faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés
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faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés
TOUT LE MONDE SE SERVAIT D’UNE MÊME LANGUE ET DES MÊMES MOTS. COMME LES HOMMES SE DÉPLAÇAIENT À L’ORIENT, ILS TROUVÈRENT UNE VALLÉE AU PAYS DE SHINÉAR ET ILS S’Y ÉTABLIRENT. ILS SE DIRENT L’UN À L’AUTRE: « ALLONS! FAISONS DES BRIQUES ET CUISONS-LES AU FEU! » LA BRIQUE LEUR SERVIT DE PIERRE ET LE BITUME LEUR SERVIT DE MORTIER. ILS DIRENT: « ALLONS! BÂTISSONS-NOUS UNE VILLE ET UNE TOUR DONT LE SOMMET PÉNÈTRE LES CIEUX! FAISONS-NOUS UN NOM ET NE SOYONS PAS DISPERSÉS SUR TOUTE LA TERRE. ». OR YAHVÉ DESCENDIT POUR VOIR LA VILLE ET LA TOUR QUE LES HOMMES AVAIENT BÂTIES. ET YAHVÉ DIT: « VOICI QUE TOUS FONT UN SEUL PEUPLE ET PARLENT UNE SEULE llé e LANGUE, ET TEL EST LE DÉBUT DE LEURS ENTREPRISES! MAINTENANT, AUCUN DESSEIN NE SERA IRRÉALISABLE POUR EUX. ALLONS! DESCENDONS! ET -la -V a LÀ, CONFONDONS LEUR LANGAGE POUR QU’ILS NE S’ENTENDENT PLUS LES UNS LES AUTRES. » YAHVÉ LES DISPERSA DE LÀ SUR TOUTE LA FACE DE LA TERRE ET ILS CESSÈRENT DE CONSTRUIRE LA VILLE. AUSSI LA NOMMA-T-ON BABEL, CAR C’EST LÀ QUE YAHVÉ CONFONDIT LE LANGAGE DE TOUS ar ne LES HABITANTS DE LA TERRE ET C’EST LÀ QU’IL LES DISPERSA SUR TOUTE LA FACE DE LA TERRE. AUTRES. » YAHVÉ LES DISPERSA DE LÀ SUR TOUTE LA FACE DE LA TERRE ET ILS CESSÈRENT DE CONSTRUIRE LA VILLE. AUSSI LA NOMMA-T-ON BABEL,, CAR C’EST LÀ QUE YAHVÉ CONFONDIT LE LANGAGE M DE TOUS LES HABITANTS DE LA TERRE ET C’EST LÀ QU’IL LES DISPERSA SUR TOUTE LA FACE DE LA TERRE // BIBLE DE JÉRUSALEM, LE CERF, PARIS, 1956 // oi re s à FAISONS-NOUS UN NOM Marjorie Wiest Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit ENQUÊTE SUR UN ÉTABLISSEMENT ÉVITÉ ; LE LYCÉE HENRI BERGSON, PARIS 19ÈME ET TOUTE LA TERRE ÉTAIT LÈVRE UNIQUE ET PAROLES UNIQUES. ET IL ARRIVA, DANS LEUR DÉPLACEMENT À PARTIR DE L’ORIENT, QU’ILS TROUVÈRENT UNE PLAINE EN LA TERRE DE SHINÉAR, ET ILS S’ASSIRENT LÀ. ET ILS DIRENT, CHACUN VERS SON COMPAGNON: « ALLONS! BRIQUETONS DES BRIQUES ET FLAMBONS-LES À LA FLAMBÉE! » ET LA BRIQUE FIT POUR EUX PIERRE ET LE BITUME FIT POUR EUX MORTIER. ET ILS DIRENT: « ALLONS! BÂTISSONS UNE CITÉ ET UNE TOUR : SA TÊTE DANS LES CIEUX! ET FAISONS POUR NOUS UN NOM POUR NE PAS ÊTRE DISPERSÉS SUR LA FACE DE TOUTE LA TERRE. » ET LE SEIGNEUR DESCENDIT POUR VOIR LA CITÉ ET LA TOUR QU’AVAIENT BÂTIES LES FILS D’ADAM. ET LE SEIGNEUR DIT: « VOICI, ILS SONT PEUPLE UNIQUE ET LÈVRE UNIQUE POUR EUX TOUS. ET VOILÀ LE COMMENCEMENT DE CE QU’ILS FONT. MAINTENANT, RIEN NE LES RETIENDRA DE CE QU’ILS DÉCIDERONT DE FAIRE. ALLONS! DESCENDONS ET EMBROUILLONS ICI LEURS LÈVRES QUE, CHACUN VERS SON COMPAGNON, ILS N’ENTENDENT PAS LEUR LÈVRE ».ET LE SEIGNEUR LES DISSÉMINA À PARTIR DE LÀ SUR LA FACE DE TOUTE LA TERRE. ET ILS CESSÈRENT DE BÂTIR LA CITÉ. C’EST POURQUOI ON APPELA SON NOM « PORTE DE DIEU » (BABEL) CAR C’EST À CET ENDROIT QUE LE SEIGNEUR EMBROUILLA LA LÈVRE DE TOUTE LA TERRE ET À PARTIR DE CET ENDROIT, LE SEIGNEUR LES DISSÉMINA SUR LA FACE DE TOUTE LA TERRE. // TRADUCTION FRANÇAISE D’EDMOND FLEG CHANT NOUVEAU, PARIS, 1946 // LA TERRE ENTIÈRE SE SERVAIT DE LA MÊME LANGUE ET DES MÊMES MOTS. OR EN SE DÉPLAÇANT VERS L’ORIENT, LES HOMMES DÉCOUVRIRENT UNE PLAINE DANS LE PAYS DE SHINÉAR ET Y HABITÈRENT. ILS SE DIRENT L’UN À L’AUTRE: « ALLONS! MOULONS DES BRIQUES ET CUISONSLES AU FOUR. » LES BRIQUES LEUR SERVIRENT DE PIERRE ET LE BITUME LEUR SERVI DE MORTIER. « ALLONS! DIRENT-ILS, BÂTISSONS-NOUS UNE VILLE ET UNE TOUR DONT LE SOMMET TOUCHE LE CIEL. FAISONS-NOUS UN NOM AFIN DE NE PAS ÊTRE DISPERSÉS SUR TOUTE LA SURFACE DE LA TERRE. » LE SEIGNEUR DESCENDIT POUR VOIR LA VILLE ET LA TOUR QUE BÂTISSAIENT LES FILS D’ADAM. « EH, DIT LE SEIGNEUR, ILS NE SONT TOUS QU’UN PEUPLE ET QU’UNE LANGUE ET C’EST LÀ LEUR PREMIÈRE OEUVRE! MAINTENANT, RIEN DE CE QU’ILS PROJETTERONT DE FAIRE NE LEUR SERA INACCESSIBLE! ALLONS, DESCENDONS ET BROUILLONS ICI LEUR LANGUE, QU’ILS NE S’ENTENDENT PLUS LES UNS LES AUTRES! » DE LÀ, LE SEIGNEUR LES DISPERSA SUR BABEL 2011 SÉMINAIRE PARIS/MÉTROPOLES BABEL CAR C’EST LÀ QUE LE SEIGNEUR BROUILLA LA LANGUE DE TOUTE LA TERRE, ET C’EST LÀ QUE 2 0 1 1 - 2 0 1 2 TOUTE LA SURFACE DE LA TERRE ET ILS CESSÈRENT DE BÂTIR LA VILLE. AUSSI LA NOMMA-T-ON LE SEIGNEUR DISPERSA LES HOMMES SUR TOUTE LA SURFACE DE LA TERRE. // TRADUCTION OECUMÉNIQUE ÉCOLE D’ARCHITECTURE DE LA VILLE ET DES TERRITOIRES À MARNE-LA-VALLÉE er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t IMAGE DE PAGE DE GARDE s oi re rit à ar ne M -la -V a llé e -la -V a llé e « FAISONS-NOUS UN NOM ET NE SOYONS PAS DISPERSÉS » ar ne Bible de Jérusalem, Le Cerf, Paris, 1956 oi re s à M FAISONS-NOUS UN NOM Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit ENQUÊTE SUR UN ÉTABLISSEMENT ÉVITÉ ; LE LYCÉE HENRI BERGSON, PARIS 19ÈME Marjorie Wiest INTRODUCTION 1 LES LYCÉES EN ILE-DE-FRANCE 5 9 PETITE HISTOIRE DE LA SECTORISATION SCOLAIRE ORGANISATION DES LYCÉES D’ILE-DE-FRANCE COMMENT CHOISIR SON LYCÉE ? LE CAS DE L’ACADÉMIE PARISIENNE 2 LE QUOTIDIEN D’UN LYCÉE PUBLIC PARISIEN : HENRI BERGSON 33 3 LYCÉE STIGMATISÉ AU LYCÉE ÉVITÉ 61 PORTRAIT DU LYCÉE HENRI BERGSON QUELS QUARTIERS POUR QUEL ÉTABLISSEMENT ? SORTIES DE CLASSES : FAÇADES SUR L’ESPACE PUBLIC UN LYCÉE STIGMATISÉ ; POURQUOI ? PAR QUI ? CONCLUSION 85 photo d’une classe du lycée Henri Bergson en 1962 et en 2000 er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t s oi re rit à ar ne M -la -V a llé e llé e -la -V a ar ne M oi re s à INTRODUCTION Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit Dans son ouvrage Babel, du texte au symbole, paru en 1985, l’historien Hubert Bost propose de «lire le récit de Babel comme un texte vieux de trois mille ans qui s’écrit aujourd’hui»1. « Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés » Peut-on lire dans la première édition - 1956 - de la traduction de l’Ancien Testament aux éditions de la bibliothèque du Cerf. Cet extrait aborde les questions de la fondation, du nom, de l’identité. «Certes les hommes disent «faisons-nous un nom», et non pas «bâtissons une ville et une tour... et donnons-leur un nom». (...) Le bâtiment est la garantie de la pérennité du bâtisseur. En le nommant, celui-ci s’assure contre l’oubli et se donne un nom, c’està-dire une renommée2.» L’école en France illustre aujourd’hui cette problématique de l’identité, de la dénomination... et par extension de la renommée, la popularité. Le prestige, la réputation, le qu’en-dira-t-on, la rivalité, la concurrence... sont, en effet, aujourd’hui des réalités dans le monde des établissements scolaires. 1 BOST Hubert, Babel, du texte au symbole, édition Labor et Fides, Paris, 1985, p. 5 2 Babel, du texte au symbole, p. 56 5 -la -V a llé e Cette étude propose d’analyser cette problématique à travers le cas d’établissements scolaires de l’enseignement secondaire : les lycées. rit oi re s à M ar ne Les lycées n’ont cessé d’évoluer au cours de l’histoire de l’éducation, leur rôle a été renforcé au cours de la seconde moitié du XXème siècle avec l’institution de l’école obligatoire jusqu’à 14 ans puis jusqu’à 16 ans. Dans ses ouvrages dédiés aux problématiques de l’éducation et de l’affectation, le sociologue François Dubet confirme l’intérêt des expériences lycéennes. Et au sujet des lycéens, il faut faire, selon lui, «l’hypothèse qu’il s’agit d’acteurs, pas seulement de pions ou de rouages, moins encore de simples objets pédagogiques»3. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er L’étude repose plus particulièrement sur un lycée public situé dans le 19ème arrondissement de Paris : le lycée Henri Bergson. Ce lycée général et technologique apparaît être un terrain d’étude intéressant, situé dans un arrondissement socialement mixte. Il apparaît à la fois être victime des phénomènes d’évitement scolaire et acteur d’une école compétitive en proposant des options rares pour lui assurer une certaine attractivité. Cette étude s’organise en trois parties. La première permet de mieux comprendre les lycées en Ile-de-France ; leur histoire, leur organisation, le déroulement des choix d’orientation des élèves après le collège et les pratiques de contournement. Dans une deuxième partie, le lycée Henri Bergson est présenté ; son offre, son projet d’établissement, son accessibilité, ses élèves. Puis une interrogation est menée sur les échelles de l’établissement. Enfin, une dernière partie permet de s’interroger sur la réputation du lycée Henri Bergson, en analysant les sorties de classes dans un premier temps puis en enquêtant sur l’image du lycée auprès des élèves, parents d’élèves et autres acteurs de l’éducation. 3 DUBET François, Les lycéens, édition du Seuil, Paris, 1991, p. 15 7 er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t s oi re rit à ar ne M -la -V a llé e llé e -la -V a ar ne M à LES LYCÉES EN ILE-DE-FRANCE oi re s 1 Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit PETITE HISTOIRE DE LA SECTORISATION SCOLAIRE DE L’ÉGALITÉ À LA MIXITÉ Les évolutions n’ont pas toujours été continues au cours de la longue histoire de la scolarisation française. Longtemps réservée aux élites ; l’enjeu de l’école du XIXème siècle fut d’étendre l’éducation au plus grand nombre. L’enseignement s’est progressivement ouvert à la société. On assiste alors au développement parallèle de deux écoles : l’école des «notables» et celle du «peuple»1. Rapidement, dès la fin du XIXème siècle, l’enseignement français veut s’attaquer à la réunion de ces deux écoles, qui favorisent, déjà, les premières formes d’évitement scolaire. Hacène Belmessous souligne, que les parents de milieu social élevé évitent à leurs enfants le contact avec ceux de l’école primaire publique et gratuite, à cause «des mauvaises habitudes de langage et des manières peu convenables»2. Il faudra attendre le milieu du XXème siècle, pour voir ces deux écoles finalement fusionner. En parallèle, l’école est rendu obligatoire jusqu’à 13 ans en 1882, 14 ans en 1936 et enfin, 16 ans en 1959. 1 PROST Antoine, Histoire de l’enseignement en France, 1800-1967, Paris, édition Armand Colin, 1979, 349 p. 2 BELMESSOUS Hacène, Mixité sociale : une imposture, Nantes, édition l’Atalante 9 Condorcet propose de créer une école de 2nde degré dans chaque ville de 4 000 habitants création des écoles centrales (lycées) ; une école pour 300 000 habitants loi : chaque circonscription de cours d’appel doit avoir au moins un lycée llé e 1833 loi Guizot : les conseils municipaux régissent les budgets de l’éducation (pour les écoles de garçons uniquement) M 1ère réflexion sur un enseignement primaire laïque, gratuit et uniformément réparti sur le territoire 1802 1795 -la -V a 1792 ar ne 1789 1936 1940 les instituteurs deviennent des fonctionnaires loi Ferry : instruction, laïque, gratuite et obligatoire jusqu’à 13 ans 1963 1975 l’obtention des allocations familiales est fonction du respect de la fréquentation scolaire loi Zay : prolongation de la scolarisation obligatoire jusqu’à 14 ans 1982 1984 le gouvernement de gauche développe les 1ère initiatives de dérogation de la carte scolaire le président De Gaulle crée la carte scolaire loi de décentralisation : transfert d’un certain nombres de compétences à la région ou au département réforme Haby : «collège unique» les grandes dates de l’histoire de l’école en France marjorie wiest à partir de l’atlas des fractures scolaires 10 1959 er 1889 Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t 1882 rit oi re s à création du «lycée de Paris» ou lycée Louis-leGrand réforme Berthoin : instruction obligatoire jusqu’à 16 ans loi Debré : création du système des contrats pour les écoles privées 2007 2008 élections présidentielles : la carte scolaire prend Xavier Darcos une place importante confirme l’assouplissement dans les débats de la carte scolaire début de l’assouplissement de la carte scolaire la loi Guizot s’étend aux écoles de filles llé e La mise en place de la carte scolaire en 1963 marque une nouvelle étape pour l’histoire de l’enseignement : celle de l’égalité d’accès à une offre préalablement rendue unique. La carte scolaire illustre également le développement d’un enseignement dit de masse. -la -V a 1850 s à M ar ne La réforme Haby de 1975 crée un «collège unique», pièce maîtresse de l’enseignement égalitaire : dans l’accès et dans les contenus de l’enseignement. Mais dans les faits, il faut attendre 1986 pour voir l’enseignement unique réellement exister en France. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re À partir de cette époque la question de l’accès et de l’égalité scolaire deviennent des enjeux prégnants pour l’éducation. Les débats qui se jouent autour de la carte scolaire illustrent parfaitement les nouveaux enjeux de l’éducation à l’heure de l’école obligatoire jusqu’à 16 ans, qui se traduit par un taux de scolarisation très proche de 100 % pour la classe d’âge des 3-16 ans. 2009 2010 suppression de mise en place la carte scolaire du logiciel d’affectation AFFELNET (affectation des élèves sur le net) 11 llé e -la -V a PARIS : DU LYCÉE DE NOTABLES AU LYCÉE UNIQUE L’histoire de l’enseignement secondaire à Paris tire sa singularité du statut particulier de la capitale. ar ne En 1872, alors que la population parisienne s’élève à 1 851 792 habitants, la ville ne compte que 5 lycées : Louis-le-Grand, Henri IV, Saint-Louis, Charlemagne et Condorcet. Tous sont alors réservés aux garçons. Le lycée est l’unique structure d’enseignement du secondaire ; il accueil donc les jeunes élèves pour sept années. Ni l’agrandissement du territoire parisien en 1860, ni l’augmentation massive de la population parisienne n’ont conduit au développement de l’offre scolaire secondaire à Paris jusqu’au début du XXème siècle. er rit oi re s à M 1872 À la fin du XIXème siècle, la fréquentation des établissements ne dépasse pas 3% de la population totale potentielle en âge de fréquenter les établissements scolaires secondaires publics. Cependant, le développement progressif de l’enseignement privé tant pour les jeunes filles que pour les jeunes garçons, peut amener à relativiser ces résultats de taux de fréquentation. Les effectifs de ces établissements privés étant inconnus, il est impossible de connaître la fréquentation réelle des lycées à cette époque. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t 1 851 792 habitants marjorie wiest à partir de l’atlas des parisiens Parmi les cinq établissements parisiens précédemment cités, trois se situent dans un périmètre étroit de un kilomètre carré ; il s’agit du quartier Latin. Ces lycées accueillent les enfants des classes les plus aisées de Paris. La majorité des élèves poursuivent ensuite leur parcours dans les écoles d’enseignement supérieure, elles aussi implantées en majorité dans le quartier Latin. En 1933, le politique et historien Guizot souhaite «créer un enseignement technique qui mène à toutes les carrières qui n’exigent pas l’étude des langues anciennes». Par exemple, l’école primaire supérieure Turgot devient une «école municipale en 1848, un collège en 1945, un lycée en 1954... Il aura fallu plus d’un siècle pour rapprocher le statut de 12 llé e l’enseignement technique de celui de l’enseignement général»1. Entre 1875 et 1914, l’enseignement secondaire connaît une «véritable révolution, dans toute la France, mais avec un rythme encore plus marqué à Paris»2. Le nombre d’établissements s’étend à 16 en 1911 : 11 écoles de garçons pour 5 écoles de filles, pour une population de 2 888 110 habitants. Les nouvelles constructions abandonnent le quartier Latin pour conquérir les espaces libres des quartiers plus périphériques. Les vastes emprises foncières permettent de réaliser de grands établissements et de multiplier les équipements annexes comme les salles de sport ou les cours de récréation. s 2 888 110 habitants à M ar ne -la -V a 1911 er rit L’enseignement secondaire s’ouvre progressivement aux jeunes filles. Il se modernise également avec l’apparition de l’apprentissage des sciences, des langues vivantes et de l’histoire contemporaine. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t 2007 oi re marjorie wiest à partir de l’atlas des parisiens Malgré le développement des équipements et l’augmentation des capacités d’accueil, la fréquentation des lycées entre les deux guerres peine à dépasser 10% de la population totale adolescente potentielle. 2 181 371 habitants marjorie wiest à partir de l’atlas des parisiens Après la seconde guerre mondiale, l’enseignement prend une nouvelle place dans la société. Il se démocratise rapidement ; on passe de 10% à 85% d’une classe d’âge d’élèves inscrits dans les établissements du second degré. Le public devient beaucoup plus hétérogène. Les lycées généraux se développent. En parallèle, un grand nombre de structures nouvelles voit le jour : les lycées techniques, technologiques ou polyvalents. L’enseignement privé, confessionnel mais le plus souvent laïc, se développe également sur le territoire parisien. Cette variété tend à développer une concurrence sur le territoire. D’autant que l’enseignement privé «utilise des arguments publicitaires attractifs pour solliciter les parents et les jeunes, bénéficiant souvent de conditions de fonctionnement plus favorables (classes à effectifs réduits notamment, quand on ne vante pas «l’enseignement par petits groupes, les résultats aux examens... »)»3. 1 GARDEN Maurice et PINOL Jean-Luc, Atlas des parisiens de la Révolution à nos jours, collection Broché, édition Parigramme, 2009, p. 228. 2 Atlas des parisiens de la Révolution à nos jours, p. 227. 3 Atlas des parisiens de la Révolution à nos jours, p. 229. 13 -la -V a llé e En 2007, alors que la population s’élève à 2 181 371 habitants, Paris compte 90 lycées. La carte des lycées en 1911 met en évidence l’importance des effectifs des lycées publics au début du siècle. Le lycée de garçons Janson-de-Sailly, dans le 16ème arrondissement, accueillait près de 2 000 élèves et sa capacité pouvait aller jusqu’à 3 000 élèves. Le lycée de garçons Racine, dans le 8ème arrondissement, accueillait, lui, près de 1 800 élèves. L’ensemble des lycées du quartier Latin - Henri IV, Louis-le-Grand et SaintLouis - enregistrait un effectif de 3 000 élèves garçons. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s atlas des parisiens à taille des lycées publics en 1911 M ar ne Il apparaît intéressant, maintenant, de comparer l’évolution des lycées par le biais d’un aspect clef : leurs capacités en terme de nombre d’élèves. taille des lycées publics en 2007 atlas des parisiens taille des lycées privés en 2007 atlas des parisiens 14 Aujourd’hui, les lycées publics sont plus nombreux mais leurs effectifs sont plus réduits. Quelques lycées accueillent moins de 200 élèves comme le lycée Roger Verlomme dans le 15ème arrondissement. Parmi les plus vastes établissements, notons par exemple les lycées publics Maurice Ravel ou Hélène Boucher, dans le 2Oème arrondissement qui accueillent chacun 750 élèves ; soit quatre fois moins que le plus gros des lycées du début du siècle. Aujourd’hui, les lycées privés sont moins nombreux que les lycées publics. Bien que non exhaustive, la cartographie des lycées privés met cependant en évidence les grandes capacités des ces établissements. On dénombre cinq très grands établissements dont les effectifs dépassent 1 000 étudiants. Le lycée privé SaintMichel-de-Picpus, situé dans le 12ème arrondissement et sous l’autorité des Pères de la Sainte-Croix, compte, par exemple, aujourd’hui près de 1 000 élèves inscrits. llé e -la -V a ORGANISATION DES LYCÉES D’ILE-DE-FRANCE QUELLES COMPÉTENCES POUR QUELS ACTEURS ? s à M ar ne L’enseignement français illustre les récentes complexifications des compétences et des acteurs avec les lois de décentralisation ; ce que l’on appelle «l’effet mille-feuilles». Plusieurs acteurs clefs interviennent donc à différents stades de l’enseignement des français : depuis la commune jusqu’à l’État. er PARIS Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t VERSAILLES rit oi re En plus des divisions territoriales existantes, l’enseignement s’appuie sur une circonscription administrative propre au ministère de l’Éducation nationale et au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : l’académie, dirigée par son Recteur. Leurs tracés correspondent le plus souvent à ceux des régions, à quelques exceptions près dont la région Ile-de-France. Le territoire francilien comprend, en effet, trois académies : Paris, Créteil et Versailles. CRÉTEIL les 3 académies en Ile-de-France marjorie wiest à partir de éducation.gouv Les académies représentent l’État, elles mettent en oeuvre la politique définie par le gouvernement - ministère de l’Éducation nationale et ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche -. Maillon intermédiaire, les académies doivent assurer un partenariat avec les collectivités territoriales locales. Les inspections académiques interviennent du 1er degré (primaires, maternelles) jusqu’au 2nd degré (collèges, lycées). Les conseils régionaux ont en charge la construction, la rénovation, les dépenses d’entretien et de fonctionnement - hébergement, restauration scolaire, fournitures, ameublement… des lycées d’enseignement général et technologique, et des lycées professionnels. Ils établissent le schéma prévisionnel des formations et exercent une compétence de droit commun en matière de formation professionnelle et d’apprentissage. Les lycées publics, comme les collèges, ont un statut d’Établissement Public Local d’Enseignement - EPLE -. Le conseil d’administration de chaque structure est responsable du budget. Le chef d’établissement est l’ordonnateur, sous le contrôle financier de l’agent comptable. Les collectivités votent 15 École Collège Lycée Enseignement : définition des programmes État État État Diplômes : définition et délivrance État État État Investissement (construction, reconstruction) et fonctionnement matériel Commune Département Région Fonctionnement pédagogique : acquisition de matériel pédagogique Communes État État Gestion des personnels enseignants : recrutement, formation, rémunération, etc. État Gestion des personnels administratifs, techniques, de santé : recrutement, formation, rémunération, etc. État Gestion des personnels ouvriers : recrutement, formation, rémunération, etc. Commune -la -V a ar ne M État État État Région Département Région oi re s à llé e Domaine de compétence MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE rit ÉTAT Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er Ministre RECTORAT RÉGION Recteur Chancelier de l’Université Conseil Régional DÉPARTEMENT Conseil Général INSPECTION ACADÉMIQUE Inspecteur de l’Académie COMMUNE Maire LYCÉE Proviseur COLLÈGE Principal enseignement, diplôme, personnel investissement, locaux, fonctionnement, entretien, équipement 16 ÉCOLE Directeur répartition des domaines de compétence à l’école, au collège et au lycée marjorie wiest à partir de éducation.gouv -la -V a llé e annuellement une dotation de fonctionnement et prennent en charge certains investissements. Tandis que l’État prend, lui, en charge directement les salaires du personnel enseignant et de direction. à M ar ne Les lois de décentralisation de 2003 ont transféré le recrutement, la rémunération et la gestion de carrière des personnels techniques et ouvriers des collèges et lycées aux collectivités territoriales. L’État transfert les fonds nécessaires aux acteurs gérant ces nouvelles compétences. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s Dans le domaine des compétences partagées avec l’État, les collectivités élaborent des programmes d’investissement afin de programmer les constructions, rénovations ou restructurations des établissements de leur juridiction. Pour les nouvelles constructions, les collectivités déterminent la capacité d’accueil, la localisation et le mode d’hébergement des élèves ; nonobstant, c’est le préfet qui détient le dernier mot après avis de l’autorité académique. Le recteur d’académie et l’inspecteur d’académie arrêtent la structure pédagogique des établissements, et le ministère pourvoit les postes en personnel enseignant. Les régions et départements sont représentés dans les conseils d’administration des EPLE, mais également dans les Conseils Académiques de l’Éducation Nationale - CAEN - et les Conseils Départementaux de l’Éducation Nationale - CDEN -. L’État garde la haute main sur l’enseignement en tant que tel, dans un pays où l’instruction est considérée comme l’un des ciments de la nation et l’un des garants de l’égalité républicaine. Les lois de décentralisation de 1982 ont transféré certaines compétences, pour autant, l’État a conservé la responsabilité du service public de l’enseignement, c’est-à-dire du «contenu et de l’organisation de l’action éducative ainsi que la gestion du personnel et des établissements qui y concourent». 17 llé e -la -V a ar ne M à s oi re rit er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t lycée public lycée privé état des lieux de l’offre lycéenne en Ile-de-France marjorie wiest à partir de l’IAURIF 18 0 llé e INVENTAIRE DES LYCÉES FRANCILIENS ar ne -la -V a Répartis sur 3 académies et 8 départements, le territoire lycéen francilien se caractérise par certaines spécificités. La présence de Paris, capitale, peut en expliquer une partie. à M En observant la répartition des lycées à l’échelle de l’Ile-deFrance, le premier constat indéniable est celui d’une forte concentration des lycées, publics comme privés, à Paris. oi re s La densité des lycées publics en Ile-de-France diminue à mesure que l’on s’éloigne de Paris. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit Les lycées privés sont, eux, encore davantage présents à Paris et en 1ère couronne. Il est également à noter que les lycées privés sont en majorité implantés à l’ouest de Paris. Les 18ème, 19ème, 20ème, 9ème, 10ème et 11ème arrondissement en sont quasiment dépourvus. 0 10 km 19 1 171 137 habitants totaux 84 330 habitants 15/19 ans (7,2%) établissements publics 49 lycées llé e population 92 population 93 1 560 870 habitants totaux 88 751 habitants 15/19 ans (5,7%) population public : 43 400 élèves (87,7%) privé : 6 102 élèves (12,3%) 57 lycées / INSEE 2009, Région Ile-de-France public : 44 966 élèves (79,1%) privé : 11 863 élèves (20,9%) effectifs lycées publics et privés financés établissements publics 2 220 114 habitants totaux 115 344 habitants 15/19 ans (5,2%) établissements publics effectifs lycées publics et privés financés / INSEE 2009, Région Ile-de-France 90 lycées oi re s public : 50 296 élèves (87,3%) privé : 7 307 élèves (12,7%) effectifs lycées publics et privés financés public : 64 053 élèves (68,4%) privé : 29 622 élèves (31,6%) rit / INSEE 2009, Région Ile-de-France / INSEE 2009, Région Ile-de-France Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er 78 population 1 410 040 habitants totaux 93 868 habitants 15/19 ans (6,7%) 75 établissements publics 54 lycées effectifs lycées publics et privés financés public : 47 769 élèves (80,0%) privé : 11 915 élèves (20,0%) / INSEE 2009, Région Ile-de-France 91 établissements publics 47 lycées effectifs lycées publics et privés financés 77 population population 1 319 227 habitants totaux 81 391 habitants 15/19 ans (6,2%) public : 44 499 élèves (87,6%) privé : 6 313 élèves (12,4%) établissements publics / INSEE 2009, Région Ile-de-France 60 lycées public : 49 355 élèves (87,5%) privé : 7 076 élèves (12,5%) / INSEE 2009, Région Ile-de-France les lycées en Ile-de-France en chiffres marjorie wiest à partir de l’INSEE et Région Ile-de-France établissements publics 50 lycées effectifs lycées publics et privés financés public : 43 526 élèves (85,5%) 1 316 761 habitants totaux privé : 7 366 élèves (14,5%) 90 719 habitants 15/19 ans (6,9%) effectifs lycées publics et privés financés 20 94 population 1 212 393 habitants totaux 83 728 habitants 15/19 ans (6,9%) / INSEE 2009, Région Ile-de-France 75 population à 63 lycées ar ne 1 519 071 habitants totaux 101 870 habitants 15/19 ans (6,7%) établissements publics M effectifs lycées publics et privés financés -la -V a 95 ar ne -la -V a llé e En 2009, avec 90 établissements publics pour 2 220 114 habitants, Paris (75) connaît la plus forte concentration de lycées publics d’Ile-de-France. La capitale totalise une moyenne de 4,05 établissements publics pour 100 000 habitants. Avec 47 établissements pour 1 212 393 habitants, l’Essonne (91) totalise une moyenne de 3,9 établissements publics pour 100 000 habitants. er rit oi re s à M La population en âge de fréquenter le lycée correspond aux 1519 ans. La plus grande population de cette classe d’âge en Ilede-France se trouve à Paris qui compte 115 344 jeunes habitants. En deuxième position, on retrouve la Seine-St-Denis (93) avec 101 870 habitants âgés de 15-19 ans. Ils sont 93 868 habitants de 15-19 ans dans les Yvelines (78). Les autres départements totalisent 90 000, ou moins, d’habitants de cette classe d’âge. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t Cependant, la représentativité de ces jeunes en variable selon les départements. Les 15-19 ans représentent seulement 5,2% de la population totale parisienne tandis qu’ils représentent 6,7% de la population totale de Seine-St-Denis et des Yvelines. Le département le plus jeune est le Val-d’Oise (95) avec un taux de 7,2% de la classe d’âge 15-19 ans. L’écart de l’offre lycéenne en Ile-de-France est d’autant plus conséquente si l’on comptabilise les établissements privés. Aux 90 établissements publics parisiens précédemment cités il faut ajouter 69 lycées privés. La fréquentation du secteur privé est très élevée à Paris puisque 31,6% des élèves étudient dans un lycée privé. En comparaison, ils sont 14,5% dans le Val-de-Marne (94). Deux départements de l’ouest parisien - Yvelines (78) et Hauts-de-Seine (92) - enregistrent des fréquentations proches de 20%. 21 llé e -la -V a ar ne brevet de technicien baccalauréat professionnelle à baccalauréat technologique première d’adaptation Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t première 2nde CAP 3ème technologique 4ème générale 4ème technologique 6ème générale classe primaire classe maternelle le lycée dans le parcours scolaire ; de la maternelle aux études supérieures 22 BEP 3ème générale 5ème générale marjorie wiest à partir de education.gouv.fr première professionnelle er rit oi re s baccalauréat général M études supérieures ar ne SECTORISATION ET AFFECTATION PARISIENNE XVIII Dans le parcours d’un étudiant, le choix du lycée se fait après la classe de 3ème. Après la classe de seconde «générale et technologique», trois types de formations se présentent aux élèves. Ces différentes formations correspondent aux spécialités des lycées - généraux, technologiques ou professionnels -. Il arrive souvent que les trois filières soient réunies dans un même établissement. Étape charnière du cycle scolaire, le lycée forme les élèves à l’obtention du baccalauréat. M premiers «secteurs» des lycées parisiens (1993) XIX X VIII II XX III I XVI XI rit VII IV VI er V XV oi re IX s à XVII -la -V a llé e COMMENT CHOISIR SON LYCÉE EN ILE-DE-FRANCE ? LE CAS DE L’ACADÉMIE PARISIENNE XII Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t Depuis la réforme de 2010, l’académie de Paris est divisée en quatre secteurs : les districts. Ce découpage est issu d’un premier dessin original de six secteurs, réalisé en 1993. Simplifié, le dessin actuel permet de réunir au sein de districts des arrondissements parfois disparates ; c’est particulièrement le cas du district Est qui regroupe, par exemple, le 19ème et le 1er arrondissement. La taille des quatre districts est très inégale. Le district Est - 9 arrondissements - compte par exemple deux fois plus d’arrondissements que le district Sud - 4 arrondissements -. XIII XIV marjorie wiest à partir de lemonde.fr «secteurs» actuels des lycées parisiens (2010) XVIII XVII XIX NORD IX EST X VIII II XX III I XVI XI VII IV VI XV V OUEST XII XIII XIV marjorie wiest à partir de ac-paris.fr SUD Depuis la rentrée 2009, les futurs lycéens parisiens sont obligatoirement affectés par le biais d’un logiciel en ligne : Affelnet (affectation des élèves sur le net). Cette procédure informatisée s’est développée sur toute la France ; elle laisse, cependant, chaque académie fixer ses propres barèmes aux critères d’affectation. Les coefficients des différents critères d’affectation sont clairement énoncés par l’académie de Paris qui a souhaité donner plus de poids, depuis la rentrée 2010, à la proximité géographique. Ainsi, l’affectation est encouragée, pour chaque élève de 3ème, dans son secteur de résidence. Les élèves issus des collèges publics restent prioritaires par rapport à ceux du privés. La nouveauté de la rentrée 2010 est la suppression de la bonification attribuée en 2009 pour favoriser le premier voeu, car elle «encourageait les familles à formuler des voeux sans rapport avec leur chance de satisfaction» remarque le journaliste 23 Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t 6 er rit Les élèves non affectés reformulent des voeux chaque élève formule voeux ; = 4 critères pour évaluer les voeux : _ bonus district* : 600 points _ résultats scolaires : 600 points 1 550 points _ bourse : 300 points maximum _ fratrie** : 50 points * domicile et lycée dans le même district ** frère ou soeur dans le lycée demandé en 1er voeu chronologie des affectations marjorie wiest à partir de ac-paris.fr 24 llé e -la -V a résultats du 2nd tour ar ne les élèves doivent s’inscrire obligatoirement dans le lycée d’affectation été à résultats du 1er tour : chaque élève reçoit son avis d’affectation s les élèves enregistrent leurs voeux via Affelnet mi juillet M début juillet fin juin oi re fin mai la ronde des dérogations rentrée des classes -la -V a affectation des élèves emménageants de l’été À la rentrée 2011, les élèves de 3ème ont pu formuler jusqu’à six voeux. Concernant l’accès à la 2nde professionnelle, le système est différent puisqu’un voeu correspond à la fois à une spécialité et à un lycée. ar ne septembre Pour l’affectation en lycée général ou technologique, quatre critères sont pris en compte : la proximité géographique (vœu dans le district dont vous dépendez) : 600 points ; les résultats scolaires : 600 points ; le fait d’être élève boursier : 300 points ; le fait d’avoir un frère ou une soeur dans le lycée demandé en premier voeu : 50 points. Les critères, pondérés, amènent à un score total de 1 550 points. Concernant les résultats scolaires de chaque élève, l’académie de Paris prend en compte 12 notes pour 12 matières de contrôle continu. Ces notes sont pondérées par celles obtenues par le collège au brevet l’année précédente, afin de corriger d’éventuels déséquilibres de notation entre établissements. Le logiciel classe, alors, les dossiers selon ces principaux critères, chacun donnant des points permettant de progresser sur les listes. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s à M fin aout llé e Luc Cédelle1. Pour l’affectation en 2nde professionnelle, seuls les résultats scolaires (notes du contrôle continu), l’avis du collège d’origine et l’avis du lycée d’accueil pour certaines spécialités sont pris en compte. A noter que pour encourager les élèves les plus motivés, le 1er voeu est bonifié par l’académie de Paris si les autres voeux correspondent à la même spécialité. Les élèves non affectés procèdent à un second tour dès le début des vacances - début du mois de juillet. Les parents et élèves mécontents de leurs affectations premières procèdent à des demandes de dérogation pendant l’été ; jusqu’à une affectation définitive fin août. Lors d’une réunion tenue au rectorat le 2 avril 2010, Claude Michelet, Directeur de l’académie de Paris a rappelé que «personne ne peut exiger d’être dans un établissement précis et pas ailleurs». L’affectation de la rentrée 2010 a encore soulevé de nombreux 1 CÉDELLE Luc, Choisir son lycée ? Oui. Mais près de chez soi et «dans la limite des places disponibles», dans le monde, du 4 avril 2010. 25 Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s à M ar ne -la -V a llé e débats. «Choisir son lycée ? Oui. Mais près de chez soi et «dans la limite des places disponibles»» titrait Luc Cédelle dans un article du Monde du 4 avril 2010. Les fervents opposants à la carte scolaire ont, en effet, été très déçus de voir la mise en place de nouveaux rouages dans l’affectation des lycées. Ce nouveau mode d’affectation reprend et revisite, les principes de la carte scolaire. 26 llé e LA CARTE SCOLAIRE EN QUESTIONS ar ne -la -V a À l’origine, l’expression «carte scolaire» a été créée pour désigner «le processus d’élaboration de l’offre scolaire par l’administration de l’Éducation nationale»1. Aujourd’hui, la «carte scolaire» désigne communément la «sectorisation ; la répartition des publics dans les établissements selon leur lieu de résidence»2. oi re s à M La carte scolaire est donc un instrument, un outil utilisé pour appliquer les politiques de l’éducation. Elle permet de réguler l’offre et la demande à l’échelle des différents territoires français. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit Dès 1984, une vingtaine d’années après sa création, les différents gouvernements ont peu à peu souhaité l’assouplir. Jusqu’à la voir totalement disparaître ou remaniée en 2010. La carte scolaire a même été un enjeux de la campagne présidentielle du printemps 2007. Pour comprendre ces évolution récentes, il apparaît important de revenir sur le rôle de cette carte scolaire. Elle renvoie à deux fonctions principales et complémentaires : la répartition des postes et heures d’enseignement d’une part, l’affectation des élèves dans les établissements d’autre part. C’est ce deuxième rôle qui attire particulièrement notre attention. Ainsi, progressivement, les objectifs de la carte scolaire ont migré vers une recherche de mixité sociale. Derrière le débat de la carte scolaire se cache celui de la mixité. La carte scolaire est devenu aux yeux des politiques, familles, élèves... un outils de mixité. Quels que soient les point de vue, «pour» ou «contre» la carte scolaire, le débat de fond se rapporte au développement ou à l’effacement de la mixité sociale à l’école. Pour Laurent Visier et Geneviève Zaïa, «si la sectorisation n’a pas été élaborée pour promouvoir la mixité, elle n’est, pas plus aujourd’hui qu’hier, un outil qui permet d’atteindre cet objectif. Pour la même raison, faire de la suppression de la carte scolaire l’outil principal de la mixité paraît aussi peu convainquant3». 