Les logiciels libres

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Les logiciels libres
Forum.Net 2006
SALON DE L'ADMINISTRATION ET DE L'ENTREPRISE SUR LES TIC
21­23 novembre 2006, Yaoundé
LES LOGICIELS LIBRES
L’expérience du Ministère du Développement urbain et de l'Habitat (Cameroun)
François Ossama
Consultant
Auteur de l’ouvrage « les TIC enjeux pour l’Afrique Subsaharienne »
L’Harmattan 2001et Co­auteur de l’ouvrage « Les fractures numériques Nord­Sud en question » L’Harmattan, 2004
http://www.riddac.org/ossamafrancois
[email protected]
SOMMAIRE
Introduction
Les logiciels libres : définition du concept, modèle organisationnel et économique, panorama des offres
L’expérience du MINDUH : motivations, solutions implémentées, bénéfices et contraintes
Conclusion : Quels enjeux pour les pays africains ?
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INTRODUCTION
L'émergence des logiciels libres bouleverse les paradigmes technologiques et économiques de l'industrie informatique et des TIC en général, avec des implications importantes pour les organisations (entreprises, administrations, secteur éducatif, etc.) et le grand public. Ils deviennent une problématique essentielle des mutations des systèmes d'information, aussi bien par rapport à la maîtrise des coûts que l'intégration de nouvelles technologies et applications des Intranets et de l'Internet (portails, communautés, web2, etc.).
Pourtant, au départ, le mouvement vers le libre s'est heurté à des réticences (surtout dans les entreprises) fondées sur des inquiétudes liées à l'absence d'un modèle organisationnel et économique pouvant garantir la pérennité des logiciels libres. Il y a également eu de nombreux débats (persistants) sur la fiabilité et la performance de ces logiciels, sur fond de clivage entre les pro­microsoft et les anti­microsoft.
Ces inquiétudes s'estompent progressivement. D'une part, du fait qu'une structuration du modèle libre s'est opérée tant sur le plan organisationnel qu'économique (éclosion de grandes entreprises comme Redhat, Mandriva, mise en place de fondations pour soutenir des projets importants comme Mozilla, Ubuntu, etc.). D'autre part, sur le plan technologique, on ne conteste plus le fait que de nombreux logiciels libres arrivent à maturité, et que certains disposent de fonctionnalités et des performances équivalentes voire meilleures que les logiciels propriétaires. 3
CHIFFRES ET REFERENCES
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Selon une étude de Mercer Management, en 2005, le rythme de croissance de Linux sur le segment systèmes d'exploitation serveurs était nettement plus élevé (plus de 20 %) que celui de Windows (4,7 %). D'après une étude de Forrester Research (septembre 2006), 50% des administrations publiques européennes et 35 % des américaines utilisent un ou plusieurs logiciels libres.
Les références de poids (grandes entreprises, administrations, universités) ayant adoptées les logiciels libres, souvent dans des secteurs critiques, sont de plus en plus nombreuses, et illustrent bien l'essor pris par les logiciels libres. Voici quelques exemples :
Ministère de l'économie et des finances (France) : Migration de 3000 serveurs de la Direction générale des impôts vers Linux (RedHat) pour la gestion de l'impôt sur le revenu (accessibles par 23000 agents et gérant 34 millions de dossiers de contribuables) et adoption du serveur d'applications libre Jboss (préféré, après des tests, à 5 solutions propriétaires)
Gouvernement du Sénégal : Mise en place d'un Intranet gouvernemental sous Linux Fedora. La solution de messagerie libre Qmail a été préférée à Exchange.
Google utilise plus de 500000 serveurs linux pour son moteur, répartis dans plusieurs dizaines de data center
CHIFFRES ET REFERENCES
Les deux supercalculateurs les plus puissants au monde, l'un construit par IBM (Blue Gene/L 16000 processeurs PowerPC) et l'autre installé en 2004 à la NASA (Columbia 10240 processeurs Intel) tournent sous Linux
Toyota : déploiement de 100 serveurs d'applications sous Linux (RedHat)
Ministère de la culture (France) : Migration du serveur de l'Intranet sous Linux Gendarmerie nationale (France) : déploiement de la suite bureautique OpenOffice sur 70 000 postes (2 millions d'euros d'économie par an en achat de licences)
Ville de Munich (Allemagne) : migration complète de 14 000 PC vers Linux (Suse)
Les grandes entreprises mondiales comme Siemens, Toyota, Banque du Canada, Intel, Continental Airlines, Alcatel, Nokia, Schlumberger, etc. utilisent Mysql
La messagerie en ligne Yahoo! tourne sous FreeBSD et utilise un serveur de messagerie libre (Qmail)
Les logiciels libres ne trouvent pas uniquement leur place dans l'univers de la micro­
informatique. Ils sont aussi au coeur de nombreux appareils de télécoms et électroniques comme les modems, les lecteurs vidéos, les téléphones portables, etc.
