les pratiques de jardinage et la consommation de
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les pratiques de jardinage et la consommation de
AFPP – 3e CONFÉRENCE SUR L’ENTRETIEN DES ESPACES VERTS, JARDINS, GAZONS, FORÊTS, ZONES AQUATIQUES ET AUTRES ZONES NON AGRICOLES TOULOUSE – 15, 16 ET 17 OCTOBRE 2013 LES PRATIQUES DE JARDINAGE ET LA CONSOMMATION DE PRODUITS PHYTOSANITAIRES CHEZ LES PARTICULIERS - LE CAS DU BASSIN D’ARCACHON C. THIEFIN(1), S. JAMES et A. THEVAND(2) (1) SIBA (SIHS) 2a avenue de la Côte d’Argent - CS 50501 - 33380 BIGANOS FRANCE Tél : 05.57.76.23.23 - [email protected] (2) SIBA 16, allée Corrigan - CS 40002 - 33311 ARCACHON Cedex FRANCE – Tél : 05.57.52.74.77 - [email protected] RÉSUMÉ Un réseau innovant de recherche, de surveillance et d’expertise uniquement dédié aux pesticides s’est mise en place sur le Bassin d’Arcachon depuis 2010 (REPAR). Alliant à la fois organismes gestionnaires et scientifiques, ce réseau, en plus d’actions de quantification de la présence des molécules de type pesticides dans les eaux, se veut ancrer dans le contexte local et actualise ses listes de substances suivies par le biais d’enquêtes auprès des différents usagers de pesticides sur les bassins versants. Ainsi, après avoir étudié les pratiques en milieu agricole et dans la gestion des espaces verts par le personnel communal, le REPAR s’est intéressé aux pratiques et usages de produits phytosanitaires dans les jardins de particuliers. Une enquête, sous forme de questionnaires, a donc été mise en place sur 6 mois (Mars - Août 2013). Les principaux objectifs de cette étude étaient donc d’apprendre ce que les gens font en matière de jardinage et comment ils se comportent face aux pesticides (utilisation, protection, possibilité de réduction de l’usage de ces produits…), mais aussi d’établir une liste des molécules présentes dans ces produits et de voir si on retrouve ces mêmes molécules ou leur produits de dégradation dans les eaux du Bassin. Mots-clés : jardins, particuliers, pratiques, pesticides, Bassin. ABSTRACT THE GARDENING HABITS AND THE USE OF PESTICIDES IN AMATEURS GARDENS, AROUND THE BAY OF ARCACHON An innovative research and monitoring network dedicated to pesticides exists on the Arcachon Bay since 2010 (REPAR). Combining both scientists and territorial managers, the REPAR is based on classical monitoring of the pesticide presence in water, but also on surveying the various pesticides hand users on the watershed (farmers, public green spaces). This study focuses on the practices and use of these products in private gardens. A survey, in the form of questionnaires, has been set up during six months (March - August 2013). The main objectives of this study were to learn what people do in terms of gardening and how they behave towards pesticides (use, protection, possibility to reduce the use of these products ...), but also to establish a list of molecules present in these products and see if we find them (or residues of these molecules) in the waters of the Bay. Keywords: private gardens, pesticides, practices, Bay. INTRODUCTION Le jardinage est l’un des loisirs préférés des français, malgré les faibles quantités en jeu par rapport à l’agriculture, il tient une part non négligeable dans l’utilisation de produits phytosanitaires. Les jardiniers amateurs représenteraient ainsi, d’après les données nationales, près de 5 % de la consommation nationale de pesticides. A l’heure où le dernier rapport de l’Ineris pointe les risques sanitaires de l’utilisation des pesticides et où les politiques publiques encourage la formation des professionnels vendeurs ou applicateurs de produits phytosanitaires par le biais des certifications de type Certiphyto, il n’existe pas d’indicateur et bien peu de données concernant les pratiques des particuliers et leur perception du risque à la fois sanitaire et environnemental associé aux phytosanitaires. Les objectifs principaux de cette étude sont de connaitre, par le biais d’enquêtes sociologiques, les habitudes de jardinage chez les particuliers, et leurs usages de produits phytosanitaires. Il s’agit également d’établir un inventaire des produits les plus utilisés autour du Bassin et d’en faire ressortir un liste des molécules présentes dans ces produits et susceptibles de se retrouver dans les eaux et d’impacter le milieu aquatique des cours d’eau et du milieu marin. MATERIEL ET MÉTHODE CONTEXTE