MeP CD Heineken
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Concours de Biérologie Heineken France Promotion 2008 Support pédagogique Heineken France SOMMAIRE DES CHAPITRES I. Des origines à l'industrialisation II. Les matières premières III. La fabrication IV. Une gamme diversifiée V. Le service et la dégustation de la bière VI. Le marché de la bière Heineken 2 France I. DES ORIGINES À L'INDUSTRIALISATION 1. La bière des origines 2. À la conquête du monde 3. Le Moyen-Âge et les monastères 4. À la Renaissance : la bière plus saine que l'eau 5. Le XIXe siècle et les apports de la technologie Heineken 3 France 1. LA BIÈRE DES ORIGINES Le berceau de la bière se trouve en Mésopotamie, entre le Tigre et l'Euphrate, dans les frontières actuelles de l'Irak. Il est probable que l’apparition de la première bière, qui résulte d’un processus naturel, fut accidentelle : en effet, il suffit d’une petite quantité de céréales additionnée d’eau et réchauffée par le soleil pour enclencher la réaction chimique qui transforme le mélange en breuvage alcoolisé. Celui-ci plut aux Sumériens qui l’introduisirent dans leurs coutumes alimentaires. Mieux connu pour avoir inventé l’écriture, ce peuple consacra de nombreux écrits à l’usage qui était fait de cette boisson nommée Sikaru. La lecture de leurs « tablettes » d’argile – support de l’écriture cunéiforme –, montre qu’en 3000 avant Jésus-Christ, les Sumériens produisaient le Sikaru à partir de pains d’orge fermentés dans l’eau. Signe de leur raffinement, ils consommaient leur boisson avec une paille. La bière serait apparue il y a 10 000 ans Tout indique que les Sumériens ne sont pas les créateurs de la bière, tout au plus l’ont-ils popularisée. Sans doute l’invention en remonte-t-elle aux origines de l’agriculture, soit 8 000 ans avant Jésus-Christ. I. DES ORIGINES A L'INDUSTRIALISATION Heineken 4 France 2. À LA CONQUÊTE DU MONDE Pendant toute la période antique, la bière connaît un succès grandissant. La disponibilité des ingrédients nécessaires à sa fabrication favorise son essor, aussi bien dans le bassin méditerranéen que dans les régions nordiques qui ignorent la culture de la vigne. Les goûts se diversifient et des recettes de bière parfumées font leur apparition sous la férule des « brasseurs » Babyloniens : bière additionnée de miel ou macérée avec des dattes. Les pharaons d’Égypte eux aussi se laissèrent séduire par cette boisson de rois. Dans ce pays, la bière fut même utilisée comme unité monétaire en rémunération de certains travaux : le personnel d’un domaine agricole percevait 3 litres par jour alors qu’un professeur ou un intendant « valait » 5 litres de bière par jour. Chez les Gaulois, Sucellus, dieu des cultures, est également le dieu des tonneliers et des brasseurs. Plus tard, à l’époque Gallo Romaine (premier siècle avant Jésus-Christ), la déesse des moissons Cérès sera à l’origine du nom de cervoise (Cerevisia en latin), l’ancêtre de notre bière. Privilège des femmes Pendant l’antiquité et jusqu’au Ve siècle, seules les femmes brassaient de la bière. Bénéficiant du droit de vendre leur production, elles seront à l’origine des premiers commerces de boisson : les maisons de bière. I. DES ORIGINES A L'INDUSTRIALISATION Heineken 5 France 3. L E M OY E N Â G E E T L E S M O N A S T È R E S L’essor du christianisme en Europe va transformer l’économie de la bière. Alors que le brassage était essentiellement familial, les connaissances scientifiques et techniques des moines leur permettent de brasser en quantité des bières qu’ils offrent aux pèlerins. Il semblerait même que la qualité des bières de certaines abbayes ait eu le pouvoir d’attirer des pèlerins en plus grand nombre. C’est à l’une de ces congrégations religieuses que l’on doit la découverte des qualités organoleptiques du houblon, qui deviendra l’épice indispensable à la fabrication d’une bonne bière. « L’amertume du houblon combat certaines fermentations nuisibles dans les boissons et permet donc de les conserver plus longtemps », observe l’abbesse Hildegarde de Bingen (1098/1178) sans se douter que 900 ans plus tard tous les brasseurs du monde se référeraient encore à ses propos. Du monastère à la corporation laïque La maîtrise des techniques brassicoles ne restera pas l’apanage des seules institutions religieuses. La deuxième partie du Moyen Âge voit la naissance de brasseries laïques dont la plus ancienne mention est faite à propos de l’établissement d’Arnoldus à Strasbourg en 1259. La profession s’organise en corporations dont l’objectif est d’atteindre et de garantir un meilleur niveau de qualité mais aussi de restreindre l’accès au métier de brasseur. I. DES ORIGINES A L'INDUSTRIALISATION Heineken 6 France 4. À LA RENAISSANCE, L A B I È R E P L U S S A I N E Q U E L’ E A U À la Renaissance, la bière s’impose comme une boisson très populaire qui possède une qualité essentielle : bouillie au cours de son élaboration, elle est plus saine que l’eau. Au point que la consommation moyenne par habitant est d’environ 300 litres par an (contre moins de 40 litres en France de nos jours). En rançon de son succès, elle tombe sous le coup de l’impôt et se voit taxée, à l’instar du sel, d’une redevance spécifique. Les brasseries se multiplient jusqu’au XVIIIe siècle. En 1625, le statut de « visiteur et contrôleur de bière » voit le jour : tout en veillant à la qualité des produits, ce fonctionnaire est chargé de lutter contre la fraude. La bière alors produite se conserve mal et supporte difficilement le transport. Le plus souvent, elle est consommée sur le lieu de production, ce qui explique que, de nos jours