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Méthode de Pryce pour les EDA Jean-Claude Yakoubsohn Institut de Mathématiques de Toulouse Équipe MIP [email protected] Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 1 / 23 Souvenirs lointains θ Newton : 1643-1727 ~ = m~a Seconde loi de Newton : F ′′ θ = −g sin θ Galilée : 1564-1642 Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 2 / 23 Maupertuis et le principe de moindre action Pierre Louis Moreau de Maupertuis : 1698-1759 Ce principe est que dans toutes les distributions de mouvement qui se font dans la nature, la quantité d’action (qui est la somme des produits des masses par les espaces qu’elles parcourent, i.e. par les vitesses avec lesquelles elles les parcourent) était toujours la plus petite qu’il fut possible : que dans le repos, les corps qui se tenaient en équilibre devaient être placés de manière que s’il arrivait quelque petit mouvement, la quantité d’action fut la moindre. Éssai de cosmologie, 1751. Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 3 / 23 Euler,Lagrange,Hamilton Euler : 1707-1783 Lagrange : 1736-1813 Hamilton : 1805-1865 Le principe de Hamilton gouverne le mouvement d’un système de coordonnées généralisées q. Ce principe est modélisé par la fonction de Lagrange L(q, q ′ , t). Le calcul des variations implique que la fonction L est extrémale si les équations d’Euler sont satisfaites : ∂L d ∂L − =0 ∂q dt ∂q′ Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 4 / 23 Formulation lagrangienne angulaire du mouvement du pendule q = θ, L(θ, θ′ , t) = θ′2 /2 − g (1 − cos(θ)) ∂L d − ∂θ dt ∂L ∂θ′ = θ′′ + g sin θ = 0 Équation différentielle du type x ′ = f (x). Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 5 / 23 Formulation lagrangienne cartésienne du mouvement du pendule L(x1 , x2 , x1′ , x2′ ) = (x1′2 +x2′2 )/2−gx2 −x3 (x12 +x22 −1)/2 = q = (x1 , x2 , x3 ), d dt ∂L ∂q′ ′′ x + x1 x3 ∂L ′′ 1 − = x2 + x2 x3 − g = 0 ∂q x12 + x22 − 1 Équation différentielle du type f (X , X ′ ) = 0. Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 6 / 23 F (X , Y ) = 0 n’implique pas toujours Y = ϕ(X ) Si la différentielle de F par rapport à Y est inversible alors Y est une fonction continue de X : Y = ϕ(X ) L’ensemble {(X , Y ) : F (X , Y ) = 0} est une variété différentiable de dimension nombre de variables − nombre d’équations ′′ ′′ Dans le cas X = (x1 , x2 ), Y = (x1 , x2 , x3 ) on a ′′ x1 + x1 x3 ′′ F (X , Y ) = x2 + x2 x3 − g x12 + x22 − 1 1 0 x1 et DY F (X , Y ) = 0 1 x2 est non inversible. 0 0 0 Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 7 / 23 Le problème de la réduction. De Jacobi(1840?) à Pryce (2001) ′′ ′′ On note f1 := x1 + x1 x3 , f2 := x2 + x2 x3 − g , f3 := x12 + x22 − 1. Le problème est de trouver des indices ci et di tel que l’on puisse réduire ′′ ′′ l’ensemble {(x1 , x2 , x1 , x2 , x3 ) : f1 = 0, f2 = 0, f3 = 0} à une variété différentiable du type : (d1 ) {(x1 , . . . , x1 (d2 ) , x 2 , . . . , x2 (c1 ) { f1 = 0, . . . , f1 Jacobi : 1804-1851 