grand nancy destination affaires - SG

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grand nancy destination affaires - SG
NUMÉRO
LE MAGAZINE DE L’OFFICE DE TOURISME DE LA VILLE DE NANCY ET DU RAYONNEMENT DU GRAND NANCY
06
www.nancy-tourisme.fr
grand nancy
destination affaires
TOURISME D’AFFAIRES
Le nouveau Bureau de l’Événementiel
Nancy en classe business
Le Centre Prouvé et les grands équipements
RENDEZ-VOUS AVEC L’HISTOIRE
Les grandes heures de la cathédrale de Nancy
Émile Coué, précurseur de la pensée positive
L’ART ET LA MATIÈRE
De Colin à MalinGrëy, un siècle de tradition graphique
Raoul Tonnelier, nancéien de France
Les 50 ans du Musée de l’École de Nancy
À LA DÉCOUVERTE DU GRAND NANCY
Zoom sur les lieux de tournages
IDÉES TOURISME
À la découverte du patrimoine salin de Lorraine
2014/2015
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SOMMAIRE / CONTENTS
SEPTEMBRE - SEPTEMBER 2014
6 NANCY MA VILLE
68 SAISONS CULTURELLES
Les 400 coups de Jean-Pierre Jeunet
Répertoire classique : quatre associations
donnent le « La »
11 CLINS D'ŒIL
Tour d’horizon de l’actualité tourisme
du Grand Nancy
16 DÉLICES & SAVEURS
16 - La Maison dans le Parc, un étoilé
Michelin à Nancy
JACQUES GRUBER
Vitrail (détail) : poissons sur la porte du pavillonaquarium du jardin du Musée de l’École de Nancy
(vers 1909)
20 - Sandwichs & Cie, la vogue du street
fooding
22 - La Ferme Sainte-Geneviève :
pèlerinage en terres gourmandes
24 TOURISME D’AFFAIRES
Magazine édité par Nancy Tourisme & Événements
Office de Tourisme de Nancy et du rayonnement
du Grand Nancy
N°6 - septembre 2014 - Parution annuelle
BP 810 - 54011 Nancy Cedex
Tél. +33(0)3 83 35 22 41 - Fax +33(0)3 83 35 90 10
[email protected] - www.nancy-tourisme.fr
Directeur de publication :
Gérard Rongeot
ISSN : 1969 - 9360
Dépôt légal : à parution
Rédacteur en chef : Anthony Humbertclaude
Secrétaire de rédaction : Sophie Gaulier
Rédacteurs : Mélanie Carpentier, Gaëlle GirardMarchandise, Anthony Humbertclaude, Mathieu
Menossi. Avec la collaboration d’Anne Harbonville,
directeur Tourisme d’Agrément - Nancy Tourisme
& Événements et Florence Dossmann, chargée de la
communication de Nancy Tourisme & Événements
Crédits photos : Régine Datin, Sophie Gaulier,
Gaëlle Girard-Marchandise, Ville de Nancy.
Publicité : Nancy Tourisme & Événements
Conception et création graphique :
SG Organisation - 50 rue Saint-Georges - 54000 Nancy
Tél. : +33(0)3 83 28 58 05 - Fax : +33(0)3 83 28 08 08
[email protected]
Twitter @SGOrganisation
Exécution graphique :
Atelier ùbdesign
www.ubdesign.fr
Impression
Imprimé en UE
[email protected]
72 TERRE DE SAVOIRS
72 - Université de Lorraine… depuis 1572
74 - Centre Image Lorraine, gardien du
patrimoine régional
76 SPORTS AZIMUTS
Nancy Seichamps Rugby, l’école de l’ovalie
78
A LA DÉCOUVERTE DU GRAND
NANCY
Zoom sur les lieux de tournages
24 - L’offre séminaire hôtelière
82 VILLE VERTE
28 - Le Bureau de l’Evénementiel :
un nouveau service de Nancy Tourisme &
Événements
84 IDÉES TOURISME
32 - Classe business, la force d’un accueil
haut de gamme
36 - Grands équipements : l’atout maître
de Nancy
42 RENDEZ-VOUS AVEC L’HISTOIRE
42 - Les grandes heures de la cathédrale
de Nancy
48 - Portrait d’Émile Coué
de la Châtaigneraie
50 - Villa Majorelle et château
de Thorey-Lyautey : Maisons des Illustres
54 L’ART ET LA MATIÈRE
54 - Un siècle de tradition graphique à Nancy
58 - Raoul Tonnelier, un artiste de Légende
63 - À la découverte du jardin du Musée
de l’École de Nancy
Sports et loisirs en Forêt de Haye
84 - Le patrimoine salin de Lorraine
88 - Visiter Nancy en famille
90 TENDANCES
90 - Le vin en poupe
91 - L’appli « boutic » des Vitrines de Nancy
92 AU FIL DES PAGES
Une sélection de livres pour découvrir
Nancy et la Lorraine
94
AGENDA
L’agenda sportif et culturel de la saison
2014-2015
96
CARACTÈRE INSOLITE
La Tour de la Commanderie, le plus ancien
monument de Nancy
Remerciements : Michèle Allanet ; André Bauche, délégué du recteur de la cathédrale de Nancy ; Véronique Baudoüin, chargée de communication au Musée de l’École de
Nancy et à la Villa Majorelle ; Isabelle Bourger, en charge de la valorisation du patrimoine au sein du service Développement urbain de la Ville de Nancy ; Françoise Bruyelle,
responsable communication de l’Ensemble Stanislas ; Béatrice Cuif-Mathieu, directeur général de Grand Nancy Congrès & Evénements ; Audrey Fischer, assistante d’exposition
au Musée Lorrain ; Marie-Alix Fourquenay, responsable du Bureau d’Accueil des Tournages de la Région Lorraine ; Bernard François, président de l’office de tourisme de
Dieuze ; Abdelhakim Hafidi, chargé de mission Tourisme à la communauté de communes du Grand Couronné ; Olivier Heid, président du club de rugby de Nancy-Seichamps ;
Raphaëlle Gaillard, chargée de développement du patrimoine salin, responsable de la Maison du Sel à Haraucourt ; Colonel Pierre Geoffroy, président de la fondation Lyautey et
de l’association nationale Maréchal Lyautey ; Eric Germain, doyen de la Faculté de droit, sciences économiques et gestion de Nancy ; Jochen Gerner ; Aude Huret et Barbara de
Premilhat, agence Artmédia ; Jean-Pierre Jeunet ; Marie-Pia Kern, propriétaire du petit train touristique de Nancy ; Jean-Pierre Lehmann, président de la Fédération nationale
des centres-villes - Les Vitrines de France ; Monique Maj, responsable communication du Gradus ad Musicam ; Rémi MalinGrëy ; Jean Martin, président de l’association Lorraine
de Musique de Chambre ; Jean-Marc Mathis ; Jean-Paul Catherin Noah, président de l’Association de Musique Ancienne de Nancy ; Antoine Onnis et Françoise Capelle de
l’association Suivre Coué à Venelles ; Marjorie Orth, assistante de cinéaste chez Tapioca films ; Blandine Otter, assistante de conservation principale au Musée de l’École de Nancy ;
Jérôme Perrin, assistant de conservation principal à la Villa Majorelle ; Daniel Peter, directeur des Archives municipales de Nancy ; Jean-Pierre Puton, président du Centre Image
Lorraine ; Karine Ramana, directrice du Service du patrimoine de la Ville de Nancy ; Marie Sauvannet, directrice de la communication et des relations publiques de l’Opéra
national de Lorraine ; Reza Serkanian, réalisateur ; Michèle Thisse, chargée de communication au Musée des Beaux-Arts de Nancy ; Valérie Thomas, conservateur au Musée de
l’École de Nancy ; Fanny Tonnelier ; Roland Vautrin, gestionnaire des assurances au Service des affaires juridiques de la Ville de Nancy ; Gilles Ziller, professeur retraité de l’École
nationale supérieure d’art de Nancy. Et l’ensemble des annonceurs du magazine
3
23 000 ENTREPRISES
DES PARCS D’ACTIVITÉS
ANIMÉS PAR 8 ASSOCIATIONS
DE CHEFS D’ENTREPRISE
9 INSTITUTS DE RECHERCHE
ET 2 900 ENSEIGNANTS
CHERCHEURS
3 PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ :
MATERALIA, FIBRES ET
HYDREOS
UN CŒUR D’AGGLOMÉRATION
DE PLUS DE 1 000 COMMERCES
ET DES ZONES COMMERCIALES
DE RAYONNEMENT
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CENTRE PROUVÉ : UNE
CAPACITÉ D’ACCUEIL DE 4 900
PERSONNES POUR CONGRÈS,
SALONS ET ÉVÉNEMENTS
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Direction du développement économique
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UN BOUQUET DE SERVICES
À VOTRE DISPOSITION
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• Des solutions sur-mesure : recherches immobilières,
foncières, financement, recrutement, intégration des
réseaux d’entreprises…
• Un réseau de spécialistes mobilisables rapidement et à
l’écoute de vos besoins.
• Un suivi personnalisé et un échange privilégié avec un
chargé de projet permanent qui veille au bon déroulement
des démarches et des prises de contacts avec les
différentes structures impliquées.
• Un service gratuit.
Une Maison de l’entrepreneuriat
et de l’innovation
• Une offre de services complète, lisible et coordonnée
(accompagnement, conseil, financement, mise en relation,
méthodologie, ressources techniques et technologiques…).
• La création d’entreprise et l’innovation facilitées en
s’appuyant sur la fédération de moyens et compétences,
par l’accès sur place à un guichet unique.
Cet ensemble de services vous permet de renforcer et de
concrétiser votre projet entrepreneurial.
La Maison de l’emploi du Grand Nancy
• Une structure à l’écoute des entreprises et de leurs
besoins en compétences.
Éditorial
1.7 millions de touristes par an sur le Grand Nancy :
Un patrimoine UNESCO d’exception, régulièrement cité dans le haut des classements nationaux et internationaux, un savoir-faire événementiel culturel confirmé, des institutions nationales, un réseau créatif dense :
Nancy et son agglomération sont fréquemment sous les projecteurs des médias. Les chiffres parlent d’euxmêmes : le spectacle de mise en lumière Rendez-vous place Stanislas a rassemblé 550 000 spectateurs au cours
de l’été, le salon littéraire Le Livre sur la Place dépasse les 170 000 visiteurs, les fêtes de la Saint-Nicolas attirent
150 000 personnes. Le port de plaisance a reçu récemment le 1er prix des ports intérieurs de France. Nos six
musées accueillent aujourd’hui plus de 440 000 visiteurs par an. L’image de la destination, la réputation de
grands événements et la fréquentation confirment que Nancy est une vraie ville touristique.
20 000 personnes au week-end inaugural du Centre Prouvé en juin dernier :
Aujourd’hui, l’ouverture du Centre de congrès Prouvé, superbe cathédrale de 20 000 m², destiné aux congrès
et à l’événementiel, amplifie encore le rayonnement et l’attractivité du Grand Nancy. Le Grand Nancy apporte ainsi avec cet outil exceptionnel un appui supplémentaire au développement économique local et au
secteur entrepreneurial, un soutien à l’enseignement supérieur et à l’université, au secteur de la santé et de la
recherche médicale, fers de lance historiques de son attractivité en matière de tourisme d’affaires. La gestion
concomitante du Parc des Expositions par la même entité que le Centre de congrès Prouvé garantira complémentarité et cohérence de l’offre proposée par les grands équipements de tourisme d’affaires du territoire.
Plus de 310 000 personnes reçues annuellement dans les locaux de Nancy Tourisme & Événements.
Au cœur de ce potentiel, Nancy Tourisme & Événements symboliquement implanté sur la place Stanislas
constitue avec son espace d’accueil, sa boutique et ses services commerciaux un vecteur indissociable de
cette dynamique. Aujourd’hui rompue aux ouvertures et perspectives offertes par le numérique c’est avec
570 000 connexions par an et une présence quotidienne sur les réseaux sociaux que l’association assure la
promotion de l’agglomération et valorise l’ensemble des manifestations culturelles, sportives ou festives des
vingt communes du Grand Nancy.
La volonté affichée de renforcement du tourisme d’affaires doit générer d’importantes retombées économiques
directes et indirectes, avec des effets positifs sur le tourisme de loisirs puisque chaque congressiste satisfait
devient un véritable ambassadeur de la destination.
L’évolution en 2014 de l’appellation Nancy Tourisme vers Nancy Tourisme & Événements correspond à un
nouveau challenge s’appuyant sur un large socle de compétences et des partenariats publics-privés. La création en son sein du Bureau de l’Événementiel dédié au tourisme d’affaires et à la promotion de la destination
Grand Nancy répondent à cette ambition.
Dans la mouvance appréciée des cinq premiers numéros, la présente édition consacre une grande partie de
ses pages à la mise en valeur des atouts culturels et touristiques. Elle se tourne, en cette année d’ouverture
du Centre de congrès Prouvé vers une autre dimension et d’autres grands partenaires du tourisme, au cœur
du Sillon lorrain, de la Grande Région et de l’Europe
Gérard Rongeot
Président de Nancy Tourisme
& Événements
Office de Tourisme de Nancy
et du Rayonnement du Grand Nancy
Laurent Hénart
Maire de Nancy
Vice-président de la Communauté
urbaine et humaine du Grand Nancy
Ancien Ministre
André Rossinot
Président de la Communauté urbaine
et humaine du Grand Nancy
Ancien Ministre
5
Les 400 coups de
JEAN-PIERRE JEUNET
Photo ©Jan Thijs
Jean-Pierre Jeunet a passé la majorité de ses jeunes années à Nancy, ville où il est arrivé à l’âge
de deux ans et qu’il a quittée pour effectuer son service militaire, puis suivre la carrière qu’on lui
connaît. Né à Roanne en Pays de Loire, le réalisateur, conteur des plus belles histoires (Le Fabuleux
destin d’Amélie Poulain, L’Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet) comme des plus
noires (Alien la résurrection, La Cité des enfants perdus), a développé un style caractérisé par une
image aux couleurs chaudes et la mise en scène de personnages de « gueule » ou atypiques. Son univers
où l’enfance, le rêve, la malice occupent une place prépondérante est-il imaginé de toutes pièces ou
contient-il une part de vécu personnel ? Nous vous laissons le découvrir à travers cette interview
foisonnante d’anecdotes.
Nancy Tourisme : Vous avez passé une
bonne partie de votre enfance et adolescence à Nancy, dans une maison
située rue de l’Armée Patton. Quels
souvenirs conservez-vous de cette
époque ?
Jean-Pierre Jeunet : J’ai effectivement
habité rue Patton, avant que mes parents
décident de s’installer à Laxou puis à
6
Vandœuvre. De cette période, je garde le
souvenir d’escapades que je faisais avec ma
grand-mère qui m’emmenait en promenade quai Isabey. On traversait la petite
passerelle qui surplombe la voie ferrée pour
nous rendre dans le parc Blondlot. J’ai encore en mémoire les nuages de fumée des
locomotives en contrebas du pont. Une
ambiance des années 50 se dégageait de
cet endroit, un peu comme dans une photo
de Doisneau. Je pense que les souvenirs les
plus forts sont ceux liés aux odeurs et ces
vapeurs restent pour moi l’expression la
plus « sensuelle » de mes années à Nancy.
Je repense aussi au poisson rouge que
l’on retrouve dans Le Fabuleux destin
d’Amélie Poulain (Cachalot, le poisson
rouge suicidaire est jeté dans le canal par
la mère d’Amélie qui ne supporte plus le
nancy ma ville
comportement autodestructeur de l’animal - NDLR). L’original a vraiment existé
et a fini dans le bassin du parc Blondlot.
Peut-être y vit-il toujours d’ailleurs ? Avec
mes copains du quartier Isabey, nous faisions les quatre cents coups ! On pressait
sur les sonnettes, on foutait la trouille aux
filles avec des araignées en plastique, on
attrapait les jambes des passants par les
soupiraux.
Et puis il y a le foot. J’étais grand fan de
l’ASNL, à l’époque où Claude Cuny en était
le président (entre 1967 et 1975 - NDLR)
et que le club est monté en 1re division.
Je portais l’écharpe rouge et blanche et
j’assistais aux premiers matchs d’un jeune
footballeur appelé Michel Platini. Un jour,
une personne à côté de moi en tribune m’a
dit « Vous verrez, il ira loin celui-là ! » et
il avait raison !
elle se grippait. Désormais le tire-suisse est
remplacé par un digicode mais quand je
suis arrivé sur place j’ai préféré frapper au
carreau du rez-de-chaussée. Une femme
m’a ouvert et le hasard a voulu qu’elle soit
la sœur du décorateur de Luc Besson, Dan
Weil ! Quand je suis rentré dans la cour
de l’immeuble, les souvenirs ont afflué. Le
lieu m’est d’ailleurs apparu beaucoup plus
petit que dans mes souvenirs. Il y avait
notamment un muret qui nous paraissait
tellement haut quand nous étions gosses
alors qu’il fait à peine un mètre !
NT : Vous évoquez souvent vos escapades de jeunesse entre copains.
Étiez-vous un de ces gamins avides
de découvrir le monde et filou que
l’on retrouve dans certains de vos
films comme L’Extravagant voyage
du jeune et prodigieux T. S. Spivet ?
JPJ : Non pas vraiment, même si nous
avons fait pas mal de « conneries » avec mes
copains. Quand j’étais au lycée Poincaré,
tous les jours je passais devant un bureau
de tabac qui devait s’appeler La Civette et
NT : Quels sont vos lieux nancéiens
préférés ? Vous arrive-t-il d’y revenir parfois ?
Lors d’un de mes passages à Nancy, je
suis retourné rue Patton, où se trouvait
l’appartement de mes parents. Autrefois,
il y avait ce qu’on appelait un tire-suisse
(un fil de métal avec une poulie relié à un
mécanisme permettant d’ouvrir la porte
depuis l’appartement), une invention qui
aurait eu toute sa place dans Delicatessen,
et que mon père bricolait sans cesse car
Photo ©Jan Thijs
JPJ : Finalement, je reviens peu à Nancy
et la plupart du temps pour la promotion
de mes films. Lors d’une visite récente,
j’ai retrouvé un ami d ’enfance nommé
Michel Garnier. J’étais au Grand Hôtel
de la Reine, place Stanislas, et je décide
de lui passer un coup de fil. Il me répond
« j’arrive ! » et dix minutes plus tard il était
là. Il n’avait pas changé ! Je ne l’avais pas
revu depuis mes 18 ans et cela m’a fait un
choc de savoir qu’il avait désormais deux
enfants du même âge que celui que nous
avions lorsque nous nous fréquentions.
À l’époque, j’avais un autre ami nommé
Philippe Narbey qui est devenu notaire
et avec qui j’ai gardé contact sur Paris. Il
habitait quai Isabey.
7
Photo © Olivier Toussaint
Filmographie sélective
de Jean-Pierre Jeunet
(en tant que réalisateur)
2013
L’Extravagant voyage
du jeune et prodigieux T.S. Spivet
2009
Micmacs à tire-larigot
2004
Un long dimanche de fiançailles
2001
Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain
1997
Alien, la résurrection
1993
La Cité des enfants perdus
1991
Delicatessen
1989
Foutaises (court-métrage)
1983
Pas de repos pour Billy Brakko
(court-métrage)
1981
Le Bunker de la dernière rafale
(court-métrage)
1979
Le Manège (court-métrage)
1978
L’Evasion (court-métrage)
8
j’achetais Pilote. J’étais grand fan de
la Rubrique-à-brac (une bande dessinée caustique signée du dessinateur Gotlib - NDLR) que je lisais en
classe car je ne pouvais pas attendre
de rentrer chez moi pour le faire. Aux
Magasins Réunis (actuellement Le
Printemps, place Maginot - NDLR),
un peu à l’image des jeunes qui piratent les films aujourd’hui, j’allais
« piquer » des bouquins de mes auteurs
favoris comme Ernest Hemingway ou
Graham Greene. Je faisais cela vers
13h, quand la surveillance se relâchait
à cause de la pause déjeuner. J’étais
terrorisé à l’idée de me faire pincer
et j’avais mauvaise conscience ! Les
Magasins Réunis sont un lieu clé de
mon adolescence. Mon père faisait
des permanences aux PTT, boulevard Joffre, et en passant avec lui
dans le quartier, on voyait les presses
derrière les vitres des locaux de L’Est
Républicain, place Thiers. Le journal
coûtait 30 centimes à l’époque ! Rue
Saint-Jean il y avait aussi le Hall de la
Presse où, entre potes, on allait feuilleter en catimini des revues comme
Lui ou Playboy. J’ouvrais la double page
centrale pendant que les autres me couvraient. Si on se faisait prendre c’était la
distribution de claques assurée !
NT - Vous êtes « tombé » dans le
cinéma depuis votre plus jeune
âge. Pouvez-vous nous parler de
vos premiers tournages ?
JPJ : C’est durant mes années nancéiennes que j’ai découvert le cinéma.
Il y avait bien sûr le Rio, rue SaintDizier, et les Tom & Jerry que ma mère
m’emmenait découvrir quand j’étais
môme. Plus âgé, j’ai pris l’habitude
d’aller voir un film par jour, à la séance
de 18 heures, lorsqu’il n’y avait pas
grand monde. Je me souviens notamment de la semaine où Emmanuelle est
sorti. Alors que j’étais un client fidèle,
on m’a demandé ma carte d’identité à
l’entrée du cinéma… j’étais très vexé !
C’est aussi dans cette salle qu’il m’est
arrivé un truc incroyable ! Lors d’une
projection des Mille et une nuits de
Pasolini, le film s’arrête soudainement
en cours de diffusion. La lumière se
rallume et l’ouvreuse nous annonce
que, pour des raisons de planning, et
afin d’accélérer les choses, elle va nous
raconter directement la fin du film !
Vers l’âge de 16 ans, j’ai eu ma première
rencontre avec un caméscope Super 8
qui appartenait à des amis de mes
parents. Je suis allé tourner dans la
forêt de Brabois, un environnement
qui offrait des plans fabuleux, notamment lors des matinées de brouillard.
Lorsque nous habitions Laxou, je traversais ces bois afin de me rendre au
lycée Beauregard. Dans un film de
Fellini intitulé Amarcord il y a une
scène avec un bœuf blanc qui apparaît
dans la brume. Mes premiers films me
rappellent un peu ce passage.
NT : Bien que la ville soit présente sous forme de clins d’œil
dans vos réalisations, comme
cette boîte de bergamotes
dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, vous n’avez jamais
tourné à Nancy. Envisagez-vous
de le faire un jour ?
JPJ : Je n’ai jamais tourné à Nancy car
je trouve que les immeubles n’ont pas
assez de hauteur. Esthétiquement la
place Stanislas est évidemment intéressante mais le site ne suffit pas, encore
faut-il se voir proposer une histoire
intéressante. Je ne place pas coûte que
coûte des références à Nancy dans mes
films, mais si l’occasion se présente je
le fais volontiers. Concernant la boîte
de bergamotes, elle m’a été proposée
par mes collaborateurs et j’ai dit oui…
évidemment !
Propos recueillis par
Anthony Humbertclaude
9
10
© ville de nancy
Clins d’œil
Rubrique réalisée par
Anthony humbertclaude & Florence dossmann
L’information continue
Pour Nancy Tourisme & Événements, l’année 2014 est marquée par la mise en place d’un nouveau service d’accueil du
public où le numérique vient enrichir les services proposés par
des agents restant au cœur du dispositif. Les technologies 2.0,
devenues un des critères à part entière du nouveau classement
des offices de tourisme en France (voir article page ci-contre),
ont été intégrées à un protocole au sein duquel le contact humain
reste primordial. Au centre de la réflexion, le grand hall, pierre
angulaire de la diffusion de l’information, propose désormais
deux comptoirs destinés à renseigner les visiteurs sur les séjours,
pour l’un, et à transmettre des informations plus générales, pour
l’autre. Dans cet espace, du mobilier est réservé à l’accueil des
personnes handicapées ou mis à disposition des visiteurs souhaitant s’asseoir pour consulter une brochure. Un écran interactif
tactile (permettant de naviguer sur plusieurs sites partenaires)
et un écran d’information (événements, forfaits, hôtels…) doté
d’un QR code alimentent les visiteurs en renseignements utiles.
Des prises de courant permettant de brancher un ordinateur ou
un téléphone sont également à disposition.
Au sein de cet univers, l’accès à l’information se fait rapidement et aisément. C’est d’ailleurs à cette fin que la signalétique du lieu a été renforcée, tout comme la démarche des
agents qui sont invités à aller à la rencontre des personnes
manifestant une hésitation et à leur proposer un conseil
personnalisé si nécessaire. Anticiper la demande, réduire
les temps d’attente et privilégier le contact convivial : trois
valeurs essentielles à un service de qualité.
Un classement de premier ordre
Depuis plus de 25 ans, Nancy Tourisme & Événements
était détenteur d’un classement 4 étoiles dont seuls 70 des
3600 offices de tourisme de France pouvaient se targuer.
Une nomenclature qui, suite à la réforme édictée en 2011,
a cédé sa place à un système basé sur des catégories ordonnées de 1 à 3 et attribuées pour 5 ans. Une nouvelle grille
de lecture pour le public dans lequel Nancy Tourisme &
Événements a intégré le segment le plus haut (Catégorie 1)
grâce à la qualité du service apporté, mais pas seulement.
La classification s’appuie en effet sur cinq critères au
sein desquels les nouvelles technologies de l’information et de la communication occupent une place
prépondérante. Pour les offices de tourisme, il est
désormais essentiel d’intégrer les apports du numérique dans leur démarche au quotidien. Qu’il s’agisse
des réseaux sociaux, de la traduction du site Internet
en plusieurs langues, de locaux équipés en wi-fi : l’univers 2.0 intervient comme un véritable levier de performance. L’autre critère majeur est directement lié aux
démarches menées en termes de marketing territorial
avec notamment la mise en œuvre d’un plan de promotion et de communication sur son territoire et la
conception d’animations touristiques. Plus largement,
chaque office de tourisme est amené à s’impliquer
davantage dans la stratégie de développement durable
et économique de la ville, tout en maintenant ses engagements vis-à-vis de sa clientèle. L’accès à la première
catégorie constitue donc une belle réussite pour Nancy
Tourisme & Événements qui a su intégrer l’ensemble de
ces éléments à sa dynamique professionnelle et par là
même perpétuer une tradition d’accueil « 4 étoiles ».
11
Clins d’œil
Saint-Georges voit bleu
Le tourisme fluvial, alternative séduisante aux villégiatures balnéaires,
est un secteur au potentiel de développement fort qui séduit un nombre
croissant de touristes. Moyen idéal de faire un break, appréciés pour
leur capacité à nous faire découvrir la France autrement, les séjours
en bateau voient leur cote grimper et favorisent de nouveaux usages
donnant aux ports de plaisance une importance particulière.
Cet enjeu en matière de politique touristique, Nancy l’a depuis
longtemps pris en compte. Dix ans pour être très précis, puisque
la ville a reçu en 2014 son 10e label Pavillon Bleu pour le port
de plaisance Saint-Georges, une distinction nationale remise le 6
mai dernier à Paris par Bernard Mantienne, président de l’Office
français de la fondation pour l’éducation à l’environnement en
Europe et Gérard d’Aboville, président du Conseil supérieur de
la navigation de plaisance et des sports nautiques.
Cet écolabel récompense les communes qui mènent de façon permanente une politique de recherche et d’application durable en faveur
d’un environnement de qualité. Son impact, depuis sa création en
1985, est fort auprès du public, qu’il soit résident ou touriste. Un
sondage réalisé sur la question montre que 78% des français ont
envie de passer des vacances dans un site battant pavillon bleu,
un succès tel que le reste du monde nous l’envie et que 47 autres
pays ont déjà adopté le dispositif !