Le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon (SIBA) regroupant les 10 communes riveraines du Bassin d’Arcachon, anime depuis 2010 un réseau de surveillance dédié uniquement aux pesticides : le REPAR. Ce réseau, qui s’inscrit dans le plan national Ecophyto 2018, est issu de la collaboration entre des organismes scientifiques dont l’Ifremer, l’IRSTEA et l’Université de Bordeaux 1, et des gestionnaires impliqués dans la surveillance et la gestion de l’environnement comme l’Agence de l’eau Adour Garonne, le SIBA et le Ministère de l’Agriculture. Les principaux objectifs du réseau sont : - d’avoir une meilleure connaissance des sources de contamination, des voies d’introduction et de la présence des différentes molécules dans le Bassin, - une analyse précise des impacts de ces substances sur les organismes marins (zostères, phytoplancton, larves d’huître), - de faire le lien avec les pratiques en amont en proposant si nécessaire des actions de gestion, - d’informer les collectivités en publiant des bulletins de surveillance et synthèses rédigés par le groupe de travail. Pour répondre à ces objectifs, le REPAR mène une action de quantification de la présence des molécules de types pesticides par le biais de prélèvements réguliers dans les eaux du Bassin (plan d’eau et cours d’eau afférents) qui sont analysés par le Laboratoire de Physique Toxicologie et Chimie de l’Environnement de l’Université de Bordeaux 1. De manière innovante, la liste des molécules suivies n’est pas basée sur des listes nationales ou à dire d’expert. Voulant prendre en compte les spécificités du territoire, le REPAR construit et actualise ses listes à partir d’enquêtes menées auprès des différents utilisateurs potentiels de pesticides sur les bassins versants du Bassin d’Arcachon. Il s’agit ainsi de mieux connaitre les utilisations de produits phytosanitaires aussi bien en zone agricole qu’en ZNA (Dagens, 2012). L’enquête 2013, présentée ici, s’est focalisée sur les pratiques de jardinage dans les jardins d’amateurs. LA ZONE D’ÉTUDE Le Bassin d’Arcachon est une lagune côtière de 17 500 ha sur la côte aquitaine. Il est à la confluence de forts enjeux environnementaux (site Natura 2000, réserves naturelles) et économiques liés à la présence identitaire de l’ostréiculture. Son bassin versant est très étendu, prenant en compte la chaîne des lacs médocains au nord, la vallée de la Leyre à l’est, ainsi qu’une partie des étangs landais au sud. En tenant compte des quantités moindre de phytosanitaires en jeu dans le jardinage amateur, nous sommes partis du principe que la proximité du plan d’eau était le facteur le plus impactant de ces pratiques. Nous avons donc centré les enquêtes de pratiques sur les dix communes bordant le Bassin d’Arcachon (figure 1) Figure 1 : Carte des dix communes du Bassin d’Arcachon. (Map of the 10 municipalities of Arcachon’s Bay) La surface d’étude est ainsi de 78 627 ha. Afin de prioriser le travail de terrain nous avons mis en place, une cartographie des zones dites « à risques » selon différents critères : la proximité du plan d’eau du Bassin (soit une bande de 100 m à partir du trait de côte), la proximité d’un cours d’eau (soit une bande de 50 m autour des fleuves, ruisseaux…) et l’affleurement de la nappe d’eau souterraine (en particulier pour le secteur de la presqu’île de Cap Ferret). Ainsi en croisant ces données avec les fichiers cadastraux des communes, nous avons pu localiser les zones habitées pouvant être le plus ‘impactantes’ sur la qualité des eaux (figure 2). Figure 2 : Carte des zones « à risques » sur la commune d’Andernos-les-Bains. (Risky areas in the Andernos-les-Bains municipality) LE QUESTIONNAIRE L’étude se propose de croiser les données issues d’une part des vendeurs de produits phytosanitaires pour les particuliers (jardineries, pépinières), d’autre part les données issues des acheteurs/utilisateurs de ces produits. L’objectif de cette double approche est de pouvoir consolider les résultats en terme de molécules les plus utilisées sur le Bassin d’Arcachon et de pouvoir faire une estimation des quantités appliquées; mais également de pouvoir comparer les visions des phytosanitaires et des risques associés à leur utilisation entre les professionnels chargés de leur commercialisation et les usagers. Il est à noter que des jardiniers professionnels intervenant dans les jardins de particuliers ont également été contactés, le phénomène n’étant pas considéré a priori comme