EUROPEAN SURF/SKATE/SNOW BUSINESS BOARDSPORT

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EUROPEAN SURF/SKATE/SNOW BUSINESS BOARDSPORT
BOARDSPORT
ISSUE #070. AVRIL/MAI 2014. €5
INTERVIEW GRAND PONTE - ANDY MOONEY DE QUIK
QUOI DE NEUF DANS LA PLANCHE DE SURF
TENDANCES - LA CHAUSSURE DE SKATE ET LES LUNETTES DE SOLEIL
E U R O P E A N S U R F / S K AT E / S N O W B U S I N E S S
RESEAUX SOCIAUX - BOOSTEZ L’IMPACT DE VOTRE SHOP
PLUS ! RIDE O’METER, PROFILS DE MARQUES : ION, METRO & PENGUIN
NOUS
EDITO #70
Surf & French Editor Iker Aguirre
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En déambulant dans les halls des salons
d’hiver, on ne peut s’empêcher de ressentir que
l’industrie du snowboard s’éveille à de nouvelles
réalités. L’année dernière, tout le monde parlait
de rétablissement grâce à ce superbe hiver
mais, en réalité, le marché était tout aussi tendu.
Cette année, les marques ont accepté le fait que
le marché est encore faible et ont, à ce titre,
ajusté leur offre de produits. Les catégories non
essentielles ont été limitées et le nombre d’UGS
proposées a chuté. Cet état d’esprit qui “regarde
l’avenir en face” plutôt que celui qui consiste à se
retourner vers le passé, s’est ressenti sur tous les
salons et démos. Les marques se différencient
de la concurrence aussi vite que possible et
souhaitent développer leurs propres clés de
vente. L’année dernière, la mentalité était plutôt
au “garde un œil sur la concurrence et ne dévie
pas du chemin habituel”. Cette année, on est plus
dans le “je suis sur ma lancée, je trouve mon
propre chemin, et les concurrents peuvent bien
faire ce qu’ils veulent”. C’est un retour à l’ancien
état d’esprit des sports de glisse où les marques,
particulièrement celles de vêtements techniques,
étaient facilement identifiables par leur coupe
ou leur graphisme, et où les clients se voyaient
proposer un choix enthousiasmant ainsi que la
possibilité de se démarquer.
Snowboard Editor Rémi Forsans
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Skate Editor Dirk Vogel
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German Editor Stefan Dongus
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Content Manager Harry Mitchell Thompson
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Design & Art Direction Owen Tozer
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Design Assistant Roddy Bow
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Web Media Manager Denis Houillé
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Proofreaders Harry Mitchell Thompson, Insa
Muth, Marie-Laure Ducos
Contributors
Harry Mitchell Thompson, Dirk Vogel, Michael
Reinwald, Asier Zabarte, Luke Van Unen, Lucy
Paltz, Gordon Way, Fabien Grisel, Yuri Kolobov,
Franz Holler, Frank White, Joey Jorgensen,
Alex Crowe, Luke Van Unen, Miriam Deller,
Patrick Colton, Lucy Stephens, Ross Robinson,
Peter Warwick-Brown, Jade Persaud-Walters,
Daisy Maddinson, Clare McInerney, Tom
Wilson-North, Anna Langer, Holly Gear
Advertising & Marketing
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Extreme Sport Business
22 Friars Street, Sudbury
Suffolk, CO10 2AA. UK
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Motiver le consommateur plutôt que de jouer la
carte de la sécurité en standardisant les produits
: voici dorénavant une idée originale qui stimule
le marché. Il est temps d’identifier véritablement
ce que votre marque peut apporter au marché. Si
vous êtes en mesure de développer votre propre
stratégie, il y a de grandes chances que vous
attiriez de nouveaux clients dans votre segment
de marché, qui seront moins attachés au prix et
aux soldes sans fin.
Le sentiment dominant est que le skate et le
surf ont déjà bougé dans cette direction et il est
réjouissant de voir que le snowboard prend la
même décision. En réalité, il n’y avait pas d’autre
choix, parce que la voix que nous suivions comme
un troupeau était un cul-de-sac pour l’industrie.
Dans un marché destiné à un consommateur qui se
focalise sur le produit, où la différenciation n’existe
pas, le pouvoir se retrouve souvent entre les
mains du revendeur et permet, en particulier aux
magasins de marque, de s’offrir de grosses parts
de marché. Si nous offrons une diversité de choix
motivante, alors chaque acteur de ce marché doit
choisir quels segments cibler, et cela aura pour
effet d’élever le niveau. Donc “vive la différence”,
qui est positive dans de nombreux domaines.
Toujours à part.
L’équipe éditoriale de SOURCE.
SOMMAIRE
12. BRÈVES
47. LA LIGNE VERTE
15. LES SALONS
48. LES RÉSEAUX SOCIAUX
17. DÉMOS SUR NEIGE
52. BEST SELLERS
18. DÉTAILLANT DU MOIS : GODZILLA SURF SHOP
55. PROFIL DE MARQUE : PENGUIN
20. CONTROVERSE À SOTCHI
56. PROFIL DE MARQUE : METRO
QUOI DE NEUF DANS LA PLANCHE DE SURF
58. PROFIL DE MARQUE : ION
26. FEMMES ET BOARDSPORTS
60. NOUVEAUX PRODUITS
29. TENDANCES : LES LUNETTES DE SOLEIL
63. VEILLE DES MARCHÉS
32. LES LUNETTES DE SOLEIL EN IMAGES
68. OPPORTUNITÉS
36. INTERVIEW GRAND PONTE : ANDY MOONEY
70. EVÈNEMENTS
38. TENDANCES : LA CHAUSSURE DE SKATE
72. L’ŒIL DU CYCLOPE
44. RIDE O’METER
COUVERTURE : Kevin Olsen à Hossegor cet hiver. Kev est un shapeur qui vit à Hossegor et dirige Plonka Surfboards.
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BRÈVES
FRY ET RAPP DÉVOILENT
AMUSE SOCIETY
Mandy Fry et Summer Rapp ont révélé officiellement le nom de leur
marque de vêtements pour femmes : Amuse Society. Les deux associées
en ont également profité pour présenter le site web de la marque, www.
amusesociety.com, ainsi que pour annoncer son arrivée sur Instagram
et Facebook. La première collection sera proposée aux acheteurs à
l’international cet été ; elle se composera d’articles de prêt-à-porter, ainsi
que de bikinis et d’ensembles de plage. La marque s’affiche résolument
audacieuse, insoumise et sexy, et puise ses influences du côté du voyage
et d’une quête initiatique. À l’origine de la marque et aux commandes de
la création, Fry et Rapp s’emploient désormais également à étoffer leur
équipe, installée dans le siège d’Amuse à Costa Mesa en Californie. Nommée
VP of merchandising, Lydia Ballesteros est un transfuge de RVCA, où elle
occupait la tête du service Merchandising & Design. Dans leurs rôles de
coprésidentes, les deux fondatrices superviseront le développement produit,
le design, le marketing, la création de la demande et le e-commerce, tandis
que Paul Naude endosse le rôle de directeur général. Les opérations seront
gérées à partir de la maison mère de Paul Naude, Stokehouse Unlimited, déjà
à l’origine des récents lancements de la marque de surfwear pour hommes
Vissla et des lunettes D’Blanc.
RHYTHM DEMENAGE SON SIEGE
EUROPEEN À BIARRITZ
Rhythm vient de déplacer son siège européen à Biarritz, France. Le
déménagement, initié par le nouveau DG international, Joshua Barrett,
permettra d’abriter les pôles Design, Ventes, Marketing et Logistique sous
le même toit, et d’augmenter efficacité finale de la marque australienne en
Europe. A partir de l’été 2014, toutes les commandes seront expédiées du
nouvel entrepôt et, dès fin mai 2014, tous les représentants et distributeurs
sont invités à la présentation des collections Printemps 2015.
SPY EMBAUCHE UN NOUVEAU
BRAND MANAGER EUROPE
Nicolas Saumur rejoint le staff de Spy au poste de Brand Manager Europe
après une longue carrière dans le secteur de l’optique et, en particulier les
lunettes de sport. Tout d’abord Area Manager pour Oakley Europe à Paris, il
fut nommé quelques années plus tard directeur commercial France avant de
rejoindre Helly Hansen en 2005 comme responsable grands comptes. Par la
suite, Saumur avait créé sa propre société en France, distributeur de marques
de lunettes haut de gamme telles que Spy. Après un passage chez Rodenstock,
le fabricant d’optiques allemand, Nicolas a rejoint l’équipe de Spy.
#70
SALOMON SNOWBOARDS FAIT
DE DAVID PITSCHI SON GLOBAL
BRAND MANAGER
GOOGLE S’ASSOCIE À LUXOTTICA
POUR PROUIRE DES LUNETTES
CONNECTÉES
ELECTRIC NOMME UN NOUVEAU
DIRECTEUR MARKETING MONDE POUR
LES DIVISIONS SURF ET LIFESTYLE
Après avoir été rideur pro puis team manager pour la marque par le passé,
David Pitschi avait ensuite intégré les rangs de Billabong comme directeur
marketing. Aujourd’hui, Pitschi fait son retour chez Salomon, non pas au siège
à Annecy, mais auprès de l’équipe marketing basée à Portland dans l’Oregon.
Le géant de l’Internet a signé un contrat avec Luxottica, la maison mère de
Oakley et Ray-Ban, qui permettra à ces deux marques d’intégrer les technologies
d’objets connectés (“wearable devices”) de Google sur leurs futurs modèles de
lunettes. Pour l’instant, ce contrat ne vaut que pour les États-Unis et aucune date
de sortie n’est mentionnée. Mais c’est un pas de plus vers la commercialisation
grand public des technologies de type Google Glass.
Ian Foulke vient apporter à Electric ses treize années d’expérience dans
le secteur, en prenant la fonction de directeur marketing monde pour
les divisions surf et lifestyle. Foulke a en effet travaillé aux services
commerciaux et events pour Ambiguous Ind., au marketing chez West
Coast et au retail chez Z-Brand, avant de créer, il y a peu, la société
Blacksmith Mfg.
DESPOMAR DEVIENT LE
DISTRIBUTEUR PRINCIPAL DE
VONZIPPER EN EUROPE
REEF EMEA REMISE SUR PIED
LANCEMENT
D’ACTIONSPORTSJOB.COM
www.actionsportsjob.com a été lancé par Munchie Konsilium, une des
agences de sports d’action dominantes en Europe, basée à Munich. En
travaillant de près avec les entreprises et les distributeurs du secteur des
sports d’action, Munchie Konsilium a identifié le besoin d’une plate-forme
englobant les offres de distribution et d’emploi en Europe. De nombreux sports
d’action sont similaires par leur nature, requérant les mêmes qualifications
de la part des futurs employés. En conséquence, un site unique s’imposait.
De plus, une nouvelle section dédiée aux freelances a été ajoutée, afin que
les marques puissent facilement trouver les qualifications spécialisées dont
elles ont besoin pour des projets qui ne nécessitent pas des employés à plein
temps. Source travaillera aux côtés de www.actionsportsjob.com en publiant
les offres d’emploi et de distribution pour les sports de glisse.
