’ailleurs, nous n’avons même pas été officiellement informés de ces bouleversements qui pourtant nous concernent au premier chef. Pourquoi avoir transféré toute la matière de prévention incendie vers la direction générale « Sécurité et prévention » ? Croyez-vous vraiment que la matière de la prévention incendie ait beaucoup en commun avec la prévention contre les vols dans les habitations ? Au nom de quelle aberration confiet-on cette matière à un service policier ? Parce qu’on retrouve le mot prévention dans la dénomination de ce service ? Ou parce que dans les deux cas, on utilise le mot prévention ? Soyons sérieux. À suivre des raisonnements de ce genre, on devrait progressivement transférer vers cette direction générale d’autres compétences en matière de prévention, comme, par exemple, la prévention du sida ou la prévention en matière professionnelle. Et en y réfléchissant, pourquoi n’a-t-on pas plutôt choisi de transférer la prévention policière vers la direction générale de la sécurité civile puisque, qui peut le plus peut le moins : en effet, les mesures de prévention que nous préconisons pour les bâtiments concernent la vie des gens, les mesures contre le cambriolage ne concernent, elles, que les biens. Et pourquoi avoir transféré vers cette même direction générale la tutelle sur les services d’incendie ? Comment allez-vous partager les compétences d’interprétation des textes entre deux directions générales ? Pourquoi avoir confié cette tutelle à un service policier ? Parce qu’il est déjà compétent pour la tutelle sur les zones de police ? Restons sérieux ! Cela n’a aucun sens. Pourquoi les fonds Nucléaire et Seveso sont-ils désormais gérés par cette direction générale policière ? Ne serait-ce pas pour avantager les services de police lorsqu’il s’agira de déterminer ce qu’on fait avec l’argent des fonds. Pourtant les risques Nucléaires, les risques Seveso ne sont-ils pas d’abord des risques pour les pompiers ? mènes naturels a-t-elle soudainement été exclue du domaine de la sécurité civile ? Pourquoi confier la gestion de notre Centre Fédéral de Formation au Directeur Personnel et Organisation et non à un membre opérationnel des services d’incendie ? Quelle est la justification fonctionnelle de ce démembrement ? Pour nous, ce grand chambardement n’a aucune justification fonctionnelle. Vous savez – ou vous ne savez peut-être pas – que des bruits convergents courent sur les motifs réels de cette réorganisation. Nous dénonçons ces manœuvres scandaleuses et ne voulons pas en être une fois de plus les victimes. Nous allons arrêter ici nos « pourquoi » et que personne ne se donne la peine d’essayer de justifier l’injustifiable. Nous n’y croirons pas car quel est le naïf qui oserait prétendre que cet émiettement est de nature à améliorer la coordination de la politique et de la gestion en matière de sécurité civile ? Appel au Ministre Monsieur le Ministre, nous attendons de vous une initiative forte dans son symbole. L’ensemble des pompiers que nous représentons ici ce jour, espère retrouver rapidement UNE direction générale de la sécurité civile et UNE SEULE, avec toutes les attributions qui étaient les siennes avant cette note absurde du 14 janvier 2009. Et nous espérons que soit désigné un directeur général, même ad interim, mais qui maîtrise les tenants et aboutissants des problèmes de sécurité civile. Pour nous, il s’agit là d’une condition indispensable à la réussite de la réforme. Sinon, Monsieur le Ministre, sachez-le, la réforme, devenue vôtre à présent, n’aboutira que partiellement voire pas du tout. Monsieur le Ministre, vous m’avez dit tout récemment que vous étiez à nos côtés. Nous savons donc que nous pourrons compter sur vous et sachez qu’alors, vous pourrez aussi compter sur nous ! Respectons ainsi ensemble notre devise nationale “l’union fait la force”. Merci, de tout cœur, Monsieur le Ministre, merci et bonne chance pour notre réforme. Je vous remercie de votre attention. Pourquoi les alertes ont-elles été confiées au Centre de Crise ? CDT. MARC GILBERT, Pourquoi la Direction des Calamités a-t-elle été transférée aux services de la Présidente ? La réparation des dommages résultant de phéno- PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION ROYALE DES CORPS DE SAPEURS-POMPIERS DE BELGIQUE, AILES FRANCOPHONE ET GERMANOPHONE 10 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 La vie de la Fédération COSI Compte-rendu de la réunion du 29 janvier 2009 Présents Y. STORDEUR, P. DEGEEST, Y. VANDERDONCKT, M. DEDONCKER, P. MINNAERT, D. PARIS, Q. GREGOIRE, X. LAMBIN, Ph. BOULANGER, R. LANDRAIN, F. DEFFENSE. les minorités. L’avis de COSI sera donc repris chaque fois avec les avis divergents s’il le fallait. 3. Présentation et résumé des travaux du CCU par J.P. CHARLIER Excusés T. FIERENS, S. GYDE. 1. Mise en place du groupe 1.1. Pour la Province de Luxembourg, Ph BOULANGER remplacera dorénavant F LEBOUTTE. Pour ASTRID, M. Hans DE POORTERE souhaite assister à certaines réunions. Le groupe n’y voit pas d’inconvénient. La liste des participants sera modifiée en conséquence et annexée à la présente. 1.2. J.P. CHARLIER a souhaité la présence de R LANDRAIN, assistant technique de la PC de CRISNEE afin de débattre plus efficacement des procédures multidisciplinaires en matière de renfort. S GYDE, du SRI de Gant sera également invité de la même façon que JP CHARLIER est invité au groupe COBRA afin de faire le lien avec la Fédé Flamande. Le groupe accepte à l’unanimité. 1.3. L’UP de LIEGE demande s’il est possible d’ajouter un membre représentant la région germanophone. Le nom de ce représentant sera communiqué par l’UP de LIEGE à JP CHARLIER. 2. « Règlement d’Ordre Intérieur ». Sans être un règlement, c’est plutôt un accord sur la manière de fonctionner. 2.1. Le groupe décide de se rencontrer une fois par mois à la caserne d’EGHEZEE plus accessible et qui présente moins de problèmes de parking que NAMUR. L’autorisation a été demandée au Capt REQUETTE qui a déjà marqué son accord. 2.2. Les prochaines dates de réunions ont été fixées au 5/3, 26/3, 30/4, 28/5, 25/6. La réunion débute à 14 heures et devrait se terminer avant 16 h 30. 2.3. Le groupe décide de débattre sur un consensus, l’appel au vote étant une frustration pour 4. Résumé de la réunion COBRA du 4 novembre 2008 par J.P. CHARLIER (traduction en annexe) 5. Projet de simplification du fleetmapping 5.1. Sur une proposition de COBRA, le groupe a entamé une réflexion sur le fleetmapping. Des points communs apparaissent : a) Pour l’utilisateur opérationnel de terrain la simplification de l’utilisation est la voie conseillée. Ceci est en concordance avec l’avis de COBRA. b) Le gros problème se situe au niveau de la coordination dès le niveau « sous-officier » et même en interdisciplinaire (AMU, police, …). 5.2. Après un premier tour d’horizon, il apparaît que chaque « zone » travaille avec un scénario opérationnel radio particulier. Deux pistes paraissent intéressantes : a) La zone de LUX effectue beaucoup de sorties avec deux corps simultanés. Pour ce faire, un folder par « service » est utilisé, ce folder reprenant tous les groupes locaux du service « territorialement » compétent. b) La répartition territoriale des zones d’intervention est-elle encore cohérente quand on examine le fonctionnement théoriquement futur de la zone de secours ? Dans ce cas, ne serait-il pas mieux de grouper les radios par type d’intervention dans un territoire donné, coordonné par un dispatching central (par zone ou par province). 5.3. La complication d’un tel scénario combiné avec les coordinations interzones et interdisciplinaire rend la réflexion autour d’une table impossible. Nous décidons pour la prochaine réunion de réfléchir à un schéma opérationnel radio par province. Ce schéma sera présenté devant tout le monde afin d’en retirer si Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 11 La vie de la Fédération possible un point de vue commun. Les lignes directrices suivantes sont données : a) Simplifier au maximum le départ en mission b) Sortir un fleetmapping standard afin d’éviter les « dérives » locales (respect des concepts opérationnels). 6. La réunion est clôturée avec le report à la réunion suivante 6.1. Communication sur le projet de modification des critères de sélection des postes radios portables. 6.2. projet de procédure d’utilisation du fleetmapping multidisciplinaire. 7. La prochaine réunion est fixée le 5 mars 2009 à 14 heures à Eghezee Ordre du jour : – résumé du dernier CCU – présentation des projets provinciaux de simplification du fleetmapping – Communication sur le projet de modification des critères de sélection des postes radios portables. – projet de procédure d’utilisation du fleetmapping multidisciplinaire. Prochaines réunions Le 26 mars, le 30 avril, le 28 mai et le 25 juin à 14 heures à EGHEZEE. Traduction libre de la réunion COBRA du 31 octobre 2008 à Gand 1. Energy C Georges Maes de Fluxys a présenté une information sur les activités de FLUXYS et de leur dispatching dans le cadre du groupe ENERGY C 2. Paging Des tests de charge du système sont effectués avec ASTRID pour envoyer plusieurs RIC dans un seul SDS . De plus, on étudie une possibilité d’activer des RIC via SMS (GSM). 3. Fleetmapping – Le fleetmapping actuel n’est pas utilisé comme il a été conçu au départ. Il contient beaucoup trop de groupes et offre peu de possibilités pour une approche orientée zone. Même les communications multidisciplinaires posent problèmes. – La simplicité à l’utilisation est prioritaire par rapport à un choix étendu (et donc un modèle complexe). Les manipulation des radios en intervention doivent être réduites au stricte minimum. – Dans la plupart des situations, le groupe routine suffit à couvrir les besoins en communications opérationnelles d’un corps local (poste). Ceci, en contradiction avec le travail en groupe de projet locaux, qui ne sont pas « partageables » entre des corps de localités différentes. L’expérience prouve cependant que ces groupes projets sont peu utilisés. – Il faudrait examiner de quelle manière un DWS pourrait faciliter les communications entre corps (par exemple en combinant des groupes locaux). Le DWS est également un instrument utile afin de contrôler si chaque participant d’une intervention se trouve sur le bon groupe. – Conserver quelques groupes locaux pour des besoins interne (exercice, travaux dans la caserne). Ces groupes ne sont pas utilisés là où d’autres casernes interviennent. – Des interventions particulières à grande échelle ou là ou plusieurs postes/ casernes interviennent toujours ensembles se déroulent dans des groupes spécialement créés à cet effet avec une description (mnémonique) précise: GRIMP, PLONGEURS, MESURES, EQUIPE SAUVETAGE, CMIC, INCENDIE, ... Ces groupes spéciaux doivent exister au niveau zonal, provincial mais aussi national afin de tenir compte de la problématique des corps qui interviennent sur la frontière d’une zone ou d’une province. – Pour les communications multidisciplinaires il semble qu’un groupe de communication zonal est le mieux indiqué. Ces groupes sont peu utilisés et la durée de communication dans ceux-ci est courte. Le besoin d’une communication multidisciplinaire locale peut être remise en question. – Un dispatching zonal pour le suivi et la direction des communications est très souhaitable. – Plan cata: en gros la structure actuelle peut être conservée. 2 folder de groupes semblent être plus que suffisants (pour le moment 3 sets sont prévus par province). Les groupes LOG pourraient être supprimés. – Les groupes « cata » des autres provinces doivent aussi être mis à disposition pour les missions qui dépassent le cadre de la province. 12 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 La vie de la Fédération COSI ! "()$*#+)+% ,-! "()$.%"&'% !0! ! "#"$%&'''% ,-! "#"$%&%&%& /!01! 2 4 ! "(&$'*#)*" ,-! "(&$'*#)"+ /2!20! 3 ! ! "&($.("##&"%))$+.*')" ,-! "&($.("##% 0 ! 6 ! ".#$.*''&" ,-! !0! 5 $4 ! ".&$.*''&"")#$*(++&" ,-! !0!7!0 ! / 6 : ! "%.($.%#..#"%$'%%++%+ ,-! !0 !7 /!02/! 8 $4 9 ! ".)$*+'&+&"%)+$(".+*# ,-! ".)$**#'(' ; !0! < 63= >? ! "(#$*%".+# 7"%+)$*+)&&( 7"%)&$)&#('+ ,-! "(#$%(.%)# -! 03! 7 ! 02/! ! 3 =@ < "%)*$*&'(") 3 ! 0 *A " ##, 5C - "*$&""()&+"%+($&+&)&+ ,- !0! B 3; $ $ ! "%$*&)(("""%)&$('&%&& ,-! ! 0D!! % B=99 0/! 5E 5 3!0! F: $&'"(' "# $ %&'$!(& ,-"./0"12""..3 ! ) # '*!%* +*+* 0#%%"/.2-3"./ Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 13 La vie de la Fédération Le parlementaire Open Vld Guido De Padt vient d’être nommé ministre de l’Intérieur, il est âgé de 54 ans. Il succède à Patrick Dewael, lui aussi Open Vld, qui succède luimême à Herman Van Rompuy, devenu premier ministre, à la présidence de la Chambre. Guido De Padt est né à Grammont le 23 mai 1954. Licencié en droit et ancien avocat, il a débuté sa carrière politique en 1982 en tant que conseiller provincial en Flandre orientale et échevin de Grammont. De 1994 à 2000, il a été député permanent et de 2001 à 2006 bourgmestre de Grammont. Lors des élections communales de 2006, il a perdu son écharpe mayorale au profit du sp.a. Il est alors devenu échevin en charge de la culture, du tourisme, de la bibliothèque, les archives et du patrimoine, ainsi que président du CPAS. M. De Padt siège depuis 2003 à la Chambre des représentants. Il est principalement actif en matière de sécurité routière, de mobilité, d’entreprises publiques, de police et de sécurité. Il plaide notamment pour un service minimum dans les entreprises publiques. Il est un des champions des questions parlementaires. Au cours de la législature 20032007, il a introduit 743 questions écrites. Depuis novembre 2007, il en a déjà posé 571, soit une moyenne d’une par jour. De toutes ces questions, il fait d’ailleurs souvent un communiqué assurant ainsi sa présence dans la presse. 