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LES LOGICIELS LIBRES
DEFINITION, MODELE ORGANISATIONNEL ET ECONOMIQUE PANORAMA DES OFFRES
QU'EST CE QU'UN LOGICIEL LIBRE ?
« Un logiciel libre est un logiciel qui est fourni avec l'autorisation pour quiconque de l'utiliser, de le copier et de le distribuer, soit sous une forme conforme à l'original, soit avec des modifications, ou encore gratuitement ou contre un certain montant. Ceci signifie en particulier que son code source doit être disponible ». (Free Software Foundation)
Un logiciel libre se définit par conséquent autour de quatre libertés principales dont la condition indispensable pour leur exercice est l'accessibilité du code source :
liberté d'exécuter le programme, pour tous les usages
liberté d'étudier le fonctionnement du programme pour l'adapter à ses propres besoins
liberté de redistribuer des copies (y compris sous forme commerciale) liberté d'améliorer le programme et de publier ses améliorations.
Le terme “Open Source”, d'origine plus récente et formulé par l'Open Source Initiative (OSI), ne modifie pas fondamentalement le principe de logiciel libre. Il vise à lever l'ambiguïté sur la valeur marchande des logiciels libres et introduit de nouveaux critères tels que l'absence de discrimination entre les personnes et les groupes, l'absence de discrimination entre les domaines d’application.
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REMARQUES :
GRATUITE, LICENCES ET DROIT D’AUTEUR
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Libre ne signifie pas non commercial ou gratuit. Un logiciel libre n'est pas forcement gratuit. Exemples : Linux Red Hat serveur (de 150.000 à 5.000.000 de FCFA), Linux Mandriva (30.000 à 150.000 FCFA), Jahia, Zend Studio, etc. C'est en partie pour lever cette ambiguïté qu'on a introduit le terme “Open source” (littéralement code ouvert).
Il existe des variations dans l'application des principes du logiciel libre, notamment en ce qui concerne la distribution. Ce qui se traduit par l'existence d'une vingtaine de licences libres, qui peuvent néanmoins être classées en deux types : les licences de type copyleft qui imposent une redistribution des versions modifiées du logiciel sous le même type de licence. La plus répandue de ce type de licences est la GPL (General public licence). L’utilisateur qui acquiert un logiciel libre distribué sous licence GPL ne peut modifier les termes ou conditions de cette licence ; le logiciel même modifié doit être redistribué sous licence GPL.
les licences de type non copyleft donnent à l'utilisateur le droit de modifier les termes de la licence d'acquisition ; il peut en effet imposer de nouvelles restrictions, par exemple, redistribuer les copies modifiées sous une autre licence y compris propriétaire. La plus répandue de ce type est la BSD (Berkeley software distribution).
GRATUITE, LICENCES ET DROIT D’AUTEUR
Notons que la plupart des logiciels libres sont distribués sous la licence GPL (près de 70% des logiciels libres répertoriés en 2004).
Le droit d'auteur reste applicable aux logiciels libres, conformément à la plupart des législations nationales sur le droit d'auteur. Un logiciel libre n'est donc pas libre de droit. Cependant, son auteur peut effectuer des démarches juridiques visant à le mettre dans le domaine public. Dans ce cas, on parle de logiciel du domaine public.
Ne pas confondre shareware, freeware et logiciels libres. Les freewares sont des logiciels propriétaires (le code source n'est pas fourni) distribués gratuitement. Les sharewares sont des versions d'essai des logiciels commerciaux, propriétaires ou libres ; l'utilisateur peut les essayer pour une durée fixée par l'auteur ou l'éditeur. Les sharewares sont donc davantage une formule d'essai de logiciels commerciaux, libres ou propriétaire. Plusieurs logiciels libres commerciaux sont proposés dans une version d'essai ou shareware. 9
MODELE ORGANISATIONNEL ET TECHNOLOGIQUE DU LIBRE
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A l'exception de quelques produits de référence (Redhat, Mandriva,...), la plupart des logiciels libres sont développés en dehors d'un cadre organisationnel formel comme une entreprise.