VISSLA ET D’BLANC RECRUTENT
Christine Arrondeau a été nommée directeur administratif et financier de
Stokehouse Europe, tandis qu’Adrien Waller prend les fonctions de chef de produit
pour D’Blanc et de coordinateur marketing pour Vissla. Tous les deux seront
sous la coupe de François Carette, directeur général Europe de la maison mère
Stokehouse. Arrondeau est passée par Grind Distribution (distributeur France de
Globe) avant d’occuper les mêmes fonctions au niveau européen après le rachat
de la société par Globe International. Waller a occupé diverses fonctions au
sein de VonZipper Europe depuis 2010, d’abord coordinateur marketing Europe,
avant d’œuvrer au niveau commercial et produit, pour finalement occuper le
poste de Brand Manager Europe lors des deux dernières années. Pour venir
compléter cette équipe, Stokehouse Europe s’adjoint également les services
de Matt Stephen en tant que Master Agent pour la Grande-Bretagne, dans le
cadre des lancements de Vissla et D’Blanc. En Espagne, Raul Garica rejoint
l’entreprise au poste d’agent commercial ; il possède une expérience de 30 ans
dans le secteur du surf et des lunettes, ancien team manager et représentant
pour Electric notamment, et gérant de Special Surf School en Cantabrie. Les
collections Vissla et D’Blanc débarqueront en magasins au mois d’avril 2014 aux
États-Unis, en Europe (GB), en Australie, au Japon, en Amérique centrale et du
sud, ainsi qu’en Afrique du sud.
DU SURF EN EAUX FROIDES DANS
UNE PUB TÉLÉ DE JÄGERMEISTER OUTDOOR SPORTS VALLEY ET
Pour sa toute première publicité télévisée en Grande-Bretagne, la marque EUROSIMA S’ASSOCIENT
de spiritueux Jägermeister a choisi de mettre en scène des surfeurs
professionnels britanniques et irlandais en action sur des spots en Islande, afin
de mettre en avant la robustesse de ces surfeurs habitués aux températures
glaciales. La réalisation a été confiée aux créatifs de l’agence londonienne The
Red Brick Road, qui déploiera le reste de la campagne sur les 12 prochains
mois. Parmi les têtes connues figurant dans la publicité, on note la présence
de Richie Fitzgerald, Dave Blount, Owain Davies, Oli Adams et Ben Skinner.
12
Toutes deux des associations visant à représenter les intérêts et assurer
le développement du secteur de l’outdoor et des action sports, OSV et
EuroSIMA franchissent un nouveau cap dans le cadre de leur partenariat
existant et décident de fusionner leurs services. Cette approche
collaborative vise à offrir une série de services toujours plus nombreux
à leurs quelques 340 membres combinés et ainsi d’assurer une présence
forte au niveau national comme européen.
VonZipper a annoncé que Despomar devenait son Master Distributor pour
l’Europe. Le portefeuille d’activités de Despomar couvre déjà les action sports,
le secteur de la mode et du lifestyle, ainsi que les marchés de la montre et
des lunettes, sur les territoires portugais, espagnols et français. Le directeur de
Despomar, Ricardo Araujo, fera appel une nouvelle équipe pour assumer cette
surcharge de travail. Despomar a été l’un des premiers à distribuer VonZipper
en Europe et affiche des résultats excellents sur ce compte, grâce notamment
à une très bonne perception de la marque et à une grande connaissance de ses
produits. En s’appuyant sur un réseau très fourni, Despomar a mis à profit ces
qualités pour devenir un acteur incontournable sur la scène européenne.
UNE NOUVELLE BRAND
MANAGER POUR NIKITA
CLOTHING ET BONFIRE
SNOWBOARDING
La nouvelle brand manager Vicki Vasil sera basée au siège de Nikita à Portland
dans l’Oregon, d’où elle travaillera en collaboration avec les équipes du design,
dont Heida Birgisdottir, la fondatrice de Nikita. Auparavant, Vicki dirigeait l’équipe
marketing d’une agence spécialisée dans le numérique, se consacrant au
branding ainsi qu’à la présence sur les réseaux sociaux ou encore aux relations
publiques, à la fois pour le e-commerce et le commerce physique. Avant cela, elle
a occupé le poste de directrice du marketing pour la Board Retailers Association.
Vicki sera responsable de la mise en place de la stratégie marketing de Nikita et
Bonfire, axée principalement sur le numérique et les réseaux sociaux au niveau
des marchés d’Amérique du nord et de la zone EMEA.
O’NEILL WETSUITS SE DOTE
D’UN NOUVEAU DIRECTEUR
MARKETING EUROPE
Jan Michaelis remplace Steve Peters au poste de directeur marketing
Europe chez O’Neill. Michaelis devra mettre en œuvre la stratégie marketing
de l’entreprise et sera en charge des budgets pour le marché européen.
Il sera basé au siège Europe d’O’Neill Wetsuits à Midhurst en GrandeBretagne. Michaelis avait rejoint O’Neill il y a deux ans en tant que directeur
marketing pour O’Neill Apparel et avait mené à bien des projets comme le
O’Neill Shoreditch Showdown et le Working Artisans Club.
Après une période de restructuration interne au sein de VF Corporation, Reef
disposera désormais d’une équipe de direction spécifique pour assurer le
développement de la marque. À la tête de cette équipe, on retrouve Nathan Hill,
récemment nommé directeur général EMEA après avoir occupé le poste de
directeur commercial chez Reef EMEA. À ses côtés : Marco Mombelli, directeur
marketing, et Claude Cornu, directeur des divisions Footwear et Apparel. Tous
deux travailleront en étroite collaboration avec Nathan Hill afin d’assurer la
cohérence du message et des choix de la marque. Cette décision résulte de la
volonté d’ancrer l’héritage de la marque dans l’industrie du surf, alors que Reef
entame une série de célébrations de son 30ème anniversaire en 2014.
NOUVELLE RECRUES CHEZ GSM
Frank Voit devient le directeur général monde de Element. Entré chez Billabong en
2001, il était depuis 2007 le directeur général Europe pour Element et RVCA. Depuis
son arrivée à ce poste, Element a plus que doublé son chiffre d’affaires, inscrivant
durablement la marque dans une phase de croissance. En tant que directeur
général monde d’Element, il œuvrera aux côtés du fondateur de la marque, Johnny
Schilleriff, afin de déterminer et de faire respecter les orientations stratégiques
de la marque au niveau international. Frank sera également responsable de la
mesure et du contrôle des résultats d’activité (P&L), tout en supervisant le design,
la commercialisation et le marketing, afin d’atteindre les objectifs financiers de
la marque. Frank demeurera basé en Europe jusqu’au milieu de l’année 2015 et
continuera à soutenir les efforts d’Element et RVCA Europe tout en effectuant des
allers-retours réguliers aux États-Unis. Lors de cette transition, il s’assurera de la
mise en place d’un plan de succession avant son départ définitif pour les ÉtatsUnis. Parmi les autres nominations, il est à noter que Mark Weber rejoint également
Billabong, après avoir été président et membre du conseil d’administration de
RAEN Optics. Auparavant, Weber avait passé 15 années chez Hurley à différents
postes clés au niveau commercial, branding et commercialisation. Mark sera sous
la coupe du président de la marque Billabong à l’international, Shannan North.
NOUVEAU CHEF DE PRODUIT
WETSUITS, MONTRES ET
SURFBOARDS CHEZ RIP CURL
Borja Torres succède à Jonathan Cetran, ce dernier se consacrant désormais
à une nouvelle aventure professionnelle. Borja a occupé un certain nombre de
postes aux sein de Rip Curl Espagne, d’abord assistant directeur entrepôt, avant
de devenir area manager, puis représentant et enfin directeur commercial pour
l’Espagne. Surfeur passionné, Torres a également déjà participé à l’organisation
de nombreuses compétitions et événements dans le surf. Sa connaissance
approfondie du surf business devrait l’aider à relever ce nouveau défi qui
commencera à partir d’avril, date de son entrée en fonction à ce nouveau poste.
13
retour sur les salons
RETOUR SUR LES SALONS
ISPO 26/29 JANVIER, MUNICH, ALLEMAGNE
Commençons par les chiffres, toujours très impressionnants : c’est de loin
le salon de sports d’hiver le plus important d’Europe, sinon du monde. Plus
de 80 000 participants de 110 pays se sont rendus au salon qui se déroulait
sur quatre jours. 66 % des visiteurs venaient de l’étranger, la plupart
d’Italie, d’Autriche, de Suisse, de France et du Royaume-Uni, la tendance
internationale actuelle du salon. De plus, il y a eu une forte augmentation
des visiteurs des autres pays comme les USA et la Russie. Un record, avec
2565 exposants de 51 pays et un espace d’exposition légèrement supérieur
avec 104 720 m² au total. De plus, ISPO 2014 a, pour la première fois
cette année, donné le coup d’envoi de la saison des salons internationaux
de sports d’hiver, ayant été avancé d’une semaine (au 26 janvier), avant
le salon SIA aux États-Unis. Les halls sports de glisse étaient toujours
aussi prisées, avec des plates-formes thématiques apportant une touche
de spécificité à l’offre proposée et permettant à ISPO de développer de
nouveaux secteurs du marché. La plate-forme free ride, Tailgate Munich
ISPO, inspirée par la responsabilité sociale entrepreneuriale de Brands For
Goods et l’éco-responsabilité de GreenRoomVoice, le Scooter Village, le
Longboard Embassy et la SUP Area, tous ces espaces se sont développés
avec beaucoup de succès et ont assuré une bonne représentation de ces
secteurs en particulier. Une nouveauté cette année, la plate-forme Freeski
Summit, située au centre du A3 et organisée par Distillery Concepts
& Creation, a eu un franc succès et a donné à ce marché l’opportunité
de prouver ses qualités intrinsèques. C’était plaisant de voir le retour
d’acteurs clés du milieu du skate et la proximité de la mini-rampe Volcom
a permis de concentrer l’intérêt sur le matériel de skate. L’aspect
technique du skate a bien collé avec l’association affichée d’ISPO aux
sports techniques. La scène du ISPO Action Sports Summit a accueilli un
programme chargé, fait de rencontres et de présentations, et a focalisé les
regards sur les nouveaux services associés d’ISPO, parmi lesquels ISPO
Academy, ISPO Beijing et ISPO Jobs.
Les acteurs principaux étaient présents à quelques exceptions près
et le salon a rempli son rôle principal à savoir l’exercice cocardier de
représenter le snowboard et tous les autres sports d’hiver. Sa souplesse
et sa force indiquent non seulement à notre base de revendeurs mais aussi
plus largement à l’industrie du sport qu’il y a de bonnes affaires à faire
dans les sports d’action. Cela prend de plus en plus d’importance alors que
les revendeurs sont dorénavant plus contraints par l’économie que portés
par leur passion pour les sports.
Les collections de vêtements techniques étaient bien plus variées, chaque
marque se focalisant dorénavant de manière plus prononcée sur ce qu’elle
souhaite vraiment faire, sans trop se soucier de la concurrence. L’offre
de matériel a reculé et les catégories périphériques ont été supprimées,
afin de mieux concentrer la ressource des marques sur leurs best-sellers.
Quant aux ISPO awards dans les sports d’action : le produit général de
l’année a été remporté par Union Binding Company avec la fixation FC, le
gagnant de la catégorie sac et sac à dos a été Picture Organic Clothing
pour le sac Rethink. Le gagnant de la catégorie boots de free ride a été
Burton avec la Viking, le gagnant de la catégorie boots de Freestyle a été
32 avec la Ultralight 2. APO a remporté la catégorie fixation avec la Dual
Iconic. Les gagnants de la catégorie splitboard ont été Burton avec la
Landlord et Jones avec la Ultracraft, le gagnant de la catégorie matériaux et
fabrication a été Endeavor Snowboards avec sa technologie de flanc sans
couture et les gagnants ex aequo de la catégorie masques ont été Gloryfy
avec son GP3 Transformer et Anon avec le Mig.
