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N° 54
Avril 2005
1,80€
Le troisième
lundi du mois
Mensuel d’information de
Besançon et des cantons
d’Audeux, Boussières,
Marchaux, Quingey et Roulans.
Toujours plus de
Spécial immobilier
délocalisations
Où construire
à Besançon et sa région
commune par commune
Cette année, près de 20 % des
entreprises francs-comtoises
auraient un projet de délocalisation. Dans le Grand Besançon,
plus d’une dizaine d’entreprises
seraient concernées.
p. 30-31
Les commerçants
victimes d’arnaques
L’arnaque aux publicités prend
de nouvelles proportions à
Besançon. Plusieurs commerçants ont été victimes de ce genre de pratique. Le préjudice est
de plusieurs milliers d’euros à
chaque fois.
p. 14-15
Soupçons d’agressions
au pôle espoir lutte
- Commune par commune,
quelles sont les disponibilités
foncières actuelles.
Une enquête a été ouverte par
le procureur suite à une plainte
pour agressions sexuelles. Les
faits impliqueraient des mineurs
sportifs, champions de lutte à
Besançon.
- Les projets de toutes les communes
du Grand Besançon.
p. 6-7
Le phénomène du hard
discount à Saint-Vit
- Le prix des terrains,
les endroits les moins chers
ou les plus recherchés.
La mutation du paysage commercial de Saint-Vit se poursuit.
Face à la pression des magasins
à bas prix, la mairie veut maîtriser
son développement.
Lire le dossier p. 10 à 17
p. 23
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Rédaction : “Les Éditions de la Presse Bisontine” - B.P. 83 143 - 5 bis, Grande rue - 25503 MORTEAU CEDEX - Tél. 03 81 67 90 80 - Fax : 03 81 67 90 81
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L’INTERVIEW DU MOIS
Éditorial
Boomerang
Interrogées par la Banque de France
de Besançon début 2005, 18% des
entreprises francs-comtoises osent
avouer qu’elles ont dans les cartons un
projet d’investissement à l’étranger.
Faut-il pour autant en déduire que près
d’une entreprise sur cinq a prévu de
quitter le sol régional pour des territoires
plus accueillants ? Non. La plupart
d’entre elles prévoient d’investir dans
une unité à l’étranger pour être au plus
prêt des futurs marchés porteurs tels
que la Chine par exemple. Cette nuance n’est pas pour autant rassurante.
Les deux pages que nous consacrons
ce mois-ci au “phénomène de la délocalisation” donnent une première leçon,
c’est qu’aucun organisme, aucun syndicat professionnel, aucune institution,
aucune collectivité locale n’a la moindre
idée précise du nombre d’entreprises
locales qui prévoient d’investir à l’étranger. Personne ne prend la peine de
recenser - sauf cette étude la Banque
de France mais qui ne repose que sur
un échantillon de 650 entreprises - l’ampleur de ce phénomène qui risque de
percuter de plein fouet, tel un boomerang, la conscience des décideurs locaux
dans deux ou trois ans. Pour certains
observateurs, comme le président de
la Chambre de Commerce et d’Industrie, il serait plutôt réjouissant de voir
nos fleurons de l’industrie locale mettre
un pied à l’étranger. Il ne faudrait pas
parler de délocalisation, expression
taboue. Mais en vérité, c’est au contact
des premiers concernés - les chefs d’entreprises eux-mêmes - que l’on s’aperçoit à quels points certains sont au pied
du mur : ils n’investissent pas à l’étranger par stratégie de développement,
mais souvent par obligation. Obligation
de survie. Au risque de perdre leurs donneurs d’ordre qui compressent de plus
en plus les prix. Une seule solution alors :
produire là où ça coûte le moins cher.
Les syndicats de salariés, bien sûr, n’admettent jamais de telles explications.
Pourtant, les dirigeants d’entreprises ne
font que suivre un mouvement inéluctable qui devrait conduire au schéma
suivant : ici les départements recherche,
développement, commercialisation, production à haute technicité, là-bas, tout
ce qui relève de la production de gros
volumes ne nécessitant pas un savoirfaire pointu. Schématique ou alarmiste,
ce scénario n’en est pas moins réaliste. Les chefs d’entreprises en sont, pour
la plupart, convaincus. !
Jean-François Hauser
est éditée par “Les Éditions de la Presse Bisontine”5 bis, Grande Rue
- BP 83 143 - 25503 MORTEAU CEDEX Tél. : 03 81 67 90 80 - Fax : 03 81 67 90 81
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Directeur de la publication :
Éric TOURNOUX
Directeur de la rédaction :
Jean-François HAUSER
Directeur artistique :
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Rédaction :
Thomas Comte, Solène Davesne,
Jean-François Hauser.
Régie publicitaire :
Besançon Médias Diffusion - Tél. : 03 81 67 90 80
Imprimé à I.P.S. - ISSN : 1623-7641
Dépôt légal : Mars 2005
Commission paritaire : 1102I80130
Crédits photos : La Presse Bisontine, Florent Cardinaux,
Hôpital Saint-Antoine, Jean-Pierre Sergent.
HÔPITAL
3
Réforme de la santé
Patrick Pelloux : “On ne doit pas gérer
l’hôpital comme une entreprise”
La France a découvert
l’urgentiste Patrick
Pelloux au cœur de la
canicule de l’été 2003.
(photo A.F.P.)
Médecin urgentiste à l’hôpital Saint-Antoine à Paris,
Patrick Pelloux a été le premier à tirer la sonnette d’alarme en pleine canicule d’août 2003. À la tête de l’association des médecins urgentistes hospitaliers de France, il fustige toujours le manque de moyens des hôpitaux
et les réformes amorcées par le gouvernement.
a Presse Bisontine : tique. Les personnes âgées
Deux ans après la cani- de demain, c’est nous. Et lorscule, avez-vous l’im- qu’on voit comment elles sont
pression que la situa- considérées, comme des soustion au sein de l’hôpital problèmes de la société, c’est
inquiétant. Mais c’est un pros’est améliorée ?
Patrick Pelloux : Non, certai- blème de société. La même
nement pas. Tout d’abord par- question se pose d’ailleurs
ce que ce qui s’est passé à pour les handicapés, les défil’été 2003 n’a pas empêché le cients mentaux...
gouvernement de mener sa
politique de réforme de l’hô- L.P.B. : Et aux urgences ?
pital, ce qui est une erreur. P.P. : Aux urgences, on prend
La rationalisation des moyens tout de plein fouet. La fin de
est de pire en pire. Cette la permanence de soir, que le
gouvernement a
année, l’objectif
national
des “Sans plus de voulu, et qui a pour
conséquence qu’il
dépenses pour l’asn’y a plus de médesurance maladie a
moyens,
cin de nuit en vilété fixé à 3,6 % de
l’augmentation des impossible de le, a apporté un
afflux de patients
dépenses hospitafaire face.” supplémentaires.
lières, alors qu’il
Mais si on ne nous
aurait été nécessaire de le fixer à 5 %. Il n’y donne pas plus de moyens,
a pas eu d’évolution. Certes, c’est impossible de faire face.
les petites mesures d’urgen- Vous pouvez toujours essayer
ce ont été plus ou moins sui- de faire tenir deux litres d’eau
vies suivant les endroits. dans une bouteille d’un litre,
Concernant maintenant la vous n’y arriverez jamais.
prise en charge des personnes
âgées, c’est toujours drama- L.P.B. : Si la canicule se reprodui-
L
sait cette année, est-ce qu’on pourrait y faire face cette fois-ci ?
P.P. : Je n’en sais rien et personne ne le sait. C’est vrai
qu’il y a eu une évolution, qui
a été comprise par la population. Mais en même temps,
je sens que je ne pourrais pas
alerter l’opinion publique comme je l’ai fait en 2003. Ce n’est
pas simple de faire du syndicalisme et d’être médecin,
on vous met des bâtons dans
les roues en permanence. Ceci
dit, je ne suis pas devin, mais
si l’hôpital devait faire face
à la même affluence, ça sera
difficile. Les épidémies de
grippe et de gastro-entérite
des dernières semaines l’ont
montré. Des grèves se préparent d’ailleurs dans les services urgentistes pour les prochaines semaines, contre le
manque de moyens. Et il y a
des aberrations. À Paris, qui
a été la région la plus touchée par la mortalité des personnes âgées à l’été 2003, 600
lits de gériatrie vont être fermés. C’est du non-sens.
L.P.B. : Que pensez-vous de la L.P.B. : Que pensez-vous de la
réforme de l’hôpital engagée par réforme instaurant le principe du
le gouvernement, qui prévoit médecin référent ?
notamment la rémunération des P.P. : Dès le début, nous avons
combattu cette reforme de
établissements à l’acte ?
P.P. : C’est une catastrophe. l’assurance maladie car on
C’est intéressant tout de craignait qu’elle n’aboutisse
même de noter que le gou- à un accès au soin limité. Mais
vernement emploie ce mot de on aurait aimé voir toutes les
tarification à l’activité. À contestations actuelles au
aucun moment, il ne parle de moment où la loi a été votée.
la qualité des soins, du ser- Maintenant, il faudrait qu’elvice public, de l’accès au soin. le aille jusqu’au bout de son
Derrière un objectif que tout échec, pour prouver que le
meilleur systèle monde peut
me qui soit est
comprendre - réfor“Les
malades
l’assurance supmer l’hôpital, pour
qu’il fonctionne ne sont pas des portée par tous,
pour tous.
mieux - ce plan
cache “l’hôpital boîtes que l’on
L.P.B. : Quelle serait
entreprise”
:
manipule.” la solution pour
prendre l’entreréduire le déficit de
prise comme modèle pour l’hôpital. Mais on ne l’assurance maladie ?
peut pas gérer l’hôpital com- P.P. : Le gouvernement néglime une entreprise. Parce que ge tout ce qui concerne la poliles malades ne sont pas des tique de prévention. La seuboîtes d’emballage que l’on le qui ait vraiment été menée,
manipule, ce sont des êtres ça a été pour la route et la
humains. Au nom de la ren- prévention routière. Et on
tabilité, il faut aller toujours s’est aperçu que, lorsqu’il y
plus vite, libérer les lits dès a moins d’accident, il y a ausque possible, ne plus prendre si moins de blessés, de hande temps pour écouter le dicapés, de jours d’hospitalipatient. On altère la qualité sation… Donc, ça coûte moins
des soins. Il y a une réforme cher à la sécurité sociale. Une
par contre qui mériterait politique globale de santé
d’être menée, celle du lien publique doit s’inscrire dans
entre hôpital et université. la continuité, dans la préEn France, on a tendance à vention. C’est primordial et
croire qu’en dehors du centre il faudrait que cela soit élarhospitalier universitaire, il gi au tabac, à l’alcool… !
n’y a pas de salut. Et les hôpitaux sont les plus malmenés
en termes de budget notamPropos recueillis
ment.
par S.D.
VOS RÉACTIONS
4
Courrier
des lecteurs
Les syndicats à Planoise
n peut comprendre la réticence de
certains à venir dans un lieu qui
n’est pas central géographiquement. Le syndicalisme est une affaire de
proximité, et je vois mal un salarié qui
n’aurait pas de délégué dans son entreprise venir dans un quartier excentré où
on s’y perd facilement. Personnellement,
je fréquentais un groupe dont les locaux
ont déménagé du centre-ville à Palente,
et je n’y vais plus depuis… Ceci dit, tous
les syndicats ne sont pas fermés et je pense que le fait que ce soit Planoise n’est
pour rien dans leur décision. Peur de se
O
croiser et de constater au quotidien la surdivision syndicale, problèmes dans les
modalités
d’attribution avec la querelle des syndicats dits “représentatifs” et les autres ?
Et pourquoi cette tendance à ghettoïser :
les syndicats dans un coin, les pôles d’excellence industriels dans l’autre, les maisons bourgeoises ailleurs… La dispersion
géographique, c’est aussi le lien social,
et personne ne m’a jamais convaincu de
l’utilité du zonage. !
Frédéric Moreau - Besançon
Sauvegarder le patrimoine
Je voudrais rectifier une petite chose. Le
Montjoye fut avant tout un cinéma construit
par la paroisse Saint-Louis de Montrapon
et effectivement, il y avait des salles sous
le cinéma pour des réunions. La ville de
Besançon l’a racheté à la paroisse pour en
faire une salle de concert mais pas une salle de cinéma. Ce fut un cinéma de quartier
paroissial qui fonctionnait très bien comme
le Pax, le Lux, Le Stella et bien d’autres salles
qui n’existent plus aujourd’hui.
Nous étions une équipe de jeunes bénévoles chargés de faire fonctionner le cinéma. La salle était moderne, grand écran,
une scène qui permettait de faire des spectacles à l’entracte, une salle de projection
d’avant-garde, un bar. Je n’ai pas de souvenir des dates exactes mais c’était dans
les années 60-65 .
Aujourd’hui, effectivement cela coûterait
trop cher de rénover cette friche mais une
volonté politique pour sauvegarder ce bâtiment avant qu’il soit une friche a manqué.
Je suis dégoûté de voir le peu d’intérêt que
les municipalités ont pour entretenir les bâtiments municipaux et ce n’est pas du fait
spécialement de Besançon. !
Yvon L. - Besançon
Chaque mois, une rubrique est consacrée au “courrier des lecteurs”.
Retrouvez aussi sur le site de besac.com une sélection d’articles parus
dans La Presse Bisontine. Nous en publions quelques extraits.
Sauvez le Une gare en ville,
Montjoye c’est mieux
ne fois de plus, on ne peut que constater et déplorer le manque d’intérêt de
la municipalité envers cet ancien lieu
culturel qui rendait bien des services. C’est
une des grandes spécialités bisontines : on
laisse des édifices publics se décrépir lentement mais sûrement, jusqu’au jour où il
devient trop coûteux de les remettre en état.
Ensuite, on rase… C’est tellement plus
simple ! Les exemples de ce type ne manquent pas.
J’étais personnellement assez attaché à
cette salle : j’ai vécu des années à Montrapon, et j’y ai donné mon premier concert
en juin 91. À l’époque, la salle était déjà
dans un état inquiétant. Mais bon, puisque
notre ville en a décidé autrement, il n’y a
donc pas à épiloguer sur la possibilité de
conserver et de reconvertir cette salle. Ne
nous voilons pas la face : il est clair que vu
l’état dans lequel elle se trouve, personne
n’en voudra. Et il paraît difficile de reconstruire un édifice public à cet emplacement,
car il n’y a pas de parking. Il ne faudra donc
pas s’étonner de voir apparaître un immeuble
d’ici quelques mois… Et tout le monde
applaudira en criant “vive le progrès!” !
A.J. - Besançon
U
i nos élus locaux étaient plus
débrouillards ou plus intelligents, qu’ils essaient d’attirer
les entreprises, commerces, etc.,
cette ville ne serait pas vouée au
déclin. À la différence de Besançon,
Dijon a une politique de développement beaucoup plus dynamique.
Et d’ailleurs, pour faire le lien avec
les gares, Dijon a su conserver sa
gare en ville… car si l’on veut qu’une
ville se développe, il faut en effet
que les moyens de transports soient
pratiques et facilement accessibles.
Or, si on déplace une partie du trafic à Auxon (alors qu’un référendum
avait d’ailleurs été fait et que les
Bisontins s’étaient déclarés contre
cette décision, mais encore une fois,
nos chers politiciens se sont moqués
S
du résultat…) et donc qu’on ajoute
au moins une demi-heure de trajet,
etc. etc., cela desservira encore un
peu plus la ville, déjà peu dynamique.
Donc pour moi c’est une décision
suicidaire que de faire cette gare à
Auxon. La gare de Besançon a été
toute rénovée (à cause du passage
du Tour de France l’année dernière,
ce qui était une bonne chose) et cela
ne va même pas servir ? On repaye
des travaux à Auxon ? C’est un vrai
délire !
Vraiment, il y a bien des choses à
revoir dans la politique de la ville si
l’on veut qu’elle se développe… en
commençant par la rendre accessible facilement pour les gens
d’ailleurs.
V.P. - Besançon
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RETOUR SUR INFO - BESANÇON
L’actualité bouge, les dossiers
évoluent. La Presse Bisontine
revient sur les sujets abordés dans
ses précédents numéros, ceux qui
ont fait la une de
l’actualité de Besançon.
Tous les mois, retrouvez
la rubrique “Retour sur info”.
Le centre commercial
de La Grette renaît
de ses cendres
incendie qui avait ravagé
le centre commercial des
408 en 2002 n’est plus
qu’un mauvais souvenir pour les
habitants du quartier. Ils ont
retrouvé un point de ralliement
avec l’ouverture du supermarché discount ED, inauguré le 22
mars. Le nouveau centre commercial dispose de plusieurs cellules commerciales, réparties
autour de cette surface alimentaire. La deuxième cellule (surface de 142 m2) sera occupée
par une pharmacie. “Elle doit
ouvrir ses portes d’ici début mai”
confie la mairie de Besançon.
L’ancienne pharmacienne revient
sur son lieu d’origine, après une
parenthèse de trois ans pendant
lesquels elle était employée par
une autre pharmacie bisontine.
Il reste une troisième cellule à
remplir, d’une surface de
67,50 m2. Pour l’instant, aucun
commerce n’a confirmé son
intention de s’installer. Le bureau
de tabac ne reviendra certainement pas. Son ancien gérant,
M. Bassang, a repris un autre
tabac-presse, avenue Carnot à
Besançon. “La législation en
L’
matière de tabac a évolué. Depuis
décembre 2003, les nouvelles
installations sont gelées. Elles
peuvent uniquement être issues
d’un transfert d’activité. Personne ne s’est porté candidat
pour transférer son tabac-presse ici. Il n’y aura donc certainement pas de bureau de tabac
dans le nouveau centre commercial” confie Luana Sussi, responsable de la commercialisation du centre pour le compte
de la société Les Arches. Quant
à la coiffeuse qui était installée
avant l’incendie, elle ne reviendra pas non plus. Elle a créé son
activité de coiffure à domicile.
Même constat pour la société
informatique B.M.I. qui s’est installée en zone périphérique et
pour le boucher qui est parti en
retraite. De son côté, la mairie
souhaiterait voir s’installer une
boulangerie-pâtisserie. L’ouverture du magasin ED doit permettre à la situation de se décanter rapidement. Le retour des
consommateurs au centre commercial de La Grette devrait inciter un troisième commerçant à
venir s’y installer. !
5
Skate park : le site de Chamars
ne fait pas l’unanimité
algré l’opposition d’une association de riverains, un skate park
devrait être installé d’ici l’été à Chamars. Cet équipement sportif avait été
réclamé par les amateurs de planches à
roulette, il faisait partie des promesses
électorales du candidat Fousseret. Un premier site avait été pressenti, au pied des
remparts de Battant, sur l’actuelle aire de
stationnement gratuit. L’opposition des
riverains de Battant, ajoutée à la désapprobation de l’architecte des bâtiments
de France, avait eu raison de ce premier
choix. La mairie s’est alors rabattue sur
Chamars, site jugé plus propice. Le skate park doit être érigé à cet endroit, sur un
terrain actuellement dévolu à la pratique
du handball. “Les travaux doivent démarrer dès les beaux jours. Le skate park doit
être opérationnel avant l’été” note Françoise Fellmann, adjoint au maire chargé
du projet. Ce nouvel emplacement n’est
pas du goût de tous. Une association s’est
créée en janvier pour contester le choix
fait par la municipalité. À la tête de l’association “protection des rives de Canot”,
Jean-François Suagher se montre déterminé : “Nous sommes farouchement résolus pour que ce skate park ne se fasse pas
à cet endroit. Nous nous opposons à sa
M
réalisation.” Les arguments avancés par
ces opposants sont uniquement liés
aux craintes de nuisances sonores. “En
face de ce site, de l’autre côté du Doubs,
il y a une clinique. On comprendra dès
lors les craintes que nous avons. Nous
ne sommes pas du tout opposés à la
construction d’un tel équipement sportif, mais pas n’importe où, pas dans
ces conditions.” La mairie se veut rassurante. “Ce skate park ne sera pas
éclairé, donc il ne fonctionnera pas la
nuit. Quant aux études de bruit, elles
sont très rassurantes. Le revêtement
en béton choisi est plus silencieux
que sur l’actuelle piste de Chamars.
Les riverains ont toutes les raisons
d’être rassurés” assure Françoise
Fellmann. Pour assurer une plus grande discrétion, le futur équipement
doit être entouré d’une clôture et
d’une haie. L’adjointe précise : “C’est
un équipement sportif installé sur un
terrain de sport. Ce n’est pas un lieu
qui sera fréquenté par des jeunes
désœuvrés, il le sera par des sportifs qui viendront s’y entraîner. Les
riverains n’ont pas à s’inquiéter.”
Le coût de ce futur skate park est
estimé à “150 000 euros.” !
La Citadelle de Besançon en réseau
e haut lieu touristique de la FrancheComté - 276 000 visiteurs l’an dernier
- intègre le réseau JurAlp. Déposé en
juillet dernier auprès des instances européennes, le projet a été officiellement validé. JurAlp est un réseau européen des places
fortes. Pour l’instant franco-suisse, il regroupe une dizaine de sites touristiques et culturels répartis côté français, en FrancheComté et en Rhône-Alpes et côté suisse,
dans les cantons de Vaud et du Valais. Ces
10 sites totalisent quelque 1,2 million de visiteurs par an. En France, outre la Citadelle
de Besançon, on trouve notamment le château de Joux, le fort des Rousses, la bastille de Grenoble. En Suisse, le château
d’Aigle, le fort de Vallorbe et le château de
Morges font entre autres partie du réseau.
L’Union européenne, dans le cadre de son
programme Interreg III, abonde à hauteur de
220 000 euros le budget global (623 000
euros) de ce nouveau réseau. “Ce budget
L
servira à créer un site internet commun, à
éditer des brochures communes, à monter
des expositions itinérantes entre tous les
sites, à faire de la formation de nos personnels, voire de l’échange de personnel,
etc.” présente Gérard Humbert, le directeur
de la Citadelle. La première illustration
concrète de l’intégration de la Citadelle au
réseau JurAlp sera l’installation dès cet été
d’un système multimédia à base d’écran
plasma destiné à faire la promotion du
réseau. “Cet écran doit être installé dans
la salle de la maquette, à l’entrée de la Citadelle. Cet écran sera doublé d’une borne
interactive à destination des visiteurs.” En
2006, une exposition commune doit être
montée. À plus long terme, ce réseau doit
élargir son horizon. “Nous sommes en
contact avec l’Autriche, l’Italie et la Slovénie, confie Gérard Humbert. L’idée présente en filigrane est de faire de toutes
ces forteresses des paysages de paix.” !
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en page 38
6
L’ÉVÉNEMENT
Le pôle lutte de Besançon
rattrapé par la justice
Une enquête judiciaire est ouverte à l’encontre de plusieurs jeunes
lutteurs, sportifs de haut niveau
évoluant au pôle espoir de lutte
à Besançon. Suite à une première
plainte déposée par une famille
de Besançon, les jeunes champions sont accusés d’agressions
sexuelles sur mineure. Jusqu’ici,
les instances officielles de la lutte sont restées très discrètes. L’affaire prendrait actuellement un
nouveau tournant, avec d’autres
personnes entendues par la justice. Le substitut du procureur
chargé des mineurs et le procureur de la République se sont
emparés du dossier. Enquête.
J USTICE
Pas de sanction
Des élèves du pôle lutte soupçonnés
d’agressions sexuelles
Une plainte a été déposée contre X pour attouchements sexuels en
réunion. Les sportifs du pôle espoirs de lutte sont dans la ligne de mire.
L’affaire est entre les mains du procureur de Besançon.
ous l’appellerons Patricia.
Élève au lycée Jules-Haag
de Besançon, elle est en
seconde générale option
sport-études handball. À 15 ans, elle
fait partie d’une des équipes espoirs
de l’E.S.B.-F. Le lycée Jules-Haag est
l’établissement support des pôles espoirs
handball et lutte à Besançon.
Jeudi 23 septembre dernier, à 17 heures,
Patricia sort du lycée pour se rendre,
en bus, à son entraînement de handball. Composée d’espoirs du hand et
de la lutte, la classe de Patricia ne comprend que des sportifs. Tous ensemble,
ils se dirigent vers les pôles lutte et
handball, deux bâtiments voisins sur
le secteur des Montboucons. “Trois lutteurs ont commencé à chahuter ma
fille. Ils lui ont dit : ce soir, tu ne vas
à l’entraînement, tu viens avec nous”
raconte la mère de Patricia.
Le jeu a rapidement pris une tournure dramatique. “Elle n’a pas pris peur
tout de suite, d’autant que ce sont des
camarades de classe.” Puis ils la font
entrer au centre international de séjour,
où sont logés nombre de ces sportifs
originaires de toute la France. “Devant
son refus de les suivre, l’un d’eux l’a
N
Les jeunes sont hébergés au centre international de séjour.
Le bâtiment jouxte le pôle sportif des Montboucons.
portée, ils l’ont entraîné dans une La mère de Patricia est furieuse : “Par
chambre. Trois autres gars sont venus cette décision, le soupçon était presque
les rejoindre poursuit la mère. Ils lui mis sur ma fille.” Une quinzaine de
ont demandé de se trémousser sur de jours plus tard, Patricia réintègre son
la musique, ce qu’elle a refusé.” La sui- lycée. La jeune fille, toujours très perte vaudra la qualification suivante : turbée par cette affaire, bénéficie enco“attouchements sexuels en réunion”, re à ce jour d’un suivi psychologique.
retenue dans la plainte déposée le soir Aujourd’hui, les parents de la handmême par la mère de l’infortunée spor- balleuse veulent établir la vérité et
tive. Elle poursuit le récit : “En début éloigner tout autre danger potentiel
de soirée, nous avons reçu un coup de pour elle. “Nous ne voulons pas qu’ils
téléphone de Joëlle Demouge, la res- fassent de la prison, mais au moins
qu’ils quittent Besançon.
ponsable du pôle handball,
nous prévenant que notre “Nous voulons Pour que notre fille n’ait
pas peur de les croiser
fille avait été agressée
sexuellement.” Dans le qu’ils quittent quand elle va en ville. Nous
voulons aussi que l’on reconmême temps, le responBesançon.” naisse que notre fille n’a pas
sable du pôle lutte a convomenti.”
qué les élèves impliqués :
Aucune sanction judiciaire, pas plus
ils auraient reconnu les faits.
Sanction immédiate prise par le pro- que sportive, n’a été prise à l’encontre
viseur du lycée Jules-Haag : le trans- des jeunes lutteurs incriminés. Deux
fert immédiat de deux des lutteurs d’entre eux ont été sacrés champions
dans un autre établissement bisontin. de France cadets le mois dernier…
“Le troisième, le plus dur, était déjà en Le cas de la jeune handballeuse bisonlycée professionnel.” Patricia quant à tine ne serait pas isolé. Selon nos inforelle, a été écartée du lycée Jules-Haag mations, une autre jeune fille de sport“par mesure conservatoire et pour une études aurait été violée. Une enquête
durée indéterminée.” Le lycée motive policière a été ouverte. !
sa décision “par mesure de précaution.”
J.-F.H.
