Feuillet d`information
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Plan d’action national pour la prévention des blessures chez les conducteurs ages Feuillet d’information : Les programmes d’entraînement à la conduite sécuritaire pour les conducteurs âgés Le nombre de conducteurs âgés est-il plus élevé de nos jours? Les aînés représentent le segment de la population de conducteurs connaissant la plus grande croissance. Aujourd’hui, il y a environ 2,7 millions de conducteurs âgés de plus de 65 ans sur les routes canadiennes. D’ici 2040, ce nombre aura pratiquement doublé au Canada. Les accidents de la route sont-ils un sujet de préoccupation en ce qui concerne les conducteurs âgés? Malheureusement, la mortalité et la morbidité des conducteurs âgés sont à la hausse. En effet, les accidents liés à la conduite automobile sont la principale cause de mort accidentelle au Canada, chez les personnes de 65 à 75 ans. Les personnes de plus de 75 ans ont un taux de collisions 3,5 fois plus élevé que celui des personnes de 35 à 45 ans (1). L’âge a-t-il un effet sur l’aptitude à conduire de façon sécuritaire? Le vieillissement peut entraîner des changements touchant la vision, les habiletés de perception, l’attention, la mémoire, les prises de décision, le temps de réaction, la vitesse de traitement de l’information et les habiletés physiques, y compris des problèmes médicaux spécifiques pouvant avoir un effet sur la conduite sécuritaire d’un véhicule. La recherche a démontré que les changements touchant les fonctions cognitives et de perception sont associés à de plus grands risques d’accidents (2-5). Les conducteurs âgés observent-ils des changements touchant leurs capacités de conduire de façon sécuritaire? Certains conducteurs âgés sont en mesure de reconnaître les changements fonctionnels qui surviennent et d’adopter des mesures compensatoires. D’autres ne sont pas conscients de leurs pertes fonctionnelles et ils continuent de conduire sans s’imposer de restrictions. Ce manque de restrictions est particulièrement présent chez les personnes qui ont des pertes cognitives associées à une démence. Les personnes qui conduisent avec des habiletés réduites courent plus de risque d’avoir des accidents pouvant entraîner des conséquences sérieuses pour elles-mêmes et pour les autres. À quel point la conduite automobile est-elle importante pour les aînés? La conduite automobile représente l’autonomie et l’indépendance et elle contribue à la qualité de vie d’une personne, en lui procurant un bien-être et la capacité de poursuivre ses relations familiales et sociales (6). Le renoncement à la conduite automobile est associé à la perte de mobilité d’une personne et à une réduction des activités à l’extérieur du domicile (7), de même qu’à une augmentation des symptômes dépressifs (8). Est-il possible d’aider les conducteurs âgés à adopter des habitudes sécuritaires en matière de conduite automobile? Il est important d’aider les conducteurs âgés à améliorer leurs habiletés et à être conscients des changements qui surviennent dans leurs habiletés, afin qu’ils puissent adapter leur conduite automobile au besoin. Bien que certaines habiletés requises pour conduire un véhicule automobile (comme les fonctions visuelles, motrices et sensorielles) soient affectées par le vieillissement, il est encourageant de constater qu’un entraînement spécifique peut jouer un rôle important dans la réadaptation à la conduite automobile. Que savons-nous à propos de l’efficacité de la réadaptation à la conduite automobile? La bonne nouvelle est qu’il y a de plus en plus de données démontrant que la réadaptation des conducteurs âgés entraîne une amélioration des connaissances générales sur la conduite automobile et des habiletés spécifiques à la conduite automobile. Plusieurs recommandations fondées sur les preuves ont été faites aux spécialistes en réadaptation de la conduite automobile. Ces recommandations décrivent les stratégies qu’il faut aborder dans un programme de réadaptation à la conduite automobile pour les aînés, c’est-à-dire un entraînement physique axé sur la souplesse, la coordination et la vitesse des mouvements, de même qu’une intervention éducative combinée à un entraînement sur route. Une revue systématique antérieure (9) d’études examinant les interventions de réadaptation axées sur l’amélioration des aptitudes à la conduite automobile chez les personnes âgées a permis de mettre en relief huit études rédigées en anglais. Une étude se penchait sur l’efficacité d’une intervention en réadaptation physique (10), une autre, sur l’efficacité d’une intervention sur la perception visuelle (11), cinq études examinaient l’efficacité d’une intervention éducative (12-16), et finalement, une dernière étude examinait l’efficacité d’une combinaison de ces trois types d’intervention, de même que les améliorations apportées à l’ingénierie de la circulation routière (17). Dans l’ensemble, les résultats suggèrent qu’un entraînement axé sur les habiletés