1 VAN ZANTEN Agnès et OBIN Jean-Pierre, La carte scolaire, collection Que sais-je ?, édition Puf, 2008, p. 3 2 VISIER Laurent, ZAÏA Geneviève, La carte scolaire et le territoire urbain, collection La ville en débat, édition Puf, 2008, p. 30 3 La carte scolaire et le territoire urbain, p. 34 27 A B B A B B A A Selon son dessin, la carte scolaire peut avoir des impacts variés sur la mixité. Dans une conférence portant sur les mixités, JeanChristophe François4 illustre les répercutions des tracés de la carte scolaire sur les territoires. Il identifie deux populations A et B. Deux lycées : Zola et Balzac. Dans le cas du premier tracé, il a un renforcement de la ségrégation. Dans le cas du second tracé, il y a création de mixité. Les maillages de la carte scolaire sont donc au coeur des débats. llé e A B B M Balzac -la -V a A ar ne Zola à Un autre aspect important de la carte scolaire peut expliquer sa remise en cause : il s’agit de son respect. L’association facile du «contournement» et de «carte scolaire» n’est un mystère pour personne. Dans le journal Libération du 14 septembre 2006, François Ascher pointait l’obsolescence de la carte scolaire de 1963 et les effets pervers de son contournement. s B B oi re A A B A B Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t B rit A er Zola A A B Balzac premier tracé ségrégatif Zola A A A B B A A B A B B second tracé générateur de mixité «La politique de la carte scolaire et celle du programme unique sont obsolètes au regard de leurs objectifs initiaux, voire produisent des effets pervers, et leur défense devient hypocrite car elles ne sont plus respectées par tous ceux qui peuvent y échapper». Ces pratiques de contournement seront illustrées dans une troisième partie, à partir de l’académie de Paris, emblématique de ces pratiques. B Balzac 4 FRANÇOIS Jean-Christophe, «Feu la carte scolaire : mixité sociale et sens du déplacement», Conférence Mixité(s), Quelle mixité et pour qui ?, jeudi 22 janvier, ENSAVT, organisé par le CAUE 77 28 -la -V a llé e PRATIQUES D’AFFECTATIONS SCOLAIRES PARISIENNES : UN CAS D’ÉCOLE ? à M ar ne Pour les familles et élèves qui ne développent pas de stratégies particulières et qui recourent à l’enseignement public, la carte scolaire est un espace continu, un emboîtement des échelles de plus en plus large au cours du parcours scolaire des enfants. Ces familles vivent ces territoires comme des espaces prescrits, subis et sans appropriations possibles en matière scolaire. er rit oi re s Mais pour d’autres familles, l’école - formation ou établissement - est un choix ! «Elles ne sont pas soumises à une forme d’assignation des lieux de scolarisation, elles ont intégré le caractère tout relatif de la contrainte de la carte scolaire»1. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t Les familles développent 4 types de stratégies dites individuelles ou personnelles : _ l’inscription dans un établissement privé _ la demande de dérogation pour un établissement public en dehors du secteur _ le mensonge sur le lieu de résidence - déclarations d’un lieu de travail ou de domiciliation fictif avec l’aide d’un tiers, des adresses de complaisance, des locations virtuelles... _ le changement du lieu de résidence Les motifs de dérogation reposent principalement sur : _ la recherche de services annexes (restaurant scolaire, garderie) _ la recherche d’option, de section ou de langue vivante particulière _ la simplification de la vie familiale (proximité de l’école ou de l’établissement demandé avec le lieu de travail de l’un des parents, scolarisation de la fratrie dans une seule commune, proximité de l’école, d’une nourrice ou d’une garderie) _ un besoin pédagogique spécifique (pratique sportive ou artistique renforcée...) 1 ROUAULT Rémi, «Les dimensions spatiales de la scolarisation, entre espaces prescrits et parcours choisis», Espace populations sociétés, 2005, p. 365 29 llé e ar ne -la -V a lycée public (dérogation) lycée privé s à M évitement individuel Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re lycée public (mensonge) primaire collège lycée public de secteur classe de niveau parcours classique et pratiques de contournement après le collège marjorie wiest à partir de Choisir son école. Stratégies familiales et médiations locales 30 enseignement supérieur évitement collectif ar ne -la -V a llé e Pour la sociologue Agnès Van Zanten2, les stratégies se différencient le plus souvent en fonction des moyens financiers des familles. Les plus aisés achètent «la qualité de l’offre scolaire» via le recours à l’enseignement privé ou via les choix résidentiels. Elle qualifie ces stratégies de pratiques individuelles ou personnelles. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s à M Les familles qui ne peuvent pas assumer de tels coûts ont plutôt recours à des stratégies collectives. Elles colonisent des établissements publics de secteur et font pression en faveur du regroupement de leurs enfants dans des classes de niveau ou en choisissant des options discriminantes. Ces pratiques sont qualifiées de collectives puisqu’elles reposent sur une entre aide des parents qui enrôlent les autres parents, essaient de regrouper leurs enfants dans de bonnes classes... Ces parents sont, en général, très actifs dans les associations de parents d’élèves. Agnès Van Zanten met ainsi en évidence des pratiques d’évitement au sein même de certains établissements. La sectorisation, qui devait garantir à l’initiale une forme d’égalité, est aujourd’hui détournée, provoquant le développement d’un entre soi plus affirmé. En contournant la carte scolaire, les familles développent des stratégies d’auto ségrégation. Lors des contournements des cartes scolaires, Agnès Van Zanten insiste sur l’ambivalence - voire la schizophrénie - qui touche les familles devant se positionner entre une «éthique de conviction» et «une éthique de responsabilité», entre intérêts personnels et bien commun. Si bien que le choix de l’école peut même devenir, selon elle, une source de dilemme, entre le «moi égoïste et le moi solidaire». À l’échelle de l’Ile-de-France, ces phénomènes sont particulièrement développés. Paris est fortement attractif à l’échelle de la région. La très forte représentation de l’enseignement privé et d’options rares à Paris renforce les pratiques de contournements à l’échelle de l’académie de Paris et pour l’ensemble de l’Ile-de-France. L’étude du lycée Henri Bergson permet d’illustrer ces pratiques d’évitement. 2 VAN ZANTEN Agnès, Choisir son école. Stratégies familiales et médiations locales, édition Puf, collection Le lien social, 2009, 283 p. 31 er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t s oi re rit à ar ne M lycée Henri Bergson -la -V a llé e llé e -la -V a ar ne M rit oi re s à 2 LE QUOTIDIEN D’UN LYCÉE PUBLIC PARISIEN : HENRI BERGSON Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er PORTRAIT DU LYCÉE HENRI BERGSON SON OFFRE Le lycée public Henri Bergson est localisé au nord de l’académie parisienne, dans le 19ème arrondissement de Paris. Sur la plaquette du lycée Henri Bergson, on peut lire la présentation suivante : «Situé entre les Buttes Chaumont et le Bassin de la Villette, notre lycée à la chance de scolariser des élèves venus d’horizons divers. Accompagnés par une vie scolaire ferme et bienveillante, ils bénéficient d’un suivi pédagogique attentif en synergie avec le CIO du 19ème arrondissement. Très ouvert sur le plan culturel, artistique et international, notre lycée a à coeur, non seulement la réussite scolaire de ses élèves mais également l’éducation à la citoyenneté et la prise de conscience face aux grands défis de ce siècle (EDD).» 33 -la -V a llé e Celle-ci est complétée par une seconde présentation présente dans le projet d’établissement du lycée : «Résolument tourné vers une pratique pédagogique ouverte et participative, le lycée Henri Bergson accueille tous les lycéens désireux de trouver une voie qui accorde leurs souhaits et leurs capacités - n’est-ce pas le but de toute école républicaine.» ar ne Bâtiment : ouvert en 1962 extension en 1998 6 étages 5 gymnases 2 cours de récréation rit oi re s à M Capacité : 644 élèves (558 lycées et 86 élèves de BTS) inscrits à la rentrée 2011 er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t programme : 2nde / 2nde à projet : classe Louvre, classe cinéma, classe européenne, classe «agenda 21» 1ère/terminale S : classe classique et européenne 1ère/terminale ES : classe classique et européenne 1ère/terminale L : classe classique et européenne 1ère STG communication gestion terminale STG communication et gestion des ressources humaines mercatique compabilité et finances des entreprises BTS assurance management des unités commerciales Le lycée propose des options particulières diversifiées dès la 2nde pour attirer de nouveaux élèves ; parcours culturels, scientifiques... langue : langue vivante 1 : anglais, allemand, espagnol langue vivante 2 : anglais, allemand, espagnol, italien langue vivante 3 : italien latin grec 34 Le lycée propose également un parcours rare qui s’inscrit dans le cycle général - de la seconde à la terminale littéraire, économique & social ou scientifique - : la classe européenne. Le lycée propose l’étude de quelques langues particulières : l’italien -LV2 et LV3 -, le latin et le grec. Ces offres favorisent le développement de ce que Agnès Van Zanten qualifie de classe à niveau favorisant l’entre soi et permettant ainsi de retenir ou d’attirer de nouveaux élèves au lycée. En parallèle, Henri Bergson propose plusieurs options technologiques : une spécialité STG en classe de première et terminale. Les deux classes de BTS ouvertes aux étudiants postbac comptent une centaine d’élèves. 1ère L européenne sous-total 1ère L 1ère S 1ère S européenne llé e Le nombre important d’élèves de seconde inscrits à cette rentrée 2011 porte à croire que les effectifs du lycée vont augmenter dans les années à venir. Les 228 élèves vont venir grossir les classes de première (comptant 161 élèves à la rentrée 2011) et de terminale (comptant 169 élèves à la rentrée 2011). Cependant, la fuite des élèves en direction d’autres établissements pourrait générer la stagnation des effectifs du lycée Henri Bergson dans les années futures. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t sous-total 1ère S -la -V a 161 1ère L ar ne sous-total 1ère sous-total 1ère ES M sous-total 1ère STG 1 ES européenne ère à 228 31 4 35 23 5 28 47 6 53 31 14 45 1 ES ère s sous-total 2nde 209 19 oi re 2 général et tech européenne nde rit 2nde général et tech Les détails des effectifs mettent en évidence une très forte représentativité des classes de seconde avec 228 élèves sur 558, les élèves de seconde représentent 41% des effectifs totaux du lycée. Cette très forte représentation s’explique par la fermeture des classes de seconde dans le lycée Jacquard situé à quelques mètres du lycée Henri Bergson. Ces constats font suite à une décision de l’académie de Paris de fusionner les deux établissements géographiquement très proches. er effectifs 1ère STG communication 1ère STG gestion terminale ES terminale ES européenne sous-total terminale ES terminale L terminale L européenne sous-total terminale L terminale S terminale S européenne sous-total terminale S terminale STG communication et ressources humaines terminale STG comptabilité et finance d’entreprise terminale STG mercatique TOTAL 31 4 35 25 7 32 58 9 67 11 4 sous-total STG 20 35 sous-total terminale 169 558 effectifs rentrée 2011 lycée Henri Bergson, Paris, 19ème 35 llé e SON PROJET M ar ne -la -V a Rendu obligatoire en 1989, le projet d’établissement définit les modalités de mise en œuvre des orientations, des objectifs et des programmes nationaux et du projet académique au sein des lycées. En fixant des choix pédagogiques et une politique éducative pour l’établissement, il met en exergue les priorités de chaque lycée. rit oi re s à Élaboré à la fin de l’année scolaire 2009, le projet d’établissement du lycée Henri Bergson s’étend sur la période 2009-2012 (annexes). L’axe fondamental du lycée est «la mise au travail des élèves» et «l’accompagnement vers une orientation réussie». Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er Dans une première partie, «l’analyse de la situation» offre un comparatif du lycée avec la moyenne de l’académie selon 6 critères : la population scolaire, le rayonnement du lycée, l’efficacité pédagogique, la poursuite des études, l’assiduité des élèves et le critère E3D (établisssement en Démarche de Développement Durable), critères peu avantageux pour le lycée. Il y révèle une très forte représentation de «CSP défavorisées» (30,5% contre 15,3% à Paris), avec un important taux «d’élèves boursiers» (26% contre 15,7% à Paris), un nombre important «d’élèves accusant un retard dans leur parcours» (1 an de retard : 32,4% contre 24,5% à Paris / 2 ans de retard : 19% contre 5,4% à Paris) et enfin, une forte proportion «d’élèves de nationalité étrangère» (12% contre 8,3% à Paris). Les conclusions du projet d’établissement illustrent ces remarques : «grande fragilité de la population accueillie, 1 élève sur 5 a 2 ans de retard en 2nde - 1 sur 4 est boursier». Le bilan du rayonnement est également peu encourageant. Le taux d’attractivité - c’est-à-dire le % d’élèves ayant demandé le lycée en 1er voeu divisé par la capacité d’accueil de l’établissement est de 59%. Le % des élèves «montant» affectés sur leur voeu 1 ou 2 est lui de 78%. En conclusion, le rayonnement du lycée est : «en progression mais l’établissement reste peu attractif». 36 -la -V a llé e L’efficacité pédagogique est en progression, avec une plus value de 12 et une moins value de 5. Concernant la poursuite d’études de ses anciens élèves, le lycée remarque : M ar ne «une sous représentation des filières courtes et une sur représentation des filières universitaires les plus sélectives.» «reste LE problème ! » rit oi re s à Le taux d’absentéisme des élèves est particulièrement élevé : il s’élève à 8,38% en moyenne. Au mois de janvier, il va jusqu’à atteindre 12,4%. Si bien que l’assiduité des élèves : Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er Enfin, parmi les critères E3D, on note un «ressenti discriminatoire» qui s’élève à 43%. le lycée n’est pas attractif Pour la période 2009-2012, le projet d’établissement du lycée Henri Bergson repose sur 4 axes : _ améliorer l’efficacité pédagogique du lycée _ améliorer l’assiduité des élèves _ mieux accompagner les élèves dans la poursuite de leurs d’études _ établissement E3D Pour évaluer ces 4 axes, chacun des indicateurs précédemment présentés est repris. Une fiche bilan est éditée annuellement. les élèves sont affectés par obligation les élèves ne sont pas impliqués (absentéisme mauvais résultats) les élèves échouent davantage après le bac Le projet d’établissement révèle les difficultés rencontrées par le lycée Henri Bergson. L’absentéisme et l’attractivité apparaissent comme de réels enjeux pour les années à venir. Ils se révèlent être des freins pour les élèves et l’établissement et qui soutiennent des phénomènes de spirales. En parallèle, les enjeux E3D apparaissent en décalage avec la réalité du lycées ; les problèmes rencontrés par l’établissement. Le taux de mobilisation de 16% illustre le faible engagement réel d’Henri Bergson. 37 llé e M y/ ’italie s ar ne M M M M auphine -la -V a laumière jaurès à anc/ ervais oi re s M bolivar M Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit royal/ des lilas euf/ e la villette botzaris M colonel fabien M tta/ e montmartre -place des antilles/ aint lazare buttes chaumont l’accessibilité TC du lycée Henri Bergson marjorie wiest à partir RATP u ea n o tin uen nti ny ass nt an Pa –P d Q big Pic eme de ny mon e Bo blo ure du Départ e g i s ch b y li PaPréfeHctôtel Ho Ég Bo Ra Po ère mi u La s urè Ja ine lle au go eG Hu les d e s or r toil t a rne c Ch É Te Vi ph au D rte n nti Pa tte de la Ville q rc rte rc de Po Pa Ou s e ell urc Co u ea nc Mo ers li Vil e m Ro P e ed lac rad du are ng ali St G he c n Bla de are st l’E G nt rge se on sB e qu Jac Ré ue liq b pu Ob pf am erk lle a Pig oir bin en L rd- ha Ric Sa et– u ég Br lle sti Ba ai Qu de la e pé Ra z rlit ste ’Au d re Ga el arc -M int po m Ca Sa ie io tal rm d’I -Fo ce Pla RATP / CML / Agence Cartographique / PLM 10.2003 - 392 - B BO rt ua ho ec ch e d Ro ell – p r s s gra a r u rès lin Ch ve é-Cœ arbè B La Sta An Sacr Jau y ch Cli rd No el lon Co ien b Fa le il ev ll Be es nn uro Co t tan on ilm n Mé ise ha c La re Pè ipp il Ph te us ug eA dre an x Ale s ma Du n ro Av n tio Na Funiculaire de Montmartre CDG Orly RATP / CML / Agence Cartographique / PLM 10.2003 - 387 - B BO Gare du Nord i u Lo nc la sB Ja ès ur B va oli r Bu tte h sC au mo nt Bo tza ris Da nu be te ce s Fê Pla de ais erv -G int s -Sa Pré La Défense Ch. de Vincennes La Courneuve Ivry • Villejuif Asnières–Gennevilliers Saint-Denis • Châtillon Pte Dauphine Nation Louis Blanc Pré-Saint-Gervais Saint-Lazare Bibliothèque Levallois Gallieni Balard Créteil Pte des Lilas Gambetta Pont de Sèvres Montreuil Saint-Denis Noisy-le-Sec Boulogne Gare d’Austerlitz La Défense Pte de Versailles Bobigny Place d’Italie Châtelet Mairie des Lilas Pont du Garigliano Pte d’Ivry Étoile Nation Pte de la Chapelle Mairie d’Issy Aulnay Bondy Pte de Clignancourt Pte d’Orléans A B C D E RATP / C plan des lignes de métro 5, 2 et 7 bis RATP 38 louis blanc/ pré st gervais 48 palais royal/ porte des lilas 75 pont neuf/ porte de la villette 60 gambetta/ porte de montmartre 26 nation-place des antilles/ gare saint lazare llé e -la -V a ar ne M à M les élèves. Les arrêts «Colonel Fabien» ou «Jaurès» se situent à moins d’une dizaine de minutes du lycée. La ligne 2 traverse une large partie du territoire parisien : de Nation au sud-est à Porte Dauphine à l’ouest. jaurès Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t 7 bis M M Plus éloignée, la ligne de métro 2 est également empruntée par s nation/ porte dauphine oi re 2 La ligne de métro la plus proche est la ligne 7 bis, avec l’arrêt «Bolivar» situé à moins de 5 minutes du lycée. La ligne 7 bis est très peu développée ; elle s’étend du terminus Pré-Saint-Gervais à l’est au terminus Louis Blanc à l’ouest. rit bobigny/ place d’italie Situé au 27 de la rue Édouard Pailleron, le lycée Henri Bergson est accessible par plusieurs types de transport collectif du réseau RATP. er 5 SON ACCESSIBILITÉ La ligne 5 est accessible par les arrêts «Jaurès» et «Laumière» qui se situent tous deux à une dizaine de minutes du lycée Bergson. La ligne 5 s’étend de Bobigny, au nord, à la place d’Italie, au sud, dans le 13ème arrondissement. La ligne 5 traverse du nord au sud le territoire du district Est parisien. M bolivar Les élèves du lycée ont également une offre développée de bus avec la présence de quatre lignes de bus. Le bus 48 stoppe à l’arrêt «Armand Carrel - Mairie du 19ème» et à l’arrêt «Rue de Meaux», à cinq minutes du lycée. Le trajet du bus s’étend de la Porte des Lilas, à l’est, au Palais Royal à l’ouest. M colonel fabien Le bus 60 est également accessible à l’arrêt «Armand Carrel Mairie du 19ème». Il s’étend entre Gambetta, au sud-est, et Porte de Montmartre, au nord. Le bus 75 longe le nord des Buttes Chaumont ; il dessert l’arrêt «Jean Menans - Buttes Chaumont», à moins de cinq minutes du lycée Henri Bergson. Il va de la Porte de la Villette, au nord, au Pont Neuf, au coeur de Paris. Le bus 26 est, lui, accessible à l’arrêt «Marché Secrétan». Il rejoint la gare St Lazare à l’ouest à Nation-place des Antilles, à l’est. 39 plan des lignes de bus 48, 75, 60 et 26 RATP 40 er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t s oi re rit à ar ne M -la -V a llé e MARGOT, Paris 18ème logement de margot ar ne Margot a 17 ans, elle est élève en classe de terminale S au Lycée M ourcq Henri Bergson. Stalingrad Elle habite «Laumière». M M laumière «je viens à pieds» bolivar M «re collège de margot son collège chin