14 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 Au service du sapeur NOUVEAUTÉ Le Centre de Connaissances répond à vos besoins Le Centre fédéral de Connaissances est un nouveau venu dans le monde des services de secours. Mis sur pied en juin 2008 dans le cadre de la Réforme, il a une mission simple et vaste à la fois : assurer un meilleur service qualitatif en uniformisant les services de sécurité civile. Aujourd’hui, de nouveaux défis s’offrent à la Sécurité civile afin d’assurer de la meilleure façon possible sa mission première : servir et secourir les citoyens. Au vu du caractère ambitieux de cette mission, il convient en effet de s’adapter aux évolutions technologiques, sociétales et environnementales. La réforme de la Sécurité civile concrétise cette volonté. La loi du 15 mai 2007 relative à la Sécurité civile est non seulement le signal de départ d’une réorganisation escomptée, mais aussi le résultat de plusieurs années de travail et de collaboration entre toutes les parties concernées. Maintenant qu’une base solide existe, les grands travaux commencent. La mise sur pied du Centre fédéral de Connaissances pour la sécurité civile répond aux besoins exprimés par les professionnels. Cette structure spécifique, créée au sein du SPF Intérieur, a une particularité : elle dispose du statut de service de l’État à gestion séparée. Le Centre de connaissance dispose donc de toute l’autonomie nécessaire à l’exercice de ses fonctions. Qu’il s’agisse d’améliorer l’offre des formations, d’uniformiser les procédures opérationnelles ou de collecter des informations qui seront traitées puis rediffusées, le mot d’ordre est d’anticiper le changement. La participation de membres opérationnels détachés de leur service permettra également de disposer d’une expertise de terrain certaine. Grâce à cette nouvelle dynamique, la qualité des secours sera considérablement améliorée. Le Centre de Connaissances dispose d’organes propres : • Comité de gestion Composé du Président du Comité de direction du SPF Intérieur, du Directeur général de la DG Sécurité civile, du Directeur général de la DG Centre de crises, du Président de la Brandweervereniging Vlaanderen (BVV), du Président de la Fédération royale des Corps de Sapeurs-pompiers de Belgique – aile francophone et germanophone (FRCSPB), du Directeur général du Centre de connaissances ainsi que d’un expert scientifique désigné par le Ministre de l’Intérieur. • Cellule administrative • Groupe technique et scientifique Composé d’experts et de membres opérationnels détachés. Les missions L’objectif principal du Centre de Connaissances est de devenir LA référence en matière opérationnelle. Pour ce faire, plusieurs missions lui ont été attribuées par l’arrêté royal du 28 mars 2007 (article 3). 1. Rédiger les directives techniques et procédures opérationnelles pour les zones de secours ; 2. Former le personnel des services opérationnels de la Sécurité civile ; 3. Collecter et analyser les données statistiques des zones de secours ; Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 15 Au service du sapeur Auditoire du Centre fédéral de formation des services de secours (Florival). 4. Examiner et évaluer les incidents afin d’en reprendre les expériences ; 5. Mettre sur pied un centre de documentation en matière de Sécurité civile ; 6. Mettre sur pied et développer une expertise et un savoirfaire dans les différents services opérationnels de la Sécurité civile ; 7. Réaliser ou commander des études ; 8. Formuler des conseils stratégiques au Ministre ; 9. Diffuser les connaissances et mettre des informations à disposition du Ministre, des gouverneurs de province et de l’arrondissement administratif Bruxelles-Capitale, des bourgmestres et des services administratifs et opérationnels de la Sécurité civile ; 10. Développer un réseau d’expertise se composant d’experts intérieurs et étrangers et de spécialistes ; 11. Collaborer aux recherches et aux études relatives à la Sécurité civile, effectuées par d’autres institutions publiques ; 12. En cas d’état d’urgence, appuyer les services de secours intervenants par la mise à disposition d’information et de connaissances spécialisées. L’organisation de l’aide médicale urgente est écartée des domaines de recherche du Centre de Connaissances. À l’heure actuelle, sa mission prioritaire est de soutenir la Réforme. Ce rôle se concrétise par la participation des experts du Centre de Connaissances aux travaux en cours. Conséquences pour les sapeurs-pompiers Suivre les changements incessants auxquels la société est confrontée nécessite une connaissance toujours actualisée des produits et des tech- niques ainsi qu’une réévaluation permanente des besoins opérationnels. Face à ce constat, la création du Centre de connaissances est une véritable opportunité. Concrètement, plusieurs avantages pour les sapeurs-pompiers peuvent être mis en avant. Le savoir-faire de la profession sera développé et diffusé à grande échelle. Afin de construire un réseau d’experts tant nationaux qu’internationaux, une base de données est actuellement développée. Nos experts pourront ainsi être également sollicités par l’étranger et le haut niveau d’expertise belge dépassera bientôt nos frontières, entraînant dans son sillage une valorisation certaine de la profession. La diversification et la complexité croissante des interventions ont augmenté le besoin en formations. Le Centre de Connaissances harmonise actuellement l’offre pour, à terme, uniformiser les formations et élargir les compétences de tout un chacun. Enfin, à la suite d’un indispensable inventaire, les procédures opérationnelles seront standardisées afin d’améliorer la cohérence et l’efficacité des différents services. À travers toutes ces réalisations, le Centre fédéral de Connaissances veut répondre à un besoin essentiel qui doit être satisfait en permanence : assurer la sécurité des citoyens. Qu’il s’agisse de rencontrer les besoins du terrain ou de valoriser la profession, l’objectif est d’offrir un niveau de compétence élevé et des résultats de qualité. Étant donné que les missions du Centre de Connaissances n’ont désormais plus de secrets pour les sapeurs-pompiers, le prochain numéro lèvera le voile sur les priorités et les actions concrètes définies pour le futur. OPHÉLIE BOFFA 16 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 La vie des Unions Les Cadets sapeurs-pompiers en Belgique En Belgique comme dans la majorité des pays européens et dans le monde, existe au sein de services d’incendie, de volontaires ou de professionnels, des jeunes regroupés dans des casernes, suivant de une à deux fois par semaine une formation au métier de sapeur-pompier. Le S.R.I. (1) d’Enghien, Corps de catégorie Z (2) est un de ces services qui accueille et forme au métier, des jeunes appelés « Cadets sapeurs-pompiers ». Ils sont une quarantaine de jeunes gens, filles et garçons, entre 12 et 18 ans, en deux groupes 12 à 14 ans pour les minimes et 14 à 18 ans pour les juniors, qui chaque année sont prêts à affronter la réalité du métier qu’est le nôtre. Dès avant l’engagement de jeunes, une série de conditions sont imposées. Les parents ou tuteur doivent confirmer leur accord, et un formulaire relatif à l’état de santé de l’enfant doit être complété par un médecin, déclarant la capacité de l’enfant à suivre des épreuves physiques. Suite à ceci les jeunes, futurs sapeurs-pompiers, reçoivent un équipement complet. Cet équipement consiste en une tenue d’exercice (salopette), une casquette, un casque de sécurité, des gants de protections, des bottines de sé- curité, des lunettes de protection, un t-shirt, un blouson coupe-vent doublé, une tenue de sport, le tout dans un sac de voyage. Afin d’éviter toute dérive, compréhensible pour le jeune qui désire s’afficher avec fierté paré d’un nouvel atour, le port de la tenue et des différents éléments qui composent l’équipement qui lui a été remis, ne peut être utilisé ou porté en dehors de la caserne, sauf lors d’exercices encadrés et de cérémonies officielles. Ainsi, une formation approfondie étalée sur 6 années leur est appliquée. Cette formation comporte des parts égales de théorie, de pratique et de sports. Sur l’ensemble des missions de secours qui sont les nôtres, une part concerne aussi l’Aide Médicale Urgente. L’apprentissage dans un premier temps des gestes qui sauvent et de certaines techniques sont également enseignés de manière progressive. Une autre partie de nos missions concerne les accidents de la circulation et donc la désincarcération de victimes et les méthodes d’extractions de cellesci. Il y a aussi et bien sûr les exercices sur feux réels. Ils sont limités pour les plus jeunes, même si tous sont bien encadrés et seraient sans risques pour eux. Cependant, une fois par an, lors d’une démonstration annuelle, devant public, dans le parc d’Enghien, tous les jeunes, bien encadrés, peuvent démontrer leur savoir-faire sur des feux bien réels. D’autre part, également, une fois par an, les Cadets sapeurspompiers d’Enghien, bénéficient d’une journée de formation dans la caserne « Héliport » de Bruxelles, dans les tours d’exercices « feux » et « masques respiratoires » (un parcours dans l’obscurité totale) Ce circuit permet d’apprendre comment, sans connaître les lieux, rechercher une issue de sortie. Mais ne brûlons pas les étapes (sans mauvais jeux de mots !), les formations théoriques et pratiques sont complétées par de l’entraînement physique destiné à les préparer aux épreuves physiques de sélection lorsqu’ils postuleront dans un service d’incendie de volonDémonstration annuelle devant un public dans le parc d’Enghien Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 17 La vie des Unions Attente à la caserne « Héliport » avant d’affronter l’exercice, dans la tour « Feu » taires ou de professionnels à l’âge de 18 ans. Les entraînements physiques consistent en de la natation et des exercices physiques divers basés sur la souplesse, la résistance, et l’endurance, (courses, saut, équilibre, tractions, etc.). Vu l’absence ou la raréfaction de la pratique de sports dans les établissements scolaires, la nécessité d’activités physiques pour les jeunes, en manque, est une évidence. Le sport étant un gage de santé, il s’impose donc amplement. Ainsi, un accent Photo de groupe prise après la journée de formation à la caserne de Bruxelles particulier est mis, au sein du service d’incendie, sur la pratique de sports, justifiée d’une part pour des raisons de santé physique et morale, et d’autre part pour acquérir de la souplesse, de la résistance et de l’endurance, dont les futurs sapeurs-pompiers devront faire montre de leurs capacités et forme physique lors des missions de secours qu’ils seront amenés à exécuter. Le souci premier de tous, instructeurs, formateurs, et tous les personnels des services d’incendie est d’offrir aux jeunes, futurs sapeurs-pompiers, le meilleur d’eux-mêmes pour amener l’enfant à l’âge adulte avec un bagage et un potentiel de capacité qui lui permettra d’affronter, sans craintes, une série d’épreuves auxquelles il sera confronté. (1) S.R.I. (Service Régional d’Incendie) (2) Catégorie « Z » (Service de volontaires) J-JACQUES URBAIN 18 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 Prévention Poêles au bioéthanol : attention, danger potentiel ! Les énergies renouvelables pour se chauffer ? Oui, mais pas à n’importe quel prix. Et surtout pas celui de la sécurité du foyer… Dans le secteur de la prévention incendie, nous sommes de plus en plus sollicités pour répondre à des demandes concernant de nouveaux modes de chauffage et plus particulièrement au sujet des « nouvelles énergies ». En effet, les énergies renouvelables constituent un secteur rentable en période de crise. Investir massivement dans ce type d’énergie serait non seulement utile dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique mais surtout économiquement rentable en cette période de crise. Les poêles au bioéthanol font partie des demandes aux- quelles nous devons faire face, c’est pourquoi il nous est venu à l’idée de présenter ces nouveaux produits. Le bioéthanol est issu de l’hydrolyse puis fermentation des sucres contenus dans les végétaux tels que la betterave, la canne à sucre, blé, topinambour… Ce carburant est donc une source d’énergie renouvelable sans risque de pénurie à plus ou moins long terme. Cet éthanol d’origine végétale n’est rien d’autre que de l’alcool éthylique (C2H5 OH) que nous retrouvons dans les boissons alcoolisées. Il peut être mélangé à l’essence en des proportions allant de 5 % à 85 %. Le résultat principal est la réduction de gaz polluants et les fumées, cette diminution se doit au contenu en oxygène du biocarburant qui limite la formation des particules lors de la combustion. Pour la petite histoire, la transformation de l’éthanol en carburant vert est appelée pour l’Europe ETBE (éthyl tertio butyl éther) ce qui demande un apport de produits chimiques (acide sulfurique) et une grande quantité d’énergie, cela signifie un bilan énergétique quasiment aussi mauvais que celui de l’essence d’origine fossile ! Cette information crée évidemment une controverse sur un point de vue écologique. Le principe de fonctionnement d’un chauffage au bioéthanol est identique à celui d’un poêle au pétrole classique. L’appareil se présente sous la forme d’un poêle ou d’une cheminée sans conduit, une face vitrée permet la vision du feu. Ce mode de chauffage ne doit pas remplacer l’installation principale de la maison mais plutôt servir de chauffage d’appoint. Deux litres de bioéthanol suffiraient à alimenter pendant quatre heures un foyer destiné à chauffer une pièce de 70 m2. Pour les puristes : le dégagement de CO2 serait l’équivalent de celui deux bougies pour deux litres de bioéthanol (chiffres émis par les fabricants) ne précisant pas la taille ni le type de bougies, il est plus intéressant de calculer le dégagement de CO2 en tenant compte de la masse molaire de l’éthanol, pour rappel : C2h5 OH. Carbone : 12, Hydrogène : 1, Oxygène : 16 total = 46 g. Permettez-moi de vous rappeler quelques bases de chimie. Ainsi la combustion de l’éthanol dégage du dioxyde de carbone + de l’eau (CO2 + H2O). On peut donc, en équilibrant l’équation chimique, obtenir la quantité de CO2 exacte produite pour un litre de méthanol. Danger : Toutefois, si l’air n’est pas en quantité suffisante dans la pièce (espace réduit ou mal aéré), la combustion de l’éthanol sera incomplète et va dégager du monoxyde de carbone Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 19 Prévention (CO, de l’eau et des particules noires de carbone). C’est là que ça se gâte car le CO est un gaz toxique incolore et inodore qui se fixe sur l’hémoglobine du sang en remplaçant l’oxygène ! Les dangers sont donc triples : augmentation de l’humidité dans le logement, augmentation du taux de CO2 dans l’air de l’habitation et production CO mortel. Connaissant maintenant cela, pouvons-nous, en tant que techniciens en prévention incendie, autoriser ce type de chauffage ? dans un endroit sec et ventilé. Enfin, comme nous l’avons déjà vu plus haut, un usage occasionnel est conseillé, ne laissez jamais votre appareil branché toute une journée et pensez à l’éteindre si vous quittez l’habitation. Plutôt que de répondre, je préfère vous donner quelques conseils. Il est fortement déconseillé d’installer ces appareils dans des locaux trop exigus (inférieurs à 10 m2) ou une pièce mal aérée ou sans ouverture. Lors de la manipulation, il ne faut pas oublier que l’éthanol est un liquide très inflammable. Il faut donc éviter de stocker une grande quantité de produit (bidons de maximum 2 litres) et Selon les dernières informations, une norme devrait voir le jour concernant le chauffage à l’éthanol. Mais le fabricant reste responsable de son produit et le marquage CE s’impose. LIEUTENANT PHILIPPE WALLAERT 20 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 Aspects techniques Éclairage de sécurité et de secours Introduction Éclairage de sécurité et éclairage de secours sont des notions de prévention incendie qui s’appliquent dans tout type de bâtiment à partir du moment où des personnes sont susceptibles de devoir les évacuer. Il faut en effet, pour se diriger en confiance vers les issues de secours, devoir disposer d’un éclairage minimum en cas de disparition de l’éclairage normal. Dans certains cas, il est nécessaire de pouvoir également continuer certaines activités même si le circuit d’éclairage normal fait défaut. Le but de cet article est de vous « éclairer » sur les prescriptions légales, normatives et techniques en vigueur. Les normes d’éclairage exigent dans certains locaux et espaces un niveau d’éclairement minimal, que ce soit pour pouvoir y vivre, y travailler ou devoir les quitter en cas de risque pour la sécurité des occupants. On atteint ce niveau en utilisant un nombre de luminaires qui sont installés à une interdistance particulière les uns par rapport aux autres. De quoi dépend le niveau d’éclairement ? Les paramètres suivants sont à prendre en considération : 1. Le flux lumineux réel de la lampe du luminaire 2. Le rendement du luminaire et de sa distribution lumineuse 3. Le nombre de luminaires 4. Le local : ses dimensions et les facteurs de réflexion des parois Notions essentielles de photométrie La réglementation donne des niveaux minima d’éclairement à atteindre exprimés en Lux alors que les caractéristiques des luminaires sontelles exprimées en Candela et des ampoules et tubes lumineux en Watt. Une série de définitions sont nécessaires à la bonne compréhension des données utilisées d’une part par le prescripteur et d’autre part par le concepteur. Flux lumineux Symbole : F Unité : lumen (lm) Le flux lumineux est défini comme la quantité de lumière émise en une seconde par une source lumineuse dans toutes les directions. Intensité lumineuse Symbole : I Unité : candela (cd) Grandeur caractérisant l’importance du flux lumineux dans une direction donnée. Il s’agit du flux lumineux émis par unité d’angle solide dans une direction donnée. L’angle solide est l’angle au sommet d’un cône. L’angle solide a la valeur d’un stéradian (sr) lorsque le cône délimite une surface d’un mètre carré sur une sphère d’un mètre de rayon. L’intensité lumineuse I est ainsi le rapport de la surface S du segment sphérique que le cône découpe sur une sphère de rayon r, au carré du rayon de cette sphère. Elle permet de caractériser les luminaires en indiquant sur un graphe leur intensité lumineuse dans les différentes directions (pour une source lumineuse de 1 000 lm par exemple). Lorsqu’une source produit sur un luxmètre placé à 1 m un éclairement de 1 lux, son intensité lumineuse est de 1 candela. L’intensité lumineuse varie en fonction des directions. On peut représenter cette variation sur un diagramme dit « polaire ». L’analyse du diagramme polaire informe sur la direction des rayons de la lumière. Cela détermine les interdistances à respecter entre les luminaires. Les luminaires de sécurité ont la caractéristique d’émettre des rayons à grande distance. Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 21 Aspects techniques Luminance Symbole : L Unité : candela/m2 (cd/m2) Grandeur caractérisant l’aspect lumineux d’une surface éclairée, d’une source lumineuse ou d’un appareil d’éclairage, dans une direction donnée. La luminance est le quotient de l’intensité lumineuse d’une surface par l’aire apparente de cette surface, pour un observateur lointain. En terme plus simple, c’est la « brillance » d’une surface réfléchissante éclairée, telle qu’elle serait vue par l’œil de l’observateur ou l’objectif d’une caméra. La luminance varie selon 2 facteurs : • L’éclairement sur une zone déterminée E (lux) • le facteur de réflexion de la surface éclairée r (r a toujours une valeur < 1) Les normes définissent une marge de sécurité en ne tenant pas compte de l’apport de la lumière réfléchie sur les plafond, parois et sol. Il convient donc de prendre des facteurs de réflexion égaux à zéro, tout en sachant que la réalité peut avoir un résultat jusqu’au double du résultat calculé. source lumineuse, l’éclairement diminue en raison du cosinus de l’angle α que fait la surface éclairée avec la droite normale à la direction de la source). E = I/R2 · cos α Exemple : I = 1 800 cd / R = 2.75 m / α = 30 ° —————> Éclairement : 206 lux Exemple de niveaux d’éclairement rencontrés : Pleine lune Lumière d’une bougie à 30 cm Rue de nuit bien éclairée Pièce d’appartememt Extérieur beau temps à l’ombre 0.3 lux 10 lux 20 - 70 lux 100 lux 10 000 - 15 000 lux Éclairement Symbole : E Unité : lux (lx) Quantité de lumière reçue par une unité de surface. L’éclairement dépend : • de l’intensité I (cd) de la source • de la distance de la source à la surface éclairée (R) • du cosinus de l’angle α entre la surface et la direction normale à la source (lorsque la surface éclairée n’est pas perpendiculaire à l’axe de la Luxmètre permettant de mesurer l’éclairement Rendement Rapport du flux lumineux émis par le luminaire au flux lumineux de la ou des lampes fonctionnant hors du luminaire. Une partie du flux lumineux émis par la lampe sera absorbée par le luminaire. Un luminaire qui a un rendement de 70 % absorbe 30 % de la lumière de la lampe ; le flux lumineux résultant pour un éclairage de 275 lumen donnera 275 x 70 % soit environ 192 lumen. Que dit la réglementation ? Pratiquement tous les textes de prévention incendie parlent de l’éclairage de sécurité et de l’éclairage de secours. On peut notamment lire dans l’A.R. Normes de Base les définitions suivantes : 22 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 Aspects techniques Éclairage de secours : éclairage artificiel qui permet de poursuivre une certaine activité en certains endroits du bâtiment en cas de défaillance de l’éclairage artificiel normal. Éclairage de sécurité : éclairage artificiel qui, dès la défaillance de l’éclairage artificiel normal, permet aux personnes de cheminer jusqu’en lieu sûr et de gagner les sorties du bâtiment. Il doit permettre la visibilité des obstacles et l’exécution des manœuvres nécessaires en cas d’incendie. En ce qui concerne les locaux et espaces devant disposer d’éclairage de sécurité, les dispositions suivantes sont également énoncées dans l’A.R. Normes de Base : Pour les bâtiments bas, moyens et élevés : Les chemins d’évacuation, les coursives, les paliers, les cabines d’ascenseurs, les salles ou locaux accessibles au public, les locaux abritant les sources autonomes de courant ou les pompes des installations d’extinction, les chaufferies et les tableaux principaux sont pourvus d’un éclairage de sécurité permettant d’atteindre un éclairement horizontal d’au moins 1 lux au niveau du sol ou des marches, dans l’axe du chemin de fuite ; aux endroits du chemin de fuite qui pourraient présenter un danger, l’éclairement minimal horizontal sera de 5 lux. Ces endroits dangereux peuvent être, par exemple, un changement de direction, un croisement de couloirs, un accès aux escaliers, un changement de niveau imprévisible dans la trajectoire. L’éclairage de sécurité peut être fourni par des appareils autonomes branchés sur le circuit alimentant l’éclairage normal concerné, si ces appareils présentent toutes garanties de bon fonctionnement. L’éclairage de sécurité doit répondre aux prescriptions des normes suivantes : • NBN L 13-005 (Prescriptions photométriques et colorimétriques) • NBN C 71-100 (règles d’installation et instructions pour le contrôle et l’entretien) • NBN C 71-598-222 (appareils autonomes) Résumé du contenu des références normatives reprises dans l’A.R. – Normes de Base NBN L 13-005 (prescriptions photométriques et colorimétriques) La norme belge NBN L 13-005 donne les principes généraux qu’il faut respecter, en vue de la bonne réalisation d’un éclairage de sécurité dans les bâtiments. Elle décrit les prescriptions à suivre pour le projet, le calcul et la vérification des caractéristiques photométriques de l’éclairage électrique de sécurité dans les bâtiments. L’éclairage de sécurité doit permettre l’évacuation en toute sécurité lorsque l’éclairage normal vient à faire défaut. • Obtenir assez de lumière le long des chemins d’évacuation • Signaler de manière claire et sans risque de confusion, les issues et les chemins y menant Croisement de couloirs Changement de direction L’éclairage de sécurité doit fournir un niveau d’éclairement • à mesurer horizontalement • à hauteur du sol (+ 10 cm.) • dans l’axe du chemin d’évacuation • uniformément : Éclairement minimum / Éclairement maximum > 1/40 • éblouissement minimum Volées d’escaliers Sortie vers l’extérieur Cet éclairage de sécurité peut être alimenté, par la source de courant normal, mais, en cas de défaillance de celle-ci, l’alimentation est fournie par une ou plusieurs source(s) autonome(s). NBN C 71-100 (règles d’installation et instructions pour le contrôle et l’entretien) – Éclairage et signalisation de sécurité à source centrale • source dans un emplacement répondant au RGPT • accessible par une personne mandatée Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 23 Aspects techniques • convenablement ventilé • 12 points lumineux maximum par circuit • Câblage F3 suivant la norme NBN C30-004 pour traverser des emplacements à risque d’incendie (BE2) – Blocs autonomes • alimentés par circuit de l’éclairage normal de la pièce • locaux techniques, bloc en veille quand quelqu’un entre dans le local – La responsabilité du bon fonctionnement appartient au gestionnaire de l’établissement Règles de bonne pratique – Référence normative d’origine européenne NBN EN 1838 : norme élaborée par le comité technique CEN/TC 169 « Lumière et éclairagisme » Cette norme a été élaborée dans le domaine d’application de l’article 118 a du Traité CE. L’éclairage de secours est considéré comme un terme générique repris dans la norme NBN EN 1838 dont il existe plusieurs formes spécifiques : – Vérification obligatoire du bon fonctionnement de l’armature au niveau de l’autonomie : test fonctionnel de l’armature pendant 1 heure, au moins une fois par an et par une personne avertie BA4 (min. A3 en électricité). – Consignation de la vérification à faire dans un cahier de sécurité NBN C 71-598 -222 (appareils autonomes – normes constructives) – Blocs autonomes – Systèmes centralisés – Éclairage permanent/non permanent – Indication de charge obligatoire sur les armatures autonomes, des batteries et marquage clair et complet – Le luminaire ne peut avoir de starter – Les blocs autonomes doivent être munis d’un moyen d’essai intégré afin de simuler une défaillance de l’alimentation normale – Notice d’inscription – Commutation de l’état de veille au secours pas moins de 0,6 fois la tension d’alimentation ni plus de 0,8 fois – Protection contre l’inversion de polarité – Données photométriques doivent être disponibles – Résistance au feu, à la chaleur et au courant de cheminement (1h à 70 °C) – Autonomie : min. 1 h. – Batteries chargées en 24 h • nickel-cadmium étanche • plomb, étanche à soupapes On distingue dans la norme les termes suivants : Éclairage d’évacuation Partie de l’éclairage de sécurité destinée à assurer l’identification efficace et l’utilisation sûre des moyens d’évacuation à tout moment de la période d’occupation des locaux. La norme EN 1838 précise que dans les chemins d’évacuation, l’éclairement horizontal au sol, le long d’une ligne centrale doit être d’au moins 1 lux (grandeurs photométriques : définition de l’éclairement) et la zone centrale, constituée au moins de la moitié de la largeur du chemin d’évacuation, doit être éclairée à 50 % de cette valeur. La durée d’éclairement doit être au moins d’une heure. Pour les chemins d’évacuation jusqu’à 2 mètres de largeur, l’éclairement horizontal au sol, le long d’une ligne centrale d’un chemin d’évacuation, ne doit pas être < 1 lux et la zone centrale, constituée au moins de la 1/2 de la