Chaque année le port Saint-Georges accueille environ 1600 bateaux
de 25 nationalités différentes. Entièrement équipé, il dispose d’un
point information et de forfaits journaliers comprenant eau, accès
aux douches et sanitaires, collecte des ordures et surveillance de
nuit de juin à septembre. Il est équipé d’une station de dépotage
gratuite et régulièrement débarrassé de ses objets flottants par un
bateau dédié à cette tâche. La Capitainerie est à votre service pour
toute question complémentaire.
+ INFORMATIONS PRATIQUES
Horaires d’ouverture de la Capitainerie (7j/7)
• Mai et juin : 8h-12h et 15h-19h
• Juillet et août : 8h-12h et 15h-20h
• Septembre et octobre : 8h-12h et 15h-19h
• Novembre à avril : 9h-12h et 14h-18h
Tél. : + 33 (0)3 83 37 63 70
[email protected]
www.pavillonbleu.org
12
The Saint-Georges marina in Nancy receives its 10th Blue Flag
River tourism is a sector with huge scope for development which draws
an increasing number of tourists and represents an issue that has long been
on Nancy’s radar. For the 10th year running, the city received the “Blue Flag”
for its Saint-Georges marina. This distinction rewards towns for researching
and implementing a sustainable environmental development strategy.
Besides France, 47 other countries have also adopted this system.
Each year the Saint-Georges marina welcomes around 1600 boats from
25 different countries. Fully equipped, it has an information desk and the services
included in the daily charge are water, access to shower and washroom facilities,
waste collection and night security from June to September. It also has a free
sewage collection system and the water is regularly cleared of flotsam.
13
CARNET DE VOYAGE
NANCY EXPRESS
Lors d’une balade en centre-ville, qui n’a jamais croisé son chemin ? Inépuisable arpenteur du Nancy historique, le petit train touristique fête
cette année ses 20 ans ! L’occasion d’en savoir plus sur lui et sa propriétaire, Marie-Pia Kern.
Nancy Tourisme : Vous vous occupez du petit train touristique de
Nancy depuis 1994. Comment est né
ce concept ? Répondait-il à un besoin particulier ?
Marie-Pia Kern : Nous avons développé
initialement l’idée en Alsace, dans des
villes comme Ribeauvillé, Riquewihr ou
Eguisheim, avant de répondre à une sollicitation de Nancy Tourisme & Événements
il y a 20 ans qui souhaitait mettre en place
des visites en petit train. La cité ducale étant
une très belle destination, la concrétisation
du projet s’est imposée d’elle-même.
NT : Quel regard portez-vous sur ces
20 ans de visites ? Les attentes des
clients et le parcours ont-ils évolué ?
MPK : Le parcours a été décidé en collaboration avec Nancy Tourisme & Événements qui a réalisé les commentaires. Il
est fixe et réglementé par la préfecture, il
n’y a donc pas eu d’évolution à ce niveau,
mais beaucoup en termes de matériel et de
confort de visite par contre. Nous tradui-
sons désormais le parcours en 14 langues et
le public est doté de casques pour une meilleure compréhension. Récemment, nous
avons intégré le coréen, le turc et l’hébreu.
Nous changeons le matériel (train compris)
tous les 7 ans, c’est un investissement de
300 000 euros. Les clients nous demandent
aussi beaucoup d’animations ponctuelles,
de type mariage par exemple, que nous ne
pouvons pas réaliser malheureusement.
NT : Comment envisagez-vous l’avenir de votre animation ?
MPK : Le petit train a encore de beaux
jours devant lui car, même s’il attire principalement les groupes, durant les mois
de juillet-août nous avons aussi beaucoup
d’individuels de tous âges. Les gens qui
montent à bord en profitent pour repérer ce
qui les intéresse afin de pouvoir y retourner
à pied, ce qui très positif. De même, l’image
de l’animation a changé. Au début, le train
était considéré comme un manège, surtout
pour les enfants. Aujourd’hui, il est entré
dans le domaine culturel.
Location
du Studio au T2,
d’une nuit
à plusieurs mois
À 15 minutes à pied
de la gare, du centre
des congrès et de la
Place Stanislas
Circuit historique (45 min)
Circuit dans le centre historique de la
ville : porte de la Craffe, palais ducal,
hôtels particuliers, ensemble architectural inscrit au patrimoine mondial
de l’UNESCO, place Stanislas. Circule
tous les jours de mai à septembre.
Avril et octobre sur réservation pour
les groupes. Week-end et pendant
les congés scolaires, prendre contact
avant de se présenter. Départ place de
la Carrière, toutes les heures pleines de
10h à 18h (sauf 13h).
Tarifs :
Adultes : 6,50 e
Enfants de 6 à 14 ans : 4,50 e
Groupes adultes : 5,50 e (minimum 15
personnes, gratuité pour 1 personne
par tranche de 20 personnes payantes)
Groupes scolaires : 3,50 e
(jusqu’à 15 ans)
Privatisation du petit train : 330 e
Circuit Art nouveau (75 min)
Uniquement sur réservation pour
les groupes à partir de 30 personnes
Départ place de la Carrière
à 9h30 ou 17h
Tarif unique : 8 e
Le Petit Train
4 rue Saint-Morand
68150 Ribeauvillé
[email protected]
Tél. : +33 (0)3 89 73 74 24
www.petit-train.com/fr/nancy.html
a
Salle
de remise
en forme
Piscine
intérieure
chauffée
13 rue Albert Lebrun
54000 Nancy
Tél. : 03 83 33 88 40
Fax : 03 83 36 75 44
[email protected]
nemea-nancy.com
Clins d’œil
Deux villes lorraines à la Belle Époque (1871-1914)
Zwei lothringische Städte der Belle Epoque
(1871-1914)
La commémoration du centenaire de la bataille du Grand Couronné a permis la
présentation au Musée Lorrain à Nancy d’une exposition remarquable intitulée
Eté 1914 - Nancy et la Lorraine dans la guerre (de février à septembre 2014) et la
découverte - sinon la redécouverte - de nombreux sites de mémoire dans un pays
lorrain de collines, de vergers et de paisibles cultures, si serein et beau aujourd’hui
qu’il est parfois difficile d’imaginer les horreurs qui s’y sont déroulées il y a 100 ans.
Cette période dramatique fut précédée d’années étonnantes, foisonnantes et créatives, connues sous le joli nom de « Belle Époque ».
Et cette époque fut particulièrement belle à Nancy, où entre 1880 et 1914, apparait
un courant original et remarquable de l’Art nouveau nommé l’École de Nancy qui
émerveille encore. Les Arts décoratifs, les verreries, le mobilier et l’architecture
(l’art dans tout et l’art pour tous) de l’École de Nancy, signés par des artistes tels
que Gallé, Majorelle, Daum… forment un ensemble fort, cohérent et magique à
découvrir absolument.
Au même moment, à 50 km, en Lorraine annexée, Metz est allemande. La gare et
les quartiers proches, magnifiques et étranges sont construits sur ordre du kaiser
Guillaume, dans un style néogothique wagnérien impressionnant : c’est le quartier
impérial qui porte toute la fierté et le romantisme de l’empire prussien de la fin
du 19e siècle.
En référence à cette période, les deux villes de Metz et Nancy se sont associées
pour proposer un séjour de trois jours et deux nuits (une dans chaque ville) pour
découvrir, en plus des bonnes tables et de l’art de vivre lorrain, ces deux visages
de la Lorraine d’entre 1870 et 1914, si différents et pourtant intimement liés par
l’histoire, par la politique autant que par la créativité et par l’art.
Die Hundertjahrfeier der Schlacht um den GrandCouronné war für das Musée Lorrain in Nancy
Anlass, eine bemerkenswerte Ausstellung mit
dem Titel Sommer 1914, Nancy und Lothringen
im Krieg zu organisieren (von Februar bis
September 2014) und zahlreiche Gedenkstätten
im lothringischen Hügelland, inmitten friedlicher
Obstgärten und Landschaften (wieder) zu
entdecken. Bei all dieser Ruhe und Schönheit
von heute ist es manchmal schwierig, sich die
Schrecken, die hier vor 100 Jahren herrschten,
vorzustellen. Dieser dramatischen Periode gingen
erstaunliche, üppige und kreative Jahre voraus,
die unter dem hübschen Namen der “Belle
Epoque” bekannt sind. Diese Zeit war in Nancy
besonders schön, wo zwischen 1880 und 1914 die
originelle und bemerkenswerte Kunstrichtung der
Art nouveau entstand, die Jugendstilbewegung
Ecole de Nancy, die auch heute noch verzaubert.
Die angewandte Kunst, die Glas-, Möbel- und
Architekturkunst (Kunst in allen Formen und für
jedermann) der Ecole de Nancy mit Künstlern
wie Gallé, Majorelle und Daum bildet ein starkes,
kohärentes und wundervolles Ensemble, das es
unbedingt zu entdecken lohnt. In dieser Zeit
ist die 50 km entfernte Stadt Metz im besetzen
Lothringen deutsch. Der Bahnhof und die
angrenzenden Viertel beeindrucken mit seinen
prächtigen und fremdartigen Gebäuden, die auf
Befehl des Kaisers Wilhelm in neogotischem,
wagnerischem Stil erbaut wurden: es ist das
Kaiserviertel, das den Stolz und die Romantik
des Deutschen Kaiserreiches am Ende des 19.
Jahrhunderts ausmacht. Die beiden Städte Metz
und Nancy haben sich zusammengeschlossen,
um ein Aufenthaltspaket von 3 Tagen und 2
Übernachtungen (je eine in jeder Stadt) zu
erstellen. Entdecken Sie neben guten Speiselokalen
die lothringische Lebenskunst, die zwei Gesichter
Lothringens in der Zeit zwischen 1870 und 1914 so unterschiedlich und dennoch durch Geschichte
und Politik genauso wie durch Kreativität und
Kunst miteinander verbunden.
Petit rappel : La défaite de la France contre la Prusse en 1871 a eu pour conséquence le partage de la
Lorraine, faisant de Nancy et de Metz, deux « villes frontière ».
Le séjour :
NANCY METZ 1871 - 1914,
deux « villes frontière »
à la veille de la guerre.
À partir de 184 € par pers.
Contenu :
Deux nuitées
(une dans chaque destination)
Deux déjeuners et apéritifs lorrains
(un dans chaque ville)
Un pass pour visiter les quartiers
Art nouveau
et le Musée de l’École de Nancy
Un city pass Metz pour découvrir Metz
et plus particulièrement son quartier
impérial
Une pochette d’accueil
des deux destinations
(Metz-Nancy en TER en 30 minutes)
Aufenthalt: Nancy Metz 1871-1914 - zwei
“Grenzstädte” am Vorabend des Krieges
Ab 184 € pro Person
Hinweis: Die Niederlage Frankreichs gegen
die Preußen im Jahre 1871 hatte die Teilung
Lothringens zu Folge und machte aus Nancy
und Metz zwei “Grenzstädte”.
Maison Weissenburger
15
délices & saveurs
la maison
dans le parc
L’établissement tenu par Françoise Mutel
vient d’obtenir une étoile au guide Michelin
16
L
e pavé de sandre crépite au
cœur d’un beurre demi-sel lustré, porté à parfaite température. Sur le
passe-plat, une pincée de sel d’écrevisse
drape l’entrée du jour, appétissant assemblage d’avocat, pomme verte, citron
et de queues d’écrevisses fraîches. Un
assaisonnement « maison »pulvérisé
par quelques mains expertes, au cœur
du ballet qui s’orchestre en cuisine. À la
baguette, Françoise Mutel joue la partition du jour avec maestria. Maîtresse des
cuissons, elle sort viandes et poissons en
suivant de l’œil le dressage des garnitures
et le nappage des sauces, tout en annonçant les desserts à suivre. Une brassée de
coriandre croquante jetée dans le wok
parachève une pièce de bœuf Tatuki,
si fameuse que dans la carte, elle y est
portée au pinacle depuis son entrée, il y
a plusieurs saisons. « Impossible de l’en
retirer, on nous la réclame à chaque service » assure Françoise qui salue l’investissement de son équipe. « L’étoile met
un coup de pression supplémentaire car
il faut maintenir la qualité, mais c’est une
distinction essentielle : je suis heureuse,
émue et honorée pour mes collaborateurs
car c’est une récompense collective. C’est
aussi grâce à eux. »
1
3
2
4
1. L’assiette du jardinier
2. Boeuf Tatuki : le plat qui ne quitte pas la carte, servi avec ses
nouilles sautées façon Thaïe
3. Le merveilleux revisité : framboises garnies au gel de framboise,
meringue, crème légère au siphon et sorbet « framboise royale »
4. Le crémeux au citron Yuzu, sorbet citron, tuile citron vert
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Un air d’Asie souffle sur le piano
La maison, joyau dans l’écrin de verdure du Parc
L’étoile, venue couronner une cuisine digne des très grands,
illumine chaque membre de cette petite entreprise qu’est La Maison
dans le Parc. Et la chef de n’en tirer pas l’once d’une gloire individuelle : « Je travaille en partenariat avec mes collaborateurs : nous
construisons les menus ensemble, je les encourage à me faire des
propositions et j’attends d’eux la perfection pendant le service. On
ne peut pas travailler seul ». La démarche fait florès : La Maison
affiche complet midi et soir comme attendu quand on offre une
« cuisine signature » dans un cadre exceptionnel, à une encablure
de la place Stanislas. Pour sublimer le lieu, sis dans un immeuble
classé du 18e siècle, les Mutel ont misé sur une décoration intérieure
élégante et épurée. La terrasse, joyau dans l’écrin de verdure du
parc, s’est dotée d’un toit alliant acier, transparence et chauffages
plafonniers orientables. Le confort est de mise, la clientèle aux
petits oignons, servie par une équipe jeune dans une ambiance
décontractée.
La Maison dans le Parc
3 rue Sainte-Catherine
Tél. : +33 (0)3 83 19 03 57
Ouvert du mardi au samedi midi
et soir et dimanche midi,
réservation recommandée
www.lamaisondansleparc.com
Le gratin de fraises des bois, beurre d’orange
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Dans l’assiette, produit et goût dictent
l’écriture gastronomique d’une chef qui revendique une cuisine « ouverte sur le monde ». Le
midi, le menu « suggestion » propose quatre
entrées, deux poissons, deux viandes et quatre
desserts. Le soir, le menu « découverte » permet à l’hôte de s’en remettre à l’inspiration
de la brigade. Les suggestions de vin au verre,
précises et inspirées, mettent à l’honneur un
frais Quincy et un joli Pic Saint-Loup. Chez
Françoise, la sauce « homardine » est gourmande de crustacés, noyée de crème, pilée et
passée à la main ; l’ail, blanchi sept fois, pour
s’incorporer en sauce ; et les pétales de radis
« Daikon » délicatement déposés en corolles,
tels un aérien condiment. Un air d’Asie souffle
parfois sur le piano, mêlant les saveurs du
Yuzu au crémeux pâtissier ou du chou Kale
accompagnant le veau fermier de l’Aveyron.
Pas de figure tutélaire chez Françoise l’autodidacte, mais l’inspiration d’un Alain Passard
et d’un Lionel Levy pour guider cette chef
indépendante vers son style de cuisine, personnel, au caractère bien affirmé.
Gaëlle Girard-Marchandise
LES FRÈRES MARCHAND
CUISINE LORRAINE ET ALSACIENNE
CAPACITÉ D’ACCUEIL
Groupes de 10 à 120 personnes
Conception graphique [email protected]
MAÎTRE RESTAURATEUR
Terrasse de 100 places face au musée Lorrain
93Q99 grand rue - Nancy Ville Vieille
03 83 32 85 94 - freres-marchand.com
19
délices & saveurs
Rubrique réalisée par Gaëlle Girard-Marchandise
SANDWICHS & Cie
Quatre enseignes de restauration rapide combattent malbouffe
et casse-croûte « basiques » en proposant un « street fooding » de qualité, à base de produits du terroir. A l’honneur,
l’Italie, avec des recettes innovantes de piadina ou de bruschetta,
et le Canada avec des bagels au pastrami revisités. À Nancy,
snacking de rue rime avec gourmandise.
BISCOTTO
« BISCOTTO », « biscuit » en italien,
célèbre les origines italiennes d’Albane
qui tient boutique avec David son compagnon. La famille de la jeune femme,
originaire d’Emilie Romagne, a puisé
dans son terroir sa spécialité, la piadina.
Cette galette de pain faite maison sert de
base à une gamme variée de wrap, où
chaque ingrédient a franchi la barrière des
Alpes pour rejoindre l’assiette : Provolone,
Taleggio, Pecorino et Speck garnissent des
piadina frottées à l’ail et à l’huile d’olive,
où s’épanouissent roquette, légumes de
saison marinés façon antipasti, Bresaola
et Pastrami. Fraîcheur et saveur garantie
pour le salé comme le sucré : ne ratez pas
les glaces artisanales à la fleur de lait et
stracciatella.
10 rue Saint-Epvre (angle rue Saint-Michel)
Tél. : +33 (0)3 83 46 68 67 - Ouvert du lundi au
samedi de 11h30 à 14h30 et de 19h à 21h30
20
TANTO BENE
KENSINGTON COFFEE
A la carte du TANTO BENE, l’Italie est
aussi à l’honneur : la spécialité de la maison, c’est la Bruschetta. Cette tartine de
pain italien toastée et garnie se décline
en multiples variations : si la Boscaiola
célèbre le champignon des bois, la Quattro
Stagioni fait la part belle aux poivrons et
artichauts en persillades, toutes deux sur
un lit de fromage fondu. Et pour donner le
fumet aux saveurs méditerranéennes, un
Speck, jambon originaire du Tyrol italien.
Le lieu tient son nom d’un quartier de
Toronto où fleurissent les coffee shops,
ces enseignes dédiées au Caffe Latte et
au bagel. Un concept canadien bien rodé
qui a su trouver sa place dans cette rue
piétonne du cœur de la cité nancéienne.
À déguster sur place, confortablement
blotti dans un club en cuir vieilli ou sur
la terrasse ensoleillée, les smoothies fruités, les cafés frappés décorés de motifs
floraux caramélisés et les sandwichs aux
rondeurs nord-américaines, débordant
de sésame et troués en leur centre, façon
donuts salés.
1 avenue Foch
Tél. : + 33 (0)3 83 22 66 53
Ouvert de 11h30 à 23h30
12 rue de la Faïencerie
Ouvert du lundi au samedi, 9h-19h
Tél. : +33 (0)3 83 33 95 74
KIOSKI
Place Carnot, c’est l’esprit estival du jardin du
Luxembourg qui règne au KIOSKI. Ce petit
Pavillon vieux rose abrite un espace de restauration rapide où fleurent bon gaufres, hot dogs,
pans-bagnats, salades colorées, sandwichs américains et croque-monsieur. Les cornets de crème
glacée s’y disputent la faveur des promeneurs en culottes courtes, attablés à la terrasse ombragée pour
un goûter d’été dans une ambiance à la Jacques
Tati. Jean-Louis Tosi, le sympathique tenant des
lieux, met l’accent sur ses formules du midi avec
desserts et boissons : goutez les délicieux cookies
faits maison.
Place Carnot
Ouvert tous les jours de 10h à 21h
Tél. : +33 (0)3 83 30 42 07
délices & saveurs
La Ferme
Sainte-Geneviève
Pèlerinage en terres gourmandes
La ferme Sainte-Geneviève
2 chemin du Pain de sucre
54130 Dommartemont
Tél. : +33 (0)3 83 29 13 49
Ouvert du mardi
au dimanche midi
fermesaintegenevieve.com
c
« La ferme Sainte-Geneviève, elle se mérite ! » Vincent Dallé ne croit pas si bien dire :
le chef et patron de l’établissement en sait quelque chose, rejoindre cet écrin de verdure
perché sur les hauteurs du charmant village de Dommartemont tient du pèlerinage en
terres rurales préservées. Après la traversée de la zone d’activité La Porte verte, le chemin
serpente dans un bois touffu pour achever la grimpée en son point le plus haut. Surplombant
le tout, la ferme Sainte-Geneviève se tient à l’abri des regards, dans un cadre bucolique. Et
offre à une clientèle de gourmets avertis un panel de services de restauration.
Côté bistrot, le chef développe une cuisine « retour de marché » qui laisse la part
belle aux rognons grand-mère, à la pièce de bœuf à la lie de vin et à la dorade safranée. Le
menu trois plats à 22 euros offre au visiteur cadre de qualité et assiette garnie pour un
excellent rapport qualité-prix. La carte est aussi de saison et les plats y entrent et en sortent
en fonction du maraîchage. Dans le menu à 30 euros, la tatin de lapereau et la cassolette
de ris de veau, carottes des sables se posent comme les plats phares.
Côté Hermitage, le bâtiment rénové et aménagé pour des réceptions permet l’accueil
de repas et soirées événementiels. C’est d’ailleurs le cheval de bataille de Vincent Dallé :
offrir aux larges clientèles de groupes, qu’elles soient familiale ou professionnelle, la même
qualité de produits et de cuisine qu’en restaurant gastronomique. Une démarche qui implique le travail de produits frais, la cuisson minute et une mise en place longue car soignée.
Gaëlle Girard-Marchandise
22
23
tourisme d’affaires
Hôtels
en séminaire
Salles de séminaires et salons dédiés, forfaits hébergementrestauration, accords avec des incentives : les hôtels misent plus que
jamais sur leur clientèle business. Panorama de trois établissements
tournés vers une clientèle affaires rendue fidèle.
24
Hôtel d’Haussonville
« C’est un endroit où on est à la maison,
même si on est loin de chez soi ». C’est en ces
termes qu’un client chef d’entreprise aime définir
cet hôtel qui l’accueille si souvent lors de ses déplacements. Il n’est pas le seul : à lire le livre d’or,
où l’on trouve Vanessa Paradis, Lambert Wilson,
Florence Foresti, Mimie Mathy et Dany Boon,
c’est l’ambiance feutrée de cet hôtel de charme
qui sait conquérir une clientèle professionnelle
en attente d’un service irréprochable et d’une
intimité inégalée. Pour leur plaire, à Haussonville,
on leur livre en chambre le dîner gastronomique
venu en direct du piano de l’Arsenal, on aménage
les salons en fonction du volume de leurs piles
de dossiers, on prévoit les mini croissants à 10h
pour le petit-déjeuner de travail et les bulles à
midi en prélude du déjeuner. Sept chambres permettent d’accueillir des équipes mixtes. Et pour
tous ceux qui viennent d’ailleurs, du personnel
natif et polyglotte en anglais, allemands, portugais, espagnol, russe et chinois a été embauché.
Une personnalisation proche des services de
conciergerie qui fait toute la différence avec un
hôtel classique.
Vues de l’hôtel d’Haussonville,
magnifique bâtiment Renaissance
Hôtel d’Haussonville
9 rue Monseigneur Trouillet - 54000 Nancy
Tél. : +33 (0)3 83 35 85 84
www.hotel-haussonville.fr
Hôtel Park Inn
L’atout principal de l’hôtel Park Inn : se
trouver à quelques pas de la gare de Nancy, au
cœur des quartiers d’affaires et à proximité immédiate de la ville historique. Les 192 chambres
de l’hôtel, la plus grande capacité de la région
Lorraine, permettent un accueil d’entreprise de
très grande taille. Avec six salles de réunions
modulables de 540 m² au total, impossible de
se passer des « espaces conférence » de cet hôtel
du groupe Radisson. Et pour poursuivre les réunions, le bar l’Alérion offre un lieu de conversation privilégié.
Hôtel Park Inn
11 rue Raymond Poincaré - 54000 Nancy
Tél. : +33 (0)3 83 39 75 75
www.parkinn.com/hotel-nancy
25
Hôtel Campanile
Avec 89 chambres, 72 couverts intérieurs et 40 en terrasse, hébergement et restauration sont au cœur de l’activité
du Campanile qui mise sur ses services pour attirer la clientèle
affaires de la zone d’activité et des professionnels en déplacement
sur l’axe nord-sud. La bonne formule, le Campanile la peaufine
en offrant la gratuité de la salle de séminaire, si le groupe ou
l’entreprise prend son repas au restaurant de l’hôtel. Pour 38
euros par jour et par personne, cette salle de réunion est mise à
disposition avec wi-fi, rétroprojecteur, café et viennoiseries pour
la pause matinale, tartes et jus de fruits pour celle de l’après-midi
et pour parfaire le tout, le chef propose un menu de midi, servi à
l’issue des moments de travail. Des tarifs préférentiels pour les
chambres sont appliqués aux entreprises et des actions marketing
en direction de cette clientèle business locale ponctuent aussi
l’année : ballotins de chocolat à Pâques et 20% de réduction
sur l’addition en septembre. De fait, c’est tout le Technopôle de
Brabois qui fréquente le Campanile, pour déjeuner, dîner et
organiser séminaires ou réunions.
Gaëlle Girard-Marchandise
Hôtel Campanile
Zac de Brabois - 1 avenue de la Forêt de Haye
54500 Vandœuvre-lès-Nancy
Tél. : + 33 (0)3 83 44 66 00
www.campanile-nancy.fr
DES SPÉCIALITÉS MAISON POUR
DE DÉLICIEUSES IDÉES-CADEAUX
Composez vos coffrets-cadeaux
avec nos exclusivités-maison :
• Les bergamotes de Nancy,
label IGP ;
• La perle de Lorraine, pâte de
fruits, eau-de-vie mirabelle ;
• Les florentines des Sœurs,
praliné enrobé d’un léger
glaçage ;
• nos célèbres Macarons ;
et bien d’autres spécialités
lorraines.
Venez goûter la fraîcheur
d’un chocolat fait “Maison” et
découvrez nos coffrets cadeaux.
Nicolas Génot, Artisan-Confiseur
21 rue Gambetta - NANCY (à 50 m. de la place Stanislas)
Tél. 03 83 32 24 25 - www.macaron-de-nancy.com
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27
tourisme d’affaires
Centre Prouvé, un lieu ouvert sur la ville au cœur du futur éco-quartier
Stade Marcel Picot : salon équipé avec vue panoramique pour assister aux matchs
Ambassadeur de marque
Le Bureau de l’Événementiel lance son opération séduction
Fondé en 2014, le Bureau de l’Événementiel est
un nouveau service intégré à Nancy Tourisme &
Événements incarnant la volonté d’une politique
forte du Grand Nancy en matière de tourisme
d’affaires sur la destination. Jusqu’alors freinée
par un manque de structures adaptées et un Palais
des Congrès vieillissant, l’offre business, dopée
par l’arrivée du Centre Prouvé, vise désormais
des objectifs plus ambitieux et souhaite imposer
avec le BDE sa marque sur un marché particulièrement concurrentiel.
28
Si Nancy, forte de son vécu universitaire, développe depuis de nombreuses années une tradition d’accueil de congrès
et séminaires dans le domaine de la santé et des sciences, ses
prestations en matière de tourisme d’affaires nécessitaient d’être
élargies afin de répondre davantage aux attentes actuelles du
secteur. C’est désormais chose faite grâce à l’ouverture du Centre
Prouvé (inauguré le 28 juin dernier) dont les atouts complètent
ceux d’infrastructures comme le Zénith, le stade Marcel Picot
ou le domaine de l’Asnée, mais aussi du parc hôtelier (voir
Nancy Tourisme 5, page 45). Une offre variée dont l’attractivité
aux yeux du public est d’autant plus efficiente qu’elle s’intègre
aujourd’hui au sein d’une démarche commerciale globale portée
par le nouveau Bureau de l’Evénementiel.
Une action en première ligne
Fruit d’une réflexion initiée voici cinq ans, le BDE fut
au départ envisagé comme une structure ex-nihilo gérée en
partenariat avec les acteurs institutionnels. Mais avec du
recul, il est apparu plus pertinent de faire profiter ce nouveau pôle de l’expérience dont dispose Nancy Tourisme qui
dorénavant comportera deux services - l’un disposant de la
compétence reconnue du tourisme d’agrément, l’autre fort
de la création du BDE, de la compétence tourisme d’affaires.