marginal sur une zone d’étude comprenant une forte part de résidences secondaires. Les entretiens avec les professionnels se sont déroulés en semi-directif. Concernant l’enquête auprès des particuliers/utilisateurs, afin d’obtenir des résultats représentatifs, nous avons mis en place une stratégie d’échantillonnage basée sur la population totale. En effet, un échantillonnage basé uniquement sur les propriétaires de jardins privés était impossible, car il n’existe aucune base de données sur ces espaces. L’objectif était de récolter 400 questionnaires afin d’avoir des résultats cohérents et représentatifs de la zone d’étude. Le questionnaire, réalisé grâce au logiciel Sphinx, comprend 85 questions divisées en 6 thèmes : - la vision du jardin et du jardinage - les spécificités du jardin - l’utilisation de produits phytosanitaires - l’attitude face aux risques et à l’environnement - les activités diverses - les indicateurs sociaux Les questionnaires ont été soumis aux personnes selon deux modes : - administrés en face-à-face (porte à porte) - auto-administrés sur internet. RESULTATS L’étude étant encore en cours au moment de la rédaction de cet article, seuls les résultats concernant les particuliers sont présentés ici sur la base d’un premier échantillon de 165 personnes. Les résultats complets seront présentés lors de la 3eme Conférence sur l’entretien des Zones Non Agricoles. Cependant nous pouvons déjà voir quelques tendances apparaitre : Pour la grande majorité des gens (91 %), le fait de jardiner reste un plaisir, qui apporte du bonheur et du bien-être. La plupart des jardins sur le Bassin d’Arcachon font plus de 600 m². Le plus grand jardin sur les 165 personnes interrogées fait 4 000 m². Il n’existe pas de jardin seulement potager, les jardins ont d’abord une vocation d’ornement (65 %) avant d’avoir une vocation alimentaire. On peut constater dans les premiers résultats que les principaux problèmes sont les mauvaises herbes (pour un peu plus de la moitié des personnes interrogées) et ce que l’on appelle les nuisibles (insectes, acariens, mollusques…), présents dans plus de 60 % des jardins. Les personnes interrogées connaissent (85 %) et utilisent (69 %) des alternatives aux pesticides dans leurs jardins. Le compost reste la technique de jardinage alternative la plus évoquée, ainsi que l’utilisation du savon noir contre les pucerons. Un quart de la population interrogée « laisse faire la nature » si jamais un problème apparait dans le jardin, certains personnes ne font que du traitement par produits phytosanitaires, et environ un tiers utilisent seulement des techniques non chimiques (coupe, traitement naturel, insectes auxiliaires…). Figure 3 : Les types de produits possédés par les particuliers interrogés. (Types of products detained by gardeners) On remarque que la majorité des personnes ne possèdent aucun produit pour le traitement du jardin, et les produits que l’on retrouve le plus souvent sont les insecticides. Les jardiniers amateurs qui font eux-mêmes les traitements se disent en général respectueux (77 %) des consignes données par les fabricants concernant le dosage des produits phytosanitaires. En réponse aux questions « Selon vous quelle est l’importance des risques liés aux pesticides sur l’environnement ? » « Et sur la santé ? », les personnes interrogées donnent une moyenne de 8 sur une échelle de 10 (1 étant un risque raisonnable, 10 un risque élevé). Les gens sont donc assez conscients des dangers ou risques des produits chimiques sur l’environnement et sur la santé. La population interrogée est en majorité favorable à l’élimination de l’utilisation de produits phytosanitaires dans les jardins. En effet, sur une échelle de 1 à 10 (de ‘non, pas du tout’ à ‘oui, totalement’ prêt à éliminer l’usage des pesticides), on obtient une moyenne de 7,75, et près de 40 % des personnes se disent prêtes à éliminer complètement l’utilisation de pesticides. Les retraités représentent une part très importante de la population interrogée (environ 68 %). Commune Arcachon Population totale Population à interroger Population interrogée 11 278 40 6 5 676 20 4 11 415 42 14 Audenge 6 155 22 20 Biganos 9 826 36 2 Gujan-Mestras 19 877 72 62 La Teste-de-Buch 25 018 90 27 Le Teich 6 708 25 6 Lanton 6 309 22 23 Lège-Cap Ferret 7 923 28 1 110 185 400 165 Arès Andernos-les-Bains Total Tableau I : La commune de résidence. (À partir de données Insee 2010). (The municipality of