Le patrimoine bâti de la commune de Saint-Amans

Transcription

Le patrimoine bâti de la commune de Saint-Amans
Le patrimoine bâti
de la commune de Saint-Amans-Soult (Tarn)
La synthèse qui suit, concernant le patrimoine bâti de la commune de Saint-Amans-Soult,
porte principalement sur l’habitat qui constitue de manière évidente la majorité des constructions
de la commune. Si la fondation du village remonte au Moyen Âge1, l’habitat n’a pas révélé de
construction aussi ancienne. Les maisons n’offrent pas toujours un caractère unitaire que l’on
pourrait attribuer à une seule période de construction ; elles sont le résultat, au contraire,
d’évolutions successives. En revanche, dans les faubourgs, essentiellement le long de la route
Nationale, les maisons sont plus souvent de construction homogène, et plus précisément de la
seconde moitié du XIXe siècle ou de la première moitié du XXe siècle. Les fermes isolées, quant
à elles, conservent une architecture cohérente et toujours fonctionnelle.
Une première synthèse sur les matériaux et leur mise en œuvre permet de définir les
caractères généraux du bâti. L’établissement de typologies des maisons puis des fermes, alliées à
la chronologie, permet d’envisager les grandes évolutions des modes d’habiter.
1
Voir le dossier portant sur la constitution du village.
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1
Les matériaux et la mise en œuvre
Les maçonneries
Les matériaux locaux de construction sont le gneiss et le micaschiste. Si dans les
constructions du village les deux pierres sont employées de manière à peu près équivalente, en
revanche, dans les constructions des écarts, le gneiss se retrouve en plus grande proportion, voire
parfois de manière exclusive. L’utilisation de galet se repère aussi fréquemment. Quelques blocs
de molasse se remarquent également de manière isolée dans la construction.
Fig. 1. Vue de détail des maçonneries de moellon brut.
En raison de la difficulté de tailler ces roches métamorphiques, les maçonneries sont
composées de moellons bruts, parfois assisés. Les chaînes d'angle utilisent des pierres ébauchées
ou équarries. Les blocs de gneiss utilisés pour les chaînes d’angle peuvent prendre des
proportions importantes.
Fig. 2. Les chaînes d’angle sont faites de gros moellons simplement ébauchés.
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La présence de chaîne d’angle en pierre de taille reste exceptionnelle. Elle se retrouve
principalement dans des constructions de prestige : au château de Soult-Berg ou à l’ancien
hospice. On en retrouve aussi dans des bâtiments qui relèvent d’une construction standardisée,
comme la gare ferroviaire ou les maisons de garde-barrière.
Seulement deux constructions en pierre de taille existent sur la commune. La plus
ancienne est le clocher de l’église Notre-Dame de l’Assomption, qui pourrait dater de la seconde
moitié du XIVe siècle. Il est construit en grès ocre jaune provenant des carrières de Navés situées
au sud de Castres.
Fig. 3. Le clocher de l’Église Notre-Dame de l’Assomption est construit en pierre de taille de moyen appareil assisé.
Autre exception construite au XIXe siècle, l’hôtel particulier situé au n° 42 de la route
Nationale, dans sa partie centrale, est lui aussi construit en pierre de taille.
Fig. 4. Hôtel particulier, 42 route Nationale.
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Les murs sont généralement montés à l’aide d’un mortier terreux, pauvre en chaux. Les
modes de construction des maçonneries n’ont pas beaucoup évolué au cours du temps. Seule la
composition du liant, généralement plus riche en chaux pour les époques les plus récentes, peut
permettre de préciser une datation. Cependant, en présence d’un mur bâti, il reste difficile de
préciser sa date de construction.
Fig. 5. Vue de détail d’un mur monté à l’aide d’un mortier terreux.
Les enduits de façade
En raison de la médiocre qualité des matériaux locaux, les murs des maisons sont le plus
souvent enduits. La meilleure preuve de cet enduit originel est le retrait prévu sur les blocs
d’encadrement d’ouvertures au droit de la maçonnerie. Cependant, la mode de ces dernières
décennies de mettre à jour les maçonneries tend à donner une idée fausse de ce qu’étaient les
façades, à l’origine.
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Fig. 6. Les encadrements des ouvertures sont en légères saillies et l’enduit est retrait (6 rue du Portail haut).
Quelques enduits anciens ont pu être repérés. Cependant, ils ne semblent pas remonter
au-delà de la seconde moitié du XIXe siècle. Il s’agit d’enduit à la chaux terminés par un
badigeon ocre jaune ou blanchâtre. Un bandeau blanc de lait de chaux souligne la génoise en
partie haute de la façade. Le bandeau pouvait aussi prendre une couleur ocre rouge. La génoise
pouvait elle-même être peinte de la même couleur que le bandeau.
