faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés

Transcription

faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés
TOUT LE MONDE SE SERVAIT D’UNE MÊME LANGUE ET DES MÊMES MOTS. COMME LES HOMMES SE DÉPLAÇAIENT À L’ORIENT, ILS TROUVÈRENT UNE
VALLÉE AU PAYS DE SHINÉAR ET ILS S’Y ÉTABLIRENT. ILS SE DIRENT L’UN À L’AUTRE: « ALLONS! FAISONS DES BRIQUES ET CUISONS-LES AU FEU!
» LA BRIQUE LEUR SERVIT DE PIERRE ET LE BITUME LEUR SERVIT DE MORTIER. ILS DIRENT: « ALLONS! BÂTISSONS-NOUS UNE VILLE ET UNE TOUR
DONT LE SOMMET PÉNÈTRE LES CIEUX! FAISONS-NOUS UN NOM ET NE SOYONS PAS DISPERSÉS SUR TOUTE LA TERRE. ». OR YAHVÉ DESCENDIT
POUR VOIR LA VILLE ET LA TOUR QUE LES HOMMES AVAIENT BÂTIES. ET YAHVÉ DIT: « VOICI QUE TOUS FONT UN SEUL PEUPLE ET PARLENT UNE SEULE
llé
e
LANGUE, ET TEL EST LE DÉBUT DE LEURS ENTREPRISES! MAINTENANT, AUCUN DESSEIN NE SERA IRRÉALISABLE POUR EUX. ALLONS! DESCENDONS! ET
-la
-V
a
LÀ, CONFONDONS LEUR LANGAGE POUR QU’ILS NE S’ENTENDENT PLUS LES UNS LES AUTRES. » YAHVÉ LES DISPERSA DE LÀ SUR TOUTE LA FACE DE
LA TERRE ET ILS CESSÈRENT DE CONSTRUIRE LA VILLE. AUSSI LA NOMMA-T-ON BABEL, CAR C’EST LÀ QUE YAHVÉ CONFONDIT LE LANGAGE DE TOUS
ar
ne
LES HABITANTS DE LA TERRE ET C’EST LÀ QU’IL LES DISPERSA SUR TOUTE LA FACE DE LA TERRE. AUTRES. » YAHVÉ LES DISPERSA DE LÀ SUR TOUTE
LA FACE DE LA TERRE ET ILS CESSÈRENT DE CONSTRUIRE LA VILLE. AUSSI LA NOMMA-T-ON BABEL,, CAR C’EST LÀ QUE YAHVÉ CONFONDIT LE LANGAGE
M
DE TOUS LES HABITANTS DE LA TERRE ET C’EST LÀ QU’IL LES DISPERSA SUR TOUTE LA FACE DE LA TERRE // BIBLE DE JÉRUSALEM, LE CERF, PARIS, 1956 //
oi
re
s
à
FAISONS-NOUS UN NOM
Marjorie Wiest
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
ENQUÊTE SUR UN ÉTABLISSEMENT ÉVITÉ ; LE LYCÉE HENRI BERGSON, PARIS 19ÈME
ET TOUTE LA TERRE ÉTAIT LÈVRE UNIQUE ET PAROLES UNIQUES. ET IL ARRIVA, DANS LEUR DÉPLACEMENT À PARTIR DE L’ORIENT, QU’ILS TROUVÈRENT
UNE PLAINE EN LA TERRE DE SHINÉAR, ET ILS S’ASSIRENT LÀ. ET ILS DIRENT, CHACUN VERS SON COMPAGNON: « ALLONS! BRIQUETONS DES BRIQUES
ET FLAMBONS-LES À LA FLAMBÉE! » ET LA BRIQUE FIT POUR EUX PIERRE ET LE BITUME FIT POUR EUX MORTIER. ET ILS DIRENT: « ALLONS! BÂTISSONS
UNE CITÉ ET UNE TOUR : SA TÊTE DANS LES CIEUX! ET FAISONS POUR NOUS UN NOM POUR NE PAS ÊTRE DISPERSÉS SUR LA FACE DE TOUTE LA
TERRE. » ET LE SEIGNEUR DESCENDIT POUR VOIR LA CITÉ ET LA TOUR QU’AVAIENT BÂTIES LES FILS D’ADAM. ET LE SEIGNEUR DIT: « VOICI, ILS SONT
PEUPLE UNIQUE ET LÈVRE UNIQUE POUR EUX TOUS. ET VOILÀ LE COMMENCEMENT DE CE QU’ILS FONT. MAINTENANT, RIEN NE LES RETIENDRA DE CE
QU’ILS DÉCIDERONT DE FAIRE. ALLONS! DESCENDONS ET EMBROUILLONS ICI LEURS LÈVRES QUE, CHACUN VERS SON COMPAGNON, ILS N’ENTENDENT
PAS LEUR LÈVRE ».ET LE SEIGNEUR LES DISSÉMINA À PARTIR DE LÀ SUR LA FACE DE TOUTE LA TERRE. ET ILS CESSÈRENT DE BÂTIR LA CITÉ. C’EST
POURQUOI ON APPELA SON NOM « PORTE DE DIEU » (BABEL) CAR C’EST À CET ENDROIT QUE LE SEIGNEUR EMBROUILLA LA LÈVRE DE TOUTE LA TERRE
ET À PARTIR DE CET ENDROIT, LE SEIGNEUR LES DISSÉMINA SUR LA FACE DE TOUTE LA TERRE. // TRADUCTION FRANÇAISE D’EDMOND FLEG CHANT NOUVEAU, PARIS, 1946 //
LA TERRE ENTIÈRE SE SERVAIT DE LA MÊME LANGUE ET DES MÊMES MOTS. OR EN SE DÉPLAÇANT VERS L’ORIENT, LES HOMMES DÉCOUVRIRENT
UNE PLAINE DANS LE PAYS DE SHINÉAR ET Y HABITÈRENT. ILS SE DIRENT L’UN À L’AUTRE: « ALLONS! MOULONS DES BRIQUES ET CUISONSLES AU FOUR. » LES BRIQUES LEUR SERVIRENT DE PIERRE ET LE BITUME LEUR SERVI DE MORTIER. « ALLONS! DIRENT-ILS, BÂTISSONS-NOUS
UNE VILLE ET UNE TOUR DONT LE SOMMET TOUCHE LE CIEL. FAISONS-NOUS UN NOM AFIN DE NE PAS ÊTRE DISPERSÉS SUR TOUTE LA
SURFACE DE LA TERRE. » LE SEIGNEUR DESCENDIT POUR VOIR LA VILLE ET LA TOUR QUE BÂTISSAIENT LES FILS D’ADAM. « EH, DIT LE SEIGNEUR,
ILS NE SONT TOUS QU’UN PEUPLE ET QU’UNE LANGUE ET C’EST LÀ LEUR PREMIÈRE OEUVRE! MAINTENANT, RIEN DE CE QU’ILS PROJETTERONT
DE FAIRE NE LEUR SERA INACCESSIBLE! ALLONS, DESCENDONS ET BROUILLONS ICI LEUR LANGUE,
QU’ILS NE S’ENTENDENT PLUS LES UNS LES AUTRES! » DE LÀ, LE SEIGNEUR LES DISPERSA SUR
BABEL 2011
SÉMINAIRE PARIS/MÉTROPOLES
BABEL CAR C’EST LÀ QUE LE SEIGNEUR BROUILLA LA LANGUE DE TOUTE LA TERRE, ET C’EST LÀ QUE 2 0 1 1 - 2 0 1 2
TOUTE LA SURFACE DE LA TERRE ET ILS CESSÈRENT DE BÂTIR LA VILLE. AUSSI LA NOMMA-T-ON
LE SEIGNEUR DISPERSA LES HOMMES SUR TOUTE LA SURFACE DE LA TERRE. //
TRADUCTION OECUMÉNIQUE
ÉCOLE D’ARCHITECTURE DE LA VILLE ET
DES TERRITOIRES À MARNE-LA-VALLÉE
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
IMAGE DE PAGE DE GARDE
s
oi
re
rit
à
ar
ne
M
-la
-V
a
llé
e
-la
-V
a
llé
e
« FAISONS-NOUS UN NOM ET NE SOYONS PAS
DISPERSÉS »
ar
ne
Bible de Jérusalem, Le Cerf, Paris, 1956
oi
re
s
à
M
FAISONS-NOUS UN NOM
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
ENQUÊTE SUR UN ÉTABLISSEMENT ÉVITÉ ;
LE LYCÉE HENRI BERGSON, PARIS 19ÈME
Marjorie Wiest
INTRODUCTION
1 LES LYCÉES EN ILE-DE-FRANCE
5
9
PETITE HISTOIRE DE LA SECTORISATION
SCOLAIRE
ORGANISATION DES LYCÉES D’ILE-DE-FRANCE
COMMENT CHOISIR SON LYCÉE ? LE CAS DE
L’ACADÉMIE PARISIENNE
2 LE QUOTIDIEN D’UN LYCÉE PUBLIC
PARISIEN : HENRI BERGSON
33
3 LYCÉE STIGMATISÉ AU LYCÉE ÉVITÉ
61
PORTRAIT DU LYCÉE HENRI BERGSON
QUELS QUARTIERS POUR QUEL
ÉTABLISSEMENT ?
SORTIES DE CLASSES : FAÇADES SUR L’ESPACE
PUBLIC
UN LYCÉE STIGMATISÉ ; POURQUOI ? PAR QUI ?
CONCLUSION
85
photo d’une classe du lycée Henri Bergson en 1962 et en 2000
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
s
oi
re
rit
à
ar
ne
M
-la
-V
a
llé
e
llé
e
-la
-V
a
ar
ne
M
oi
re
s
à
INTRODUCTION
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
Dans son ouvrage Babel, du texte au symbole, paru en 1985,
l’historien Hubert Bost propose de «lire le récit de Babel comme
un texte vieux de trois mille ans qui s’écrit aujourd’hui»1.
« Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés »
Peut-on lire dans la première édition - 1956 - de la traduction
de l’Ancien Testament aux éditions de la bibliothèque du Cerf.
Cet extrait aborde les questions de la fondation, du nom, de
l’identité.
«Certes les hommes disent «faisons-nous un nom», et non pas
«bâtissons une ville et une tour... et donnons-leur un nom». (...)
Le bâtiment est la garantie de la pérennité du bâtisseur. En le
nommant, celui-ci s’assure contre l’oubli et se donne un nom, c’està-dire une renommée2.»
L’école en France illustre aujourd’hui cette problématique de
l’identité, de la dénomination... et par extension de la renommée,
la popularité. Le prestige, la réputation, le qu’en-dira-t-on, la
rivalité, la concurrence... sont, en effet, aujourd’hui des réalités
dans le monde des établissements scolaires.
1 BOST Hubert, Babel, du texte au symbole, édition Labor et Fides, Paris, 1985, p. 5
2 Babel, du texte au symbole, p. 56
5
-la
-V
a
llé
e
Cette étude propose d’analyser cette problématique à travers
le cas d’établissements scolaires de l’enseignement secondaire
: les lycées.
rit
oi
re
s
à
M
ar
ne
Les lycées n’ont cessé d’évoluer au cours de l’histoire de
l’éducation, leur rôle a été renforcé au cours de la seconde
moitié du XXème siècle avec l’institution de l’école obligatoire
jusqu’à 14 ans puis jusqu’à 16 ans. Dans ses ouvrages dédiés aux
problématiques de l’éducation et de l’affectation, le sociologue
François Dubet confirme l’intérêt des expériences lycéennes.
Et au sujet des lycéens, il faut faire, selon lui, «l’hypothèse qu’il
s’agit d’acteurs, pas seulement de pions ou de rouages, moins
encore de simples objets pédagogiques»3.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
L’étude repose plus particulièrement sur un lycée public situé
dans le 19ème arrondissement de Paris : le lycée Henri Bergson. Ce
lycée général et technologique apparaît être un terrain d’étude
intéressant, situé dans un arrondissement socialement mixte.
Il apparaît à la fois être victime des phénomènes d’évitement
scolaire et acteur d’une école compétitive en proposant des
options rares pour lui assurer une certaine attractivité.
Cette étude s’organise en trois parties. La première permet de
mieux comprendre les lycées en Ile-de-France ; leur histoire, leur
organisation, le déroulement des choix d’orientation des élèves
après le collège et les pratiques de contournement. Dans une
deuxième partie, le lycée Henri Bergson est présenté ; son offre,
son projet d’établissement, son accessibilité, ses élèves. Puis une
interrogation est menée sur les échelles de l’établissement. Enfin,
une dernière partie permet de s’interroger sur la réputation du
lycée Henri Bergson, en analysant les sorties de classes dans un
premier temps puis en enquêtant sur l’image du lycée auprès
des élèves, parents d’élèves et autres acteurs de l’éducation.
3 DUBET François, Les lycéens, édition du Seuil, Paris, 1991, p. 15
7
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
s
oi
re
rit
à
ar
ne
M
-la
-V
a
llé
e
llé
e
-la
-V
a
ar
ne
M
à
LES LYCÉES EN ILE-DE-FRANCE
oi
re
s
1
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
PETITE HISTOIRE DE LA SECTORISATION SCOLAIRE
DE L’ÉGALITÉ À LA MIXITÉ
Les évolutions n’ont pas toujours été continues au cours de
la longue histoire de la scolarisation française. Longtemps
réservée aux élites ; l’enjeu de l’école du XIXème siècle fut
d’étendre l’éducation au plus grand nombre. L’enseignement
s’est progressivement ouvert à la société.
On assiste alors au développement parallèle de deux écoles :
l’école des «notables» et celle du «peuple»1. Rapidement, dès la
fin du XIXème siècle, l’enseignement français veut s’attaquer à la
réunion de ces deux écoles, qui favorisent, déjà, les premières
formes d’évitement scolaire. Hacène Belmessous souligne,
que les parents de milieu social élevé évitent à leurs enfants
le contact avec ceux de l’école primaire publique et gratuite, à
cause «des mauvaises habitudes de langage et des manières
peu convenables»2.
Il faudra attendre le milieu du XXème siècle, pour voir ces deux
écoles finalement fusionner.
En parallèle, l’école est rendu obligatoire jusqu’à 13 ans en 1882,
14 ans en 1936 et enfin, 16 ans en 1959.
1 PROST Antoine, Histoire de l’enseignement en France, 1800-1967, Paris, édition Armand Colin, 1979, 349 p.
2 BELMESSOUS Hacène, Mixité sociale : une imposture, Nantes, édition l’Atalante
9
Condorcet
propose de créer
une école de
2nde degré dans
chaque ville de
4 000 habitants
création des écoles
centrales (lycées) ; une
école pour 300 000
habitants
loi : chaque
circonscription de cours
d’appel doit avoir au
moins un lycée
llé
e
1833
loi Guizot : les
conseils municipaux
régissent les budgets
de l’éducation (pour
les écoles de garçons
uniquement)
M
1ère réflexion sur un
enseignement primaire
laïque, gratuit et
uniformément réparti
sur le territoire
1802
1795
-la
-V
a
1792
ar
ne
1789
1936 1940
les instituteurs
deviennent des
fonctionnaires
loi Ferry :
instruction, laïque, gratuite et
obligatoire jusqu’à 13 ans
1963
1975
l’obtention
des allocations
familiales est
fonction du respect
de la fréquentation
scolaire
loi Zay :
prolongation de
la scolarisation
obligatoire jusqu’à
14 ans
1982 1984
le gouvernement de gauche développe les 1ère
initiatives de dérogation de la carte scolaire
le président De Gaulle
crée la carte scolaire
loi de décentralisation :
transfert d’un
certain nombres de
compétences à la région
ou au département
réforme Haby :
«collège unique»
les grandes dates de l’histoire de l’école en France
marjorie wiest à partir de l’atlas des fractures scolaires
10
1959
er
1889
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
1882
rit
oi
re
s
à
création du «lycée de
Paris» ou lycée Louis-leGrand
réforme Berthoin :
instruction
obligatoire
jusqu’à 16 ans
loi Debré : création
du système des
contrats pour les
écoles privées
2007
2008
élections
présidentielles :
la carte scolaire prend Xavier Darcos
une place importante confirme
l’assouplissement
dans les débats
de la carte scolaire
début de
l’assouplissement de
la carte scolaire
la loi Guizot s’étend
aux écoles de filles
llé
e
La mise en place de la carte scolaire en 1963 marque une
nouvelle étape pour l’histoire de l’enseignement : celle de
l’égalité d’accès à une offre préalablement rendue unique.
La carte scolaire illustre également le développement d’un
enseignement dit de masse.
-la
-V
a
1850
s
à
M
ar
ne
La réforme Haby de 1975 crée un «collège unique», pièce
maîtresse de l’enseignement égalitaire : dans l’accès et dans les
contenus de l’enseignement. Mais dans les faits, il faut attendre
1986 pour voir l’enseignement unique réellement exister en
France.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
À partir de cette époque la question de l’accès et de l’égalité
scolaire deviennent des enjeux prégnants pour l’éducation.
Les débats qui se jouent autour de la carte scolaire illustrent
parfaitement les nouveaux enjeux de l’éducation à l’heure de
l’école obligatoire jusqu’à 16 ans, qui se traduit par un taux de
scolarisation très proche de 100 % pour la classe d’âge des 3-16
ans.
2009
2010
suppression de
mise en place
la carte scolaire
du logiciel
d’affectation
AFFELNET
(affectation des
élèves sur le net)
11
llé
e
-la
-V
a
PARIS : DU LYCÉE DE NOTABLES AU LYCÉE UNIQUE
L’histoire de l’enseignement secondaire à Paris tire sa singularité
du statut particulier de la capitale.
ar
ne
En 1872, alors que la population parisienne s’élève à 1 851
792 habitants, la ville ne compte que 5 lycées : Louis-le-Grand,
Henri IV, Saint-Louis, Charlemagne et Condorcet. Tous sont
alors réservés aux garçons. Le lycée est l’unique structure
d’enseignement du secondaire ; il accueil donc les jeunes élèves
pour sept années. Ni l’agrandissement du territoire parisien en
1860, ni l’augmentation massive de la population parisienne
n’ont conduit au développement de l’offre scolaire secondaire à
Paris jusqu’au début du XXème siècle.
er
rit
oi
re
s
à
M
1872
À la fin du XIXème siècle, la fréquentation des établissements
ne dépasse pas 3% de la population totale potentielle en âge
de fréquenter les établissements scolaires secondaires publics.
Cependant, le développement progressif de l’enseignement
privé tant pour les jeunes filles que pour les jeunes garçons,
peut amener à relativiser ces résultats de taux de fréquentation.
Les effectifs de ces établissements privés étant inconnus, il est
impossible de connaître la fréquentation réelle des lycées à
cette époque.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
1 851 792 habitants
marjorie wiest à partir de l’atlas des parisiens
Parmi les cinq établissements parisiens précédemment cités,
trois se situent dans un périmètre étroit de un kilomètre
carré ; il s’agit du quartier Latin. Ces lycées accueillent les
enfants des classes les plus aisées de Paris. La majorité des
élèves poursuivent ensuite leur parcours dans les écoles
d’enseignement supérieure, elles aussi implantées en majorité
dans le quartier Latin.
En 1933, le politique et historien Guizot souhaite «créer un
enseignement technique qui mène à toutes les carrières qui
n’exigent pas l’étude des langues anciennes».
Par exemple, l’école primaire supérieure Turgot devient une
«école municipale en 1848, un collège en 1945, un lycée en
1954... Il aura fallu plus d’un siècle pour rapprocher le statut de
12
llé
e
l’enseignement technique de celui de l’enseignement général»1.
Entre 1875 et 1914, l’enseignement secondaire connaît une
«véritable révolution, dans toute la France, mais avec un rythme
encore plus marqué à Paris»2. Le nombre d’établissements
s’étend à 16 en 1911 : 11 écoles de garçons pour 5 écoles
de filles, pour une population de 2 888 110 habitants. Les
nouvelles constructions abandonnent le quartier Latin pour
conquérir les espaces libres des quartiers plus périphériques.
Les vastes emprises foncières permettent de réaliser de grands
établissements et de multiplier les équipements annexes
comme les salles de sport ou les cours de récréation.
s
2 888 110 habitants
à
M
ar
ne
-la
-V
a
1911
er
rit
L’enseignement secondaire s’ouvre progressivement aux
jeunes filles. Il se modernise également avec l’apparition de
l’apprentissage des sciences, des langues vivantes et de l’histoire
contemporaine.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
2007
oi
re
marjorie wiest à partir de l’atlas des parisiens
Malgré le développement des équipements et l’augmentation
des capacités d’accueil, la fréquentation des lycées entre les
deux guerres peine à dépasser 10% de la population totale
adolescente potentielle.
2 181 371 habitants
marjorie wiest à partir de l’atlas des parisiens
Après la seconde guerre mondiale, l’enseignement prend une
nouvelle place dans la société. Il se démocratise rapidement ; on
passe de 10% à 85% d’une classe d’âge d’élèves inscrits dans les
établissements du second degré. Le public devient beaucoup plus
hétérogène. Les lycées généraux se développent. En parallèle,
un grand nombre de structures nouvelles voit le jour : les lycées
techniques, technologiques ou polyvalents. L’enseignement privé,
confessionnel mais le plus souvent laïc, se développe également
sur le territoire parisien. Cette variété tend à développer une
concurrence sur le territoire. D’autant que l’enseignement privé
«utilise des arguments publicitaires attractifs pour solliciter
les parents et les jeunes, bénéficiant souvent de conditions
de fonctionnement plus favorables (classes à effectifs réduits
notamment, quand on ne vante pas «l’enseignement par petits
groupes, les résultats aux examens... »)»3.
1 GARDEN Maurice et PINOL Jean-Luc, Atlas des parisiens de la Révolution à nos jours, collection Broché, édition
Parigramme, 2009, p. 228.
2 Atlas des parisiens de la Révolution à nos jours, p. 227.
3 Atlas des parisiens de la Révolution à nos jours, p. 229.
13
-la
-V
a
llé
e
En 2007, alors que la population s’élève à 2 181 371 habitants, Paris
compte 90 lycées.