Jean-Claude Yakoubsohn () (d3 ) ) : (c2 ) = 0, f3 = 0, . . . , f3 , x 3 , . . . x3 = 0, f2 = 0, . . . , f2 (c3 ) = 0} Le but est d’effectuer cette réduction en minimisant la dimension de la variété. Il s’agit en définitive de minimiser la quantité : d1 + d2 + d3 − c1 − c2 − c3 sous les contraintes ordre de la dérivée de la dj − ci ≥ variable j dans l’équation fi = 0 Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 8 / 23 Le problème d’optimisation de la réduction 2 ∞ 0 0 Soit la matrice d’ordre des dérivées Σ = −∞ 2 0 0 −∞ Problème primal Problème dual ( assignment problem) P P minimiser s = j dj − i ci sous les contraintes : dj − ci ≥ σij ci ≥ 0 P maximiser s = zij σij sous : P P les contraintes z = 1 z = ij ij j i zij = 0 ou 1. Kuhn : 1925– Jean-Claude Yakoubsohn () Solution du problème dual : s = 2 S = {(1, 1), (2, 3), (3, 2)} ou S = {(3, 1), (2, 2), (1, 3)} Solution du problème primal d = (2, 2, 0), c = (0, 0, 2) Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 9 / 23 ‘Recette’ pour la solution du problème dual : méthode de point fixe 2 ∞ 0 0 Σ = −∞ 2 0 0 −∞ S = {(1, 1), (2, 3), (3, 2)} c 0 = (0, 0, 0) d 1 = (max σi1 + c1 , max σi2 + c2 , max σi3 + c3 ) = (2, 2, 0) i c 1 = (d1 − σ11 , i i , d3 − σ23 , d2 − σ32 ) = (2 − 2, 2 − 2, 2 − 0) = (0, 0, 2) d 2 = (2, 2, 0) c 2 = c 1 STOP Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 10 / 23 L’article de Jacobi Voir Jean-Claude Yakoubsohn () http://www.lix.polytechnique.fr/˜ ollivier/ Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 11 / 23 L’article de Jacobi Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 12 / 23 L’article de Jacobi Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 13 / 23 Écriture du système réduit f3 := x12 + x22 − 1 F1 (x1 , x2 ) ou F1 (x2 , x1 ) f3′ /2 := x1 x1′ + x2 x2′ F2 (x1 , x2 , x1′ , x2′ ) ou F2 (x1 , x2 , x2′ , x1′ ) ′′ f1 := x1 + x1 x3 ′′ f2 := x2 + x2 x3 − g ′′ ′′ ′′ f3 /2 := x1 x1 + x2 x2 + x1′2 + x2′2 ′′ ′′ F3 (x1 , x2 , x1′ , x2′ , x1 , x2 , x3 ) ′′ x1 1 0 x1 0 ′′ −g On remarque que :F3 = 0 1 x2 x2 + ′2 ′2 x1 x2 0 x1 + x2 x3 1 0 x1 1 x2 est égal à −2x12 − 2x22 = −2. Or le déterminant de 0 2x1 2x2 0 Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 14 / 23 Système réduit On résoud F3 = 0. On ne conserve que x1′′ = ... et x2′′ = .... Finalement on doit résoudre : x1′ = x11 x2′ = x21 ′ 2 2 x11 = −x1 x2 g − (x11 + x21 )x1 ′ 2 2 x21 = x12 g − (x11 + x21 )x2 sous les contraintes : 0 = x12 + x22 − 1 0 = x1 x11 + x2 x21 Système différentiel algébrique du type : Y ′ = F (Y ) 0 = G (Y ) Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 15 / 23 Résolution numérique de Y ′ = F (Y ) sous la contrainte G (Y ) = 0 Étape 1. Trouver un point initial Y0 tel que G (Y0 ) ∼ 0. Soient t0 , h > 0. Comment trouver une approximation Y1 de Y (t1 ) telle que G (Y1 ) ∼ 0? Étape 2. On calcule une approximation Z1 de la solution de l’équation Y ′ = F (Y ) Y (0) = Y0 . Méthodes utilisées : Runge-Kutta etc... Réf : Hairer,Norsett,Wanner Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 