ois» s Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t sto rit M Le parcours scolaire de Margot : Margot a étudié à l’école primaire Bolivar et au collège public Édouard Pailleron. Elle a réalisé l’ensemble de sa scolarité dans un périmètre très réduit. Lycée, collège, primaire sont voisins ou situés à quelques rues. oi re lycée Henri Bergson er jaurès M à Laumière M stalingrad me M porte de pantin Paris 19ème -la -V a Chapelle llé e SES ÉLÈVES... bolivar école de margot M buttes parcours scolaire de Margot Mle colonel chaumont Buttes Chaumont Comme une grande partie de ses camarades, Margot n’a «pas M botzaris choisi» de venir étudier à Henri Bergson. Elle n’a été acceptée Mouzaïa dans aucun des autres lycées demandés, «à cause d’un problème avec (son) dossier qui n’a pas été pris en compte». fabien marjorie wiest à partir d’entretien M Après le bac, Margot souhaite faire STAPS à Paris. Clavel M jourdain Pyrénée Le quotidien lycéen de Margot : Margot se rend au lycée à pied, «en 5 minutes». M pyrénée Le midi, elle déjeune à la cantine et parfois à l’extérieur, «dans les resto chinois ou à Pizza Hut». M belleville Margot ne fréquente pas de bar ou de café à la sortie du lycée. Belleville L’avis de Margot : Margot «aime bien (son) lycée». Elle reconnaît sa mauvaise réputation auprès des élèves, des parents, des enseignants... Mais elle est «fausse» selon elle. 41 Paris 19ème Chapelle cheminets M stalingrad «je venais du privé» M M lycée Henri Bergson collège d’audrey bolivar M danube M Danube logement d’audrey KÉ BA B logement d’audrey Audrey a 17 ans, elle est élève en classe de terminale S au Lycée Henri Bergson. Elle suit les options «Art Plastique et danse». Elle habite «Danube». M botzaris Mouzaïa M buttes chaumont Buttes Chaumont M place des Clavel fêtes Place des Fêtes M jourdain le parcours scolaire Pyrénéed’Audrey M pyrénée marjorie wiest àM partir d’entretien oi re belleville Le parcours scolaire d’Audrey : Audrey a étudié à l’école primaire rue des Cheminets et au collège privé Saint Georges. Elle et sa famille ont choisi le privé car son lycée de secteur était «mauvais». M fabien à M colonel s Paris 10ème école d’audrey -la -V a 75 M laumière ar ne M ourcq Stalingrad jaurès Pantin M porte de pantin Paris 18ème llé e AUDREY, St Martin Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit Comme une grande partie de ses camarades, Audrey n’a «pas choisi» de venir étudier à Henri Bergson. Elle n’a été acceptée dans aucun des autres lycées demandés, «parce qu’(elle) venait du privé, (son) dossier n’a pas été lu». Après le bac, Audrey souhaite intégrer une école de journalisme à Paris. Le quotidien lycéen d’Audrey : Margot se rend au lycée en métro, «avec la 7 bis» ou en bus, «avec le 75». Le midi, elle déjeune à la cantine ou chez elle. Audrey ne fréquente pas de bar ou de café à la sortie du lycée. L’avis d’Audrey : Audrey «aime quand même (son) lycée». «La réputation est mauvaise. Pourtant, c’est un lycée ouvert, multi culturel. Il n’y a pas de délinquance, en vrai. C’est un lycée normal !» 42 Chapelle M porte de pantin M ourcq Stalingrad SUZIE, llé e Paris 18ème M laumière collège de suzie école de suzie Manin M M danube Danube M «15 minutes à pieds» Elle habite «Pyrénée, avenue Simon Bolivar». M botzaris ar ne bolivar Suzie a 15 ans, elle est élève en classe de seconde au Lycée Henri Bergson. Elle suit l’option «Art plastique». Mouzaïa M buttes chaumont fêtes Pyrénée M pyrénée le parcoursM scolaire de Suzie belleville marjorie wiest à partir d’entretien Belleville Le parcours scolaire de Suzie : Suzie a étudié à l’école primaire rue Manin et au collège public Georges Brassens. à Place des Fêtes M jourdain s «bus 26» M place des Clavel oi re logement de suzie M Buttes Chaumont Comme une grande partie de ses camarades, Suzie n’a «pas choisi» de venir étudier à Henri Bergson. Elle n’a pas été acceptée dans les autres lycées demandés, «j’avais mis Bergson pour combler mes choix». Elle a été refusée à Maurice Ravel, Hélène Boucher, Turgot, Sophie Germain et Victor Hugo*. «Pourtant (j’) avais une moyenne raisonnable, 13,2. Mais je ne suis pas boursière ! Il faut être boursier ou avoir au moins 15 de moyenne pour être pris à Turgot ! J’ai une copine qui a réussi à y aller, alors qu’elle n’avait que 10 de moyenne.» Les cinq lycées choisis par Suzie se situent dans le district Est. rit fabien er M colonel -la -V a Laumière lycée Henri Bergson Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t s 10ème Paris 19ème Après le bac, Suzie souhaite faire une école d’art à Paris. Le quotidien lycéen de Suzie : Suzie se rend au lycée à pied ou en bus, «avec le 26». Le midi, elle déjeune à la cantine ou à la boulangerie. À la sortie des cours, Suzie aime rester devant le lycée, «une demi heure ou une heure. En été on va aux Buttes Chaumont.» L’avis de Suzie : Suzie s’attendait «à pire ! ». Selon elle, «c’est le collège qui fait la mauvaise réputation du lycée.» 43 Paris 19ème Chapelle M porte de pantin Paris 18ème M ourcq MATHIS, M laumière Laumière stalingrad lycée Henri Bergson M M M Mathis a 15 ans, il est élève en classe de seconde au Lycée Henri Bergson. Il suit l’option «Art visuel». Son père travaille dans le cinéma et sa mère est psychologue. Mathis n’a jamais redoublé. -la -V a bolivar M 26 75 M botzaris 75 M buttes Mouzaïa collège de mathis son collège Buttes Chaumont «15 minutes à pieds» logement de mathis Pyrénée le parcours scolaire de Mathis marjorie wiest à partir d’entretien fêtes M jourdain Le parcours scolaire de Mathis : Mathis n’a jamais redoublé. Il a étudié à l’école primaire rue des Allouettes et au collège public Claude Chappe. s M belleville M pyrénée Il habite «Clavel dans le 19ème». M place des Clavel M école de Mathis 26 à fabien ar ne chaumont M colonel St Martin oi re jaurès Paris 10ème llé e Stalingrad M Belleville Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit Mathis n’a «pas choisi» de venir étudier à Henri Bergson ; «personne ne l’a choisi ! (Mes) six choix ont été refusés. J’ai du passer au second tour. Dans le district, tout le monde va à Bergson quand il passe au second tour ! » Mathis a été refusé à Maurice Ravel, Arago, Turgot, Sophie Germain, Charlemagne et Hélène Boucher. Les six lycées choisis par Mathis se situent dans le district Est. Après le bac, Mathis aimerait entrer à la Femis, à Paris. Le quotidien lycéen de Mathis : Mathis se rend au lycée à pied, il met 15 minutes, ou en bus, «avec le 26 c’est plus court». Le midi, Il déjeune «le plus souvent dehors» car «la cantine est horrible. Souvent au Mc DO, au grec, au supermarché aussi». Mathis ne fréquente pas de bar ou de café à la sortie du lycée, en revanche il reste souvent un peu devant le lycée avant de rentrer chez lui. L’avis de Mathis : Mathis «aime bien (son) lycée». «Les gens sont agréables». Selon lui la mauvaise réputation vient du collège, où il y a «des cassos et où les élèves ont des mauvais résultats». Aucun des amis de Mathis ne l’ont suivi à Henri Bergson. Il a eu l’impression de se retrouver «un peu tout seul» au début de l’année, mais il s’est rapidement fait des amis. 44 llé e ET ALEXANNE HOLLANDE collège d’alexanne -la -V a Alexanne a 15 ans, elle est élève en classe de seconde au Lycée Henri Bergson. Elle suit l’option «Arts visuels». Chapelle Paris 19ème M ourcq Stalingrad M Laumière stalingrad «ligne n°2» gare du Nord/Est Alexanne n’habite pas avec son papa, sa maman est aide soignante. M laumière M M à logement d’alexanne lycée Henri Bergson jaurès s Paris 18ème Elle habite «Stalingrad, rue d’Aubervilliers». Alexanne vient juste de déménager. Elle habitait précédemment en Hollande. ar ne école d’alexanne «ligne n°2» marjorie wiest à partir d’entretien M colonel fabien M buttes chaumont Buttes Chaumont Clavel Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t Paris 10ème Le parcours scolaire d’Alexanne : Alexanne n’a jamais redoublé. Elle a étudié dans une école primaire en France, à Orléans. Puis elle a déménagé en Hollande. Elle est allée au collège en Hollande. rit le parcours scolaire d’Alexanne oi re M er bolivar Alexanne n’a pas choisit d’aller étudier à Henri Bergson. «C’était (mon) dernier voeu. On (m’)a dit que dès qu’on avait Bergson sur la liste, on y était tout de suite affecté, quel que soit sa position parmi les six voeux ! » Alexanne ne sait pas encore ce qu’elle fera après le lycée. Le quotidien lycéen d’Alexanne : Alexanne se rend au lycée à pied ou en métro, avec la ligne 2. Elle met une quinzaine de minutes pour venir au lycée Le midi, elle déjeune à la cantine et parfois à l’extérieur, «au Mc Do de Jaurès». Après les cours, Alexanne «traîne là». L’avis d’Alexanne : Alexanne n’aime pas son lycée, «ce n’est pas celui que (j’)ai choisi. (J’)aurai préféré aller dans un autre lycée». Elle reconnaît la mauvaise réputation du lycée mais «ne sait pas pourquoi». 45 llé e à M ar ne -la -V a académie de Paris XVIII IX disctrict Est VIII III I VII er XVI EST X rit II XIX s NORD oi re XVII XI XX IV Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t VI XV V OUEST XII XIII SUD XIV XIX 19ème arrondissement EST X II III I XI XII secteur collège I XX IV XIX X II III XX XI IV XII de l’académie au secteur collège district Est et ses arrondissements marjorie wiest à partir de ac-paris.fr marjorie wiest à partir de ac-paris.fr 46 -la -V a llé e QUELS QUARTIERS POUR QUEL ÉTABLISSEMENT ? ar ne La sectorisation scolaire s’inscrit dans un emboîtement d’échelles, depuis l’échelle la plus large, celle de l’académie de Paris jusqu’à la plus petite correspondant au secteur du collège Henri Bergson, de la cité scolaire du même nom. oi re s à M En complément de ces limites propres à l’éducation, il apparaît également important de marquer les limites administratives des neuf arrondissements du district Est. er rit Le lycée enquêté se trouve au nord-est de l’académie de Paris, au nord du district Est, au sud du 19ème arrondissement et enfin à l’ouest du secteur du collège Henri Bergson. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t Tours à tours, les différentes aspects du lycée Henri Bergson et de ses acteurs principaux - les élèves - de passer de la grande à la petite échelle. L’étude de parcours scolaires et d’itinéraires quotidiens de cinq élèves du Lycée Bergson permet d’illustrent ces emboîtements d’échelles dans la définition des parcours scolaires et des itinéraires du quotidien. 47 cré tan rit St Martin de nta ge ma Belleville pf Gambetta Paris 11ème la de rue e Lyo n marjorie wiest 48 Père Lachaise Paris 20ème e uett roq Charonne rue d gare de Lyon les quartiers du district Est parisien l ’alig re rue d Paris 4ème Be n ’avro Nation rue d rue m eaub ourg rue b Paris 3ème e rue d es Marais ru ros e de ier s s e Pyrénéesleville éné Pyr rivo li ret ag n Place des Fêtes Clavel de de p le tem am berk ru e O b de Horloge du République ur ue Paris 1er d urg ub o u fa r Les Halles r ue aum Mouzaïa rue ontor gueil rue rue ré Danube Buttes Chaumont Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t ard leb Paris 2ème -la -V a llé e Se er enis du f au bourg s td à ue Paris 10ème u bo rue av en s ru ed gare du Nord/Est e nu ave oi re uf au bo ur gs Stalingrad Pré St Gervais s aurè J Jean M tm ar tin Chapelle ar ne Paris 19ème cours de v incennes rue du ren de z-v ou s Paris 12ème -la -V a llé e LA GRANDE ÉCHELLE... ...DES QUARTIERS DANS LE DISTRICT EST s à M ar ne Le district Est parisien regroupe neuf arrondissements : 1er, 2ème, 3ème, 4ème, 10ème, 11ème, 12ème, 19ème et 20ème. Il regroupe, ainsi, des arrondissements sociologiquement très différents, depuis les arrondissements centraux à «un chiffre», peu peuplés, aux arrondissements plus populaires et plus peuplés du nord et de l’est parisien. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re Le district comprend logiquement divers quartiers, très variés. Le quartier place des Fêtes, à l’est est un quartier de grands ensembles. Un peu plus au sud, le secteur Mouzaïa est reconnu comme quartier bobo. Les Buttes Chaumont, longées de bâtiments haussmanniens, sont plus huppées. Le prix du foncier y est beaucoup plus élevé. Plus au sud, les quartiers de l’Horloge ou des Halles sont encore sociologiquement différents... 49 cré tan de nta ge ma rue ontor gueil bou rg rue beau rue m n lycée public professionnel lycée public polyvalent (professionnel, général et technologique) lycée privé les lycées du district est parisien marjorie wiest à partir de onisep.fr et equipeseducatives.fr 50 f a mp Gambetta Paris 11ème la de rue Père Lachaise Paris 20ème e uett roq Charonne n ’avro rue d ’alig re e Lyo lycée public général ou technologique Belleville Nation rue d rue d Paris 4ème l es Marais ru ros e de ier s s Paris 3ème Be éné Pyr rivo li e e rue d de ret ag n Place des Fêtes Clavel Pyrénéesleville rue de p le tem berk ru e O b de Horloge du République ur r Les Halles r ue aum d urg ub o u fa ue Paris 1er rue r é Mouzaïa rit St Martin lycée Henri Bergson Danube Buttes Chaumont Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t ard leb Paris 2ème -la -V a llé e Se er enis du f au bourg s td à ue s av en Paris 10ème u bo rue ave oi re gare du Nord/Est an J Je nue tm ar ru ed uf au bo ur gs Stalingrad Pré St Gervais s aurè M tin Chapelle ar ne Paris 19ème gare de Lyon cours de v incennes rue du ren de z-v ou s Paris 12ème llé e ...DE LA CONCURRENCE AU SEIN DU DISTRICT EST M ar ne -la -V a Ces neuf arrondissements totalisent une population de 879 792 habitants. Avec 36 établissements publics et 17 établissements privés, le district Est compte 4,09 établissements publics pour 100 000 habitants et 6,02 établissements totaux pour 100 000 habitants. Pour rappel, à l’échelle de Paris, la moyenne s’élève à 4,05 établissements publics pour 100 000 habitants. oi re s à L’importance de l’offre lycéenne privée est une donnée clef du district Est, à l’image de l’offre globale dans l’académie de Paris. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit Parmi les 36 lycées publics, il y a 16 lycées généraux et technologiques, 13 lycées professionnels et 7 lycées polyvalents (proposant des formations générales, technologiques et professionnelles). La répartition des lycées généraux et technologiques n’est pas uniforme sur le territoire du district Est. Trois pôles sont identifiables : 19ème Buttes-Chaumont, 12ème cours de Vincennes et 3ème square du Temple. Les lycées publics professionnels et polyvalents sont répartis de manière beaucoup plus homogène sur le territoire du district. Les lycées privés complètent le plus souvent l’offre publique avec des localisations différentes. Parmi les 17 lycées privés du district, 4 sont des lycées de confession juive et deux sont situés dans le 19ème arrondissement. . 51 m Lau llé e rue ière -la -V a ux ea eM ed rue Armand Carrel à Se s cré oi re tan l’importante offre de commerces de nourriture à emporter marjorie wiest à partir d’observations av en ue Se cré tan les enseignes de nourriture à emporter marjorie wiest à partir d’observations 52 ère M rue Armand Carrel mi ed ru autres commerces Lau ux ea eM commerces de nourriture à emporter rue Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit av en ue M ar ne ru -la -V a llé e LA PETITE ÉCHELLE... ...DU QUOTIDIEN À L’HEURE DU DÉJEUNER er rit oi re s à M ar ne Environ 1/3 des élèves restent déjeuner à la cantine le midi, quelques uns rentrent déjeuner chez eux. Le reste des élèves alimente les commerces des rues alentours. Le lycée Henri Bergson est, en effet, situé à proximité de rues commerçantes. Ces rues ont la particularité d’accueillir de nombreux commerces de nourriture à emporter, de fast food. Les lycéens d’Henri Bergson et les autres étudiants aux alentours participent, ainsi, au développement de cette économie. Mme Niksarlian a , à ce titre, remarqué l’ouverture régulière «de nouvelles boutiques, rue de Meaux, avenue Secrétan ou rue Bouret». Plusieurs rues sont remarquables avec chacune leurs spécificités. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t L’avenue Secrétan, est particulièrement dense en commerces et notamment commerces de fast food. Elle s’étend de l’arrêt de métro Jaurès jusqu’aux Buttes Chaumont. Les enseignes franchisées s’y sont implantées : Mac Donald, Monoprix ou Pizza Hut. Le «Mac Do» et le Pizza Hut sont particulièrement appréciés par les élèves. Mais ce sont surtout les fast food indépendants qui font l’offre. Au sud de la rue de Secrétan, entre la rue Édouard Pailleron et la rue de Meaux, la majorité des commerces sont des fast food tenus et destinés à la communauté juive, comme en témoignent les inscriptions «Beth Din de Paris». Cette offre est en relation avec les phénomènes de concentration volontaire de la communauté juive dans le 19ème arrondissement de Paris, qui compte le plus grand nombre de synagogues, de commerces cachers et d’écoles juives. La présence du groupe scolaire Lucien de Hirsch, rue de Secrétan peut expliquer la présence de ces commerces. Beaucoup de traiteurs chinois alimentent également l’offre. L’offre commerciale de la rue de Meaux est nettement moins importante, mais les élèves aiment aller au fast food «À la one again». Enfin, rue Bouret, quelques commerces se sont également développés. les enseignes de fast food photographie marjorie wiest Un peu plus loin, les élèves peuvent également fréquenter ceux de la rue Laumière et de la fin de la rue Armand Carrel. On y retrouve également des commerces alimentaires juifs certifiés «Beth Din de Paris», ainsi que des boulangeries et des traiteurs chinois. 53 llé e CITÉ DES SCIENCES -la -V a Paris 19ème ar ne ZÉNITH PISCINE ROUVET M à 104 PARC DE LA VILLETTE s PISCINE MATHIS er rit oi re HALLES DE LA VILLETTE cq ur Ec ru D ol ed uf oc e au bo d um 'a ur gs tm r ar en ch tin t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t é caf e l’o l d café a é n caf ca é caf MK2 MK2 ç mer om ue c r co m me PISCINE G. HERMANT rça nte : av en ue Se cré tan CENTRE PAILLERON BUTTES CHAUMONT caf é bar caf é caf é caf é bar cana bar l st bar martbar in bar rue e nu : ave e t n a s urè Ja Jean rue les offres de divertissements dans les 19ème marjorie wiest à partir d’observations 54 c ça n t mer m o de Belleville rue : e llé e -la -V a ...DU QUOTIDIEN À L’HEURE DE LA SORTIE DES CLASSES «La rue c’est la seule école» disait André Breton. M ar ne Les élèves du lycée Henri Bergson bénéficient d’une offre culturelle et sportive très riche présente dans le 19ème, à l’image de celle de la ville de Paris. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s à Face au lycée, le centre sportif Édouard Pailleron propose diverses activités : piscine, patinoire et centre de remise en forme. La présence du parc des Buttes Chaumont est également un avantage pour les élèves du lycée Henri Bergson. Les élèves le fréquentent particulièrement aux beaux jours. Un peu plus loin du lycée, mais toujours accessible à pied, les cinémas MK2 Quai de Loire et Quai de Seine, qui se font face, et orientés sur le Bassin de la Villette, offrent une programmation cinématographique variée. Les films y sont proposés en version originale sous-titrés en français. D’autres espaces culturels sont accessibles aux élèves, notamment par les métros de la ligne 5 et 2. L’ensemble de la Villette présente une offre très large : Zénith, Cité des Sciences et de l’Industrie, parc... Il en est de même pour le 104, lieu de création et de production artistique, ouvert récemment. Trois piscines publiques de la ville de Paris sont également accessibles facilement depuis le lycée Henri Bergson : la piscine Georges Hermant, la piscine Rouvet et la piscine Mathis. De nombreux bars et cafés, le long du canal St Martin et du canal de l’Ourcq sont également attractifs pour les lycéens. Enfin, les jeunes souhaitant faire du shopping peuvent se rendre sur les trois grandes artères commerçantes situées à proximité du lycée : la rue de Belleville, l’avenue Jean Jaurès et l’avenue Secrétan. les enseignes des activités culturelles et sportives photographie marjorie wiest L’ensemble de ces lieux culturels et sportifs ont une place importante pour les lycéens. Alors que les élèves fréquentent en moyenne l’école 200 jours/365 totaux, les temps libres de loisirs représentent une part importante dans leur quotidien e leur éducation. 