Nancy Tourisme devient Nancy Tourisme & Événements.
Marketer les opportunités business de Nancy et sa région, tel
est ainsi l’objectif du nouveau bureau, véritable interface de
valorisation et d’information entre la clientèle et les structures d’accueil adhérentes. Cette porte d’entrée vers un riche
panel de services touristiques, mais aussi outil de séduction,
se positionne en première ligne afin de permettre à Nancy
de rivaliser avec les autres destinations, et plus particulièrement celles - comme Strasbourg et Grenoble - possédant
déjà leur propre Bureau des Congrès. La concurrence est
en effet forte sur le segment et le Bureau de l’Événementiel,
comme l’indique sa dénomination différente de celle de ses
homologues, embrasse un champ de compétence le plus large
possible pour y faire face. « Il doit être à même de promouvoir la capacité d’accueil du Grand Nancy sous tous les angles,
pour tout type d’événement : commercial, festif, sportif… mais
aussi toutes les formes de rencontres : congrès, séminaire, forum,
meeting ou incentive » précise Gérard Rongeot, président de
Nancy Tourisme & Événements.
Les petits « plus » du BDE
Partagez vos savoirs
dans un lieu original…
MUSÉUM AQUARIUM DE NANCY
Multipliant les atouts, le BDE propose en complément plusieurs prestations liées à l’organisation d’événements comme l’établissement d’un budget prévisionnel,
la création d’un bulletin en ligne pour l’inscription, la
gestion financière des comptes, la mise à disposition d’une
personne sur site pour l’encaissement… Des « plus » qui,
associés aux autres services proposés par Nancy Tourisme
& Événements - comme ceux de la centrale de réservation
hôtelière - doivent, par leur complémentarité, convaincre
mais aussi fidéliser la clientèle. Un jeu de séduction dont le
principal acteur sera le futur directeur général de Nancy
Tourisme & Événements (recruté en septembre 2014) dont
le poste sera particulièrement axé sur la promotion de la
destination Nancy et nécessitera une présence forte sur le
terrain. « Une fois l’intérêt de la clientèle suscité, il reviendra
toutefois à chaque structure d’accueil de proposer l’offre la
plus attractive » précise Gérard Rongeot. Un premier guide
des adhérents au BDE1 présentant les structures d’accueil
(hôtels compris) et de restauration, les agences d’incentive
et divers prestataires (transporteurs, loueurs de matériel
audiovisuel…) est d’ailleurs en cours de réalisation.
www.museumaquariumdenancy.eu
29
Tropisme économique
Une politique touristique dessinée à l’échelle de la destination constitue aussi
un moyen efficace de développer des partenariats avec les acteurs locaux souhaitant
voir leur offre business relayée par les actions du BDE qui, en tant que « tête de
gondole » du marketing territorial nancéien, devient un important pourvoyeur de
nouveaux clients. Une dynamique « gagnant / gagnant » qui se traduit également par
la création, au sein du conseil d’administration de Nancy Tourisme & Évènements,
de deux nouveaux collèges de réflexion (venant s’ajouter à ceux déjà existants)
spécialisés sur la partie affaires et intitulés Acteurs économiques (auquel participe
la Chambre de Commerce et d’Industrie de Meurthe-et-Moselle) et Structures
accueillant des manifestations (dont le Centre Prouvé et le Zénith font notamment
partie). Plus qu’une force de vente, le Bureau de l’Événementiel est un indicateur fort
de l’importance que le tourisme d’affaires revêt aujourd’hui en termes de retombées
économiques, une réalité avec laquelle il faut compter. Son ouverture, synchrone
avec celle du Centre Prouvé, n’est pas le fruit du hasard mais bien un « coup double »
destiné à impacter le plus fortement possible l’attractivité du Grand Nancy. Accueil,
restauration, hôtellerie, transports, culture : autant d’activités qu’il était important
d’unir sous une même bannière que le BDE brandit désormais. Le premier acte vient
d’être annoncé avec la signature d’une Charte Hôtelière (voir encadré).
Anthony Humbertclaude
Dans le cadre de Nancy Tourisme & Événements, les adhérents peuvent souscrire à différents types de formules
- dont une formule affaires - afin d’être référencés au sein d’une base de données mais aussi sur le site Internet,
et dans différents documents et brochures dédiés.
1
ACCUEIL DES CONGRÈS À NANCY :
LA CHARTE HÔTELIÈRE
Les membres du club hôtelier de nancy et nancy tourisme
& Événements s’engagent pour l’accueil des entreprises
La signature d’une charte entre Nancy Tourisme & Événements et le Club Hôtelier,
intervenue en juin 2014, vient formaliser les accords de collaboration liant les deux
associations, dans le cadre du développement du tourisme d’affaires sur l’agglomération.Cette charte précise les modalités, les méthodes de travail communes ainsi que
les engagements réciproques des partenaires. Elle permet d’apporter une meilleure
offre tarifaire aux touristes d’affaires, et une plus grande réactivité dans les réponses
à donner aux organisateurs d’événements sur le Grand Nancy.
Elle s’attache également à privilégier la qualité de l’accueil dans les hôtels pour cette
clientèle spécifique : mise à disposition dans les chambres de documents et du magazine Nancy Tourisme fournis par Nancy Tourisme & Événements, accueil et bagagerie
24h/24, connexion wi-fi gratuite… De nombreux « plus » qui renforcent la qualité
du service et font la différence lorsqu’il s’agit de convaincre et séduire.
30
La salle de concert du Zénith lors d’une convention
Bureau de l’événementiel
Tél. : + 33 (0)3 83 35 90 09
[email protected]
www.nancy-tourisme.fr/thematiques/affaires/
The Events Office launches its charm offensive
Created in 2014, the Events Office (Bureau de l’Evénementiel) is a new department within Nancy Tourisme
& Événements driving the proactive policy on business
tourism. As the vehicle for a total marketing approach
encompassing the new Centre Prouvé conference centre,
facilities such as the Zénith, the Marcel Picot stadium and
the Domaine de l’Asnée, as well as the area’s hotel accommodation, its aim is to establish the Greater Nancy brand
in a very competitive market. Acting as a promotional and
information interface between clients and visitor facilities,
the Events Office offers a wealth of services enabling the
region to compete with other destinations. “ It needs to
promote Greater Nancy as a visitor destination from every
standpoint - for every occasion, be it commercial, celebratory
or sporting, and all types of event: conference, seminar,
forum, public meeting or incentive travel, ” says Gérard
Rongeot, chairman of Nancy Tourisme & Evénements. In
addition, the office provides several services related to event
organisation, such as producing a provisional budget, creating an online registration form, account management and
providing a person on-site to handle cash payments.
These “ extras ”, combined with the other services offered by
Nancy Tourisme et Evénements - such as the hotel booking
system - should win clients and keep them coming back.
“ But once we’ve caught a client’s interest, it is up to each
visitor facility to make the most attractive offer, ” adds
Gérard Rongeot. As the most visible part of Nancy’s marketing effort, the Events Office is a major source of new clients.
It is not just a sales force, it is also a clear indicator of the
significance of business tourism nowadays in terms of
economic impact. Work has begun on the first guide for its
partner organisations, introducing the venues and catering
facilities, incentive agencies and various other service providers.
8019 - Photos © VDN - Communauté urbaine du Grand Nancy - Régine Datin
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fax. 03 83 35 90 08
31
tourisme d’affaires
Classe business
Avec des lieux de réception exceptionnels, des équipements de grande
capacité et des animations de prestige, la cité des ducs séduit une
« classe business » friande d’un accueil haut de gamme.
MBA (Musée des Beaux-Arts),
18 juin 2014. Devant les vitrines
consacrées aux pièces Daum,
les neurochirurgiens du 2e world AVM
Congress, s’offrent un bain
de culture pendant leurs
trois journées professionnelles
32
1
2
I
l y a foule au Musée des Beaux-Arts en ce début de soirée estivale. Dans les
allées, se croisent des groupes de silhouettes bigarrées échangeant dans des
dizaines de langues avec, pour unique mot d’ordre, la neurochirurgie. Ces 400
touristes peu ordinaires constituent le cœur vivant de la recherche mondiale en science
du cerveau. Réunis en congrès international à Nancy, ils profitent d’une soirée de répit
dédiée à la culture. Et pour en étancher la soif, le Musée des Beaux-Arts se privatise et
leur dédie ses guides bilingues, pour une déambulation autour de certaines des œuvres
les plus marquantes des collections. Les pièces de Daum ouvrent le bal, puis viennent
les toiles impressionnistes, et enfin la « star » du lieu : Picasso. La découverte se poursuit
dans une salle minuscule d’un noir de jais où scintille une voie lactée multicolore. L’effet
saisissant de cette installation d’art contemporain clôt la visite. Le péristyle, transformé
en salle de réception, accueille le cocktail suivi du son et lumière projeté sur la place
Stanislas. Une soirée inoubliable, de mémoire de neurochirurgien.
1 - MBA, la visite privée offre la descente
du grand escalier vers le péristyle
2 - MBA, l’installation Infinity
mirror Room, Fireflies on the water
de Yayoï Kusama propose une expérience
visuelle inattendue
Un jeu de piste
pour découvrir Nancy en s’amusant
En quête de cohésion d’équipe
De l’autre côté de la place Stanislas, un groupe de cadres en plein rallye pédestre
incentive. Leur mission : répondre au plus grand nombre de questions sur des lieux
nancéiens emblématiques du 18e siècle et prendre des photos de leur quête. Une façon
ludique de découvrir la ville. « Sur les grilles de Jean Lamour entourant la place Stanislas,
vous pouvez observer les trois emblèmes du roi de France. Quels sont-ils ? » Au sein de
l’équipe, les tâches se répartissent : l’une inscrit la réponse, « couronne, lys, coq », l’autre
organise une mise en scène photo avec ses co-équipiers de part et d’autre des grilles, puis
l’on passe à l’étape suivante, la place Carrière. Habile mélange de travail et de détente, le
rallye est ponctué de rencontres avec des passants, rythmé par une pause dégustation et
s’achève sur la remise du livre photo de cette journée spéciale. « Les entreprises recherchent
la cohésion d’équipe. Mieux se connaître, passer une journée agréable et découvrir la
ville autrement qu’avec un guide sont des façons d’y parvenir » explique Sophie Gaulier,
directrice de l’agence SG Organisation, qui organise ce type de rallyes.
33
Être au cœur de la cité nancéienne dans un lieu
chargé d’histoire
1
La Maison d’hôte de Myon joue aussi la carte business, dans
un registre plus confidentiel. À l’abri des regards, le 7 rue Mably
dévoile le charme fou d’un ancien cloître de chanoines métamorphosé. Un lieu autrefois voué à la vie monacale où costumes et
réunions d’affaires remplacent désormais robes de bure et prières.
Pour les convaincre de venir travailler, dormir et se restaurer chez
elle, Martine Quenot, l’hôtesse, dédie à ses clients les 800 m² de
sa maison et tout son temps. Les cinq suites et trois lofts sont mis
à leur disposition pour la partie hébergement. Les déjeuners et
dîners d’affaires, toujours gastronomiques, sont préparés par un
chef et mis en température sur place ; les « gourmandines » de la
pause-café sont faites maison. Au niveau des espaces de travail, une
salle professionnelle parée de tous les équipements multimédia et
décorée à l’aune du reste de la demeure permet d’accueillir vingt
collaborateurs. Quant aux moments de repos, la cour intérieure et
sa terrasse, abritée de vigne vierge, est prisée pour l’apéritif dinatoire
et le café. Une prestation exceptionnelle qui séduit les entreprises
attirées par l’ambiance unique du lieu. Et pour Martine, il n’y a
pas à faire de différence entre l’accueil d’hôtes de loisirs et de professionnels. « Souvent en déplacement, ils recherchent chez moi le
sentiment d’être au cœur de la cité nancéienne, dans un lieu chargé
d’histoire, plutôt que dans un hébergement standardisé. Ils apprécient
de se sentir « comme à la maison » explique t’elle.
Revenir pour visiter la région
Le Domaine de l’Asnée, à Villers-lès-Nancy suit une même
démarche fondée sur une clientèle plutôt institutionnelle. Propriété
de l’évêché, le domaine formait jadis les prêtres du diocèse de Nancy.
Il accueille toujours des séminaristes de tous horizons, venus non
pas pour y embrasser la foi mais pour y rejoindre conférences,
assemblées générales et groupes de travail. Réhabilité, l’énorme
bâtiment dispose d’un vaste auditorium et de salles « grande capacité », un atout pour les entreprises de la région. A dix minutes
de la place Stanislas et offrant un parking de 300 places, le lieu est
également prisé pour sa partie restauration qui permet de recevoir
300 convives assis.
La conférence du jour réunit 200 psychologues de la Fédération
Française de Psychologie. Pour les accueillir, l’auditorium et le vaste
hall sous verrière où un petit-déjeuner de travail est servi. Une
assemblée largement féminine qui ne boude pas son plaisir d’être
reçue en ce domaine au riche passé « Cette bâtisse en plein cœur
d’un parc arboré, quel endroit ! Suivre un séminaire ici donne envie
de revenir visiter la région » confie une conférencière.
1 - La maison de Myon met à disposition de ses clients professionnels son patio intérieur pour
les moments de détente rythmant les temps de travail. La société Lorraine d’Habitat y
organise son assemblée générale et son conseil d’administration, suivis d’un déjeuner.
2
34
2 - Au Domaine de l’Asnée, le vaste hall rénové sous verrière permet d’accueillir au cours
d’un petit déjeuner débout les 200 psychologues conférenciers à la pause de 10h.
Aux Domaines, à l’angle des rues Saint-Julien
et Claude Charles, c’est d’abord le vin qu’on vient
déguster entre collègues. L’une des spécialités de cette
cave de renom : organiser des soirées dégustation.
Les convives, sollicités sur dix à douze crus apprécient ces rendez-vous où se faire le palais participe
de la construction de l’esprit d’entreprise. Pour ces
professionnels, l’exercice gustatif est aussi l’occasion de décompresser entre membres d’une même
confrérie. A Nancy, les activités « team building » et
« incentives » ont de beaux jours devant elles. Tout
comme l’accueil business personnalisé.
Gaëlle Girard-Marchandise
ADRESSES UTILES
Musée des Beaux-Arts de Nancy
3 place Stanislas - 54000 Nancy
Tél. : + 33 (0)3 83 85 30 72
mban.nancy.fr
SG Organisation
50 rue Saint-Georges - 54000 Nancy
Tél. : + 33 (0)3 83 28 58 05
www.sg-organisation.com
Maison d’hôte de Myon
7 rue Mably - 54000 Nancy
Tél. : + 33 (0)9 64 24 24 23
maisondemyon.com
Domaine de l’Asnée
11 rue de Laxou -54600 Villers-lès-Nancy
Tél. : + 33 (0)3 83 27 61 05
www.domaineasnee.com
Les Domaines de Nancy
2 rue Claude Charles - 54000 Nancy
Tél. : + 33 (0)3 83 30 53 39
www.lesdomaines.eu
35
tourisme d’affaires
Grands équipements d’accueil :
l’atout maître de Nancy
Major visitor facilities:
Nancy’s trump card
The Greater Nancy area has an
array of facilities to attract the business visitor, so it has plenty to offer
the sector, including the new Centre
Prouvé, which, in conjunction with
the Parc des Expositions exhibition complex operated by Nancy
Congrès & Evènements SPL, plays
a particularly strategic role.
36
Proposant une grande diversité de lieux d’accueil, le Grand
Nancy ne manque pas d’arguments lorsqu’il s’agit de séduire
la clientèle business. L’agglomération décline ainsi sur ce
segment un large éventail d’offres au sein duquel le nouveau
Centre Prouvé tient une place stratégiquement prépondé rante. Grand Nancy Congrès & Evénements, Société Publique
Locale qui exploite depuis peu le Parc des Expositions, s’imp o s e a i n s i d ’ e m b l é e co m m e l’ u n e d e s p r i n c i pa l e s f o rc e s d e
frappe du tourisme d’affaires. Pas question pour autant de
faire cavalier seul… bien au contraire !
U
nis au sein de la SPL Nancy Congrès & Événements, le Centre
Prouvé et le Parc des Expositions forment une entité bicéphale
développant un large choix de prestations, une complémentarité
renforcée par la présence, au sein de la Société, d’une équipe de professionnels rodés et dédiés à l’organisation d’événements sur les deux sites. « Avec
le lancement du Centre Prouvé allié au Parc des Expositions, et la création
du Bureau de l’Événementiel (voir page 28), nous sommes armés pour donner
un nouvel élan au tourisme d’affaires sur le Grand Nancy » précise Béatrice
Cuif-Mathieu, directeur général de la Société. Elle souligne également le rôle
essentiel joué par le président du conseil d’administration Pierre Boileau, également 1er vice-président de la Communauté urbaine du Grand Nancy et Maire
de Ludres, pour assurer le positionnement de la Société, et sa volonté de lui
donner les moyens de rayonner sur la Grande Région. Un récent voyage de
presse à destination des médias transfrontaliers a d’ailleurs permis à Grand
Nancy Congrès & Événements de travailler cette cible pour convaincre de
nouveaux clients étrangers.
Espaces publics à géométrie variable
Les 28 et 29 juin derniers, le Centre Prouvé a donc pris son envol lors d’un
week-end d’inauguration ayant accueilli 18 000 personnes, dont 1300 pour la
cérémonie officielle. Deux jours placés sous le signe de la découverte avec de
nombreuses visites, guidées ou libres, et la présentation de deux expositions,
l’une sur l’histoire du projet De Prouvé à Barani, l’autre sur les années d’exploitation du tri postal (le nouveau centre intègre dans son architecture un
ancien centre de tri imaginé par Claude Prouvé). Ce lancement fut aussi un
moment clé pour faire découvrir au public les multiples usages de la structure.
Plus qu’un centre de congrès, sa modularité (plusieurs salles de commissions,
deux auditoriums, des espaces réceptifs panoramiques… voir Nancy Tourisme
n°5, page 45) conjuguée à une grande accessibilité grâce à la gare TGV proche
et un important parking sous-terrain de 455 places, permet au Centre Prouvé
d’accueillir de nombreux formats d’événements. Les visiteurs ont également pu
se rendre compte de l’intervention artistique de plasticiens nancéiens, dans le
cadre du 1% artistique1, qui ont conçu des pièces de mobiliers contemporains
intégrées aux espaces du bâtiment : bornes d’accueil, éléments d’assise et bar.
Ces créations viennent compléter le mobilier design et comptent notamment
des rééditions de grandes signatures : fauteuils et guéridons Jean Prouvé, sièges
Eames, pièces de Jasper Morrison ou Ronan et Erwan Bouroullec...
It was in the light of this that the Centre Prouvé opened its doors to the public on 28 and 29 June
2014 for an inaugural weekend that focused on exploration, with several guided tours and two
exhibitions. This launch was a significant opportunity to showcase the building’s multiple uses.
It has actually been operational since 4 September 2013, and between July and the end of
December 2014, over 70 events are scheduled to take place there. These include national and
international conferences, colloquiums, study days, charity events, company conventions,
shareholder meetings, trade and public exhibitions, forums, exhibitions, gala evenings, and more.
Over the next two years, to December 2016, based on the activities currently confirmed, forecasts
indicate that 80,000 visitors are expected; 13,000 overnight stays; 36,000 sqm of exhibitions
and 95,000 conference delegate days. New life is clearly being breathed into the business tourism
sector in the Greater Nancy area, which also has several other major facilities for visitors.
Le Centre Prouvé est situé à quelques pas
de la gare TGV © Grand nancy
Le Centre Prouvé est doté de grands espaces
réceptifs panoramiques © Grand nancy
37
Centre Prouvé : accueil et salle de réunion
Un départ sur les chapeaux de roues
Among them is the Domaine de l’Asnée,
which specialises in hosting colloquiums,
seminars and conferences, and boasts a
lavishly-appointed auditorium, adaptable
facilities, on-site accommodation and
catering, all in beautiful verdant surroundings. Then there is the Zénith, where event
organisers can hire the VIP area, small
meeting rooms, a stage, a 7700 sqm hall,
the 25,000-seater outdoor auditorium or
the 2200 sqm entrance hall. Similarly,
the Ensemble Poirel can provide rooms for
business meetings and offers the option
of organising high-quality soirées in elegant
surroundings. L’Autre Canal, a contemporary music venue, also hires out its premises
for events. The Marcel Picot football stadium is another major asset in this sector.
The scene of many sporting exploits, it has
1500 sqm of seating where visitors can
watch a game in comfort with superb views
of the pitch, plus well-equipped function
rooms, an 1100 sqm area pitchside and,
of course, an artificial playing surface.
38
L’exploitation effective du Centre Prouvé, débutée le 4 septembre dernier, compte
d’ici la fin de l’année plus de 70 événements programmés : congrès nationaux et internationaux, colloques, journées d’études, fêtes d’associations, conventions d’entreprises,
assemblées générales, salons professionnels et grand public, forums, expositions, soirées
de gala… Elle prévoit par ailleurs la possibilité de recevoir des concerts. De petits et
grands formats donc, mais également de nouvelles zones de compétences. Le centre
accueille ainsi du 24 octobre au 5 novembre 2014 l’exposition Les Trésors des Pharaons
qui rassemble 500 répliques d’œuvres conservées au Musée égyptien du Caire et liées
aux dynasties d’Akhénaton à Ramsès II, en passant par Toutankhamon : un événement
grand public pour un lieu ouvert à tous. Sur les deux prochaines années, jusqu’à décembre
2016, les perspectives d’activités à ce jour confirmées sont les suivantes : 80 000 personnes attendues, 13 000 nuitées, 36 000 m² d’exposition et 95 000 journées congressistes,
et laissent présager d’importantes retombées économiques aussi bien pour les prestataires du centre que pour le tissu touristique local (hôtels et commerces en particulier).
« Le regard du marché des congrès et de la profession sur notre destination a changé »
explique Thierry Bottard, directeur commercial et marketing de la SPL, « l’objectif de
figurer parmi les dix premières destinations de congrès françaises est possible, et ce, malgré
un contexte économique particulièrement difficile ».
Destination gagnante
Ce nouvel élan qui souffle sur l’offre affaires grand nancéienne constitue une avancée
précieuse que Béatrice Cuif-Mathieu tient à conforter et préserver en jouant la carte de la
collaboration. « Si nous n’avons pas la possibilité d’accueillir un événement dans les deux
équipements de la Société, nous contactons d’autres équipements de l’agglomération plutôt
que de le laisser partir ailleurs ». Forger le marketing territorial en s’appuyant sur l’attractivité globale du territoire est ainsi l’une des préoccupations majeures du Centre Prouvé,
« une union voulue par André Rossinot, président du Grand Nancy, et Laurent Hénart,
maire de Nancy et vice-président délégué à l’attractivité et au rayonnement du territoire »
précise le directeur général.
rubrique
L’espace VIP du Zénith
Et des lieux d’accueil, l’agglomération n’en manque pas ! Ainsi le domaine de
l’Asnée, spécialisé dans la réception de colloques, séminaires et conférences, joue sur
des arguments faisant souvent mouche : nature, détente et convivialité. Le site dispose
d’un amphithéâtre de prestige, d’équipements modulables, d’un hébergement et d’une
restauration sur place, le tout dans un cadre de verdure à quelques minutes du centre de
Nancy (voir article page 34). Par ailleurs, plusieurs grandes structures, dont la vocation
initiale n’est pas touristique, ont développé leur propre offre affaires à l’image du Zénith
qui propose aux organisateurs de profiter de son espace VIP (avec accueil personnalisé,
parking, place réservée et cocktail dinatoire), mais aussi de louer, au choix, des petits salons,
l’espace scénique ou la salle de 7700 m² pouvant accueillir 4600 personnes assises (ou
5800 débout) : un large espace adapté aux grandes conventions ou aux soirées dansantes
par exemple. Le « must » étant, pour les très grands rendez-vous et si le temps le permet,
de profiter de l’amphithéâtre extérieur comptant 25 000 places ! À noter que le hall du
Zénith, d’une superficie de 2200 m², peut lui aussi être utilisé. Dans le même répertoire,
l’Ensemble Poirel et l’Autre Canal ont également des arguments à faire valoir. Le premier
met à disposition ses salles pour les réunions d’affaires et offre la possibilité d’organiser
des soirées haut de gamme dans un cadre prestigieux. Il a développé notamment une
formule personnalisable pouvant comprendre au choix cocktail dînatoire, visite guidée
d’une exposition, accès à la salle de spectacles, mise en relation avec les producteurs et
salon d’honneur privatisé. Au diapason, la salle dédiée aux musiques actuelles l’Autre
Canal loue également ses espaces pour des réceptions.
The way in which many venues in the
Greater Nancy area are opening up to
business tourism illustrates how the conurbation is shifting its focus in terms of receiving
visitors in response to the economic value
business visitors now have to offer; a value
that is attracting an increasing number of
venues able to combine premises hire with
service provision. They include the Kinepolis
cinema, which is promoting flexible,
well-equipped spaces, access to film screenings, on-site catering, a VIP service, customised packages and team-building activities.
L’Autre Canal propose ses salles pour les réceptions
39
1
+ INFORMATIONS PRATIQUES
Centre Prouvé - Parc des Expositions
Grand Nancy Congrès & Evènements
1 place de la République - 54000 Nancy
Tél. : +33 (0)3 83 30 80 00
[email protected]
www.grandnancy-congresetevenements.com
Domaine de l’Asnée
11 rue de Laxou
54600 Villers-lès-Nancy
Tél. : +33 (0)3 83 27 61 05
www.domaineasnee.com
Zénith de Nancy
Rue du Zénith - 54320 Maxéville
Tél. : +33 (0)3 83 93 27 00
[email protected]
www.zenith-de-nancy.com
Ensemble Poirel
3 rue Victor Poirel - 54000 Nancy
Tél. : +33 (0)3 83 32 31 25
[email protected]
www.poirel.nancy.fr
L’Autre Canal
45 boulevard d’Austrasie
54000 Nancy
Tél. : +33 (0)3 83 38 44 88
[email protected]
www.lautrecanalnancy.fr
Picot Event
SASP Nancy Lorraine
Stade Marcel Picot
90 boulevard Jean Jaurès
BP 10013 - 54150 Tomblaine
Tél. : +33 (0)3 83 18 32 95
[email protected]
Kinepolis
3 rue Victor - 54000 Nancy
Tél. : +33 (0)3 83 17 13 40
www.kinepolis.fr
2
1 - Le Domaine de l’Asnée, spécialisé dans la réception de colloques et séminaires
2 - Le Stade Marcel Picot, un complexe doté de surfaces événementielles, dont un immense terrain synthétique
En expansion continue…
Autre acteur majeur du secteur, le stade Marcel Picot dont la structure Picot
Event revendique ce slogan sans équivoque : « Un écrin à la mesure de votre événement ». Temple de l’aventure sportive, le complexe dispose de 1500 m² de structures
dotées d’espaces panoramiques pour assister aux matchs dans un cadre privilégié, de
salons équipés, d’un espace de 1100 m² bordant la pelouse et bien entendu d’un terrain
synthétique pouvant être utilisé pour les manifestations gourmandes en surface ! Les
différentes salles de Picot peuvent accueillir entre 10 et 550 personnes, sans compter
les 1200 places de parking à proximité.
L’ouverture de nombreuses structures au tourisme business illustre le virage
que le Grand Nancy prend actuellement en termes d’accueil. Si le Centre Prouvé est
l’héritier de la tradition des grands congrès scientifiques et universitaires qui ont fait
et feront la réputation de la destination, les évolutions voulues par des sites comme
Marcel Picot ou le Zénith mettent en lumière, si besoin est, l’intérêt économique que
revêt aujourd‘hui la clientèle du segment. Un intérêt qui va d’ailleurs croissant et gagne
de plus en plus de lieux à même d’associer location d’espaces et prestations, à l’image
du cinéma Kinepolis qui met en avant volumes aménageables et équipés, accès aux
séances, catering sur place, accueil VIP, offre personnalisée, team building… autant
d’atouts supplémentaires dans la main du Grand Nancy pour remporter la partie.