L’ÉVÉNEMENT 7
E NQUÊTE
R ÉACTION
Jusqu’à 7 ans de prison
Une expertise
psychiatrique des
auteurs présumés
Pas de conseil de discipline
L’affaire a secoué le pôle lutte
Les instances de la lutte n’ont pris aucune mesure disciplinaire à l’encontre des
jeunes. Le responsable du pôle lutte de
Besançon, choqué par cet épisode, veut
La justice bisontine semble prendre en tirer toutes les leçons.
l’affaire très au sérieux. Une enquête est en cours. Les auteurs risquent
une peine d’emprisonnement.
uite à l’affaire, une
enquête judiciaire a été
ouverte. D’après Bernard Belotte, le substitut du procureur chargé des
mineurs au tribunal de Besançon, “tout le monde a été entendu, auteurs et victime. L’enquête est toujours en cours.
J’espère que cette affaire sera
bouclée le plus rapidement possible.” D’après le substitut, “c’est
la première fois qu’une telle
affaire a lieu à Besançon.” Il
précise : “Dans l’enquête policière, les faits sont qualifiés
d’agression sexuelle aggravée.”
Selon les informations transmises par le parquet, “une expertise psychiatrique et psychologique des jeunes a été faite. Les
résultats ne sont pas encore
connus.”
S’agissant de mineurs, l’affai-
S
re sera ensuite transmise dans
les parquets compétents une
fois l’enquête terminée. Les
trois jeunes concernés, bien
qu’ils suivent leurs études sur
Besançon, ne sont pas originaires de Franche-Comté.
Contrairement aux majeurs
qui sont jugés par le parquet
dont dépend le lieu de l’infraction, les mineurs le sont
sur leur lieu d’origine.
En matière d’agression sexuelle aggravée, la peine maximale encourue est de 7 ans d’emprisonnement en ce qui
concerne une personne majeure. “En général, la peine est
divisée par deux de plein droit
si l’auteur est âgé de moins de
16 ans. Si l’auteur a entre 16
et 18 ans, le juge peut décider
de la maintenir à 7 ans maximum.” !
P U B L I - I N F O R M A T I O N
Dep’info :
l’informatique à votre domicile
Une nouvelle entreprise au service des
particuliers et des entreprises pour le
dépannage informatique à domicile :
Dep’info. Disponible du lundi au samedi de 8 heures à 20 heures pour le
dépannage, l’assistance et la formation en informatique.
avier Sauvaget est tombé dans l’informatique quand il était petit. À 5
ans, il maniait déjà son premier ordinateur. 22 ans plus tard, ce jeune féru
de nouvelles technologies crée sa propre
entreprise, après 5 ans passés dans l’Armée
en tant qu’administrateur de réseau et responsable de la sécurité informatique au centre
de transmission de Besançon.
Créée le 10 janvier dernier, la société Dep'info est spécialisée dans le dépannage, l’assistance et la formation à domicile. “Je me
rends au domicile des clients que j’accompagne avec leur propre matériel et leur façon
de travailler. L’objectif est plus d’amener l’informatique à eux, qu’eux à l’informatique. Je
m’adapte vraiment aux besoins concrets des
personnes” explique Xavier Sauvaget. Le responsable de Dep’info est aussi à l’aise avec
le traditionnel système Windows que sur
Macintosh ou Linux. “Mes interventions les
plus fréquentes consistent à aider les personnes à configurer leur matériel pour l’A.D.S.L.
Je propose également de la vente d’accessoires pour P.C.”
Le tarif de ses interventions est tout à fait
modique : 45 euros de l’heure. “Dans le Grand
Besançon, je ne compte pas de frais de déplacement.” Xavier Sauvaget propose aussi des
forfaits “premiers pas dans l’informatique”
ans un courrier adres- des faits. “Ces trois jeunes ont
sé à la famille de la eu un comportement inaccepvictime dès le lende- table. S’ils ne sont pas encore
main de l’agression, passés en conseil de discipline,
la Fédération française de lut- c’est qu’entre temps, il y a eu
te avait promis des sanctions des élections à la Fédération
à l’encontre des trois lutteurs française de lutte” justifie-t-il.
incriminés. Signé notamment Mustapha Dib ajoute, ulcéré
du directeur technique natio- par ces faits : “Il est hors de
nal Charles Dumont, cette question que je cautionne quoi
lettre précise qu’une “décision que ce soit de ce qui a été comimmédiate d’exclusion du pôle mis, ils ont fait une erreur
monumentale. Une de
a été prise contre ces
lutteurs et une procé- “Ils m’ont mes priorités est de faire comprendre aux
dure disciplinaire est
d’ores et déjà engagée.” massacré jeunes lutteurs, qu’en
tant que sportifs de haut
Six mois après les faits,
les trois jeunes n’ont un temps niveau, ils ne doivent
penser qu’ils ont
reçu ni sanction sporde travail pas
tous les droits, notamtive, ni sanction disciplinaire… Apparem- énorme.” ment vis-à-vis des filles.
C’est hélas parfois le cas.
ment, les instances de
L’athlète de haut niveau
la lutte attendent que
la justice se prononce pour a d’abord des devoirs, et une
image à véhiculer. C’est pour
réagir.
Du côté du pôle lutte de Besan- cela que ce qui s’est passé me
çon, on ne cache pas son embar- choque profondément. J’ai les
ras… et sa colère. Mustapha boules, ça me fait énormément
Dib est le responsable du pôle de mal lâche-t-il. Par rapport
lutte. Il ne nie pas la gravité à des athlètes qui ont des perspectives olympiques, c’est intolérable.”
Deux de ces jeunes ont été couronnés en février dernier champions de France cadets de lutte gréco-romaine. Leur statut
de sportif de haut niveau les
classerait-il dans la catégorie
des “intouchables” ? “Certainement pas, répond Mustapha
Dib. Si la justice confirme leur
responsabilité, je les exclus du
D
G RAND ANGLE
Le pôle espoir de Besançon est le seul de France à être
spécialisé dans la lutte gréco-romaine.
Les meilleurs champions en sont issus.
pôle.” Il reconnaît néanmoins
l’erreur des instances de la lutte “de ne pas avoir sanctionné
les jeunes plus tôt que ça.”
Cet épisode douloureux est en
totale contradiction avec les
valeurs que Mustapha Dib tente de véhiculer à Besançon,
unique pôle espoir français spécialisé dans la lutte gréco-romaine. “Ils m’ont massacré un
temps de travail énorme par
rapport à l’image de notre sport.
Ma mission est de sortir des
champions mais en même temps
de construire des individus.
Dans cette optique, j’ai mis en
place un double projet, sportif,
mais aussi théorique, fait de
séances et de cours où toutes
ces notions de citoyenneté sont
inculquées. Je veux leur
apprendre qu’ils ne sont pas
des gladiateurs.”
Le responsable du pôle espoir,
entraîneur national, ajoute que
“cette affaire a au moins le mérite d’avoir servi de leçon à tous
les autres lutteurs. Il n’y aura
pas le moindre écart toléré avec
les nouvelles recrues du pôle”,
termine Mustapha Dib, visiblement éprouvé par les agissements de ses protégés. !
Un cas récent en Bretagne
La justice lutte contre
la non dénonciation
X
sur plusieurs heures ainsi qu’un système de
crédit-temps pour ses interventions à domicile. “La personne souscrit par exemple un
forfait de 10 heures, pour 400 euros, valable
sur plusieurs années et qu’elle peut utiliser à
sa guise.” La rédaction de C.V., de rapports
et tout travail de saisie informatique fait également partie de son savoir-faire.
Rapidité, convivialité et efficacité : selon Xavier
Sauvaget, “l’informatique doit être simple,
facilement mise en œuvre et accessible à
tous.” C’est précisément l’objectif de Dep’info, une entreprise où le service à la personne n’est pas un vain mot. !
DEP’INFO
DÉPANNAGE INFORMATIQUE À DOMICILE
20, avenue de la 7ème Armée américaine
25000 BESANÇON
Tél. : 06 09 38 65 76
E-mail : [email protected]
Votre interlocuteur : Xavier Sauvaget
Le tribunal de grande instance de Dinan (Côte d’Armor)
vient de condamner un chef d’établissement pour non
dénonciation, suite à des agressions sexuelles.
in 2004, j’ai poursuivi un chef nué les faits lorsqu’il avait été entendu
d’établissement pour n’avoir pas par la justice. L’article 434-3 du code pénal
dénoncé des faits qualifiés de est clair : “Quiconque ayant eu connaisviol par le juge d’instruction. Ce sance de privation, mauvais traitement
ou agression sexuelle sur
responsable d’établissement
Ce chef
mineur de 15 ans, n’informe
a été jugé par le tribunal corpas les autorités judiciaires
rectionnel de Dinan et
condamné.” Le ton d’Éric d’établissement ou administratives, est pasd’une peine d’empriBouillard, procureur de la
aurait largement sible
sonnement de 3 ans et de
République à Dinan est grave. Cette affaire de mœurs atténué les faits. 45 000 euros d’amende.”
En l’espèce, le responsable
impliquant des mineurs a
été prise très au sérieux dans cette région de l’É.R.E.A. a bénéficié de certaines circonstances atténuantes, notamment du
de la Bretagne.
Le responsable de l’établissement en ques- fait “qu’il est à la tête d’un établissement
tion - l’É.R.E.A. de Taden -, a écopé d’une d’enseignement difficile et qu’il était proche
peine de 1 200 euros d’amende. Ce chef de l’âge de la retraite.” Le chef d’établisd’établissement aurait largement atté- sement a fait appel de la décision. !
“F
J.-F.H.
BESANÇON
8
DOUANES
En bref
" Chien
“Tout chien non tenu en laisse
pourra être mis en fourrière”.
C’est le sens d’un arrêté municipal signé par le maire de Besançon. Par ailleurs, il est désormais
interdit de promener son chien,
même en laisse (!), sur les trois
sites suivants : clos Barbizier,
espaces verts de l’esplanade des
Droits de l’Homme et square
Castan. Cet arrêté entre en vigueur
le 1er avril. ce n’est pas un poisson… Besançon compte 14 000
chiens qui produisent chaque
jour 3,5 tonnes de déjection.
" Cyclo
La 11ème édition de la Bisontine
aura lieu dimanche 10 avril. Cette épreuve V.T.T. est organisée
par le club Besançon Cyclos
Randonneurs (B.C.R.). Rendezvous au gymnase de la Malcombe (départs entre 8 heures
et 10 heures). Trois parcours sont
proposés : 25, 35 ou 50km. Innovation cette année : un parcours
supplémentaire Run and Bike
de 10 km par équipes de deux.
Renseignements auprès de JeanPierre Bonjour au 03 81 55 75 97
ou Jules Curty au 03 81 81 24 24.
" Commerce
La Commission départementale d’Équipement Commercial a
donné son accord pour la création d’un salon de coiffure-esthétique à l’enseigne Éric Pannaux,
au centre commercial Ile-deFrance à Besançon-Planoise.
ARNAQUES
Une cinquantaine de manquements par an
Deux Bisontins revenaient de Suisse
avec 500 000 euros en liquide
Les services douaniers ont réalisé une saisie record à la frontière franco-suisse de Vallorbe. Les deux “promeneurs” avaient
dissimulé le passage de 500 000 euros, en petites coupures.
L’affaire est remontée à l’administration nationale.
es faits remontent à fin
février. Une voiture est
arrêtée au poste-frontière de La Ferrière-sous-Jougne
pour un contrôle de routine.
“Qu’avez-vous à déclarer ?”
“Rien.” Méfiants, les douaniers
décident de pousser plus loin
leur investigation. Surprise
quand ils découvrent dans le
véhicule, la bagatelle de 500 000
euros (3,280 millions de francs)
en liquide. L’information qui
n’a pas, à ce jour, fait l’objet de
procédure judiciaire, a été confirmée par la direction régionale
des Douanes de Besançon.
Si l’entrée de devises sur le territoire suisse n’est pas interdite, elle est soumise à une
réglementation spécifique. “Dès
lors que la valeur des sommes,
titres, devises ou bijoux, dépasse 7 600 euros, il y a obligation
de déclarer au passage en douane indique la direction régionale des Douanes. Nous demandons de justifier la provenance
de ces valeurs. Dès lors que la
somme est déclarée, les personnes peuvent passer librement, sans retenue, sans amende. Si l’origine n’est pas justifiée
L
ou alors douteuse, nous enga- nières années. Les principaux
geons des investigations com- points de passages dans notre
département sont les trains
plémentaires.”
Si les douaniers fouillent et internationaux et les postesdécouvrent - souvent dans des frontières, particulièrement
caches aménagées - le pot-aux- celui de Jougne, “une place forroses, il y a alors “manquement te de nos constatations. Il y a
à l’obligation déclarative”. “Dans des gens de la région mais pas
le cas présent, on a certaine- seulement. Le milieu économent affaire à des “économies” mique dijonnais ou parisien est
placées en Suisse.” Si la per- parfois concerné.”
sonne arrive à justifier l’origi- En moyenne ces deux dernières
ne et la destination régulière années, les Douanes francsde ces fonds, elle écopera jus- comtoises ont déjoué une cinte d’une amende douanière pour quantaine de cas semblables,
défaut de déclaration. L’origi- soit presque un par semaine,
ne des fonds peut être fraudu- sur des sommes variant de
quelques milliers
leuse ou non : vente illicite de Les Douanes ont d’euros à plusieurs
centaines. La somcigarettes ou de
déjoué une
me totale d’argent
stupéfiants, ou
ou contre-valeurs
tout simplement,
“argent au noir” cinquantaine de non déclarés avoi1,6 million
ressorti de Suisse
cas semblables. sine
d’euros l’année
après l’avoir fait
dernière. Lorsque
fructifier, comme
cela semble être le cas. “Nous la somme dépasse une certaine sommes pas dans un cadre ne valeur, c’est le cas ici, la
de blanchiment d’argent” pré- direction régionale ne dispose
cisent les services régionaux. plus de son pouvoir transacLa fréquence de ce genre d’ar- tionnel. “Quand cela ne dépasrestations serait en augmen- se pas une certaine somme, nos
tation sensible ces deux der- agents ont un pouvoir tran-
C’est à la douane de Jougne-Vallorbe que de tels
contrôles sont les plus fréquents en Franche-Comté.
sactionnel : ils restituent l’argent après paiement d’une
amende.” Parfois, les Douanes
peuvent décider de porter l’affaire en justice. Cela peut arriver lorsque le contrevenant
refuse de payer l’amende forfaitaire. Les dossiers les plus
importants, en valeur ou en
matière de dédouanement pour
les entreprises importatrices
par exemple, peuvent relever
de la compétence nationale voire ministérielle. “90 à 95 % des
contentieux douaniers sont
réglés par des transactions et
ne sont pas portés en justice.”
Les amendes infligées dans le
cadre d’une transaction “à
l’amiable” peuvent atteindre 1
à 3 fois la valeur des marchandises contrôlées. Quand
c’est de l’argent non déclaré,
les amendes sont en général
inférieures, mais ensuite, c’est
le fisc et l’U.R.S.S.A.F. qui peuvent s’en mêler… !
J.-F.H.
Plusieurs milliers d’euros
Des commerçants bisontins victimes
de l’arnaque à la fausse pub
Des démarcheurs proposent de faux encarts publicitaires et encaissent l’argent. De nombreux commerçants de Besançon ont déjà été victimes de l’arnaque. Et les méthodes deviennent de plus en plus raffinées
hilippe Monin cherche un long
moment dans sa boutique de
matériel pour culture hors sol,
avant de remettre la main sur les
trois fax à l’en-tête de sociétés obscures. Il venait juste d’ouvrir son commerce rue de Dole depuis trois mois.
Alors, lorsqu’une personne l’a démarché, en octobre 2003, pour lui vendre
un encart publicitaire, il ne s’est pas
méfié. “J’étais débordé. Lorsque vous
débutez, il y a des tas de choses à mettre
au point. Et puis la boutique ne désemplissait pas.”
Il reste des espaces publicitaires dans
sa publication, Philippe doit se décider vite, s’il veut en profiter, lui affirme l’homme au bout du fil. “Ils vous
mettent sous pression. Il faut que vous
donniez votre accord dans la journée.
Et ils vous appellent systématiquement quand la boutique est pleine”,
se souvient-il. Philippe signe et envoie
le chèque. Rien n’est paru. Et le scénario s’est répété trois fois, avec trois
sociétés différentes. Pour un total de
plus de 5 000 euros.
Des commerçants victimes d’arnaques
comme celle-ci, l’avocate Isabelle Cheval en reçoit pratiquement un par
semaine dans son bureau. “Et il faut
P
Philippe Monin a dû payer 5 000 euros à trois sociétés différentes.
ajouter à ce nombre, tous ceux qui pré- aucun des réseaux derrière ces sociéfèrent se taire, explique l’avocate, qui tés factices n’a été identifié jusqu’à
représente 25 clients. C’est toujours le présent. Une des pistes remonterait
même mode opératoire. Ils proposent jusqu’en Roumanie.
par téléphone puis par fax des encarts Les malfaiteurs n’hésitent pas à hardans des publications. Puis ils encais- celer leurs victimes, pour qu’elles
sent les chèques et disparaissent.” Les envoient les chèques. “Ils sont même
publications en question bien sûr n’exis- allés jusqu’à envoyer un coursier, casqué, réclamer de l’argent à
tent pas.
de mes clientes”, ajouAu départ, l’arnaque touDeux mille une
te Me Cheval. Une fois les
chait essentiellement des
commerçants de Besan- plaintes devant chèques envoyés, les vicçon. Désormais, le Hauttimes n’ont plus aucun
Doubs et Pontarlier sont le tribunal de recours possible. Et les sociéaussi ciblés. Sur les fax
tés fictives s’évanouissent
Bobigny.
envoyés, les sociétés affidans la nature. “Au bout
chent une adresse sur les
de quatre mois, lorsque j’ai
Champs-Élysées à Paris, se dotent voulu les rappeler pour leur réclamer
de faux numéros d’inscription au mon argent, la ligne n’était plus attriregistre du commerce. Et les méthodes buée”, affirme Philippe Monin.
deviennent de plus en plus raffinées. Seule solution pour les commerçants,
“Ils jouent sur les noms, utilisent des la prudence. “Des propositions dousigles qui peuvent prêter à confusion teuses, j’en reçois parfois plusieurs
avec des parutions officielles. Ou fois par semaine. Il faut être vigilant.
envoient des bons à tirer factices”, Et demander systématiquement un
reprend l’avocate.
exemplaire de la publication en quesDeux mille plaintes, concernant des tion, avant de payer”, rappelle Jeanarnaques similaires, ont été déposées Charles Diéterlé, le président de
au tribunal de Bobigny et une enquê- l’Union des commerçants de Besante est en cours. Des plaintes ont éga- çon. !
lement été déposées à Besançon. Mais
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10
DOSSIER
Où acheter du terrain, où construire
DANS LE GRAND BESANÇON ?
L’accession à la propriété est une des préoccupations des ménages. Il y a un certain empressement à vouloir investir dans
un bien immobilier à tout prix ! Les taux
d’intérêt historiquement bas viennent
doper ce marché qui se développe de
manière frénétique. La demande ne fléchit pas, alors que l’offre foncière se raréfie. Ce déséquilibre est à son tour responsable d’une hausse des tarifs
remarquable dans le domaine de la
construction de maison individuelle. En
un an, entre 2003 et 2004, les prix se sont
encore envolés de plus de 10% dans la
communauté d’agglomération ! Et cela ne
suffit pas à dissuader les acquéreurs à l’affût d’une parcelle de terre où ils pourront
s’installer. D’un autre côté, s’ils n’achètent
pas maintenant, le pourront-t-ils demain
si les prix continuent à grimper ? À cette
question, les professionnels de l’immobilier estiment que cette fois-ci un plafond est atteint. Prix, disponibilités foncières, situation des lotissements, dans ce
numéro spécial, La Presse Bisontine entre
dans le détail de ce marché marqué par
des spécificités locales.
I NFLATION
Le point sur le grand Besançon
La fièvre s’abat sur les prix du terrain
Plus 15,4% de hausse en un an ! Les statistiques donnent le vertige. Pourtant la flambée des prix sur le marché de la construction de maison individuel ne dissuade pas les acquéreurs.
ontferrand-le-Château : “Vend terrain
850 m2, non viabilisés, 57 000 euros.”
Devecey : “Vend terrain viabilisé 9 ares,
100 euros le m2.” Châteaufarine : “Hors lotissement, vend parcelle de 10 ares, 105 000 euros.”
Ces trois petites annonces piochées au hasard
dans la presse sont des indicateurs sur l’état
du marché de l’immobilier dans la communauté
d’agglomération du Grand Besançon. Plus précisément sur la fièvre qui s’abat sur le prix du
m2 de terrain constructible.
C’est une évidence, le marché de la maison individuelle surfe sur le haut de la vague. Selon
une récente étude réalisée par le Crédoc pour
le compte de l’union nationale des constructeurs de maisons individuelles (U.N.C.M.I.),
82% des personnes interrogées affirment souhaiter vivre dans une maison et 89% voudraient
en être propriétaires. Les acquéreurs plébiscitent ce type d’habitat. Les taux d’intérêt historiquement bas les encouragent à claquer la
M
porte du locatif pour prendre leur indépendance
immobilière. Malgré des tarifs à première vue
prohibitifs, les prétendants à l’accession à la
propriété sautent le pas, quitte à se coller sur
le dos un emprunt bancaire de 25 ans (300
mois). “C’est très long. Mais on constate que ça
ne rebute pas les acquéreurs qui sont relativement jeunes. Les mentalités ont changé. Les
gens se disent “advienne que pourra” observe
Alain Pointurier président de la Chambre régionale des notaires. Les incertitudes de la conjoncture économique n’ont visiblement pas d’effet
sur le comportement des investisseurs.
La demande est soutenue dans l’agglomération. La plupart des secrétariats de mairie sont
assaillis de coups de fil de personnes à la
recherche d’une parcelle constructible. Mais
l’offre foncière se raréfie, ce qui contribue aussi à entretenir la hausse des prix. “En lotissement, à Besançon il faut compter entre 70 euros
et 85 euros par m2 hors taxe pour un terrain
viabilisé” constate Patrick Marceau de l’agen- sur les finances de l’acheteur. Pour réduire le
ce départementale d’information sur le loge- montant de cet investissement “soit, en effet,
ment. Il ajoute : “À titre de comparaison en vous achetez un terrain plus petit, soit vous
2000, sur le même secteur, nous étions à 55 euros rognez sur la construction de votre maison en
par m2 pour les endroits les moins chers, à 73 utilisant des matériaux moins coûteux, ou poureuros par m2 pour les mieux côtés.” Entre 2003 quoi pas en la construisant vous-même. Il vous
et 2004, les prix au m2 ont augmenté de 15,4% ! reste encore la solution d’aller vous installer
À l’échelle du Grand Besançon, les prix varient loin de Besançon” poursuit Patrick Marceau.
entre 55 euros le m2 (ex : Geneuille) pour des- La Haute-Saône par exemple. Partout des lotissements sortent de terre. La durée de
cendre jusqu’à 26 euros (ex : Charcommercialisation “est de 5 à 12 mois.
nay.)
“Nous
Assez rapide” selon la S.A.F.C.
Dans ces conditions, rien qu’en achedevons
De son côté, la Direction régionale de
tant le terrain, l’investisseur plombe
l’équipement enregistre des records
sérieusement son capital. C’est la raison pour laquelle la taille des par- réduire la au service des dépôts de permis. “En
à l’échelle de la Franche-Comté,
celles a tendance à diminuer. “Il y a
taille des 1994,
on enregistrait 3 000 permis de construi5 ans, dans une commune comme Châtillon-le-Duc, la surface des terrains parcelles.” re pour du logement collectif et autant
pour de la maison individuelle. 10 ans
imposée était de 9 ares. Aujourd’hui,
plus tard, nous sommes à 4 500 peron est entre 6 et 7 ares. Nous devons
réduire la taille des parcelles pour rester dans mis déposés pour des maisons individuelles et
niveaux prix abordables pour l’acquéreur” insis- 2 000 pour l’habitat collectif.” Sur l’ensemble
des logements mis en chantier, 70% sont des
te un promoteur bisontin.
Ce n’est pas le tout d’avoir un terrain, mais il maisons individuelles ! Il y a en ce moment,
faut penser à y mettre la “tente.” Là encore, le sur le marché de l’immobilier, comme une petiprix moyen d’une maison individuelle est pas- te envie de propriété et d’indépendance. !
sé en deux ans de 150 000 euros à 200 000 euros.
Un bond en avant qui se répercute à son tour
T.C.
LE DOSSIER 11
ÉTAT DES LIEUX
Repenser l’aménagement du territoire
Halte à la surconsommation foncière !
Les représentants du Syndicat Mixte de Schéma de Cohérence
Territoriale souhaitent maintenant que le foncier encore disponible soit aménagé de telle manière à optimiser l’espace.
hercher à connaître quelles sont les dis- communes autour de Besançon. Derrière cetponibilités foncières dans la communauté te étiquette, il y a une ambition de réaliser un
d’agglomération du Grand Besançon relè- diagnostic du territoire dans différents domaines
ve du parcours du combattant. Aucune struc- (habitat, économie, tourisme, économie.) Actuelture administrative ne dispose de cette infor- lement, la première étape du S.C.O.T. est de
mation complète permettant de dresser un état réaliser “une photographie de l’existant” indique
des lieux précis de la situation. Ni l’Agence Fon- l’A.U.D.A.B. Une phase préalable à l’élaboracière, antenne du Conseil général, dont le nom tion de lignes directives.
À terme, sur la question de l’habilaisserait supposer que…, ni l’agence schéma va rigoureusement
ce de l’urbanisme de l’aggloméra“Réfléchir dès tat,
encadrer l’évolution des communes
tion de Besançon (A.U.D.A.B.). Le
seul moyen d’obtenir cette infor- maintenant à concernées. Leur plan local d’urbanisme ne sera plus la seule réfémation est de prendre contact avec
chacune des communes pour décou- l’aménagement rence à suivre en matière d’aménagement du territoire. Chaque
vrir dans le détail le foncier dispodu foncier.” projet devra être en conformité avec
nible. Un travail fastidieux.
le S.C.O.T. qui va s’articuler autour
Les services de l’A.U.D.A.B. reconnaissent eux-mêmes cette carence. “Il est vrai d’un principe : l’économie foncière.
que le recensement des disponibilités foncières L’objectif est d’éviter de répéter les erreurs du
est une donnée manquante. La seule chose qui passé. “Nous devons préserver l’espace et l’enexiste est une information sur l’urbanisation et vironnement. Jusqu’à présent, nous avons consomle suivi des lotissements en cours fait par l’agen- mé trop de surface foncière pour trop peu de
ce départementale d’information sur le loge- logements réalisés. Il est désormais recommandé
ment. La question de cet état des lieux est récur- aux élus d’optimiser les surfaces.” Et l’agence
rente, il faudra probablement y répondre un foncière d’ajouter : “Il existe encore du terrain
jour.” Ce chaînon manquant pourrait servir de à Besançon, mais il faut réfléchir dès maintebase de travail précise pour fixer les perspec- nant à son aménagement.”
tives de développement urbain de la commu- Le rêve de la maison construite sur un grand
terrain à quelques kilomètres de la capitale
nauté d’agglomération.
C’est une des prétentions du S.C.O.T. (Schéma régionale s’effrite. Il est temps de rentabiliser
de Cohérence Territoriale) qui concerne 133 l’espace, pour laisser une place à chacun. Fau-
C
Raymond Reyle : “Jusqu’à présent, nous avons consommé trop de surface foncière.”
drait-il concevoir autrement la maison individuelle ? “Cela devient vital” insiste Raymond
Reyle, également maire de Chalezeule. Plutôt
que de cultiver l’extension des communes, il
est proposé de requalifier le centre des villages,
comme cet élu l’a fait dans son fief. “On estime
qu’il y a à Chalezeule une soixantaine de constructions possibles en requalifiant le centre.” C’est
une autre culture de l’habitat qui a encore besoin
de cheminer au sein des collectivités. ! T.C.
