La trempe par laser - Institut Maupertuis
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La trempe par laser - Institut Maupertuis
BULLETIN TECHNIQUE N°28 La trempe par laser Novembre 2011 Contexte Un traitement de surface est généralement réalisé dans le but d’améliorer les caractéristiques superficielles d’un matériau (dureté, module d’élasticité, résistance à l’usure ou à l’oxydation, modification de la conductivité thermique ou électrique, aspect visuel), tout en préservant son intégrité dans son volume. Dans ce domaine, le laser offre un large éventail de traitements que ce soit en phase solide ou liquide, avec ou sans apport de matière. Nous présenterons ici la technologie de trempe par laser, traitement de surface en phase solide sans apport de matière. Elle trouve des applications sur des bases ferritiques (acier, fonte) pour le traitement des lames de cutter, des gorges de segments, des cylindres de moteur et des outils d’emboutissage. Sommaire : Problématiques Pour cette application, les avantages du laser sont les suivants : - Le traitement est très localisé, garantissant une grande précision des zones modifiées. - Les pièces sont beaucoup moins déformées que lors d’une trempe classique. En effet, le refroidissement se faisant par conduction dans la masse et la chauffe étant très locale, la quantité d’énergie apportée à la pièce est relativement faible. - Grâce à l’automatisation du procédé et l’utilisation d’un bras robot, il est possible de traiter des formes complexes, le faisceau laser étant transporté par fibre optique. - L’état de surface, généralement de grande qualité, limite l’usinage après le traitement. CONTEXTE 1 PROBLEMATIQUES 1 PROCÉDÉ 1 APPLICATIONS 2-4 Néanmoins, la trempe par laser présente plusieurs limitations : - L’investissement d’un laser de fortes puissances est relativement élevé, bien que les prix soient en baisse principalement avec l’avènement des lasers à diodes, à fibre ou à disque. - La largeur des zones traitées est relativement faible, limitant l’utilisation de ce procédé à des surfaces restreintes. - L’utilisation d’une source laser de forte puissance présente des risques photoniques (risques optiques pour l’œil et physiques pour la peau) nécessitant des protections adéquates. Procédé La trempe laser consiste à chauffer localement la surface d’un matériau à l’aide d’un laser jusqu’à une certaine température (température Ta d’austénitisation des aciers par exemple — figure 5 ) puis à laisser refroidir naturellement par conduction dans la pièce (Figure 1). Cependant, la température de fusion Tf du substrat ne doit pas être dépassée. Généralement, une température comprise entre 800 à 1200 °C est atteinte. Un asservissement de la puissance du laser par mesure pyrométrique de la température peut être utilisé afin de garan- tir un traitement constant sur une pièce à géométrie variable. Le refroidissement très rapide de la zone irradiée par le faisceau, provoqué par la conduction thermique dans la masse de la pièce, entraîne la transformation martensitique de l’acier, générant une microstructure très fine et de dureté élevée. Le faisceau laser est défocalisé sur la pièce (Figure 1) offrant un spot circulaire de Figure 1 : Principe de la trempe laser Page 1 La trempe par laser 0,3 à 30 mm de diamètre dans le cas d’une source Nd:YAG ou fibre. Un faisceau issu d’un laser à diode peut aussi être utilisé offrant une tâche carrée ou fortement asymétrique (jusqu’à 40 x 2 mm2). Figure 2 : Exemple d’application de la trempe laser Comme nous le voyons sur la figure 1, un déplacement du laser par rapport à la pièce génère un cordon et la juxtaposition de plusieurs cordons permet de recouvrir une surface (Figure 2). La tête laser est généralement