D1 – Couverture de terre
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D1 – Couverture de terre
Arts de bâtir: D1 – Couverture de terre Pays : Liban PRÉSENTATION Emprise Géographique Définition Couverture de terre - Toiture à très faible pente couverte d’une ou plusieurs couches de terre ou de mélange de terre, d’éléments organiques. - La toiture repose souvent sur un plancher de bois, ou rarement sur une ou plusieurs voûtes. - La chape est compactée, et parfois enduite d’un badigeon de chaux pour améliorer son étanchéité. - La vulnérabilité aux intempéries de la terre nécessitant un entretien constant, cette technique de couverture, progressivement abandonnée, est en voie de disparition. Milieu Dans l’espace MEDA, les couvertures de terre sont généralement présentes en milieu rural de plaine, de façon courante sauf en Espagne. Au Liban, ce type de couverture est présent en ville et en milieu rural, dans tous les milieux géographiques. Illustrations Vue générale : Vue de détail : Ce projet est financé par le programme MEDA de l'Union Européenne. Les opinions exprimées dans le présent document ne reflèten t pas nécessairement la position de l'Union Européenne ou de ses Etats membres 1/5 D1 Liban – Couverture de terre PRINCIPE CONSTRUCTIF Matériaux Illustrations Nature et Disponibilité (sous quelle forme) La couverture est constituée d’une chape compactée d’une ou plusieurs couches de terre argileuse extraite à proximité, parfois mélangée à des éléments organiques (végétaux ou animaux) ou à de la chaux. Au Liban, l’argile est mélangée à de la paille découpée en morceaux, exceptionellement avec des ronces, du gravier pour améliorer la résistance de la chape. Modules, Dimensions, Epaisseurs, Dosages L’épaisseur totale de la chape varie de 7cm à 40cm, l’épaisseur courante se situant entre 10cm et 30cm. Au Liban, l’épaisseur totale de la chape varie de 20 cm à 35 cm, celle de la couche de surface en terre sèche étant de 3 cm à 5 cm. Type de pose Type de pose La chape est réalisée en étalant la terre ou le mélange en une ou plusieurs couches sur un lit de branches, de feuilles ou d’algues, ou bien directement sur le plancher ou la maçonnerie du support. La terre (ou le mélange) est ensuite compactée pour assurer l’étanchéité de la chape. Au Liban, la chape est appliquée sur un lit de 5 à 10 cm d’épaisseur, formé de branches de ronces et de genêts. Ce branchage repose lui-même sur des branches de genévrier, de peuplier, de pin, ou d’arbres fruitiers de 5 cm à 9 cm de section. Ossature associée La couverture repose généralement sur un plancher de bois, parfois sur une ou plusieurs voûtes. Au Liban, le plancher est constitué de poutres de genévrier, de peuplier, de pin, ou d’arbres fruitiers de 15 cm à 20 cm de diamètre. Ce genre de couverture est aussi présent dans des constructions avec des voutes en berceau. Principe Constructif : Coupe verticale et horizontale Evacuation des eaux Pente adaptée (%) La pente, extrêmement faible, se situe généralement entre 1% et 5%, hormis au Maroc où celle-ci peut être plus forte. Au Liban, la pente se situe entre 1% et 4%. Collecte et évacuation des eaux La pente est suffisante pour permettre l’écoulement des eaux, dont l’évacuation est assurée par des gouttières ou des gargouilles, hormis en Egypte. Au Liban, une légère dépression en forme de canal en aval de la pente de la toiture fait office de gargouille pour les murs en pierre. Dans certains cas de murs en briques de terre crues ou de pierres (dans la Bekaa), l’evacuation se fait vers l’intérieur par l’intermédiaire d’un collecteur pour éviter au nez de la toiture de s’abîmer. Traitement des points singuliers (rives, égouts, noue, faîtage…) La couverture présente une surface homogène. Parfois, les bords font l’objet d’ouvrages spécifiques (acrotères, avant-toits…). Au Liban, pour les constructions en briques crues et en pierres brutes de la Bekaa, les toitures sont débordantes et presentent un nez à 45 degrés dû à l’écoulement de l’eau. Pour les constructions en pierres équarries, une corniche en pierre est signalée au nu du mur. Principe constructif : traitement des rives Ce projet est financé par le programme MEDA de l'Union Européenne. Les opinions exprimées dans le présent document ne reflèten t pas nécessairement la position de l'Union Européenne ou de ses Etats membres 2/5 D1 Liban – Couverture de terre PRINCIPE CONSTRUCTIF (suite) Outils Illustrations Des outils spécifiques sont souvent utilisés pour le compactage de la terre. Au Liban, un fût de pierre calcaire (Mahdaleh) de 60 cm de long et de 30 cm de diamètre, comportant une tige en fer amovible de 1m de hauteur, est utilisé pour le damage en surface de la couche de terre. Métiers Métier, Nombre de personnes nécessaires Les couvertures plates de terre sont souvent mises en œuvre par le constructeur du bâtiment (maçon), quelquefois aidé par le propriétaire ou le voisinage, quand ce n’est pas le propriétaire lui-même qui réalise l’ouvrage. Une à six personnes au minimum sont mobilisées, selon les cas, pour ces ouvrages. Au Liban, la couverture est réalisée par un « Moallem » (maître maçon) ou par le propriétaire ou l’occupant de la maison, la technique mise en œuvre ne nécessitant pas une grande qualification. Deux à trois personnes sont requises, voire plus, dans le cadre de l’entraide entre villageois « Aouné ». L’entretien consistant au balayage et damage de la toiture est réalisé par une personne. Performances Étanchéité, Protection aux intempéries La résistance des couvertures plates en terre est généralement faible, face à la neige, à la pluie et aux importantes variations hygrométriques (périodes de sècheresse) provoquant un craquellement de l’argile. Au Liban, l’étanchéité de la couverture est assurée par la couche de terre argileuse compactée, dont les interstices sont réduits. Un complément de l’entretien permanent consistant à balayer la neige et damer la toiture, de préférence après chaque intempérie, doit être assuré, notamment dans les zones de montagne enneigées. Les outils de damage et d’entretien : Mahdalé Isolation Thermique En raison du pouvoir isolant et de la forte inertie de l’argile, les couvertures plates en terre offrent de bonnes performances thermiques, à condition que la ventilation de la toiture soit suffisante. Au Liban, la chape de terre damée forme un bon isolant thermique ; la capacité calorifique des matériaux de couverture limite la température diurne à l’intérieur et, la nuit, restitue la chaleur emmagasinée durant la journée. Pathologie de vieillissement Liée au matériau et aux conditions climatiques : La faible résistance mécanique de l’argile contribue à sa vulnérabilité à l’érosion pluviale; ce matériau est en outre extrêmement sensible aux variations hygrométriques, provoquant des craquelures par temps sec. Au liban, un lissage et damage de la couche supérieure de terre sèche s’avère necessaire pour combler les interstices résultant du retrait de la terre subi durant la saison sèche. Une méthode consiste à déposer une épaisseur de terre argileuse sur la toiture avant la pluie, de manière à ce que l’eau la fasse pénetrer dans les interstices. Un damage energique complètera l’opération. Liée à la technique : Un mauvais compactage, une épaisseur insuffisante de la couche de terre, et une pente irrégulière n’assurant pas un bon écoulement des eaux, peuvent nuire à l’étanchéité de la couverture. Au Liban, un damage insuffisant de la chape de terre sèche réduit son étanchéité et, dans la majorité des cas, les altérations de la structure du plancher de bois sont dues aux infiltrations d’eau. Evacuation des eaux Pathologie de vieillissement Ce projet est financé par le programme MEDA de l'Union Européenne. Les opinions exprimées dans le présent document ne reflèten t pas nécessairement la position de l'Union Européenne ou de ses Etats membres 3/5 D1 Liban – Couverture de terre PRINCIPE CONSTRUCTIF (suite) DESCRIPTION DE MISE EN ŒUVRE Au Liban: Conditions de réalisation : La réalisation des travaux doit se faire par temps sec, pour éviter les infiltrations d’eau de pluie; aucune protection particulière n’est nécessaire. Au Liban, la période propice se situe entre mai et octobre. Travaux préparatoires : L’argile et, dans certains cas, les matériaux nécessaires à la préparation des mortiers ou des différentes couches sont approvisionnés. Parfois, l’argile est tamisée pour la débarrasser des impuretés, avant d’être, dans certains cas, mélangée à de l’eau, à de la paille ou à des agrégats. La charpente doit être suffisamment propre. Au Liban, la terre sèche est tamisée, puis mélangée à du sable ou du gravier. Les détails importants : Un bon damage ou compactage de la terre ou du mortier est indispensable à l’étanchéité. Au Liban, une première couche