encore, le terme de brasserie désigne tout autant le lieu de production que le lieu de consommation. C’est vers le XVIe siècle qu’apparaît la figure débonnaire de Gambrinus. Bon vivant à part entière, Gambrinus est fréquemment représenté à cheval sur un tonneau de bière. Le roi Jean 1er Duc de Brabant aurait servi de modèle à cette agréable figure. Aujourd’hui encore, Gambrinus perpétue les valeurs de convivialité et de joie de vivre associées à la bière. I. DES ORIGINES A L'INDUSTRIALISATION Heineken 7 France 5. LE XIXE SIÈCLE ET LES APPORTS DE LA TECHNOLOGIE Les bières brassées jusqu’au XIXe siècle souffrent d’un défaut de constance dans leur qualité. En effet, la fermentation est un processus délicat dont les résultats varient en fonction de la chaleur, de l’hygrométrie ambiante et des micro-organismes en suspension dans l’atmosphère. Il est impossible de proposer aux consommateurs un produit de goût et d’aspect équivalents d’un bout à l’autre de l’année. En 1830, l’invention du froid industriel permet aux brasseurs de travailler leurs produits toute l’année à basse température. Près de 30 ans plus tard, en 1857, le savant Louis Pasteur met en évidence l’existence et le mode de développement de ces micro-organismes, ainsi que leur rôle dans la fermentation de la bière. Pasteur suggère alors aux brasseurs de chauffer leurs bières pour en stabiliser la fermentation : c’est la pasteurisation. La révolution industrielle a mis fin au statut de boisson nourrissante de la bière – alors surnommée « le pain liquide » – pour devenir la boisson transparente et rafraîchissante que nous connaissons. En 1914, on dénombre en France environ 3 450 brasseries, signe du formidable essor de la bière. À la conquête de nouveaux consommateurs La commercialisation de la bière a bénéficié de deux facteurs : - l’amélioration des techniques de fabrication a eu des effets majeurs sur sa stabilité et sa conservation, - le développement des moyens de transport, et notamment du chemin de fer, a permis de convoyer les tonneaux vers toutes les provinces. I. DES ORIGINES A L'INDUSTRIALISATION Heineken 8 France II. LES MATIÈRES PREMIÈRES 1. L'eau 2. L'orge 3. La levure 4. La signature de la bière : le houblon Heineken 9 France 1. L’ E A U Le principal élément entrant dans la composition de la bière, qui va permettre aux autres ingrédients de se combiner entre eux, est l’eau. Elle doit être pure et d’une qualité irréprochable. Les bières de grande renommée du XIXe et du début du XXe siècle comme la Dortmund, la Munich, la Pilsen, le doivent avant tout à la qualité de l’eau disponible dans leurs régions de production. Strasbourg deviendra le cœur de la plus grande région brassicole française en partie grâce à la nature de son sous-sol qui fournit une excellente eau de brassage. Car l’eau doit être pure mais elle doit également être abondante : il fallait alors environ 20 litres d'eau pour produire un litre de bière (comprenant le brassage mais aussi le nettoyage et la stérilisation du matériel). Aujourd'hui, cette quantité a pu être ramenée à 6 litres grâce aux efforts des brasseurs pour préserver les ressources d'eau. L’eau entre pour 90 à 95 % dans la composition de la bière La minéralisation de l’eau va donc avoir une grande influence sur le goût et l’aspect du produit fini. Les brasseurs recherchent aujourd’hui des eaux sans sels minéraux, notamment pour produire une bière dite « pils », du nom de la ville tchèque Pilsen dont la source très pure a engendré la première bière or pâle transparente. II. LES MATIÈRES PREMIÈRES Heineken 10 France 2. L’ O R G E De toutes les céréales fermentescibles, l’orge offre les meilleures caractéristiques de germination et de fermentation. L'orge, une fois germée, est riche en enzymes et sa teneur en sucres fermentescibles est très élevée. Cependant, d’autres céréales peuvent entrer dans la composition de la bière, comme le maïs ou le riz qui contribuent à sa stabilité. Les boissons à base de grains étaient connues des Indiens d’Amérique, qui buvaient la chicha – un jus fermenté à base de maïs – à l’époque précolombienne ; le riz, le sorgho et d’autres graminées ainsi que certaines tubercules comme le manioc permettent également de produire des boissons fermentées comme le saké. L’orge est une des plus anciennes céréales connues. Celle qui sert exclusivement à l’élaboration de la bière, fruit d’une sélection centenaire, est de l’espèce à deux rangs (Hordeum disticum). Les conditions d’emblavure et de culture sont strictement encadrées, la germination et la fermentation imposant des normes très précises pour assurer une qualité constante au produit. En 1902 fut créée la Société d’Encouragement à la Culture de l’Orge de Brasserie (Secobra), alors que la France importait son orge de brasserie. Cent ans plus tard, la Secobra est le premier sélectionneur français d’orge de brasserie. La France est le premier producteur européen d'orge et le premier exportateur mondial de malt. II. LES MATIÈRES PREMIÈRES Heineken 11 France 3. LA LEVURE La levure est un champignon microscopique unicellulaire. La fermentation était autrefois spontanée et due aux seules levures présentes dans l’atmosphère. Les brasseurs utilisent aujourd'hui des souches de levure pure dont les principes actifs ont été explorés et décrits au XIXe siècle. La qualité de ces micro-organismes a une grande influence sur le produit fini, aussi les caractéristiques des levures utilisées par les brasseurs sont parmi les secrets industriels les mieux gardés. Pasteur © Musée Pasteur et le secret de la levure En 1876, Louis Pasteur prouve que la fermentation est