La carte des lycées en 1911 met en évidence l’importance
des effectifs des lycées publics au début du siècle. Le lycée
de garçons Janson-de-Sailly, dans le 16ème arrondissement,
accueillait près de 2 000 élèves et sa capacité pouvait aller
jusqu’à 3 000 élèves. Le lycée de garçons Racine, dans le 8ème
arrondissement, accueillait, lui, près de 1 800 élèves. L’ensemble
des lycées du quartier Latin - Henri IV, Louis-le-Grand et SaintLouis - enregistrait un effectif de 3 000 élèves garçons.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
atlas des parisiens
à
taille des lycées publics en 1911
M
ar
ne
Il apparaît intéressant, maintenant, de comparer l’évolution des
lycées par le biais d’un aspect clef : leurs capacités en terme de
nombre d’élèves.
taille des lycées publics en 2007
atlas des parisiens
taille des lycées privés en 2007
atlas des parisiens
14
Aujourd’hui, les lycées publics sont plus nombreux mais leurs
effectifs sont plus réduits. Quelques lycées accueillent moins
de 200 élèves comme le lycée Roger Verlomme dans le 15ème
arrondissement. Parmi les plus vastes établissements, notons
par exemple les lycées publics Maurice Ravel ou Hélène Boucher,
dans le 2Oème arrondissement qui accueillent chacun 750 élèves ;
soit quatre fois moins que le plus gros des lycées du début du
siècle.
Aujourd’hui, les lycées privés sont moins nombreux que les lycées
publics. Bien que non exhaustive, la cartographie des lycées
privés met cependant en évidence les grandes capacités des ces
établissements. On dénombre cinq très grands établissements
dont les effectifs dépassent 1 000 étudiants. Le lycée privé SaintMichel-de-Picpus, situé dans le 12ème arrondissement et sous
l’autorité des Pères de la Sainte-Croix, compte, par exemple,
aujourd’hui près de 1 000 élèves inscrits.
llé
e
-la
-V
a
ORGANISATION DES LYCÉES D’ILE-DE-FRANCE
QUELLES COMPÉTENCES POUR QUELS ACTEURS ?
s
à
M
ar
ne
L’enseignement français illustre les récentes complexifications
des compétences et des acteurs avec les lois de décentralisation ;
ce que l’on appelle «l’effet mille-feuilles». Plusieurs acteurs clefs
interviennent donc à différents stades de l’enseignement des
français : depuis la commune jusqu’à l’État.
er
PARIS
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
VERSAILLES
rit
oi
re
En plus des divisions territoriales existantes, l’enseignement
s’appuie sur une circonscription administrative propre
au ministère de l’Éducation nationale et au ministère de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche : l’académie,
dirigée par son Recteur. Leurs tracés correspondent le plus
souvent à ceux des régions, à quelques exceptions près dont la
région Ile-de-France. Le territoire francilien comprend, en effet,
trois académies : Paris, Créteil et Versailles.
CRÉTEIL
les 3 académies en Ile-de-France
marjorie wiest à partir de éducation.gouv
Les académies représentent l’État, elles mettent en oeuvre la
politique définie par le gouvernement - ministère de l’Éducation
nationale et ministère de l’Enseignement supérieur et de la
Recherche -. Maillon intermédiaire, les académies doivent
assurer un partenariat avec les collectivités territoriales locales.
Les inspections académiques interviennent du 1er degré
(primaires, maternelles) jusqu’au 2nd degré (collèges, lycées).
Les
conseils
régionaux
ont
en
charge
la
construction,
la
rénovation,
les
dépenses
d’entretien et de fonctionnement
- hébergement,
restauration scolaire, fournitures, ameublement… des lycées d’enseignement général et technologique, et des
lycées professionnels. Ils établissent le schéma prévisionnel des
formations et exercent une compétence de droit commun en
matière de formation professionnelle et d’apprentissage.
Les lycées publics, comme les collèges, ont un statut
d’Établissement Public Local d’Enseignement - EPLE -. Le
conseil d’administration de chaque structure est responsable
du budget. Le chef d’établissement est l’ordonnateur, sous le
contrôle financier de l’agent comptable. Les collectivités votent
15
École
Collège
Lycée
Enseignement : définition des programmes
État
État
État
Diplômes : définition et délivrance
État
État
État
Investissement (construction, reconstruction) et fonctionnement matériel
Commune
Département
Région
Fonctionnement pédagogique : acquisition de matériel pédagogique
Communes
État
État
Gestion des personnels enseignants : recrutement, formation, rémunération, etc.
État
Gestion des personnels administratifs, techniques, de santé : recrutement, formation, rémunération,
etc.
État
Gestion des personnels ouvriers : recrutement, formation, rémunération, etc.
Commune
-la
-V
a
ar
ne
M
État
État
État
Région
Département
Région
oi
re
s
à
llé
e
Domaine de compétence
MINISTÈRE DE
L’ÉDUCATION
NATIONALE
rit
ÉTAT
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
Ministre
RECTORAT
RÉGION
Recteur
Chancelier de l’Université
Conseil Régional
DÉPARTEMENT
Conseil Général
INSPECTION
ACADÉMIQUE
Inspecteur de l’Académie
COMMUNE
Maire
LYCÉE
Proviseur
COLLÈGE
Principal
enseignement, diplôme, personnel
investissement, locaux, fonctionnement, entretien, équipement
16
ÉCOLE
Directeur
répartition des domaines
de compétence à l’école, au
collège et au lycée
marjorie wiest à partir de éducation.gouv
-la
-V
a
llé
e
annuellement une dotation de fonctionnement et prennent en
charge certains investissements. Tandis que l’État prend, lui, en
charge directement les salaires du personnel enseignant et de
direction.
à
M
ar
ne
Les lois de décentralisation de 2003 ont transféré le recrutement,
la rémunération et la gestion de carrière des personnels
techniques et ouvriers des collèges et lycées aux collectivités
territoriales. L’État transfert les fonds nécessaires aux acteurs
gérant ces nouvelles compétences.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
Dans le domaine des compétences partagées avec l’État, les
collectivités élaborent des programmes d’investissement
afin de programmer les constructions, rénovations ou
restructurations des établissements de leur juridiction. Pour
les nouvelles constructions, les collectivités déterminent la
capacité d’accueil, la localisation et le mode d’hébergement des
élèves ; nonobstant, c’est le préfet qui détient le dernier mot
après avis de l’autorité académique. Le recteur d’académie et
l’inspecteur d’académie arrêtent la structure pédagogique des
établissements, et le ministère pourvoit les postes en personnel
enseignant.
Les régions et départements sont représentés dans les conseils
d’administration des EPLE, mais également dans les Conseils
Académiques de l’Éducation Nationale - CAEN - et les Conseils
Départementaux de l’Éducation Nationale - CDEN -.
L’État garde la haute main sur l’enseignement en tant que tel,
dans un pays où l’instruction est considérée comme l’un des
ciments de la nation et l’un des garants de l’égalité républicaine.
Les lois de décentralisation de 1982 ont transféré certaines
compétences, pour autant, l’État a conservé la responsabilité
du service public de l’enseignement, c’est-à-dire du «contenu et
de l’organisation de l’action éducative ainsi que la gestion du
personnel et des établissements qui y concourent».
17
llé
e
-la
-V
a
ar
ne
M
à
s
oi
re
rit
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
lycée public
lycée privé
état des lieux de l’offre lycéenne en Ile-de-France
marjorie wiest à partir de l’IAURIF
18
0
llé
e
INVENTAIRE DES LYCÉES FRANCILIENS
ar
ne
-la
-V
a
Répartis sur 3 académies et 8 départements, le territoire lycéen
francilien se caractérise par certaines spécificités. La présence
de Paris, capitale, peut en expliquer une partie.
à
M
En observant la répartition des lycées à l’échelle de l’Ile-deFrance, le premier constat indéniable est celui d’une forte
concentration des lycées, publics comme privés, à Paris.
oi
re
s
La densité des lycées publics en Ile-de-France diminue à mesure
que l’on s’éloigne de Paris.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
Les lycées privés sont, eux, encore davantage présents à Paris et
en 1ère couronne.
Il est également à noter que les lycées privés sont en majorité
implantés à l’ouest de Paris. Les 18ème, 19ème, 20ème, 9ème, 10ème et
11ème arrondissement en sont quasiment dépourvus.
0
10 km
19
1 171 137 habitants totaux
84 330 habitants 15/19 ans (7,2%)
établissements publics
49 lycées
llé
e
population
92
population
93
1 560 870 habitants totaux
88 751 habitants 15/19 ans (5,7%)
population
public : 43 400 élèves (87,7%)
privé : 6 102 élèves (12,3%)
57 lycées
/ INSEE 2009, Région Ile-de-France
public : 44 966 élèves (79,1%)
privé : 11 863 élèves (20,9%)
effectifs lycées publics et privés financés
établissements publics
2 220 114 habitants totaux
115 344 habitants 15/19 ans
(5,2%)
établissements publics
effectifs lycées publics et privés financés
/ INSEE 2009, Région Ile-de-France
90 lycées
oi
re
s
public : 50 296 élèves (87,3%)
privé : 7 307 élèves (12,7%)
effectifs lycées publics et privés financés
public : 64 053 élèves (68,4%)
privé : 29 622 élèves (31,6%)
rit
/ INSEE 2009, Région Ile-de-France
/ INSEE 2009, Région Ile-de-France
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
78
population
1 410 040 habitants totaux
93 868 habitants 15/19 ans (6,7%)
75
établissements publics
54 lycées
effectifs lycées publics et privés financés
public : 47 769 élèves (80,0%)
privé : 11 915 élèves (20,0%)
/ INSEE 2009, Région Ile-de-France
91
établissements publics
47 lycées
effectifs lycées publics et privés financés
77
population
population
1 319 227 habitants totaux
81 391 habitants 15/19 ans (6,2%)
public : 44 499 élèves (87,6%)
privé : 6 313 élèves (12,4%)
établissements publics
/ INSEE 2009, Région Ile-de-France
60 lycées
public : 49 355 élèves (87,5%)
privé : 7 076 élèves (12,5%)
/ INSEE 2009, Région Ile-de-France
les lycées en Ile-de-France en chiffres
marjorie wiest à partir de l’INSEE et Région Ile-de-France
établissements publics
50 lycées
effectifs lycées publics et privés financés
public : 43 526 élèves (85,5%)
1 316 761 habitants totaux
privé : 7 366 élèves (14,5%)
90 719 habitants 15/19 ans (6,9%)
effectifs lycées publics et privés financés
20
94
population
1 212 393 habitants totaux
83 728 habitants 15/19 ans (6,9%)
/ INSEE 2009, Région Ile-de-France
75
population
à
63 lycées
ar
ne
1 519 071 habitants totaux
101 870 habitants 15/19 ans (6,7%)
établissements publics
M
effectifs lycées publics et privés financés
-la
-V
a
95
ar
ne
-la
-V
a
llé
e
En 2009, avec 90 établissements publics pour 2 220 114
habitants, Paris (75) connaît la plus forte concentration de
lycées publics d’Ile-de-France. La capitale totalise une moyenne
de 4,05 établissements publics pour 100 000 habitants. Avec 47
établissements pour 1 212 393 habitants, l’Essonne (91) totalise
une moyenne de 3,9 établissements publics pour 100 000
habitants.
er
rit
oi
re
s
à
M
La population en âge de fréquenter le lycée correspond aux 1519 ans. La plus grande population de cette classe d’âge en Ilede-France se trouve à Paris qui compte 115 344 jeunes habitants.
En deuxième position, on retrouve la Seine-St-Denis (93) avec
101 870 habitants âgés de 15-19 ans. Ils sont 93 868 habitants
de 15-19 ans dans les Yvelines (78). Les autres départements
totalisent 90 000, ou moins, d’habitants de cette classe d’âge.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
Cependant, la représentativité de ces jeunes en variable selon
les départements. Les 15-19 ans représentent seulement 5,2%
de la population totale parisienne tandis qu’ils représentent
6,7% de la population totale de Seine-St-Denis et des Yvelines.
Le département le plus jeune est le Val-d’Oise (95) avec un taux
de 7,2% de la classe d’âge 15-19 ans.
L’écart de l’offre lycéenne en Ile-de-France est d’autant plus
conséquente si l’on comptabilise les établissements privés. Aux
90 établissements publics parisiens précédemment cités il faut
ajouter 69 lycées privés. La fréquentation du secteur privé est
très élevée à Paris puisque 31,6% des élèves étudient dans un
lycée privé. En comparaison, ils sont 14,5% dans le Val-de-Marne
(94). Deux départements de l’ouest parisien - Yvelines (78) et
Hauts-de-Seine (92) - enregistrent des fréquentations proches
de 20%.
21
llé
e
-la
-V
a
ar
ne
brevet de
technicien
baccalauréat
professionnelle
à
baccalauréat
technologique
première
d’adaptation
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
première
2nde
CAP
3ème technologique
4ème générale
4ème technologique
6ème générale
classe primaire
classe maternelle
le lycée dans le parcours scolaire ; de la maternelle aux études supérieures
22
BEP
3ème générale
5ème générale
marjorie wiest à partir de education.gouv.fr
première
professionnelle
er
rit
oi
re
s
baccalauréat
général
M
études supérieures
ar
ne
SECTORISATION ET AFFECTATION PARISIENNE
XVIII
Dans le parcours d’un étudiant, le choix du lycée se fait après
la classe de 3ème. Après la classe de seconde «générale et
technologique», trois types de formations se présentent aux
élèves. Ces différentes formations correspondent aux spécialités
des lycées - généraux, technologiques ou professionnels -. Il
arrive souvent que les trois filières soient réunies dans un même
établissement. Étape charnière du cycle scolaire, le lycée forme
les élèves à l’obtention du baccalauréat.
M
premiers «secteurs» des lycées parisiens
(1993)
XIX
X
VIII
II
XX
III
I
XVI
XI
rit
VII
IV
VI
er
V
XV
oi
re
IX
s
à
XVII
-la
-V
a
llé
e
COMMENT CHOISIR SON LYCÉE EN ILE-DE-FRANCE ?
LE CAS DE L’ACADÉMIE PARISIENNE
XII
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
Depuis la réforme de 2010, l’académie de Paris est divisée
en quatre secteurs : les districts. Ce découpage est issu d’un
premier dessin original de six secteurs, réalisé en 1993. Simplifié,
le dessin actuel permet de réunir au sein de districts des
arrondissements parfois disparates ; c’est particulièrement le
cas du district Est qui regroupe, par exemple, le 19ème et le 1er
arrondissement. La taille des quatre districts est très inégale. Le
district Est - 9 arrondissements - compte par exemple deux fois
plus d’arrondissements que le district Sud - 4 arrondissements -.
XIII
XIV
marjorie wiest à partir de lemonde.fr
«secteurs» actuels des lycées parisiens
(2010)
XVIII
XVII
XIX
NORD
IX
EST
X
VIII
II
XX
III
I
XVI
XI
VII
IV
VI
XV
V
OUEST
XII
XIII
XIV
marjorie wiest à partir de ac-paris.fr
SUD
Depuis la rentrée 2009, les futurs lycéens parisiens sont
obligatoirement affectés par le biais d’un logiciel en ligne :
Affelnet (affectation des élèves sur le net). Cette procédure
informatisée s’est développée sur toute la France ; elle laisse,
cependant, chaque académie fixer ses propres barèmes aux
critères d’affectation. Les coefficients des différents critères
d’affectation sont clairement énoncés par l’académie de Paris
qui a souhaité donner plus de poids, depuis la rentrée 2010, à la
proximité géographique. Ainsi, l’affectation est encouragée, pour
chaque élève de 3ème, dans son secteur de résidence. Les élèves
issus des collèges publics restent prioritaires par rapport à ceux
du privés. La nouveauté de la rentrée 2010 est la suppression de
la bonification attribuée en 2009 pour favoriser le premier voeu,
car elle «encourageait les familles à formuler des voeux sans
rapport avec leur chance de satisfaction» remarque le journaliste
23
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
6
er
rit
Les élèves
non affectés
reformulent des
voeux
chaque élève formule
voeux ;
=
4
critères pour évaluer les voeux :
_ bonus district* : 600 points
_ résultats scolaires : 600 points
1 550 points
_ bourse : 300 points
maximum
_ fratrie** : 50 points
* domicile et lycée dans le même district
** frère ou soeur dans le lycée demandé en 1er voeu
chronologie des affectations
marjorie wiest à partir de ac-paris.fr
24
llé
e
-la
-V
a
résultats du 2nd
tour
ar
ne
les élèves
doivent s’inscrire
obligatoirement
dans le
lycée d’affectation
été
à
résultats du
1er tour :
chaque élève
reçoit son avis
d’affectation
s
les élèves
enregistrent
leurs voeux via
Affelnet
mi juillet
M
début juillet
fin juin
oi
re
fin mai
la ronde des
dérogations
rentrée des
classes
-la
-V
a
affectation
des élèves
emménageants
de l’été
À la rentrée 2011, les élèves de 3ème ont pu formuler jusqu’à six
voeux. Concernant l’accès à la 2nde professionnelle, le système
est différent puisqu’un voeu correspond à la fois à une spécialité
et à un lycée.
ar
ne
septembre
Pour l’affectation en lycée général ou technologique, quatre
critères sont pris en compte : la proximité géographique (vœu
dans le district dont vous dépendez) : 600 points ; les résultats
scolaires : 600 points ; le fait d’être élève boursier : 300 points ;
le fait d’avoir un frère ou une soeur dans le lycée demandé en
premier voeu : 50 points. Les critères, pondérés, amènent à un
score total de 1 550 points. Concernant les résultats scolaires
de chaque élève, l’académie de Paris prend en compte 12 notes
pour 12 matières de contrôle continu. Ces notes sont pondérées
par celles obtenues par le collège au brevet l’année précédente,
afin de corriger d’éventuels déséquilibres de notation entre
établissements. Le logiciel classe, alors, les dossiers selon ces
principaux critères, chacun donnant des points permettant de
progresser sur les listes.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
à
M
fin aout
llé
e
Luc Cédelle1.
Pour l’affectation en 2nde professionnelle, seuls les résultats
scolaires (notes du contrôle continu), l’avis du collège d’origine
et l’avis du lycée d’accueil pour certaines spécialités sont pris en
compte. A noter que pour encourager les élèves les plus motivés,
le 1er voeu est bonifié par l’académie de Paris si les autres voeux
correspondent à la même spécialité.
Les élèves non affectés procèdent à un second tour dès le début
des vacances - début du mois de juillet.
Les parents et élèves mécontents de leurs affectations premières
procèdent à des demandes de dérogation pendant l’été ; jusqu’à
une affectation définitive fin août.
Lors d’une réunion tenue au rectorat le 2 avril 2010, Claude
Michelet, Directeur de l’académie de Paris a rappelé que «personne
ne peut exiger d’être dans un établissement précis et pas ailleurs».
L’affectation de la rentrée 2010 a encore soulevé de nombreux
1 CÉDELLE Luc, Choisir son lycée ? Oui. Mais près de chez soi et «dans la limite des places disponibles», dans le
monde, du 4 avril 2010.
25
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
à
M
ar
ne
-la
-V
a
llé
e
débats. «Choisir son lycée ? Oui. Mais près de chez soi et «dans la
limite des places disponibles»» titrait Luc Cédelle dans un article
du Monde du 4 avril 2010. Les fervents opposants à la carte
scolaire ont, en effet, été très déçus de voir la mise en place de
nouveaux rouages dans l’affectation des lycées. Ce nouveau mode
d’affectation reprend et revisite, les principes de la carte scolaire.
26
llé
e
LA CARTE SCOLAIRE EN QUESTIONS
ar
ne
-la
-V
a
À l’origine, l’expression «carte scolaire» a été créée pour désigner
«le processus d’élaboration de l’offre scolaire par l’administration
de l’Éducation nationale»1. Aujourd’hui, la «carte scolaire»
désigne communément la «sectorisation ; la répartition des
publics dans les établissements selon leur lieu de résidence»2.
oi
re
s
à
M
La carte scolaire est donc un instrument, un outil utilisé pour
appliquer les politiques de l’éducation. Elle permet de réguler
l’offre et la demande à l’échelle des différents territoires français.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
Dès 1984, une vingtaine d’années après sa création, les différents
gouvernements ont peu à peu souhaité l’assouplir. Jusqu’à
la voir totalement disparaître ou remaniée en 2010. La carte
scolaire a même été un enjeux de la campagne présidentielle
du printemps 2007.
Pour comprendre ces évolution récentes, il apparaît important
de revenir sur le rôle de cette carte scolaire. Elle renvoie à deux
fonctions principales et complémentaires : la répartition des
postes et heures d’enseignement d’une part, l’affectation des
élèves dans les établissements d’autre part. C’est ce deuxième
rôle qui attire particulièrement notre attention.
Ainsi, progressivement, les objectifs de la carte scolaire ont
migré vers une recherche de mixité sociale. Derrière le débat de
la carte scolaire se cache celui de la mixité. La carte scolaire est
devenu aux yeux des politiques, familles, élèves... un outils de
mixité. Quels que soient les point de vue, «pour» ou «contre» la
carte scolaire, le débat de fond se rapporte au développement
ou à l’effacement de la mixité sociale à l’école. Pour Laurent Visier
et Geneviève Zaïa, «si la sectorisation n’a pas été élaborée pour
promouvoir la mixité, elle n’est, pas plus aujourd’hui qu’hier, un
outil qui permet d’atteindre cet objectif. Pour la même raison,
faire de la suppression de la carte scolaire l’outil principal de la
mixité paraît aussi peu convainquant3».