Fig. 7. Bien que l’enduit soit en mauvais état, on repère encore très bien le bandeau lissé sous la génoise.
Cependant, beaucoup de constructions agricoles n'ont jamais reçu d’enduit. Cet état de
fait s'explique probablement pour des raisons d'économie. Ainsi trouve-t-on à côté d'une maison
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dont la façade présente un enduit lissé une dépendance agricole qui n'en a pas été pourvue,
établissant de fait une hiérarchie entre les deux corps de bâtiment à la fonction bien distincte.
Fig. 8. Une maison du hameau des Estrabauts Bas dont l’enduit de
façade est recouvert d’un badigeon blanchâtre et de fausses chaînes
d’angle.
Fig. 9. À proximité de la maison, le bâtiment agricole construit en
moellon n’a jamais été recouvert d’un enduit.
Fig. 10. 89 route Nationale,
La façade à travées de la maison est recouverte d’un enduit alors que les maçonneries de la remise sont laissées à pierre vue.
Une série de maisons que l’on peut dater du 1er quart du XXe siècle présente des enduits
de façades qui imitent la pierre de taille et les chaînes d’angle. De faux joints sont dessinés dans
l’enduit et un badigeon blanc, parfois conservé à l'état de fragments, devait accentuer
l’impression d’une façade en pierre de taille. Les fausses chaînes d’angle adoptent souvent un
relief plus marqué.
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Fig. 11. Route nationale.
La construction à pan-de-bois
La présence de pan-de-bois ou de vestiges attestant son existence a pu être observée de
manière homogène dans le village neuf : sept des dix îlots en possèdent. Même si seulement dix
édifices sont concernés, la répartition homogène permet de poser l’hypothèse d’une utilisation
fréquente de ce matériau de construction antérieurement aux reconstructions des XIXe et XXe
siècles.
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Fig. 12. Repérage des constructions à pan-de-bois ou des vestiges de pan de bois.
Deux maisons conservent des élévations à pan-de-bois. La façade nord de la maison
natale du maréchal Soult, s’élève sur deux étages construits en pan-de-bois, sans encorbellement
et avec des poteaux verticaux. Le remplissage est fait de briques disposées en épis. La médiocrité
de la restauration récente des joints au ciment ne permet plus de dire si la brique était laissée
apparente ou au contraire si elle était enduite.
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Fig. 13. 8 rue du Maréchal Soult, la maison natale du maréchal.
L’autre maison, située au n° 2 de la même rue, présente elle aussi une façade nord dont
les étages sont construits en pan-de-bois. L’ensemble est aujourd’hui dissimulé sous un enduit
mais la faible épaisseur du mur a pu être observée depuis l’intérieur de la maison. Les cloisons
intérieures de la maison sont aussi en pan-de-bois.
Huit autres maisons repérées conservent des vestiges de structure en pan-de-bois. Il s’agit
majoritairement de têtes de mur maçonnées qui forment aujourd’hui un « coup de sabre » dans la
maçonnerie des façades. Elles présentent le plus souvent un étage construit en encorbellement.
Un double encorbellement se devine encore dans la forme de la tête de mur au n° 2 rue de Triby.
D’après ce que laissent deviner les enduits actuels, une seule maison conserve en plus de la tête
de mur, une sablière basse et des abouts de solives encore en place (6 rue de l’Église).
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Fig. 14. 6 rue de l’Église.
Les têtes de mur sont construites dans le même matériau que le reste des maçonneries,
c'est-à-dire en moellon brut de gneiss. On note cependant la présence d’au moins une tête de mur
construite à l’aide de blocs équarris et assisés.
Fig. 15. Les anciennes têtes de mur des constructions à pan-de-bois sont encore lisibles dans les maçonneries.
Celle-ci, rue de l’Église, est construite principalement en moellons équarris et assisés.
Les vestiges de pan-de-bois sont parfois associés à des éléments stylistiques qui font
référence à des formes relativement anciennes, notamment des encadrements d’ouverture à
chanfrein qui peuvent être datés entre le XVe et le XVIIe siècles (exemple au n° 2 rue de Triby).
Mais, compte tenu de l’état de conservation ténu des vestiges, il est difficile de préciser
d’avantage la datation de ces maisons.
La reprise des façades en pan-de-bois procède bien souvent de campagnes de
reconstruction entreprises tout au long du XIXe et du XXe siècle.
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La couverture
Toutes les maisons situées sur le territoire de la commune sont couvertes de tuile creuse.
