grand nancy destination affaires - SG
Transcription
grand nancy destination affaires - SG
NUMÉRO LE MAGAZINE DE L’OFFICE DE TOURISME DE LA VILLE DE NANCY ET DU RAYONNEMENT DU GRAND NANCY 06 www.nancy-tourisme.fr grand nancy destination affaires TOURISME D’AFFAIRES Le nouveau Bureau de l’Événementiel Nancy en classe business Le Centre Prouvé et les grands équipements RENDEZ-VOUS AVEC L’HISTOIRE Les grandes heures de la cathédrale de Nancy Émile Coué, précurseur de la pensée positive L’ART ET LA MATIÈRE De Colin à MalinGrëy, un siècle de tradition graphique Raoul Tonnelier, nancéien de France Les 50 ans du Musée de l’École de Nancy À LA DÉCOUVERTE DU GRAND NANCY Zoom sur les lieux de tournages IDÉES TOURISME À la découverte du patrimoine salin de Lorraine 2014/2015 LES PISSENLITS RESTAURATEUR - NANCY Famille Mengin COTTAGE ® N A N C Y - LES PISSENLITS RESTAURANT - NANCY CENTRE 25 bis, rue des Ponts 54000 Nancy Tél : +33 (0)3 83 37 43 97 Fax : +33 (0)3 83 35 72 49 [email protected] www.les-pissenlits.com B R A B O I S VA N D O E U V R E - L E S - N A N C Y R E S TA U R AT E U R - H Ô T E L I E R Famille Mengin ® COTTAGE NANCY BRABOIS RESTAURATEUR - HÔTELIER 4, allée de Bourgogne Technopole Nancy Brabois 54500 Vandoeuvre les Nancy Tél : +33 (0)3 83 44 69 00 Fax : +33 (0)3 83 44 06 14 [email protected] www.cottagenancy.com COTTAGE N A N C Y - B R A B O I S VA N D O E U V R E - L E S - N A N C Y COTTAGE R E S TA U R AT E U R - H Ô T E L I E R Famille Mengin ® DUDELANGE - LUXEMBOURG R E S TA U R AT E U R - H Ô T E L I E R Famille Mengin ® COTTAGE DUDELANGE - LUXEMBOURG R E S TA U R AT E U R - H Ô T E L I E R Famille Mengin ® VINS ET TARTINES CAVISTE, BAR À VINS, RESTAURANT - NANCY CENTRE 25 bis, rue des Ponts - 54000 Nancy Tél : +33 (0)3 83 35 17 25 Fax : +33 (0)3 83 35 72 49 [email protected] www.vins-et-tartines.com VINS&TARTINES RESTAURATEUR - CAVISTE - NANCY Famille Mengin ® COTTAGE DUDELANGE RESTAURATEUR - HÔTELIER Rue Auguste Liesch L-3474 Dudelange Grand Duché du Luxembourg Tél : +(352) 52 05 91 Fax : +(352) 52 05 76 [email protected] www.cottageluxembourg.com SOMMAIRE / CONTENTS SEPTEMBRE - SEPTEMBER 2014 6 NANCY MA VILLE 68 SAISONS CULTURELLES Les 400 coups de Jean-Pierre Jeunet Répertoire classique : quatre associations donnent le « La » 11 CLINS D'ŒIL Tour d’horizon de l’actualité tourisme du Grand Nancy 16 DÉLICES & SAVEURS 16 - La Maison dans le Parc, un étoilé Michelin à Nancy JACQUES GRUBER Vitrail (détail) : poissons sur la porte du pavillonaquarium du jardin du Musée de l’École de Nancy (vers 1909) 20 - Sandwichs & Cie, la vogue du street fooding 22 - La Ferme Sainte-Geneviève : pèlerinage en terres gourmandes 24 TOURISME D’AFFAIRES Magazine édité par Nancy Tourisme & Événements Office de Tourisme de Nancy et du rayonnement du Grand Nancy N°6 - septembre 2014 - Parution annuelle BP 810 - 54011 Nancy Cedex Tél. +33(0)3 83 35 22 41 - Fax +33(0)3 83 35 90 10 [email protected] - www.nancy-tourisme.fr Directeur de publication : Gérard Rongeot ISSN : 1969 - 9360 Dépôt légal : à parution Rédacteur en chef : Anthony Humbertclaude Secrétaire de rédaction : Sophie Gaulier Rédacteurs : Mélanie Carpentier, Gaëlle GirardMarchandise, Anthony Humbertclaude, Mathieu Menossi. Avec la collaboration d’Anne Harbonville, directeur Tourisme d’Agrément - Nancy Tourisme & Événements et Florence Dossmann, chargée de la communication de Nancy Tourisme & Événements Crédits photos : Régine Datin, Sophie Gaulier, Gaëlle Girard-Marchandise, Ville de Nancy. Publicité : Nancy Tourisme & Événements Conception et création graphique : SG Organisation - 50 rue Saint-Georges - 54000 Nancy Tél. : +33(0)3 83 28 58 05 - Fax : +33(0)3 83 28 08 08 [email protected] Twitter @SGOrganisation Exécution graphique : Atelier ùbdesign www.ubdesign.fr Impression Imprimé en UE [email protected] 72 TERRE DE SAVOIRS 72 - Université de Lorraine… depuis 1572 74 - Centre Image Lorraine, gardien du patrimoine régional 76 SPORTS AZIMUTS Nancy Seichamps Rugby, l’école de l’ovalie 78 A LA DÉCOUVERTE DU GRAND NANCY Zoom sur les lieux de tournages 24 - L’offre séminaire hôtelière 82 VILLE VERTE 28 - Le Bureau de l’Evénementiel : un nouveau service de Nancy Tourisme & Événements 84 IDÉES TOURISME 32 - Classe business, la force d’un accueil haut de gamme 36 - Grands équipements : l’atout maître de Nancy 42 RENDEZ-VOUS AVEC L’HISTOIRE 42 - Les grandes heures de la cathédrale de Nancy 48 - Portrait d’Émile Coué de la Châtaigneraie 50 - Villa Majorelle et château de Thorey-Lyautey : Maisons des Illustres 54 L’ART ET LA MATIÈRE 54 - Un siècle de tradition graphique à Nancy 58 - Raoul Tonnelier, un artiste de Légende 63 - À la découverte du jardin du Musée de l’École de Nancy Sports et loisirs en Forêt de Haye 84 - Le patrimoine salin de Lorraine 88 - Visiter Nancy en famille 90 TENDANCES 90 - Le vin en poupe 91 - L’appli « boutic » des Vitrines de Nancy 92 AU FIL DES PAGES Une sélection de livres pour découvrir Nancy et la Lorraine 94 AGENDA L’agenda sportif et culturel de la saison 2014-2015 96 CARACTÈRE INSOLITE La Tour de la Commanderie, le plus ancien monument de Nancy Remerciements : Michèle Allanet ; André Bauche, délégué du recteur de la cathédrale de Nancy ; Véronique Baudoüin, chargée de communication au Musée de l’École de Nancy et à la Villa Majorelle ; Isabelle Bourger, en charge de la valorisation du patrimoine au sein du service Développement urbain de la Ville de Nancy ; Françoise Bruyelle, responsable communication de l’Ensemble Stanislas ; Béatrice Cuif-Mathieu, directeur général de Grand Nancy Congrès & Evénements ; Audrey Fischer, assistante d’exposition au Musée Lorrain ; Marie-Alix Fourquenay, responsable du Bureau d’Accueil des Tournages de la Région Lorraine ; Bernard François, président de l’office de tourisme de Dieuze ; Abdelhakim Hafidi, chargé de mission Tourisme à la communauté de communes du Grand Couronné ; Olivier Heid, président du club de rugby de Nancy-Seichamps ; Raphaëlle Gaillard, chargée de développement du patrimoine salin, responsable de la Maison du Sel à Haraucourt ; Colonel Pierre Geoffroy, président de la fondation Lyautey et de l’association nationale Maréchal Lyautey ; Eric Germain, doyen de la Faculté de droit, sciences économiques et gestion de Nancy ; Jochen Gerner ; Aude Huret et Barbara de Premilhat, agence Artmédia ; Jean-Pierre Jeunet ; Marie-Pia Kern, propriétaire du petit train touristique de Nancy ; Jean-Pierre Lehmann, président de la Fédération nationale des centres-villes - Les Vitrines de France ; Monique Maj, responsable communication du Gradus ad Musicam ; Rémi MalinGrëy ; Jean Martin, président de l’association Lorraine de Musique de Chambre ; Jean-Marc Mathis ; Jean-Paul Catherin Noah, président de l’Association de Musique Ancienne de Nancy ; Antoine Onnis et Françoise Capelle de l’association Suivre Coué à Venelles ; Marjorie Orth, assistante de cinéaste chez Tapioca films ; Blandine Otter, assistante de conservation principale au Musée de l’École de Nancy ; Jérôme Perrin, assistant de conservation principal à la Villa Majorelle ; Daniel Peter, directeur des Archives municipales de Nancy ; Jean-Pierre Puton, président du Centre Image Lorraine ; Karine Ramana, directrice du Service du patrimoine de la Ville de Nancy ; Marie Sauvannet, directrice de la communication et des relations publiques de l’Opéra national de Lorraine ; Reza Serkanian, réalisateur ; Michèle Thisse, chargée de communication au Musée des Beaux-Arts de Nancy ; Valérie Thomas, conservateur au Musée de l’École de Nancy ; Fanny Tonnelier ; Roland Vautrin, gestionnaire des assurances au Service des affaires juridiques de la Ville de Nancy ; Gilles Ziller, professeur retraité de l’École nationale supérieure d’art de Nancy. Et l’ensemble des annonceurs du magazine 3 23 000 ENTREPRISES DES PARCS D’ACTIVITÉS ANIMÉS PAR 8 ASSOCIATIONS DE CHEFS D’ENTREPRISE 9 INSTITUTS DE RECHERCHE ET 2 900 ENSEIGNANTS CHERCHEURS 3 PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ : MATERALIA, FIBRES ET HYDREOS UN CŒUR D’AGGLOMÉRATION DE PLUS DE 1 000 COMMERCES ET DES ZONES COMMERCIALES DE RAYONNEMENT MÉTROPOLITAIN CENTRE PROUVÉ : UNE CAPACITÉ D’ACCUEIL DE 4 900 PERSONNES POUR CONGRÈS, SALONS ET ÉVÉNEMENTS Grand Nancy, Direction du développement économique Tél. 03.83.91.81.33 4 UN BOUQUET DE SERVICES À VOTRE DISPOSITION Un Bureau d’accueil des entreprises • Des solutions sur-mesure : recherches immobilières, foncières, financement, recrutement, intégration des réseaux d’entreprises… • Un réseau de spécialistes mobilisables rapidement et à l’écoute de vos besoins. • Un suivi personnalisé et un échange privilégié avec un chargé de projet permanent qui veille au bon déroulement des démarches et des prises de contacts avec les différentes structures impliquées. • Un service gratuit. Une Maison de l’entrepreneuriat et de l’innovation • Une offre de services complète, lisible et coordonnée (accompagnement, conseil, financement, mise en relation, méthodologie, ressources techniques et technologiques…). • La création d’entreprise et l’innovation facilitées en s’appuyant sur la fédération de moyens et compétences, par l’accès sur place à un guichet unique. Cet ensemble de services vous permet de renforcer et de concrétiser votre projet entrepreneurial. La Maison de l’emploi du Grand Nancy • Une structure à l’écoute des entreprises et de leurs besoins en compétences. Éditorial 1.7 millions de touristes par an sur le Grand Nancy : Un patrimoine UNESCO d’exception, régulièrement cité dans le haut des classements nationaux et internationaux, un savoir-faire événementiel culturel confirmé, des institutions nationales, un réseau créatif dense : Nancy et son agglomération sont fréquemment sous les projecteurs des médias. Les chiffres parlent d’euxmêmes : le spectacle de mise en lumière Rendez-vous place Stanislas a rassemblé 550 000 spectateurs au cours de l’été, le salon littéraire Le Livre sur la Place dépasse les 170 000 visiteurs, les fêtes de la Saint-Nicolas attirent 150 000 personnes. Le port de plaisance a reçu récemment le 1er prix des ports intérieurs de France. Nos six musées accueillent aujourd’hui plus de 440 000 visiteurs par an. L’image de la destination, la réputation de grands événements et la fréquentation confirment que Nancy est une vraie ville touristique. 20 000 personnes au week-end inaugural du Centre Prouvé en juin dernier : Aujourd’hui, l’ouverture du Centre de congrès Prouvé, superbe cathédrale de 20 000 m², destiné aux congrès et à l’événementiel, amplifie encore le rayonnement et l’attractivité du Grand Nancy. Le Grand Nancy apporte ainsi avec cet outil exceptionnel un appui supplémentaire au développement économique local et au secteur entrepreneurial, un soutien à l’enseignement supérieur et à l’université, au secteur de la santé et de la recherche médicale, fers de lance historiques de son attractivité en matière de tourisme d’affaires. La gestion concomitante du Parc des Expositions par la même entité que le Centre de congrès Prouvé garantira complémentarité et cohérence de l’offre proposée par les grands équipements de tourisme d’affaires du territoire. Plus de 310 000 personnes reçues annuellement dans les locaux de Nancy Tourisme & Événements. Au cœur de ce potentiel, Nancy Tourisme & Événements symboliquement implanté sur la place Stanislas constitue avec son espace d’accueil, sa boutique et ses services commerciaux un vecteur indissociable de cette dynamique. Aujourd’hui rompue aux ouvertures et perspectives offertes par le numérique c’est avec 570 000 connexions par an et une présence quotidienne sur les réseaux sociaux que l’association assure la promotion de l’agglomération et valorise l’ensemble des manifestations culturelles, sportives ou festives des vingt communes du Grand Nancy. La volonté affichée de renforcement du tourisme d’affaires doit générer d’importantes retombées économiques directes et indirectes, avec des effets positifs sur le tourisme de loisirs puisque chaque congressiste satisfait devient un véritable ambassadeur de la destination. L’évolution en 2014 de l’appellation Nancy Tourisme vers Nancy Tourisme & Événements correspond à un nouveau challenge s’appuyant sur un large socle de compétences et des partenariats publics-privés. La création en son sein du Bureau de l’Événementiel dédié au tourisme d’affaires et à la promotion de la destination Grand Nancy répondent à cette ambition. Dans la mouvance appréciée des cinq premiers numéros, la présente édition consacre une grande partie de ses pages à la mise en valeur des atouts culturels et touristiques. Elle se tourne, en cette année d’ouverture du Centre de congrès Prouvé vers une autre dimension et d’autres grands partenaires du tourisme, au cœur du Sillon lorrain, de la Grande Région et de l’Europe Gérard Rongeot Président de Nancy Tourisme & Événements Office de Tourisme de Nancy et du Rayonnement du Grand Nancy Laurent Hénart Maire de Nancy Vice-président de la Communauté urbaine et humaine du Grand Nancy Ancien Ministre André Rossinot Président de la Communauté urbaine et humaine du Grand Nancy Ancien Ministre 5 Les 400 coups de JEAN-PIERRE JEUNET Photo ©Jan Thijs Jean-Pierre Jeunet a passé la majorité de ses jeunes années à Nancy, ville où il est arrivé à l’âge de deux ans et qu’il a quittée pour effectuer son service militaire, puis suivre la carrière qu’on lui connaît. Né à Roanne en Pays de Loire, le réalisateur, conteur des plus belles histoires (Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, L’Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet) comme des plus noires (Alien la résurrection, La Cité des enfants perdus), a développé un style caractérisé par une image aux couleurs chaudes et la mise en scène de personnages de « gueule » ou atypiques. Son univers où l’enfance, le rêve, la malice occupent une place prépondérante est-il imaginé de toutes pièces ou contient-il une part de vécu personnel ? Nous vous laissons le découvrir à travers cette interview foisonnante d’anecdotes. Nancy Tourisme : Vous avez passé une bonne partie de votre enfance et adolescence à Nancy, dans une maison située rue de l’Armée Patton. Quels souvenirs conservez-vous de cette époque ? Jean-Pierre Jeunet : J’ai effectivement habité rue Patton, avant que mes parents décident de s’installer à Laxou puis à 6 Vandœuvre. De cette période, je garde le souvenir d’escapades que je faisais avec ma grand-mère qui m’emmenait en promenade quai Isabey. On traversait la petite passerelle qui surplombe la voie ferrée pour nous rendre dans le parc Blondlot. J’ai encore en mémoire les nuages de fumée des locomotives en contrebas du pont. Une ambiance des années 50 se dégageait de cet endroit, un peu comme dans une photo de Doisneau. Je pense que les souvenirs les plus forts sont ceux liés aux odeurs et ces vapeurs restent pour moi l’expression la plus « sensuelle » de mes années à Nancy. Je repense aussi au poisson rouge que l’on retrouve dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain (Cachalot, le poisson rouge suicidaire est jeté dans le canal par la mère d’Amélie qui ne supporte plus le nancy ma ville comportement autodestructeur de l’animal - NDLR). L’original a vraiment existé et a fini dans le bassin du parc Blondlot. Peut-être y vit-il toujours d’ailleurs ? Avec mes copains du quartier Isabey, nous faisions les quatre cents coups ! On pressait sur les sonnettes, on foutait la trouille aux filles avec des araignées en plastique, on attrapait les jambes des passants par les soupiraux. Et puis il y a le foot. J’étais grand fan de l’ASNL, à l’époque où Claude Cuny en était le président (entre 1967 et 1975 - NDLR) et que le club est monté en 1re division. Je portais l’écharpe rouge et blanche et j’assistais aux premiers matchs d’un jeune footballeur appelé Michel Platini. Un jour, une personne à côté de moi en tribune m’a dit « Vous verrez, il ira loin celui-là ! » et il avait raison ! elle se grippait. Désormais le tire-suisse est remplacé par un digicode mais quand je suis arrivé sur place j’ai préféré frapper au carreau du rez-de-chaussée. Une femme m’a ouvert et le hasard a voulu qu’elle soit la sœur du décorateur de Luc Besson, Dan Weil ! Quand je suis rentré dans la cour de l’immeuble, les souvenirs ont afflué. Le lieu m’est d’ailleurs apparu beaucoup plus petit que dans mes souvenirs. Il y avait notamment un muret qui nous paraissait tellement haut quand nous étions gosses alors qu’il fait à peine un mètre ! NT : Vous évoquez souvent vos escapades de jeunesse entre copains. Étiez-vous un de ces gamins avides de découvrir le monde et filou que l’on retrouve dans certains de vos films comme L’Extravagant voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet ? JPJ : Non pas vraiment, même si nous avons fait pas mal de « conneries » avec mes copains. Quand j’étais au lycée Poincaré, tous les jours je passais devant un bureau de tabac qui devait s’appeler La Civette et NT : Quels sont vos lieux nancéiens préférés ? Vous arrive-t-il d’y revenir parfois ? Lors d’un de mes passages à Nancy, je suis retourné rue Patton, où se trouvait l’appartement de mes parents. Autrefois, il y avait ce qu’on appelait un tire-suisse (un fil de métal avec une poulie relié à un mécanisme permettant d’ouvrir la porte depuis l’appartement), une invention qui aurait eu toute sa place dans Delicatessen, et que mon père bricolait sans cesse car Photo ©Jan Thijs JPJ : Finalement, je reviens peu à Nancy et la plupart du temps pour la promotion de mes films. Lors d’une visite récente, j’ai retrouvé un ami d ’enfance nommé Michel Garnier. J’étais au Grand Hôtel de la Reine, place Stanislas, et je décide de lui passer un coup de fil. Il me répond « j’arrive ! » et dix minutes plus tard il était là. Il n’avait pas changé ! Je ne l’avais pas revu depuis mes 18 ans et cela m’a fait un choc de savoir qu’il avait désormais deux enfants du même âge que celui que nous avions lorsque nous nous fréquentions. À l’époque, j’avais un autre ami nommé Philippe Narbey qui est devenu notaire et avec qui j’ai gardé contact sur Paris. Il habitait quai Isabey. 7 Photo © Olivier Toussaint Filmographie sélective de Jean-Pierre Jeunet (en tant que réalisateur) 2013 L’Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet 2009 Micmacs à tire-larigot 2004 Un long dimanche de fiançailles 2001 Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain 1997 Alien, la résurrection 1993 La Cité des enfants perdus 1991 Delicatessen 1989 Foutaises (court-métrage) 1983 Pas de repos pour Billy Brakko (court-métrage) 1981 Le Bunker de la dernière rafale (court-métrage) 1979 Le Manège (court-métrage) 1978 L’Evasion (court-métrage) 8 j’achetais Pilote. J’étais grand fan de la Rubrique-à-brac (une bande dessinée caustique signée du dessinateur Gotlib - NDLR) que je lisais en classe car je ne pouvais pas attendre de rentrer chez moi pour le faire. Aux Magasins Réunis (actuellement Le Printemps, place Maginot - NDLR), un peu à l’image des jeunes qui piratent les films aujourd’hui, j’allais « piquer » des bouquins de mes auteurs favoris comme Ernest Hemingway ou Graham Greene. Je faisais cela vers 13h, quand la surveillance se relâchait à cause de la pause déjeuner. J’étais terrorisé à l’idée de me faire pincer et j’avais mauvaise conscience ! Les Magasins Réunis sont un lieu clé de mon adolescence. Mon père faisait des permanences aux PTT, boulevard Joffre, et en passant avec lui dans le quartier, on voyait les presses derrière les vitres des locaux de L’Est Républicain, place Thiers. Le journal coûtait 30 centimes à l’époque ! Rue Saint-Jean il y avait aussi le Hall de la Presse où, entre potes, on allait feuilleter en catimini des revues comme Lui ou Playboy. J’ouvrais la double page centrale pendant que les autres me couvraient. Si on se faisait prendre c’était la distribution de claques assurée ! NT - Vous êtes « tombé » dans le cinéma depuis votre plus jeune âge. Pouvez-vous nous parler de vos premiers tournages ? JPJ : C’est durant mes années nancéiennes que j’ai découvert le cinéma. Il y avait bien sûr le Rio, rue SaintDizier, et les Tom & Jerry que ma mère m’emmenait découvrir quand j’étais môme. Plus âgé, j’ai pris l’habitude d’aller voir un film par jour, à la séance de 18 heures, lorsqu’il n’y avait pas grand monde. Je me souviens notamment de la semaine où Emmanuelle est sorti. Alors que j’étais un client fidèle, on m’a demandé ma carte d’identité à l’entrée du cinéma… j’étais très vexé ! C’est aussi dans cette salle qu’il m’est arrivé un truc incroyable ! Lors d’une projection des Mille et une nuits de Pasolini, le film s’arrête soudainement en cours de diffusion. La lumière se rallume et l’ouvreuse nous annonce que, pour des raisons de planning, et afin d’accélérer les choses, elle va nous raconter directement la fin du film ! Vers l’âge de 16 ans, j’ai eu ma première rencontre avec un caméscope Super 8 qui appartenait à des amis de mes parents. Je suis allé tourner dans la forêt de Brabois, un environnement qui offrait des plans fabuleux, notamment lors des matinées de brouillard. Lorsque nous habitions Laxou, je traversais ces bois afin de me rendre au lycée Beauregard. Dans un film de Fellini intitulé Amarcord il y a une scène avec un bœuf blanc qui apparaît dans la brume. Mes premiers films me rappellent un peu ce passage. NT : Bien que la ville soit présente sous forme de clins d’œil dans vos réalisations, comme cette boîte de bergamotes dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, vous n’avez jamais tourné à Nancy. Envisagez-vous de le faire un jour ? JPJ : Je n’ai jamais tourné à Nancy car je trouve que les immeubles n’ont pas assez de hauteur. Esthétiquement la place Stanislas est évidemment intéressante mais le site ne suffit pas, encore faut-il se voir proposer une histoire intéressante. Je ne place pas coûte que coûte des références à Nancy dans mes films, mais si l’occasion se présente je le fais volontiers. Concernant la boîte de bergamotes, elle m’a été proposée par mes collaborateurs et j’ai dit oui… évidemment ! Propos recueillis par Anthony Humbertclaude 9 10 © ville de nancy Clins d’œil Rubrique réalisée par Anthony humbertclaude & Florence dossmann L’information continue Pour Nancy Tourisme & Événements, l’année 2014 est marquée par la mise en place d’un nouveau service d’accueil du public où le numérique vient enrichir les services proposés par des agents restant au cœur du dispositif. Les technologies 2.0, devenues un des critères à part entière du nouveau classement des offices de tourisme en France (voir article page ci-contre), ont été intégrées à un protocole au sein duquel le contact humain reste primordial. Au centre de la réflexion, le grand hall, pierre angulaire de la diffusion de l’information, propose désormais deux comptoirs destinés à renseigner les visiteurs sur les séjours, pour l’un, et à transmettre des informations plus générales, pour l’autre. Dans cet espace, du mobilier est réservé à l’accueil des personnes handicapées ou mis à disposition des visiteurs souhaitant s’asseoir pour consulter une brochure. Un écran interactif tactile (permettant de naviguer sur plusieurs sites partenaires) et un écran d’information (événements, forfaits, hôtels…) doté d’un QR code alimentent les visiteurs en renseignements utiles. Des prises de courant permettant de brancher un ordinateur ou un téléphone sont également à disposition. Au sein de cet univers, l’accès à l’information se fait rapidement et aisément. C’est d’ailleurs à cette fin que la signalétique du lieu a été renforcée, tout comme la démarche des agents qui sont invités à aller à la rencontre des personnes manifestant une hésitation et à leur proposer un conseil personnalisé si nécessaire. Anticiper la demande, réduire les temps d’attente et privilégier le contact convivial : trois valeurs essentielles à un service de qualité. Un classement de premier ordre Depuis plus de 25 ans, Nancy Tourisme & Événements était détenteur d’un classement 4 étoiles dont seuls 70 des 3600 offices de tourisme de France pouvaient se targuer. Une nomenclature qui, suite à la réforme édictée en 2011, a cédé sa place à un système basé sur des catégories ordonnées de 1 à 3 et attribuées pour 5 ans. Une nouvelle grille de lecture pour le public dans lequel Nancy Tourisme & Événements a intégré le segment le plus haut (Catégorie 1) grâce à la qualité du service apporté, mais pas seulement. La classification s’appuie en effet sur cinq critères au sein desquels les nouvelles technologies de l’information et de la communication occupent une place prépondérante. Pour les offices de tourisme, il est désormais essentiel d’intégrer les apports du numérique dans leur démarche au quotidien. Qu’il s’agisse des réseaux sociaux, de la traduction du site Internet en plusieurs langues, de locaux équipés en wi-fi : l’univers 2.0 intervient comme un véritable levier de performance. L’autre critère majeur est directement lié aux démarches menées en termes de marketing territorial avec notamment la mise en œuvre d’un plan de promotion et de communication sur son territoire et la conception d’animations touristiques. Plus largement, chaque office de tourisme est amené à s’impliquer davantage dans la stratégie de développement durable et économique de la ville, tout en maintenant ses engagements vis-à-vis de sa clientèle. L’accès à la première catégorie constitue donc une belle réussite pour Nancy Tourisme & Événements qui a su intégrer l’ensemble de ces éléments à sa dynamique professionnelle et par là même perpétuer une tradition d’accueil « 4 étoiles ». 