16 / 23 Calcul de la projection de G (Y ) = 0 Étape 3. On projette Z1 sur la variété {Y : G (Y ) = 0 } La projection de Z1 est Y1 . On cherche à minimiser ||Y − Z1 ||2 sous la contrainte G (Y ) = 0. On introduit L(Y , Λ) = ||Y − Z1 ||2 + 2G (Y )T Λ et on cherche (Y , Λ) solution du système Y − Z1 + DG (Y )T λ = 0 ∇L(Y , λ) = G (Y ) = 0 Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 17 / 23 Approximation d’une solution de ∇L(Y , λ) = 0 On utilise la méthode de Newton appliquée à ∇L(Y , Λ). N∇L (Y , Λ) = Y Λ − I + D(DG (Y )T Λ) DG (Y )T DG (Y ) 0 −1 ∇L(Y , Λ) On calcule la suite U0 = (Z1 , 0)T Uk+1 = N∇L (Uk ) Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 18 / 23 Formalisation et synthèse (j) On pose xij := xi (t), xi := xi0 , i = 1 : n, j = 0 : ei et x e = (x1 , . . . x1e1 , . . . xn , . . . , xnen ) (c1 ) Soient f (x e ) := (f1 (x e ), . . . fn (x e )) et f c = (f1 (cn ) , . . . , fn ) Problème : trouver d = (d1 , . . . , dn ) et c = (c1 , . . . , cn ) tel que la dimension X X (dj + 1) − (ci + 1) j i de la variété {x d : f c (x d ) = 0} soit minimale. Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 19 / 23 Formalisation et synthèse Problème primal Problème dual ( assignment problem) P P minimiser s = j dj − i ci sous les contraintes : dj − ci ≥ σij ci ≥ 0 P maximiser s = zij σij sous : P les contraintes P i zij = j zij = 1 zij = 0 ou 1. Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 20 / 23 Résultats 1 Il est possible de grouper les variables et les équations de telle sorte que le système réduit du système initial f d (x e ) = 0 soit triangulaire par blocs. Plus précisément X−k = {xij : j = −k + di > 0}, F−k = {fij : j = −k + ci } Si p = maxi ci et q = maxi di F (X−k , . . . , X0 ) = Jean-Claude Yakoubsohn () F−q (X−q ) F−q+1 (X−q , X−q+1 ) .. . F0 (X−q , . . . , X0 ) Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 21 / 23 Résultats 2 Soit f (x e ) = 0 le systm̀e initial et F (X ) le système réduit triangulaire par blocs. 1– Alors DX−k F−k (X−p , . . . , X−k ) est une sous matrice de ∂fi J = ∂xj,dj −ci 2– Si J est inversible les systèmes F−k , k = 0 : p, sont de rang maximun. Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 22 / 23 Résultats 3 Supposons que F (X ∗ ) = 0 et DX0 F (X ∗ ) est inversible. Alors il existe une fonction φ(X−k , . . . , X−1 ) tel que : 1- si x(t) est solution sur un intervalle centré en t ∗ de X0 = φ(X−k , . . . , X−1 ) tel que F−k (X̄−p , . . . , X̄−k ) = 0, k =1:p ∗ ∗ pour tout (X̄−p , . . . , X̄−k ) dans un voisinage de (X−p , . . . , X−k ) et de t ∗ , alors x est solution de f (x e ) = 0 autour de t ∗ . ∗ ∗ , . . . , X−k ) tel que toute solution de f (x e ) = 0 vérifiant, ”pour tout t 2– Il existe un voisinage de t ∗ et (X−p ∗ ∗ , . . . , X−k )”, est aussi solution de autour de t ∗ (X−p (t), . . . , X−k (t)) est dans un voisinage de (X−p F (X (t)) = 0 pour t autour de t ∗ . 3– On peut quantifier la taille des voisinages. Jean-Claude Yakoubsohn () Méthode de Pryce 4-5 juin 2009 23 / 23