12
LE DOSSIER
I NTERVIEW
Michel Loyat, adjoint à l’urbanisme
Besançon fait le choix de l’habitat individuel
La métropole, qui accueille à elle seule près de 80 % de l’habitat collectif de l’agglomération, veut désormais privilégier la
maison individuelle. Pour Michel Loyat, adjoint au maire en
charge de l’urbanisme, il est nécessaire de résorber le déséquilibre entre la ville et sa périphérie.
L
a Presse Bisontine : Quelle est
la politique de la ville concernant l’habitat individuel ?
Michel Loyat : Notre politique
actuelle est de diversifier l’ha-
Besançon :
les projets en
cours
- Vallon du Jour : Entre les quartiers Saint-Claude et Palente,
le lotissement propose, sur
20 ha, près de 230 parcelles
destinées à l’habitat individuel.
Les terrains, qui mesurent de
400 à 1 000 m2 sont pour les
plus grands en vente directe.
Les autres ont été attribués à
des promoteurs.
- Hauts-du-Chazal : Le projet
devrait voir le jour d’ici 6 mois
à un an et compter plus de
1 000 logements en petit collectif et maison individuelle.
- Les Vaites : La municipalité y
a progressivement acquis une
quarantaine d’hectares. Une
révision du plan local d’urbanisme est nécessaire. Le projet ne devrait voir le jour que
dans plusieurs années.
- Mont de Bregille : 2 ha de terrain. Pourrait être commercialisé
au premier semestre 2006. Un
promoteur est déjà sur les rangs.
- Montboucons : Potentiel de
développement, à plus long terme.
- Les terrains militaires : Situés
en plein cœur de la ville, l’Armée doit les libérer bientôt. À
Vauban, sur les 7 ha disponibles, la ville devrait construire des maisons de ville, au milieu
de collectif.
bitat à Besançon et en périphérie, pour corriger la spécialisation excessive de la ville.
Besançon concentre actuellement 78 % du logement collec-
duel à Besançon et mener une
politique volontariste en ce sens.
En 2000, seulement 58 logements individuels ont été
construits. En 2004, ils étaient
presque 150. Il faut donner la
possibilité à des gens qui aimeraient habiter une maison à
Besançon de le faire. Aujourd’hui, ils sont obligés de partir,
tif de l’agglomération, mais l’es- faute de trouver sur place.
sentiel des maisons individuelles
se trouve en périphérie. Il y a L.P.B. : Quelle forme pour l’habitat
un vrai déséquilibre et il faut individuel en ville ?
développer le logement indivi- M.L. : Pas question d’avoir une
maison avec un terrain de 800
ou 1 000 m2. Il faut combiner
densité et habitat individuel,
ne pas gaspiller le foncier qui
devient de plus en plus rare.
C’est pour cela que nous devons
aussi proposer une diversité de
formes d’habitat, de la maison
mitoyenne au petit collectif avec
entrée séparée. Nous faisons
aussi attention dans nos projets à maintenir une qualité
urbaine, à créer des espaces
publics, à mélanger habitat collectif et individuel. Nous ne vou-
lons pas de cités-dortoirs.
L.P.B. : À quel prix ?
M.L. : C’est une préoccupation.
Nous faisons en sorte de ne pas
alimenter l’inflation sur les prix
des terrains et de proposer un
prix au m2 qui soit accessible
pour des salariés moyens. Aux
Vallons du Jour, une subvention a été versée par la ville,
pour maintenir des prix abordables. !
Propos recueillis
par S.D.
LE DOSSIER 13
LOTISSEMENT
DÉCOUVERTE
200 parcelles en 2004
Chasseur de terres
Les terrains traqués
La S.A.F.C. leader sur
le marché de la construction par des pros
de l’immobilier
Cette société immobilière figure parmi celles qui commercialisent le plus
de terrains à bâtir chaque année. Mais elle s’interroge aujourd’hui sur ce Étudier le plan local d’urbanisme, éplumarché caractérisé par une pénurie de foncier.
cher le cadastre, la chasse aux terrains
n 2004, entre les régions de
Besançon, Montbéliard, l’Alsace et la Bourgogne, la S.A.F.C.
a commercialisé 200 terrains.
C’est un peu moins qu’en 2002.
Cette année-là, 220 parcelles ont été vendues pour de la maison individuelle. À ce
rythme, la société immobilière est un promoteur leader en Franche-Comté. Mais
aujourd’hui, cette entreprise est confrontée pour la première fois à une pénurie
de foncier. “On termine un projet à Châtillon-le-Duc, où il reste 5 parcelles à commercialiser sur 31. Pour l’instant, c’est
tout ce que nous avons à proposer aux
acquéreurs dans le secteur. C’est la première fois que nous avons si peu d’offre”
souligne Martine Coursimault, attachée
de clientèle lotissement.
Dans l’immédiat, la S.A.F.C. est en panne. Impossible de répondre à toutes les
demandes, caractérisées par des appels
téléphoniques quotidiens de particuliers
à la cherche d’un lopin de terre à Besançon ou sa proche couronne.
Il faudra attendre le mois de juin pour
que la situation évolue. “Des programmes
vont sortir de terre à Auxon-Dessous, où
E
R ÉACTION
nous allons commercialiser 36 parcelles lorsqu’on proposait un projet sur une zone
à environ 65 euros/m2. Dans le même délai, constructible, s’il était conforme au P.O.S.,
un projet est en gestation à Pirey avec 32 il était validé précise-t-on à la S.A.F.C.
terrains à bâtir (collectif et individuel) au Maintenant, un dossier s’accompagne d’un
prix de 75 euros/m2.” Début 2006, cette certain nombre d’études préalables, concersociété immobilière commercialisera un nant la loi sur l’eau, l’archéologie prévenlotissement à Besançon-Velotte au lieu- tive. Résultat, à partir du moment où on
dit Échenoze de 21 parcelles. La S.A.F.C. démarche les communes pour un projet
a aussi un projet d’aménagement dans jusqu’à la commercialisation des parcelles,
les cartons sur Saône. Ce déséquilibre il faut compter entre 18 et 24 mois.” Un
entre l’offre et la demande est en partie délai qui a doublé en 10 ans. Comme quoi
les temps changent.
responsable d’une fièvre des prix
L’agence départementale d’indans la région.
Pour les aménageurs, les ten- “Plus difficile formation sur le logement jusla réaction des municipasions rencontrées sur le marché
de faire sortir tifie
lités “Pour une commune, le
du foncier sont liées à deux phénomènes. Tout d’abord tant que
de terre un lotissement est presque synonyme d’investissement “à perles communes n’ont pas terminé de réviser leur plan d’occu- lotissement.” te” car ça engendre des frais
importants. Il arrive qu’il faille
pation des sols (devenu plan local
d’urbanisme) qui définit les zones construc- recalibrer les écoles, mettre en place de
tibles ou non, la situation sera teintée d’in- nouveaux services. Le problème est qu’une
certitudes. Ensuite, les municipalités sont fois la population est en place, elle ne se
plus attentives à leur développement face renouvelle pas ou peu. C’est pour cette raià cette frénésie immobilière. “C’est de plus son que les collectivités cherchent à favoen plus difficile de faire sortir de terre un riser l’habitat locatif.” !
lotissement. Les communes sont plus exigeantes. Elles sont parfois frileuses. Avant,
T.C.
Un acteur du marché
Gérard Moyse : “Il n’y a pas
de vraie pénurie de foncier”
Le responsable des Maisons Moyse et président de l’U.N.C.M.I. Bourgogne Franche-Comté, apporte un commentaire sur le marché de l’immobilier avec sa double casquette.
a Presse Bisontine : L’in- plus forte, mais qui n’est pas
flation des prix est-elle forcément la plus justifiée,
une porte ouverte à des concerne le prix du foncier. La
dérapages sur le marché forte demande et la concurrence entre les opérateurs sont
de l’immobilier ?
Gérard Moyse : En effet, on voit des éléments d’explication.
émerger de plus en plus d’opérateurs non professionnels qui L.P.B. : Y a-t-il vraiment pénurie de
se lancent dans de l’aména- terrain ?
G.M. : Je ne le crois
gement foncier. Ils
pas. En plus, les
croient que faire
un lotissement c’est “Les communes communes révisent leur P.L.U.
acheter un terrain
vont dégager Elles vont dégaet construire, mais
ger des zones
ils oublient qu’il y
des zones
constructibles.
a un certain
nombre de prescriptions à respec- constructibles.” L.P.B. : Vous avez lancé un vaste lotisseter. Ils échouent.
Ces gens-là font du tort à la ment à Dannemarie-sur-Crète. Avezvous d’autres projets ?
profession.
G.M. : Nous allons tout d’abord
L.P.B. : En tant que constructeur, engager la deuxième tranche
comment analyser la hausse des de ce lotissement soit 24 lots.
Est en cours un lotissement
prix ?
G.M. : Le coût de la construc- de 17 parcelles à Pouilley-lestion augmente. C’est en par- Vignes, un à Saint-Vit de 16
tie lié à la hausse des prix des parcelles et un à Bonnay de
matières première comme 14 parcelles. !
l’acier que le constructeur peut
Propos recueillis
répercuter. Mais la poussée la
par T.C.
L
Selon Gérard Moyse, “on voit émerger de plus en plus
d’opérateurs non professionels.”
est ouverte pour les lotisseurs.
Chasseur de terres, le métier de Mathieu Aldrin.
n connaissait les chas- qu’à l’arrêté de lotir” dit-il. Sa
seurs de tête et les chas- méthode ? Consolider le diaseurs de tendance. Voi- logue avec la municipalité et
ci maintenant les “chasseurs “arriver à l’instant T quand
de terrain.” Des profession- tous les éléments sont réunis.
nels qui pour leur propre comp- C’est-à-dire que la mairie est
te ou celui d’un lotisseur pas- prête à recevoir un lotissement,
sent leur temps à éplucher le qu’il y a des disponibilités fonplan local d’urbanisme des cières et que les propriétaires
communes et à étudier le sont disposés à vendre.” Le scécadastre. Ils sont preneurs de nario rêvé !
toutes les informations qui Mais en réalité, dans le métier,
peuvent les conduire à un ter- il est fréquent que les projets
rain potentiellement construc- capotent avant même d’avoir
tible. Un travail discret, qui vu le jour, car par exemple “le
se fait à l’abri des regards des vendeur de terrain n’est plus
vendeur.” Il faut négocier parconcurrents.
fois pendant plus
Alors que les dispod’un an avant de
nibilités foncières se
raréfient, il vaut “Un terrain se faire aboutir un
projet. Mathieu
mieux éviter de brûler une affaire et négocie entre Aldrin vient d’y
puisque
perdre l’opportunité
7 euros et 25 parvenir
Francelot sort un
de décrocher la timprojet de 19 parbale. C’est encore
euros.”
celles à Fouchemieux si terrain
rans.
convoité est dans une
zone prisée. “On travaille au Drôle de métier que celui de
cas par cas. Un propriétaire lotisseur. La profession est
de terrain constructible reçoit taxée de s’enrichir en spécuun coup de téléphone tous les lant sur la vente de terrains
15 jours d’un lotisseur. C’est achetés à bas prix. Selon nos
clair que pour nous, c’est inté- sources, en fonction de son
ressant de mobiliser de l’éner- emplacement et des aménagie pour construire 10 maisons gements à prévoir pour le viaà Pirey ou à Franois, car on biliser, un terrain se négocie
sait par avance que nous réus- entre 7 euros et 25 euros le m2.
sirons à les commercialiser. Dans la fourchette basse, les
Par contre, trouver un terrain particuliers se sentent quelques
à Étalans pour un projet iden- fois spoliés. Mais le jugement
tique, c’est certain qu’on ne se est sans doute un peu rapide
bousculera pas” mentionne un compte tenu de toutes les
lotisseur qui a souhaité gar- contraintes techniques, admider l’anonymat. Toute la dif- nistratives et des engagements
ficulté pour lui est de pros- financiers qui accompagnent
pecter dans un secteur où il le dossier de construction d’un
est assuré de revendre ses ter- lotissement. Une erreur de calrains à bon prix.
cul et d’estimation et l’entreMathieu Aldrin connaît ce prise peut “boire la tasse.” Le
métier. Il agit pour le compte cas contraire existe aussi. Cerde l’aménageur Francelot sur tains lotisseurs avouent
les secteurs de Dole, Dijon et revendre les parcelles loties
Besançon. “Je suis chargé de au double de leur prix de
programme. Je prospecte, je revient réel. !
négocie et je suis le dossier jusT.C.
O
14
LE DOSSIER
G RAND BESANÇON
Disponibilités foncières
Où construire, commune par commune
Les informations Les communes qui ont des projets à plus long terme
Projet de lotissement sur 7 à 8 ha
figurant dans ces Châtillon-le-duc
Roche-lez-Beaupré
2007: Lotissement communal d’une quarantaine de parcelles, commercialisé en 2 tranches.
Saône
2006/2007: Lotissement de 12 ha. Une centaine de parcelles
tableaux ont été Montfaucon
17 ha de zone urbanisable à un rythme de 8 à 10 parcelles sur dix ans.
Busy
Une
trentaine de parcelles à terme de 5-6 ans
récoltées auprès Serre-les-Sapins
Projet communal de lotissement mais pas avant 2010
des mairies et
des promoteurs Les communes qui ont des disponibilités foncières en 2005-2006
Torpes
2006 : lotissement communal de 25 à 30 parcelles
cités. Ils ne
Auxon-dessus
Deux parcelles de 750 m , 67 euros/ m (contact : Batilor 03 81 88 26 26)
Boussières
Une vingtaine de parcelles non attribuées (contact : atelier Machurey 03 81 51 73 73)
tiennent pas
Dannemarie-sur-crête
Lotissement privé de 15 parcelles de 759 à 950 m (contact : SARL AFON 03 81 47 41 10)
Osselle
2006
: lotissement communal de 10 parcelles réparties sur 3 ha, qui seront attribuées en trois tranches, sur six ans.
compte de tous
Marnay (70)
Une parcelle de 1070 m , 10 euros/m (contact : Patrimoine Terre et conseil 03 81 87 59 45)
Auxon-Dessous
Lotissement de 11 parcelles (contact : Sodithis 03 81 52 40 63)
les terrains mis
2006 : lotissement privé de 40 parcelles environ. (contact : SAFC 03 81 41 27 29)
Saint-Vit
Dix parcelles de 700 à 970 m (contact : SARL AFON 03 81 47 41 10)
en vente par des Montboucon
Deux parcelles de 1960 m2 environ, 90 euros/m (contact : ABC Immobilier 03 84 80 12 45)
Arc et Senans
Une parcelle de 12 ares, 22,80 euros/m (contact : Patrimoine Terre et conseil 03 81 87 59 45)
particuliers.
2
2
2
2
2
2
2
2
Les communes qui n’ont
aucun projet foncier
Routelle - Bouclans Pouilley-Français - Gennes
Fontain - Franois
Noironte - Audeux - Vaire
Arcier - Thoraise - Recologne
Novillars - Pouilley-les-Vignes Devecey - L’Hôpital-du-Grosbois
- Thise - Beure - Pirey
Les communes qui sont
en train de réviser leur
plan d’occupation des sols
Marchaux - Miserey-Salines
Grandfontaine - Chalezeule
Ecole-Valentin
G RAND BESANÇON
Tallenay
La Chevillotte
Montfaucon
Busy
Larnod
Morre
Pelousey
Saône
Nancray
Bonnay
La Vèze
Vorges-les-Pins
Avanne
Myon
Mamirolle
Serre-les-Sapins
Quingey
Châtillon-le-Duc
Montrond-le-Château
Lotissement privé de 7 parcelles. (contact : cabinet Etude Marcot Pasquier. 03 81 65 79 80)
2006 : lotissement privé de 4 à 6 parcelles (contact : Jean Baptiste D’anterroches 03 81 55 83 73)
2006 : lotissement d’une quinzaine de parcelles
Lotissement privé de 10 parcelles de 800 m2 en moyenne, non attribuées encore. Contact : Jean-François Bourgeois Immobilier
1 parcelle de 800 m2 (contact : M. Paquette 06 70 73 29 81)
2 lotissements privés. 4 parcelles non attribuées de 8 et 9 a, prix moyen 56 €
(contact : BFCA promotion 03 81 40 06 30) et 8 parcelles, de 600 à 2500 m2 (contact : Cerest 03 81 47 18 47)
Courant 2006 : lotissement privé d’une dizaine de parcelles (contact : Michel Vienet)
Deux lotissements privés
Cinq parcelles de 8 à 10 ares (contact : CPHN 06 82 38 59 55)
Quinze parcelles de 9 à 10 ares (contact : CPHN 06 82 38 59 55)
Treize parcelles de 700 à 970 m2 (contact : SARL AFON 03 81 47 41 10)
15 parcelles de 8 à 10 ares (contact : CPHN 06 82 38 59 55)
Cinq parcelles
Six maisons mitoyennes non attribuées (contact : SAFC 03 81 41 27 29 et Progestion)
Cinq parcelles de 11 à 16 ares (contact : ABC Immobilier 03 84 80 12 45)
Deux parcelles communales de 1100 et 1200 m2 non attribuées (50 €/m2 environ)
Lotissement privé de 24 parcelles (contact : Fimogest 03 81 55 93 00)
Deux lotissements privés. 10 parcelles de 8 à 12 ares (contact : société E.B.B. 03 81 84 00 28) et
15 parcelles de 8 à 15 ares (contact : Constructions De Giorgi 03 81 46 71 87)
Fin 2005: lotissement communal commercialisé en deux tranches d’une trentaine de parcelles
Cinq parcelles de 7 à 15 ares, 75 euros en moyenne le m2 (contact : SAFC 03 81 41 27 29)
Fin 2005: Lotissement de 35 parcelles qui seront attribuées au rythme de une à trois par an.
Des options différentes pour les communes
Développement de l’habitat :
à chaque commune sa stratégie
L’une aimerait s’étendre, mais ne le peut pas, faute de terrain. L’autre freine son
expansion, pour ne pas devenir une cité-dortoir. Les communes du Grand Besançon
se retrouvent dans des situations radicalement différentes. Tour d’horizon.
Les communes qui sont bloquées
dans leur développement
Les communes qui souhaitent
maîtriser leur développement
“Nous voulons attirer de nouveaux habitants. Nous en avons
besoin, une classe doit fermer”, clame Michel Lartot, le maire
d’Osselle. Le village est en zone inondable. Pour 2006, la commune a lancé un projet d’une dizaine de parcelles, mais ses ressources foncières sont limitées. “J’espère que cela va déclencher
une dynamique, inciter des propriétaires privés à nous suivre.”
À Recologne, le maire croule sous les demandes. “Je reçois au
moins 10 coups de téléphone par mois, de personnes cherchant
du terrain à bâtir. On n’arrive pas à les satisfaire. C’est un village où les propriétaires terriens ne vendent pas.” Dans l’idéal,
le maire aimerait une extension mesurée, avec trois ou quatre
maisons neuves chaque année. “En ce moment, on en est plutôt à deux, par manque de terrain disponible.”
“Ne pas dire stop, mais maîtriser”, affirme le Jacques Tervel,
le maire de Pelousey. En 20 ans, la population a triplé. “On
essaye de limiter les grands mouvements de population.” Les
équipements publics sont arrivés pour certains à saturation.
“La station d’épuration va devoir être agrandie, la salle communale aménagée. Il faut que tout suive.”
“On ne doit pas faire de Montrond-le-Château un village dortoir.” Le maire de Montrond, René Locatelli, veut lui aussi freiner l’expansion de sa commune. “Nous ne refusons pas que les
gens viennent chez nous, mais il faut prendre notre temps. Le
groupe scolaire est déjà pratiquement complet.” La commune
a un projet de lotissement dès fin 2005. Une trentaine de parcelles, attribuées au rythme “d’une à trois par an, pas plus.”
Les communes qui marquent une
pause après une forte expansion
Avanne-Aveney, à la sortie Ouest de Besançon. “On aurait préféré que le développement soit plus progressif, pour avoir le temps
d’intégrer les gens et d’éponger les frais financiers induits”, reconnaît le maire Jean-Pierre Taillard. La fin de la révision du Plan
d’occupation des sols en 2002 a provoqué un appel d’air. “Les
promoteurs se sont lâchés. 90 permis de construire ont été déposés en deux ans.” La période d’euphorie touche à sa fin. “Il faut
maintenant assumer cet afflux de population au niveau des institutions publiques, de l’école.” Le problème, ajoute le maire,
“c’est que la commune n’a pas de terrain. Elle ne maîtrise pas
l’urbanisme dans le temps, elle peut juste essayer de corriger.”
À Thise aussi l’expansion a été forte ces dernières années. Un
lotissement communal de 120 parcelles vient de voir le jour. “Il
n’y aura plus aucun projet avant la fin de mandat. On va faire
une pause pour digérer cela. Grâce à l’afflux de population, l’école a gagné deux classes. La priorité, c’est rénover la voirie.”
Les communes en pleine expansion
Pour l’instant, Marchaux est en pleine révision de son P.L.U.
La municipalité veut poursuivre son développement. “Nous
nous sommes fixés comme objectif 1 500 habitants de plus.
Mais on le fera de façon maîtrisée. On ne sortira pas toutes
les parcelles en même temps, il y aura du court, du moyen et
du long terme”, explique le maire, Brigitte Vionnet.
“Un afflux ne nous gêne pas. Les moyens ont déjà été mis en
place, l’école est neuve”, affirme-t-on à Quingey. La commune
a anticipé. Entre 2005 et 2007, près de 70 parcelles devraient
être mises en vente. “L’expansion ne va pas pouvoir se faire
indéfiniment, ensuite, il y a des zones inondables. 200 à 300
personnes, c’est acceptable.”
LE DOSSIER 15
G RAND BESANÇON
Disponibilités foncières
Les terrains disponibles autour de Besançon
1 Torpes . Lotissement communal de 6 Auxon-Dessous. Deux Lotissements
25 à 30 parcelles en 2006
privés de 11 (en 2005) et 40 parcelles
environ (en 2006)
2 Auxon-dessus. Deux parcelles
7 Saint-Vit.
3 Boussières. Une vingtaine de parDix parcelles de 700 à 970 m2
celles non attribuées
Deux parcelles de 1960
8 Montboucon.
4 Dannemarie-sur-crête. Lotissement
m2 environ
privé de 15 parcelles
9 Tallenay. Lotissement privé de 9 par5 Osselle. Lotissement communal de
celles.
10 parcelles réparties sur 3 ha, qui
seront attribuées en trois tranches, 10 La Chevillotte. Lotissement privé de
sur six ans à partir de 2006
4 à 6 parcelles en 2006
11 Montfaucon. Lotissement d’une quin- 17 Bonnay. Deux lotissements de 15 et 23 Serre-les-Sapins. Deux lotissements
zaine de parcelles en 2006
13 parcelles
privés de 10 et 15 parcelles
12 Busy. Lotissement privé de 10 par- 18 La Vèze. 15 parcelles de 8 à 10 ares 24 Quingey. Lotissement communal
celles de 800 m2 en moyenne
commercialisé en deux tranches d’une
19 Vorges-les-Pins. Cinq parcelles
trentaine de parcelles, dès fin 2005
13 Larnod. 1 parcelle de 800 m2
Six
maisons
mitoyennes
non
Avanne.
20
25 Châtillon-le-Duc. Cinq parcelles de
attribuées
Morre.
Deux
lotissements
privés
de
7 à 15 ares
14
4 et 8 parcelles non attribuées
21 Myon. Cinq parcelles de 11 à 16 ares
26 Montrond-le-Château. Lotissement
Pelousey.
Lotissement
privé
d’une
Mamirolle.
Deux
parcelles
commude 35 parcelles qui seront attribuées
22
15
dizaine de parcelles courant 2006
nales et un lotissement privé de 24
au rythme de une à trois par an, à parparcelles
tir de fin 2005.
16 Nancray. Cinq parcelles de 8 à 10 ares
17
2
6
25
15
16
23
8
14
4
18
22
20
7
13
1
12
3
26
5
24
21
19
16
LE DOSSIER
SUR LE VIF
42 euros le m2
Deux mois de recherche
et un terrain
Nadine pensait pouvoir convaincre un
particulier de lui vendre une parcelle
de terrain en Haute-Saône. Finalement,
elle habitera en lotissement.
près deux mois de voulaient garer le terrain
pour leurs enfants. D’autres
prospection,
Nadine vient de étaient des agriculteurs qui
trouver un terrain ne souhaitaient pas dilaà bâtir, en Haute-Saône, pider ce patrimoine. En
dans un lotissement proche Haute-Saône, les gens ne
de Vesoul. Elle s’est rési- veulent pas vendre ou alors
difficilement. C’est
gnée à faire le tour
dans les mentalités.”
des propriétaires de
terrains
privés “11 ares Alors les particuliers
dans un
constructible, suspour 42 investissent
terrain situé en lotisceptibles de lâcher
une parcelle. “J’ai
euros sement, plus conventionnel. Néanmoins,
fait le tour de
quelques mairies de
le m2.” si en périphérie de
Besançon on comvillages qui m’ont
mence à parler d’opcommuniqué le nom
de gens soi-disant vendeurs, timisation du foncier, le dismais à chaque fois la dis- cours est un peu différent
cussion s’est soldée par un en Haute-Saône où selon
l’agence départementale
“je ne suis pas vendeur.”
Pas facile de convaincre un sur le logement, les parHaut-saônois attaché à sa celles proposées à la vente
terre. Ici, on ne cède pas atteignent encore les “11
tout au rouleau compres- ares pour 42 euros le m2.”
seur de l’immobilier, du Il y a trois ans, le tarif était
moins pas encore. “Des de 22 euros. Un autre monfamilles m’ont dit qu’elles de… !
A
TÉMOIGNAGE
Un budget de 130 000 euros
Chercher plus loin
et payer moins cher
C’est à 35 km de Besançon, en Haute-Saône,
que Samuel et Camille, un jeune couple de
Bisontins a pu investir dans une maison individuelle qui correspondait à son budget.
uitter un petit F3 et 120 m2 habitables” raconte
pour devenir pro- Camille. Un luxe, alors que dans
priétaire d’une mai- le secteur, une parcelle de lotisson individuelle… le sement ne dépasse pas les 7
pied ! C’était en tout cas le pro- ares. Le couple a dès le début
jet de Samuel et Camille qui se renoncé à l’idée de construire
sentaient trop à l’étroit dans pour se mettre en quête d’une
leur appartement de 60 m2 au maison existante à rénover parcentre-ville de Besançon. Le tiellement.
jeune couple locataire aspirait Pendant 5 mois, ils ont épluà vivre à la campagne. Mais ché les petites annonces. “Nous
avions sélectionné des
quand on a 130 000
biens à visiter dans
euros en poche en
“Les
un rayon de 20 km
tout et pour tout,
réaliser son rêve de
kilomètres autour de Besançon
à Saône, Bouclans,
verdure et d’accesne nous
Saint-Vit. On s’est
sion à la propriété
compte rapirelève de la gageueffraient pas.” rendu
dement que tout était
re.
hors de prix, ou alors
Ces trentenaires se
sont rapidement rendus comp- on nous proposait des maisons
te que leur budget était insuf- de “Schtroumpfs”. Nous sommes
fisant pour prétendre investir tombés sur des plans galères.”
dans la proche périphérie de la Pour espérer trouver le logecapitale régionale où les prix ment qui réponde à leurs
étaient bien supérieurs à leurs attentes, Samuel et Camille,
moyens, à moins de revoir leurs tous deux employés à Besanambitions à la baisse. “Nous çon, ont dû prospecter plus loin
cherchions 15 ares de terrain, encore pour finalement trou-
Q
Ils ont épluché pendant plusieurs mois les petites annonces.
ver une maison en Haute-Saône, juste à côté de Pesmes, mais
à 35 km de leur lieu de travail.