11 Clins d’œil Saint-Georges voit bleu Le tourisme fluvial, alternative séduisante aux villégiatures balnéaires, est un secteur au potentiel de développement fort qui séduit un nombre croissant de touristes. Moyen idéal de faire un break, appréciés pour leur capacité à nous faire découvrir la France autrement, les séjours en bateau voient leur cote grimper et favorisent de nouveaux usages donnant aux ports de plaisance une importance particulière. Cet enjeu en matière de politique touristique, Nancy l’a depuis longtemps pris en compte. Dix ans pour être très précis, puisque la ville a reçu en 2014 son 10e label Pavillon Bleu pour le port de plaisance Saint-Georges, une distinction nationale remise le 6 mai dernier à Paris par Bernard Mantienne, président de l’Office français de la fondation pour l’éducation à l’environnement en Europe et Gérard d’Aboville, président du Conseil supérieur de la navigation de plaisance et des sports nautiques. Cet écolabel récompense les communes qui mènent de façon permanente une politique de recherche et d’application durable en faveur d’un environnement de qualité. Son impact, depuis sa création en 1985, est fort auprès du public, qu’il soit résident ou touriste. Un sondage réalisé sur la question montre que 78% des français ont envie de passer des vacances dans un site battant pavillon bleu, un succès tel que le reste du monde nous l’envie et que 47 autres pays ont déjà adopté le dispositif ! Chaque année le port Saint-Georges accueille environ 1600 bateaux de 25 nationalités différentes. Entièrement équipé, il dispose d’un point information et de forfaits journaliers comprenant eau, accès aux douches et sanitaires, collecte des ordures et surveillance de nuit de juin à septembre. Il est équipé d’une station de dépotage gratuite et régulièrement débarrassé de ses objets flottants par un bateau dédié à cette tâche. La Capitainerie est à votre service pour toute question complémentaire. + INFORMATIONS PRATIQUES Horaires d’ouverture de la Capitainerie (7j/7) • Mai et juin : 8h-12h et 15h-19h • Juillet et août : 8h-12h et 15h-20h • Septembre et octobre : 8h-12h et 15h-19h • Novembre à avril : 9h-12h et 14h-18h Tél. : + 33 (0)3 83 37 63 70 [email protected] www.pavillonbleu.org 12 The Saint-Georges marina in Nancy receives its 10th Blue Flag River tourism is a sector with huge scope for development which draws an increasing number of tourists and represents an issue that has long been on Nancy’s radar. For the 10th year running, the city received the “Blue Flag” for its Saint-Georges marina. This distinction rewards towns for researching and implementing a sustainable environmental development strategy. Besides France, 47 other countries have also adopted this system. Each year the Saint-Georges marina welcomes around 1600 boats from 25 different countries. Fully equipped, it has an information desk and the services included in the daily charge are water, access to shower and washroom facilities, waste collection and night security from June to September. It also has a free sewage collection system and the water is regularly cleared of flotsam. 13 CARNET DE VOYAGE NANCY EXPRESS Lors d’une balade en centre-ville, qui n’a jamais croisé son chemin ? Inépuisable arpenteur du Nancy historique, le petit train touristique fête cette année ses 20 ans ! L’occasion d’en savoir plus sur lui et sa propriétaire, Marie-Pia Kern. Nancy Tourisme : Vous vous occupez du petit train touristique de Nancy depuis 1994. Comment est né ce concept ? Répondait-il à un besoin particulier ? Marie-Pia Kern : Nous avons développé initialement l’idée en Alsace, dans des villes comme Ribeauvillé, Riquewihr ou Eguisheim, avant de répondre à une sollicitation de Nancy Tourisme & Événements il y a 20 ans qui souhaitait mettre en place des visites en petit train. La cité ducale étant une très belle destination, la concrétisation du projet s’est imposée d’elle-même. NT : Quel regard portez-vous sur ces 20 ans de visites ? Les attentes des clients et le parcours ont-ils évolué ? MPK : Le parcours a été décidé en collaboration avec Nancy Tourisme & Événements qui a réalisé les commentaires. Il est fixe et réglementé par la préfecture, il n’y a donc pas eu d’évolution à ce niveau, mais beaucoup en termes de matériel et de confort de visite par contre. Nous tradui- sons désormais le parcours en 14 langues et le public est doté de casques pour une meilleure compréhension. Récemment, nous avons intégré le coréen, le turc et l’hébreu. Nous changeons le matériel (train compris) tous les 7 ans, c’est un investissement de 300 000 euros. Les clients nous demandent aussi beaucoup d’animations ponctuelles, de type mariage par exemple, que nous ne pouvons pas réaliser malheureusement. NT : Comment envisagez-vous l’avenir de votre animation ? MPK : Le petit train a encore de beaux jours devant lui car, même s’il attire principalement les groupes, durant les mois de juillet-août nous avons aussi beaucoup d’individuels de tous âges. Les gens qui montent à bord en profitent pour repérer ce qui les intéresse afin de pouvoir y retourner à pied, ce qui très positif. De même, l’image de l’animation a changé. Au début, le train était considéré comme un manège, surtout pour les enfants. Aujourd’hui, il est entré dans le domaine culturel. Location du Studio au T2, d’une nuit à plusieurs mois À 15 minutes à pied de la gare, du centre des congrès et de la Place Stanislas Circuit historique (45 min) Circuit dans le centre historique de la ville : porte de la Craffe, palais ducal, hôtels particuliers, ensemble architectural inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, place Stanislas. Circule tous les jours de mai à septembre. Avril et octobre sur réservation pour les groupes. Week-end et pendant les congés scolaires, prendre contact avant de se présenter. Départ place de la Carrière, toutes les heures pleines de 10h à 18h (sauf 13h). Tarifs : Adultes : 6,50 e Enfants de 6 à 14 ans : 4,50 e Groupes adultes : 5,50 e (minimum 15 personnes, gratuité pour 1 personne par tranche de 20 personnes payantes) Groupes scolaires : 3,50 e (jusqu’à 15 ans) Privatisation du petit train : 330 e Circuit Art nouveau (75 min) Uniquement sur réservation pour les groupes à partir de 30 personnes Départ place de la Carrière à 9h30 ou 17h Tarif unique : 8 e Le Petit Train 4 rue Saint-Morand 68150 Ribeauvillé [email protected] Tél. : +33 (0)3 89 73 74 24 www.petit-train.com/fr/nancy.html a Salle de remise en forme Piscine intérieure chauffée 13 rue Albert Lebrun 54000 Nancy Tél. : 03 83 33 88 40 Fax : 03 83 36 75 44 [email protected] nemea-nancy.com Clins d’œil Deux villes lorraines à la Belle Époque (1871-1914) Zwei lothringische Städte der Belle Epoque (1871-1914) La commémoration du centenaire de la bataille du Grand Couronné a permis la présentation au Musée Lorrain à Nancy d’une exposition remarquable intitulée Eté 1914 - Nancy et la Lorraine dans la guerre (de février à septembre 2014) et la découverte - sinon la redécouverte - de nombreux sites de mémoire dans un pays lorrain de collines, de vergers et de paisibles cultures, si serein et beau aujourd’hui qu’il est parfois difficile d’imaginer les horreurs qui s’y sont déroulées il y a 100 ans. Cette période dramatique fut précédée d’années étonnantes, foisonnantes et créatives, connues sous le joli nom de « Belle Époque ». Et cette époque fut particulièrement belle à Nancy, où entre 1880 et 1914, apparait un courant original et remarquable de l’Art nouveau nommé l’École de Nancy qui émerveille encore. Les Arts décoratifs, les verreries, le mobilier et l’architecture (l’art dans tout et l’art pour tous) de l’École de Nancy, signés par des artistes tels que Gallé, Majorelle, Daum… forment un ensemble fort, cohérent et magique à découvrir absolument. Au même moment, à 50 km, en Lorraine annexée, Metz est allemande. La gare et les quartiers proches, magnifiques et étranges sont construits sur ordre du kaiser Guillaume, dans un style néogothique wagnérien impressionnant : c’est le quartier impérial qui porte toute la fierté et le romantisme de l’empire prussien de la fin du 19e siècle. En référence à cette période, les deux villes de Metz et Nancy se sont associées pour proposer un séjour de trois jours et deux nuits (une dans chaque ville) pour découvrir, en plus des bonnes tables et de l’art de vivre lorrain, ces deux visages de la Lorraine d’entre 1870 et 1914, si différents et pourtant intimement liés par l’histoire, par la politique autant que par la créativité et par l’art. Die Hundertjahrfeier der Schlacht um den GrandCouronné war für das Musée Lorrain in Nancy Anlass, eine bemerkenswerte Ausstellung mit dem Titel Sommer 1914, Nancy und Lothringen im Krieg zu organisieren (von Februar bis September 2014) und zahlreiche Gedenkstätten im lothringischen Hügelland, inmitten friedlicher Obstgärten und Landschaften (wieder) zu entdecken. Bei all dieser Ruhe und Schönheit von heute ist es manchmal schwierig, sich die Schrecken, die hier vor 100 Jahren herrschten, vorzustellen. Dieser dramatischen Periode gingen erstaunliche, üppige und kreative Jahre voraus, die unter dem hübschen Namen der “Belle Epoque” bekannt sind. Diese Zeit war in Nancy besonders schön, wo zwischen 1880 und 1914 die originelle und bemerkenswerte Kunstrichtung der Art nouveau entstand, die Jugendstilbewegung Ecole de Nancy, die auch heute noch verzaubert. Die angewandte Kunst, die Glas-, Möbel- und Architekturkunst (Kunst in allen Formen und für jedermann) der Ecole de Nancy mit Künstlern wie Gallé, Majorelle und Daum bildet ein starkes, kohärentes und wundervolles Ensemble, das es unbedingt zu entdecken lohnt. In dieser Zeit ist die 50 km entfernte Stadt Metz im besetzen Lothringen deutsch. Der Bahnhof und die angrenzenden Viertel beeindrucken mit seinen prächtigen und fremdartigen Gebäuden, die auf Befehl des Kaisers Wilhelm in neogotischem, wagnerischem Stil erbaut wurden: es ist das Kaiserviertel, das den Stolz und die Romantik des Deutschen Kaiserreiches am Ende des 19. Jahrhunderts ausmacht. Die beiden Städte Metz und Nancy haben sich zusammengeschlossen, um ein Aufenthaltspaket von 3 Tagen und 2 Übernachtungen (je eine in jeder Stadt) zu erstellen. Entdecken Sie neben guten Speiselokalen die lothringische Lebenskunst, die zwei Gesichter Lothringens in der Zeit zwischen 1870 und 1914 so unterschiedlich und dennoch durch Geschichte und Politik genauso wie durch Kreativität und Kunst miteinander verbunden. Petit rappel : La défaite de la France contre la Prusse en 1871 a eu pour conséquence le partage de la Lorraine, faisant de Nancy et de Metz, deux « villes frontière ». Le séjour : NANCY METZ 1871 - 1914, deux « villes frontière » à la veille de la guerre. À partir de 184 € par pers. Contenu : Deux nuitées (une dans chaque destination) Deux déjeuners et apéritifs lorrains (un dans chaque ville) Un pass pour visiter les quartiers Art nouveau et le Musée de l’École de Nancy Un city pass Metz pour découvrir Metz et plus particulièrement son quartier impérial Une pochette d’accueil des deux destinations (Metz-Nancy en TER en 30 minutes) Aufenthalt: Nancy Metz 1871-1914 - zwei “Grenzstädte” am Vorabend des Krieges Ab 184 € pro Person Hinweis: Die Niederlage Frankreichs gegen die Preußen im Jahre 1871 hatte die Teilung Lothringens zu Folge und machte aus Nancy und Metz zwei “Grenzstädte”. Maison Weissenburger 15 délices & saveurs la maison dans le parc L’établissement tenu par Françoise Mutel vient d’obtenir une étoile au guide Michelin 16 L e pavé de sandre crépite au cœur d’un beurre demi-sel lustré, porté à parfaite température. Sur le passe-plat, une pincée de sel d’écrevisse drape l’entrée du jour, appétissant assemblage d’avocat, pomme verte, citron et de queues d’écrevisses fraîches. Un assaisonnement « maison »pulvérisé par quelques mains expertes, au cœur du ballet qui s’orchestre en cuisine. À la baguette, Françoise Mutel joue la partition du jour avec maestria. Maîtresse des cuissons, elle sort viandes et poissons en suivant de l’œil le dressage des garnitures et le nappage des sauces, tout en annonçant les desserts à suivre. Une brassée de coriandre croquante jetée dans le wok parachève une pièce de bœuf Tatuki, si fameuse que dans la carte, elle y est portée au pinacle depuis son entrée, il y a plusieurs saisons. « Impossible de l’en retirer, on nous la réclame à chaque service » assure Françoise qui salue l’investissement de son équipe. « L’étoile met un coup de pression supplémentaire car il faut maintenir la qualité, mais c’est une distinction essentielle : je suis heureuse, émue et honorée pour mes collaborateurs car c’est une récompense collective. C’est aussi grâce à eux. » 1 3 2 4 1. L’assiette du jardinier 2. Boeuf Tatuki : le plat qui ne quitte pas la carte, servi avec ses nouilles sautées façon Thaïe 3. Le merveilleux revisité : framboises garnies au gel de framboise, meringue, crème légère au siphon et sorbet « framboise royale » 4. Le crémeux au citron Yuzu, sorbet citron, tuile citron vert 17 Un air d’Asie souffle sur le piano La maison, joyau dans l’écrin de verdure du Parc L’étoile, venue couronner une cuisine digne des très grands, illumine chaque membre de cette petite entreprise qu’est La Maison dans le Parc. Et la chef de n’en tirer pas l’once d’une gloire individuelle : « Je travaille en partenariat avec mes collaborateurs : nous construisons les menus ensemble, je les encourage à me faire des propositions et j’attends d’eux la perfection pendant le service. On ne peut pas travailler seul ». La démarche fait florès : La Maison affiche complet midi et soir comme attendu quand on offre une « cuisine signature » dans un cadre exceptionnel, à une encablure de la place Stanislas. Pour sublimer le lieu, sis dans un immeuble classé du 18e siècle, les Mutel ont misé sur une décoration intérieure élégante et épurée. La terrasse, joyau dans l’écrin de verdure du parc, s’est dotée d’un toit alliant acier, transparence et chauffages plafonniers orientables. Le confort est de mise, la clientèle aux petits oignons, servie par une équipe jeune dans une ambiance décontractée. La Maison dans le Parc 3 rue Sainte-Catherine Tél. : +33 (0)3 83 19 03 57 Ouvert du mardi au samedi midi et soir et dimanche midi, réservation recommandée www.lamaisondansleparc.com Le gratin de fraises des bois, beurre d’orange 18 Dans l’assiette, produit et goût dictent l’écriture gastronomique d’une chef qui revendique une cuisine « ouverte sur le monde ». Le midi, le menu « suggestion » propose quatre entrées, deux poissons, deux viandes et quatre desserts. Le soir, le menu « découverte » permet à l’hôte de s’en remettre à l’inspiration de la brigade. Les suggestions de vin au verre, précises et inspirées, mettent à l’honneur un frais Quincy et un joli Pic Saint-Loup. Chez Françoise, la sauce « homardine » est gourmande de crustacés, noyée de crème, pilée et passée à la main ; l’ail, blanchi sept fois, pour s’incorporer en sauce ; et les pétales de radis « Daikon » délicatement déposés en corolles, tels un aérien condiment. Un air d’Asie souffle parfois sur le piano, mêlant les saveurs du Yuzu au crémeux pâtissier ou du chou Kale accompagnant le veau fermier de l’Aveyron. Pas de figure tutélaire chez Françoise l’autodidacte, mais l’inspiration d’un Alain Passard et d’un Lionel Levy pour guider cette chef indépendante vers son style de cuisine, personnel, au caractère bien affirmé. Gaëlle Girard-Marchandise LES FRÈRES MARCHAND CUISINE LORRAINE ET ALSACIENNE CAPACITÉ D’ACCUEIL Groupes de 10 à 120 personnes Conception graphique [email protected] MAÎTRE RESTAURATEUR Terrasse de 100 places face au musée Lorrain 93Q99 grand rue - Nancy Ville Vieille 03 83 32 85 94 - freres-marchand.com 19 délices & saveurs Rubrique réalisée par Gaëlle Girard-Marchandise SANDWICHS & Cie Quatre enseignes de restauration rapide combattent malbouffe et casse-croûte « basiques » en proposant un « street fooding » de qualité, à base de produits du terroir. A l’honneur, l’Italie, avec des recettes innovantes de piadina ou de bruschetta, et le Canada avec des bagels au pastrami revisités. À Nancy, snacking de rue rime avec gourmandise. BISCOTTO « BISCOTTO », « biscuit » en italien, célèbre les origines italiennes d’Albane qui tient boutique avec David son compagnon. La famille de la jeune femme, originaire d’Emilie Romagne, a puisé dans son terroir sa spécialité, la piadina. Cette galette de pain faite maison sert de base à une gamme variée de wrap, où chaque ingrédient a franchi la barrière des Alpes pour rejoindre l’assiette : Provolone, Taleggio, Pecorino et Speck garnissent des piadina frottées à l’ail et à l’huile d’olive, où s’épanouissent roquette, légumes de saison marinés façon antipasti, Bresaola et Pastrami. Fraîcheur et saveur garantie pour le salé comme le sucré : ne ratez pas les glaces artisanales à la fleur de lait et stracciatella. 10 rue Saint-Epvre (angle rue Saint-Michel) Tél. : +33 (0)3 83 46 68 67 - Ouvert du lundi au samedi de 11h30 à 14h30 et de 19h à 21h30 20 TANTO BENE KENSINGTON COFFEE A la carte du TANTO BENE, l’Italie est aussi à l’honneur : la spécialité de la maison, c’est la Bruschetta. Cette tartine de pain italien toastée et garnie se décline en multiples variations : si la Boscaiola célèbre le champignon des bois, la Quattro Stagioni fait la part belle aux poivrons et artichauts en persillades, toutes deux sur un lit de fromage fondu. Et pour donner le fumet aux saveurs méditerranéennes, un Speck, jambon originaire du Tyrol italien. Le lieu tient son nom d’un quartier de Toronto où fleurissent les coffee shops, ces enseignes dédiées au Caffe Latte et au bagel. Un concept canadien bien rodé qui a su trouver sa place dans cette rue piétonne du cœur de la cité nancéienne. À déguster sur place, confortablement blotti dans un club en cuir vieilli ou sur la terrasse ensoleillée, les smoothies fruités, les cafés frappés décorés de motifs floraux caramélisés et les sandwichs aux rondeurs nord-américaines, débordant de sésame et troués en leur centre, façon donuts salés. 1 avenue Foch Tél. : + 33 (0)3 83 22 66 53 Ouvert de 11h30 à 23h30 12 rue de la Faïencerie Ouvert du lundi au samedi, 9h-19h Tél. : +33 (0)3 83 33 95 74 KIOSKI Place Carnot, c’est l’esprit estival du jardin du Luxembourg qui règne au KIOSKI. Ce petit Pavillon vieux rose abrite un espace de restauration rapide où fleurent bon gaufres, hot dogs, pans-bagnats, salades colorées, sandwichs américains et croque-monsieur. Les cornets de crème glacée s’y disputent la faveur des promeneurs en culottes courtes, attablés à la terrasse ombragée pour un goûter d’été dans une ambiance à la Jacques Tati. Jean-Louis Tosi, le sympathique tenant des lieux, met l’accent sur ses formules du midi avec desserts et boissons : goutez les délicieux cookies faits maison. Place Carnot Ouvert tous les jours de 10h à 21h Tél. : +33 (0)3 83 30 42 07 délices & saveurs La Ferme Sainte-Geneviève Pèlerinage en terres gourmandes La ferme Sainte-Geneviève 2 chemin du Pain de sucre 54130 Dommartemont Tél. : +33 (0)3 83 29 13 49 Ouvert du mardi au dimanche midi fermesaintegenevieve.com c « La ferme Sainte-Geneviève, elle se mérite ! » Vincent Dallé ne croit pas si bien dire : le chef et patron de l’établissement en sait quelque chose, rejoindre cet écrin de verdure perché sur les hauteurs du charmant village de Dommartemont tient du pèlerinage en terres rurales préservées. Après la traversée de la zone d’activité La Porte verte, le chemin serpente dans un bois touffu pour achever la grimpée en son point le plus haut. Surplombant le tout, la ferme Sainte-Geneviève se tient à l’abri des regards, dans un cadre bucolique. Et offre à une clientèle de gourmets avertis un panel de services de restauration. Côté bistrot, le chef développe une cuisine « retour de marché » qui laisse la part belle aux rognons grand-mère, à la pièce de bœuf à la lie de vin et à la dorade safranée. Le menu trois plats à 22 euros offre au visiteur cadre de qualité et assiette garnie pour un excellent rapport qualité-prix. La carte est aussi de saison et les plats y entrent et en sortent en fonction du maraîchage. Dans le menu à 30 euros, la tatin de lapereau et la cassolette de ris de veau, carottes des sables se posent comme les plats phares. Côté Hermitage, le bâtiment rénové et aménagé pour des réceptions permet l’accueil de repas et soirées événementiels. C’est d’ailleurs le cheval de bataille de Vincent Dallé : offrir aux larges clientèles de groupes, qu’elles soient familiale ou professionnelle, la même qualité de produits et de cuisine qu’en restaurant gastronomique. Une démarche qui implique le travail de produits frais, la cuisson minute et une mise en place longue car soignée. Gaëlle Girard-Marchandise 22 23 tourisme d’affaires Hôtels en séminaire Salles de séminaires et salons dédiés, forfaits hébergementrestauration, accords avec des incentives : les hôtels misent plus que jamais sur leur clientèle business. Panorama de trois établissements tournés vers une clientèle affaires rendue fidèle. 24 Hôtel d’Haussonville « C’est un endroit où on est à la maison, même si on est loin de chez soi ». C’est en ces termes qu’un client chef d’entreprise aime définir cet hôtel qui l’accueille si souvent lors de ses déplacements. Il n’est pas le seul : à lire le livre d’or, où l’on trouve Vanessa Paradis, Lambert Wilson, Florence Foresti, Mimie Mathy et Dany Boon, c’est l’ambiance feutrée de cet hôtel de charme qui sait conquérir une clientèle professionnelle en attente d’un service irréprochable et d’une intimité inégalée. Pour leur plaire, à Haussonville, on leur livre en chambre le dîner gastronomique venu en direct du piano de l’Arsenal, on aménage les salons en fonction du volume de leurs piles de dossiers, on prévoit les mini croissants à 10h pour le petit-déjeuner de travail et les bulles à midi en prélude du déjeuner. Sept chambres permettent d’accueillir des équipes mixtes. Et pour tous ceux qui viennent d’ailleurs, du personnel natif et polyglotte en anglais, allemands, portugais, espagnol, russe et chinois a été embauché. Une personnalisation proche des services de conciergerie qui fait toute la différence avec un hôtel classique. Vues de l’hôtel d’Haussonville, magnifique bâtiment Renaissance Hôtel d’Haussonville 9 rue Monseigneur Trouillet - 54000 Nancy Tél. : +33 (0)3 83 35 85 84 www.hotel-haussonville.fr Hôtel Park Inn L’atout principal de l’hôtel Park Inn : se trouver à quelques pas de la gare de Nancy, au cœur des quartiers d’affaires et à proximité immédiate de la ville historique. Les 192 chambres de l’hôtel, la plus grande capacité de la région Lorraine, permettent un accueil d’entreprise de très grande taille. Avec six salles de réunions modulables de 540 m² au total, impossible de se passer des « espaces conférence » de cet hôtel du groupe Radisson. Et pour poursuivre les réunions, le bar l’Alérion offre un lieu de conversation privilégié. Hôtel Park Inn 11 rue Raymond Poincaré - 54000 Nancy Tél. : +33 (0)3 83 39 75 75 www.parkinn.com/hotel-nancy 25 Hôtel Campanile Avec 89 chambres, 72 couverts intérieurs et 40 en terrasse, hébergement et restauration sont au cœur de l’activité du Campanile qui mise sur ses services pour attirer la clientèle affaires de la zone d’activité et des professionnels en déplacement sur l’axe nord-sud. La bonne formule, le Campanile la peaufine en offrant la gratuité de la salle de séminaire, si le groupe ou l’entreprise prend son repas au restaurant de l’hôtel. Pour 38 euros par jour et par personne, cette salle de réunion est mise à disposition avec wi-fi, rétroprojecteur, café et viennoiseries pour la pause matinale, tartes et jus de fruits pour celle de l’après-midi et pour parfaire le tout, le chef propose un menu de midi, servi à l’issue des moments de travail. Des tarifs préférentiels pour les chambres sont appliqués aux entreprises et des actions marketing en direction de cette clientèle business locale ponctuent aussi l’année : ballotins de chocolat à Pâques et 20% de réduction sur l’addition en septembre. De fait, c’est tout le Technopôle de Brabois qui fréquente le Campanile, pour déjeuner, dîner et organiser séminaires ou réunions. Gaëlle Girard-Marchandise Hôtel Campanile Zac de Brabois - 1 avenue de la Forêt de Haye 54500 Vandœuvre-lès-Nancy Tél. : + 33 (0)3 83 44 66 00 www.campanile-nancy.fr DES SPÉCIALITÉS MAISON POUR DE DÉLICIEUSES IDÉES-CADEAUX Composez vos coffrets-cadeaux avec nos exclusivités-maison : • Les bergamotes de Nancy, label IGP ; • La perle de Lorraine, pâte de fruits, eau-de-vie mirabelle ; • Les florentines des Sœurs, praliné enrobé d’un léger glaçage ; • nos célèbres Macarons ; et bien d’autres spécialités lorraines. Venez goûter la fraîcheur d’un chocolat fait “Maison” et découvrez nos coffrets cadeaux. Nicolas Génot, Artisan-Confiseur 21 rue Gambetta - NANCY (à 50 m. de la place Stanislas) Tél. 03 83 32 24 25 - www.macaron-de-nancy.com 26 27 tourisme d’affaires Centre Prouvé, un lieu ouvert sur la ville au cœur du futur éco-quartier Stade Marcel Picot : salon équipé avec vue panoramique pour assister aux matchs Ambassadeur de marque Le Bureau de l’Événementiel lance son opération séduction Fondé en 2014, le Bureau de l’Événementiel est un nouveau service intégré à Nancy Tourisme & Événements incarnant la volonté d’une politique forte du Grand Nancy en matière de tourisme d’affaires sur la destination. Jusqu’alors freinée par un manque de structures adaptées et un Palais des Congrès vieillissant, l’offre business, dopée par l’arrivée du Centre Prouvé, vise désormais des objectifs plus ambitieux et souhaite imposer avec le BDE sa marque sur un marché particulièrement concurrentiel. 28 Si Nancy, forte de son vécu universitaire, développe depuis de nombreuses années une tradition d’accueil de congrès et séminaires dans le domaine de la santé et des sciences, ses prestations en matière de tourisme d’affaires nécessitaient d’être élargies afin de répondre davantage aux attentes actuelles du secteur. C’est désormais chose faite grâce à l’ouverture du Centre Prouvé (inauguré le 28 juin dernier) dont les atouts complètent ceux d’infrastructures comme le Zénith, le stade Marcel Picot ou le domaine de l’Asnée, mais aussi du parc hôtelier (voir Nancy Tourisme 5, page 45). Une offre variée dont l’attractivité aux yeux du public est d’autant plus efficiente qu’elle s’intègre aujourd’hui au sein d’une démarche commerciale globale portée par le nouveau Bureau de l’Evénementiel. Une action en première ligne Fruit d’une réflexion initiée voici cinq ans, le BDE fut au départ envisagé comme une structure ex-nihilo gérée en partenariat avec les acteurs institutionnels. Mais avec du recul, il est apparu plus pertinent de faire profiter ce nouveau pôle de l’expérience dont dispose Nancy Tourisme qui dorénavant comportera deux services - l’un disposant de la compétence reconnue du tourisme d’agrément, l’autre fort de la création du BDE, de la compétence tourisme d’affaires. Nancy Tourisme devient Nancy Tourisme & Événements. Marketer les opportunités business de Nancy et sa région, tel est ainsi l’objectif du nouveau bureau, véritable interface de valorisation et d’information entre la clientèle et les structures d’accueil adhérentes. Cette porte d’entrée vers un riche panel de services touristiques, mais aussi outil de séduction, se positionne en première ligne afin de permettre à Nancy de rivaliser avec les autres destinations, et plus particulièrement celles - comme Strasbourg et Grenoble - possédant déjà leur propre Bureau des Congrès. La concurrence est en effet forte sur le segment et le Bureau de l’Événementiel, comme l’indique sa dénomination différente de celle de ses homologues, embrasse un champ de compétence le plus large possible pour y faire face. « Il doit être à même de promouvoir la capacité d’accueil du Grand Nancy sous tous les angles, pour tout type d’événement : commercial, festif, sportif… mais aussi toutes les formes de rencontres : congrès, séminaire, forum, meeting ou incentive » précise Gérard Rongeot, président de Nancy Tourisme & Événements. Les petits « plus » du BDE Partagez vos savoirs dans un lieu original… MUSÉUM AQUARIUM DE NANCY Multipliant les atouts, le BDE propose en complément plusieurs prestations liées à l’organisation d’événements comme l’établissement d’un budget prévisionnel, la création d’un bulletin en ligne pour l’inscription, la gestion financière des comptes, la mise à disposition d’une personne sur site pour l’encaissement… Des « plus » qui, associés aux autres services proposés par Nancy Tourisme & Événements - comme ceux de la centrale de réservation hôtelière - doivent, par leur complémentarité, convaincre mais aussi fidéliser la clientèle. Un jeu de séduction dont le principal acteur sera le futur directeur général de Nancy Tourisme & Événements (recruté en septembre 2014) dont le poste sera particulièrement axé sur la promotion de la destination Nancy et nécessitera une présence forte sur le terrain. « Une fois l’intérêt de la clientèle suscité, il reviendra toutefois à chaque structure d’accueil de proposer l’offre la plus attractive » précise Gérard Rongeot. Un premier guide des adhérents au BDE1 présentant les structures d’accueil (hôtels compris) et de restauration, les agences d’incentive et divers prestataires (transporteurs, loueurs de matériel audiovisuel…) est d’ailleurs en cours de réalisation. www.museumaquariumdenancy.eu 29 Tropisme économique Une politique touristique dessinée à l’échelle de la destination constitue aussi un moyen efficace de développer des partenariats avec les acteurs locaux souhaitant voir leur offre business relayée par les actions du BDE qui, en tant que « tête de gondole » du marketing territorial nancéien, devient un important pourvoyeur de nouveaux clients. Une dynamique « gagnant / gagnant » qui se traduit également par la création, au sein du conseil d’administration de Nancy Tourisme & Évènements, de deux nouveaux collèges de réflexion (venant s’ajouter à ceux déjà existants) spécialisés sur la partie affaires et intitulés Acteurs économiques (auquel participe la Chambre de Commerce et d’Industrie de Meurthe-et-Moselle) et Structures accueillant des manifestations (dont le Centre Prouvé et le Zénith font notamment partie). Plus qu’une force de vente, le Bureau de l’Événementiel est un indicateur fort de l’importance que le tourisme d’affaires revêt aujourd’hui en termes de retombées économiques, une réalité avec laquelle il faut compter. Son ouverture, synchrone avec celle du Centre Prouvé, n’est pas le fruit du hasard mais bien un « coup double » destiné à impacter le plus fortement possible l’attractivité du Grand Nancy. Accueil, restauration, hôtellerie, transports, culture : autant d’activités qu’il était important d’unir sous une même bannière que le BDE brandit désormais. Le premier acte vient d’être annoncé avec la signature d’une Charte Hôtelière (voir encadré). Anthony Humbertclaude Dans le cadre de Nancy Tourisme & Événements, les adhérents peuvent souscrire à différents types de formules - dont une formule affaires - afin d’être référencés au sein d’une base de données mais aussi sur le site Internet, et dans différents documents et brochures dédiés. 