provoquée par des organismes vivants. Il démontre également que cette levure peut vivre en présence ou en l’absence d’oxygène, se reproduisant dans le premier cas et provoquant la fermentation dans le deuxième. Le Danois Émile Hansen complète ces travaux en parvenant à isoler un micro-organisme en laboratoire et à cultiver une levure absolument pure. Ces découvertes ont permis d'obtenir des bières de qualité constante et ont transformé une activité artisanale en véritable industrie. Les levures de brasserie sont de deux types : - Saccharomyces cerevisiae pour la fermentation haute (fermentation opérée entre 15 et 20 °C), - Saccharomyces uvarum pour la fermentation basse (fermentation opérée entre 5 et 10 °C). II. LES MATIÈRES PREMIÈRES Heineken 12 France 4. L A S I G N AT U R E D E L A B I È R E : L E H O U B L O N Jusqu’au Moyen Âge, la bière est parfumée avec toutes sortes de plantes : ambre, coriandre, poivre, fenouil, jusquiame, lavande, anis, safran, cannelle, gentiane, clou de girofle... Ce cocktail porte le nom de gruyt. En effet, la fermentation de l’orge produit un breuvage fade, auquel les brasseurs s’efforcent de donner du goût. Au XIe siècle, l’abbesse Hildegarde, à l'abbaye Saint-Rupert de Bingen en Allemagne, a l'idée d'ajouter du houblon dans le moût. Peu à peu le gruyt est abandonné, et le houblonnage de la bière devient systématique. La lupuline ou l’or du brasseur Le houblon est une plante grimpante, qui peut atteindre neuf à dix mètres de hauteur. Il réclame des soins assidus jusqu’à la récolte, qui se déroule à la fin de l'été. Les fleurs de la plante femelle - ou cônes - sécrètent une poudre jaune, la lupuline, surnommée autrefois l’or du brasseur. Cette substance est riche en résines amères et huiles aromatiques : c’est elle qui donne à la bière son amertume et une partie de ses arômes mais aussi ses vertus antiseptiques et conservatrices. Le houblon est une plante subtile, qui subit l’influence de son terroir d’origine. Il en existe de nombreuses espèces, ce qui met à la disposition du brasseur une grande variété de choix aromatiques. II. LES MATIÈRES PREMIÈRES Heineken 13 France III. LA FABRICATION 1. Le maltage 2. Le brassage 3. La fermentation 4. La garde 5. La filtration 6. Le conditionnement Heineken 14 France 1. L E M A LTA G E Afin de tenir ses promesses, l’orge doit d’abord être maltée. Cette opération consiste à la mouiller pour en favoriser la germination. Une fois égouttés, les grains sont stockés dans de grands hangars où ils vont être étalés au sol et retournés soigneusement pendant les 4 ou 5 jours nécessaires à la germination. Lorsque les germes ont atteint une taille convenable, on les sèche dans des fours appelés tourailles (opération de touraillage). C’est au cours de cette torréfaction que l’on va pouvoir produire des malts blonds, roux, bruns, noirs qui détermineront la couleur de la bière. Le maltage est un processus industriel qui est réalisé, dans la plupart des cas, en amont de la filière brassicole. III. LA FABRICATION Heineken 15 France 2. LE BRASSAGE Le malt d'orge est concassé et réduit en farine avant d’être mélangé avec de l’eau (empâtage). Ce mélange est chauffé par paliers successifs pour libérer les enzymes de l’orge qui transforment l'amidon en sucres. Le jus ainsi obtenu, appelé moût, est débarrassé de ses éléments solides, les drèches, avant d’être cuit à nouveau. C’est au cours de cette dernière étape du brassage qu'on ajoute le houblon, au moment de l'ébullition. Maître brasseur Le brassage est l’opération essentielle dans l’élaboration de la bière. Elle est menée sous la houlette du maître brasseur, qui règne sur la salle de brassage. C’est là que se trouvent les grandes cuves de cuivre dans lesquelles vont se produire les réactions chimiques conduisant à la transformation des différents ingrédients. Le maître brasseur veille sur les proportions, les temps de cuisson, les températures des brassins, déterminantes pour le goût. C’est sa science qui va déterminer les qualités du produit fini. III. LA FABRICATION Heineken 16 France 3. L A F E R M E N TAT I O N Lorsque le moût est refroidi, il est mis en cuve et ensemencé de levure. Celleci transforme les sucres fermentescibles extraits du malt pendant le brassage en alcool et en gaz carbonique. La levure apporte en outre à la bière des matières aromatiques appelées esters qui feront sa richesse gustative. Deux procédés sont utilisés : – la méthode la plus ancienne dite de fermentation haute. Sous l’effet des levures Saccharomyces cerevisiae, la fermentation se produit à une température ambiante de 15 à 30 °C. Les levures remontent à la surface de la cuve en cours de processus. Les anciens brasseurs savaient déjà réutiliser ces levures et c’est à partir de ce procédé que l’on en effectua les premières sélections, – la méthode dite de fermentation basse, tentée en Allemagne à partir du XIVe siècle. Elle connaît son véritable essor depuis l’avènement de l’ère industrielle qui permet de produire du froid. La fermentation s’effectue de 6 à 10 °C sur une période de 7 à 10 jours. Les levures se déposent au fond de la cuve à l’issue de l’opération. C’est en fermentation basse que l’on brasse les lagers et les bières blondes, les plus consommées aujourd’hui de par le monde. La fermentation peut aussi être spontanée quand elle ne fait appel à aucune adjonction de levure, mais se fie aux micro-organismes présents dans l’atmosphère. Cette méthode est aujourd’hui peu utilisée sauf pour les Lambics, essentiellement produites en Belgique. III. LA FABRICATION Heineken 17 France 4. LA GARDE La phase principale de la