residence. Le tableau I montre l’effort d’échantillonnage par commune à l’heure où l’article est rédigé. L’étude étant encore en cours, il est donc normal d’observer une sous-représentation de certaines communes. DISCUSSION On remarque une forte représentation des personnes retraitées, ceci peut s’expliquer par deux facteurs : autour du Bassin la population de retraités est très importante donc cela se ressent dans nos résultats. Mais nous pouvons également prendre en compte le fait que les questionnaires ont été soumis aux personnes, dans la grande majorité, pendant les heures de travail (14h-17h). On observe également une surreprésentation de la population de quelques communes, l’étude étant encore en cours lors de la rédaction, les quotas pour certaines villes sont déjà atteints ou pratiquement atteints, c’est notamment le cas pour Lanton, ou Gujan-Mestras. Pour la majorité des jardiniers interrogés le jardinage est synonyme de plaisir, les gens aiment faire leur jardin eux-mêmes, être dehors, avoir un contact avec la nature, et voir les légumes pousser (et les consommer) lorsqu’ils ont un potager. Certaines personnes considèrent le jardinage comme un moment de bien-être et de détente. Les principales contraintes qui ressortent des questionnaires sont le fait de tondre la pelouse, de tailler les haies et de faire face aux différentes maladies que peuvent avoir les plantes. On constate que les jardins d’ornement prennent une certaine importance, et les potagers sont présents dans plus d’un tiers des jardins, la vocation alimentaire du jardin reste une pratique importante à laquelle les gens sont attachés. Environ 20 % des jardiniers amateurs considèrent n’avoir aucun problème particulier dans leur jardin. Le principal problème rencontré, ce sont les mauvaises herbes, viennent ensuite les nuisibles, qui sont surtout les pucerons. Cependant dans la plupart des cas, on remarque que le recours aux produits phytosanitaires n’est pas le premier reflexe. En effet, beaucoup de jardiniers ne font rien si un problème apparait, et on constate que les produits chimiques sont souvent utilisés en compléments des techniques alternatives. De plus lorsqu’ils utilisent des pesticides ils respectent, à plus de 75 %, les doses recommandées par les fabricants. Ce résultat correspond à celui trouvé sur le territoire de Toulouse (Barrault, 2012). On voit apparaitre une différence des pratiques envers les produits phytosanitaires selon le fait de posséder un potager ou non. En effet, les personnes interrogées font généralement « plus attention » à ce qu’elles mettent comme produits dans leur jardin, elles utilisent donc des produits ‘bio’ ou des techniques alternatives. Dans sa thèse, Julia Barrault a montré que, dans la région de Toulouse, « cultiver un potager est une des dimensions du jardinage qui oriente les pratiques vers une utilisation plus modérée voire aucune utilisation d’intrants chimiques ». Cette observation se retrouve également sur le territoire du Bassin d’Arcachon. Les personnes interrogées sont assez conscientes des risques que peuvent représenter les pesticides, sur l’environnement mais également sur la santé. « 2/3 des jardiniers se déclarent conscients des risques que représentent les pesticides pour l’environnement et la santé, les jugeant élevés ou très élevés » (Barrault, 2012). Sur le territoire du Bassin d’Arcachon, les jardiniers sont donc majoritairement en faveur de la diminution voire de l’élimination totale de l’utilisation de produits phytosanitaires dans leurs jardins. Concernant la consommation de produits phytosanitaires on peut noter que les insecticides sont les produits que les gens possèdent le plus. Parmi les molécules employées, on retrouve le spinosad et les pyréthrines, utilisables en agriculture biologique. Le fipronil est également souvent présent dans les spécialités commerciales citées. Sa toxicité pour le milieu aquatique, avec une PNEC (Prédited Non Effect Concentration / Concentration prédite sans effet) à 0,77 ng.L justifie son suivi dans le milieu naturel. Cependant, cette molécule étant présente également dans les produits anti parasitaires externes vétérinaires et comme agent de protection du bois de construction, les sources ne sont pas uniquement imputables aux jardiniers d’amateurs. Un autre insecticide cité dans les enquêtes, l’acétamipride, pourrait par contre s’avérer un bon traceur des activités de jardinage, compte tenu des