Cependant, quelques vestiges observés à maintes reprises montrent qu’il a existé des
couvrements en ardoise. Au n° 15 de la Grand rue, les ardoises de rives subsistent dans la
maçonnerie du pignon qui a été surélevé. Au hameau des Estrabauts Hauts, une ferme présente
un appentis toujours recouvert par de l'ardoise droite. Dans le même hameau, une maison
conserve elle aussi les ardoises de rive fichées dans la surélévation du pignon.
Fig. 16. Toutes les maisons du village sont aujourd’hui recouvertes de tuile creuse.
Les encadrements des ouvertures
Le grès a été utilisé de façon largement majoritaire pour des constructions de prestige du
XVIe au XVIIIe siècles. On le retrouve employé pour les grandes croisées de pierre de la maison
consulaire, pour les baies de la maison voisine du XVIe siècle au n° 1 rue de l'Église, ou encore
pour celles du XVIIIe siècle au presbytère. Il est encore utilisé dans les années 1820 pour les
ouvertures du château de Soult-Berg et pour celles de l’hôpital des Sœurs de Saint-Vincent de
Paul, dans les années 1840.
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Fig. 17. Les ouvertures du rez-de-chaussée de la maison natale du maréchal Soult sont en pierre de taille de grès.
Cependant, l’emploi du grès n'est pas l'exclusivité de la belle construction puisqu'il est
aussi employé pour des maisons modestes de la seconde moitié du XVIIIe siècle.
Fig. 18. Un encadrement de porte en grès du XVIIIe siècle dans une maison modeste (3 rue de l’Église).
Dans la première moitié du XIXe siècle, le grès est encore bien souvent utilisé. Il se
retrouve de manière significative dans les maisons des hameaux ou les fermes isolées. Les blocs
sont taillés sur trois faces seulement.
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Fig. 19. Une maison du hameau de Métairie grande.
À partir du milieu du XIXe siècle, le granite semble progressivement remplacer le grès
pour devenir le matériau majoritaire. Il se retrouve employé dans plus de la moitié des
constructions. Il concerne essentiellement les constructions du milieu du XIXe siècle, de la
seconde moitié du XIXe siècle, et celles du tout début du XXe siècle.
Fig. 20. Une particularité de mise en œuvre a été observée à plusieurs reprises :
le linteau de granite de la fenêtre de l’étage peut servir d’appui à celle de l’étage en surcroît (6 rue du Portail haut).
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Quelques encadrements de baies en marbre de Saint-Pons ont été mis en œuvre dans la
seconde moitié du XIXe siècle. Ils se situent principalement le long de la route Nationale, dans le
développement de toute la partie occidentale.
Fig. 21. L’encadrement en marbre de Saint-Pons est daté de 1875 (66 route Nationale).
Des encadrements de bois ont été repérés pour les XVIIIe et XIXe siècles. Ils se trouvent
le plus souvent mis en œuvre dans des constructions modestes (petite maison de hameau), ou
dans des parties agricoles (porchère, remise agricole, etc.) ou artisanale (four à pain). Leur
conservation dans l’habitat n’est pas toujours favorisée. Dans la seconde moitié du XXe siècle,
considérés comme des éléments archaïques, ils ont souvent été remplacés par des encadrements
de ciment.
Fig. 22. Dans le village, cet encadrement de porte en bois subsiste.
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À partir du dernier tiers du XIXe siècle, les encadrements de brique sont employés en
grande quantité. La plate-bande suit un tracé en arc surbaissé. La brique est associée dans un
premier temps à des appuis de granite qui, dans la première moitié du XXe siècle, sont remplacés
par des appuis en ciment.
Fig. 23. À la ferme des Martels reconstruite au début du XXe siècle,
les encadrements des baies sont en brique et les appuis sont en granite.
Fig. 24. À la maison des Martels construite dans les années 1940 les
appuis sont en ciment.
Les encadrements de brique de la première moitié du XXe siècle adoptent parfois un
motif harpé qui peut alterner avec des blocs de grès ou du ciment.
Fig. 25. Route Nationale, les encadrements des baies adoptent un motif harpé.
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L’essentage d’ardoise
Les pignons des constructions sont fréquemment recouverts de grandes plaques d’ardoise
appelées essentage, dont la fonction est de protéger le mur des intempéries et de contribuer ainsi
à améliorer l'inertie thermique de la maison. Un tiers des constructions de la commune sont
encore recouvertes en partie d’essentage d’ardoise ou de matériau synthétique.
Les maisons mitoyennes du village présentent généralement de l'essentage sur les parties
supérieures des pignons qui émergent. Pour les bâtiments indépendants, l’essentage occupe une
grande partie du mur, laissant seulement la partie basse sans protection. Quelques exemples
d'essentage installés en façade existent lorsque celles-ci sont orientées à l'est ou à l'ouest, voire
au nord-ouest.