fermentation vise essentiellement la production d’alcool. Après l’épuisement des sucres fermentescibles, la fermentation se poursuit très lentement, au froid et sous pression afin de saturer la bière en gaz carbonique. C’est la garde au cours de laquelle la bière acquiert sa finesse et son arôme. La durée de cette étape varie de quelques jours à plusieurs semaines. En aucune façon, la bière de garde n’indique que le produit est fait pour être conservé en cave comme c’est le cas pour le vin. 5. L A F I LT R AT I O N La bière est filtrée à plusieurs reprises au cours de sa fabrication, particulièrement : – à la fin de la première chauffe pour être débarrassée de ses drèches et obtenir le moût. – en fin de fermentation pour enlever les levures déposées au fond de la cuve. – en fin de garde pour éliminer les dernières levures avant la mise en bouteilles. III. LA FABRICATION Heineken 18 France 6. LE CONDITIONNEMENT La consommation française de bière représente environ 20 millions d’hectolitres par an et la consommation mondiale environ 70 fois plus, soit plus de 1,4 milliard d'hectolitres. Compte tenu de ces volumes colossaux, on imagine la démesure des opérations de conditionnement. C’est le poste qui représente l’investissement le plus lourd des brasseries. Une chaîne d’embouteillage déroule environ 4 kilomètres de convoyeurs qui acheminent les bouteilles d’une machine à l’autre : lavage, soutirage (remplissage), bouchage, pasteurisation, étiquetage et emballage sont accomplis en à peine une heure. Ces opérations s’effectuent au rythme soutenu de 60 000 à 80 000 bouteilles à l’heure en moyenne. Chaque ligne est dédiée à un type de conditionnement : petites bouteilles, fûts ou boîtes. En fin de cycle, les bouteilles sont pasteurisées : elles sont chauffées à température croissante pendant 45 minutes, puis maintenues à 60 °C pendant 15 minutes afin de supprimer toute trace de levures et de micro-organismes. Les fûts quant à eux sont stérilisés à vide alors que la bière est flash pasteurisée à 80 °C pendant environ trois secondes. Contrôles qualité Tout au long de sa fabrication, la bière est soumise à une surveillance étroite. De nombreuses analyses sont effectuées, complétées par des dégustations qui évaluent plusieurs fois par semaine la qualité des bières. À l'inverse des vins dont la qualité varie d'une année sur l'autre, une bière se doit d’être constante pour satisfaire un consommateur averti. III. LA FABRICATION Heineken 19 France 2 1 4 III. LA FABRICATION 3 5 6 Heineken 20 France 7 10 III. LA FABRICATION 8 9 12 11 Heineken 21 France IV. UNE GAMME DIVERSIFIÉE 1. Les différents types de bières 2. La bière en France 3. La segmentation française Heineken 22 France 1. LES DIFFÉRENTS TYPES DE BIÈRES La différenciation d’une bière se fait d’abord par sa couleur. Elle peut être blanche, blonde, ambrée, brune, noire avec des variations à l’intérieur de chaque catégorie. La couleur est notamment conférée par le degré de torréfaction du malt. Un malt longuement torréfié, donc de couleur sombre, donnera une bière de même couleur. Contrairement à une idée courante, la couleur est sans relation avec la teneur en alcool. Les lagers (de l'Allemand lagern : garder) synonyme de Pils, sont aujourd'hui les bières les plus populaires (95 % de la production mondiale). La première lager blonde est née à Pilsen (République Tchèque) le 5 octobre 1842. Elles se sont généralisées avec l’industrialisation des procédés de fabrication. Issues d’une fermentation basse, elles sont le plus souvent blondes, généralement amères et pourvues d'une belle mousse blanche. Arômes fruités, floraux sont leurs signatures. Elles se dégustent fraîches. Les blanches sont issues du brassage de malt d’orge et de céréales crues, essentiellement de blé. Elles doivent leur couleur pâle et légèrement troublée au dépôt de levure et de protéines qui subsiste dans le produit fini. Très désaltérante, leur dégustation dévoile des saveurs aromatiques proches de l'orange, du pamplemousse, du citron et de la levure. Elles se dégustent très fraîches. IV. UNE GAMME DIVERSIFIÉE Heineken 23 France Les ambrées : ces bières couleur or cuivré ou roux franc ont pour origine les Ales de fermentation haute. Brassées avec du malt légèrement torréfié, elles développent des saveurs caramélisées où pointent des notes de réglisse et de noisette. Elles se dégustent entre 8 et 9 °C. Les brunes : leur couleur provient de la forte torréfaction du malt, avec des reflets variant du rouge à l'acajou. Riches en saveur, elles exhalent des arômes de pain grillé, de café au lait et de fruits rouges. Elles se dégustent à 10 °C. Les stouts : originaires d’Irlande, ce sont des bières de fermentation haute. De couleur très foncée, presque noire et de saveur amère, ils sont élaborés à partir de malt grillé. Leur teneur en alcool varie de 4 à 8 % vol. En Irlande, on les sert traditionnellement à la température de la cave (environ 14 °C). En France, ils se dégustent à 12 °C, mais dans les pays tropicaux, on les sert glacés ! IV. UNE GAMME DIVERSIFIÉE Heineken 24 France Les bières d'abbaye Elles sont issues de fermentation haute. Ce sont les bières qui possèdent la plus riche palette aromatique. Elles peuvent être blondes, ambrées ou brunes et titrent 6,5 à 9 % d'alcool vol. On trouve aussi des bières d'abbaye dites de double ou triple fermentation. Les bières trappistes sont toujours brassées par les moines ; il existe encore sept abbayes trappistes ayant conservé cet héritage. Les autres bières d'abbaye sont élaborées et commercialisées par de grands brasseurs ayant racheté aux moines leur recette