La soirée ISPO la plus marquante a été la soirée 686 Lights Out avec des
gagnants, des perdants et la foule profitant du spectacle. 2015 verra le
retour d’ISPO à sa date traditionnelle, du 5 au 8 février, à noter dans vos
calendriers dès maintenant. www.ispo.com
BRIGHT 15/17 JANVIER, BERLIN, ALLEMAGNE
Cet hiver, Bright se déplaçait sur son troisième lieu pour sa troisième année.
Mais cette fois-ci, il a la structure idéale à l’endroit idéal. Le nouveau lieu
du salon est l’ancien grand magasin Jandorf construit en 1904. À l’intérieur
se trouve une grande zone d’exposition sur deux niveaux avec de grandes
vitres qui vont du sol au plafond offrant beaucoup de lumière et des espaces
aérés pour une meilleure visibilité des exposants. Le nouveau site permet
une circulation très améliorée des visiteurs, comparé au site précédent,
les exposants étant répartis sur les deux niveaux. Le nouveau site a été
plébiscité par tout le monde ; très certainement le meilleur bâtiment dans
lequel Bright se soit déroulé depuis qu’il a été déplacé à Berlin. Situé au
centre de Berlin Mitte, à seulement cinq minutes de marche de Rosenthaler
Platz, il se trouve à proximité de nombreux magasins de vente pertinents et
facilite l’accès aux autres salons de la Fashion Week berlinoise. Avec BBB à
seulement 20 minutes, il semblerait que de nombreuses personnes auraient
fait le déplacement jusqu’à Bright. Le salon était bondé tous les jours, les
organisateurs observant une augmentation du nombre de visiteurs de
30 % parmi lesquels la moitié venait de l’extérieur de l’Allemagne. La liste
des marques a confirmé le changement du paysage des marques dans une
direction plus lifestyle streetwear avec très peu d’équipement exposé. Parmi
les nouvelles marques dans le salon, on comptait Nixon, Burton, Diamond
et Kangol. Cette année, les Bright European Skate Awards se sont déroulés
à la House of Vans face à un public tapageur. Sans surprise, Polar a été
élue marque de l’année à nouveau, avec Street Machine de Copenhagen
raflant le Shop of the Year, et Youness Amrani dérobant à Kingpin le Skateur
Européen of the Year. Les autres gagnants étaient les Reader’s Choice
: Eniz Fazliov ; Charity of the Year : Uganda Skateboard Media ; Website of
the Year : Live Skateboard Media ; Magazine of the Year : Fluff ; RedBull.com/
skateboarding Videographer of the Yea r: Patrick Wallner et Photographer of
the Year : Sam Ashley.
Pour l’événement estival, la demande en termes d’espace a imposé aux
organisateurs d’envisager d’occuper le troisième niveau. C’est d’ailleurs ce qui
va se passer puisque la popularité du salon augmente alors qu’il est dorénavant
l’événement principal pour la partie plus jeune de la mode au sein de la Fashion
Week berlinoise, en particulier grâce au fait que BBB semble avoir déjà connu
son apogée. Le prochain salon se tiendra entre le 8 et 10 juillet 2014. Pour plus
d’information, rendez-vous sur www.brighttradeshow.com
15
retour sur les salons
demos sur neige
DEMOS SUR NEIGE
JACKET REQUIRED, 5-6 FÉVRIER, LONDRES, RU
Depuis la disparition du seul salon de sports d’action d’Angleterre, le
London Edge, l’industrie s’est fragmentée en plusieurs petites solutions
d’exposition, ce qui a permis aux marques de trouver celle qui lui
correspondait le mieux à ses besoins, et il semblerait que ce soit le cas
pour les quelques années à venir. Les marques de skate partent dorénavant
en tournée avec un arrêt dans le sud-ouest à Bristol se déroulant à Shiner,
le nouveau salon London Place et le salon existant Manchester Place
dans lequel du snowboard est aussi exposé. Cela fournit aux marques
des opportunités d’exposition ciblées mais à un coût bien plus abordable
que les salons nationaux. De nombreuses marques ont choisi d’exposer
de nouveau à Moda mais les marques de sport d’action ont dorénavant été
complètement intégrées au salon, plutôt que de demeurer séparées dans
une zone thématique. Le nombre de marques streetwear de l’industrie
des sports d’action a augmenté au salon Jacket Required de Londres, qui
semble dorénavant être la destination la plus probable pour la secteur
vestimentaire de l’industrie.
SHOPS 1ST TRY – ZAMS, LANDECK, AUTRICHE, 12-14 JANVIER 2014
Un événement Premium biannuel pour le prêt-à-porter casual masculin, le
Jacket Required, est revenu pour sa sixième édition au Trueman Brewery
de l’Est de Londres récemment refait de fond en comble, où le salon se
déroulait à l’origine. Le salon occupe deux niveaux avec des sols en béton,
des murs blancs et une hauteur sous plafond standard. C’est un salon au
style “rack” sans stands dédiés, les marques profitant d’espaces de taille
similaire avec très peu de décoration supplémentaire. Cela fonctionne
très bien parce qu’alors les marques sont en mesure de concentrer leurs
ressources sur la vente des produits. L’espace supplémentaire du nouveau
site pour 50 exposants de plus, va permettre aux marques de sports de
glisse et de streetwear de s’impliquer. Parmi les marques présentes au
salon, on pouvait trouver : Altamont, Deus ex Machina, Carhartt, Dickies,
Globe Element, Herschel Supply co, Lightning Bolt, Electric, WESC, Makia,
Patagonia, Nixon, Carhartt, Polar, RVCA, Stance, Jimmy Z, Maui, Critical
Slide Society et Wemoto. Le salon de cet été se déroulera les 30 et 31 juillet
www.jacket-required.com
SLIDE, 4-6 FÉVRIER, TELFORD, RU
Le salon d’hiver annuel du Royaume-Uni continu d’être un point de
ralliement pour l’industrie et reste l’endroit privilégié où les acheteurs
peuvent avoir un bon point de vue des produits de la saison prochaine
sans avoir à quitter le pays. Le salon a été avancé de deux semaines de
manière à ne pas interférer avec les vacances. Et le créneau de milieu
de semaine, cette fois fixé du mardi au jeudi, a été conservé après son
succès de l’hiver dernier. Plus de 240 marques étaient représentées, avec
quasiment tous les principaux acteurs du vêtement technique, les marques
étant sans cesse attirées par le salon, avec par exemple Zeal Optics et
Picture Organic Clothing qui exposé pour la première fois. Les gagnants du
Slide Award de cette année, jugé par les revendeurs et les médias sur les
16
pour essayer de comprendre de quelle manière on peut augmenter
la participation au snowboard. La discussion a été menée par Andy
Speiss et les examinateurs comprenaient Andreas Weiss de K2 Sports
Europe, Andi Rauscher du magasin X-Double Snowboard Innsbruck,
Matthias Baier de Shred-Kids Projekt, Boris Kilvinger de Snowboard
Verband Deutschland, Benny Pregenzer de Fisser Bergbahnen,
Bene Heimstädt de Pleasure Magazine et Manfred Reich de www.
kidsonsnow. Les résultats de cette année du BoardSport SOURCE/
SHOPS 1st TRY Retailers Choice Design Award ont été Goodboards
en première place, pour la deuxième année consécutive, Ride, en
deuxième position, avec le pro modèle Wildlife Marco Feichtner et,
en troisième position, la Sideway Sista de Nikita. Le dîner de lundi
a été suivi d’un groupe rendant hommage à AC/DC et les choses
sont devenues assez intenses. Le lieu et la date pour l’événement de
l’année prochaine ne sont pas encore fixés. Rendez-vous sur www.
shops-1st-try.com pour plus d’informations.
SNOW AVANT-PREMIERE, A LA CLUSAZ & ASAP ANNECY, FRANCE, 12-14 JANVIER 2014
deux premiers jours du salon ont été les skis pour bébés débutants Lucky
Bums en ce qui concerne le matériel, la veste Rojo Supanova conçue
en Australie avec une note produit de 10/10 et un imprimé artistique en
édition limitée pour la catégorie des vêtements, puis la version noire de
la Go Pro HERO3+ dans la catégorie des accessoires. Les marques ont
été satisfaites de la qualité des visiteurs mais auraient souhaité en voir
plus, comme à l’accoutumée. La fête Mexican Beach a fait mal à quelques
têtes… mais le marché anglais ressentant une meilleure ambiance
économique à long terme, il était temps de faire la fête. Le salon ISPO
ayant été avancé dans le calendrier, il sera intéressant de voir quelles
seront les dates du Slide pour 2014.www.slideuk.co.uk
SPORT-ACHAT, 17-19 MARS, LYON, FRANCE
La 14ème édition du salon qui se déroulait à Euroexpo à Lyon s’est
terminée sur un total de 3966 visiteurs, une augmentation de 7,5 % par
rapport à l’année précédente. Sport-Achat est le dernier salon d’hiver en
France, permettant aux acheteurs de participer à divers autres salons
organisés par Sport Air et leur donnant ainsi l’opportunité de se concentrer
sur leurs exigences d’achat dès leur arrivée au salon. Même si, au total,
1637 magasins ont envoyé leurs représentants au salon, les affaires ont
tout de même été affectées par une ambiance économique glaciale. La
saison de Snow en France n’a pas été des meilleures, malgré un début
prometteur, le manque de neige général et une météo froide ayant engendré
des conditions difficiles. Mais ce qui a surtout joué, c’est que l’économie
générale traverse une phase difficile, comme l’expliquent les personnes qui
Cette démo sur neige de Venet à Zams/Landeck est l’événement
pré-ISPO le plus important pour les revendeurs de snowboard en
Allemagne et en Autriche. Déjà à sa cinquième année, 47 marques ont
fait la promo de leurs planches, boots, fixations, masques, protections,
gants, sacs et vêtements techniques. Cette année, les nouvelles
marques de l’événement comprenaient Rossignol et Technine. Les
chiffres intéressants ont été collectés par le système de tracking
produit Candy 1.1 RFID de Shops-1st-Try qui offre des compte-rendu
journaliers sur ce qui a été testé. Les résultats ont montré que les
planches hybrides ont constitué plus de 60 % des planches testées, le
nombre moyen de tests par personne a été de 11,55 et chaque planche
a été testée pendant 55 minutes en moyenne. 5137 tests individuels
sur toutes les catégories de produits ont été enregistrés par le
système. La discussion, le dîner et la fête de la ISPO Academy, le
dimanche soir, se sont déroulés à l’hôtel de ville de Landeck. Le sujet
de la ISPO Academy a été “les nouveaux arrivants sur des planches”,
Chaque année, la Snow Avant-Première continue d’accueillir plus de marques
et cette 13e édition ne fait pas exception à la règle avec 43 marques présentes
parmi lesquelles de nouveaux exposants comme Rip Curl, Endeavor, Kali
Protective et Technine. La Snow Avant-Première est la plus internationale des
démos sur neige et attire des revendeurs d’Angleterre, d’Irlande, de Suisse, des
Pays-Bas et de Belgique. 415 magasins au total participent aux trois jours et
plus de 3700 tests de produits et accessoires ont eu lieu sur les trois journées.
En plus des stands, certaines des marques de matériel ont construit de petits
show-rooms à l’intérieur de la grande tente, qui abritait aussi les marques de
vêtements techniques et d’accessoires. L’événement a débuté avec une belle
météo mais les deux jours suivants ont vu des chutes de neige. Chaque soir, une
happy hour s’est tenue dans la tente des show-rooms, au Sunday, au centre de
La Clusaz, avec DJ Philippe de Radio Meuh, mixant jusqu’au petit matin.