Leur développement est essentiellement effectué sur un modèle collaboratif ou communautaire qui associe, de manière non structurée (hiérarchique) et généralement de manière bénévole, de nombreux développeurs répartis à travers le monde. Néanmoins, les projets les plus importants à l'heure actuelle disposent d'un noyau de programmeurs, qui peuvent par exemple être rémunérés par une fondation créée autour de ces projets (par exemple Mozilla – Firefox et Thunderbird) pour les soutenir. Certains projets bénéficient d'un soutien institutionnel (Spip­agora, Asianux, etc.)
Ce modèle de développement collaboratif des logiciels s'appuie sur des plates­formes en ligne appelées systèmes de gestion de développement collaboratif de logiciel, créées pour simplifier le développement collaboratif en fournissant une interface unifiée, des outils de suivi et de gestion (CVS). Mais surtout, ces plates­formes assurent l’hébergement des logiciels. Les plus importantes sont : SourceForge.net (129 160 projets en septembre 2006), Freshmeat, Savanah, Gna! Et récemment Google Code.
MODELE ORGANISATIONNEL ET TECHNOLOGIQUE DU LIBRE
Entreprises : RedHat, Zimbra, Mandriva Fondations : Mozilla, Ubuntu, Apache
Communautés (la plupart des logiciels libres) : Joomla, Debian
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MODELE ECONOMIQUE : DIFFUSION DES LOGICIELS LIBRES
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L’économie des logiciels libres se structure autour de trois modèles de diffusion :
Le modèle commercial. L'auteur ou l'éditeur du logiciel libre diffuse ses produits uniquement sous forme commerciale. Des versions d'essai (sharewares) peuvent être proposées pour une durée limitée.
Exemples : Navicat (client Mysql gratuit), Zend Studio (environnement de développement php)
Le modèle gratuit. Les logiciels sont distribués gratuitement, en général par téléchargement sur Internet. La plupart des logiciels libres sont gratuits. Si les développeurs travaillent bénévolement, il existe des charges comme l’hébergement des serveurs qui nécessitent des financements. Ceux­ci sont essentiellement assurés par les dons. Les projets les plus importants ont conduit à la création des fondations qui assurent le financement et la promotion.
Exemples : ­ projets soutenus par des fondations importantes : Ubuntu, Mozilla (Firefox, Thunderbird), Openoffice, etc.
MODELE ECONOMIQUE : DIFFUSION DES LOGICIELS LIBRES
Le modèle à deux formules, commerciale et gratuite. Les éditeurs mettent à la disposition des utilisateurs une version commerciale et développent ou soutiennent des versions dites communautaires qui sont gratuites. Cependant, en général, la version communautaire dispose de moins de fonctionnalités que la version commerciale. Elle peut également être limitée par le nombre d'utilisateurs.
Exemples : Mysql (Community et Enterprise), Redhat (Redhat server et Fedora), Zimbra (Open source et enterprise).
D'une manière générale, l'économie du logiciel libre est davantage basée sur les services que le produit : formations, support, développements spécifiques, etc. Ce modèle commence à faire tâche d'huile et est adopté par d'autres secteurs. On voit par exemple apparaître en Europe et aux Etats­Unis des offres d'accès Wimax ou Wifi gratuites, mais financés par la publicité.
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L'OFFRE ECOSYSTEME DES SOLUTIONS LIBRES
INFRASTRUCTURE – SERVEUR
OS : Debian, RedHat, Fedora, Suse, OpenBSD
Serveurs : Bind (Dns), Apache (Web), Squid (Proxy), OpenLDAP (annuaire), ProFTPd (FTP), Samba (partage de ressources)
Sécurité : Netfilter (pare­feu), Cryptonit, Enigmail (chiffrement et signature), Snort (détection d'intrusion)
Messagerie Electronique : Postfix, Sendmail, Qmail
Liste de diffusion : Mailman, Majordomo, Sympa
Bases de données : Mysql, PostgreSQL
Serveurs d'applications : Zope, Jboss, Tomcat
Utilitaires réseau, supervision : Ntop, Nagios
Clustering, virtualisation : Beowulf, Mosix, Linux virtual server
DEVELOPPEMENT
Langages : php, python, java, xml, C, C++, Ada, etc.