1 VAN ZANTEN Agnès et OBIN Jean-Pierre, La carte scolaire, collection Que sais-je ?, édition Puf, 2008, p. 3
2 VISIER Laurent, ZAÏA Geneviève, La carte scolaire et le territoire urbain, collection La ville en débat, édition Puf,
2008, p. 30
3 La carte scolaire et le territoire urbain, p. 34
27
A
B
B
A
B
B
A
A
Selon son dessin, la carte scolaire peut avoir des impacts variés
sur la mixité. Dans une conférence portant sur les mixités, JeanChristophe François4 illustre les répercutions des tracés de la
carte scolaire sur les territoires. Il identifie deux populations A et
B. Deux lycées : Zola et Balzac. Dans le cas du premier tracé, il a
un renforcement de la ségrégation. Dans le cas du second tracé,
il y a création de mixité. Les maillages de la carte scolaire sont
donc au coeur des débats.
llé
e
A
B
B
M
Balzac
-la
-V
a
A
ar
ne
Zola
à
Un autre aspect important de la carte scolaire peut expliquer sa
remise en cause : il s’agit de son respect. L’association facile du
«contournement» et de «carte scolaire» n’est un mystère pour
personne. Dans le journal Libération du 14 septembre 2006,
François Ascher pointait l’obsolescence de la carte scolaire de
1963 et les effets pervers de son contournement.
s
B
B
oi
re
A
A
B
A
B
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
B
rit
A
er
Zola
A
A
B
Balzac
premier tracé ségrégatif
Zola
A
A
A
B
B
A
A
B
A
B
B
second tracé générateur de mixité
«La politique de la carte scolaire et celle du programme unique
sont obsolètes au regard de leurs objectifs initiaux, voire
produisent des effets pervers, et leur défense devient hypocrite
car elles ne sont plus respectées par tous ceux qui peuvent y
échapper».
Ces pratiques de contournement seront illustrées dans une
troisième partie, à partir de l’académie de Paris, emblématique
de ces pratiques.
B
Balzac
4 FRANÇOIS Jean-Christophe, «Feu la carte scolaire : mixité sociale et sens du déplacement», Conférence
Mixité(s), Quelle mixité et pour qui ?, jeudi 22 janvier, ENSAVT, organisé par le CAUE 77
28
-la
-V
a
llé
e
PRATIQUES D’AFFECTATIONS SCOLAIRES PARISIENNES : UN CAS
D’ÉCOLE ?
à
M
ar
ne
Pour les familles et élèves qui ne développent pas de stratégies
particulières et qui recourent à l’enseignement public, la carte
scolaire est un espace continu, un emboîtement des échelles
de plus en plus large au cours du parcours scolaire des enfants.
Ces familles vivent ces territoires comme des espaces prescrits,
subis et sans appropriations possibles en matière scolaire.
er
rit
oi
re
s
Mais pour d’autres familles, l’école - formation ou établissement
- est un choix ! «Elles ne sont pas soumises à une forme
d’assignation des lieux de scolarisation, elles ont intégré le
caractère tout relatif de la contrainte de la carte scolaire»1.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
Les
familles
développent
4
types
de
stratégies
dites
individuelles
ou
personnelles
:
_ l’inscription dans un établissement privé
_ la demande de dérogation pour un établissement public en
dehors du secteur
_ le mensonge sur le lieu de résidence - déclarations d’un lieu
de travail ou de domiciliation fictif avec l’aide d’un tiers, des
adresses de complaisance, des locations virtuelles... _ le changement du lieu de résidence
Les motifs de dérogation reposent principalement sur :
_ la recherche de services annexes (restaurant scolaire, garderie)
_ la recherche d’option, de section ou de langue vivante
particulière
_ la simplification de la vie familiale (proximité de l’école ou de
l’établissement demandé avec le lieu de travail de l’un des
parents, scolarisation de la fratrie dans une seule commune,
proximité de l’école, d’une nourrice ou d’une garderie)
_ un besoin pédagogique spécifique (pratique sportive ou
artistique renforcée...)
1 ROUAULT Rémi, «Les dimensions spatiales de la scolarisation, entre espaces prescrits et parcours choisis», Espace
populations sociétés, 2005, p. 365
29
llé
e
ar
ne
-la
-V
a
lycée public
(dérogation)
lycée privé
s
à
M
évitement individuel
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
lycée public
(mensonge)
primaire
collège
lycée public
de secteur
classe
de
niveau
parcours classique et pratiques de contournement après le collège
marjorie wiest à partir de Choisir son école. Stratégies familiales et médiations locales
30
enseignement
supérieur
évitement collectif
ar
ne
-la
-V
a
llé
e
Pour la sociologue Agnès Van Zanten2, les stratégies se
différencient le plus souvent en fonction des moyens financiers
des familles. Les plus aisés achètent «la qualité de l’offre scolaire»
via le recours à l’enseignement privé ou via les choix résidentiels.
Elle qualifie ces stratégies de pratiques individuelles ou
personnelles.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
à
M
Les familles qui ne peuvent pas assumer de tels coûts ont
plutôt recours à des stratégies collectives. Elles colonisent des
établissements publics de secteur et font pression en faveur du
regroupement de leurs enfants dans des classes de niveau ou
en choisissant des options discriminantes. Ces pratiques sont
qualifiées de collectives puisqu’elles reposent sur une entre
aide des parents qui enrôlent les autres parents, essaient de
regrouper leurs enfants dans de bonnes classes... Ces parents
sont, en général, très actifs dans les associations de parents
d’élèves. Agnès Van Zanten met ainsi en évidence des pratiques
d’évitement au sein même de certains établissements.
La sectorisation, qui devait garantir à l’initiale une forme d’égalité,
est aujourd’hui détournée, provoquant le développement
d’un entre soi plus affirmé. En contournant la carte scolaire, les
familles développent des stratégies d’auto ségrégation.
Lors des contournements des cartes scolaires, Agnès Van
Zanten insiste sur l’ambivalence - voire la schizophrénie - qui
touche les familles devant se positionner entre une «éthique de
conviction» et «une éthique de responsabilité», entre intérêts
personnels et bien commun. Si bien que le choix de l’école peut
même devenir, selon elle, une source de dilemme, entre le «moi
égoïste et le moi solidaire».
À l’échelle de l’Ile-de-France, ces phénomènes sont
particulièrement développés. Paris est fortement attractif
à l’échelle de la région. La très forte représentation de
l’enseignement privé et d’options rares à Paris renforce les
pratiques de contournements à l’échelle de l’académie de Paris
et pour l’ensemble de l’Ile-de-France. L’étude du lycée Henri
Bergson permet d’illustrer ces pratiques d’évitement.
2 VAN ZANTEN Agnès, Choisir son école. Stratégies familiales et médiations locales, édition Puf, collection Le lien social,
2009, 283 p.
31
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
s
oi
re
rit
à
ar
ne
M
lycée Henri Bergson
-la
-V
a
llé
e
llé
e
-la
-V
a
ar
ne
M
rit
oi
re
s
à
2
LE QUOTIDIEN D’UN LYCÉE
PUBLIC PARISIEN : HENRI BERGSON
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
PORTRAIT DU LYCÉE HENRI BERGSON
SON OFFRE
Le lycée public Henri Bergson est localisé au nord de l’académie
parisienne, dans le 19ème arrondissement de Paris.
Sur la plaquette du lycée Henri Bergson, on peut lire la
présentation suivante :
«Situé entre les Buttes Chaumont et le Bassin de la Villette, notre
lycée à la chance de scolariser des élèves venus d’horizons divers.
Accompagnés par une vie scolaire ferme et bienveillante, ils
bénéficient d’un suivi pédagogique attentif en synergie avec le
CIO du 19ème arrondissement. Très ouvert sur le plan culturel,
artistique et international, notre lycée a à coeur, non seulement
la réussite scolaire de ses élèves mais également l’éducation à la
citoyenneté et la prise de conscience face aux grands défis de ce
siècle (EDD).»
33
-la
-V
a
llé
e
Celle-ci est complétée par une seconde présentation présente
dans le projet d’établissement du lycée :
«Résolument tourné vers une pratique pédagogique ouverte et
participative, le lycée Henri Bergson accueille tous les lycéens
désireux de trouver une voie qui accorde leurs souhaits et leurs
capacités - n’est-ce pas le but de toute école républicaine.»
ar
ne
Bâtiment :
ouvert en 1962
extension en 1998
6 étages
5 gymnases
2 cours de récréation
rit
oi
re
s
à
M
Capacité :
644 élèves (558 lycées et 86 élèves de BTS)
inscrits à la rentrée 2011
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
programme :
2nde / 2nde à projet : classe Louvre, classe cinéma,
classe européenne, classe «agenda 21»
1ère/terminale S : classe classique et européenne
1ère/terminale ES : classe classique et
européenne
1ère/terminale L : classe classique et européenne
1ère STG communication
gestion
terminale STG communication et gestion des
ressources humaines
mercatique
compabilité et finances des
entreprises
BTS assurance
management des unités commerciales
Le lycée propose des options particulières diversifiées dès
la 2nde pour attirer de nouveaux élèves ; parcours culturels,
scientifiques...
langue :
langue vivante 1 : anglais, allemand, espagnol
langue vivante 2 : anglais, allemand, espagnol,
italien
langue vivante 3 : italien
latin
grec
34
Le lycée propose également un parcours rare qui s’inscrit
dans le cycle général - de la seconde à la terminale littéraire,
économique & social ou scientifique - : la classe européenne.
Le lycée propose l’étude de quelques langues particulières :
l’italien -LV2 et LV3 -, le latin et le grec.
Ces offres favorisent le développement de ce que Agnès
Van Zanten qualifie de classe à niveau favorisant l’entre soi et
permettant ainsi de retenir ou d’attirer de nouveaux élèves au
lycée.
En parallèle, Henri Bergson propose plusieurs options
technologiques : une spécialité STG en classe de première et
terminale. Les deux classes de BTS ouvertes aux étudiants postbac comptent une centaine d’élèves.
1ère L européenne
sous-total 1ère L
1ère S
1ère S européenne
llé
e
Le nombre important d’élèves de seconde inscrits à cette rentrée
2011 porte à croire que les effectifs du lycée vont augmenter
dans les années à venir. Les 228 élèves vont venir grossir les
classes de première (comptant 161 élèves à la rentrée 2011) et de
terminale (comptant 169 élèves à la rentrée 2011). Cependant,
la fuite des élèves en direction d’autres établissements pourrait
générer la stagnation des effectifs du lycée Henri Bergson dans
les années futures.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
sous-total 1ère S
-la
-V
a
161
1ère L
ar
ne
sous-total 1ère
sous-total 1ère ES
M
sous-total 1ère STG
1 ES européenne
ère
à
228
31
4
35
23
5
28
47
6
53
31
14
45
1 ES
ère
s
sous-total 2nde
209
19
oi
re
2 général et tech européenne
nde
rit
2nde général et tech
Les détails des effectifs mettent en évidence une très forte
représentativité des classes de seconde avec 228 élèves sur
558, les élèves de seconde représentent 41% des effectifs
totaux du lycée. Cette très forte représentation s’explique par la
fermeture des classes de seconde dans le lycée Jacquard situé à
quelques mètres du lycée Henri Bergson. Ces constats font suite
à une décision de l’académie de Paris de fusionner les deux
établissements géographiquement très proches.
er
effectifs
1ère STG communication
1ère STG gestion
terminale ES
terminale ES européenne
sous-total terminale ES
terminale L
terminale L européenne
sous-total terminale L
terminale S
terminale S européenne
sous-total terminale S
terminale STG communication et
ressources humaines
terminale STG comptabilité et
finance d’entreprise
terminale STG mercatique
TOTAL
31
4
35
25
7
32
58
9
67
11
4
sous-total STG
20
35
sous-total terminale
169
558
effectifs rentrée 2011
lycée Henri Bergson, Paris, 19ème
35
llé
e
SON PROJET
M
ar
ne
-la
-V
a
Rendu obligatoire en 1989, le projet d’établissement définit les
modalités de mise en œuvre des orientations, des objectifs et
des programmes nationaux et du projet académique au sein
des lycées. En fixant des choix pédagogiques et une politique
éducative pour l’établissement, il met en exergue les priorités
de chaque lycée.
rit
oi
re
s
à
Élaboré à la fin de l’année scolaire 2009, le projet d’établissement
du lycée Henri Bergson s’étend sur la période 2009-2012
(annexes). L’axe fondamental du lycée est «la mise au travail des
élèves» et «l’accompagnement vers une orientation réussie».
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
Dans une première partie, «l’analyse de la situation» offre
un comparatif du lycée avec la moyenne de l’académie selon
6 critères : la population scolaire, le rayonnement du lycée,
l’efficacité pédagogique, la poursuite des études, l’assiduité
des élèves et le critère E3D (établisssement en Démarche de
Développement Durable), critères peu avantageux pour le
lycée.
Il y révèle une très forte représentation de «CSP défavorisées»
(30,5% contre 15,3% à Paris), avec un important taux «d’élèves
boursiers» (26% contre 15,7% à Paris), un nombre important
«d’élèves accusant un retard dans leur parcours» (1 an de retard :
32,4% contre 24,5% à Paris / 2 ans de retard : 19% contre 5,4%
à Paris) et enfin, une forte proportion «d’élèves de nationalité
étrangère» (12% contre 8,3% à Paris). Les conclusions du projet
d’établissement illustrent ces remarques :
«grande fragilité de la population accueillie, 1 élève sur 5 a 2 ans
de retard en 2nde - 1 sur 4 est boursier».
Le bilan du rayonnement est également peu encourageant. Le
taux d’attractivité - c’est-à-dire le % d’élèves ayant demandé le
lycée en 1er voeu divisé par la capacité d’accueil de l’établissement est de 59%. Le % des élèves «montant» affectés sur leur voeu 1
ou 2 est lui de 78%. En conclusion, le rayonnement du lycée est :
«en progression mais l’établissement reste peu attractif».
36
-la
-V
a
llé
e
L’efficacité pédagogique est en progression, avec une plus value
de 12 et une moins value de 5.
Concernant la poursuite d’études de ses anciens élèves, le lycée
remarque :
M
ar
ne
«une sous représentation des filières courtes et une sur
représentation des filières universitaires les plus sélectives.»
«reste LE problème ! »
rit
oi
re
s
à
Le taux d’absentéisme des élèves est particulièrement élevé :
il s’élève à 8,38% en moyenne. Au mois de janvier, il va jusqu’à
atteindre 12,4%. Si bien que l’assiduité des élèves :
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
Enfin, parmi les critères E3D, on note un «ressenti discriminatoire»
qui s’élève à 43%.
le lycée n’est pas attractif
Pour la période 2009-2012, le projet d’établissement du lycée
Henri Bergson repose sur 4 axes :
_ améliorer l’efficacité pédagogique du lycée
_ améliorer l’assiduité des élèves
_ mieux accompagner les élèves dans la poursuite de leurs d’études
_ établissement E3D
Pour évaluer ces 4 axes, chacun des indicateurs précédemment
présentés est repris. Une fiche bilan est éditée annuellement.
les élèves sont affectés par obligation
les élèves ne sont pas impliqués (absentéisme mauvais résultats)
les élèves échouent davantage après le bac
Le projet d’établissement révèle les difficultés rencontrées par le
lycée Henri Bergson. L’absentéisme et l’attractivité apparaissent
comme de réels enjeux pour les années à venir. Ils se révèlent être
des freins pour les élèves et l’établissement et qui soutiennent
des phénomènes de spirales.
En parallèle, les enjeux E3D apparaissent en décalage avec la
réalité du lycées ; les problèmes rencontrés par l’établissement.
Le taux de mobilisation de 16% illustre le faible engagement
réel d’Henri Bergson.
37
llé
e
M
y/
’italie
s
ar
ne
M
M
M
M
auphine
-la
-V
a
laumière
jaurès
à
anc/
ervais
oi
re
s
M
bolivar
M
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
royal/
des lilas
euf/
e la villette
botzaris
M colonel fabien
M
tta/
e montmartre
-place des antilles/
aint lazare
buttes chaumont
l’accessibilité TC du lycée Henri Bergson
marjorie wiest à partir RATP
u
ea
n
o
tin uen
nti
ny ass nt
an
Pa
–P d Q
big Pic eme
de
ny mon
e
Bo blo ure du Départ
e
g
i
s
ch
b
y
li
PaPréfeHctôtel
Ho
Ég
Bo Ra
Po
ère
mi
u
La
s
urè
Ja
ine
lle
au
go
eG
Hu les d e
s
or
r toil
t
a
rne
c
Ch É
Te
Vi
ph
au
D
rte
n
nti
Pa tte
de la Ville q
rc
rte rc de
Po Pa
Ou
s
e
ell
urc
Co
u
ea
nc
Mo
ers
li
Vil
e
m
Ro
P
e
ed
lac
rad
du
are
ng
ali
St
G
he
c
n
Bla
de
are
st
l’E
G
nt
rge
se
on
sB
e
qu
Jac
Ré
ue
liq
b
pu
Ob
pf
am
erk
lle
a
Pig
oir
bin
en
L
rd-
ha
Ric
Sa
et–
u
ég
Br
lle
sti
Ba
ai
Qu
de
la
e
pé
Ra
z
rlit
ste
’Au
d
re
Ga
el
arc
-M
int
po
m
Ca
Sa
ie
io
tal
rm
d’I
-Fo
ce
Pla
RATP / CML / Agence Cartographique / PLM 10.2003 - 392 - B BO
rt
ua
ho
ec
ch
e
d
Ro
ell
–
p
r
s
s
gra
a
r u
rès
lin
Ch
ve é-Cœ arbè
B
La
Sta
An Sacr
Jau
y
ch
Cli
rd
No
el
lon
Co
ien
b
Fa
le
il
ev
ll
Be
es
nn
uro
Co
t
tan
on
ilm
n
Mé
ise
ha
c
La
re
Pè
ipp
il
Ph
te
us
ug
eA
dre
an
x
Ale
s
ma
Du
n
ro
Av
n
tio
Na
Funiculaire
de Montmartre
CDG
Orly
RATP / CML / Agence Cartographique / PLM 10.2003 - 387 - B BO
Gare du Nord
i
u
Lo
nc
la
sB
Ja
ès
ur
B
va
oli
r
Bu
tte
h
sC
au
mo
nt
Bo
tza
ris
Da
nu
be
te
ce s Fê
Pla de
ais
erv
-G
int
s
-Sa
Pré
La Défense
Ch. de Vincennes
La Courneuve
Ivry • Villejuif
Asnières–Gennevilliers
Saint-Denis • Châtillon
Pte Dauphine
Nation
Louis Blanc
Pré-Saint-Gervais
Saint-Lazare
Bibliothèque
Levallois
Gallieni
Balard
Créteil
Pte des Lilas
Gambetta
Pont de Sèvres
Montreuil
Saint-Denis
Noisy-le-Sec
Boulogne
Gare d’Austerlitz
La Défense
Pte de Versailles
Bobigny
Place d’Italie
Châtelet
Mairie des Lilas
Pont du Garigliano
Pte d’Ivry
Étoile
Nation
Pte de la Chapelle
Mairie d’Issy
Aulnay
Bondy
Pte de Clignancourt
Pte d’Orléans
A
B
C
D
E
RATP / C
plan des lignes de métro 5, 2 et 7 bis
RATP
38
louis blanc/
pré st gervais
48
palais royal/
porte des lilas
75
pont neuf/
porte de la villette
60
gambetta/
porte de montmartre
26
nation-place des antilles/
gare saint lazare
llé
e
-la
-V
a
ar
ne
M
à
M les élèves. Les arrêts «Colonel Fabien» ou «Jaurès» se situent à
moins d’une dizaine de minutes du lycée. La ligne 2 traverse une
large partie du territoire parisien : de Nation au sud-est à Porte
Dauphine à l’ouest.
jaurès
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
7 bis
M
M
Plus éloignée, la ligne de métro 2 est également empruntée par
s
nation/
porte dauphine
oi
re
2
La ligne de métro la plus proche est la ligne 7 bis, avec l’arrêt
«Bolivar» situé à moins de 5 minutes du lycée. La ligne 7 bis est
très peu développée ; elle s’étend du terminus Pré-Saint-Gervais
à l’est au terminus Louis Blanc à l’ouest.
rit
bobigny/
place d’italie
Situé au 27 de la rue Édouard Pailleron, le lycée Henri Bergson
est accessible par plusieurs types de transport collectif du
réseau RATP.
er
5
SON ACCESSIBILITÉ
La ligne 5 est accessible par les arrêts «Jaurès» et «Laumière» qui
se situent tous deux à une dizaine de minutes du lycée Bergson.
La ligne 5 s’étend de Bobigny, au nord, à la place d’Italie, au sud,
dans le 13ème arrondissement. La ligne 5 traverse du nord au sud
le territoire du district Est parisien.
M
bolivar
Les élèves du lycée ont également une offre développée de
bus avec la présence de quatre lignes de bus. Le bus 48 stoppe
à l’arrêt «Armand Carrel - Mairie du 19ème» et à l’arrêt «Rue de
Meaux», à cinq minutes du lycée. Le trajet du bus s’étend de la
Porte des Lilas, à l’est, au Palais Royal à l’ouest.
M colonel fabien
Le bus 60 est également accessible à l’arrêt «Armand Carrel Mairie du 19ème». Il s’étend entre Gambetta, au sud-est, et Porte
de Montmartre, au nord.
Le bus 75 longe le nord des Buttes Chaumont ; il dessert l’arrêt
«Jean Menans - Buttes Chaumont», à moins de cinq minutes du
lycée Henri Bergson. Il va de la Porte de la Villette, au nord, au
Pont Neuf, au coeur de Paris.
Le bus 26 est, lui, accessible à l’arrêt «Marché Secrétan». Il rejoint
la gare St Lazare à l’ouest à Nation-place des Antilles, à l’est.
39
plan des lignes de bus 48, 75, 60 et 26
RATP
40
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
s
oi
re
rit
à
ar
ne
M
-la
-V
a
llé
e
MARGOT,
Paris
18ème
logement
de margot
ar
ne
Margot a 17 ans, elle est élève en classe de terminale S au Lycée
M ourcq
Henri
Bergson.
Stalingrad
Elle habite «Laumière».