“C’est une maison de 150 m2
habitables avec 20 ares de terrains, le tout pour 98 000 euros,
frais de notaires compris. Comparé à tous les avantages que
l’on a, les kilomètres ne nous
effraient pas.”
Le couple estime avoir réalisé
des économies sur le montant
de l’investissement. Ensuite, la
taxe foncière et la taxe d’habitation sont moins élevées qu’à
Besançon. “On paye ici environ
60 euros par mois pour les deux
taxes réunies soit l’équivalent
de la taxe d’habitation dont on
s’acquittait pour occuper notre
F3” précise Camille. À l’argument du budget voiture plus
important dans ce ménage
depuis qu’il vit à l’extérieur de
Besançon, elle répond que “les
frais engendrés par les déplacements sont déductibles des
impôts.”
Depuis qu’ils sont propriétaires,
Samuel et Camille se sont lancés dans quelques opérations
de rénovation, convaincus
aujourd’hui d’avoir fait le bon
choix. !
T.C.
Publi-info
Le constructeur franc-comtois BATILOR
récompensé au niveau national
“Quand construire rime avec plaisir...”
R
ésolument axé sur la qualité, la société BATILOR, leader de la construction de maisons
individuelles en Franche-Comté, a encore permis à plus de 170 familles en 2004, de réaliser
le rêve de chacun “faire construire sa maison”.
“Plus qu’un toit pour s’abriter, c’est un espace de vie que l’on va se créer, qui verra grandir
nos enfants, qui verra se dérouler les bons moments entre amis ou en famille, un lieu où l’on
se réfugiera dans les moments de tristesse, enfin un lieu chaleureux et confortable où chacun
souhaite couler de vieux jours”, précise David BAUDIQUEY, président directeur général de
la société BATILOR.
Médaille d’or du concours Vivrelec 2004 dans
la région Grand Est (19 départements) pour
une maison de moins de 110 000 euros aux
performances élevées en matière d’isolation
thermique, le constructeur a défendu ses couleurs à Paris le 21 janvier 2005 dans le cadre du
grand palmarès national, et s’est à nouveau vu décerner une place sur le podium par un jury
composé de professionnels de la construction, sur des critères précis (architecture, système
mis en œuvre pour l’isolation, équipements, rapport qualité/prix, innovations technologiques,
réponses aux problèmes posés par le client ou encore originalité du dossier).
“Nous sommes fiers d’avoir pu faire apprécier à un jury parisien la qualité de l’habitat en
Franche-Comté. Le trophée obtenu étant pour moi la récompense des efforts de nos artisans
qui chaque jour travaillent sur nos chantiers”, et David BAUDIQUEY de poursuivre sur
la solidité financière de BATILOR qui depuis 27 ans fait rimer construire avec plaisir en
apportant toutes les garanties à ses clients (contrat avec prix, délai précis et descriptif
détaillé, toutes les assurances, y compris l’assurance dommage ouvrage).
Longue vie à cette société et aux artisans Franc-comtois
Contact BATILOR
Maison expo - 3, Rue des Bigarreaux
25720 Avanne - Tél.: 03 81 52 13 26
LE DOSSIER 17
TALLENAY
112 euros le m2
Une tranquillité qui se paie cher
Ce village de 406 habitants est un cas d’école dans la communauté d’agglomération. Il enregistre les prix du m2 les plus élevés.
allenay, petit village
tranquille situé à une
dizaine de kilomètres
de Besançon. Signes
particuliers : fief du peintre
Charles Belle, et le coût du
terrain à bâtir qui est plus
cher qu’en ville. Ici, la mise à
prix des parcelles atteint les
112 euros le m2 dans un lotissement privé de 9 parcelles.
Un record dans la communauté d’agglomération. Un
second lotissement privé de
19 emplacements est commercialisé à 100 euros le m2 !
T
CONSTRUCTION
Ajoutons à cela que conformément au plan d’occupation
des sols, “il est interdit de
construire sur des parcelles de
moins de 13 ares en lotissement” rappelle le maire JeanYves Pralon.
Sur le marché de l’immobilier,
Tallenay est la perle rare
recherchée par les acquéreurs.
Ils viennent chercher ici, “la
tranquillité et la qualité de vie.”
Contrairement à la plupart des
villages de la C.A.G.B., celuici n’a pas voulu céder aux
sirènes de l’immobilier. Sa popu-
lation est stable depuis 18 ans.
Elle se renouvelle. L’école est
maintenue. Le village poursuit
son bonhomme de chemin à
l’abri des turpitudes. Tallenay
est sans histoire. Il faut dire
que la population qui y vit est
plutôt d’un genre calme et
B.C.B.G. Ce sont des industriels, des médecins, des cadres
supérieurs, qui ont fait le choix
d’acheter à bon prix leur tranquillité.
Comme le terrain est rare, il
se paye cher, indépendamment
de la volonté des élus. “Quand
ces deux lotissements seront
commercialisés, il sera encore
possible de construire une trentaine de maisons à Tallenay et
c’est tout.” Seule une révision
du P.O.S. permettrait de changer la donne. Mais ça n’est pas
au programme. En tout cas,
pas tant que Jean-Yves Pralon sera aux affaires communales. Lui et son équipe sont
de fervents défenseurs de l’environnement. Sur ce point, élus
et habitants ne sont pas prêts
à faire des concessions.
Tallenay est presque un cas
d’école, attachant. Le village
est flanqué d’une belle réputation qui justifie la hausse
des prix. Il y a trois ans, une
maison modeste qui se vendait 120 000 euros se négocie
désormais 240 000 euros. À
qui le tour ? !
T.C.
L’exemple de Rioz
Les acquéreurs lorgnent
sur la Haute-Saône
À Rioz, l’immobilier fait son festival. En 5 ans, les prix ont
pratiquement doublé dans cette commune, et les promoteurs font les yeux doux à la municipalité.
l y a encore 5 ans, ce lent sous les demandes. C’est
n’était pas imagi- le cas de Rioz (20 km de Besannable” admet Mar- çon). La population de ce viltine Coursimault, lage situé à proximité de la
attachée de clientèle à la R.N. 57 a crû de 20% entre les
S.A.F.C. Aujourd’hui, c’est mon- deux recensements pour
naie courante, les promoteurs atteindre les 1 508 âmes. En
prospectent sur la Haute-Saô- 2004, 40 permis de construine pour dénicher des terrains re ont été déposés à la munià lotir avant de les commer- cipalité dont la moitié sont
cialiser. “On travaille désor- destinés à de la maison individuelle.
La
mais avec des
“La Haute-Saône mutation est telcommunes
le qu’à Rioz on a
comme
est une
presque du mal
Vesoul.” Le
à y croire. “Il y a
prix du m 2
opportunité de
6 ans à peine,
trop
élevé
dans la région
développement.” lorsqu’on sollicitait un promode Besançon
pousse les prétendants à l’ac- teur pour qu’il vienne investir
cession à la propriété à se tour- dans notre commune, il nous
ner vers le département voi- riait au nez. Au début, c’est la
sin. Les distances n’effrayent collectivité qui a dû engager
plus des particuliers prêts à des programmes de construcs’installer à une trentaine de tion sur les terrains commukilomètres de Besançon. Ils naux car les privés s’en désinconfie
la
sont certains de faire des éco- téressaient”
nomies sur leur projet de municipalité.
construction de maison indi- Cette fois-ci, les investisseurs
viduelle, qui commence par auraient plutôt tendance à faire les yeux doux à la mairie
l’achat du foncier.
Conséquence de ce phénomè- et aux propriétaires terriens.
ne, des communes de Haute- “Hors lotissement, ça devient
Saône jusque-là discrètes, crou- très difficile de trouver un
“I
endroit où construire.” Rioz
s’étend. Au fur et à mesure
que le village poursuit son
développement, il investit dans
des services publics qui lui
permettent de maintenir son
attractivité. Crèche, piscine,
camping, zone d’activité, et
tranquillité sont des atouts
qui séduisent les acquéreurs.
Les taxes foncières et d’habitation sont également moins
élevées qu’à Besançon. “Désormais, la Haute-Saône est une
opportunité de développement.
Des secteurs comme Marnay,
ou Rioz se commercialisent très
bien” annonce Martine Coursimault.
Le revers de la médaille est
que les prix augmentent à leur
tour dans ces secteurs jusquelà préservé l’inflation. “En 5
ans, ils ont presque triplé à
Rioz. Ils sont passés de 18 euros
le m2 loti à 50 euros. Les prix
des loyers augmentent à leur
tour” observe la municipalité.
Depuis 1996, 6 lotissements
communaux et 5 lotissements
privés (de 4 à 35 maisons) sont
sortis de terre dans cette commune. Un festival de maisons
individuelles ! !
T.C.
R EPÈRES
Évolution du nombre de maisons individuelles construites
2002
Doubs
Jura
Haute-Saône
Territoire-de-Belfort
1 786
987
882
374
5%
- 6%
3%
- 15%
1 872
924
912
318
2003
-4%
15%
15%
26%
2004
1 804
1060
1 045
402
Une maison qui se vendait 120 000 euros il y a trois ans à Tallenay
se négocie aujourd’hui 240 000 euros.
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TISSDÉCOR donne du style
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TISSDÉCOR
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des autres matériaux par l’effet
visuel qu’il produit. Fluide, lumi-
RETOUR SUR INFO - GRAND BESANÇON
18
L’actualité bouge, les dossiers
évoluent. La Presse Bisontine
revient sur les sujets abordés dans
ses précédents numéros, ceux qui
ont fait la une de
l’actualité du Grand Besançon.
Tous les mois, retrouvez
la rubrique “Retour sur info”.
Saint-Vit :
le prix des ordures
ménagères fait débat
ébut février, la communauté de communes du
Val Saint-Vitois a négocié
le prix d’incinération de ses
déchets avec le S.Y.B.E.R.T. à
76 euros (H.T.) la tonne. Les tractations entre le syndicat bisontin de gestion des déchets et la
C.C.V.S.V., font suite à l’obligation pour la collectivité saintvitoise de brûler ses ordures
qu’elle enfouissait jusque-là sur
le site de Corcelles-Ferrières. Le
procédé d’enfouissement était
moins onéreux, puisqu’il revenait à 62,79 euros la tonne. Un
chiffre contesté par le groupe
Nicollin qui exploite le site. Il précise que ce prix à la tonne des
déchets provenant de la collecte sélective ne reflète pas la réalité. “En effet, il y a lieu de prendre
en compte que, pour la com-
D
munauté de communes du Val
Saint-Vitois, le produit de la vente des journaux et magazines
réalisé par notre société lui revient
en totalité, ainsi qu’une partie
des aides versées par Éco Emballage” rappelle la direction de Corcelles-Ferrières.
Dès lors, le prix du tri à la tonne
reviendrait à 167 euros au lieu
de 62,18 euros, soit plus du
double que ce qui est annoncé
par la collectivité. Malgré tout,
par le jeu de rétrocession de
fonds par la société Nicollin à la
C.C.V.S.V., provenant en partie
de la vente des journaux, la collectivité peut bénéficier de tarifs
avantageux. Un sujet aujourd’hui
clos puisque la communauté de
communes du Val Saint-Vitois
traitera ses ordures ménagères
à Besançon. !
Vitabri quitte Saône
pour Besançon
a société Vitabri est un des principaux
spécialistes européens de la fabrication de stands et d’abris. Créée en
1997 et installée à Saône, l’entreprise dirigée par Alain Stehly poursuit sa croissance internationale. Elle a récemment ouvert
de nouveaux bureaux à Bordeaux et à
Madrid. “Nous avons également racheté un
concurrent en Europe de l’Est” précise le
dirigeant. Depuis le début de l’année, 8
nouveaux salariés sont venus renforcer un
effectif porté désormais à 35 collaborateurs. Cette croissance exceptionnelle + 50 % en 2004 - a son revers : Vitabri est
désormais très à l’étroit dans ses locaux
de la zone industrielle de Saône. “Cela
devient impossible de travailler dans de
bonnes conditions. Nous sommes contraints
de partir.” Vitabri s’apprête donc à investir
dans de nouveaux locaux, à Besançon, sur
la zone Lafayette. “Ce déménagement nous
permettra de développer de nouveaux produits, des structures plus importantes en
L
dimension, du 5 X 5 m, confie Alain Stehly. D’ici trois ans, nous devrions être une
cinquantaine de salariés.” Pour construire ses nouveaux locaux sur une surface
de 2 500 m2, la société Vitabri consent
un investissement d’1,5 million d’euros
hors taxes. Situé en zone franche, le futur
bâtiment devrait être opérationnel “en
octobre ou novembre. Les travaux doivent démarrer en avril.” Qui dit zone
franche dit aides à la clé. Seulement, à
ce jour, Alain Stehly n’est toujours pas
fixé sur les aides auxquelles il aura droit.
“Nous avons accepté cet emplacement
parce qu’il est classé en zone franche
urbaine. Sinon, une telle dépense aurait
été impossible. Nous prenons beaucoup de risques à faire un tel investissement. Nous sommes toujours dans
l’attente de réponses concernant les
aides auxquelles on a droit. Personne
n’est en mesure de nous répondre”
s’étonne le dirigeant. !
T.G.V. : comment sera
financée la ligne ?
a question des accès à la future gare
d’Auxon a été largement abordée dans
notre précédente édition. L’autre incertitude liée à la réalisation de la ligne
à grande vitesse est celle de son financement. À l’heure où les travaux s’apprêtent
à débuter - à partir d’avril commencera la
phase d’acquisitions foncières -, le bouclage financier de cette branche Est est loin
d’être réalisé. Les sommes en jeu donnent
le vertige. Le coût de réalisation de la branche
Est du T.G.V. Rhin-Rhône, entre Petit-Croix
(Territoire-de-Belfort) et Villers-les-Pots (Côte
d’Or) est évalué à… 2,053 milliards d’euros.
À ce jour, seuls quelques financeurs se sont
précisément avancés sur leur participation.
Le principe qui avait été retenu dès la fin
2003 était le suivant : 1/3 de ce coût serait
assumé par les trois Conseils régionaux
concernés (Alsace, Franche-Comté et Bourgogne), 1/3 par l’État et le dernier 1/3 par
R.F.F. (Réseau Ferré de France) et les autres
partenaires (S.N.C.F., Suisse, etc.).
R.F.F. vient de s’engager, lors de son conseil
d’administration du 10 mars dernier, à débourser une première somme de 302 millions
d’euros. On est encore loin du tiers prévu.
L’autre partenaire engagé officiellement est
L
la Confédération Helvétique : nos voisins
suisses se sont engagés à verser au projet
100 millions de francs suisses, soit 64,5 millions d’euros. L’Union Européenne s’est aussi positionnée en affirmant “financer la ligne
à hauteur de 10 %.” Les 3 Régions maintiennent leur intention de départ mais attendent, comme tous les autres partenaires,
que l’État français se positionne. “L’État n’a
toujours pas fixé sa participation. Nous
attendons sa réponse, d’ici quelques
semaines, pour voir ce qu’il manquera”
commente le porte-parole de R.F.F., en ajoutant : “Selon la position de l’État, les régions
s’attendent à devoir payer un peu plus.”
Les sommes annoncées par Réseau Ferré de France pourront servir à financer la
première phase concrète de réalisation de
la ligne, à savoir les acquisitions foncières
qui débutent en avril. R.F.F. a refusé de
communiquer l’enveloppe réservée à ces
achats de terrains. “Ce sera au prix fixé
par les Domaines, un prix qui variera selon
les négociations que nous engageons au
cas par cas avec tous les propriétaires.”
Dernière incertitude, plus locale : on ne
sait toujours pas qui financera les accès
routiers à la gare T.G.V. d’Auxon. !
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Clio Authentique DCI 65cv - 11/2003 - 9600€
Clio Confort Authentique 1,4 16v - 08/2004 - 11300€
Clio Privilège 1,4 16v - 08/2002 - 9200€
Clio Expression 3 portes DCI 65cv - 05/2003 - 10200€
Clio Expression 1,2 16v - 10/2003 - 9500€
Clio Sport 2,0 16v - 11/2003 - 16500€
Clio Initiales GPS DCI 80cv - 03/2003 - 14500€
Clio Expression DCI 65 cv - 03/2002 - 8500€
Clio Authentique DCI 65cv - 02/2004 - 9600€
Modus Expression Pack Clim DCI 65cv - 09/2004 - 14000€
Modus Confort Pack Clim DCI 80cv - 09/2004 - 14800€
Mégane Expression BVA 1,6 16v - 08/2001 - 9900€
Mégane Expression 16 1,6v - 04/2002 - 10900€
Mégane II Confort Expression DCI 80cv - 09/2003 - 15500€
Mégane II Confort Expression 1,6 16v - 09/2003 - 14500€
Mégane II RS 2,0 - 04/2004 - 24000€
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Mégane Estate Confort Authentique DCI 80cv - 03/2004 - 16800€
Mégane II Luxe Privilège DCI 120cv - 04/2004 - 17900€
Mégane II Confort Expression DCI 80cv - 06/2003 - 16500€
Mégane II Confort Expression 2,0 16V - 04/2003 - 14900€
Mégane II Sport Privilège DCI 120 - 12/2002 - 16900€
Mégane II Pack Expression 1,4 16v - 082003 - 13000€
Mégane II Sport Dynamique DCI 120 - 02/2004 - 17900€
Scénic Air 1,4 16v - 04/2003 - 12900€
Scénic Privilège DCI 105cv -07/2001 - 14500€
Scénic Air DCI 105cv - 03/2002 - 12900€
Grand Scénic Confort Expression DCI 120 - 04/2004 - 19900€
Scénic II Confort Expression DCI 120 - 1/2003 - 19900€
Scénic Pack Authentique DCI 80cv - 06/2004 - 17000€
Scénic Sport Dynamique 2,0 16v - 12/2003 - 17900€
Scénic Sport Dynamique 1,616v - 12/2003 - 18500€
Scénic Luxe Privilège DCI 120cv - 04/2004 - 22300€
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Laguna II Privilège DCI 120cv - 11/2001 - 17600€
Laguna Dynamique DCI 120cv -08/ 2002 - 16600€
Laguna II Expression DCI 120cv- 02/2002 - 15000€
Laguna Estate Expression DCI 120cv - 07/2002 - 17500€
Velsatis Privilège 2,0 - 05/2002 - 17500€
Velsatis Privilège DCI 150cv - 05/2002 - 24500€
Advantime Privilège 3,0 V6 24v -08/ 2003 - 25500€
Espace III The Race DCI 130cv - 02/2001 - 18000€
Espace IV Authentique 1,9 DCI - 03/2004 - 25200€
Espace IV Expression DCI 150cv - 10/2004 - 28900€
Espace Long Privilège DCI 150cv - 01/2003 - 23900€
Kangoo Privilège DCI 65cv - 03/2004 - 13800€
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LE GRAND BESANÇON
DÉCHETS
21
Débat autour du projet de nouveau four
Les anti-incinérateurs prônent
le tri comme alternative
Alors que le projet de construction d’un four n°5 à l’incinérateur de Besançon sera arrêté en 2006, les associations opposées à l’incinération montent au créneau.
Pour elles, une alternative existe : le tri.
n ne va pas s’arrêter en si bon pour dire qu’on ne veut pas d’usine d’inchemin”, affirme-t-on à cinération, tout de suite. On sait qu’il en
Franche-Comté-Nature-Envi- faut, mais nous voulons juste que l’on
ronnement (F.C.N.E.). Le 16 mars, les réfléchisse à d’autres solutions pour l’aveassociations opposées à l’incinération, nir”, corrige Michel Cottet, président de
constituées en réseau depuis l’autom- Doubs-Nature-Environnement.
ne, organisaient leur premier grand mee- Plutôt que de construire un nouveau
ting. Parmi elles, F.C.N.E., Attac, ou four, l’alternative pour les anti-incinél’U.F.C.-Que choisir. D’autres actions rateurs, c’est le tri “le plus poussé posdevraient suivre pour délivrer leur mes- sible.” Récupération des métaux sur les
sage : il y a une alternative crédible à appareils électriques, valorisation des
déchets organiques - restes
l’incinération.
Car cette année est une année L’alternative, de repas et épluchures - qui
représentent 30% des déchets
charnière pour les anti-incile tri “le
ménagers. “On peut les valonération. Le four n°3 de l’inriser par le compostage. Ou
cinérateur de Besançon,
plus
poussé
par la méthanisation, une
construit en 1976, devra être
mis hors service en 2009. La
possible.” opération similaire au compostage, mais dans un milieu
décision de construction d’un
nouveau four, n°5, ne sera définitive- d’oxygène, qui permet d’obtenir du gaz
ment arrêtée qu’au début 2006, après méthane”, explique Gilles Sené, présiune longue période de réflexion. Un dent de la F.C.N.E.
temps que les associations entendent Du côté du S.Y.B.E.R.T., le syndicat charbien mettre à leur profit, pour propager gé de la gestion de l’incinérateur, on
reconnaît qu’il y a encore “des progrès
leurs idées.
“Attention, nous ne sommes pas des fon- à faire sur la question de la valorisation
damentalistes. Nous ne sommes pas là des déchets organiques. On y travaille.”
En bref
" Handicap
L’U.F.C.V. vient d’éditer son catalogue “vacances adaptées” printemps-été 2005. Il s’adresse à
des enfants et des adolescents
déficients mentaux. Plus de 60
formules de vacances sont proposées pour Pâques et l’été.
Renseignements à l’U.F.C.V. au
03 81 47 48 10.
" Livre
Le Centre Régional du Livre
organise l’opération “Librairies en fête” du 24 mars au
3 mai. Objectif : promouvoir
la librairie indépendante à travers notamment des rencontres-lectures avec des
auteurs. 7 librairies bisontines
sont partenaires. Renseignements au 03 81 82 04 40.
“O
" C.A.F.
Près de 50 000 tonnes de déchets ménagers sont incinérées chaque
année dans l’incinérateur de Besançon.
Selon le syndicat, la moitié des déchets
ménagers sont incinérés, 20 % recyclés
et 10 % compostés. Mais pour le directeur du S.Y.B.E.R.T, Philippe Gonnier,
si “la question soulevée par les associations écologistes est bonne, la réponse
n’est pas adaptée. Ce n’est pas parce qu’on
fait plus de valorisation organique, que
l’on peut se passer de l’incinération. Il y
aura toujours des résidus.”
À terme, soutiennent pourtant les associations, tri et incinération sont incompatibles. “Lors de l’incinération, pour
réussir à brûler pleinement, il faut du
combustible, c’est-à-dire du plastique,
du carton, tout ce qui pourrait être facilement valorisé. On ne pourra pas aller
plus loin dans le tri si on continue à privilégier l’incinération”, reprend Gilles
Sené. Un argument que récuse Philippe Gonnier. “On arrive à incinérer sans
problème, même s’il y a moins d’éléments
calorifères.”“Nous ne demandons pas la
lune, conclut Gilles Sené, mais c’est une
question de société.” !
S.D.
La Caisse d’allocations familiales de Besançon vient d’envoyer à ses 60 000 allocataires
un formulaire de déclaration
de ressources à compléter et
à renvoyer. Ayez le réflexe
internet. Vous pourrez saisir
votre déclaration en ligne sur
le www.caf.fr du 1er mars 2005
au 30 septembre 2005. Vous
pourrez y accéder avec vos
numéro d’allocataire et code
confidentiel. En 2004, 1 800
allocataires ont utilisé Internet, soit une progression de
330 %.
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LE GRAND BESANÇON
22
SAINT-VIT
En bref
520 places
Le complexe sportif sera inauguré en mai
Le gymnase de Saint-Vit est terminé. La mairie a engagé 3 millions d’euros pour la réalisation de cet ensemble
comprenant une salle de sports collectifs, des gradins,
des salles dévolues aux associations et aux arts martiaux.
l aurait dû être totalement opéra- quelques démonstrations en handball,
tionnel cet hiver. Les travaux de volley et basket notamment. Artistes,
construction de nouveau complexe musiciens et saltimbanques se chargesportif de Saint-Vit étaient terminés fin ront de l’animation.
décembre 2004. Mais c’était sans comp- Le nouveau complexe sportif de Saintter les malfaçons constatées sur le dal- Vit se compose de plusieurs parties. Une
lage du gymnase. “C’était un véritable grande salle d’arts martiaux (déjà opéchamp de bosses. Il a fallu appliquer des rationnelle) et son annexe, un vestiaire
résines de sol sur toute la surface pour de football réservé à l’équipe de D.H., et
aplanir l’ensemble. Il y avait des écarts un bureau dans l’une des extrémités. Au
de niveau allant de 4 à 35 mm” consta- centre, le complexe sportif proprement
tent les services municipaux. Ces couacs dit avec 4 grands vestiaires, un vestiaire réservé aux arbitres, un
ont donc retardé de plusieurs
semaines la livraison du bâti- Convier des bureau réservé aux associations et une grande salle de
ment à la mairie de Saint-Vit,
maître d’ouvrage de ce projet
équipes de convivialité séparée du terrain de sport par une baie
mobilisant un investissement
haut niveau. vitrée. “Cette salle ne servira
de 3 millions d’euros.
pas qu’aux sportifs, elle pourCourant avril, les finitions intérieures et les abords seront réalisés. ra être mise à la disposition de toutes les
L’inauguration pourra alors avoir lieu. associations locales qui souhaitent y orga“Nous organiserons une belle fête ouver- niser leurs réunions ou assemblées généte à toute la population pendant tout un rales par exemple. Nous avons souhaité
week-end du mois de mai. La date défi- que tout le monde se retrouve dans ce pronitive n’est pas encore calée. Nous vou- jet, et pas seulement les sportifs.” Enfin,
lons en faire un événement qui rassemble un grand hall d’entrée donne accès au
non seulement tout le monde du sport terrain, surmonté de gradins pouvant
saint-vitois mais également l’ensemble de accueillir 520 spectateurs. La première
la population” confie Pascal Routhier, le rencontre sportive n’a pu avoir lieu que
maire de Saint-Vit, qui souhaite garder le 13 mars dernier, avec les filles du
une part de surprise autour de ces évé- hand. !
nements festifs. La mairie a prévu de
convier des équipes de haut niveau pour
J.-F.H.
I
Le complexe sportif de Saint-Vit portera certainement le nom
d’un saint-vitois méritant. Le choix est en cours.
"VOTRE N
OU
P U B L I - R E P O R T A G E
Des économies d’énergie avec les
Maisons Patrick Barbier
Le constructeur bisontin Patrick Barbier est à la pointe de la qualité offerte à ses clients. Il vient de décrocher un label qui certifie
la qualité de l’isolation au bénéfice d’économies d’énergie.
a société Patrick Barbier prend
une nouvelle longueur d’avance sur le marché de la construction de maisons individuelles. Elle
est la première entreprise en France à recevoir le label H.P.E. (haute
performance énergétique). C’est le
ministère du Logement qui détermine ce label décerné ensuite par
le bureau de contrôle Promotelec.