Anthony Humbertclaude
Cette loi de 1951 implique qu’1 % des sommes consacrées à une construction publique ayant pour vocation d’accueillir
des visiteurs soit utilisé pour financer la réalisation d’une œuvre d’art contemporaine intégrée au projet architectural final.
1
40
41
rendez-vous avec l’histoire
u
MON DUCHÉ
L’imposante façade à trois niveaux de la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation
Nancy cathedral - an introduction
Until the 18th century, Nancy had never
been granted the privilege of being the seat
of a bishop. In 1602, the establishment
of a primatial chapter of canons in
Nancy enabled Duke Charles III to begin
building a primatial church to the east of
the New Town, but the work ground to a
halt during the Thirty Years’ War. In the
early 18th century, under the influence of
Duke Leopold, construction was resumed
under the supervision of Giovanni Betto
(an Italian architect), Jules HardouinMansart (chief architect to Louis XIV)
and Germain Boffrand (designer of the
Château de Lunéville). On 1st November
1742, the first mass was celebrated in the
new primatial church. In 1766, the death
of King Stanislas (also Duke of Lorraine)
resulted in Lorraine reverting to France,
and led to Nancy becoming a diocese.
In 1777, the primatial church became
a cathedral, placed under the protection
of Our Lady of the Annunciation and
St Sigisbert, the patron saint of Nancy.
42
POUR UN DIOCÈSE
Les grandes heures
de la cathédrale de Nancy
Le 10 octobre 1988, les rues de Nancy se parent des couleurs jaune
et blanche du Vatican pour accueillir Jean-Paul II. La venue du
Très Saint Père est saluée par une foule importante et près de 400
journalistes couvrent l’événement. Au loin, des cloches sonnent,
participant à la liesse qui gagne la ville. Ce sont celles de l’édifice
que le souverain pontife a souhaité visiter dès son arrivée : la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation, située place Monseigneur
Ruch. C’est un jour historique pour ce lieu consacré dont la genèse
et l’existence sont étroitement liées aux jeux d’influence ayant
conduit à la création du diocèse de Nancy
L
a cathédrale est l’église où réside le siège de l’évêque : la cathèdre. Consacrée en
1777, celle de Nancy est le reflet d’un important épisode historique, témoin des
relations entre le duché de Lorraine, le royaume de France et le Saint-Empire
Romain Germanique1, du Moyen Âge à l’époque moderne.
Un premier chapitre primatial
Jusqu’au 18e siècle, et ce malgré plusieurs démarches, la cité ducale n’a jamais
obtenu de l’Église le privilège d’accueillir
le siège d’un diocèse, et donc un évêque.
En 1602, elle reçoit « en compensation »
un chapitre primatial, une distinction plus
honorifique qu’exécutive mais dont l’octroi
constitue la première étape d’un processus
qui allait conduire, 175 ans plus tard, à la
création de l’évêché de Nancy. En effet,
la présence d’un primat2 permet au duc
Charles III de lancer la construction d’une
première église « primatiale » provisoire,
achevée en 1603, et placée sous la protection de Notre-Dame de l’Annonciation
Vue intérieure de la cathédrale : la nef au
premier plan, le chœur en fond
Les deux tours à base carrée
signées Boffrand
et saint Sigisbert (patron de Nancy). Elle
est érigée non loin de la place du Marché
(actuelle place Charles III).
Ce premier projet est suppléé par un
second plus ambitieux et situé à l’est de la
Ville-Neuve, dans un quartier permettant
l’implantation de demeures canoniales à
proximité. Si le nouveau chantier démarre
rapidement, avec une première pierre posée
dès 16073, la suite s’avère moins diligente.
Les travaux sont d’abord freinés par le
manque de moyens puis s’enlisent dans
la Guerre de trente ans. Les conséquences
sont terribles et, à la fin du 17e siècle, les
constructions déjà réalisées sont à l’état
de ruines.
43
Si l’architecture m’était pensée
Au début du 18e siècle, sous l’influence du duc Léopold,
la construction reprend sous la direction successive de trois
maîtres d’ouvrage. Giovanni Betto, architecte italien, dessine en 1703 un édifice inspiré de l’église Sant’Andrea della
Valle à Rome. En parallèle, Léopold sollicite les conseils d’un
second bâtisseur de renom : Jules Hardouin-Mansart, 1er
architecte du roi de France. Celui-ci juge le projet de Betto
trop modeste et y ajoute notamment, à la croisée du transept,
un dôme gigantesque qui s’avère au final irréalisable pour des
raisons de stabilité. La fin du chantier extérieur, qui intervient en 1736, est supervisée par Germain Boffrand, neveu
de Mansart et créateur du château de Lunéville.
Le 1er novembre 1742, la nouvelle primatiale accueille
sa première messe et, après un siècle et demi de travaux,
peut enfin rythmer la vie religieuse de la cité. Autour d’elle,
le quartier canonial se développe, abritant les demeures des
dignitaires et chanoines dont le célèbre hôtel du primat qui
jouxte l’église sur sa droite. Toutefois, ce statut initial est de
courte durée. En 17664, la mort du roi Stanislas provoque le
rattachement de la Lorraine à la France, un bouleversement
politique qui conduit à la création d’un diocèse à Nancy. En
1777, la primatiale devient cathédrale devient cathédrale
avant d’être élevée au rang de basilique romane en 1867.
1
The cathedral’s architecture features a three-storey façade with two
square-based towers, and a central pediment. The first storey includes
columns surmounted by Corinthian capitals, and two sculpted angels
kneeling above the main door. The two niches in the second storey contain
statues of St Sigisbert (left) and St Mansuy, the first bishop of Toul (right).
The interior of the building takes the form of a Latin cross. The nave,
flanked by six side chapels enclosed by grilles designed at the workshops
of master metalworker Jean Lamour, opens onto the choir, where the high
altar stands. Transepts extend either side of the nave, with apsidal chapels
at the end of each. The superb organ pipes high above the main entrance
are worth admiring, as is the splendid cupola above the crossing.
Fifteen metres in diameter, with an area of 250 sqm, it is covered by
a fresco depicting 150 Old and New Testament characters, painted by local
artist Claude Jacquart.
1 - Bénitier
2
44
2 - Ferronneries de la chapelle du Sacré-Cœur
réalisées par les ateliers de Jean Lamour
r
Une ode à la gloire céleste
Au niveau architectural, Notre-Dame de l’Annonciation propose une imposante
façade à trois niveaux surmontée de deux tours à base carrée de 78 mètres (signées
Boffrand) et d’un fronton central que l’on doit à l’horloger nancéien Joseph-François
Barbe. Au niveau inférieur, les colonnes sont couronnées de chapiteaux corinthiens et la
porte de deux anges agenouillés, rares survivants d’un ensemble de sculptures ayant subi
une cruelle iconoclastie durant la Terreur. Au deuxième niveau, deux niches abritent les
statues de saint Sigisbert (à gauche) et saint Mansuy (premier évêque de Toul, à droite).
A l’intérieur, l’édifice adopte une forme de croix latine, dans un bâtiment rectangulaire. Il abrite une nef s’ouvrant sur un chœur doté d’un imposant maître-hôtel en marbre
polychrome et flanquée de deux collatéraux prolongés par des chapelles absidiales. Six
chapelles latérales fermées de grilles créées par les ateliers de Jean Lamour complètent
l’ensemble. L’abside est ornée de deux tableaux signés Claude Charles et représentant
des épisodes de la vie de saint Sigisbert. En levant les yeux, le visiteur peut admirer, au
dessus de l’entrée principale, de superbes orgues dont le buffet, datant de 1757, fut sculpté
par Meny sur des dessins de Jean-Nicolas Jennesson. Mais l’œuvre la plus remarquable
est sans doute la magnifique coupole de 15 mètres de diamètre surplombant la croisée.
Décorée de 150 personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament semblant virevolter,
cette fresque signée Claude Jacquart est une ode à la gloire céleste de 250 m².
The cathedral also contains several relics,
liturgical items and special pieces of gold- and
silverware, such as the relics of St Sigisbert and
of St Gauzelin (a 10th-century bishop of Toul),
a gospel-book belonging to the latter, a silver
chalice covered with gold and adorned with
precious stones, a gold paten (small plate), a
liturgical comb and a reliquary ring. Other
noteworthy items include an enamelled 13thcentury cross, the stole of St Charles Borromeo
(a 16th-century archbishop of Milan), the
relics of St Concorde (a Roman martyr) and
the remains of the Blessed Alix Le Clerc (a nun
from Lorraine, beatified in 1947).
Fresque ornant la coupole, décorée
de 150 personnages de l’Ancien et du Nouveau
Testament, peinte par Claude Jacquart
m
Les orgues surplombant l’entrée principale de la cathédrale
Au-delà de ces œuvres remarquables, la cathédrale abrite un tout autre trésor.
Reliques, objets liturgiques ou d’orfèvrerie : dès sa fondation la primatiale rassemble
de nombreuses pièces renforçant la dévotion des fidèles et l’influence du chapitre. Les
reliques de saint Sigisbert furent les premières à y être accueillies. Premier roi d’Austrasie - ancien royaume dont la Lorraine est territorialement issue - et fils de Dagobert,
Sigisbert partage avec la Sainte Vierge le patronage de l’édifice. Ses reliques reposent à
côté de celles de saint Gauzelin, évêque de Toul au 10e siècle dont la cathédrale abrite
également un évangéliaire datant du 11e siècle (une pièce comptant parmi les plus belles
réalisations de son époque), un calice d’argent recouvert d’or et orné de pierres précieuses, une patène (petite assiette) en or, un peigne liturgique, une bague reliquaire…
un ensemble exceptionnel.
Parmi les autres pièces remarquables, une croix émaillée du 13e siècle, l’étole de saint
Charles Borromée (archevêque de Milan au 16e siècle, canonisé en 1610), les reliques de
sainte Concorde (martyre romaine dont le chef est conservé à Nancy) et les restes de la
bienheureuse Alix Le Clerc (religieuse lorraine béatifiée en 1947) ; mais aussi des pièces
d’orfèvrerie et d’argenterie datant des 17e et 18e siècles, une plaque en ivoire représentant
la crucifixion et la résurrection, une crosse épiscopale réalisée par un orfèvre parisien.
Autant de pièces, à la valeur spirituelle inestimable, qui témoignent de la place occupée
par Nancy dans l’histoire religieuse lorraine.
Anthony Humbertclaude
46
1
Les diocèses de Metz, Toul et Verdun,
fondés durant les 4e et 5e siècles, ont été
les sièges des trois évêchés lorrains jusqu’au
18e siècle. Suite à la constitution officielle du
duché de Lorraine au 11e siècle, au départ
indépendant, les rois de France se sont
largement appuyés sur les évêques de la
région, qu’ils nommaient parmi leurs fidèles,
afin de limiter l’influence de ce territoire plus
souvent favorable au Saint-Empire Romain
Germanique qu’à la fleur de lys.
2
Le primat est le plus haut dignitaire parmi
les prélats, des autorités religieuses dont
les pouvoirs sont surtout honorifiques bien
qu’ils puissent inclure une juridiction
territoriale. Celle du primat de Nancy
s’arrêtait aux portes de son établissement.
3
Pour l’anecdote, sur les plans datant
de 1611, le bâtiment est orienté Est-Ouest,
alors que la construction finale est orientée
Sud-Nord.
4
En 1777, le diocèse de Toul fut divisé
pour former les trois diocèses de Toul, Nancy
et Saint-Dié. En 1790, Toul et Nancy s
ont ensuite rassemblés en un seul diocèse
dont le siège est à Nancy.
Repère bibliographique :
La cathédrale de Nancy - Notre-Dame
de l’Annonciation, par Françoise Boquillon.
Préface de Monseigneur Jean-Louis Papin.
Edition Gérard Louis, 2012.
La nuit n’est
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La paupière
du jour.
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rendez-vous avec l’histoire
Le discours de la méthode
Émile Coué de la Châtaigneraie (1857, Troyes - 1926, Nancy)
Émile Coué a 53 ans lorsqu’en 1910
ce Troyen d’origine vient s’installer définitivement à Nancy, où,
au 198 de la rue Jeanne d’Arc, il
reçoit, entre 1911 et 1926, hommes,
femmes et enfants venus assister
à ses « séances ». Petit retour
historique sur la trajectoire insolite de cette personnalité atypique du monde médical, grand
précurseur de la pensée positive
et de la psychologie comportementaliste.
Portaits d’Émile Coué
A
dmiré à l’étranger, mésestimé ou moqué en France, Émile Coué
n’a eu de cesse de susciter d’ardents débats entre partisans et
détracteurs. Pourtant, ce pharmacien champenois issu de la
petite noblesse du Morbihan, est parvenu, dans les années 1920, à rassembler
entre ses murs nancéiens des foules de malades venues des quatre coins du
monde. Une « clinique libre » au sein de laquelle il prodigue gracieusement les
précieux enseignements de sa méthode fondée sur l’autosuggestion consciente,
une méthode qui continue aujourd’hui de faire des émules. La relaxation
thérapeutique ou la sophrologie en revendiquent clairement l’héritage pendant que les neurosciences sont désormais en mesure de prouver que l’esprit
n’existe pas isolément du corps.
48
Buste d’Émile Coué
Parc Sainte-Marie
Une plaque rappelle que le thérapeute
a vécu et exercé en ce lieu de 1910 à 1926
La formation troyenne
Autant dire qu’Émile Coué n’avait rien du guérisseur
hâbleur prétendant à qui voulait l’entendre que tout allait bien
lorsque tout allait mal. C’était un homme pragmatique, un
«terrien» soucieux du bien-être d’autrui. Lui qui, à 19 ans,
aspirait à s’élever au niveau d’un Gay-Lussac ou d’un Auguste
Comte, se résigne à emprunter un chemin plus modeste, celui de
pharmacien. Mais dans sa petite officine, à Troyes, l’apothicaire
passionné ne se satisfait pas de la distribution de potions et prend
le temps d’observer la souffrance de ses clients-patients, de les
rassurer par des attentions et des encouragements bienveillants.
Une prévenance inattendue qui attise vite la curiosité…
Ce soin porté aux autres, Émile Coué va l’affiner tout au
long de sa carrière. Petit à petit, il réalise toute la force de la
suggestion et de l’action déterminante de l’imagination dans le
processus de guérison. Il y a notamment cette anecdote mainte
fois rapportée par Coué lui-même. Un jour, une femme très
malade et désespérée lui avait demandé un médicament qu’il
lui était interdit de composer. Pris d’empathie, il lui donna
alors un flacon rempli d’eau distillée aromatisée en lui vantant
l’efficacité redoutable de cette potion. Huit jours plus tard, elle
était guérie ! Ainsi, Émile Coué venait-il de redécouvrir, par
hasard, les bienfaits de l’effet placebo. « Redécouvrir » car le
terme apparaît déjà dans le dictionnaire médical Hopper de
1811 avec le sens de «médicament ordonné au malade plus pour
lui plaire que pour lui être réellement utile».
Les coups du sort…
En plus de sa brillance d’esprit, Émile Coué fera quelques
rencontres décisives sans lesquelles, très certainement, le pharmacien de Troyes ne serait jamais devenu le maître nancéien.
La première, sans doute la plus importante, est celle de son
épouse Lucie Lemoine. Elle sera son premier soutien et lui
ouvrira les portes de la société influente de Nancy. Viendront
ensuite le professeur Hippolyte Bernheim et le docteur Auguste
Liébeault, deux fers de lance de l’École de la suggestion (dite aussi
École de Nancy en psychologie), grande rivale de la Salpêtrière
Ancienne demeure d’Emile Coué, rue Jeanne d’Arc à Nancy
du docteur Charcot. Enfin, dernière rencontre décisive, celle,
en 1913, du jeune Nancéien licencié en philosophie Charles
Baudouin, son premier « disciple » qui, à l’occasion de sa thèse
de doctorat, accorde une large place aux idées d’Émile Coué
et contribue à le faire connaître à l’étranger.
La consécration nancéienne
Sa méthode clairement énoncée, sa réputation établie,
Émile Coué, poussé par sa femme, décide de passer à la mise
en pratique. Il lâche sa pharmacie et se pose avec Lucie dans sa
maison du 198 rue Jeanne d’Arc. Une belle et grande demeure
au toit d’ardoise, encadrée de deux tourelles. Un jardin baigné
de sérénité. Son « jardin du bonheur » où Émile Coué organise
ses « causeries » internationales et propage les bienfaits de sa
méthode. Celui-là même où il finira par trouver les mots justes.
« Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux. »
Quatorze mots qui ont fait le tour du monde. Quatorze mots
à répéter quinze à vingt fois par jour, matin et soir.
Des mots qui continuent aujourd’hui de résonner et
d’améliorer le quotidien de millions d’adeptes, à l’instar de
l’association Suivre Coué, l’un des deux cercles couéistes de
France présidé par Antoine Onnis, qui a su, à travers le temps,
conserver la méthode dans son principe tout en modernisant
sa pratique. Selon Françoise Capelle, membre de l’association,
« l’objectif est la maîtrise de soi : apprendre à conduire sa vie,
à cheminer vers la pleine conscience. Avec un vocabulaire plus
actuel, on dirait qu’il s’agit de choisir un processus : être responsable… plutôt que victime ». À l’ère des emplois du temps
à flux tendus et des incertitudes toujours plus anxiogènes,
Émile Coué avait donc su, près d’un siècle plus tôt, proposer
une réponse aux agressions multiples du quotidien et au mal
de vivre de notre époque.
Mathieu Menossi
Repère bibliographique :
Coué réhabilité. Tous les jours de mieux en mieux,
par René Centassi et Gilbert Grellet. Edition Vivez Soleil, 1999.
49
rendez-vous avec l’histoire
ILLUSTRES
DEMEURES
La Villa Majorelle
et le Château
de Thorey-Lyautey
En créant en 2011 le label Maisons
des Illustres, le ministère de la culture
et de la communication prenait
L’initiative de distinguer des lieux
à haute valeur patrimoniale et,
à travers eux, d’honorer la mémoire
des femmes et des hommes qui les
ont habités et se sont illustrés dans
l’histoire politique, sociale ou culturelle
de la France. Depuis, 195 Maisons des
Illustres se sont ainsi vues décerner
le prestigieux label. Et parmi elles,
la Villa Majorelle et le château
de Thorey-Lyautey
Anonyme, Portrait de Louis Majorelle, MEN, Album photo Jacques Majorelle
50
C
Villa Majorelle,
Façades Est et Nord
photo © P. Mignot
onserver et transmettre. Telle est donc
la mission que s’est fixé le ministère de
la culture et de la communication à
travers la création et l’attribution de ce label. Des
domaines, des châteaux, des maisons, des appartements, des ateliers, des musées… autant de Maisons
dans lesquelles se rejoignent et se confondent histoire
locale et nationale et où les plus grands héritages
politiques, religieux, scientifiques, littéraires ou artistiques se révèlent entièrement, éclairés à l’aune
de l’intimité de leurs créateurs. Attribué pour une
durée de cinq ans renouvelable, le label exige que les
Maisons soient ouvertes au public au moins quarante
jours par an et qu’elles ne poursuivent pas un but
essentiellement commercial. La Villa Majorelle et
le château de Thorey-Lyautey comptent parmi les
cinq lieux lorrains à avoir les honneurs de l’illustre
distinction. Les trois autres étant la maison de Robert
Schuman à Scy-Chazelles, celle de Raymond Poincaré
à Sampigny et la maison natale de Jeanne d’Arc à
Domrémy la Pucelle.
Villa Majorelle and the château de
Thorey-Lyautey: Maisons des Illustres
Launched in 2011 by the
French Ministry of Culture and
Communication and awarded to 195
sites, the title of Maisons des Illustres
honours properties with a rich heritage
dedicated to celebrating those who lived
in them and who spearheaded an act
of outstanding political, social and/or
cultural importance. Awarded for a fiveyear renewable period, the title requires
the Maisons to be open to the public
for at least 40 days a year and they
must not exist solely for commercial
purposes. The Villa Majorelle and the
château de Thorey-Lyautey are two
of the five properties in Lorraine to
have been awarded this prestigious
title. The other three are the houses of
Robert Schumann in Scy-Chazelles and
Raymond Poincaré in Sampigny and
the house where Joan of Arc was born in
Domrémy la Pucelle.
Villa Majorelle, Perron, photo P. Mignot
Le fleuron de l’Art nouveau
Accorder à la Villa Majorelle le label Maisons des Illustres, c’est
mettre en valeur les parcours insolites et indissociables des deux
« acteurs » majeurs de cette maison : Louis Majorelle, son commanditaire nancéien (la demeure est aussi connue sous le nom de
Villa Jika, d’après les initiales de son épouse Jeanne Kretz), et Henri
Sauvage, son architecte parisien. C’est aussi reconnaître l’importance
du rôle joué par le premier dans le renouveau des arts décoratifs, et
par le second qui a conçu ce formidable archétype de l’Art nouveau,
le premier du genre à Nancy. La vision de Sauvage associée au mobilier, boiseries et ferronneries de Majorelle, y sont sublimés par le
grès flammé d’Alexandre Bigot, les peintures de Francis Jourdain ou
d’Henri Royer et les vitraux de Jacques Gruber. De chaque parcelle
de la Villa émane l’essence même de ce formidable élan de modernité avant-gardiste qui traversait alors l’ensemble de la cité ducale,
un élan inscrit dans le refus des styles historiques et des pastiches
du passé. Une œuvre d’art moderne parfaitement ancrée dans son
espace et son époque.
Awarding the title of Maisons des Illustres to the Villa Majorelle highlights
the extraordinary and inextricable stories of the two «stars» of this house:
Louis Majorelle, its patron from Nancy, and Henri Sauvage, the Pairisian architect. We are also drawn to recognise the importance of the role Majorelle played in
the revival of the decorative arts and Sauvage’s part in designing this spectacular
prototype of the art nouveau genre, the first of its kind in Nancy. The vision of
Sauvage marries with the furniture, wood- and metalwork of Louis Majorelle, and
the finish is complemented by the Alexander Bigot fired stoneware, the paintings
of Francis Jourdain and Henri Royer and the windows designed by Gruber.
Château de Thorey-Lyautey
Ouvert du 1er mai au
30 septembre de 14h à 18h
les dimanches et jours fériés,
et sur rendez-vous pour les
groupes (choix des dates
et horaires à convenir).
En fonction des animations,
les autres jours d’ouverture sont
annoncés sur
www.lyautey.fr
Rue du Château
54115 Thorey-Lyautey
Tél. : +33 (0)3 83 25 12 12
Villa Majorelle
Ouverte toute l’année
les samedis et dimanches
lors de visites guidées qui ont
lieu à 13h45 et 15h, ainsi que
pendant les journées du
patrimoine et la nuit des musées. Réservation obligatoire
auprès du service des publics
des musées :
Tél. : +33 (0)3 83 17 86 77
du lundi au vendredi,
de 9h à 12h30
E-mail : servicedespublics
[email protected]
Le jardin est ouvert toute la semaine, aux heures d’ouverture
des bureaux.
www.ecole-de-nancy.com
1 Rue Louis Majorelle
54000 Nancy
Château de Thorey-Lyautey : le salon marocain
« Le château raconte… »
Autre lieu, autre modernité. Celle du maréchal
Hubert Lyautey dont le château renferme encore la
glorieuse épopée, celle d’un homme de génie qui a
consacré l’essentiel de sa carrière à la France coloniale, avec sa vision humaniste. Il est notamment le
grand architecte du Protectorat marocain dont il fut
premier résident général de 1912 à 1925. En apposant
au château de Thorey-Lyautey le label Maisons des
Illustres, le ministère de la culture rend hommage au
destin exceptionnel de ce prince lorrain, également
surnommé Lyautey l’Africain. De la salle Lorraine au
salon d’Indochine et de Madagascar, en passant par
la salle des armes, la bibliothèque aux 16 000 volumes
et le somptueux salon marocain où la tradition de
Fès y resplendit de mille feux avec ses carrelages, ses
poteries et sa tenture brodée : chaque pièce du château de Thorey-Lyautey raconte un pan de l’œuvre
de ce personnage hors-norme qui sut imposer ses
vues prospectives et s’ériger comme un promoteur
de l’amitié entre les peuples, à l’image des relations
franco-maghrébines qu’il sut instaurer. Le témoignage
précieux d’un visionnaire dont les idées continuent
de résonner de nos jours.
Mathieu Menossi
52
Another place, another time…
Now it’s Marshal Hubert Lyautey,
whose château tells the incredible
story of a man of genius who
devoted the best years of his
career to colonial France, and its
humanist vision. He was, most
notably, the main architect of the
French Protectorate in Morocco
where he was the first resident
minister from 1912 to 1925.
By awarding the château de
Thorey-Lyautey the title of
Maison des Illustres, the Ministry
of Culture pays tribute to the
incredible journey of the man
known both as the Prince of
Lorraine and Lyautey the African.
As well as rooms furnished in
the typical styles of Lorraine,
Indochina and Madagascar,
visitors can walk through the
arms room, the library with
16,000 volumes and the lavishly
decorated Moroccan room:
every part of the château telling
a chapter in the life of this
extraordinary character.
53
l’art et la matière
En haut
de l’affiche
de colin à malingrëy, retour sur un
siècle de tradition graphique à nancy
La Belgique a la Flandre, la France a la Lorraine. Depuis
1796, notre région produit en série les célèbres images
d’Epinal1 aux couleurs vives et aux sujets populaires et
n’a de cesse de nourrir une belle tradition graphique
dont Nancy peut s’enorgueillir d’abriter certains des
plus talentueux ambassadeurs. Entre affichistes, illustrateurs et auteurs-dessinateurs, qui sont aujourd’hui
les successeurs du célèbre Paul Colin ?
Paul Colin, affiche « Les Anciens Elèves de Victor Prouvé exposent », MEN
Paul Colin
Marguerite Jamois, vers 1930 affiche
musée des beaux-arts de Nancy ©ADAGP
54
Paul Colin
Félix Potin 1930, gouache sur papier
musée des beaux-arts de Nancy ©ADAGP
Gilles Ziller, Mortimer dans le chronoscaphe © Blake et Mortimer
(E.P. Jacobs 2010) Archives Internationales Editions
Jochen Gerner, Le Grand Défi (série « Relecture »)
L
’affiche est avant tout un fabuleux vecteur
de transmission d’idées. Elle s’expose à la
vue de tous. Danton n’évoquait-il pas Paris
comme « le plus grand des journaux » ? Le nancéien
Paul Colin (1892-1985) avait parfaitement su saisir
l’incroyable dimension populaire et l’impact émotionnel qu’impose à lui seul ce support. Si des artistes
tels qu’Émile Friant, Victor Prouvé ou même Jacques
Gruber étaient de grands lithographes et produisaient
déjà des affiches, Paul Colin est l’un des premiers à
associer à la démarche publicitaire un regard tout à
fait personnel. C’est en 1925 qu’il est révélé avec son
visuel pour La Revue nègre qui fera d’une certaine
Joséphine Baker la nouvelle reine du music-hall. Il
travaille également beaucoup pour le 7e art, notamment
avec le réalisateur René Clair (Le Voyage imaginaire,
A nous la liberté). Véritable maître de cérémonie des
Années folles, Paul Colin s’est imposé comme une figure incontournable du Tout-Paris. Et après avoir refusé
de mettre son talent au service du régime de Vichy,
l’artiste peint en 1944 son chef d’œuvre : Libération
ou La Marianne aux stigmates, une création à la force
évocatrice rare qui l’amènera par la suite à défendre,
par le dessin, de grandes causes nationales. Paul Colin
reste à ce jour l’un des maîtres de l’affiche moderne,
dont le style à la fois puissant et élégant a influencé
bon nombre de ses successeurs.