IDE : Eclipse (Java, php, C, C++), Kdevelop, Jedit
Reporting : JasperReports, Agata Report
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L'OFFRE ECOSYSTEME DES SOLUTIONS LIBRES
ENTREPRISES
Groupware : Open­Xchange, phpGroupWare, Kolab, Zimbra, Scalix
ERP : Neogia (Gestion commerciale, approvisionnements, comptabilité, stocks)
Gestion de projets : Dotprojet, phpCollab, Planner
GED : OWL, Alfresco
E­Commerce : Interchange, PHPshop
DEVELOPPEMENT WEB
CMS : Joomla, SPIP, Ezpublish, Plone, Mambo, Xoops, OpenCms, Typo3, CPS
Blogs : Dotclear, Wordpress
Wiki : Mediawiki
EDUCATION
AbulEdu, Majilux, Skolelinux, Edubuntu, SambaEdu
SANTE
Système d'information hospitalier (Mediboard)
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L'OFFRE ECOSYSTEME DES SOLUTIONS LIBRES
POSTE DE TRAVAIL
OS : Ubuntu, Mandriva, Suse
Suites Bureautiques : OpenOffice, KOffice, Scribus (PAO)
Navigateurs Internet : Firefox, Konqueror
Clients de messagerie : Thunderbird, Kontact
Messagerie instantanée et Chat : Gaim, Xchat, Gabber, aMSN
Clients FTP : FileZilla, gFTP
Multimédia : Amarok, MPlayer, Totem, Kaffeine
Graphisme, image : GIMP, Digikam
Antivirus : ClamWin
Jeux : GLtron, Starfigther, Lineo
Educatifs : Gcompris, Orthophile
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L'EXPERIENCE DU MINISTERE DU DEVELOPPEMENT URBAIN ET DE L'HABITAT
(MINDUH)
PRESENTATION DU MINDUH
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Le Ministère du Développement urbain et de l'Habitat (MINDUH) est chargé de l'élaboration, de la mise en oeuvre et de l'évaluation de la politique gouvernementale en matière de développement des villes et d'habitat au Cameroun.
Il s'appuie sur un effectif d'environ 500 cadres et personnels d'appui (secrétaires, agents) déployés dans 5 directions centrales (chacune comportant en moyenne 4 services) auxquelles s'ajoutent le Cabinet du ministre et le Secrétariat général. Le ministère comporte également des services déconcentrés.
Sur le plan informatique, le plan d'informatisation, qui est mis en oeuvre par la Cellule informatique, se décline autour de trois objectifs principaux :
l’appui à la modernisation de l’administration, par la mise sur pied des applications de gestion, de communication et de collaboration internes (courrier, budget, communication interne, etc.) ;
l’appui à la réalisation des missions opérationnelles du MINDUH, à travers le développement des outils d’aide à la décision en matière de planification et de gestion urbaine ;
l’appui à la communication externe du ministère grâce à l’Internet.
L'EXPERIENCE DU MINDUH
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Le ministère a réalisé, en 2002, un réseau informatique (Ethernet, 100 Mbits/s) pour relier une soixantaine de postes de travail des services centraux situés sur le site central (immeuble ministériel). Quelques fonctionnalités d’un Intranet y ont été implémentées :
Messagerie électronique
Agenda
Annuaire
Gestion électronique des documents (GED)
Site web (http://www.minduh.gov.cm)
FTP
Cette infrastructure a été essentiellement construite avec des systèmes propriétaires : Windows 2000 server (serveur)
Lotus Domino (messagerie électronique et GED)
PROBLEMATIQUE DES LOGICIELS LIBRES AU MINDUH
Le parc informatique du MINDUH est de 80 machines, ce qui représente un ratio de l'ordre de 1 machine pour 6 agents. Ce faible niveau d'équipement des services conduit les responsables du ministère à consacrer prioritairement le budget informatique à l'achat de postes de travail (micro­ordinateurs et imprimantes essentiellement) pour le personnel, laissant peu de place à l'acquisition de logiciels aussi bien d'infrastructure et de développement que de gestion interne et de collaboration.
La problématique des logiciels libres s’est ainsi posée par rapport à plusieurs types de contraintes résultant de cette situation.
Licences Windows : La licence Windows 2000 server acquise était limitée à une vingtaine de postes clients. Or, le réseau est passé à 66 postes. Et au cours des 5 prochaines années, il devrait être étendu à l'ensemble des personnels du MINDUH (ce qui correspondrait à plus de 400 postes supplémentaires). Le coût induit (acquisition de nouvelles licences) sous Windows serait de plus de 20 000 dollars (12 millions de FCFA).
