Golf - Plus de TVA pour les prestations des green
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Golf - Plus de TVA pour les prestations des green
Les Clubs de golf ne doivent plus payer la TVA sur les prestations des green-keepers ! De la théorie….. La TVA c’est simple. C’est même très simple. Feu M. le Conseiller fédéral Pascal Delamuraz, en faisant campagne pour la votation en faveur de la TVA – c’était en 1993 – affirmait que la perception de la TVA serait simple. « Dans votre bureau » affirmait-il « il suffira d’avoir deux clous. Sur le premier clou, vous y agraferez les factures de vos fournisseurs et sur le deuxième, les factures adressées à vos clients. A la fin du trimestre, vous additionnez les deux piles et la différence, en partant de l’idée que vous facturez plus que vous n’avez de factures à payer, sera reportée sur un petit décompte. Ensuite vous calculez la TVA selon le taux et vous envoyez le tout à Berne ». … à la pratique ! Dans la pratique, la perception de la TVA est devenue relativement complexe. Le principe évoqué ci-dessus est cependant resté le même. Pourtant, les exclusions et les exonérations d’imposition, les nombreuses publications de l’Administration fédérale des contributions (AFC), la jurisprudence et les subtilités d’imposition rendent difficile la perception de cet impôt, qui représente le tiers du budget total de la Confédération. Le principe de perception veut que ce soit le contribuable lui-même qui détermine sa créance fiscale. On parle alors d’auto taxation, ce qui implique que c’est le contribuable qui doit apporter la démonstration que la TVA annoncée est suffisante. Le sport, lors de l’introduction de la TVA, a été pénalisé. Le sport actif était soumis à la TVA, comme, par exemple, les finances d’inscription aux compétitions populaires et la location d’installations sportives. Le sport passif bénéficiait curieusement d’une exclusion d’imposition puisque la TVA n’était pas prélevée sur les billets d’entrées aux manifestations sportives. Les milieux sportifs se sont mobilisés et ont lancé une initiative populaire « Contre une TVA injuste pour le sport et le domaine social ». Devant la rapidité avec laquelle les signatures ont été récoltées, le Parlement a préféré remplacer l’Ordonnance qui régissait le prélèvement de la TVA par une Loi sur la TVA, dès 2001, dans laquelle les intérêts des sportifs étaient mieux pris en considération. La TVA et le golf Un club de golf classique réalise des recettes non soumises à la TVA (les cotisations, les droits d’entrées, les finances d’inscription à des compétitions, etc.) et des recettes soumises à la TVA (les green-fees, la location de matériel, les recettes du pro-shop et du club-house, etc.). Partant de cette constatation, l’AFC a estimé que la valeur théorique des prestations effectuées par les green-keepers devait être soumise à la TVA, dans la même proportion que les recettes exclues. Ainsi, un club de golf qui réalisait 70 % de recettes non soumises et 30 % de recettes soumises à la TVA, devait déterminer une pseudo valeur sur les prestations des green-keepers (salaires, charges sociales, machines, engrais, eau, frais généraux, bénéfice présumé, etc.) et en imposer le 70 %. Dès les premiers contrôles effectués, les clubs de golf ont contesté ce point de vue jusqu’au Tribunal fédéral et ils ont perdu. La Loi sur la TVA modifie sensiblement l’article qui permettait, sous l’ancien régime de perception, le prélèvement de la TVA sur les prestations des greeen-keepers. En effet, un petit complément « magique » faisait dire à l’article en question que la TVA ne devait plus être prélevée sur les travaux usuels de nettoyage, de réparation et d’entretien effectués par l’assujetti ou ses employés. Malgré cette précision – qui semblait concerner directement et dans une proportion importante les green-keepers – l’AFC décida de maintenir sa pratique et de continuer d’exiger le paiement de la TVA sur de telles prestations. L’ASG, soucieuse des conséquences financières pour ses clubs, décida de mettre sur pied un groupe de travail TVA chargé de définir une stratégie visant, avant tout, à informer l’AFC sur la réelle nature de nos « jardiniers des terrains de golfs ». Il s’agissait de démontrer qu’en dehors du travail de haute qualification que tous les golfeurs apprécient, l’équipe des greenkeepers accomplit également, dans une proportion non négligeable, des prestations de tonte de gazon, de nettoyage, d’élagage et d’entretien courant. Avec une solide documentation recueillie, notamment auprès du Golf Club de Montreux, le groupe de travail TVA de l’ASG a rencontré, au début de l’été 2004, les plus hauts responsables de l’AFC à Berne. Le résultat, vous le connaissez. L’AFC a donné raison à l’ASG et à ses clubs en admettant que les prestations des green-keepers ne devaient plus être soumises à la TVA depuis le 1er janvier 2005. Et ceci même avec un effet rétroactif au 1er janvier 2001 pour les clubs de golf qui, appliquant les recommandations de l’ASG, contestaient formellement ce prélèvement de TVA lors de la remise de leurs décomptes périodiques. Cette nouvelle détermination a des incidences financières non négligeables pour les clubs de golf. Selon l’importance de l’équipe des green-keepers et selon la répartition des recettes soumises et non soumises, le prélèvement de la TVA pouvait se monter entre 30'000 et 100'000 francs par année par club de golf. Cette nouvelle pratique de l’AFC touche également d’autres infrastructures sportives, par exemple les patinoires ou les courts de tennis, qui bénéficient ainsi à l’avenir également des démarches fructueuses de l’ASG. Conclusions La persévérance finit toujours par payer. Au même titre que le golfeur cherchant à améliorer son handicap, le groupe de travail TVA de l’ASG n’a jamais baissé les bras alors même que les chances d’obtenir un revirement de la position de l’AFC paraissaient minces et que l’appui des autorités du sport suisse était inexistant. Il convient ici de remercier les clubs de golf qui ont prêté leur concours à l’ASG en fournissant de précieuses informations sur leur organisation ou sur le déroulement des contrôles TVA. C’est grâce à cette collaboration constructive que nous pouvons aujourd’hui nous féliciter, ensemble, du succès obtenu. Stéphane Gmünder TVA Conseils, Fribourg En matière de TVA, saviez-vous que : Le cultivateur qui mange une pomme de son verger ne doit pas de TVA alors que le garagiste qui répare sa voiture doit calculer la TVA. Le gazon synthétique est imposable à 7,6 % et le gazon naturel à 2,4 %. L’eau minérale achetée au magasin est soumise à 2,4 % alors que la même eau minérale bue au club house est imposée à 7,6 %. Un joueur de golf étranger gagnant plus de CHF 75'000 dans un tournoi en Suisse devrait s’annoncer à la TVA. Le « jardinier du dimanche » cultivant des légumes et des fleurs pour sa propre consommation ne doit pas s’annoncer à la TVA. Le pro d’un club de golf fournit des prestations de « formation » non soumises à la TVA.