1 ACCUEIL DES CONGRÈS À NANCY : LA CHARTE HÔTELIÈRE Les membres du club hôtelier de nancy et nancy tourisme & Événements s’engagent pour l’accueil des entreprises La signature d’une charte entre Nancy Tourisme & Événements et le Club Hôtelier, intervenue en juin 2014, vient formaliser les accords de collaboration liant les deux associations, dans le cadre du développement du tourisme d’affaires sur l’agglomération.Cette charte précise les modalités, les méthodes de travail communes ainsi que les engagements réciproques des partenaires. Elle permet d’apporter une meilleure offre tarifaire aux touristes d’affaires, et une plus grande réactivité dans les réponses à donner aux organisateurs d’événements sur le Grand Nancy. Elle s’attache également à privilégier la qualité de l’accueil dans les hôtels pour cette clientèle spécifique : mise à disposition dans les chambres de documents et du magazine Nancy Tourisme fournis par Nancy Tourisme & Événements, accueil et bagagerie 24h/24, connexion wi-fi gratuite… De nombreux « plus » qui renforcent la qualité du service et font la différence lorsqu’il s’agit de convaincre et séduire. 30 La salle de concert du Zénith lors d’une convention Bureau de l’événementiel Tél. : + 33 (0)3 83 35 90 09 [email protected] www.nancy-tourisme.fr/thematiques/affaires/ The Events Office launches its charm offensive Created in 2014, the Events Office (Bureau de l’Evénementiel) is a new department within Nancy Tourisme & Événements driving the proactive policy on business tourism. As the vehicle for a total marketing approach encompassing the new Centre Prouvé conference centre, facilities such as the Zénith, the Marcel Picot stadium and the Domaine de l’Asnée, as well as the area’s hotel accommodation, its aim is to establish the Greater Nancy brand in a very competitive market. Acting as a promotional and information interface between clients and visitor facilities, the Events Office offers a wealth of services enabling the region to compete with other destinations. “ It needs to promote Greater Nancy as a visitor destination from every standpoint - for every occasion, be it commercial, celebratory or sporting, and all types of event: conference, seminar, forum, public meeting or incentive travel, ” says Gérard Rongeot, chairman of Nancy Tourisme & Evénements. In addition, the office provides several services related to event organisation, such as producing a provisional budget, creating an online registration form, account management and providing a person on-site to handle cash payments. These “ extras ”, combined with the other services offered by Nancy Tourisme et Evénements - such as the hotel booking system - should win clients and keep them coming back. “ But once we’ve caught a client’s interest, it is up to each visitor facility to make the most attractive offer, ” adds Gérard Rongeot. As the most visible part of Nancy’s marketing effort, the Events Office is a major source of new clients. It is not just a sales force, it is also a clear indicator of the significance of business tourism nowadays in terms of economic impact. Work has begun on the first guide for its partner organisations, introducing the venues and catering facilities, incentive agencies and various other service providers. 8019 - Photos © VDN - Communauté urbaine du Grand Nancy - Régine Datin nancy tourisme et événements donne des couleurs à vos événements professionnels encore PLuss de service Le bureau de L’événementieL, un véritabLe faciLitateur du tourisme d’affaires Interlocuteur unIque À cHAque ÉtAPe de l’orgAnIsAtIon de votre ÉvÉnement, nAncy tourIsme et ÉvÉnements vous APPorte une vIsIon globAle de lA destInAtIon, des ÉquIPements et des PrestAtAIres. gestion financière comPLète L’équiPe commerciaLe de nancy tourisme et evénements, sPéciaListe du tourisme d’affaires vous accomPagne dans L’organisation de vos événements. > Étude du dossier dans le respect Pour vous simplifier la vie, nancy tourisme et evénements vous propose de gérer le budget de votre événement de a à Z > Gestion des inscriptions > Création de vos badges > Bilan financier de votre budget n’hésitez pas à venir vous renseigner au bureau de l’evénementiel. notre équipe aura le plaisir de vous informer sur toutes nos prestations. iLs nous ont fait e c confian + d’infos réservations hôteLières > Conseil et aide technique efficaces un service pratique, immédiat et gratuit > Accès direct à des partenaires privilégiés > Suivi personnalisé par un interlocuteur dédié > Accès direct à de très nombreux > Disponibilité en temps réel équipements de l’agglomération > De l’hôtel 4* à la résidence > Organisation de team building, > Sur l’ensemble du territoire incentive, rallye découverte GRAND EST nos PLus des prestations complémentaires au choix > Création de sites internet > Gestion financière des espaces d’exposition > Gestion des abstracts > Cadeaux d’accueil et d’entreprise personnalisés +33 (0)3 83 35 90 09 [email protected] www.nancy-tourisme.fr HHHH nancy tourisme & evénements bureau de l’evénementiel Place stanislas - bP 810 - 54011 nancy tél. 03 83 35 90 09 fax. 03 83 35 90 08 31 tourisme d’affaires Classe business Avec des lieux de réception exceptionnels, des équipements de grande capacité et des animations de prestige, la cité des ducs séduit une « classe business » friande d’un accueil haut de gamme. MBA (Musée des Beaux-Arts), 18 juin 2014. Devant les vitrines consacrées aux pièces Daum, les neurochirurgiens du 2e world AVM Congress, s’offrent un bain de culture pendant leurs trois journées professionnelles 32 1 2 I l y a foule au Musée des Beaux-Arts en ce début de soirée estivale. Dans les allées, se croisent des groupes de silhouettes bigarrées échangeant dans des dizaines de langues avec, pour unique mot d’ordre, la neurochirurgie. Ces 400 touristes peu ordinaires constituent le cœur vivant de la recherche mondiale en science du cerveau. Réunis en congrès international à Nancy, ils profitent d’une soirée de répit dédiée à la culture. Et pour en étancher la soif, le Musée des Beaux-Arts se privatise et leur dédie ses guides bilingues, pour une déambulation autour de certaines des œuvres les plus marquantes des collections. Les pièces de Daum ouvrent le bal, puis viennent les toiles impressionnistes, et enfin la « star » du lieu : Picasso. La découverte se poursuit dans une salle minuscule d’un noir de jais où scintille une voie lactée multicolore. L’effet saisissant de cette installation d’art contemporain clôt la visite. Le péristyle, transformé en salle de réception, accueille le cocktail suivi du son et lumière projeté sur la place Stanislas. Une soirée inoubliable, de mémoire de neurochirurgien. 1 - MBA, la visite privée offre la descente du grand escalier vers le péristyle 2 - MBA, l’installation Infinity mirror Room, Fireflies on the water de Yayoï Kusama propose une expérience visuelle inattendue Un jeu de piste pour découvrir Nancy en s’amusant En quête de cohésion d’équipe De l’autre côté de la place Stanislas, un groupe de cadres en plein rallye pédestre incentive. Leur mission : répondre au plus grand nombre de questions sur des lieux nancéiens emblématiques du 18e siècle et prendre des photos de leur quête. Une façon ludique de découvrir la ville. « Sur les grilles de Jean Lamour entourant la place Stanislas, vous pouvez observer les trois emblèmes du roi de France. Quels sont-ils ? » Au sein de l’équipe, les tâches se répartissent : l’une inscrit la réponse, « couronne, lys, coq », l’autre organise une mise en scène photo avec ses co-équipiers de part et d’autre des grilles, puis l’on passe à l’étape suivante, la place Carrière. Habile mélange de travail et de détente, le rallye est ponctué de rencontres avec des passants, rythmé par une pause dégustation et s’achève sur la remise du livre photo de cette journée spéciale. « Les entreprises recherchent la cohésion d’équipe. Mieux se connaître, passer une journée agréable et découvrir la ville autrement qu’avec un guide sont des façons d’y parvenir » explique Sophie Gaulier, directrice de l’agence SG Organisation, qui organise ce type de rallyes. 33 Être au cœur de la cité nancéienne dans un lieu chargé d’histoire 1 La Maison d’hôte de Myon joue aussi la carte business, dans un registre plus confidentiel. À l’abri des regards, le 7 rue Mably dévoile le charme fou d’un ancien cloître de chanoines métamorphosé. Un lieu autrefois voué à la vie monacale où costumes et réunions d’affaires remplacent désormais robes de bure et prières. Pour les convaincre de venir travailler, dormir et se restaurer chez elle, Martine Quenot, l’hôtesse, dédie à ses clients les 800 m² de sa maison et tout son temps. Les cinq suites et trois lofts sont mis à leur disposition pour la partie hébergement. Les déjeuners et dîners d’affaires, toujours gastronomiques, sont préparés par un chef et mis en température sur place ; les « gourmandines » de la pause-café sont faites maison. Au niveau des espaces de travail, une salle professionnelle parée de tous les équipements multimédia et décorée à l’aune du reste de la demeure permet d’accueillir vingt collaborateurs. Quant aux moments de repos, la cour intérieure et sa terrasse, abritée de vigne vierge, est prisée pour l’apéritif dinatoire et le café. Une prestation exceptionnelle qui séduit les entreprises attirées par l’ambiance unique du lieu. Et pour Martine, il n’y a pas à faire de différence entre l’accueil d’hôtes de loisirs et de professionnels. « Souvent en déplacement, ils recherchent chez moi le sentiment d’être au cœur de la cité nancéienne, dans un lieu chargé d’histoire, plutôt que dans un hébergement standardisé. Ils apprécient de se sentir « comme à la maison » explique t’elle. Revenir pour visiter la région Le Domaine de l’Asnée, à Villers-lès-Nancy suit une même démarche fondée sur une clientèle plutôt institutionnelle. Propriété de l’évêché, le domaine formait jadis les prêtres du diocèse de Nancy. Il accueille toujours des séminaristes de tous horizons, venus non pas pour y embrasser la foi mais pour y rejoindre conférences, assemblées générales et groupes de travail. Réhabilité, l’énorme bâtiment dispose d’un vaste auditorium et de salles « grande capacité », un atout pour les entreprises de la région. A dix minutes de la place Stanislas et offrant un parking de 300 places, le lieu est également prisé pour sa partie restauration qui permet de recevoir 300 convives assis. La conférence du jour réunit 200 psychologues de la Fédération Française de Psychologie. Pour les accueillir, l’auditorium et le vaste hall sous verrière où un petit-déjeuner de travail est servi. Une assemblée largement féminine qui ne boude pas son plaisir d’être reçue en ce domaine au riche passé « Cette bâtisse en plein cœur d’un parc arboré, quel endroit ! Suivre un séminaire ici donne envie de revenir visiter la région » confie une conférencière. 1 - La maison de Myon met à disposition de ses clients professionnels son patio intérieur pour les moments de détente rythmant les temps de travail. La société Lorraine d’Habitat y organise son assemblée générale et son conseil d’administration, suivis d’un déjeuner. 2 34 2 - Au Domaine de l’Asnée, le vaste hall rénové sous verrière permet d’accueillir au cours d’un petit déjeuner débout les 200 psychologues conférenciers à la pause de 10h. Aux Domaines, à l’angle des rues Saint-Julien et Claude Charles, c’est d’abord le vin qu’on vient déguster entre collègues. L’une des spécialités de cette cave de renom : organiser des soirées dégustation. Les convives, sollicités sur dix à douze crus apprécient ces rendez-vous où se faire le palais participe de la construction de l’esprit d’entreprise. Pour ces professionnels, l’exercice gustatif est aussi l’occasion de décompresser entre membres d’une même confrérie. A Nancy, les activités « team building » et « incentives » ont de beaux jours devant elles. Tout comme l’accueil business personnalisé. Gaëlle Girard-Marchandise ADRESSES UTILES Musée des Beaux-Arts de Nancy 3 place Stanislas - 54000 Nancy Tél. : + 33 (0)3 83 85 30 72 mban.nancy.fr SG Organisation 50 rue Saint-Georges - 54000 Nancy Tél. : + 33 (0)3 83 28 58 05 www.sg-organisation.com Maison d’hôte de Myon 7 rue Mably - 54000 Nancy Tél. : + 33 (0)9 64 24 24 23 maisondemyon.com Domaine de l’Asnée 11 rue de Laxou -54600 Villers-lès-Nancy Tél. : + 33 (0)3 83 27 61 05 www.domaineasnee.com Les Domaines de Nancy 2 rue Claude Charles - 54000 Nancy Tél. : + 33 (0)3 83 30 53 39 www.lesdomaines.eu 35 tourisme d’affaires Grands équipements d’accueil : l’atout maître de Nancy Major visitor facilities: Nancy’s trump card The Greater Nancy area has an array of facilities to attract the business visitor, so it has plenty to offer the sector, including the new Centre Prouvé, which, in conjunction with the Parc des Expositions exhibition complex operated by Nancy Congrès & Evènements SPL, plays a particularly strategic role. 36 Proposant une grande diversité de lieux d’accueil, le Grand Nancy ne manque pas d’arguments lorsqu’il s’agit de séduire la clientèle business. L’agglomération décline ainsi sur ce segment un large éventail d’offres au sein duquel le nouveau Centre Prouvé tient une place stratégiquement prépondé rante. Grand Nancy Congrès & Evénements, Société Publique Locale qui exploite depuis peu le Parc des Expositions, s’imp o s e a i n s i d ’ e m b l é e co m m e l’ u n e d e s p r i n c i pa l e s f o rc e s d e frappe du tourisme d’affaires. Pas question pour autant de faire cavalier seul… bien au contraire ! U nis au sein de la SPL Nancy Congrès & Événements, le Centre Prouvé et le Parc des Expositions forment une entité bicéphale développant un large choix de prestations, une complémentarité renforcée par la présence, au sein de la Société, d’une équipe de professionnels rodés et dédiés à l’organisation d’événements sur les deux sites. « Avec le lancement du Centre Prouvé allié au Parc des Expositions, et la création du Bureau de l’Événementiel (voir page 28), nous sommes armés pour donner un nouvel élan au tourisme d’affaires sur le Grand Nancy » précise Béatrice Cuif-Mathieu, directeur général de la Société. Elle souligne également le rôle essentiel joué par le président du conseil d’administration Pierre Boileau, également 1er vice-président de la Communauté urbaine du Grand Nancy et Maire de Ludres, pour assurer le positionnement de la Société, et sa volonté de lui donner les moyens de rayonner sur la Grande Région. Un récent voyage de presse à destination des médias transfrontaliers a d’ailleurs permis à Grand Nancy Congrès & Événements de travailler cette cible pour convaincre de nouveaux clients étrangers. Espaces publics à géométrie variable Les 28 et 29 juin derniers, le Centre Prouvé a donc pris son envol lors d’un week-end d’inauguration ayant accueilli 18 000 personnes, dont 1300 pour la cérémonie officielle. Deux jours placés sous le signe de la découverte avec de nombreuses visites, guidées ou libres, et la présentation de deux expositions, l’une sur l’histoire du projet De Prouvé à Barani, l’autre sur les années d’exploitation du tri postal (le nouveau centre intègre dans son architecture un ancien centre de tri imaginé par Claude Prouvé). Ce lancement fut aussi un moment clé pour faire découvrir au public les multiples usages de la structure. Plus qu’un centre de congrès, sa modularité (plusieurs salles de commissions, deux auditoriums, des espaces réceptifs panoramiques… voir Nancy Tourisme n°5, page 45) conjuguée à une grande accessibilité grâce à la gare TGV proche et un important parking sous-terrain de 455 places, permet au Centre Prouvé d’accueillir de nombreux formats d’événements. Les visiteurs ont également pu se rendre compte de l’intervention artistique de plasticiens nancéiens, dans le cadre du 1% artistique1, qui ont conçu des pièces de mobiliers contemporains intégrées aux espaces du bâtiment : bornes d’accueil, éléments d’assise et bar. Ces créations viennent compléter le mobilier design et comptent notamment des rééditions de grandes signatures : fauteuils et guéridons Jean Prouvé, sièges Eames, pièces de Jasper Morrison ou Ronan et Erwan Bouroullec... It was in the light of this that the Centre Prouvé opened its doors to the public on 28 and 29 June 2014 for an inaugural weekend that focused on exploration, with several guided tours and two exhibitions. This launch was a significant opportunity to showcase the building’s multiple uses. It has actually been operational since 4 September 2013, and between July and the end of December 2014, over 70 events are scheduled to take place there. These include national and international conferences, colloquiums, study days, charity events, company conventions, shareholder meetings, trade and public exhibitions, forums, exhibitions, gala evenings, and more. Over the next two years, to December 2016, based on the activities currently confirmed, forecasts indicate that 80,000 visitors are expected; 13,000 overnight stays; 36,000 sqm of exhibitions and 95,000 conference delegate days. New life is clearly being breathed into the business tourism sector in the Greater Nancy area, which also has several other major facilities for visitors. Le Centre Prouvé est situé à quelques pas de la gare TGV © Grand nancy Le Centre Prouvé est doté de grands espaces réceptifs panoramiques © Grand nancy 37 Centre Prouvé : accueil et salle de réunion Un départ sur les chapeaux de roues Among them is the Domaine de l’Asnée, which specialises in hosting colloquiums, seminars and conferences, and boasts a lavishly-appointed auditorium, adaptable facilities, on-site accommodation and catering, all in beautiful verdant surroundings. Then there is the Zénith, where event organisers can hire the VIP area, small meeting rooms, a stage, a 7700 sqm hall, the 25,000-seater outdoor auditorium or the 2200 sqm entrance hall. Similarly, the Ensemble Poirel can provide rooms for business meetings and offers the option of organising high-quality soirées in elegant surroundings. L’Autre Canal, a contemporary music venue, also hires out its premises for events. The Marcel Picot football stadium is another major asset in this sector. The scene of many sporting exploits, it has 1500 sqm of seating where visitors can watch a game in comfort with superb views of the pitch, plus well-equipped function rooms, an 1100 sqm area pitchside and, of course, an artificial playing surface. 38 L’exploitation effective du Centre Prouvé, débutée le 4 septembre dernier, compte d’ici la fin de l’année plus de 70 événements programmés : congrès nationaux et internationaux, colloques, journées d’études, fêtes d’associations, conventions d’entreprises, assemblées générales, salons professionnels et grand public, forums, expositions, soirées de gala… Elle prévoit par ailleurs la possibilité de recevoir des concerts. De petits et grands formats donc, mais également de nouvelles zones de compétences. Le centre accueille ainsi du 24 octobre au 5 novembre 2014 l’exposition Les Trésors des Pharaons qui rassemble 500 répliques d’œuvres conservées au Musée égyptien du Caire et liées aux dynasties d’Akhénaton à Ramsès II, en passant par Toutankhamon : un événement grand public pour un lieu ouvert à tous. Sur les deux prochaines années, jusqu’à décembre 2016, les perspectives d’activités à ce jour confirmées sont les suivantes : 80 000 personnes attendues, 13 000 nuitées, 36 000 m² d’exposition et 95 000 journées congressistes, et laissent présager d’importantes retombées économiques aussi bien pour les prestataires du centre que pour le tissu touristique local (hôtels et commerces en particulier). « Le regard du marché des congrès et de la profession sur notre destination a changé » explique Thierry Bottard, directeur commercial et marketing de la SPL, « l’objectif de figurer parmi les dix premières destinations de congrès françaises est possible, et ce, malgré un contexte économique particulièrement difficile ». Destination gagnante Ce nouvel élan qui souffle sur l’offre affaires grand nancéienne constitue une avancée précieuse que Béatrice Cuif-Mathieu tient à conforter et préserver en jouant la carte de la collaboration. « Si nous n’avons pas la possibilité d’accueillir un événement dans les deux équipements de la Société, nous contactons d’autres équipements de l’agglomération plutôt que de le laisser partir ailleurs ». Forger le marketing territorial en s’appuyant sur l’attractivité globale du territoire est ainsi l’une des préoccupations majeures du Centre Prouvé, « une union voulue par André Rossinot, président du Grand Nancy, et Laurent Hénart, maire de Nancy et vice-président délégué à l’attractivité et au rayonnement du territoire » précise le directeur général. rubrique L’espace VIP du Zénith Et des lieux d’accueil, l’agglomération n’en manque pas ! Ainsi le domaine de l’Asnée, spécialisé dans la réception de colloques, séminaires et conférences, joue sur des arguments faisant souvent mouche : nature, détente et convivialité. Le site dispose d’un amphithéâtre de prestige, d’équipements modulables, d’un hébergement et d’une restauration sur place, le tout dans un cadre de verdure à quelques minutes du centre de Nancy (voir article page 34). Par ailleurs, plusieurs grandes structures, dont la vocation initiale n’est pas touristique, ont développé leur propre offre affaires à l’image du Zénith qui propose aux organisateurs de profiter de son espace VIP (avec accueil personnalisé, parking, place réservée et cocktail dinatoire), mais aussi de louer, au choix, des petits salons, l’espace scénique ou la salle de 7700 m² pouvant accueillir 4600 personnes assises (ou 5800 débout) : un large espace adapté aux grandes conventions ou aux soirées dansantes par exemple. Le « must » étant, pour les très grands rendez-vous et si le temps le permet, de profiter de l’amphithéâtre extérieur comptant 25 000 places ! À noter que le hall du Zénith, d’une superficie de 2200 m², peut lui aussi être utilisé. Dans le même répertoire, l’Ensemble Poirel et l’Autre Canal ont également des arguments à faire valoir. Le premier met à disposition ses salles pour les réunions d’affaires et offre la possibilité d’organiser des soirées haut de gamme dans un cadre prestigieux. Il a développé notamment une formule personnalisable pouvant comprendre au choix cocktail dînatoire, visite guidée d’une exposition, accès à la salle de spectacles, mise en relation avec les producteurs et salon d’honneur privatisé. Au diapason, la salle dédiée aux musiques actuelles l’Autre Canal loue également ses espaces pour des réceptions. The way in which many venues in the Greater Nancy area are opening up to business tourism illustrates how the conurbation is shifting its focus in terms of receiving visitors in response to the economic value business visitors now have to offer; a value that is attracting an increasing number of venues able to combine premises hire with service provision. They include the Kinepolis cinema, which is promoting flexible, well-equipped spaces, access to film screenings, on-site catering, a VIP service, customised packages and team-building activities. L’Autre Canal propose ses salles pour les réceptions 39 1 + INFORMATIONS PRATIQUES Centre Prouvé - Parc des Expositions Grand Nancy Congrès & Evènements 1 place de la République - 54000 Nancy Tél. : +33 (0)3 83 30 80 00 [email protected] www.grandnancy-congresetevenements.com Domaine de l’Asnée 11 rue de Laxou 54600 Villers-lès-Nancy Tél. : +33 (0)3 83 27 61 05 www.domaineasnee.com Zénith de Nancy Rue du Zénith - 54320 Maxéville Tél. : +33 (0)3 83 93 27 00 [email protected] www.zenith-de-nancy.com Ensemble Poirel 3 rue Victor Poirel - 54000 Nancy Tél. : +33 (0)3 83 32 31 25 [email protected] www.poirel.nancy.fr L’Autre Canal 45 boulevard d’Austrasie 54000 Nancy Tél. : +33 (0)3 83 38 44 88 [email protected] www.lautrecanalnancy.fr Picot Event SASP Nancy Lorraine Stade Marcel Picot 90 boulevard Jean Jaurès BP 10013 - 54150 Tomblaine Tél. : +33 (0)3 83 18 32 95 [email protected] Kinepolis 3 rue Victor - 54000 Nancy Tél. : +33 (0)3 83 17 13 40 www.kinepolis.fr 2 1 - Le Domaine de l’Asnée, spécialisé dans la réception de colloques et séminaires 2 - Le Stade Marcel Picot, un complexe doté de surfaces événementielles, dont un immense terrain synthétique En expansion continue… Autre acteur majeur du secteur, le stade Marcel Picot dont la structure Picot Event revendique ce slogan sans équivoque : « Un écrin à la mesure de votre événement ». Temple de l’aventure sportive, le complexe dispose de 1500 m² de structures dotées d’espaces panoramiques pour assister aux matchs dans un cadre privilégié, de salons équipés, d’un espace de 1100 m² bordant la pelouse et bien entendu d’un terrain synthétique pouvant être utilisé pour les manifestations gourmandes en surface ! Les différentes salles de Picot peuvent accueillir entre 10 et 550 personnes, sans compter les 1200 places de parking à proximité. L’ouverture de nombreuses structures au tourisme business illustre le virage que le Grand Nancy prend actuellement en termes d’accueil. Si le Centre Prouvé est l’héritier de la tradition des grands congrès scientifiques et universitaires qui ont fait et feront la réputation de la destination, les évolutions voulues par des sites comme Marcel Picot ou le Zénith mettent en lumière, si besoin est, l’intérêt économique que revêt aujourd‘hui la clientèle du segment. Un intérêt qui va d’ailleurs croissant et gagne de plus en plus de lieux à même d’associer location d’espaces et prestations, à l’image du cinéma Kinepolis qui met en avant volumes aménageables et équipés, accès aux séances, catering sur place, accueil VIP, offre personnalisée, team building… autant d’atouts supplémentaires dans la main du Grand Nancy pour remporter la partie. Anthony Humbertclaude Cette loi de 1951 implique qu’1 % des sommes consacrées à une construction publique ayant pour vocation d’accueillir des visiteurs soit utilisé pour financer la réalisation d’une œuvre d’art contemporaine intégrée au projet architectural final. 