d'origine. Les lambics et les gueuzes (s’écrit aussi lambicks et gueuses) Elles font partie des dernières bières issues de la fermentation spontanée, où seule la flore bactérienne de l'air ambiant provoque la fermentation du moût. On appelle gueuze un assemblage de lambics. Produites en Belgique dans la région de Bruxelles, les lambics sont pétillantes, très acides et d’une très large complexité aromatique. Elles se dégustaient traditionnellement à température de cave. Les bières macérées aux fruits La plus connue est la Kriek. C’est une lambic dont on a voulu adoucir la saveur acide en y faisant macérer des fruits et plus spécialement des cerises. Les Belges ont ainsi renoué avec une ancienne tradition puisque déjà à Babylone (2000 ans av. J-C) on produisait une bière adoucie par macération de dattes. Aujourd’hui, certaines brasseries belges proposent des lambics macérées à la framboise, à la pêche, aux raisins. Elles se servent entre 5 et 9 °C, soit pour la désaltération, soit en accompagnement d’un mets. IV. UNE GAMME DIVERSIFIÉE Heineken 25 Les bières aromatisées L’aromatisation fait partie intégrante de la technologie d’origine de fabrication de la bière. La manière dont sont travaillées les matières premières, notamment le malt, les levures, le houblon, ou les épices le cas échéant, confère au produit son profil aromatique de base. Ce profil peut ensuite être complété par l’adjonction d’arômes – de fruits, de plantes, d’alcool… – qui permettront de le personnaliser en lui conférant son goût original. Cependant, la caractéristique essentielle du produit fini – ce qu’en langage de dégustation on appelle « la note de fond » – est et demeure la bière avec notamment son amertume. Les bières aromatisées se consomment plutôt froides, entre 3 et 5 °C. La plus connue est Desperados aromatisée tequila, qui présente également des arômes de citron. Les bières au malt fumé La particularité de ces bières est d’être élaborées avec un malt d’orge fumé, c’est-à-dire séché au-dessus d’un feu de tourbe comme celui utilisé pour l’élaboration du whisky, ou d’un feu de bois de hêtre procurant un arôme fumé. Elles offrent un nez de « fumé » proche de la combustion de la tourbe, plus ou moins intense. Ce sont des bières que l’on peut servir fraîches en apéritif et moins froides en digestif. IV. UNE GAMME DIVERSIFIÉE Heineken 26 Les bières sans alcool L’appellation « sans alcool » peut différer selon la législation de chaque pays. En France, une boisson est dite sans alcool, si elle titre moins de 1,2 % vol. alc. Elles sont généralement désalcoolisées par processus d’osmose inverse, mais les progrès de la technologie leur permettent désormais de bénéficier de la quasi totalité des constituants qui donnent à la bière ses caractéristiques organoleptiques. Elles ont souvent un arôme prononcé de céréales. Elles se dégustent très fraîches de 3 à 4 °C. Les Panachés Le panaché classique est un mélange de bière et de limonade qui longtemps n’a été servi qu’au comptoir des brasseries. Depuis une vingtaine d’années, il est proposé en bouteilles et à moins de 1,2 % vol. alc., ce qui en fait une boisson sans alcool. Aujourd’hui, à côté du panaché classique, est proposé le panaché aromatisé à la grenadine. Ils se boivent très frais et sont surtout consommés l'été pour leurs vertus rafraîchissantes. IV. UNE GAMME DIVERSIFIÉE Heineken 27 France 2. LA BIÈRE EN FRANCE ol ©C n Jean-Claude Col lin lectio En France, production et consommation de bière sont surtout le fait des régions situées au nord et à l’est du pays. Cette tradition, qui déborde de nos jours vers d’autres régions, permet de compter environ 200 bières différentes d’origine française chez les grands brasseurs, auxquelles s’ajoutent nombre de recettes originales produites par quelque 300 micro-brasseries. L’Alsace est la première région brassicole de France. On y élabore des bières blondes et limpides caractéristiques de la qualité « pils ». La région Nord/Pas de Calais propose une plus large variété de spécialités. Dans ces deux régions, la consommation annuelle par personne avoisine les 60 litres alors que dans le sud de la France, la consommation est de 35 litres. Du fait de ses vertus rafraîchissantes et désaltérantes, la consommation de bière connaît une saisonnalité marquée. On estime par exemple que la canicule de l’été 2003 a fait augmenter les ventes de bière en France de 2,6 % par rapport à l’année 2002. 3. L A S E G M E N TAT I O N F R A N Ç A I S E La segmentation française est basée sur la teneur en alcool : - moins de 1,2 % d’alcool vol. : bière sans alcool - de 4 à 5 % d'alcool vol. : bière standard, dite de luxe - plus de 5 % d'alcool vol. : bière spéciale - origine ou recette particulière : bière de spécialité IV. UNE GAMME DIVERSIFIÉE Heineken 28 France V. LE SERVICE ET LA DÉGUSTATION DE LA BIÈRE 1. Le service 2. La dégustation 3. L’alliance bières et mets Heineken 29 France 1. LE SERVICE Pour servir la bière, rincez le verre à l'eau fraîche, maintenez-le incliné en l’emplissant jusqu’à mi-hauteur, et enfin redressez-le et continuez à verser pour obtenir une belle couronne de mousse de 3 centimètres d’épaisseur environ : cette couverture protège la saveur de la bière et lui conserve tout son arôme. Enfin, un conseil averti permettra au consommateur de découvrir la richesse insoupçonnée de la planète bière ou les meilleures alliances entre bières et mets ! La DLUO La bière ne se bonifie pas une fois conditionnée. C’est d’ailleurs le seul produit alcoolisé à se voir imposer une DLUO (date limite d’utilisation optimale), à ne pas confondre avec la DLC (date limite de consommation). La