M
M laumière
«je viens à pieds»
bolivar
M
«re
collège
de margot
son
collège
chin
ois»
s
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
sto
rit
M
Le parcours scolaire de Margot :
Margot a étudié à l’école primaire Bolivar et au collège public
Édouard Pailleron. Elle a réalisé l’ensemble de sa scolarité dans
un périmètre très réduit. Lycée, collège, primaire sont voisins ou
situés à quelques rues.
oi
re
lycée Henri Bergson
er
jaurès M
à
Laumière
M
stalingrad
me
M porte de pantin
Paris 19ème
-la
-V
a
Chapelle
llé
e
SES ÉLÈVES...
bolivar
école de margot
M buttes
parcours scolaire de Margot
Mle
colonel
chaumont
Buttes Chaumont
Comme une grande
partie de ses camarades, Margot n’a «pas
M botzaris
choisi» de venir étudier à Henri Bergson. Elle n’a été acceptée
Mouzaïa
dans aucun des autres lycées demandés, «à cause d’un problème
avec (son) dossier qui n’a pas été pris en compte».
fabien
marjorie
wiest à partir d’entretien
M
Après le bac, Margot souhaite faire STAPS à Paris.
Clavel
M jourdain
Pyrénée
Le quotidien lycéen de Margot :
Margot
se rend au lycée à pied, «en 5 minutes».
M pyrénée
Le midi, elle déjeune à la cantine et parfois à l’extérieur, «dans les
resto chinois ou à Pizza Hut».
M belleville
Margot ne fréquente pas de bar ou de café à la sortie du lycée.
Belleville
L’avis de Margot :
Margot «aime bien (son) lycée».
Elle reconnaît sa mauvaise réputation auprès des élèves, des
parents, des enseignants... Mais elle est «fausse» selon elle.
41
Paris 19ème
Chapelle
cheminets
M
stalingrad
«je venais du privé»
M
M
lycée Henri Bergson
collège
d’audrey
bolivar
M danube
M
Danube
logement
d’audrey
KÉ
BA
B
logement
d’audrey
Audrey a 17 ans, elle est élève en classe de terminale S au Lycée
Henri Bergson. Elle suit les options «Art Plastique et danse».
Elle habite «Danube».
M botzaris
Mouzaïa
M buttes
chaumont
Buttes Chaumont
M place des
Clavel
fêtes
Place des Fêtes
M jourdain
le parcours scolaire
Pyrénéed’Audrey
M pyrénée
marjorie wiest àM partir d’entretien
oi
re
belleville
Le parcours scolaire d’Audrey :
Audrey a étudié à l’école primaire rue des Cheminets et au
collège privé Saint Georges. Elle et sa famille ont choisi le privé
car son lycée de secteur était «mauvais».
M
fabien
à
M colonel
s
Paris 10ème
école
d’audrey
-la
-V
a
75
M laumière
ar
ne
M ourcq
Stalingrad
jaurès
Pantin
M porte de pantin
Paris
18ème
llé
e
AUDREY,
St Martin
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
Comme une grande partie de ses camarades, Audrey n’a «pas
choisi» de venir étudier à Henri Bergson. Elle n’a été acceptée
dans aucun des autres lycées demandés, «parce qu’(elle) venait
du privé, (son) dossier n’a pas été lu».
Après le bac, Audrey souhaite intégrer une école de journalisme
à Paris.
Le quotidien lycéen d’Audrey :
Margot se rend au lycée en métro, «avec la 7 bis» ou en bus,
«avec le 75».
Le midi, elle déjeune à la cantine ou chez elle.
Audrey ne fréquente pas de bar ou de café à la sortie du lycée.
L’avis d’Audrey :
Audrey «aime quand même (son) lycée».
«La réputation est mauvaise. Pourtant, c’est un lycée ouvert, multi
culturel. Il n’y a pas de délinquance, en vrai. C’est un lycée normal !»
42
Chapelle
M porte de pantin
M ourcq
Stalingrad
SUZIE,
llé
e
Paris
18ème
M laumière
collège de suzie
école de suzie
Manin
M
M danube
Danube
M
«15 minutes à pieds»
Elle habite «Pyrénée, avenue Simon Bolivar».
M botzaris
ar
ne
bolivar
Suzie a 15 ans, elle est élève en classe de seconde au Lycée Henri
Bergson. Elle suit l’option «Art plastique».
Mouzaïa
M buttes
chaumont
fêtes
Pyrénée
M pyrénée
le parcoursM scolaire de Suzie
belleville
marjorie wiest à partir d’entretien
Belleville
Le parcours scolaire de Suzie :
Suzie a étudié à l’école primaire rue Manin et au collège public
Georges Brassens.
à
Place des Fêtes
M jourdain
s
«bus 26»
M place des
Clavel
oi
re
logement
de suzie
M
Buttes Chaumont
Comme une grande partie de ses camarades, Suzie n’a «pas
choisi» de venir étudier à Henri Bergson. Elle n’a pas été acceptée
dans les autres lycées demandés, «j’avais mis Bergson pour
combler mes choix». Elle a été refusée à Maurice Ravel, Hélène
Boucher, Turgot, Sophie Germain et Victor Hugo*. «Pourtant (j’)
avais une moyenne raisonnable, 13,2. Mais je ne suis pas boursière !
Il faut être boursier ou avoir au moins 15 de moyenne pour être pris
à Turgot ! J’ai une copine qui a réussi à y aller, alors qu’elle n’avait
que 10 de moyenne.» Les cinq lycées choisis par Suzie se situent
dans le district Est.
rit
fabien
er
M colonel
-la
-V
a
Laumière
lycée Henri Bergson
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
s 10ème
Paris 19ème
Après le bac, Suzie souhaite faire une école d’art à Paris.
Le quotidien lycéen de Suzie :
Suzie se rend au lycée à pied ou en bus, «avec le 26».
Le midi, elle déjeune à la cantine ou à la boulangerie.
À la sortie des cours, Suzie aime rester devant le lycée, «une demi
heure ou une heure. En été on va aux Buttes Chaumont.»
L’avis de Suzie :
Suzie s’attendait «à pire ! ».
Selon elle, «c’est le collège qui fait la mauvaise réputation du lycée.»
43
Paris 19ème
Chapelle
M porte de pantin
Paris
18ème
M ourcq
MATHIS,
M laumière
Laumière
stalingrad
lycée Henri Bergson
M
M
M
Mathis a 15 ans, il est élève en classe de seconde au Lycée Henri
Bergson. Il suit l’option «Art visuel». Son père travaille dans le
cinéma et sa mère est psychologue. Mathis n’a jamais redoublé.
-la
-V
a
bolivar
M 26
75
M botzaris
75
M buttes
Mouzaïa
collège
de mathis
son collège
Buttes Chaumont
«15 minutes à pieds»
logement
de mathis
Pyrénée
le parcours scolaire de Mathis
marjorie wiest à partir d’entretien
fêtes
M jourdain
Le parcours scolaire de Mathis :
Mathis n’a jamais redoublé. Il a étudié à l’école primaire rue des
Allouettes et au collège public Claude Chappe.
s
M belleville
M pyrénée
Il habite «Clavel dans le 19ème».
M place des
Clavel
M
école de Mathis
26
à
fabien
ar
ne
chaumont
M colonel
St Martin
oi
re
jaurès
Paris 10ème
llé
e
Stalingrad
M
Belleville
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
Mathis n’a «pas choisi» de venir étudier à Henri Bergson ;
«personne ne l’a choisi ! (Mes) six choix ont été refusés. J’ai du passer
au second tour. Dans le district, tout le monde va à Bergson quand il
passe au second tour ! » Mathis a été refusé à Maurice Ravel, Arago,
Turgot, Sophie Germain, Charlemagne et Hélène Boucher. Les six
lycées choisis par Mathis se situent dans le district Est.
Après le bac, Mathis aimerait entrer à la Femis, à Paris.
Le quotidien lycéen de Mathis :
Mathis se rend au lycée à pied, il met 15 minutes, ou en bus,
«avec le 26 c’est plus court».
Le midi, Il déjeune «le plus souvent dehors» car «la cantine est
horrible. Souvent au Mc DO, au grec, au supermarché aussi».
Mathis ne fréquente pas de bar ou de café à la sortie du lycée,
en revanche il reste souvent un peu devant le lycée avant de
rentrer chez lui.
L’avis de Mathis :
Mathis «aime bien (son) lycée». «Les gens sont agréables». Selon lui
la mauvaise réputation vient du collège, où il y a «des cassos et
où les élèves ont des mauvais résultats». Aucun des amis de Mathis
ne l’ont suivi à Henri Bergson. Il a eu l’impression de se retrouver
«un peu tout seul» au début de l’année, mais il s’est rapidement fait
des amis.
44
llé
e
ET ALEXANNE
HOLLANDE
collège d’alexanne
-la
-V
a
Alexanne a 15 ans, elle est élève en classe de seconde au Lycée
Henri Bergson. Elle suit l’option «Arts visuels».
Chapelle
Paris 19ème
M ourcq
Stalingrad
M
Laumière
stalingrad
«ligne n°2»
gare du Nord/Est
Alexanne n’habite pas avec son papa, sa maman est aide
soignante.
M laumière
M
M
à
logement
d’alexanne
lycée Henri Bergson
jaurès
s
Paris
18ème
Elle habite «Stalingrad, rue d’Aubervilliers». Alexanne vient juste
de déménager. Elle habitait précédemment en Hollande.
ar
ne
école d’alexanne
«ligne n°2»
marjorie wiest à partir d’entretien
M colonel
fabien
M buttes
chaumont
Buttes Chaumont
Clavel
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
Paris 10ème
Le parcours scolaire d’Alexanne :
Alexanne n’a jamais redoublé. Elle a étudié dans une école
primaire en France, à Orléans. Puis elle a déménagé en Hollande.
Elle est allée au collège en Hollande.
rit
le parcours scolaire d’Alexanne
oi
re
M
er
bolivar
Alexanne n’a pas choisit d’aller étudier à Henri Bergson. «C’était
(mon) dernier voeu. On (m’)a dit que dès qu’on avait Bergson sur la
liste, on y était tout de suite affecté, quel que soit sa position parmi
les six voeux ! »
Alexanne ne sait pas encore ce qu’elle fera après le lycée.
Le quotidien lycéen d’Alexanne :
Alexanne se rend au lycée à pied ou en métro, avec la ligne 2.
Elle met une quinzaine de minutes pour venir au lycée
Le midi, elle déjeune à la cantine et parfois à l’extérieur, «au Mc
Do de Jaurès».
Après les cours, Alexanne «traîne là».
L’avis d’Alexanne :
Alexanne n’aime pas son lycée, «ce n’est pas celui que (j’)ai choisi.
(J’)aurai préféré aller dans un autre lycée».
Elle reconnaît la mauvaise réputation du lycée mais «ne sait pas
pourquoi».
45
llé
e
à
M
ar
ne
-la
-V
a
académie de Paris
XVIII
IX
disctrict Est
VIII
III
I
VII
er
XVI
EST
X
rit
II
XIX
s
NORD
oi
re
XVII
XI
XX
IV
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
VI
XV
V
OUEST
XII
XIII
SUD
XIV
XIX
19ème arrondissement
EST
X
II
III
I
XI
XII
secteur
collège
I
XX
IV
XIX
X
II
III
XX
XI
IV
XII
de l’académie au secteur collège
district Est et ses arrondissements
marjorie wiest à partir de ac-paris.fr
marjorie wiest à partir de ac-paris.fr
46
-la
-V
a
llé
e
QUELS QUARTIERS POUR QUEL ÉTABLISSEMENT ?
ar
ne
La sectorisation scolaire s’inscrit dans un emboîtement
d’échelles, depuis l’échelle la plus large, celle de l’académie de
Paris jusqu’à la plus petite correspondant au secteur du collège
Henri Bergson, de la cité scolaire du même nom.
oi
re
s
à
M
En complément de ces limites propres à l’éducation, il apparaît
également important de marquer les limites administratives
des neuf arrondissements du district Est.
er
rit
Le lycée enquêté se trouve au nord-est de l’académie de Paris,
au nord du district Est, au sud du 19ème arrondissement et enfin
à l’ouest du secteur du collège Henri Bergson.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
Tours à tours, les différentes aspects du lycée Henri Bergson et
de ses acteurs principaux - les élèves - de passer de la grande
à la petite échelle. L’étude de parcours scolaires et d’itinéraires
quotidiens de cinq élèves du Lycée Bergson permet d’illustrent
ces emboîtements d’échelles dans la définition des parcours
scolaires et des itinéraires du quotidien.
47
cré
tan
rit
St Martin
de
nta
ge
ma
Belleville
pf
Gambetta
Paris
11ème
la
de
rue
e Lyo
n
marjorie wiest
48
Père Lachaise
Paris
20ème
e
uett
roq
Charonne
rue d
gare de Lyon
les quartiers du district Est parisien
l
’alig
re
rue d
Paris
4ème
Be
n
’avro
Nation
rue
d
rue m
eaub
ourg
rue
b
Paris
3ème
e
rue d
es
Marais
ru
ros e de
ier s
s
e
Pyrénéesleville
éné
Pyr
rivo
li
ret
ag
n
Place des Fêtes
Clavel
de
de
p le
tem
am
berk
ru e O
b
de
Horloge
du
République
ur
ue
Paris 1er
d
urg
ub o
u fa
r
Les Halles
r ue
aum
Mouzaïa
rue
ontor gueil
rue
rue ré
Danube
Buttes Chaumont
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
ard
leb
Paris
2ème
-la
-V
a
llé
e
Se
er
enis
du f
au bourg s
td
à
ue
Paris
10ème
u
bo
rue
av
en
s
ru
ed
gare du Nord/Est
e
nu
ave
oi
re
uf
au
bo
ur
gs
Stalingrad
Pré St Gervais
s
aurè
J
Jean
M
tm
ar
tin
Chapelle
ar
ne
Paris
19ème
cours de v
incennes
rue
du
ren
de
z-v
ou
s
Paris
12ème
-la
-V
a
llé
e
LA GRANDE ÉCHELLE...
...DES QUARTIERS DANS LE DISTRICT EST
s
à
M
ar
ne
Le district Est parisien regroupe neuf arrondissements : 1er, 2ème,
3ème, 4ème, 10ème, 11ème, 12ème, 19ème et 20ème. Il regroupe, ainsi,
des arrondissements sociologiquement très différents, depuis
les arrondissements centraux à «un chiffre», peu peuplés, aux
arrondissements plus populaires et plus peuplés du nord et de
l’est parisien.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
Le district comprend logiquement divers quartiers, très variés.
Le quartier place des Fêtes, à l’est est un quartier de grands
ensembles. Un peu plus au sud, le secteur Mouzaïa est reconnu
comme quartier bobo. Les Buttes Chaumont, longées de
bâtiments haussmanniens, sont plus huppées. Le prix du foncier
y est beaucoup plus élevé. Plus au sud, les quartiers de l’Horloge
ou des Halles sont encore sociologiquement différents...
49
cré
tan
de
nta
ge
ma
rue
ontor gueil
bou
rg
rue
beau
rue m
n
lycée public professionnel
lycée public polyvalent (professionnel, général et technologique)
lycée privé
les lycées du district est parisien
marjorie wiest à partir de onisep.fr et equipeseducatives.fr
50
f
a mp
Gambetta
Paris
11ème
la
de
rue
Père Lachaise
Paris
20ème
e
uett
roq
Charonne
n
’avro
rue d
’alig
re
e Lyo
lycée public général ou technologique
Belleville
Nation
rue
d
rue d
Paris
4ème
l
es
Marais
ru
ros e de
ier s
s
Paris
3ème
Be
éné
Pyr
rivo
li
e
e
rue d
de
ret
ag
n
Place des Fêtes
Clavel
Pyrénéesleville
rue
de
p le
tem
berk
ru e O
b
de
Horloge
du
République
ur
r
Les Halles
r ue
aum
d
urg
ub o
u fa
ue
Paris 1er
rue r
é
Mouzaïa
rit
St Martin
lycée Henri Bergson
Danube
Buttes Chaumont
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
ard
leb
Paris
2ème
-la
-V
a
llé
e
Se
er
enis
du f
au bourg s
td
à
ue
s
av
en
Paris
10ème
u
bo
rue
ave
oi
re
gare du Nord/Est
an J
Je
nue
tm
ar
ru
ed
uf
au
bo
ur
gs
Stalingrad
Pré St Gervais
s
aurè
M
tin
Chapelle
ar
ne
Paris
19ème
gare de Lyon
cours de v
incennes
rue
du
ren
de
z-v
ou
s
Paris
12ème
llé
e
...DE LA CONCURRENCE AU SEIN DU DISTRICT EST
M
ar
ne
-la
-V
a
Ces neuf arrondissements totalisent une population de 879 792
habitants. Avec 36 établissements publics et 17 établissements
privés, le district Est compte 4,09 établissements publics pour
100 000 habitants et 6,02 établissements totaux pour 100 000
habitants. Pour rappel, à l’échelle de Paris, la moyenne s’élève à
4,05 établissements publics pour 100 000 habitants.
oi
re
s
à
L’importance de l’offre lycéenne privée est une donnée clef du
district Est, à l’image de l’offre globale dans l’académie de Paris.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
Parmi les 36 lycées publics, il y a 16 lycées généraux et
technologiques, 13 lycées professionnels et 7 lycées polyvalents
(proposant des formations générales, technologiques et
professionnelles).
La répartition des lycées généraux et technologiques n’est
pas uniforme sur le territoire du district Est. Trois pôles sont
identifiables : 19ème Buttes-Chaumont, 12ème cours de Vincennes
et 3ème square du Temple. Les lycées publics professionnels et
polyvalents sont répartis de manière beaucoup plus homogène
sur le territoire du district.
Les lycées privés complètent le plus souvent l’offre publique
avec des localisations différentes. Parmi les 17 lycées privés du
district, 4 sont des lycées de confession juive et deux sont situés
dans le 19ème arrondissement.
.
51
m
Lau
llé
e
rue
ière
-la
-V
a
ux
ea
eM
ed
rue Armand Carrel
à
Se
s
cré
oi
re
tan
l’importante offre de commerces de nourriture à emporter
marjorie wiest à partir d’observations
av
en
ue
Se
cré
tan
les enseignes de nourriture à emporter
marjorie wiest à partir d’observations
52
ère
M
rue Armand Carrel
mi
ed
ru
autres commerces
Lau
ux
ea
eM
commerces de nourriture à emporter
rue
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
av
en
ue
M
ar
ne
ru
-la
-V
a
llé
e
LA PETITE ÉCHELLE...
...DU QUOTIDIEN À L’HEURE DU DÉJEUNER
er
rit
oi
re
s
à
M
ar
ne
Environ 1/3 des élèves restent déjeuner à la cantine le midi,
quelques uns rentrent déjeuner chez eux. Le reste des élèves
alimente les commerces des rues alentours. Le lycée Henri
Bergson est, en effet, situé à proximité de rues commerçantes.
Ces rues ont la particularité d’accueillir de nombreux commerces
de nourriture à emporter, de fast food. Les lycéens d’Henri
Bergson et les autres étudiants aux alentours participent, ainsi,
au développement de cette économie. Mme Niksarlian a , à ce
titre, remarqué l’ouverture régulière «de nouvelles boutiques, rue
de Meaux, avenue Secrétan ou rue Bouret». Plusieurs rues sont
remarquables avec chacune leurs spécificités.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
L’avenue Secrétan, est particulièrement dense en commerces et
notamment commerces de fast food. Elle s’étend de l’arrêt de métro
Jaurès jusqu’aux Buttes Chaumont. Les enseignes franchisées s’y
sont implantées : Mac Donald, Monoprix ou Pizza Hut. Le «Mac
Do» et le Pizza Hut sont particulièrement appréciés par les élèves.
Mais ce sont surtout les fast food indépendants qui font l’offre. Au
sud de la rue de Secrétan, entre la rue Édouard Pailleron et la rue
de Meaux, la majorité des commerces sont des fast food tenus
et destinés à la communauté juive, comme en témoignent les
inscriptions «Beth Din de Paris». Cette offre est en relation avec
les phénomènes de concentration volontaire de la communauté
juive dans le 19ème arrondissement de Paris, qui compte le plus
grand nombre de synagogues, de commerces cachers et d’écoles
juives. La présence du groupe scolaire Lucien de Hirsch, rue de
Secrétan peut expliquer la présence de ces commerces. Beaucoup
de traiteurs chinois alimentent également l’offre.
L’offre commerciale de la rue de Meaux est nettement moins
importante, mais les élèves aiment aller au fast food «À la
one again». Enfin, rue Bouret, quelques commerces se sont
également développés.
les enseignes de fast food
photographie marjorie wiest
Un peu plus loin, les élèves peuvent également fréquenter ceux
de la rue Laumière et de la fin de la rue Armand Carrel. On y
retrouve également des commerces alimentaires juifs certifiés
«Beth Din de Paris», ainsi que des boulangeries et des traiteurs
chinois.
53
llé
e
CITÉ DES
SCIENCES
-la
-V
a
Paris
19ème
ar
ne
ZÉNITH
PISCINE
ROUVET
M
à
104
PARC DE LA
VILLETTE
s
PISCINE
MATHIS
er
rit
oi
re
HALLES DE
LA
VILLETTE
cq
ur
Ec
ru
D ol
ed
uf
oc e
au
bo
d
um 'a
ur
gs
tm
r
ar
en ch
tin
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
é
caf e l’o
l d café
a
é n
caf ca
é
caf
MK2
MK2
ç
mer
om
ue c
r
co
m
me
PISCINE G.
HERMANT
rça
nte
:
av
en
ue
Se
cré
tan
CENTRE
PAILLERON
BUTTES CHAUMONT
caf
é
bar
caf
é
caf
é
caf
é
bar cana bar
l st
bar martbar
in
bar
rue
e
nu
: ave
e
t
n
a
s
urè
Ja
Jean
rue
les offres de divertissements dans les 19ème
marjorie wiest à partir d’observations
54
c
ça n t
mer
m
o
de Belleville
rue
:
e
llé
e
-la
-V
a
...DU QUOTIDIEN À L’HEURE DE LA SORTIE DES CLASSES
«La rue c’est la seule école» disait André Breton.