épaisse d’un mélange à base de terre est étalée pour garnir les interstices du support. Une seconde couche, formée d’un mélange de terre et de végétaux divers est étalée sur une couche de cailloux et de racines. Les couches sont aspergées d’eau et tassées à fur et à mesure du remplissage. Une dernière couche fine de 2 cm à 3 cm d’épaisseur constituée d’un fin mélange de terre, de chaux, de paille et de graviers, revêt le tout. Le compactage est realisé à l’aide d’une pierre cylindrique à manche métallique (Mahdaleh). Dans certains cas, un badigeon de chaux est appliqué pour assurer l’étanchéité de la toiture. Un toit de 40 m2 nécessite une semaine de travail pour un Moallem et ses quatre ouvriers. Un entretien consistant en un damage de la toiture est nécessaire avant la saison des pluies. Une attention particulière doit être acordée à l’entretien dans les zones enneigées. Moyens de Vérification: On peut vérifier l’étanchéité de la couverture en arrosant cette dernière, afin de détecter d’éventuelles infiltrations d’eau. Ce projet est financé par le programme MEDA de l'Union Européenne. Les opinions exprimées dans le présent document ne reflètent pas nécessairement la position de l'Union Européenne ou de ses Etats membres 4/5 D1 Liban – Couverture de terre USAGE, EVOLUTION ET TRANSFORMATION Usage Types de bâtiments La couverture plate de terre se trouve sur tous types de bâtiments à travers l’espace MEDA. Au Liban, la couverture de terre concerne principalement les maisons d’habitation et les bâtiments agricoles. Période d’apparition de la technique / Période d’emploi de la technique – Usage contemporain ou disparu L’apparition de la couverture plate de terre est généralement très ancienne : elle remonte à l’époque Néolithique en Jordanie, au Moyen-Age en Espagne, et plus tardivement, au XVII° siècle (période Ottomane) en Palestine. La technique de la couverture plate en terre a pratiquement disparu, à l’exception de la Grèce où elle est en voie d’extinction, et du Maroc où celle-ci est toujours en usage. Au Liban, la technique de la couverture plate de terre a été utilisée jusqu’aux années 1940. Raisons de la disparition ou de la modification de la technique La technique de la couverture plate de terre a pratiquement disparu, en raison de la faible résistance de la terre ou du mortier de terre aux intempéries, qui nécessite un entretien constant, voire une réfection totale périodique. Au Liban, l’entretien de la toiture nécessite un décapage et une réfection totale de la chape chaque année ou tous les deux ans. Actuellement, même en milieu rural ces couvertures ne sont plus entretenues comme par le passé. Evolution / Transformation Les matériaux Les couvertures plates de terre sont progressivement remplacées par des dalles de béton ou d’autres couvertures étanches, et parfois par des toitures en pente couvertes de tuiles. Au Liban, les couvertures de terre sont, pour la plupart d’entre elles, remplacées par des dalles de béton ou simplement recouvertes d’une mince chape en mortier de ciment. Dans beaucoup de villages, la pose de baches en nylon sur les couvertures de terre en guise de protection contre les infiltrations est fréquente. Les aspects techniques La pose d’un film imperméable (bitume, nylon…) entre le support et la chape, permet de corriger le défaut d’étanchéité de la couverture de terre. Cette technique est notamment employée en Grèce et en Espagne. Au Liban, conformité au commentaire méditerranéen . Les dalles en béton sont mal finies à l’applomb des murs et sur les arêtes. Les acrotères en pierre sont remplacés par des murs en parpaing. L’une des causes du remplacement est l’absence d’entretien. Evaluation des matériaux et des techniques de remplacement Le remplacement de la terre par du ciment ou du béton présente de nombreux inconvénients : ces matériaux sont peu compatibles avec les planchers de bois traditionnels, leur niveau d’isolation thermique est réduit, et leur esthétique est moindre. En revanche, la pose d’un film imperméable entre le support et la chape offre une solution satisfaisante au défaut d’étanchéité des couvertures de terre. Au Liban, conformité au commentaire méditerranéen. Ce projet est financé par le programme MEDA de l'Union Européenne. Les opinions exprimées dans le présent document ne reflètent pas nécessairement la position de l'Union Européenne ou de ses Etats membres 5/5