portée par un robot (Figure 3). Les vitesses de déplacement mises en œuvre sont comprises entre 0,1 à 10 m/min selon la pénétration requise par l’application (de 100 µm à 3 mm). La trempe par laser peut aussi être effectuée par point (Figure 4). Dans ce cas, le faisceau ne se déplace pas sur la pièce mais irradie juste un certain nombre de points en réseau. Le temps d’interaction est alors compris entre 10 ms à 1 s par point. Le principe de ce traitement est de créer des points durs sur la surface pour supporter le frottement sans traiter tout le substrat. Cette approche permet de réduire encore la quantité d’énergie apportée à la pièce donc de limiter les déformations. Une optimisation du réseau de points est néanmoins nécessaire afin de rencontrer les contraintes d’usure de l’application. Applications Pour être trempés, les matériaux Fe -C, doivent respecter des conditions métallurgiques et thermiques. Les matériaux présentés ci-dessous répondent à ces critères. Figure 3 : Installation de trempe laser de l’Institut Maupertuis Figure 4 : Principe de la trempe par point Comparaison de trempe continue sur acier et fonte 18mm). L’apport énergétique nécessaire à la trempe diffère suivant les matériaux. La température de trempe (dans le domaine γ - figure 7) dépend notamment de la teneur en carbone, des éléments d’addition, de l’état de surface, de la géométrie de la pièce… Les figures 5 et 6 représentent des coupes métallographiques d’essais de trempe continue par laser YAG à disque réalisées à l’Institut Maupertuis. Caractérisations : Paramètres : Les duretés obtenues (Figure 5 et 6) sous les surfaces trempées sont comprises entre 600 et 800HV. La filiation de dureté sur fonte est plus hétérogène que celle sur acier. En effet, la fonte possède des nodules de graphite qui affaiblissent la dureté à leur proximité (Figure 9). L’acier 50CD4 a été trempé à 4KW avec une vitesse d’avance de 1m/min et un spot théorique de 15.5mm. A largeur et profondeur de trempe identique (10mm sur 1mm), la fonte grise FGS600 a été trempée avec une vitesse d’avance plus faible (0.6m/min) et une défocalisation plus forte (spot de Le refroidissement rapide génère une structure sursaturée en carbone qui durcit le matériau (Figure 8). 10mm 1mm 1000 Trempe laser sur acier FGS600900 Figure 5 : Trempe sur acier 50CD4 Filiation de dureté 800 700 600 500 400 300 200 100 0 Dureté (hv) Dureté (HV) 1000 Trempe laser sur acier 50CD4 900 800 700 600 500 400 300 200 -150µm/ à la surface 100 -300µm/ à la surface 0 -8000 -6000 -4000 -2000 0 2000 4000 6000 Distance (mm) 8000 -8000 -6000 -4000 -2000 -150µm/ à la surface -300µm/ à la surface 0 2000 Distance (mm) 4000 6000 8000 Figure 6 : Trempe sur fonte FGS 600 Filiation de dureté Page 2 Pôle assemblage Austénite (γ) ↗ T°C ↘ T°C Ferrite α+Fe3C Nodules de graphite Martensite Figure 8 : Processus de formation de la Martensite Figure 9 : Coupe micrographique sur fonte grise trempée Figure 7 : Diagramme d’équilibre Fe-C Influence du recouvrement Plusieurs passes successives ont été réalisées aux figures 10 et 11 sur acier 50CD4 et fonte FGS600. D’une manière générale, quelque soit la matière ou le taux de recouvrement la dureté est sensible sous la zone de recouvrement. En effet, la deuxième passe laser engendre un re venu d u matériau q ui se Au détriment de la dureté et du module d’élasticité, ce type d’application a l’avantage de minimiser les contraintes résiduelles et d’augmenter la ténacité du matériau. 1000 Trempe laser sur fonte FGS600 900 800 700 600 Dureté (mm) Dureté (hv) 1000 Trempe laser sur acier 900 50CD4 800 700 600 500 400 300 200 100 0 -8000 -3000 caractérise par une chute de la micro dureté. 