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PROBLEMATIQUE DU LOGICIEL LIBRE AU MINDUH
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Evolutivité de l'Intranet : Avec les systèmes propriétaires, l’intégration de nouvelles fonctionnalités implique générallement l'achat de modules spécifiques voire même de nouvelles versions. Or, les organisations disposant de faibles moyens peuvent difficilement suivre le rythme de renouvellement des produits commerciaux. Ce qui pose le risque de se retrouver avec une infrastructure figée, obsolète, ne pouvant bénéficier de nouvelles innovations ou répondre à de nouveaux besoins. Par exemple, l'ajout d'un webmail sur le système de messagerie installé (Lotus Domino) n'était pas possible, car il n'était pas intégré nativement dans la version de lotus domino utilisée. Pourtant, cette fonctionnalité s'avérait importante, du fait que la plupart des utilisateurs préferaient le navigateur web (client léger) au client lotus ou même Outlook pour accéder à leurs courriers.
De même, les systèmes de messagerie électronique ont progressivement intégrés des fonctionnalités de collaboration et de publication, mais celles­ci n'étaient pas disponibles avec la version de Domino utilisée.
PROBLEMATIQUE DU LOGICIEL LIBRE AU MINDUH
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Connexion à Internet, hébergement du site du MINDUH et sécurité. En 2003, le réseau a été connecté à Internet. Cette connexion devait non seulement desservir les postes clients internes, mais aussi être utilisée pour l’hébergement des services Internet du ministère (une circulaire du Premier ministre demandait que les sites institutionnels ne soient pas hébergés chez des fournisseurs d'accès privés), en particulier le site web et la messagerie électronique. D'autre part, après sa connexion à Internet le serveur Windows 2000 du MINDUH a été victime à deux reprises de chevaux de troie qui en ont totalement pris le contrôle. Le SMTP intégré à IIS a servi à notre insu de relaie pour des spams. Il y avait pas conséquent une exigence plus forte de sécurité pour protéger le réseau local des attaques externes.
La contrainte d'hébergement des services Internet combinée au problème de la sécurité imposaient la mise en oeuvre d'une nouvelle architecture du réseau. L'architecture retenue (DMZ avec deux routeurs ­ voire figure A) consistait à découper le réseau en deux zones isolées, l'une abritant les machines internes (Intranet) et l'autre, les serveurs accessibles de l'extérieur (DMZ). PROBLEMATIQUE DU LOGICIEL LIBRE AU MINDUH
Cette architecture a un coût : il faut disposer d'un routeur/parefeu materiel et/ou logiciel entre l'Intranet et la DMZ et un deuxième routeur entre Internet et la DMZ. La Cellule informatique avait un seul routeur matériel, qui, par ailleurs, est limité pour les fonctions de filtrage. Sur le plan logiciel, les outils nécessaires pour réaliser cette architecture sous Windows 2000 server (parefeu, routeur, proxy) étaient propriétaires et commerciaux.
Environnement de développement : La Cellule informatique souhaitait mener certains projets d'applications en interne. Dans ce cas également, il fallait disposer d'un environnement de conception et de développement, dont le choix devait se faire en fonction du critère coût, mais aussi des technologies (langages, bases de données, etc.) orientées Internet/Internet.
