Mesures dans le flux de circulation
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Mesures dans le flux de circulation
Surveillance de la Qualité de l’Air en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation Étude exploratoire SEPTEMBRE 2007 ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 1/35 AIRPARIF Surveillance de la Qualité de l’Air en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation Étude exploratoire ____________ SEPTEMBRE 2007 AIRPARIF Surveillance de la Qualité de l’Air en Île-de-France Pôle Études 7, rue Crillon 75004 PARIS – Tél. : 01.44.59.47.64 - Fax : 01.44.59.47.67 - www.airparif.asso.fr ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 2/35 SOMMAIRE 1. Introduction........................................................................................................... 4 2. Moyens techniques mis en oeuvre .................................................................... 5 2.1 Analyseur utilisé .................................................................................................................................5 2-2 Véhicule utilisé...................................................................................................................................6 2.3 Acquisition et traitement de données :........................................................................................7 3. Résultats ................................................................................................................ 8 3.1 Trajet test sur un parcours Paris - Banlieue ...................................................................................8 3.2 Zoom sur l’impact d’un axe couvert sur les concentrations de NO2 ...................................11 3.2.1 Couverture de l’autoroute A1 lors du trajet Paris - Banlieue 11 3.2.2 Autres exemples d’impacts dus à des tunnels 12 3.3 Zoom sur les niveaux de NO2 sur le Boulevard Périphérique intérieur ..................................17 3.3.1 Portion de Périphérique empruntée lors du parcours Ermont – Paris 17 3.3.2 Autres résultats sur le Boulevard Périphérique intérieur 18 3.4 Différence entre l’exposition de l’automobiliste dans l’habitacle et l’air extérieur ..........25 3.4.1 Différence entre air de l’habitacle et air extérieur du véhicule 25 3.4.2 Exposition d’un automobiliste sur le Boulevard Périphérique 28 3.4.3 Exposition d’un automobiliste sur les Champs-Élysées 29 3.5 Particularités observées.................................................................................................................30 3.5.1 Particularité d’un pont : exemple du viaduc de Gennevilliers 30 3.5.2 Impact du véhicule qui nous précède 31 3.5.3 Impact des émissions du véhicule test sur l’air intérieur 32 4. Conclusion .......................................................................................................... 33 ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 3/35 1. Introduction AIRPARIF dispose actuellement de six stations permanentes de mesure de typologie « trafic » afin de suivre la qualité de l’air au pas de temps horaire à proximité d’axes routiers dont le trafic est important. Ces moyens de mesure, implantés sur le trottoir à moins de 5 mètres de la voie, caractérisent ainsi la pollution atmosphérique à laquelle les piétons ou les riverains très proches sont généralement soumis. Au-delà de ces mesures de qualité de l’air dans l’environnement, la question de l’exposition personnelle à la pollution se pose de plus en plus. La réponse est complexe puisque l’exposition à la pollution atmosphérique dépend non seulement de la qualité de l’air extérieur mais aussi de celui des lieux que l’on traverse tout au long de la journée. Plusieurs études exploratoires ont été lancées par AIRPARIF pour contribuer à l’amélioration des connaissances en matière d’exposition des personnes à la pollution atmosphériques. Parmi ces études, on peut citer celle commandée par l’AFSSET (Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail) concernant des mesures de l’exposition de 150 franciliens. De même, dans le cadre d’un projet PRIMEQUAL, AIRPARIF a travaillé à l’élaboration d’un modèle type d’exposition à la pollution en fonction du temps passé dans certains environnements et en particulier des trajets domicile-travail. L’amélioration de cet outil nécessite également d’approfondir les connaissances des concentrations dans des environnements particuliers comme par exemple l’habitacle d’un véhicule. Dans ce contexte, une étude exploratoire a été réalisée, avec la mise au point d’un système mobile permettant de mesurer la qualité de l’air à l’intérieur du véhicule lors de déplacements et ainsi de caractériser les niveaux de pollution auxquels les automobilistes peuvent être exposés. Des mesures en air extérieur sont également réalisées afin de qualifier les concentrations à l’abord immédiat des véhicules. Cette étude exploratoire a pour but de tester la faisabilité d’utilisation de ce dispositif mais également de dégager quelques enseignements qui serviront de base à des études plus détaillées. Ainsi, l’influence de la typologie des axes routiers (autoroute, Boulevard Périphérique, tunnel…) ainsi que celle des conditions de circulation (trafic routier plus ou moins fluide, types de véhicules qui précèdent le véhicule test…) ont été étudiées. Elle permet également d’identifier quelques ordres de grandeur et de variabilités intéressantes sur les niveaux rencontrés dans ce type d’environnement, sans toutefois que ces résultats préliminaires ne puissent être généralisés. Les polluants ayant fait l’objet de mesures dans le flux de circulation sont les oxydes d’azote (monoxyde d’azote et dioxyde d’azote), ces polluants étant des traceurs reconnus du trafic routier. Les particules (PM10 et PM2.5) n’ont pour le moment pas encore fait l’objet de telles mesures à AIRPARIF en raison des moyens techniques à disposition qui ne sont pas encore adaptés pour des mesures dans un véhicule dans le flux de trafic. Ce document présente les premiers résultats des mesures dans le flux de circulation réalisées par AIRPARIF qui s’inscrivent dans sa stratégie de surveillance de la qualité de l’air dans sa partie caractérisation de l’exposition des personnes. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 4/35 2. Moyens techniques mis en oeuvre La mise au point de la méthodologie a nécessité : - une étude pour choisir l’appareil d’analyse le plus adapté ; - des tests métrologiques pour s’assurer de la qualité des résultats obtenus ; - l’élaboration d’un dispositif mobile d’alimentation électrique des analyseurs. 2.1 Analyseur utilisé Le principe utilisé par l’analyseur de NO/NOx est celui de la chimiluminescence (cf. Figure 1). Le Thermo électron 42i, utilisé pour cette étude, est un analyseur monochambre dont ses cycles sont de 10 secondes sur la voie NO suivi de 10 secondes sur la voie NOx. Son fonctionnement est basé sur le principe de la réaction du monoxyde d'azote (NO) sur l'ozone (O3). Cette réaction produit une radiation luminescente dont l'intensité est directement proportionnelle à la concentration de NO. Lorsque la molécule de NO2 formée revient à son état d'énergie stable, elle émet une radiation dans les infrarouges. NO + O3 NO2 + O2 + hυ Figure 1 : Schéma de principe d’un analyseur monochambre. Le NO2 ne peut être mesuré directement , il doit être tout d'abord converti en NO. Ceci est réalisé par un convertisseur au molybdène chauffé à 325°C environ. L'air ambiant passe dans une électrovanne qui dirige l'échantillon, soit directement vers la chambre de réaction (Voie NO), soit via le convertisseur (Voie NOx). Un ozoniseur génère la quantité requise d'ozone pour assurer la réaction totale de chimiluminescence. L'ozone réagit avec NO et produit du NO2. Un photomultiplicateur mesure la luminescence du NO2. Les concentrations de NO et de NOx sont stockées en mémoire. La différence entre ces deux concentrations représente la concentration en NO2. L’analyseur délivre ces valeurs de concentrations NO, NO2 et NOx en affichage face avant et en sorties analogiques ou numériques. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 5/35 Figure 2 : Principe analytique avec boucle de retard. Cet analyseur est équipé d’une boucle de retard qui permet, malgré le décalage du cycle analytique, de fournir un résultat pour le même air extérieur. Il a été choisi, compte tenu, d’une part, de la présence de cette boucle de retard et, d’autre part, de son temps de réponse, plus faible que d’autres appareils disponibles à AIRPARIF. Avant le lancement de cette campagne, l’analyseur utilisé a subi des tests métrologiques pour s’assurer de ses qualités de fonctionnement. 2-2 Véhicule utilisé Le moyen mobile de mesure choisi est un véhicule utilitaire. Celui-ci a du être adapté (cf. Figure 3), d’une part pour permettre d’acueillir les analyseurs automatiques et, d’autre part, pour alimenter en électricité les appareils de mesure. L’installation de six batteries de 12V, alimentant un redresseur de courant, fournit aux analyseurs le courant alternatif nécessaire. Ce système permet d’alimenter deux analyseurs pendant 5 heures environ. Figure 3 : Analyseurs automatiques installés dans le véhicule test. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 6/35 Les prélèvements1 installés dans ce véhicule sont au nombre de deux . Un premier prélèvement d’air extérieur2 est situé sur le côté gauche du véhicule à une hauteur de 1.50 m comme l’illustre la Figure 4 (a) et un second installé dans l’habitacle (b) au niveau du siège du passager avant. (a) Prélèvement extérieur au véhicule (b) Prélèvement dans l’habitacle Figure 4 : Emplacements des prélèvements sur le véhicule permettant les mesures dans le flux de circulation. Actuellement, le véhicule test ne dispose pas de GPS. Les informations de positionnement de celui-ci ont été relevées manuellement. 2.3 Acquisition et traitement de données : Le détecteur (photomultiplicateur) fournit des résultats en continu sous la forme de signal analogique. Ce signal est ensuite récupéré par la carte mère de l’analyseur. Celle-ci intègre sur 30 secondes les valeurs récupérées avec un rafraichissement toutes les 10 secondes (moyenne 30 secondes glissante au pas de temps 10 secondes). Cela permet au final de disposer d’une concentration de NO et de NO2 sur un pas de temps de 10 secondes. 1 2 La tubulure utilisée est en PFA d’une longueur d’environ 2 mètres. La ligne de prélèvement de la prise d’air à l’extérieur est orientée vers l’arrière du véhicule. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 7/35 3. Résultats Plusieurs trajets empruntant des axes de typologies différentes ont été effectués dans le cadre de cette étude exploratoire afin de mesurer les oxydes d’azote (NO et NO2) à l’extérieur du véhicule et dans l’habitacle sur certains trajets. De plus, ces parcours ont été réalisés suivant des conditions de circulation différentes ce qui permet de mettre également en relief le rôle de la fluidité du trafic sur les niveaux de pollution atmosphérique. Il est à noter que les mesures présentées dans ce chapitre ont été réalisées dans la mesure du possible sur la voie la plus à droite de l’axe emprunté. Les mesures intérieures ont été effectuées avec la mise en fonctionnement de la ventilation du véhicule en position 1 et les vitres fermées. Les résultats présentés dans ce document ne concernent que les mesures de dioxyde d’azote (NO2) étant donné que seul ce polluant est réglementé du fait de ses effets sur la santé reconnu. 3.1 Trajet test sur un parcours Paris - Banlieue Un trajet Banlieue-Paris a été réalisé dans un premier temps afin de renseigner les différences de concentrations d’oxydes d’azote relevées suivant les grands types d’axes pouvant être empruntés lors d’un itinéraire Banlieue-Paris, à savoir les axes parisiens intra-muros, le Boulevard périphérique, les autoroutes urbaines… Ceux-ci présentent également des différences de typologie, autrement dit des configurations topographiques et urbaines diverses (axe encaissé, axe en hauteur, tunnel, pont...). Le trajet réalisé entre la commune d’Ermont (95) et Paris centre, au siège d’AIRPARIF (Rue Crillon – 4ème Arrondissement), a fait l’objet de mesures permettant l’observation, au pas de temps 10 secondes, de la qualité de l’air à l’extérieur et à l’intérieur de l’habitacle du véhicule. Ce trajet présente les différentes caractéristiques d’un parcours entre la Banlieue et Paris intra-muros lors des déplacements « domicile travail ». En effet, différents axes à la typologie et au trafic routier contrasté constituent ce parcours. Le Tableau 1 présente les différentes caractéristiques de ce trajet et la Figure 5 illustre les différentes portions du parcours. Date Conditions de circulation Types de parcours Niveau moyen de fond (µg/m3) Distance (km) Vitesse moyenne (km/h) Durée Heure de début de test Heure de fin de test 03-juil-07 Très congestionnée Banlieue-Paris Entre 35 et 50 34 16.3 2h05 7h50 9h55 Tableau 1 : Caractéristiques du trajet Ermont-Paris en totalité. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 8/35 Les différents tronçons représentant les axes empruntés sont identifiés par des couleurs afin de faciliter la lecture. Figure 5 : Trajet Banlieue – Paris entre Ermont et Rue Crillon (Paris 4ème) le 3 juillet 2007. La Figure 6 présente les concentrations de NO2 mesurées à l’extérieur et à l’intérieur du véhicule selon les grands axes routiers empruntés. Les niveaux moyens de NO2 mesurés sont d’une ampleur très variable suivant la typologie de l’axe. Parmi les différents tronçons, celui de l’autoroute A1 présente les concentrations de NO2 les plus importantes. Lors du passage sur cet axe, des teneurs moyennes de NO2 à l’extérieur du véhicule et dans l’habitacle sont respectivement 2.9 et 2.7 fois plus importantes que celles enregistrées sur le Boulevard Périphérique (694 et 655 µg/m3 contre 242 et 246 µg/m3). Ce constat est essentiellement dû à la caractéristique du tronçon de l’A1 emprunté lors de ce trajet qui présente une tranchée couverte (cf. chapitre « Zoom sur la couverture de l’autoroute A1 »). La partie du Boulevard Périphérique empruntée présente ensuite des concentrations de NO2 plus importantes que celles enregistrées sur les autoroutes urbaines comme l’A86 et les boulevards parisiens accédant au centre de Paris (quai de Bercy et boulevard Morland). Cela peut être la conséquence d’un trafic plus dense et intense sur le Boulevard Périphérique. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 9/35 Concentration de NO2 dans l'habitacle et à l'extérieur du véhicule 800 Concentration en µg/m3 700 600 500 400 300 200 100 0 ERMONT A.115 A.15 A.86 A.1 Bd Périph Quai Bercy Bd Morland Rue Crillon Figure 6 : Résultats des mesures dans l’habitacle (histogramme plein) et à l’extérieur du véhicule (histogramme hachuré) lors du trajet entre Ermont et Rue Crillon (Paris 4ème) le 3 juillet 2007. Les concentrations moyennes sont, pour chacun des axes, relativement similaires entre les données de pollution enregistrées à l’extérieur et à l’intérieur du véhicule excepté pour la Rue Crillon marquant le point d’arrivée du trajet. La concentration de NO2 Rue Crillon enregistrée à l’extérieur du véhicule est de 61 µg/m3 contre 370 µg/m3 à l’intérieur de l’habitacle au même instant. Cette différence peut s’expliquer par le temps nécessaire à l’évacuation du NO2 dans l’habitacle compte tenu de l’air pollué rencontré durant la dernière portion du parcours (boulevard Morland) et de la faible vitesse de renouvellement d’air (portes et fenêtres fermées ainsi que la ventilation une fois le moteur éteint). Ces concentrations moyennes de NO2 relevées pour chaque tronçon montrent que les niveaux de pollution atmosphérique sont fonction, d’une part, de la typologie de l’axe (plus fort niveau dans le tunnel) et d’autre part de l’importance du trafic routier (niveaux de NO2 importants sur le Boulevard Périphérique). Des études plus approfondies permettront d’affiner ces résultats et d’évaluer l’influence éventuelle d’autres facteurs sur les niveaux observés comme par exemple les conditions météorologiques et le niveau général de pollution le jour de la mesure. Différents « zooms » ont été réalisés sur le trajet Ermont - Paris afin d’étudier plus finement les caractéristiques topographiques des axes et l’impact du trafic routier (fluidité…). Ceux ci sont comparés avec les résultats obtenus sur d’autres trajets effectués dans le cadre de cette étude exploratoire, sur des portions identiques ou sur des axes de même typologie. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 10/35 3.2 Zoom sur l’impact d’un axe couvert sur les concentrations de NO2 3.2.1 Couverture de l’autoroute A1 lors du trajet Paris - Banlieue Le Tableau 2 présente les différentes caractéristiques relatives à la tranchée couverte de l’autoroute A1 réalisée lors du trajet Ermont – Paris. Date Conditions de circulation Types de parcours Niveau moyen de fond (µg/m3) Distance (km) Vitesse moyenne (km/h) Durée Heure de début de test Heure de fin de test 03-juil-07 Très congestionnée Couverture 49 1.35 12 7 min 8h53 9h00 Tableau 2 : Caractéristiques du parcours dans le tunnel de l’autoroute A1 lors du trajet Ermont – Paris. La Figure 7 illustre la zone couverte de l’autoroute A1 (a) située sur la commune de SaintDenis ainsi que les concentrations de NO2 relevées à l’extérieur et à l’intérieur du véhicule (b) sur ce tronçon lors du trajet entre Ermont et Paris (Rue Crillon, Paris 4ème). NO2 Intérieur Entrée du tunnel A1 NO2 Extérieur Sortie du tunnel A1 1 800 1 600 Concentrations en µg/m3 1 400 1 200 1 000 800 Entrée du tunnel A1 600 400 200 Sortie du tunnel A1 (a) Couverture de l’A1. 60 0 55 0 50 0 45 0 40 0 35 0 30 0 25 0 20 0 15 0 10 0 50 0 0 Tem ps (se condes ) (b) Concentrations de NO2 relevées dans le tunnel de l’A1. Figure 7 : Impact de la couverture sur les concentrations relevées en NO2 lors du trajet entre Ermont et Rue Crillon (Paris 4ème) le 3 juillet 2007. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 11/35 Les mesures réalisées lors du trajet effectué sur l’autoroute A1 présentent un niveau moyen de NO2 bien supérieur à ceux enregistrés sur les autres tronçons. La présence d’une couverture sur la portion de l’A1 empruntée explique ces concentrations très élevées. En effet, cette couverture, longue d’environ 1.350 km, engendre des niveaux de NO2 moyens sur 10 secondes pouvant atteindre près de 1 700 µg/m3 à l’extérieur du véhicule du fait du confinement et de l’accumulation de la pollution atmosphérique. A l’intérieur de l’habitacle, la teneur maximale de NO2 est légèrement plus faible avec une concentration de 1 630 µg/m3. Les profils de mesure dans le tunnel sur ce parcours sont caractérisés, tant pour l’air extérieur que pour l’air à l’intérieur de l’habitacle, par une augmentation progressive des concentrations de NO2 au fur et à mesure de l’avancée dans le tunnel. Les teneurs les plus importantes (environ 8 fois supérieures à celles de l’entrée) sont enregistrées en approchant de la sortie de la couverture. Cette spécificité reste à étudier afin d’appréhender le rôle de différents facteurs (longueur de la section couverte, ventilation, axe à double sens, …) sur l’accumulation de la pollution atmosphérique au sein de parties couvertes. Si les concentrations de NO2 observées à l’extérieur du véhicule baissent rapidement et fortement à la sortie du tunnel, la décroissance des concentrations dans l’habitacle est plus lente. En effet, une minute après la sortie du tunnel des concentrations de NO2 de l’ordre de 300 µg/m3 sont mesurées à l’extérieur du véhicule contre encore plus de 900 µg/m3 dans celui-ci. D’une manière générale, les teneurs de NO2 à l’intérieur du véhicule sont plus stables qu’à l’extérieur car il y a moins de perturbation aérodynamique (vent, flux généré par la circulation…) qu’à l’extérieur en raison de l’effet « tampon » de l’habitacle. Ce constat a été relevé sur de nombreux parcours et est détaillé dans le chapitre « Différence entre l’exposition de l’automobiliste dans l’habitacle et l’air extérieur ». 3.2.2 Autres exemples d’impacts dus à des tunnels D’autres mesures dans le flux de circulation au sein de tunnels ont été réalisées et permettent de détailler les résultats enregistrés dans la tranchée couverte de l’autoroute A1 lors du trajet Ermont – Paris. Ainsi, le tunnel de l’autoroute A14 et les couvertures de la RN7 par la plate-forme aéroportuaire ont fait l’objet de mesures. Tunnel de l’autoroute A14 : Le tunnel de l’autoroute A14, d’une longueur d’environ 5 kilomètres, a fait l’objet de mesures à l’extérieur du véhicule dans le sens Banlieue – Paris. Le Tableau 3 présente plusieurs caractéristiques de ce parcours. Date Conditions de circulation Types de parcours Niveau moyen de fond (µg/m3) Distance (km) Vitesse moyenne (km/h) Durée Heure de début de test Heure de fin de test 05-avr-07 Fluide Couverture 55 1.2 + 3.5 60 5 min 11h03 11h08 Tableau 3 : Caractéristiques du trajet dans le tunnel de l’autoroute A14. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 12/35 Le tracé de l’itinéraire où ces mesures dans le flux de circulation ont été réalisées est présenté, en noir, sur la Figure 8 ci-dessous. La photographie aérienne, présente la partie découverte du tunnel de l’A14. Figure 8 : Itinéraire ayant fait l’objet de mesures dans le flux de circulation du tunnel de l’A14 dans le sens banlieue-Paris le 5 avril 2007. La Figure 9 illustre les mesures de dioxyde d’azote, sur un pas de temps de 10 secondes, réalisées à l’extérieur du véhicule lors du passage dans le tunnel de l’autoroute A14 dans le sens Banlieue-Paris. Concentrations en µg/m3 1400 1200 Sortie du tunnel A14 Entrée du tunnel A14 1000 Tronçon découvert 800 600 400 200 0 0 50 100 150 200 250 300 350 Tem ps (secondes) Figure 9 : Concentrations de NO2 à l’extérieur du véhicule lors du trajet sur l’A14 dans le sens BanlieueParis le 5 avril 2007. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 13/35 Dès l’entrée dans le tunnel de l’A14, les niveaux de NO2 augmentent rapidement pour atteindre après environ un kilomètre des concentrations près de 4 fois supérieures à celles relevées à l’entrée avec respectivement 321 µg/m3 contre 86 µg/m3. Puis, une forte baisse est observée en passant dans la partie découverte du tunnel. En effet, le tunnel de l’autoroute A14 présente une particularité avec une portion découverte sur une distance d’un peu plus de 200 m (cf. Figure 8) qui segmente celui-ci. Cela entraîne une baisse rapide et importante des niveaux de NO2 pour rejoindre la teneur relevée auparavant à l’entrée du tunnel. Une fois cette portion passée, les concentrations de NO2 augmentent de manière constante pour atteindre un maximum de 1 200 µg/m3 de NO2 en bout de tunnel. Quelques instants avant la sortie du tunnel, les concentrations de NO2 à l’extérieur du véhicule commencent à diminuer. Dès la sortie du tunnel les teneurs de NO2 baissent rapidement pour atteindre 80 µg/m3, soit la valeur observée à l’entrée du tunnel et lors du passage dans la partie découverte de l’autoroute A14. L’arrivée dans le trafic routier dense de la RN13 entraîne ensuite la remontée relative des niveaux de NO2 à près de 200 µg/m3. Couverture de la Nationale 7 par la plate-forme aéroportuaire d’Orly : Le trajet effectué dans le sens Paris-Banlieue entre Paris 4ème et la commune de Draveil (91) s’est déroulé dans une configuration de trafic relativement dense (heure de pointe de début de soirée) sur le tronçon de la RN7. Le Tableau 4 présente plusieurs caractéristiques de ce parcours. Date Conditions de circulation Types de parcours Niveau moyen de fond (µg/m3) Distance (km) Vitesse moyenne (km/h) Durée Heure de début de test Heure de fin de test 27-juin-07 Dense Couverture 20 1.15 23 3 min 19h04 19h07 Tableau 4 : Caractéristiques du trajet sous la couverture de la N7. Ce tronçon présente une particularité (cf. Figure 10) puisque la plate-forme aéroportuaire d’Orly recouvre l’axe à deux endroits distincts. Cette couverture de la RN7 se décompose en deux tronçons d’environ 550 m et 400 m. Entre ces derniers se trouve une partie découverte d’une longueur d’un peu moins de 200 m. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 14/35 Tronçon N7 découvert Tronçon N7 couvert Figure 10 : Carte d’un tronçon de la RN7 ayant fait l’objet de mesures à l’aide du véhicule équipé de moyens de mesure automatiques embarqués le 27 juin 2007. La Figure 11 présente les concentrations de dioxyde d’azote (NO2) relevées lors du passage du véhicule sur la RN7 traversant la plate-forme aéroportuaire. 400 Couverture Couverture Concentrations en µg/m3 350 300 250 200 150 100 Tronçon découvert 50 0 0 30 60 90 120 150 180 Temps (secondes) Figure 11 : Mesures de dioxyde d’azote (NO2) sur le tronçon de la RN7 recouvert par la plate-forme aéroportuaire d’Orly lors du trajet Paris - Draveil le 27 juin 2007. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 15/35 Les niveaux de NO2 sur la RN7 avant d’entrer sous la couverture sont relativement faibles avec une concentration moyenne de NO2 d’environ 50 µg/m3. Lors du passage sous la première couverture de la RN7, les niveaux extérieurs de NO2 augmentent rapidement pour atteindre une teneur maximale de 375 µg/m3, soit 7.5 fois plus élevée. Le second passage sous la couverture de la RN7 engendre de nouveau des teneurs de NO2 élevées (maximum de 315 µg/m3 soit 6.3 fois plus élevé qu’à l’entrée de la couverture) mais néanmoins plus faibles que celles relevées sur le précédant tronçon couvert. La longueur plus importante de la première couverture peut entraîner une plus grande accumulation et engendrer ainsi des niveaux de NO2 plus forts. Entre ces deux tronçons couverts par la plate-forme aéroportuaire, les concentrations de NO2 diminuent fortement et rapidement pour atteindre des teneurs 3 fois plus faibles que celles mesurées sous la couverture de la RN7. Ces exemples de mesures lors de trajets empruntant un tunnel montrent que le confinement au sein de celui-ci entraîne une accumulation des polluants atmosphériques. Ainsi, les mesures dans le flux de circulation ont permis d’observer des niveaux de NO2 très élevés à l’extérieur comme à l’intérieur du véhicule. Au contraire, sur un tronçon découvert l’air ambiant est brassé ce qui induit une meilleure dispersion de la pollution atmosphérique et donc des concentrations plus faibles. Il est à noter une spécificité du profil des niveaux de NO2 au sein d’un tunnel, puisque l’augmentation des teneurs est progressive et constante jusqu’à la sortie. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 16/35 3.3 Zoom sur les niveaux de NO2 sur le Boulevard Périphérique intérieur 3.3.1 Portion de Périphérique empruntée lors du parcours Ermont – Paris Lors du trajet Ermont - Paris, la portion « Est » du Boulevard Périphérique a été empruntée entre la Porte de Pantin et la Porte de Bercy ce qui a permis des mesures dans le flux de circulation de cet axe majeur d’Île-de-France. Rappelons qu’en moyenne, le Boulevard Périphérique a présenté lors de ce parcours les teneurs les plus élevées après celles enregistrées dans le contexte particulier de la couverture de l’autoroute A1. Ce trajet sur le Boulevard Périphérique, a été réalisé à une vitesse moyenne de 18 km/h avec un trafic routier fortement congestionné, caractéristique des embouteillages du matin. Le Tableau 5 présente quelques éléments en rapport avec ce parcours. Date Conditions de circulation Types de parcours Niveau moyen de fond (µg/m3) Distance (km) Vitesse moyenne (km/h) Durée Heure de début de test Heure de fin de test 03-juil-07 Très congestionnée Périphérique 50 12 18 40 min 9h05 9h45 Tableau 5 : Caractéristiques du parcours sur le Périphérique entre Porte de Pantin et Porte de Bercy lors du trajet Ermont – Paris. La Figure 12 illustre les concentrations de NO2 observées à l’extérieur du véhicule sur le tronçon « Est » du Boulevard Périphérique. Le passage aux différentes Portes de Paris et couvertures du Boulevard Périphérique jalonnant ce parcours est également identifié sur cette figure. Figure 12 : Trajet sur le Boulevard Périphérique Intérieur, entre les Portes de Pantin et de Bercy, lors du trajet ERMONT - Rue Crillon (Paris 4ème) le 3 juillet 2007. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 17/35 Les niveaux de NO2 enregistrés sur cette partie du Boulevard Périphérique sont relativement dynamiques mais principalement compris entre 200 et 300 µg/m3 avec une moyenne de 243 µg/m3. Toutefois, certains « pics » de NO2, mesurés au niveau des différentes couvertures du Boulevard Périphérique (Lilas, Bagnolet…), peuvent atteindre des teneurs de 480 µg/m3. 3.3.2 Autres résultats sur le Boulevard Périphérique intérieur Dans le cadre de mesures portant sur le périphérique dans sa totalité, la partie Porte de Pantin à Porte de Bercy a été empruntée à deux reprises. Les conditions de circulation y étaient très différentes avec : - une période congestionnée avec une vitesse moyenne de 26 km/h et un temps de 19 minutes sur ce parcours le 6 avril 2007. - et une période fluide, le 18 mai 2007, avec un temps de parcours de 8 minutes pour une vitesse moyenne de 62 km/h. Avant d’étudier les concentrations de NO2 sur ces parcours dans leur ensemble, il est intéressant d’analyser la portion du Boulevard Périphérique entre les Portes de Pantin et de Bercy également réalisée lors du parcours Ermont – Paris. 3.3.2.1 Porte de Pantin - > Porte de Bercy Circulation fluide le 18 mai 2007 : Ce parcours a été effectué lors d’une période très fluide. Le Tableau 6 présente différentes caractéristiques en relation avec ce parcours. Date Conditions de circulation Types de parcours Niveau moyen de fond (µg/m3) Distance (km) Vitesse moyenne (km/h) Durée Heure de début de test Heure de fin de test 18-mai-07 Fluide Périphérique 25 8.3 62 8 min 11h32 11h40 Tableau 6 : Caractéristiques du parcours entre Porte de Pantin et Porte de Bercy le 18 mai. Dans ce cas, le temps de parcours entre les deux portes, était beaucoup plus court que celui du trajet Ermont – Paris (8 minutes contre 40 minutes). De ce fait, les données sont moins nombreuses et caractérisent donc la qualité de l’air sur une distance plus grande. Ceci a pour effet de lisser davantage les phénomènes de bouffées d’oxydes d’azote que l’on peut rencontrer ponctuellement. La Figure 13 présente la série temporelle des données de NO2 relevées à l’extérieur du véhicule sur ce parcours. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 18/35 Figure 13 : Trajet sur le Boulevard Périphérique Intérieur, entre les Portes de Pantin et de Bercy, lors de la boucle du périphérique en période fluide, le 18 mai 2007. Les niveaux moyens de NO2 sont nettement plus faibles et plus stables lors de ce parcours réalisé dans des conditions de circulation très fluide. La moyenne de 243 µg/m3 sur cette portion lors du trajet Ermont - Paris en période congestionnée descend à 144 µg/m3 le 18 mai en période fluide (mesures extérieures). Les niveaux de fond des journées considérées, ne peuvent expliquer à eux seuls cette différence. En effet ils étaient de 25 µg/m3 le 18 mai contre 50 µg/m3 le 3 juillet lors du parcours entre Ermont et Paris. Comme lors du parcours précédent, les différentes parties couvertes du Boulevard Périphérique se distinguent par une légère hausse des concentrations de NO2. On peut ainsi distinguer, du Nord au Sud, les impacts de NO2 dus aux couvertures du Boulevard Périphérique à hauteur de la Porte des Lilas et de Bagnolet et entre la Porte Dorée et la Porte de Bercy. Circulation congestionnée le 6 avril 2007 : Ce parcours a été effectué lors d’une période congestionnée avec une vitesse moyenne de 26 km/h. Les niveaux de NO2 lors de ce trajet peuvent être, à la différence du parcours réalisé en période fluide le 18 mai 2007, plus sujets aux fluctuations dues directement aux véhicules situés à proximité immédiate, lors de bouchons par exemple. Les niveaux moyens extérieurs de NO2 du parcours ainsi que les possibles impacts des parties couvertes peuvent cependant être analysés. En terme de congestion, ce trajet se situe entre les deux exemples précédemment exposés. Le trafic était plus congestionné que dans le cas du 18 mai, mais moins que lors du parcours entre Ermont et Paris le 3 juillet. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 19/35 Le Tableau 7 présente différentes caractéristiques liés à ce parcours. Date Conditions de circulation Types de parcours Niveau moyen de fond (µg/m3) Distance (km) Vitesse (km/h) Durée Heure de début de test Heure de fin de test 06-avr-07 Congestionnée Périphérique 65 8.3 26 19 min 11h11 11h30 Tableau 7 : Caractéristiques du parcours entre Porte de Pantin et Porte de Bercy le 6 avril. La Figure 14 présente les résultats des mesures en air extérieur sur le tronçon « Est » du Boulevard Périphérique relevés en période congestionnée (le 6 avril 2007). Figure 14 : Trajet sur le Boulevard Périphérique Intérieur, entre les Portes de Pantin et de Bercy, lors de la boucle du périphérique en période congestionnée, le 6 avril 2007. Il est à noter que quelques instabilités dues à des problèmes métrologiques ont nécessité l’invalidation de certaines données. Les niveaux moyens de NO2 relevés (250µg/m3) sur ce parcours dont le trafic routier était congestionné, se rapprochent plus clairement des niveaux enregistrés durant le trajet en période très congestionnée entre Ermont et Paris (243 µg/m3). Les niveaux de fond correspondant aux journées du 6 avril et du 3 juillet sont respectivement de 65 et 50 µg/m3. La dynamique des concentrations de NO2 lors de ce parcours est très fluctuante avec d’importantes différences notamment entre les tronçons recouverts et les portions ouvertes. Ainsi, on enregistre des teneurs de NO2 pouvant atteindre entre les Portes des Lilas et de Bagnolet près de 700 µg/m3. Secondairement, la partie entre les Porte Dorée et de Bercy présente les concentrations de NO2 les plus fortes du Boulevard Périphérique « Est ». Une nouvelle fois, les différentes couvertures engendrent au sein de l’axe une accumulation de la pollution atmosphérique dans ces zones confinées. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 20/35 Sur chacun des parcours, les différentes parties couvertes du Boulevard Périphérique se distinguent par une hausse des concentrations de NO2 et font apparaître les niveaux les plus importants. Cependant, l’influence de la fluidité du trafic routier entraîne des teneurs plus ou moins importantes sous les couvertures du Boulevard Périphérique. Comparaison des trois trajets effectués sur le même parcours « Est » du Boulevard Périphérique : La comparaison des niveaux de NO2 sur la portion « Est » du Boulevard Périphérique ne concerne que les résultats des mesures réalisées à l’extérieur du véhicule. La principale différence entre les mesures dans le flux de circulation réalisées à trois reprises sur le même parcours « Est » du Boulevard Périphérique intérieur réside dans la fluidité du trafic routier. En effet, les périodes de mesure sont bien distinctes avec des parcours réalisés en période très fluide à très congestionnée. Les niveaux de fond en NO2 étaient différents lors des trois journées. Pour la boucle du périphérique en période fluide (18 mai), il y avait 25 µg/m3 de NO2 en situation de fond3, tandis que ces niveaux de fond étaient respectivement de 50 et 65 µg/m3 lors du trajet Ermont - Paris (3 juillet) et le jour de la boucle du périphérique en période congestionné (6 avril). Cette différence entre les niveaux de fond de NO2 peut influencer le niveau moyen des mesures réalisées dans le flux de circulation mais de manière secondaire par rapport à l’impact engendré par le trafic routier sur ces trois parcours. La Figure 15 illustre les répartitions des concentrations en NO2 mesurées à l’extérieur du véhicule à l’aide d’éléments statistiques fournis par des « boites à moustaches » (cf. présentation de cet outil en Annexe 1). Celles-ci présentent sur un même graphique plusieurs statistiques (médiane, moyenne, min/max, percentile 75…) permettant d’étudier ainsi les différences entre le parcours « Est » du Boulevard Périphérique réalisé à trois reprises. Figure 15 : Boites à moustaches des concentrations en NO2 entre les Portes de Pantin et de Bercy pour différentes journées. Teneur moyenne de NO2, pendant le trajet, des stations de fond situées à Paris 12ème et Bagnolet, limitrophes de cette portion du Boulevard « Est » . 3 ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 21/35 Il apparaît pour la période fluide (18 mai) que les concentrations en NO2 sont stables autour de la moyenne et comprises principalement entre 100 et 160 µg/m3. A l’inverse, les jours de trafic routier important et congestionné, les concentrations de NO2 relevées sont en moyenne plus fortes et présentent des niveaux plus contrastés et variés. En effet, la moitié des données lors du trajet très congestionné est comprise entre 200 et 260 µg/m3. Ce dynamisme des niveaux de NO2 est encore plus important lors du trajet réalisé en conditions congestionnées avec des niveaux compris entre 150 et 310 µg/m3 pour la moitié du temps. Cela peut être la conséquence, d’une part, de l’influence des autres véhicules environnants (proximité entre véhicules en période congestionnée) et d’autre part, du temps de passage plus long sous les différentes couvertures du Boulevard Périphérique où les concentrations de NO2 sont généralement les plus importantes. De ce fait, certaines concentrations de NO2 dites « atypiques », par rapport à l’ensemble des données du même parcours, peuvent être observées lors du trajet congestionné (le 6 avril) pouvant atteindre des teneurs d’environ 700 µg/m3 à l’extérieur du véhicule. Si le parcours entre les Portes de Pantin et de Bercy lors de conditions de circulation très fluides présente les teneurs de NO2 les plus faibles, le trajet le plus congestionné ne présente pas les niveaux les plus importants. Les mesures réalisées à trois reprises sur ce parcours ne sont cependant pas suffisantes pour identifier à l’heure actuelle une relation entre la fluidité du trafic routier et l’impact sur la qualité de l’air à l’extérieur du véhicule. 3.3.2.2 Intégralité du Boulevard Périphérique intérieur A deux reprises, la boucle du Boulevard Périphérique intérieur a fait l’objet de mesures dans le flux de circulation (air extérieur). Ces deux parcours ont été réalisés dans des conditions de circulation très différentes. Lors de la boucle du Boulevard Périphérique en période de circulation fluide (le 18 mai), les mesures ont été réalisées en 30 minutes (70 km/h en moyenne) tandis que celles caractérisées par un trafic routier congestionné (le 6 avril) ont été effectuées en un peu plus d’une heure et demi (23 km/h en moyenne). Le Tableau 8 présente les caractéristiques relatives au tour de périphérique réalisée le 18 mai (période fluide) et le 6 avril (période congestionnée). Date Conditions de circulation Types de parcours Niveau moyen de fond (µg/m3) Distance (km) Vitesse moyenne (km/h) Durée Heure de début de test Heure de fin de test 18-mai-07 Fluide Périphérique 25 35 70 30 min 11h10 11h40 Date Conditions de circulation Types de parcours Niveau moyen de fond (µg/m3) Distance (km) Vitesse moyenne (km/h) Durée Heure de début de test Heure de fin de test 06-avr-07 Congestionnée Périphérique 25 35 23 1h 40min 10h00 11h40 Tableau 8 : Caractéristiques des tours de périphériques les 18 mai et 6 avril 2007. Seuls deux parcours ont été réalisés jusqu’à présent sur l’intégralité du Boulevard Périphérique ce qui ne suffit pas à caractériser l’ensemble de la boucle de manière conclusive et reste de ce fait dans un cadre exploratoire. Il est toutefois intéressant de comparer, en terme de moyenne, des portions du Boulevard Périphérique entre les deux types de circulations. Le découpage du Boulevard Périphérique ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 22/35 en différents tronçons (suivant notamment différentes typologies : Portions principalement recouvertes, plus dégagées…) est présenté à la Figure 16 –a. Porte d’Asnières Porte de Pantin Porte de Montreuil Porte de Saint-Cloud Porte de Bercy Porte de Châtillon (a) Cartographie des tronçons étudiés Moyenne 264 µg/m3 Moyenne 151 µg/m3 (b) Concentrations moyenne de NO2 sur les différentes potions du Boulevard Périphérique. Figure 16 : Carte des tronçons du Boulevard Périphérique étudiés (a) et concentrations moyennes en NO2 pour les différentes sections (b) pour le tour de Périphérique réalisé en situation fluide et congestionnée. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 23/35 La Figure 16 -b, présente les différences de niveaux de NO2 que l’on peut observer entre un jour de trafic congestionné (le 6 avril) et une circulation fluide (18 mai) et cela pour les différentes portions de la boucle du périphérique. En période congestionnée, les niveaux de NO2 sont forts et assez homogènes en moyenne, excepté sur la portion Saint-Cloud/Asnières qui présente un niveau moyen de NO2 beaucoup plus élevé. Cela peut venir de la typologie de l’axe sur ce tronçon qui est jalonné par de nombreuses parties couvertes mais également de la spécificité du trafic routier du jour considéré sur cette portion. Lors du parcours en période fluide (le 18 mai), même si les concentrations moyenne de NO2 sur cette portion restent élevées par rapport à l’ensemble du parcours, elle ne présente pas les niveaux les plus forts. Le temps passé dans les parties couvertes du Boulevard Périphérique sur la partie Saint-Cloud/Asnières a été moins long du fait de la fluidité de circulation, d’où un impact plus faible de ces portions confinées sur les niveaux de NO2. Cela peut expliquer en partie les niveaux plus proches relativement aux autres tronçons de l’axe, contrairement à ceux enregistrés lors du parcours congestionné. La teneur moyenne de NO2 sur la portion Asnières/Villette apparaît comme la plus forte durant ce trajet fluide. Cependant les niveaux sont beaucoup plus faibles et donc plus facilement impactés et influencés par le trafic routier (bouffées dues à un poids lourds, ralentissement, densité de trafic plus important…). La réalisation de plusieurs mesures sur la totalité de la boucle du Boulevard Périphérique est nécessaire afin d’atténuer l’influence ponctuelle du trafic routier et de la fluidité de circulation dans le but d’identifier les différences des teneurs de NO2 suivant la typologie des tronçons de cet axe. Ainsi, des travaux intégrant de nombreux trajets sur la boucle du Boulevard Périphérique devront être entrepris afin de documenter les variations possibles des concentrations relevées lors des mesures réalisées à deux reprises dans un cadre exploratoire. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 24/35 3.4 Différence entre l’exposition de l’automobiliste dans l’habitacle et l’air extérieur La mise en œuvre de mesures d’oxydes d’azote à l’intérieur de l’habitacle sur certains parcours permet la comparaison à la fois avec les concentrations relevées à l’extérieur du véhicule et celles enregistrées sur les stations fixes du réseau AIRPARIF au même instant. L’exposition d’un automobiliste à la pollution atmosphérique peut ainsi être mise en relief grâce à ces premiers éléments observés à l’aide de mesures dans le flux de circulation. Pour rappel, les mesures à l’intérieur du véhicule ont été réalisées avec le fonctionnement de la ventilation positionnée au niveau 1 et vitres fermées. 3.4.1 Différence entre air de l’habitacle et air extérieur du véhicule Le parcours sur la totalité du Boulevard Périphérique (période fluide) a fait l’objet de mesures à la fois à l’extérieur et à l’intérieur de l’habitacle du véhicule. Ainsi, la Figure 17 présente les éléments statistiques des niveaux de NO2 mesurés à cette occasion pour l’extérieur et l’intérieur de l’habitacle du véhicule. Figure 17 : Boîtes à moustache des concentrations de NO2 relevées à l’extérieur et à l’intérieur du véhicule lors d’un trajet sur l’intégralité de la boucle du Boulevard Périphérique. Si les concentrations moyennes de NO2 lors de ce trajet sont similaires entre l’extérieur et l’intérieur du véhicule, la dynamique des valeurs mesurées est quant à elle très différente. En effet, l’ensemble des niveaux de NO2 mesuré à l’intérieur de l’habitacle est compris entre 110 et 260 µg/m3 alors qu’à l’extérieur du véhicule ceux-ci s’échelonne entre 40 et 520 µg/m3. Les concentrations de NO2 enregistrées à l’intérieur du véhicule sont donc beaucoup plus stables et moins soumises aux fluctuations extérieures très ponctuelles (quelques secondes) liées au trafic routier. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 25/35 De manière plus fine (pas de temps de 10 secondes), il est possible d’identifier au travers de deux exemples les dynamiques des teneurs et le transfert du dioxyde d’azote entre l’extérieur et l’intérieur du véhicule. La Figure 18 illustre, pour un trajet effectué sur le Quai de Bercy, les niveaux de NO2 enregistrés au sein de l’habitacle (courbe bleue) et à l’extérieur du véhicule (courbe rouge) durant quatre minutes, soit 24 données au pas de temps 10 secondes. NO2 Intérieur NO2 Extérieur 400 Concentrations en µg/m3 350 300 250 200 150 100 40s 50 0 0 50 100 150 200 Temps (secondes) Figure 18 : Exemple de concentrations de NO2 relevées à l’extérieur et dans l’habitacle du véhicule lors d’un trajet sur le Quai de Bercy, le 29 juin 2007. Les concentrations moyennes de NO2 relevées sont comparables à l’extérieur et à l’intérieur de l’habitacle du véhicule avec respectivement 155 µg/m3 et 167 µg/m3. Néanmoins, le niveau maximal est enregistré à l’extérieur du véhicule avec une concentration de 370 µg/m3 contre seulement 272 µg/m3 à l’intérieur. La « bouffée » extérieure de pollution en NO2 due au trafic routier sur ce trajet est près de 40 % plus importante que la teneur maximale relevée à l’intérieur du véhicule. NO2 Intérieur NO2 Extérieur (µg/m3) (µg/m3) Moyenne 155 167 Maximum 272 370 Tableau 9 : Éléments statistiques des concentrations de NO2 relevées à l’extérieur et dans l’habitacle du véhicule lors d’un trajet sur le Quai de Bercy, le 29 juin 2007. De plus, les niveaux maximaux observés durant ces quatre minutes de mesure n’apparaissent pas au même instant. En effet, le pic de NO2 mesuré à l’extérieur n’est observé que 40 secondes plus tard à l’intérieur de l’habitacle. Ce pic à l’intérieur est atténué mais perdure plus longtemps avec une baisse des concentrations de NO2 plus lente