M
ar
ne
Les élèves du lycée Henri Bergson bénéficient d’une offre
culturelle et sportive très riche présente dans le 19ème, à l’image
de celle de la ville de Paris.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
à
Face au lycée, le centre sportif Édouard Pailleron propose
diverses activités : piscine, patinoire et centre de remise
en forme. La présence du parc des Buttes Chaumont est
également un avantage pour les élèves du lycée Henri Bergson.
Les élèves le fréquentent particulièrement aux beaux jours.
Un peu plus loin du lycée, mais toujours accessible à pied, les
cinémas MK2 Quai de Loire et Quai de Seine, qui se font face, et
orientés sur le Bassin de la Villette, offrent une programmation
cinématographique variée. Les films y sont proposés en version
originale sous-titrés en français.
D’autres espaces culturels sont accessibles aux élèves,
notamment par les métros de la ligne 5 et 2. L’ensemble de la
Villette présente une offre très large : Zénith, Cité des Sciences
et de l’Industrie, parc... Il en est de même pour le 104, lieu de
création et de production artistique, ouvert récemment.
Trois piscines publiques de la ville de Paris sont également
accessibles facilement depuis le lycée Henri Bergson : la piscine
Georges Hermant, la piscine Rouvet et la piscine Mathis.
De nombreux bars et cafés, le long du canal St Martin et du
canal de l’Ourcq sont également attractifs pour les lycéens.
Enfin, les jeunes souhaitant faire du shopping peuvent se rendre
sur les trois grandes artères commerçantes situées à proximité
du lycée : la rue de Belleville, l’avenue Jean Jaurès et l’avenue
Secrétan.
les enseignes des activités culturelles et sportives
photographie marjorie wiest
L’ensemble de ces lieux culturels et sportifs ont une place
importante pour les lycéens. Alors que les élèves fréquentent
en moyenne l’école 200 jours/365 totaux, les temps libres de
loisirs représentent une part importante dans leur quotidien e
leur éducation.
55
à
M
ar
ne
-la
-V
a
llé
e
Paris 19ème
s
Chapelle
oi
re
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
Paris
18ème
Stalingrad
jaurès
M porte de pantin
M ourcq
75
M laumière
Laumière
48
M
M
Manin
collège de suzie
école de suzie
lycée Henri Bergson
collège d’audrey
bolivar
M
M danube
Danube
collège de margot
bolivar
M botzaris
école de margot
M buttes
Mouzaïa
60
collège de mathis
chaumont
ème
M colonel
fabien
26
Buttes Chaumont
école de Mathis
M place des
Clavel
fêtes
Place des
M jourdain
56
Pyrénée
M
M pyrénée
-la
-V
a
llé
e
DE LA PETITE À LA GRANDE ÉCHELLE...
DES PARCOURS SCOLAIRES
collège d’alexanne
M
école d’alexanne
ar
ne
HOLLANDE
s
oi
re
er
rit
cheminets
à
Pantin
M porte de pantin
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
école d’audrey
75
Pré St Gervais
école de suzie
botzaris
dain
M danube
Danube
Mouzaïa
60
M place des
fêtes
Place des Fêtes
57
ar
ne
logement
de margot
Stalingrad
M
logement
d’alexanne
M
oi
re
M
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
jaurès
rit
48
«ligne n°2»
s
à
M
stalingrad
bolivar
Paris 10ème
58
St Martin
M colonel
fabien
M laumière
Laumière
lycée Henri Bergson
er
Paris
18ème
-la
-V
a
llé
e
Chapelle
M
26
«15 minutes à pieds»
M buttes
chaumont
26
Buttes Chaumont
«15 minutes à pieds»
logement
de suzie
Pyrénée
M belleville
M porte de pantin
llé
e
DES ITINÉRAIRES QUOTIDIENS
er
rit
ri Bergson
M danube
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
s à pieds»
M
oi
re
s
à
umière
ar
ne
75
laumière
ont
-la
-V
a
M ourcq
Danube
logement
d’audrey
M botzaris
Mouzaïa
60
M buttes
chaumont
M place des
Clavel
logement
de mathis
gement
e suzie
Pyrénée
fêtes
Place des Fêtes
M jourdain
M pyrénée
59
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
s
oi
re
rit
à
ar
ne
M
-la
-V
a
llé
e
llé
e
-la
-V
a
ar
ne
M
oi
re
s
à
3 DU LYCÉE STIGMATISÉ AU LYCÉE ÉVITÉ ?
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
SORTIES DE CLASSES : FAÇADES SUR L’ESPACE PUBLIC
JOURNÉES ORDINAIRES À LA SORTIE DU LYCÉE
«Les enfants qui chahutent sur la rue donnent une mauvaise image des
établissements», remarque M. Saussoz, professeur de technologie au
collège Édouard Pailleron. La première image des établissements se fait
en effet dans la rue, à l’heure de la sortie des classes ; les interactions avec
l’espace public interfèrent directement sur la réputation. Les premiers
observateurs semblent être, selon Mme Voyer, Directrice de l’école
maternelle Jean Menans, les parents d’élèves de son école.
Les cartographies suivantes retracent les grandes temporalités d’une
journée type dans rue Édouard Pailleron ; elles permettent de mieux
comprendre les rythmes et temporalités de la rue, en relation directe
avec les établissements scolaires.
les établissements scolaires de la rue Édouard
Pailleron
lycée Jacquart
collège/lycée
Henri Bergson
collège Édouard
Pailleron
maternelle rue
Jean Menans
marjorie wiest à partir d’observations
61
llé
e
11h30
rit
11H30
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
11H00
oi
re
s
à
M
ar
ne
-la
-V
a
11h15
La sortie du midi est échelonnée en 2 fois au collège et au lycée Henri Bergson : 11h30 et 12h30. Celle du collège
Édouard Pailleron est décalée, permettant une meilleure temporalité de la rue. La sortie de l’école maternelle se fait à
11h30. Cela correspond à la plus petite sortie du lycée.
17h00
17H00
17h15
17H15
La sortie du soir est beaucoup plus échelonnée de 16h30 à 18h00. Dès 16h30, les jeunes élèves de l’école maternelle terminent
l’école ; ce sont les premiers. Puis c’est au tours des lycéens et collégiens (17h00 et 17H15). Enfin, à 18h00, les derniers élèves du
lycées terminent les cours. Ces sont les élèves du lycées Henri Bergson qui le plus longtemps devant ou aux abords du lycée.
62
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
18h00
18H00
s
oi
re
12H00
rit
à
ar
ne
M
-la
-V
a
12h00
llé
e
12h30
12H30
18h30
18H30
63
-la
-V
a
llé
e
Les temporalités mettent en évidence la gestion des masses,
puisque les effectifs totaux des trois établissements de la rue
Édouard Pailleron totalisent plus de 1 500 élèves.
s
à
M
ar
ne
La rue Édouard Pailleron est temporalisée aux rythmes des
sorties de classes des trois établissements. Le midi, les horaires
de sorties du collège, du lycée et de l’école maternelle sont
décalées. Les élèves du lycée terminent à 11h30 ou 12h30. Sans
doute, on l’imagine pour limiter la perturbation de l’espace
public. Les sorties du collèges sont les plus turbulentes. Les
élèves jouent sur la route, crient, courent...
er
rit
oi
re
Le soir, les élèves du lycées terminent à 16h00, 17h00 ou 18h00
si bien que les sorties sont plus échelonnées.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
Le midi comme le soir, malgré le froid, une partie des élèves du
lycée reste à proximité de l’établissement pour discuter, assis
ou debout. Ils s’installent devant le lycée ; dans un espace étroit
situé entre la route/la voie cycle et le portail du lycée.
Ils s’installent également dans les recoins offerts par le bâtiment
de la piscine Édouard Pailleron, située en face du lycée. Le bâti
dessine, en effet, de nombreux espaces appropriables par les
élèves.
Les autres élèves rejoignent rapidement leurs domiciles ; ils se
dispersent rapidement sur l’espace public.
sortie du lycée
photographies marjorie wiest
64
ÉVÉNEMENTS À LA SORTIE DU LYCÉE ?
llé
e
le groupe s’arrête et attire l’attention
ar
ne
-la
-V
a
Observations à la sortie du collège Édouard Pailleron, 35 rue
Édouard Pailleron
Vendredi 25 novembre 2011, 12h15
à
M
Peu de collégiens restent devant l’établissement à la sortie des
cours. Une majorité rentre déjeuner à la maison ou se rende dans
un fast food.
er
rit
oi
re
s
Je décide de suivre un petit groupe qui emprunte la rue Édouard
Pailleron vers l’est, en direction des Buttes Chaumont. Ils suivent
ensuite la rue Cavendish pour rejoindre la rue Armand Carrel. Ils
sont relativement nombreux, presque une vingtaine.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
Bruyants, ils investissent l’espace public et attirent l’attention. Que
ce soit la route, les trottoirs ou les interstices entre les véhicules,
l’espace public est sans limites et devient leur cours de récréation.
un homme sort du Chaumontois (bar) pour observer la scène
À l’angle des rues Armand Carrel et Cavendish, le groupe s’arrête.
Les élèves attirent l’attention des passants et des automobilistes.
Ils se chamaillent, se battent. Un homme sort même du bar situé
en face de la scène (le Chaumontois) pour observer les élèves de
plus près.
Ils restent ainsi quelques minutes puis reprennent leur progression
en direction de Jaurès. Le groupe s’amenuise . Progressivement
chacun rejoint son domicile.
Les sorties des classes sont bruyantes. Les élèves monopolisent
l’espace public de la rue Édouard Pailleron et des rues
adjacentes. En se déplaçant en groupes, les élèves attirent
particulièrement l’attention sur eux. Les sorties de classe
participe à la stigmatisation des établissements.
sortie du lycée
photographies marjorie wiest
65
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
recherche «meilleurs lycées d’ile-de-france» sur google.fr
copie d’écran google.fr
66
s
oi
re
rit
à
ar
ne
M
-la
-V
a
llé
e
-la
-V
a
llé
e
UN LYCÉE STIGMATISÉ ; POURQUOI ? ET PAR QUI ?
UN PARIS PALMARÈS
M
ar
ne
«Le débat de la carte scolaire renvoie à la façon dont les parents
évaluent un établissement, son ambiance, son fonctionnement,
ses résultats, en fonction du public qui le fréquente.»
oi
re
s
à
rappelle Marco Oberti en introduction de son ouvrage L’école
dans la ville1.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
L’école évalue ses élèves, les note et les classe tout au long de
leurs parcours scolaires ; depuis la maternelle jusqu’au lycée.
Ces classements individuels mènent indéniablement à des
classements des établissements. Cette notation des structures
scolaires a pris une place grandissante ces derniers décennies.
Au milieu des années 1980, les résultats des lycées au baccalauréat
sont deviennent publics. Les premiers classements et palmarès
voient alors le jour. La DEP - Direction de l’Évaluation et de la
Prospective - est créée en 1987 ; ses compétences vont de la
production statistique, aux travaux d’évaluation du système
scolaire. La DEP met en place des indicateurs de réussite et de
performance des lycées. Jusqu’au début des années 1990, la
diffusion des palmarès reste très restreinte.
En décembre 1993, une fuite de la DEP déclenche la publication,
par le journal L’Express, de l’article intitulé «Le classement
secret du ministère». Le Ministre de l’Éducation Nationale
de l’époque - François Bayrou - accélère alors le processus de
diffusion officielle des résultats ; la première édition officielle du
classement des lycée français est publiée en 1994.
Mais rapidement, «le taux de réussite au bac ne suffit pas
pour juger de la qualité d’un établissement. Il faut aussi savoir
comment sont obtenus les résultats2.»
1 OBERTI Marco, L’école dans la ville - ségrégation - mixité - carte scolaire -, collection Sociétés en mouvement, édition
Sciences Po les presses, 2007, p. 15
2 Dossier de l’Express : La vérité sur les bons et les mauvais élèves, 26 mars 1998
67
68
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
s
oi
re
rit
à
ar
ne
M
-la
-V
a
llé
e
-la
-V
a
llé
e
En 1998, quatre journaux répondent à l’achat officiel des
résultats des lycées français : Le Monde, L’Express, Le Nouvel
Observateur et Le Figaro. Les journaux publient, ainsi, dès le
mois de mars, de véritables guides à l’usage des élèves de 3ème :
ar
ne
«La vérité sur les bons et les mauvais lycées»
L’Express, 26 mars 1998
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
à
M
«Les vrais bons lycées, le banc d’essai 1998 des 2 334 lycées de
France»
Le Nouvel Observateur, 26 mars 1998
«Ce sont les meilleurs lycées»
Le Figaro, 26 mars 1998
«Choisir son lycée»
Le Monde, 27 mars 1998
Depuis la diffusion des résultats s’est encore démocratisée. Elle
s’est fortement développée, notamment via Internet avec la
création de sites spécialisés.
De nombreux articles en ligne évoquant les lycées manient
avec brio le champ lexical de la réussite. Sur le site Internet de
l’étudiant.fr on peut, ainsi, trouver :
«quels sont les lycées «d’excellence» qui forment l’élite ?»
«les lycées de prestige».
Sur le site phosphore.com, destiné aux étudiants, on y trouve :
«la cote des lycées»
«le meilleur palmarès»
À Paris, du fait du nombre élevé d’établissements et de la
présence d’établissements historiques, comme Henri IV, SaintLouis, Charlemagne et Condorcet, l’effet palmarès y est décuplé.
La concurrence entre les lycées est importante.
extrait de palmarès consultables sur Internet
copie d’écran letudiant.fr, aujourd’hui.fr, france-examen.com,
leparisien.fr, l’espress.fr, phosphore.com
Interrogeons les performances d’Henri Bergson et de ses
concurrents directs du district Est - les lycées Hélène Boucher,
69
publication des résultats
des lycées : Henri Bergson et
Hélène Boucher
copie d’écran l’express.fr
70
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
s
oi
re
rit
à
ar
ne
M
-la
-V
a
llé
e
-la
-V
a
llé
e
Maurice Ravel et Turgot, également généraux et technologiques
- via le site portail de L’Express.
Ce dernier diffuse les classements nationaux et départementaux
selon les critères suivants :
rit
oi
re
s
à
M
ar
ne
«Le classement France a été établi en additionnant les rangs
obtenus par les 1 865 lycées dans les indicateurs suivants : taux de
réussite au bac (coefficient 2), capacité à faire progresser les élèves
(coefficient 1), lycée sélectif ou accompagnateur (coefficient 1). La
moitié de la note finale est due à la performance (taux de réussite
au bac), l’autre moitié à la capacité du lycée à accompagner et
faire progresser tous ses élèves. Le classement départemental
fonctionne de la même manière.»
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
Il diffuse également les taux de réussite du bac par série ;
comprenant : les taux brut, les taux attendu (base académie et
base France), les présents et la valeur ajoutée. L’ensemble des
résultats sont présentés pour les années 2000 à 2010.
«Le taux de réussite au baccalauréat, c’est l’indicateur le plus
traditionnel, le plus connu et le plus facile à établir. Il rapporte
le nombre d’élèves du lycée reçus au baccalauréat au nombre
d’élèves qui se sont présentés.
Bien que cet indicateur soit insuffisant pour rendre compte de
l’efficacité d’ensemble d’un lycée, il ne saurait être négligé et a
l’avantage de pouvoir être établi aisément, pour le public comme
le privé, pour chaque série du baccalauréat.»
La comparaison des quatre lycées Henri Bergson, Hélène
Boucher, Maurice Ravel et Turgot permet de mettre en évidence
les rouages des palmarès et notamment celui de l’Express.
En 2010, l’Express classe Henri Bergson 1 110/1 930, au niveau
national et 63/80, au niveau départemental. Selon les mêmes
classements, Hélène Boucher est 561ème au rang national et
47ème au rang départemental, Maurice Ravel est 1 000ème et 60ème
et Turgot est 1 222ème et 66ème.
La même année, Henri Bergson enregistre un taux brut de
réussite au bac dans l’ensemble de ses filières de 76 tandis que
71
publication des résultats des
lycées : Maurice Ravel et Turgot
copie d’écran l’express.fr
72
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
s
oi
re
rit
à
ar
ne
M
-la
-V
a
llé
e
-la
-V
a
llé
e
Hélène Boucher enregistre un taux brut de 95, Maurice Ravel, un
taux brut de 91 et Turgot un taux brut de 79.
M
ar
ne
Globalement, les taux bruts de réussite au bac toutes filières
confondues enregistrés par Henri Bergson depuis 2008 sont en
nette progression (de 59 en 2002 à 79 en 2008, puis 81 en 2009).
En revanche, avant cette période, les résultats étaient beaucoup
plus faibles ; en 2005, par exemple, ils ne dépassaient pas 50.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
à
En comparaison, les taux bruts enregistrés par Hélène Boucher
sont supérieurs à 90 depuis 2000, sauf en 2002 où ils étaient à
de 84. Ceux de Maurice Ravel sont relativement réguliers depuis
2000. Ils ont chuté à 84 en 2001 et s’élevaient à 94 en 2007. Enfin,
les résultats de Turgot sont de 79 en 2010. Entre 2000 et 2009, le
lycée Turgot a connu de très fortes irrégularités. Les années 2001
et 2005 présentaient les plus mauvais résultats : respectivement
55 et 49. Tandis qu’en 2002 et en 2009, les résultats étaient bien
meilleurs : respectivement 71 et 80.
Ainsi, selon le classement national et départemental, le lycée
Turgot apparaît bien comme le mauvais élève parmi les quatre
établissements ; avec trois places de différence au classement
départemental et 112 au classement national. Mais en
comparant les taux de réussite bruts au bac, c’est bien Henri
Bergson qui apparaît comme étant le mauvais élève : 79 à Turgot
contre 76 à Bergson. En regardant les résultats par filière, on se
rend compte que les différences sont très faibles dans les filières
scientifiques :
_ filière L : 85 à Turgot pour 86 à Bergson
_ filière ES : 76 à Turgot pour 77 à Bergson
_ filière S : 62 à Turgot pour 63 à Bergson
_ filière STG : 91 à Turgot pour 85 à Bergson
La plus grande différence se situe donc pour la filière
technologique STG où Turgot enregistre des meilleurs résultats.
Il semble étonnant de constater que la réputation du lycée
Turgot est pourtant meilleure que celle d’Henri Bergson. Le
lycée Turgot figure parmi les voeux non exaucés des jeunes
élèves du lycée Henri Bergson dont nous avons pu étudier les
parcours précédemment.
La comparaison des lycée Maurice Ravel et Henri Bergson
apparaît également intéressante. Le classement proposé
73
-la
-V
a
llé
e
par le magazine l’Express ne semble pas, non plus, faire une
grande distinction entre ces deux lycées ; 3 places d’écart au
classement départemental et 110 places d’écart au classement
national. Pourtant, le lycée Maurice Ravel totalise des résultats
comparables au lycée Hélène Boucher, beaucoup mieux classé.
à
M
ar
ne
Cette comparaison illustre, ainsi, la présence de critères qui
interragissent au delà des seuls résultats au baccalauréat. Elle
illustre également la complexité des réputations réelles des
différents établissements scolaires.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
Il n’existe pas non plus de relations directes entre l’attractivité
des établissements et les résultats publics. C’est ce que
démontre Georges Felouzis dans une étude réalisée sur les
marchés scolaires. Il constate un «lien étroit et complexe»3 entre
deux visions des établissements scolaires : la vision subjective (la
réputation) et une mesure objective (l’évaluation). Selon lui, les
indicateurs de la DEP «entretiennent (même) le cercle vicieux
des réputations».
3 FELOUZIS Georges, «Performances et «valeur ajoutée» des lycées : le marché scolaire fait des différences», Revue
française de sociologie, volume 46, n°1, 2005, p. 25
74
llé
e
LA MAUVAISE PRESSE DE LA RUE ÉDOUARD PAILLERON
M
ar
ne
-la
-V
a
Aux dires des lycéens interrogés, Henri Bergson tiendrait sa
mauvaise réputation des collèges voisins Henri Bergson et
Édouard Pailleron. L’étude de la presse s’étend donc à ces trois
établissements scolaires. Les trois coupures de presse choisies
illustrent l’image du lycée et des collèges de la rue Édouard
Pailleron véhiculée par la presse.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
à
Le premier article évoque l’incendie de 1973 du collège Édouard
Pailleron, ayant fait 20 morts. Quarante ans après, cet incendie
meurtrier est resté très marqué dans les esprits. Le collège datait
des années 1960, à l’époque où, pour répondre à l’augmentation
des effectifs due à la prolongation de la scolarité jusqu’à 16 ans,
l’État a construit beaucoup d’établissements de ce type. C’està-dire des bâtiments légers, bon marché et aux normes de
sécurité assouplies. Après le malheureux accident, le collège
Édouard Pailleron est ainsi devenu une référence ; il est cité à
chaque nouvel accident comparable se produisant en France et
l’on faire alors référence à un bâtiment type Pailleron. L’article
ci-contre «REPÈRE Un lycée de type Pailleron détruit par un
incendie à Bagneux» tiré du journal Le Monde du 5 mars 1993
illustre ces propos.
Un autre événement survenu trente ans plus tard a, lui, fait une
très mauvaise presse au lycée Henri Bergson. Le matin du 8
octobre 2002, une élève de terminale a, en effet, été «aspergée
d’acide» par un camarade. Plusieurs articles sont parus dans le
journal Le Monde. L’article paru le 12 octobre 2002 titré «Oulfa,
élève de terminale, aspergée d’acide au lycée Henri-Bergson, à
Paris» en est un exemple.