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PROBLEMATIQUE DU LOGICIEL LIBRE AU MINDUH
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Internet
Routeur SMC Barricade
­ Routeur/Par­feu (Netfilter)
­ DNS (Bind)
Linux Debian Sarge
­ Web (Apache)
­ Accélérateur web (Squid)
­ Bases de données (Mysql)
­ Relais Messagerie (Postfix)
Linux Debian
DMZ
Smb (Samba)
Messagerie/groupware (Scalix)
RESEAU INTERNE
Figure A
PROBLEMATIQUE DU LOGICIEL LIBRE AU MINDUH
En résumé, le choix des logiciels libres au MINDUH a été dicté par la nécessité de répondre aux besoins suivants avec un bugdet limité :
­ Architecture sécurisée du réseau
­ Evolutivité de l'Internet (Implémentation de nouvelles fonctionnalités)
­ Environnement de développement pour mener des projets en interne
­ Développements web
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PROJETS REALISES
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INFRASTRUCTURE – ARCHITECTURE SÉCURISEE
INTRANET
Migration du serveur Intranet de Windows 2000 server à Linux Red Hat Enterprise 4.0
Partage de ressources (Samba)
Annuaire (OpenLDAP)
Messagerie électronique et collaboration (Scalix)
DMZ
Utilisation de Netfilter sous une machine Linux Debian pour réaliser un routeur/pare­feu entre l'Intranet et la DMZ
Installation des serveurs sur des machines Linux Débian de la DMZ : Bind (DNS Zone minduh.gov.cm)
Apache (Web)
Postfix (Messagerie électronique)
Squirrelmail (Webmail)
Squid (reverse proxy ou accélérateur web)
SECURITE
Implémentation d'un certificat serveur PROJETS REALISES
MESSAGERIE
Certaines solutions libres de messagerie électronique et de travail collaboratif arrivent à maturité et deviennent, en terme de fonctionnalités et de performances, des alternatives sérieuses aux logiciels propriétaires tels que Exchange et Lotus. On peut citer : Zimbra, Scalix et Kolab.
Considéré comme l'un des meilleurs projets Open source (Award sourceforge 2006 – Entreprises) Zimbra propose plus de fonctionnalités que les deux autres. Cependant, il avait un inconviennent par rapport aux ressources matérielles disponibles à la Cellule Informatique : il exige des ressources importantes (1 Go de RAM au minimum). Le choix du système de messagerie s'est porté vers Scalix.
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SOLUTIONS LIBRES IMPLEMENTEES
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DEVELOPPEMENTS – APPLICATIONS
La Cellule informatique a adopté un environnement de développement basé sur Mysql, PHP et Java. Au départ, il s'agissait des développements web, mais par la suite, quelques projets d'applications internes (basés ou non sur des logiciels libres existants) ont été lancés. Les outils de conception et de développement utilisés sont libres et gratuits. Bien qu'ils ne soient pas encore au niveau des outils commerciaux, ils permettent néanmoins de réaliser des projets de taille moyenne (Dbdesigner, AnalyseSI, ArgoUml, Eclipse, etc.).
Application de gestion des projets urbains
Cette application a été créée à partir de la modification du logiciel libre de gestion des projets Dotproject écrit en php et utilisant pour base de données Mysql. Elle a pour objectif de faciliter le suivi des projets et la collaboration entre les différénts intervenants.
Développement web
Les sites web du Minduh (site principal, site de la stratégie sectorielle, etc.) ont été réalisés avec deux outils de gestion de contenu libres : Joomla et Ezpublish. Une réécriture du template et de certains modules de Joomla s'est avérée nécessaire pour les adapter aux besoins du MINDUH.
SOLUTIONS LIBRES IMPLEMENTEES
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Application de gestion du parc informatique. En cours de développement, elle permettra l'inventaire des ressources informatiques du ministère, le suivi des pannes, etc.
POSTES DE TRAVAIL
En plus des aspects liés à l'infrastructure et aux applications, tous les postes de travail de la Cellule informatique disposent d’une partition Linux. Deux distributions sont utilisées : Mandriva 2007, Ubuntu 5.
LEÇONS TIREES ­ AVANTAGES
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Juridiques (Contraintes de licences)
Les solutions implémentées permettent au ministère de s'affranchir de la contrainte de licences pour son infrastructure réseau, dans un contexte où le système de licences Windows est de plus en plus verrouillé, tant sur le plan juridique que technologique. Sur le plan juridique, le contrôle et les actions juridiques de Microsoft s'intensifient. Par exemple le ministère a reçu plusieurs lettres des entités mandatées par Microsoft pour demander la régularisation du parc logiciel. Sur le plan technologique : impossibilité d'installer des correctifs (patchs) sur les copies illégales (Win 2003 server), IE7 n'est installable que sur les copies légales de XP, etc. Ce verrouillage sera plus systématique avec Vista.
Utilisation de machines de bas de gamme (faible puissance)
Les solutions déployées sont peu gourmandes en ressources. Une distribution comme la Débian peut bien tourner sur un Pentium III avec moins de 128 Mo pour réaliser les services décrits plus haut. Ce qui nous a permis d'utiliser des machines non dédiées comme serveurs (notons ici que l'interface graphique de Linux est débrayable ; on peut choisir de pas la démarrer pour préserver les ressources)
LEÇONS TIREES ­ BENEFICES
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Stabilité : Après plus d'un an et demi d'exploitation, la distribution Linux Debian s'est avérée particulièrement stable, aucun n'incident notable n'a été signalé, même après les coupures récurrentes prolongées d'électricité qui conduisent souvent à l'arrêt brutale des ordinateurs.