cultures agricoles présentes sur le bassin versant. Cependant, à la question « Quel produit utilisez-vous le plus ? », le désherbant ROUNDUP, dont le composé principal est le glyphosate, arrive en première position. Ceci suit la logique du fait que la présence de mauvaises herbes est le principal problème rencontré dans les jardins. Mais ce problème ne se rencontre pas seulement dans les jardins amateurs, on retrouve une problématique herbicide dans toutes les catégories d’utilisateurs (zones agricoles et non agricoles). En effet, selon les enquêtes précédentes réalisées en zones agricoles, le glyphosate se trouve en première position chez les forestiers et en dixième chez les agriculteurs. En ZNA, il s’agit de la molécule la plus employée par les agents communaux en charge de l’entretien des espaces verts. Cependant si l’on étudie les premiers suivis chimiques réalisés par l’IRSTEA1 entre 2008 et 2012 (programme de recherche régionale ASCOBAR/OSQUAR) sur les cours d’eau situés autour du Bassin d’Arcachon, la molécule, ainsi que son métabolite principal, l’AMPA, sont très peu détectés. Cette « anomalie » soulève alors quelques questions sur la spécificité du territoire dont les mécanismes restent à préciser. Il convient notamment de s’interroger sur le possible rôle de filtre du terrain sableux, ou les capacités de dégradation de la molécule dans la nappe. Le deuxième produit le plus utilisé, en termes de quantité, dans les jardins est la bouillie bordelaise, dont le principal composé est le sulfate de cuivre. En Gironde, au niveau agricole, le sulfate de cuivre fait partie des molécules les plus utilisées de part l’importance des vignes. Cette problématique viticole est absente du territoire du Bassin d’Arcachon, et les gestionnaires d’espaces verts n’emploient pas de bouillie bordelaise, ce qui fait des jardiniers amateurs les seuls utilisateurs de ce produit en usage phytosanitaire sur le territoire. Cependant, les quantités marginales que ces usages représentent ne permettent pas d’expliquer les taux croissants de cuivre enregistrés par l’Ifremer depuis 1998 dans les huitres du Bassin d’Arcachon. L’apport principal de cuivre dans les eaux semble donc rester le fait de l’utilisation des peintures antifouling. CONCLUSION Comme nous l’avons vu le jardinage, surtout pour l’ornement, est un vrai plaisir autour du Bassin d’Arcachon. Très peu de personnes font appel à des professionnels. Ils aiment prendre soin eux-mêmes de leur jardin. La vocation alimentaire et le désir de produire ses propres légumes « bio » sont également des facteurs importants. Les produits phytosanitaires tiennent une part importante dans les produits de traitements du jardin que les gens possèdent. Les personnes interrogées autour du Bassin d’Arcachon semblent cependant généralement conscientes des différents risques que peuvent représenter les pesticides et essayent donc de réduire leur utilisation dans leur jardin. Les principaux produits utilisés sont le désherbant et l’anti-puceron pour ce qui concerne les pesticides chimiques, et la bouillie bordelaise et le savon noir pour les produits considérés comme « naturels » ou « biologiques ». Cependant on remarque que les produits phytosanitaires sont souvent couplés avec d’autres techniques considérées comme plus « douces » pour l’environnement. Les molécules utilisées restent des molécules classiquement retrouvés en usages jardins d’amateurs. La finalisation de l’étude permettra de comparer les quantités utilisées aux tonnages retrouvés chez les autres catégories d’utilisateurs sur le territoire. 1 IRSTEA : Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (exCemagref) REMERCIEMENTS Les auteurs tiennent à remercier Denis Salles (IRSTEA) et Julia Barrault, pour leur aide et soutien dans la mise en place et l’interprétation des enquêtes. Cette étude a été co-financée par le SIBA et l’Agence de l’eau Adour-Garonne. BIBLIOGRAPHIE BARRAULT Julia, Les pratiques de jardinage face aux risques sanitaires et environnementaux des pesticides. Les approches différenciées de la France et du Québec. Université du Québec à Montréal et Université de Toulouse 2-le Mirail. Septembre 2012, 448p. DAGENS Nina. Les pratiques phytosanitaires agricoles et non agricoles sur le Bassin d’Arcachon, rapport d’étude, Réseau Pesticides Bassin d’Arcachon (REPAR). Mars 2012. 73p. http://www.siba-bassin-arcachon.fr/ (site du Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon)