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LA LIBERTÉ JEUNES VENDREDI 20 FÉVRIER 2009 31 32-33 34 35 35 36 La renaissance de Mickey Rourke. CRITIQUES DE FILMS CINÉMA RADIO-TV SUDOKU ATELIERS À L’UNI DE GENÈVE MÉTÉO 29 Page réalisée par la rédaction des Jeunes de La Liberté Paraît chaque vendredi François Tardin (077 418 99 56) Michael Perret (078 721 89 55) Contacts mail: [email protected] Afond la (grosse) caisse! PARLE-MOI DE TON SPORT! ESGOURDES • Au commencement étaient El Padre et Jacky. Ils fondèrent les Gouilles Agasses, la guggenmusik du Mouret. Un mot d’ordre: pas trop de nuances. ANNE-CAROLE RUDAZ Ils sont bonnards, les membres des Gouilles Agasses. La clique du Mouret aime à gouailler: «Ce qui nous motive à être dans la guggen? L’ambiance qui est énorme!» Romain ajoute: «On rencontre en plus des jolies filles durant les carnavals.» Les jeunes, mais aussi ceux qui le sont un peu moins, l’assurent: «On est une grande famille qui aime faire la noce.» Le ton est donné. Si chez les Gouilles Agasses, l’essentiel est de s’amuser, qui a dit que jouer dans une guggen était une fête permanente? Il faut rester debout et jouer toute la journée malgré le froid qui peut se révéler intense. A tout problème, il y a des remèdes: d’abord, et dans la logique des choses, il faut bien s’habiller, quitte à mettre trois pulls et avoir l’air d’avoir pris 10 kilos durant les fêtes. Secundo, l’alcool aidant pour certains, les cœurs se trouveront réchauffés par la musique et les danses qui les accompagnent. Il existe également un thé des Gouilles dont la recette est gardée secrète. Revers de la médaille, dame météo peut abîmer une représentation: «La pluie peut gâcher nos costumes, nos plumes ne tiennent pas l’eau», explique Audrey. «C’est pourquoi nous avons des pèlerines, aussi pour éviter que le costume ne devienne trop lourd.» A tous un surnom Une spécialité dans la guggen du Mouret est que chaque membre a un surnom. Soit explicite (la Blonde), soit en rapport avec le prénom (Audrèche), ou encore avec un événement (Miettes, qui avait tellement faim qu’il mangea Melina espère devenir professeur de vô Vietnam. FM «Le vô Vietnam est mon dada» FLORE MARTINSON Mélina Gadi, 16 ans, nous parle de son sport: le vô Vietnam. «Au départ, c’est ma prof d’école primaire qui m’a fait découvrir le vô Vietnam. Elle donnait les cours pour enfants à Belfaux et elle a embarqué toute la classe dans sa passion, cela fait maintenant neuf ans. Les Gouilles Agasses du Mouret: attention, les plumes du costume ne tiennent pas l’eau! ANNE-CAROLE RUDAZ toutes les miettes tombées sur la table des quatre croissants qu’il avait engloutis). Il y a bien sûr El Padre, qui a fondé cette clique avec Jacky. «C’était un grand challenge pour nous, on se disait qu’il ne se passait jamais rien dans les environs et qu’on allait créer une guggen, on s’est tapé dans la main et on a tenu notre engagement jusqu’au bout», expliquent-ils. Avec l’aide de diverses personnes et du bouche-à-oreille, une première répétition s’est faite avec peu d’instruments et des gens qui n’avaient jamais joué de la musique de leur vie. Les Gouilles Agasses ne sont donc pas des professionnels, mais apprennent les notes à l’aide de numéros et les rejouent ensuite par cœur. Le fait que ce soit des morceaux connus facilite la tâche. «Un panard d’enfer» La clique a également en son sein des membres de fanfares qui aiment l’ambiance moins stricte des guggens. Ils racontent: «Il y a une grande différence dans la façon de jouer. Par exemple, dans la fan- fare on joue avec des nuances plus ou moins fortes et ici c’est toujours à fond la caisse.» Par amour de la musique et de la bonne ambiance, sousaphones, trompettes, batteries, cloches ou encore trombones de toutes les guggens se suivent dans des cortèges à un rythme endiablé dans les carnavals. Pour que tout fonctionne, il faut un comité de gens motivés. Virginie, dite Lounette, la caissière depuis septembre et joueuse de trombone, a pas mal de boulot: «Je dois entre autres gérer le bar, tenir à jour les comptes ou m’occuper du loto. Ça me plaît de m’investir pour les nouveaux amis que je me suis faits ici.» Impression reprise à l’unisson. Jacky, le président: «Si on se fait plaisir et qu’on va tous dans le même sens, on prend un panard d’enfer.» I > Plus d’infos sur le site: www.lesgouillesagasses.com. OÙ LES ENTENDRE? 