Fig. 26. Les pignons des maisons du village sont encore souvent
essentés d’ardoise.
Fig. 27. La ferme des Martels conserve l’essentage d’ardoise sur le pignon
en bon état.
Les plaques d'ardoise sont de grande taille et fixées au moyen de clous forgés à tête
ronde. Le pureau est généralement constant, ou très légèrement dégressif. Les plaques sont fixées
bord à bord sur un même rang et se recouvrent sur quelques centimètres seulement d’un rang à
l’autre. La régularité des plaques et celle du pureau tendent à montrer que l'essentage conservé
n'est probablement pas très ancien.
Une pièce de bois appelée chanlatte placée sous le rang d’ardoise inférieur permet de le
maintenir incliné et de rejeter l’eau de ruissellement loin de la base du mur.
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Fig. 28. Le chanlatte, placé sous le rang inférieur d’ardoise, permet d’éloigner l’eau de la base du mur.
Un essentage de type un peu différent existe sur les pignons du château de Soult-Berg.
Les petites plaques sont taillées en écaille et se chevauchent sur trois rangs. Les ardoises sont
fixées sur un lattis de bois et non directement clouées dans la maçonnerie.
Fig. 29. L’essentage d’ardoise en écaille sur la façade ouest du château de Soult-Berg.
Fig. 30. Vue de détail de l’essentage d’ardoise cloué sur un lattis de bois.
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Un lichen se développe parfois sur l'ardoise, naturellement bleu foncé, à laquelle il donne
une couleur grisâtre qui peut, au premier abord, nous faire croire à l'emploi d'un matériau
synthétique plutôt qu'à de l'ardoise.
À partir du milieu du XXe siècle, l'ardoise a été remplacée par des matériaux synthétiques
gris. Un exemple d'essentage en matériau synthétique jouant sur une alternance de couleur a été
repéré. Il donne ainsi un caractère décoratif supplémentaire au revêtement.
Fig. 31. Dans la tradition de l’essentage d’ardoise, cet essentage de matériau synthétique joue sur l’alternance des couleurs.
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Les maisons du village et des hameaux
La chronologie de la construction
Si aucune maison antérieure au XVe siècle n’a été repérée, quelques exemples
intéressants que l’on peut dater entre le XVe et le XVIIe siècles méritent que l'on y porte intérêt.
Deux maisons datent du XVIe siècle. Il s’agit des maisons situées 1 rue de l'Église et 10
Grand Rue. Elles présentent de grandes similitudes. Construites sur des parcelles traversantes en
tête d’îlot, elles offrent toutes deux trois élévations sur rue. L’entrée originelle était située sur le
pignon et desservait un escalier central dont le premier palier donne accès à deux salles de part et
d’autre.
Fig. 32. Le pignon de la maison 10 Grand rue.
Fig. 33. La façade sur pignon de la maison 1 rue de l’Église.
Fig. 34. Plan de la maison 1 rue de l’Église. L’escalier s’inscrit au centre de la maison, entre les deux grandes salles.
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Au hameau des Estrabauts Hauts, une maison rurale construite sur une parcelle
traversante en pente s'organise sur un étage de soubassement et un rez-de-chaussée surélevé.
L’étage de soubassement n'est accessible que par le côté bas. L'habitat se tenait au niveau
supérieur. La maison conserve en façade, du côté de la rue haute, deux encadrements de baies en
marbre et en granite terminés par un large chanfrein qui témoignent d'une période de
construction pouvant être comprise entre le XVe siècle et le XVIIe siècle.
Fig. 35.La maison du hameau des Estrabauts Hauts peut être datée entre le XVe et le XVIIe siècle.
Six maisons peuvent dater au moins en partie du XVIIe siècle. Trois d’entre elles
présentent des dates de la première moitié du siècle inscrites sur l’encadrement de la porte.
Toutes ces maisons se situent dans la partie la plus ancienne du village.
Cependant, ces éléments restent isolés dans du bâti remanié au cours du temps, ce qui ne
permet plus d'appréhender les maisons du XVIIe siècle dans leur globalité.
À ces six maisons il faut ajouter un linteau en remploi daté de 1669 qui se retrouve au n°
11 rue de l’Église et un encadrement de porte daté de 1639, remonté dans le mur de clôture du
jardin, 1 rue de l’Église.
Les constructions du XVIIIe siècle sont encore assez présentes, surtout dans le village.
Plusieurs grandes maisons et le presbytère datent de cette période. Sur l’ensemble de la
commune, c’est 13 % du bâti qui peut dater de cette période.