Enfin, l’article titré «Quand les profs démissionnennent face
au délitement de l’école» publié sur le blog de Marianne 2 le
24 janvier 2011, illustre les problèmes de l’éducation à travers
l’exemple de la cité Henri Bergson. Il présente, dans un premier
temps, une lettre ouverte de démission d’une enseignante du
collège Henri Bergson à son Principale (annexes). Il est suivit
d’un commentaire du Professeur agrégé de Lettres Jean-Paul
Brighelli. La lettre expose les difficiles conditions d’enseignement
des professeurs du collège, comme en témoignent ces quelques
extraits :
75
Le Monde.fr : Archives
http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/ARCHIVES/arch...
llé
e
REPERES Un lycée de type Pailleron détruit par un incendie à Bagneux
Article paru dans l'édition du 05.03.93
-la
-V
a
Quand les
e lycée d'enseignement professionnel (LEP) Léonard-de-Vinci de Bagneux (Hauts-de-Seine) a été à moitié détruit, mercredi 3 mars, en milieu
d'après-midi, par un incendie qui a ravagé le deuxième étage du bâtiment avant d'être maîtrisé par les pompiers. Cet incendie n'a pas fait de
profs
démissionnent face au délitement de l'école
http://www.marianne2.fr/Quand-les-profs-demissionnent-face...
victime, les quelque 330 élèves du lycée ayant terminé leurs derniers cours à 15 heures et les personnels administratifs ayant pu être rapidement
évacués.
ar
ne
Cet contre
établissement,
de type Pailleron
_ du nom duvoies
collègede
Edouard-Pailleron
à Paris,
qui avait été totalement
détruit, dont
le 6 février
par un
les menaces,
violences,
fait, injures,
diffamations
ou outrages
ils 1973,
pourraient
incendie qui avait provoqué la mort de vingt personnes dont seize élèves _ est le deuxième établissement des Hauts-de-Seine victime d'un tel sinistre
être victimes à l'occasion de leurs fonctions, et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est
depuis trois mois : dans la nuit du 1 au 2 décembre 1992, le lycée Robert-Schuman de Colombes avait été entièrement ravagé par un incendie. Il
résulté."
- alors que
quotidiennement
notre
intégrité morale et physique est menacée quand elle
reste,
au total, cinquante-six
établissements
scolaires de ce type
en France.
à
s
oi
re
Le
M
n'est pas bafouée ?
Selon le conseil régional d'Ile-de-France, le lycée de Bagneux fait partie des sept établissements de type Pailleron que la région a inscrits à son
budget 1993 pour les reconstruire de toute urgence. Dans l'immédiat, les élèves suivront leurs cours d'enseignement général dans un collège voisin
Monde.fr
: Archives
http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/ARCHIVES/arch...
Qu'en
est-il
de ànos
envers
nos
élèves,devraient
de notre
mission
éducative
moment
de Bagneux.
D'ici
quatre
cinq devoirs
semaines, des
bâtiments
provisoires
permettre
d'accueillir
à nouveau à
lespartir
élèves surdu
le site
du LEP enoù
attendant
bâtiments
définitifs.incapables de simplement manifester notre volonté de les voir appliquer le
nouslesnous
révélons
rit
règlement intérieur, de les protéger d'eux-mêmes et des autres, c'est-à-dire de leur offrir une
scolarité digne de ce nom ? Quel avenir leur préparons-nous ?
Actualité : International Europe Politique Société Environnement, Sciences Technologies Culture
er
Sport : Foot Rugby Tennis Handball Golf Formule 1 Basket Auto-Moto Cyclisme Voile Natation
Oulfa,
élève de terminale, aspergée d'acide au
lycée
Henri-Bergson,
à Paris
Pratique
: Programme
télé Jeux Livres Cinéma Météo Trafic
RSS Newsletter Mobile
Abonnez-vous à partir de 15€
J'aime mon métier par-dessus tout mais il ne m'est
plusFrance
possible,
cesVoyage
conditions,
Voyage : Voyage
Voyage Europedans
Voyage Afrique
Amériques Voyagede
Asie Voyage à thème
Réseaux sociaux: Facebook Twitter
Déjà abonné au journal
continuer
deOulfa
l'exercer
etsur
j'ai
tout
espoir
que
cela
ne
C'est
pourquoi,
le
ES TRAITS tirés,
reste figée
sa perdu
chaise pour
ne pas
accentuer
lasites
douleur
qui: change.
lui
rongeTalents.fr
l'épaule
droite.
Cette élèveMonsieur
de 19 ans, en terminale
Les
du groupe
Télérama.fr
Le Post.fr
CourrierInternational.com
Monde-Diplomatique.fr Les Rencontres professionnelles Le Monde La Société des lecteurs du Monde
La boutique du Monde
économie et social
aul'immense
lycée Henri-Bergson
à Paris
(19e),
a fait
l'objet,Lemardi
8 octobre,
d'une agression à l'acide dans les toilettes de son
Proviseur,
j'ai
regret
de
vous
présenter
démission.
Prix ma
Le Monde
de la recherche
Le Monde dans les hôtels
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
Article paru dans l'édition du 12.10.02
Quand les
établissement scolaire. Le rapport médical établi à l'hôpital Cochin fait état de « « brûlures au deuxième degré profond et au troisième degré de
l'épaule droite, de la clavicule droite et de la cheville droite », ainsi que de brûlures de moindre gravité à la hanche, l'oreille et l'oeil droits. « Pendant
Claire-Hélène
Le Monde.frde
| Fréquentation
certifiée
l'OJD
| CGV | au
Mentions
légales
| Qui sommes-nous
| Charte groupe
| Index | chez
Aide et
contact
| Abonnements
la©récréation
10 h 30,»
je suis
alléepar
aux
toilettes,
1er étage,
raconte
Oulfa, jeudi ?après-midi,
de retour
elle
après| Publicité
une énième
visite dans les
hôpitaux
parisiens.
J'ai
retiré
ma
doudoune.
Puis
soudain
j'ai
reçu
un
liquide,
jeté
par-dessus
la
porte.
J'ai
cru
que
c'était
de
l'eau
a et
Journal d'information en ligne, Le Monde.fr offre à ses visiteurs un panorama complet de l'actualité. Découvrez chaque jour toute l'info en direct (de la politique à l'économiede
en Javel.
passant »
parElle
le sport
la météo)
sur Le Monde.fr, leàsite
newssentir
leader de
presse
française
ligne.
remis
doudoune « malgré
les picotements »
qui commençaient
sede
faire
et las'est
rendue
à en
l'infirmerie,
où elle a trouvé porte close. La jeune
Et samaintenant,
raisonnons.
fille s'est alors rincée puis est retournée en classe. « Au bout de 20 minutes, j'avais vraiment mal. Mes copines ont commencé à s'inquiéter, parce
profs démissionnent face au délitement de l'école
http://www.marianne2.fr/Quand-les-profs-demissionnent-face...
qu'elles voyaient mes vêtements s'abîmer. Ma doudoune se déplumait de l'intérieur. Mes amies m'ont dit de sortir », continue Oulfa d'une voix pleine
Cette
enseignante,
je
sais
qui
elle
est
elle
a
38
ans,
une
bonne dizaine d’années d’enseignement
de retenue.
derrière elle, elle est loin d’être une débutante effarouchée par ses premières classes, comme il en
Elle s'adresse à la conseillère principale d'éducation, qui l'installe dans son bureau. « Elle m'a dit de ne pas paniquer, que si c'était de l'acide, ça ne
est tant (jamais le taux de démission spontanée des stagiaires n’a été aussi élevé que cette année).
ferait pas ça », se souvient la lycéenne. Sur elle, le débardeur et le « sweat-shirt serré » qu'elle porte continuent d'être grignotés. « Quelqu'un m'a
Elle n’est pas, non plus, en détresse dans son enseignement - ce qui arrive en ces temps de
prêté un miroir. Je voyais mon soutien-gorge. » Quand les pompiers arrivent, les vêtements sont pris dans les chairs. « On ne pouvait pas me
formation
disciplinaire
au
rabais
: avec
toucher.
Ils ont coupé
mon sweat-shirt
comme
ils ont
pu. » Catherine Hars et Véronique Marchais, elle est co-auteur
Quand
les profs démissionnent face au
de la collection Terre des Lettres (Nathan) qui propose l’un des meilleurs manuels de Cinquième
délitement de l'école
Transportée à l'hôpital Lariboisière, elle arrive dans un service d'urgences visiblement débordé. « Il était environ midi. Je souffrais vraiment. On m'a
actuellement
surj'aileattendu,
marché,
etcereconnu
comme
telarrivées
par ses
pairs : ce
n’est
donc
paslanon
plus
pris
ma température. Puis
jusqu'à
que ma mère
et ma soeur,
entre-temps,
râlent.
» Enfin,
on rince
« plaie
touteun
noire » à
souci
publicitaire
qui
l’anime.
Non
:
Claire-Hélène
est
une
prof
comme
il
en
est
tant,
qui
en a
l'eau oxygénée et on lui enlève le reste des vêtements dissous dans la peau. « Je criais », dit seulement Oulfa.
La violence scolaire, tant physique que symbolique, est le fruit de la refonte « pédagogiste » de
par-dessus la tête de ne pas pouvoir exercer normalement le métier qu’elle a choisi, et qu’elle
ce qu'explique le blogueur Jean-Paul Brighelli, qui se penche sur les raisons de la
aime.
démission
d'une
de ses
collègues,
désarmée
face
à lasoupçonnait
faillite du
système
éducatif.
Mardi,
elle a déposé
une plainte
contre
X... Aux policiers,
elle a indiqué
qu'elle
un garçon
de sa classe,
avec qui elle avait eu une
Calculette
volée
l'école.
C'est
altercation la semaine précédente. « Il avait volé la calculette d'un ami, qui la lui avait reprise et venait de me la confier », explique Oulfa, décrite par
Pas normalement ? La cité scolaire Henri Bergson, où elle exerce est sise dans le XIXème
sa famille comme une jeune fille « discrète et sans histoires ». A posteriori, elle se souvient avoir croisé, en allant aux toilettes, le garçon en question
arrondissement,
près des Buttes-Chaumont. En tout, 1100 collégiens et lycéens. Le collège, qui
« avec
un sac à dos ».
dépassera les 600 élèves à la prochaine rentrée, est l’un des plus importants de l’arrondissement.
Une enquête de police est en cours et de nombreux élèves et membres du personnel de cette grosse cité scolaire qui comprend un collège et un lycée
C’est un bâtiment de grandes dimensions, aux couloirs infinis, qui permettent aux enseignants et
(1 300 élèves au total) ont été entendus, sans qu'aucune preuve n'ait été trouvée. L'inspecteur d'académie, Didier Jouault, évoque un « acte de
aux élèves
en forme,
vengeance
isolé », de
sansrester
que l'hypothèse
évoquéepuisqu’ils
par Oulfa n'aitoccupent
toutefois été leurs
validée.récrés à courir d’une salle à l’autre -
heureux veinards… L’ « antre des enfers », disent-ils, sous prétexte que le collège est installé
Sur un ton posé et sans acrimonie, l'entourage de la jeune fille ne cache pas son inquiétude de savoir que « quelqu'un de dangereux court toujours ».
dans les parties basses. Ils exagèrent sûrement.
Très soudés autour de leur mère, qui élève seule ses neuf enfants, âgés de 4 à 23 ans, les frère et soeurs aînés d'Oulfa, qui poursuivent tous des études
supérieures,
se relaientde
pour
assurer
conduites
à l'hôpital etsur
les contacts
avec la police
et Bergson
les journalistes. La lycéenne a reçu un premier arrêt
extraits
de coupures
presse
(LelesMonde
et Maranne)
la Cité Scolaire
Henri
maladie
de quinze jours,
mais les médecins
ont laissé
entendre que
cela pourrait
être catégories
plus long.
Socialement
parlant,
le collège
rassemble
aussi
bien des
favorisées (32% des élèves,
Le Monde
contre 48%PHELIPPEAU
en moyenne à Paris - les parents des catégories A et B y ont inscrit leurs enfants à
76MARIE-LAURE
cause des classes bilingues) ; les classes moyennes y ont la même représentation qu’ailleurs
(environ 30%) ; les catégories défavorisées y sont en revanche sur-représentées. D’ailleurs, le
collège est bien loti en UPI (pour élèves dyspraxiques),
en CLAD
(pour
francophones)
et en
Actualité : International
Europe Politique
Sociéténon
Environnement,
Sciences Technologies Culture
Sport : Foot Rugby Tennis Handball Golf Formule 1 Basket Auto-Moto Cyclisme Voile Natation
FLER
(pour
francophones
illettrés).
Heureux
veinards
de
profs,
qui
peuvent
expérimenter
Pratique : Programme télé Jeux Livres Cinéma Météo Trafic RSS Newsletter Mobile des
Abonnez-vous à partir de 15€
Voyage : Voyage France Voyage Europe Voyage Afrique Voyage Amériques Voyage Asie Voyage à thème
pédagogies
vraiment différenciées.
Réseaux sociaux: Facebook Twitter
Déjà abonné au journal
La boutique du Monde
Les sites du groupe : Télérama.fr Talents.fr Le Post.fr CourrierInternational.com
Monde-Diplomatique.fr Les Rencontres professionnelles Le Monde La Société des lecteurs du Monde
Le Prix Le Monde de la recherche
Le Monde dans
les hôtels
epuis
quelques jours
dans
lesilsalles
dedéversoir
rédaction,aux
et sur
le Net,
la environs
lettre de dont les
Comme
l’établissement
est decircule
grande
taille,
sert de
collèges
des
-la
-V
a
llé
e
«deux collègues ont été agressés physiquement par des élèves»
«surenchère dans l’agressivité et la violence à l’égard des adultes»
«climat délétère qui règne dans l’établissement : incivilités, refus
d’obéissance, insultes, violences à l’égard des adultes»
ar
ne
«les bagarres y éclatent plus que quotidiennement»
être traitée comme une chienne»
oi
re
s
à
M
«alors que quotidiennement notre intégrité morale et physique est
menacée quand elle n’est pas bafouée ?»
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
Jean-Paul Brighelli évoque la cité et ses 1 100 collégiens et
lycéens. Il revient sur les conditions de travail : «le bâtiment de
grandes dimensions, aux couloirs infinis», est comparé par les
enseignants et les élèves à «l’antre des enfers». L’augmentation
du nombre d’élèves durant les trois dernières années ; de 24-25
élèves à 29-30 élèves par classe, de même que l’unique salle de
permanence d’où les élèves «sortent à leur gré», évoqués par
Jean-Paul Brighelli ne mettent en valeur la cité Henri Bergson.
Ces conditions de travail ne sont pas les seuls éléments qui
expliquent que «le collège Bergson ait les pires résultats au Brevet
de Paris (20 points en dessous de la moyenne académique)».
Dans un second temps, Jean-Paul Brighelli rebondit sur
la «tendance lourde des pédagogies modernes, qui vise à
prodiguer le moins d’heures de cours réelles».
Cet article met en exergue les maux de l’éducation au travers
l’exemple de la cité Henri Bergson.
77
llé
e
UN MAUVAIS LYCÉE : MYTHE OU RÉALITÉ ?
-la
-V
a
Le philosophe Henri Bergson disait «N’écoutez pas ce qu’ils
disent, regardez ce qu’il font».
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
à
M
ar
ne
Près de soixante dix ans après la mort d’Henri Bergson, cette
citation pourrait s’appliquer au lycée parisien qui porte son nom !
Comme nous l’avons vu précédemment, les établissements
scolaires sont évalués. Mais d’autres variables influent aussi
fortement ; ce que Georges Felouzis nomme la vision subjective
et qui s’apparente à la réputation. Selon le sociologue,
l’évaluation nourrit et renforce les rumeurs et réputations, qui
elles même biaisent à leur tour les indicateurs de performances
«par le jeu subtil de transferts d’élèves d’un établissement à
l’autre»1. Les évaluations entretiennent le cercle vicieux des
réputations.
Les rumeurs, réputations sont des notions qui ne touchent
pas uniquement les établissements scolaires. Ces processus
se rapprochent fortement de ce que l’on nomme les légendes
urbaines.
En 1969, une rumeur s’empara de la ville d’Orléans. Edgar Morin
étudia ce phénomène dans un ouvrage paru la même année
aux éditions du Seuil : La Rumeur d’Orléans.
«En mai 1969, naît, se répand et se déploie à Orléans, le bruit
qu’un, puis deux, puis six magasins d’habillement féminin du
centre de la ville organisent la traite des blanches. Les jeunes
filles sont droguées par piqûre dans les salons d’essayage puis
déposées dans les caves, où on les dépouille à la fois de leurs
sous-vêtements, de leur conscience et de leur identité et d’où elles
sont évacuées de nuit vers des lieux de prostitution exotiques. «Les
magasins incriminés sont tenus par des juifs.»
Edgar Morin.
En analysant cette légende urbaine, le sociologue a rapidement
1 FELOUZIS Georges, «Performances et «valeur ajoutée» des lycées : le marché scolaire fait des différences», Revue
française de sociologie, volume 46, n°1, 2005, p. 3-36.
78
-la
-V
a
llé
e
constaté qu’aucun de ceux ou celles qui la colportaient n’avait
entrepris la moindre démarche pour faire cesser le scandale.
En parallèle, aucune plainte, ni aucune disparition n’avait été
réellement enregistrée. Dans la rumeur d’Orléans, ni les autorités
ni les médias n’ont joué le moindre rôle de propagation.
s
à
M
ar
ne
Edgar Morin souligne par ailleurs le rôle du contexte social de
l’époque ; la rumeur y trouva un terrain plus ou moins favorable
à sa diffusion. Selon lui, «le vide éthique, le vide politique, le
vide affectif, le vide existentiel (qui) se rejoignent dans un grand
vide, et, pour tous, le vide suscite un malaise».
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
Enfin, quand face à ces proliférations, certains tentent d’arrêter la
rumeur et le mythe, «ultime ruse de la rumeur : celle-ci dénonce
l’anti-mythe comme s’il était le mythe, la démystification comme
si elle était la mystification, l’antidote comme s’il était le poison».
«c’est toujours n’importe quoi
à la sortie des classes»
«on m’a dit que c’était
un très mauvais lycée»
«JAMAIS !»
«y’a
toujours «j’irai jamais
plein de mégots» là bas»
«JE SUIS SÛRE QU’ILS SONT
VIOLENTS ENTRE EUX»
«on leur demande d’aller plus loin, visà-vis des clients du centre Pailleron»
Revenons au lycée Henri Bergson étudié, semble-t-il concerné
par un phénomène qui s’apparente à celui des légendes
urbaines. L’actuelle directrice de l’école maternelle voisine
reconnaît la peur des parents en voyant les sorties de classes
des établissements du secondaire de la rue Édouard Pailleron.
Ces derniers n’hésitent alors pas à déménager pour quitter les
secteurs scolaires ou à opter pour l’enseignement privé.
Quand on interroge les élèves sur la mauvaise réputation du
lycée, ils acquiescent. Pour autant, la majorité s’attendait «à
pire ! » comme le résume Suzie. Les élèves formulent tous des
hypothèses variées sur l’explication de la mauvaise réputation
de Bergson. Sa mauvais réputation «n’est pas à la hauteur des
réalités» confirme Raphaëlle, surveillante au lycée depuis trois
ans.
D’après un questionnaire réalisé par l’établissement à la rentrée
2011 auprès des élèves de 2nde (annexes), les nouveaux élèves
seraient relativement «contents» de leur entrée au lycée Bergson.
73% des 197 élèves interrogés ayant répondu au questionnaire
sont «contents de faire leur rentrée en seconde au lycée
Bergson» ; ils étaient 63% à l’être pour la période 2007-2010.
Parmi les élèves «contents» ; 45% ont une «bonne impression de
rentrée - bon accueil, bonne ambiance, bon encadrement -», 10%
apprécient la proximité du lycée, 10% trouvent que Bergson
79
llé
e
-la
-V
a
ar
ne
M
à
s
oi
re
rit
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
extraits de blogs et pages Internet
copie d’écran parentsencolere_blog, forum.futura-sciences.com, facebook.fr
80
ar
ne
-la
-V
a
llé
e
est un «bon lycée». Parmi les «mécontents» ; 69% n’avaient pas
choisi d’être affectés à Bergson, 8% déplorent la «mauvaise
réputation» du lycée et 1% les «mauvais résultats au bac». Ainsi,
les élèves de 2nde du lycée semblent «contents», dans l’ensemble,
des conditions de travail. Même si une majorité n’avait pas
choisit de venir y étudier.
oi
re
s
à
M
Avec le développement de l’Internet, les phénomènes de
légendes urbaines sont décuplés. On retrouve, ainsi, sur de
nombreux sites des textes qui colportent la mauvaise réputation
de Henri Bergson. Les extraits ci-contre illustrent ce que la toile
diffuse.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
Mais l’évitement m’a-t-on également expliqué au collège
Édouard Pailleron, tient aussi à un «besoin de changer d’air»
exprimé par les élèves qui ne souhaitent pas poursuivre toute
leur scolarité au même endroit. L’évitement du lycée Henri
Bergson s’explique donc également par un phénomène de
répulsion lié à la coexistences de plusieurs établissements sur
un périmètre réduit.
«ABSOLUMENT «mon dossier
ÊTRE BOURSIER» a été perdu»
En interrogeant les élèves il semblerait que des légendes
urbaines se propagerait également sur l’affectation des élèves
dans les lycées parisiens. Des «on dit», «il parait»... permettait
le plus souvent aux élèves de se rassurer sur leurs propres
affectations.
«faut surtout pas «mon dossier
mettre Bergson» n’a pas été lu»
Selon Margot, son dossier n’a «pas été pris en compte».
«mes parents ont passé l’été à
la commission de dérogation»
«C’EST PARCE QUE JE SUIS
PASSÉ AU SECOND TOUR»
«je venais «JE VOULAIS ALLER
du privé» PARTOUT SAUF ICI»
Audrey reconnaît qu’en venant du privé, son dossier «n’a pas été
lu».