ASAP, le show-room avant-première d’Annecy pour les marques de vêtements
techniques, se déroule vers les mêmes dates que la démo sur neige. Cette
année, plus de 300 magasins ont participé et 59 marques avaient des showrooms ouverts aux visiteurs. Le lundi soir, le traditionnel fashion-show sur
scène à l’hôtel Impérial Palace a rassemblé 40 marques présentant leurs
produits. Comme toujours, l’association de ces deux événements rend les
choses plus faciles pour les revendeurs quand il s’agit de découvrir tout ce
qui sera disponible lors de la prochaine saison. Pour les informations sur
l’événement de l’année prochaine, rendez-vous sur www.sportair.fr
PRO SHOP TEST, BARDONECCIA, ITALIE, 19-21 JANVIER 2014
travaillent au niveau européen : c’est comme si la France expérimentait
seulement maintenant la crise économique que le reste de l’Europe vient
de traverser. Les affaires sont effectivement plus difficiles mais, comme
le Royaume-Uni, l’industrie française a besoin de son propre salon pour
faire preuve de son importance sur un marché national plus étendu. 320
exposants et 620 marques sur plus de 18 000 m² d’espace dans les halls
3 et 4, impliquant la plupart des marques de matériel et de vêtements
techniques de snowboard. Le lundi soir, Gore-Tex et Sport-Air ont organisé
une soirée de rencontre entre les revendeurs et les marques afin de donner
à tout le monde l’opportunité de se détendre après une difficile journée
passée à parcourir sans cesse toutes ces allées. L’édition estivale de
Sport-Achat se déroulera les 8 et 9 septembre prochain. www.sportair.fr
La quatrième édition du Pro Shop Test s’est déroulée à Bardonecchia,
un nouveau lieu qui a offert un accès facile à la station, une meilleure
organisation du village de tests et des logements pour 300 des participants
dans seulement deux hôtels. La démo a bénéficié d’un temps ensoleillé
pendant les deux jours et les participants ont bénéficié de conditions
parfaites pour tester les produits puisque les fortes chutes de neige des
jours précédents ont permis de tester le matériel de free ride de manière
illimitée. 103 magasins ont participé provenant de 14 régions italiennes,
pour tester les produits de 63 marques. 1535 produits étaient disponibles
en test (542 planches, 489 fixations, 106 boots, 34 casques, 89 masques,
147 freeskis, 60 skis alpins, 6 splitboards et 64 autres accessoires). Les
participants ont aussi eu l’opportunité de bénéficier de l’atelier ISPO
Academy mené par Musuraca, un juriste de l’antenne de Bologne de
Martinelli Rogolino, le fournisseur italien leader de services juridiques aux
associations sportives professionnelles et amatrices. La fête ISPO Welcome
Party se déroulait lundi soir au lounge bar du village olympique, qui a
accueilli la présentation des Snowboard Shop Awards. Cette fois-ci, le Best
Shop Award a été attribué à Minoia Store, tandis que les deux nouvelles
catégories d’award ont été attribuées à 100-one (Trento) avec le Pointbreak
Best Shop Activity pour “Pimp my Riding, cours gratuits pour filles”, et
Angelo Vicini, fondateur et propriétaire des magasins “Morgan”, qui s’est
vu attribuer le Source Lifetime Achievement Award. Le prochain Pro Shop
Test se tiendra à Andalo (TN), juste avant ISPO 2015. Toutes les dates et les
informations détaillées seront bientôt disponibles sur www.proshoptest.com
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détaillant du mois
GODZILLA
SURF SHOP
Situé aux Canaries sur l’île de Tenerife, Godzilla Surf Shop
jouit, toute l’année, d’un climat exceptionnel. Devenue une
destination prisée des surfeurs, Tenerife peut s’appuyer sur
un secteur du tourisme établi depuis longtemps. Dans ce
contexte favorable, les gérants de Godzilla connaissent une
réussite qui en ferait rêver beaucoup d’autres.
Comment est né votre surf shop ?
J’ai lancé Godzilla Surf Shop il y a de cela trois ans avec, dès le départ,
l’idée de le développer petit à petit. Démarrer en pleine crise économique,
comme je l’ai fait, était risqué mais, à force de volonté et de travail, le
chiffre d’affaires augmente d’année en année et j’espère continuer ainsi
très longtemps. À Tenerife, la scène surf continue à grossir et les ventes
explosent. Je n’ai aucune inquiétude sur l’avenir du magasin.
ventes se sont faites avec nos t-shirts Godzilla, ce qui est un super
résultat pour nous.
Justement, pouvez-vous nous décrire la scène surf à Tenerife ?
Ici, la scène surf est vivante toute l’année et c’est d’ailleurs ce qui fait la
réputation de l’endroit à travers le monde. Ils sont de plus en plus nombreux
à venir découvrir la qualité de nos vagues. Grâce au climat privilégié des
Canaries, associé au fait que les vols depuis l’Europe ne sont pas très chers,
il n’est pas étonnant de constater que l’île est devenue une destination très
populaire chez les surfeurs.
Quel article a été votre best-seller ? Quels sont les familles de produits qui
marchent, ne marchent pas ?
Les combinaisons se vendent bien et ce, toute l’année ; nous proposons
différentes épaisseurs en fonction des saisons. Tout l’intérêt de posséder
notre propre marque Godzilla est que nous pouvons proposer des produits de
notre choix et assurer des ventes sur toute l’année.
Quelle est votre recette pour offrir une vitrine aussi alléchante ?
Nous avons opté pour un aménagement plutôt simple du shop, avec des
corners réservés aux marques qui se vendent le mieux. Et nous faisons en
sorte d’afficher les meilleurs prix du coin. Je pense que posséder une très
jolie vitrine est un atout et nous avons pu constater que nos ventes y étaient
directement liées, avec une hausse de l’ordre de 15 %. De même, nous avons
choisi un logo simple, facile à mémoriser et qui se démarque des autres.
Quels conseils auriez-vous à donner à d’autres petits détaillants
indépendants qui sont concurrencés par de grands mégastores ?
Tout ce que je peux dire, c’est que l’attention portée individuellement au
client est quelque chose de crucial. Un service à la clientèle de qualité est
indispensable et, en dehors de ça, nous nous assurons de proposer des articles
plus underground, que les mégastores ne parviennent pas à référencer.
Sponsorisez-vous des rideurs canariens ?
Nous sponsorisons Alex Mussolini, qui a été second mondial sur le PWA
Windsurfing World Tour, ainsi que Bart David, la star locale, ou encore le
meilleur espoir de Tenerife, Tim Van Dam. Comment ne pas avoir envie de
sponsoriser quelqu’un qui possède un nom aussi cool ?
Parmi les nouvelles/petites marques, lesquelles sont vos préférées ?
Évidemment, notre marque préférée est la nôtre : Godzilla. Nos meilleures
Dans cinq ans, comment voyez-vous votre shop ?
J’espère que nous parviendrons à poursuivre la croissance du shop physique
et à accroître notre présence au fil des ans. Je souhaite aussi que la marque
Godzilla devienne un véritable pilier au niveau de la scène locale.
Quels sont les avantages à gérer une boutique physique plutôt qu’un
magasin en ligne ?
Les avantages d’un magasin physique sont aussi simples qu’importants. Je
m’explique : un magasin physique permet au client de venir essayer des articles
et à nous de le conseiller directement en lui offrant toute notre expérience. Ici
à Tenerife, il nous arrive régulièrement d’accueillir des clients qui n’ont jamais
pratiqué le surf ou le windsurf ; ils sont là simplement en vacances et se rendent
dans notre magasin par curiosité pour en savoir plus sur ces sports.
En quoi votre magasin se distingue-t-il de la concurrence et lui permet de
réaliser de meilleures ventes ?
Nous sommes perpétuellement en recherche de nouvelles idées ou de
nouvelles opérations promotionnelles pour attirer le client, qu’ils soient des
surfeurs locaux ou des visiteurs. Nous nous renouvelons en permanence.
Quelles sont les futures tendances du secteur selon vous ?
La marque “mystère”, pour sûr. Nous en avons vendu beaucoup ces
derniers temps...
Quels sont les événements que vous organisez ?
Pour le moment, nous travaillons sur trois projets secrets. D’ici quelques
semaines, vous saurez tout en vous rendant sur notre site. Nous allons
également organiser deux épreuves juniors de Coupe du monde en windsurf,
les Godzilla Young Guns 2014.
GODZILLA SURF SHOP, TENERIFE
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controverse
controverse
CONTROVERSOCHI
A peine terminés les 22èmes Jeux Olympiques d’hiver que Source ne peut s’empêcher de faire le point sur ces jeux dont
la controverse n’a jamais cessé d’enfler. Cependant, outre les 40 000 spectateurs rassemblés sur place, la cérémonie
d’ouverture a tout de même été suivie par quelque 3 milliards de téléspectateurs dans le monde. Au-delà des différents
aspects économico-politico-environnementaux liés précisément à la tenue des épreuves à Sotchi en Russie, quel est
l’intérêt des snowboardeurs d’être présents dans ce barnum planétaire ? Manipulés par la FIS et le CIO ? Complices
pour le meilleur ou pour le pire ? Analyse par Rémi Forsans
Le snowboard aux JO de Sotchi représentait, pour la première fois,
30 médailles sur les 98 épreuves pour 15 disciplines dans 7 sports (le
snowboard est classé dans le ski !!). Donc au total 10 épreuves snowboard
(5 hommes et 5 femmes) dans cette 5ème olympiade. Les USA sont
premiers du classement avec 5 médailles.
Ces JO sont les plus chers de l’histoire : la facture s’élève à 36 milliards
d’euros (l’équivalent des six dernières olympiades hivernales cumulées)
! Est-ce bien raisonnable pour un pays dont le niveau de vie est si
inégalement réparti (Moscou détient à elle seule 22% du PIB russe qui est
le 8ème mondial). Est-ce bien ce que le sport doit représenter?
Le controversé président Poutine en a profité pour diffuser sa propagande
homophobe en promulguant une loi punissant d’amende et de prison la
“propagande” de l’homosexualité. Le sport ne devrait-il pas être absent de
ces considérations ?
Le climat de Sotchi répondait-il vraiment à l’image d’une ville accueillant les
Jeux d’hiver ? Située à une latitude méditerranéenne, cette station d’hiver
construite de toutes pièces, sans aucun respect des sites naturels défoncés
de toutes parts, ne répond pas aux critères normaux d’un lieu propice
à la pratique des sports d’hiver. Nous l’avons bien vu, des températures
printanières en journée ont donné des sueurs froides aux organisateurs
qui ont dû stocker un million de mètres cube de neige en prévision. Un
véritable cauchemar écologique.
Toute cette gabegie financière, humaine, correspond-elle vraiment à la
réalité de notre sport ? N’est-ce pas “too much” pour un événement sportif
qui ne dure que 15 jours tous les 4 ans et qui n’est souvent que l’épreuve
d’une journée pour les compétiteurs, ne reflétant pas toujours la carrière
des athlètes impliqués.
diffuseurs qui en profitent pour se gaver de publicité pendant 15 jours.
Capter l’intérêt des téléspectateurs est l’objectif N°1, avec des exclusivités
données par le CIO à des tarifs hallucinants (NBC a payé 3 milliards
d’euros au CIO pour l’exclusivité aux Etats-Unis sur 4 olympiades). Bref,
un énorme business. Du coup pour le CIO, le challenge est de capter les
jeunes à travers leurs propres pratiques, de lutter et d’éliminer toute forme
de concurrence qui ferait, à termen baisser les revenus des JO. A Sotchi,
les Jeux d’hiver intégraient plus de la moitié du programme des X Games.
Le CIO n’a pas pour autant gagné la partie car l’hostilité au mouvement
olympique est forte et la lutte des communautés sportives est sans relâche.
Les marques endémiques du snowboard en retirent-elles pour autant des
bénéfices ? Hormis la joie de voir sa marque apparaitre à l’écran, ça n’est
pas si sûr car, depuis que le snowboard est olympique (1998), les ventes
n’ont jamais progressé, pire elles déclinent. Les JO ne sont certainement
pas un vecteur d’encouragement à la pratique sportive, on ne devient pas
snowboardeur en regardant les JO, il est souvent trop tard. Les JO ont donc
rendu le sport plus “mainstream” mais uniquement à la télévision.
Les rideurs en retirent-ils des bénéfices ? Deux écoles s’affrontent, celle de
Terje Haakonsen d’un côté et celle de Shaun White de l’autre. Le premier
peut se regarder dans la glace sans rougir, fier de ses convictions et fidèle
à ses engagements mais sans médaille olympique. Le second sera inscrit
dans les livres de l’histoire des sports et pourra exhiber fièrement ses
médailles à ses enfants, ses petits-enfants et être invité sur des plateaux
TV pour commenter les futurs JO. Vous rappelez-vous ceux qui ont gagné
les premières épreuves snowboard en 1998 ?
Le snowboard correspond t-il aux critères de l’olympisme ? Ce grand
cirque à la gloire de Coca-Cola et de McDonald’s (entre autres) utilise la
forte médiatisation de notre sport pour générer des bénéfices considérables
pour le CIO et ses complices de la FIS.
Le sport lui-même tire-t-il un profit direct des JO ? Le CIO finance
effectivement le mouvement sportif mondial. L’organisation reverse 90 %
de ses revenus aux comités nationaux olympiques (CNO), aux fédérations
sportives internationales (dont la FIS) et aux comités d’organisation
des JO. En plus des affaires de corruption de certains membres, des
contestations divisent le CIO car le comité olympique américain reçoit à
lui seul autant que les 201 autres comités nationaux et ceci en raison de la
prédominance historique des sponsors américains aux JO.
Ni le CIO, ni la FIS n’ont su faire évoluer les formats de compétitions, aucun
des deux n’a sollicité les athlètes ou les organisateurs d’événements pour
ajuster les formats aux évolutions naturelles du sport. Encore moins quand
il a s’agit de faire entrer le Slopestyle sur cette 22ème olympiade.
Les raisons sont fort simples : le CIO se moque complètement du
snowboard et de ses rideurs emblématiques, son seul objectif est de
nourrir les programmes de la télévision afin de répondre aux besoins des
Du coup, on pourrait rêver dans un futur proche que le snowboard
s’émancipe et récupère une partie de cette manne pour se financer,
participer à développer son enseignement et aider la promotion du sport…
Mais l’enjeu pour la FIS, à savoir perdre ces revenus, est trop important.
Peu importe que le sport survive ou pas, des tas de sports olympiques n’ont
aucun pratiquant. Comme d’autres sports, le snowboard est devenu une
machine à sous pour le CIO, et la FIS est la première à en profiter.
“Le CIO se moque complètement du snowboard et de ses rideurs emblématiques, son seul objectif est de nourrir les programmes
de la télévision afin de répondre aux besoins des diffuseurs qui en profitent pour se gaver de publicité pendant 15 jours. “
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Pic: Kevin Olsen, PLONKA Surfboards
tendances
LE MARCHE DU SURF 2014
Parlez de la crise autant qu’il vous plaira, le surf n’a jamais été en meilleure santé.
Les ventes de hardware explosent et les planches de surf suivent le pas. Par Iker Aguirre
En 2008 commença la traversée du désert. Ok. L’industrie du surf a
durement souffert. Largement plus que d’autres sous beaucoup d’aspects.
Mais, hey, est-ce une raison pour donner du crédit à des journalistes mal
informés qui vaticinent la “fin” de l’industrie du surf en Europe ? Certains
magazines économiques (français) aiment à faire résonner l’écho de news
catastrophiques pour nourrir l’incertitude dans les terres du surfwear.
Certes, tout n’est pas toujours rose sur ce front. Mais, saviez-vous que
la dernière étude NPD (2013), sur les marchés des action sports, stipule
que, parmi les jeunes (12 ans et moins) et les adultes (25 ans et plus),
nous avons atteint, voire dépassé, les volumes d’avant 2008 ? Saviez
vous que NPD anticipe que les 15-25 suivront en 2014 ? Une chose est
claire, le marché du surf est là et très déterminé à rester. Si vous avez
encore des doutes, parce que la seule chose que vous voyez ce sont les
restructurations économiques obligatoires que l’industrie a dû subir, vous
ne faites que tourner le dos à la plage. Parce que le surf y est à la fête !
Ces six dernières années, les ventes de hardware ont explosé pour
atteindre des niveaux jamais vus auparavant. Sacré “mauvais” signe, n’estce pas ? Le surf en tant que tel n’a jamais été aussi populaire. Ceux qui ont
su flairer la tendance ont même pu faire face à la crise et survivre, comme
le souligne Mark Price, CEO et fondateur de Firewire Surfboards : “Les
détaillants qui se sont concentrés sur les hardgoods pendant la crise s’en
sont mieux sortis que leurs confrères qui ont misé sur le textile”.
Rien qu’en France, l’an dernier, le nombre de cours de surf impartis
s’estime à plus de 500 000 et la tendance est identique pour le reste de
l’Europe. Des milliers de nouveaux venus intègrent le sport et Cédric,
gérant fondateur de Viral Surf (Pukas, Lost, Al Merrick, Future Fins),
en France, l’explique ainsi : “Le surf est très tendance de nos jours. Les
grandes marques (voitures, parfums, etc.) utilisent notre sport comme
véhicule de leurs messages et le font découvrir au grand public. La société
se retrouve dans les grandes valeurs du surf. En situation de crise, le
plaisir du surf répond à la frustration des gens. En plus, le surf reste une
pratique abordable. A ceci ajoutez la qualité croissante des wetsuits,
les piscines à vagues comme Wavegarden, les écoles de surf… Tous les
voyants sont verts pour la croissance.”
Le marché de la planche de surf, même s’il grandit, semble être stigmatisé
par un signe typique des habitudes de consommation en temps de crise.
Les catégories de produits les plus populaires peuplent les deux extrêmes
du spectre des prix de marché, le premier prix et le haut de gamme. Mark
Price le confirme : “Le marché de la planche de surf est très polarisé
entre les premiers prix et les planches premium. Le niveau intermédiaire
est un positionnement très compliqué”. Toutes les marques de surf qui
“Les détaillants qui se sont concentrés sur les hardgoods pendant la crise s’en sont mieux sortis que
leurs confrères qui ont misé sur le textile” Mark Price, CEO and founder of Firewire Surfboards
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tendances
“En plus, le surf reste une pratique abordable. A ceci, ajoutez la qualité croissante des wetsuits,
les piscines à vagues comme Wavegarden, les écoles de surf… Tous les voyants sont verts pour la
croissance.” Cedric, CEO of Viral Surf
peuplent ce ventre mou souffrent d’un sell-out médiocre. Les marques qui
se trouvent entre deux eaux sont celles qui sont “moins ou pas reconnues,
avec moins de potentiel de vente”, détaille Darren Broadbridge d’Euroglass
(Quiksilver, MR, Simon Anderson, Bradley, etc.).
pas la quantité de produit qu’elles injectent sur le marché et les endroits
où elles le font, nous allons souffrir d’un effet boomerang. […] Beaucoup de
problèmes associés à notre industrie ces dernières années sont dus aux
excès de distribution, indépendamment de l’impact négatif de la crise.”
Il y a quelques années, les planches fabriquées en Chine ont alimenté un
débat pour le moins animé. Avec des prix des fois jusqu’à 40% moins chers,
elles étaient une disruption sérieuse sur le marché. Désapprouvées par la
majorité comme une perversion commerciale sans âme, elles ont prouvé
leur impact positif sur le marché. Cédric, de Viral Surf, le dit ainsi : “J’étais
totalement contre ce genre de produits mais ils ont joué un bon rôle, aidant
à démocratiser le sport”. Darren Broadbridge partage cet avis en disant :
“Au début, beaucoup ont flippé, mais ces produits ont attiré beaucoup de
nouveaux pratiquants”. Et Mark Price rajoute : “Les produits premier prix, de
bonne qualité, sont une porte d’entrée positive pour le public néophyte”.
Dans les années à venir, Mark Price conseille simplement : “Je vais
paraphraser le titre d’un très bon livre : Differenciez-vous ou crevez”. Pour
Tiago Raimundo, “la plus grande tendance est la taille des planches. De jour
en jour, vous voyez des boards plus petites. Il y a aussi toute cette mode
autour du rétro”. Darren Broadbridge anticipe que la demande ira vers “les
matériaux plus légers et plus résistants” même si “ces matériaux seront
de plus en plus chers et affecteront le prix final”. Mark Price ajoute : “Nous
sommes témoins d’un intérêt croissant pour la performance ET la durabilité,
combinées à des outlines plus innovants, des matériaux et des contours
de planche nouveaux”. En plus, il anticipe que “le recours à des filtres
numériques, plus objectifs [comme le volume], pour déterminer la planche
idéale, va augmenter le nombre de planches vendues sur internet”.
Cédric se projette plus loin et anticipe : “Ce type de produits [faits en Chine]
s’essoufflera avec la maturation des consommateurs. Les gens n’achètent
ce genre de produits qu’une seule fois et optent ensuite pour un produit
plus haut de gamme lors de leur achat suivant.”
Quand il s’agit de produits haut de gamme, les stars de l’ASP imposent le ton.
Channel Islands, d’Al Merrick, domine la charge en équipant Kelly Slater, Dane
Reynolds et de nombreuses autres icônes du sport. DHD, avec Mick Fanning,
entre autres, s’impose aussi et ouvre même un nouveau QG européen au
Portugal, sous la direction de Tiago Raimundo. Les grands acteurs européens
restent les mêmes, sous le leadership de Pukas, Full&Cass, EuroGlass et
Surf Odissey. Sur le marché des planches en époxy ou moulées, alors que
Surf Tech a dominé la charge pendant des années, Firewire semble être la
nouvelle coqueluche des surfeurs, avec une distribution sélective et un sell-out
spectaculaire en dépit d’un prix moyen dépassant les 800¤. “Le gens sont
prêts à attendre plusieurs mois si un produit est en rupture de stock. Ils payent
même à la commande sans douter une seconde. Firewire les rend fous !”,
assure Stéphane Boully, ancien responsable de Surf Station, et propriétaire du
nouveau magasin Gallery Shop, à Soorts Hossegor.
“Le marché de la planche de surf est un écosystème qui inclut beaucoup
d’acteurs. Tous jouent un rôle très important, du distributeur au shapeur
local”, explique Cédric. Les shapeurs locaux sont des artisans qui dirigent
des microstructures. Ils jouent un rôle important au niveau local, avec
de petites productions allant de 50 à 400 planches par an. Même si ces
volumes, considérés individuellement, peuvent sembler confidentiels,
pris dans leur ensemble ils représentent une part importante du marché
total. Mais quelle part ? Une question difficile. Cédric le confirme : “Toute
anticipation n’est que pure spéculation parce que nous n’avons pas de
chiffres officiels pour baser notre perception.” La seule étude existante
a été publiée par EuroSIMA, en 2008-09, et elle estime une production
européenne d’environ 42 800 unités, parmi lesquelles 15 000 de production
industrielle. Le marché a beaucoup grandi depuis. En plus, ces chiffres
ne prennent pas en compte un acteur clef comme Decathlon, dont l’un
des responsables produit me disait, sans donner de chiffres (hélas) :
“Vos estimations de marché sont complètement erronées. Si seulement
vous saviez le nombre de planches que nous vendons…” Ajoutez à ça les
planches importées de Chine, Brésil, Etats-Unis et Australie, condimentez
le tout avec la production du géant français Bic, et toute estimation sur la
taille du marché européen sera digne d’une voyante. Une chose est claire,
le marché explose mais cette croissance n’est pas sans risque. “Le plus
grand risque est la saturation du marché”, explique Tiago Raimundo, de
DHD. Mark Price ajoute : “Si dans ce processus, les marques ne contrôlent
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Ceci étant, tous sont d’accord pour dire qu’au bout du compte, acheter une
planche est un acte émotionnel et que rien ne pourra casser la relation qui
noue l’acheteur au shop/shapeur. “Les clients veulent sentir les planches”,
explique Tiago Raimundo. “Une planche est une identification directe de
la personne, le lien émotionnel est très fort”, explique Cédric. “C’est un
produit très personnalisé. Chaque produit est unique, ce n’est pas un
iPhone que vous voyez partout”, détaille Darren Broadbridge.
C’est pour cette raison qu’ils sont unanimes sur les critères qui assurent le
succès d’un détaillant : assurez-vous de savoir de quoi vous parlez…et, si vous
ne maitrisez pas le sujet, entourez-vous de personnes qui le dominent. “Vous
ne pouvez expliquer une planche que par l’expérience, pas en apprenant ses
caractéristiques sur un catalogue”, conclut Darren Broadbridge.
VALORISATION DE LA VISIBILITÉ PAR TEAM (€)
(JUILLET – DÉCEMBRE 2013, EUROPEEN PRESSE PAPIER)
rédactionnel
publicité*
* comprend la publicité réalisée par la marque ainsi que celle
d’autres sponsors communiquant sur les mêmes rideurs (exemple :
Pub Quiksilver mettant en scène un surfeur sponsorisé par Channel
Islands).
Source: RideO’Meter
femmes dans les boardsports
LA PLACE DES FEMMES
DANS LES BOARDSPORTS
AVEC LA BOSS DE PROTEST
“En termes d’efficacité, les publicités avec des femmes sexy
semblent fonctionner. Elles génèrent des ventes. Ça doit
être ce que le consommateur désire voir.” Lu sur la FAQ de
Women’s Sports Foundation. Afin d’avoir l’avis d’un acteur
du milieu à ce sujet, nous avons posé quelques questions à
Caroline Dekker, PDG de Protest Boardwear. Voix officielle de la
marque, elle nous livre également son point de vue de femme
sur la position de celles-ci dans le secteur des boardsports.
Par Jade Persaud-Walters.
Les Jeux Olympiques de Sotchi nous ont permis d’assister à un certain
nombre de premières en sport féminin, à l’exemple du premier 1080
replaqué dans une compétition de slopestyle féminine par la Suissesse
Sina Candrian, ou encore de la première médaille britannique en snowboard
décrochée par Jenny Jones.
Mais, en dehors du giron de la compétition, les femmes doivent encore
lutter pour être perçues comme de véritables sportives professionnelles et
non comme des “objets de désir”. Et, même si les hommes ont également
droit à leurs “Tops des sportifs les plus sexy”, ils n’en souffrent pas de la
même manière, puisque la place qui leur est accordée représente 96 % de la
couverture médiatique. Un chiffre qui dissimule aussi une plus grande variété
dans le traitement alloué aux hommes.
La marque Protest sponsorise aussi bien des hommes que des femmes,
dans des disciplines telles que le snowboard, le wakeboard ou le surf. Ce
manque de parité général ne lui est évidemment pas inconnu. Pour autant,
Protest rechigne à s’engager dans une voie qui risquerait de porter préjudice à
ces sports lorsque l’on aborde le sujet du sponsoring. “Même si nous faisons
en sorte d’équilibrer, tant que faire se peut, nos teams entre hommes et
femmes, nous savons pertinemment qu’il y aura toujours davantage d’hommes
que de femmes qui atteindront le haut-niveau”, avoue Caroline Dekker. “Ce
n’est pas pour autant que nous sponsorisons des filles pour leur apparence
plutôt que pour leur talent. En tant que marque, vous vous devez de trouver
des ambassadeurs et, de façon générale, les consommatrices sont moins
intéressées par le niveau des rideurs que les hommes. Ce que cherchent les
femmes, c’est le feeling que peut leur apporter une marque. Néanmoins chez
Protest, nous regardons toujours en premier le niveau des sportifs avant de
nous préoccuper de l’image positive qu’ils dégagent. Il ne s’agit pas seulement
d’être un représentant de notre marque lors des shootings photo, mais aussi
lors des compétitions ou sur les tournages vidéo.”
Ce constat de disparité ne repose pas que sur un ressenti mais sur des
chiffres, comme le prouvent les statistiques de Ride O’Meter. Si vous prenez
le top 5 des rideurs chez les femmes, leur visibilité dans les médias est bien
moins grande que celle du top 5 masculin. Alors que faire ? Aller vers ce qui
fait vendre pour obtenir plus de visibilité ? Ou rester authentique à l’éthique
des sports pratiqués ?
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“Les publicités qui mettent en scènes des filles séduisantes pour attirer
l’attention et faire vendre ne nous ont évidemment pas échappé. Mais nous
sommes persuadés que ce n’est pas en affichant des filles sexy que nous
allons construire correctement notre marque. Nous n’avons pas l’impression
que si des gens sont devenus accros aux boardsports, c’est parce qu’on
y trouve de belles nanas. Selon nous, ils envisagent la pratique de ces
boardsports comme un style de vie. C’est ce qui se dégage de ce lifestyle qui
les fait rester à long terme. Certains types de campagnes de pub permettent
de donner un coup de fouet à court terme, mais nous savons également que,
si nous ne parvenons pas rester fidèles à l’héritage des boardsports, notre
marque perdra en crédibilité et ce genre de faute ne se rattrape pas à coups
de publicités de filles sexy.
Ce besoin d’une plus grande présence féminine ne se fait pas seulement
ressentir dans le sport, mais aussi au sein des entreprises. “Si les marques
engageaient plus de personnel féminin, elles commenceraient à percevoir
les choses sous un autre angle”, nous affirmait l’an passé Daniele Meyer, cofondatrice de Women in Board & Action Sports.
À la tête d’une société qui emploie 67 % de femmes, Caroline Dekker
n’ignore pas non plus que celles-ci ont davantage tendance à postuler à un
certain type de poste que les hommes ; ce qui ne l’empêche pas de partager
le point de vue de Daniele Meyer sur la diversité de talents qu’apporte une
plus grande présence féminine.
“Nous vivons une époque moderne où les femmes sont à égalité avec les
hommes, et il est important qu’elles occupent des postes de direction. Non
pas parce que ce sont des femmes, mais parce qu’elles le méritent. Tout
comme les sportifs que nous sponsorisons, toutes les personnes ici sont en
poste pour le bénéfice qu’elles apportent à l’entreprise. Actuellement, je suis
la seule femme au sein d’une équipe de quatre dirigeants. Personnellement,
je n’ai aucune préférence entre travailler avec des hommes ou avec des
femmes. J’ai connu de bonnes expériences avec les deux sexes. Ce qui me
rend particulièrement heureuse ici chez Protest, c’est la cohésion, le travail
d’équipe que nous effectuons -ce qui est plutôt ambitieux- ainsi que le fait
de partager une valeur comme le plaisir au travail. Les comportements
machistes n’ont pas cours chez nous. Nos valeurs core sont présentes à tous
les échelons de la société et, en tant que PDG, j’en suis vraiment fière.”
photo:Dragon
étude de tendances
LUNETTES DE SOLEIL
DU STYLE ET DE LA TECHNIQUE
À l’origine, les lunettes de soleil doivent répondre au besoin de protection de vos yeux vis-à-vis d’un rayonnement solaire pourtant
tellement agréable. S’il s’agit de leur mission principale, pour ne pas dire cruciale, leur utilisation a beaucoup évolué au fil du temps. Elles
servent tout autant à se protéger des flashs des paparazzi chez les stars, qu’à compléter une garde-robe, quand elles ne sont pas tout
simplement la pièce maîtresse d’une tenue. En 2014, les tendances en la matière nous promettent des lunettes à la pointe de la hype,
combinées à une dimension high-tech dans leur fabrication, soit le meilleur des deux mondes. Analyse par Anna Langer.
STYLE VS TECHNICITÉ
S’il existe un point sur lequel toutes les marques se rejoignent, c’est bien de
l’importance du style, “et d’autant plus s’agissant de lunettes de soleil”, fait
remarquer Dragon. “Les lunettes sont parmi les premières choses que vous
remarquez chez une personne, alors elles se doivent d’être belles.” Mais, si le
client est d’abord attiré par le côté mode d’une paire de lunettes, le produit se
doit d’être irréprochable tant au niveau pratique qu’au niveau technique. Ceci est
d’autant plus vrai à propos des verres, qui doivent respecter les normes les plus
rigoureuses en termes de protection, à une époque où “les clients sont beaucoup
mieux informés que par le passé, soucieux du soin porté à la santé de leurs
yeux”, comme le rapporte Arnette, avant d’ajouter : “Les marques se doivent de
proposer des verres de qualité. Ceci dit, on constate qu’il existe presque autant
d’innovations techniques que de nouveautés au niveau du style.”
INNOVATIONS TECHNIQUES
De nouveaux matériaux font leur apparition chez de nombreuses marques,
avec notamment un souci écologique, à l’image des modèles 100 %
biodégradables de Spy en polysaccharides PlantateTM, ou encore des lunettes
Smith fabriquées à partir de polyamides Rilsan© Clear (à 53 % d’origine
naturelle). Chez Zeal, il s’agit carrément de l’intégralité de la collection qui
est produite à partir de plantes (du ricin commun et du coton), tandis que
la nouvelle marque américaine Proof Eyewear a opté pour des montures
exclusivement en bois, un bois issu notamment de plateaux de skate usagés.
De même, l’acétate demeure une matière de choix, sous différentes formes
toutefois, chez des marques comme Oakley, Shred (en acétate de cellulose,
probablement la matière la plus recyclée au monde), Spy, VonZipper, O’Neill
(façon bois), Dirty Dog, D’Blanc (en fibres de coton), Otis et Melon Optics
(fabriquées main toutes deux). Quant à Dragon, l’opticien élargit sa gamme
H20 Floatable Collection en y ajoutant de nouvelles options de verres et
de montures afin de personnaliser vos lunettes. Même souci d’offrir un
choix toujours plus large de la part de Smith, qui vient gonfler le nombre de
modèles équipés de la technologie ChromaPop, qui délivre un meilleur rendu
des lumières et des contrastes. On retrouve la même volonté avec les verres
Happy Lens de Spy, capables de “maximiser le passage des bons rayons du
soleil et de bloquer celui des UV nocifs”, tout en rehaussant le contraste.
29
étude de tendances
“Faites-vous plaisir ! Portez des lunettes flashy, classiques ou sobres, peu importe : cet été, tout est permis.”
Toujours concernant les verres, les optiques Zeiss continuent d’avoir la cote
auprès de marques comme IS Eyewear, POC, Shred et Melon Optics, qui ne
jurent que par leur qualité et la visibilité impeccable qu’elles offrent.
Parmi les autres grands axes d’innovation en 2014, une plus grande attention
a été portée aux articulations entre la monture et les branches. Souvent la
partie la plus fragile d’une paire de lunettes, ces jointures ont été renforcées
chez Zeal et Carve grâce à des charnières disposant de 5 charnons en acier
inoxydable. Shred fait encore mieux avec des charnières à 7 charnons, tandis
qu’Oakley tente de remédier au problème en éliminant la jointure tant que
possible, à travers un assemblage utilisant des charnons sans vis.