L’essentiel du bâti date du XIXe siècle : 75 % des constructions peuvent lui être
attribuées. Dans les hameaux et les fermes isolées, les constructions de la 1ère moitié du siècle
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sont particulièrement importantes. Grâce au premier cadastre levé assez tardivement, en 1837, on
peut même affiner la date de construction à un grand premier tiers.
La première moitié du XXe siècle est encore assez bien représentée, notamment à travers
des reprises partielles de construction comme des réfections d’ouvertures.
Période de construction
pourcentage
e
XVIII siècle
13%
XIXe siècle
75%
1ère moitié et milieu XXe siècle
6,5%
La typologie des maisons
Que ce soit dans le village ou les hameaux, les maisons sont mitoyennes ou contiguës.
Dans les deux cas, elles offrent la particularité d'être construites sur des parcelles traversantes et
disposent ainsi de deux façades sur rue.
La typologie établie rend compte de la sociologie de l'habitat. L'habitat modeste, malgré
le peu de développement de la maison, présente le plus de variantes. C'est aussi celui que l'on
retrouve en plus grand nombre, et de loin, sur le territoire de la commune. La maison bourgeoise,
quant à elle, se caractérise au contraire par une certaine constance d'une maison à l'autre. Les
demeures des édiles locaux ou des industriels constituent le modèle d'habitat le plus développé,
avec une fonction ostentatoire fortement marquée.
L'habitat modeste
La maison élémentaire correspond à la population des ouvriers agricoles ou des ouvriers
employés dans les filatures ou les usines de délainage des environs. Au début du XXe siècle,
selon plusieurs témoignages oraux, beaucoup d'ouvriers cumulaient deux activités c'est-à-dire
qu'après leur journée à l'usine, ils louaient leur service lors de forte période d'activité agricole.
La maison élémentaire occupe en général une parcelle plus profonde que large. Elle
s'organise en hauteur, avec un espace utilitaire en rez-de-chaussée (ouvert seulement par la
porte), le logement à l'étage et un troisième niveau, généralement un comble à surcroît, lieu de
stockage. Compte tenu que ces maisons, et notamment la quasi-totalité des maisons de hameaux,
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sont construites sur la pente, l'espace utilitaire est ainsi aménagé dans le niveau de soubassement
ce qui optimise la fonction de réserve du lieu.
- Modèle 1
La maison la plus élémentaire présente une seule travée d'ouverture, le plus souvent
décentrée, s'élevant sur trois niveaux avec un jour d'évier associé à la fenêtre de l'étage.
- Modèle 2
La fonction de logement peut être plus ou moins développée. En effet, beaucoup des
petites maisons situées sur la commune abritent aussi une fonction d'habitat en rez-de-chaussée,
comme en témoignent les grandes ouvertures parfois secondées par une baie d'évier. Cependant,
il semble que cette évolution ne soit pas antérieure à la seconde moitié du XIXe siècle.
Variante 1 : la maison s'élève sur deux
niveaux et présente une petite baie en plus
de la porte en rez-de-chaussée.
Variante 2 : la maison s'élève sur trois
niveaux.
Variante 3 : la maison est construite sur la
pente.
- Modèle 3
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La petite maison peut connaître un développement un peu plus important. Elle peut
présenter deux travées d'ouverture sur un ou deux étages. Dans les hameaux, la porchère peut
venir contre la façade.
- La maison de petit propriétaire
Variante 1 : La façade présente deux travées d’ouvertures et la porte
décentrée est surmontée de jours éclairant l'escalier.
Variante 2 : La porte est centrée et les deux travées d'ouvertures
s’organisent de part et d'autre.
La maison bourgeoise
La maison bourgeoise correspond à une catégorie sociale bien plus aisée. Elle est la
propriété de commerçants, par exemple. Elle se présente le plus souvent avec une façade
ordonnancée à trois travées établie sur trois niveaux qui offre de belles proportions.
Il n'est pas rare de trouver la porte en position latérale. Dans un cas comme dans l'autre,
celle-ci est mise en évidence par un élément de décor qui contribue à affirmer le statut social de
la maison.
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Les maisons bourgeoises les plus cossues présentent des façades à quatre travées et dans
ce cas, le nombre pair d'ouvertures implique obligatoirement un décentrement de la porte.
Fig. 36. 62 boulevard des Promenades.
La demeure
Les grandes demeures se retrouvent dans le village, principalement dans les faubourgs,
mais aussi de manière isolée. Quinze ont été repérées sur la commune suivant la répartition
suivante :
ÉPOQUE DE CONSTRUCTION
1
ère
e
moitié du XVIII siècle
1ère moitié du XIXe siècle
2
4
e
e
5
ère
e
4
2 moitié du XIX siècle
1
NOMBRE RECENSÉ
moitié du XX siècle
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En village, les demeures présentent deux belles façades, l'une sur rue et l'autre sur jardin.