Cette distinction confirme la volonté du constructeur bisontin de poursuivre une démarche de qualité sans
concessions et conforter ainsi sa
crédibilité auprès de la clientèle. En
effet, ce label permet d’améliorer de
18% la performance énergétique
vis-à-vis de la réglementation actuelle. “Pour un client, ce label est une
garantie d’économie d’énergie” note
Patrick Barbier. À une époque où les
coûts liés à l’énergie nécessaire au
fonctionnement d’une maison ont
tendance à flamber, on comprend
vite l’intérêt de profiter de ce type
L
d’agrément.
En pratique, le constructeur bisontin en charge d’un projet renforce
l’isolation de l’habitation et veille à
supprimer par exemple les ponts
thermiques. Une maison bien isolée
permet d’éviter notamment les déperditions de chaleur qui obligent à
chauffer davantage. Ce label est un
nouveau gage de qualité proposé
par Patrick Barbier à ses clients qui
souhaitent augmenter le niveau d’isolation de leur habitation.
Après avoir été une des premières
sociétés françaises à décrocher la
marque N.F. Maisons Individuelles,
cette entreprise qui réalise 60 projets par an dans un périmètre de 40
km autour de Besançon et de Pontarlier confirme son professionnalisme. L’attention accordée à chaque
dossier offre à l’acquéreur la garantie d’une construction sans souci.
“Dans le cadre de la norme N.F.,
25% de nos nouvelles construc-
tions sont vérifiées tous les ans par
des bureaux de contrôle extérieurs
et notre société est soumise à un
audit régulier, ce qui nous permet
de montrer que nous respectons
toutes les normes que cette marque
N.F. nous impose.”
Patrick Barbier est à l’écoute de
ses clients pour répondre au mieux
à leurs attentes. Cette proximité,
c’est aussi la fidélité avec les professionnels locaux du bâtiment.
“Nous travaillons depuis une quinzaine d’années avec les mêmes
artisans, c’est aussi ce qui nous
permet d’assurer une qualité régulière à tous nos clients.” Cet
ensemble de particularités spécifiques au constructeur Patrick Barbier assoient sa réputation. Aujourd’hui, plus de la moitié des maisons
réalisées par cette société est due
à la publicité faite par des clients
satisfaits. Il n’y a pas plus belle
marque de confiance. !
" Voix
La Mission Voix Franche-Comté organise stages et ateliers
dans les nombreux domaines
de la voix sur toute la région
Franche-Comté. Prochains
stages : découverte du théâtre
et de l’expression scénique,
public 7-12 ans, le samedi
26 mars, public 13-18 ans, le
dimanche 27 mars. Tarif unique
25 euros. La voix, prolongement du corps, samedi 2 et
dimanche 3 avril. Travail sur
le corps, la respiration, le mouvement. Découvrir sa voix,
l’affirmer et élargir sa créativité. Pour tous renseignements : 03 81 83 18 69.
" Arbres
Jusqu’au 23 mars, les arbres
remarquables de FrancheComté s’exposent à la maison régionale de l’environnement. Cette exposition
itinérante est née du travail
d’Anne-Sophie Obellianne et
de Dominique Perrod, dans
le cadre de leur association
“Bois, Monts, Lacs”. Ils utilisent leur travail d’inventaire
et une riche iconographie sur
les arbres remarquables pour
présenter et découvrir la forêt
franc-comtoise. Pour tous renseignements : Franche-Comté Nature Environnement au
03 81 80 92 98.
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LE GRAND BESANÇON
SAINT-VIT
23
Une zone de chalandise de 25 000 habitants
Le “hard discount” cherche à investir Saint-Vit
Le paysage commercial de Saint-Vit poursuit sa mutation. Tandis que Super U
prépare son agrandissement, les enseignes de hard discount pressent pour
s’installer sur la zone commerciale. La mairie veut maîtriser ce développement.
ous assistons à une pression zone industrielle des Grands Vaurelativement forte des brenots. “Nous pourrions ainsi reconsenseignes de hard discount. truire des locaux neufs plus adaptés
En mairie, nous avons fréquemment à nos besoins. Laisser nos locaux actuels
des demandes de telles enseignes qui peut être une belle opportunité qui
souhaiteraient s’installer sur la com- nous permettra de répondre à nos
mune. Aldi, Lidl, ED… Ils essaient besoins en matière de place” poursuit
tous de venir sur Saint-Vit. Mais nous le dirigeant.
n’avons aucun terrain communal à Le déménagement de Conudep, insleur proposer” constate le maire de la tallé depuis 1990 à côté de Super U
sur la zone des Belles Ouvrières, corcommune.
Par hard discount, il faut entendre respondrait aussi à la stratégie de la
ces grandes surfaces alimentaires aux commune de réorganiser ses zones
d’activités. “L’idée est de pourproduits réputés à bas prix,
qui envahissent actuellement L’enseigne suivre l’extension de la zone
des Belles Ouvrières, située à
le marché français. Les
enseignes Lidl, Norma, Aldi Aldi pour- l’entrée de Saint-Vit à gauche
en venant de Besançon, jusED ou Netto en constituent
les fers de lance. Une pré- rait venir. qu’à la limite de la commune de Velesmes-Essarts,
sentation sommaire des produits, un personnel réduit, une mise explique le maire Pascal Routhier.
en rayon limitée au strict minimum Cette zone deviendrait à vocation comen sont les principales caractéris- merciale. De l’autre côté de la Nationale, l’idée est d’étendre la zone des
tiques.
À Saint-Vit, l’enseigne Aldi pourrait Grands Vaubrenots. Nous avons ouvert
faire son apparition dans les prochains 20 hectares nouveaux de l’autre côté
mois, dans les locaux actuellement de la ligne S.N.C.F., notamment pour
occupés par l’entreprise Conudep. Son permettre l’extension du centre de disgérant, Mustapha Agro reconnaît “être tribution Système U. C’est de ce côtéen contact avec des agents immobi- là, vers les bétons Lacoste, que pourliers, intermédiaires d’un hard dis- rait venir s’installer Conudep.” La
counter. Ils estiment que nous avons tendance est donc de renforcer le caracune bonne position géographique, ça tère industriel de la zone des Grands
les intéresse.” Les négociations sont Vaubrenots et la vocation commeren cours. Le responsable de Conudep ciale des Belles Ouvrières.
profiterait de cette opportunité pour Cette stratégie communale coïncide
déménager ses actuels locaux dans la aussi avec le projet actuel de
“N
Super U. “Nous investissons plus de
9 millions d’euros dans un site commercial de 6 000 m2. Nous sommes en
train de monter un grand projet” confie
Gilles Berthod, responsable de
Super U. Les travaux qui ont débuté
consistent à déplacer le Super U actuel,
tourner sa façade principale vers
Besançon, édifier une galerie commerciale et construire, à la place du
Super U actuel, un magasin M. Bricolage. Inutile par conséquent de préciser l’intérêt pour un hard discounter de venir s’installer à la place de
Conudep, située juste à l’entrée de
cette future zone dont l’attractivité
sera encore plus forte une fois les travaux de Super U terminés.
La zone de chalandise de Saint-Vit
couvrirait actuellement un bassin de
population estimé à plus de 25 000
habitants, des cantons de Boussières
et d’Audeux, jusqu’à Orchamps dans
le Jura. “Nous avons aussi de plus en
plus de gens de Besançon qui viennent faire leurs courses à Saint-Vit.
Plutôt que de perdre une demi-heure
dans des zones commerciales immenses,
ils poussent 10 minutes jusqu’à SaintVit” constate le maire.
Reste à savoir si tout le monde pourra tirer son épingle du jeu parmi les
surfaces alimentaires existantes si
un nouvel intervenant vient bouleverser la donne. !
J.-F.H.
Le projet
d’agrandissement
de Super U
a démarré. Le
futur Super U
sera largement
tourné en
direction
de Besançon.
L’enseigne Aldi
s’installerait dans les
locaux de Conudep,
une entreprise d’une
trentaine de salariés
spécialisée dans l’usinage
micromécanique.
La S.A.R.L.
Bordy pas
concernée
ne rumeur persistance
à Saint-Vit annonçait
l’installation prochaine
d’une enseigne de hard discount en lieu et place de l’entreprise Bordy, au centre du
village. Le principal intéressé assure ne pas avoir été
sollicité. “On m’annonce qu’un
Lidl s’apprête à remplacer
mon magasin. Je ne suis
même pas au courant” ironise M. Bordy, responsable du
magasin de primeurs. Il ajoute pourtant : “Si un discounter venait me voir, pourquoi
pas.” Le gérant de la surface
alimentaire reconnaît qu’il
“cherche à vendre, mais sans
être particulièrement pressé.
Il faut être ouvert à tout. Si
j’ai une bonne proposition,
pourquoi pas” termine-t-il. "
U
Le déménagement de
Conudep se ferait
sur la zone industrielle
des Grands Vaubrenots,
de l’autre côté de la
Nationale, non loin
des bétons Lacoste.
Il existe déjà un hard
discounter à Saint-Vit :
Netto, une enseigne
qui dépend du groupe
Intermarché.
Le hard discount
poursuit
sa progression
haque année en France, 300 nouveaux
magasins de hard discount s’installent.
Il est estimé aujourd’hui que 70 % des
Français fréquentent ces enseignes, notamment pour les produits ménagers. Ces magasins totalisent 13 % des achats de produits
frais, contre à peine 1 % il y a 10 ans. Pour tenter de répondre à cette concurrence, les grands
distributeurs créent leurs propres marques de
hard discount. C’est le cas par exemple d’Intermarché qui a lancé l’enseigne Netto ou de
Carrefour qui possède les magasins Leader Pri-
C
24
REPORTAGE
Récit Jean-François Hauser
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J
étoilé Michelin
a journée-type de Jean-François Maire suit invariablement le même parcours. Le
pick-up bleu quitte la maison familiale entre 7 h 30 et 7 h 45,
direction l’école Notre-Dame où le
chef dépose ses enfants. Cap sur la
zone de Trépillot. Premier cigare.
À 8 heures, au milieu d’une zone
encore engourdie par le froid, notre
homme gare sa voiture devant le plus
important grossiste en produits alimentaires de la région. Sur le parking, des dizaines de véhicules utilitaires chargent de la marchandise.
On y reconnaît des collègues. Salut
amical au chef du chalet Bel’Air de
Mouchard. L’Arboisien Jean-Paul
Jeunet, le seul “deux étoiles Michelin” de Franche-Comté est collé à son
portable. La journée est lancée.
Dans les immenses allées de cet hyper
L
Craint, respecté ou décrié, le guide Michelin
reste la Bible des gastronomes. Sa dernière
livrée distribue bons points et blâmes. Parmi les plus anciens étoilés du Doubs, le restaurant le Valentin à École-Valentin a conservé son précieux macaron. Le maître des lieux,
Jean-François Maire, nous ouvre les portes
de son établissement. 24 heures dans la vie
d’un chef né sous une bonne étoile.
L’histoire d’un
chef autodidacte
des professionnels de la restauration, Jean-François Maire fait son
marché. À la main, la copie du fax
qu’il a transmis la veille au soir pour
la commande du jour. Il tâte les poires.
Une moue approbatrice, il charge
une cagette dans son caddy démesuré. Deuxième arrêt au rayon des
salades. Troisième pause, on charge
un filet de 10 kg d’oignons. Le boucher a préparé la commande : aujourd’hui, Jean-François Maire emportera quelques kilos de magret de
canard, du filet de bœuf, des ris de
veau. Au rayon condiments, le chef
se fait plus exigeant. Il veut tel
vinaigre balsamique, pas un autre.
La cérémonie des bonjours aux collègues se poursuit au pas de charge.
8 h 30, première pause café dans le
magasin. On règle l’addition, on charge le pick up.
a famille Maire achète la
maison familiale à la fin
des années 60. En 1980,
Françoise, la mère de JeanFrançois, décide de créer un
restaurant. Le jeune Jean-François n’est pas du tout prédestiné à la cuisine. Il est alors
au lycée, en 1ère littéraire. À 18
ans, il découvre le monde de
la restauration par un passage de 6 mois en salle. Il enchaîne par une période de 6 mois
de stage en cuisine. Il apprendra le métier aux côtés d’un
chef pendant encore 4 ans,
avant de reprendre les rênes
du restaurant. Nous sommes
en 1985, il a tout juste 23 ans.
Deux ans plus tard, en 1987,
le Valentin décroche la récompense suprême : un premier
macaron au guide Michelin.
Sandrine rejoint le chef en
1990. Coup de semonce en
1996, le Valentin perd son étoile. Sandrine attend leur troisième enfant. Trop de travail.
“C’est la règle du jeu” constate alors le chef. Le Valentin
repart de plus belle. Deux ans
plus tard à peine, en 1998, le
Valentin récupère son précieux
sésame. Depuis cette date, le
restaurant a toujours conservé son étoile.
La course à la deuxième étoile ? Jean-François Maire ne
s’attarde pas sur le sujet.
“Pourquoi pas.” Avant d’ajouter : “Je ne pense qu’à me faire plaisir, tout en faisant plaisir à nos clients. Si ma cuisine
vaut un jour deux étoiles, tant
mieux. Mais les gens qui cherchent à tout prix une étoile de
plus sont malheureux et frustrés. Moi, je suis heureux, et
je ne suis pas frustré…”
L
8 heures. Jean-François Maire fait son marché
chez le plus grand grossiste de la région.
Retour à Valentin à 9 heures.
Petit instant de tranquillité
dans le petit salon à l’étage
du restaurant. Au milieu de
la pièce trône un superbe piano quart-de-queue, l’autre
passion de Jean-François Maire après les cigares. “Je
m’échappe plusieurs fois par
jour, à raison de 5 ou 10
minutes à chaque fois. J’ai
repris le piano il y a 2 ans, je
suis reparti de zéro.” Tenace
le chef. Sur le pupitre, la partition d’une sonate de Mozart.
Deuxième café de la journée,
deuxième cigare. Un coup
d’œil sur le Palm, répertoire
électronique dont il ne sépare jamais. Ne pas oublier le
rendez-vous de 10 h 30. “J’ai
une horloge dans le ventre,
mes journées sont très minutées” lâche le chef avant de
repasser sa veste.
Il retrouve Sandrine, son épouse. Le vendredi, c’est le jour
du marché aux fleurs. “Nous
y allons ensemble, c’est une
des rares occasions que l’on a
de discuter une demi-heure
dans une journée.”
Chargement des provisions de la journée.
9 h 30, le chef saute dans son
pick-up. Cap sur le centre-ville de Besançon, au marché aux
fleurs. Là, il laisse faire Sandrine. Les fleurs et le fromage, Jean-François Maire n’y
touche pas. Il laisse ce soin à
madame.
9 h 45, passage éclair au Mungo-Park, bise à Jocelyne LotzChoquart. “Il n’y a pas de
concurrence entre nous. Si on
pouvait être 10 étoilés sur
Besançon, ce serait génial.”
Direction le fleuriste, toujours
au pas de course. Sandrine
Maire fait son marché : tulipes,
amaryllis, jacinthes… On
relâche la pression quelques
minutes dans le bar voisin,
troisième café de la matinée.
On rallume le cigare, on récupère les fleurs, on se presse à
la voiture. Penser au rendezvous de 10 h 30. Il est 10 h 25.
Le rendez-vous de M. Maire
est déjà là. Un fournisseur de
matières premières pâtissières.
La discussion portera sur le
soutien que cette société est
censée apporter à l’association
“Étoiles et toques”, créée en
décembre dernier à l’initiative de Jean-François Maire (voir
encart ci-dessous). 20 minutes
plus tard, le chef revient le
sourire aux lèvres. Négociation réussie semble-t-il.
Sandrine
Maire
choisit les
fleurs de la
semaine au
marché de
Besançon.
REPORTAGE 25
Pendant ce temps-là, la brigade s’affaire déjà en cuisine. Le
Valentin, c’est 6 personnes en
cuisine, 4 en salle. “Nous
sommes de 10 à 15 en fonction
de la saison.” Un apprenti décortique le homard, tandis que le
chef-pâtissier Julien Clément
peaufine ses préparations.
Jacques Redon, le fidèle second
de Jean-François Maire, arrive. “On est comme un couple
lui et moi. Ça fait 15 ans que
Jacques travaille ici.”
L’association
“Étoiles
et toques”
Discussion avec son second, Jacques Redon,
avant le coup de feu de midi.
11 h 10, Jean-François Maire s’installe à son bureau.
Pratique, il jouxte les cuisines. Cigarette, coup d’œil
sur les e-mails, téléphone.
Son bureau est un peu son
antre. Deux chiens veillent
à l’entrée. À l’intérieur, c’est
un joyeux bric-à-brac où se
côtoient des tas de dossiers,
chemises et cartons. JeanFrançois Maire s’occupe de
tout ou presque : administratif, comptabilité, factures, etc. Un œil et une
oreille toujours orientés
vers la cuisine toute proche.
“C’est quoi ce bruit de batteur, la meringue italienne ?” hurle le chef depuis
son repaire. Quatrième
café, il dépouille le courrier du jour.
11 h 45, la brigade passe à
table. Le chef et son épouse mangent dans le bureau,
sur le pouce. Jean-François Maire trouve le moyen
de téléphoner à un fournisseur pendant le repas.
La tension monte lentement. Aujourd’hui, on
annonce une journée “relativement calme.” Une bon-
ne vingtaine de couverts à
midi tout de même.
“Deux foies gras, un saumon, menu à 51” annonce
Sandrine de retour de la
salle. Sandrine remplit la
lourde fonction de “maître
d’hôtel”. C’est le sourire de
la maison. “Préparez les
poêles à tiédir pour les
Saint-Jacques” ordonne le
restaurateur. La réponse
ne se fait pas attendre.
“Oui, chef !” Même depuis
son bureau, Jean-François
Maire orchestre la cérémonie.
Le chef de cuisine est aussi un chef d’entreprise.
Il passe plusieurs heures par jour dans son bureau.
12 h 20, le chef entre en scène. “La sauce des champignons,
c’est fait ?”, “Vous taillez les
poivrons en lamelles.” “Vas-y,
termine la meringue.” “À quelle température est la lotte ?”
“42 °C, chef.”
13 h 15, une table de 11 personnes à servir en même temps.
“Allez, on envoie les SaintJacques.” Un coup de cloche,
on appelle les serveurs. “Les
tournedos, c’est prêt ?” JeanFrançois Maire déploie alors
ses talents. Un chef, plus qu’un
Jean-François
Maire donne ses
directives.
La brigade est
aux ordres.
acteur, c’est avant tout un metteur en scène. 11 entrées, trois
plats principaux, les desserts
des premières tables, tout cela
doit être mis sur assiettes en
moins de 5 minutes. Coup de
feu en cuisine. Les apprentis
courent, le chef invective, le
personnel s’active. “On s’amuse, commente le patron. Ils
savent à quel moment il faut
donner un coup de collier.
Quand j’ordonne quelque chose, c’est justifié. Je ne gueule
pas pour gueuler.”
“Nous, professionnels du
département, cuisiniers restaurateurs, pâtissiers, chocolatiers, traiteurs, hôteliers ou
boulangers, nous avons décidé de nous associer sous la
bannière “Étoiles et toques du
Doubs”. Grands professionnels dans l’âme depuis des
années, nous désirons vous
faire partager notre passion
que nous exprimons au quotidien dans nos cuisines et nos
laboratoires. Nous voulons utiliser nos différences dans une
dynamique commune.” C’est
ainsi que la quinzaine de professionnels du département
engagés dans l’association se
sont réunis autour de JeanFrançois Maire, son instigateur.
“Étoiles et toques du Doubs”
est née fin décembre dernier
dans le but de “redorer le mot
gastronomie. Nous avons envie
de dire “les bons produits sont
chez nous.” Qu’on ne vend
pas du poulet ou du lapin de
Chine. Que notre bœuf est
français, qu’il est peut-être un
peu plus cher mais que la qualité est là. Nous sommes tous
sous la même bannière” commente Jean-François Maire.
L’association proposera, normalement dès le mois de mai,
une carte de fidélité aux clients
ainsi que d’autres offres :
chèques-cadeaux, menus
jeunes, etc. L’association présidée par Jean-François Maire compte bien remettre au
goût du jour les notions de
bien vivre et de qualité.
Le chef met la
dernière touche
à un menu,
sous l’œil
de l’apprenti.
13 h 30, rapide aller-retour
dans le bureau, coup d’œil
furtif sur la boîte à e-mails.
Retour en cuisine. Le chef
remue une casserole énergiquement, surveille le four,
commande les assiettes,
dresse la viande. Dans le
corridor, serveur et sommelier attendent les plats.
La mise en scène est minutée, pas un geste superflu.
14 h 30, les premières additions. C’est le chef lui-même
qui les imprime. Il s’apprête à aller saluer la
tablée. “Il n’y a pas de petits
clients. Que ce soient des
habitués ou des clients qui
ne viendront qu’une fois,
je les considère de la même
manière.”
À 16 heures, les derniers
clients règlent leur addition. Dans une demi-heure, c’est la sortie des classes.
Même parcours que le
matin, le chef va chercher
les trois enfants du couple.
Il s’accorde un temps de
repos entre 17 heures et
18 heures. “Une petite sieste. À 18 h 30, je recommence
à bouillir…” Même scénario le soir. Jean-François Maire finira son service “entre 0 h 30 et 1 h 30
du matin.” La nuit, il continue certainement à avoir
la tête dans les étoiles…
L’ÉCONOMIE
26
SAÔNE
Le tourisme pour développer le plateau de Saône
Yves-Michel Dahoui : “On aimerait être suivi par tous”
Conseiller général de Besançon-Sud, Yves-Michel Dahoui présente les grands
axes de développement du Plateau de Saône. Et en profite pour régler ses
comptes avec la communauté d’agglomération. Projet phare, l’implantation
du conservatoire de botanique régional sur le Plateau.
L
a Presse bisontine : Quelles
sont les grandes orientations pour le développement du Plateau de Saône ?
Yves-Michel Dahoui : On doit
s’appuyer sur deux choses.
Le développement économique d’une part, et le développement touristique de
l’autre, avec des atouts qu’on
ne peut pas nous contester.
Au niveau économique, nous
avons déjà un fort potentiel
avec les zones d’activité
implantées à Mamirolle et
à Saône. Le développement
doit s’appuyer sur ces zones
existantes, d’autant que
nous avons du foncier de
disponible Mais la condition
essentielle pour tout cela,
c’est l’achèvement de la voie
de contournement des Mercureaux.
Yves-Michel Dahoui est aussi adjoint à la ville de Besançon.
É NERGIE
L.P.B. : C’est indispensable ?
Y.-M.D. : C’est la priorité des
priorités. Comment voulezvous réussir à développer
une activité, si vous n’améliorez pas la desserte qui
relie la capitale régionale à
BESANÇON
sa plus proche banlieue ? souhaite que le conservaC’est pour cela que, nous les toire de botanique régional,
élus du Plateau, on se bat provisoirement installé à
sans cesse pour qu’elle soit Besançon, s’implante sur le
réalisée au plus tôt. Cela Plateau, pour créer un espafait presque 30 ans que ça ce qui intégrerait conserdure, ça me “gonfle” de plus vatoire et marais. Ce serait
en plus. C’est essentiel pour un véritable atout pour le
le Plateau, c’est certain, mais tourisme vert et on aimerait que la Région
c’est aussi un axe
de développement “Presque 30 et la communauté d’agglomération
pour toute la
ans que ça du Grand Besanrégion. On aimeçon se détermirait être suivi par
tous sur ce dossier. dure, ça me nent rapidement
qu’on amorce la
Que les collectivi“gonfle”. et
question
des
tés locales et l’Éfinancements.
tat comprennent
que c’est vraiment impor- Concernant les marais de
Saône, qui alimentent la
tant.
moitié des Bisontins en eau
L.P.B. : Que comptez-vous faire potable, on veut également
pour développer le tourisme ? que la C.A.G.B. en prenne
Y.-M.D. : C’est notre atout la compétence avant la fin
principal. Le Plateau de Saô- de 2005. Les communes
ne, zone verte aux portes de concernées ne peuvent plus
la ville, a tout le potentiel assumer seules les frais et
pour devenir un lieu de tou- les ambitions de déveloprisme de proximité pour les pement. Si la C.A.G.B. veut
Bisontins : de grandes forêts, donner l’impression qu’elle
des sentiers de randonnées, est efficace, c’est l’occasion
les marais de Saône… On de le montrer. Enfin, der-
nier dossier : les pistes
cyclables. J’aimerais que
l’on réfléchisse sur la mise
en place de pistes sécurisées autour du collège de
Saône, pour permettre aux
ados de venir en vélo en classe. Mais là aussi, on attend
toujours.
L.P.B. : On vous sent remonté
contre la communauté d’agglomération du Grand Besançon.
Avez-vous le sentiment d’être un
peu oublié ?
Y.-M.D. : On ne peut pas dire
qu’on soit oublié. Mais cela
fait trois ans que l’on essaye
de développer nos atouts.
On attend maintenant que
les mesures qui sont nécessaires pour atteindre nos
ambitions soient prises en
compte. Des pistes cyclables,
le déménagement du conservatoire, ce sont des choses
simples. On voudrait que
tout le monde soit sur la
même longueur d’onde. !
Propos recueillis
par S.D.
Ouverture mi-avril
Gaz de France se débarrasse
La concession Citroën déménage
des fontes grises L’enseigne
automobile se déplace de quelques mètres pour s’installer dans ses
En Franche-Comté, il reste encore 12 km de réseau
de distribution de gaz en fonte grise. À Besançon, on recense 8,74 kilomètres de canalisation.
Gaz de France va les remplacer d’ici 2007.
n 2004, l’activité de Gaz de France a progressé. La société a
gagné 18 % de nouveaux clients par rapport à 2003. Ce qui
porte à 216 le nombre de communes connectées au réseau
dans la région, soit 154 238 clients. Au total, la société a investi 17 millions d’euros, dont 2,2 millions d’euros pour l’activité transport et
13,8 millions d’euros pour l’activité distribution. En 2005, Gaz de France devrait confirmer sa progression. Il est prévu d’étendre encore le
réseau de 50 à 60 km pour accueillir de nouveaux clients. Près de
12 000 personnes auront donc la possibilité de choisir comme énergie principale le gaz naturel.
En parallèle, une des missions annoncée par Éric Labroue, délégué
régional de Gaz de France, est d’engager “le programme de résorption des fontes grises qui datent des années 70. L’idée est de nettoyer l’ensemble du réseau d’ici 2007. Mais nous allons tout mettre
en œuvre pour terminer en 2006.” Il y avait en France 30 000 km de
fonte grise. Il en reste encore 2 000. Sur l’ensemble de la région, on
recense 12 km dont 8,74 à Besançon et 48 m à Pontarlier.
Ces anciens réseaux représentent un
danger potentiel. C’est pour cette rai“Tout mettre
son que les techniciens gaziers les
en œuvre pour
surveillent de façon plus régulière, justerminer en 2006.” qu’à leur remplacement définitif, de
façon à détecter d’éventuelles anomalies comme une fuite. Cependant, la plupart des dommages relevés sur le réseau sont liés à des événements extérieurs, par exemple
lorsqu’une entreprise de travaux publics intervient sur un chantier.
En 2004, 80 dommages ont été enregistrés en Franche-Comté. Un
chiffre en baisse comparé à 2002 et 2003. Pour Éric Labroue, “il faut
continuer à informer, sensibiliser et responsabiliser les entreprises
de T.P.” qui malencontreusement dégradent parfois le réseau dans
leurs opérations de travaux. !
E
nouveaux locaux. L’ancien site qu’elle occupait jusqu’à présent sera rasé puis
reconstruit avant d’être segmenté en surfaces commerciales.
a concession Citroën de la rue de Dole
à Besançon déménage. Mi-avril, elle
s’installera dans ses nouveaux locaux
construits, à la place de “Renault Véhicules Industriels”, juste à côté des bâtiments
qu’elle occupe encore pour quelques jours. Pour
Jacques Dubois qui a repris la concession en
novembre 2003, cet investissement s’imposait.
Le site actuel qui s’étale sur 7 500 m2 est vétuste. Il manque de fonctionnalité, et ne correspond plus à l’image d’une marque innovante.
“Il fallait moderniser tout
“Il fallait
ça” dit-il. Plutôt que d’engager une rénovation des
moderniser locaux dont elle était locataire, la direction a fait le
tout ça.”
choix de s’engager dans
un
programme
de
construction qui arrive à terme.
La nouvelle structure de 5 000 m2 est adaptée au fonctionnement et aux perspectives de
développement de la concession. “C’est beaucoup plus accueillant avec un hall où seront
présents tous les services : voitures neuves,
occasion, S.A.V., pièces détachées. Pour l’instant, l’activité est segmentée du fait de l’agencement des locaux” précise Jacques Dubois.
Dès la mi-avril, les anciens bâtiments seront
rasés par le promoteur qui s’est porté acquéreur des lieux. À terme, une autre structure
de 7 500 m2 doté d’un parking de 350 places
devrait sortir de terre. Ce futur complexe sera
segmenté en plusieurs cellules commerciales.
Le permis de construire est en cours de dépôt.
Une commission de C.D.E.C. viendra ensuite autoriser ou non l’installation des
enseignes. !
L
Jacques Dubois, responsable de la concession Citroën.
L’ÉCONOMIE
Q
ui dit nouveau chef,
dit nouvelle formule. Franck Barthod
et son équipe accueille désormais Pascal, le nouveau responsable des cuisines. Dès
aujourd’hui, retrouvez de
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L’abus d’alcool est dangereux
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PELOUSEY
5 millions de chiffre d’affaires dans la sérigraphie
Laurent Schneider :
“Nous devrons suivre
nos donneurs d’ordre”
Spécialisée dans l’impression de décors industriels sur des matières
plastiques et métalliques, Imprimgraph envisage aujourd’hui de délocaliser l’activité dans des pays à bas coût où s’installent ses clients.
a Presse Bisontine : Avec
Altec automotive et Altec
industrie, Imprimgraph est
une des trois filiales de la
holding Kerdaïno. Pouvez-vous revenir sur la naissance de ce groupe ?
Laurent Schneider : À Besançon
dans les années 50, il existait
deux entreprises concurrentes
qui étaient La Gravure française et Égécor. En 1996, ces
deux entreprises ont fusionné
pour créer Altec S.A. qui a déposé le bilan en juin 2002. J’étais
moi-même salarié de cette entreprise que j’ai quittée en 1998
pour reprendre la société
Imprimgraph de Franois. En
2003, le tribunal de commerce
a confié à Imprimgraph la gestion d’Altec alors en cession.
Dans l’opération, j’ai scindé
l’enseigne en deux parties pour
fonder Altec Industrie et Altec
Automotive. Ces trois entreprises ont été regroupées sous
la coupole de la holding Kerdaïno que j’ai fondée en 1998.
Toute l’activité est désormais
L
concentrée sur les 3 700 m2 du
site de Pelousey depuis janvier
2004. Les trois entreprises sont
certifiées I.S.O. et nous avons
signé la charte environnementale Imprim’vert.
L.P.B. : Vous êtes spécialisé dans l’impression de décoration sur des supports plastiques et métalliques. Sur
quel segment d’activité est positionnée chaque entreprise ?
L.S. : Les trois sociétés sont segmentées en fonction d’un savoirfaire spécifique et d’une cible
client propre à chacune. Altec
Automotive produit des
tableaux de bord de véhicules
(ex : impression des compteurs
de vitesse) et des tableaux de
commande. Elle travaille sur
des grandes séries de 3 000 à
4 000 pièces par jour.
À l’opposé, il y a Imprimgraph
qui réalise des petites séries à
partir de matière plastique ou
d’aluminium. Elle produit entre
100 et 250 pièces par jour en
moyenne. Mais en fonction de
la commande, on peut livrer
seulement une pièce. Imprimgraph s’appuie sur un portefeuille client très large et divers,
ce qui lui permet d’asseoir son
activité.
Il reste enfin Altec Indutries
qui collabore aussi avec l’industrie automobile. Mais elle
est surtout tournée vers la P.L.V.
(publicité sur le lieu de vente),
puisqu’on réalise des supports
de communication (impression
et mise en forme) pour les cigarettiers ou l’industrie de la cosmétique. En ce moment, on produit des vignettes pour les
boutons du poste de pilotage
des airbus.
L.P.B. : Combien de personnes
employez-vous dans les trois sociétés ?
L.S. : Quand j’ai repris l’entreprise Imprimgraph, nous étions
quatre. Nous sommes aujourd’hui 62 salariés, parmi lesquelles il faut compter les 41
personnes qui sont restées dans
la structure au moment de la
reprise d’Altec.
L.P.B. : Comment évolue votre métier
d’imprimeur ?
L.S. : Une des composantes de
notre activité est la recherche
permanente de nouveaux
clients. À l’origine, on travaillait
beaucoup avec l’électroménager, qui ne représente presque
plus rien à l’heure actuelle. Des
clients disparaissent, d’autres
arrivent sur le marché avec de
nouveaux produits. À nous de
savoir les convaincre pour
répondre à la demande. Car
tous les produits sont marqués,
et chaque machine a forcément
un tableau de commande.
Jean-Claude Fornage : “En termes de chiffre d’affaires avec
20 millions d’euros, nous sommes le leader mondial.”
L.P.B. : Le chiffre d’affaires du groupe est d’environ 5 millions d’euros
sur la période 2003-2004. Quelle est
la part de chaque entreprise dans ce
résultat ?
L.S. : Altec Automotive repré-
Le groupe Kerdaïno fédère trois sociétés.
Maroc sont porteurs d’un certain potentiel. Je cherche en ce
moment une clientèle en dehors
de nos frontières. À l’heure
actuelle, compte tenu de la forte augmentation des matières
L.P.B. : La part d’Altec Automotive premières en 2004, on s’apest assez faible, alors que vous pro- provisionne déjà en matière
première dans les pays à bas
duisez des grandes séries ?
L.S. : Nous dégageons moins de coût.
marge sur les produits liés à
l’automobile. Elles sont beau- L.P.B. : Et la Chine ?
coup plus importantes sur les L.S. : Non, car c’est un pays trop
petites productions d’Imprim- lointain. Dans notre métier, la
notion de proximité avec le
graph ou Altec Industries.
client est importante.
L.P.B. : Quelles orientations industrielles prenez-vous actuellement ? L.P.B. : Que signifierait la délocaliL.S. : Nous voulons utiliser nos sation pour le site de Pelousey ?
savoir-faire pour réaliser L.S. : La délocalisation se trad’autres produits. Un de nos duirait par des réductions de
projets est d’aller vers la pro- personnel, à moins que l’on parduction de claviers souples (pour vienne à développer l’export
les machines à café par qui représente pour l’instant
exemple). La seconde orienta- 5% de notre activité. Ce chiffre
tion est de suivre nos clients là est en légère progression. Le
où ils se déplacent dans les pays tout est de rester compétitif. Si
l’export a tendance à nous pénaétrangers.
liser, alors nous créerons une
unité à l’étranger
L.P.B. : Vous envisagez donc
pour se rapprocher
de délocaliser ?
“Nous
de nos donneurs
L.S. : Si notre clientèle
disparaît sur le marché pourrions d’ordre. Le danger
pour nous est que
français, il faudra aller
la chercher là où elle délocaliser notre client, dans son
processus de délocaest. La principale raison à cette intention en 2006.” lisation, trouve un
autre fournisseur
n’est pas de bénéficier
d’abord de coût de main d’œuvre dans son pays d’accueil capable
plus avantageux même si ce de produire les mêmes produits
serait le cas, mais de conser- que nous. C’est pour cela que
ver des marchés. Nous avons nous sommes contraints de l’acdes clients qui quittent la Fran- compagner dans ses projets
ce pour n’y garder qu’un bureau industriels.
commercial. Ils délocalisent
leurs chaînes de production L.P.B. : Quand pourriez-vous délodans des pays à bas coût. Nous caliser ?
devrons probablement en fai- L.S. : Pour l’instant, on mène
une réflexion sérieuse sur cetre de même.
te question pour une réalisaL.P.B. : Si vous deviez délocaliser tion en 2006. Notre orientation
pour suivre les donneurs d’ordre, dépendra des mouvements de
notre clientèle. Tant que nos
où iriez-vous ?
L.S. : En ce moment la tendan- donneurs d’ordre restent sur
ce est de se tourner vers les le territoire et que les délocapays de l’Est. Je crois aussi que lisations sont épisodiques, nous
les pays du Maghreb comme le sommes préservés.
sente 0,9 million d’euros, Altec
industrie 2,3 millions d’euros
et Imprimgraph 1,46 million
d’euros.
L.P.B. : Il arrive que le tissu industriel se sente parfois préservé de la
concurrence des pays à bas coût car
il prétend avoir toujours un temps
d’avance sur l’innovation et la qualité. Qu’en pensez-vous ?
L.S. : Je constate qu’il y a une
fuite de tous les produits de
main d’œuvre vers les pays de
l’Est en particulier qui évoluent
très vite. Ils disposent aujourd’hui de moyens de production
au moins aussi performants
qu’en France. Pour l’instant,
ce sont les manufacturiers qui
subissent de plein fouet cette
concurrence. Bientôt l’ingénierie sera à son tour aussi performante. J’ai le sentiment
qu’en France nous ne sommes
pas suffisamment ouverts vers
l’extérieur pour mesurer les
évolutions que vivent actuellement d’autres pays.
Nous sommes en pleine mutation. Dans le système économique dans lequel on vit, je ne
vois malheureusement pas une
évolution gagnante pour la
France.
L.P.B. : Auriez-vous imaginé en arriver là ?
L.S. : Il y a cinq ans, je crois que
je ne me serais pas posé la question de la délocalisation qui
s’impose désormais. Nous avons
un client qui emploie 291 personnes à Rouen et qui ferme
son site français pour s’implanter en Pologne. C’est une
réalité incontournable.
L.P.B. : Comment le personnel vit
cette situation ?
L.S. : Forcément, cette stratégie est difficile à faire comprendre. Je crois aussi qu’une
entreprise se fait avec des
hommes. Je regrette qu’on ait
autant de mal à faire reconnaître nos savoir-faire en France et que l’on soit contraint de
délocaliser. !
Propos recueillis
par T.C.
L’ÉCONOMIE
28
Ça bouge dans le
commerce bisontin…
Cuisines Rognon : un nouvel art de vivre
es Cuisines Rognon vous
accueillent dans un nouveau décor. Le magasin
situé zone de Valentin
a fait peau neuve après un mois
de travaux en janvier. Sur 350
m2 d’exposition, il vous invite
à venir découvrir un ensemble
de modèles de cuisines signées
Hacker. Ce fabricant allemand
est réputé pour la diversité de
D
ses créations qui évoluent du
moyen de gamme vers le haut
de gamme de façon à s’adapter à tous les budgets. “On
retrouve chez Hacker des finitions qu’on ne retrouve pas
ailleurs. Les meubles sont diversifiés et la qualité d’agencement
et de fonctionnalité est aussi un
des traits de caractère de ce
fabricant” explique Cyril Ste-
fani, gérant du magasin.
Ouvertes ou semi-ouvertes,
lignes épurées, formes et couleurs expressives, ces cuisines
entrent dans l’ère du design,
sans négliger les styles plus
classiques. C’est pour toutes
ces raisons que les Cuisines
Rognon ont choisi ce fournisseur pour les accompagner.
Cette enseigne reconnue à
Besançon et dans la région
annonce 40 ans d’expérience
dans ce métier. Cyril Stefani
et son équipe entendent pérenniser cette renommée. “Nous
avons une responsable technique qui a 25 ans d’expérience, une décoratrice, des ébénistes
poseurs, des agenceurs qui sont
tous intégrés à la société.” C’est
ainsi que cette enseigne garantit la qualité au client. À découvrir également dans le magasin un espace bain et
rangement. !
Renseignements :
03 81 47 44 00
Espace Valentin
Cyril Stefani et son équipe jouent la carte de la qualité.
Cherchez les idées déco aux
“Provinciales”
C’
’est au 19, rue
Ronchaux que
Florence
De
Rogier s’est installée. Elle a créé
“les Provinciales.” Un magasin chaleureux où se mêlent
les objets de décoration intérieure à des meubles plus cossus, classiques ou plus contemporains. Ici des meubles de
métier, là, une rampe de mezzanine en bois, un salon en
fer forgé, coussins, album photos, et des barbotines, tous les
objets présentés dans cet espace ont un trait de caractère
provincial. “J’aime beaucoup
les luminaires. Je propose également à la vente des lampes
et des lustres” indique Florence De Rogier.
Cette antiquaire de métier
cherche des objets insolites dans
des gammes de prix abordables.
“Je me déplace beaucoup pour
trouver des objets particuliers.
Mon but est de sélectionner le
meilleur rapport qualité-prix.
En général, ce sont des choses
qui s’harmonisent qu’on ne voit
pas ailleurs et qui s’harmonisent avec l’esprit du magasin”
dit-elle.
En ce moment, il y a un
engouement pour le meuble
peint et stylé. “Les Provinciales” vous invitent à venir
les découvrir. Certains
meubles présentés en magasin sont des rééditions qu’il
est possible de commander
(dans différentes tailles suivant les modèles).
Ce commerce est ouvert les
mercredis, jeudis vendredis
et samedis. Le reste de la
semaine Florence De Rogier
est en quête du bel objet qui
viendra ensuite agrémenter
ses vitrines. !
Renseignements :
03 81 82 36 87
Florence De Rogier est en quête du bel objet.
La concession Honda change de mains
“Les Arcades” donnent du
sans aller jusqu’à passer leur
permis, Pierre Berçot vous
invite à venir découvrir la
Varadero, le modèle phare de
la marque. Bien carénée, cette moto 125 cm3 a tout d’une
grande. “On vend aussi des
scooters comme le Panthéon.”
Un autre moyen de locomotion plutôt classe et qui rend
plus faciles les déplacements
en ville. !
style à votre intérieur
27 ans, Pierre Berçot
reprend la concession
Honda de la rue Weiss
à Besançon. Il concilie désormais sa passion pour
la moto et sa profession. Ce
jeune entrepreneur veut
apporter “un nouveau dynamisme” à cet espace incontournable pour les amateurs
de deux roues. Ils retrouvent
sur 400 m2 d’exposition tous
les accessoires nécessaires à
la pratique de ce sport-loisir,
et les modèles de moto déclinés dans toutes les cylindrées.
Les nouveautés 2005 de chez
Honda sont à découvrir. “Nous
attendons le modèle FMX 65,
À
qui est un petit super-motard.
Dans la catégorie enduro, nous
allons recevoir la CRE 450 X
au mois de mai” indique Pierre Berçot qui entend étoffer
la gamme enduro signée H.M.,
filiale de Honda dont il est le
concessionnaire exclusif.
Parallèlement à la vente, Pierre Berçot propose un conseil
et des services. “Pour l’achat
des motos sportives (600 et
1 000 CBR) nous allons proposer à nos clients une journée de pilotage sur le circuit
de Pouilly-en-Auxois le 4 septembre.”
Pour ceux qui veulent découvrir les plaisirs de la moto
Pro Bike 25
6, rue Weiss
Tél. : 03 81 47 48 60
Les Arcades, c’est avant tout un large choix de carrelage et de faïence.
epuis le 1er février, une
nouvelle équipe vous
accueille au magasin
les Arcades situé dans
la zone de Valentin Nord. Cette enseigne est spécialisée
dans la commercialisation et
la pose de carrelage et de
faïence en tout genre. Ce
matériau est en perpétuelle
évolution et donne du style
à votre intérieur. Les industriels travaillent sur les textures et les couleurs. L’effet
matière est garanti. “Il y a
des carreaux qui ont un aspect
peau, tissu ou toile de jean.
D’autres ressemblent à du
parquet” explique Élisabeth
Morel, co-gérante.
D
Pierre Berçot va dynamiser la gamme enduro.
Le carrelage se décline également dans des styles plus classiques et rustiques. Elle ajoute : “Il y a des produits dans
toutes les gammes de prix. Pour
nous, l’idée est d’accompagner
le client pour l’aider à construire son projet.” Pour une cuisine, une salle de bain ou un
séjour, les Arcades vous
conseillent pour trouver le carrelage adapté à votre intérieur
en fonction de vos envies.
Ce magasin, c’est aussi un large choix de meubles de salle
de bain, de poêles et de cheminées. “Nous vendons des
poêles de marque Max Blank
et Harries Leenders qui sont
des produits contemporains. Il
en existe aussi dans des
gammes plus classiques signées
Nestor Martin.”
Au-delà d’une efficacité prouvée, l’intérêt du chauffage bois
est qu’il utilise une énergie
renouvelable. “En faisant ce
choix, l’acquéreur peut bénéficier d’un crédit d’impôt et de
la T.VA. à 5,5% sous certaines
conditions.” Les poêles sont
livrés et posés à domicile sur
demande. !
Renseignements :
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L’ÉCONOMIE
30
E NQUÊTE
18 % des interrogés
CES ENTREPRISES QUI DÉLOCALISENT
Augé, Fralsen, les délocalisations font
peur, avec leurs cortèges de licenciements. Concurrence trop forte, pression
accrue des grands donneurs d’ordres
de l’automobile et de l’électronique, de
plus en plus d’entreprises bisontines
sont contraintes de transférer une partie de leur production dans des pays à
bas salaire, Maghreb, Europe de l’Est,
et surtout Asie. Une évolution inquiétante pour la Franche-Comté, qui risque
d’être touchée de plein fouet par la délocalisation. Pour maintenir un tissu industriel, une seule solution, innover et miser
sur la haute technologie.
ÉTAT DES LIEUX
Une étude est lancée
Les entreprises bisontines de plus en plus nombreuses
à s’implanter à l’étranger
Selon une étude de la Banque de France, 18 % d’entre elles
envisagent de transférer leur production à l’étranger en 2005.
Et la tendance risque de s’accentuer dans les années à venir.
vant, lorsque des
salariés entraient
dans mon bureau,
le premier sujet d’inquiétude qu’ils exprimaient souvent, c’était le harcèlement. Maintenant, ça tourne toujours autour
de la délocalisation”, reconnaît
Gérard Thibord, secrétaire
départemental du syndicat
C.F.D.T. En 2004, les exemples
de Fralsen et Augé découpage,
qui ont annoncé le transfert
d’une partie de leur production
en Asie et la réduction de leurs
“A
Invitation
Essai
effectifs bisontins ont alimenté les craintes. Les entreprises
bisontines sont de plus en plus
nombreuses à partir à l’étranger.
Selon l’enquête annuelle de la
Banque de France réalisée
auprès de 650 entreprises
francs-comtoises en janvier
2005, 18 % d’entre elles envisageraient cette année de transférer une partie de leur production à l’étranger. Elles
n’étaient que 11% à affirmer la
même chose en 2004. “Et je ne
serais pas surpris que ce chiffre
monte à 25 % l’an prochain”,
ajoute Daniel Ganahl, délégué
général du M.E.D.E.F. dans le
Doubs. “La délocalisation, il y
en a toujours eu. Mais là, on n’a
jamais vu cela, toutes les entreprises ou presque ont des projets de départ. À se demander
où cela va s’arrêter”, s’inquiète
un observateur de l’économie
locale.
Une opinion que ne partage pas
Jean Louis Dabrowski, président de la Chambre de com-
merce du Doubs. “La délocali- au début de l’été.
sation, c’est-à-dire lorsqu’une La Franche-Comté, région forentreprise supprime une pro- tement industrielle, risque d’être
duction en France, est tout à touchée de plein fouet dans les
fait marginale. En fait, on années à venir, plus durement
confond plusieurs notions, encore que le reste de la Frannotamment l’investissement à ce. Car le tissu industriel coml’étranger - lorsque l’on implan- tois - beaucoup de petites P.M.E.,
spécialisées dans la
te une usine dans un
pays pour conquérir “On n’a jamais sous-traitance, et
dépendantes de
un nouveau marché
vu cela. À se donc
grands donneurs
- qui est au contraire souvent porteur
demander d’ordre - va se retrouver en ligne de mire.
d’emploi en France.”
Impossible pour le
où cela va Face à la concurrence internationale, qui
moment de connaître
s’arrêter.” oblige à toujours prole nombre d’entreduire moins cher, les
prises bisontines
concernées. Une étude, menée P.M.E. sont souvent acculées à
par la Chambre de commerce partir, sous peine de ne plus
et l’Union des Industries et être compétitives et de se retrouMétiers de la Métallurgie débu- ver évincées du marché. “Elles
te dans les prochains jours pour n’ont pas le choix. Vous ne poudresser un état des lieux. Elle vez pas lutter contre les Chinois,
devrait être rendue publique lorsque le salaire d’un ouvrier
là-bas est 10 ou 20 fois inférieur
à celui d’un Français”, poursuit
Daniel Ganahl.
Si la délocalisation n’épargne
aucun secteur industriel, certains sont plus menacés que
d’autres : la sous-traitance automobile, mais aussi le marché
de l’électronique, directement
concurrencé par les pays asiatiques. Activités phares de l’industrie bisontine. Plus généralement, ce sont toutes les
activités à fort taux de main
d’œuvre et qui ne nécessitent
pas un savoir faire particulier
qui sont visés, à terme. “Par le
passé, des pans entiers de l’industrie, comme le textile ou l’horlogerie, sont partis, note-t-on
au M.E.D.E.F. À chaque fois,
on a réussi à s’en sortir, à développer de nouvelles activités.
Alors pourquoi pas cette fois
encore.” !
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L’ÉCONOMIE
LES SOLUTIONS
31
Responsabilité des politiques
L’innovation, recette miracle
à la délocalisation ?
Comment faire pour lutter contre les délocalisations et maintenir le tissu industriel à Besançon ? Syndicats et patronat sont
d’accord sur un point : il faut innover, toujours plus.
n n’a aucune arme
contre la délocalisation. Vouloir
l’interdire, c’est
raisonner à très court terme,
ça ne peut pas être viable. Notre
seul atout, c’est notre savoirfaire” reconnaît le délégué général du M.E.D.E.F. du Doubs.
Pour une fois, syndicats et
patronat sont d’accord sur un
point. Un seul. Ce n’est qu’en
innovant dans la haute technologie et en développant des
savoir-faire toujours plus pointus que l’on pourra résister à
la concurrence des pays asiatiques. “Il n’y a ni fatalité ni
résignation. La France a des
atouts. Il y a certes des produits
qui vont disparaître, mais il y
a des créneaux à prendre sur
de nouveaux marchés, martèle Jacques Bauquier, membre
“O
FRALSEN
du comité régional de la C.G.T. de liens entre chercheurs et
Il faut que les entreprises déve- entreprises privées.”
loppent tout ce qui relève de la La C.G.T., elle, insiste avant
haute technologie.” Une muta- tout sur la “responsabilité des
tion qui passe principalement politiques et des entrepreneurs”
par la formation des salariés. dans la délocalisation. “Il faut
“Certaines entreprises, comme des lois, contraignantes, qui
S.N.O.P., ont mené un vrai tra- obligent les grands donneurs
d’ordres à avoir une
vail d’élévation de la
responsabilité sociaqualité, en formant
le vis-à-vis du basses salariés. Résul“Il n’y a
sin d’emploi où ils
tat, ils sont plus performants, plus comni fatalité, sont installés. S’ils
partent, ils doivent
pétitifs. C’est ça
ni résigna- être obligés de troul’exemple à suivre”,
ver une activité de
explique Gérard Thition.”
remplacement et
bord, secrétaire de
d’accompagner leurs
l’union départementale de la C.F.D.T. La mise en salariés jusqu’à ce qu’ils aient
place d’un pôle de compétiti- retrouvé un emploi définitif,
vité autour des microtechniques affirme Jacques Bauquier. Car
à Besançon, serait pour le syn- comment rester compétitif si
dicat un atout de plus, “parce on ne produit plus rien en
qu’il y a pour l’instant trop peu France ?” !
S.D.
141 licenciements après délocalisation
À Fralsen, les ouvriers
entre “peur et dégoût”
L’usine, spécialisée dans l’horlogerie, transfère une partie de sa production en Chine. D’ici 2007, 141 des 262
salariés devraient être licenciés.
n va mettre des
gens au chômage
pour quelques centimes d’économie,
ça me dégoûte.” À 39 ans, Bruno (*) affiche 18 ans de service
chez Fralsen, tous au service
décolletage, le plus visé par la
“O
délocalisation en cours. Tous les
jours, il voit son atelier se vider
de ses machines. “C’est devenu
un gruyère. Depuis le début, une
vingtaine de machines est déjà
partie en Chine, 17 doivent suivre
bientôt.” Bruno a deux enfants,
de 8 et 5 ans. “Alors oui, j’ai
Nicole Flexas, 47 ans, travaille à Fralsen depuis 1974.
peur. Quel avenir ils vont avoir
mes gamins ? Il va falloir qu’on
parte, qu’on vende la maison ?
On ne sait pas, c’est l’incertitude. Ce qui est sûr c’est que sur
Besançon, nous ne sommes pas
les seuls à être licenciés et à chercher du travail. Alors il faudra
peut-être s’expatrier en Suisse.
Même si je n’en ai pas envie”,
avoue-t-il.
Le transfert de la production a
pris du retard en Chine. Une
première vague de licenciements
devait être annoncée fin mars
mais pourrait être repoussée.
“Il y a du fatalisme, mais aussi un peu d’espoir, de ne pas être
traités comme des moins que
rien”, affirme Nicole Flexas, 47
ans. Entrée à Fralsen à 16 ans,
la déléguée syndicale de la C.G.T.
a vu l’entreprise se vider peu à
peu de ses salariés. “On a connu
délocalisation sur délocalisation depuis 30 ans. On était
3 000, on n’est plus que 250.
Ce qui est en train de partir,
c’était la fierté des salariés,
notre savoir-faire. C’est déplorable.” La plupart des salariés
ont plus de 50 ans, ils ont toujours été dans l’entreprise.
“Certains vivent pour le travail. Ils sont laminés, ils vivent
ce qui arrive comme un échec
personnel”, ajoute Nicole. !
(*) le prénom a été changé
Jacques Bauquier, de la C.G.T. : “C’est de la responsabilité
des politiques et des entrepreneurs.”
E NTREPRISES
Trois P.D.G. témoignent
“Si on part, c’est par nécessité”
Pression des fournisseurs, conquête de nouveaux marchés, ils
ont décidé de s’implanter à l’étranger, en Asie ou en Europe
de l’Est. Trois entrepreneurs bisontins expliquent leur démarche.
e n’est pas par volonté qu’on part, c’est par
nécessité” affirme
André-Pierre Augé, à la tête
de l’entreprise Augé Découpage. L’entreprise, déjà au
Maroc, doit s’implanter prochainement en Malaisie et a
annoncé de prochains licenciements sur le site de Besançon. “Pour certains produits,
on produit à perte en France.