Malgré sa «moyenne raisonnable (13,2)», Suzie a été refusée
du lycée Turgot, par exemple. «Il faut être boursier ou avoir au
moins 15 de moyenne pour être pris à Turgot». Une copine à elle,
boursière, y serait entrée avec seulement 10 de moyenne en
3ème.
Selon Mathis, tous les élèves du district Est passant au second
tour d’affectation vont directement à Bergson !
81
-la
-V
a
llé
e
Enfin, pour Alexanne, «dès qu’on a Bergson sur la liste, on y est tout
de suite affecté, quelque soit sa position parmi les six voeux !»
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
à
M
ar
ne
En réalité, comme nous l’avons vu précédemment l’affectation
se fait selon un calcul mathématique complexe intégrant
plusieurs variables.
83
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
s
oi
re
rit
à
ar
ne
M
-la
-V
a
llé
e
llé
e
-la
-V
a
ar
ne
M
oi
re
s
à
CONCLUSION
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
La démocratisation de l’enseignement secondaire a été
tardive. Le développement des lycées français a donc une
histoire relativement récente. Cette histoire est étroitement
liée à la législation scolaire puisqu’il a fallu attendre 1959 pour
l’école devienne obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans. L’histoire
des lycée est très liée à la capitale qui a accueilli les premiers
établissements. Ces lycées, encore existants aujourd’hui,
bénéficient d’une grande et d’une très forte attractivité.
L’étude des lycée est complexe puisque l’enseignement
secondaire laisse place à une large palette de filières et d’options
aux jeunes titulaires du Brevet des Collèges : lycées généraux,
lycées professionnels, lycées technologiques. Le lycée, enfin,
est une étape importante dans la vie d’un étudiant. Le choix
du Baccalauréat détermine souvent l’orientation future et le
devenir professionnel. Enfin, l’étude des lycée est complexifiée
par la présence d’établissements privés qui viennent compléter
l’offre publique.
L’académie de Paris se caractérise par une très forte densité
d’établissements, due à une forte densité de population. Ces
établissements génèrent une très forte attractivité. Des lycées
comme Henri IV ou Charlemagne sont nationnalement (re)
connus. Les effets du contournement sont ainsi multipliés au
sein même de l’académie et entre Paris et les autres académie
d’Ile-de-France.
85
ar
ne
-la
-V
a
llé
e
Depuis 1993, l’académie parisienne a délimité des secteurs
pour contenir les affectations des jeunes : les districts. Ils
permettent de répondre à tous les enjeux récents de la
carte scolaire, notamment à la sectorisation. Districts et
modes d’affectation ont fait l’objet de polémiques durant les
dernières rentrées parisiennes.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
à
M
L’étude du lycée Henri Bergson permet de porter un regard
différent sur les établissements scolaires en se plaçant du point
de vue de l’évité et non du recherché. Le lycée Henri Bergson,
qualifié de lycée évité illustre les problématiques de l’école
d’aujourd’hui ; notamment le poids ou l’influence du contexte,
de l’environnement, les difficultés de l’enseignement, le
développement d’un véritable marché scolaire, le poids de la
réputation ou encore la notion de légende urbaine.
Le lycée Henri Bergson présente les caractéristiques des lycées
identifiée par Agnès Van Zanten dans les pratique d’évitement.
Avec l’option européenne de la seconde à la terminale, le
lycée développe des classes dites de niveau qui permette
de redévelopper l’attractivité du lycée pour un certain profil
d’élèves mais qui accroît l’entre soi au sein de classes regroupant
les meilleurs élèves.
Les acteurs du lycée Henri Bergson - sa conseillère principale
d’éducation, ses surveillants, ses élèves... - estiment que la
mixité a progressé durant les dernières années. Cette nouvelle
mixité est-elle le fruit de la sectorisation des districts parisiens
? Est-elle liée à l’offre de classe de niveau ? Comment expliquet-on le retour des bobos à Henri Bergson constaté par Mme
Niksarlian ?
Les phénomènes d’évitement sont aujourd’hui étudiés et
expliqués par les chercheurs, notamment les sociologues
mais également les spécialistes des territoires comme les
géographes. Pour autant, au sein du monde de l’éducation,
les lycées évités sont encore difficilement pointés du doigt.
Cette notion apparaît comme un tabou. La difficulté de parler
librement de ces problématiques est apparu comme une limite
dans cette étude. Les élèves semblent être les seuls acteurs à
86
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
à
M
ar
ne
-la
-V
a
llé
e
pouvoir aujourd’hui parler librement, sans langue de bois, de
l’évitement de leur lycée et des enjeux de l’affectation à Paris
après la 3ème.
87
-la
-V
a
llé
e
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ar
ne
Ouvrages
M
BALLION Robert, La démocratie au lycée, collection Pédagogies recherche, édition ESF, 2000, 284 p.
oi
re
s
à
CARO Patrice et Rouault Rémi, Atlas des fractures scolaires en France - une école à plusieurs vitesses,
collection Atlas/Monde, édition Autrement, 2010, 80 p.
rit
DURU-BELLAT Marie, Les inégalités sociales à l’école - genèse et mythes, collection Éducation et formation,
édition Puf, 2002, 256 p.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
GARDEN Maurice et PINOL Jean-Luc, Atlas des parisiens de la Révolution à nos jours, collection Broché,
édition Parigramme, 2009, 288 p.
OBERTI Marco, L’école dans la ville - ségrégation - mixité - carte scolaire -, collection Sociétés en mouvement,
édition Sciences Po les presses, 2007, 302 p.
PROST Antoine, Histoire de l’enseignement en France, 1800-1967, Paris, édition Armand Colin, 1979, 349 p.
VAN ZANTEN Agnès et OBIN Jean-Pierre, La carte scolaire, collection Que sais-je ?, édition Puf, 2008,
228 p.
VAN ZANTEN Agnès, Choisir son école. Stratégies familiales et médiations locales, édition Puf, collection Le
lien social, 2009, 283 p.
VISIER Laurent, ZAÏA Geneviève, La carte scolaire et le territoire urbain, collection La ville en débat, édition
Puf, 2008, 101 p.
Articles
BERNY-RICHE Corinne et GUIGOU Brigitte, «Les aspects sociaux du système éducatif en Ile-de-France»,
IAURIF, décembre 2007, 70 p.
BERNY-RICHE Corinne et GUIGOU Brigitte, «Aspects sociaux du système éducatif en Ile-de-France», Note
88
-la
-V
a
llé
e
Rapide sur l’Éducation et la formation n°434, juillet 2007, 6 p.
BROCCOLICHI Sylvain et VAN ZANTEN Agnès, «Espaces de concurrence et circuits de scolarisation l’évitement des collèges publics d’un district de la banlieue parisienne», Les Annales de La Recherche
Urbaine n°75, 1997, p. 5-17.
ar
ne
CHOUKRI BEN Ayed et POUPEAU Franck, «École ségrégative, école reproductive», Actes de recherche en
sciences sociales n°80, p. 4-10.
à
M
FELOUZIS Georges, «Performances et «valeur ajoutée» des lycées : le marché scolaire fait des différences»,
Revue française de sociologie, volume 46, n°1, 2005, p. 3-36.
oi
re
s
FELOUZIS Georges et PERROTON Joëlle, «Les «marchés scolaires» : une analyse en termes d’économie de
la qualité», Revue française de sociologie, volume 48, n°4, 2007, p. 693-722.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
FRANÇOIS Jean-Christophe et POPEAU Franck , «Le social et le spatial», Espace populations sociétés [En
ligne] , 2005/3 | 2005 , mis en ligne le 03 septembre 2009, consulté le 14 décembre 2011. URL : http://eps.
revues.org/index2844.html
GILOTTE Olivier et GIRARD Pierre, «La sectorisation, l’affectation et l’évitement scolaire dans les classes de
sixième à Paris en 2003», Éducation & Formations n°71, juin 2005, p. 137-149.
OBIN Jean-Pierre et PEYROUX Christian, «Les nouvelles dispositions de la carte scolaire», Rapport
des inspections générales au ministre, 2007, Paris, document 1383, docuthèque de l’Agence pour
l’enseignement et la formation
ROUAULT Rémi, «Les dimensions spatiales de la scolarisation, entre espaces prescrits et parcours choisis»,
Espace populations sociétés [En ligne] , 2005/3 | 2005 , mis en ligne le 03 septembre 2009, consulté le 14
décembre 2011. URL : http://eps.revues.org/index2555.html
VAN ZANTEN Agnès, «Compétition et fonctionnement des établissements scolaires : les enseignements
d’une enquête européenne», Revue française de pédagogie [En ligne], 156 | juillet-septembre 2006, mis
en ligne le 27 septembre 2010. URL : http://rfp.revues.org/263
Articles de presse
JOLLY Patricia, «REPÈRES Un lycée de type Pailleron détruit par un incendie à Bagneux», dans Le Monde du
5 mars 1993
AUBUSSON DE CAVARLAY B., «Les lycées sous le feu de l’évaluation», Pénombre, dans le Hors série de février 1999
89
-la
-V
a
llé
e
PHELIPPEAU Marie-Laure, «Oulfa, élève de terminale, aspergée d’acide au lycée Henri Bergson, à Paris»,
dans Le Monde du 12 octobre 2002
CÉDELLE Luc, «Lycées parisiens : le critère de proximité aura plus de poids pour l’affectation des élèves»,
dans Le Monde du 2 avril 2010
M
ar
ne
CÉDELLE Luc, «Choisir son lycée ? Oui. Mais près de chez soi et «dans la limite des places disponibles»»,
dans Le Monde, du 4 avril 2010
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
Conférence
rit
oi
re
s
à
BAUMARD Maryline, «Le bilan de l’ouverture de la carte scolaire», dans Le Monde du 6 mai 2010
FRANÇOIS Jean-Christophe, «Feu la carte scolaire : mixité sociale et sens du déplacement», Conférence
Mixité(s), Quelle mixité et pour qui ?, jeudi 22 janvier, ENSAVT, organisé par le CAUE 77
Entretiens
Lycée Henri Bergson, 27 rue Édouard Pailleron à Paris (75019) :
Entretien avec Mme Niksarlian, CPE du lycée Henri Bergson, réalisé le 22 novembre 2011
Entretien avec Raphaëlle, surveillante au lycée Henri Bergson depuis 3 ans, réalisé le 2 décembre 2011
Entretiens avec Mathis, 15 ans élève de seconde, Alexanne 15 ans, élève de seconde, Charlotte, 15 ans,
élève de seconde, Suzie, 15 ans, élève de seconde, Carla 15 ans, élève de seconde, Yasmine, 15 ans, élève
de seconde, Awa, 16 ans, élève de première, Audrey, 18 ans, élève de terminale et Margot, 18 ans, élève
de terminale.
Collège Édouard Pailleron, 35 rue Édouard Pailleron à Paris (75019) :
Entretien avec Mme Chabih, Documentaliste de collège Édouard Pailleron, réalisé le 9 décembre 2011
Entretien avec M. Saussoz, Profeseur de technologie au collège Édouard Pailleron, réalisé le 9 décembre
2011
90
ar
ne
-la
-V
a
llé
e
École maternelle, 2 rue Jean Menans à Paris (75019) :
Entretien avec Mme Voyer, Directrice de l’école maternelle, réalisé le 9 décembre 2011
M
Autre
oi
re
s
à
Projet d’établissement 2009-2012 du lycée Henri Bergson, voté par le conseil d’administration du lycée en
juin 2009
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
BRIGHELLI Jean-Paul, «Quand les profs démissionnent face au délitement de l’école», dans le blog de
Marianne 2, publié le 24 janvier 2011
91
-la
-V
a
llé
e
REMERCIEMENTS
ar
ne
Je tiens à adresser mes remerciements à l’ensemble des personnes qui m’ont aidé à réaliser ce
mémoire.
M
à David Mangin pour son encadrement et le suivi de mon travail,
oi
re
s
à
à Mme Niksarlian ainsi que l’ensemble des élèves et surveillants du lycée Henri Bersgon,
à Hélène, Thomas et François pour leur relecture et leurs conseils graphiques,
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
Enfin je remercie mes camarades de classe, Elsa, Marion et Lina, mes binômes Clémence et Vita... pour leur
soutien dans cette aventure.
93
-la
-V
a
llé
e
ANNEXES
ar
ne
ENTRETIEN AVEC MME NIKSARLIAN, CPE DU LYCÉE
HENRI BERGSON À PARIS (75019), LE 22 NOVEMBRE 2011
rit
oi
re
s
à
M
ÉTABLISSEMENT SCOLAIRE
Quels sont les effectifs de l’établissement ?
Il y a environ 680 élèves au lycée ; répartis dans 21 classes. Ce
qui représente en moyenne 35 élèves par classe (au lycée). Il
y a également 3 classes de BTS. Il y a 560 élèves au collège ;
répartis dans 22 classes.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
Quelle est la capacité réelle de l’établissement ? Estimezvous qu’il y a aujourd’hui sur ou sous-effectif à Bergson
? Comment les effectifs ont-ils évolués durant les dix
dernières années ?
J’ai connu le lycée avec plus d’élèves. Les effectifs ont
beaucoup diminué durant les dernières années. A la rentrée
2010-2011, ils étaient au plus bas : 450 élèves en moyenne au
lycée. Il y avait 4 classes de 2nde alors que l’on en comptait 10
en 2004-2005. Cette diminution est liée à la situation très peu
attractive du lycée ; son attractivité est en berne. Avant la mise
en place de la sectorisation, le lycée subissait davantage les
conséquences des variations démographiques. Depuis cette
rentrée (2011-2012), les effectifs ont de nouveau augmenté. Le
lycée a récupéré 3 classes de 2nde du lycée voisin Jacquart. Ce
qui explique les 680 élèves actuellement inscrits au lycée.
Y-a-t-il une forte pression autour de l’affectation au lycée ?
Non, il est en sous-demande !
Concernant l’affectation, qu’est-ce que le logiciel Affelnet a
changé ?
Paris, c’est un cas compliqué ! Avant Affelnet, l’affectation
était complètement libre. Maintenant, les élèves formulent
10 voeux ; ils sont beaucoup plus cadrés dans leur démarche
d’affectation. Ce mode d’affectation a permis un brassage
social à Bergson. Avant, les CSP favorisées envoyaient leurs
94
-la
-V
a
llé
e
enfants dans des établissements plus côtés comme Maurice Ravel, Hélène Boucher, Sophie Germain,
Victor Hugo, Charlemagne ou Turgot. Maintenant, on arrive à garder plus d’élèves. Le lycée est plus mixte.
Il y a une forte représentation de diverses nationalités.
M
ar
ne
Comment l’affectation se répartie-t-elle avec le lycée Jacquard voisin ?
La fusion a été décidée par le rectorat. Le lycée Jacquard a subit une très forte diminution de son effectif
(division par 3 du nombre de lycéens). Ils ne sont aujourd’hui plus qu’une centaine de lycéens.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
à
PARCOURS SCOLAIRES
De quel collège les élèves sont-ils majoritairement issus ?
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les lycéens ne sont pas majoritairement issu des collèges
du 19ème. Le 19ème est un arrondissement qui enregistre un important taux de jeunes parmi les
populations résidentes. Il y a donc forcément des évaporations en direction des établissements d’autres
arrondissements. Le lycée recrute dans le grand quart nord/est ; aussi bien dans le 18ème, le 12ème, le 20ème
que dans le 17ème, le 3ème et le 4ème arrondissement de Paris. Environ 60 % des élèves habitent le 19ème et
40 % les autres arrondissements précédemment cités.
Pour rappel, le district d’affectation Est parisien comprend les arrondissements suivants : 20ème, 19ème, 12ème,
11ème, 10ème, 4ème, 3ème, 2ème et 1er.
Y-a-t-il une forte évaporation vers le privé ?
Il y a trois établissements privés dans un rayon de 100 mètres : le lycée de l’Initiative, le lycée Armand
Carrel et le lycée judaïque Gan Lucien De Hirsch. Quand certains parents veulent à tout prix éviter
Bergson, ils n’hésitent pas à aller dans le privé. Après le brevet, les élèves reçoivent les décisions
d’affectation en fonction des 10 voeux qu’ils ont émis. En général, le lycée enregistre alors une 50taine
d’inscription. Pendant l’été les parents réalisent des demandes de dérogations pour obtenir un autre
lycée. En septembre, on enregistre de nouveau 50 à 80 inscriptions. Il y a toujours une différence entre les
listes que l’on reçoit en juin suite aux voeux des élèves de 3ème enregistrés sur Affelnet et les inscriptions
réelles. On évalue ainsi la perte par évaporation. Cette année, presque tous les élèves affectés ont été
inscrits en juillet (près des 2/3). Les élèves restant se sont inscrits en août, avant la rentrée des classes. On
a enregistré une très faible perte cette année. Puisque les années précédentes, ça pouvait aller jusqu’à
100 élèves. Pour la première fois, les classes étaient complètes avant le jour de la rentrée.
Estimez-vous que les élèves suivent un réel parcours scolaire entre les différents équipements
scolaires (école primaire, collège et lycée) ?
En général, les parents inscrivent leur enfant dans telle ou telle école primaire pour assurer un passage
vers un bon collège ensuite. C’est le cas ici entre l’école primaire et le collège Henri Bergson. Le collège est
plutôt demandé. Ce qui apparaît surprenant au regard des résultats au Brevet en dessous des moyennes
académiques ou nationales. Il bénéficie peut être de la «mauvaise réputation» de certains autres collèges
95
-la
-V
a
llé
e
voisins, classés ZEP ou autre. En fait, les résultats du collège Bergson sont très hétérogènes. Il y a par
exemple en 3ème, environ 2 classes de très bon élèves. Ce qui explique le fait que le lycée enregistre un
bon nombre de mentions mais des résultats moyens au Brevet. Le parcours scolaire a tendance à s’arrêter
au collège. En moyenne, seulement une dizaine d’élève de 2nde inscrits au lycée Bergson sont issus du
collège Bergson. Cette année, exceptionnellement ils étaient une 20aine.
M
ar
ne
Pour information, taux de réussite du brevet du collège Henri Bergson : 2003 : 67,5 / 2004 : 58,6 / 2005 : 55,9
/ 2006 : 58,0 / 2007 : 64,2 / 2008 : 65,9 / 2009 : 58,5 / 2010 : 71,0
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
à
L’ÉTABLISSEMENT SCOLAIRE ET SON TERRITOIRE
Où résident les élèves en majorité ?
Tous les quartiers sont représentés, depuis le quartier bobo de Mouzaïa, à la rue Manin plus huppée, ou
encore les quartiers plus populaires du 19ème. Il y a vraiment une plus forte mixité depuis la mise en place
d’Affelnet. Avant, les élèves issus de CSP favorisés étaient moins nombreux.
Comment les élèves se rendent-ils au lycée ?
A pieds, en métro ou en bus.
Savez-vous pourquoi certains élèves habitent si loin du lycée ?
On est toujours le pauvre ou le riche de quelqu’un ! Pour les enfants qui ne résident pas sur Paris, il arrive
souvent que les parents fournissent de fausses adresses comme celle de leur lieu de travail. Il arrive
également que des élèves déménagent mais souhaitent rester dans leur lycée d’origine.
Le lycée est-il fermé en journée ? Si oui pourquoi ?
Oui, il est fermé pour des questions de sécurité. Pour ne pas favoriser la sèche aussi, l’absentéisme est un
vrai problème. Les élèves que vous voyez devant le lycée sont ceux qui sortent fumer. Il est interdit de
fumer dans l’enceinte du lycée. Mais ils ont l’autorisation de sortir au moment de la récréation. Les élèves
ont l’habitude de sortir devant le lycée à la récréation plutôt que d’aller dans la cours qui se situe au
niveau 0 et qui est trop vaste pour être accueillante.
Savez-vous quels endroits les élèves fréquentent-ils à la sortie du lycée ? Restent-ils longtemps
devant l’établissement ?
Cela parait surprenant mais il me semble que les lycéens ne vivent pas trop le quartier. De temps en
temps on en croise au 25ème Est (bar à Jaurès) ou à la bicyclette, rue Chaumont. Il n’y a pas de vrai «café du
lycée» !
96
ar
ne
-la
-V
a
llé
e
Quelle est la fréquentation moyenne de la cantine scolaire ? Savez-vous où mangent les autres
élèves ?
Il y a environ 200 élèves demi pensionnaires au lycée ; un peu près 1/3 des effectifs. Certains rentrent
manger chez eux. Les autres vont au kebab, à la boulangerie ; dans les boutiques de restauration rapide
du quartier. Il y a régulièrement de nouvelles boutiques qui ouvrent, rue de Meaux, avenue Secrétan ou
rue Bouret.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
à
M
Enfin, en quoi estimez vous que Paris est un cas particulier ?
Il y a une très forte concentration d’établissements scolaires dans Paris. Ainsi, une forte hiérarchie s’est
développée. Les affectations ne tenaient pas compte de la géographie mais des résultats scolaires. Il y
avait les «très très bon établissements», les lycées qui acceptaient les «élèves à 16 de moyenne» et ainsi de
suite. Bergson faisait auparavant partie des lycées situés en queue de peloton et récupérait les élèves qui
étaient refusés par les autres établissements.
QUESTIONNAIRE «TYPE» DES ENTRETIENS RÉALISÉS AVEC LES ÉLÈVES DU LYCÉE HENRI
BERGSON
Quel est ton prénom ? Quel âge as-tu ?
Où résides-tu ? As-tu récemment déménagé ?
Quelle est la profession de tes parents ?
PARCOURS SCOLAIRE
En quelle classe es-tu ?
As-tu déjà redoublé ?
Participes-tu à une option, une spécialité ?
Es-tu arrivé au lycée dès la 2nde ? Si non, pourquoi ?
97
-la
-V
a
llé
e
De quel collège es-tu originaire ? De quelle école primaire ?
Comment et pourquoi as-tu choisi d’étudier au lycée Henri Bergson ?
M
ar
ne
As-tu été refusé d’un autre lycée ? Si oui, pourquoi ?
s
à
Tes amis ont-ils suivis le même parcours que toi ?
rit
oi
re
Que souhaites-tu faire après le BAC ? Où ?