largeur du chemin, doit être éclairée à 50 % de cette valeur minimum. – Éclairement horizontal pas inférieur à 1 lx dans la ligne centrale – Zone centrale = 1⁄2 de largeur du chemin : 0.5 lx minimum 24 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 Aspects techniques – Éclairement maximum / Éclairement minimum = 40/1 sur ligne centrale – Autonomie : 1 heure – En 5 sec. il doit y avoir 50 % éclairage requis et 60 sec pour la totalité Éclairage d’ambiance (antipanique) L’éclairage d’ambiance, également appelé éclairage antipanique, est la partie de l’éclairage de sécurité prévue pour éviter tout risque de panique et qui fournit un éclairement permettant aux occupants d’identifier et d’atteindre les chemins d’évacuation. La norme donne les caractéristiques suivantes : – Éclairement horizontal au moins 0.5 lx sur la totalité de la surface du local – On néglige une bande de 0.5 m à la périphérie NBN EN 1838 : Schéma illustratif d=sxp avec Éclairage des emplacements des travaux dangereux Partie de l’éclairage de sécurité destinée à garantir la sécurité des personnes occupées à des activités potentiellement dangereuses ou travaillant dans un environnement dangereux et permettant le bon déroulement des procédures d’arrêt pour la sécurité de l’opérateur et des autres occupants des locaux. – Il ne peut être inférieur à 10 % de l’éclairement normal et ne peut être inférieur à 15 lx – Le temps de réaction est de 0.5 s. pour obtenir 100 % de l’éclairage Éclairage de remplacement Partie de l’éclairage de secours prévue pour permettre la poursuite des activités normales sans grand changement. • d = distance de visibilité • p = hauteur du panneau • s = Constante = • 100 pour les pictogrammes éclairés de l’extérieur • 200 pour les pictogrammes éclairés de l’intérieur NBN EN 50171 : types de systèmes d’alimentation à source centrale 1. mode commuté (temps de réponse max 0,5 s) 2. mode parallèle (alimentation permanente) Signalisation de sécurité pour l’évacuation et les premiers secours 3. mode commuté avec dispositif de commutation centralisé pour la commande de charge La norme précise qu’étant donné qu’un pictogramme éclairé intérieurement peut être identifié à une distance plus importante qu’un pictogramme de même taille éclairé de l’extérieur, la distance de visibilité maximale doit être déterminée en utilisant la formule suivante : 4. mode commuté avec dispositif de commande à commutation pour connexion partielle de la charge d’utilisation 5. mode commuté non permanent – Condition de fonctionnement Batterie protégée contre la décharge profonde Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 25 Aspects techniques – Construction 1. enveloppe : résistance mécanique suffisante – IP 20 au moins – Résistance à la chaleur 2. chargeurs : 80 % de l’autonomie chargée en 12 heures 3. onduleurs : protégés par des fusibles – Dispositif de surveillance 1. tension batterie 2. courant de charge 3. courant traversant la charge d’utilisation 4. courant sortie du chargeur – Signalisation des défauts 1. courant 2. isolation 3. défaillance chargeur – Batteries au plomb pour automobile pas admis – Marquage du matériel clair et durable NBN EN 50172 : 2004 systèmes d’éclairage de sécurité courte durée doivent être enregistrés mensuellement 3. Annuellement : résultats des tests d’autonomie doivent être enregistrés. Chaque luminaire et signalisation doivent être vérifiés pendant toute leur autonomie. Tableaux de données concernant l’implantation des blocs autonomes d’éclairage Dans les catalogues des constructeurs, on peut trouver des tables permettant en fonction du type de luminaire, de l’intensité lumineuse demandée et des hauteurs de placement, de déterminer les interdistances dans les axes longitudinaux et transversaux, entre blocs d’éclairage ainsi que les distances de placement par rapport aux parois verticales. Exemple : Interdistances pour une armature BLK 1025/1425 (Constructeur : COOPER Menvier) pour un niveau d’éclairement de 1 lux au sol à différentes hauteurs de placement des luminaires : Identification et éclairage des signalisations des évacuations de secours : Lorsque le repérage direct d’une sortie n’est pas possible et qu’un doute peut subsister sur sa localisation, une signalisation directionnelle (ou une série de localisations) doit être installée et placée de telle sorte qu’une personne la suivant soit directement acheminée vers une sortie de secours. Une signalisation de sortie ou signalisation directionnelle doit être visible en tout point de la voie d’évacuation. suivant les règles suivantes : Systèmes alimentés par source centrale : Les systèmes alimentés par sources centrales doivent être conçus et construits conformément à la EN 50171 et les exigences de sécurité des batteries d’accumulateurs doivent être conformes à la EN 50272-2. Concernant les ensembles générateurs d courant alternatifs entraînés par moteur à combustion interne réversible, les alimentations d’énergie de secours pour les systèmes de sécurité doivent être construites suivant l’ISO 8528-12. Entretien et vérifications : Liens vers internet : http://www.eclairage-securite.com/ 1. Tous les jours : les témoins d’alimentation par source centrale (contrôle visuel) 2. Mensuellement : quand il existe un système de test automatique, les résultats des essais de MAINTENANCE DE L’ÉCLAIRAGE DE SÉCURITÉ : DOSSIER DU FABRICANT COOPER 26 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 Le Sapeur-Pompier en balade Accueil, hospitalité, solidarité « Bon, maintenant, bonne nuit ; tu es tout seul dans la caserne. TU ES CHEZ TOI… » ! Cette phrase entendue très souvent pourrait résumer le périple. Laisser les clefs de sa maison à un inconnu !… Charme bucolique des Ardennes. Un petit autocollant est imprimé à l’occasion du périple et distribué dans les casernes. d’être hébergé dans des casernements de pompiers. Au Portugal en effet, sans aucune préparation d’itinéraire ni demande préalable, me dirigeant seulement vers le nord, les bombeiros m’ont accueilli à bras ouverts, partout ! Ces dernières années, j’ai eu le bonheur d’arpenter cinq chemins différents menant à Saint Jacques de Compostelle. C’est lors d’un de ces caminos en 2005, remontant à pied sur près de 1 200 kilomètres, de Portugal jusque Marcheur, mais pasFaro ascète. au Une bonne Orval entre Santiago en Galice, que m’est Ardenne et Gaume, mais aussi Maredsous, Chimay, Gauloise, Cuvée des Trolls, Duvel, venue l’idée deWestmalle, ce tour des fronCharles-Quint, Postel, Ops-All, etc., etc… tières belges, en essayant Un beau jour de 2008, l’idée resurgit ; le sac à dos, vieux compagnon de tant d’escapades depuis plus de 15 ans, est vite prêt. Il a l’habitude. 21 octobre. 07 h 30. Clic-clac. La porte de mon home sweet home fermée, le premier arrêt, symbolique pour moi, sera cent mètres plus loin, à mon ancien casernement des pompiers batticiens ; en compagnie de quelques amis, j’y déguste un bon café. Huit coups sonnent au clocher tout proche quand je fais les premiers pas d’une très longue série, sous une pluie battante. Trois kilomètres plus loin, arrêt au cimetière d’un petit village où repose mon ange gardien. J’aurai bien besoin de son aide, comme d’habitude… Les préparatifs ont été plus que sommaires : une carte routière sur laquelle sont reliées par un trait de fluo bleu les casernes plus ou moins frontalières, ainsi qu’un livre-atlas léger au 1/100 000 couvrant la Belgique. Pour me conserver le petit côté « aventure », je ne contacterai qu’un jour ou deux à l’avance les responsables de casernements où j’espère être hébergé ; ma demande se limitera au toit pour une nuit, avec si possible une civière et la possibilité de prendre une douche. Je n’essuierai que deux refus catégoriques, un du côté francophone qui m’a seulement obligé à allonger mon étape d’une dizaine de kilomètres et l’autre au nord du pays ; j’y logerai dans une auberge de jeunesse. Il n’est évidemment pas facile pour un Chef de Service qui ne me connaît ni d’Eve ni d’Adam, d’accepter de me loger, à ma simple demande téléphonique. D’autre part, nombre de casernes ne sont pas équipées pour le logement, même pour leur propre personnel. Au fil des jours, cette simple marche, ni pari, ni défi, s’est transformée en challenge : celui de demander l’hospitalité et d’être compris dans cette démarche de chaîne de solidarité entre pompiers. Un seul vrai chaînon sera manquant ; inten- Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 27 Le Sapeur-Pompier en balade tionnellement, je ne le nommerai pas, le but de cet article n’étant pas de porter préjudice à qui que ce soit. De toute façon, chacun est maître chez soi. Comme pour chaque voyage, il me faut 4 ou 5 jours avant d’être vraiment, tête et jambes, dans le chemin ; comme un moteur Diesel, une fois qu’il est parti, c’est pour longtemps… Mon chemin en croise parfois un autre, celui des pèlerins vers Saint Jacques de Compostelle. Ni poète, ni écrivain, encore moins romancier, je vais seulement essayer de te raconter ce que j’ai ressenti lors de cette petite aventure. Qu’elle est belle notre petite Belgique, si variée, et que ses habitants sont accueillants ! Une autre idée d’évasion, en suivant les chemins de halage le long de canaux, dans une féerie de couleurs automnales Omniprésente Sainte-Barbe. Dans certains services incendie, dès l’alerte, une lumière l’éclaire et n’est éteinte que lorsque le dernier personnel en intervention est de retour au casernement. Le voyage pédestre en solitaire, sac au dos, est le meilleur moyen de découvrir une région, d’y faire des rencontres quasi journalières, d’en apprécier les petites joies qui sont l’essence même d’un voyage, – comme cette boulangère bastognarde qui, ayant aperçu la coquille de Saint Jacques accrochée à mon sac, m’offre le café et deux délicieux cougnous – comme cette dame à qui je demande mon chemin pour sortir d’une petite ville et qui me répond « Mais avez-vous mangé ce matin ? » – comme ce boucher qui veut absolument m’offrir le morceau de succulent boudin gaumais que je désirais lui acheter – comme ces deux pompiers d’un poste avancé qui n’hésitent pas à prendre leur sac de couchage et à l’installer dans le bar du casernement, afin de me tenir compagnie pour la soirée ; un troisième pompier apportera croissants et pains au chocolat le lendemain matin… – comme… comme… De Battice à Battice, mes pas m’auront conduit, soit pour y loger, soit pour saluer des collègues, dans les casernes de Dolhain-Limbourg, Eupen, Malmedy, Waimes, Sankt-Vith, Houffalize, Bastogne, Wolwelange (LUX), Bigonville (LUX), Arlon, Virton, Florenville, Bouillon, Gedinne, Beauraing, Dinant, Philippeville, Chimay, Beaumont, Mons, Peruwelz, Tournai, Pecq, Dottignies, Roubaix (FR), Wervik, Ieper, Poperinge, Veurne, Koksijde, Nieuwpoort, Middelkerke, Oostende, De Haan-Wenduine, Eeklo, Sint-Gillis-Waas, Antwerpen Zuid, Brasschaat, Wuustwezel, Arendonk, Lommel, Bree, Maasmechelen, Maastricht (NL) et enfin MontzenPlombières. Une variété infinie de paysages : le Plateau de Herve, la vallée de la Vesdre, le Plateau des Hautes Fagnes, les vallées de l’Ourthe, de la Sûre, de la Semois et ses méandres, l’Ardenne et la Gaume, les vallées de la Houille, du Ton, de la Meuse, la Botte du Hainaut où coulent le Viroin et l’Eau Blanche, la Sambre, la Trouille, le Canal Nimy-Blaton, l’Escaut, la Leie, la Lys, l’Yser, les plages de la Côte, le Schelde Land, la Campine trop peu connue et ses nombreux canaux qui me conduiront jusque Maastricht, et enfin la Gueule… Que ce soit en Province de Liège, du Luxembourg, de Namur, du Hainaut, de Flandre Orientale puis Occidentale, d’Anvers ou du Limbourg, que ce soit au Grand Duché de Luxembourg, en France, en Hollande, en Allemagne, que la région soit germanophone, néerlandophone ou francophone, quels que soient la langue, le dialecte, l’accent du pompier, professionnel ou volontaire, sapeur ou gradé, PARTOUT, j’ai reçu aide et hospitalité ! 28 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 Le Sapeur-Pompier en balade Après les GR gaumais, enfin le sable ostendais ! Quel bonheur que de fouler la digue de notre côte et d’arriver à Ostende ; il y a 24 jours que je suis parti de Battice. Les pieds sont toujours OK, mais les semelles des chaussures sont KO, lisses comme des peaux de… bananes. Ce n’est évidemment pas leur premier voyage, mais ce sera le dernier. Elles ont déjà été réparées plusieurs fois au silicone, ce qui a permis leur imperméabilité… que j’ai le visage rouge sang : la casquette a déteint ! Autre gag à Martelange après un petit repos sous le monument des Chasseurs Ardennais. Sac au dos, j’entre dans une des nombreuses stations service, pour y acheter du tabac. Dans de nombreuses casernes, j’étais seul pour la nuit, disposant soit d’une clef, soit du code d’accès. Ici, mon lit de camp est installé dans le bar et cette photo témoigne de la confiance qui m’a été accordée. La signalisation routière est parfois fantaisiste. Deux exemples flagrants : à Maldingen, un panneau indique Houffalize 15 km ; deux kilomètres plus loin, à Beho, un autre panneau signale Houffalize 22 km… Pas bon pour le moral ! La caissière, candide : « Pas d’essence, Monsieur ? »… Dans plusieurs casernes où j’ai reçu l’accord d’hébergement, l’information n’a pas été transmise au corps de garde ; s’ensuivent palabres et coups de téléphone, mais tout finit toujours par très vite s’arranger. Dans d’autres casernes au contraire, le lit ou la civière qui m’accueillera est déjà prête, le café est chaud et le chauffage allumé dans les douches… Chaque jour, je décale vers les 8 heures. Dans le sud du pays, beaucoup d’endroits me sont familiers pour les avoir parcourus lors de nombreuses MESA (Marche Européenne du Souvenir et de l’Amitié), ainsi qu’au nord-ouest où j’ai participé à deux reprises aux Vierdaagse van de Ijzer. Par contre, un cas contraire à Houdrigni, où Florenville serait distant de 32 kilomètres alors qu’en réalité il n’en reste que… 22 !! Le moral remonte en vérifiant ma carte. Quelques gags émaillent les journées. À la première caserne visitée, m’est offerte, entr’autres, une casquette rouge que je m’empresse de poser sur la tête. Deux heures plus tard, sous la drache nationale, en entrant dans Eupen, les passants que je croise me dévisagent bizarrement. En me regardant dans une vitrine, je m’aperçois Défilé du 11 novembre à Ypres. Le détachement des pompiers locaux va jouer, comme chaque jour, le Last Post en hommage aux soldats britanniques tombés lors de la bataille de l’Yser. Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 29 Le Sapeur-Pompier en balade impression de « ne pas avancer » ; au-delà de 35 kilomètres, la fatigue est bien réelle. Les itinéraires entre « villes étapes » lors de ce tour de Belgique (routes nationales, communales, Ravels, chemins de grande randonnée, chemins de remembrement ou de halage, sentiers forestiers…) me sont conseillés par les pompiers locaux qui connaissent très bien le terrain. Au petit matin, dans le brouillard ou le crachin, les routes nationales du sud du pays sont très dangereuses : accotements herbeux, boueux. Bien sûr, je porte un gilet fluo, mais l’allure de certains automobilistes, et même les dépassements dans le brouillard, frisent l’inconscience. En Flandre par contre, la marche sera beaucoup plus facile, plus sécurisante, car toutes les voiries sont doublées par une piste cyclable. Malgré quelques jours de vraie pluie belge, de brouillard, quelques rafales de grêle ou de neige, la météo n’aura pas été « trop mauvaise », compte tenu de l’époque de l’année. Il faut « en garder sous le pied », car demain, après-demain et encore après, l’étape sera à faire. D’où une moyenne maximum de 4 km/heure et par deux fois la décision d’emprunter les transports en commun pour les dix derniers kilomètres de l’étape. Dès l’âge de 10 ans, dans quelques trop rares casernes du pays, la fierté des jeunes sapeurs-pompiers ; la relève motivée à Bree est assurée : ils (et elles) ont déjà le « virus » pompier. de fromage, un coup de vin rouge… Le bonheur n’est pas le but, mais bien le chemin ! Ce sont les étapes entre 25 et 30 kilomètres qui me conviennent le mieux ; moins, j’ai l’idiote Après Beaumont, ce sera un couple d’amis sur la route des vacances vers la Côte d’Opale qui m’avance d’une dizaine de bornes ; à Bree, un véhicule du service incendie me conduira jusqu’aux berges du canal, m’épargnant ainsi une dizaine de kilomètres. Ce voyage un peu insolite suscite souvent des questions. « Vous venez d’où ? », « Vous allez où ? » Deux réponses à chacune de ces questions : ce matin, j’ai quitté X pour essayer d’être ce soir à Y, mais mon voyage a commencé à Battice, pour essayer d’y retourner. Là, je dois sortir la carte pour situer mon petit village et souvent, les yeux s’écarquillent… Parfois les 12 kg de mon sac à dos sont de plomb ; le moral est dans les talons (météo exécrable, trop longue étape, beaucoup de dénivelé, de la boue, la dangerosité d’une route nationale, rien dans les jambes…). Faire le gros dos et attendre que ça passe : personne ne m’a obligé à venir ici, ni même à continuer. Cependant, je ne veux pas jeter l’éponge car ce serait aussi décevoir toutes ces personnes qui espèrent que ce tour de Belgique va se finaliser. Le lendemain, le sac est léger avec ses mêmes 12 kg, mais de plumes cette fois : le soleil est radieux, en T-shirt sur un petit muret de pierres, je déguste ma baguette, un bout de saucisson, En Campine, le long d’un canal, après une mini-tempête arrachant des branches d’arbres, le froid piquant puis la neige font leur apparition. 30 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 Le Sapeur-Pompier en balade Autre question : « Vous êtes courageux, mais pourquoi ce voyage ? ». Ma seule réponse est parce que j’aime ça… Ce n’est nullement du courage que cette solitude librement consentie et même recherchée, ce n’est que du bonheur. Autre phrase souvent entendue : « J’aimerais être à ta place… ». Eh oui, l’ami, je suis conscient de la chance que j’ai ! Dans certains corps de pompiers le vendredi ou le samedi soir, ont lieu les changements d’équipes de garde de semaine. L’occasion de se retrouver devant un bon verre (pour l’équipe descendante…) et de se raconter les derniers potins, comme dans toutes les casernes. Parfois, pour une photo de groupe, le drapeau du Corps est fièrement sorti. Nombre de petits mots sont aussi inscrits par les pompiers dans mon carnet de route ; ils me sont très précieux, car venant du cœur… Quelques-uns de ces vendredis ou samedis soirs pourraient être qualifiés de « traquenard », sympathiques s’il en est, mais « embuscade » tout de même ! En quittant un petit matin, le jour naissant à peine, une grande caserne hypermoderne dans un zoning industriel, une autopompe revenant d’intervention « nettoyage de chaussée » me croise. Bitonal, gyrophare et mains tendues. Merci, les hommes ; la journée sera bonne pour suivre les berges du canal Nimy-Blaton, après le Grand Large. Une journée ensoleillée s’ensuivra, foulant les feuilles mortes sur le chemin de halage ; ensuite, météo automnale obli- geant, la brume, puis la drache m’accompagneront jusqu’à la prochaine étape. Le canal presque rectiligne n’en finit pas, on n’en distingue pas le bout, le prochain pont… Sinistré sous la pluie. Pendant ces heures glauques entre chien et loup, la marche devient automatique, perdu dans mes pensées ou mieux, s’il est possible, sans penser du tout. Marcher. Simenon aurait très bien décrit la morne atmosphère de ce bord de canal dans un décor presque fantomatique. Quand j’entame la partie néerlandophone du périple, à part quelques mots usuels, je ne pratique malheureusement pas la langue de nos voisins. Et c’est là que l’aide, la solidarité des pompiers prend encore plus de sens dans mon esprit. Dans chaque caserne visitée, beaucoup parlent aussi le français ou l’anglais ; ce sont souvent les pompiers ou les centralistes qui se chargent pour moi de téléphoner à la caserne suivante. Que ce soit au nord ou au sud du pays, lorsqu’ils ont obtenu un accord pour un prochain hébergement, j’ai l’impression qu’ils sont aussi heureux que moi. Après Koksijde où une journaliste du quotidien Nieuwsblad m’a interviewé à l’instigation de deux pompiers, la demande de logement sera plus aisée en montrant l’article paru. Autre pur bonheur pour un randonneur que celui de la traversée de la Campine, trop peu connue, avec les quais de halage de ses canaux qui t’assurent la sécurité, avec ses paysages qui t’offrent sérénité et quiétude. Avant dernière nuit à la caserne centrale de Maastricht ; la neige tombe à gros flocons. J’avais envisagé une nuit à la caserne d’Aachen, mais après 35 jours de séparation, le cœur appelle le home sweet home, la famille, les amis. Je me contenterai donc de faire un petit détour en Allemagne au lieu-dit « Trois Frontières » (Belgique, Allemagne et Hollande, dont c’est le point culminant avec ses 323 mètres). Toute dernière nuit du voyage en la caserne de MontzenPlombières et déjà la nostalgie du chemin… le blues du retour, propre à chaque voyageur qui retombe dans le train-train quotidien après des semaines de « liberté » ! À mon retour, un article paru dans le journal Le Jour titre : « L’incroyable voyage de cet ancien pompier. ». Ce qui est incroyable, ce ne sont pas les kilomètres parcourus, car tout bon marcheur peut les aligner ; l’incroyable, le magnifique, c’est pratiquement partout, le « Oui, tu peux loger dans ma caserne ; de quoi as-tu besoin ? » ! Je ne citerai aucun des très nombreux prénoms inscrits dans mon carnet de route ; à chacun correspond une caserne, un visage, une aide, un geste amical, un encouragement… Ami pompier, tu sais que c’est à toi que sont adressées les dernières lignes : Dank U wel, Brandweer. Danke schön, Feuerwehr. Merci de tout cœur, Pompier. À bientôt sur d’autres routes. GUY JAMINET 32 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 À l’etranger Les pompiers du centre géographique de l’Europe La Lituanie, le plus grand et le plus peuplé des pays baltes Emblème du service d’incendie national lituanien. Extension de la grande plaine est-européenne, la Lituanie est façonnée par l’érosion due au retrait des immenses glaciers du quaternaire. C’est le plus méridional des trois pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) qui bordent la mer Baltique entre l’embouchure du Niémen et le golfe de Finlande. Depuis son indépendance en 1990, la Lituanie a prouvé sa détermination à renouer avec la démocratie parlementaire et à entrer de plain-pied dans l’économie de marché. Une histoire qui se joue entre la Pologne et la Russie L’installation des ancêtres des peuples baltes remonte au IIIe millénaire avant J.-C. et, ils vivront sans organisation politique centralisée jusqu’au XIIIe siècle. En 1253, le roi Mindaugas est couronné et il fédère les peuples de la région afin de lutter contre les invasions germaniques. En 1386, Jagellon, grand-duc de Lituanie, devient roi de Pologne par mariage, unissant ainsi pour quatre siècles le sort des deux États. En 1410, les alliés polonais et lituaniens se rendent victorieux des chevaliers Teutoniques et, de ce fait, parviennent à les repousser hors de leurs frontières, tandis qu’en 1569, l’union de Lublin est proclamée ce qui unit la petite Lituanie à la grande Pologne. Deux siècles plus tard, lors du partage de la Pologne en 1795, la Lituanie se retrouve, par contre, sous l’autorité de la Russie. Une intense politique de russification s’accompagne de persécutions des catholiques lituaniens et fait naître divers mouvements de résistance nationale. La lutte sera intense entre les mouvements de résistance et le monde politique de l’époque. En 1918, peu de temps après la signature du traité de paix de Brest-Litovsk, entre l’URSS, l’Allemagne et ses alliés, la Lituanie proclame son indépendance. Elle est toutefois annexée par l’Union soviétique en 1940, puis à nouveau envahie par l’Allemagne nazie en 1941. Durant l’été 1944, la Lituanie est reconquise par les Soviétiques qui imposent alors le collecti- visme et la gestion politique selon les lois du communisme. Le 11 mars 1990, soit quatre mois après la chute du mur de Berlin, le Conseil suprême de la République de Lituanie proclame la restauration de l’indépendance. L’Union soviétique tente de faire pression sur l’État lituanien, en établissant notamment un embargo pétrolier. Toutefois, l’éclatement de l’URSS, en août 1991, marquera la fin de la domination russe. En septembre de cette même année, la Lituanie entre à l’ONU et en 2004, elle adhère à l’Union européenne, selon les vœux de plus de 67 % de la population. La Lituanie, un pays de lacs et de forêts Avec sa superficie de 65 000 km2 et ses 3 344 000 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 33 À l’etranger Crash-Tender Mercedes-Benz Actros 6x6 équipé par Saurus (Bronto) avec citerne à eau de 8 000 l, citerne à mousse de 900 l et 250 kg de poudre. Deux engins de ce type sont en service à l’aéroport de Vilnius. habitants, la république parlementaire de Lituanie possède un relief relativement peu élevé. Celui-ci culmine très modestement, à l’Est du pays, à 292 mètres (mont Juozapines Kalnas). Le paysage est essentiellement composé de collines et de plaines argileuses, séparées par près de 3 000 lacs. Le plus célèbre étant celui de Galve, situé à quelque 20 km de Vilnius. Il est le plus vaste et en son centre se dresse, parmi les arbres, joncs et colonies d’oies sauvages, le château médiéval de Trakaï qui fut la résidence des grands-ducs de Lituanie au XIIIe siècle. Ouverte à l’Ouest sur la Baltique, la Lituanie est entourée au Nord par la Lettonie, à l’Est par la Biélorussie et au sud par la Pologne et l’enclave russe de Kaliningrad. Autopompe AC 40 4x2 ZIL 130 avec pompe de la même marque NC 40 de 2 400 l/min. (Ville de Kaunas) Autopompe polyvalente eau/mousse AC 40 6x6 ZIL 131 avec pompe NC 40 de 2 400 l/min et citerne de 2 500 l. (Ville de Ariogala). Ce véhicule est certainement celui le plus répandu chez les hommes du feu lituaniens. Particulièrement humide, le pays est traversé par de nombreux cours d’eau, dont les plus importants sont le Niémen et le Néris. Le littoral, long d’une centaine de kilomètres, est renommé pour son ambre, (sorte de pierre brute qui résulte de la lente fossilisation des résines des conifères constituants la plupart des forêts en bordure de mer et sur les îles au large de la côte), qui est surtout destiné à la confection de bijoux. Les rivages sont souvent bordés de plages de sable blanc, prises d’assaut l’été par les touristes, et de lagunes qui rendent difficile l’installation de structures portuaires. Le port de Klaïpèda, construit en 1923, est le seul lien économique avec la mer, tandis que beaucoup de marchandises doivent transiter via les ports lettons (Lettonie), plus grands et mieux adaptés pour le chargement, déchargement et la manutention des grands navires. La Lituanie tire une grande partie de ses ressources de l’agriculture, en particulier grâce aux céréales dont principalement le blé, à la pomme de terre, aux tourbières, à l’élevage de bovins et porcins ainsi qu’à l’exploitation forestière. En effet, les forêts, à elles seules, recouvrent plus d’un quart de la surface du territoire. Officiellement déterminé comme le centre géographique de l’Europe dans son ensemble, (donc, pas uniquement de l’Union européenne), le village de Grigiskés est situé à 25 km de la capitale lituanienne Vilnius. Comme Trakaï, le village de Grigiskés est très touristique, mais ce sont, malgré tout, les grandes villes comme Vilnius, située à 300 km de la mer, au confluent de la Néris et de la Vilnia, avec ses 600 000 habitants ainsi que Kaunas, la deuxième ville de plus grande importance regroupant l’industrie, Siauliai, et Klaipèda qui remportent la plus grande attention des agents de voyages et donc des touristes. Extrêmement bien équipée au niveau de ses infrastructures, de ses aéroports, de son réseau routier et ferroviaire, la Lituanie a pu se reconvertir et s’orienter vers des spécialisations dans des secteurs de haute technologie. Peut-être actuellement fragilisées en Europe suite à une réforme économique très stricte, les industries de composants 34 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 À l’etranger Incendie de forêt sur l’île de Néringa au large de la côte lituanienne en juin 2007. Hélicoptère de reconnaissance de la force aérienne lituanienne, utilisé pour les feux de forêts. Camps de commandement réunissant pompiers, police et armée. (Incendie de forêts de Néringa) Incendie ravageur avec flammes de plusieurs mètres. Utilisation de l’hélicoptère de la force aérienne avec un Bambi-Bucket de type 2024 transportant 908 litres. Plus de 560 hectares de forêts ont brûlé en un peu plus de 24 heures. Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 À l’etranger Un feu sans merci n’épargnant aucune végétation. Les dégâts visibles aux alentours des coupes-feu. Vue depuis l’hélico pendant la vidange du Bambi-Bucket. L’hélicoptère terminant l’extinction en support aux équipes au sol. Le remplissage terminé, un nouveau départ pour une rotation supplémentaire. Arrivée des pompiers sur les lieux d’un incendie de maison. À noter que dans les villages, pratiquement toutes les maisons sont en bois. 35 36 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 À l’etranger électroniques et l’industrie textile sont néanmoins toujours présentes dans le pays. Conscient des risques, les autorités et les investisseurs tentent aujourd’hui de s’orienter vers des biotechnologies et les technologies laser en vue d’élargir l’horizon économique de ce très beau pays. Autopompe AC 30 4x2 GAZ 53 avec pompe GAZ NC 30 1 800 l/min et citerne de 1 500 l. (Commune de Hvedarna) Autopompe mousse lourde GPA 40 6x6 URAL C50A avec pompe NC 40 de 2 400 l/min et citerne de 4 000 l. Cet engin équipe surtout les aéroports, les industries et les villes portuaires. Dans ce cas-ci, ce véhicule est en service à Klaipéda. (Ville portuaire sur la mer Baltique) Quelques petits vins importés, mais sans prétention, plusieurs sortes de bonnes bières brassées sur place, quelques spécialités culinaires très particulières comme le « Zeppelin » (sorte de boulette de viande hachée de porc enrobé d’une grosse couche de pâte faite à base de lait, de pomme de terre et de gélatine, avec pour forme, un petit ballon dirigeable, d’où son nom) accompagnée d’une sauce brune à base de yogourt entier et d’oignons émincés, constituent un des repas national de Lituanie. Spécial par son aspect, mais, par contre le palais s’en régalera parce que c’est surtout très fin, bon et relativement relevé. Beaucoup de variétés de viande, entrecôtes et autres, toutes servies avec beaucoup de légumes, permettent aux voyageurs de traverser le pays en ayant une alimentation relativement équilibrée et vitaminée sans être trop lourde ni trop grasse. Autopompe 4x4 RENAULT MIDLUM 220 équipée par la firme SAURUS du groupe suédois Bronto, avec une pompe en bronze Ruberg de 2 600 l/min et treuil avant. Ces dernières années plusieurs dizaines de véhicules de ce type ont été acquises par le Ministère de l’intérieur lituanien. (Ici l’autopompe de l’État-major de Vilnius) Les nombreuses soupes en goulache, les desserts de pâtisseries et les petits alcools de fin de repas (à consommer avec modération, car particulièrement traîtres) devraient vous faire craquer avant de reprendre la route. Une organisation des secours pyramidale et très structurée Le département national pour la lutte contre l’incendie et le sauvetage de la République de Lituanie est organisé par le gouvernement et plus particulièrement par le Ministère de l’intérieur. La matière stricte dévolue à l’organisation de la protection civile et pour la lutte contre les catastrophes est totalement englobée dans la structure des services d’incendie. Il y a donc un seul service de secours pour protéger tout le territoire lituanien au niveau national et local. Mais, bien entendu, cette organisation est pyramidale et très structurée, de sorte que sur le terrain, chaque point du territoire de la république est protégé d’une façon ou d’une autre. A) Structure globale Dans la stratégie organisationnelle de ce service d’incendie national, le Ministère de l’intérieur lituanien se charge de toute la structure administrative. Celui-ci est accompagné par 58 services subordonnés visant à répondre complètement aux différents critères nécessaires pour mettre en œuvre une politique efficace et planifiée des secours. Au sein même de la direction générale du service d’incendie national, 3 services horizontaux se chargent des matières stratégiques suivantes : – La prévention contre l’incendie et la gestion des divisions spécialisées chez les sapeurs-pompiers (indus- Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 37 À l’etranger triels, ferroviaires, forestiers, brigades cynophiles, équipes chimiques, nautiques, etc…) ; – L’école de formation pour les pompiers professionnels et volontaires ; Autopompe VOLVO F613 avec pompe Ruberg. Cet engin, autrefois en service en Suède, équipe actuellement le corps de pompiers volontaires d’une petite commune. Beaucoup de véhicules suédois et finlandais équipent les petits corps communaux, mais ici, il s’agit d’un engin d’occasion allemand débutant une deuxième vie dans la commune de Zemaucry Kalvarija. Il s’agit d’une autopompe Magirus Mercur 4x4 TLF 16 complètement rénovée. – Le centre d’intervention et de coordination d’urgence ainsi que le centre de recherche du feu reprenant le laboratoire et les équipes d’experts en incendie. Tandis que les 51 services opérationnels, appelés aussi services verticaux, répartis dans les districts et les villes, de grandes et de moyennes importances, se chargent de la coordination, la technique et la gestion des interventions sur le terrain. Il faut aussi noter que 3 casernes, de sapeurs-pompiers spécialisés, situées dans les installations de la Raffinerie Nafta de Mazeikiu, la Centrale électrique de Elektranaï et la Centrale nucléaire de Ignalina, dépendent également des compétences du service d’incendie national. – Élaborer les lois exécutives pour la stratégie des services subordonnés ; – Mettre en pratique l’organisation de la protection civile et de la lutte contre l’incendie et organiser les contrôles nécessaires à son application ; – Contrôler et superviser les entités opérationnelles nationales ; – Se charger du management de la prévention et des interventions ; – Être le consultant auprès des institutions publiques, industrielles et économiques en matière de protection civile ; – Coordonner la formation et les entraînements de son personnel opérationnel ; – Donner des avis et des conseils au public pour les matières de sa compétence ; – Gérer les statistiques et les archives ; – Motiver les ONG et les associations volontaires pour la prévention des incendies. B) Missions générales Le service d’incendie national lituanien est, dès lors, responsable de façon générale pour la protection de la population, des biens et de l’environnement lors de situations d’urgence. Il doit également faire appliquer sur le terrain toutes les mesures d’urgence et de prévention contre l’incendie. De plus, ce service est assigné pour des matières particulières propres, à savoir : Autopompe 4x4 RENAULT MIDLINER M 210 avec pompe W. Ruberg, citerne de 2 500 litres et treuil avant de 2 tonnes. (Ville de Palanga) l’incendie pour tout le territoire ; – Déterminer la politique nationale en matière de protection civile et de lutte contre C) Organisation opérationnelle Le service d’incendie national lituanien se charge d’intervenir lors de toutes situations d’urgence afin de protéger la population et les biens. Il a également la charge de prévenir et d’informer la population des situations d’urgence, via le réseau de sirènes numériques de type P-160 établi sur tout le territoire. De manière à pouvoir intervenir efficacement, si le cas se présente, le service d’incendie 38 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 À l’etranger national organise régulièrement des exercices de tous types aux niveaux local, supra-local et national. La coordination de ceux-ci s’effectue en collaboration avec les autorités politiques locales, mais aussi les autorités des services subordonnées (armée, transport, santé, travaux publics, police, douanes, etc…) qui dans le cadre de la protection civile sont invités à proposer leur aide logistique, opérationnelle ou administrative. Bien entendu, la parfaite symbiose de fonctionnement des services d’urgence ne peut être que couronnée de succès si toutes les entités peuvent travailler, lors de catastrophes, main dans la main. De ce fait, le service d’incendie national se fait aussi le garant pour la gestion de toutes les bases de données industrielles telles que, Seveso, nucléaires, portuaires, aéroportuaires, routières et ferroviaires. De plus, une base de données, très complète sur les produits chimiques, de toutes natures, transportés et utilisés sur le territoire de la République est continuellement mise à jour par des officiers spécialistes, (cette base de données ressemble très fort au bien connu livre « Genevois » jaune, mais en beaucoup plus développé et complet). Toutes ces bases de données sont, via un réseau « Intranet » extrêmement sécurisé, disponible pour chaque centre de coordination des secours répartis dans les casernes de pompiers sur tout le territoire. L’organisation du service d’incendie national se fait selon les secteurs en fonction des divisions administratives de l’État, à savoir, les grandes villes, les districts (arrondissements), et les chefs lieux de comtés (provinces). Chacune de ces divisions dispose d’une ou de plusieurs casernes de sapeurs-pompiers du service d’incendie national, tandis que les petites communes et villages ont la gestion de leur propre corps de sapeurs-pompiers volontaires. Les pompiers lituaniens ne dérogent pas à la règle et se chargent d’intervenir aussi bien pour des incendies que des interventions de secours, tels que : sauvetage de personnes, accidents industriels, nautiques et routiers, accidents chimiques et pétrochimiques, catastrophes naturelles, etc… Comme dans tous les pays d’Europe, les pompiers lituaniens exécutent également énormément d’interventions de services et d’assistance lors de manifestations sportives, culturelles et sociales. Le service d’incendie national compte 120 casernes avec plus de 5 000 pompiers professionnels, dont 3 739 sont soit sous-officiers, soit officiers, et se répartissent uniquement pour la protection opérationnelle des différents districts et des quelques grandes villes du pays. De sorte à assurer la gestion administrative de toutes les entités de service d’incendie national, 1 221 employés de l’État sont répartis également dans les 54 casernes du pays. Chaque pompier professionnel est de garde pendant 24 heures, puis en repos 72 heures. Les équipes, au nombre de 4 par caserne, se relaient 7 jours sur 7, ce durant toute l’année. Les officiers, par contre, disposent d’un double régime. Soit, ils ont une tâche opérationnelle et sont de garde 24 h tous les 4 jours, soit, ils ont une tâche administrative et sont présents en journée, de 8 heures, 5 jours par semaine. Chaque caserne du corps national, traite de la planification d’urgence et de la prévention incendie au niveau local. Toutes les interventions sont gérées par zone et chaque district est autonome pour envoyer les secours nécessaires et/ou pour demander les renforts adéquats. Lorsque l’intervention dépasse les limites de la ville ou du district, alors il est fait appel aux casernes voisines du même comté. Si toutefois, la catastrophe est de grande ampleur et concerne plusieurs comtés, alors c’est la direction générale du service d’incendie national qui prend les choses en main. Tous les appels effectués au 01 ou au 112, transitent via le seul centre d’intervention et de coordination (centre d’appel unifié) du pays, situé dans les locaux du Ministère de l’intérieur à Vilnius. Après leur réception, chaque appel est transmis à destination de la caserne de la ville ou du district du comté concerné. La gestion territoriale de ces appels est réalisée par une structure informatique exceptionnelle visant à limiter le temps d’intervention et surtout le pourcentage d’erreur dans l’envoi des secours. Le personnel qui est employé dans ce centre d’appel reçoit une formation extrêmement pous- Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 39 À l’etranger Mini-pumper GA 16 FORD 350 E-ONE avec pompe HBP NC 25 de 1 500 l/min, citerne de 871 l et matériel de désincarcération pour les accidents routiers. Cet engin équipe surtout les casernes rurales afin de permettre une première intervention rapide et adaptée aux circonstances. (Caserne de Kédainiai) Camion citerne semi-remorque 6x6 de 13 000 litres sur châssis ZIL 131. Le tracteur était, jusqu’il y a peu encore, une autopompe polyvalente AC 40. (Ville de Siauliai) Autopompe SCANIA 81 S est également une deuxième main provenant des pompiers suédois. (Pompiers volontaires de la commune de Siluva) Camion de transport de poudre BC GMA 3 (3 000 kg) sur châssis 4x2 ZIL 130. Auto-échelle AK 30 de 32 mètres sur châssis militaire ZIL 131 6x6. Cet engin transporte une échelle russe construite intégralement dans les ateliers de cette même société ZIL. Ce type de véhicule est le plus répandu dans tous les anciens pays ayant fait partie de l’URSS d’autrefois. Camion grue de 18 tonnes sur châssis 6x4 KAMAZ DIESEL MHB 77. 40 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 À l’etranger Auto-élévateur SIMON SNORKEL de 30 mètres monté sur châssis russe 6x4 de type KAMAZ DIESEL MBH 77. Camion citerne 6x6 de 14 000 litres sur châssis KAMAZ DIESEL MHH 88 A 3105. Cet engin est essentiellement utilisé pour les feux de broussailles et le ravitaillement des petites communes rurales. (Pompiers volontaires de la commune de Senamiescio) Camion d’intervention dévidoir AR 2, pour feux industriels, de première génération, destiné à la production de mousse lourde en quantité importante, sur châssis 6x6 ZIL 131. Ce véhicule emporte une grande quantité de mousse en bidons ainsi qu’une lance monitor de 6 000 litres par minute (Ville de Panevezys). sée sur la géographie du pays. La cartographie complète des moindres détails du territoire, comme les lieux-dits, les sentiers balisés en forêt, les zones industrielles, les pipelines, etc…, est réalisée via des images satellites et est continuellement mise à jour. Via ce système, chaque mètre carré sur le territoire du pays est répertorié avec des coordonnées GPS, ce qui permet de repérer et de guider les secours sur les lieux de chaque intervention avec une facilité déconcertante. De plus, au jour le jour et automatiquement, les informations sur la fermeture des routes pour travaux ou sur l’ouverture des ponts, sont transmises par ce centre à chaque caserne concernée au niveau local. Vu qu’en Lituanie, les routes sont longues et que les secteurs d’intervention sont immenses, cela fait gagner de précieuses et longues minutes de délai d’intervention. Par contre, pas moins de 275 villages et communes disposent également d’un corps de sapeurs-pompiers avec au total 2 500 pompiers volontaires. Sur base communale et sous l’autorité du Maire de la commune, ceux-ci ne disposent, en général que d’un ou deux véhicules et d’un personnel attitré (maximum deux agents communaux pompiers) présent à la caserne en journée. Tandis qu’en dehors de ces heures, l’ensemble des volontaires disponibles reprend le relais afin d’assurer en tout moment une première intervention pour le sauvetage et l’incendie en attendant les renforts provenant d’une des casernes, la plus proche, du service d’incendie national. Aujourd’hui, devenu relativement banal, mais malgré tout il existe encore et toujours un héritage russe, au niveau de l’organisation des pompiers lituaniens. En effet, les 3 usines les plus importantes et dangereuses du pays (voir point A cihaut) sont également protégées chacune par une caserne du service d’incendie national. Du temps de l’époque communiste, pratiquement toutes les usines disposaient d’une caserne de pompiers gérée par le gouvernement. Il fallait absolument que chaque citoyen soit protégé de la même façon aussi bien à l’usine qu’à la maison. Bien que fort modernisées, ces usines se voient dotées d’un service de sapeurs-pompiers au frais de l’État avec pour but de protéger les installations industrielles, mais aussi, de couvrir un rayon de 20 km autour de l’usine, en vue de protéger les nombreux villages encore densément peuplés d’ouvriers. Réparties judicieusement sur toute la surface du pays, 3 types de caserne du service d’incendie national se caractérisent suivant les zones qu’elles doivent protéger, à savoir : – Les casernes opérationnelles des centres urbains, se situent dans le centre des grandes villes et comptent un nombre important de pompiers ainsi qu’un matériel polyvalent de sauvetage et de lutte contre l’incendie. (Équipement minimum 1 ou 2 autopompes, 1 autoéchelle et/ou 1 auto-élévateur, 1 véhicule de sauvetage ou de désincarcération, 1 véhicule de commandement, et 1 camion citerne selon les districts). Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 41 À l’etranger Autopompe de première intervention 4x4 sur châssis GAZ 66 avec citerne de 1 000 litres et pompe GAZ NC 20 (1 200 l/min) basse et moyenne pression. Cet engin est le modèle le plus répandu parmi les corps de sapeurs-pompiers volontaires et communaux du pays. Camionnette de transport de matériel de désincarcération pour les accidents routiers. Ce véhicule de marque UAZ était équipé principalement en ambulance pour les régions désertiques et enneigées de la Mongolie, Gobie et de la toundra russe. Cette ancienne autopompe Mercedes-Benz 608 Bachert a été récupérée du marché allemand pour devenir un camion pour les plongeurs de la ville de Kaunas. La pompe, située à l’avant a été retirée. – Les centres d’intervention en zones industrielles, se situent dans les grandes entités ou les risques industriels sont importants et/ou omniprésents. Ces centres comptent des pompiers spécialisés et aguerris aux interventions en milieu chimique, pétrochimique, périlleux et dangereux. (Équipement minimum : 2 autopompes dont une eau/ mousse, 1 auto-échelle et/ou 1 auto-élévateur, 1 véhicule de secours, 1 camion citerne eau/mousse, 1 camion chimique ou risques technologiques, 1 camion moto-pompe grande puissance et selon les risques, un camion poudre de grande capacité). – Les casernes opérationnelles en zones rurales, se situent dans les villes de moyenne importance et sont armées d’une équipe de pompiers destinés uniquement pour la première intervention (maximum 6 hommes). (Équipement minimum : 1 ou 2 autopompes, 1 camion de secours ou de désincarcération, 1 camion ou camionnette de transport divers). Ces casernes protègent souvent des secteurs très importants au niveau du territoire. Mais heureusement, toutes travaillent en parfaite harmonie avec les petits corps de pompiers communaux qui eux se chargent d’assurer le premier départ dans les limites de leurs communes. D) La supervision et l’expertise Les différentes entités du corps national d’incendie ré- parties au niveau des comtés, districts, villes, communes et industries sont toutes parties prenantes, selon les niveaux, dans les structures de supervision, de contrôle et d’expertise en matière de prévention et de protection contre l’incendie dans le pays. La supervision des moyens logistiques, de la planification d’urgence, de l’organisation opérationnelle et de la formation, est assurée par des officiers inspecteurs ayant un pouvoir de décision et de sanction en matière administrative. Le contrôle du respect des normes, des règlements en matière de construction, de prévention, d’environnement, de transport, de processus industriel et des techniques de construction des véhicules de secours, est effectué également par des officiers inspecteurs ayant un pouvoir de décision et de sanction en matière administrative. L’expertise et la détermination des causes d’incendie relèvent d’une section spéciale du service d’incendie national constituée d’officiers experts spécialisés ayant, dans ce cas, pouvoir en matière judiciaire. Ceux-ci peuvent être amenés à dresser des procès-verbaux et rendre compte devant les procureurs judiciaires de la République lituanienne, en cas d’incendies criminels, de fraude aux assurances incendie ou de nonrespect des législations en ces matières. Tous ces officiers sont, avant tout, des sapeurs-pompiers professionnels, mais ils ont suivi un cursus de formation 42 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 À l’etranger Camion d’intervention dévidoir AR 3 pour feux industriels de deuxième génération sur châssis 6x6 KAMAZ DIESEL MHH 88 A 3105. D’anciennes ambulances des sapeurs-pompiers allemands ont été réhabilitées, en grand nombre, pour les transformer en poste de commandement mobile. Ici un MERCEDES-BENZ 609 D en service à Klaipeda. Toutes les casernes situées dans les grandes villes comptent parmi leur charroi un véhicule de ce type. Camion citerne de première intervention pour feux de forêts avec une citerne de 1 400 litres. Le tout est monté sur un châssis GAZ 66 4x4 avec pompe NC 20. Camion de désincarcération et de sauvetage 4x4 LUBLIN. La cabine de ce véhicule n’est autre qu’une copie du Mercedes-Sprinter de 2e génération. (Ville de Plungé) La tenue de feu en Nomex III (veste et sur pantalon) ainsi que le nouveau casque intégral lituanien (développement russe). Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 43 À l’etranger universitaire spécialisé, (ingénieur civil, des mines ou architecte), d’abord sur les bancs des universités de l’État, puis sur les bancs de l’école du feu nationale pour les officiers pompiers. Bien entendu, les niveaux d’inspecteur ou d’expert ne seront atteints qu’après de nombreuses années d’expériences et de pratiques opérationnelles en caserne. E) La formation Comme c’est le cas dans beaucoup de pays du monde, les hommes du feu reçoivent une formation assurée, structurée et financée par l’État. La République de Lituanie n’échappe pas à cette règle. En Effet, un centre de formation pour les sapeurs-pompiers du corps national, situé dans la banlieue de Vilnius permet de procéder à l’instruction de base de 120 à 200 jeunes et nouveaux pompiers chaque année. Ce centre assure également le recyclage de ± 500 officiers par an et plus de 2 000 à 3 000 formations / recyclages destinés aux pompiers d’expériences, professionnels ou volontaires (pompiers communaux), ainsi que des intervenants spécifiques en milieu industriel. Plusieurs types différents de programmes de formations sont disponibles et permettent aux pompiers d’être instruits et recyclés dans toutes ou presque toutes les matières dévolues à la fonction d’homme du feu. Bien que beaucoup de formations théoriques aient lieu au niveau local, les formations et mises en pratique ne sont possibles que sur le site de l’école du feu à Vilnius. Depuis 1992, l’école du feu en collaboration avec l’université technique « Vilnius Gediminas » prépare et forme les officiers au niveau supérieur d’ingénieur en incendie. De plus, de nombreux niveaux (graduas, Bach et/ou masters) en « Fire Engineering and Safety » sont organisés en collaboration avec l’école du feu principale de Varsovie (Pologne) à destination de spécialistes tous milieux confondus. F) Un matériel entre techniques de l’Ouest et de l’Est Depuis que la Lituanie est à nouveau indépendante, les casernes de sapeurs-pompiers du pays se sont vues dotées, ces 15 dernières années, de nombreux véhicules en provenance des pays du Nord de l’Europe, Suède, Finlande et de l’Ouest de l’Europe, Pays-Bas et Allemagne. En effet, énormément d’autopompes, de camionnettes et d’ambulances sur châssis : VOLVO, SCANIA, INTERNATIONAL, MAGIRUS-DEUTZ et MERCEDES-BENZ ont fait leur apparition dans toutes les casernes, aussi bien du service d’incendie national que et surtout des petits corps volontaires communaux. Certains de ces véhicules ont été transformés en PC mobiles, camion citernes ou camions d’intervention chimique, car l’offre du matériel russe n’est pas vraiment adaptée pour ce type d’utilisation. En effet, les pompiers lituaniens utilisent encore actuellement, pour la plupart, un matériel essentiellement d’origine et de construction russe. Tous ces véhicules, sur châssis relativement lourds, qui sillonnent encore les routes du pays depuis la période de l’occupation russe, après la deuxième guerre mondiale, sont de marque : GAZ (), ZIL ( ), URAL (UPA ), KRAZ (KPA), KAMAZ (KAMA), UAZ ( UA), URAGAN (UPAA), et LUBLIN (UB). Tous plus intéressants les uns que les autres, ces engins sont, dans tous les cas, des véhicules de série issus des chaînes de montage des sociétés nationales automobiles de construction de matériel militaire. Vous pouvez constater d’ailleurs qu’à l’intérieur des cabines de ces véhicules, la couleur est toujours kaki. Bien qu’il existe en Russie des chaînes de montage pour des véhicules civils, les transformations spécifiques destinées aux véhicules pour les sapeurs-pompiers ne sont effectuées que dans les chaînes de montages militaires. Les châssis d’origine ne sont autres que des modèles fabriqués pour l’armée qui sont de façon absolument standard adaptés avec une superstructure pour la lutte contre l’incendie. Dans toute la Russie des années 70, 80 et 90, les camions d’incendie étaient absolument tous identiques du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest du pays. Les autopompes transportent soit une pompe ZIL de type NC 40 (40 litres par seconde, 2 400 l/min) ou AA 60 (60 litres par seconde, 3 600 l/min), ou 44 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 À l’etranger Ce véhicule tout terrain russe 4x4 UAZ est l’engin de commandement le plus répandu en Lituanie avec également la jeep LADA NIVA. (Ville de Vilnius) Autopompe à mousse KAMAZ DIESEL MBH 77 S 3211 avec pompe Rosenbauer et citerne de 8 000 litres. En service à la Centrale électrique d’Elektranaï. Autopompe eau/mousse 4x6 ZIL 133, avec pompe NC 40 (2 400 l/min) et citerne de 5 000 litres, destinée à la protection des installations industrielles de l’usine de développement spécialisée en composants électroniques de Kédainiai. Crash-Tender Mercedes-Benz 6x6 des pompiers de l’armée de l’air lituanienne. 5 engins de ce type sont toujours en service et proviennent tous, de seconde main, de la « Royal Danish Air Force » force aérienne danoise. Autopompe mixte eau/mousse MAGIRUS-DEUTZ 170 D 11 avec pompe HBP Magirus et carrosserie Spijkstaal. Cet engin, actuellement en service à la Raffinerie Nafta de Mazeikiu, a été autrefois utilisé par un corps de sapeurs-pompiers aux Pays-Bas. Autopompe 4x4 GAZ 53 B, avec pompe GAZ NC 30 et citerne de 1 500 litres, du département forestier de protection incendie sur l’île de Neringa au large de la côte lituanienne. Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 45 À l’etranger Une caserne type, du corps national, que l’on retrouve dans les grandes villes, comtés et districts. L’armement est de deux autopompes, une auto-échelle, un véhicule de secours et un mini-bus. Une caserne du service d’incendie national destinée à la protection d’une des trois grandes usines du pays (Centrale électrique d’Elektranaï). L’armement est de deux autopompes dont une à mousse, un camion de secours, une auto-échelle (pas sur la photo), une moto-pompe sur châssis (pas sur la photo) et un camion citerne. 