55 à M ar ne -la -V a llé e Paris 19ème s Chapelle oi re Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit Paris 18ème Stalingrad jaurès M porte de pantin M ourcq 75 M laumière Laumière 48 M M Manin collège de suzie école de suzie lycée Henri Bergson collège d’audrey bolivar M M danube Danube collège de margot bolivar M botzaris école de margot M buttes Mouzaïa 60 collège de mathis chaumont ème M colonel fabien 26 Buttes Chaumont école de Mathis M place des Clavel fêtes Place des M jourdain 56 Pyrénée M M pyrénée -la -V a llé e DE LA PETITE À LA GRANDE ÉCHELLE... DES PARCOURS SCOLAIRES collège d’alexanne M école d’alexanne ar ne HOLLANDE s oi re er rit cheminets à Pantin M porte de pantin Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t école d’audrey 75 Pré St Gervais école de suzie botzaris dain M danube Danube Mouzaïa 60 M place des fêtes Place des Fêtes 57 ar ne logement de margot Stalingrad M logement d’alexanne M oi re M Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t jaurès rit 48 «ligne n°2» s à M stalingrad bolivar Paris 10ème 58 St Martin M colonel fabien M laumière Laumière lycée Henri Bergson er Paris 18ème -la -V a llé e Chapelle M 26 «15 minutes à pieds» M buttes chaumont 26 Buttes Chaumont «15 minutes à pieds» logement de suzie Pyrénée M belleville M porte de pantin llé e DES ITINÉRAIRES QUOTIDIENS er rit ri Bergson M danube Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t s à pieds» M oi re s à umière ar ne 75 laumière ont -la -V a M ourcq Danube logement d’audrey M botzaris Mouzaïa 60 M buttes chaumont M place des Clavel logement de mathis gement e suzie Pyrénée fêtes Place des Fêtes M jourdain M pyrénée 59 er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t s oi re rit à ar ne M -la -V a llé e llé e -la -V a ar ne M oi re s à 3 DU LYCÉE STIGMATISÉ AU LYCÉE ÉVITÉ ? Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit SORTIES DE CLASSES : FAÇADES SUR L’ESPACE PUBLIC JOURNÉES ORDINAIRES À LA SORTIE DU LYCÉE «Les enfants qui chahutent sur la rue donnent une mauvaise image des établissements», remarque M. Saussoz, professeur de technologie au collège Édouard Pailleron. La première image des établissements se fait en effet dans la rue, à l’heure de la sortie des classes ; les interactions avec l’espace public interfèrent directement sur la réputation. Les premiers observateurs semblent être, selon Mme Voyer, Directrice de l’école maternelle Jean Menans, les parents d’élèves de son école. Les cartographies suivantes retracent les grandes temporalités d’une journée type dans rue Édouard Pailleron ; elles permettent de mieux comprendre les rythmes et temporalités de la rue, en relation directe avec les établissements scolaires. les établissements scolaires de la rue Édouard Pailleron lycée Jacquart collège/lycée Henri Bergson collège Édouard Pailleron maternelle rue Jean Menans marjorie wiest à partir d’observations 61 llé e 11h30 rit 11H30 Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er 11H00 oi re s à M ar ne -la -V a 11h15 La sortie du midi est échelonnée en 2 fois au collège et au lycée Henri Bergson : 11h30 et 12h30. Celle du collège Édouard Pailleron est décalée, permettant une meilleure temporalité de la rue. La sortie de l’école maternelle se fait à 11h30. Cela correspond à la plus petite sortie du lycée. 17h00 17H00 17h15 17H15 La sortie du soir est beaucoup plus échelonnée de 16h30 à 18h00. Dès 16h30, les jeunes élèves de l’école maternelle terminent l’école ; ce sont les premiers. Puis c’est au tours des lycéens et collégiens (17h00 et 17H15). Enfin, à 18h00, les derniers élèves du lycées terminent les cours. Ces sont les élèves du lycées Henri Bergson qui le plus longtemps devant ou aux abords du lycée. 62 er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t 18h00 18H00 s oi re 12H00 rit à ar ne M -la -V a 12h00 llé e 12h30 12H30 18h30 18H30 63 -la -V a llé e Les temporalités mettent en évidence la gestion des masses, puisque les effectifs totaux des trois établissements de la rue Édouard Pailleron totalisent plus de 1 500 élèves. s à M ar ne La rue Édouard Pailleron est temporalisée aux rythmes des sorties de classes des trois établissements. Le midi, les horaires de sorties du collège, du lycée et de l’école maternelle sont décalées. Les élèves du lycée terminent à 11h30 ou 12h30. Sans doute, on l’imagine pour limiter la perturbation de l’espace public. Les sorties du collèges sont les plus turbulentes. Les élèves jouent sur la route, crient, courent... er rit oi re Le soir, les élèves du lycées terminent à 16h00, 17h00 ou 18h00 si bien que les sorties sont plus échelonnées. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t Le midi comme le soir, malgré le froid, une partie des élèves du lycée reste à proximité de l’établissement pour discuter, assis ou debout. Ils s’installent devant le lycée ; dans un espace étroit situé entre la route/la voie cycle et le portail du lycée. Ils s’installent également dans les recoins offerts par le bâtiment de la piscine Édouard Pailleron, située en face du lycée. Le bâti dessine, en effet, de nombreux espaces appropriables par les élèves. Les autres élèves rejoignent rapidement leurs domiciles ; ils se dispersent rapidement sur l’espace public. sortie du lycée photographies marjorie wiest 64 ÉVÉNEMENTS À LA SORTIE DU LYCÉE ? llé e le groupe s’arrête et attire l’attention ar ne -la -V a Observations à la sortie du collège Édouard Pailleron, 35 rue Édouard Pailleron Vendredi 25 novembre 2011, 12h15 à M Peu de collégiens restent devant l’établissement à la sortie des cours. Une majorité rentre déjeuner à la maison ou se rende dans un fast food. er rit oi re s Je décide de suivre un petit groupe qui emprunte la rue Édouard Pailleron vers l’est, en direction des Buttes Chaumont. Ils suivent ensuite la rue Cavendish pour rejoindre la rue Armand Carrel. Ils sont relativement nombreux, presque une vingtaine. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t Bruyants, ils investissent l’espace public et attirent l’attention. Que ce soit la route, les trottoirs ou les interstices entre les véhicules, l’espace public est sans limites et devient leur cours de récréation. un homme sort du Chaumontois (bar) pour observer la scène À l’angle des rues Armand Carrel et Cavendish, le groupe s’arrête. Les élèves attirent l’attention des passants et des automobilistes. Ils se chamaillent, se battent. Un homme sort même du bar situé en face de la scène (le Chaumontois) pour observer les élèves de plus près. Ils restent ainsi quelques minutes puis reprennent leur progression en direction de Jaurès. Le groupe s’amenuise . Progressivement chacun rejoint son domicile. Les sorties des classes sont bruyantes. Les élèves monopolisent l’espace public de la rue Édouard Pailleron et des rues adjacentes. En se déplaçant en groupes, les élèves attirent particulièrement l’attention sur eux. Les sorties de classe participe à la stigmatisation des établissements. sortie du lycée photographies marjorie wiest 65 er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t recherche «meilleurs lycées d’ile-de-france» sur google.fr copie d’écran google.fr 66 s oi re rit à ar ne M -la -V a llé e -la -V a llé e UN LYCÉE STIGMATISÉ ; POURQUOI ? ET PAR QUI ? UN PARIS PALMARÈS M ar ne «Le débat de la carte scolaire renvoie à la façon dont les parents évaluent un établissement, son ambiance, son fonctionnement, ses résultats, en fonction du public qui le fréquente.» oi re s à rappelle Marco Oberti en introduction de son ouvrage L’école dans la ville1. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit L’école évalue ses élèves, les note et les classe tout au long de leurs parcours scolaires ; depuis la maternelle jusqu’au lycée. Ces classements individuels mènent indéniablement à des classements des établissements. Cette notation des structures scolaires a pris une place grandissante ces derniers décennies. Au milieu des années 1980, les résultats des lycées au baccalauréat sont deviennent publics. Les premiers classements et palmarès voient alors le jour. La DEP - Direction de l’Évaluation et de la Prospective - est créée en 1987 ; ses compétences vont de la production statistique, aux travaux d’évaluation du système scolaire. La DEP met en place des indicateurs de réussite et de performance des lycées. Jusqu’au début des années 1990, la diffusion des palmarès reste très restreinte. En décembre 1993, une fuite de la DEP déclenche la publication, par le journal L’Express, de l’article intitulé «Le classement secret du ministère». Le Ministre de l’Éducation Nationale de l’époque - François Bayrou - accélère alors le processus de diffusion officielle des résultats ; la première édition officielle du classement des lycée français est publiée en 1994. Mais rapidement, «le taux de réussite au bac ne suffit pas pour juger de la qualité d’un établissement. Il faut aussi savoir comment sont obtenus les résultats2.» 1 OBERTI Marco, L’école dans la ville - ségrégation - mixité - carte scolaire -, collection Sociétés en mouvement, édition Sciences Po les presses, 2007, p. 15 2 Dossier de l’Express : La vérité sur les bons et les mauvais élèves, 26 mars 1998 67 68 er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t s oi re rit à ar ne M -la -V a llé e -la -V a llé e En 1998, quatre journaux répondent à l’achat officiel des résultats des lycées français : Le Monde, L’Express, Le Nouvel Observateur et Le Figaro. Les journaux publient, ainsi, dès le mois de mars, de véritables guides à l’usage des élèves de 3ème : ar ne «La vérité sur les bons et les mauvais lycées» L’Express, 26 mars 1998 Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s à M «Les vrais bons lycées, le banc d’essai 1998 des 2 334 lycées de France» Le Nouvel Observateur, 26 mars 1998 «Ce sont les meilleurs lycées» Le Figaro, 26 mars 1998 «Choisir son lycée» Le Monde, 27 mars 1998 Depuis la diffusion des résultats s’est encore démocratisée. Elle s’est fortement développée, notamment via Internet avec la création de sites spécialisés. De nombreux articles en ligne évoquant les lycées manient avec brio le champ lexical de la réussite. Sur le site Internet de l’étudiant.fr on peut, ainsi, trouver : «quels sont les lycées «d’excellence» qui forment l’élite ?» «les lycées de prestige». Sur le site phosphore.com, destiné aux étudiants, on y trouve : «la cote des lycées» «le meilleur palmarès» À Paris, du fait du nombre élevé d’établissements et de la présence d’établissements historiques, comme Henri IV, SaintLouis, Charlemagne et Condorcet, l’effet palmarès y est décuplé. La concurrence entre les lycées est importante. extrait de palmarès consultables sur Internet copie d’écran letudiant.fr, aujourd’hui.fr, france-examen.com, leparisien.fr, l’espress.fr, phosphore.com Interrogeons les performances d’Henri Bergson et de ses concurrents directs du district Est - les lycées Hélène Boucher, 69 publication des résultats des lycées : Henri Bergson et Hélène Boucher copie d’écran l’express.fr 70 er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t s oi re rit à ar ne M -la -V a llé e -la -V a llé e Maurice Ravel et Turgot, également généraux et technologiques - via le site portail de L’Express. Ce dernier diffuse les classements nationaux et départementaux selon les critères suivants : rit oi re s à M ar ne «Le classement France a été établi en additionnant les rangs obtenus par les 1 865 lycées dans les indicateurs suivants : taux de réussite au bac (coefficient 2), capacité à faire progresser les élèves (coefficient 1), lycée sélectif ou accompagnateur (coefficient 1). La moitié de la note finale est due à la performance (taux de réussite au bac), l’autre moitié à la capacité du lycée à accompagner et faire progresser tous ses élèves. Le classement départemental fonctionne de la même manière.» Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er Il diffuse également les taux de réussite du bac par série ; comprenant : les taux brut, les taux attendu (base académie et base France), les présents et la valeur ajoutée. L’ensemble des résultats sont présentés pour les années 2000 à 2010. «Le taux de réussite au baccalauréat, c’est l’indicateur le plus traditionnel, le plus connu et le plus facile à établir. Il rapporte le nombre d’élèves du lycée reçus au baccalauréat au nombre d’élèves qui se sont présentés. Bien que cet indicateur soit insuffisant pour rendre compte de l’efficacité d’ensemble d’un lycée, il ne saurait être négligé et a l’avantage de pouvoir être établi aisément, pour le public comme le privé, pour chaque série du baccalauréat.» La comparaison des quatre lycées Henri Bergson, Hélène Boucher, Maurice Ravel et Turgot permet de mettre en évidence les rouages des palmarès et notamment celui de l’Express. En 2010, l’Express classe Henri Bergson 1 110/1 930, au niveau national et 63/80, au niveau départemental. Selon les mêmes classements, Hélène Boucher est 561ème au rang national et 47ème au rang départemental, Maurice Ravel est 1 000ème et 60ème et Turgot est 1 222ème et 66ème. La même année, Henri Bergson enregistre un taux brut de réussite au bac dans l’ensemble de ses filières de 76 tandis que 71 publication des résultats des lycées : Maurice Ravel et Turgot copie d’écran l’express.fr 72 er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t s oi re rit à ar ne M -la -V a llé e -la -V a llé e Hélène Boucher enregistre un taux brut de 95, Maurice Ravel, un taux brut de 91 et Turgot un taux brut de 79. M ar ne Globalement, les taux bruts de réussite au bac toutes filières confondues enregistrés par Henri Bergson depuis 2008 sont en nette progression (de 59 en 2002 à 79 en 2008, puis 81 en 2009). En revanche, avant cette période, les résultats étaient beaucoup plus faibles ; en 2005, par exemple, ils ne dépassaient pas 50. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s à En comparaison, les taux bruts enregistrés par Hélène Boucher sont supérieurs à 90 depuis 2000, sauf en 2002 où ils étaient à de 84. Ceux de Maurice Ravel sont relativement réguliers depuis 2000. Ils ont chuté à 84 en 2001 et s’élevaient à 94 en 2007. Enfin, les résultats de Turgot sont de 79 en 2010. Entre 2000 et 2009, le lycée Turgot a connu de très fortes irrégularités. Les années 2001 et 2005 présentaient les plus mauvais résultats : respectivement 55 et 49. Tandis qu’en 2002 et en 2009, les résultats étaient bien meilleurs : respectivement 71 et 80. Ainsi, selon le classement national et départemental, le lycée Turgot apparaît bien comme le mauvais élève parmi les quatre établissements ; avec trois places de différence au classement départemental et 112 au classement national. Mais en comparant les taux de réussite bruts au bac, c’est bien Henri Bergson qui apparaît comme étant le mauvais élève : 79 à Turgot contre 76 à Bergson. En regardant les résultats par filière, on se rend compte que les différences sont très faibles dans les filières scientifiques : _ filière L : 85 à Turgot pour 86 à Bergson _ filière ES : 76 à Turgot pour 77 à Bergson _ filière S : 62 à Turgot pour 63 à Bergson _ filière STG : 91 à Turgot pour 85 à Bergson La plus grande différence se situe donc pour la filière technologique STG où Turgot enregistre des meilleurs résultats. Il semble étonnant de constater que la réputation du lycée Turgot est pourtant meilleure que celle d’Henri Bergson. Le lycée Turgot figure parmi les voeux non exaucés des jeunes élèves du lycée Henri Bergson dont nous avons pu étudier les parcours précédemment. La comparaison des lycée Maurice Ravel et Henri Bergson apparaît également intéressante. Le classement proposé 73 -la -V a llé e par le magazine l’Express ne semble pas, non plus, faire une grande distinction entre ces deux lycées ; 3 places d’écart au classement départemental et 110 places d’écart au classement national. Pourtant, le lycée Maurice Ravel totalise des résultats comparables au lycée Hélène Boucher, beaucoup mieux classé. à M ar ne Cette comparaison illustre, ainsi, la présence de critères qui interragissent au delà des seuls résultats au baccalauréat. Elle illustre également la complexité des réputations réelles des différents établissements scolaires. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s Il n’existe pas non plus de relations directes entre l’attractivité des établissements et les résultats publics. C’est ce que démontre Georges Felouzis dans une étude réalisée sur les marchés scolaires. Il constate un «lien étroit et complexe»3 entre deux visions des établissements scolaires : la vision subjective (la réputation) et une mesure objective (l’évaluation). Selon lui, les indicateurs de la DEP «entretiennent (même) le cercle vicieux des réputations». 3 FELOUZIS Georges, «Performances et «valeur ajoutée» des lycées : le marché scolaire fait des différences», Revue française de sociologie, volume 46, n°1, 2005, p. 25 74 llé e LA MAUVAISE PRESSE DE LA RUE ÉDOUARD PAILLERON M ar ne -la -V a Aux dires des lycéens interrogés, Henri Bergson tiendrait sa mauvaise réputation des collèges voisins Henri Bergson et Édouard Pailleron. L’étude de la presse s’étend donc à ces trois établissements scolaires. Les trois coupures de presse choisies illustrent l’image du lycée et des collèges de la rue Édouard Pailleron véhiculée par la presse. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s à Le premier article évoque l’incendie de 1973 du collège Édouard Pailleron, ayant fait 20 morts. Quarante ans après, cet incendie meurtrier est resté très marqué dans les esprits. Le collège datait des années 1960, à l’époque où, pour répondre à l’augmentation des effectifs due à la prolongation de la scolarité jusqu’à 16 ans, l’État a construit beaucoup d’établissements de ce type. C’està-dire des bâtiments légers, bon marché et aux normes de sécurité assouplies. Après le malheureux accident, le collège Édouard Pailleron est ainsi devenu une référence ; il est cité à chaque nouvel accident comparable se produisant en France et l’on faire alors référence à un bâtiment type Pailleron. L’article ci-contre «REPÈRE Un lycée de type Pailleron détruit par un incendie à Bagneux» tiré du journal Le Monde du 5 mars 1993 illustre ces propos. Un autre événement survenu trente ans plus tard a, lui, fait une très mauvaise presse au lycée Henri Bergson. Le matin du 8 octobre 2002, une élève de terminale a, en effet, été «aspergée d’acide» par un camarade. Plusieurs articles sont parus dans le journal Le Monde. L’article paru le 12 octobre 2002 titré «Oulfa, élève de terminale, aspergée d’acide au lycée Henri-Bergson, à Paris» en est un exemple. Enfin, l’article titré «Quand les profs démissionnennent face au délitement de l’école» publié sur le blog de Marianne 2 le 24 janvier 2011, illustre les problèmes de l’éducation à travers l’exemple de la cité Henri Bergson. Il présente, dans un premier temps, une lettre ouverte de démission d’une enseignante du collège Henri Bergson à son Principale (annexes). Il est suivit d’un commentaire du Professeur agrégé de Lettres Jean-Paul Brighelli. La lettre expose les difficiles conditions d’enseignement des professeurs du collège, comme en témoignent ces quelques extraits : 75 Le Monde.fr : Archives http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/ARCHIVES/arch... llé e REPERES Un lycée de type Pailleron détruit par un incendie à Bagneux Article paru dans l'édition du 05.03.93 -la -V a Quand les e lycée d'enseignement professionnel (LEP) Léonard-de-Vinci de Bagneux (Hauts-de-Seine) a été à moitié détruit, mercredi 3 mars, en milieu d'après-midi, par un incendie qui a ravagé le deuxième étage du bâtiment avant d'être maîtrisé par les pompiers. Cet incendie n'a pas fait de profs démissionnent face au délitement de l'école http://www.marianne2.fr/Quand-les-profs-demissionnent-face... victime, les quelque 330 élèves du lycée ayant terminé leurs derniers cours à 15 heures et les personnels administratifs ayant pu être rapidement évacués. ar ne Cet contre établissement, de type Pailleron _ du nom duvoies collègede Edouard-Pailleron à Paris, qui avait été totalement détruit, dont le 6 février par un les menaces, violences, fait, injures, diffamations ou outrages ils 1973, pourraient incendie qui avait provoqué la mort de vingt personnes dont seize élèves _ est le deuxième établissement des Hauts-de-Seine victime d'un tel sinistre être victimes à l'occasion de leurs fonctions, et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est depuis trois mois : dans la nuit du 1 au 2 décembre 1992, le lycée Robert-Schuman de Colombes avait été entièrement ravagé par un incendie. Il résulté." - alors que quotidiennement notre intégrité morale et physique est menacée quand elle reste, au total, cinquante-six établissements scolaires de ce type en France. à s oi re Le M n'est pas bafouée ? Selon le conseil régional d'Ile-de-France, le lycée de Bagneux fait partie des sept établissements de type Pailleron que la région a inscrits à son budget 1993 pour les reconstruire de toute urgence. Dans l'immédiat, les élèves suivront leurs cours d'enseignement général dans un collège voisin Monde.fr : Archives http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/ARCHIVES/arch... Qu'en est-il de ànos envers nos élèves,devraient de notre mission éducative moment de Bagneux. D'ici quatre cinq devoirs semaines, des bâtiments provisoires permettre d'accueillir à nouveau à lespartir élèves surdu le site du LEP enoù attendant bâtiments définitifs.incapables de simplement manifester notre volonté de les voir appliquer le nouslesnous révélons rit règlement intérieur, de les protéger d'eux-mêmes et des autres, c'est-à-dire de leur offrir une scolarité digne de ce nom ? Quel avenir leur préparons-nous ? Actualité : International Europe Politique Société Environnement, Sciences Technologies Culture er Sport : Foot Rugby Tennis Handball Golf Formule 1 Basket Auto-Moto Cyclisme Voile Natation Oulfa, élève de terminale, aspergée d'acide au lycée Henri-Bergson, à Paris Pratique : Programme télé Jeux Livres Cinéma Météo Trafic RSS Newsletter Mobile Abonnez-vous à partir de 15€ J'aime mon métier par-dessus tout mais il ne m'est plusFrance possible, cesVoyage conditions, Voyage : Voyage Voyage Europedans Voyage Afrique Amériques Voyagede Asie Voyage à thème Réseaux sociaux: Facebook Twitter Déjà abonné au journal continuer deOulfa l'exercer etsur j'ai tout espoir que cela ne C'est pourquoi, le ES TRAITS tirés, reste figée sa perdu chaise pour ne pas accentuer lasites douleur qui: change. lui rongeTalents.fr l'épaule droite. Cette élèveMonsieur de 19 ans, en terminale Les du groupe Télérama.fr Le Post.fr CourrierInternational.com Monde-Diplomatique.fr Les Rencontres professionnelles Le Monde La Société des lecteurs du Monde La boutique du Monde économie et social aul'immense lycée Henri-Bergson à Paris (19e), a fait l'objet,Lemardi 8 octobre, d'une agression à l'acide dans les toilettes de son Proviseur, j'ai regret de vous présenter démission. Prix ma Le Monde de la recherche Le Monde dans les hôtels Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t Article paru dans l'édition du 12.10.02 Quand les établissement scolaire. Le rapport médical établi à l'hôpital Cochin fait état de « « brûlures au deuxième degré profond et au troisième degré de l'épaule droite, de la clavicule droite et de la cheville droite », ainsi que de brûlures de moindre gravité à la hanche, l'oreille et l'oeil droits. « Pendant Claire-Hélène Le Monde.frde | Fréquentation certifiée l'OJD | CGV | au Mentions légales | Qui sommes-nous | Charte groupe | Index | chez Aide et contact | Abonnements la©récréation 10 h 30,» je suis alléepar aux toilettes, 1er étage, raconte Oulfa, jeudi ?après-midi, de retour elle après| Publicité une énième visite dans les hôpitaux parisiens. J'ai retiré ma doudoune. Puis soudain j'ai reçu un liquide, jeté par-dessus la porte. J'ai cru que c'était de l'eau a et Journal d'information en ligne, Le Monde.fr offre à ses visiteurs un panorama complet de l'actualité. Découvrez chaque jour toute l'info en direct (de la politique à l'économiede en Javel. passant » parElle le sport la météo) sur Le Monde.fr, leàsite newssentir leader de presse française ligne. remis doudoune « malgré les picotements » qui commençaient sede faire et las'est rendue à en l'infirmerie, où elle a trouvé porte close. La jeune Et samaintenant, raisonnons. fille s'est alors rincée puis est retournée en classe. « Au bout de 20 minutes, j'avais vraiment mal. Mes copines ont commencé à s'inquiéter, parce profs démissionnent face au délitement de l'école http://www.marianne2.fr/Quand-les-profs-demissionnent-face... qu'elles voyaient mes vêtements s'abîmer. Ma doudoune se déplumait de l'intérieur. Mes amies m'ont dit de sortir », continue Oulfa d'une voix pleine Cette enseignante, je sais qui elle est elle a 38 ans, une bonne dizaine d’années d’enseignement de retenue. derrière elle, elle est loin d’être une débutante effarouchée par ses premières classes, comme il en Elle s'adresse à la conseillère principale d'éducation, qui l'installe dans son bureau. « Elle m'a dit de ne pas paniquer, que si c'était de l'acide, ça ne est tant (jamais le taux de démission spontanée des stagiaires n’a été aussi élevé que cette année). ferait pas ça », se souvient la lycéenne. Sur elle, le débardeur et le « sweat-shirt serré » qu'elle porte continuent d'être grignotés. « Quelqu'un m'a Elle n’est pas, non plus, en détresse dans son enseignement - ce qui arrive en ces temps de prêté un miroir. Je voyais mon soutien-gorge. » Quand les pompiers arrivent, les vêtements sont pris dans les chairs. « On ne pouvait pas me formation disciplinaire au rabais : avec toucher. Ils ont coupé mon sweat-shirt comme ils ont pu. » Catherine Hars et Véronique Marchais, elle est co-auteur Quand les profs démissionnent face au de la collection Terre des Lettres (Nathan) qui propose l’un des meilleurs manuels de Cinquième délitement de l'école Transportée à l'hôpital Lariboisière, elle arrive dans un service d'urgences visiblement débordé. « Il était environ midi. Je souffrais vraiment. On m'a actuellement surj'aileattendu, marché, etcereconnu comme telarrivées par ses pairs : ce n’est donc paslanon plus pris ma température. Puis jusqu'à que ma mère et ma soeur, entre-temps, râlent. » Enfin, on rince « plaie touteun noire » à souci publicitaire qui l’anime. Non : Claire-Hélène est une prof comme il en est tant, qui en a l'eau oxygénée et on lui enlève le reste des vêtements dissous dans la peau. « Je criais », dit seulement Oulfa. La violence scolaire, tant physique que symbolique, est le fruit de la refonte « pédagogiste » de par-dessus la tête de ne pas pouvoir exercer normalement le métier qu’elle a choisi, et qu’elle ce qu'explique le blogueur Jean-Paul Brighelli, qui se penche sur les raisons de la aime. démission d'une de ses collègues, désarmée face à lasoupçonnait faillite du système éducatif. Mardi, elle a déposé une plainte contre X... Aux policiers, elle a indiqué qu'elle un garçon de sa classe, avec qui elle avait eu une Calculette volée l'école. C'est altercation la semaine précédente. « Il avait volé la calculette d'un ami, qui la lui avait reprise et venait de me la confier », explique Oulfa, décrite par Pas normalement ? La cité scolaire Henri Bergson, où elle exerce est sise dans le XIXème sa famille comme une jeune fille « discrète et sans histoires ». A posteriori, elle se souvient avoir croisé, en allant aux toilettes, le garçon en question arrondissement, près des Buttes-Chaumont. En tout, 1100 collégiens et lycéens. Le collège, qui « avec un sac à dos ». dépassera les 600 élèves à la prochaine rentrée, est l’un des plus importants de l’arrondissement. Une enquête de police est en cours et de nombreux élèves et membres du personnel de cette grosse cité scolaire qui comprend un collège et un lycée C’est un bâtiment de grandes dimensions, aux couloirs infinis, qui permettent aux enseignants et (1 300 élèves au total) ont été entendus, sans qu'aucune preuve n'ait été trouvée. L'inspecteur d'académie, Didier Jouault, évoque un « acte de aux élèves en forme, vengeance isolé », de sansrester que l'hypothèse évoquéepuisqu’ils par Oulfa n'aitoccupent toutefois été leurs validée.récrés à courir d’une salle à l’autre - heureux veinards… L’ « antre des enfers », disent-ils, sous prétexte que le collège est installé Sur un ton posé et sans acrimonie, l'entourage de la jeune fille ne cache pas son inquiétude de savoir que « quelqu'un de dangereux court toujours ». dans les parties basses. Ils exagèrent sûrement. Très soudés autour de leur mère, qui élève seule ses neuf enfants, âgés de 4 à 23 ans, les frère et soeurs aînés d'Oulfa, qui poursuivent tous des études supérieures, se relaientde pour assurer conduites à l'hôpital etsur les contacts avec la police et Bergson les journalistes. La lycéenne a reçu un premier arrêt extraits de coupures presse (LelesMonde et Maranne) la Cité Scolaire Henri maladie de quinze jours, mais les médecins ont laissé entendre que cela pourrait être catégories plus long. Socialement parlant, le collège rassemble aussi bien des favorisées (32% des élèves, Le Monde contre 48%PHELIPPEAU en moyenne à Paris - les parents des catégories A et B y ont inscrit leurs enfants à 76MARIE-LAURE cause des classes bilingues) ; les classes moyennes y ont la même représentation qu’ailleurs (environ 30%) ; les catégories défavorisées y sont en revanche sur-représentées. D’ailleurs, le collège est bien loti en UPI (pour élèves dyspraxiques), en CLAD (pour francophones) et en Actualité : International Europe Politique Sociéténon Environnement, Sciences Technologies Culture Sport : Foot Rugby Tennis Handball Golf Formule 1 Basket Auto-Moto Cyclisme Voile Natation FLER (pour francophones illettrés). Heureux veinards de profs, qui peuvent expérimenter Pratique : Programme télé Jeux Livres Cinéma Météo Trafic RSS Newsletter Mobile des Abonnez-vous à partir de 15€ Voyage : Voyage France Voyage Europe Voyage Afrique Voyage Amériques Voyage Asie Voyage à thème pédagogies vraiment différenciées. Réseaux sociaux: Facebook Twitter Déjà abonné au journal La boutique du Monde Les sites du groupe : Télérama.fr Talents.fr Le Post.fr CourrierInternational.com Monde-Diplomatique.fr Les Rencontres professionnelles Le Monde La Société des lecteurs du Monde Le Prix Le Monde de la recherche Le Monde dans les hôtels epuis quelques jours dans lesilsalles dedéversoir rédaction,aux et sur le Net, la environs lettre de dont les Comme l’établissement est decircule grande taille, sert de collèges des -la -V a llé e «deux collègues ont été agressés physiquement par des élèves» «surenchère dans l’agressivité et la violence à l’égard des adultes» «climat délétère qui règne dans l’établissement : incivilités, refus d’obéissance, insultes, violences à l’égard des adultes» ar ne «les bagarres y éclatent plus que quotidiennement» être traitée comme une chienne» oi re s à M «alors que quotidiennement notre intégrité morale et physique est menacée quand elle n’est pas bafouée ?» Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit Jean-Paul Brighelli évoque la cité et ses 1 100 collégiens et lycéens. Il revient sur les conditions de travail : «le bâtiment de grandes dimensions, aux couloirs infinis», est comparé par les enseignants et les élèves à «l’antre des enfers». L’augmentation du nombre d’élèves durant les trois dernières années ; de 24-25 élèves à 29-30 élèves par classe, de même que l’unique salle de permanence d’où les élèves «sortent à leur gré», évoqués par Jean-Paul Brighelli ne mettent en valeur la cité Henri Bergson. Ces conditions de travail ne sont pas les seuls éléments qui expliquent que «le collège Bergson ait les pires résultats au Brevet de Paris (20 points en dessous de la moyenne académique)». Dans un second temps, Jean-Paul Brighelli rebondit sur la «tendance lourde des pédagogies modernes, qui vise à prodiguer le moins d’heures de cours réelles». Cet article met en exergue les maux de l’éducation au travers l’exemple de la cité Henri Bergson. 77 llé e UN MAUVAIS LYCÉE : MYTHE OU RÉALITÉ ? -la -V a Le philosophe Henri Bergson disait «N’écoutez pas ce qu’ils disent, regardez ce qu’il font». Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s à M ar ne Près de soixante dix ans après la mort d’Henri Bergson, cette citation pourrait s’appliquer au lycée parisien qui porte son nom ! Comme nous l’avons vu précédemment, les établissements scolaires sont évalués. Mais d’autres variables influent aussi fortement ; ce que Georges Felouzis nomme la vision subjective et qui s’apparente à la réputation. Selon le sociologue, l’évaluation nourrit et renforce les rumeurs et réputations, qui elles même biaisent à leur tour les indicateurs de performances «par le jeu subtil de transferts d’élèves d’un établissement à l’autre»1. Les évaluations entretiennent le cercle vicieux des réputations. Les rumeurs, réputations sont des notions qui ne touchent pas uniquement les établissements scolaires. Ces processus se rapprochent fortement de ce que l’on nomme les légendes urbaines. En 1969, une rumeur s’empara de la ville d’Orléans. Edgar Morin étudia ce phénomène dans un ouvrage paru la même année aux éditions du Seuil : La Rumeur d’Orléans. «En mai 1969, naît, se répand et se déploie à Orléans, le bruit qu’un, puis deux, puis six magasins d’habillement féminin du centre de la ville organisent la traite des blanches. Les jeunes filles sont droguées par piqûre dans les salons d’essayage puis déposées dans les caves, où on les dépouille à la fois de leurs sous-vêtements, de leur conscience et de leur identité et d’où elles sont évacuées de nuit vers des lieux de prostitution exotiques. «Les magasins incriminés sont tenus par des juifs.» Edgar Morin. En analysant cette légende urbaine, le sociologue a rapidement 1 FELOUZIS Georges, «Performances et «valeur ajoutée» des lycées : le marché scolaire fait des différences», Revue française de sociologie, volume 46, n°1, 2005, p. 3-36. 78 -la -V a llé e constaté qu’aucun de ceux ou celles qui la colportaient n’avait entrepris la moindre démarche pour faire cesser le scandale. En parallèle, aucune plainte, ni aucune disparition n’avait été réellement enregistrée. Dans la rumeur d’Orléans, ni les autorités ni les médias n’ont joué le moindre rôle de propagation. s à M ar ne Edgar Morin souligne par ailleurs le rôle du contexte social de l’époque ; la rumeur y trouva un terrain plus ou moins favorable à sa diffusion. Selon lui, «le vide éthique, le vide politique, le vide affectif, le vide existentiel (qui) se rejoignent dans un grand vide, et, pour tous, le vide suscite un malaise». Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re Enfin, quand face à ces proliférations, certains tentent d’arrêter la rumeur et le mythe, «ultime ruse de la rumeur : celle-ci dénonce l’anti-mythe comme s’il était le mythe, la démystification comme si elle était la mystification, l’antidote comme s’il était le poison». «c’est toujours n’importe quoi à la sortie des classes» «on m’a dit que c’était un très mauvais lycée» «JAMAIS !» «y’a toujours «j’irai jamais plein de mégots» là bas» «JE SUIS SÛRE QU’ILS SONT VIOLENTS ENTRE EUX» «on leur demande d’aller plus loin, visà-vis des clients du centre Pailleron» Revenons au lycée Henri Bergson étudié, semble-t-il concerné par un phénomène qui s’apparente à celui des légendes urbaines. L’actuelle directrice de l’école maternelle voisine reconnaît la peur des parents en voyant les sorties de classes des établissements du secondaire de la rue Édouard Pailleron. Ces derniers n’hésitent alors pas à déménager pour quitter les secteurs scolaires ou à opter pour l’enseignement privé. Quand on interroge les élèves sur la mauvaise réputation du lycée, ils acquiescent. Pour autant, la majorité s’attendait «à pire ! » comme le résume Suzie. Les élèves formulent tous des hypothèses variées sur l’explication de la mauvaise réputation de Bergson. Sa mauvais réputation «n’est pas à la hauteur des réalités» confirme Raphaëlle, surveillante au lycée depuis trois ans. D’après un questionnaire réalisé par l’établissement à la rentrée 2011 auprès des élèves de 2nde (annexes), les nouveaux élèves seraient relativement «contents» de leur entrée au lycée Bergson. 73% des 197 élèves interrogés ayant répondu au questionnaire sont «contents de faire leur rentrée en seconde au lycée Bergson» ; ils étaient 63% à l’être pour la période 2007-2010. Parmi les élèves «contents» ; 45% ont une «bonne impression de rentrée - bon accueil, bonne ambiance, bon encadrement -», 10% apprécient la proximité du lycée, 10% trouvent que Bergson 79 llé e -la -V a ar ne M à s oi re rit er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t extraits de blogs et pages Internet copie d’écran parentsencolere_blog, forum.futura-sciences.com, facebook.fr 80 ar ne -la -V a llé e est un «bon lycée». Parmi les «mécontents» ; 69% n’avaient pas choisi d’être affectés à Bergson, 8% déplorent la «mauvaise réputation» du lycée et 1% les «mauvais résultats au bac». Ainsi, les élèves de 2nde du lycée semblent «contents», dans l’ensemble, des conditions de travail. Même si une majorité n’avait pas choisit de venir y étudier. oi re s à M Avec le développement de l’Internet, les phénomènes de légendes urbaines sont décuplés. On retrouve, ainsi, sur de nombreux sites des textes qui colportent la mauvaise réputation de Henri Bergson. Les extraits ci-contre illustrent ce que la toile diffuse. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit Mais l’évitement m’a-t-on également expliqué au collège Édouard Pailleron, tient aussi à un «besoin de changer d’air» exprimé par les élèves qui ne souhaitent pas poursuivre toute leur scolarité au même endroit. L’évitement du lycée Henri Bergson s’explique donc également par un phénomène de répulsion lié à la coexistences de plusieurs établissements sur un périmètre réduit. «ABSOLUMENT «mon dossier ÊTRE BOURSIER» a été perdu» En interrogeant les élèves il semblerait que des légendes urbaines se propagerait également sur l’affectation des élèves dans les lycées parisiens. Des «on dit», «il parait»... permettait le plus souvent aux élèves de se rassurer sur leurs propres affectations. «faut surtout pas «mon dossier mettre Bergson» n’a pas été lu» Selon Margot, son dossier n’a «pas été pris en compte». «mes parents ont passé l’été à la commission de dérogation» «C’EST PARCE QUE JE SUIS PASSÉ AU SECOND TOUR» «je venais «JE VOULAIS ALLER du privé» PARTOUT SAUF ICI» Audrey reconnaît qu’en venant du privé, son dossier «n’a pas été lu». Malgré sa «moyenne raisonnable (13,2)», Suzie a été refusée du lycée Turgot, par exemple. «Il faut être boursier ou avoir au moins 15 de moyenne pour être pris à Turgot». Une copine à elle, boursière, y serait entrée avec seulement 10 de moyenne en 3ème. Selon Mathis, tous les élèves du district Est passant au second tour d’affectation vont directement à Bergson ! 