500 400 300 -150µm/ à la surface -300µm/ à la surface 2000 Distance (mm) 7000 -150µm/ à la surface -300µm/ à la surface 12000 Figure 9 : Trempe sur acier 50CD4 Filiation de dureté sur 3 passes laser -10000 -8000 -6000 -4000 200 100 0 -2000 0 Distance (mm) 2000 4000 6000 8000 Figure 10 : Trempe sur fonte FGS600 Filiation de dureté sur 3 passes Géométrie complexe L’asservissement de la puissance est d’autant plus importante que la géométrie des pièces à traiter est complexe et hétérogène pour des raisons de deux ordres : La maitrise de la température de trempe. A titre d’exemple, la fusion du matériau est favorisée sur des arêtes (très grande conduction de la chaleur). La maitrise de la déformation. Bien q ue les dé formatio ns soient faibles, elles évoluent en fonction de la masse traitée. Des arêtes ou rayons de matière vont induire ou faire évoluer les concentrations de contraintes. Des essais ont été réalisés sur une pièce en acier sur face co nca ve de l o ng ue ur d ’a rc d e l’ordre de 7mm (Figure 11). La trempe a été réalisée par un pulse laser de 400ms à 2500W. Page 3 Figure 11 : Trempe sur acier La trempe par laser Trempe par point sur acier La Figure 12 présente un exemple de trempe par point sur un substrat acier 50CD4. La puissance laser mise en œuvre était de 4000 W et le temps d’interaction de 30 ms. La taille de chaque point est de 3 mm et offre une dureté d’environ 750 HV (62 HRC) sur une profondeur de 200 µm (Figure 13). Dans ce cas, la déformation de la pièce est nulle. ment du faisceau laser a été effectué à l’aide d’une tête scanner montée sur un robot. Cette approche permet de balayer la surface à grande vitesse (60 m/min) et réduit énormément le temps inter-point. Une surface de 30 x 5 cm2 a été traitée en moins de 10 s. Pour cette application, le déplace- Figure 12 : Exemple de la trempe par point Figure 13 : Profil de dureté dans la profondeur de la trempe par Pour en savoir plus, contactez: Aurélie ANNE, Ingénieur Matériaux [email protected] tel: 02.99.57.15.73 Laurent DUBOURG, Chargé d’affaires Pôle Assemblage tel: 02.99.57.15.74 [email protected] BULLETIN TECHNIQUE N°28 L’Institut Maupertuis réalise des études techniques par la mise en œuvre des compétences propres à l’Institut et des compétences des centres techniques et établissements d’enseignement et de recherche régionaux. Nos activités s’organisent en deux pôles : Le Pôle Projets : recherche et coordination de centres de compétence en mesure de répondre aux Centre d’études techniques en productique et mécatronique Contour A. De St. Exupéry Campus de Ker Lann 35170 Bruz 02 99 05 84 56 02 99 52 98 77 [email protected] attentes des industriels, plus particulièrement des PME-PMI. Ce pôle assure la gestion de projets de la définition du projet, jusqu'à sa réalisation. Cette prestation réalisée par un chef de projet mis à disposition, inclut la rédaction de cahiers des charges fonctionnels, la recherche de centres de compétence, l’assistance dans la démarche de propriété intellectuelle et de recherche d'outil de financement. Le Pôle Assemblage : centre de compétence en travail innovant des matériaux et en particulier en soudage, découpage et traitement de surfaces par laser : études de faisabilité industrielle, études collectives en soudage, études concernant l’automatisation des postes et la robotisation, transfert de technologie vers les PME-PMI. L’association s’inscrit dans la politique régionale de soutien à la recherche appliquée et à l’innovation. Son pilotage est assuré par des personnalités industrielles locales en partenariat avec l’UIMM Bretagne, Autéo, Plasti-Ouest, le Pôle Productique Bretagne et le CETIM. L’association est soutenue et subventionnée par l’Europe, la Région Bretagne, le Conseil Général d’Ille et Vilaine et Rennes Métropole. Page 4