1 40 41 rendez-vous avec l’histoire u MON DUCHÉ L’imposante façade à trois niveaux de la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation Nancy cathedral - an introduction Until the 18th century, Nancy had never been granted the privilege of being the seat of a bishop. In 1602, the establishment of a primatial chapter of canons in Nancy enabled Duke Charles III to begin building a primatial church to the east of the New Town, but the work ground to a halt during the Thirty Years’ War. In the early 18th century, under the influence of Duke Leopold, construction was resumed under the supervision of Giovanni Betto (an Italian architect), Jules HardouinMansart (chief architect to Louis XIV) and Germain Boffrand (designer of the Château de Lunéville). On 1st November 1742, the first mass was celebrated in the new primatial church. In 1766, the death of King Stanislas (also Duke of Lorraine) resulted in Lorraine reverting to France, and led to Nancy becoming a diocese. In 1777, the primatial church became a cathedral, placed under the protection of Our Lady of the Annunciation and St Sigisbert, the patron saint of Nancy. 42 POUR UN DIOCÈSE Les grandes heures de la cathédrale de Nancy Le 10 octobre 1988, les rues de Nancy se parent des couleurs jaune et blanche du Vatican pour accueillir Jean-Paul II. La venue du Très Saint Père est saluée par une foule importante et près de 400 journalistes couvrent l’événement. Au loin, des cloches sonnent, participant à la liesse qui gagne la ville. Ce sont celles de l’édifice que le souverain pontife a souhaité visiter dès son arrivée : la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation, située place Monseigneur Ruch. C’est un jour historique pour ce lieu consacré dont la genèse et l’existence sont étroitement liées aux jeux d’influence ayant conduit à la création du diocèse de Nancy L a cathédrale est l’église où réside le siège de l’évêque : la cathèdre. Consacrée en 1777, celle de Nancy est le reflet d’un important épisode historique, témoin des relations entre le duché de Lorraine, le royaume de France et le Saint-Empire Romain Germanique1, du Moyen Âge à l’époque moderne. Un premier chapitre primatial Jusqu’au 18e siècle, et ce malgré plusieurs démarches, la cité ducale n’a jamais obtenu de l’Église le privilège d’accueillir le siège d’un diocèse, et donc un évêque. En 1602, elle reçoit « en compensation » un chapitre primatial, une distinction plus honorifique qu’exécutive mais dont l’octroi constitue la première étape d’un processus qui allait conduire, 175 ans plus tard, à la création de l’évêché de Nancy. En effet, la présence d’un primat2 permet au duc Charles III de lancer la construction d’une première église « primatiale » provisoire, achevée en 1603, et placée sous la protection de Notre-Dame de l’Annonciation Vue intérieure de la cathédrale : la nef au premier plan, le chœur en fond Les deux tours à base carrée signées Boffrand et saint Sigisbert (patron de Nancy). Elle est érigée non loin de la place du Marché (actuelle place Charles III). Ce premier projet est suppléé par un second plus ambitieux et situé à l’est de la Ville-Neuve, dans un quartier permettant l’implantation de demeures canoniales à proximité. Si le nouveau chantier démarre rapidement, avec une première pierre posée dès 16073, la suite s’avère moins diligente. Les travaux sont d’abord freinés par le manque de moyens puis s’enlisent dans la Guerre de trente ans. Les conséquences sont terribles et, à la fin du 17e siècle, les constructions déjà réalisées sont à l’état de ruines. 43 Si l’architecture m’était pensée Au début du 18e siècle, sous l’influence du duc Léopold, la construction reprend sous la direction successive de trois maîtres d’ouvrage. Giovanni Betto, architecte italien, dessine en 1703 un édifice inspiré de l’église Sant’Andrea della Valle à Rome. En parallèle, Léopold sollicite les conseils d’un second bâtisseur de renom : Jules Hardouin-Mansart, 1er architecte du roi de France. Celui-ci juge le projet de Betto trop modeste et y ajoute notamment, à la croisée du transept, un dôme gigantesque qui s’avère au final irréalisable pour des raisons de stabilité. La fin du chantier extérieur, qui intervient en 1736, est supervisée par Germain Boffrand, neveu de Mansart et créateur du château de Lunéville. Le 1er novembre 1742, la nouvelle primatiale accueille sa première messe et, après un siècle et demi de travaux, peut enfin rythmer la vie religieuse de la cité. Autour d’elle, le quartier canonial se développe, abritant les demeures des dignitaires et chanoines dont le célèbre hôtel du primat qui jouxte l’église sur sa droite. Toutefois, ce statut initial est de courte durée. En 17664, la mort du roi Stanislas provoque le rattachement de la Lorraine à la France, un bouleversement politique qui conduit à la création d’un diocèse à Nancy. En 1777, la primatiale devient cathédrale devient cathédrale avant d’être élevée au rang de basilique romane en 1867. 1 The cathedral’s architecture features a three-storey façade with two square-based towers, and a central pediment. The first storey includes columns surmounted by Corinthian capitals, and two sculpted angels kneeling above the main door. The two niches in the second storey contain statues of St Sigisbert (left) and St Mansuy, the first bishop of Toul (right). The interior of the building takes the form of a Latin cross. The nave, flanked by six side chapels enclosed by grilles designed at the workshops of master metalworker Jean Lamour, opens onto the choir, where the high altar stands. Transepts extend either side of the nave, with apsidal chapels at the end of each. The superb organ pipes high above the main entrance are worth admiring, as is the splendid cupola above the crossing. Fifteen metres in diameter, with an area of 250 sqm, it is covered by a fresco depicting 150 Old and New Testament characters, painted by local artist Claude Jacquart. 1 - Bénitier 2 44 2 - Ferronneries de la chapelle du Sacré-Cœur réalisées par les ateliers de Jean Lamour r Une ode à la gloire céleste Au niveau architectural, Notre-Dame de l’Annonciation propose une imposante façade à trois niveaux surmontée de deux tours à base carrée de 78 mètres (signées Boffrand) et d’un fronton central que l’on doit à l’horloger nancéien Joseph-François Barbe. Au niveau inférieur, les colonnes sont couronnées de chapiteaux corinthiens et la porte de deux anges agenouillés, rares survivants d’un ensemble de sculptures ayant subi une cruelle iconoclastie durant la Terreur. Au deuxième niveau, deux niches abritent les statues de saint Sigisbert (à gauche) et saint Mansuy (premier évêque de Toul, à droite). A l’intérieur, l’édifice adopte une forme de croix latine, dans un bâtiment rectangulaire. Il abrite une nef s’ouvrant sur un chœur doté d’un imposant maître-hôtel en marbre polychrome et flanquée de deux collatéraux prolongés par des chapelles absidiales. Six chapelles latérales fermées de grilles créées par les ateliers de Jean Lamour complètent l’ensemble. L’abside est ornée de deux tableaux signés Claude Charles et représentant des épisodes de la vie de saint Sigisbert. En levant les yeux, le visiteur peut admirer, au dessus de l’entrée principale, de superbes orgues dont le buffet, datant de 1757, fut sculpté par Meny sur des dessins de Jean-Nicolas Jennesson. Mais l’œuvre la plus remarquable est sans doute la magnifique coupole de 15 mètres de diamètre surplombant la croisée. Décorée de 150 personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament semblant virevolter, cette fresque signée Claude Jacquart est une ode à la gloire céleste de 250 m². The cathedral also contains several relics, liturgical items and special pieces of gold- and silverware, such as the relics of St Sigisbert and of St Gauzelin (a 10th-century bishop of Toul), a gospel-book belonging to the latter, a silver chalice covered with gold and adorned with precious stones, a gold paten (small plate), a liturgical comb and a reliquary ring. Other noteworthy items include an enamelled 13thcentury cross, the stole of St Charles Borromeo (a 16th-century archbishop of Milan), the relics of St Concorde (a Roman martyr) and the remains of the Blessed Alix Le Clerc (a nun from Lorraine, beatified in 1947). Fresque ornant la coupole, décorée de 150 personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament, peinte par Claude Jacquart m Les orgues surplombant l’entrée principale de la cathédrale Au-delà de ces œuvres remarquables, la cathédrale abrite un tout autre trésor. Reliques, objets liturgiques ou d’orfèvrerie : dès sa fondation la primatiale rassemble de nombreuses pièces renforçant la dévotion des fidèles et l’influence du chapitre. Les reliques de saint Sigisbert furent les premières à y être accueillies. Premier roi d’Austrasie - ancien royaume dont la Lorraine est territorialement issue - et fils de Dagobert, Sigisbert partage avec la Sainte Vierge le patronage de l’édifice. Ses reliques reposent à côté de celles de saint Gauzelin, évêque de Toul au 10e siècle dont la cathédrale abrite également un évangéliaire datant du 11e siècle (une pièce comptant parmi les plus belles réalisations de son époque), un calice d’argent recouvert d’or et orné de pierres précieuses, une patène (petite assiette) en or, un peigne liturgique, une bague reliquaire… un ensemble exceptionnel. Parmi les autres pièces remarquables, une croix émaillée du 13e siècle, l’étole de saint Charles Borromée (archevêque de Milan au 16e siècle, canonisé en 1610), les reliques de sainte Concorde (martyre romaine dont le chef est conservé à Nancy) et les restes de la bienheureuse Alix Le Clerc (religieuse lorraine béatifiée en 1947) ; mais aussi des pièces d’orfèvrerie et d’argenterie datant des 17e et 18e siècles, une plaque en ivoire représentant la crucifixion et la résurrection, une crosse épiscopale réalisée par un orfèvre parisien. Autant de pièces, à la valeur spirituelle inestimable, qui témoignent de la place occupée par Nancy dans l’histoire religieuse lorraine. Anthony Humbertclaude 46 1 Les diocèses de Metz, Toul et Verdun, fondés durant les 4e et 5e siècles, ont été les sièges des trois évêchés lorrains jusqu’au 18e siècle. Suite à la constitution officielle du duché de Lorraine au 11e siècle, au départ indépendant, les rois de France se sont largement appuyés sur les évêques de la région, qu’ils nommaient parmi leurs fidèles, afin de limiter l’influence de ce territoire plus souvent favorable au Saint-Empire Romain Germanique qu’à la fleur de lys. 2 Le primat est le plus haut dignitaire parmi les prélats, des autorités religieuses dont les pouvoirs sont surtout honorifiques bien qu’ils puissent inclure une juridiction territoriale. Celle du primat de Nancy s’arrêtait aux portes de son établissement. 3 Pour l’anecdote, sur les plans datant de 1611, le bâtiment est orienté Est-Ouest, alors que la construction finale est orientée Sud-Nord. 4 En 1777, le diocèse de Toul fut divisé pour former les trois diocèses de Toul, Nancy et Saint-Dié. En 1790, Toul et Nancy s ont ensuite rassemblés en un seul diocèse dont le siège est à Nancy. Repère bibliographique : La cathédrale de Nancy - Notre-Dame de l’Annonciation, par Françoise Boquillon. Préface de Monseigneur Jean-Louis Papin. Edition Gérard Louis, 2012. La nuit n’est peut-être que La paupière du jour. L’enseigneMent est un autre soLeiL pour ceux qui Le reçoivent. omar KHaYYaM HeracLite si Les cieux pLeurent, La terre vivra. proverbe hawaiien CRÉDIT MUTUEL ENSEIGNANT 54 31, RUE GUSTAVE SIMON – BP 70228 – 54004 NANCY CEDEX Tél. : 0 820 000 490* – COURRIEl : [email protected] SITE INTERNET : www.CME.CREDITMUTUEl.fR 47 *0,12 E TTC/min. POUR UN HORIZON PORTEUR D’OPTIMISME, REJOIGNEZ NOTRE DIFFERENCE MUTUALISTE. rendez-vous avec l’histoire Le discours de la méthode Émile Coué de la Châtaigneraie (1857, Troyes - 1926, Nancy) Émile Coué a 53 ans lorsqu’en 1910 ce Troyen d’origine vient s’installer définitivement à Nancy, où, au 198 de la rue Jeanne d’Arc, il reçoit, entre 1911 et 1926, hommes, femmes et enfants venus assister à ses « séances ». Petit retour historique sur la trajectoire insolite de cette personnalité atypique du monde médical, grand précurseur de la pensée positive et de la psychologie comportementaliste. Portaits d’Émile Coué A dmiré à l’étranger, mésestimé ou moqué en France, Émile Coué n’a eu de cesse de susciter d’ardents débats entre partisans et détracteurs. Pourtant, ce pharmacien champenois issu de la petite noblesse du Morbihan, est parvenu, dans les années 1920, à rassembler entre ses murs nancéiens des foules de malades venues des quatre coins du monde. Une « clinique libre » au sein de laquelle il prodigue gracieusement les précieux enseignements de sa méthode fondée sur l’autosuggestion consciente, une méthode qui continue aujourd’hui de faire des émules. La relaxation thérapeutique ou la sophrologie en revendiquent clairement l’héritage pendant que les neurosciences sont désormais en mesure de prouver que l’esprit n’existe pas isolément du corps. 48 Buste d’Émile Coué Parc Sainte-Marie Une plaque rappelle que le thérapeute a vécu et exercé en ce lieu de 1910 à 1926 La formation troyenne Autant dire qu’Émile Coué n’avait rien du guérisseur hâbleur prétendant à qui voulait l’entendre que tout allait bien lorsque tout allait mal. C’était un homme pragmatique, un «terrien» soucieux du bien-être d’autrui. Lui qui, à 19 ans, aspirait à s’élever au niveau d’un Gay-Lussac ou d’un Auguste Comte, se résigne à emprunter un chemin plus modeste, celui de pharmacien. Mais dans sa petite officine, à Troyes, l’apothicaire passionné ne se satisfait pas de la distribution de potions et prend le temps d’observer la souffrance de ses clients-patients, de les rassurer par des attentions et des encouragements bienveillants. Une prévenance inattendue qui attise vite la curiosité… Ce soin porté aux autres, Émile Coué va l’affiner tout au long de sa carrière. Petit à petit, il réalise toute la force de la suggestion et de l’action déterminante de l’imagination dans le processus de guérison. Il y a notamment cette anecdote mainte fois rapportée par Coué lui-même. Un jour, une femme très malade et désespérée lui avait demandé un médicament qu’il lui était interdit de composer. Pris d’empathie, il lui donna alors un flacon rempli d’eau distillée aromatisée en lui vantant l’efficacité redoutable de cette potion. Huit jours plus tard, elle était guérie ! Ainsi, Émile Coué venait-il de redécouvrir, par hasard, les bienfaits de l’effet placebo. « Redécouvrir » car le terme apparaît déjà dans le dictionnaire médical Hopper de 1811 avec le sens de «médicament ordonné au malade plus pour lui plaire que pour lui être réellement utile». Les coups du sort… En plus de sa brillance d’esprit, Émile Coué fera quelques rencontres décisives sans lesquelles, très certainement, le pharmacien de Troyes ne serait jamais devenu le maître nancéien. La première, sans doute la plus importante, est celle de son épouse Lucie Lemoine. Elle sera son premier soutien et lui ouvrira les portes de la société influente de Nancy. Viendront ensuite le professeur Hippolyte Bernheim et le docteur Auguste Liébeault, deux fers de lance de l’École de la suggestion (dite aussi École de Nancy en psychologie), grande rivale de la Salpêtrière Ancienne demeure d’Emile Coué, rue Jeanne d’Arc à Nancy du docteur Charcot. Enfin, dernière rencontre décisive, celle, en 1913, du jeune Nancéien licencié en philosophie Charles Baudouin, son premier « disciple » qui, à l’occasion de sa thèse de doctorat, accorde une large place aux idées d’Émile Coué et contribue à le faire connaître à l’étranger. La consécration nancéienne Sa méthode clairement énoncée, sa réputation établie, Émile Coué, poussé par sa femme, décide de passer à la mise en pratique. Il lâche sa pharmacie et se pose avec Lucie dans sa maison du 198 rue Jeanne d’Arc. Une belle et grande demeure au toit d’ardoise, encadrée de deux tourelles. Un jardin baigné de sérénité. Son « jardin du bonheur » où Émile Coué organise ses « causeries » internationales et propage les bienfaits de sa méthode. Celui-là même où il finira par trouver les mots justes. « Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux. » Quatorze mots qui ont fait le tour du monde. Quatorze mots à répéter quinze à vingt fois par jour, matin et soir. Des mots qui continuent aujourd’hui de résonner et d’améliorer le quotidien de millions d’adeptes, à l’instar de l’association Suivre Coué, l’un des deux cercles couéistes de France présidé par Antoine Onnis, qui a su, à travers le temps, conserver la méthode dans son principe tout en modernisant sa pratique. Selon Françoise Capelle, membre de l’association, « l’objectif est la maîtrise de soi : apprendre à conduire sa vie, à cheminer vers la pleine conscience. Avec un vocabulaire plus actuel, on dirait qu’il s’agit de choisir un processus : être responsable… plutôt que victime ». À l’ère des emplois du temps à flux tendus et des incertitudes toujours plus anxiogènes, Émile Coué avait donc su, près d’un siècle plus tôt, proposer une réponse aux agressions multiples du quotidien et au mal de vivre de notre époque. Mathieu Menossi Repère bibliographique : Coué réhabilité. Tous les jours de mieux en mieux, par René Centassi et Gilbert Grellet. Edition Vivez Soleil, 1999. 49 rendez-vous avec l’histoire ILLUSTRES DEMEURES La Villa Majorelle et le Château de Thorey-Lyautey En créant en 2011 le label Maisons des Illustres, le ministère de la culture et de la communication prenait L’initiative de distinguer des lieux à haute valeur patrimoniale et, à travers eux, d’honorer la mémoire des femmes et des hommes qui les ont habités et se sont illustrés dans l’histoire politique, sociale ou culturelle de la France. Depuis, 195 Maisons des Illustres se sont ainsi vues décerner le prestigieux label. Et parmi elles, la Villa Majorelle et le château de Thorey-Lyautey Anonyme, Portrait de Louis Majorelle, MEN, Album photo Jacques Majorelle 50 C Villa Majorelle, Façades Est et Nord photo © P. Mignot onserver et transmettre. Telle est donc la mission que s’est fixé le ministère de la culture et de la communication à travers la création et l’attribution de ce label. Des domaines, des châteaux, des maisons, des appartements, des ateliers, des musées… autant de Maisons dans lesquelles se rejoignent et se confondent histoire locale et nationale et où les plus grands héritages politiques, religieux, scientifiques, littéraires ou artistiques se révèlent entièrement, éclairés à l’aune de l’intimité de leurs créateurs. Attribué pour une durée de cinq ans renouvelable, le label exige que les Maisons soient ouvertes au public au moins quarante jours par an et qu’elles ne poursuivent pas un but essentiellement commercial. La Villa Majorelle et le château de Thorey-Lyautey comptent parmi les cinq lieux lorrains à avoir les honneurs de l’illustre distinction. Les trois autres étant la maison de Robert Schuman à Scy-Chazelles, celle de Raymond Poincaré à Sampigny et la maison natale de Jeanne d’Arc à Domrémy la Pucelle. Villa Majorelle and the château de Thorey-Lyautey: Maisons des Illustres Launched in 2011 by the French Ministry of Culture and Communication and awarded to 195 sites, the title of Maisons des Illustres honours properties with a rich heritage dedicated to celebrating those who lived in them and who spearheaded an act of outstanding political, social and/or cultural importance. Awarded for a fiveyear renewable period, the title requires the Maisons to be open to the public for at least 40 days a year and they must not exist solely for commercial purposes. The Villa Majorelle and the château de Thorey-Lyautey are two of the five properties in Lorraine to have been awarded this prestigious title. The other three are the houses of Robert Schumann in Scy-Chazelles and Raymond Poincaré in Sampigny and the house where Joan of Arc was born in Domrémy la Pucelle. Villa Majorelle, Perron, photo P. Mignot Le fleuron de l’Art nouveau Accorder à la Villa Majorelle le label Maisons des Illustres, c’est mettre en valeur les parcours insolites et indissociables des deux « acteurs » majeurs de cette maison : Louis Majorelle, son commanditaire nancéien (la demeure est aussi connue sous le nom de Villa Jika, d’après les initiales de son épouse Jeanne Kretz), et Henri Sauvage, son architecte parisien. C’est aussi reconnaître l’importance du rôle joué par le premier dans le renouveau des arts décoratifs, et par le second qui a conçu ce formidable archétype de l’Art nouveau, le premier du genre à Nancy. La vision de Sauvage associée au mobilier, boiseries et ferronneries de Majorelle, y sont sublimés par le grès flammé d’Alexandre Bigot, les peintures de Francis Jourdain ou d’Henri Royer et les vitraux de Jacques Gruber. De chaque parcelle de la Villa émane l’essence même de ce formidable élan de modernité avant-gardiste qui traversait alors l’ensemble de la cité ducale, un élan inscrit dans le refus des styles historiques et des pastiches du passé. Une œuvre d’art moderne parfaitement ancrée dans son espace et son époque. Awarding the title of Maisons des Illustres to the Villa Majorelle highlights the extraordinary and inextricable stories of the two «stars» of this house: Louis Majorelle, its patron from Nancy, and Henri Sauvage, the Pairisian architect. We are also drawn to recognise the importance of the role Majorelle played in the revival of the decorative arts and Sauvage’s part in designing this spectacular prototype of the art nouveau genre, the first of its kind in Nancy. The vision of Sauvage marries with the furniture, wood- and metalwork of Louis Majorelle, and the finish is complemented by the Alexander Bigot fired stoneware, the paintings of Francis Jourdain and Henri Royer and the windows designed by Gruber. Château de Thorey-Lyautey Ouvert du 1er mai au 30 septembre de 14h à 18h les dimanches et jours fériés, et sur rendez-vous pour les groupes (choix des dates et horaires à convenir). En fonction des animations, les autres jours d’ouverture sont annoncés sur www.lyautey.fr Rue du Château 54115 Thorey-Lyautey Tél. : +33 (0)3 83 25 12 12 Villa Majorelle Ouverte toute l’année les samedis et dimanches lors de visites guidées qui ont lieu à 13h45 et 15h, ainsi que pendant les journées du patrimoine et la nuit des musées. Réservation obligatoire auprès du service des publics des musées : Tél. : +33 (0)3 83 17 86 77 du lundi au vendredi, de 9h à 12h30 E-mail : servicedespublics [email protected] Le jardin est ouvert toute la semaine, aux heures d’ouverture des bureaux. www.ecole-de-nancy.com 1 Rue Louis Majorelle 54000 Nancy Château de Thorey-Lyautey : le salon marocain « Le château raconte… » Autre lieu, autre modernité. Celle du maréchal Hubert Lyautey dont le château renferme encore la glorieuse épopée, celle d’un homme de génie qui a consacré l’essentiel de sa carrière à la France coloniale, avec sa vision humaniste. Il est notamment le grand architecte du Protectorat marocain dont il fut premier résident général de 1912 à 1925. En apposant au château de Thorey-Lyautey le label Maisons des Illustres, le ministère de la culture rend hommage au destin exceptionnel de ce prince lorrain, également surnommé Lyautey l’Africain. De la salle Lorraine au salon d’Indochine et de Madagascar, en passant par la salle des armes, la bibliothèque aux 16 000 volumes et le somptueux salon marocain où la tradition de Fès y resplendit de mille feux avec ses carrelages, ses poteries et sa tenture brodée : chaque pièce du château de Thorey-Lyautey raconte un pan de l’œuvre de ce personnage hors-norme qui sut imposer ses vues prospectives et s’ériger comme un promoteur de l’amitié entre les peuples, à l’image des relations franco-maghrébines qu’il sut instaurer. Le témoignage précieux d’un visionnaire dont les idées continuent de résonner de nos jours. Mathieu Menossi 52 Another place, another time… Now it’s Marshal Hubert Lyautey, whose château tells the incredible story of a man of genius who devoted the best years of his career to colonial France, and its humanist vision. He was, most notably, the main architect of the French Protectorate in Morocco where he was the first resident minister from 1912 to 1925. By awarding the château de Thorey-Lyautey the title of Maison des Illustres, the Ministry of Culture pays tribute to the incredible journey of the man known both as the Prince of Lorraine and Lyautey the African. As well as rooms furnished in the typical styles of Lorraine, Indochina and Madagascar, visitors can walk through the arms room, the library with 16,000 volumes and the lavishly decorated Moroccan room: every part of the château telling a chapter in the life of this extraordinary character. 