20.02: Carnaval des enfants du Mouret 21-22.02: Carnaval de Broc 07-08.03: Carnaval d’Yverdon 02-03.05: Carnaval de Soleil à Lausanne. DIS-MOI TOUT! Faut-il libéraliser la pub pour le vin et la bière? STÉPHANIE CASARIN CHRISTOPHE SCHUWEY LEA OBERHOLZER > Etudiante en sociologie de la communication à l’Université de Fribourg > Etudiant en lettres à l’Université de Fribourg > Etudiante en sociologie de la communication à l’Université de Fribourg «Je trouve positive la participation de la Suisse au programme Media 2007 qui soutient le cinéma suisse sur le secteur audiovisuel européen. Maintenant, c’est vrai que la participation helvétique à ce programme sera accompagnée, sur demande du Conseil fédéral suisse, d’une révision de la LRTV (loi sur la radio et la télévision). Celle-ci entend autoriser la publicité pour le vin et la bière sur toutes les chaînes suisses privées et publiques. »Par rapport à cette révision j’ai deux points de vue. Au niveau économique et commercial, je trouve injuste que les distributeurs de vin et de bière n’aient pas accès à tous les supports et les marchés de la publicité alors qu’ils sauraient très bien occuper ces espaces. La publicité pour les alcools est souvent de bonne qualité et les produits plus attractifs que lorsqu’ils sont sur le papier.» D’un point de vue plus «humain», cette révision n’est pas une bonne chose. Prenons l’exemple de la bière, c’est l’une des boissons alcoolisées préférées des jeunes, en faire la promotion sur des supports privilégiés par ceux-ci, la télévision et la radio, c’est accroître les chances qu’ils en consomment.» «Je ne veux en aucun cas dire que c’est une bonne chose, mais comme ce sont des produits de consommation extrêmement courants, je ne pense pas que leur vente va croître. Leur publicité va plutôt permettre aux différentes marques de se faire connaître et de se placer par rapport au marché. Le seul danger que je vois, ou plutôt le risque, c’est que des marques profitent d’un support télévisé et radiophonique étendu pour banaliser la consommation de vin et de bière. Si la publicité est présente sur les chaînes publiques et privées et non seulement au niveau local, comme le permet la loi actuelle de la LRTV, l’impact n’en sera que plus grand. »En donnant une image ultra in à leurs produits et en ciblant une population, les distributeurs peuvent orienter les choix de leurs consommateurs. Il suffit qu’une population sensible soit convaincue par une publicité pour qu’elle consomme une bière forte. »Le problème réside dans le fait que la publicité mentionne rarement la teneur en alcool de la boisson. Cependant, le marché de la publicité doit s’ouvrir pour autant que le consommateur soit averti.» «Je suis contre cette révision. C’est un non-sens absolu, et ce au sein même de la Constitution fédérale suisse. Dans son article 17, elle mentionne que l’Etat doit soutenir la liberté d’opinion et de publicité, mais d’autres articles constitutionnels l’obligent à assurer son rôle de prévention des drogues et des alcools. La modification de la loi sur la radio et la télévision est l’expression de ce non-sens. L’Etat est obligé de faire de la prévention mais veut libéraliser la promotion des bières et des vins sur les chaînes publiques et privées. Ce comportement diminue la crédibilité de l’Etat qui, au lieu de minimiser la visibilité de ces produits alcoolisés, veut accroître leurs marchés publicitaires. »Parce que l’actuelle loi permet déjà la publicité pour la bière et le vin au niveau local, la Confédération prétend que la consommation ne va pas augmenter si cette révision est acceptée. Je pense le contraire. Et si la publicité s’accroît pour les boissons alcoolisées, l’Etat doit être conscient qu’il aura le devoir de payer les coûts dus à l’augmentation de consommation de ces produits.» TEXTE ET PHOTOS: LAURINE JOBIN »Nous sommes quatre sur toute la classe à avoir attrapé le virus. Mes parents ont donné leur feu vert pour que je puisse m’entraîner, mais ils étaient d’abord sceptiques, car ce sport est peu connu. Ma motivation est toujours plus grande à mesure que je monte les échelons des différents cours. Actuellement, je m’entraîne trois fois par semaine dans les cours adultes. Je donne également les cours pour enfants à Belfaux deux fois par semaine. Le week-end je participe au cours licorne, où on apprend une danse rituelle, ainsi qu’à des représentations. Ce sport est vraiment une passion et j’y consacre énormément de mon temps libre. »Le vô Vietnam est un art martial d’origine vietnamienne basé sur la défense. Bien qu’on y apprenne des techniques de combat contre une ou plusieurs personnes, les cours sont axés également sur le mental, et sur une certaine morale. Le vô Vietnam ressemble à un sport: c’est un moyen d’entretenir son corps pour se procurer du bien-être et de l’assurance. En cours, nous abordons autant les techniques traditionnelles de combat que les questions relatives à la santé. Il n’y a pas de compétition et l’entraide est la règle d’or. Pour moi, les membres du club sont comme une deuxième famille. »J’espère pouvoir continuer dans ce sport aussi longtemps que possible. Je ne me fixe pas d’objectifs particuliers si ce n’est celui d’atteindre au moins le stade de professeur, mais pour cela il faut avoir dix-huit ans et passer un test, autant technique que mental. J’ai hâte d’y être! Le vô Vietnam est et restera mon dada, mais, ces temps-ci, je mets l’accent avant tout sur les études.» I