peut jouer un rôle capital dans la réadaptation des aptitudes à la conduite automobile chez les conducteurs âgés. Une mise à jour d’une revue systématique (19) a permis de mettre quatre autres études en évidence : une étude sur la réadaptation physique (20), une étude sur l’éducation (21), et deux études sur l’éducation combinée à un entraînement sur route (22-23). Les données probantes actuelles sur l’efficacité de la réadaptation des conducteurs âgés sont suffisamment encourageantes pour justifier des actions axées sur l’intervention et la planification de programmes. Les conducteurs âgés sont-ils intéressés à suivre un programme de réadaptation à la conduite automobile? Une étude basée sur des groupes de discussion (18) a été menée afin de déterminer si les conducteurs âgés seraient intéressés à suivre des cours de recyclage en conduite automobile. Les participants aux groupes de discussion se sont montrés très intéressés à suivre un programme qui comprendrait, entre autres, un entraînement en vue d’améliorer leur temps de réaction, leur perception visuelle et leurs connaissances sur la conduite automobile. Bon nombre de participants ont mentionné leur désir de mettre à jour et d’améliorer leurs connaissances sur le code de la route, compte tenu de la longue période de temps écoulée (parfois 50 ans et plus) depuis qu’ils ont passé des épreuves sur route ou suivi un cours de conduite automobile. Pourquoi le Plan d’action national représente-t-il une initiative importante? Dans notre société, la conduite automobile est grandement valorisée (6). Les cliniciens et les chercheurs en réadaptation peuvent jouer un nouveau rôle dans l’entraînement ou le maintien des habitudes sécuritaires en matière de conduite automobile chez les personnes âgées et les personnes handicapées. Ce projet représente la première étape de la stratégie fondée sur la recherche ayant pour but d’élaborer des interventions efficaces et pratiques en matière de conduite automobile à l’intention des conducteurs âgés en santé et ce, en fonction de leurs besoins et de leurs intérêts. Compte tenu du nombre élevé de conducteurs âgés, il s’agit d’un aspect de la pratique clinique et de la promotion de la santé qui connaîtra sûrement une croissance rapide et exponentielle dans les prochaines années. Le Plan d’action national pour la prévention des blessures chez les conducteurs âgés est financé par le Fonds pour la santé de la population de l’Agence de la santé publique du Canada. Les opinions exprimées dans ce feuillet ne représentent pas nécessairement les opinions de l’Agence de la santé publique du Canada. Références (1) Conseil canadien de la sécurité. Les aînés au volant. (2005). Téléchargé en février 2005 au http://www.safetycouncil.org/news/sc/2000/Eng-1-00.pdf. (2) Gresset, J.A., et Meyer, F.M. (1994). Risk of accidents among elderly car drivers with visual acuity equal to 6/12 or 6/15 and lack of binocular vision. Ophthalmic and Physiological Optics, 14, 33-37. (3) Johnson, C.A., et Keltner, L. (1983). Incidence of visual field loss in 20,000 eyes and its relationship to driving performance. Archives of Ophthalmology, 101, 371-375. (4) Morgan, R., et King, D. (1995). The older driver: a review. Postgraduate Medicine Journal, 71, 525-528. (5) Owsley, C., Ball, K., Sloane, M.E., Roenker, D.L., et Bruni, J.R. (1991). Visual/cognitive correlates of vehicle accidents in older drivers. Ophthalmology and Aging, 6(3), 403-415. (6) Ragland, D.R., Satariano, W.A, et MacLeod, K.E. (2004). Reasons given by older people for limitations or avoidance of driving. The Gerontologist, 44, 237-244. (7) Marottoli, R.A., Mendes de Leon, C.F., Glass, T.A, Williams, C.S., Cooney, L.M., et Berkman, L.F. (2000). Consequences of driving cessation: decreased out-of-home activity levels. Journal of Gerontology, 55, S334-340. (8) Marottoli, R.A., Leon, C.F., Glass, T.A., Williams, C.S., Cooney, L.M., Berkman, L.F., et Tinetti, M.E. (1997). Driving cessation and increased depressive symptoms: prospective evidence from the New Haven EPSE. Journal of the American Geriatrics Society, 45, 202-206. (9) Kua, A, Korner-Bitensky, N, Desrosiers, J, Man-Son-Hing, M, et Marshall, S. (2007). Older driver retraining: A systematic review of evidence of effectiveness. Journal of Safety Research, 38(1), 81-90. (10) Ostrow, A.C., Shaffron, P., et McPherson, K. (1992). The effects of a joint range-ofmotion physical fitness training program on the automobile driving skills of older adults. Journal of Safety Research, 23, 207-219. (11) Roenker, D.L., Cissell, G.M., Ball, K.K, Wadley, V.G., et Edwards, J.D. (2003). Speed-ofprocessing and driving simulator training result in improved driving performance. Human Factors, 45(2), 218-233. (12) Bedard, M., Isherwood, I., Moore, E., Gibbons, C., et Lindstrom, W. (2004). Evaluation of a re-training program for older drivers. Canadian Journal of Public Health, 95, 295 299. (13) Janke, M.K. (1994). 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