53 l’art et la matière En haut de l’affiche de colin à malingrëy, retour sur un siècle de tradition graphique à nancy La Belgique a la Flandre, la France a la Lorraine. Depuis 1796, notre région produit en série les célèbres images d’Epinal1 aux couleurs vives et aux sujets populaires et n’a de cesse de nourrir une belle tradition graphique dont Nancy peut s’enorgueillir d’abriter certains des plus talentueux ambassadeurs. Entre affichistes, illustrateurs et auteurs-dessinateurs, qui sont aujourd’hui les successeurs du célèbre Paul Colin ? Paul Colin, affiche « Les Anciens Elèves de Victor Prouvé exposent », MEN Paul Colin Marguerite Jamois, vers 1930 affiche musée des beaux-arts de Nancy ©ADAGP 54 Paul Colin Félix Potin 1930, gouache sur papier musée des beaux-arts de Nancy ©ADAGP Gilles Ziller, Mortimer dans le chronoscaphe © Blake et Mortimer (E.P. Jacobs 2010) Archives Internationales Editions Jochen Gerner, Le Grand Défi (série « Relecture ») L ’affiche est avant tout un fabuleux vecteur de transmission d’idées. Elle s’expose à la vue de tous. Danton n’évoquait-il pas Paris comme « le plus grand des journaux » ? Le nancéien Paul Colin (1892-1985) avait parfaitement su saisir l’incroyable dimension populaire et l’impact émotionnel qu’impose à lui seul ce support. Si des artistes tels qu’Émile Friant, Victor Prouvé ou même Jacques Gruber étaient de grands lithographes et produisaient déjà des affiches, Paul Colin est l’un des premiers à associer à la démarche publicitaire un regard tout à fait personnel. C’est en 1925 qu’il est révélé avec son visuel pour La Revue nègre qui fera d’une certaine Joséphine Baker la nouvelle reine du music-hall. Il travaille également beaucoup pour le 7e art, notamment avec le réalisateur René Clair (Le Voyage imaginaire, A nous la liberté). Véritable maître de cérémonie des Années folles, Paul Colin s’est imposé comme une figure incontournable du Tout-Paris. Et après avoir refusé de mettre son talent au service du régime de Vichy, l’artiste peint en 1944 son chef d’œuvre : Libération ou La Marianne aux stigmates, une création à la force évocatrice rare qui l’amènera par la suite à défendre, par le dessin, de grandes causes nationales. Paul Colin reste à ce jour l’un des maîtres de l’affiche moderne, dont le style à la fois puissant et élégant a influencé bon nombre de ses successeurs. 55 Bandes dessinées, nobles lettres Sans forcément s’inscrire dans la lignée de Colin, le nancéien Gilles Ziller, professeur retraité de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Nancy, partage néanmoins avec lui le goût du grand format. « Quand on est graphiste ou illustrateur, qu’on aime l’image, faire du grand format, c’est forcément très satisfaisant ». Gilles Ziller est sérigraphe et se consacre essentiellement à l’univers de la bande dessinée. La sérigraphie, c’est cette très ancienne technique d’imprimerie basée sur l’utilisation de pochoirs – en soie, à l’origine – interposés entre l’encre et le support. Un procédé économique au rendu professionnel que le créateur affectionne particulièrement depuis ses années étudiantes. Son travail le plus remarquable reste le fruit de sa collaboration avec Edgar P. Jacobs, le papa de Blake et Mortimer : des aventures dont Ziller a réalisé de nombreux tirages. Un succès unanime qui le mènera, avec l’appui de son ami galeriste Christian Desbois, à collaborer avec de grandes signatures comme Tardi, Bilal ou Frankin. L’occasion pour la bande dessinée, longtemps dénigrée, d’exposer en grand toute sa noblesse. Une relève assurée Rémi MalinGrëy, La couronne de plage Jean-Marc Mathis, dessin extrait de l’album jeunesse « Boris, qu’est-ce que tu fais ? » La Lorraine comptait également - notamment au 19e siècle - des centres de production d’images populaires à Jarville-la-Malgrange, Metz et Pont-à-Mousson qui ont disparu, seul Épinal poursuit son activité aujourd’hui. 1 La tradition de l’image et de l’illustration nancéienne a de beaux jours devant elle, portée par une relève « confirmée » avec des artistes tels que MalinGrëy, Mathis ou Gerner, et une tout juste éclose, à l’image du collectif Schlep. MalinGrëy est l’archétype de l’illustrateur à la personnalité hors norme : dessinateur pour la presse, créateur d’affiches pour le théâtre et le cinéma. On le connaît pour son trait un brin grimaçant, son humour piquant. Ses dessins s’identifient au premier coup d’œil. Mathis suit un itinéraire plus « discret » mais tout aussi singulier. Fils de maçon, il traîne ses guêtres sur les chantiers avant de devenir dessinateur en bâtiment et travaux publics, pour finalement passer par les Beaux-Arts. L’artiste est ce qu’on appelle un touche-à-tout, mais il est surtout un fantastique raconteur d’histoires, passé maître dans le livre pour enfants. Quant à Jochen Gerner, c’est ce drôle de trublion à l’œuvre inclassable qui ne cesse d’interroger le monde de l’imprimé. Auteur-dessinateur incontournable des éditions du Rouergue et de L’Association, Gerner élargit son champ d’investigation graphique en 2002 avec sa publication expérimentale TNT en Amérique. Une déstructuration-reconstruction, sous forme de caviardage, du célèbre album d’Hergé, Tintin en Amérique, à travers laquelle il révèle la violence qui imprègne l’album. Une œuvre polymorphe grâce à laquelle il s’immiscera dans l’univers hermétique de l’art contemporain. Enfin, Schlep – soit « avoir deux mains gauches » en argot yiddish allemand –, c’est le nom que Pierrick, Quentin et Hugo ont choisi pour leur collectif de designers graphiques. Ils sont l’avenir du graphisme made in Nancy. Après avoir notamment signé l’identité graphique des Eurockéennes et de Nancy Jazz Pulsations, ils ont dernièrement réalisé pour la ville le clip La Culture à Nancy. Leur marque de fabrique : des images fortes, des grosses titrailles et des idées percutantes. Un collectif tricéphale pour penser, imaginer, créer trois fois plus vite en trois fois mieux. Mathieu Menossi 56 LES FÊTES DE SAINT NICOLAS À NANCY LES 6 ET 7 DÉCEMBRE 2014 EZOFFRS UN VOU -END K WEEAINT S L AS NICOTIR DE R À PA / PERS.* 49€ SUR LE THÈME LES ARTS DU CIRQUE ANIMATIONS MUSIQUE ET THÉÂTRE DE RUE BROCANTE MARCHÉ DE NOËL SPECTACLE PYROTECHNIQUE DÉFILÉ SPECTACLE THÉÂTRAL TOUS PUBLICS SUR LA VIE ET LES LÉGENDES DE SAINT-NICOLAS RÉSERVEZ EN LIGNE SUR nancy-tourisme.fr ET BÉNÉFICIEZ DE 10% DE RÉDUCTION SUR VOTRE SÉJOUR** ! * Offre séjour spéciale week-end 2 jours / 1 nuit à partir de 49€ par personne sur la base d’une chambre double comprenant : • Une nuit dans un hôtel du Grand Nancy, petit-déjeuner compris • Une entrée au spectacle tous publics, écrit et joué par la Comédie de Nancy, sur la vie et les légendes de Saint-Nicolas • Une visite guidée du centre historique avec un guide conférencier le samedi à 14h30 • Un Saint-Nicolas en pain d’épices par personne • Une pochette d’accueil personnalisée nominative avec la documentation complète ainsi qu’un petit sachet de bergamotes de Nancy, mise à disposition à Nancy Tourisme et Evénements le jour d’arrivée • 10% de réduction sur le prix du séjour si vous réservez votre séjour en ligne sur notre site www.nancy-tourisme.fr ** dans la limite des disponibilités Pour toute information, consultez notre site internet www.nancytourisme.fr ou contactez-nous au 03 83 35 22 41 (tous les jours). Nancy Tourisme et Evénements Place Stanislas – 54000 Nancy / Tél : 03 83 35 22 41 / Photos : © Ville de Nancy / Design graphique et illustration : SCHLEP l’art et la matière UN NANCÉIEN DE FRANCE Raoul Tonnelier (1884, Nancy - 1953, Cunault) Raoul Tonnelier, auto-portrait (1905) © Fanny Tonnelier 58 © ville de nancy Voilà près de sept mois que les estampes de La Légende de France de Raoul Tonnelier ont les honneurs de la cimaise au Musée lorrain de Nancy, dans le cadre de l’exposition « Eté 1914, Nancy et la Lorraine dans la guerre » qui prendra fin le 21 septembre 2014. Au-delà de cette œuvre emblématique, il y a le parcours insolite d’un portraitistepaysagiste exceptionnel, amateur d’antiquités. Des Beaux-Arts au quai d’Orsay En 1900, du haut de ses 16 ans, Raoul Tonnelier regarde Nancy vibrer au rythme de l’Art nouveau. Peu enclin à user les bancs de l’école, il s’intéresse davantage au dessin et à la peinture. Il convainc ses parents de l’inscrire à l’École des Beaux-Arts, avant de partir faire son service militaire. Des obligations auxquelles il est inimaginable pour lui de se soustraire tant le funeste écho de la guerre de 1870 et de l’occupation de Nancy résonne dans son esprit et nourrit en lui un profond sentiment patriotique, sentiment auquel sa fabuleuse Légende de France servira plus tard d’exutoire. Raoul Tonnelier se rend ensuite à Paris, où il intègre l’Académie Julian. Il y parfait son art du portrait mais développe également son goût pour le paysage. Et plus encore que son perfectionnement technique, le jeune Tonnelier doit surtout à l’Académie sa rencontre avec le peintre Gustave Alaux. Raoul Tonnelier organise sa première exposition à Nancy en 1910, à la salle Poirel, puis l’année suivante à Paris, où il fait l’autre rencontre décisive de sa vie : celle de Philippe Berthelot et de son épouse, Hélène qui sera une de ses muses artistiques. Berthelot est l’une des figures les plus importantes du quai d’Orsay et reste connu pour ses nombreuses amitiés artistiques et littéraires. Il a notamment favorisé la carrière de Paul Claudel, Saint-John Perse, Jean Giraudoux ou encore Paul Morand et épaulera celle de Raoul Tonnelier en l’introduisant auprès de ses connaissances influentes. Vue de Fontarrabie, au Pays basque espagnol (peinture, 1908) Bouquet d’iris (peinture, 1910) Ferme à La Tranche en Vendée (peinture, 1934) 59 « A l’assaut », planche du spectacle « La légende de France », estampe sur calque Coll. part. / Photo Ph. Caron De la Grande Guerre à la Légende « Marianne défend la patrie contre les aigle impériaux », planche du spectacle « La légende de France », estampe sur calque Coll. part. / Photo Ph. Caron 60 L’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand précipite l’artiste au cœur de la guerre. Raoul Tonnelier monte au front à Morhange, participe à la bataille des Flandres. Démobilisé en décembre 1914 pour raison médicale, il tient malgré tout à poursuivre l’effort de guerre. Avec son ami Gustave Alaux, il décide donc de mettre en images l’Histoire de France à travers un spectacle, ainsi naît La Légende de France. Au moyen d’une lanterne magique, les deux artistes projettent sur un mur des estampes en papier de couleur avec des personnages en noir représentant les héros de l’histoire française, de Roland à Roncevaux jusqu’à ceux de la bataille du Grand Couronné. Chaque séance est accompagnée de chants patriotiques repris par des chanteurs d’opéra et de poèmes pour beaucoup extraits de La Légende des siècles, de Victor Hugo et récités par des comédiens de la Comédie-Française. La démarche est celle de Lorrains patriotes désireux de raviver le courage des soldats français et de voir la guerre prendre fin au plus vite. La première représentation a lieu dans le salon des Berthelot, boulevard des Invalides. Mais avec Alaux, Tonnelier porte sa Légende au-delà des frontières, de Rome à New York. La dernière projection a lieu à Paris en janvier 1917, après quoi l’artiste remet ses estampes dans les cartons. Elles y resteront jusqu’à ce que Fanny Tonnelier, sa belle-fille, les en exhume. D’une passion à une autre Dans la dernière partie de sa vie, Raoul Tonnelier laisse sa deuxième passion, les objets d’art, prendre le pas sur la première, la peinture. Alors qu’il chine au marché aux puces, à Paris, il achète pour une bouchée de pain deux petits tableaux qui s’avèrent être signés de la main de Jean-Baptiste Camille Corot, célèbre peintre du 19e siècle. Il les revend et s’achète un fond de commerce sur le boulevard Saint-Germain. Raoul Tonnelier est notamment connu pour avoir relancé la mode du lustre en verre de Murano. De nombreux châteaux en furent ornés, et ce jusqu’à la cour d’Angleterre. Mais en 1940, sentant le vent tourner, il décide de vendre sa boutique et part s’installer dans un magnifique manoir, près de Saumur, dont il fera son paradis. Raoul Tonnelier y peint son dernier paysage, en 1949. Il meurt en 1953. Mathieu Menossi Repère bibliographique : Raoul Tonnelier, une vie d’artiste, par Fanny Tonnelier. Monographie retraçant l’itinéraire de l’artiste à la lumière d’archives, documents, lettres, photographies et interviews. Editions Opéra, 2009. Sœur de Raoul Tonnelier, portrait (crayon-pastel, 1905) 61 l’art et la matière Jacques Gruber, vitrail de la porte du pavillon-aquarium du jardin du Musée de l’École de Nancy 62 Un petit coin de paradis à la découverte du jardin du Musée de l’École de Nancy Vue de la partie haute du jardin avec le pavillon-aquarium à droite et le musée en arrière-plan Ancien propriétaire de la superbe villa abritant, depuis 1964, le Musée de l’Ecole de Nancy, Eugène Corbin (1867-1952) est une figure nancéienne emblématique du début du 20e siècle. Proche de Jacques Gruber et Victor Prouvé auxquels il achète de nombreuses œuvres par coup de cœur, il apporte un soutien capital à l’élan créatif de l’Art nouveau1, non seulement pendant la période qui voit fleurir et s’affirmer le mouvement, mais aussi durant les années 1920-1930 alors qu’il cède la place à d’autres tendances. Le musée actuel est le gardien de l’héritage laissé par ce passionné : un don exceptionnel de 759 pièces présentées dans une propriété acquise par la municipalité en 1952 et sise rue du sergent Blandan, une propriété dont le jardin témoigne de l’influence que la nature eut sur l’École de Nancy. A stroll through the garden at the École de Nancy museum The story begins when Eugène Corbin (1867-1952), a major collector of early 20th-century art from the Nancy School, rented a property at 36 rue du sergent Blandan. In 1903 he added a plot of land, where, in 1904, he built an aquarium pavilion - a circular building with a viewing terrace beneath its parasol-shaped roof. In 1911, he had an Art Nouveau house built at 38 rue du sergent Blandan. Constructed under the supervision of Lucien Weissenburger, it adjoined the first house, which Corbin bought in 1919. A wing was added in 1925, and the property assumed its final form in 1932. The L-shaped 3.5 hectare plot included a garden, as well as the villa, and a gallery where Eugène Corbin displayed the works he bought from artists of the École de Nancy. He built up an outstanding collection, most of which he gifted to the City of Nancy in 1935. In 1952, the local authority acquired part of the property (including the townhouse) enabling these 759 works of art to be kept in a place closely associated with their history. After a series of building works, the École de Nancy museum and its garden opened to the public on 26 June 1964. 63 Il était un fois un collectionneur… 1 L’histoire débute par la location d’une petite demeure située 36 rue du sergent Blandan à laquelle Eugène Corbin attache, en 1903, une parcelle de terrain dont il fait l’acquisition auprès de l’horticulteur Félix Crousse2. En 1904, il y fait construire un pavillon-aquarium, édifice circulaire disposant d’une terrasse panoramique et voué au repos et à la contemplation des alentours. Cette œuvre architecturale (classée Monument Historique), de couleur sable et aux courbes Art nouveau coiffées d’un toit en ombrelle, attire immanquablement le regard par sa singularité. Et bien que le nom de son concepteur soit aujourd’hui un mystère3, sa présence reflète toute la personnalité de son commanditaire : un homme d’affaires dynamique (propriétaire des Magasins Réunis de Nancy4 dont il partage la direction avec son beau-frère Charles Masson) et esthète averti. Belles essences et maison de maître 2 1 - Victor Prouvé, Portrait de M et Mme Corbin, MEN, cliché C Philippot 2 - Rose de Carême-Helleborus Orientalis In the early 20th century, the garden at Corbin’s property was planted with species emblematic of the Art Nouveau movement (including ginkgo biloba, lilac, hydrangea, giant hogweed, peony and anemone) and landscaped in a «natural» style. In the 1930s, however, this gave way to the orderly charm of the French style of garden, with its more conventional planting. Now occupying a smaller area and with upper and lower sections, the garden is presented as a delimited space, consisting of a central lawn surrounded by trees and shrubs, through which little paths thread their way. It contains three noteworthy works: the elegant aquarium pavilion, the entrance door to the Gallé workshops, and a funerary monument, one of the first in the Art Nouveau style in Nancy, which was acquired in 1971. 64 En 1911, Eugène Corbin fait construire au 38 rue du sergent Blandan (sous la direction de Lucien Weissenburger) une demeure Art nouveau accolée à la maison du numéro 36 qu’il a achetée en 1919. L’ensemble est complété par une aile en 1925. La propriété adopte sa configuration finale en 1932. En forme de L, elle couvre un terrain de 3,5 hectares abritant la villa mais aussi un jardin, une rivière, une grotte et un potager. Elle est également dotée d’une galerie où Eugène Corbin présente les œuvres qu’il acquiert auprès des artistes de l’École de Nancy, aussi bien par plaisir que pour soutenir leur travail, achetant notamment des pièces restées invendues. Il apporte ainsi un appui important à Victor Prouvé dont il expose les créations aux Magasins Réunis et passe des commandes directes. Au fil des années, il constitue un ensemble d’exception dont il fait en grande partie don à la Ville de Nancy en 1935 : 759 œuvres qui forment le socle des collections actuelles du Musée de l’École de Nancy. En 1952, la municipalité fait l’acquisition d’une partie de la propriété (dont la maison de maître) et offre aux collections (auparavant exposées sur d’autres sites) un lieu de conservation lié à leur vécu. Après une série de travaux, le Musée de l’École de Nancy et son jardin s’ouvrent ainsi au public le 26 juin 1964. Tendances végétales Au début du 20e siècle, l’écrin de verdure de la propriété Corbin abrite des essences symboliques de l’Art nouveau (ginkgo biloba, lilas, hortensias, berces du Caucase, pivoines, anémones…) et son cadre paysager est peu soumis à la « rigueur » géométrique des parterres. Dans les années 1930, il est gagné par le charme plus académique des jardins à la française au vocabulaire végétal délicat et régulier. D’une superficie désormais plus modeste, et doté d’une section haute et d’une section basse, le jardin Corbin apparaît aujourd’hui comme un espace délimité composé d’une partie arborée entourant une pelouse centrale et veiné de petits sentiers. Trois ouvrages remarquables s’y révèlent aux yeux du promeneur : le pavillon-aquarium stylé, le portail des ateliers Gallé (une porte en chêne présentée dans le prolongement de l’aile de la villa depuis 19995), mais aussi un monument funéraire acquis en 1971 et comptant parmi les premiers de type Art nouveau implantés à Nancy. Signé par l’architecte Girard (les sculptures sont de Pierre Roche et les vitraux d’Henri Carot), il provient du cimetière de Préville où il fut érigé en 1901, avant d’être donné au Musée de l’École de Nancy lorsque la concession s’acheva. En mémoire des grands horticulteurs 1 En 1999, dans le cadre de l’Année de L’École de Nancy, le jardin connaît une importante rénovation sous l’œil expert du paysagiste Philippe Raguin qui recompose la partie basse pour y créer notamment une clairière ombragée où se trouve le monument funéraire. La partie haute est également revue afin de redonner aux plantes ayant inspiré les artistes Art nouveau la place qu’elles occupaient au début du 20e siècle. Inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques pour sa rareté, le jardin propose aujourd’hui de nombreuses variétés, fruit du travail des Parcs et Jardins de la Ville de Nancy, qui rendent hommage aux célèbres horticulteurs Félix Crousse et Victor Lemoine. Pivoines Albert et Félix Crousse, variétés Lemoine comme l’anémone Beauté parfaite, lilas Madame Lemoine, deutzia Perle rose-Mont rose ou hortensias hydrangea Bouquet rose, White wave et Mousseline… l’essence même de l’École de Nancy vous attend dans ce petit coin de paradis. Anthony Humbertclaude 1 - Pivoines arbustives 2 - Porte en chêne des ateliers Gallé mentionnant la devise de l’artiste : «ma racine est au fond des bois» 3 - Monument funéraire de style Art nouveau dans la partie basse du jardin 2 1 L’Art nouveau est un mouvement artistique de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle caractérisé par une esthétique aux lignes courbes. Sa déclinaison nancéienne est une alliance appelée l’École de Nancy qui puise son inspiration dans le monde végétal et animal et s’appuie sur une recherche d’utilisation poussée dans plusieurs disciplines (verrerie, ferronnerie, bois, tissu…). 2 élix Crousse est, avec Victor Lemoine, Émile Gallé et Léon Simon, l’un des fonF dateurs de la Société Centrale d’Horticulture de Nancy en 1877. 3 a création fut longtemps attribuée à Lucien Weissenburger mais l’aquarium ne L figurant pas dans la liste autobiographique des œuvres que l’architecte établit à la fin de son existence, cette paternité est désormais incertaine. Les vitraux sont signés Jacques Gruber. 4 es Magasins Réunis avaient leur maison mère à Nancy. Elle fut fondée par Antoine L Corbin, père d’Eugène, en 1890. L’enseigne s’implanta ensuite dans d’autres villes de France comme Paris, Troyes ou Marseille, pour compter 200 boutiques dans les années 1930. Elle disparut en 1983, ses locaux nancéiens, avenue Foch, abritent aujourd’hui Le Printemps. 5 a porte fut exécutée en 1897 par l’ébéniste Eugène Vallin pour les ateliers Gallé, L avenue de la Garenne à Nancy. Présentée dans le jardin du musée dès 1964, elle fut restaurée et montée sur des treillages dans le cadre de l’Année de L’École de Nancy en 1999. 3 + INFORMATIONS PRATIQUES Musée de l’École de Nancy - 36-38 rue du Sergent Blandan - 54000 Nancy Tél. : +33 (0)3 83 40 14 86 - [email protected] www.ecole-de-nancy.com Ouverture : 10h-18h du mercredi au dimanche Fermeture : lundi et mardi toute la journée et 1er janvier, 1er mai, 14 juillet, 1er novembre et 25 décembre. Accès libre au jardin aux horaires d’ouverture (animaux, pique-niques et vélos interdits dans le jardin). Réservations et renseignements visites guidées : tél. : + 33 (0)3 83 17 86 77 du lundi au vendredi de 9h à 12h30 [email protected] Tarif normal : 6 € - Tarif réduit : 4 € Gratuité : jusqu’à 12 ans, groupes scolaires, le mercredi pour les étudiants, Carte Jeunes Nancy Culture, Museumpass, et ayants droits sur justificatif. Visites guidées : 1,60 € par personne en plus du billet d’entrée. Visites guidées des collections permanentes tous les vendredis, samedis et dimanches à 15h (sans réservation). In 1999, as part of a year-long celebration of the Ecole de Nancy, the garden underwent major renovation work under the expert supervision of landscaper Philippe Raguin, who rearranged the lower part to create a shady glade. The upper part was also redesigned, to give the plants which so inspired the Art Nouveau artists the same prominence they enjoyed in the early 20th century. The garden is sufficiently unusual to be included on the supplementary list of France’s Monuments Historiques, and is now planted with several species paying tribute to the horticulturalists Félix Crousse and Victor Lemoine. Among them are the « Albert Crousse » and « Félix Crousse » peonies, Lemoine cultivars such as the « Beauté parfaite » anemone, « Madame Lemoine » lilac, « Perle RoseMont Rose » deutzias together with the « Bouquet Rose », « White Wave » and « Mousseline » hydrangeas. 65 Petite et grande Histoire du Musée de l’École de Nancy Ouvert le 26 juin 1964, le Musée de l’École de Nancy fête ses 50 ans, une année symbolique ponctuée de plusieurs événements. Le 26 juin 2014, une journée de gratuité fut proposée de 10h à 20h pour découvrir ou redécouvrir les collections. Elle fut accompagnée d’une cérémonie officielle en présence de Monsieur Philippe Bouton-Corbin, descendant de la famille Corbin, et l’occasion de proposer aux invités des visites sur le thème « Du musée Corbin au Musée de l’École de Nancy ». En outre, à partir du 20 septembre, le musée lance, en lien avec l’association des Amis du Musée, une souscription pour l’achat d’un luminaire en bronze et vitrail Les pièces de la donation Corbin furent présentées aux Galeries Poirel jusqu’en 1939, MEN 66 signé Louis Majorelle, qui sera ensuite restauré. Cette pièce, dont l’établissement ne possède pas d’équivalent, sera exposée à cette occasion. Au programme également : la présentation d’une lampe Les Coprins d’Emile Gallé (lampe champignon) achetée par le musée en 1956 et récemment restaurée, la publication d’un ouvrage consacré à Émile Gallé, différentes animations et une exposition-dossier intitulée Petite et grande Histoire du Musée de l’École de Nancy qui évoquera la création la création et l’évolution du musée, mais aussi les décennies qui précèdent son ouverture. C’est en effet à la fin du 19e siècle (lors d’une exposition organisée aux Galeries Poirel de Nancy en 1894) que les 17 pièces formant les collections actuelles sont acquises par la Société des Arts Décoratifs Lorrains (des pièces signées Gallé, Prouvé et Martin). Elles sont tout d’abord présentées dans le cadre d’un musée des Arts Décoratifs créé en 1900 et intégré au Musée de Sculptures et Peintures, à l’Hôtel de Ville de Nancy. Enrichi notamment par l’achat de pièces Gallé en 1904, et par une donation Majorelle en 1927, ce premier ensemble est ensuite « adoubé » par Eugène Corbin et rejoint les œuvres dont il fait don à la Ville en 1935. L’ensemble est exposé aux Galeries Poirel jusqu’en 1939, puis envoyé dans le sud de la France pour lui éviter de subir le pillage nazi, avant de revenir à Nancy à l’issue de la guerre. Il faut attendre l’achat de la propriété Corbin par la municipalité en 1952, et l’ouverture du musée qui suit pour que la collection gagne son lieu d’exposition actuel. A l’époque où l’Art nouveau se retrouve au creux de la vague sur le marché, le Musée de l’École de Nancy est aussi pour lui un lieu de refuge face au désintérêt des grands musées et des collectionneurs. Un statut qui permet à l’établissement d’acquérir des pièces à des conditions bien différentes de celles actuellement pratiquées. Valérie Thomas, conservateur du musée, aime ainsi rappeler cette anecdote. « À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, la veuve d’Hector Guimard - architecte majeur du mouvement Art nouveau proposa à l’état français une donation d’œuvres de son mari qui fut refusée. Le directeur des Musées de France lui conseilla plutôt de s’adresser aux musées de province ». Une décision dont Nancy se félicite encore ! Anthony Humbertclaude Édifié en 1904, le pavillon-aquarium est une construction de style Art nouveau doté d’une terrasse panoramique permettant d’admirer les jardins alentour saisons culturelles Sur un air de classique ! Rencontre avec quatre associations qui donnent le « La » L’orchestre baroque de Mexico « La Partenope », dirigé par le premier violon Olivier Briand. Photo DR 68 L’Ensemble Stanislas, l’ALMC, le Gradus ad Musicam, l’AMAN, Quatre structures qui font vivre la musique classique à Nancy. Quatre structures qui se partagent un vaste « territoire » musical et s’appliquent à lui donner vie, saison après saison, à créer des passerelles entre des œuvres ou des compositeurs parfois méconnus et un public mélomane ou simplement heureux de pouvoir aiguiser sa curiosité. Quatre longues et belles aventures musicales qui continuent d’écrire leurs pages respectives entre les murs, notamment, de la salle Poirel, véritable creuset de la musique classique nancéienne. L’ALMC (Association Lorraine de Musique de Chambre) L’ALMC vit en 2014 sa 68e saison de musique de chambre, sans