81 -la -V a llé e Enfin, pour Alexanne, «dès qu’on a Bergson sur la liste, on y est tout de suite affecté, quelque soit sa position parmi les six voeux !» Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s à M ar ne En réalité, comme nous l’avons vu précédemment l’affectation se fait selon un calcul mathématique complexe intégrant plusieurs variables. 83 er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t s oi re rit à ar ne M -la -V a llé e llé e -la -V a ar ne M oi re s à CONCLUSION Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit La démocratisation de l’enseignement secondaire a été tardive. Le développement des lycées français a donc une histoire relativement récente. Cette histoire est étroitement liée à la législation scolaire puisqu’il a fallu attendre 1959 pour l’école devienne obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans. L’histoire des lycée est très liée à la capitale qui a accueilli les premiers établissements. Ces lycées, encore existants aujourd’hui, bénéficient d’une grande et d’une très forte attractivité. L’étude des lycée est complexe puisque l’enseignement secondaire laisse place à une large palette de filières et d’options aux jeunes titulaires du Brevet des Collèges : lycées généraux, lycées professionnels, lycées technologiques. Le lycée, enfin, est une étape importante dans la vie d’un étudiant. Le choix du Baccalauréat détermine souvent l’orientation future et le devenir professionnel. Enfin, l’étude des lycée est complexifiée par la présence d’établissements privés qui viennent compléter l’offre publique. L’académie de Paris se caractérise par une très forte densité d’établissements, due à une forte densité de population. Ces établissements génèrent une très forte attractivité. Des lycées comme Henri IV ou Charlemagne sont nationnalement (re) connus. Les effets du contournement sont ainsi multipliés au sein même de l’académie et entre Paris et les autres académie d’Ile-de-France. 85 ar ne -la -V a llé e Depuis 1993, l’académie parisienne a délimité des secteurs pour contenir les affectations des jeunes : les districts. Ils permettent de répondre à tous les enjeux récents de la carte scolaire, notamment à la sectorisation. Districts et modes d’affectation ont fait l’objet de polémiques durant les dernières rentrées parisiennes. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s à M L’étude du lycée Henri Bergson permet de porter un regard différent sur les établissements scolaires en se plaçant du point de vue de l’évité et non du recherché. Le lycée Henri Bergson, qualifié de lycée évité illustre les problématiques de l’école d’aujourd’hui ; notamment le poids ou l’influence du contexte, de l’environnement, les difficultés de l’enseignement, le développement d’un véritable marché scolaire, le poids de la réputation ou encore la notion de légende urbaine. Le lycée Henri Bergson présente les caractéristiques des lycées identifiée par Agnès Van Zanten dans les pratique d’évitement. Avec l’option européenne de la seconde à la terminale, le lycée développe des classes dites de niveau qui permette de redévelopper l’attractivité du lycée pour un certain profil d’élèves mais qui accroît l’entre soi au sein de classes regroupant les meilleurs élèves. Les acteurs du lycée Henri Bergson - sa conseillère principale d’éducation, ses surveillants, ses élèves... - estiment que la mixité a progressé durant les dernières années. Cette nouvelle mixité est-elle le fruit de la sectorisation des districts parisiens ? Est-elle liée à l’offre de classe de niveau ? Comment expliquet-on le retour des bobos à Henri Bergson constaté par Mme Niksarlian ? Les phénomènes d’évitement sont aujourd’hui étudiés et expliqués par les chercheurs, notamment les sociologues mais également les spécialistes des territoires comme les géographes. Pour autant, au sein du monde de l’éducation, les lycées évités sont encore difficilement pointés du doigt. Cette notion apparaît comme un tabou. La difficulté de parler librement de ces problématiques est apparu comme une limite dans cette étude. Les élèves semblent être les seuls acteurs à 86 Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s à M ar ne -la -V a llé e pouvoir aujourd’hui parler librement, sans langue de bois, de l’évitement de leur lycée et des enjeux de l’affectation à Paris après la 3ème. 87 -la -V a llé e RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES ar ne Ouvrages M BALLION Robert, La démocratie au lycée, collection Pédagogies recherche, édition ESF, 2000, 284 p. oi re s à CARO Patrice et Rouault Rémi, Atlas des fractures scolaires en France - une école à plusieurs vitesses, collection Atlas/Monde, édition Autrement, 2010, 80 p. rit DURU-BELLAT Marie, Les inégalités sociales à l’école - genèse et mythes, collection Éducation et formation, édition Puf, 2002, 256 p. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er GARDEN Maurice et PINOL Jean-Luc, Atlas des parisiens de la Révolution à nos jours, collection Broché, édition Parigramme, 2009, 288 p. OBERTI Marco, L’école dans la ville - ségrégation - mixité - carte scolaire -, collection Sociétés en mouvement, édition Sciences Po les presses, 2007, 302 p. PROST Antoine, Histoire de l’enseignement en France, 1800-1967, Paris, édition Armand Colin, 1979, 349 p. VAN ZANTEN Agnès et OBIN Jean-Pierre, La carte scolaire, collection Que sais-je ?, édition Puf, 2008, 228 p. VAN ZANTEN Agnès, Choisir son école. Stratégies familiales et médiations locales, édition Puf, collection Le lien social, 2009, 283 p. VISIER Laurent, ZAÏA Geneviève, La carte scolaire et le territoire urbain, collection La ville en débat, édition Puf, 2008, 101 p. 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BROCCOLICHI Sylvain et VAN ZANTEN Agnès, «Espaces de concurrence et circuits de scolarisation l’évitement des collèges publics d’un district de la banlieue parisienne», Les Annales de La Recherche Urbaine n°75, 1997, p. 5-17. ar ne CHOUKRI BEN Ayed et POUPEAU Franck, «École ségrégative, école reproductive», Actes de recherche en sciences sociales n°80, p. 4-10. à M FELOUZIS Georges, «Performances et «valeur ajoutée» des lycées : le marché scolaire fait des différences», Revue française de sociologie, volume 46, n°1, 2005, p. 3-36. oi re s FELOUZIS Georges et PERROTON Joëlle, «Les «marchés scolaires» : une analyse en termes d’économie de la qualité», Revue française de sociologie, volume 48, n°4, 2007, p. 693-722. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit FRANÇOIS Jean-Christophe et POPEAU Franck , «Le social et le spatial», Espace populations sociétés [En ligne] , 2005/3 | 2005 , mis en ligne le 03 septembre 2009, consulté le 14 décembre 2011. URL : http://eps. revues.org/index2844.html GILOTTE Olivier et GIRARD Pierre, «La sectorisation, l’affectation et l’évitement scolaire dans les classes de sixième à Paris en 2003», Éducation & Formations n°71, juin 2005, p. 137-149. OBIN Jean-Pierre et PEYROUX Christian, «Les nouvelles dispositions de la carte scolaire», Rapport des inspections générales au ministre, 2007, Paris, document 1383, docuthèque de l’Agence pour l’enseignement et la formation ROUAULT Rémi, «Les dimensions spatiales de la scolarisation, entre espaces prescrits et parcours choisis», Espace populations sociétés [En ligne] , 2005/3 | 2005 , mis en ligne le 03 septembre 2009, consulté le 14 décembre 2011. URL : http://eps.revues.org/index2555.html VAN ZANTEN Agnès, «Compétition et fonctionnement des établissements scolaires : les enseignements d’une enquête européenne», Revue française de pédagogie [En ligne], 156 | juillet-septembre 2006, mis en ligne le 27 septembre 2010. URL : http://rfp.revues.org/263 Articles de presse JOLLY Patricia, «REPÈRES Un lycée de type Pailleron détruit par un incendie à Bagneux», dans Le Monde du 5 mars 1993 AUBUSSON DE CAVARLAY B., «Les lycées sous le feu de l’évaluation», Pénombre, dans le Hors série de février 1999 89 -la -V a llé e PHELIPPEAU Marie-Laure, «Oulfa, élève de terminale, aspergée d’acide au lycée Henri Bergson, à Paris», dans Le Monde du 12 octobre 2002 CÉDELLE Luc, «Lycées parisiens : le critère de proximité aura plus de poids pour l’affectation des élèves», dans Le Monde du 2 avril 2010 M ar ne CÉDELLE Luc, «Choisir son lycée ? Oui. Mais près de chez soi et «dans la limite des places disponibles»», dans Le Monde, du 4 avril 2010 er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t Conférence rit oi re s à BAUMARD Maryline, «Le bilan de l’ouverture de la carte scolaire», dans Le Monde du 6 mai 2010 FRANÇOIS Jean-Christophe, «Feu la carte scolaire : mixité sociale et sens du déplacement», Conférence Mixité(s), Quelle mixité et pour qui ?, jeudi 22 janvier, ENSAVT, organisé par le CAUE 77 Entretiens Lycée Henri Bergson, 27 rue Édouard Pailleron à Paris (75019) : Entretien avec Mme Niksarlian, CPE du lycée Henri Bergson, réalisé le 22 novembre 2011 Entretien avec Raphaëlle, surveillante au lycée Henri Bergson depuis 3 ans, réalisé le 2 décembre 2011 Entretiens avec Mathis, 15 ans élève de seconde, Alexanne 15 ans, élève de seconde, Charlotte, 15 ans, élève de seconde, Suzie, 15 ans, élève de seconde, Carla 15 ans, élève de seconde, Yasmine, 15 ans, élève de seconde, Awa, 16 ans, élève de première, Audrey, 18 ans, élève de terminale et Margot, 18 ans, élève de terminale. Collège Édouard Pailleron, 35 rue Édouard Pailleron à Paris (75019) : Entretien avec Mme Chabih, Documentaliste de collège Édouard Pailleron, réalisé le 9 décembre 2011 Entretien avec M. Saussoz, Profeseur de technologie au collège Édouard Pailleron, réalisé le 9 décembre 2011 90 ar ne -la -V a llé e École maternelle, 2 rue Jean Menans à Paris (75019) : Entretien avec Mme Voyer, Directrice de l’école maternelle, réalisé le 9 décembre 2011 M Autre oi re s à Projet d’établissement 2009-2012 du lycée Henri Bergson, voté par le conseil d’administration du lycée en juin 2009 Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit BRIGHELLI Jean-Paul, «Quand les profs démissionnent face au délitement de l’école», dans le blog de Marianne 2, publié le 24 janvier 2011 91 -la -V a llé e REMERCIEMENTS ar ne Je tiens à adresser mes remerciements à l’ensemble des personnes qui m’ont aidé à réaliser ce mémoire. M à David Mangin pour son encadrement et le suivi de mon travail, oi re s à à Mme Niksarlian ainsi que l’ensemble des élèves et surveillants du lycée Henri Bersgon, à Hélène, Thomas et François pour leur relecture et leurs conseils graphiques, Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit Enfin je remercie mes camarades de classe, Elsa, Marion et Lina, mes binômes Clémence et Vita... pour leur soutien dans cette aventure. 93 -la -V a llé e ANNEXES ar ne ENTRETIEN AVEC MME NIKSARLIAN, CPE DU LYCÉE HENRI BERGSON À PARIS (75019), LE 22 NOVEMBRE 2011 rit oi re s à M ÉTABLISSEMENT SCOLAIRE Quels sont les effectifs de l’établissement ? Il y a environ 680 élèves au lycée ; répartis dans 21 classes. Ce qui représente en moyenne 35 élèves par classe (au lycée). Il y a également 3 classes de BTS. Il y a 560 élèves au collège ; répartis dans 22 classes. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er Quelle est la capacité réelle de l’établissement ? Estimezvous qu’il y a aujourd’hui sur ou sous-effectif à Bergson ? Comment les effectifs ont-ils évolués durant les dix dernières années ? J’ai connu le lycée avec plus d’élèves. Les effectifs ont beaucoup diminué durant les dernières années. A la rentrée 2010-2011, ils étaient au plus bas : 450 élèves en moyenne au lycée. Il y avait 4 classes de 2nde alors que l’on en comptait 10 en 2004-2005. Cette diminution est liée à la situation très peu attractive du lycée ; son attractivité est en berne. Avant la mise en place de la sectorisation, le lycée subissait davantage les conséquences des variations démographiques. Depuis cette rentrée (2011-2012), les effectifs ont de nouveau augmenté. Le lycée a récupéré 3 classes de 2nde du lycée voisin Jacquart. Ce qui explique les 680 élèves actuellement inscrits au lycée. Y-a-t-il une forte pression autour de l’affectation au lycée ? Non, il est en sous-demande ! Concernant l’affectation, qu’est-ce que le logiciel Affelnet a changé ? Paris, c’est un cas compliqué ! Avant Affelnet, l’affectation était complètement libre. Maintenant, les élèves formulent 10 voeux ; ils sont beaucoup plus cadrés dans leur démarche d’affectation. Ce mode d’affectation a permis un brassage social à Bergson. Avant, les CSP favorisées envoyaient leurs 94 -la -V a llé e enfants dans des établissements plus côtés comme Maurice Ravel, Hélène Boucher, Sophie Germain, Victor Hugo, Charlemagne ou Turgot. Maintenant, on arrive à garder plus d’élèves. Le lycée est plus mixte. Il y a une forte représentation de diverses nationalités. M ar ne Comment l’affectation se répartie-t-elle avec le lycée Jacquard voisin ? La fusion a été décidée par le rectorat. Le lycée Jacquard a subit une très forte diminution de son effectif (division par 3 du nombre de lycéens). Ils ne sont aujourd’hui plus qu’une centaine de lycéens. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s à PARCOURS SCOLAIRES De quel collège les élèves sont-ils majoritairement issus ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les lycéens ne sont pas majoritairement issu des collèges du 19ème. Le 19ème est un arrondissement qui enregistre un important taux de jeunes parmi les populations résidentes. Il y a donc forcément des évaporations en direction des établissements d’autres arrondissements. Le lycée recrute dans le grand quart nord/est ; aussi bien dans le 18ème, le 12ème, le 20ème que dans le 17ème, le 3ème et le 4ème arrondissement de Paris. Environ 60 % des élèves habitent le 19ème et 40 % les autres arrondissements précédemment cités. Pour rappel, le district d’affectation Est parisien comprend les arrondissements suivants : 20ème, 19ème, 12ème, 11ème, 10ème, 4ème, 3ème, 2ème et 1er. Y-a-t-il une forte évaporation vers le privé ? Il y a trois établissements privés dans un rayon de 100 mètres : le lycée de l’Initiative, le lycée Armand Carrel et le lycée judaïque Gan Lucien De Hirsch. Quand certains parents veulent à tout prix éviter Bergson, ils n’hésitent pas à aller dans le privé. Après le brevet, les élèves reçoivent les décisions d’affectation en fonction des 10 voeux qu’ils ont émis. En général, le lycée enregistre alors une 50taine d’inscription. Pendant l’été les parents réalisent des demandes de dérogations pour obtenir un autre lycée. En septembre, on enregistre de nouveau 50 à 80 inscriptions. Il y a toujours une différence entre les listes que l’on reçoit en juin suite aux voeux des élèves de 3ème enregistrés sur Affelnet et les inscriptions réelles. On évalue ainsi la perte par évaporation. Cette année, presque tous les élèves affectés ont été inscrits en juillet (près des 2/3). Les élèves restant se sont inscrits en août, avant la rentrée des classes. On a enregistré une très faible perte cette année. Puisque les années précédentes, ça pouvait aller jusqu’à 100 élèves. Pour la première fois, les classes étaient complètes avant le jour de la rentrée. Estimez-vous que les élèves suivent un réel parcours scolaire entre les différents équipements scolaires (école primaire, collège et lycée) ? En général, les parents inscrivent leur enfant dans telle ou telle école primaire pour assurer un passage vers un bon collège ensuite. C’est le cas ici entre l’école primaire et le collège Henri Bergson. Le collège est plutôt demandé. Ce qui apparaît surprenant au regard des résultats au Brevet en dessous des moyennes académiques ou nationales. Il bénéficie peut être de la «mauvaise réputation» de certains autres collèges 95 -la -V a llé e voisins, classés ZEP ou autre. En fait, les résultats du collège Bergson sont très hétérogènes. Il y a par exemple en 3ème, environ 2 classes de très bon élèves. Ce qui explique le fait que le lycée enregistre un bon nombre de mentions mais des résultats moyens au Brevet. Le parcours scolaire a tendance à s’arrêter au collège. En moyenne, seulement une dizaine d’élève de 2nde inscrits au lycée Bergson sont issus du collège Bergson. Cette année, exceptionnellement ils étaient une 20aine. M ar ne Pour information, taux de réussite du brevet du collège Henri Bergson : 2003 : 67,5 / 2004 : 58,6 / 2005 : 55,9 / 2006 : 58,0 / 2007 : 64,2 / 2008 : 65,9 / 2009 : 58,5 / 2010 : 71,0 Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s à L’ÉTABLISSEMENT SCOLAIRE ET SON TERRITOIRE Où résident les élèves en majorité ? Tous les quartiers sont représentés, depuis le quartier bobo de Mouzaïa, à la rue Manin plus huppée, ou encore les quartiers plus populaires du 19ème. Il y a vraiment une plus forte mixité depuis la mise en place d’Affelnet. Avant, les élèves issus de CSP favorisés étaient moins nombreux. Comment les élèves se rendent-ils au lycée ? A pieds, en métro ou en bus. Savez-vous pourquoi certains élèves habitent si loin du lycée ? On est toujours le pauvre ou le riche de quelqu’un ! Pour les enfants qui ne résident pas sur Paris, il arrive souvent que les parents fournissent de fausses adresses comme celle de leur lieu de travail. Il arrive également que des élèves déménagent mais souhaitent rester dans leur lycée d’origine. Le lycée est-il fermé en journée ? Si oui pourquoi ? Oui, il est fermé pour des questions de sécurité. Pour ne pas favoriser la sèche aussi, l’absentéisme est un vrai problème. Les élèves que vous voyez devant le lycée sont ceux qui sortent fumer. Il est interdit de fumer dans l’enceinte du lycée. Mais ils ont l’autorisation de sortir au moment de la récréation. Les élèves ont l’habitude de sortir devant le lycée à la récréation plutôt que d’aller dans la cours qui se situe au niveau 0 et qui est trop vaste pour être accueillante. Savez-vous quels endroits les élèves fréquentent-ils à la sortie du lycée ? Restent-ils longtemps devant l’établissement ? Cela parait surprenant mais il me semble que les lycéens ne vivent pas trop le quartier. De temps en temps on en croise au 25ème Est (bar à Jaurès) ou à la bicyclette, rue Chaumont. Il n’y a pas de vrai «café du lycée» ! 96 ar ne -la -V a llé e Quelle est la fréquentation moyenne de la cantine scolaire ? Savez-vous où mangent les autres élèves ? Il y a environ 200 élèves demi pensionnaires au lycée ; un peu près 1/3 des effectifs. Certains rentrent manger chez eux. Les autres vont au kebab, à la boulangerie ; dans les boutiques de restauration rapide du quartier. Il y a régulièrement de nouvelles boutiques qui ouvrent, rue de Meaux, avenue Secrétan ou rue Bouret. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s à M Enfin, en quoi estimez vous que Paris est un cas particulier ? Il y a une très forte concentration d’établissements scolaires dans Paris. Ainsi, une forte hiérarchie s’est développée. Les affectations ne tenaient pas compte de la géographie mais des résultats scolaires. Il y avait les «très très bon établissements», les lycées qui acceptaient les «élèves à 16 de moyenne» et ainsi de suite. Bergson faisait auparavant partie des lycées situés en queue de peloton et récupérait les élèves qui étaient refusés par les autres établissements. QUESTIONNAIRE «TYPE» DES ENTRETIENS RÉALISÉS AVEC LES ÉLÈVES DU LYCÉE HENRI BERGSON Quel est ton prénom ? Quel âge as-tu ? Où résides-tu ? As-tu récemment déménagé ? Quelle est la profession de tes parents ? PARCOURS SCOLAIRE En quelle classe es-tu ? As-tu déjà redoublé ? Participes-tu à une option, une spécialité ? Es-tu arrivé au lycée dès la 2nde ? Si non, pourquoi ? 97 -la -V a llé e De quel collège es-tu originaire ? De quelle école primaire ? Comment et pourquoi as-tu choisi d’étudier au lycée Henri Bergson ? M ar ne As-tu été refusé d’un autre lycée ? Si oui, pourquoi ? s à Tes amis ont-ils suivis le même parcours que toi ? rit oi re Que souhaites-tu faire après le BAC ? Où ? Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er ÉTABLISSEMENT SCOLAIRE ET SON TERRITOIRE Quels moyens de transport utilises-tu pour venir au lycée ? Combien de temps mets-tu ? Où déjeunes-tu le midi ? A la sortie du lycée fréquentes-tu un endroit particulier ? Aimes-tu ton lycée ? Pourquoi ? Quelle est la réputation du lycée ? Pourquoi ? Tes amis du collège sont-ils aussi élève au lycée Henri Bergson ? 98 llé e PROJET D’ÉTABLISSEMENT, LYCÉE HENRI BERGSON, PARIS 19ÈME à M ar ne -la -V a LYCEE HENRI BERGSON Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit oi re s PROJET D’ETABLISSEMENT 2009-2012 Adopté en conseil d’administration le « …Que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver, mais ce que nous allons en faire ». (1859-1941) Prix Nobel de littérature (1927) PREAMBULE En cette fin d’année 2009, le Projet d’établissement du Lycée Bergson doit être réexaminé et reconduit pour une période de 3 ans. Si l’axe fondamental reste le même, à savoir la mise au travail des élèves et l’accompagnement vers une orientation réussie, en revanche un certain nombre d’actions se voient modifiées mais elles sont toujours en cohérence avec la réflexion générée par l’axe premier. Les classes de seconde à projet, qui ont fait leurs preuves sont reconduites, sources d’innovation et de créativité pédagogique, certaines ont même joué un rôle exemplaire dans le cadre de l’expérimentation (article 34) – citons la classe Louvre, la classe Agenda 21 et bientôt « la classe Cinéma ». Notre établissement a la chance de bénéficier de moyens supplémentaires, au service de la réussite des élèves : stages pendant les vacances, assistants pédagogiques, qui viennent épauler le travail mené au quotidien par les professeurs dans les classes. Le projet d’établissement pour les années à venir aura à cœur de développer la synergie entre tous ces moyens. Le manque d’assiduité des élèves reste notre inquiétude principale. Nous poursuivrons notre effort à l’interne, qui a su en limiter le développement ces dernières années, dans un contexte de croissance de l’absentéisme en lycée ; et nous pourrons, dès la Rentrée 2009, compter pour nos élèves « décrocheurs » sur l’appui du GAIN (groupe d’aide à l’insertion) au niveau du bassin Magenta - Villette. Enfin notre projet en matière de développement durable, Bergson21, pilote dans l’Académie de Paris et reconnu au niveau international, concernera toute la vie quotidienne de l’établissement. Par delà le travail conduit sur l’empreinte écologique, et l’intégration de tous, c’est une véritable démarche citoyenne qui sera développée avec l’objectif de faire de la cité scolaire un lieu de développement durable (E3D) où élèves et adultes, auront plaisir à travailler. Ainsi, résolument tourné vers une pratique pédagogique ouverte et participative, le lycée Bergson accueille tous les lycéens désireux de trouver une voie qui accorde leurs souhaits et leurs capacités - n’est ce pas le but de toute école républicaine. 99 llé e I ANALYSE DE SITUATION Indicateurs Nombre d’élèves boursiers − Nombre d’élèves avec retard en 2nd − Elèves de nationalités étrangères : − Taux de réussite au bac 2008 − Taux de réussite au BTS 2008 − Taux d’accès de seconde au bac En progression mais l’établissement reste peu attractif M 59% 78% % des élèves « montant » affectés sur leur vœu 1 ou 2 ar ne Taux d’attractivité (% des élèves ayant demandé le lycée en 1er vœu/cap d’accueil) y compris les redoublants Grande fragilité de la population accueillie, 1 élève sur 5 a 2 ans de retard en 2nd- 1 sur 4 est boursier à − 26% (académie 15.7%) 1 an de retard :32.4% (acad 24.5%) 2ans de retard : 19% (acad 5.4%) 12% (académie 8.3%) 79% (taux attendu France 67% acad 72%) s − 30.5% (académie 15.3%) oi re Efficacité pédagogique PCS défavorisées − Plus value pédagogique 12 MUC 82.6% (acad 80.3%) 42% (attendu France 47% acad 49%) Moins value pédagogique 5 16% (acad 12.3%) − Taux de redoublement 2nd − Proportion de bacheliers parmi les sortants de terminale rit Rayonnement du lycée − 80% (attendu France et acad 91%) er Population scolaire -la -V a (Référence indicateurs des lycées 2008 et indicateurs des lycées publics de Paris 2008-09) Domaines Critère ou indicateur Données chiffrées 2009 Commentaires : BG = 9.4 (acad 12.5) BTN = 9.3 (acad 10.3) − Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t Note moyenne en LV au bac − 45% % d’élèves certifiant le niveau B2 en LV1 au bac Indicateurs (référence indicateurs des lycées 2008 et indicateurs des lycées publics de Paris 2008-09) Domaines Critère ou indicateur −Réorientation2 nd vers voie pro dans établissements publics académie Poursuite d’études −inscription BTS ou IUT −inscription Université −inscription CPGE Données chiffrées 2009 Commentaires : 8.8% (acad 1.7%) 23% 75% (dont médecine et droit 30% des élèves de terminale) Sous représentation des filières courtes et sur représentation des filières universitaires les plus sélectives. 2% −Abandon d’études en cours de scolarité Assiduité des élèves Etablissement E3D − Taux moyen d’absentéisme − Taux moyen d’absence janvier − % d’élèves s’absentant de manière indue* − Nombre de conseils de disciplines pour absentéisme − Taux de mobilisation 16% − Bilan display FCE − Consommation de papier (2008) − Nombre d’élèves à besoin particuliers accueillis − Ressenti discriminatoire − Consommation eau énergie 8.38% 12.4% 7 43% * au moins 4 ½ j par mois non justifiées ou pour motif non légitime. 100 Reste LE problème ! 8% en décembre – 50% en mai Projet pilote au niveau national et international N°2 * : AMELIORER L’ASSIDUITE DES ELEVES. Taux d’absentéisme des élèves % d’élèves s’absentant indûment Nombre de conseil de discipline pour ce motif AXE 1 - AXE 2 – AXE 4 AXE 2 - AXE 3 Taux d’orientation vers les filières sélectives Taux de satisfaction des familles fin de 2nd Nombre d’élèves concernés par les opérations cap en fac oi re * s à Taux d’accès de la seconde au baccalauréat Taux de réussite au baccalauréat et au BTS Note obtenue en LV au baccalauréat ar ne * : AMELIORER L’EFFICACITE PEDAGOGIQUE DU LYCEE M N°1 REFERENCE AUX AXES ACADEMIQUES -la -V a REFERENCE AUX INDICATEURS PRECEDENTS Axes retenus llé e II PROPOSITION D’OBJECTIFS PRIORITAIRES POUR L’ETABLISSEMENT N°3 : MIEUX ACCOMPAGNER LES ELEVES DANS LEUR POURSUITE D’ETUDES rit N°4 : Etablissement E3D Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er * Taux de mobilisation Bilan display Nombre d’élèves à besoin particulier accueilli Ressenti discriminatoire Tonnage recyclé Consommation (papier, eau, énergie…) AXE 1 AXE - AXE 3 axe retenu dans le cadre de la contractualisation III – PILOTAGE PEDAGOGIQUE DE L’ETABLISSEMENT ET PLANNIFICATION SUR 3 ANS EVALUATION DU PROJET D’ETABLISSEMENT LES ACTIONS 1 : EFFICACITE PEDAGOGIQUE INDICATEURS DE REUSSITE − − − − 2 : AMELIORER L’ASSIDUITE − − − − 3 : ACCOMPAGNER LES ELEVES DANS LEUR POURSUITE D’ETUDES 4: ETABLISSEMENT E3D : AGENDA 21 − − − − − − − MODALITES D’EVALUATION Progression du taux de réussite aux examens Progression du taux d’accès de 2nde au bac. Objectif : au moins arriver aux résultats attendus. Progression de la note obtenue en LV au bac. Progression du nombre d’élèves certifiant le niveau B2 Diminution du taux d’absentéisme Diminution du % d’élèves absents Diminution du nombre de conseils de disciplines pour ce motif Diminution du nombre de sorties du système sans diplôme Progression des orientations vers les filières sélectives Progression du taux de satisfaction des familles en fin de 2nd Faire évoluer mentalités et les comportements vers une meilleure prise en compte des valeurs du développement durable RESSOURCES HUMAINES MOBILISEES PLAN DE FORMATION Equipes pédagogiques Assistants pédagogiques Comparaison annuelle et sur 3 ans avec la situation en juin 2009 Comparaison annuelle et sur 3 ans avec la situation de juin 2009 Comparaison annuelle et sur 3 ans avec la situation de juin 2009 CPE Service médico-social Equipes pédagogiques Direction Professeurs principaux CIO CPE CDI Toute la communauté scolaire Tableau de bord de l’agenda 21 période 200912 Améliorer l’empreinte écologique Développer l’accueil des élèves à besoins particuliers Développer le sentiment d’appartenance Faire diminuer le ressenti discriminatoire − 101 x X ar ne X er 1.4 Langues vivantes 3.2 Formation des équipes pédagogiques et des professeurs principaux x 3.3 Suivi des projets d’orientation cycle terminal x 4 1 Classe Agenda 21 x 4.2 Intégration d’élèves à besoins particuliers 4.3 travail sur le ressenti discriminatoire x x 4.6 Baisse de la consommation Art 34 Partenariat Atelier / classe PAC x x x X X x x x x x − Télénotes Cahiers de textes en ligne sconet GAIN (bassin Magenta Villette + RIF) x x Paris 2 Assas : convention »cap en fac » + EIVP x Partenariat avec le CIO x Concertation PP + COP + CPE x Classe centrée sur les sciences expérimentales sur des thèmes de développement durable. Partenariats avec l’EIVP, l’EDIF,, RIF Ouverture 1ère STG aux élèves avec handicap moteur Un stage pour les adultes, + formation des délégués de 2nd x Restructuration de la demi pension Végétalisation des espaces extérieurs. x - de papier Stages de renforcement pendant les vacances x Expérimentation article 34 x x Jumelages avec des écoles europpéennes (Manfred von Ardenne – St Edwards) MOYENS UTILISES x x M à x − x x 4.4 Formation à PCS1 4.5 Travail sur la convivialité des espaces dédiés aux élèves x d’établissementAutres objectifs du projet Autonomie des élèves X Educatif santé CESC Accueil et formation des personnels pédagogie reconduite modifiée nouvelle x DST + Devoirs communs + examens blancs − OBJECTIFS 3.1 Partenariat avec des établissements d’enseignement supérieur Assistants pédagogiques − − x LISTE DES ACTIONS Aide individualisée x − 2.1 Suivi des absences 2.2 Prise en charge des élèves décrocheurs Réussite pour tous (stages pendant les vacances) − − X classes de seconde à projet (Louvre, Cinéma audio-visuel, Européenne, et Agenda 21) TICE Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t x Accueil spécifique des élèves à la rentrée − x − x 1.5 Communication (Cahiers de textes évaluation) -la -V a TICE Partenariat − X x − x s X x oi re 1.3 Mise au travail des élèves Atelier / classe PAC Art 34 rit X x − X X 1.2 Remédiation soutien Expérimentation Autonomie des élèves MOYENS UTILISES Autres objectifs du projet d’établissement x personnelsAccueil et formation des pédagogie X Educatif santé CESC modifiée 1.1 4 Mobilisation des élèves en 2nd reconduite OBJECTIFS nouvelle LISTE DES ACTIONS llé e FICHE ANNUELLE 2009-10 Dématérialisation de la communication ((Sites ENT) - d’énergie, d’eau 4.7 Etablir et pérenniser des partenariats riches et variés 102 x EDIF RIF, réseau des A21 des écoles parisiennes… 16% Taux moyen mensuel d’absences (sept à avril) Taux moyen d’absences janvier 9.9/20 79 ar ne % d’élèves amenés au niveau B2 du cadre euro des langues (LV1) Note moyenne obtenue au baccalauréat en LV1 Agenda 21 -la -V a 62% Taux de doublement de la seconde Taux de réussite au baccalauréat 45% 9.4 8.4% 12.4% s % d’élèves absents (sept à avril) Taux de réorientation en BEP. % d’élèves sortant de terminale sans le bac (y compris élèves redoublants venant d’un autre établissement). Orientation filières sélectives courtes 7 4 rit 75% er Taux de satisfaction des familles sur l’orientation fin de seconde Nombre d’appel fin de 2nd oi re % d’absences non justifiées (sept à avril) Nombre de conseil de discipline pour absentéisme JUIN 2012 42% Taux de passage en 1ère Note moyenne aux épreuves anticipées JUIN 2011 M au baccalauréat JUIN 2010 à Taux d’accès de la 2 15% Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t Orientation Absentéisme pédagogiqueEfficacité JUIN 2009* nd llé e TABLEAU DE BORD 2009-2010 23% Nombre d’élèves concernées par les opérations cap en fac. % de la communauté scolaire mobilisée 16% Classement « display » FCE 20 Tonnage recyclé Consommation énergie Consommation d’eau Consommation de papier -année civile (cité scolaire) Rayonnement Nombre de personnes formées AFPS 20 % d’élèves ressentant une discrimination au sein du lycée 43% Taux d’attractivité 59% % des élèves affectés sur vœu 1 ou 2 78% Les indicateurs en italique figurent dans le document rectoral sur les contrats d’objectifs * derniers chiffres disponibles au 28 juin 2009 Marianne DODINET - 04/09/2009 103 D epuis quelques jours circule dans les salles de rédaction, et sur le Net, la lettre de démission qu’une enseignante a adressée à son Principal de collège. Je vous la livre telle quelle - les commentaires viendront après. llé e « Monsieur le proviseur, oi re s à M ar ne -la -V a Les conditions dans lesquelles nous sommes contraints d'exercer notre métier ne sont pas tolérables. La semaine dernière, deux collègues ont été agressés physiquement par des élèves, élèves qui n'en n'étaient pas à leur premier coup d'éclat et dont la surenchère dans l'agressivité et la violence à l'égard des adultes n'était que prévisible. Ces incidents, très graves, ne sont que la conséquence du climat délétère qui règne dans l'établissement : incivilités, refus d'obéissance, insultes, violences à l'égard des adultes se sont banalisés au point que les élèves, se sentant dans une situation de toute puissance, n'ont même plus conscience de la gravité de leurs actes. Un tel désordre règne dans les escaliers et les couloirs, qu'il nous est impossible de circuler sans être bousculés, raillés, invectivés, les bagarres y éclatent plus que quotidiennement. Cette situation de violence tant physique que verbale ne devrait pas être. Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit Pour ma part, je refuse de continuer à être traitée comme une chienne par des enfants à qui j'ai eu le malheur de demander de retirer leur casquette, d'aller se ranger dans la cour ou de me donner leur carnet de liaison. Je refuse de continuer à assister à la complaisance avec laquelle certains adultes confortent ces enfants dans leurs dérives au lieu de tout faire pour les aider à en sortir. Je refuse de continuer à assister, impuissante, à ce gâchis généralisé, nos élèves les plus fragiles étant les premières victimes de notre incapacité, voire notre réticence, à instaurer les conditions nécessaires à leur apprentissage. Je refuse de continuer à participer de ce spectacle affligeant que nous offrons quotidiennement à nos élèves et qui me fait honte. Quand les profs démissionnent face au délitement de l'école http://www.marianne2.fr/Quand-les-profs-demissionnent-face... Qu'en est-il de l'application de l'article 11 de la Loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires - "La collectivité publique est tenue de protéger les fonctionnaires 1 sur 4 contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont ils pourraient être victimes à l'occasion de leurs fonctions, et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté." - alors que quotidiennement notre intégrité morale et physique est menacée quand elle08/12/11 13:38 n'est pas bafouée ? Qu'en est-il de nos devoirs envers nos élèves, de notre mission éducative à partir du moment où nous nous révélons incapables de simplement manifester notre volonté de les voir appliquer le règlement intérieur, de les protéger d'eux-mêmes et des autres, c'est-à-dire de leur offrir une scolarité digne de ce nom ? Quel avenir leur préparons-nous ? J'aime mon métier par-dessus tout mais il ne m'est plus possible, dans ces conditions, de continuer de l'exercer et j'ai perdu tout espoir que cela ne change. C'est pourquoi, Monsieur le Proviseur, j'ai l'immense regret de vous présenter ma démission. Claire-Hélène » Et maintenant, raisonnons. Cette enseignante, je sais qui elle est - elle a 38 ans, une bonne dizaine d’années d’enseignement derrière elle, elle est loin d’être une débutante effarouchée par ses premières classes, comme il en 104 est tant (jamais le taux de démission spontanée des stagiaires n’a été aussi élevé que cette année). Elle n’est pas, non plus, en détresse dans son enseignement - ce qui arrive en ces temps de formation disciplinaire au rabais : avec Catherine Hars et Véronique Marchais, elle est co-auteur de la collection Terre des Lettres (Nathan) qui propose l’un des meilleurs manuels de Cinquième actuellement sur le marché, et reconnu comme tel par ses pairs : ce n’est donc pas non plus un souci publicitaire qui l’anime. Non : Claire-Hélène est une prof comme il en est tant, qui en a par-dessus la tête de ne pas pouvoir exercer normalement le métier qu’elle a choisi, et qu’elle 105 er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t s oi re rit à ar ne M -la -V a llé e 106 er Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t s oi re rit à ar ne M -la -V a llé e -la -V a ar ne LES LYCÉES EN ILE-DE-FRANCE M 1 oi re PETITE HISTOIRE DE LA SECTORISATION SCOLAIRE DE L’ÉGALITÉ À LA MIXITÉ PARIS : DU LYCÉE DE NOTABLE AU LYCÉE UNIQUE Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t er rit 2 5 9 à INTRODUCTION s llé e TABLE DES MATIÈRES 9 9 12 ORGANISATION DES LYCÉES D’ILE-DE-FRANCE 15 QUELLES COMPÉTENCES POUR QUELS ACTEURS ? INVENTAIRE DES LYCÉES FRANCILIENS 15 19 COMMENT CHOISIR SON LYCÉE ? LE CAS DE L’ACADÉMIE PARISIENNE 23 SECTORISATION ET AFFECTATION PARISIENNES LA CARTE SCOLAIRE EN QUESTIONS PRATIQUES D’AFFECTATION SCOLAIRES PARISIENNES : UN CAS D’ÉCOLE ? 23 27 29 LE QUOTIDIEN D’UN LYCÉE PUBLIC PARISIEN : HENRI BERGSON PORTRAIT DU LYCÉE HENRI BERGSON 33 33 SON OFFRE SON PROJET SON ACCESSIBILITÉ SES ÉLÈVES... MARGOT, AUDREY, SUZIE, MATHIS ET ALEXANNE 33 36 38 41 49 QUELS QUARTIERS POUR QUEL ÉTABLISSEMENT ? LA GRANDE ÉCHELLE... ...DES QUARTIERS DANS LE DISTRICT EST 49 -la -V a llé e 51 53 55 57 59 s oi re SORTIES DE CLASSE : FAÇADES SUR L’ESPACE PUBLIC Ec D ol oc e um d'a en rch t s ite ou ct m ure is au de dr la v oi ill td e 'a & ut de eu s r t JOURNÉES ORDINAIRES À LA SORTIE DU LYCÉE ÉVÉNEMENTS À LA SORTIE DU LYCÉE ? rit DU LYCÉE STIGMATISÉ AU LYCÉE ÉVITÉ ? er 3 à M ar ne DE LA CONCURRENCE AU SEIN DU DISTRICT EST LA PETITE ÉCHELLE... DU QUOTIDIEN À L’HEURE DU DÉJEUNER DU QUOTIDIEN À L’HEURE DE LA SORTIE DES CLASSES DE LA PETITE À LA GRANDE ÉCHELLE... DES PARCOURS SCOLAIRES DES ITINÉRAIRES DOMICILE/ÉCOLE 61 61 61 65 UN LYCÉE STIGMATISÉ ; POURQUOI ? ET PAR QUI ? 67 CONCLUSION 85 RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES 88 ANNEXES 94 LE CONTEXTE D’UN PARIS PALMARÈS67 LA MAUVAISE PRESSE DE LA RUE ÉDOUARD PAILLERON 75 UN MAUVAIS LYCÉE : MYTHE OU RÉALITÉ ? 78