bière servie à la pression est livrée en fûts de 20 à 50 litres qui doivent être mis en perce dans les trois mois suivant leur conditionnement, puis consommés dans les trois jours. La bière en bouteille se conserve un an à un an et demi. Elle doit être protégée de la lumière et des écarts de température pour conserver toutes ses qualités pendant cette durée. V. LE SERVICE ET LA DÉGUSTATION DE LA BIÈRE Heineken 30 France Les 7 règles d'or du demi pression La bière pression est un produit « semi-fini », fragile, qui nécessite des soins qualifiés et une hygiène rigoureuse. • La cave doit être de température aussi constante que possible, idéalement à 15 °C, bien ventilée et toujours propre. • L'installation de tirage pression doit être rincée à l'eau claire à chaque changement de fût. • Les sanitations, ou nettoyage complet, chimique et mécanique, des conduites bière, doivent être effectuées toutes les six semaines au minimum par le technicien du distributeur. • Les verres demandent un soin tout particulier, dont dépendra entre autres la qualité de la mousse : nettoyage dans un bac réservé, dans une eau à 55 °C maximum, avec un détergent et des brosses spécifiques. Ils ne doivent pas être essuyés avec un torchon mais séchés naturellement, sur une grille. Enfin, à chaque marque son verre, dont la forme a été spécialement étudiée pour révéler les subtilités de chaque bière. • Les fûts doivent reposer 24 à 48 heures après livraison, isolés du sol par une palette. Le respect de la DLUO (date limite d'utilisation optimale) est impératif. • Le réglage de l'installation comporte deux points : - le respect de la pression indiquée au thermopression évite des effets de sursaturation ou de désaturation de la bière et facilite le service, - le réglage du groupe de froid permet de respecter la température de dégustation idéale (entre 4 et 10 °C selon les types de bière). • Le bon débit est atteint avec une moyenne de deux fûts par semaine et par bec. V. LE SERVICE ET LA DÉGUSTATION DE LA BIÈRE Heineken 31 France 2. L A D É G U S TAT I O N Tous ses sens en alerte, l'amateur évitera la précipitation et prendra le temps d’observer, de sentir, d’écouter son breuvage avant de le faire glisser en bouche pour en apprécier toutes les saveurs. L'œil va déceler couleur, brillance, mousse et pétillement. La transparence peut être soulignée par une bonne lumière, voire un papier blanc posé derrière le verre. La mousse est un bon indicateur de la fraîcheur du produit : la persistance et la tenue de ce col - blanc, crème ou cappuccino - attestent d’une bière de qualité. Les bulles ne doivent pas être trop grosses, ce qui serait le signe d’un excès de gaz carbonique. Au nez, l’arôme de la bière s'offre en deux temps : – le premier cercle d'arômes est celui des matières premières, céréales, malt, houblon, épices et levures. – le deuxième cercle concerne les arômes liés au processus de fabrication et aux levures. Leurs noms sont empruntés aux familles de fruits, fleurs, sucres, torréfaction... Lorsqu'ils sont discrets, on parle de note ou de pointe. Le terme flaveur désigne l'association des arômes décelés par l'odorat et des saveurs constituant le goût. V. LE SERVICE ET LA DÉGUSTATION DE LA BIÈRE Heineken 32 France En bouche, pour apprécier les caractéristiques d'une bière, il convient, à la différence du vin, de prendre une bonne gorgée et de l'avaler en la faisant passer du bout de la langue jusqu'à la gorge. C'est ensuite l'arrière-goût qui révèlera la persistance des arômes et des saveurs. On peut distinguer : – le moelleux qui donne une impression de plénitude, d’habillage du palais. – le pétillant qui fait ressortir le goût et donne le sentiment de désaltération – le bouquet : céréales, fruité, floral,... On distingue deux types de bière en bouche : – celles qui « tapissent » la bouche par le moelleux de leur texture, comme certaines bières d'abbaye, certaines ambrées et la quasi-totalité des brunes, – celles où la désaltération l'emporte, qui ont une grande vivacité en bouche. Ce sont essentiellement les bières blanches et les blondes de type « lager ». Le sens du goût est composé de quatre saveurs fondamentales : le sucré, le salé, l'acide et l'amer, qui se révèlent dans cet ordre : le sucré sur le bout de la langue, l'acide sur les côtés, le salé sur le dessus et l'amer au fond. V. LE SERVICE ET LA DÉGUSTATION DE LA BIÈRE Heineken 33 France 3. L’ A L L I A N C E B I È R E S E T M E T S La bière propose une palette de goûts qui en fait la boisson d’accompagnement des mets les plus variés. Ce breuvage fait d’ailleurs son retour sur la table dans des harmonies gastronomiques aussi inédites qu’originales, proposées par des chefs et des sommeliers qui se laissent tenter par de nouvelles aventures. Accords inattendus Une bière blonde, maltée et légèrement amère, accompagnera avec bonheur des crudités, des charcuteries douces, des entrées légères et des viandes blanches. Une bière blanche, doucement épicée avec une note de levure, ravira poissons et crustacés. Elle accompagnera parfaitement une salade de fruits frais. Les bières de spécialité comme les rousses ou les brunes s’associeront à des charcuteries corsées et à des viandes en sauces ou encore à du lapin à la carbonnade flamande. Les bières d'abbaye formeront un heureux mariage avec le foie gras ainsi qu'avec le gibier accommodé de fruits. V. LE SERVICE ET LA DÉGUSTATION DE LA BIÈRE Heineken 34 France Il est un mariage particulièrement heureux, celui de la bière et du fromage : Une bière brune se dégustera avec des fromages forts comme le maroilles, le vieux Lille ou mieux encore