55
Bandes dessinées, nobles lettres
Sans forcément s’inscrire dans la lignée de Colin, le nancéien Gilles
Ziller, professeur retraité de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts
de Nancy, partage néanmoins avec lui le goût du grand format. « Quand
on est graphiste ou illustrateur, qu’on aime l’image, faire du grand format,
c’est forcément très satisfaisant ». Gilles Ziller est sérigraphe et se consacre
essentiellement à l’univers de la bande dessinée. La sérigraphie, c’est cette
très ancienne technique d’imprimerie basée sur l’utilisation de pochoirs – en
soie, à l’origine – interposés entre l’encre et le support. Un procédé économique au rendu professionnel que le créateur affectionne particulièrement
depuis ses années étudiantes. Son travail le plus remarquable reste le fruit
de sa collaboration avec Edgar P. Jacobs, le papa de Blake et Mortimer : des
aventures dont Ziller a réalisé de nombreux tirages. Un succès unanime qui
le mènera, avec l’appui de son ami galeriste Christian Desbois, à collaborer
avec de grandes signatures comme Tardi, Bilal ou Frankin. L’occasion pour
la bande dessinée, longtemps dénigrée, d’exposer en grand toute sa noblesse.
Une relève assurée
Rémi MalinGrëy, La couronne de plage
Jean-Marc Mathis, dessin extrait
de l’album jeunesse « Boris, qu’est-ce que tu fais ? »
La Lorraine comptait également - notamment au 19e siècle - des
centres de production d’images populaires à Jarville-la-Malgrange, Metz et Pont-à-Mousson qui ont disparu, seul Épinal
poursuit son activité aujourd’hui.
1
La tradition de l’image et de l’illustration nancéienne a de beaux jours
devant elle, portée par une relève « confirmée » avec des artistes tels que
MalinGrëy, Mathis ou Gerner, et une tout juste éclose, à l’image du collectif
Schlep. MalinGrëy est l’archétype de l’illustrateur à la personnalité hors norme :
dessinateur pour la presse, créateur d’affiches pour le théâtre et le cinéma. On
le connaît pour son trait un brin grimaçant, son humour piquant. Ses dessins
s’identifient au premier coup d’œil. Mathis suit un itinéraire plus « discret »
mais tout aussi singulier. Fils de maçon, il traîne ses guêtres sur les chantiers
avant de devenir dessinateur en bâtiment et travaux publics, pour finalement
passer par les Beaux-Arts. L’artiste est ce qu’on appelle un touche-à-tout, mais
il est surtout un fantastique raconteur d’histoires, passé maître dans le livre
pour enfants. Quant à Jochen Gerner, c’est ce drôle de trublion à l’œuvre inclassable qui ne cesse d’interroger le monde de l’imprimé. Auteur-dessinateur
incontournable des éditions du Rouergue et de L’Association, Gerner élargit
son champ d’investigation graphique en 2002 avec sa publication expérimentale TNT en Amérique. Une déstructuration-reconstruction, sous forme de
caviardage, du célèbre album d’Hergé, Tintin en Amérique, à travers laquelle
il révèle la violence qui imprègne l’album. Une œuvre polymorphe grâce
à laquelle il s’immiscera dans l’univers hermétique de l’art contemporain.
Enfin, Schlep – soit « avoir deux mains gauches » en argot yiddish allemand –,
c’est le nom que Pierrick, Quentin et Hugo ont choisi pour leur collectif de
designers graphiques. Ils sont l’avenir du graphisme made in Nancy. Après
avoir notamment signé l’identité graphique des Eurockéennes et de Nancy
Jazz Pulsations, ils ont dernièrement réalisé pour la ville le clip La Culture
à Nancy. Leur marque de fabrique : des images fortes, des grosses titrailles
et des idées percutantes. Un collectif tricéphale pour penser, imaginer, créer
trois fois plus vite en trois fois mieux.
Mathieu Menossi
56
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Nancy Tourisme et Evénements Place Stanislas – 54000 Nancy / Tél : 03 83 35 22 41 / Photos : © Ville de Nancy / Design graphique et illustration : SCHLEP
l’art et la matière
UN NANCÉIEN
DE FRANCE
Raoul Tonnelier (1884, Nancy - 1953, Cunault)
Raoul Tonnelier, auto-portrait (1905) © Fanny Tonnelier
58
© ville de nancy
Voilà près de sept mois que les estampes de La Légende de France de Raoul Tonnelier
ont les honneurs de la cimaise au Musée lorrain de Nancy, dans le cadre de l’exposition
« Eté 1914, Nancy et la Lorraine dans la guerre » qui prendra fin le 21 septembre 2014.
Au-delà de cette œuvre emblématique, il y a le parcours insolite d’un portraitistepaysagiste exceptionnel, amateur d’antiquités.
Des Beaux-Arts au quai d’Orsay
En 1900, du haut de ses 16 ans, Raoul Tonnelier regarde
Nancy vibrer au rythme de l’Art nouveau. Peu enclin à user les
bancs de l’école, il s’intéresse davantage au dessin et à la peinture.
Il convainc ses parents de l’inscrire à l’École des Beaux-Arts, avant
de partir faire son service militaire. Des obligations auxquelles
il est inimaginable pour lui de se soustraire tant le funeste écho
de la guerre de 1870 et de l’occupation de Nancy résonne dans
son esprit et nourrit en lui un profond sentiment patriotique,
sentiment auquel sa fabuleuse Légende de France servira plus
tard d’exutoire. Raoul Tonnelier se rend ensuite à Paris, où il
intègre l’Académie Julian. Il y parfait son art du portrait mais
développe également son goût pour le paysage. Et plus encore
que son perfectionnement technique, le jeune Tonnelier doit
surtout à l’Académie sa rencontre avec le peintre Gustave Alaux.
Raoul Tonnelier organise sa première exposition à Nancy
en 1910, à la salle Poirel, puis l’année suivante à Paris, où il fait
l’autre rencontre décisive de sa vie : celle de Philippe Berthelot
et de son épouse, Hélène qui sera une de ses muses artistiques.
Berthelot est l’une des figures les plus importantes du quai
d’Orsay et reste connu pour ses nombreuses amitiés artistiques
et littéraires. Il a notamment favorisé la carrière de Paul Claudel,
Saint-John Perse, Jean Giraudoux ou encore Paul Morand et
épaulera celle de Raoul Tonnelier en l’introduisant auprès de
ses connaissances influentes.
Vue de Fontarrabie, au Pays basque espagnol (peinture, 1908)
Bouquet d’iris (peinture, 1910)
Ferme à La Tranche en Vendée
(peinture, 1934)
59
« A l’assaut », planche du spectacle « La légende de France », estampe sur calque Coll. part. / Photo Ph. Caron
De la Grande Guerre à la Légende
« Marianne défend la patrie contre
les aigle impériaux », planche du
spectacle « La légende de France »,
estampe sur calque Coll. part. /
Photo Ph. Caron
60
L’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand précipite
l’artiste au cœur de la guerre. Raoul Tonnelier monte au front
à Morhange, participe à la bataille des Flandres. Démobilisé en
décembre 1914 pour raison médicale, il tient malgré tout à poursuivre l’effort de guerre. Avec son ami Gustave Alaux, il décide
donc de mettre en images l’Histoire de France à travers un spectacle, ainsi naît La Légende de France. Au moyen d’une lanterne
magique, les deux artistes projettent sur un mur des estampes en
papier de couleur avec des personnages en noir représentant les
héros de l’histoire française, de Roland à Roncevaux jusqu’à ceux
de la bataille du Grand Couronné. Chaque séance est accompagnée de chants patriotiques repris par des chanteurs d’opéra et
de poèmes pour beaucoup extraits de La Légende des siècles, de
Victor Hugo et récités par des comédiens de la Comédie-Française.
La démarche est celle de Lorrains patriotes désireux de raviver
le courage des soldats français et de voir la guerre prendre fin
au plus vite. La première représentation a lieu dans le salon des
Berthelot, boulevard des Invalides. Mais avec Alaux, Tonnelier
porte sa Légende au-delà des frontières, de Rome à New York. La
dernière projection a lieu à Paris en janvier 1917, après quoi l’artiste
remet ses estampes dans les cartons. Elles y resteront jusqu’à ce
que Fanny Tonnelier, sa belle-fille, les en exhume.
D’une passion à une autre
Dans la dernière partie de sa vie, Raoul Tonnelier
laisse sa deuxième passion, les objets d’art, prendre le
pas sur la première, la peinture. Alors qu’il chine au
marché aux puces, à Paris, il achète pour une bouchée
de pain deux petits tableaux qui s’avèrent être signés
de la main de Jean-Baptiste Camille Corot, célèbre
peintre du 19e siècle. Il les revend et s’achète un fond
de commerce sur le boulevard Saint-Germain. Raoul
Tonnelier est notamment connu pour avoir relancé
la mode du lustre en verre de Murano. De nombreux
châteaux en furent ornés, et ce jusqu’à la cour d’Angleterre. Mais en 1940, sentant le vent tourner, il décide de vendre sa boutique et part s’installer dans un
magnifique manoir, près de Saumur, dont il fera son
paradis. Raoul Tonnelier y peint son dernier paysage,
en 1949. Il meurt en 1953.
Mathieu Menossi
Repère bibliographique :
Raoul Tonnelier, une vie d’artiste, par Fanny Tonnelier. Monographie
retraçant l’itinéraire de l’artiste à la lumière d’archives, documents, lettres,
photographies et interviews. Editions Opéra, 2009.
Sœur de Raoul Tonnelier, portrait
(crayon-pastel, 1905)
61
l’art et la matière
Jacques Gruber,
vitrail de la porte
du pavillon-aquarium du jardin
du Musée de l’École de Nancy
62
Un petit coin
de paradis
à la découverte
du jardin du Musée
de l’École de Nancy
Vue de la partie haute du jardin avec le pavillon-aquarium à droite et le musée en arrière-plan
Ancien propriétaire de la superbe villa abritant,
depuis 1964, le Musée de l’Ecole de Nancy, Eugène Corbin
(1867-1952) est une figure nancéienne emblématique
du début du 20e siècle. Proche de Jacques Gruber et
Victor Prouvé auxquels il achète de nombreuses œuvres
par coup de cœur, il apporte un soutien capital à l’élan
créatif de l’Art nouveau1, non seulement pendant
la période qui voit fleurir et s’affirmer le mouvement,
mais aussi durant les années 1920-1930 alors qu’il cède
la place à d’autres tendances. Le musée actuel est
le gardien de l’héritage laissé par ce passionné : un don
exceptionnel de 759 pièces présentées dans une propriété
acquise par la municipalité en 1952 et sise rue du sergent
Blandan, une propriété dont le jardin témoigne
de l’influence que la nature eut sur l’École de Nancy.
A stroll through the garden at the École de Nancy museum
The story begins when Eugène Corbin (1867-1952), a major
collector of early 20th-century art from the Nancy School,
rented a property at 36 rue du sergent Blandan. In 1903 he
added a plot of land, where, in 1904, he built an aquarium
pavilion - a circular building with a viewing terrace beneath
its parasol-shaped roof. In 1911, he had an Art Nouveau
house built at 38 rue du sergent Blandan. Constructed under
the supervision of Lucien Weissenburger, it adjoined the first
house, which Corbin bought in 1919. A wing was added in
1925, and the property assumed its final form in 1932. The
L-shaped 3.5 hectare plot included a garden, as well as the
villa, and a gallery where Eugène Corbin displayed the works
he bought from artists of the École de Nancy. He built up an
outstanding collection, most of which he gifted to the City of
Nancy in 1935. In 1952, the local authority acquired part of
the property (including the townhouse) enabling these 759
works of art to be kept in a place closely associated with their
history. After a series of building works, the École de Nancy
museum and its garden opened to the public on 26 June 1964.
63
Il était un fois un collectionneur…
1
L’histoire débute par la location d’une petite demeure située 36 rue du sergent
Blandan à laquelle Eugène Corbin attache, en 1903, une parcelle de terrain dont il
fait l’acquisition auprès de l’horticulteur Félix Crousse2. En 1904, il y fait construire
un pavillon-aquarium, édifice circulaire disposant d’une terrasse panoramique et
voué au repos et à la contemplation des alentours. Cette œuvre architecturale (classée
Monument Historique), de couleur sable et aux courbes Art nouveau coiffées d’un
toit en ombrelle, attire immanquablement le regard par sa singularité. Et bien que
le nom de son concepteur soit aujourd’hui un mystère3, sa présence reflète toute la
personnalité de son commanditaire : un homme d’affaires dynamique (propriétaire
des Magasins Réunis de Nancy4 dont il partage la direction avec son beau-frère
Charles Masson) et esthète averti.
Belles essences et maison de maître
2
1 - Victor Prouvé, Portrait de M et
Mme Corbin, MEN, cliché C Philippot
2 - Rose de Carême-Helleborus
Orientalis
In the early 20th century, the garden at Corbin’s property was planted with species emblematic of the Art
Nouveau movement (including ginkgo biloba, lilac,
hydrangea, giant hogweed, peony and anemone) and
landscaped in a «natural» style. In the 1930s, however,
this gave way to the orderly charm of the French style
of garden, with its more conventional planting. Now
occupying a smaller area and with upper and lower
sections, the garden is presented as a delimited space,
consisting of a central lawn surrounded by trees and
shrubs, through which little paths thread their way. It
contains three noteworthy works: the elegant aquarium pavilion, the entrance door to the Gallé workshops,
and a funerary monument, one of the first in the Art
Nouveau style in Nancy, which was acquired in 1971.
64
En 1911, Eugène Corbin fait construire au 38 rue du sergent Blandan (sous la
direction de Lucien Weissenburger) une demeure Art nouveau accolée à la maison
du numéro 36 qu’il a achetée en 1919. L’ensemble est complété par une aile en 1925.
La propriété adopte sa configuration finale en 1932. En forme de L, elle couvre un
terrain de 3,5 hectares abritant la villa mais aussi un jardin, une rivière, une grotte
et un potager. Elle est également dotée d’une galerie où Eugène Corbin présente les
œuvres qu’il acquiert auprès des artistes de l’École de Nancy, aussi bien par plaisir
que pour soutenir leur travail, achetant notamment des pièces restées invendues. Il
apporte ainsi un appui important à Victor Prouvé dont il expose les créations aux
Magasins Réunis et passe des commandes directes. Au fil des années, il constitue
un ensemble d’exception dont il fait en grande partie don à la Ville de Nancy en
1935 : 759 œuvres qui forment le socle des collections actuelles du Musée de l’École
de Nancy. En 1952, la municipalité fait l’acquisition d’une partie de la propriété
(dont la maison de maître) et offre aux collections (auparavant exposées sur d’autres
sites) un lieu de conservation lié à leur vécu. Après une série de travaux, le Musée
de l’École de Nancy et son jardin s’ouvrent ainsi au public le 26 juin 1964.
Tendances végétales
Au début du 20e siècle, l’écrin de verdure de la propriété Corbin abrite des
essences symboliques de l’Art nouveau (ginkgo biloba, lilas, hortensias, berces du
Caucase, pivoines, anémones…) et son cadre paysager est peu soumis à la « rigueur »
géométrique des parterres. Dans les années 1930, il est gagné par le charme plus
académique des jardins à la française au vocabulaire végétal délicat et régulier. D’une
superficie désormais plus modeste, et doté d’une section haute et d’une section
basse, le jardin Corbin apparaît aujourd’hui comme un espace délimité composé
d’une partie arborée entourant une pelouse centrale et veiné de petits sentiers. Trois
ouvrages remarquables s’y révèlent aux yeux du promeneur : le pavillon-aquarium
stylé, le portail des ateliers Gallé (une porte en chêne présentée dans le prolongement
de l’aile de la villa depuis 19995), mais aussi un monument funéraire acquis en 1971
et comptant parmi les premiers de type Art nouveau implantés à Nancy. Signé par
l’architecte Girard (les sculptures sont de Pierre Roche et les vitraux d’Henri Carot),
il provient du cimetière de Préville où il fut érigé en 1901, avant d’être donné au
Musée de l’École de Nancy lorsque la concession s’acheva.
En mémoire des grands horticulteurs
1
En 1999, dans le cadre de l’Année de L’École de Nancy,
le jardin connaît une importante rénovation sous l’œil
expert du paysagiste Philippe Raguin qui recompose la
partie basse pour y créer notamment une clairière ombragée
où se trouve le monument funéraire. La partie haute est
également revue afin de redonner aux plantes ayant inspiré
les artistes Art nouveau la place qu’elles occupaient au
début du 20e siècle. Inscrit à l’inventaire supplémentaire des
Monuments Historiques pour sa rareté, le jardin propose
aujourd’hui de nombreuses variétés, fruit du travail des
Parcs et Jardins de la Ville de Nancy, qui rendent hommage
aux célèbres horticulteurs Félix Crousse et Victor Lemoine.
Pivoines Albert et Félix Crousse, variétés Lemoine comme
l’anémone Beauté parfaite, lilas Madame Lemoine, deutzia
Perle rose-Mont rose ou hortensias hydrangea Bouquet rose,
White wave et Mousseline… l’essence même de l’École de
Nancy vous attend dans ce petit coin de paradis.
Anthony Humbertclaude
1 - Pivoines arbustives
2 - Porte en chêne des ateliers Gallé mentionnant la devise de l’artiste :
«ma racine est au fond des bois»
3 - Monument funéraire de style Art nouveau dans la partie basse du jardin
2
1
L’Art nouveau est un mouvement artistique de la fin du 19e siècle et du début du 20e
siècle caractérisé par une esthétique aux lignes courbes. Sa déclinaison nancéienne
est une alliance appelée l’École de Nancy qui puise son inspiration dans le monde
végétal et animal et s’appuie sur une recherche d’utilisation poussée dans plusieurs
disciplines (verrerie, ferronnerie, bois, tissu…).
2
élix Crousse est, avec Victor Lemoine, Émile Gallé et Léon Simon, l’un des fonF
dateurs de la Société Centrale d’Horticulture de Nancy en 1877.
3
a création fut longtemps attribuée à Lucien Weissenburger mais l’aquarium ne
L
figurant pas dans la liste autobiographique des œuvres que l’architecte établit à
la fin de son existence, cette paternité est désormais incertaine. Les vitraux sont
signés Jacques Gruber.
4
es Magasins Réunis avaient leur maison mère à Nancy. Elle fut fondée par Antoine
L
Corbin, père d’Eugène, en 1890. L’enseigne s’implanta ensuite dans d’autres villes
de France comme Paris, Troyes ou Marseille, pour compter 200 boutiques dans les
années 1930. Elle disparut en 1983, ses locaux nancéiens, avenue Foch, abritent
aujourd’hui Le Printemps.
5
a porte fut exécutée en 1897 par l’ébéniste Eugène Vallin pour les ateliers Gallé,
L
avenue de la Garenne à Nancy. Présentée dans le jardin du musée dès 1964, elle
fut restaurée et montée sur des treillages dans le cadre de l’Année de L’École de
Nancy en 1999.
3
+ INFORMATIONS PRATIQUES
Musée de l’École de Nancy - 36-38 rue du Sergent Blandan - 54000 Nancy
Tél. : +33 (0)3 83 40 14 86 - [email protected]
www.ecole-de-nancy.com
Ouverture : 10h-18h du mercredi au dimanche
Fermeture : lundi et mardi toute la journée et 1er janvier, 1er mai, 14 juillet,
1er novembre et 25 décembre. Accès libre au jardin aux horaires d’ouverture
(animaux, pique-niques et vélos interdits dans le jardin).
Réservations et renseignements visites guidées :
tél. : + 33 (0)3 83 17 86 77 du lundi au vendredi de 9h à 12h30
[email protected]
Tarif normal : 6 € - Tarif réduit : 4 €
Gratuité : jusqu’à 12 ans, groupes scolaires, le mercredi pour les étudiants,
Carte Jeunes Nancy Culture, Museumpass, et ayants droits sur justificatif.
Visites guidées : 1,60 € par personne en plus du billet d’entrée.
Visites guidées des collections permanentes tous les vendredis, samedis
et dimanches à 15h (sans réservation).
In 1999, as part of a year-long celebration of the Ecole de Nancy, the garden
underwent major renovation work under the expert supervision of landscaper
Philippe Raguin, who rearranged the lower part to create a shady glade.
The upper part was also redesigned, to give the plants which so inspired the Art
Nouveau artists the same prominence they enjoyed in the early 20th century.
The garden is sufficiently unusual to be included on the supplementary list of
France’s Monuments Historiques, and is now planted with several species paying
tribute to the horticulturalists Félix Crousse and Victor Lemoine. Among them
are the « Albert Crousse » and « Félix Crousse » peonies, Lemoine cultivars such
as the « Beauté parfaite » anemone, « Madame Lemoine » lilac, « Perle RoseMont Rose » deutzias together with the « Bouquet Rose », « White Wave »
and « Mousseline » hydrangeas.
65
Petite et grande Histoire du
Musée de l’École de Nancy
Ouvert le 26 juin 1964, le Musée de l’École
de Nancy fête ses 50 ans, une année
symbolique ponctuée de plusieurs événements. Le 26 juin 2014, une journée de
gratuité fut proposée de 10h à 20h pour
découvrir ou redécouvrir les collections.
Elle fut accompagnée d’une cérémonie officielle en présence de Monsieur Philippe
Bouton-Corbin, descendant de la famille
Corbin, et l’occasion de proposer aux invités des visites sur le thème « Du musée
Corbin au Musée de l’École de Nancy ».
En outre, à partir du 20 septembre, le
musée lance, en lien avec l’association
des Amis du Musée, une souscription pour
l’achat d’un luminaire en bronze et vitrail
Les pièces de la donation Corbin
furent présentées aux Galeries Poirel
jusqu’en 1939, MEN
66
signé Louis Majorelle, qui sera ensuite
restauré. Cette pièce, dont l’établissement ne possède pas d’équivalent, sera
exposée à cette occasion. Au programme
également : la présentation d’une lampe
Les Coprins d’Emile Gallé (lampe champignon) achetée par le musée en 1956 et
récemment restaurée, la publication d’un
ouvrage consacré à Émile Gallé, différentes
animations et une exposition-dossier intitulée Petite et grande Histoire du Musée de
l’École de Nancy qui évoquera la création la
création et l’évolution du musée, mais aussi
les décennies qui précèdent son ouverture.
C’est en effet à la fin du 19e siècle (lors
d’une exposition organisée aux Galeries
Poirel de Nancy en 1894) que les 17 pièces
formant les collections actuelles sont acquises par la Société des Arts Décoratifs
Lorrains (des pièces signées Gallé, Prouvé
et Martin). Elles sont tout d’abord présentées dans le cadre d’un musée des
Arts Décoratifs créé en 1900 et intégré
au Musée de Sculptures et Peintures,
à l’Hôtel de Ville de Nancy. Enrichi notamment par l’achat de pièces Gallé en
1904, et par une donation Majorelle en
1927, ce premier ensemble est ensuite
« adoubé » par Eugène Corbin et rejoint
les œuvres dont il fait don à la Ville en
1935. L’ensemble est exposé aux Galeries
Poirel jusqu’en 1939, puis envoyé dans le
sud de la France pour lui éviter de subir
le pillage nazi, avant de revenir à Nancy à
l’issue de la guerre. Il faut attendre l’achat
de la propriété Corbin par la municipalité en 1952, et l’ouverture du musée qui
suit pour que la collection gagne son lieu
d’exposition actuel.
A l’époque où l’Art nouveau se retrouve
au creux de la vague sur le marché, le
Musée de l’École de Nancy est aussi pour
lui un lieu de refuge face au désintérêt
des grands musées et des collectionneurs.
Un statut qui permet à l’établissement
d’acquérir des pièces à des conditions bien
différentes de celles actuellement pratiquées. Valérie Thomas, conservateur du
musée, aime ainsi rappeler cette anecdote.
« À l’issue de la Seconde Guerre mondiale,
la veuve d’Hector Guimard - architecte
majeur du mouvement Art nouveau proposa à l’état français une donation
d’œuvres de son mari qui fut refusée.
Le directeur des Musées de France lui
conseilla plutôt de s’adresser aux musées
de province ». Une décision dont Nancy
se félicite encore !
Anthony Humbertclaude
Édifié en 1904, le pavillon-aquarium est une construction
de style Art nouveau doté d’une terrasse panoramique permettant
d’admirer les jardins alentour
saisons culturelles
Sur un air de classique !
Rencontre avec quatre associations qui donnent le « La »
L’orchestre baroque de Mexico
« La Partenope », dirigé par
le premier violon Olivier Briand.
Photo DR
68
L’Ensemble Stanislas, l’ALMC, le Gradus ad Musicam, l’AMAN,
Quatre structures qui font vivre la musique classique à Nancy.
Quatre structures qui se partagent un vaste « territoire » musical
et s’appliquent à lui donner vie, saison après saison, à créer
des passerelles entre des œuvres ou des compositeurs parfois
méconnus et un public mélomane ou simplement heureux de pouvoir
aiguiser sa curiosité. Quatre longues et belles aventures musicales
qui continuent d’écrire leurs pages respectives entre les murs,
notamment, de la salle Poirel, véritable creuset de la musique
classique nancéienne.
L’ALMC (Association Lorraine de Musique de Chambre)
L’ALMC vit en 2014 sa 68e saison de musique de chambre, sans aucune interruption. Une santé de fer pour cette association de bénévoles née en 1947 de la volonté
d’un groupe de passionnés de musique de chambre d’écouter, et de faire écouter à
Nancy, les musiciens les plus prestigieux. Si les premiers concerts se donnent entre les
murs de salons privés, l’association gagne peu à peu ses galons et finit par arpenter
les planches des salles de spectacles de la cité ducale. La particularité de l’ALMC ne
tient pas tant dans ses intentions initiales que dans sa capacité à inscrire son action
dans le temps. En 68 ans, l’ALMC n’a accusé aucun coup d’arrêt, aucune rupture
dans sa ligne artistique et reste depuis ses origines une association de bénévoles, tous
animés par le seul plaisir de diffuser leur musique en toute indépendance à qui veut
bien l’entendre. Du classique romantique du 19e siècle à la musique contemporaine,
en passant par la musique ancienne et le baroque : l’ALMC ne s’enferme pas dans un
répertoire spécifique et préfère rester ouverte à toutes les formes musicales pourvu
qu’elles se prêtent aux petits effectifs. A l’instar du concert qui sera donné le 13 janvier 2015 à la salle Poirel et rassemblera le groupe des Percussions de Lyon, l’Ensemble
Variances, véritable fleuron normand de la musique contemporaine, et Thierry Pécou,
compositeur et pianiste connu et reconnu, qui se chargera de faire naviguer tout ce
petit monde vers les Caraïbes d’hier et de demain. Une approche à l’image de l’identité
musicale de l’ALMC, originale, pleine de subtilités et de connivences avec un public
de plus en plus fidèle.
ALMC - Association Lorraine de Musique de Chambre
Tél. + 33(0) 3 83 22 97 00 - [email protected] - www.almc.com.fr
« Caraïbes d’hier et de demain », un concert au programme
de l’ALMC dans le cadre de la nouvelle saison
Le quatuor à cordes de l’Ensemble Stanislas. Photo DR
L’Ensemble Stanislas
Alors que sa saison 2014-2015 sera consacrée aux musiciens dans la tourmente
de 14-18, l’Ensemble Stanislas prendra néanmoins le temps, en octobre, de célébrer
ses trente ans d’existence lors d’un concert-spectacle hors-norme avec le musicien
Bertrand Causse, violoniste et siffleur, dans une mise en scène de Henri de Vasselot.
Des festivités bien méritées pour cette odyssée qui a commencé en 1984, à l’initiative
du violoncelliste Jean de Spengler. Epaulé par trois de ses amis musiciens, il décide de
fonder cette association pour donner un cadre à sa passion, la musique de chambre.