qu’à l’extérieur. On retrouve ainsi durant plusieurs dizaines de secondes des teneurs de NO2 plus importantes dans l’habitacle par rapport à celles mesurées au même instant à l’extérieur du véhicule. Cela conduit donc à mesurer, en moyenne sur la période, des teneurs comparables même si les phénomènes de « bouffées » dues au trafic routier sont moins intenses qu’à l’extérieur du ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 26/35 véhicule. Par rapport à la qualité de l’air mesurée à l’extérieur du véhicule, les niveaux de NO2 dans l’habitacle sont plus stables ce qui est principalement dû au délai de renouvellement de l’air dans l’habitacle. Ce constat est également observé sur les quelques trajets effectués à titre exploratoire, avec des concentrations de NO2 mesurées à l’extérieur du véhicule test plus élevées et plus dynamiques que celles enregistrées à l’intérieur de l’habitacle. Comme l’illustre également la Figure 19, les niveaux de NO2 dans l’habitacle sont plus atténués qu’à l’extérieur. Néanmoins les teneurs baissent moins rapidement dans le véhicule du fait du délai de renouvellement de l’air dans l’habitacle du véhicule ce qui entraîne également des niveaux plus lissés. NO2 Intérieur NO2 Extérieur 400 Concentrations en µg/m3 350 300 250 200 150 100 50 0 0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 Temps (secondes) Figure 19 : Concentrations de NO2 relevées à l’extérieur et à l’intérieur du véhicule test sur le Boulevard Saint-Germain, le 28 juin. NO2 Intérieur NO2 Extérieur (µg/m3) (µg/m3) Moyenne 129 127 Maximum 258 342 Tableau 10 : Éléments statistiques des concentrations de NO2 relevées à l’extérieur et dans l’habitacle du véhicule lors d’un trajet sur le Boulevard Saint-Germain. En moyenne, les mesures réalisées sur le trajet effectué Boulevard Saint-Germain à l’extérieur et dans l’habitacle sont similaires malgré des phénomènes de « bouffées » plus intenses à l’extérieur du véhicule. De plus, à l’arrivée à la suite d’un parcours dans le trafic, les niveaux de NO2 dans le véhicule peuvent être bien plus élevés que ceux mesurés à l’extérieur du véhicule, au même instant, en raison du délai d’évacuation et du renouvellement de l’air de l’habitacle. Un exemple de ce phénomène a été présenté au début de l’étude lors du trajet Ermont – Paris, à l’arrivée à AIRPARIF rue Crillon où les niveaux intérieurs sont 6 fois supérieurs à ceux mesurés à l’extérieur. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 27/35 3.4.2 Exposition d’un automobiliste sur le Boulevard Périphérique Les mesures réalisées dans l’habitacle permettent d’observer les concentrations de NO2 pouvant être enregistrées à l’intérieur du véhicule et donc auxquelles l’automobiliste est exposé. Elles peuvent être comparées à celles issues des stations fixes du réseau AIRPARIF. La Figure 20 illustre les teneurs moyennes de NO2 relevées le 18 mai au sein de l’habitacle lors d’un trajet effectué sur l’ensemble du Boulevard Périphérique intérieur, par rapport à celles mesurées par les stations d’AIRPARIF : - à proximité du trafic du Boulevard Périphérique à hauteur de la Porte d’Auteuil, en situation de fond aux Halles à Paris (1er arrondissement). 18 mai 2007 Concentrations en µg/m3 200 150 100 50 0 Dans l'habitacle Boucle du Bd Périphérique intérieur* A l'extérieur du véhicule Boucle du Bd Périphérique intérieur* Station Trafic Bd Périphérique AUTEUIL** Station Fond Paris Les Halles** * Mesures dans l’habitacle et à l’extérieur du véhicule entre 11h09 et 11h41. **Station fixe du réseau AIRPARIF : mesures entre 11h et 11h45. Figure 20 : Concentrations de NO2 relevées le 18 mai 2007 sur des stations fixes du réseau AIRPARIF et dans l’habitacle du véhicule lors d’une boucle de Boulevard Périphérique. Durant le trajet sur le Boulevard Périphérique, les niveaux de NO2 mesurés à l’intérieur de l’habitacle sont en moyenne 2.5 fois supérieurs à ce que l’on peut mesurer au même instant en bordure du Boulevard Périphérique4. Cela s’explique à la fois par la plus grande proximité aux émissions du trafic routier (influence directe des véhicules alentours) lorsque l’on se trouve dans le flux de circulation et par la faible vitesse de renouvellement de l’air de l’habitacle. Ces mesures montrent clairement qu’un automobiliste est plus exposé à la pollution dans sa voiture qu’un piéton le long du trafic. Les concentrations de NO2 enregistrées au cœur de Paris sont légèrement inférieures à 20 µg/m3 et caractérisent la qualité de l’air en situation de fond, c’est-à-dire loin des sources d’émissions, telles que celles engendrées par le trafic routier, pour ne pas en subir l’influence directe. 4 Prélèvement à une distance inférieure à 2 mètres. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 28/35 3.4.3 Exposition d’un automobiliste sur les Champs-Élysées Des mesures ont également été effectuées dans le flux de la circulation sur les ChampsÉlysées (le 28 juin 2007). De la même manière que sur le périphérique, les niveaux de NO2 dans le flux de circulation et à l’intérieur de l’habitacle sont supérieurs à ceux mesurés au même instant sur le trottoir5. En effet la concentration moyenne mesurée dans le véhicule sur les Champs-Élysées lors de ce parcours est 1.7 fois supérieure à celle à laquelle les piétons sont exposés au même instant. 26 juin 2007 Concentrations en µg/m3 200 150 100 50 0 Dans l'habitacle Champs-Elysées* A l'extérieur du véhicule Champs-Elysées* Station Trafic ChampsElysées** Station Fond Paris Les Halles** *Mesures dans l’habitacle et à l’extérieur du véhicule entre 12h01 et 12h17. **Station fixe du réseau AIRPARIF : mesures entre 12h et 12h15. Figure 21 : Concentrations de NO2 relevées le 28 juin 2007 sur le réseau AIRPARIF ainsi que dans l’habitacle du véhicule et le flux de circulation lors d’un passage sur les Champs-Élysées. Ainsi, ces mesures confirment que l’exposition au dioxyde d’azote est plus importante pour un automobiliste que pour un piéton marchant sur le trottoir à proximité du même axe. L’automobiliste est plus exposé aux émissions dues au trafic routier sachant qu’il se situe dans le flux de circulation et donc directement influencé par les véhicules les plus proches. Conformément aux règles communes de surveillance de la qualité de l’air définies en France et en Europe, les stations trafic reflètent les niveaux de pollution liés au trafic dans l’environnement et donc plus particulièrement l’exposition des piétons. La comparaison entre ces deux types de mesures, par les stations fixes et en déplacement dans un véhicule, montre clairement qu’un automobiliste est plus exposé à la pollution qu’un piéton. Elle indique également que pour évaluer l’exposition d’un automobiliste dans son véhicule, seules des mesures dans le flux de circulation peuvent être utilisées. Des études complémentaires seront menées pour évaluer l’impact de l’utilisation de la ventilation ou de l’ouverture des fenêtres sur ces niveaux de pollution dans l’habitacle et éventuellement du type de véhicule utilisé. 5 Prélèvement sur le trottoir à une distance inférieure à 2 m de l’axe. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 29/35 3.5 Particularités observées Lors de certains trajets réalisés, dans le cadre exploratoire des mesures dans le flux de circulation, des particularités liées à la configuration de l’axe ou du trafic routier ont été identifiées. 