46 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 À l’etranger NC/PN 110 (110 litres par seconde, 6 600 l/min), soit une pompe GAZ de type NC 30 (30 litres par seconde, 1 800 l/min), ou NC 20 (20 litres par seconde, 1 200 l/min), avec une citerne de : 1 000, 1 200, 2 000, 2 500, 4 000, 8 000 et 12 000 litres selon les modèles. Attention, les caractéristiques du débit des pompes russes se formulent en litres par seconde (x 60 pour l/min), de ce fait, la Lituanie continue à utiliser cette formulation technique aujourd’hui. Tous les règlements de manœuvre et d’hydraulique lituaniens utilisent encore et toujours cette unité de mesure, même pour les nouveaux véhicules disposant de pompes fabriquées dans l’Ouest européen où là le débit se calcule pourtant en litres par minute. (Sauf pour la France où ils utilisent encore le m3/heure). Les auto-échelles sont en général de 32 mètres à 4 plans et toutes montées sur un châssis 6x6 ZIL AK 30 (131) 137. Certains rares auto-élévateurs en ciseaux de 30 mètres SIMON SNORKEL ont été montés sur des châssis KAMAZ DIESEL MBH 77 (version 6x4) ou bien MHH 88 A 3105 (version 6x6). Les camions dévidoirs AR 2 et AR 3 sont, soit montés sur des ZIL 131 6x6, soit des KAMAZ DIESEL MHH 88 A 3105 6x6 et transportent toujours au moins : 2 040 mètres de tuyaux de ∅ 77 mm, 1 760 mètres de tuyaux de ∅ 110 mm et 1 340 mètres de tuyaux de ∅ 150 mm. De plus, ces engins transportent ± 400 à 600 litres de mousse en fût et une lance monitor de 3 000 l/min. Les moto-pompes sur châssis sont toutes des PSS/PN 110 (110 litres par seconde, 6 600 l/min) montées sur des véhicules ZIL 131 (137) 2D12B 6x6. Les camions poudres transportent tous 3 000 kg de poudre BC et l’installation est montée sur un châssis GMA 3 ZIL (130) 148 A ou sur un châssis KAMAZ DIESEL MHH 88 A 3105. Tous principalement à motorisation essence (sauf les camions KAMAZ), sont très gourmands en carburant. Donc, de nos jours, ils sont très coûteux à l’utilisation. Mais malgré cela, ces véhi- Une caserne telle que nous pouvons retrouver chez les pompiers volontaires dans les communes du pays. Armement minimum : une autopompe de première intervention et deux fonctionnaires communaux en journée. Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 47 À l’etranger Ambulance traditionnelle sur châssis LUBLIN que l’on retrouve dans les dispensaires de toutes les régions du pays. Crash-Tender d’origine russe sur châssis KRAZ. Ce véhicule transporte une réserve de mousse de 1 500 litres et d’eau de 15 000 litres environ. Deux engins de ce type équipent encore et toujours les pompiers de l’aéroport international de Kaunas. Crash-Tender sur châssis militaire russe AA 60 8x8 URAGAN de l’aéroport international de Palanga. Ce monstre, anciennement porteur de missiles, a été transformé pour transporter une citerne d’eau de 1 8 000 litres, une citerne à mousse de 900 litres et une pompe NC 60 de 3 600 l/min. Actuellement plusieurs centaines de véhicules de ce type sont encore et toujours en service sur les aéroports russes et ceux des anciens pays qui constituaient l’URSS. Crash-Tender 4x4 TIMONAE ZIEGLER de l’aéroport régional de Siauliai. Train d’extinction de la compagnie des chemins de fer lituaniens. Ce convoi est composé de 2 wagons citernes de 60 000 litres et d’une voiture abritant 2 pompes Rosenbauer de 6 000 l/min, deux cloches à poudre BC de 500 kg, deux citernes de 900 litres de mousse, divers équipements d’intervention (tuyaux, lances, etc…) et les locaux vestiaires pour le personnel. Sur le toit de cette voiture se situe également 2 lances monitor de 6 000 l/min chacune. 4 trains de ce type sont en service pour toute la Lituanie et sont entreposés en gare de : Vilnius, Siauliai, Klaipèda et Kaunas. Cet engin, pour le moins particulier, constitue l’équipement (2 en service) destiné à la protection incendie pour les énormes exploitations de tourbières situées dans le Nord du pays à Tyruliai et Siaulénai. Ce véhicule chenillé ZIL, tracte une remorque avec une citerne de 3 250 litres d’eau et une pompe entraînée par un arbre à cardans provenant du tracteur lui-même. Deux engins de ce type sont en service 24 heures sur 24 sur tous les sites de production. 48 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 À l’etranger cules sont d’une fiabilité sans égal et sont d’une conception très simple et plutôt rudimentaire au niveau de la construction. Malgré les nombreuses occasions qui inondent le marché lituanien, les sapeurspompiers restent assez attachés au matériel russe car tous peuvent dire d’expérience, que quel que soit le temps et quoi qu’il fasse comme conditions, ces engins-là ne les ont jamais lâchés. Aujourd’hui, une nouvelle génération de véhicule fait son entrée dans les casernes du service national d’incendie. Ce sont des autopompes mixtes de type HLF sur châssis 4x4 RENAULT MIDLINER M210 ou RENAULT MIDLUM 220 avec pompe Willem Ruberg de 2 600 l/min (43,33 litres par seconde), superstructure Saurus (Bronto), citerne de 2 700 litres et treuil de 2 tonnes, ainsi que les IVECO FF 135 avec pompe Magirus de 3 600 l/min et citerne de 3 000 litres. Ces véhicules sont essentiellement en service dans les grandes villes et les casernes de chef-lieu de comtés. Par contre, dans les casernes de moyenne et de petite importance, des mini-pompes aux caractéristiques américaines ont fait leur apparition. Sur châssis 4x4 FORD F-350, ces engins rapides et mixtes sont utilisés en milieu rural et transportent une citerne de 871 litres ainsi qu’une pompe E-ONE de 25 litres par seconde, soit 1 500 l/min. Les sites industriels et les usines en tous genres ne sont pas en reste non plus. Outre les trois usines les plus impor- tantes dont on a déjà parlé plus haut dans cet article, certaines usines particulières disposent également d’équipes de première intervention. C’est le cas de l’usine de production et de développement spécialisé en composants électroniques de Kédainiai, ainsi que les tourbières de Tyruliai et Siaulénai. Vu que ces installations sont relativement particulières et que la production se fait en continu, les équipes de première intervention sont d’office de garde 24 heures sur 24. Les sites de production de tourbe, ont déjà largement amorti leurs équipes de première intervention, car avec plus de deux à trois départs de feu chaque jour en période estivale et pendant les fréquents orages qui se déclenchent localement (phénomène particulier de condensation et d’électrisation de l’air au-dessus des tourbières), aussi bien de jour comme de nuit. La lente fermentation et la décomposition chimique visant à produire de la tourbe provoquent une source de chaleur importante au même titre que le stockage de foins dans une ferme. Donc, dès que la chaleur extérieure ambiante en été ou que la foudre fait son effet, suite aux orages, les parties de bois non encore décomposées se mettent à brûler extrêmement vite. Il n’est donc pas rare d’avoir, en quelques minutes, un front d’incendie de plusieurs centaines de mètres à devoir circonscrire. Vu qu’il est impossible d’évoluer sur les champs de tourbe avec un camion, l’engin chenillé est donc la seule solution. Les norias entre les engins chenillés et les camions citernes d’incendie ravitailleurs peuvent alors commencer, parfois pour quelques heures. De plus, il n’est pas rare que certaines zones soient laissées en feu contrôlé pour des raisons de production. Dans ces cas, les pompiers des tourbières sont sur la brèche pendant toute la durée du feu. La Lituanie compte quatre aéroports internationaux et régionaux. Tous doivent répondre aux normes de l’OACI en toutes matières et plus particulièrement en ce qui concerne la prévention et la lutte contre l’incendie. Après les avoir visités tous les quatre et après avoir vu le matériel qui y est en service, je me pose la question du respect des normes OACI (Chapitre 2.3 « Quantité d’agents extincteurs » – Manuel des services d’aéroports de l’OACI). En effet, en fonction de la catégorie de ces aéroports, le matériel de lutte contre l’incendie y est totalement dépassé ou totalement insuffisant. Pour l’aéroport international de Vilnius, de catégorie 9, selon les normes OACI, celui-ci doit avoir un débit en agent extincteur mousse de type A de 13 500 l/min en plusieurs véhicules, 36 400 litres d’eau transportée, ainsi que 450 kg de poudre BC. Cet aéroport dispose de 3 véhicules (minimum requis en véhicules pour une catégorie 8 ou 9) avec 1 x 12 000 l + 2 x 8 000 l = 28 000 litres d’eau transportée, soit 8 400 litres d’eau transportée trop peu selon la norme OACI. 2 x 250 kg de poudre BC = 500 kg, soit 50 kg en plus que le minimum Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 49 À l’etranger exigé. 1 x 3 600 l/min + 2 x 4 200 l/min = 12 000 litres de débit, alors que la norme impose un minimum de 13 500 litres par minute. En réalité, selon les performances du matériel actuellement en service à Vilnius, cet aéroport correspond à la catégorie 8 et non la 9, ce qui limite l’accès de cet aéroport aux gros porteurs (Catégorie 8 = aéronef de 49 à 61 mètres de long HT et 7 mètres de fuselage HT, tandis que la catégorie 9 permet des aéronefs de 61 à 76 m de long HT et 7 m de fuselage HT). Outre le fait que la capacité nécessaire requise n’est pas atteinte, la rapidité des engins ne permet pas d’arriver en tous points du site de l’aéroport en 3 minutes comme décrit dans le chapitre 2.7 « Délai d’intervention » du manuel des services d’aéroport de l’OACI. Un calcul vite fait pour les 3 autres aéroports a été réalisé, et les mêmes conclusions se sont vérifiées. Alors, soit, les catégories ont été gonflées, soit du matériel de lutte contre l’incendie était caché lors de ma visite. Toujours est-il que même si chaque aéroport est d’une catégorie inférieure que celle annoncée, vu la justesse en matériel, lorsqu’un véhicule est hors service pour un entretien ou une panne, directement la catégorie chute puisqu’ils n’ont pas de matériel de réserve pour maintenir leur catégorie à niveau. Bien entendu, économiquement c’est un problème de ne plus pouvoir recevoir des aéronefs correspondant à leur catégorie la plus élevée. Mais sur le terrain, je ne suis pas sûr que tout cela soit respecté scrupu- leusement. En fait, si un véhicule est temporairement hors service, la tour de contrôle n’est même pas informée de la baisse de catégorie. Tout cela c’est bien, mais lors d’un accident, certains vont devoir s’expliquer. G) Conclusion La Lituanie est un magnifique pays, avec des paysages sauvages et des forêts à perte de vue. L’infrastructure y est très moderne et les habitants sont gentils, serviables et accueillants. L’organisation ainsi que la planification d’urgence y est complète, étudiée et surtout régulièrement mise en œuvre lors d’exercices locaux ou régionaux. Le matériel d’incendie datant de l’époque russe y est robuste, mais petit à petit est remplacé par des engins de deuxième main provenant de l’Ouest de l’Europe, ou par du matériel neuf. Alors, si vous voulez avoir des journées d’été où le soleil ne se couche que de deux heures à cinq heures du matin, où la météo est relativement favorable (soleil généreux) et où la table est accueillante, il ne vous reste donc qu’à boucler vos valises. TEXTE ET PHOTOS : SERGE AMORES Y MARTINEZ AMORÉ Remerciements : – M. Remigijus Baniulis, Directeur-Général du Service d’Incendie National auprès du Ministère de l’intérieur ; – M. Eugenijus Banevicius, Directeur du service des relations internationales auprès de la DG SIN au Ministère de l’intérieur ; – Mme Tatjana Milkamanovic, Directeur adjoint du service des relations internationales du Service d’Incendie National à l’État-Major de Vilnius ; – M. Donatas Gurevicius, Officier de liaison et de relations publiques des sapeurs-pompiers de Vilnius ; – M. Vilius Grigaliunas, Officier-chef de service du Service d’Incendie National pour le comté de Panevezys ; – MM. les Chefs des services d’incendie industriels des : centrale électrique, raffinerie et tourbière, etc… ; – M. le Chef du service d’incendie et de secours de la société nationale des chemins de fer lituaniens ; – MM. les Directeurs de la sécurité incendie des aéroports de : Palanga, Kaunas, Siauliai et Vilnius ; – M. Dimitri Liefv, Officier des opérations des pompiers militaires de la base aérienne de Siauliai ; Sources : – Le service de relations publiques des sapeurs-pompiers de Vilnius ; – Le service d’information du Service d’Incendie National lituanien (Ministère de l’intérieur) ; – Les directions générales et locales du Service d’Incendie National lituanien ; – Le département transport et infrastructure de la Société nationale des chemins de fer lituaniens ; – Le service de documentation et d’archives photographiques pour les sapeurs-pompiers, asbl SAPP-FADB. – Notes personnelles. 50 Le Sapeur-Pompier Belge n° 1/2009 Miscellanées Naissances Mariages Grande est notre joie de vous annoncer la naissance de : Tous nos vœux de bonheur et de prospérité accompagnent : m Zebulon RENETTE, né le 14 février 2009, fils du sapeur pompier Benjamin RENETTE, au SRI de Wavre. m Julien PETTIAUX, Sapeur Pompier Volontaire au service Incendie des pompiers de Ath, épousera Jessica DIEU, le 4 avril prochain à l'hôtel de ville d'Ath. m Le sapeur Tony HERMAN du SRI de Theux et Pascale LEMAIRE ont convolé en justes noces. Promotions Au Service Régional d’Incendie de Charleroi, sont nommés au grade de sergent les caporaux : Engagement BAILLET Alain • DEHAN Alain • FRIART Laurent • GAILLY Jean-Michel • MARTENS Philippe • PENSIS Olivier • SCIEUR Ryan • VAEL Michel • VERCAMMEN Christophe m Le sapeur pompier Pierre TERCELIN vient de rejoindre le Service Régional d’Incendie de Thieux Correction Une erreur s’est glissée dans notre troisième numéro de 2008, dans l’article « En hommage », page 10. Patrick BATSELIER, tragiquement décédé en mission le 31 août 2008, est sergent et non caporal comme mentionné.