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
ÉTABLISSEMENT SCOLAIRE ET SON TERRITOIRE
Quels moyens de transport utilises-tu pour venir au lycée ? Combien de temps mets-tu ?
Où déjeunes-tu le midi ?
A la sortie du lycée fréquentes-tu un endroit particulier ?
Aimes-tu ton lycée ? Pourquoi ?
Quelle est la réputation du lycée ? Pourquoi ?
Tes amis du collège sont-ils aussi élève au lycée Henri Bergson ?
98
llé
e
PROJET D’ÉTABLISSEMENT, LYCÉE HENRI BERGSON, PARIS 19ÈME
à
M
ar
ne
-la
-V
a
LYCEE HENRI BERGSON
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
oi
re
s
PROJET D’ETABLISSEMENT
2009-2012
Adopté en conseil d’administration le
« …Que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver, mais ce que nous allons en faire ».
(1859-1941)
Prix Nobel de littérature (1927)
PREAMBULE
En cette fin d’année 2009, le Projet d’établissement du Lycée Bergson doit être réexaminé et reconduit pour une
période de 3 ans.
Si l’axe fondamental reste le même, à savoir la mise au travail des élèves et l’accompagnement vers une orientation
réussie, en revanche un certain nombre d’actions se voient modifiées mais elles sont toujours en cohérence avec la
réflexion générée par l’axe premier.
Les classes de seconde à projet, qui ont fait leurs preuves sont reconduites, sources d’innovation et de créativité
pédagogique, certaines ont même joué un rôle exemplaire dans le cadre de l’expérimentation (article 34) – citons la
classe Louvre, la classe Agenda 21 et bientôt « la classe Cinéma ». Notre établissement a la chance de bénéficier de
moyens supplémentaires, au service de la réussite des élèves : stages pendant les vacances, assistants pédagogiques,
qui viennent épauler le travail mené au quotidien par les professeurs dans les classes. Le projet d’établissement pour
les années à venir aura à cœur de développer la synergie entre tous ces moyens.
Le manque d’assiduité des élèves reste notre inquiétude principale. Nous poursuivrons notre effort à l’interne, qui a su
en limiter le développement ces dernières années, dans un contexte de croissance de l’absentéisme en lycée ; et nous
pourrons, dès la Rentrée 2009, compter pour nos élèves « décrocheurs » sur l’appui du GAIN (groupe d’aide à
l’insertion) au niveau du bassin Magenta - Villette.
Enfin notre projet en matière de développement durable, Bergson21, pilote dans l’Académie de Paris et reconnu au
niveau international, concernera toute la vie quotidienne de l’établissement. Par delà le travail conduit sur l’empreinte
écologique, et l’intégration de tous, c’est une véritable démarche citoyenne qui sera développée avec l’objectif de faire
de la cité scolaire un lieu de développement durable (E3D) où élèves et adultes, auront plaisir à travailler.
Ainsi, résolument tourné vers une pratique pédagogique ouverte et participative, le lycée Bergson accueille tous les
lycéens désireux de trouver une voie qui accorde leurs souhaits et leurs capacités - n’est ce pas le but de toute école
républicaine.
99
llé
e
I ANALYSE DE SITUATION
Indicateurs
Nombre d’élèves boursiers
−
Nombre d’élèves avec retard en 2nd
−
Elèves de nationalités étrangères :
−
Taux de réussite au bac 2008
−
Taux de réussite au BTS 2008
−
Taux d’accès de seconde au bac
En progression mais
l’établissement reste peu
attractif
M
59%
78%
% des élèves « montant » affectés sur
leur vœu 1 ou 2
ar
ne
Taux d’attractivité (% des élèves ayant
demandé le lycée en 1er vœu/cap
d’accueil) y compris les redoublants
Grande fragilité de la
population accueillie, 1
élève sur 5 a 2 ans de
retard en 2nd- 1 sur 4 est
boursier
à
−
26% (académie 15.7%)
1 an de retard :32.4% (acad 24.5%)
2ans de retard : 19% (acad 5.4%)
12% (académie 8.3%)
79% (taux attendu France 67% acad 72%)
s
−
30.5% (académie 15.3%)
oi
re
Efficacité
pédagogique
PCS défavorisées
−
Plus value pédagogique 12
MUC 82.6% (acad 80.3%)
42% (attendu France 47% acad 49%)
Moins value pédagogique 5
16% (acad 12.3%)
−
Taux de redoublement 2nd
−
Proportion de bacheliers parmi les
sortants de terminale
rit
Rayonnement du
lycée
−
80% (attendu France et acad 91%)
er
Population scolaire
-la
-V
a
(Référence indicateurs des lycées 2008 et indicateurs des lycées publics de Paris 2008-09)
Domaines
Critère ou indicateur
Données chiffrées 2009
Commentaires :
BG = 9.4 (acad 12.5) BTN = 9.3 (acad 10.3)
−
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
Note moyenne en LV au bac
−
45%
% d’élèves certifiant le niveau B2 en LV1
au bac
Indicateurs
(référence indicateurs des lycées 2008 et indicateurs des lycées publics de Paris 2008-09)
Domaines
Critère ou indicateur
−Réorientation2
nd
vers voie pro
dans établissements publics académie
Poursuite d’études
−inscription BTS ou IUT
−inscription Université
−inscription CPGE
Données chiffrées
2009
Commentaires :
8.8% (acad 1.7%)
23%
75% (dont médecine et droit 30% des élèves
de terminale)
Sous représentation des
filières courtes et sur
représentation des filières
universitaires les plus
sélectives.
2%
−Abandon d’études en cours de scolarité
Assiduité des élèves
Etablissement E3D
−
Taux moyen d’absentéisme
−
Taux moyen d’absence janvier
−
% d’élèves s’absentant de manière
indue*
−
Nombre de conseils de disciplines pour
absentéisme
−
Taux de mobilisation
16%
−
Bilan display
FCE
−
Consommation de papier (2008)
−
Nombre d’élèves à besoin particuliers
accueillis
−
Ressenti discriminatoire
−
Consommation eau énergie
8.38%
12.4%
7
43%
* au moins 4 ½ j par mois non justifiées ou pour motif non légitime.
100
Reste LE problème !
8% en décembre – 50% en mai
Projet pilote au niveau
national et international

N°2

* : AMELIORER L’ASSIDUITE DES ELEVES.

Taux d’absentéisme des
élèves
% d’élèves s’absentant
indûment
Nombre de conseil de
discipline pour ce motif
AXE 1 - AXE 2 – AXE
4
AXE 2 - AXE 3

Taux d’orientation vers les
filières sélectives
Taux de satisfaction des
familles fin de 2nd
Nombre d’élèves concernés
par les opérations cap en fac
oi
re
*
s
à

Taux d’accès de la seconde
au baccalauréat
Taux de réussite au
baccalauréat et au BTS
Note obtenue en LV au
baccalauréat
ar
ne
* : AMELIORER L’EFFICACITE PEDAGOGIQUE DU LYCEE

M
N°1

REFERENCE
AUX AXES
ACADEMIQUES
-la
-V
a
REFERENCE AUX
INDICATEURS
PRECEDENTS
Axes retenus
llé
e
II PROPOSITION D’OBJECTIFS PRIORITAIRES POUR L’ETABLISSEMENT
N°3
: MIEUX ACCOMPAGNER LES ELEVES DANS LEUR
POURSUITE D’ETUDES

rit

N°4 : Etablissement E3D
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er



*



Taux de mobilisation
Bilan display
Nombre d’élèves à besoin
particulier accueilli
Ressenti discriminatoire
Tonnage recyclé
Consommation (papier, eau,
énergie…)
AXE 1
AXE - AXE 3
axe retenu dans le cadre de la contractualisation
III – PILOTAGE PEDAGOGIQUE DE L’ETABLISSEMENT ET PLANNIFICATION SUR 3 ANS
EVALUATION DU PROJET D’ETABLISSEMENT
LES ACTIONS
1 : EFFICACITE
PEDAGOGIQUE
INDICATEURS DE
REUSSITE
−
−
−
−
2 : AMELIORER
L’ASSIDUITE
−
−
−
−
3 : ACCOMPAGNER
LES ELEVES DANS
LEUR POURSUITE
D’ETUDES
4:
ETABLISSEMENT
E3D : AGENDA 21
−
−
−
−
−
−
−
MODALITES
D’EVALUATION
Progression du taux de réussite aux
examens
Progression du taux d’accès de 2nde
au bac. Objectif : au moins arriver
aux résultats attendus.
Progression de la note obtenue en
LV au bac.
Progression du nombre d’élèves
certifiant le niveau B2
Diminution du taux d’absentéisme
Diminution du % d’élèves absents
Diminution du nombre de conseils
de disciplines pour ce motif
Diminution du nombre de sorties du
système sans diplôme
Progression des orientations vers les
filières sélectives
Progression du taux de satisfaction
des familles en fin de 2nd
Faire évoluer mentalités et les
comportements vers une
meilleure prise en compte des
valeurs du développement
durable
RESSOURCES
HUMAINES MOBILISEES
PLAN DE
FORMATION
Equipes pédagogiques
Assistants pédagogiques
Comparaison annuelle et
sur 3 ans avec la situation
en juin 2009
Comparaison annuelle et
sur 3 ans avec la situation
de juin 2009
Comparaison annuelle et
sur 3 ans avec la situation
de juin 2009
CPE
Service médico-social
Equipes pédagogiques
Direction
Professeurs principaux
CIO
CPE
CDI
Toute la communauté scolaire
Tableau de bord de
l’agenda 21 période 200912
Améliorer l’empreinte écologique
Développer l’accueil des élèves à
besoins particuliers
Développer le sentiment
d’appartenance
Faire diminuer le ressenti
discriminatoire
−
101
x
X
ar
ne
X
er
1.4 Langues vivantes
3.2 Formation des équipes pédagogiques et
des professeurs principaux
x
3.3 Suivi des projets d’orientation cycle terminal
x
4 1 Classe Agenda 21
x
4.2 Intégration d’élèves à besoins particuliers
4.3 travail sur le ressenti discriminatoire
x
x
4.6 Baisse de la consommation
Art
34
Partenariat
Atelier / classe PAC
x
x
x
X
X
x
x
x
x
x
−
Télénotes
Cahiers de textes en ligne
sconet
GAIN (bassin Magenta Villette + RIF)
x
x
Paris 2 Assas : convention »cap en fac » + EIVP
x
Partenariat avec le CIO
x
Concertation PP + COP + CPE
x
Classe centrée sur les sciences expérimentales
sur des thèmes de développement durable.
Partenariats avec l’EIVP, l’EDIF,, RIF
Ouverture 1ère STG aux élèves avec handicap
moteur
Un stage pour les adultes, + formation des
délégués de 2nd
x
Restructuration de la demi pension
Végétalisation des espaces extérieurs.
x
- de papier
Stages de renforcement pendant les
vacances
x
Expérimentation article 34
x
x
Jumelages avec des écoles europpéennes
(Manfred von Ardenne – St Edwards)
MOYENS UTILISES
x
x
M
à
x −
x
x
4.4 Formation à PCS1
4.5 Travail sur la convivialité des espaces
dédiés aux élèves
x
d’établissementAutres objectifs du projet
Autonomie des élèves
X
Educatif santé CESC
Accueil et formation des personnels
pédagogie
reconduite
modifiée
nouvelle
x
DST + Devoirs communs + examens blancs
−
OBJECTIFS
3.1 Partenariat avec des établissements
d’enseignement supérieur
Assistants pédagogiques
−
−
x
LISTE DES ACTIONS
Aide individualisée
x −
2.1 Suivi des absences
2.2 Prise en charge des élèves décrocheurs
Réussite pour tous (stages pendant les
vacances)
−
−
X
classes de seconde à projet (Louvre, Cinéma
audio-visuel, Européenne, et Agenda 21)
TICE
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
x
Accueil spécifique des élèves à la rentrée
−
x −
x
1.5 Communication (Cahiers de textes
évaluation)
-la
-V
a
TICE
Partenariat
−
X
x
−
x
s
X
x
oi
re
1.3 Mise au travail des élèves
Atelier / classe PAC
Art
34
rit
X
x
−
X
X
1.2 Remédiation soutien
Expérimentation
Autonomie des élèves
MOYENS UTILISES
Autres objectifs du projet
d’établissement
x
personnelsAccueil et formation des
pédagogie
X
Educatif santé CESC
modifiée
1.1 4 Mobilisation des élèves en 2nd
reconduite
OBJECTIFS
nouvelle
LISTE DES ACTIONS
llé
e
FICHE ANNUELLE 2009-10
Dématérialisation de la communication
((Sites ENT)
- d’énergie, d’eau
4.7 Etablir et pérenniser des partenariats
riches et variés
102
x
EDIF RIF, réseau des A21 des écoles
parisiennes…
16%
Taux moyen mensuel d’absences (sept à avril)
Taux moyen d’absences janvier
9.9/20
79
ar
ne
% d’élèves amenés au niveau B2 du cadre euro des
langues (LV1)
Note moyenne obtenue au baccalauréat en LV1
Agenda 21
-la
-V
a
62%
Taux de doublement de la seconde
Taux de réussite au baccalauréat
45%
9.4
8.4%
12.4%
s
% d’élèves absents (sept à avril)
Taux de réorientation en BEP.
% d’élèves sortant de terminale sans le bac (y compris
élèves redoublants venant d’un autre établissement).
Orientation filières sélectives courtes
7
4
rit
75%
er
Taux de satisfaction des familles sur l’orientation fin de
seconde
Nombre d’appel fin de 2nd
oi
re
% d’absences non justifiées (sept à avril)
Nombre de conseil de discipline pour absentéisme
JUIN
2012
42%
Taux de passage en 1ère
Note moyenne aux épreuves anticipées
JUIN
2011
M
au baccalauréat
JUIN
2010
à
Taux d’accès de la 2
15%
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
Orientation Absentéisme pédagogiqueEfficacité
JUIN
2009*
nd
llé
e
TABLEAU DE BORD 2009-2010
23%
Nombre d’élèves concernées par les opérations cap en
fac.
% de la communauté scolaire mobilisée
16%
Classement « display »
FCE
20
Tonnage recyclé
Consommation énergie
Consommation d’eau
Consommation de papier -année civile (cité scolaire)
Rayonnement
Nombre de personnes formées AFPS
20
% d’élèves ressentant une discrimination au sein du
lycée
43%
Taux d’attractivité
59%
% des élèves affectés sur vœu 1 ou 2
78%
Les indicateurs en italique figurent dans le document rectoral sur les contrats d’objectifs
* derniers chiffres disponibles au 28 juin 2009
Marianne DODINET - 04/09/2009
103
D
epuis quelques jours circule dans les salles de rédaction, et sur le Net, la lettre de
démission qu’une enseignante a adressée à son Principal de collège.
Je vous la livre telle quelle - les commentaires viendront après.
llé
e
« Monsieur le proviseur,
oi
re
s
à
M
ar
ne
-la
-V
a
Les conditions dans lesquelles nous sommes contraints d'exercer notre métier ne sont pas
tolérables. La semaine dernière, deux collègues ont été agressés physiquement par des élèves,
élèves qui n'en n'étaient pas à leur premier coup d'éclat et dont la surenchère dans l'agressivité
et la violence à l'égard des adultes n'était que prévisible. Ces incidents, très graves, ne sont que
la conséquence du climat délétère qui règne dans l'établissement : incivilités, refus d'obéissance,
insultes, violences à l'égard des adultes se sont banalisés au point que les élèves, se sentant dans
une situation de toute puissance, n'ont même plus conscience de la gravité de leurs actes. Un tel
désordre règne dans les escaliers et les couloirs, qu'il nous est impossible de circuler sans être
bousculés, raillés, invectivés, les bagarres y éclatent plus que quotidiennement. Cette situation
de violence tant physique que verbale ne devrait pas être.
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
Pour ma part, je refuse de continuer à être traitée comme une chienne par des enfants à qui j'ai
eu le malheur de demander de retirer leur casquette, d'aller se ranger dans la cour ou de me
donner leur carnet de liaison. Je refuse de continuer à assister à la complaisance avec laquelle
certains adultes confortent ces enfants dans leurs dérives au lieu de tout faire pour les aider à
en sortir. Je refuse de continuer à assister, impuissante, à ce gâchis généralisé, nos élèves les
plus fragiles étant les premières victimes de notre incapacité, voire notre réticence, à instaurer
les conditions nécessaires à leur apprentissage. Je refuse de continuer à participer de ce
spectacle affligeant que nous offrons quotidiennement à nos élèves et qui me fait honte.
Quand les profs démissionnent face au délitement de l'école
http://www.marianne2.fr/Quand-les-profs-demissionnent-face...
Qu'en est-il de l'application de l'article 11 de la Loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et
obligations des fonctionnaires - "La collectivité publique est tenue de protéger les fonctionnaires
1 sur 4
contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont ils pourraient
être victimes à l'occasion de leurs fonctions, et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est
résulté." - alors que quotidiennement notre intégrité morale et physique est menacée quand elle08/12/11 13:38
n'est pas bafouée ?
Qu'en est-il de nos devoirs envers nos élèves, de notre mission éducative à partir du moment où
nous nous révélons incapables de simplement manifester notre volonté de les voir appliquer le
règlement intérieur, de les protéger d'eux-mêmes et des autres, c'est-à-dire de leur offrir une
scolarité digne de ce nom ? Quel avenir leur préparons-nous ?
J'aime mon métier par-dessus tout mais il ne m'est plus possible, dans ces conditions, de
continuer de l'exercer et j'ai perdu tout espoir que cela ne change. C'est pourquoi, Monsieur le
Proviseur, j'ai l'immense regret de vous présenter ma démission.
Claire-Hélène »
Et maintenant, raisonnons.
Cette enseignante, je sais qui elle est - elle a 38 ans, une bonne dizaine d’années d’enseignement
derrière elle, elle est loin d’être une débutante effarouchée par ses premières classes, comme il en
104 est tant (jamais le taux de démission spontanée des stagiaires n’a été aussi élevé que cette année).
Elle n’est pas, non plus, en détresse dans son enseignement - ce qui arrive en ces temps de
formation disciplinaire au rabais : avec Catherine Hars et Véronique Marchais, elle est co-auteur
de la collection Terre des Lettres (Nathan) qui propose l’un des meilleurs manuels de Cinquième
actuellement sur le marché, et reconnu comme tel par ses pairs : ce n’est donc pas non plus un
souci publicitaire qui l’anime. Non : Claire-Hélène est une prof comme il en est tant, qui en a
par-dessus la tête de ne pas pouvoir exercer normalement le métier qu’elle a choisi, et qu’elle
105
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
s
oi
re
rit
à
ar
ne
M
-la
-V
a
llé
e
106
er
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
s
oi
re
rit
à
ar
ne
M
-la
-V
a
llé
e
-la
-V
a
ar
ne
LES LYCÉES EN ILE-DE-FRANCE
M
1
oi
re
PETITE HISTOIRE DE LA SECTORISATION SCOLAIRE DE L’ÉGALITÉ À LA MIXITÉ
PARIS : DU LYCÉE DE NOTABLE AU LYCÉE UNIQUE
Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
er
rit
2
5
9
à
INTRODUCTION
s
llé
e
TABLE DES MATIÈRES
9
9
12
ORGANISATION DES LYCÉES D’ILE-DE-FRANCE
15
QUELLES COMPÉTENCES POUR QUELS ACTEURS ?
INVENTAIRE DES LYCÉES FRANCILIENS
15
19
COMMENT CHOISIR SON LYCÉE ? LE CAS DE L’ACADÉMIE PARISIENNE
23
SECTORISATION ET AFFECTATION PARISIENNES
LA CARTE SCOLAIRE EN QUESTIONS
PRATIQUES D’AFFECTATION SCOLAIRES PARISIENNES : UN CAS D’ÉCOLE ? 23
27
29
LE QUOTIDIEN D’UN LYCÉE PUBLIC PARISIEN : HENRI BERGSON
PORTRAIT DU LYCÉE HENRI BERGSON
33
33
SON OFFRE SON PROJET
SON ACCESSIBILITÉ
SES ÉLÈVES... MARGOT, AUDREY, SUZIE, MATHIS ET ALEXANNE
33
36
38
41
49
QUELS QUARTIERS POUR QUEL ÉTABLISSEMENT ?
LA GRANDE ÉCHELLE...
...DES QUARTIERS DANS LE DISTRICT EST
49
-la
-V
a
llé
e
51
53
55
57
59
s
oi
re
SORTIES DE CLASSE : FAÇADES SUR L’ESPACE PUBLIC Ec
D ol
oc e
um d'a
en rch
t s ite
ou ct
m ure
is
au de
dr la v
oi ill
td e
'a &
ut de
eu s
r t
JOURNÉES ORDINAIRES À LA SORTIE DU LYCÉE
ÉVÉNEMENTS À LA SORTIE DU LYCÉE ?
rit
DU LYCÉE STIGMATISÉ AU LYCÉE ÉVITÉ ?
er
3
à
M
ar
ne
DE LA CONCURRENCE AU SEIN DU DISTRICT EST
LA PETITE ÉCHELLE...
DU QUOTIDIEN À L’HEURE DU DÉJEUNER
DU QUOTIDIEN À L’HEURE DE LA SORTIE DES CLASSES
DE LA PETITE À LA GRANDE ÉCHELLE...
DES PARCOURS SCOLAIRES
DES ITINÉRAIRES DOMICILE/ÉCOLE
61
61
61
65
UN LYCÉE STIGMATISÉ ; POURQUOI ? ET PAR QUI ?
67
CONCLUSION
85
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
88
ANNEXES
94
LE CONTEXTE D’UN PARIS PALMARÈS67
LA MAUVAISE PRESSE DE LA RUE ÉDOUARD PAILLERON
75
UN MAUVAIS LYCÉE : MYTHE OU RÉALITÉ ?
78