Sécurité : Aucune incident de sécurité sérieux n'a été signalé depuis la mise en place de la DMZ sous Linux.
Support : les communautés autour des logiciels libres choisis sont très actives. Ce qui permet de trouver une aide précieuse pour les installations et des solutions aux problèmes rencontrés.
BENEFICES
COMPARATIF DES COÛTS
Windows 2003 server Enterprise Edition
Serveur
Licences clients 32
Linux
Linux Debian Linux REDHAT (Sarge)
Enterprise
2 400 000
0
450 000
960 000
0
0
supplémentaires
Total
3 360 000
450 000
Exchange Enterprise Edition
Scalix
Serveur
2 400 000
0
Licences clients 2 613 000
0
Total
5 013 000
0
Prix septembre 2006 – Source : Site Microsoft (http://www.microsoft.com)
BENEFICES
COMPARATIF DES COÛTS
Total
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Sql Server 2005 Standard Edition (licence processeur
Mysql Community Edition
3 500 000
0
Au total les économies réalisées (uniquement sur l'OS, la messagerie électronique et le serveur de bases de données, et correspondant au déploiement des mêmes fonctionnalités) sont de l'ordre de 11 millions de FCFA. Ce qui représente une vingtaine de micro­ordinateurs.
LEÇONS TIREES ­ CONTRAINTES ET RISQUES
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Le temps de mise en oeuvre des solutions libres a été assez important (par rapport à Windows 2000 serveur). En effet, Debian, contrairement à RedHat, dispose de peu d'outils d'administration graphiques. La plupart des configurations (DNS, routeur, pare­feu, apache, etc.) doivent être faites à la main, en éditant les fichiers de configuration. Disposer de compétences sur les logiciels libres en interne est donc un préalable pour mettre en place une infrastructure à base de ces logiciels.
Une infrastructure déployée avec les logiciels libres fait appel à plusieurs outils qui n'évoluent pas de manière intégrée et cohérente. Il faut par conséquent évaluer le risque du changement de version d'une couche de l'infrastructure, pour ne paralyser tout ou une partie du système d'information. Par exemple, il peut arriver que le passage à une version supérieure de PHP bloque plusieurs applications.
La question de la pérennité de certains projets libres se pose (même si elle concerne aussi des logiciels propriétaires). Il existe de nombreux projets libres qui deviennent inactifs au bout de quelques années voire quelques mois. D'autres peuvent connaître des changements structurels ou technologiques majeurs (exemple Joomla/Mambo, passage de CPS de Python­Zope à Java, etc.).
LEÇONS TIREES ­ CONTRAINTES ET RISQUES
Pour les projets libres qui ne sont portés par des entreprises, comme Debian, il n'existe pas d'interloculteur légal, qui puisse répondre des cas litigieux. Cette question est accentuée par les débats sur la valeur juridique de certaines licences libres. Quelques experts estiment par exemple que la licence GPL viole le droit d'auteur (dans le contexte juridique français), car, selon leur interprétation, elle entraîne l'abandon des droits moraux prévus par le Code de propriété intellectuelle.
L'adoption des logiciels libres au MINDUH s'est limité pour l'essentiel à l'infrastructure et à la Cellule Informatique pour ce qui concerne les postes de travail. Malgré un effort de sensibilisation et de vulgarisation, la plupart des utilisateurs, qui maîtrisent déjà assez mal l'environnement Windows, ne sont pas prêts à passer de Office à OpenOffice (sous Windows), encore moins à migrer completement sous Linux. Firefox a été installé sur plusieurs machines, mais le reflexe Internet Explorer demeure. Il y a donc ici un problème de barrière psychologique accentuée par le manque de formation.