Elles s'organisent sur cinq travées ou plus et s'élèvent sur deux étages. Comme dans la maison
bourgeoise, la porte de la façade sur rue est mise en évidence. À partir de la seconde moitié du
XIXe siècle, on trouve assez fréquemment, à l'étage, une ou plusieurs portes-fenêtres avec
balcons et garde-corps en ferronnerie. Lorsque la porte-fenêtre est unique, elle est toujours située
au-dessus de la porte d'entrée. Ainsi, la travée centrale de la demeure est-elle nettement marquée.
La demeure isolée est souvent traitée comme celles du village, c'est-à-dire à partir d'un
volume rectangulaire avec deux façades sur mur gouttereau. Cependant, la maison du Nouvella
construite à la fin du XIXe siècle où au tout début du XXe sur un plan carré présente quatre
façades traitées suivant le même soin. La façade qui marque l'entrée principale de la demeure
assume toutefois le rôle de belle façade par son ordonnancement.
Deux d'entre elles sont pourvues de pavillon en forme de tour qui donne à la maison un
caractère de petit château.
Sur les façades supérieures à cinq travées, on note la présence d'au moins deux portes en
rez-de-chaussée : on dissocie ainsi l'entrée de service de la « belle entrée », généralement
pourvue d'une porte bâtarde. Dans ce cas, la porte principale n'est pas toujours centrée.
La demeure qui présente la plus longue façade est celle située 42 route Nationale : on
compte neuf travées avec une partition très nette entre l'habitation des maîtres et la partie de
service.
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Fig. 37. La demeure 42 route Nationale peut être assimilée à un hôtel particulier.
L'organisation interne de la demeure est toujours double en profondeur, c'est-à-dire que
deux pièces sont logées l’une derrière l’autre. Les pièces de réception (salle à manger, salon)
sont au rez-de-chaussée, et les chambres à l'étage, voire parfois sur deux étages. Les domestiques
sont en général logés dans les combles, aménagés en petites pièces.
Dans le village, des écuries s’associent à la demeure. Ouvertes sur la rue, elles permettent
ainsi un accès direct.
Fig. 38. Route Nationale, des écuries (à droite) sont associées à la demeure.
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L’ÉVOLUTION DES FORMES ET DU DECOR
En dehors de la présence de date inscrite sur un édifice, l’une des façons de le dater est
d'analyser ses formes et son décor pour pouvoir le raccrocher à une époque donnée.
Les encadrements des baies
Dans une architecture rurale relativement pauvre, les encadrements des ouvertures
concentrent l’essentiel du décor. Jusqu’à la première moitié du XIXe siècle, le matériau utilisé est
le grès.
Au XVIe siècle
Les constructions du XVIe siècle conservées sont des édifices prestigieux. Toutes
présentent des encadrements d’ouvertures rectangulaires ornés de moulures toriques aplaties qui
forment un petit retour vers l’intérieur au niveau de la partie basse des piédroits.
Fig. 39. L’une des portes intérieures de la maison consulaire.
Fig. 40. L’une des portes du rez-de-chaussée de la maison 1 rue de
l’Église.
La maison consulaire, étant donné son statut d’édifice public, possède un décor
monumental développé. Les croisées de pierre du premier étage présentent un décor complexe.
Si le retour des moulures vers l’intérieur s’observe aussi en partie basse des piédroits, en
revanche, les encadrements adoptent une mouluration plus complexe de tores alternant avec des
baguettes à profil plat.
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Fig. 41. L’une des croisées (restaurée) de la maison
consulaire.
Au XVIIe siècle
Le village conserve quatre encadrements de porte datés de la première moitié du XVIIe
siècle, qui présentent de grandes similitudes. Ils sont couverts par un arc en plein cintre dont les
claveaux sont à arête vive ou chanfreinés. La clef de l’arc est pendante et saillante. Lorsque la
porte est datée, l’inscription se trouve toujours mise en évidence sur la clef. Au départ de l’arc,
les impostes sont en relief. L’encadrement de la porte peut être surmonté par une corniche
moulurée.
Fig. 42. 21 Grand rue. La porte
est datée de 1617.
Fig. 43. 6 rue d’Enfert.
Fig. 44. 9 rue du maréchal Soult.
La porte est datée de 1639.
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Fig. 45. 1 rue de l’Église, la porte
est remontée dans le mur de
clôture du jardin.