A ce quatuor se rallie bientôt un quintette d’instruments à vent, venus apporter leur
souffle, auxquels peuvent se joindre les cordes pincées et frappées d’une harpe et d’un
piano. Depuis, l’Ensemble Stanislas a donné plus de huit cents concerts en formation
quatuor ou « élargie », présenté plusieurs centaines d’œuvres, enregistré près d’une
vingtaine de disques et arpenté la terre entière. Il compte aujourd’hui parmi les acteurs
incontournables de la scène musicale lorraine, alternant entre le répertoire classique
des éternels Mozart, Beethoven et autre Schubert ; des œuvres plus singulières, souvent
ignorées, à l’image de celle de Joseph-Guy Ropartz ; et la musique contemporaine pour
laquelle Jean de Spengler, désireux d’inscrire l’association dans la musique de son temps,
n’hésite pas à bousculer les habitudes auditives des plus orthodoxes. Des programmes
riches et éclectiques, donc, répartis entre la saison de concerts donnés à la salle Poirel
et une dizaine d’autres organisés sur l’ensemble des quatre départements lorrains.
Ensemble Stanislas - 11 Grande rue - 54000 Nancy
Tél . +33(0)3 83 37 93 45 - [email protected] - www.ensemble-stanislas.com
69
L’AMAN (Association de Musique Ancienne de Nancy)
Les années 1980 furent définitivement
des années de belles initiatives musicales
puisque 1982 vit également se créer l’Association de Musique Ancienne de Nancy.
Sa démarche est de faire connaître et aimer
du grand public un patrimoine musical
resté longtemps mésestimé et couvrant une
vaste période allant du Moyen Âge au romantisme du 18e siècle, en passant par les
répertoires baroque et Renaissance. Le tout
dans une alternance de sacré et de profane,
d’œuvres instrumentales et vocales. Ainsi
l’AMAN œuvre-t-elle à la (re)découverte de
trésors anciens interprétés dans le respect
des partitions et des instruments originels
par les meilleurs ensembles spécialisés,
soucieux d’exhumer des textures musicales
oubliées. Symbole de l’éclectisme artistique
qu’elle encourage, l’AMAN présentait au
mois de mai dernier, en partenariat avec
les Rencontres Musicales de Saint-Ulrich
(Sarrebourg), une œuvre pour le moins
insolite intitulée « Ombre et lumière, des
cathédrales coloniales mexicaines aux Indes
70
Galantes de Rameau » : l’occasion exceptionnelle de découvrir pour la première fois
en France l’orchestre baroque de Mexico,
La Partenope. En parallèle, l’AMAN est
investie dans la publication et la création
de musiques anciennes inédites, dans la
mise en œuvre d’activités pédagogiques
et de formations, ainsi que dans l’aide et
le soutien à des musiciens et ensembles
baroques lorrains. Enfin, avec le concours
du Conservatoire du Grand Nancy, des universitaires et musiciens lorrains, l’AMAN
a initié la célébration en Lorraine de la
Journée Européenne de Musique Ancienne
(JEMA), le 21 mars 2014, placée sous l’égide
de l’UNESCO. Dès 2015, cette initiative
partagée aura vocation à irriguer l’ensemble de la Lorraine. Autant d’actions
menées avec énergie par cette association
qui a su, en 34 ans d’existence, s’imposer
comme le médiateur privilégié pour tous
les amoureux de cette musique qualifiée
d’« ancienne » mais résolument tournée
vers l’avenir.
Pour l’ensemble Stimmwerk,
invité par l’AMAN, la Renaissance
représente une richesse
inépuisable de musique vocale
© Johannes Braus
AMAN - Association
de Musique Ancienne de Nancy
11 Grande rue - 54000 Nancy
Tél. +33(0)3 83 30 16 55
[email protected]
www.aman-nancy.fr
Facebook : AMAN.Nancy
Le Gradus ad Musicam
Autre ensemble, autre baguette. Celle de François Legée à la tête du Gradus
ad Musicam depuis plus de trente ans. Une association qu’il imagine en 1982 avec
quelques amis et à laquelle il insuffle une philosophie simple et exigeante, celle d’« offrir
à tous ceux qui le souhaitent la possibilité d’interpréter de grandes œuvres musicales».
Une singularité qui se traduit par un enrichissant et judicieux mélange d’amateurs
désireux d’apprendre et de professionnels heureux de transmettre. Une dimension
pédagogique fondamentale qui résonne jusque dans le titre même de l’association.
Gradus ad Musicam… « On va vers la musique ». De ce jeu d’échange et de partage
résulte un fantastique élan créateur que François Legée s’efforce d’harmoniser avec,
face à lui, quelques 150 musiciens, bénévoles et amateurs, encadrés par des professionnels bienveillants et répartis en diverses formations chorales et orchestrales. De quoi
apporter suffisamment de souplesse pour permettre au GAM de s’adapter à tout type
de projet ou de structure. Le répertoire de l’association balaie ainsi de nombreuses
époques, du 17e au 21e siècle. Il va de la musique sacrée traditionnelle (Les Passions
de Bach, Le Stabat Mater de Pergolèse) à la chanson française (La Chanson du mal
aimé, la partition de Léo Ferré et les mots d’Apollinaire), en passant par des œuvres
symphoniques mais aussi des créations contemporaines pour lesquelles François Legée
n’hésite pas à entremêler les disciplines (théâtre, musique, danse, arts du cirque…),
défendant cette idée que la création artistique est vaine si elle n’est pas appréciée par
le plus grand nombre.
n
Gradus ad Musicam
Administration générale
2 rue des Fabriques - 54000 Nancy
Tél. +33(0)3 83 36 85 98
[email protected]
www.gradus-ad-musicam.com
Mathieu Menossi
Une place à part
L’origine de l’Orchestre symphonique et lyrique de
Nancy remonte au 27 juin 1884 lorsque Édouard Brunel,
directeur du Conservatoire de Musique nouvellement créé,
donne avec les professeurs de l’établissement un concert dans
les grands salons de l’Hôtel de Ville. Sous l’impulsion de
Joseph-Guy Ropartz, devenu directeur du Conservatoire,
et d’Albert Carré, alors directeur de l’Opéra, est instituée
une saison de concerts symphoniques qui se déroule, à partir de 1889, à la salle Poirel, construite spécialement à cet
effet. Dès sa création, l’orchestre, alors appelé Orchestre du
Conservatoire de Nancy, accueille les plus grands solistes de
l’époque : Eugène Ysaye, Alfred Cortot... En 1979, Jérôme
Kaltenbach remplace à la tête de l’orchestre le Directeur du
Conservatoire de l’époque, Noël Lancien. L’Orchestre devient alors indépendant du Conservatoire et remplit sa double
mission symphonique et lyrique. Il prend d’ailleurs le nom
d’Orchestre symphonique et lyrique de Nancy. Depuis, outre
des tournées internationales qui ont conduit l’orchestre en
Italie et en Bulgarie, de prestigieux solistes se sont produits
à ses côtés : Christian Zaccharias, Bruno Léonard Gelber,
Montserrat Caballe, Gundula Janowitz, Salvatore Accardo,
Natalia Gutman, Alicia de Larrocha, Brigitte Engerer... et
de talentueux chefs invités l’ont dirigé : Woldemar Nelsson,
Manuel Rosenthal, Stephan Kovacevitch, Armin Jordan, Heinz
Wallberg, Louis Langrée, Evelino Pido, Christian Arming,
Juraj Valcuha, Kirill Karabits... Sebastian Lang-Lessing a été
nommé directeur musical de l’orchestre en septembre 1999.
Le 1er septembre 2006, Paolo Olmi lui a succédé jusqu’en 2010.
Plébiscité par les musiciens, Tito Muñoz est ensuite engagé
pour diriger l’Orchestre symphonique et lyrique de Nancy
de 2011 à 2013. Pour la saison 2014-2015, Rani Calderon est
le premier chef invité.
71
terre de savoirs
UNIVERSITÉ
DE LORRAINE
depuis 1572
Fronton de la Faculté de droit,
sciences économiques et gestion de Nancy
En 2012, l’institut national polytechnique de Lorraine, l’université Henri Poincaré Nancy 1, l’université Nancy 2 et l’université
Paul Verlaine-Metz fusionnaient
pour donner naissance à l’université de Lorraine, présidée actuellement par Pierre Mutzenhardt.
Un pôle d’étude et de recherche
majeur qui, au-delà de constituer
un nouvel atout évident pour la
région et son rayonnement, se
dresse comme l’étendard d’une
glorieuse et ancienne tradition
universitaire
72
Un nouveau territoire universitaire
A
l’origine de cette fusion,
il y a un mouvement général de mondialisation
de l’enseignement, une concurrence
accrue entre les différents campus et
des étudiants qui se tournent toujours
plus loin vers l’étranger : des motivations auxquelles les grandes Facultés
doivent faire face en augmentant leur
visibilité au niveau international.
Aujourd’hui, l’Université de Lorraine,
ce sont 3700 enseignants pour près de
55 000 étudiants et un campus de plus
de 800 000 m² répartis sur 52 sites.
Une institution qui couvre tous les
champs de la connaissance et peut
désormais se hisser sans rougir au niveau de ses concurrentes européennes
et mondiales. Une fusion hautement
bénéfique, donc, pour une Lorraine
soucieuse de relancer une industrie
de pointe fondée sur la connaissance, la technologie et la technique,
et confirmant ainsi les dispositions
« pionnières » et de ses grands pôles
de transmission du savoir.
L’histoire d’une tradition
La tradition universitaire lorraine est ancienne et on la doit notamment à la volonté du duc Charles III de former une élite régionale éclairée
pour assurer la gestion du duché. Ainsi les murs de la première université
sont-ils érigés suite à la Bulle pontificale in Supereminenti scellée par le
Pape Grégoire XIII en 1572. Un établissement localisé à Pont-à-Mousson,
à égale distance des trois cités épiscopales (Metz-Toul-Verdun) et de la
cité ducale de Nancy et dont les clefs sont confiées à l’Ordre des Jésuites.
Une université contre-réformiste aux portes de l’Allemagne protestante :
autant dire que le choix est éminemment politique. La Lorraine rattachée
à la France en 1766, l’institution est rapatriée à Nancy après que Louis XV
ait expulsé les Jésuites hors du pays. Prise dans les tourments de la
Révolution, elle ferme ses portes pour les ouvrir à nouveau… en 1864.
Elle est alors élevée sur l’actuelle place Carnot, entre les murs du nouveau palais de l’Académie (l’actuelle Faculté de sciences économiques
et gestion), œuvre de l’architecte Prosper Morey. Dans le malheur de
la guerre franco-prussienne qui éclate six ans plus tard, Nancy profite
pourtant d’une chance extraordinaire, celle de voir se réfugier derrière
ses murs industriels, artisans et intellectuels fuyant l’Alsace occupée. Un
exil qui a considérablement favorisé le développement des sciences dans
la cité ducale. La Faculté de médecine devient alors l’une des principales
facultés françaises. Et, à la fin du 19e siècle, l’université de Nancy se situe
à la tête des universités de province.
1
2
Devoir de mémoire
« Cette longue et précieuse tradition universitaire, la Lorraine a eu
la chance de la voir se perpétuer jusqu’à aujourd’hui », souligne Eric
Germain, doyen de la Faculté de droit, sciences économiques et gestion
de Nancy institution dont on s’apprête à fêter le cent-cinquantenaire de
la restauration. « Je crois qu’il est très important que l’on sache le poids de
l’université dans la région. Que l’on se souvienne de ses grands maîtres, des
grandes découvertes qu’elle a abritées. Et pour rester dignes devant ceux
qui vous ont précédés, encore faut-il les connaître ». La célébration de cet
événement s’ouvrira dès le mois de septembre sur un colloque intitulé
L’Université à Nancy et en Lorraine : histoire, mémoire et perspective.
« Il s’agira de transcender le présent pour inscrire une réflexion sur l’avenir »,
précise Éric Germain. Une réflexion que viendra illustrer une exposition organisée dans le cadre des journées du patrimoine ainsi que des
pièces de théâtres et des concerts donnés par l’Orchestre symphonique
universitaire de Lorraine.
3
Cet événement sera donc l’occasion pour les Grands Nancéiens
et les Lorrains de s’imprégner d’un des patrimoines universitaires les
plus riches de France. Patrimoine qui fait aujourd’hui de l’université
de Lorraine l’une des plaques tournantes européennes incontournables
du savoir et de sa diffusion.
Mathieu Menossi
1 - Bibliothèque universitaire de la Faculté de droit,
sciences économiques et gestion de Nancy
2 - Entrée de la Faculté
3 - Porte de la bibliothèque universitaire. Sculptée par
Frédéric Steiner dans un bois fourni par Louis Majorelle,
elle illustre les sciences pharmaceutiques.
73
terre de savoirs
EN QUÊTE
DE MÉMOIRE
Paul Michels, Lavandières sur les quais de la Moselle à Pont-à-Mousson (1910) © CIL
Voilà vingt ans que le Centre Image Lorraine (CIL), ancien Conservatoire régional de l’image (CRI),
assure la délicate mission de recueillir, rénover, archiver et valoriser le patrimoine iconographique
lorrain, français et international. En cette année de centenaire de la Grande Guerre et jusqu’en 2018,
le CIL honorera son devoir de mémoire en fédérant les opérations de collecte auprès des détenteurs
lorrains - privés et institutionnels - de documents iconographiques sur le conflit.
L
Mai 68 place Stanislas © Claude Bardot / CIL
74
e Centre Image Lorraine détient le plus riche patrimoine audiovisuel du Grand Est
de la France et compte aujourd’hui parmi les vingt-cinq plus grandes collections
nationales du genre. Au même titre que les sculptures d’un Ligier Richer ou les
gravures d’un Jacques Callot, son fonds constitue un ensemble patrimonial inestimable,
garant de notre mémoire collective. En tant que partenaire privilégié de la Communauté
urbaine du Grand Nancy et première banque d’images numériques sur la Lorraine, le CIL
pointe parmi les vecteurs majeurs de diffusion culturelle de notre région. Une charge que
le Centre assume pleinement que ce soit via son site Images de Lorraine ou en favorisant
l’accès à son patrimoine au plus grand nombre - professionnels (producteurs, réalisateurs,
diffuseurs…), enseignants, chercheurs ou grand public - par l’organisation d’expositions,
la diffusion de documentaires télévisuels, de publications, ou la programmation de cycles
de projections.
Le CIL en chiffres…
1
Dans l’un des bâtiments de l’ancienne Manufacture des Tabacs
de Nancy, le CIL veille sur près de 5500 livres consacrés au cinéma et à
la photographie, 60 collections complètes et 50 000 revues spécialisées
sur le cinéma, 44 000 dossiers de presse cinématographiques, 50 000
photographies d’exploitation de films, 6000 affiches de cinéma, quelques
fonds d’archives (Jean L’Hôte, Renoir, Méliès, Jean d’Arcy), une collection
muséographique d’appareils (ciné, photo, TV), des plaques de lanterne
magique... Côté cinémathèque, 6000 films y sont référencés, répartis
entre longs et courts-métrages. On y trouve également une collection de
30 000 films amateurs inédits. Un fonds tout particulier est consacré au
travail des deux célèbres vulcanologues Katia et Maurice Krafft avec plus
de 800 films 16mm portant sur les plus importants volcans du monde.
Enfin, côté photothèque, ce sont près de deux millions d’images, de 1850
à nos jours, auxquelles viennent s’ajouter 300 000 diapositives liées aux
recherches des époux Krafft.
1914-1918 version 2.0
2
Centre Image Lorraine
9 rue Michel Ney - 54000 Nancy
Tél. : +33 (0)3 83 32 74 73
www.imagesdelorraine.org
Heures d’ouverture :
Lundi au jeudi : 8h - 12h / 14h - 18h
Vendredi : 8h - 12h / 14h - 17h
Le 11 novembre 2013, le Centre Image Lorraine inaugurait symboliquement son nouveau site imagesde14-18.eu, exclusivement consacré
au conflit de la Première Guerre mondiale. Un projet qui s’inscrit dans
la campagne de numérisation nationale du ministère de la culture et de
la communication et qui a reçu le soutien des quatre départements de la
région, du Conseil Régional de Lorraine, de la Communauté urbaine du
Grand Nancy et de la Mission du Centenaire 14-18. On compte à ce jour
20 000 images référencées, dont certaines projetées en 3D au réalisme
captivant et un moteur de recherche innovant et intuitif permettant à
l’internaute de naviguer en toute simplicité au sein de ce précieux corpus.
Pour les quatre années à venir, le CIL se fera donc le collecteur d’un flux
continu de documents inédits (photographies, plaques de verre, vues
stéréoscopiques, tirages, cartes postales, dessins, gravures…) et prévoit
d’en rassembler près de 100 000 d’ici 2018. Le site images14-18.eu constituera et constitue déjà un album numérique exceptionnel au service du
devoir de mémoire et de sa diffusion.
Mathieu Menossi
1 - Caricature de Guillaume II (1859-1941),
empereur d’Allemagne,
réalisée par Georges Méliès (1861-1938) © CIL
2 - Publicité : 14-18, premier conflit durant lequel
Kodak offre des appareils photos aux militaires
pour rapporter des images du front © CIL
The Centre Image Lorraine, looking after the local heritage
The Centre Image Lorraine (CIL) holds the richest audiovisual heritage in Eastern France and currently ranks as one of the twenty-five largest national collections of its kind,
housing a priceless archive of local memories. As the first digital image bank for the Lorraine region, it stands out as one of the driving forces for promoting the region’s culture, a role in
which the Centre excels, whether through its website “Images of Lorraine” or championing access to its heritage for the widest audience possible, by organising exhibitions,
broadcasting television documentaries, releasing publications or planning series of screenings.
In one of the buildings of the former Nancy tobacco factory, the CIL holds almost 5,500 books dedicated to cinema and photography; 60 complete collections and 50,000 specialist film
journals; 44,000 film press kits; 50,000 photographs of movie releases; 6,000 film posters; some archive collections (Jean L’Hôte, Renoir, Méliès, Jean d’Arcy), a museum collection
of cinema, photography and TV equipment and magic lantern slides. There are 6,000 films - including feature length and shorts - indexed in the film library as well as a collection
of 30,000 previously unseen amateur films. And finally, there are nearly two million images in the photo library, dating from 1850 to the present day.
On 11 November 2013, the Centre Image Lorraine launched its new website imagesde14-18.eu, dedicated exclusively to the First World War, a project which forms
part of the Ministry of Culture and Communication campaign for national digitisation. There are currently 20,000 indexed images, some of which are grippingly realistic in 3D,
and an innovative, predictive search engine which enables the user to explore every corner of the collection. Over the course of the next four years, the CIL will collect a steady stream
of previously unseen material (photographs, glass photographic plates, stereoscopic images, prints, postcards, drawings and engravings) and predicts to have amassed
nearly 100,000 between now and 2018.
75
sports azimuts
L’école de l’ovalie
NANCY SEICHAMPS, UN CLUB CENTENAIRE QUI MISE
SUR LA FORMATION
L’esprit d’équipe est manifestement la mentalité qui caractérise
le monde du rugby. Bien entendu, au fil des grands tournois, des
retransmissions et de la mise en lumière de joueurs emblématiques,
la planète ovalie gagne peu à peu en notoriété. Mais au-delà du
feu médiatique, ce sport doit aussi en grande partie son succès
croissant au travail de terrain effectué par les clubs locaux qui
initient, forment et encadrent les jeunes pousses et leur inculquent les valeurs nobles de ce sport. L’école de la vie, ni plus, ni
moins…
76
A
u sein du Grand Nancy, deux clubs œuvrent ainsi
pour une meilleure implantation du rugby dans le
tissu social et associatif. Le plus important d’entre
eux, en nombre de licenciés, est celui des Loups et Louves de
Nancy-Seichamps. Avec 500 membres, il occupe la 42e place
sur 1600 clubs en France. Né en 1904 sous le nom de Stade
Lorrain1, il fut présidé dans les années 1930 par une personnalité
emblématique : Marcel Picot, un passionné de rugby qui a fait
construire à Tomblaine le stade qui porte aujourd’hui son nom.
Désormais fruit d’une fusion des cinq clubs de l’agglomération qui existaient au début des années 1980, NancySeichamps Rugby mène, sous l’influence de son président actuel
Olivier Heyd, un travail spécifique au niveau de la formation,
capitalisant ainsi sur l’avenir et la transmission pour gravir la
hiérarchie nationale de la discipline. Le club est très actif tout
au long de l’année avec des matchs le week-end, des entrainements pour les plus jeunes les mercredis et samedis après-midi
et bien d’autres rendez-vous. Le Stanislas Sevens, un tournoi à
7 de niveau international, reconnu par la Fédération Française
de Rugby, est également organisé chaque année en mai.
Rome ne s’est pas faite en un jour…
Et si l’on parle de Loups mais aussi de Louves lorsqu’on
évoque le club - dont cet animal est l’emblème - c’est bien
parce qu’en matière de résultats, les filles n’ont rien à envier aux
garçons, bien au contraire ! Si les équipes masculines séniors
évoluent au niveau régional (division Honneur), les féminines
ont atteint les sphères nationales que ce soit en séniors (division Fédérale 1, 3e échelon du championnat français) ou en
cadettes avec des championnes comme Magalie Gras (équipe
de France militaire), Marjolaine Ferris et Élodie Houillé (équipe
de France des moins de 20 ans) ou Roben Muller (championne
de France des lycées agricoles).
Ovaliser hors de ses terres
Au sein du club de Nancy-Seichamps, trois éducateurs par
catégorie, tous diplômés, animent une politique sportive où
l’amusement et le jeu doivent primer afin de ne pas renvoyer
l’image d’une usine à guerrier. « La plupart de ceux qui commencent à pratiquer le rugby restent au club ou dans le circuit »
confie Olivier Heyd qui souhaite développer de nouvelles actions
dans des zones où le rugby n’est pas présent, comme la région
du Grand Couronné par exemple. Cela débute généralement
par des séances d’initiation, des stages découvertes ou de vacances, avec pour objectif à terme d’ouvrir de nouvelles écoles
de rugby. Les démarches peuvent aussi prendre la forme de
partenariats avec les établissements scolaires en vue de créer
des sections sportives spécialisées.
Ces initiatives, Nancy-Seichamps Rugby n’est pas le seul
club de l’agglomération à les mener. Il est en effet épaulé, depuis
huit ans, par celui de Villers-lès-Nancy (200 licenciés dont une
école d’une centaine de jeunes) qui s’implique aussi dans la
promotion du rugby. De taille plus modeste que son homologue,
et évoluant en 4e série, Villers est d’ailleurs l’un des cinq clubs
qui avaient fusionné voici une trentaine d’années. Le rugby
est une belle et grande famille, à n’en pas douter !
Anthony Humbertclaude
1
e premier match de rugby à Nancy eut lieu le 15 novembre 1904.
L
Le Stade Lorrain battait Commercy 22 à 0.
Nancy Seichamps Rugby
Stade Matter - Boulevard d’Austrasie - 54000 Nancy
Tél. : +33(0)3 83 37 48 51
[email protected]
www.nancy-seichamps-rugby.org
Le club mise beaucoup sur les jeunes générations avec une
belle réussite, comme l’illustre également l’équipe junior des
Belascains qui évolue aussi dans le championnat national. Ce
travail de forge, s’appuyant sur un terreau d’autant plus sain
que les considérations financières ne priment pas dans le rugby,
base toute sa pédagogie sur la mise en avant de valeurs propres
au milieu comme le respect, le partage, l’altruisme, le don de
soi, la tolérance… Il prend sa source au cœur même du club
qui possède sa propre école de formation - pour le rugby à 15
principalement - accueillant près de 200 jeunes, âgés de 5 ans
et demi à 15 ans. D’un point de vue pratique, la plupart des
installations sont en centre ville, proches des lignes de bus, ce
qui facilite l’accès aux entrainements. L’inscription est simple,
il suffit de venir au club pour passer une visite médicale puis
de faire une demande de licence, avant d’endosser le maillot
aux couleurs bleu marine, fuchsia et jaune.
77
à la découverte du Grand Nancy
Philippe Claudel en plateau
© Pascal Bodez
Zoom sur
les lieux de
tournage de
l’agglomération
dans l’œil
du cinéaste
La Lorraine, terre de cinéma… c’est une réalité depuis maintenant une quinzaine d’années. Si la région est surtout connue pour ses festivals, notamment
le grand frisson vosgien de Gérardmer et la balade italienne villeruptienne,
le Grand Nancy, fort de son patrimoine architectural et artistique, séduit
aussi le 7e art, mais dans un autre registre, celui du tournage. Nombre de
cinéastes sont ainsi venus poser leur caméra au cœur de la cité ducale, une
dynamique qui devrait encore se renforcer dans l’avenir.
P
armi les réalisateurs ayant succombé aux charmes de Nancy, l’un des plus
célèbres est certainement l’écrivain Philippe Claudel qui y tourne en 2008 son
premier film, une adaptation de son roman Il y a longtemps que je t’aime, avec
Kristin Scott-Thomas, Elsa Zylberstein et Serge Hazanavicius. Des séquoias pleureurs
du parc Sainte-Marie aux courbes de la piscine Nancy Thermal, en passant par la place
Stanislas et son élégant Grand Café Foy, mais aussi la brasserie Excelsior, la terrasse de la
Pépinière ou le quartier Art nouveau de Saurupt : le cinéaste filme la ville sous toutes ses
coutures et signe une œuvre sous forme de déclaration d’amour.
78
Du film historique au giallo
Philippe Claudel n’est pas le seul à avoir été séduit par Nancy.
Une quinzaine d’années plus tôt, les ors majestueux de l’ensemble 18e
(place Stanislas, place de la Carrière et place de l’Alliance) servaient de
cadre à la célébration du mariage entre Jeanne (Emmanuelle Béart)
et le lieutenant d’infanterie Louis (Daniel Auteuil) dans Une femme
française, du cinéaste messin Régis Wargnier. Et lorsqu’en 2006, des
bannières frappées de croix gammées sont déroulées sur les murs
de la mairie, c’est pour évoquer la rafle manquée sous l’occupation
nazie à Nancy, sujet du long-métrage de Patrick Volson Le Temps de
la désobéissance. Pour ce tournage, plusieurs rues de la Ville Vieille
ont aussi été transformées, une mise en scène rappelant une époque
sombre et qui n’a pas manqué de susciter un certain émoi chez les
nancéiens. Plus récemment, ce fut au tour de la salle à manger de
la Villa Majorelle d’être « scrutée » par l’œil des caméras de Bruno
Forzani et Hélène Cattet, réalisateurs franco-belges qui signent en
2013 un film de genre intitulé L’Etrange couleur des larmes de ton
corps. La demeure y apparaît dans des plans mettant également en
scène d’autres constructions Art nouveau, comme les villas bruxelloises signées Horta par exemple. Tel un puzzle, les plans réalisés dans
ces différentes bâtisses s’imbriquent pour former, dans le montage
final, le décor d’une maison fantasmée. A l’image des autres chefs
d’œuvres présents dans le film, les vitraux de Gruber, les peintures
de Jourdain, le mobilier et les boiseries de Majorelle, ainsi que la
monumentale cheminée en grès flammé de Bigot, insufflent, par
leurs lignes et leurs courbes, la force dramatique de ce néo-giallo1.
Tourisme cinématographique
En juin dernier, le Bureau d’Accueil de Tournages2, en lien avec
les équipes municipales et Nancy Tourisme & Événements, organisait
un éductour destiné aux professionnels du cinéma afin de leur présenter les opportunités de tournage, matérielles et humaines, que leur
offre la région, et notamment Nancy. Un « voyage » durant lequel un
groupe de réalisateurs, scénaristes et producteurs a découvert certains
des plus beaux sites de la destination : l’Hôtel de Ville, ses salons, son
péristyle, son escalier d’honneur paré d’une rampe en fer forgé (chef
d’œuvre de Jean Lamour), l’arc Héré (édifice du 18e siècle d’où la place
Stanislas offre sa plus belle perspective sur la place de la Carrière), la
Ville Vieille et le magnifique parc de la Pépinière. Ils ont ensuite visité le
palais du Gouvernement avant de gagner la porte de la Craffe, imposant
vestige de fortifications médiévales. La visite s’est achevée sur deux
« pièces » maîtresses de l’École de Nancy : la brasserie Excelsior - aux
intérieurs tout en arabesques, lieu de tournage à lui tout seul qui éveille
inévitablement l’imagination - et l’incontournable Villa Majorelle.
Un parcours permettant de mettre en avant différentes périodes de
l’histoire nancéienne (Moyen Âge, Renaissance, Siècle des Lumières
et Art nouveau) et de renforcer l’aura de la ville aux yeux de ceux qui
font le cinéma, un art aux retombées fortes en matière de tourisme et
d’activité économique (notamment durant les tournages).
« Une Femme française » de Régis Wargnier,
tourné en partie place de la Carrière et place Stanislas
© Ville de Nancy
A look behind the scenes in Greater Nancy
Drawing on its architectural and artistic heritage,
Greater Nancy provides a perfect setting for the seventh
art (cinema) and many film-makers have trained their
cameras on the heart of the ducal town. Undoubtedly one
of the most famous is the writer Philippe Claudel, who
in 2008 shot his first film here, an adaptation of his novel
Il y a longtemps que je t’aime (I’ve Loved You So Long),
starring Kristin Scott-Thomas, Elsa Zylberstein and Serge
Hazanavicius. From the weeping sequoias of SainteMarie park to the curves of the Nancy thermal swimming
pool via Stanislas square and its elegant Grand Café Foy,
the Excelsior brasserie, the Pépinière terrace or the art
nouveau district of Saurupt: the film-maker’s work is
like a declaration of love. Fifteen years earlier, the stately
glow of the 18th century architectural ensemble (place
Stanislas, place de la Carrière and place de l’Alliance)
served as the backdrop for the marriage between Jeanne
(Emmanuelle Béart) and the infantry lieutenant Louis
(Daniel Auteuil) in Une femme française (A French
Woman), by the Metz film-maker Regis Wargnier. And
when, in 2006, the banners bearing the Swastika were
unfurled on the walls of the Town Hall, it was to evoke
the failed round-up attempt under Nazi occupation in
Nancy, which was the subject of Patrick Volson’s feature
length film, Le Temps de la désobéissance (The Time of
Disobedience). More recently, it was the turn of the dining
room in the Villa Majorelle to come under the “scrutiny”
of the cameras of Franco-Belgian directors Bruno Forzani
and Hélène Cattet, who in 2013 made the genre film
L’Etrange couleur des larmes de ton corps (The Strange
Colour of Your Body’s Tears).
Elsa Zylberstein et Kristin Scott Thomas
dans la piscine ronde de Nancy Thermal, une scène du film
« Il y a longtemps que je t’aime » de Philippe Claudel
© Pascal Bodez
79
« Le Temps de la désobéissance » a nécessité la mise en place de décors recréant l’ambiance de la Ville Vieille en 1942 © Ville de Nancy
l’un des plus beaux témoignages
de l’art rococo religieux
En dehors des sentiers battus
Au-delà de ces sites phares, le Grand Nancy recèle d’autres lieux
moins connus mais tout aussi attractifs au niveau cinématographique.
En poussant sa curiosité vers le sud, un réalisateur peut ainsi tomber
amoureux de la splendide Chartreuse de Bosserville, bijou des 17e et 18e
siècles érigé dans le pur style classique. Autre endroit, autre ambiance.
Au nord de Nancy, pourquoi ne pas imaginer une équipe s’appropriant
les anciennes brasseries et caves des vins de la Craffe à Maxéville ?
Entre ses zones citadines abritant des bâtiments à l’architecture exceptionnelle et ses sites naturels et industriels périurbains à l’atmosphère
fascinante ou insolite, l’agglomération regorge d’environnements dont
le 7e art raffole. Moteur !
Mathieu Menossi
Le giallo est un genre de film, principalement italien à l’origine, associant intrigue policière, scènes
horrifiques et parfois érotisme. Il fut surtout populaire entre 1960 et 1980, mais certains cinéastes
actuels perpétuent sa tradition.
1
Le Bureau d’Accueil des Tournages (BAT) complète le fonds de soutien à la production cinématographique et audiovisuelle au Conseil Régional de Lorraine. C’est un service qui œuvre au quotidien
pour défendre la diversité de création sur son territoire en favorisant l’accès aux ressources régionales
pour les professionnels de l’audiovisuel. Ses activités principales sont pré-repérages des sites de tournages,
aide au casting, recherche et recrutement des techniciens locaux, contacts nécessaires à l’organisation
et l’autorisation d’un tournage, recherche et mise en relation avec les prestataires et les institutions,
accueil et accompagnement des équipes de production, promotion du territoire.
2
80
Le drapeau nazi flotte sur l’Hôtel de Ville
pour planter le décor du film
« Le Temps de la désobéissance ». © Ville de Nancy
In order to attract other film-makers, several of
Lorraine’s partner organisations arranged an
educational tour last June, aimed at showcasing the
filming opportunities that the region, and Nancy in
particular, has to offer. A “journey” during which
a group of directors, script writers and producers
discovered some of the area’s most beautiful spots: the
Town Hall with its grand living quarters, colonnades
and the Jean Lamour feature staircase adorned with
wrought-iron handrail, the Héré Arch, the old town
and the magnificent Pépinière park. The group then
visited the government palace before arriving at the
Craffe city gate, the impressive vestige of the medieval
fortifications. The visit culminated with two of the
École de Nancy “show pieces”: the brasserie Excelsior
and the breath-taking Villa Majorelle. Besides these
more prominent locations, Greater Nancy has several
other hidden gems - less well-known but equally as
attractive from a film-maker’s perspective - such as the
splendid Bosserville Charterhouse, a 17th and 18th
century treasure built in the purely classical style, or the
old breweries and Craffe wine cellars in Maxéville.
Bureau d’Accueil
des Tournages de Lorraine
Place Gabriel Hocquard
BP 81004 - 57036 Metz
Tél. : + 33 (0)3 87 31 81 40
[email protected]
Emmanuelle Béart place Stanislas pour le tournage
d’ « Une Femme française » © Ville de Nancybeaux
témoignages
de l’art rococo religieux
ville verte
Initiation au baby-poney au centre équestre de la Forêt de Haye
ESCAPADE EN FORÊT DE HAYE
Avec 225 hectares dédiés aux sports et loisirs, la forêt de Haye, située à quelques kilomètres de Nancy,
incite à sortir au grand air pour une balade hors des sentiers battus ou une échappée à vélo. Tour
d’horizon des activités indoors et outdoors au cœur du poumon vert de l’agglomération.
D
es rires d’enfants s’échappent d’un massif touffu. Une ribambelle de casquettes égaye la construction d’une cabane de petit bois tandis que sur le
chemin forestier, quelques très jeunes cavaliers guident leurs minuscules
poneys au travers d’une clairière ensoleillée. En cette matinée chômée, nombreuses
sont les familles profitant de la forêt de Haye. Le pique-nique patiente dans la glacière
et tant qu’il fait encore frais, l’heure est à la découverte des agréments du lieu. A l’ouest,
le château fort bleu, le grand toboggan couvert et les tipis offrent aux bambins une
panoplie complète de jeux ouverts à tous. A une encablure, le centre équestre déploie
un vaste manège extérieur, en plein bois. Les départs de balades à cheval en forêt se
font de là, en clair-obscur, sous les frondaisons des noisetiers. Dans les paddocks,
poneys et chevaux aux crinières tressées attendent leur tour d’être sellés, pour une
séance d’initiation au baby-poney ou un entrainement au dressage et saut d’obstacles.
En gambadant sur le parcours de santé - qui regroupe plusieurs espaces disséminés
dans le parc -, le promeneur longe les ateliers de céramique dont les productions
fleurissent toute l’année et habillent de silhouettes longilignes les espaces de verdure
voisins. Ce matin, les élèves en formation « émailleur-céramiste » bâtissent leur propre
four à raku, celui qu’ils emporteront dans leur atelier personnel à l’issue de leur année
d’apprentissage. À proximité, le mini-golf et ses structures gonflables où sautent les
enfants, allie loisirs d’intérieur et jeu de plein air. La forêt de Goupil attire culottes
courtes et grands-parents, heureux de se retrouver ensemble sur un parcours de 15 trous.
82
Après une halte à La Calèche, pour une salade ou un steak, l’heure
est au paint-ball. Sous le hangar, deux équipes d’adolescents casqués,
faux Famas au poing, tentent de subtiliser deux drapeaux à leurs adversaires. Les mitraillettes à air comprimé, chargées de billes de caoutchouc, ouvrent les mouvements stratégiques de conquête du territoire sur
une aire de tir entourée d’un filet de protection et parsemée d’énormes
« punching-balls » servant de refuge. Une machine à fumée permet
d’agrémenter la séance de combat d’un brin de mise en scène. Les jeunes
en sortent exténués mais ravis : lâcher les manettes de la guerre virtuelle
pour un combat « réel » entre copains, c’est 100 % d’adrénaline garantie.
De l’autre côté de la rue, nos jeunes snippers troqueraient volontiers
leur fusil contre un mousqueton : à Tipi Park, c’est dans les arbres qu’on
joue. Solidement arrimés à leurs cordes, ce sont des collégiens en sortie
pré-estivale qui s’essaient à la tyrolienne entre chênes et châtaigniers.
Les parcours, aménagés en fonction des âges et du niveau de forme des
participants, permettent, en s’élevant vers la canopée, de prendre du
recul et une bouffée d’air frais. Non négligeable, la terrasse de 1500 m²
ombragée permet de pique-niquer ou déjeuner assis.
Au musée de l’automobile, c’est toute l’histoire de l’auto qui se
raconte. Côté « anciennes » la Ford T, inoubliable modèle unique jaune
canari, tient la dragée haute aux belles d’avant-guerre, la rouge Delage
et la vermeille REO. Coté sportives, les Porsche 356 et 904 s’amusent
à côtoyer les modèles rétro des années 60 : la Citroën DS, la Renault 4
CV et la Peugeot 404 : autant de reines de la route et figures mythiques
toutes réunies dans cet espace muséal dédié.
1
3
2
Et de Reine il en est aussi question - « petite » cette fois - le long
de la Boucle de la Moselle, une piste cyclable faisant le tour de la forêt
de Haye et reliant Frouard, Liverdun, Toul, Neuves-Maisons, ainsi que
plusieurs communes du Grand Nancy. Une idée d’escapade au long
cours sur 80 km, alternant secteurs boisés et voies sur berges.
Gaëlle Girard-Marchandise
Parc de loisirs
de la Forêt de Haye
1 Parc de Haye - Zone O N F
54840 Velaine-en-Haye
Tél. : + 33 (0)3 83 23 24 99
www.parcdeloisirs-haye.com
Chocolats - Macarons
1 - Salle d’exposition du musée de l’automobile
2 - Partie de paint-ball pour la conquête d’un drapeau
3 - Terrain de jeu dans un cadre de verdure
la passion part
agée...
Spécialités Lorraines “Gâteaux-Cadeaux“
18, rue Gambetta . NANCY tél. 03 83 30 75 49 n 15, rue Fançois Mitterrand . GérArdMer tél. 03 29 63 31 98
www.chocolatier-schmitt.com
83
idées tourisme
ENTRE SEL ET TERRE
LA LORRAINE VALORISE SON PATRIMOINE SALIN
Le fait que la Lorraine abrite aujourd’hui la seule mine de sel française
en activité1 n’est pas le fruit du hasard. Notre région est l’héritière d’une
longue tradition d’exploitation du précieux cristal dont on dit qu’il aurait
14 000 usages ! Les utilisations et enjeux autour de ce composé chimique
répondant au doux nom de Chlorure de Sodium sont nombreux, des enjeux
qui gagnent aujourd’hui le domaine touristique. Valoriser l’industrie et
le commerce du sel auprès du grand public, revenir sur les grandes étapes
qui ont marqué sa production depuis l’antiquité en Lorraine : tels sont
les objectifs du dispositif qui se développe actuellement près de Nancy,
principalement dans le secteur du Grand Couronné.
84
Chevalement de sondage, Lenoncourt
© La Maison du Sel - photo Jean-Loup de Sauverzac
A
limentation bien entendu, mais aussi
filière pharmaceutique, verrerie,
cosmétique, produits d’entretien,
déneigement... plus qu’une ressource, le sel
est une richesse pour notre région, richesse
économique (avec la présence de cinq sociétés de référence) et patrimoniale dont
l’origine remonte à 240 millions d’années.
À cette époque, la Lorraine - comme une
bonne partie de la France - était recouverte
d’une mer qui, associée à un climat tropical,
fonctionnait comme un marais salant ; la
chaleur entrainant l’évaporation de l’eau et
laissant les cristaux de sel se déposer au sol2.
À la recherche de l’or blanc
Historiquement, l’extraction du sel en Lorraine remonte au 1er Âge du Fer (dès 850 avant
JC). Les premières traces d’exploitation, liées à la découverte de sources salées, sont
recensées principalement dans la vallée de la Seille (Marsal, Moyenvic ou Vic-sur-Seille).
Plus tardivement, durant le Moyen Âge et l’époque moderne, d’autres sites entrent en
activité à Dieuze, Château-Salins ou Rosières notamment. Au niveau technique, le 19e
siècle marque un tournant avec l’arrivée des mines et sondages de dissolution3, activités
inhérentes à l’exploitation du sel gemme (découvert en 1819 à Vic-sur-Seille). Auparavant
liées aux sources salées, les entreprises sont alors plus libres quant à leur implantation.
Et avec l’ouverture, vers 1850, du canal de la Marne et de la ligne de chemin de fer
Paris-Strabsourg, c’est une nouvelle ère qui commence, marquée par la migration des
activités d’extraction vers le bassin de Nancy. De cette époque, nos paysages portent les
« stigmates » : cités ouvrières, puits, soudières (fabriques de soude, un produit à base
de sel), effondrements de terrains... et même quelques rares chevalements (structures recouvrant les puits de sondages, désormais inscrites au titre des Monuments
Historiques et dont il ne reste que deux exemplaires dans le secteur).
Paradoxalement, bien que la région produise depuis des siècles du sel sous toutes ses
formes - le secteur de Nancy est d’ailleurs en position de force sur ce marché avec des
enseignes comme La Compagnie des Salins du Midi et des Salines de l’Est, la saline
d’Einville, Cérébos Esco et les deux soudières Novacarb et Solvay - son histoire et son
industrie restent méconnues des lorrains. C’est donc pour remédier à cette situation
que plusieurs acteurs locaux - et notamment la Communauté de Communes du Grand
Couronné - ont récemment lancé des projets de valorisation en s’appuyant sur des
éléments existants (comme les effondrements salins dus aux sondages par exemple),
mais aussi en finançant un centre d’interprétation : la Maison du Sel à Haraucourt.
Vue sur les falaises des effondrements salins
de Haraucourt-Buissoncourt, Solvay
© La Maison du Sel – photo Régis Cavignaux 2014
Lorraine showcases its salty heritage
Historically, salt extraction in Lorraine goes back to
the early Iron Age (850 BC onwards). The earliest
signs of this, which are associated with the discovery
of salt springs, can be found in the Seille valley, at
places such as Marsal, Moyenvic and Vic-sur-Seille.
During the Middle Ages, and in modern times, other
sites came into operation at Dieuze, Château-Salins
and Rosières. From a technical point of view, the 19th
century marked a turning point, with the advent
of mines and solution mining, activities that are
inherent in rock salt recovery. Salt businesses, which
were previously closely associated with salt springs,
then had more freedom as to where they could be
sited. A new era dawned around 1850, with the
opening of the Canal de la Marne and the ParisStrasbourg railway line, and this was characterised by
the migration of mining activities to the Nancy area.
The local landscape still bears the marks of this period
in its history, with its districts built to house workers,
mine shafts, soda processing plants and pits, etc.
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Tous les chemins mènent au sel
1
2
1 - Maison du Sel, © photo CCGC
2 - Vue sur les falaises des effondrements salins
de Haraucourt-Buissoncourt, Solvay
© La Maison du Sel – photo Régis Cavignaux
La Maison du Sel propose des visites libres tous les jours d’ouverture
ainsi que des parcours ludiques et éducatifs à destination des plus jeunes
(4 à 12 ans). Disposant de supports de visites en anglais et en allemand, mais
aussi d’une animatrice trilingue, la structure accueille, sur réservation, des
groupes pour des visites thématiques ou guidées. Ses espaces permettent de
remonter l’histoire du sel en Lorraine et détaillent ses multiples utilisations
à grand renfort d’échantillons, photos, dispositifs vidéo et d’objets de la vie
courante. Par un traitement sous différents angles (géologie, chimie, histoire,
santé, usages du sel), la Maison du Sel incarne un projet ambitieux qui déploie peu à peu ses ailes avec, en point de mire, des animations touristiques,
des rendez-vous événementiels mais aussi une nouvelle annexe jouxtant le
bâtiment principal. Deux itinéraires promenades sont également d’actualité :
une Route du Sel basée sur des déplacements automobiles et cheminant entre
plusieurs haltes dotées de panneaux didactiques (déjà opérationnelle) ; et
des Sentiers du sel : un projet reliant cinq communes du Grand Couronné
grâce à un parcours pédestre, dont le lancement est prévu à court terme.
Les Journées du Patrimoine de Pays - qui se déroulent en juin et valorisent le patrimoine, les paysages et les savoir-faire traditionnels - constituent également l’un des temps forts de l’année pour la Maison du Sel et
ses partenaires. En 2014, le centre a ainsi organisé des rendez-vous avec
des artistes (comme le photographe Jean-Loup de Sauverzac qui a livré au
public une approche poétique du sel) et des balades pour partir à la découverte des paysages salins (en partenariat avec Solvay). A l’initiative de
l’association Tous en Sel, les géocacheurs lorrains ont par ailleurs développé
des parcours de type « chasse au trésor » se déroulant dans les terres de sel :
Grand Couronné, Sommerviller, Varangéville, Crévic… et pouvant être
« défiés » toute l’année. Leur principe ? Trouver des lieux mystères à l’aide de
coordonnées GPS afin d’accéder à des informations sur l’histoire du sel. Une
cinquantaine de caches sont réparties sur le parcours, accessibles également
par le biais d’énigmes.
Du Grand Couronné à la vallée de la Seille
Paradoxically, although the region has been producing
salt for centuries (the Nancy area still has five of
the leading companies in this field), the history of
this industry remains a little-known subject among local
people. To rectify this, several local figureheads launched
projects to showcase this history, using existing elements,
but also financing a new interpretation centre,
the Maison du Sel (Salt Information & Activity Centre)
at Haraucourt. The centre’s display areas chart the history
of salt in Lorraine and explain its many uses. Visitors are
free to explore these areas at their leisure, or follow one of
the special educational/fun routes. With visitor material
in English and German, and a trilingual coordinator,
the centre also offers themed or guided tours for groups.
86
Occuper le terrain, connecter les réseaux, bâtir des événements… c’est
bien sur cette logique de développement que la Maison du Sel se positionne.
A quelques centaines de mètres de la structure, un observatoire des oiseaux
et paysages est opérationnel depuis 2011. Il permet d’admirer le panorama, et
notamment les impressionnants effondrements salins aux alentours ; d’immenses étendues d’eau bordées de falaises qui sont devenues le refuge d’une
grande variété d’espèces. « De nombreux projets sont encore en réflexion »
précise Raphaëlle Gaillard, chargée de développement du patrimoine salin
au sein de la Communauté de Communes du Grand Couronné, « et notamment une collaboration avec Marsal et Dieuze, autres lieux emblématiques
du sel en Lorraine ».
Anthony Humbertclaude
I l s’agit de la mine de Varangéville
Cette mer, dite mer germanique, recouvrait une grande partie de l’Europe (dont la moitié de la France
actuelle). Elle a laissé par endroits des couches de sel lorsqu’un certain nombre de conditions étaient réunies :
faible profondeur, climat tropical, dépôts argileux protégeant la couche et évitant la dissolution.
3
Par des forages verticaux jusqu’au gisement, on injecte de l’eau douce pour dissoudre la couche de sel qui
est remontée par le biais d’une pompe. Le sel est ensuite récupéré par évaporation.
4
Grand bac utilisé pour produire du sel dans lequel de la saumure (eau contenant du sel) est chauffée
jusqu’à évaporation de l’eau.
1
2
© photo Jean-Loup de Sauverzac
Or, si à Marsal il existe déjà un Musée Départemental du Sel, la ville
de Dieuze est, quant à elle, en préparation d’un projet de parcours comprenant trois grandes étapes : la rénovation d’un ancien grenier à sel (appelé
La Délivrance) qui accueillera notamment un centre d’interprétation, la
réhabilitation d’un puits salé parfaitement conservé, et enfin la création d’un
espace piétonnier avec reconstitution d’une poêle à sel4. Autant d’initiatives
qui permettent au patrimoine salin de rattraper son retard d’image sur ses
cousins sidérurgique et houiller.
Cristaux de sel en formation, by courtesy of
Saline d’Einville-au-Jard, © La Maison du Sel
Repère bibliographique :
L’Histoire du sel en Lorraine, par Hélène Lenattier. Conférence présentée lors de la journée organisée par
l’Académie Lorraine des Sciences, samedi 21 mai 2011.
Maison du Sel
Rue des écoles - 54110 Haraucourt - Tél. : +33 (0)3 83 30 15 15
[email protected] - www.lamaisondusel.fr
Entrée : 2,5 € (Réduit : 1,5 €). Gratuit pour les moins de 7 ans
Fermée de novembre à fin mars et jours fériés. Ouverture du 1er avril au 30 juin
et du 1er septembre au 31 octobre, du jeudi au samedi, ainsi que le 1er dimanche
du mois, de 14h à 17h30. Ouverture du 1er juillet au 31 août, du mercredi
au dimanche, de 14h à 18h. Fermé les jours fériés.
There are two current tours: the Route du Sel, a car tour
(already available) which takes visitors to several stopping-points with information boards, and the Sentiers
du Sel, a network of paths linking five municipalities via
a pedestrian route, scheduled to be launched in the near
future. Supported by the active Tous en Sel organisation,
local geocachers have also developed treasure hunt type
routes in the areas associated with salt. A few hundred
metres from the Maison du Sel, there is a bird and
landscape observatory from which visitors can admire the
view, and in particular the amazing salt-related depressions in the surrounding area.
Other projects are also under consideration, including
a joint venture with Marsal and Dieuze, places that are
synonymous with salt in Lorraine. Marsal already has a
departmental salt museum, and Dieuze is preparing a
project for a visitor trail comprising three main parts. All
these are initiatives that will help salt revitalise its image
in a bid to catch up with coal and steel in industrial
heritage tourism.
Maison du Sel
Photo (c) Mathieu Rousseau
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NANCY EN FAMILLE…
AVEC DES ENFANTS DE 7 À 15 ANS !
ADRESSES UTILES
Les Toits des Cordeliers - City break
74 Grande rue
54000 Nancy
Tél. : +33(0)6 13 61 06 62
+33(0)3 83 56 78 50
MILK, mum in her little kitchen
1 bis rue des 4 Églises
54000 Nancy
Tél. : +33(0)3 83 20 26 98
Maison des Sœurs macarons
21 rue Gambetta
54000 Nancy
Tél. : +33(0)3 83 32 24 25
Glacier Amorino
26 rue Héré
54000 Nancy
Tél. : +33(0)3 83 33 19 36
Restaurant Le T’Roi stanislas
3 rue Stanislas
54000 Nancy
Tél. : +33(0)3 83 18 07 70
La Compagnie des verriers
4 rue de la Liberté
Plate-forme Verrière
54112 Vannes le Chatel
Tél. : +33(0)3 83 50 18 43
Première étape, s’installer dans l’appartement du city break Les Toits des Cordeliers,
au cœur de la Ville Vieille, et goûter l’ambiance « de cape et d’épée » du lieu. Non
loin de là se dressent la porte de la Craffe,
mais aussi le Palais Ducal et ses gargouilles
devant lequel on s’attend à voir passer le
duc de Lorraine et sa suite !
En remontant la Grande Rue, nous admirons la statue du duc Antoine sur la
porterie. Cette petite porte à gauche du
grand porche s’appelle la porte Mascot ou
porte de l’Ours. Ne ratez pas les nombreux
petits personnages sculptés qui décorent
l’ensemble. Arrivés place de la Carrière,
et bien que Stanislas et sa place soient à
portée de vue au bout de la perspective,
nous décidons de passer par le parc de la
Pépinière, 23 hectares de verdure au cœur
de la ville où on file dire bonjour aux animaux de la petite ferme. Pas le temps pour
le mini-golf, ni pour les marionnettes…
mais on se jure de revenir !
Depuis la Pépinière nous arrivons place
Stanislas par la fontaine d’Amphitrite.
Blanche et dorée, la place royale nous
« bluffe » tous. Le temps d’expliquer aux enfants qui était Stanislas et de jouer à trouver
l’humeur de quelques mascarons (parmi les
127 visages différents qui ornent le pourtour
de la place), tout le monde a faim.
Direction le marché central, que nous
traversons avec bonheur, pour arriver en
appétit place Charles III au restaurant vintage MILK, c’est à dire Mum In her Little
Kitchen : décoration des années 70, plats
originaux et rigolos pour tous.
Après le déjeuner, le plus reposant est de
découvrir la ville en petit train touristique
(voir page 14) ou en open tour. Nous votons
démocratiquement une halte gourmande
à la Maison des Sœurs Macarons pour dé-
88
couvrir les spécialités, et surtout l’inégalable macaron de Nancy. Puis nous nous
offrons une délicieuse pause glace (100 %
naturelle), trottoir Héré, chez Amorino.
Encore faim ? On dinera à l’appartement ce
soir, après un passage dans l’un des nombreux commerces de bouche de la ville.
Direction ensuite la place Stanislas pour le
spectacle de mise en lumière Rendez-vous
place Stanislas (de mi-juin à mi-septembre).
Dimanche matin, nous filons au Museum
Aquarium de Nancy (MAN), rue SainteCatherine, voir les poissons et expositions
scientifiques toujours à la pointe de la
pédagogie (entrée libre tous les premiers
dimanches du mois). Le jardin Dominique
Alexandre Godron, qui jouxte le musée,
propose quant à lui d’étranges plantes. La
curiosité de tous momentanément assouvie par ces visites, nous allons déjeuner
de spécialités lorraines au T’Roi Stanislas.
L’après-midi, irons-nous à Pompey (10
km du centre-ville) nous amuser à Parc
Aventure ? Ou en forêt de Haye (voir page
82) ? On peut aussi se rendre au Centre
International des Arts Verriers (CIAV) de
Vannes-le-Châtel pour découvrir le métier
de verrier dans la grande tradition lorraine !
Le soir, il faudra déjà repartir mais pourquoi ne pas revenir début décembre découvrir en famille les fêtes de Saint-Nicolas ?
Consultez notre site Internet
www.nancy-tourisme.fr ou renseignez-vous
auprès de Nancy Tourisme & Événements
par téléphone : +33 (0)3 83 35 22 41 sur :
• Les visites thématiques programmées à la date
de votre séjour. Certaines sont susceptibles d’intéresser les plus jeunes.
• Les fêtes de Saint-Nicolas à Nancy (cette année
les 6 et 7 décembre 2014)
• Tout l’agenda
• Nos autres offres et partenaires
tendances
Rubrique réalisée par Mélanie Carpentier et Mathieu Menossi
Le vin en poupe !
Dégustation, cours d’œnologie, cave personnelle, dîner entre amis… le vin jouit d’une solide réputation
lorsqu’il s’agit de plaisir gustatif, de moments de partage ou de soirée réussie. Quelles sont les adresses
à connaître pour dénicher la bonne bouteille qui ajoutera la touche florale ou fruitée à vos moments
privilégiés ? Suivez le caviste… avec modération bien entendu !
Depuis 1722, et désormais sous la
houlette de la huitième génération, celle de
Michel et Marcel, la famille Laroppe tire du
sol lorrain le fameux Gris de Toul, vin à la
robe saumonée détenteur d’une AOC depuis
1998. Située à Bruley, à 30 km à l’ouest de
la cité ducale, la cave est ouverte toute la
semaine et les groupes peuvent, sur rendez-vous, effectuer une visite du domaine.
Retour à Nancy, entre la place Stanislas
et la cathédrale, Les Domaines est un lieu
design où l’or des vieux cognacs et l’ambre des
whiskies répondent aux carmins des rouges
et aux robes jaunes des blancs. L’enseigne
propose un riche catalogue de 800 références
avec, en prime, un conseil de choix afin de
réussir ses mariages mets et vins.
Aux Trois Maisons, c’est la jeune
équipe de La Cave du Faubourg qui vous
90
accueillera. Audrey, Jérôme et Cédric vous
réservent une collection de 400 breuvages,
sans compter les sélections saisonnières. Ils
sauront satisfaire vos envies de découverte,
où vous guider pour (re)trouver le vin qui
vous plait. Le premier jeudi de chaque mois,
c’est également là que les amateurs se retrouvent pour une dégustation thématique
ou un café œnologique : Arômes du vin, Le
vin a-t-il un sexe ?, Dégustation à l’aveugle…
de nombreuses dimensions sont abordées,
avec en plus la possibilité d’acquérir les références présentées à des prix attractifs.
Cette promenade au pays des tanins
vous a mis en appétit ? Pourquoi ne pas vous
laissez tenter par l’escale gourmande Vins et
Tartines, rue des Ponts. Cuisine de bistrot,
créations originales, « mâchons » et bons
verres s’y marient avec bonheur !
Domaine Laroppe
253 rue de la République
54200 Bruley
Tél. : + 33 (0)3 83 43 11 04
[email protected]
Les Domaines 2 rue Claude Charles
54000 Nancy
Tél. : + 33 (0)3 83 30 53 39
[email protected]
La Cave du Faubourg 14 rue du Faubourg
des Trois Maisons
54000 Nancy
Tél. : + 33 (0)3 83 36 60 69
[email protected]
Vins et Tartines 25 bis rue des Ponts
54000 Nancy
Tél. : + 33 (0)3 83 35 17 25
[email protected]
« Les Vitrines de Nancy cherchaient depuis longtemps
la solution pour fidéliser et inciter les clients à revenir et
consommer en ville ». Parfaitement conscient des enjeux
du secteur, Jean-Pierre Lehmann, président « historique »
de l’association des Vitrines de Nancy1 - qui a depuis passé
le témoin à son successeur Sébastien Duchowicz - mais
aussi de la Fédération nationale des centres-villes, était heureux d’officialiser en juillet dernier le lancement de Boutic
Nancy, un dispositif 2.0 inédit destiné à « maintenir le flux
de chalands au cœur de la ville ». Boutic Nancy, c’est une
refonte plus intuitive et conviviale du site des Vitrines de
Nancy. C’est l’installation d’un grand écran tactile à l’Office
du Commerce, place Maginot. Mais c’est également le lancement d’une application mobile gratuite regroupant 1650
commerces, artisans, prestataires de service et professions
libérales. Où suis-je ? Où vais-je ? Où trouver les meilleurs
chardons lorrains ? A quelle heure passe le prochain tram ?
Plus de questions sans réponses.
Véritable sésame, l’application vous informe, vous
conseille, vous oriente. Elle permet également de suivre
son compte fidélité magasin par magasin, une fidélité dont
les Vitrines de Nancy ont fait leur cheval de bataille et présentée comme l’arme absolue de conquête et de reconquête
de la clientèle. Une carte unique, commune à toutes les
enseignes, permet ainsi au consommateur, au fil des achats,
de cumuler des points dans toutes les boutiques adhérentes
et d’accéder à des avantages cadeaux (stationnement gratuit,
repas pour deux, coffrets gourmands…). Plus de deux cents
commerçants ont d’ores et déjà décidé de jouer le jeu, une
belle marque de confiance pour les Vitrines de Nancy qui
s’attachent, au quotidien, à décrypter les dernières tendances
en matière de shopping pour répondre au mieux aux attentes de chacun.
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Une seule et même carte
pour tous les commerçants !
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ssociation de commerçants créée en 1991, les Vitrines de Nancy visent à promouvoir
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le commerce et l’artisanat du cœur de ville et ont pour objet de fédérer l’ensemble
de ces acteurs économiques quelle que soit leur activité et leur taille.
Tous
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Application disponible sur Google Play et l’App Store
Les Vitrines de Nancy
10 rue Poirel
54000 Nancy
Tél. : + 33 (0)3 83 36 34 34
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Office du Commerce
Place André Maginot
54000 Nancy
Tél. : + 33 (0)3 83 32 10 55
[email protected]
www.vitrinesdenancy.com
Carte
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8179 / Photo : B. Prud’homme
1650 BONNES RAISONS
DE FAIRE LES BOUTICS
Avec ma Carte d’infidélité
et l’appli Boutic Nancy,
je papillonne…
91
au fil des pages
Rubrique réalisée par Sophie Gaulier
Une sélection de livres pour
découvrir Nancy et la Lorraine...
Paul Michels
Les Lorrains en 1900
Plantes obsidionales
L’étonnante histoire des plantes propagées par les armées en Lorraine.
Il existe un adage disant que « Là
où Attila passe, l’herbe ne repousse
jamais... » Ce livre nous démontre
tout le contraire ! Non seulement
l’herbe repousse après le passage
des armées, mais de surcroît, ces
dernières apportent avec elles de
nouvelles espèces de végétaux.
Disséminées accidentellement par
les troupes américaines, cosaques,
allemandes ou africaines de passage
dans notre région lors de conflits
(guerres napoléoniennes, Guerre
de 1870, Grande Guerre, Seconde
Guerre mondiale), ces plantes dites
« obsidionales » - un terme « barbare »
utilisé par les botanistes pour les
désigner - sont arrivées à différentes
époques dans nos campagnes et font
désormais partie du paysage.
Auteur : François Vernier
Éditions Vent d’Est (2014)
192 pages 28 €
92
Parcourir le fonds Michels, c’est découvrir une vision originale et singulière de
la Lorraine, loin des idées reçues. C’est
s’émouvoir devant le regard tendre et
nostalgique d’un artiste amateur, qui
concevait la photographie comme la
plus belle des façons de fixer le temps
qui passe et de magnifier les richesses de
sa terre natale. Mais c’est aussi le moyen
de retracer le parcours artistique de ce
pharmacien, un parcours qui prend fin
le 23 décembre 1944 à Neuilly-sur-Seine,
où Paul Michels s’éteint à l’âge de 78 ans.
En 1954, son corps et celui de sa femme
sont transférés dans le caveau familial
au cimetière de l’Est, à Metz. Ce voyage
posthume sera le dernier de ce photographe, dont le nom commence à peine
à renaître après soixante-cinq ans d’oubli.
Le fonds Paul Michels, conservé au Centre
Image Lorraine (CIL), compte près de 500
autochromes.Un patrimoine exceptionnel
et miraculeusement préservé qui nous fait
découvrir, une fois n’est pas coutume, une
Lorraine en couleurs.
Auteur : Guillaume Thomas
Éditions Vent d’Est (2014)
271 pages - 33 €
Jules Crevaux
« Tiens bon », telle était la devise que
Jules Crevaux s’était forgée au fil de ses
explorations. Il fallait en effet une force
de caractère exceptionnelle pour arpenter
durant six ans le bassin septentrional de
l’Amazonie. Ce livre détaille les voyages
de Jules Crevaux, Lorrain né en 1847, devenu chirurgien de la Marine qui décida
d’explorer ces régions où personne n’avait
encore jamais osé s’aventurer. Soutenu par
Jules Ferry, alors ministre de l’Instruction
Publique, il sillonna, dans un esprit humaniste et scientifique, la Guyane française,
puis alla jusqu’aux confins des Andes. Il
parcourut ainsi 12 000 kilomètres, le plus
souvent en pirogue, mais aussi à pied voire
à dos de mule. Sa curiosité et son savoir
protéiforme firent progresser la connaissance de ces régions lointaines tant sur
le plan du naturalisme, de la géographie
que de l’ethnologie. Il partagea ses découvertes en publiant dans la revue Le Tour
du Monde les récits de ses explorations
illustrés par Riou ou Valette. Il mourut
tragiquement, assassiné puis mangé par les
Indiens Tobas, sur les bords du Pilcomayo.
Un ouvrage passionnant sur un personnage
qui l’est tout autant (voir article Nancy tourisme n° 3 p 93) dont le Musée du Quai
Branly conserve et expose une partie des
collections.
Auteur : Corinne Fenchelle-Charlot
Éditions Gérard Louis (2014)
272pages - 30 €
Les femmes dans la grande guerre
Penser à la guerre c’est souvent penser aux hommes, aux soldats combattants sur le champ de bataille. 1914-1918 a fait de l’Alsace-Lorraine
l’un des théâtres privilégié de la guerre, traversée par les tranchées et
les mouvements des troupes allemandes et françaises. Dans ces territoires, les femmes ont subi tout ce que peut engendrer un conflit
: l’occupation, les restrictions, les réquisitions mais aussi l’exode, les
viols, les exécutions sommaires, les déportations et les bombardements.
Malgré tout, elles devaient maintenir un semblant de vie. Beaucoup
d’entre elles ont remplacé les hommes dans tous les secteurs. Les poilus
ont pu compter sur leur soutien avec l’aide précieuse des anges blancs,
surnom donné aux infirmières, et des œuvres de charité. Beaucoup de
figures féminines se sont illustrées. Elles sont alors aviatrice, espionne,
médecin ou encore marraine de guerre. Cet ouvrage tient à mettre ces
femmes en avant, celles qui, en 1914, furent une source importante de
propagande patriotique.
STANISL AS DROZ
LES FEMMES
DANS LA
GRANDE
GUERRE
1914-1918
Auteur : Stanislas Droz- Éditions Vent d’Est (2014) - 144 pages - 18 €
La Cathédrale de Nancy Notre-Dame de l’Annonciation
La cathédrale de Nancy n’a ni le prestige ni l’ancienneté des grandes cathédrales
édifiées au Moyen Âge. Bâtie entre 1703 et 1742 dans le style néoclassique du 18e siècle,
elle présente une allure générale imposante, mais un peu froide. C’est à l’intérieur qu’elle
offre toute l’harmonie souhaitée par Jules Hardouin Mansart et Germain Boffrand,
grâce à ses belles proportions et à un décor sculpté raffiné. De grands artistes lorrains y ont laissé leur empreinte : le ferronnier Jean Lamour et son disciple François
Jeanmaire, les peintres Claude Charles, Claude Jacquart, Jean Girardet, Jean Baptiste
Claudot... Après la Révolution, d’autres œuvres ayant appartenu à des églises disparues
l’ont encore enrichie : la Vierge de César Bagard sculptée en 1669 pour l’église des
Carmes ou le trésor de saint Gauzelin provenant du chapitre Notre-Dame de Bouxières.
D’abord église primatiale, puis cathédrale en 1777, elle est devenue le siège d’une des
paroisses de Nancy en 1802, puis fut élevée au rang de basilique romaine en 1867. Son
architecture, mais aussi son histoire étroitement liée à celle de Nancy et de la Lorraine
ducale, justifient l’intérêt qu’on lui porte tout au long de cet ouvrage.
Auteur : Françoise Boquillon - Éditions Gérard Louis (2012) - 128 pages - 35 €
Tout Nancy Balades
Guide-promenade dans les quartiers de Nancy
Nancy est constituée de onze quartiers qui font la fierté de ses habitants.
Célèbres ou moins connus, en cœur de cité ou excentrés, tous sont regroupés
dans cet ouvrage qui propose de les découvrir à travers onze balades réalisées
en compagnie de Nancéiens illustres qui ont bâti, à travers les siècles, la ville
que l’on aime. De la prestigieuse place Stanislas à la Cure d’Air, du Haut du
Lièvre aux Trois Maisons, le livre nous invite à parcourir tous les secteurs de
Nancy, sans exception, et présente leurs originalités, leurs richesses… pas à pas.
Auteur : Frédéric Maguin - Éditions Koidneuf (2014) - 140 pages - 12 €
93
Agenda
> DU 27 SEPTEMBRE
AU 02 NOVEMBRE 2014
LE JARDIN ÉPHÉMÈRE
Chaque année, la place Stanislas est réinventée par les Parcs et Jardins de la Ville.
La 11e édition du Jardin éphémère aura
pour thème « 1914, paysage fortifié ».
Place Stanislas
54000 Nancy
> DU 08 AU 18 OCTOBRE 2014
NANCY JAZZ PULSATIONS
Outre le Chapiteau de la Pépinière, lieu central et historique du festival, des concerts
sont programmés à l’Ensemble Poirel, au
Théâtre de la Manufacture, à L’Autre Canal
et à l’Opéra National de Lorraine.
> DU 12 AU 14 SEPTEMBRE 2014
LE LIVRE SUR LA PLACE
Le premier salon littéraire de la rentrée
accueille chaque année plus de 550 auteurs et près de 150 000 visiteurs en un
week-end. Rencontres, débats, lectures,
spectacles seront au programme de la
36e édition présidée par Dany Laferrière.
Grand écrivain québécois, né à Haïti, Dany
Laferrière a été élu à l’Académie française
le 12 décembre dernier au premier tour de
scrutin. Et comme l’a souhaité Jean d’Ormesson, son « mentor » académicien, il va
lui succéder à la présidence du Livre sur
la Place du 12 au 14 septembre prochains.
Place de la Carrière
www.lelivresurlaplace.fr
> DU 20 SEPTEMBRE 2014
AU 04 JANVIER 2015
EXPOSITION « PETITE ET GRANDE
HISTOIRE DU MUSÉE »
Dans le cadre des 50 ans
du Musée de l’École de Nancy
Musée de l’École de Nancy
36-38 rue du Sergent Blandan
54000 Nancy
Tél. : +33(0)3 83 40 14 86
www.ecole-de-nancy.com
94
Parmi les invités à l’affiche de l’édition
2014 : Richard Galliano, Gregory Porter,
André Manoukian 4tet, Catherine Ringer
& Gotan Project, Selah Sue...
106 Grande rue
54000 Nancy
Tél. : +33 (0)3 83 35 40 86
[email protected]
www.nancyjazzpulsations.com
> 04 OCTOBRE 2014
COURIR POUR OCTOBRE ROSE
La course 100% féminine est organisée dans
le cadre des épreuves du Semi-Marathon
du Grand Nancy. Course : 5 km - Marche :
2,5 km. Départ 16h00
> 05 OCTOBRE 2014
SEMI MARATHON DU GRAND
NANCY (8e édition)
Le parcours traversera huit communes du
Grand Nancy : Nancy, Laxou, Villers-lèsNancy, Vandœuvre-lès-Nancy, Heillecourt,
Fléville-devant-Nancy, Laneuvevilledevant-Nancy et Jarville-la-Malgrange.
http://semimarathon-grandnancy.asptt.
com
> JUSQU’AU 12 OCTOBRE 2014
EXPOSITION QUIZ
Une sélection d’œuvres d’artistes et de designers internationaux dont les travaux
interrogent le statut des objets.
Galerie Poirel
3 rue Victor Poirel - 54000 Nancy
Tél. : +33(0)3 83 32 31 25
[email protected]
www.poirel.nancy.fr
> JUSQU’AU 31 OCTOBRE 2014
EXPOSITION « PLANTES ET
DROGUES »
Conservatoire et Jardins botaniques
de Nancy
100 rue du Jardin botanique
54600 Villers-lès-Nancy
Tél. : +33(0)3 83 41 47 47
> 10 AU 12 OCTOBRE 2014
CHAMPIONNAT DE FRANCE
DE CANOÉ KAYAK MARATHON
Cette épreuve de longue distance est l’étape
terminale du championnat de France des
clubs qui permet depuis 8 ans de faire du
CKCNT un pensionnaire de l’élite nationale des clubs de courses en ligne.
Pôle Nautique de Nancy
Canoë-Kayak Club Nancy-Tomblaine
71 bd d’Autrasie
54000 NANCY
Tél. : +33(0)3 83 35 77 82
[email protected]
> DU 24 OCTOBRE
AU 10 NOVEMBRE 2014
EXPOSITION « LES TRÉSORS
DES PHARAONS : D’AKHÉNATON
À RAMSÈS II EN PASSANT
PAR TOUTANKHAMON »
Sur 1800 m², plus de 500 répliques d’œuvres
d’art, uniques et exceptionnelles, sélectionnées par le Musée du Caire, seront présentées dans de nombreuses salles consacrées
à toutes ces richesses, avec notamment
une chambre funéraire et les répliques
plus vraies que nature des trois grandes
momies royales.
Centre Prouvé
1 place de la République – 54000 Nancy
> 06 et 07 DECEMBRE 2014
FÊTES DE SAINT-NICOLAS
Spectacle son et lumière, animations,
théatre, défilé, marchés et brocantes, soupe
à la marmaille. Procession ancestrale à la
basilique de Saint-Nicolas-de-Port
Nancy, Grand Nancy
> DU 07 NOVEMBRE 2014
AU 23 FÉVRIER 2015
EXPOSITION « LES ROUART,
DE L’IMPRESSIONNISME AU
RÉALISME MAGIQUE »
Présentation des œuvres de trois générations de peintres issus d’une illustre famille
de collectionneurs, mécènes et artistes :
les Rouart. Henri Rouart (1833 - 1929),
son fils Ernest Rouart (1874 - 1942) et son
petit-fils Augustin Rouart (1907 - 1997)
font l’objet pour la première fois d’une
exposition monographique. Près de 130
œuvres sont rassemblées dans l’exposition.
Musée des Beaux-Arts
3 place Stanislas - 54000 Nancy
Tél. : +33(0)3 83 85 30 72
mban.nancy.fr
D - Die Galerie Bora Baden, im Kern der Altstadt von Nancy, nah am Place Stanislas, ist der
zeitgenössischen Kunst gewidmet, wo die Besucher eine bestimmte Art von Empfindlichkeit in der
Kunst zu entdecken gewidmet.
Ihr Ziel ist, französische und internationale Künstler auszustellen, die schon bekannt sind, oder die
noch bekannt werden.
Grundsätze sind Malerei und Zeichnung. Die Poesie und die Beherrschung der Technik bestimmen
die Auswahl der ausgestellten Künstler.
> JUSQU’AU 24 NOVEMBRE 2014
LA MAISON TROPICALE
S’INSTALLE AU MUSÉE
Construction rare étudiée pour les pays
chauds (Afrique équatoriale) par Jean
Prouvé, la Maison Tropicale est exposée
dans le parc du Musée de l’Histoire du
Fer. Ne pas manquer la galerie Prouvé à
l’intérieur du musée.
Musée de l’Histoire du Fer
1 avenue du Général de Gaulle
54140 Jarville-la-Malgrange
Tél. : +33(0)3 83 15 27 70
> DU 28 NOVEMBRE 2014
AU 1er MARS 2015
EXPOSITION
« CHARLÉLIE NCY-NYC »
Galerie Poirel
3 rue Victor Poirel - 54000 Nancy
Tél. : +33(0)3 83 32 31 25
[email protected]
www.poirel.nancy.fr
> DU 28 NOVEMBRE
AU 27 DÉCEMBRE 2014
MARCHÉ DE NOËL
Nancy
> 13 ET 14 DÉCEMBRE 2014
LE PTIT BAZ’ART DES ARTISTES
Site Alstom – 50 rue Oberlin - Nancy
> DU 3 AVRIL
AU 6 SEPTEMBRE 2015
EXPOSITION « REGARDER »
Une collection d’art graphique contemporain de Vincent Perrottet.
Galerie Poirel
3 rue Victor Poirel
54000 Nancy
Tél. : +33(0)3 83 32 31 25
[email protected]
www.poirel.nancy.fr
E - The Bora Baden Gallery, located in the heart
of Nancy close to the « Place Stanislas » is a place
dedicated to contemporary art, where the visitor
will discover a certain kind of sensitivity in art.
Bora Baden aims to present French and international established as well as emerging artists, and
is keen to present paintings and graphic design.
Its choices are guided by the quality of execution
and the specific pictural language of the artists.
design graphique : www.graphikzoo.com
F - La Galerie Bora Baden, située au cœur de
Nancy, proche de la Place Stanislas, est un lieu
dédié à l’art contemporain, où le visiteur découvrira un certain type de sensibilité dans l’art.
Bora Baden présente des artistes français et
internationaux, confirmés ou émergents. Elle a
pour ligne directrice la peinture et le trait. La poésie et la maîtrise du langage technique propres à
chaque artiste motivent ses choix.
Galerie Bora Baden - 24 Grande Rue 54000 Nancy - Tél. : 03 83 29 56 90 & 06 32 98 05 04
Ouverture — mercredi, jeudi, vendredi, samedi — 14h30 à 19h00 et sur rendez-vous.
[email protected] - www.borabaden.com
Estimations gratuitEs par Maître Enora ALIX
2ème et 4ème mercredi du mois - octobre à décembre et mars à juin
Tél. : 01 47 27 95 34 - [email protected]
> DU 25 NOVEMBRE
AU 4 DÉCEMBRE
OPERA NABUCCO (VERDI)
Opéra National de Lorraine
Place Stanislas - 54000 Nancy
Tél. : +33(0)3 83 85 30 60
www.opera-national-lorraine.fr
> JUIN 2015
5E MEETING DE NATATION
COURSE
Ce meeting international de natation
est considéré à ce jour comme l’une des
compétitions nationales majeures de la
discipline.
Piscine Alfred Nakache
de Nancy Gentilly
> JUIN / JUILLET 2015
MEETING STANISLAS-NANCY
« PRO ATHLE TOUR 2015 »
Inscrit dans le circuit professionnel de la
Ligue Nationale d’Athlétisme, ce meeting
fait parti des six plus grands de France.
Stade Raymond Petit - Tomblaine
> MI-JUIN A MI-SEPTEMBRE 2015
RENDEZ-VOUS PLACE STANISLAS
Spectacle de mise en lumière de la place
Stanislas, tous les soirs d’été.
Place Stanislas, Nancy.
> JUILLET - AOÛT 2015
NANCYPHONIES
Festival de musique classique : concerts,
animations musicales, insolites et masterclasses.
Nancy et Grand Nancy.
Tél. : +33(0)3 83 96 43 24
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95
caractère insolite
Une étincelle
de Terre Sainte
à Nancy
LA TOUR
DE LA COMMANDERIE,
TÉMOIN DE NOTRE
HISTOIRE LOCALE
96
Connaissez-vous le plus ancien
monument de Nancy ? Même si
aujourd’hui il n’en reste qu’un
clocher de style roman culminant à 20 mètres, cet édifice fut
autrefois une chapelle datant
du 12e siècle. Situé à l’extrémité
de l’avenue Foch, non loin de la
rue et de la place auxquelles il
a donné son nom, respectivement
en 1867 et 1893, il est connu dans
l’esprit des Nancéiens sous le singulier patronyme de Tour de la
Commanderie. Mais savez-vous ce
qu’est une commanderie ?
L
’Histoire débute vers 1140, lorsque le duc
de Lorraine, Mathieu Ier, accorde aux
Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean-deJérusalem1 la possibilité d’installer, près de Nancy, une
communauté religieuse pouvant jouir d’un domaine
foncier - la fameuse commanderie2 - constitué de terres,
d’un four, d’un moulin ; ainsi que de divers droits de
commerce et d’usage sur le marché de Nancy, en forêt
de Haye et sur des communes avoisinantes. Les frères
optent pour le nom de Commanderie Saint-Jean-duVieil-Aître3. À cette époque, Nancy est loin d’avoir le
développement urbain qu’il connaîtra sous Charles III
(en quadruplant sa taille : voir Nancy Tourisme n°4,
page 17) et le site retenu à l’ouest de la ville est situé en
rase campagne, au bord de l’étang Saint-Jean.
Place forte malgré elle
L’ensemble des bâtiments du domaine semble
avoir été achevé entre 1170 et 1180. Des sources du
début du 14e siècle évoquent notamment un logis, des
bâtiments agricoles, un pigeonnier et un cimetière, mais
l’édifice le plus remarquable est certainement la chapelle
que les Hospitaliers finalisent en 1177 et dont la tour du
clocher est le seul vestige de la Commanderie visible
aujourd’hui. Il faut dire que le site n’a pas été épargné
par les guerres lors de sa longue existence ! En 1476,
lors du conflit opposant Charles le Téméraire à René II
de Lorraine (voir Nancy Tourisme n°3, page 18), le lieu
devient le quartier général des forces lorraines face à
l’envahisseur bourguignon : un centre névralgique
situé à quelques centaines de mètres du théâtre de la
bataille finale qui verra la mort du Téméraire. Durant
la Guerre de 30 ans, la Commanderie subit les assauts
des troupes suédoises - alliées de la France - et souffre
également d’une destruction partielle, en 1633, lors
du siège de Nancy par Louis XIII. Le roi, n’appréciant
guère que le duc de Lorraine prenne parti pour le
Saint-Empire Romain Germanique, avait décidé de
conquérir la ville.
Porte d’entrée de la tour
Clocher de l’ancienne chapelle de la Commanderie
Saint-Jean-du-Vieil-Aître, unique vestige d’un domaine
fondé au 12e siècle © Khaled Frikha
97
Une longue descente aux enfers
Lors de la Révolution, le domaine est « arraché »
au giron ecclésiastique pour devenir bien national
avant d’être vendu. C’est le début d’une période noire
pour l’illustre Commanderie qui est peu à peu démontée. Seule la tour, tel un dernier rempart, résiste aux
restructurations urbaines pour être intégrée, au 19e
siècle, à un nouveau bâti. Le salut pour cette Vieille
Dame arrive le 19 janvier 1927 lorsqu’elle est enfin
inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments
Historiques, avant de devenir en 1950 la propriété de
la Ville de Nancy. Commence alors une deuxième
vie pour elle, avec d’importants travaux de consolidation et une rénovation de la façade qui lui permet
aujourd’hui d’attirer le regard des passants.
Toutefois, les plus curieux d’entre vous se demandent certainement, puisque la tour ne se visite pas,
ce que cette construction pour le moins originale à
Nancy - il y a en effet peu de bâtiments de style roman
dans l’agglomération - abrite derrière ses murs épais.
La tour possède un chapiteau en forme de T et six
niveaux dont le dernier est éclairé par quatre baies.
Des fenêtres judicieusement placées qui, de nuit, se
transforment en deux paires d’yeux semblant veiller
sur les alentours, comme si l’âme des frères habitait
encore le lieu. La Commanderie veille sur nous…
Anthony Humbertclaude
1
es Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem sont
L
un ordre religieux et militaire créé au 11e siècle qui
a pour mission de soigner et protéger les pèlerins
se rendant à Jérusalem. Une grande partie des
historiens s’accordent pour dire que cet ordre
est devenu, à partir de 1530, par succession ou
tradition, l’Ordre de Malte après l’expulsion des
Hospitaliers et Templiers de Terre Sainte.
2
ne Commanderie est un établissement foncier
U
appartenant à un ordre religieux et militaire. Elle
est placée sous la responsabilité d’un commandeur et constitue le lieu de vie de communautés de
frères, chevaliers et affiliés. Le terme ne désigne pas
uniquement une maison, mais une circonscription
territoriale constituée d’une maison-mère et de
plusieurs maisons et terrains.
3
a Commanderie est installée non loin d’un
L
cimetière mérovingien ; « aître » signifiant
« cimetière ».
Sources :
- Archives Municipales de Nancy
- patrimoine-de-lorraine.blogspot.fr
98
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