la boulette d’Avesnes. Une bière d’abbaye avec des fromages persillés comme un roquefort ou un bleu dans une alliance harmonieuse sucré/salé et moelleux/consistant. Une bière ambrée avec des fromages de chèvre pour mettre en valeur les flaveurs capryliques et légèrement toastées. Au dessert, rien de tel qu’une bière fruitée. Pour compléter et rafraîchir un gâteau, ou mieux un dessert aux fruits, servir une bière d’abbaye en accompagnement d’un sorbet réalisé avec la même bière. Et si vous voulez surprendre, un stout irlandais aux arômes discrets de cacao avec un gâteau au chocolat. À consommer avec modération ! V. LE SERVICE ET LA DÉGUSTATION DE LA BIÈRE Heineken 35 France VI. LE MARCHÉ DE LA BIÈRE 1. Le marché mondial 2. Le marché européen 3. Le marché français Heineken 36 France 1. LE MARCHÉ MONDIAL La bière est aujourd’hui présente dans tous les pays du monde. Sur un marché d’1,6 milliard d’hectolitres en 2006, près de 4 000 brasseurs se disputent les faveurs des buveurs de bière. Le marché de la bière connaît toujours la croissance au niveau mondial (+ 3,0 % en 2006) avec des disparités sensibles : les moteurs de croissance sont les pays d’Europe de l’Est (+ 5,4%) et l’Asie (+ 5,3 %) alors que la consommation est bien moins orientée dans les pays occidentaux (stable pour l’Europe de l’Ouest et - 0,6 % pour l’Amérique du Nord). Avec 30 % de la consommation mondiale, le marché asiatique est aujourd’hui le plus important sur le plan international. Son potentiel de croissance pour les 5 prochaines années est estimé à 115 millions d’hectolitres, soit une croissance annuelle moyenne de 4,3 %. À noter que la Chine est, depuis 2000, le 1er pays producteur de bière avec 331 millions d’hectolitres en 2006. Des groupes de taille mondiale L’activité brassicole a connu une très forte concentration au cours du XXe siècle. Les quatre premiers groupes mondiaux réalisent chacun des volumes supérieurs à 120 millions d’hectolitres*. Cependant, subsistent en Europe, en Afrique ou en Amérique du Sud, nombre de petites brasseries qui visent des marchés locaux avec des produits bien typés. En Belgique et aux Pays-Bas, certaines abbayes assurent même encore leur production. On assiste enfin à l'éclosion de nombreuses brasseries artisanales (plus de 150 aujourd'hui en France). Données Canadean - Estimation 2006 * Plato Logic Limited - International Groups 2007 - Estimation 2006 VI. LE MARCHÉ DE LA BIÈRE 37 Heineken France Le premier brasseur mondial en volume est, depuis sa fusion avec le brésilien Ambev, le groupe belge Inbev avec 214 millions d’hectolitres en 2006, dont les marques les plus connues sont Stella Artois et Leffe. Le numéro 2 mondial, né de la fusion de Miller USA et de SAB Afrique du Sud, a brassé 208 millions d’hectolitres en 2006. Il est suivi par l’Américain Anheuser Buch, numéro 3, qui brasse 147 millions d’hectolitres par an. Ses bières aux marques Budweiser sont les plus consommées aux USA. Le groupe Heineken est n° 1 européen et n° 4 mondial, avec une production de 129 millions d’hectolitres en 2006. Le groupe emploie plus de 57 000 salariés dans 115 brasseries réparties sur 65 pays. Le groupe Heineken a été créé en 1864 par Gerard Adriaan Heineken. La qualité de la bière Heineken est due, dit-on, à la levure Heineken A, une des premières souches pures isolée au monde. L’obtention d'une qualité constante associée à un marketing et une communication précurseurs ont fait le succès de la marque. Heineken fut aussi le premier brasseur à lancer le défi de l'internationalisation, entre les deux guerres mondiales, quand la bière était encore considérée comme un produit sédentaire. Plato Logic Limited - International Groups 2007 - Estimation 2006 VI. LE MARCHÉ DE LA BIÈRE 38 Heineken France 2. LE MARCHÉ EUROPÉEN En Europe de l’Ouest, la consommation de bière connaît une nette diminution (- 4,5 millions d’hectolitres depuis 2000) alors qu’elle représente environ 18 % du total mondial. Ce phénomène touche la consommation d’alcool en général, notamment en raison des campagnes actives menées par les Pouvoirs Publics contre la consommation excessive d’alcool, et de la concurrence d’autres boissons, alcoolisées ou non. L’Espagne reste le pays européen avec la plus forte croissance : + 2,5 % en 2006 (la consommation par habitant a atteint 82 litres en 2006 contre 71 litres en 2000). Les pays d’Europe centrale et de l’Est connaissent une croissance soutenue de leur consommation de bière. Avec 14,5 % des volumes consommés dans le monde, ils affichent un potentiel de croissance sur les cinq prochaines années de 42 millions d’hectolitres, soit une croissance annuelle moyenne de 3,3 %. Données Canadean - Estimation 2006 Un cas unique : le marché allemand Le Duc Wilhem IV de Bavière avait décrété en 1516 la loi de pureté, qui spécifiait que la bière devait être exclusivement élaborée à partir d’orge, d'eau et de houblon. Cette disposition a permis au marché allemand de se préserver des importations de bières étrangères et de garder une production très éclatée : pas moins de 1 268 brasseries (sur les 4 000 que compte la production mondiale) brassent annuellement 110 millions d’hectolitres, soit environ le tiers de la production européenne. La récente abrogation de la loi a permis l’arrivée des grands brasseurs mondiaux en Allemagne et provoqué un début de concentration du marché. VI. LE MARCHÉ DE LA BIÈRE Heineken 39 France 3. LE MARCHÉ FRANÇAIS La France est le sixième producteur européen de bière, avec 16 millions d’hectolitres en 2006 dont 10,7 % sont exportés. La consommation nationale s’élève à 20,3 millions d’hectolitres soit 33,2 litres par habitant en 2006, ce qui place la France en avant dernière position des pays consommateurs de bière en Europe, loin derrière l’Irlande (130 litres), l’Allemagne (114 litres), l’Autriche (111 litres), la Grande Bretagne (96 litres), la Belgique (90 litres) ou le Danemark (84 litres). 