Attention, chien méchant

Transcription

Attention, chien méchant
illustration :Pierre Houpert
Attention ! Chien méchant !
Bien que j’apprécie la compagnie de mon chien, j’ai du mal à comprendre ce qui m’est
arrivé : j’ai 56 ans et comme seule compagnie mon chien. Je surfe depuis peu sur le net pour
trouver une femme à mon goût : sympathique, drôle et aimant la cuisine. Voilà comment moimême, je me suis présenté : Je m’appelle Louis croc, je tiens un bistro à l’angle de la 67ème et
66ème rue des quartiers nord de Cardiff .Je vis au pays de Galles avec mon chien Wookie. Mes
passions sont la belotte et les chiens. J’ai de longs cheveux bruns ainsi qu’une barbe très
longue. Je suis poilu comme un singe. J’espère que ce dernier détail ne repoussera pas les
éventuelles prétendantes mais je préfère être honnête et qu’elles n’aient pas de mauvaises
surprises en me voyant.
Dans ma vie, j’ai réalisé mon rêve : retaper et tenir le bistro de mon grand-père à
Cardiff. J’organise des soirées où les fonds sont reversés à des associations caritatives.
Tous les jours, je fais un petit footing avec mon chien avant de partir au boulot. J’ai adopté ce
chien dans refuge pour animaux abandonnés .J’ai pris celui-là parce que personne ne le
voulait car il était aveugle. Mais on m’a précisé qu’il avait un flair extraordinaire. C’était une
magnifique terre neuve d’un noir éclatant qui avait sauvé, parait-il, de nombreuses vies en
mer. Quel chien fidèle et toujours prêt à jouer ! Pour trouver les champignons, c’était le
meilleur comme les cochons pour les truffes.
Je courais comme tous les après-midi avec mon chien quand il me quitta. Sans doute
avait il dû sentir une odeur de champignon. Je commençais à être à bout de souffle. Je décidai
de rentrer. Je sifflais, l’appelais mais il ne revenait pas. Je commençais à m’inquiéter et je
hurlais à présent. La nuit était déjà là et heureusement qu’aujourd’hui dimanche le bistro était
fermé car j’aurais été sacrément en retard. J’entendis soudain un bruit aigu comme une plainte.
Je me mis à courir, les branches me fouettaient le visage. Je devinai malgré la nuit une
présence. Je baissai les yeux et découvris la carcasse de mon fidèle compagnon. Devant une
telle horreur, je fis demi-tour et m’enfuis à toutes jambes mais j’entendais derrière moi, le
souffle haletant de quelqu’un qui me poursuivait, quand un violent coup me jeta à terre.
J’entrepris l’ascension d’un arbre, ne pouvant plus courir mais la chose, plus vive que moi,
m’avait saisi la jambe et y avait planté ses crocs, le sang ne cessait de couler. Je n’arrivais
plus à rester accroché aux branches, la chute était inévitable. Quand je me réveillai au milieu
de la forêt, je sentis une douleur ardente qui avait pris possession dans mon esprit et qui me fit
sombrer dans les ténèbres profondes comme je le découvris plus tard…
Je rentrai chez moi avec cette douleur lancinante, je pris une douche. Je fus alors pris
de vertiges et de nausées. Lorsque j’ouvris le bistro le soir vers 18 heures et que je vis arriver
les serveuses, je leur dis qu’elles pouvaient prendre leur soirée. Elles ne cherchèrent pas à en
savoir plus, tellement heureuse de na pas travailler.
La nuit arrivée, j’eus une sensation étrange comme si des milliers de poils pousser sur
toutes les parties de mon corps ainsi et mes canines devinrent des longs crocs. Un regard dans
la glace me fit prendre conscience que j’étais réellement devenu un animal velu, une bête
maléfique. Je ressentis alors l’envie d’aller tuer de la chair fraîche. Je partis dans les rues de
Cardiff pour assouvir mon envie de tuer : je m’attaquai à la personne âgée, à l’enfant, au chat,
au pigeon : tout ce qui était sur mon passage n’était pour moi que de la chair fraîche à dévorer.
Quelqu’un me vit sans doute et me tira dessus. Une balle m’atteignit mais je ne ressentis
aucune douleur, je continuai à tuer jusqu’à l’aube après avoir semé le tireur.
Une fois chez moi, je m’endormis. Lorsque je réveillai, je repensai à cet horrible
cauchemar que je venais de faire : je me voyais en train de dévorer une pigeon …
Mais mon corps était maculé de sang encore liquide. La balle de mon cauchemar était
incrustée dans mon épaule. Comment était-ce possible ?
J’allai nettoyer la blessure lorsque la radio annonça :
« Cette nuit a eu lieu un véritable massacre : une dizaine de personnes et d’animaux ont été
tués de manière atroce. Un villageois aurai vu le coupable : un chien de grande taille. Il aurait
tiré dessus et l’aurait blessé. C’était Mc Daughan sur radio city. »
A ce moment, je fus pris d’une terrible angoisse : était-ce moi le meurtrier ?
Tout sembla redevenir normal, je faisais mon footing tous les matins sans mon chien
hélas, aucune femme n’avait répondu à mon annonce et j’évitais de repenser à cette fameuse
nuit. Je n’avais pas remarqué que depuis quelqu’un me suivait, à chacun de mes déplacements.
Une nouvelle nuit de pleine lune arriva et ma transformation fut inévitable : j’étais devenu un
monstre .Je m’apprêtais à sortir pour assouvir mes envies de sang mais j’eus peur…Pourtant
la terreur ne peut envahir un animal maléfique tel que moi commandé par les forces
démoniaques…Et pourtant…..Je passai le seuil de la porte et je vis devant moi et centaine de
citadins, fusil à la main, prêts à me faire la peau. Ils savaient….Je me dirigeai vers la forêt
mais ils l’avaient prévu, j’étais encerclé, fait comme un rat : ils me sautaient dessus, me
ruaient de coups…Mes forces étaient épuisées : j’étais capturé. Ils voulaient me faire payer
tous les crimes que j’avais commis. Ils m’avaient enfermé dans une minuscule salle où je
tournais en rond, n’ayant pu assouvir mes besoins. Je dépérissais.
J’étais redevenu un homme mais ils savaient et ils votèrent pour ma mise à mort.
C’est mon dernier jour. Un policier va arriver avec un pistolet. Des gardes vont m’emmener
en salle d’exécution. Je suis calme : si je suis un meurtrier, je dois mourir. Ils seront tous là à
me voir mourir, devant leurs yeux, pour être sûr que le démon ne s’échappe pas.
J’ai trouvé ce manuscrit dans la cellule de celui qui était surnommé « le loup-garou »,
j’étais le gardien. Quelle étrange histoire….Pourtant, les crimes ont continué après lui…
Auteurs : Antoine Bails, Etienne Boucher, Ducy Adrien, Pierre Houpert, Michaël Oëchsel