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Au XVIIIe siècle
Les constructions du XVIIIe siècle sont caractérisées par des encadrements d’ouverture
couverts par un arc segmentaire ou par un linteau qui adopte ce même tracé. La clef de l’arc peut
être saillante et légèrement passante.
Fig. 46. La porte de la façade du presbytère.
Fig. 47. 13 rue de la Chaussée.
Au XIXe siècle
Dans la première moitié du XIXe siècle, les encadrements de fenêtre adoptent une forme
carrée qui pourrait provenir d’une tradition ancienne bien connue par ailleurs.
Fig. 48. Une maison du hameau des Estrabauts Hauts.
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À partir du milieu du XIXe siècle, le granite supplante le grès. La forme des fenêtres est
rectangulaire. Les encadrements de porte peuvent être surmontés d’une corniche plus ou moins
ornée. Un décor de denticule se retrouve à plusieurs reprises, sous la corniche.
Fig. 49. 33 Grand Rue.
Fig. 50. 4 rue du maréchal Soult.
Fig. 51. 25 Grand Rue.
Les balcons
Quelques balcons au garde-corps en ferronnerie se trouvent essentiellement aux façades
des constructions de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du XXe siècle.
Sur l’hôtel particulier du n° 42 route Nationale (voir Fig. 37), le balcon en ferronnerie
occupe toute la largeur de la partie centrale. Sa construction en pierre de taille associée au long
balcon contribuent à donner à la maison son statut de maison de maître.
Au n° 69 de la même route, à la façade d’un autre hôtel particulier, le balcon supporté par
deux corbeaux, surmonte la porte d’entrée au cadre mouluré. La travée de la demeure est ainsi
mise en avant.
Fig. 52. 69 route Nationale.
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L’organisation et l’évolution des fermes (XVIIIe et XIXe siècles).
Une trentaine de fermes ont été recensées sur l’ensemble du territoire communal. Sous
cette dénomination entrent en ligne de compte autant les grandes fermes isolées au milieu des
terres agricoles que des fermes beaucoup plus modestes de type « maison-bloc en hauteur ».
Cette appellation désigne de petites fermes qui comprennent une étable en rez-de-chaussée,
l’habitation à l’étage et le fenil dans le comble. On les retrouve principalement dans les hameaux
agricoles : aux Amalrics, aux Estrabauts Hauts et Estrabauts Bas, aux Raynauds, etc.
L’importance des transformations concernant ce dernier type ne permet plus aujourd’hui de
raisonner à partir de chiffres représentatifs d’une réalité. En effet, les rez-de-chaussée et les
niveaux de comble ont bien souvent été transformés en pièces d’habitation depuis une
cinquantaine d’années.
Les grandes fermes isolées appartenaient le plus souvent à un domaine agricole plus vaste
à la tête duquel se trouvait une demeure ou maison de maître, habitation du propriétaire terrien
qui gérait l'exploitation. La richesse du propriétaire pouvait ne pas être fondée exclusivement sur
l'agriculture qui semble être considérée comme une source de revenu complémentaire
indispensable. En effet, les demeures d’industriel, par exemple, s’associent toujours une, voire
plusieurs fermes. Les trois demeures d'industriel d’En Rozières, du Nouvella et des Martels ont,
semble-t-il, pour origine une ferme qui préexiste à la demeure et qui en a déterminé
l'implantation. Ainsi, les notables locaux ou les industriels marquent-ils un attachement rassurant
à la terre.
Le meilleur exemple de cette relation particulière à la terre est celui du plus grand
propriétaire terrien de la commune, le maréchal Soult, dont la fortune s’est constituée grâce à une
carrière militaire hors du commun. Dans la première moitié du XIXe siècle, avant même d’avoir
entrepris la construction du château, il constitue un vaste domaine agricole qui s'étend aussi sur
les communes voisines. À Saint-Amans-Labastide, il fait construire trois grandes fermes, les
Gassiès, les Garrigues et Payrins, situées à moins de 500 mètres du château.
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Fig. 53. Payrins, la ferme principale du château.
Les grandes fermes implantées sur les premières hauteurs du piémont possédaient des
bergeries ou « embarradas » situées un peu plus haut dans la montagne. Elles sont aujourd’hui en
ruine pour la plupart.
Essai d’évolution chronologique
Antérieurement à la seconde moitié du XIXe siècle, la ferme peut être définie selon les
deux caractéristiques suivantes. D'une part elle se développe sur un plan généralement assez
ramassé qui rassemble l’habitation (au niveau supérieur) et les parties agricoles dans un bâtiment
unique. La ferme est dite dans ce cas de type « maison-bloc en hauteur ». D'autre part, elle
exploite la pente naturelle du terrain pour s'implanter le plus souvent de manière perpendiculaire
à la déclivité. Ainsi, une entrée de plain-pied est-elle ménagée sur chacun des murs gouttereaux,
facilitant de ce fait les accès. Cette organisation présente aussi l'avantage de faire bénéficier les
occupants du logement de la chaleur des bêtes et parfois, d’ouvrir l’habitation sur le côté opposé
à la cour de ferme.