72 % des ventes se font sur le marché alimentaire (petites, moyennes et grandes surfaces) et 28 % en consommation hors domicile (près de 300 000 points de vente potentiels). La bière est la 2e boisson froide consommée en CHD, après l'eau et avant le vin (11 % des actes de consommation). Le marché français se caractérise par la densité de son réseau de cafés-brasseries. Bien que le café traditionnel soit en régression rapide, ce réseau représente toujours un lien privilégié entre les Français. Cependant, pour désireux qu’ils soient de disposer de lieux favorables aux échanges, nos concitoyens sont de plus en plus exigeants sur la qualité. Pour conserver les faveurs de leurs clients, les cafetiers doivent se montrer rigoureux sur la qualité des services et des produits qu’ils proposent. Données Canadean - Estimation 2006 VI. LE MARCHÉ DE LA BIÈRE Heineken 40 France Consommation responsable Parce que la bière doit rester un plaisir, le groupe Heineken France a mis en œuvre une politique de promotion d'une consommation responsable avec des engagements concrets à l'égard des consommateurs : - signature du code d'éthique de l'Association des Brasseurs de France interdisant la vente de grands contenants à forte teneur en alcool et bon marché (particulièrement prisés des jeunes) ainsi que du code d'autodiscipline d'Entreprise et Prévention qui vise à strictement respecter la loi Evin en matière de communication, - soutien actif du concept développé par Entreprise et Prévention et les pouvoirs publics : « Conducteur désigné. Celui qui conduit c’est celui qui ne boit pas. » Heineken France inclut systématiquement ce principe dans toutes ses actions en CHR. Le groupe soutient également l’installation progressive de bornes éthylotests dans les établissements de nuit. L’entreprise, leader national des bières sans alcool, va encore plus loin en offrant une gamme élargie de produits non alcoolisés : Buckler, la gamme Panach’ (Panach’ le classique et Panach’ le Monaco) et sa première pression sans alcool, Amstel free. A cela, Heineken France ajoute un nouveau verre Heineken 15 cl pour le CHR, une nouvelle bouteille Heineken 15 cl commercialisée en pack de 8 bouteilles pour le marché alimentaire ainsi qu’une bière à faible teneur en alcool (3 % d’alcool vol.) : Desperados Mas. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération. VI. LE MARCHÉ DE LA BIÈRE Heineken 41 France GLOSSAIRE Abbayes .....................................5 DLUO .......................................29 Moût .........................................15 Ambrées ..................................23 Égypte .......................................4 Œil ...........................................31 Alcool .......................................16 Anheuser Bush ........................37 Bières aromatisées ..................25 Drèches ...................................15 Esters ......................................16 Flaveur .....................................31 Nez ..........................................31 Panachés .................................26 Pasteurisation ............................7 Bières au malt fumé ................25 Fûts ..........................................30 Bières macérées aux fruits ......24 Gaz carbonique .......................16 Révolution industrielle ...............7 Heineken .................................37 Sanitations ...............................30 Bières d'abbaye .......................24 Bières sans alcool ...................26 Blanches ..................................22 Bouche ....................................32 Brunes .....................................23 Cave ........................................30 Cérès .........................................4 Cervoise ....................................4 Chicha .....................................10 Consommation hors domicile ..39 Couleur ....................................22 d’embouteillage .......................18 Débit ........................................30 Gambrinus .................................6 Gruyt ........................................12 Qualité .....................................18 Renaissance ..............................6 SABMiller .................................37 Hildegarde de Bingen.................5 Sikaru ........................................3 Inbev ........................................37 Strasbourg .................................9 Houblon ...................................12 Lagers ......................................22 Lambics ...................................16 Stouts ......................................23 Sumériens .................................3 Tirage pression ........................30 Lambics et les gueuzes ...........24 Torréfaction .............................14 Lupuline ...................................12 Verres ......................................30 Louis Pasteur ...........................11 Mésopotamie .............................3 Touraillage ...............................14 Mousse ....................................29 Heineken 42 France Pour plus d’informations... Nous vous conseillons de consulter les sites suivants : Concernant le produit bière www.culturebiere.com www.brasseurs-de-france.com Concernant la consommation responsable www.reperes-alcool.com www.2340.fr Heineken 43 France