aucune interruption. Une santé de fer pour cette association de bénévoles née en 1947 de la volonté d’un groupe de passionnés de musique de chambre d’écouter, et de faire écouter à Nancy, les musiciens les plus prestigieux. Si les premiers concerts se donnent entre les murs de salons privés, l’association gagne peu à peu ses galons et finit par arpenter les planches des salles de spectacles de la cité ducale. La particularité de l’ALMC ne tient pas tant dans ses intentions initiales que dans sa capacité à inscrire son action dans le temps. En 68 ans, l’ALMC n’a accusé aucun coup d’arrêt, aucune rupture dans sa ligne artistique et reste depuis ses origines une association de bénévoles, tous animés par le seul plaisir de diffuser leur musique en toute indépendance à qui veut bien l’entendre. Du classique romantique du 19e siècle à la musique contemporaine, en passant par la musique ancienne et le baroque : l’ALMC ne s’enferme pas dans un répertoire spécifique et préfère rester ouverte à toutes les formes musicales pourvu qu’elles se prêtent aux petits effectifs. A l’instar du concert qui sera donné le 13 janvier 2015 à la salle Poirel et rassemblera le groupe des Percussions de Lyon, l’Ensemble Variances, véritable fleuron normand de la musique contemporaine, et Thierry Pécou, compositeur et pianiste connu et reconnu, qui se chargera de faire naviguer tout ce petit monde vers les Caraïbes d’hier et de demain. Une approche à l’image de l’identité musicale de l’ALMC, originale, pleine de subtilités et de connivences avec un public de plus en plus fidèle. ALMC - Association Lorraine de Musique de Chambre Tél. + 33(0) 3 83 22 97 00 - [email protected] - www.almc.com.fr « Caraïbes d’hier et de demain », un concert au programme de l’ALMC dans le cadre de la nouvelle saison Le quatuor à cordes de l’Ensemble Stanislas. Photo DR L’Ensemble Stanislas Alors que sa saison 2014-2015 sera consacrée aux musiciens dans la tourmente de 14-18, l’Ensemble Stanislas prendra néanmoins le temps, en octobre, de célébrer ses trente ans d’existence lors d’un concert-spectacle hors-norme avec le musicien Bertrand Causse, violoniste et siffleur, dans une mise en scène de Henri de Vasselot. Des festivités bien méritées pour cette odyssée qui a commencé en 1984, à l’initiative du violoncelliste Jean de Spengler. Epaulé par trois de ses amis musiciens, il décide de fonder cette association pour donner un cadre à sa passion, la musique de chambre. A ce quatuor se rallie bientôt un quintette d’instruments à vent, venus apporter leur souffle, auxquels peuvent se joindre les cordes pincées et frappées d’une harpe et d’un piano. Depuis, l’Ensemble Stanislas a donné plus de huit cents concerts en formation quatuor ou « élargie », présenté plusieurs centaines d’œuvres, enregistré près d’une vingtaine de disques et arpenté la terre entière. Il compte aujourd’hui parmi les acteurs incontournables de la scène musicale lorraine, alternant entre le répertoire classique des éternels Mozart, Beethoven et autre Schubert ; des œuvres plus singulières, souvent ignorées, à l’image de celle de Joseph-Guy Ropartz ; et la musique contemporaine pour laquelle Jean de Spengler, désireux d’inscrire l’association dans la musique de son temps, n’hésite pas à bousculer les habitudes auditives des plus orthodoxes. Des programmes riches et éclectiques, donc, répartis entre la saison de concerts donnés à la salle Poirel et une dizaine d’autres organisés sur l’ensemble des quatre départements lorrains. Ensemble Stanislas - 11 Grande rue - 54000 Nancy Tél . +33(0)3 83 37 93 45 - [email protected] - www.ensemble-stanislas.com 69 L’AMAN (Association de Musique Ancienne de Nancy) Les années 1980 furent définitivement des années de belles initiatives musicales puisque 1982 vit également se créer l’Association de Musique Ancienne de Nancy. Sa démarche est de faire connaître et aimer du grand public un patrimoine musical resté longtemps mésestimé et couvrant une vaste période allant du Moyen Âge au romantisme du 18e siècle, en passant par les répertoires baroque et Renaissance. Le tout dans une alternance de sacré et de profane, d’œuvres instrumentales et vocales. Ainsi l’AMAN œuvre-t-elle à la (re)découverte de trésors anciens interprétés dans le respect des partitions et des instruments originels par les meilleurs ensembles spécialisés, soucieux d’exhumer des textures musicales oubliées. Symbole de l’éclectisme artistique qu’elle encourage, l’AMAN présentait au mois de mai dernier, en partenariat avec les Rencontres Musicales de Saint-Ulrich (Sarrebourg), une œuvre pour le moins insolite intitulée « Ombre et lumière, des cathédrales coloniales mexicaines aux Indes 70 Galantes de Rameau » : l’occasion exceptionnelle de découvrir pour la première fois en France l’orchestre baroque de Mexico, La Partenope. En parallèle, l’AMAN est investie dans la publication et la création de musiques anciennes inédites, dans la mise en œuvre d’activités pédagogiques et de formations, ainsi que dans l’aide et le soutien à des musiciens et ensembles baroques lorrains. Enfin, avec le concours du Conservatoire du Grand Nancy, des universitaires et musiciens lorrains, l’AMAN a initié la célébration en Lorraine de la Journée Européenne de Musique Ancienne (JEMA), le 21 mars 2014, placée sous l’égide de l’UNESCO. Dès 2015, cette initiative partagée aura vocation à irriguer l’ensemble de la Lorraine. Autant d’actions menées avec énergie par cette association qui a su, en 34 ans d’existence, s’imposer comme le médiateur privilégié pour tous les amoureux de cette musique qualifiée d’« ancienne » mais résolument tournée vers l’avenir. Pour l’ensemble Stimmwerk, invité par l’AMAN, la Renaissance représente une richesse inépuisable de musique vocale © Johannes Braus AMAN - Association de Musique Ancienne de Nancy 11 Grande rue - 54000 Nancy Tél. +33(0)3 83 30 16 55 [email protected] www.aman-nancy.fr Facebook : AMAN.Nancy Le Gradus ad Musicam Autre ensemble, autre baguette. Celle de François Legée à la tête du Gradus ad Musicam depuis plus de trente ans. Une association qu’il imagine en 1982 avec quelques amis et à laquelle il insuffle une philosophie simple et exigeante, celle d’« offrir à tous ceux qui le souhaitent la possibilité d’interpréter de grandes œuvres musicales». Une singularité qui se traduit par un enrichissant et judicieux mélange d’amateurs désireux d’apprendre et de professionnels heureux de transmettre. Une dimension pédagogique fondamentale qui résonne jusque dans le titre même de l’association. Gradus ad Musicam… « On va vers la musique ». De ce jeu d’échange et de partage résulte un fantastique élan créateur que François Legée s’efforce d’harmoniser avec, face à lui, quelques 150 musiciens, bénévoles et amateurs, encadrés par des professionnels bienveillants et répartis en diverses formations chorales et orchestrales. De quoi apporter suffisamment de souplesse pour permettre au GAM de s’adapter à tout type de projet ou de structure. Le répertoire de l’association balaie ainsi de nombreuses époques, du 17e au 21e siècle. Il va de la musique sacrée traditionnelle (Les Passions de Bach, Le Stabat Mater de Pergolèse) à la chanson française (La Chanson du mal aimé, la partition de Léo Ferré et les mots d’Apollinaire), en passant par des œuvres symphoniques mais aussi des créations contemporaines pour lesquelles François Legée n’hésite pas à entremêler les disciplines (théâtre, musique, danse, arts du cirque…), défendant cette idée que la création artistique est vaine si elle n’est pas appréciée par le plus grand nombre. n Gradus ad Musicam Administration générale 2 rue des Fabriques - 54000 Nancy Tél. +33(0)3 83 36 85 98 [email protected] www.gradus-ad-musicam.com Mathieu Menossi Une place à part L’origine de l’Orchestre symphonique et lyrique de Nancy remonte au 27 juin 1884 lorsque Édouard Brunel, directeur du Conservatoire de Musique nouvellement créé, donne avec les professeurs de l’établissement un concert dans les grands salons de l’Hôtel de Ville. Sous l’impulsion de Joseph-Guy Ropartz, devenu directeur du Conservatoire, et d’Albert Carré, alors directeur de l’Opéra, est instituée une saison de concerts symphoniques qui se déroule, à partir de 1889, à la salle Poirel, construite spécialement à cet effet. Dès sa création, l’orchestre, alors appelé Orchestre du Conservatoire de Nancy, accueille les plus grands solistes de l’époque : Eugène Ysaye, Alfred Cortot... En 1979, Jérôme Kaltenbach remplace à la tête de l’orchestre le Directeur du Conservatoire de l’époque, Noël Lancien. L’Orchestre devient alors indépendant du Conservatoire et remplit sa double mission symphonique et lyrique. Il prend d’ailleurs le nom d’Orchestre symphonique et lyrique de Nancy. Depuis, outre des tournées internationales qui ont conduit l’orchestre en Italie et en Bulgarie, de prestigieux solistes se sont produits à ses côtés : Christian Zaccharias, Bruno Léonard Gelber, Montserrat Caballe, Gundula Janowitz, Salvatore Accardo, Natalia Gutman, Alicia de Larrocha, Brigitte Engerer... et de talentueux chefs invités l’ont dirigé : Woldemar Nelsson, Manuel Rosenthal, Stephan Kovacevitch, Armin Jordan, Heinz Wallberg, Louis Langrée, Evelino Pido, Christian Arming, Juraj Valcuha, Kirill Karabits... Sebastian Lang-Lessing a été nommé directeur musical de l’orchestre en septembre 1999. Le 1er septembre 2006, Paolo Olmi lui a succédé jusqu’en 2010. Plébiscité par les musiciens, Tito Muñoz est ensuite engagé pour diriger l’Orchestre symphonique et lyrique de Nancy de 2011 à 2013. Pour la saison 2014-2015, Rani Calderon est le premier chef invité. 71 terre de savoirs UNIVERSITÉ DE LORRAINE depuis 1572 Fronton de la Faculté de droit, sciences économiques et gestion de Nancy En 2012, l’institut national polytechnique de Lorraine, l’université Henri Poincaré Nancy 1, l’université Nancy 2 et l’université Paul Verlaine-Metz fusionnaient pour donner naissance à l’université de Lorraine, présidée actuellement par Pierre Mutzenhardt. Un pôle d’étude et de recherche majeur qui, au-delà de constituer un nouvel atout évident pour la région et son rayonnement, se dresse comme l’étendard d’une glorieuse et ancienne tradition universitaire 72 Un nouveau territoire universitaire A l’origine de cette fusion, il y a un mouvement général de mondialisation de l’enseignement, une concurrence accrue entre les différents campus et des étudiants qui se tournent toujours plus loin vers l’étranger : des motivations auxquelles les grandes Facultés doivent faire face en augmentant leur visibilité au niveau international. Aujourd’hui, l’Université de Lorraine, ce sont 3700 enseignants pour près de 55 000 étudiants et un campus de plus de 800 000 m² répartis sur 52 sites. Une institution qui couvre tous les champs de la connaissance et peut désormais se hisser sans rougir au niveau de ses concurrentes européennes et mondiales. Une fusion hautement bénéfique, donc, pour une Lorraine soucieuse de relancer une industrie de pointe fondée sur la connaissance, la technologie et la technique, et confirmant ainsi les dispositions « pionnières » et de ses grands pôles de transmission du savoir. L’histoire d’une tradition La tradition universitaire lorraine est ancienne et on la doit notamment à la volonté du duc Charles III de former une élite régionale éclairée pour assurer la gestion du duché. Ainsi les murs de la première université sont-ils érigés suite à la Bulle pontificale in Supereminenti scellée par le Pape Grégoire XIII en 1572. Un établissement localisé à Pont-à-Mousson, à égale distance des trois cités épiscopales (Metz-Toul-Verdun) et de la cité ducale de Nancy et dont les clefs sont confiées à l’Ordre des Jésuites. Une université contre-réformiste aux portes de l’Allemagne protestante : autant dire que le choix est éminemment politique. La Lorraine rattachée à la France en 1766, l’institution est rapatriée à Nancy après que Louis XV ait expulsé les Jésuites hors du pays. Prise dans les tourments de la Révolution, elle ferme ses portes pour les ouvrir à nouveau… en 1864. Elle est alors élevée sur l’actuelle place Carnot, entre les murs du nouveau palais de l’Académie (l’actuelle Faculté de sciences économiques et gestion), œuvre de l’architecte Prosper Morey. Dans le malheur de la guerre franco-prussienne qui éclate six ans plus tard, Nancy profite pourtant d’une chance extraordinaire, celle de voir se réfugier derrière ses murs industriels, artisans et intellectuels fuyant l’Alsace occupée. Un exil qui a considérablement favorisé le développement des sciences dans la cité ducale. La Faculté de médecine devient alors l’une des principales facultés françaises. Et, à la fin du 19e siècle, l’université de Nancy se situe à la tête des universités de province. 1 2 Devoir de mémoire « Cette longue et précieuse tradition universitaire, la Lorraine a eu la chance de la voir se perpétuer jusqu’à aujourd’hui », souligne Eric Germain, doyen de la Faculté de droit, sciences économiques et gestion de Nancy institution dont on s’apprête à fêter le cent-cinquantenaire de la restauration. « Je crois qu’il est très important que l’on sache le poids de l’université dans la région. Que l’on se souvienne de ses grands maîtres, des grandes découvertes qu’elle a abritées. Et pour rester dignes devant ceux qui vous ont précédés, encore faut-il les connaître ». La célébration de cet événement s’ouvrira dès le mois de septembre sur un colloque intitulé L’Université à Nancy et en Lorraine : histoire, mémoire et perspective. « Il s’agira de transcender le présent pour inscrire une réflexion sur l’avenir », précise Éric Germain. Une réflexion que viendra illustrer une exposition organisée dans le cadre des journées du patrimoine ainsi que des pièces de théâtres et des concerts donnés par l’Orchestre symphonique universitaire de Lorraine. 3 Cet événement sera donc l’occasion pour les Grands Nancéiens et les Lorrains de s’imprégner d’un des patrimoines universitaires les plus riches de France. Patrimoine qui fait aujourd’hui de l’université de Lorraine l’une des plaques tournantes européennes incontournables du savoir et de sa diffusion. Mathieu Menossi 1 - Bibliothèque universitaire de la Faculté de droit, sciences économiques et gestion de Nancy 2 - Entrée de la Faculté 3 - Porte de la bibliothèque universitaire. Sculptée par Frédéric Steiner dans un bois fourni par Louis Majorelle, elle illustre les sciences pharmaceutiques. 73 terre de savoirs EN QUÊTE DE MÉMOIRE Paul Michels, Lavandières sur les quais de la Moselle à Pont-à-Mousson (1910) © CIL Voilà vingt ans que le Centre Image Lorraine (CIL), ancien Conservatoire régional de l’image (CRI), assure la délicate mission de recueillir, rénover, archiver et valoriser le patrimoine iconographique lorrain, français et international. En cette année de centenaire de la Grande Guerre et jusqu’en 2018, le CIL honorera son devoir de mémoire en fédérant les opérations de collecte auprès des détenteurs lorrains - privés et institutionnels - de documents iconographiques sur le conflit. L Mai 68 place Stanislas © Claude Bardot / CIL 74 e Centre Image Lorraine détient le plus riche patrimoine audiovisuel du Grand Est de la France et compte aujourd’hui parmi les vingt-cinq plus grandes collections nationales du genre. Au même titre que les sculptures d’un Ligier Richer ou les gravures d’un Jacques Callot, son fonds constitue un ensemble patrimonial inestimable, garant de notre mémoire collective. En tant que partenaire privilégié de la Communauté urbaine du Grand Nancy et première banque d’images numériques sur la Lorraine, le CIL pointe parmi les vecteurs majeurs de diffusion culturelle de notre région. Une charge que le Centre assume pleinement que ce soit via son site Images de Lorraine ou en favorisant l’accès à son patrimoine au plus grand nombre - professionnels (producteurs, réalisateurs, diffuseurs…), enseignants, chercheurs ou grand public - par l’organisation d’expositions, la diffusion de documentaires télévisuels, de publications, ou la programmation de cycles de projections. Le CIL en chiffres… 1 Dans l’un des bâtiments de l’ancienne Manufacture des Tabacs de Nancy, le CIL veille sur près de 5500 livres consacrés au cinéma et à la photographie, 60 collections complètes et 50 000 revues spécialisées sur le cinéma, 44 000 dossiers de presse cinématographiques, 50 000 photographies d’exploitation de films, 6000 affiches de cinéma, quelques fonds d’archives (Jean L’Hôte, Renoir, Méliès, Jean d’Arcy), une collection muséographique d’appareils (ciné, photo, TV), des plaques de lanterne magique... Côté cinémathèque, 6000 films y sont référencés, répartis entre longs et courts-métrages. On y trouve également une collection de 30 000 films amateurs inédits. Un fonds tout particulier est consacré au travail des deux célèbres vulcanologues Katia et Maurice Krafft avec plus de 800 films 16mm portant sur les plus importants volcans du monde. Enfin, côté photothèque, ce sont près de deux millions d’images, de 1850 à nos jours, auxquelles viennent s’ajouter 300 000 diapositives liées aux recherches des époux Krafft. 1914-1918 version 2.0 2 Centre Image Lorraine 9 rue Michel Ney - 54000 Nancy Tél. : +33 (0)3 83 32 74 73 www.imagesdelorraine.org Heures d’ouverture : Lundi au jeudi : 8h - 12h / 14h - 18h Vendredi : 8h - 12h / 14h - 17h Le 11 novembre 2013, le Centre Image Lorraine inaugurait symboliquement son nouveau site imagesde14-18.eu, exclusivement consacré au conflit de la Première Guerre mondiale. Un projet qui s’inscrit dans la campagne de numérisation nationale du ministère de la culture et de la communication et qui a reçu le soutien des quatre départements de la région, du Conseil Régional de Lorraine, de la Communauté urbaine du Grand Nancy et de la Mission du Centenaire 14-18. On compte à ce jour 20 000 images référencées, dont certaines projetées en 3D au réalisme captivant et un moteur de recherche innovant et intuitif permettant à l’internaute de naviguer en toute simplicité au sein de ce précieux corpus. Pour les quatre années à venir, le CIL se fera donc le collecteur d’un flux continu de documents inédits (photographies, plaques de verre, vues stéréoscopiques, tirages, cartes postales, dessins, gravures…) et prévoit d’en rassembler près de 100 000 d’ici 2018. Le site images14-18.eu constituera et constitue déjà un album numérique exceptionnel au service du devoir de mémoire et de sa diffusion. Mathieu Menossi 1 - Caricature de Guillaume II (1859-1941), empereur d’Allemagne, réalisée par Georges Méliès (1861-1938) © CIL 2 - Publicité : 14-18, premier conflit durant lequel Kodak offre des appareils photos aux militaires pour rapporter des images du front © CIL The Centre Image Lorraine, looking after the local heritage The Centre Image Lorraine (CIL) holds the richest audiovisual heritage in Eastern France and currently ranks as one of the twenty-five largest national collections of its kind, housing a priceless archive of local memories. As the first digital image bank for the Lorraine region, it stands out as one of the driving forces for promoting the region’s culture, a role in which the Centre excels, whether through its website “Images of Lorraine” or championing access to its heritage for the widest audience possible, by organising exhibitions, broadcasting television documentaries, releasing publications or planning series of screenings. In one of the buildings of the former Nancy tobacco factory, the CIL holds almost 5,500 books dedicated to cinema and photography; 60 complete collections and 50,000 specialist film journals; 44,000 film press kits; 50,000 photographs of movie releases; 6,000 film posters; some archive collections (Jean L’Hôte, Renoir, Méliès, Jean d’Arcy), a museum collection of cinema, photography and TV equipment and magic lantern slides. There are 6,000 films - including feature length and shorts - indexed in the film library as well as a collection of 30,000 previously unseen amateur films. And finally, there are nearly two million images in the photo library, dating from 1850 to the present day. On 11 November 2013, the Centre Image Lorraine launched its new website imagesde14-18.eu, dedicated exclusively to the First World War, a project which forms part of the Ministry of Culture and Communication campaign for national digitisation. There are currently 20,000 indexed images, some of which are grippingly realistic in 3D, and an innovative, predictive search engine which enables the user to explore every corner of the collection. Over the course of the next four years, the CIL will collect a steady stream of previously unseen material (photographs, glass photographic plates, stereoscopic images, prints, postcards, drawings and engravings) and predicts to have amassed nearly 100,000 between now and 2018. 75 sports azimuts L’école de l’ovalie NANCY SEICHAMPS, UN CLUB CENTENAIRE QUI MISE SUR LA FORMATION L’esprit d’équipe est manifestement la mentalité qui caractérise le monde du rugby. Bien entendu, au fil des grands tournois, des retransmissions et de la mise en lumière de joueurs emblématiques, la planète ovalie gagne peu à peu en notoriété. Mais au-delà du feu médiatique, ce sport doit aussi en grande partie son succès croissant au travail de terrain effectué par les clubs locaux qui initient, forment et encadrent les jeunes pousses et leur inculquent les valeurs nobles de ce sport. L’école de la vie, ni plus, ni moins… 76 A u sein du Grand Nancy, deux clubs œuvrent ainsi pour une meilleure implantation du rugby dans le tissu social et associatif. Le plus important d’entre eux, en nombre de licenciés, est celui des Loups et Louves de Nancy-Seichamps. Avec 500 membres, il occupe la 42e place sur 1600 clubs en France. Né en 1904 sous le nom de Stade Lorrain1, il fut présidé dans les années 1930 par une personnalité emblématique : Marcel Picot, un passionné de rugby qui a fait construire à Tomblaine le stade qui porte aujourd’hui son nom. Désormais fruit d’une fusion des cinq clubs de l’agglomération qui existaient au début des années 1980, NancySeichamps Rugby mène, sous l’influence de son président actuel Olivier Heyd, un travail spécifique au niveau de la formation, capitalisant ainsi sur l’avenir et la transmission pour gravir la hiérarchie nationale de la discipline. Le club est très actif tout au long de l’année avec des matchs le week-end, des entrainements pour les plus jeunes les mercredis et samedis après-midi et bien d’autres rendez-vous. Le Stanislas Sevens, un tournoi à 7 de niveau international, reconnu par la Fédération Française de Rugby, est également organisé chaque année en mai. Rome ne s’est pas faite en un jour… Et si l’on parle de Loups mais aussi de Louves lorsqu’on évoque le club - dont cet animal est l’emblème - c’est bien parce qu’en matière de résultats, les filles n’ont rien à envier aux garçons, bien au contraire ! Si les équipes masculines séniors évoluent au niveau régional (division Honneur), les féminines ont atteint les sphères nationales que ce soit en séniors (division Fédérale 1, 3e échelon du championnat français) ou en cadettes avec des championnes comme Magalie Gras (équipe de France militaire), Marjolaine Ferris et Élodie Houillé (équipe de France des moins de 20 ans) ou Roben Muller (championne de France des lycées agricoles). Ovaliser hors de ses terres Au sein du club de Nancy-Seichamps, trois éducateurs par catégorie, tous diplômés, animent une politique sportive où l’amusement et le jeu doivent primer afin de ne pas renvoyer l’image d’une usine à guerrier. « La plupart de ceux qui commencent à pratiquer le rugby restent au club ou dans le circuit » confie Olivier Heyd qui souhaite développer de nouvelles actions dans des zones où le rugby n’est pas présent, comme la région du Grand Couronné par exemple. Cela débute généralement par des séances d’initiation, des stages découvertes ou de vacances, avec pour objectif à terme d’ouvrir de nouvelles écoles de rugby. Les démarches peuvent aussi prendre la forme de partenariats avec les établissements scolaires en vue de créer des sections sportives spécialisées. Ces initiatives, Nancy-Seichamps Rugby n’est pas le seul club de l’agglomération à les mener. Il est en effet épaulé, depuis huit ans, par celui de Villers-lès-Nancy (200 licenciés dont une école d’une centaine de jeunes) qui s’implique aussi dans la promotion du rugby. De taille plus modeste que son homologue, et évoluant en 4e série, Villers est d’ailleurs l’un des cinq clubs qui avaient fusionné voici une trentaine d’années. Le rugby est une belle et grande famille, à n’en pas douter ! Anthony Humbertclaude 1 e premier match de rugby à Nancy eut lieu le 15 novembre 1904. L Le Stade Lorrain battait Commercy 22 à 0. Nancy Seichamps Rugby Stade Matter - Boulevard d’Austrasie - 54000 Nancy Tél. : +33(0)3 83 37 48 51 [email protected] www.nancy-seichamps-rugby.org Le club mise beaucoup sur les jeunes générations avec une belle réussite, comme l’illustre également l’équipe junior des Belascains qui évolue aussi dans le championnat national. Ce travail de forge, s’appuyant sur un terreau d’autant plus sain que les considérations financières ne priment pas dans le rugby, base toute sa pédagogie sur la mise en avant de valeurs propres au milieu comme le respect, le partage, l’altruisme, le don de soi, la tolérance… Il prend sa source au cœur même du club qui possède sa propre école de formation - pour le rugby à 15 principalement - accueillant près de 200 jeunes, âgés de 5 ans et demi à 15 ans. D’un point de vue pratique, la plupart des installations sont en centre ville, proches des lignes de bus, ce qui facilite l’accès aux entrainements. L’inscription est simple, il suffit de venir au club pour passer une visite médicale puis de faire une demande de licence, avant d’endosser le maillot aux couleurs bleu marine, fuchsia et jaune. 77 à la découverte du Grand Nancy Philippe Claudel en plateau © Pascal Bodez Zoom sur les lieux de tournage de l’agglomération dans l’œil du cinéaste La Lorraine, terre de cinéma… c’est une réalité depuis maintenant une quinzaine d’années. Si la région est surtout connue pour ses festivals, notamment le grand frisson vosgien de Gérardmer et la balade italienne villeruptienne, le Grand Nancy, fort de son patrimoine architectural et artistique, séduit aussi le 7e art, mais dans un autre registre, celui du tournage. Nombre de cinéastes sont ainsi venus poser leur caméra au cœur de la cité ducale, une dynamique qui devrait encore se renforcer dans l’avenir. P armi les réalisateurs ayant succombé aux charmes de Nancy, l’un des plus célèbres est certainement l’écrivain Philippe Claudel qui y tourne en 2008 son premier film, une adaptation de son roman Il y a longtemps que je t’aime, avec Kristin Scott-Thomas, Elsa Zylberstein et Serge Hazanavicius. Des séquoias pleureurs du parc Sainte-Marie aux courbes de la piscine Nancy Thermal, en passant par la place Stanislas et son élégant Grand Café Foy, mais aussi la brasserie Excelsior, la terrasse de la Pépinière ou le quartier Art nouveau de Saurupt : le cinéaste filme la ville sous toutes ses coutures et signe une œuvre sous forme de déclaration d’amour. 