Ce n’est pas viable.” La hausse de l’euro a accéléré les difficultés de la P.M.E. “Sans rien
faire, je suis devenu 30 % moins
compétitif en un an.” AndréPierre Augé affirme vouloir
toutefois garder un “gros centre
à Besançon. On mise sur les
produits haut de gamme, sur
la technologie.”
Certains donneurs d’ordre exigent également que leurs fournisseurs les accompagnent.
“C
“Ils reçoivent des subventions
de la part des pays où ils s’implantent à la condition qu’une
partie de leur approvisionnement provienne du pays en
question. Donc, même si on reste plus compétitif en France,
ils ne nous prennent pas”, poursuit le P.D.G. d’Augé.
Raymond Bourgeois, à la tête
de l’entreprise Bourgeois, refuse lui le terme de délocalisation. “Si nous sommes partis
là-bas, c’est pour continuer à
nous développer en Europe. Les
délocalisations conduisent systématiquement à une réduction de l’emploi en France.”
L’entreprise a ouvert un site
en Chine, il y a 7 ans. “Nos
clients nous ont demandé de
les accompagner.” Sous entendu, “si vous voulez continuer
à être notre fournisseur en Europe, vous devez nous suivre.”
P.D.G. de l’entreprise de transport LDI, Christophe Bossonnet a développé un service d’aide logistique pour conseiller
ses clients qui souhaitent s’implanter à l’étranger. “Nous les
conseillons. Quand ils me parlent de la Hongrie, je leur
demande de réfléchir, maintenant, il faut aller encore plus
à l’Est.” LDI a ouvert des
antennes en Europe de l’Est et
au Maghreb. “Notre objectif,
c’est de maintenir les effectifs
en France mais de les augmenter à l’étranger. Notre développement se fait surtout làbas.”
“Ce qui se passe en France est
inquiétant. Mais tout le monde est responsable, conclut
André-Pierre Augé. Quand
vous achetez un lecteur D.V.D.
à 50 euros, il ne peut être fabriqué qu’en Chine.” !
S.D.
Ces entreprises qui ont un pied à l’étranger
semblage, EM Technologie, implanté à SaintVit par l’intermédiaire de
sa filiale E.M.T. 25, a
ouvert deux sites en Turquie et en Hongrie. À
Boussières, l’entreprise
P.M.P.C., est en pourparlers pour s’installer en
Roumanie. Augé découpage, déjà présent au
- Dans le secteur du Maroc part en Malaisie.
découpage et de l’as- - La S.N.O.P., qui produit
Dans tous les secteurs d’activité, les
P.M.E. bisontines
sont nombreuses
à avoir fait le
choix de l’étranger. Petite liste
non exhaustive…
des pièces pour l’industrie automobile, a ouvert
un site en République
tchèque et en Espagne.
L’entreprise Bourgeois,
dans le même secteur,
emploie 80 personnes
sur son site en Chine
depuis 7 ans.
- Dans la microtechnologie, F.C.I. est implanté
en Inde. Basée à Besançon, S.L.I. développe de
nouveaux produits qui
sont ensuite, pour une
partie, fabriqués chez des
sous-traitants en République tchèque ou en
Tunisie. Fralsen délocalise en Chine.
- Dans le secteur de l’imprimerie, Imprimgraph
envisage aussi de transférer une partie de son
activité en Europe de l’Est
ou au Maghreb…
UN QUARTIER À L’HONNEUR
32
En passant par…
Montrapon
ÉVOLUTION
14000 habitants
Montrapon, un quartier pluriel
Le secteur de Montrapon poursuit sa mutation. En pleine campagne il y a encore 60 ans, urbanisé (à l’excès) il y a une quarantaine d’années, il tente de retrouver son homogénéité.
arler uniquement de Montrapon pour
appréhender cette partie de la ville
est réducteur. Le quartier dépasse
largement le périmètre de l’avenue de
Montrapon et du centre commercial Coubertin. Au quartier de Montrapon sont
associés les secteurs de Fontaine-Écu, la
Bouloie, les Montboucons, l’avenue du
Commandant Marceau et ses rues adjacentes, jusqu’à la zone industrielle de
Trépillot. Au total, le quartier de Montrapon regroupe plus de 7 000 foyers, soit
environ 14 000 Bisontins.
Montrapon était une sorte de petit “village” au début du XXème siècle, avec ses
fermes dont il ne reste aujourd’hui qu’un
exemplaire sur le secteur des Montboucons. La vie du quartier s’articulait autour
de l’actuelle avenue de Montrapon, siège de la paroisse Saint-Louis. Jusque
dans les années 60, la seule avenue de
Montrapon abritait trois boucheries, une
crémerie, quatre épiceries dont une succursale des Docks francs-comtois, plusieurs cafés. Ne subsistent aujourd’hui
dans cette artère qu’une boulangerie, un
tabac-presse et un bar. Le centre de gravité du quartier s’est déplacé dans les
années 70, après la construction de centaines de logements dans les cités de
Montrapon, de l’Épitaphe, de FontaineÉcu et de la Bouloie. Le centre névral-
P
gique de Montrapon se situe désormais
place de Coubertin, autour de la maison
de quartier et du magasin Intermarché.
Signe des temps, un des commerces les
plus prolifiques se situe désormais sur
le boulevard, c’est le P’tit Dép et ses
annexes.
L’urbanisation du quartier a profondément métamorphosé sa physionomie.
Symbole de cette course aux logements,
la construction du bâtiment “Le Balzac”.
Dans les années 70, “c’était le seul
immeuble qui comportait des appartements de 6 pièces. Chaque cage d’escalier
pouvait abriter plus d’une centaine d’enfants. Les familles de 12 enfants y étaient
très courantes” raconte un témoin de
l’époque. De par cette explosion démographique, l’école Brossolette a abrité
jusqu’à… 52 classes et près de 1 600
élèves. Brossolette ne compte aujourd’hui
plus que 8 classes… Le Balzac, érigé sur
ce qu’on appelait “la place noire” (car
entièrement goudronnée) est rasé dans
les années 80, laissant place au petit
ensemble qui abrite aujourd’hui la maison de quartier et la bibliothèque. La
réputation sulfureuse - souvent justifiée
- du quartier de Montrapon, s’estompe
alors. “L’image du quartier a été sérieusement redorée depuis une dizaine d’années. Depuis que la maison de quartier
La destruction de certaines barres
érigée à partir des années 60 doit
laisser la place à de petits collectifs.
Comme ici, rue de l’Épitaphe où les
travaux sont en cours.
existe et avec tout le travail fait par les
nombreuses associations. Il y a encore un
secteur un peu mal vu, Fontaine-Écu, où
sont encore logés près de 1 200 habitants
répartis dans 3 barres” ajoute cet habitant. Autre symbole de l’explosion démographique des années 60, la construction
de l’immeuble “la Banane”, qui domine
toujours le quartier entre les rues Métin
et du Clos Munier. “En 1962, pour un F5
entièrement terminé avec ascenseur dans
“la Banane”, vous deveniez propriétaire
avec moins de 50 000 francs” rapportait
Michel Lagrenée, figure du quartier.
Aujourd’hui, Montrapon et ses 14 000
habitants retrouvent une identité. Malgré ce mélange de maisons individuelles
et de grands immeubles collectifs, malgré la présence du boulevard Nord qui
scinde le secteur en deux depuis 1964,
Montrapon retrouve une certaine homogénéité. Une riche vie associative y contribue, ainsi qu’une politique urbanistique
plus raisonnée. !
ASSOCIATION
par J.-F.H.
Le numéro 82 dans les boîtes
“Boulevard Nord”,
liaison sociale du quartier
L’A.P.I.M. (association pour la promotion de l’information à Montrapon) publie le plus ancien journal de quartier de Besançon. “Boulevard Nord” a
fêté ses 20 ans, le numéro 82 vient de sortir.
oulevard Nord”, c’est le quartier. Le journal sert
une histoire de pas- aussi à mieux faire connaître
sionnés. Passionnés toutes les activités proposées
de leur quartier, passionnés par la maison de quartier.”
d’information, passionnés de Dans le prochain numéro, la
lien social. L’A.P.I.M. est com- parole est notamment donposée de 8 bénévoles. À leur née aux parents d’élèves qui
tête, Jean Mille, fidèle depuis expriment leur colère face à
le début de l’aventure. Chaque la suppression d’un poste de
trimestre, le journal “Boule- psychologue à l’école.
vard Nord” est distribué dans Sortir 4 numéros par an n’est
pas une sinécure pour
toutes les boîtes-auxlettres du quartier, L’A.P.I.M. des bénévoles. Audelà de l’écriture des
soit auprès de 7 000
foyers. “C’était en cherche des articles, il y a le finan“Nous béné1984, à l’époque où
rédacteurs cement.
ficions de subventions
était en gestation le
comité de quartier. bénévoles. dans le cadre du
contrat de ville et par
Nous cherchions une
manière de faire circuler l’in- la délégation à la vie assoformation, faire remonter les ciative. Nous avons aussi des
préoccupations des habitants, partenaires commerciaux qui
leurs soucis, leur colère par- insèrent de la publicité et le
fois. Le meilleur moyen était soutien de l’imprimerie Bosde créer un journal” raconte sanne, installée dans le quarJean Mille, toujours fidèle à tier Mais l’équilibre financier
ces intentions de départ. Au est toujours précaire.”
fil des ans, le journal a évo- L’A.P.I.M. cherche aujourd’hui
lué, une partie de l’équipe aus- des volontaires pour intégrer
si. “Nous avons chacun nos l’équipe du journal, forcément
points de repères, nos relais vieillissante.
d’information. Nous tra- Chaque année, l’A.P.I.M. s’invaillons beaucoup avec les vestit aussi dans le festival
écoles du quartier à qui nous de Montrapon qui a lieu en
donnons la parole dans chaque juin (cette année, les 17 et 18)
numéro. Mais nous sommes et rassemble toutes les assotrès ouverts. Récemment, nous ciations du quartier autour
avons laissé une tribune à un de spectacles de musique, de
nouvel habitant qui voulait danse, des concerts ou des
exprimer sa joie d’arriver dans rencontres sportives. !
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Jean Mille vit à Montrapon depuis 1934. Il a été professeur de maths au collège Stendhal pendant 32 ans.
UN QUARTIER À L’HONNEUR
PRÉOCCUPATIONS
33
C IRCULATION
Peut-être à Brossolette
Pour plus de sécurité
Une salle de convivialité pour les associations ! Tous les carrefours du
C’est un des souhaits principaux des habitants de Montrapon qui ne disposent pas, comme c’est boulevard seront modifiés
par exemple le cas à Saint-Ferjeux, d’un endroit pour y organiser des manifestations grand public. D’ici la fin de l’année, une vaste opération de sécuriannonce récente par la au patrimoine. Selon nos
ville de Besançon de son informations, plusieurs pistes
intention de vendre le sont explorées pour aménaMontjoye, l’ancien cinéma de ger une future salle de conviparoisse reconverti en salle vialité “d’une capacité de 150
de concert laissée à l’abandon à 200 personnes.” Les bâtidepuis le milieu des années ments de l’école maternelle
90, a fait resurgir une des pré- Viancin (à l’angle de l’avenue
occupations les plus criantes Montrapon et de la rue Viandu quartier : le manque de cin), fermée depuis l’an dernier mais qui abrite
salles pour les assoquelques associations
ciations. “Le gros
“D’une
comme les Francas,
problème du quartier est la dispersion capacité de les motards et les
scouts de France.
des salles et l’absence d’une grande
150 à 200 Édifiés en préfabriqué, ces bâtiments
salle de convivialité. Le festival du personnes.” devraient être démolis puis reconstruits.
quartier par exemple
ne peut se jouer qu’en exté- La deuxième idée, qui semble
rieur, c’est souvent risqué à avoir la préférence de la maicause de la météo. La maison rie, serait de transformer l’ande quartier est apte à recevoir cienne cantine de l’école Brosquelques activités mais pas solette. L’avantage, c’est sa
de grandes manifestations. Il proximité avec la maison de
nous faut impérativement une quartier. La rue Haag abrite
salle” clame Paulette Lecocq, aussi plusieurs bâtiments,
la co-présidente du conseil de “dans la combe” où sont
quartier. Les habitants notamment logés les Restos
s’étaient polarisés sur le Mont- du Cœur. Ces bâtiments
joye, ils doivent aujourd’hui seraient aussi à démolir. Une
autre salle est pressentie, celréfléchir à une autre idée.
Cette réflexion se fait en lien le dite de l’Épitaphe, à proxiavec la mairie de Besançon. mité de la crèche de Montra“Nous avons quelques idées, pon.
tout cela doit être tranché cet- La réponse de la mairie doit
te année” commente Chris- tomber “au cours du deuxiètophe Lime, adjoint bisontin me semestre.” !
sation du boulevard va être engagée. Objectif : fluidifier la circulation et sécuriser les traversées piétonnes.
L’
certains endroits “au détriment
d’une voie voiture.” Troisième
partie du plan d’action : améde plus en plus dense, surtout liorer les traversées du bouledepuis qu’une pénétrante - l’ave- vard pour les voitures.
nue de l’Observatoire - a été Mais comment résoudre cette
supprimée par la pose d’une quadrature du cercle et conciborne, et le danger lié à la tra- lier toutes ces priorités ?
versée piétonne du boulevard, Exemple au carrefour de l’avenue de Montrapon et du
d’autant que le quartier
abrite de nombreuses Plus de boulevard : au lieu
d’avoir 4 phases comme
écoles. La mairie annonce des mesures. “Nous temps de c’est le cas aujourd’hui
commencerons dès cet- traversée (tout droit sur le boulevard, tout droit pour trate année par le boulevard Blum, avant de pour les verser le boulevard, tourne à droite depuis le
nous attaquer au boulevard Nord et à Mon- piétons. chemin des Montboucons, puis tourne à
trapon, au plus tard au
début de l’an prochain” préci- gauche depuis l’avenue de Montrapon), il n’y aura plus que
se le service voirie.
Les changements à venir sont deux phases. “On va revenir à
les suivants : l’accent sera don- un fonctionnement traditionné sur le temps de traversée nel où il faudra laisser passer
des piétons. Pour traverser le les voitures qui arrivent en face
boulevard, fait d’au moins 4 avant de tourner à gauche sur
voies, les temps accordés sont le boulevard.” Cette simplifide 12 secondes (lorsque le sigle cation des phases nécessitepiéton est au vert). Les temps ra plus de vigilance de la part
de sécurité, lorsque le petit pié- des automobilistes, contraints
ton passe au rouge, seront dou- à lever le pied à l’approche
blés. Deuxième action prévue : des carrefours. La mise aux
donner la priorité aux bus. Une normes de ces carrefours
voie d’accès prioritaire leur sera concernera 15 feux tout au
réservée à chaque carrefour, à long du boulevard. !
l’on est riverain de
Montrapon, on se plaint de
Ldeuxorsque
calamités : la circulation
Paulette Lecocq, présidente du conseil de quartier de
Montrapon, passera la main en juillet.
Publi-info
Un voyage pas comme les autres
Mi-février, tous les employés de l’entreprise de commercialisation et de pose de
carrelage Prévitali sont partis en Italie. Un voyage de trois jours avec au programme détente et tourisme industriel.
i c’était à refaire, Gino
et Rodrigue Prévitali
repartiraient dans
l’aventure sans hésiter.
Mi-février, les deux frères
Prévitali de l’entreprise de
carrelage de Damprichard
du même nom ont emmené
leurs 30 collaborateurs en
Italie, direction la ville de
Sassuolo située à quelques
encablures de Milan. Soit un
voyage de trois jours, avec
au programme détente et surtout “tourisme industriel.”
Le choix de cette destination
n’est pas innocent. Nos voisins transalpins figurent par-
S
mi les leaders européens des
fabricants de carrelage. Dans
le métier, leur capacité à innover fait référence. “Pour nous
qui posons des carreaux toute l’année, on trouvait intéressant de proposer à nos
salariés d’aller voir comment
et où sont fabriqués l’ensemble
des produits que l’on utilise”
raconte Gino Prévitali.
C’est à Sassuolo que sont
regroupés les principaux
industriels positionnés sur
ce secteur d’activité. Une fois
sur place, le groupe a été bien
accueilli dans les sociétés
Marazzi et Technokolla, des
Le groupe Prévitali a visité des fabriques de carrelage.
fournisseurs de Prévitali. “La
visite a été très enrichissante tant pour nous que nos
fournisseurs qui avaient face
à eux des professionnels qui
utilisent leurs produits. Les
échanges ont été enrichissants.”
Mais le séjour aurait été
incomplet si les Francs-Comtois n’avaient pas fait un petit
détour par Maranello où se
trouve la prestigieuse firme
automobile italienne Ferrari. Le circuit était trop proche
pour ne pas faire le crochet.
“Nous sommes allés visiter
le musée Ferrari.”
L’entreprise Prévitali n’a retiré que des bénéfices de ce
voyage en Italie. Cette
démarche lui a permis de
renforcer l’esprit d’équipe
entre les salariés.
La société de commercialisation et de pose de carrelage est répartie sur trois sites :
Damprichard, Besançon
(zone de Valentin) et Vesoul.
L’éloignement géographique
fait que les employés n’ont
pas l’occasion de se rencontrer. Depuis ce voyage, des
liens se sont tissés entre tous.
“L’effet a été positif sur l’im-
plication des hommes et des
femmes dans l’entreprise. Ils
se sentent associés au processus de développement. Ils
ont rencontré les fournisseurs
et savent désormais d’où viennent les produits. Ils se sentent plus en confiance vis-àvis de leur métier de
carreleur” ajoute-t-il.
Cette initiative des responsables de Prévitali témoigne
de la volonté de cette entreprise d’aller de l’avant grâce à une équipe compétente.
Il n’y a pas de hasard dans
la réussite de société familiale créée par Auguste Prévitali, mais au contraire une
ambition qui repose sur une
rigueur de travail. À son tour,
cette société du Haut-Doubs
est reconnue par les collectivités comme les particuliers. Elle a à son actif de
nombreux chantiers d’envergure comme la pose du
carrelage de la piscine de
Maîche, la rénovation de bâtiments militaires à Besançon
et plusieurs supermarchés.
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UN QUARTIER À L’HONNEUR
34
ESPACE VERT
U RBANISME
“Les amis de la Grange Huguenet”
Trois ans de procédure
Il faut sauver la Grange Huguenet Immeuble rue Fanart :
début des travaux immiment
Une réserve naturelle en pleine ville : bienvenu au domaine de la Grange Huguenet. Une
Une association de riverains se bat depuis trois ans
association de sauvegarde travaille à la remise en état de cette ferme du XVIIème siècle.
décrépitude avancée de ces
vastes bâtiments. “Depuis les
années 30, cette propriété est
en indivision. C’est la raison
pour laquelle elle a été très
peu entretenue” confie Robert
Guillaume.
Fort de son intention de ne
pas voir péricliter ce joyau du
patrimoine bisontin, il a créé
il y a tout juste 5 ans, le
26 mars 2000, l’association
“Les amis de la Grange
Huguenet.” “La maison a été
habitée par ma grand-mère
jusqu'en 1984. Depuis, il n’y
a plus personne. Nous n’y
venons qu’aux beaux jours car
la maison n’est pas chauffée”
précise M. Guillaume. L’association compte aujourd’hui
360 membres. Ouvert lors des
journées du patrimoine, ce
domaine de 4,5 hectares sert
aussi de support pédagogique
aux classes de Besançon pour
des sorties botaniques et nature. Le C.F.A. agricole de Châteaufarine y réalise ses travaux pratiques d’élagage. Mais
l’association sert avant tout
n parc de 4,5 hectares
au cœur de Montrapon, l’information peut
surprendre l’automobiliste qui ne connaît du quartier que l’intense circulation
du boulevard ou les barres
d’immeubles de Fontaine-Écu.
Il existe bien un havre de paix,
avenue de Montrapon, entouré d’une longue muraille. Derrière les lourdes grilles, une
allée qui mène dans une végétation luxuriante au pied d’une
imposante bâtisse, ancienne
ferme, composée de plusieurs
ailes : nous sommes au domaine de la Grange Huguenet.
Le plus ancien vestige de ces
bâtiments est sans doute la
citerne et sa margelle de pierre surmontée d’une ferronnerie du XVIème siècle. 500 ans
d’histoire pour ce domaine qui
appartient à la même famille depuis 1791.
Le gestionnaire de la Grange Huguenet habite dans la
région parisienne. Avec son
frère, Robert Guillaume a décidé de réagir, face à l’état de
U
PATRIMOINE
pour empêcher un projet de 90 logements au fond
de cette impasse tranquille. Le tribunal administratif n’a pas rendu son verdict mais les premiers coups
de pioche doivent être donnés.
ne association de défense s’est
constituée en 2002 quand les
riverains de l’impasse Fanart
ont appris l’existence d’un projet
immobilier mené par un promoteur local, la société B.F.C.A., à
proximité de leur lieu d’habitation.
Le projet : édifier 90 logements
répartis dans quatre bâtiments de
7 étages chacun. Une hérésie selon
l’association qui dénonçait le danger lié à la circulation et aux accès
à l’impasse. Un recours avait été
déposé au tribunal administratif.
Deux ans après cette procédure
judiciaire, la justice n’a toujours
pas tranché. La présidente de l’association, Agnès Friedmann, est
dans l’expectative : “Nous n’avons
aucune nouvelle du tribunal. Nous
avons juste appris récemment que
le permis de construire déposé le 18
juin 2004, valable pour deux ans,
avait été prorogé d’un an. Normalement, il deviendra caduc en juin
U
Selon certains historiens, Louis XIV en personne
aurait assisté à la prise de Besançon depuis une
fenêtre de cette maison.
à récolter les financements
nécessaires aux lourds travaux de rénovation dont a
besoin la Grange. “Nous
sommes en bonne voie de sauvegarde, se félicite le propriétaire. Le site étant classé
aux monuments historiques
depuis 2000, nous arrivons à
des bons taux de subventionnement. Toute la toiture côté
Ouest a été refaite récemment.
Nous avons déjà engagé 80 000
euros dans ces travaux.”
Cette année, une deuxième
tranche de travaux sera engagée sur un pan de 300 m2 de
toiture. Selon le gestionnaire des lieux, il faudra encore
20 ans d’efforts avant que la
Grange retrouve son lustre
d’antan. !
Pour tous renseignements : 06 08 02 58 80
prochain.”
Seulement, le service urbanisme
de la mairie de Besançon vient de
confirmer que “les travaux de l’immeuble s’apprêtaient à débuter.” Et
ce, sans même attendre que le tribunal statue sur la validité du permis. “Les promoteurs ne sont pas
obligés d’attendre que le tribunal
se prononce car l’association n’avait
pas demandé cette interdiction dans
son recours.”
Les premiers coups de pioche
devraient donc être donnés dans
les jours qui viennent. Si le tribunal casse le permis, il est peu probable que l’arrêt du chantier soit
ordonné et la démolition obtenue.
“Je n’ai jamais vu cette hypothèse
en 10 ans d’expérience” confie un
expert du service urbanisme.
Impasse Fanart, quatre immeubles
devraient donc sortir de terre. Selon
le permis, leur hauteur est de 20,80
mètres. !
Zoom
Un architecture avant-gardiste
Usine Dodane : histoire d’un sauvetage
Dodane, les grandes
L’ancienne manufacture d’horlogerie est aujourd’hui
la propriété d’un privé qui a totalement rénové les
locaux et les loue à plusieurs administrations. Il se bat
toujours pour sauver ce patrimoine.
L’
e bâtiment rectangulaire est une des curiosités du quartier. Au 7,
avenue de Montrapon
se dresse un témoin du riche
passé horloger de Besançon :
l’usine Dodane. Sur le plan
architectural, le bâtiment
signé Auguste Perret, a été
édifié entre 1938 et 1942.
Particulièrement avant-gardiste pour l’époque avec son
squelette en béton armé et
son toit plat surmonté d’une
terrasse, sa conception lui
L
vaut d’être inscrit à l’inventaire supplémentaire des
monuments historiques.
C’est un article paru en 1998
dans la revue de l’association
“Renaissance du Vieux
Besançon” qui a interpellé
Patrick Pelletier, le nouveau
propriétaire de l’ensemble
immobilier. “J’ai lu que l’usine était sur le point d’être
vendue à un promoteur qui
souhaitait en faire des logements étudiants. Je suis venu
visiter ce bâtiment. Il avait
été squatté : tout était cassé
à l’intérieur, les fils arrachés,
les portes défoncées, des gravats qui jonchaient le sol. J’ai
tout de même eu le coup de
cœur” se souvient Patrick
Pelletier. En concurrence
avec l’autre promoteur,
Patrick Pelletier réussit à
convaincre, son offre est jugée
plus intéressante par le liquidateur judiciaire, après plusieurs mois d’attente.
Entre 1998 et 2000, il engage une rénovation intégrale
Au fond de ce jardin à la française, une vaste piscine
édifiée par Raymond Dodane. Le fond du jardin
aurait été “spolié” à la propriété d’origine.
de l’ancienne usine, il rava- lisée et quasiment laissée à
le les façades en respectant l’abandon par la Gestrim, lui
le style et les couleurs d’ori- revienne. Convaincu d’être
gine. “Un vrai travail de dans son bon droit et souRomain mais avec un grand cieux de réaménager intébonheur de le faire.” Aujour- gralement le jardin à la frand’hui, il loue un étage du bâti- çaise, sa piscine et son ancien
court de tennis, il
ment à la Mutuelle
attend que la coprogénérale, les deux
“Un vrai priété voisine se
autres sont occupés
à lui laisser
par la direction régiotravail de résolve
ce bout de terrain
nale de l’A.N.P.E.
Seule ombre au Romain.” qu’elle n’utilise
même pas.
tableau : la propriéPatrick Pelletier
té qui comprend un
magnifique jardin - lui aus- n’aura pas achevé son œuvre
si classé - a été amputée d’une de sauvetage tant que la propartie lors de la vente d’un priété Dodane n’aura pas
terrain voisin sur lequel la retrouvé son périmètre d’orisociété immobilière Gestrim gine. Mais il ne désespère
a édifié un immeuble d’ha- pas de voir la copropriété voibitation. Aujourd’hui, Patrick sine comprendre enfin l’inPelletier se bat pour que cet- térêt patrimonial de sa
te partie du jardin, non uti- démarche. !
heures de l’horlogerie
usine a été édifiée par Raymond Dodane, illustre personnage de l’horlogerie franc-comtoise originaire du Haut-Doubs. La
manufacture Dodane était spécialisée dans les chronographes
dédiés à l’aviation. Ils équipaient
notamment les Mirages de l’Armée française. “C’était la montre
mécanique de tous les aviateurs”
commente un spécialiste. C’est le
frère de Raymond, artiste-peintre
à Paris, qui lui fait connaître l’architecte Auguste Perret, fer de lance des “nouveaux architectes” de
l’époque. Raymond Dodane abandonne alors l’idée initiale de
construire une usine en pierres de
tailles surmontée d’un clocher pour
adopter le projet “béton armé” de
Perret.
Le bâtiment dispose de trois étages,
de 325 m 2 chacun. Le rez-dechaussée abritait l’appartement
privé de Raymond Dodane. Au
premier étaient réunis les services
administratifs, commerciaux et
S.A.V., et le deuxième accueillait
l’atelier proprement dit. Au rez-dejardin étaient aménagées des
dépendances du logement et les
vestiaires du personnel. L’usine
Dodane a employé jusqu’à 150
personnes.