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CONCLUSION
ENJEUX POUR LES PAYS AFRICAINS
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Pour les pays africains, les logiciels libres se distinguent par deux éléments importants qui devraient inciter à leur adoption, en particulier dans les administrations et l'éducation. Premièrement, comparativement à leurs équivalents propriétaires, leurs coûts d'acquisition sont faibles (la plupart étant même gratuits), ce qui permet, dans un contexte caractérisé par une faiblesse des ressources, de réduire substantiellement les coûts de mise en place des systèmes d'information. Deuxièmement, en s'appuyant sur la possibilité de disposer du code source qu'offre les logiciels libres, les pays africains peuvent s'appuyer sur ces logiciels pour développer des plates­formes adaptées à leur contexte, et même d'envisager une industrie locale du logiciel. Rappelons, par exemple, que les pays asiatiques ont joint leurs efforts pour créer une distribution propre de Linux (Asianux) qui prend par exemple mieux en charge les jeux de caractères spécifiques à cette région ; certains acteurs politiques et économiques ambitionnent de s'appuyer sur Asianux pour développer une industrie du logiciel en Asie.
CONCLUSION
CONDITIONS POUR LE DEVELOPPEMENT DU LIBRE EN AFRIQUE
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Développer et regrouper les compétences. L'absence de compétences constitue générallement le premier facteur bloquant lorsqu'une organisation souhaite passer au libre. Il est donc nécessaire de former davantage aux logiciels libres en priviligiant dans un premier temps les practiciens (développeurs, administrateurs réseaux, etc.) qui peuvent mettre en place des solutions libres dans les organisations. D'autre part, il faut regrouper les compétences existantes dans des réseaux ou associations pour promouvoir les logiciels libres et former les utilisateurs.
Fonder les migration sur une appréciation des besoins et des risques. La migration vers les logiciels libres, au niveau d'une organisation, ne doit pas se fonder sur des raisons idéologiques ou de mode, car elle peut s'avérer fastidieuse et comporte tout de même des risques, surtout lorsqu'il existe déjà un environnement éprouvé gérant des applications critques. Il faut un besoin réel, défini par rapport aux limites matérielles et financières de l'organisation, à la sécurité, à de nouvelles fonctionnalités dont la mise en oeuvre exigerait un coût important ou poserait d'autre contraintes techniques avec les logiciels propriétaires. Signalons ici qu'un des critères importants de choix d'une solution libre est que cette dernière doit s'appuyer sur une communauté importante et dynamique. CONCLUSION
CONDITIONS POUR LE DEVELOPPEMENT DU LIBRE EN AFRIQUE
Miser sur le secteur éducatif. Les enjeux pour le secteur éducatif se situent à deux niveaux. Premièrement, les coûts d'informatisation des écoles et des universités peuvent considérablement être réduits ; à ce sujet, l'éducation est l'un des secteurs qui disposent d'une offre de logiciels libres abondante ; de nombreux packs permettant de monter rapidement un Intranet scolaire sous Linux existent (http://www.aful.org/education). Deuxièmement, sur le plan stratégique, la bataille logiciels libres/propriétaires se joue à long terme et en grande partie sur le secteur éducatif. L'adoption de Linux par les étudiants peut en effet contribuer à réduire la culture Windows et faciliter plus tard son intégration dans les organisations. Produire et non se limiter à la consommation des logiciels libres. Les africains doivent adopter une attitude pro­active par rapport aux logiciels libres, qui consisterait à contribuer à leur développement dans le cadre des communautés, mais également à lancer leurs propres projets : par exemple, j'ai souvent émis l'idée d'un Linux africain – (afrinux) sur le modèle asianux, de cms gouvernemental (comme spip­agora), etc. Pour ce faire, il est nécessaire de développer des pôles de compétences soutenus par l'Etat. L'intérêt de cette démarche est aussi de renforcer l'indépendance technologique et de garantir la perénnité de certaines plates­formes.
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SITES INTERNET
Associations
Informations
http://www.adullact.org
http://www.aful.org
http://www.april.org
http://www.ffii.fr
http://www.fsf.org
http://www.foruminternet.org
http://www.gnu.org
http://www.opensource.org
http://www.toolinux.org
http://www.generation­libre.com http://www.logiciellibre.net
http://opensource.mit.edu/
http://www.web­libre.org
Distributions
Annuaires de solutions libres
http://www.debian.org
http://www.mandriva.com
http://www.redhat.com
http://www.ubuntu.com
http://directory.fsf.org/ http://www.framasoft.net
http://www.freshmeat.net
http:///www.jesuislibre.org
http://www.sourceforge.net
39
40
MERCI DE VOTRE ATTENTION
http://www.minduh.gov.cm
ou
http://196.202.233.129 (Désolé. La gestion du .cm est calamiteuse !!! )
Télécharger ce document et d'autres sur mon site perso
http://www.riddac.org/ossamafrancois