78 Du film historique au giallo Philippe Claudel n’est pas le seul à avoir été séduit par Nancy. Une quinzaine d’années plus tôt, les ors majestueux de l’ensemble 18e (place Stanislas, place de la Carrière et place de l’Alliance) servaient de cadre à la célébration du mariage entre Jeanne (Emmanuelle Béart) et le lieutenant d’infanterie Louis (Daniel Auteuil) dans Une femme française, du cinéaste messin Régis Wargnier. Et lorsqu’en 2006, des bannières frappées de croix gammées sont déroulées sur les murs de la mairie, c’est pour évoquer la rafle manquée sous l’occupation nazie à Nancy, sujet du long-métrage de Patrick Volson Le Temps de la désobéissance. Pour ce tournage, plusieurs rues de la Ville Vieille ont aussi été transformées, une mise en scène rappelant une époque sombre et qui n’a pas manqué de susciter un certain émoi chez les nancéiens. Plus récemment, ce fut au tour de la salle à manger de la Villa Majorelle d’être « scrutée » par l’œil des caméras de Bruno Forzani et Hélène Cattet, réalisateurs franco-belges qui signent en 2013 un film de genre intitulé L’Etrange couleur des larmes de ton corps. La demeure y apparaît dans des plans mettant également en scène d’autres constructions Art nouveau, comme les villas bruxelloises signées Horta par exemple. Tel un puzzle, les plans réalisés dans ces différentes bâtisses s’imbriquent pour former, dans le montage final, le décor d’une maison fantasmée. A l’image des autres chefs d’œuvres présents dans le film, les vitraux de Gruber, les peintures de Jourdain, le mobilier et les boiseries de Majorelle, ainsi que la monumentale cheminée en grès flammé de Bigot, insufflent, par leurs lignes et leurs courbes, la force dramatique de ce néo-giallo1. Tourisme cinématographique En juin dernier, le Bureau d’Accueil de Tournages2, en lien avec les équipes municipales et Nancy Tourisme & Événements, organisait un éductour destiné aux professionnels du cinéma afin de leur présenter les opportunités de tournage, matérielles et humaines, que leur offre la région, et notamment Nancy. Un « voyage » durant lequel un groupe de réalisateurs, scénaristes et producteurs a découvert certains des plus beaux sites de la destination : l’Hôtel de Ville, ses salons, son péristyle, son escalier d’honneur paré d’une rampe en fer forgé (chef d’œuvre de Jean Lamour), l’arc Héré (édifice du 18e siècle d’où la place Stanislas offre sa plus belle perspective sur la place de la Carrière), la Ville Vieille et le magnifique parc de la Pépinière. Ils ont ensuite visité le palais du Gouvernement avant de gagner la porte de la Craffe, imposant vestige de fortifications médiévales. La visite s’est achevée sur deux « pièces » maîtresses de l’École de Nancy : la brasserie Excelsior - aux intérieurs tout en arabesques, lieu de tournage à lui tout seul qui éveille inévitablement l’imagination - et l’incontournable Villa Majorelle. Un parcours permettant de mettre en avant différentes périodes de l’histoire nancéienne (Moyen Âge, Renaissance, Siècle des Lumières et Art nouveau) et de renforcer l’aura de la ville aux yeux de ceux qui font le cinéma, un art aux retombées fortes en matière de tourisme et d’activité économique (notamment durant les tournages). « Une Femme française » de Régis Wargnier, tourné en partie place de la Carrière et place Stanislas © Ville de Nancy A look behind the scenes in Greater Nancy Drawing on its architectural and artistic heritage, Greater Nancy provides a perfect setting for the seventh art (cinema) and many film-makers have trained their cameras on the heart of the ducal town. Undoubtedly one of the most famous is the writer Philippe Claudel, who in 2008 shot his first film here, an adaptation of his novel Il y a longtemps que je t’aime (I’ve Loved You So Long), starring Kristin Scott-Thomas, Elsa Zylberstein and Serge Hazanavicius. From the weeping sequoias of SainteMarie park to the curves of the Nancy thermal swimming pool via Stanislas square and its elegant Grand Café Foy, the Excelsior brasserie, the Pépinière terrace or the art nouveau district of Saurupt: the film-maker’s work is like a declaration of love. Fifteen years earlier, the stately glow of the 18th century architectural ensemble (place Stanislas, place de la Carrière and place de l’Alliance) served as the backdrop for the marriage between Jeanne (Emmanuelle Béart) and the infantry lieutenant Louis (Daniel Auteuil) in Une femme française (A French Woman), by the Metz film-maker Regis Wargnier. And when, in 2006, the banners bearing the Swastika were unfurled on the walls of the Town Hall, it was to evoke the failed round-up attempt under Nazi occupation in Nancy, which was the subject of Patrick Volson’s feature length film, Le Temps de la désobéissance (The Time of Disobedience). More recently, it was the turn of the dining room in the Villa Majorelle to come under the “scrutiny” of the cameras of Franco-Belgian directors Bruno Forzani and Hélène Cattet, who in 2013 made the genre film L’Etrange couleur des larmes de ton corps (The Strange Colour of Your Body’s Tears). Elsa Zylberstein et Kristin Scott Thomas dans la piscine ronde de Nancy Thermal, une scène du film « Il y a longtemps que je t’aime » de Philippe Claudel © Pascal Bodez 79 « Le Temps de la désobéissance » a nécessité la mise en place de décors recréant l’ambiance de la Ville Vieille en 1942 © Ville de Nancy l’un des plus beaux témoignages de l’art rococo religieux En dehors des sentiers battus Au-delà de ces sites phares, le Grand Nancy recèle d’autres lieux moins connus mais tout aussi attractifs au niveau cinématographique. En poussant sa curiosité vers le sud, un réalisateur peut ainsi tomber amoureux de la splendide Chartreuse de Bosserville, bijou des 17e et 18e siècles érigé dans le pur style classique. Autre endroit, autre ambiance. Au nord de Nancy, pourquoi ne pas imaginer une équipe s’appropriant les anciennes brasseries et caves des vins de la Craffe à Maxéville ? Entre ses zones citadines abritant des bâtiments à l’architecture exceptionnelle et ses sites naturels et industriels périurbains à l’atmosphère fascinante ou insolite, l’agglomération regorge d’environnements dont le 7e art raffole. Moteur ! Mathieu Menossi Le giallo est un genre de film, principalement italien à l’origine, associant intrigue policière, scènes horrifiques et parfois érotisme. Il fut surtout populaire entre 1960 et 1980, mais certains cinéastes actuels perpétuent sa tradition. 1 Le Bureau d’Accueil des Tournages (BAT) complète le fonds de soutien à la production cinématographique et audiovisuelle au Conseil Régional de Lorraine. C’est un service qui œuvre au quotidien pour défendre la diversité de création sur son territoire en favorisant l’accès aux ressources régionales pour les professionnels de l’audiovisuel. Ses activités principales sont pré-repérages des sites de tournages, aide au casting, recherche et recrutement des techniciens locaux, contacts nécessaires à l’organisation et l’autorisation d’un tournage, recherche et mise en relation avec les prestataires et les institutions, accueil et accompagnement des équipes de production, promotion du territoire. 2 80 Le drapeau nazi flotte sur l’Hôtel de Ville pour planter le décor du film « Le Temps de la désobéissance ». © Ville de Nancy In order to attract other film-makers, several of Lorraine’s partner organisations arranged an educational tour last June, aimed at showcasing the filming opportunities that the region, and Nancy in particular, has to offer. A “journey” during which a group of directors, script writers and producers discovered some of the area’s most beautiful spots: the Town Hall with its grand living quarters, colonnades and the Jean Lamour feature staircase adorned with wrought-iron handrail, the Héré Arch, the old town and the magnificent Pépinière park. The group then visited the government palace before arriving at the Craffe city gate, the impressive vestige of the medieval fortifications. The visit culminated with two of the École de Nancy “show pieces”: the brasserie Excelsior and the breath-taking Villa Majorelle. Besides these more prominent locations, Greater Nancy has several other hidden gems - less well-known but equally as attractive from a film-maker’s perspective - such as the splendid Bosserville Charterhouse, a 17th and 18th century treasure built in the purely classical style, or the old breweries and Craffe wine cellars in Maxéville. Bureau d’Accueil des Tournages de Lorraine Place Gabriel Hocquard BP 81004 - 57036 Metz Tél. : + 33 (0)3 87 31 81 40 [email protected] Emmanuelle Béart place Stanislas pour le tournage d’ « Une Femme française » © Ville de Nancybeaux témoignages de l’art rococo religieux ville verte Initiation au baby-poney au centre équestre de la Forêt de Haye ESCAPADE EN FORÊT DE HAYE Avec 225 hectares dédiés aux sports et loisirs, la forêt de Haye, située à quelques kilomètres de Nancy, incite à sortir au grand air pour une balade hors des sentiers battus ou une échappée à vélo. Tour d’horizon des activités indoors et outdoors au cœur du poumon vert de l’agglomération. D es rires d’enfants s’échappent d’un massif touffu. Une ribambelle de casquettes égaye la construction d’une cabane de petit bois tandis que sur le chemin forestier, quelques très jeunes cavaliers guident leurs minuscules poneys au travers d’une clairière ensoleillée. En cette matinée chômée, nombreuses sont les familles profitant de la forêt de Haye. Le pique-nique patiente dans la glacière et tant qu’il fait encore frais, l’heure est à la découverte des agréments du lieu. A l’ouest, le château fort bleu, le grand toboggan couvert et les tipis offrent aux bambins une panoplie complète de jeux ouverts à tous. A une encablure, le centre équestre déploie un vaste manège extérieur, en plein bois. Les départs de balades à cheval en forêt se font de là, en clair-obscur, sous les frondaisons des noisetiers. Dans les paddocks, poneys et chevaux aux crinières tressées attendent leur tour d’être sellés, pour une séance d’initiation au baby-poney ou un entrainement au dressage et saut d’obstacles. En gambadant sur le parcours de santé - qui regroupe plusieurs espaces disséminés dans le parc -, le promeneur longe les ateliers de céramique dont les productions fleurissent toute l’année et habillent de silhouettes longilignes les espaces de verdure voisins. Ce matin, les élèves en formation « émailleur-céramiste » bâtissent leur propre four à raku, celui qu’ils emporteront dans leur atelier personnel à l’issue de leur année d’apprentissage. À proximité, le mini-golf et ses structures gonflables où sautent les enfants, allie loisirs d’intérieur et jeu de plein air. La forêt de Goupil attire culottes courtes et grands-parents, heureux de se retrouver ensemble sur un parcours de 15 trous. 82 Après une halte à La Calèche, pour une salade ou un steak, l’heure est au paint-ball. Sous le hangar, deux équipes d’adolescents casqués, faux Famas au poing, tentent de subtiliser deux drapeaux à leurs adversaires. Les mitraillettes à air comprimé, chargées de billes de caoutchouc, ouvrent les mouvements stratégiques de conquête du territoire sur une aire de tir entourée d’un filet de protection et parsemée d’énormes « punching-balls » servant de refuge. Une machine à fumée permet d’agrémenter la séance de combat d’un brin de mise en scène. Les jeunes en sortent exténués mais ravis : lâcher les manettes de la guerre virtuelle pour un combat « réel » entre copains, c’est 100 % d’adrénaline garantie. De l’autre côté de la rue, nos jeunes snippers troqueraient volontiers leur fusil contre un mousqueton : à Tipi Park, c’est dans les arbres qu’on joue. Solidement arrimés à leurs cordes, ce sont des collégiens en sortie pré-estivale qui s’essaient à la tyrolienne entre chênes et châtaigniers. Les parcours, aménagés en fonction des âges et du niveau de forme des participants, permettent, en s’élevant vers la canopée, de prendre du recul et une bouffée d’air frais. Non négligeable, la terrasse de 1500 m² ombragée permet de pique-niquer ou déjeuner assis. Au musée de l’automobile, c’est toute l’histoire de l’auto qui se raconte. Côté « anciennes » la Ford T, inoubliable modèle unique jaune canari, tient la dragée haute aux belles d’avant-guerre, la rouge Delage et la vermeille REO. Coté sportives, les Porsche 356 et 904 s’amusent à côtoyer les modèles rétro des années 60 : la Citroën DS, la Renault 4 CV et la Peugeot 404 : autant de reines de la route et figures mythiques toutes réunies dans cet espace muséal dédié. 1 3 2 Et de Reine il en est aussi question - « petite » cette fois - le long de la Boucle de la Moselle, une piste cyclable faisant le tour de la forêt de Haye et reliant Frouard, Liverdun, Toul, Neuves-Maisons, ainsi que plusieurs communes du Grand Nancy. Une idée d’escapade au long cours sur 80 km, alternant secteurs boisés et voies sur berges. Gaëlle Girard-Marchandise Parc de loisirs de la Forêt de Haye 1 Parc de Haye - Zone O N F 54840 Velaine-en-Haye Tél. : + 33 (0)3 83 23 24 99 www.parcdeloisirs-haye.com Chocolats - Macarons 1 - Salle d’exposition du musée de l’automobile 2 - Partie de paint-ball pour la conquête d’un drapeau 3 - Terrain de jeu dans un cadre de verdure la passion part agée... Spécialités Lorraines “Gâteaux-Cadeaux“ 18, rue Gambetta . NANCY tél. 03 83 30 75 49 n 15, rue Fançois Mitterrand . GérArdMer tél. 03 29 63 31 98 www.chocolatier-schmitt.com 83 idées tourisme ENTRE SEL ET TERRE LA LORRAINE VALORISE SON PATRIMOINE SALIN Le fait que la Lorraine abrite aujourd’hui la seule mine de sel française en activité1 n’est pas le fruit du hasard. Notre région est l’héritière d’une longue tradition d’exploitation du précieux cristal dont on dit qu’il aurait 14 000 usages ! Les utilisations et enjeux autour de ce composé chimique répondant au doux nom de Chlorure de Sodium sont nombreux, des enjeux qui gagnent aujourd’hui le domaine touristique. Valoriser l’industrie et le commerce du sel auprès du grand public, revenir sur les grandes étapes qui ont marqué sa production depuis l’antiquité en Lorraine : tels sont les objectifs du dispositif qui se développe actuellement près de Nancy, principalement dans le secteur du Grand Couronné. 84 Chevalement de sondage, Lenoncourt © La Maison du Sel - photo Jean-Loup de Sauverzac A limentation bien entendu, mais aussi filière pharmaceutique, verrerie, cosmétique, produits d’entretien, déneigement... plus qu’une ressource, le sel est une richesse pour notre région, richesse économique (avec la présence de cinq sociétés de référence) et patrimoniale dont l’origine remonte à 240 millions d’années. À cette époque, la Lorraine - comme une bonne partie de la France - était recouverte d’une mer qui, associée à un climat tropical, fonctionnait comme un marais salant ; la chaleur entrainant l’évaporation de l’eau et laissant les cristaux de sel se déposer au sol2. À la recherche de l’or blanc Historiquement, l’extraction du sel en Lorraine remonte au 1er Âge du Fer (dès 850 avant JC). Les premières traces d’exploitation, liées à la découverte de sources salées, sont recensées principalement dans la vallée de la Seille (Marsal, Moyenvic ou Vic-sur-Seille). Plus tardivement, durant le Moyen Âge et l’époque moderne, d’autres sites entrent en activité à Dieuze, Château-Salins ou Rosières notamment. Au niveau technique, le 19e siècle marque un tournant avec l’arrivée des mines et sondages de dissolution3, activités inhérentes à l’exploitation du sel gemme (découvert en 1819 à Vic-sur-Seille). Auparavant liées aux sources salées, les entreprises sont alors plus libres quant à leur implantation. Et avec l’ouverture, vers 1850, du canal de la Marne et de la ligne de chemin de fer Paris-Strabsourg, c’est une nouvelle ère qui commence, marquée par la migration des activités d’extraction vers le bassin de Nancy. De cette époque, nos paysages portent les « stigmates » : cités ouvrières, puits, soudières (fabriques de soude, un produit à base de sel), effondrements de terrains... et même quelques rares chevalements (structures recouvrant les puits de sondages, désormais inscrites au titre des Monuments Historiques et dont il ne reste que deux exemplaires dans le secteur). Paradoxalement, bien que la région produise depuis des siècles du sel sous toutes ses formes - le secteur de Nancy est d’ailleurs en position de force sur ce marché avec des enseignes comme La Compagnie des Salins du Midi et des Salines de l’Est, la saline d’Einville, Cérébos Esco et les deux soudières Novacarb et Solvay - son histoire et son industrie restent méconnues des lorrains. C’est donc pour remédier à cette situation que plusieurs acteurs locaux - et notamment la Communauté de Communes du Grand Couronné - ont récemment lancé des projets de valorisation en s’appuyant sur des éléments existants (comme les effondrements salins dus aux sondages par exemple), mais aussi en finançant un centre d’interprétation : la Maison du Sel à Haraucourt. Vue sur les falaises des effondrements salins de Haraucourt-Buissoncourt, Solvay © La Maison du Sel – photo Régis Cavignaux 2014 Lorraine showcases its salty heritage Historically, salt extraction in Lorraine goes back to the early Iron Age (850 BC onwards). The earliest signs of this, which are associated with the discovery of salt springs, can be found in the Seille valley, at places such as Marsal, Moyenvic and Vic-sur-Seille. During the Middle Ages, and in modern times, other sites came into operation at Dieuze, Château-Salins and Rosières. From a technical point of view, the 19th century marked a turning point, with the advent of mines and solution mining, activities that are inherent in rock salt recovery. Salt businesses, which were previously closely associated with salt springs, then had more freedom as to where they could be sited. A new era dawned around 1850, with the opening of the Canal de la Marne and the ParisStrasbourg railway line, and this was characterised by the migration of mining activities to the Nancy area. The local landscape still bears the marks of this period in its history, with its districts built to house workers, mine shafts, soda processing plants and pits, etc. 85 Tous les chemins mènent au sel 1 2 1 - Maison du Sel, © photo CCGC 2 - Vue sur les falaises des effondrements salins de Haraucourt-Buissoncourt, Solvay © La Maison du Sel – photo Régis Cavignaux La Maison du Sel propose des visites libres tous les jours d’ouverture ainsi que des parcours ludiques et éducatifs à destination des plus jeunes (4 à 12 ans). Disposant de supports de visites en anglais et en allemand, mais aussi d’une animatrice trilingue, la structure accueille, sur réservation, des groupes pour des visites thématiques ou guidées. Ses espaces permettent de remonter l’histoire du sel en Lorraine et détaillent ses multiples utilisations à grand renfort d’échantillons, photos, dispositifs vidéo et d’objets de la vie courante. Par un traitement sous différents angles (géologie, chimie, histoire, santé, usages du sel), la Maison du Sel incarne un projet ambitieux qui déploie peu à peu ses ailes avec, en point de mire, des animations touristiques, des rendez-vous événementiels mais aussi une nouvelle annexe jouxtant le bâtiment principal. Deux itinéraires promenades sont également d’actualité : une Route du Sel basée sur des déplacements automobiles et cheminant entre plusieurs haltes dotées de panneaux didactiques (déjà opérationnelle) ; et des Sentiers du sel : un projet reliant cinq communes du Grand Couronné grâce à un parcours pédestre, dont le lancement est prévu à court terme. Les Journées du Patrimoine de Pays - qui se déroulent en juin et valorisent le patrimoine, les paysages et les savoir-faire traditionnels - constituent également l’un des temps forts de l’année pour la Maison du Sel et ses partenaires. En 2014, le centre a ainsi organisé des rendez-vous avec des artistes (comme le photographe Jean-Loup de Sauverzac qui a livré au public une approche poétique du sel) et des balades pour partir à la découverte des paysages salins (en partenariat avec Solvay). A l’initiative de l’association Tous en Sel, les géocacheurs lorrains ont par ailleurs développé des parcours de type « chasse au trésor » se déroulant dans les terres de sel : Grand Couronné, Sommerviller, Varangéville, Crévic… et pouvant être « défiés » toute l’année. Leur principe ? Trouver des lieux mystères à l’aide de coordonnées GPS afin d’accéder à des informations sur l’histoire du sel. Une cinquantaine de caches sont réparties sur le parcours, accessibles également par le biais d’énigmes. Du Grand Couronné à la vallée de la Seille Paradoxically, although the region has been producing salt for centuries (the Nancy area still has five of the leading companies in this field), the history of this industry remains a little-known subject among local people. To rectify this, several local figureheads launched projects to showcase this history, using existing elements, but also financing a new interpretation centre, the Maison du Sel (Salt Information & Activity Centre) at Haraucourt. The centre’s display areas chart the history of salt in Lorraine and explain its many uses. Visitors are free to explore these areas at their leisure, or follow one of the special educational/fun routes. With visitor material in English and German, and a trilingual coordinator, the centre also offers themed or guided tours for groups. 86 Occuper le terrain, connecter les réseaux, bâtir des événements… c’est bien sur cette logique de développement que la Maison du Sel se positionne. A quelques centaines de mètres de la structure, un observatoire des oiseaux et paysages est opérationnel depuis 2011. Il permet d’admirer le panorama, et notamment les impressionnants effondrements salins aux alentours ; d’immenses étendues d’eau bordées de falaises qui sont devenues le refuge d’une grande variété d’espèces. « De nombreux projets sont encore en réflexion » précise Raphaëlle Gaillard, chargée de développement du patrimoine salin au sein de la Communauté de Communes du Grand Couronné, « et notamment une collaboration avec Marsal et Dieuze, autres lieux emblématiques du sel en Lorraine ». Anthony Humbertclaude I l s’agit de la mine de Varangéville Cette mer, dite mer germanique, recouvrait une grande partie de l’Europe (dont la moitié de la France actuelle). Elle a laissé par endroits des couches de sel lorsqu’un certain nombre de conditions étaient réunies : faible profondeur, climat tropical, dépôts argileux protégeant la couche et évitant la dissolution. 3 Par des forages verticaux jusqu’au gisement, on injecte de l’eau douce pour dissoudre la couche de sel qui est remontée par le biais d’une pompe. Le sel est ensuite récupéré par évaporation. 4 Grand bac utilisé pour produire du sel dans lequel de la saumure (eau contenant du sel) est chauffée jusqu’à évaporation de l’eau. 1 2 © photo Jean-Loup de Sauverzac Or, si à Marsal il existe déjà un Musée Départemental du Sel, la ville de Dieuze est, quant à elle, en préparation d’un projet de parcours comprenant trois grandes étapes : la rénovation d’un ancien grenier à sel (appelé La Délivrance) qui accueillera notamment un centre d’interprétation, la réhabilitation d’un puits salé parfaitement conservé, et enfin la création d’un espace piétonnier avec reconstitution d’une poêle à sel4. Autant d’initiatives qui permettent au patrimoine salin de rattraper son retard d’image sur ses cousins sidérurgique et houiller. Cristaux de sel en formation, by courtesy of Saline d’Einville-au-Jard, © La Maison du Sel Repère bibliographique : L’Histoire du sel en Lorraine, par Hélène Lenattier. Conférence présentée lors de la journée organisée par l’Académie Lorraine des Sciences, samedi 21 mai 2011. Maison du Sel Rue des écoles - 54110 Haraucourt - Tél. : +33 (0)3 83 30 15 15 [email protected] - www.lamaisondusel.fr Entrée : 2,5 € (Réduit : 1,5 €). Gratuit pour les moins de 7 ans Fermée de novembre à fin mars et jours fériés. Ouverture du 1er avril au 30 juin et du 1er septembre au 31 octobre, du jeudi au samedi, ainsi que le 1er dimanche du mois, de 14h à 17h30. Ouverture du 1er juillet au 31 août, du mercredi au dimanche, de 14h à 18h. Fermé les jours fériés. There are two current tours: the Route du Sel, a car tour (already available) which takes visitors to several stopping-points with information boards, and the Sentiers du Sel, a network of paths linking five municipalities via a pedestrian route, scheduled to be launched in the near future. Supported by the active Tous en Sel organisation, local geocachers have also developed treasure hunt type routes in the areas associated with salt. A few hundred metres from the Maison du Sel, there is a bird and landscape observatory from which visitors can admire the view, and in particular the amazing salt-related depressions in the surrounding area. Other projects are also under consideration, including a joint venture with Marsal and Dieuze, places that are synonymous with salt in Lorraine. Marsal already has a departmental salt museum, and Dieuze is preparing a project for a visitor trail comprising three main parts. All these are initiatives that will help salt revitalise its image in a bid to catch up with coal and steel in industrial heritage tourism. Maison du Sel Photo (c) Mathieu Rousseau 87 NANCY EN FAMILLE… AVEC DES ENFANTS DE 7 À 15 ANS ! ADRESSES UTILES Les Toits des Cordeliers - City break 74 Grande rue 54000 Nancy Tél. : +33(0)6 13 61 06 62 +33(0)3 83 56 78 50 MILK, mum in her little kitchen 1 bis rue des 4 Églises 54000 Nancy Tél. : +33(0)3 83 20 26 98 Maison des Sœurs macarons 21 rue Gambetta 54000 Nancy Tél. : +33(0)3 83 32 24 25 Glacier Amorino 26 rue Héré 54000 Nancy Tél. : +33(0)3 83 33 19 36 Restaurant Le T’Roi stanislas 3 rue Stanislas 54000 Nancy Tél. : +33(0)3 83 18 07 70 La Compagnie des verriers 4 rue de la Liberté Plate-forme Verrière 54112 Vannes le Chatel Tél. : +33(0)3 83 50 18 43 Première étape, s’installer dans l’appartement du city break Les Toits des Cordeliers, au cœur de la Ville Vieille, et goûter l’ambiance « de cape et d’épée » du lieu. Non loin de là se dressent la porte de la Craffe, mais aussi le Palais Ducal et ses gargouilles devant lequel on s’attend à voir passer le duc de Lorraine et sa suite ! En remontant la Grande Rue, nous admirons la statue du duc Antoine sur la porterie. Cette petite porte à gauche du grand porche s’appelle la porte Mascot ou porte de l’Ours. Ne ratez pas les nombreux petits personnages sculptés qui décorent l’ensemble. Arrivés place de la Carrière, et bien que Stanislas et sa place soient à portée de vue au bout de la perspective, nous décidons de passer par le parc de la Pépinière, 23 hectares de verdure au cœur de la ville où on file dire bonjour aux animaux de la petite ferme. Pas le temps pour le mini-golf, ni pour les marionnettes… mais on se jure de revenir ! Depuis la Pépinière nous arrivons place Stanislas par la fontaine d’Amphitrite. Blanche et dorée, la place royale nous « bluffe » tous. Le temps d’expliquer aux enfants