Dans la cour, deux abris : les
garages à vélo des employés
côtoyaient le garage (avec carrelage, chauffage et lavabo) de Raymond Dodane où dormaient ses
somptueuses et démesurées
Cadillac. Ces anciens garages ont
été reconvertis en bureaux par
Patrick Pelletier. La liquidation définitive de l’entreprise Dodane (reprise par le fils) a été prononcée au
milieu des années 90.
EXPOSITION
AGENDA
35
CITADELLE - DU 9 AVRIL AU 15 MAI
GRANDIR,
un jeu d’enfant ?
Quatre étudiantes
de la licence
professionnelle “Métiers
de l’Exposition et
Technologies de
l’Information” préparent
une exposition grand
public qu’elles
présentent dans les trois
musées de la Citadelle
à partir du 9 avril.
ouer pour grandir, jouer
pour s’évader, jouer pour
découvrir… Trois finalités, trois musées autour d’un
même thème : le jeu. Pour
réaliser cette exposition, les
quatre étudiantes de licence
M.E.T.I. ne se sont pas amusées : depuis la rentrée d’octobre, elles consacrent une
bonne partie de leurs
semaines à la préparation de
leur objectif de l’année : monter un événement culturel.
J
Le fruit de leur travail sera
visible dès le 9 avril dans les
trois musées de la Citadelle :
Musée comtois, Musée de la
résistance et de la déportation et Muséum d’histoire
naturelle. Le thème choisi
par les quatre complices est
le jeu. “Cette thématique de
l’enfance correspondait à nos
affinités. Il se trouvait que la
Citadelle n’avait jamais monté d’exposition commune à
tous ses musées. Elle nous a
proposé le challenge” résume
Béryl Marlet. Défi relevé.
Actuellement, elles mettent
une touche finale à leur exposition qui constitue dans leur
cursus, l’examen pratique qui
leur permettra de valider leur
licence professionnelle. “Nous
avons axé l’expo sur les liens
entre les jouets et l’apprentissage de la vie et des règles
sociales. Il fallait trouver,
autour du même thème, trois
expositions complémentaires
et qui ne soient pas redondantes” poursuit Alexandra
Michon. “Nous avons travaillé
aussi en partenariat avec 5
étudiantes des Beaux-Arts
pour tout l’aspect graphique
de l’exposition” précise Sophie
Agié.
Au Musée comtois, à travers
les objets présentés (certains
sont prêtés par le musée du
jouet de Moirans-en-Montagne), le jeu est vu comme
vecteur d’apprentissage au
fil des siècles. Au Musée de
la résistance, l’accent est mis
sur le jeu comme vecteur
d’évasion dans ces sombres
périodes de propagande et
d’horreur nazie. Enfin, le
Muséum abordera le jeu comme une activité ludique perçue de la même façon au sein
a licence M.E.T.I. est délivrée par l’Université de
Franche-Comté. Elle est spécialisée en conservation
du patrimoine et art contemporain. Elle prépare aux
métiers de la culture et de l’exposition. Chaque promotion compte une trentaine d’étudiants.
À l’issue de l’année universitaire, nos quatre étudiantes
enchaînent par un stage de trois mois. Au musée des traditions populaires de Champlitte pour Alexandra, au
muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel pour Christel,
au musée de la lunette à Morez pour Sophie et à la maison de l’architecture de Franche-Comté pour Béryl. Le
montage de cette exposition constitue une première véritable expérience professionnelle pour la plupart d’entre
elles. ET elles l’espèrent, “un très bon tremplin pour la
L
du règne animal, notamment
chez tous les mammifères.
Trois bonnes raisons d’emmener toute la famille à la
Citadelle dès le 9 avril. L’accès aux trois expos est compris dans le billet d’entrée à
la Citadelle.!
PHOTO - DÈS LE 9 AVRIL
“Variations sauvages”
la nature comtoise se donne à voir
Une délicate exposition prend son envol
le 9 avril à Roulans avant de faire étape à I
Roche-lez-Beaupré puis à Besançon.
L’auteur, Florent Cardinaux, s’attache à
immortaliser les choses de la nature.
FICHE TECHNIQUE
Nom :
Cardinaux
Pr nom
Florent
Age :
29 ans
Fonction : photographe
EN 3 QUESTIONS…
Parcours :
- D buts : Ce sont les papillons qui l’ont mené à la
photographie. Il commence à les immortaliser sur pellicule à 19 ans. Puis se tourne vers les fleurs, les oiseaux, les
mammifères. Professionnel depuis quatre ans, il concentre
actuellement son travail sur le faucon pèlerin.
- Expo : Première exposition en 1998 sur les papillons
à Roulans, suivie en 2000 d’une autre sur la faune locale
- Projet : est à la recherche d’un éditeur pour un livre
sur la faune et la flore du Doubs.
l suffit de savoir ouvrir
les yeux. De regarder
autour de soi pour
découvrir des merveilles.
C’est la philosophie de Florent Cardinaux. “Il y a sur
le pas de la porte une vie
sauvage fascinante dont les
gens ne soupçonnent même
pas l’existence. Je veux qu’ils
se rendent compte de la
richesse de ce patrimoine”
s’anime le jeune photographe, originaire de Roulans. Son exposition, “Variations sauvages” est une
invitation à la contemplation. Sur la trentaine de clichés présentés - tous pris
dans la moyenne vallée du
Doubs - c’est toute la faune et la flore locale qui défi-
le. Un perce-neige qui pointe à peine sous le manteau
poudreux, un papillon recouvert de gouttes de rosée sur
lesquelles se reflète l’horizon, une mésange, ombre
chinoise, qui se découpe sur
un soleil couchant…
Le photographe s’intéresse
aux plus infimes détails,
joue avec le cadrage, la
lumière pour sublimer son
sujet. Certains clichés ont
nécessité plus de cinq
semaines d’observation et
de prises de vue. Pour repérer la branche sur laquelle
l’oiseau va se poser, attendre
la bonne lumière. Mais le
résultat est là. Tout simplement beau. !
DATES
- Roulans. Les 9, 10, 16 et 17 avril dans la salle
de l’ancienne brocante.
- Roche-lez-Beaupré. Les 30 avril et 1er mai à la
bibliothèque.
- Besançon. Du 1er au 30 juin magasin Bevalot
Phox (4, rue Moncey) et du 1er septembre au
15 octobre au Forum (15, Grande rue)
Site internet : http://florent.cardinaux.free.fr
EXPOSITION
De gauche à droite, Alexandra Michon, Béryl Marlet, Sophie Agié et
Christel Vieille, à l’origine de l’exposition “Grandir… un jeu d’enfant ?”
PEINTURE
Agenda
36
BESANÇON - IL EXPOSE À LA TABLE DES HALLES
Jean-Pierre Sergent,
peintre globe-trotter
L’artiste a quitté son élevage de chevaux dans
le Haut-Doubs au début des années 90 pour
s’installer à New-York où il a exprimé son art.
ean-Pierre Sergent Pour moi, ces images traaurait-il le mal du duisent des repères qu’on a
pays ? Il y a un peu perdu. Je recherche constamde ça dans son actua- ment des énergies différentes
lité. L’artiste émigré à New- que celles qu’on peut renYork depuis 1993 rapatrie contrer dans nos sociétés.”
ses peintures et ses pinceaux explique l’artiste.
Ses oeuvres sont
à Besançon où il
une juxtaposition
installe son atelier,
avenue de la Gare “Les images d’images. Il y a une
continuité dans les
d’Eau. C’est là
désormais que ce traduisent réalisations de JeanSergent qui
globe-trotter de
des repères Pierre
“aime que son tral’art va cultiver son
style : la sérigraqu’on a vail s’inscrive dans
le temps.” Le style
phie sur Plexiglas
ou sur papier. Un perdus.” de cet artiste mêle
à la fois une part de
travail à découvrir
en ce moment dans la Capi- réel et d’imaginaire. Cette
tale régionale au restaurant recherche graphique autour
la “Table des Halles” rue d’images taboues, interdites,
Courbet jusqu’à la fin du parfois violente, lui a permois de juillet. Ses créations mi de se démarquer dans
sont inspirées d’images l’univers artistique new-yorramenées de ces voyages au kais, où il a exposé à diffécoeur de cultures ances- rentes reprises, comme en
trales. “Quand on voit un France, en Suisse, au Canamasque de la côte ouest des da ou en Angleterre. En
États-Unis, on sent tout un 1998, il a réalisé une oeuvre
processus de rapport à la monumentale spécifique
vie, à la mort, à la société. pour l’alliance française de
P H OTO G R A P H I E
J
New-York.
Depuis les attentats du 11
septembre, la vie s’est durcie outre-atlantique. C’est
pour cette raison que JeanPierre Sergent revient en
France qu’il a quitté au
début des années 90. À
L’époque il élevait des chevaux dans le Haut-Doubs,
avant de rejoindre son frère à Montréal au Canada.
C’est là qu’il a noué ses premiers contacts artistiques
avec des galeries. Après avoir
fait voyager son art un peu
partout dans le monde, cet
artiste pose ses valises en
Franche-Comté où il interpelle les curieux. !
Le peintre
Jean-Pierre
Sergent revient en
France après
vécu plus de
10 ans à New-York.
FICHE TECHNIQUE
SOLIDARITÉ - JEUDI 31 MARS
Les photos font
monter les enchères
Douze sportifs régionaux vendent aux
enchères des appareils photos jetables
qu’ils ont utilisés. L’ensemble des bénéfices
sera reversé à “Réa… gir” une association
qui œuvre pour améliorer le confort des
enfants hospitalisés à Saint-Jacques.
RENSEIGNEMENTS : 03 81 21 85 32
e-mail : [email protected]
ui dit mieux pour tile de l’hôpital Saint-Jacques.
cet appareil pho- Elle a demandé à ces perto jetable ? Les sonnalités du monde du sport
enchères pour- de photographier ce qu’elles
raient monter très haut jeu- voulaient, avant de lui retourdi 31 mars à l’hôtel Mercu- ner les pellicules non dévere. Car il ne s’agit pas de loppées. Elles seront vendues
n’importe quel appareil. en l’état.
Celui-ci aura peut-être été La surprise est pour l’acquéreur qui découutilisé par la handballeuse Sandrine “Les athlètes vrira peut-être le
coup d’œil de cerMariot-Delerce, le
cycliste Christophe
ont joué tains sportifs qui
ont participé aux
Moreau, le footballe jeu.”
Jeux Olympiques
leur Mickaël Isad’Athènes. “Les athbey, l’archer Jocelyn De Grandis, la biathlète lètes ont joué le jeu avec une
Florence Baverel-Robert, ou spontanéité incroyable”
encore l’ex-arbitre interna- indique la présidente de
“Réa… gir” Stéphanie Mulin.
tional Michel Vautrot.
Au total, 12 athlètes francs- L’ensemble des bénéfices de
comtois mettent en vente le cette soirée sera reversé à
jetable qui leur a été confié l’association qui a en projet
l’été dernier par “Réa… gir.” d’acheter des vêtements pour
Cette association œuvre pour les enfants hospitalisés, une
améliorer le bien-être des commode de rangement, un
enfants hospitalisés dans le ordinateur portable et des
service de réanimation infan- lecteurs D.V.D. “L’idée de l’ordinateur portable est de permettre aux enfants hospitalisés dans ce service de
communiquer avec l’extérieur
et en particulier avec leurs
copains d’école. Car ici les
visites ne sont autorisées que
pour les parents” ajoute-telle.
Sandrine Mariot participe Dans le service, les malades
ont entre 0 et 15 ans. 70 %
à cette opération.
Q
Nom :
Stéphanie
Prenom
Mulin
Age :
28 ans
Profession :
Infirmière puéricultrice
Action :
Présidente de l’association “Réa… gir”
de la population sont des prématurés. En moyenne, ces
enfants sont hospitalisés une
dizaine de jours. “Notre objectif est de rompre l’isolement.”
En quatre ans, par son action,
cette association a métamorphosé le service de réanimation de Saint-Jacques. Elle
a égayé les chambres par des
frises, investi dans du matériel de musique et aménagé
un salon convivial pour les
parents où ils peuvent se
retrouver pour échanger où
s’entretenir avec les médecins. “Avant, les enfants
étaient nus dans leur couveuse. Mais quand leur état
est stabilisé il est possible de
les habiller. Alors nous avons
acheté des petits pyjamas et
des couvertures pour les protéger de la lumière.”
Petit à petit, “Réa… gir”
humanise et adoucit ce service. L’année dernière, l’association a passé une convention avec la mairie pour que
les parents qui suivent leur
enfant à l’hôpital bénéficient
d’un tarif préférentiel pour
le stationnement (10 euros
pour 7 jours).
La vente aux enchères du
31 mars va donner un nouveau coup de pouce à cette
association qui se mobilise
régulièrement pour récolter
des fonds. !
Agenda
ouvelle édition du tour du Monde en 80 plats
organisé par le C.L.A., au Kursaal les vendredi 8 et samedi 9 avril en soirée. Magnifiques soirées conviviales et d’échanges, auxquelles
tout Besançon veut assister (1 500 personnes sur
deux soirs).
N
RESERVATIONS : 03 81 66 52 32,
PARTICIPATION 4 EUROS
AU-DESSOUS DU VOLCAN,
IL Y A LE LIVRE
u-dessous du volcan est l’association des amis
de la librairie Les Sandales d’Empédocle. Parallèlement aux activités de la librairie, elle organise
des lectures, des rencontres, des conférences avec
écrivains choisis par ses adhérents.
Mercredi 6 avril à 20 h 30, lecture et rencontre avec
Laurent Gaudé : prix Goncourt 2004. une œuvre qui
se distingue par un style élégant, un rythme enivrant
et un regard intelligent sur les origines. Ses textes
sont nourris de mythologie et influencés par les épopées, les sagas familiales et les mythes fondateurs.
Tous ses textes pour le théâtre et ses romans sont
publiés chez Actes Sud. Signature de l’auteur de 17
heures à 18 heures à la librairie. !
A
88
RENSEIGNEMENTS : 03 81 82 00
L’ACADÉMIE DE MUSIQUE
TCHAÏKOVSKY À
CHÂTILLON-LE-DUC
imanche 3 avril au collège de Châtillon-leDuc seront données des œuvres du XIXème
siècle et début du XXème siècle pour piano,
notamment de Diabelli, Schumann, Brahms, Rachmaninov, Liadov, Bartok, Liszt… Les interprètes
seront les élèves et les professeurs de l’académie
de musique Tchaïkovsky. Faire jouer les élèves en
public est, pour l’académie Tchaïkovsky, une règle
à visée pédagogique. C’est ainsi que les élèves
sont amenés à se produire en public au moins trois
fois dans l’année. Sous la direction d’Igor Blagodatov, elle accueille des élèves de tous niveaux à
partir de 5 ans pour des cours individuels de piano et violon (pour le piano, les professeurs sont
Véronique Bonvalot et Igor Blagodatov, pour le violon, Olga Hunzinger-Popova). !
D
64
RENSEIGNEMENTS : 03 81 81 16
DU 5 AU 13 AVRIL 2005
SEMAINE PETITE ENFANCE À BESANÇON
es journées petite enfance se
déroulent du 5 au 13 avril. Elles
sont l’occasion de mieux faire
connaître ou de faire découvrir aux
familles, les services et les actions
proposés par les différents partenaires
institutionnels et associatifs de la petite enfance à Besançon.
Cette manifestation, ouverte à tout
public, aux parents comme aux professionnels, doit rappeler à chacun
d’entre nous toute l’importance qu’une
société se doit d’accorder aux enfants.
La crèche Battant fêtera ses 20 ans.
À cette occasion, la crèche ouvre ses
portes le samedi 9 avril 2005. Les visiteurs pourront s’informer auprès des
professionnelles et découvrir une exposition sur l’évolution du travail en crèche
collective, une vidéo sur la vie quotidienne des enfants à la crèche et des
informations sur les différents métiers
de la petite enfance.
Les quartiers se mobilisent pour la
petite enfance :
Des expositions photos animeront huit
quartiers de la ville, on y découvrira
les enfants en situation de vie quotidienne :à la crèche, à l’école maternelle, dans un parc de jeux, à la bibliothèque..dans tous les lieux susceptibles
d’accueillir de jeunes enfants.
Autour de ces expositions se dérouleront dans chaque quartier des
L
RENSEIGNEMENTS : 03 81 41 21 53
L
À SAINT-VIT
u mardi 22 mars au samedi 26 inclus, l’association
Saint-Vit Informatique invite à venir surfer sur la web
aux heures habituelles d’ouverture. Navigation, création de blogs, utilisation de webcam, création de pages web,
ouverture d’une boîte mail et toute autre activité légale en
rapport avec internet seront possibles.
À cette occasion, le club saint-vitois organise ses portes
ouvertes, samedi entre 9 heures et 18 heures. L’occasion de
découvrir l’association et d’utiliser gratuitement le matériel
mis à disposition ainsi que l’accès à internet.!
D
78
RENSEIGNEMENTS : 03 81 87 59
SEMAINE PETITE ENFANCE
THÉÂTRE DE L’ESPACE :
“ÇA IRA QUAND MÊME”
epuis ses débuts, le théâtre de la Tentative (Paris) alterne
les œuvres de répertoire (les fourberies de Scapin, Lorenzaccio, maître Puntila et son valet Matti) avec des expérimentations plus ouvertes, dans lesquelles la troupe s’efforce de dire
quelque chose “en son nom propre”. “Ça ira quand même”
appartient à cette seconde famille de spectacles. Le spectacle
a été créé à Mâcon en décembre 2002, il marque le terme de
la résidence de la compagnie au sein du théâtre de l’Espace.!
D
DU 5 AU 9 AVRIL - THEATRE DE
L’ESPACE
TS : 03 81 51 03 12
EMEN
EIGN
RENS
À voir aussi à l’Espace en avril :
temps”
“Contes persans” le 12 avril, “arrêt quai numéro
mai
4
au
avril
26
du
s”
“Alice
et
avril
du 19 au 22
Co-production
LE CIRQUE PLUME
JOUE LES
PROLONGATIONS
n octobre dernier, ils ont
enchanté 16 000 Bisontins et
Francs-Comtois. Ils sont de
retour. Fort de leur succès bisontin,
les artistes du cirque Plume jouent
les prolongations. Les représentations prévues de leur dernier spectacle “Plic Ploc” du 25 mars au 3
avril étant complètes, ils ajoutent
trois dates : vendredi 8 avril à 20 h
30, samedi 9 avril 20 h 30 et dimanche
10 avril à 15 heures. Vente des billets
au bureau de Besançon Information
(mairie, 2, rue Mégevand).
E
Droit de réponse
a Direction Départementale des Affaires
Sanitaires et Sociales (D.D.A.S.S.) tient à
apporter les précisions suivantes quant au
contenu de l’article paru dans la précédente édition sous l’intitulé “De l’argent pour les anciens”
(N.D.L.R. : c’était un courrier des lecteurs) mettant en cause tout à la fois les conditions de travail au sein d’une maison de retraite de Montferrand-le-Château et les autorités administratives
concernées par son fonctionnement.
S’agissant du coût de la prestation facturé à l’usager, l’établissement se situe nettement en deçà
de la moyenne départementale qui avoisine les
46 euros par jour et par résident pour 2004, et à
près de 14 euros en dessous des établissements
dont le coût facturé est le plus élevé.
L’ensemble du personnel de l’établissement
bénéficie des dispositions de la convention collective nationale de 1951 qui est la plus attractive du secteur et la rémunération est fonction
espaces rencontre avec les différents
acteurs du quartier et les familles qui
pourront exprimer leurs attentes en
matière de services pour la petite enfance. Ces échanges permettront la réalisation d’un “livre blanc”.
Chaque quartier terminera sa manifestation par un moment festif avec
un spectacle, une projection de film
ou toute autre idée de fête.
La Ville de Besançon est présente au
salon Bien Grandir organisé par la
C.A.F. (caisse d’allocations familiales)
les 8, 9 et 10 avril. Les crèches de la
ville y animeront “le jardin des rêves”
réalisé par le service espaces verts et
les ateliers municipaux. Les jeunes
enfants et leurs parents pourront déambuler et s’émerveiller dans ce jardin
où chacun pourra développer ses sens.
Un cyber-espace offrira la possibilité
à chacun de découvrir des jeux éducatifs.
Un final festif aura lieu au Grand Kursaal le 13 avril à 16 heures.
Ambiance de fête au Grand Kursaal
pour terminer une semaine consacrée
tout entière aux petits. Les “bouskidous” animeront le bal des moins de
6 ans accompagnés de leurs parents.
Un atelier maquillage pour enfants
viendra compléter l’animation qui se
terminera par un goûter... !
FÊTE DE L’INTERNET
du degré d’ancienneté de chacune des personnes concernées. L’appel à du personnel soignant d’autres pays de l’Europe ne concerne
pas exclusivement cet établissement du Doubs.
Cette démarche nationale tient à la conjoncture actuelle afin de pallier l’insuffisance de recrutement de personnel soignant français.
Il n’existe pas de ratio d’encadrement cible. Ce
dernier est fonction tout à la fois de la taille de
la structure, du niveau moyen de dépendance
de sa population et de la maîtrise de l’impact
financier qui en résulte pour l’usager et pour l’assurance maladie. L’établissement a signé une
convention pluriannuelle tripartite avec le Conseil
général et le préfet qui matérialise, pour 5 ans,
les moyens alloués à ce titre.
En conclusion, le coût de prestation facturé à
l’usager ne l’est pas au bénéfice du personnel mais au bénéfice des résidents de la structure. !
présentent :
JEUDI 23 JUIN 2005 - 21HEURES
Michel
35€ Fugain
Espace Pourny
PONTARLIER
29€
Pour C.E.
et groupes
EL
EN CONCERT EXCEPTIONN
DISCO
Vacances
POINTS DE VENTE
LE TOUR DU MONDE
EN 80 PLATS
37
RENS. GROUPES ET C.E. : TÉL. 03 81 44 29 78
FRASNE : Maison Presse Turberg
La Rivière Fleurie
LES HÔPITAUX-NEUFS :
Maison presse Ferrand
PONTARLIER : Virgo Music Starter,
Tabac Presse Robbe
LEVIER : ATAC
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LE PORTRAIT
38
BESANÇON
De la philo à la bibliothèque
Henry Ferreira-Lopes, le livre à la passion
Henry Ferreira-Lopes est le nouveau
directeur des bibliothèques municipales de Besançon. À 34 ans, l’homme est un passionné du livre ancien
et du XVIIIème siècle.
ans une caresse, la main cision, pour être sûr que ce soit
s’attarde sur une gra- vraiment le bon. Pudique, il
vure, pointe un détail parle peu de lui. C’est la preavant de tourner la page. Le mière fois, à Besançon, qu’il
livre date du XVIIIème siècle, gère une bibliothèque publique
un récit de voyage illustré de et il “y a pris goût.” Prof de
gravures. Henry Ferreira- philo pendant deux ans après
Lopes est un amoureux des ses études littéraires, “parce
livres, des vieux livres surtout. je m’étais engagé dans des
“J’aime le contact charnel avec études qui me plaisaient sans
les vieux ouvrages. Dès que j’ai me poser de question sur les
un moment de libre, j’en pro- débouchés et qu’ensuite j’ai fait
fite pour m’échapper au milieu comme tout le monde, je suis
du fonds ancien”, avoue-t-il. devenu prof”, il découvre rapiDepuis son arrivée dans la cité dement qu’il n’est pas fait pour
bisontine et sa prise de fonc- cela. “Même si je n’ai eu aucution en septembre dernier, le ne mauvaise expérience”, précise-t-il. Changenouveau conservament d’orientation.
teur-directeur de la
Plus de
Il passe des concours
bibliothèque municipale n’en a pas 70 000 livres et devient pendant
cinq ans, un des
encore eu beaucoup
antérieurs conservateurs de la
le loisir. Trop d’afbibliothèque unifaires à régler, de
à 1811.
versitaire de médegestion quotidienne.
À 34 ans, Henry Ferreira-Lopes cine de Paris, en charge du
a en charge le fonctionnement fonds ancien.
de tout le réseau des biblio- Ses nouvelles fonctions de gesthèques publiques de Besan- tionnaire l’ont certes un peu
éloigné des collections. Mais
çon.
Sous ses ordres, 90 personnes pas trop. Son bureau se situe
et cinq médiathèques, plus un dans la bibliothèque municibibliobus : la médiathèque pale d’études et de conservapublique Pierre Bayle, “le cœur tion de Besançon, qu’il gère
du dispositif, là où se concentre également, tout au fond d’une
l’essentiel de l’activité” au centre salle aux imposantes étagères
de la Boucle, et ses annexes - chargées d’ouvrages reliés.
plus petites - dispersées dans C’est ici que sont réunis les
les quartiers, à Montrapon, archives et les fonds anciens.
Palente, Clairs-Soleils et Pla- Un véritable trésor en grannoise. En tout, 800 000 de partie accessible uniqueouvrages de toutes sortes, mais ment aux chercheurs, “un éléaussi des C.D.-Rom, D.V.D., ment de prestige pour la ville,
cassettes vidéo… Un million qui attire des universitaires de
d’emprunts sont enregistrés toute l’Europe.”
Sur ces rayonnages dorment
chaque année.
“Le défi, c’est que l’on a un plus de 70 000 livres antérieurs
public hétérogène et que l’on à 1811, des milliers de manusdoit répondre à toutes ses crits médiévaux et de dessins
attentes. Il faut à la fois avoir de maîtres. Les saisies de la
des livres de cuisine et des Révolution puis les legs sucouvrages philosophiques”, cessifs ont enrichi progressiexplique-t-il. L’homme aime vement la collection. Ici se
les mots, les choisit avec pré- cachent des livres aux his-
D
Henry Ferreira-Lopes : “J’aime le contact charnel avec les vieux ouvrages. Dès que j’ai un moment de libre,
j’en profite pour m’échapper au milieu du fonds ancien.”
toires improbables. Comme ce
“Livre de prière de Maximilien”, emballé de papier de
soie et enfermé dans sa boîte.
Un texte en latin orné sur les
marges de dessins à la plume,
effectués par des artistes du
XVIème siècle et offert par l’empereur Charles Quint au cardinal Granvelle, grand prélat
et homme d’État bisontin. À
court d’argent, les héritiers de
l’abbé ont revendu le livre en
morceaux. Une moitié du livre
se trouve maintenant à Munich, l’autre repose dans sa boîte bisontine, explique le conservateur d’un ton fier.
Henry Ferreira-Lopes aime
l’objet “livre” plus encore que
la lecture. “C’est un formidable
média, mais aussi une œuvre
Offrez ou offrez-vous
d’art. Ce qu’on a peut-être du
mal à concevoir tant qu’on n’a
pas travaillé au contact de collections anciennes”, reconnaîtil. Un goût hérité de son enfance à La Rochelle “dans un
milieu standard, pas intello”
lorsque son père, “amateur de
vieux livres” collectionnait les
ouvrages. L’objet comme œuvre
d’art.
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Passionné par le siècle des
Lumières, Henry FerreiraLopes avoue se reconnaître
dans certaines des valeurs
d’alors. “L’art était partout,
dans tous les objets. Il était vu
comme un moyen d’améliorer
l’existence. C’est encore ce qu’il
doit être aujourd’hui.” !
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