3.5.1 Particularité d’un pont : exemple du viaduc de Gennevilliers A l’inverse des tunnels ou couvertures d’axes où les concentrations de NO2 sont très élevées du fait du confinement ne permettant pas la dilution de l’air, le tronçon de l’autoroute A15 correspondant au viaduc de Gennevilliers (cf. Figure 22) présente des teneurs plus faibles qu’en amont et aval de ce pont, comme cela est illustré sur la Figure 23. En effet, le tronçon traversant la Seine est plus sujet au brassage de l’air, compte tenu à la fois de la hauteur du viaduc, de l’environnement plus dégagé et des conditions de dispersion que l’on retrouve au-dessus d’un cours d’eau (flux aéraulique longitudinal au fleuve). A15 A15 Viaduc de Gennevilliers Figure 22 : Carte du viaduc de Gennevilliers et de l’échangeur entre les autoroutes A15 et A86. NO2 Extérieur 250 A15 NO2 intérieur Entrée sur le viaduc de Gennevilliers - A15 Concentrations en µg/m3 200 Passage sur le viaduc de Gennevilliers - A15 150 100 50 0 0 50 100 150 200 Temps (secondes) 250 300 Figure 23 : Concentrations de NO2 dans l’habitacle et à l’extérieur du véhicule sur l’autoroute A15 lors du parcours entre Ermont et la Rue Crillon (Paris 4ème) le 3 juillet 2007. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 30/35 Il est également à noter que la baisse des concentrations de NO2 à l’extérieur du véhicule est plus rapide que celle observée à l’intérieur de l’habitacle (cf. chapitre « Différence entre air de l’habitacle et air extérieur du véhicule»). 3.5.2 Impact du véhicule qui nous précède Si les concentrations de NO2 mesurées dans le véhicule test sont dépendantes de la typologie de l’axe, avec notamment les teneurs les plus importantes observées dans les tunnels, elles le sont également du fait des véhicules qui le devancent. La Figure 24 présente les niveaux de NO2 relevés dans l’habitacle dans une rue parisienne lorsqu’un poids lourd précède le véhicule test. Ce trajet s’est effectué dans un trafic routier très congestionné avec une vitesse moyenne de circulation de 3 km/h. Lorsque l’on suit ce véhicule, les teneurs de NO2 que l’on enregistre dans le véhicule peuvent atteindre des niveaux très importants, à savoir ici ponctuellement sur quelques secondes plus de 1 200 µg/m3. Cela représente des concentrations de NO2 plus de dix fois supérieures à celles mesurées dans l’habitacle avant que le véhicule ne soit derrière le poids lourd. NO2 Intérieur 1400 Derrière un poids lourd Concentrations en µg/m3 1200 1000 800 600 400 200 0 0 250 500 750 1000 Temps (secondes) Figure 24 : Concentration de NO2 relevées dans l’habitacle. Ainsi, le type et les caractéristiques du véhicule qui nous précède, jouent un rôle important sur les concentrations que l’on mesure dans l’habitacle. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 31/35 3.5.3 Impact des émissions du véhicule test sur l’air intérieur Afin d’étudier le potentiel impact des émissions du véhicule test sur son propre air intérieur, des mesures ont été réalisées en milieu rural sur un axe secondaire durant une période sans flux de circulation. Pour ce test, la vitesse moyenne du véhicule était de 50 km/h avec un fonctionnement de la ventilation en position 1. La Figure 25 présente les mesures en NO2 à l’intérieur de l’habitacle et celles d’une station rurale de fond située à proximité. Les niveaux moyens en NO2 enregistrés en air intérieur lors de ce parcours, sans influence d’autres véhicules, sont similaires aux niveaux de fond mesurés, à savoir 11 µg/m3. Dès le retour sur une départementale, dans le flux d’autres véhicules, les niveaux de NO2 dans l’habitacle augmentent. Figure 25 : Concentrations de NO2 à l’intérieur du véhicule lors d’un trajet en zone rurale. Ceci nous laisse à penser que les émissions du véhicule test auraient un impact négligeable sur son propre air intérieur pour le NO2. Ces observations restent cependant à valider en fonction notamment de la vitesse du véhicule, voire du type de véhicule… ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 32/35 4. Conclusion Cette étude exploratoire, de mesures dans le flux de circulation réalisées sur quelques trajets, apporte des résultats intéressants sur les connaissances des niveaux de concentrations rencontrés ainsi que sur les perceptives d’utilisation de cet outil. Ils illustrent et corroborent d’autres travaux de recherches sur cette thématique, tels que ceux de l’INSERM6 et du CERTAM7 dans le cadre d’une étude commandée par l’AFSSET (Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail). Tout d’abord, elle confirme que les niveaux mesurés en NO2 dans le flux des véhicules sont nettement supérieurs à ceux observés à proximité d’un axe à fort trafic par les stations d’AIRPARIF, que ce soit dans l’habitacle même ou à l’extérieur immédiat du véhicule. En complément d’autres travaux, ces résultats montrent à nouveau que les automobilistes sont plus exposés à la pollution que les piétons. Elles ont de plus permis d’appréhender les principaux paramètres d’influence de l’exposition des automobilistes : topographie de la rue empruntée, conditions de circulation et impact des véhicules avoisinants. Sur un même parcours, les mesures mettent en évidence des variations de niveaux de pollution en fonction notamment de la fluidité du trafic et des véhicules qui précèdent le véhicule test, mais qu’en revanche l’influence de son propre véhicule serait négligeable sur l’air intérieur de l’habitacle. Il apparaît également que la typologie de l’axe (tunnel, viaduc…) peut entraîner des différences importantes tout au long d’un trajet. Les passages en tunnel ou dans des zones recouvertes montrent clairement une augmentation de l’exposition de l’automobiliste à la pollution atmosphérique. Ces premières études de cas permettent d’envisager des études complémentaires pour d’une part caractériser l’exposition d’un automobiliste pour des trajets types (Paris-Banlieue avec périphérique, Paris intra muros…) et d’autre part d'analyser les paramètres d’influence des niveaux de NO2 dans l’habitacle (typologie de l’axe, conditions de trafic, influence de la ventilation ou de l’ouverture des fenêtres…). Le même travail pourra également être réalisé pour d’autres polluants. De plus, ces études permettront d’affiner les modèles de calcul des concentrations à fine échelle en proximité du trafic automobile (caractérisation des niveaux aux extrémités de tunnel,…). 6 7 Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale. Centre d’Études et de Recherche en Aérothermie Moteur. ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 33/35 ANNEXES Mesures dans le flux de circulation - Étude exploratoire - ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 34/35 ANNEXE 1 Définition statistique d’une « boite à moustache » (box plot) Une boite à moustache (ou box plot) est un graphique représentant la répartition d’une série statistique. Pour ce faire, l’échantillon est séparé en 4 parties de même effectif, appelées quartiles. Un quartile est donc constitué de 25 % des données de l’ensemble de l’échantillon. Le deuxième quartile (percentile 50) est appelé plus couramment la médiane. La partie centrale correspondant à une « boite » représente 50 % des données. Elles se situent entre les 1er et 3ème quartiles. La différence entre les deux est appelé l’écart inter quartiles. Les moustaches réparties de chaque côté de la boite représentent généralement 25 % des données, mais n’excèdent pas en terme de longueur, 1.5*I (I étant l’écart interquartile, c’est à dire la longueur de la boite), ce qui peut amener la présence de points atypiques en dehors des moustaches. La fin de la moustache supérieure correspond donc soit à la valeur 3Q+1.5I (3ème quartile + une fois et demi l’intervalle inter quartile), soit au maximum de l’échantillon s’il est plus faible que cette valeur. La fin des moustaches est très proches des centiles 1 et 99, lorsque la distribution de l’échantillon est gaussienne (suit une loi Normale). ________________________________________________________________________ AIRPARIF - Surveillance de la qualité en Île-de-France Mesures dans le flux de circulation – Étude exploratoire 35/35