qui était Stanislas et de jouer à trouver l’humeur de quelques mascarons (parmi les 127 visages différents qui ornent le pourtour de la place), tout le monde a faim. Direction le marché central, que nous traversons avec bonheur, pour arriver en appétit place Charles III au restaurant vintage MILK, c’est à dire Mum In her Little Kitchen : décoration des années 70, plats originaux et rigolos pour tous. Après le déjeuner, le plus reposant est de découvrir la ville en petit train touristique (voir page 14) ou en open tour. Nous votons démocratiquement une halte gourmande à la Maison des Sœurs Macarons pour dé- 88 couvrir les spécialités, et surtout l’inégalable macaron de Nancy. Puis nous nous offrons une délicieuse pause glace (100 % naturelle), trottoir Héré, chez Amorino. Encore faim ? On dinera à l’appartement ce soir, après un passage dans l’un des nombreux commerces de bouche de la ville. Direction ensuite la place Stanislas pour le spectacle de mise en lumière Rendez-vous place Stanislas (de mi-juin à mi-septembre). Dimanche matin, nous filons au Museum Aquarium de Nancy (MAN), rue SainteCatherine, voir les poissons et expositions scientifiques toujours à la pointe de la pédagogie (entrée libre tous les premiers dimanches du mois). Le jardin Dominique Alexandre Godron, qui jouxte le musée, propose quant à lui d’étranges plantes. La curiosité de tous momentanément assouvie par ces visites, nous allons déjeuner de spécialités lorraines au T’Roi Stanislas. L’après-midi, irons-nous à Pompey (10 km du centre-ville) nous amuser à Parc Aventure ? Ou en forêt de Haye (voir page 82) ? On peut aussi se rendre au Centre International des Arts Verriers (CIAV) de Vannes-le-Châtel pour découvrir le métier de verrier dans la grande tradition lorraine ! Le soir, il faudra déjà repartir mais pourquoi ne pas revenir début décembre découvrir en famille les fêtes de Saint-Nicolas ? Consultez notre site Internet www.nancy-tourisme.fr ou renseignez-vous auprès de Nancy Tourisme & Événements par téléphone : +33 (0)3 83 35 22 41 sur : • Les visites thématiques programmées à la date de votre séjour. Certaines sont susceptibles d’intéresser les plus jeunes. • Les fêtes de Saint-Nicolas à Nancy (cette année les 6 et 7 décembre 2014) • Tout l’agenda • Nos autres offres et partenaires tendances Rubrique réalisée par Mélanie Carpentier et Mathieu Menossi Le vin en poupe ! Dégustation, cours d’œnologie, cave personnelle, dîner entre amis… le vin jouit d’une solide réputation lorsqu’il s’agit de plaisir gustatif, de moments de partage ou de soirée réussie. Quelles sont les adresses à connaître pour dénicher la bonne bouteille qui ajoutera la touche florale ou fruitée à vos moments privilégiés ? Suivez le caviste… avec modération bien entendu ! Depuis 1722, et désormais sous la houlette de la huitième génération, celle de Michel et Marcel, la famille Laroppe tire du sol lorrain le fameux Gris de Toul, vin à la robe saumonée détenteur d’une AOC depuis 1998. Située à Bruley, à 30 km à l’ouest de la cité ducale, la cave est ouverte toute la semaine et les groupes peuvent, sur rendez-vous, effectuer une visite du domaine. Retour à Nancy, entre la place Stanislas et la cathédrale, Les Domaines est un lieu design où l’or des vieux cognacs et l’ambre des whiskies répondent aux carmins des rouges et aux robes jaunes des blancs. L’enseigne propose un riche catalogue de 800 références avec, en prime, un conseil de choix afin de réussir ses mariages mets et vins. Aux Trois Maisons, c’est la jeune équipe de La Cave du Faubourg qui vous 90 accueillera. Audrey, Jérôme et Cédric vous réservent une collection de 400 breuvages, sans compter les sélections saisonnières. Ils sauront satisfaire vos envies de découverte, où vous guider pour (re)trouver le vin qui vous plait. Le premier jeudi de chaque mois, c’est également là que les amateurs se retrouvent pour une dégustation thématique ou un café œnologique : Arômes du vin, Le vin a-t-il un sexe ?, Dégustation à l’aveugle… de nombreuses dimensions sont abordées, avec en plus la possibilité d’acquérir les références présentées à des prix attractifs. Cette promenade au pays des tanins vous a mis en appétit ? Pourquoi ne pas vous laissez tenter par l’escale gourmande Vins et Tartines, rue des Ponts. Cuisine de bistrot, créations originales, « mâchons » et bons verres s’y marient avec bonheur ! Domaine Laroppe 253 rue de la République 54200 Bruley Tél. : + 33 (0)3 83 43 11 04 [email protected] Les Domaines 2 rue Claude Charles 54000 Nancy Tél. : + 33 (0)3 83 30 53 39 [email protected] La Cave du Faubourg 14 rue du Faubourg des Trois Maisons 54000 Nancy Tél. : + 33 (0)3 83 36 60 69 [email protected] Vins et Tartines 25 bis rue des Ponts 54000 Nancy Tél. : + 33 (0)3 83 35 17 25 [email protected] « Les Vitrines de Nancy cherchaient depuis longtemps la solution pour fidéliser et inciter les clients à revenir et consommer en ville ». Parfaitement conscient des enjeux du secteur, Jean-Pierre Lehmann, président « historique » de l’association des Vitrines de Nancy1 - qui a depuis passé le témoin à son successeur Sébastien Duchowicz - mais aussi de la Fédération nationale des centres-villes, était heureux d’officialiser en juillet dernier le lancement de Boutic Nancy, un dispositif 2.0 inédit destiné à « maintenir le flux de chalands au cœur de la ville ». Boutic Nancy, c’est une refonte plus intuitive et conviviale du site des Vitrines de Nancy. C’est l’installation d’un grand écran tactile à l’Office du Commerce, place Maginot. Mais c’est également le lancement d’une application mobile gratuite regroupant 1650 commerces, artisans, prestataires de service et professions libérales. Où suis-je ? Où vais-je ? Où trouver les meilleurs chardons lorrains ? A quelle heure passe le prochain tram ? Plus de questions sans réponses. Véritable sésame, l’application vous informe, vous conseille, vous oriente. Elle permet également de suivre son compte fidélité magasin par magasin, une fidélité dont les Vitrines de Nancy ont fait leur cheval de bataille et présentée comme l’arme absolue de conquête et de reconquête de la clientèle. Une carte unique, commune à toutes les enseignes, permet ainsi au consommateur, au fil des achats, de cumuler des points dans toutes les boutiques adhérentes et d’accéder à des avantages cadeaux (stationnement gratuit, repas pour deux, coffrets gourmands…). Plus de deux cents commerçants ont d’ores et déjà décidé de jouer le jeu, une belle marque de confiance pour les Vitrines de Nancy qui s’attachent, au quotidien, à décrypter les dernières tendances en matière de shopping pour répondre au mieux aux attentes de chacun. 1 Une seule et même carte pour tous les commerçants ! aDOPtEZ-la ! en magasin oU sUr www.boUtic-nancy.fr NOuVEau gratuit ssociation de commerçants créée en 1991, les Vitrines de Nancy visent à promouvoir A le commerce et l’artisanat du cœur de ville et ont pour objet de fédérer l’ensemble de ces acteurs économiques quelle que soit leur activité et leur taille. Tous v os co Application disponible sur Google Play et l’App Store Les Vitrines de Nancy 10 rue Poirel 54000 Nancy Tél. : + 33 (0)3 83 36 34 34 www.boutic-nancy.fr Office du Commerce Place André Maginot 54000 Nancy Tél. : + 33 (0)3 83 32 10 55 [email protected] www.vitrinesdenancy.com Carte d’infid é mme rçant lité s com plices … gratuit 8179 / Photo : B. Prud’homme 1650 BONNES RAISONS DE FAIRE LES BOUTICS Avec ma Carte d’infidélité et l’appli Boutic Nancy, je papillonne… 91 au fil des pages Rubrique réalisée par Sophie Gaulier Une sélection de livres pour découvrir Nancy et la Lorraine... Paul Michels Les Lorrains en 1900 Plantes obsidionales L’étonnante histoire des plantes propagées par les armées en Lorraine. Il existe un adage disant que « Là où Attila passe, l’herbe ne repousse jamais... » Ce livre nous démontre tout le contraire ! Non seulement l’herbe repousse après le passage des armées, mais de surcroît, ces dernières apportent avec elles de nouvelles espèces de végétaux. Disséminées accidentellement par les troupes américaines, cosaques, allemandes ou africaines de passage dans notre région lors de conflits (guerres napoléoniennes, Guerre de 1870, Grande Guerre, Seconde Guerre mondiale), ces plantes dites « obsidionales » - un terme « barbare » utilisé par les botanistes pour les désigner - sont arrivées à différentes époques dans nos campagnes et font désormais partie du paysage. Auteur : François Vernier Éditions Vent d’Est (2014) 192 pages 28 € 92 Parcourir le fonds Michels, c’est découvrir une vision originale et singulière de la Lorraine, loin des idées reçues. C’est s’émouvoir devant le regard tendre et nostalgique d’un artiste amateur, qui concevait la photographie comme la plus belle des façons de fixer le temps qui passe et de magnifier les richesses de sa terre natale. Mais c’est aussi le moyen de retracer le parcours artistique de ce pharmacien, un parcours qui prend fin le 23 décembre 1944 à Neuilly-sur-Seine, où Paul Michels s’éteint à l’âge de 78 ans. En 1954, son corps et celui de sa femme sont transférés dans le caveau familial au cimetière de l’Est, à Metz. Ce voyage posthume sera le dernier de ce photographe, dont le nom commence à peine à renaître après soixante-cinq ans d’oubli. Le fonds Paul Michels, conservé au Centre Image Lorraine (CIL), compte près de 500 autochromes.Un patrimoine exceptionnel et miraculeusement préservé qui nous fait découvrir, une fois n’est pas coutume, une Lorraine en couleurs. Auteur : Guillaume Thomas Éditions Vent d’Est (2014) 271 pages - 33 € Jules Crevaux « Tiens bon », telle était la devise que Jules Crevaux s’était forgée au fil de ses explorations. Il fallait en effet une force de caractère exceptionnelle pour arpenter durant six ans le bassin septentrional de l’Amazonie. Ce livre détaille les voyages de Jules Crevaux, Lorrain né en 1847, devenu chirurgien de la Marine qui décida d’explorer ces régions où personne n’avait encore jamais osé s’aventurer. Soutenu par Jules Ferry, alors ministre de l’Instruction Publique, il sillonna, dans un esprit humaniste et scientifique, la Guyane française, puis alla jusqu’aux confins des Andes. Il parcourut ainsi 12 000 kilomètres, le plus souvent en pirogue, mais aussi à pied voire à dos de mule. Sa curiosité et son savoir protéiforme firent progresser la connaissance de ces régions lointaines tant sur le plan du naturalisme, de la géographie que de l’ethnologie. Il partagea ses découvertes en publiant dans la revue Le Tour du Monde les récits de ses explorations illustrés par Riou ou Valette. Il mourut tragiquement, assassiné puis mangé par les Indiens Tobas, sur les bords du Pilcomayo. Un ouvrage passionnant sur un personnage qui l’est tout autant (voir article Nancy tourisme n° 3 p 93) dont le Musée du Quai Branly conserve et expose une partie des collections. Auteur : Corinne Fenchelle-Charlot Éditions Gérard Louis (2014) 272pages - 30 € Les femmes dans la grande guerre Penser à la guerre c’est souvent penser aux hommes, aux soldats combattants sur le champ de bataille. 1914-1918 a fait de l’Alsace-Lorraine l’un des théâtres privilégié de la guerre, traversée par les tranchées et les mouvements des troupes allemandes et françaises. Dans ces territoires, les femmes ont subi tout ce que peut engendrer un conflit : l’occupation, les restrictions, les réquisitions mais aussi l’exode, les viols, les exécutions sommaires, les déportations et les bombardements. Malgré tout, elles devaient maintenir un semblant de vie. Beaucoup d’entre elles ont remplacé les hommes dans tous les secteurs. Les poilus ont pu compter sur leur soutien avec l’aide précieuse des anges blancs, surnom donné aux infirmières, et des œuvres de charité. Beaucoup de figures féminines se sont illustrées. Elles sont alors aviatrice, espionne, médecin ou encore marraine de guerre. Cet ouvrage tient à mettre ces femmes en avant, celles qui, en 1914, furent une source importante de propagande patriotique. STANISL AS DROZ LES FEMMES DANS LA GRANDE GUERRE 1914-1918 Auteur : Stanislas Droz- Éditions Vent d’Est (2014) - 144 pages - 18 € La Cathédrale de Nancy Notre-Dame de l’Annonciation La cathédrale de Nancy n’a ni le prestige ni l’ancienneté des grandes cathédrales édifiées au Moyen Âge. Bâtie entre 1703 et 1742 dans le style néoclassique du 18e siècle, elle présente une allure générale imposante, mais un peu froide. C’est à l’intérieur qu’elle offre toute l’harmonie souhaitée par Jules Hardouin Mansart et Germain Boffrand, grâce à ses belles proportions et à un décor sculpté raffiné. De grands artistes lorrains y ont laissé leur empreinte : le ferronnier Jean Lamour et son disciple François Jeanmaire, les peintres Claude Charles, Claude Jacquart, Jean Girardet, Jean Baptiste Claudot... Après la Révolution, d’autres œuvres ayant appartenu à des églises disparues l’ont encore enrichie : la Vierge de César Bagard sculptée en 1669 pour l’église des Carmes ou le trésor de saint Gauzelin provenant du chapitre Notre-Dame de Bouxières. D’abord église primatiale, puis cathédrale en 1777, elle est devenue le siège d’une des paroisses de Nancy en 1802, puis fut élevée au rang de basilique romaine en 1867. Son architecture, mais aussi son histoire étroitement liée à celle de Nancy et de la Lorraine ducale, justifient l’intérêt qu’on lui porte tout au long de cet ouvrage. Auteur : Françoise Boquillon - Éditions Gérard Louis (2012) - 128 pages - 35 € Tout Nancy Balades Guide-promenade dans les quartiers de Nancy Nancy est constituée de onze quartiers qui font la fierté de ses habitants. Célèbres ou moins connus, en cœur de cité ou excentrés, tous sont regroupés dans cet ouvrage qui propose de les découvrir à travers onze balades réalisées en compagnie de Nancéiens illustres qui ont bâti, à travers les siècles, la ville que l’on aime. De la prestigieuse place Stanislas à la Cure d’Air, du Haut du Lièvre aux Trois Maisons, le livre nous invite à parcourir tous les secteurs de Nancy, sans exception, et présente leurs originalités, leurs richesses… pas à pas. Auteur : Frédéric Maguin - Éditions Koidneuf (2014) - 140 pages - 12 € 93 Agenda > DU 27 SEPTEMBRE AU 02 NOVEMBRE 2014 LE JARDIN ÉPHÉMÈRE Chaque année, la place Stanislas est réinventée par les Parcs et Jardins de la Ville. La 11e édition du Jardin éphémère aura pour thème « 1914, paysage fortifié ». Place Stanislas 54000 Nancy > DU 08 AU 18 OCTOBRE 2014 NANCY JAZZ PULSATIONS Outre le Chapiteau de la Pépinière, lieu central et historique du festival, des concerts sont programmés à l’Ensemble Poirel, au Théâtre de la Manufacture, à L’Autre Canal et à l’Opéra National de Lorraine. > DU 12 AU 14 SEPTEMBRE 2014 LE LIVRE SUR LA PLACE Le premier salon littéraire de la rentrée accueille chaque année plus de 550 auteurs et près de 150 000 visiteurs en un week-end. Rencontres, débats, lectures, spectacles seront au programme de la 36e édition présidée par Dany Laferrière. Grand écrivain québécois, né à Haïti, Dany Laferrière a été élu à l’Académie française le 12 décembre dernier au premier tour de scrutin. Et comme l’a souhaité Jean d’Ormesson, son « mentor » académicien, il va lui succéder à la présidence du Livre sur la Place du 12 au 14 septembre prochains. Place de la Carrière www.lelivresurlaplace.fr > DU 20 SEPTEMBRE 2014 AU 04 JANVIER 2015 EXPOSITION « PETITE ET GRANDE HISTOIRE DU MUSÉE » Dans le cadre des 50 ans du Musée de l’École de Nancy Musée de l’École de Nancy 36-38 rue du Sergent Blandan 54000 Nancy Tél. : +33(0)3 83 40 14 86 www.ecole-de-nancy.com 94 Parmi les invités à l’affiche de l’édition 2014 : Richard Galliano, Gregory Porter, André Manoukian 4tet, Catherine Ringer & Gotan Project, Selah Sue... 106 Grande rue 54000 Nancy Tél. : +33 (0)3 83 35 40 86 [email protected] www.nancyjazzpulsations.com > 04 OCTOBRE 2014 COURIR POUR OCTOBRE ROSE La course 100% féminine est organisée dans le cadre des épreuves du Semi-Marathon du Grand Nancy. Course : 5 km - Marche : 2,5 km. Départ 16h00 > 05 OCTOBRE 2014 SEMI MARATHON DU GRAND NANCY (8e édition) Le parcours traversera huit communes du Grand Nancy : Nancy, Laxou, Villers-lèsNancy, Vandœuvre-lès-Nancy, Heillecourt, Fléville-devant-Nancy, Laneuvevilledevant-Nancy et Jarville-la-Malgrange. http://semimarathon-grandnancy.asptt. com > JUSQU’AU 12 OCTOBRE 2014 EXPOSITION QUIZ Une sélection d’œuvres d’artistes et de designers internationaux dont les travaux interrogent le statut des objets. Galerie Poirel 3 rue Victor Poirel - 54000 Nancy Tél. : +33(0)3 83 32 31 25 [email protected] www.poirel.nancy.fr > JUSQU’AU 31 OCTOBRE 2014 EXPOSITION « PLANTES ET DROGUES » Conservatoire et Jardins botaniques de Nancy 100 rue du Jardin botanique 54600 Villers-lès-Nancy Tél. : +33(0)3 83 41 47 47 > 10 AU 12 OCTOBRE 2014 CHAMPIONNAT DE FRANCE DE CANOÉ KAYAK MARATHON Cette épreuve de longue distance est l’étape terminale du championnat de France des clubs qui permet depuis 8 ans de faire du CKCNT un pensionnaire de l’élite nationale des clubs de courses en ligne. Pôle Nautique de Nancy Canoë-Kayak Club Nancy-Tomblaine 71 bd d’Autrasie 54000 NANCY Tél. : +33(0)3 83 35 77 82 [email protected] > DU 24 OCTOBRE AU 10 NOVEMBRE 2014 EXPOSITION « LES TRÉSORS DES PHARAONS : D’AKHÉNATON À RAMSÈS II EN PASSANT PAR TOUTANKHAMON » Sur 1800 m², plus de 500 répliques d’œuvres d’art, uniques et exceptionnelles, sélectionnées par le Musée du Caire, seront présentées dans de nombreuses salles consacrées à toutes ces richesses, avec notamment une chambre funéraire et les répliques plus vraies que nature des trois grandes momies royales. Centre Prouvé 1 place de la République – 54000 Nancy > 06 et 07 DECEMBRE 2014 FÊTES DE SAINT-NICOLAS Spectacle son et lumière, animations, théatre, défilé, marchés et brocantes, soupe à la marmaille. Procession ancestrale à la basilique de Saint-Nicolas-de-Port Nancy, Grand Nancy > DU 07 NOVEMBRE 2014 AU 23 FÉVRIER 2015 EXPOSITION « LES ROUART, DE L’IMPRESSIONNISME AU RÉALISME MAGIQUE » Présentation des œuvres de trois générations de peintres issus d’une illustre famille de collectionneurs, mécènes et artistes : les Rouart. Henri Rouart (1833 - 1929), son fils Ernest Rouart (1874 - 1942) et son petit-fils Augustin Rouart (1907 - 1997) font l’objet pour la première fois d’une exposition monographique. Près de 130 œuvres sont rassemblées dans l’exposition. Musée des Beaux-Arts 3 place Stanislas - 54000 Nancy Tél. : +33(0)3 83 85 30 72 mban.nancy.fr D - Die Galerie Bora Baden, im Kern der Altstadt von Nancy, nah am Place Stanislas, ist der zeitgenössischen Kunst gewidmet, wo die Besucher eine bestimmte Art von Empfindlichkeit in der Kunst zu entdecken gewidmet. Ihr Ziel ist, französische und internationale Künstler auszustellen, die schon bekannt sind, oder die noch bekannt werden. Grundsätze sind Malerei und Zeichnung. Die Poesie und die Beherrschung der Technik bestimmen die Auswahl der ausgestellten Künstler. > JUSQU’AU 24 NOVEMBRE 2014 LA MAISON TROPICALE S’INSTALLE AU MUSÉE Construction rare étudiée pour les pays chauds (Afrique équatoriale) par Jean Prouvé, la Maison Tropicale est exposée dans le parc du Musée de l’Histoire du Fer. Ne pas manquer la galerie Prouvé à l’intérieur du musée. Musée de l’Histoire du Fer 1 avenue du Général de Gaulle 54140 Jarville-la-Malgrange Tél. : +33(0)3 83 15 27 70 > DU 28 NOVEMBRE 2014 AU 1er MARS 2015 EXPOSITION « CHARLÉLIE NCY-NYC » Galerie Poirel 3 rue Victor Poirel - 54000 Nancy Tél. : +33(0)3 83 32 31 25 [email protected] www.poirel.nancy.fr > DU 28 NOVEMBRE AU 27 DÉCEMBRE 2014 MARCHÉ DE NOËL Nancy > 13 ET 14 DÉCEMBRE 2014 LE PTIT BAZ’ART DES ARTISTES Site Alstom – 50 rue Oberlin - Nancy > DU 3 AVRIL AU 6 SEPTEMBRE 2015 EXPOSITION « REGARDER » Une collection d’art graphique contemporain de Vincent Perrottet. Galerie Poirel 3 rue Victor Poirel 54000 Nancy Tél. : +33(0)3 83 32 31 25 [email protected] www.poirel.nancy.fr E - The Bora Baden Gallery, located in the heart of Nancy close to the « Place Stanislas » is a place dedicated to contemporary art, where the visitor will discover a certain kind of sensitivity in art. Bora Baden aims to present French and international established as well as emerging artists, and is keen to present paintings and graphic design. Its choices are guided by the quality of execution and the specific pictural language of the artists. design graphique : www.graphikzoo.com F - La Galerie Bora Baden, située au cœur de Nancy, proche de la Place Stanislas, est un lieu dédié à l’art contemporain, où le visiteur découvrira un certain type de sensibilité dans l’art. Bora Baden présente des artistes français et internationaux, confirmés ou émergents. Elle a pour ligne directrice la peinture et le trait. La poésie et la maîtrise du langage technique propres à chaque artiste motivent ses choix. Galerie Bora Baden - 24 Grande Rue 54000 Nancy - Tél. : 03 83 29 56 90 & 06 32 98 05 04 Ouverture — mercredi, jeudi, vendredi, samedi — 14h30 à 19h00 et sur rendez-vous. [email protected] - www.borabaden.com Estimations gratuitEs par Maître Enora ALIX 2ème et 4ème mercredi du mois - octobre à décembre et mars à juin Tél. : 01 47 27 95 34 - [email protected] > DU 25 NOVEMBRE AU 4 DÉCEMBRE OPERA NABUCCO (VERDI) Opéra National de Lorraine Place Stanislas - 54000 Nancy Tél. : +33(0)3 83 85 30 60 www.opera-national-lorraine.fr > JUIN 2015 5E MEETING DE NATATION COURSE Ce meeting international de natation est considéré à ce jour comme l’une des compétitions nationales majeures de la discipline. Piscine Alfred Nakache de Nancy Gentilly > JUIN / JUILLET 2015 MEETING STANISLAS-NANCY « PRO ATHLE TOUR 2015 » Inscrit dans le circuit professionnel de la Ligue Nationale d’Athlétisme, ce meeting fait parti des six plus grands de France. Stade Raymond Petit - Tomblaine > MI-JUIN A MI-SEPTEMBRE 2015 RENDEZ-VOUS PLACE STANISLAS Spectacle de mise en lumière de la place Stanislas, tous les soirs d’été. Place Stanislas, Nancy. > JUILLET - AOÛT 2015 NANCYPHONIES Festival de musique classique : concerts, animations musicales, insolites et masterclasses. Nancy et Grand Nancy. Tél. : +33(0)3 83 96 43 24 www.nancyphonies.net 95 caractère insolite Une étincelle de Terre Sainte à Nancy LA TOUR DE LA COMMANDERIE, TÉMOIN DE NOTRE HISTOIRE LOCALE 96 Connaissez-vous le plus ancien monument de Nancy ? Même si aujourd’hui il n’en reste qu’un clocher de style roman culminant à 20 mètres, cet édifice fut autrefois une chapelle datant du 12e siècle. Situé à l’extrémité de l’avenue Foch, non loin de la rue et de la place auxquelles il a donné son nom, respectivement en 1867 et 1893, il est connu dans l’esprit des Nancéiens sous le singulier patronyme de Tour de la Commanderie. Mais savez-vous ce qu’est une commanderie ? L ’Histoire débute vers 1140, lorsque le duc de Lorraine, Mathieu Ier, accorde aux Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean-deJérusalem1 la possibilité d’installer, près de Nancy, une communauté religieuse pouvant jouir d’un domaine foncier - la fameuse commanderie2 - constitué de terres, d’un four, d’un moulin ; ainsi que de divers droits de commerce et d’usage sur le marché de Nancy, en forêt de Haye et sur des communes avoisinantes. Les frères optent pour le nom de Commanderie Saint-Jean-duVieil-Aître3. À cette époque, Nancy est loin d’avoir le développement urbain qu’il connaîtra sous Charles III (en quadruplant sa taille : voir Nancy Tourisme n°4, page 17) et le site retenu à l’ouest de la ville est situé en rase campagne, au bord de l’étang Saint-Jean. Place forte malgré elle L’ensemble des bâtiments du domaine semble avoir été achevé entre 1170 et 1180. Des sources du début du 14e siècle évoquent notamment un logis, des bâtiments agricoles, un pigeonnier et un cimetière, mais l’édifice le plus remarquable est certainement la chapelle que les Hospitaliers finalisent en 1177 et dont la tour du clocher est le seul vestige de la Commanderie visible aujourd’hui. Il faut dire que le site n’a pas été épargné par les guerres lors de sa longue existence ! En 1476, lors du conflit opposant Charles le Téméraire à René II de Lorraine (voir Nancy Tourisme n°3, page 18), le lieu devient le quartier général des forces lorraines face à l’envahisseur bourguignon : un centre névralgique situé à quelques centaines de mètres du théâtre de la bataille finale qui verra la mort du Téméraire. Durant la Guerre de 30 ans, la Commanderie subit les assauts des troupes suédoises - alliées de la France - et souffre également d’une destruction partielle, en 1633, lors du siège de Nancy par Louis XIII. Le roi, n’appréciant guère que le duc de Lorraine prenne parti pour le Saint-Empire Romain Germanique, avait décidé de conquérir la ville. Porte d’entrée de la tour Clocher de l’ancienne chapelle de la Commanderie Saint-Jean-du-Vieil-Aître, unique vestige d’un domaine fondé au 12e siècle © Khaled Frikha 97 Une longue descente aux enfers Lors de la Révolution, le domaine est « arraché » au giron ecclésiastique pour devenir bien national avant d’être vendu. C’est le début d’une période noire pour l’illustre Commanderie qui est peu à peu démontée. Seule la tour, tel un dernier rempart, résiste aux restructurations urbaines pour être intégrée, au 19e siècle, à un nouveau bâti. Le salut pour cette Vieille Dame arrive le 19 janvier 1927 lorsqu’elle est enfin inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, avant de devenir en 1950 la propriété de la Ville de Nancy. Commence alors une deuxième vie pour elle, avec d’importants travaux de consolidation et une rénovation de la façade qui lui permet aujourd’hui d’attirer le regard des passants. Toutefois, les plus curieux d’entre vous se demandent certainement, puisque la tour ne se visite pas, ce que cette construction pour le moins originale à Nancy - il y a en effet peu de bâtiments de style roman dans l’agglomération - abrite derrière ses murs épais. La tour possède un chapiteau en forme de T et six niveaux dont le dernier est éclairé par quatre baies. Des fenêtres judicieusement placées qui, de nuit, se transforment en deux paires d’yeux semblant veiller sur les alentours, comme si l’âme des frères habitait encore le lieu. La Commanderie veille sur nous… Anthony Humbertclaude 1 es Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem sont L un ordre religieux et militaire créé au 11e siècle qui a pour mission de soigner et protéger les pèlerins se rendant à Jérusalem. Une grande partie des historiens s’accordent pour dire que cet ordre est devenu, à partir de 1530, par succession ou tradition, l’Ordre de Malte après l’expulsion des Hospitaliers et Templiers de Terre Sainte. 2 ne Commanderie est un établissement foncier U appartenant à un ordre religieux et militaire. Elle est placée sous la responsabilité d’un commandeur et constitue le lieu de vie de communautés de frères, chevaliers et affiliés. Le terme ne désigne pas uniquement une maison, mais une circonscription territoriale constituée d’une maison-mère et de plusieurs maisons et terrains. 3 a Commanderie est installée non loin d’un L cimetière mérovingien ; « aître » signifiant « cimetière ». Sources : - Archives Municipales de Nancy - patrimoine-de-lorraine.blogspot.fr 98 99