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Fig. 54. Au hameau des Estrabauts Hauts, cette ferme du XVIIIe
siècle de type maison-bloc en hauteur a été construite
perpendiculairement à la pente. L’habitation ouvre de plain-pied, au
sud.
Fig. 55. Sur l’arrière, la ferme présente un étage de soubassement
qui correspond à la partie agricole.
Dans la première moitié du XIXe siècle, les fermes s'organisent suivant le modèle qui
vient d'être décrit, mais le plan se développe. Le corps principal peut être enrichi d'un second
corps parallèle, ménageant ainsi une cour centrale. Les fermes de Garrigues, des Clauses, de la
Bessède et la ferme de la Lande, dans son état antérieur à sa reconstruction à la fin du XIX e
siècle, adoptent ce plan.
Fig. 56. La ferme des Garrigues se structure autour de deux bâtiments
parallèles.
Fig. 57. À la ferme des Clauses, le corps de bâtiment de gauche a été
complété par un second au cours du XIXe siècle.
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Fig. 58. Les deux bâtiments parallèles de la ferme des Gassiès (cadastre de 2003).
La ferme peut aussi s'organiser autour d'une cour intérieure fermée, comme au Nouvella,
dont le plan est particulièrement régulier, ou à celle des Gassiès.
Fig. 59. Extrait du plan cadastral de 1837, la ferme des Gassiès s’organise autour d’une cour intérieure fermée.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, et même pendant tout le premier tiers du XXe
siècle, les fermes s'agrandissent de manière significative. L'introduction de l'élevage des bovins,
qui se substitue à celui des ovins, s'est souvent traduite par l'adjonction d'une étable
supplémentaire, adoptant de grandes proportions. L’étable est toujours surmontée d’une grange,
bâtiment que l’on nomme ainsi grange-étable. L'adjonction de l'étable à vaches dans la seconde
moitié du XIXe siècle se reconnaît encore à la ferme des Garrigues ou à celle du XVIIIe siècle
des Estrabauts Hauts, par exemple.
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Fig. 60. La ferme du XVIIIe siècle des Estrabauts a été agrandie
dans la seconde moitié du XIXe siècle par un grand corps de
bâtiment abritant la grange-étable.
Fig. 61. Croquis de l’évolution de la ferme du XVIIIe siècle des
Estrabauts Hauts.
Une particularité de la Montagne Noire : des aménagements agricoles liés à l’eau
L'eau, particulièrement présente sur le piémont nord de la Montagne Noire, a souvent été
dérivée à partir d'un ruisseau, pour passer dans les cours de ferme. Cet aménagement est encore
visible à la ferme de la demeure de Lestrèpe où une petite dérivation conduit l'eau dans une
vasque à partir de laquelle elle s'écoule dans des petits canaux qui longent les murs de la cour
intérieure. L'eau pouvait ainsi être exploitée pour nettoyer les parties agricoles et évacuer la
saleté.
Fig. 62. À la ferme de Lestrèpe, l’eau, après avoir traversé les prairies, est canalisée dans la cour de ferme.
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En dehors de ces dérivations, l'eau est aussi présente dans les fermes par l'intermédiaire
de puits couverts, dont la structure extérieure est aménagée au moyen de grandes dalles de
schiste qui assurent la couverture et le garde-corps. La mare constitue aussi un point d'eau
indispensable à l'élevage de la basse-cour.
Fig. 63. Le puits de la ferme de la Jasse.
Autour des fermes, dans les prairies, des pesquiés, ou réservoirs d’eau, sont aménagés
pour concentrer l’eau qui, via des petits canaux, permettaient d’irriguer les champs. Autour des
hameaux des Estrabauts Bas et des Estrabauts Hauts, cinq pesquiés ont pu être localisés sur le
cadastre.
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Fig. 64. Planche C 3 du cadastre de 2003, localisation des pesquiés.
Sonia Servant
Chargée de l’inventaire du patrimoine, CAUE du Tarn
Juillet 2008
© CAUE du Tarn, © Région Midi-Pyrénées-Inventaire Général
Crédits photographiques : © CAUE du Tarn, © Région Midi-Pyrénées-Inventaire Général,
ADAGP. Toutes les photographies sont de l’auteur sauf la vue aérienne fig. 16 (photographe
Rousseau pour la commune de Saint-Amans-Soult).
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