Dragon, Spy et O’Neill ajoutent désormais des antidérapants en caoutchouc
au niveau du nez et des tempes pour une utilisation en conditions humides.
STYLISME
En hommage à leur passé, Oakley et Smith relancent quelques modèles
historiques des années 80 et 90 comme les Razorblades ou les Eyeshade
pour la première, et la collection Archive pour la seconde. Chez Zeal et
Quiksilver, les modèles à écran et autres lunettes enveloppantes font leur
réapparition, tandis que POC n’hésite pas à ressortir les lunettes old school
de type Glacier pour Jeremy Jones. De façon générale, la tendance est au
rétro, tant au niveau des formes, plus arrondies (petites chez Dragon, les
modèles femmes chez O’Neill, oversized pour D’Blanc et circulaires chez
VonZipper, Proof Eyewear et Roxy), avec des variations cat’s eyes (Vans,
adidas, Spy, Roxy et rectangulaires pour VonZipper). De la même façon, les
modèles inspirés des célèbres WayFarer sont là pour durer, rehaussés de
tons pastels par exemple chez Vans. Parmi ces lunettes vintage, le modèle
type Aviator fait un retour en force (adidas, Animal, glorify) avec des détails
de finition comme une barre supérieure en bois (Proof Eyewear).
Si l’engouement pour ces modèles vintage ne se tarit pas, ce n’est pas pour
autant que les formes modernes reculent, au contraire. Tantôt anguleux (O’Neill,
POC, Roxy, Dirty Dog et D’Blanc) ou sculpturaux (Oakley), ces modèles osent de
façon générale (Proof Eyewear), et pas seulement sur les formes. Les matériaux
modernes ont la part belle en effet, alors que beaucoup de marques intègrent des
modèles aux montures métal parmi leurs collections (Oakley, VonZipper, O’Neill,
Vans). On peut y ajouter une note boisée (Zeal), quand d’autres préfèrent miser
sur la résistance avec de l’acier inoxydable (IS Eyewear). Si le maître-mot chez
Shred est la longévité, à travers une grande exigence technique, cela n’empêche
pas la marque de soigner son style avec, notamment, des extrémités de branches
en bois (en option) ou encore des montures en acétate multicouche.
Les verres aussi bénéficient en 2014 de toujours plus de nouveautés au niveau
du style. On retrouve ainsi des verres colorés en nombre (Arnette, Carve,
Dirty Dog, Dragon, IS, Nectar, Oakley, Quiksilver, Roxy, Spy, Vans) tout comme
des paires de lunettes qui rivalisent d’originalité pour illustrer leurs nouveaux
coloris : le “Kush Green” pour Proof, un pastel “Sky Blue” et un “Plasma Ion”
pour Dragon, ou encore “des chromes galactiques et lunaires” pour VonZipper
et les “sweet soft pinks” de Roxy. On trouve même de l’or (Arnette et Carve)
et de l’orange (IS Eyewear), toujours parmi ces modèles métal. Mais la plus
grosse nouveauté vient sans doute de Smith, Carve et Zeal avec leurs verres
polarisés, suivi par Oakley qui n’hésite pas à tout mélanger en ajoutant des
verres polarisés de différentes couleurs à sa gamme.
Si cette débauche de couleurs vous effraie, sachez que les verres vintage
refont également parler d’eux, à l’image des classiques noir et gris chez
Oakley, Smith, Melon Optics, POC et IS Eyewear, ou encore de l’anthracite
pour glorify et de “teintes vertes G15” de la part de Dragon et IS. De même,
les filtres façon Instagram s’invitent sur les verres, comme c’est le cas
chez D’Blanc, Otis et IS Eyewear, avec des teintes cuivre, rose et gris
vintage. Pour de meilleures transitions entre soleil et ombre, Vans propose
30
également des verres à teinte graduée (foncée en haut, plus pâle en bas).
MONTURES
Pour ceux qui souhaitent mettre de la couleur dans leur vie, toute la
palette de l’arc-en-ciel est disponible : fluo chez Spy, multicolore façon
colour-block pour adidas et Quiksilver, voire “des contrastes en pièces de
marqueterie” pour Dirty Dog. Colorées également, mais moins flashy, les
montures se font translucides chez Dirty Dog et glorify, quand elles ne
possèdent pas un style délavé chez adidas, Roxy et Quiksilver.
Pour apporter un peu de douceur dans cette explosion de couleurs, Vans, IS
Eyewear et O’Neill proposent aussi des tons pastels, tandis que les marques
venues du surf comme Roxy et Quiksilver misent, cette année, sur des “couleurs
océaniques” à grands renforts de bleu et bleu marine chez les hommes, et de
turquoise ou bleu sarcelle chez les femmes. Les montures écaille connaissent
également toujours beaucoup de succès auprès de la plupart des marques.
Toutes ces couleurs se marient allègrement avec divers motifs, comme
ceux à fleurs pour Roxy, voire à “mini-fleurs” (Animal) ou encore façon
palmiers, hula girls et imprimés photos (Dragon). De son côté, glorify opte
pour plus de sobriété au niveau des imprimés, alors que Vans et Quiksilver
font en sorte d’associer les imprimés de leurs lunettes avec ceux de leurs
lignes de vêtements et boardshorts.
Enfin, une des autres grandes tendances de 2014 concerne les finitions
mates, que l’on applique soit aux modèles de couleur (Dirty Dog, Vans,
Dragon, Animal, POC et IS) soit au traditionnel noir (Spy, glorify, IS, Melon
Optics, O’Neill) que l’on associera à différentes couleurs de verres chez POC,
ou encore une version grise (O’Neill). Quiksilver grimpe dans le train en
marche en présentant des montures “souples au touché”.
LUNETTES DE VUE
Chez les marques issues des boardsports, la catégorie des lunettes de vue
solaires devient également un marché de plus en plus conséquent, mais
avec différentes approches selon les enseignes. Certains optent pour des
gammes distinctes (Oakley, Spy, Smith, VonZipper, Dragon, glorify, Roxy et
Quilsilver) vendues uniquement chez les opticiens car “les magasins de sport
ne possèdent pas la formation pour conseiller les verres”, explique-t-on chez
Smith Optics. Même écho de la part de Dragon et VonZipper qui constatent
qu’il s’agit “de deux métiers très différents”. Mais pour adidas, D’Blanc, Zeal,
IS et Oakley, ce sont toutes, ou presque, leurs gammes qui peuvent accueillir
des verres de vue. Dirty Dog et Proof Eyewear ont fait un choix différent,
alors que les deux marques commercialisent déjà des modèles de vue dans
les magasins de boardsports, convaincues d’être bientôt suivies par d’autres.
Et l’avenir pourrait leur donner raison à en croire adidas : “Le marché des
lunettes connaît une forte croissance auprès des détaillants de sport, qui
considèrent désormais l’optique comme partie intégrante de leur offre et
non plus comme seulement un accessoire”. Ce nouveau débouché profite
également de la fin des “modes”, dans le sens où “avec l’importance et
l’omniprésence des réseaux sociaux, tout le monde peut savoir qui porte
quoi et quand. Si bien que le terme “tendances” n’a plus vraiment cours”,
comme l’affirme Dragon. Bref, cet été, tout est permis !
TRENDS
LE MÉTAL : montures et verres
FINITION MATE : du classique noir aux couleurs vives
FORMES RÉTRO : circulaires, cat’s eyes, écrans et enveloppantes
MIROIR : des verres miroirs de toutes formes et coloris, à mixer
ÉCOLO : des matériaux plus respectueux de l’environnement,
d’origine organique
galerie photos
TITRE : GALERIE PHOTOS
PAGE: 1 SUR 2
PRODUIT : LUNETTES DE SOLEIL
SAISON : 2014/15
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ADIDAS / amsterdam
ADIDAS / malibu
ADIDAS / san diego
ANIMAL / bueller 105
ANIMAL / misha 109
ANIMAL / stylus 165
ASHBURY / tripper
ASHBURY / nestor
ASHBURY / spanky
CARVE / one step beyond
CARVE / goblin
CARVE / volley
D’BLANC / guilty
D’BLANC / midnight
D’BLANC / minor
DIRTY DOG / mobster
DIRTY DOG / monza
DIRTY DOG / ultra
DRAGON / marquis
DRAGON / mr blond
DRAGON / the jam
ELECTRIC / backbone
ELECTRIC / blacktop
ELECTRIC / swingarm
GLORYFY / dejavu
GLORYFY / unbreakable
GLORYFY / chixngravy
IS EYEWEAR / dorado
IS EYEWEAR / templeton
IS EYEWEAR / walker
MELON / cali 2
MELON / nomad
MELON / stanton
NECTAR / breck
NECTAR / bungalow
NECTAR / mahalo
galerie photos
NEFF / bang
NEFF / chip
NEFF / dailyshades
NIKE VISION / mavrk
NIKE VISION / charger
NIKE VISION / mojo
OAKLEY / enduro
OAKLEY / eyeshades
OAKLEY / razorblade
O’NEILL / clicker
O’NEILL / driftwood
O’NEILL / shore
OTIS / reckless abandon
OTIS / the beat
OTIS / uncommon
POC / did glacier jeremy jones ed
PROOF / mccall
PROOF / ontario
PROOF /sawtooth
QUIKSILVER / the ferris
QUIKSILVER / trenton
QUIKSILVER / ridgemont
ROXY / selena
ROXY / satisfaction
ROXY / miller half rim
SHREDS / don
SHREDS / donwood
SHREDS / shrastawood
SMITH / cornice
SMITH / lowdown
SMITH / marvin
SPY / balboa
SPY / cyrus
SPY / fold
URBAN BEACH / selina
URBAN BEACH / sheild flat brow
VANS / foldable spicoli
VANS / janelle hipster
VANS / semi-rimless cat
VZ / castaway
VZ / thurston
ZEAL / memphis
ZEAL / rival
ZEAL / idyllwild
URBAN BEACH / two tone wayfarer
VZ / booker
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interview grand ponte
interview grand ponte
“Nous entrevoyons l’opportunité de croître vers des revendeurs multimarques plus grands en offrant des
produits SMU rapides, qui sont au juste prix et en accord avec les tendances. Nous voyons aussi une énorme
opportunité en Russie qui fera partie de notre investissement global sur les marchés émergeants.”
ANDY
MOONEY
PRÉSIDENT ET
DIRECTEUR
GÉNÉRAL DE
QUIKSILVER INC.
Chaque acteur de l’industrie qui sort un minimum de chez lui a pu observer les grands changements intervenus chez l’une des
marques les plus emblématiques et les plus imposantes de notre secteur, Quiksilver, basée en Californie. L’entreprise de sports
de glisse et de lifestyle cotée en Bourse, avec une histoire qui remonte à 1969, a occupé l’espace médiatique avec la vente du
géant du snowboard Mervin Manufacturing ainsi que la vente de plus petites marques comme Hawk Designs. Sans parler des
discussions sur les contrats de licence et la restructuration interne…
Il se passe quelque chose. Et on dirait bien que ces changements font partie d’une nouvelle stratégie globale : un recentrage
chez Quiksilver qui augmentera le profit et offrira une croissance constante à l’avenir. Tandis que le reste de l’industrie est très
attentif - après tout, ce qui est en train de se passer chez Quiksilver n’est que le symptôme d’un changement structurel de fond
dans le paysage de l’industrie - Boardsport SOURCE a échangé avec Andy Mooney, président et directeur général chez Quiksilver.
Voici ce que le vétéran des sports de glisse nous a confié sur la stratégie, le marché européen et l’état de notre industrie.
36
LES INITIATIVES EN COURS
Par rapport au changement actuel, expliquez-nous quel est l’état d’esprit en
arrière-plan de ce recentrage chez Quiksilver ?
Il y a un an, l’équipe managériale s’est réunie pour une session stratégique
qui a constitué plus tard la base d’un plan d’amélioration des bénéfices sur
trois ans. Nous avons décidé que la mission de notre entreprise devrait être
de “fabriquer des marques authentiques et actives avec des entreprises
viables et pertinentes”.
Lorsque nous avons posé notre regard sur les 11 marques que nous possédions
en 2013, nos trois marques principales, Quiksilver, Roxy et DC Shoes, étaient
les seules qui étaient réellement en accord avec notre mission.
Renforcer les marques principales a dû se faire au prix de se retirer
de certains secteurs. Quelle est l’intention sous-tendant la vente de
Mervin Manufacturing ? Est-ce que le business du snowboard devient
particulièrement difficile à maintenir ?
Mervin est une excellente entreprise. Ils fabriquent et vendent des produits
de grande qualité et gèrent leur offre de manière très stricte. Nous ne
pensions pas pouvoir exploiter leurs marques avec des entreprises de
chaussures et de vêtements importantes. Donc, nous ne souhaitions pas
accroître les volumes de produits, étant donné le profil risque du secteur.
Le marché des articles de sports d’hiver est très concurrentiel, mais Mervin
est très bien placée pour réussir.
Cela explique la cession des petites marques et la focalisation sur vos trois
compétences principales. Quelle est la perspective plus large de votre plan
actuel d’amélioration des bénéfices ?
Notre plan d’amélioration des bénéfices se focalise sur trois stratégies
fondamentales, qui sont : renforcer nos trois marques principales Quiksilver,
Roxy et DC Shoes, augmenter nos revenus et opérer plus efficacement.
Chaque initiative est en accord avec nos stratégies.
Évidemment, l’industrie des sports d’action est en difficulté depuis 2008.
Voit-on maintenant la lumière au bout du tunnel et que font les entreprises
toujours en place pour survivre à long terme ?
Quiksilver, Roxy et DC sont des marques internationales qui appellent de
jeunes consommateurs. Nous pensons que ces trois marques peuvent se
développer. Il y a des défis et des opportunités dans les marchés développés,
mais les opportunités principales se trouvent dans les marchés émergeants.
Et qu’en est-il du visage changeant du monde de la vente au détail et du
développement du commerce en ligne ?
Nombre de nos partenaires traditionnels de vente au détail dans les marchés
développés font face à de réels défis, alors que le consommateur a toujours
plus d’options pour acheter des marques de glisse. Parmi ces choix, on
compte les revendeurs e-commerce “pure-players”, les grands magasins
et les efforts de marketing direct auprès du consommateur que mène
chaque marque. Cette transition est contrôlée par le consommateur. Si nous
souhaitons prospérer, nous devons répondre à la demande des clients.
On a parlé de licencier les marques dans des activités non-traditionnelles.
Pouvez-vous développer ce point et nous expliquer ce que ces activités
peuvent offrir.
Notre approche quant aux licences est simplement d’octroyer des licences
pour les produits que nous fabriquons actuellement - les lunettes et les
montres par exemple - à des partenaires qui les envisagent comme une
compétence principale. Les lunettes et les montres requièrent une distribution
et un service spécialisés. Nous fournirons toujours notre service à nos
partenaires de vente spécialisés dans le surf, le skate et le snowboard, mais
les opportunités sont bien plus grandes entre les mains du partenaire adéquat.
LE MARCHE EUROPEEN
En coulisses, le processus de prise de décision stratégique chez Quiksilver
se mondialise. Quelle est la place de l’Europe dans tout ceci ?
Nous sommes passés à une structure organisationnelle mondiale à partir
d’une structure qui opérait indépendamment et qui était fondée sur une
base locale. Cette décision a été prise pour centraliser les fonctions
entrepreneuriales principales sous la tutelle d’exécutifs expérimentés
de niveau international. Nos gammes d’articles vestimentaires sont
principalement conçues en Europe, tandis que nos lignes de chaussures sont
uniquement conçues aux États-Unis.
Quelles sont les opportunités principales dans le marché européen pour
Quiksilver et les marques associées ?
Nous voyons de nombreuses opportunités. Dans le G5, nous voyons
l’opportunité de faire croître la part du canal principal indépendant vers de
meilleurs produits, un meilleur marketing et un meilleur service client. Nous
entrevoyons l’opportunité de croître vers des revendeurs multimarques plus
grands en offrant des produits SMU rapides, qui sont au juste prix et en accord
avec les tendances. Nous voyons aussi une énorme opportunité en Russie qui
fera partie de notre investissement global dans les marchés émergeants.
Prévoyez-vous de modifier votre stratégie de distribution et votre sélection
de revendeurs en Europe ?
En Europe, nos marques ont donné de meilleurs résultats que la plupart de
nos pairs. Nous bénéficions d’excellentes relations et nous pensons que
nous avons augmenté notre place dans les magasins avec nos plus grands
grossistes. Cela a contribué à compenser certaines des pertes des petits
magasins indépendants qui ont fermé à cause de la baisse de l’économie.
Comment alignez-vous votre stratégie concernant les magasins propres à la
marque avec la distribution aux revendeurs indépendants ? Prévoyez-vous
une gamme de produits core juste pour les revendeurs core ?
Nous mettrons évidemment en valeur les modèles principaux de notre
stratégie marketing dans nos magasins propres et sur nos sites Internet.
Notre vision est que c’est dans l’intérêt financier de nos revendeurs
indépendants “core” de proposer aussi ces produits, parce qu’ils seront
intensément marketés avec des prix premium et ce seront des produits
spéciaux qui devront être vendus dans des magasins spécialisés.
Nous pensons que les comptes à plus gros volume doivent être séparés
du canal principal, et pas l’inverse. Les comptes à gros volume sont plus
orientés vers une politique de prix et ont une démarche promotionnelle
en demandant toujours plus de produits SMU exclusifs à leur magasin. La
réussite pour les plus gros comptes nous offrira la solidité marketing pour
promouvoir les modèles haut de gamme proposés par le canal spécialisé.
PERSPECTIVES
Vous avez indiqué que, dans le futur, vous vous attendez à ce qu’il y ait
“quatre ou cinq acteurs principaux qui auront une empreinte significative
sur le canal spécialisé”. Quelle est la démarche que Quiksilver met en place
pour devenir l’un de ces acteurs ?
Nous pensons que Quiksilver est déjà l’un des quatre ou cinq acteurs
principaux dans notre industrie. Nous pensons que l’industrie se consolidera
autour des entreprises et des marques bien gérées et bien capitalisées :
les marques qui peuvent proposer les bons produits dans le bon secteur et
cogérer les profits de tous leurs partenaires de vente.
Les stratégies agressives en termes de prix dans l’industrie ont eu un
effet dévastateur sur la valeur perçue parmi les clients. Que peuvent faire
les marques pour reconstruire la perception de la valeur et éviter que les
produits finissent dans une rubrique fourre-tout sur des magasins en ligne ?
Nous croyons en la stratégie “less is more” lorsqu’il s’agit de développement
de produits. Nous nous focalisons sur la véritable innovation produit,
soutenue par un marketing de grande qualité.
Les vendeurs en ligne ont émergé comme concurrents principaux des magasins
physiques, et les clients “malins” utilisent les magasins comme des “showrooms” pour tester ce qu’ils vont acheter en ligne. Est-ce que des marques
comme Quiksilver proposent des outils pour bloquer cette tendance ?
Comment empêcher les consommateurs de faire ce qui est dans leur
intérêt ? La tendance du “show-room” pour le matériel va sûrement
s’accentuer. Cependant, pour les vêtements et les chaussures, nous voyons
une augmentation de la présence des clients sur les sites des marques
pour en savoir plus sur nos produits. Nous convertissons 2 % des gens qui
viennent sur nos sites en acheteurs sur notre propre plate-forme de vente en
ligne, donc 98 % interagissent avec nos marques, en apprennent plus sur nos
produits et achètent dans leur magasin local.
Dans un panorama plus large, est-ce que le fait de vendre les petites marques
est une tactique de Quiksilver pour redevenir une grande marque, où y aurat-il du Quiksilver détenu ou soutenu par des plus petites marques à l’avenir ?
Nous sommes toujours ouverts à la création ou au rachat de marques jusqu’à
un certain point à l’avenir, tant qu’elles satisfont aux critères de notre mission.
Au-delà de l’optimisation financière, que peut-on faire, en tant qu’industrie,
pour garantir le futur de nos sports et des entreprises qui poussent notre
industrie ?
Autour de 125 000 jeunes deviennent, chaque semaine, des adolescents.
Notre base de clientèle s’accroît sur le plan international. De mon point
de vue, nous devons inviter plus de jeunes à pratiquer le surf, le skate, le
snowboard ou le ski, et nous devons aussi penser globalement à la connexion
entre nos marques avec les jeunes consommateurs, dont l’aspiration est
de profiter de la montagne et des vagues. Une de mes citations favorites du
fondateur Bob McKnight est la suivante : “la moitié de la population mondiale
vit près d’une plage et l’autre aimerait vivre près d’une plage”.
Merci pour l’interview.
37
tendances
tendances
de formes naturelles, un soin porté à la qualité,
et de la nouveauté”, résument les co-gérants
d’Osiris, Brian Reid et Doug Weston. Pour
apporter de la nouveauté, les marques lorgnent
également vers les tendances lifestyle et le
marché des chaussures de loisir. Mais d’autres
surprises sont également au programme...
photo: Anthony Acosta / Vans
“GUÉSS WHO’S BACK ?”
Parmi les grosses annonces, Sole Technology
se pose là, relançant la marque de skateshoes
emblématique des années 90, éS Footwear. “Nous
avons pris beaucoup de plaisir à dessiner des
modèles inspirés des grands classiques de éS”,
affirme Don Brown, vice-président du marketing de
Sole Tech, tout en précisant bien “qu’il ne s’agit pas
d’un retour en force de la marque éS ; les trois mots
clés de ce retour étant : rare, sélectif et en évolution.
Rare signifie que nous ne faisons pas de plans à
long-terme afin de nous laisser une totale liberté
de manœuvre. Sélectif signifie que les chaussures
seront commercialisées en petites quantités et
distribuées au compte-gouttes dans quelques pays
et magasins triés sur le volet. Enfin, évolution signifie
que nous allons continuer à faire progresser aussi
bien les designs que l’aspect technique et le confort,
en nous appuyant sur une expérience de 19 ans dans
le secteur de la chaussure.”
LA SOLUTION PAR L’ÉVOLUTION
Pour leurs gammes de skateshoes 2014/2015, les marques issues du secteur misent sur l’innovation afin de continuer
à surprendre leur clientèle, faisant appel à de nouvelles matières et technologies, tout en élargissant leur offre dans le
créneau lifestyle. Analyse par Dirk Vogel.
Près de cinquante années se sont écoulées
depuis l’apparition de la première paire de
chaussures créée spécifiquement pour la pratique
du skateboard, commercialisée en 1965 par le
pionnier américain du secteur de la chaussure,
Randolph Rubber Company. Ce fameux modèle
“Randy 720” allait définir le moule dans lequel se
fondraient des générations de skateshoes en toile
et à semelle vulcanisée. Au fil des ans, le secteur
de la chaussure de skate a connu différents
cycles, alternant entre mode (à l’image du récent
revival de modèles classiques sortis de l’ombre)
38
et technologie (à l’exemple des années 90 aux
semelles “air” et revêtements en tissu mesh).
La question est donc de savoir dans quel cycle
sommes-nous engagés s’agissant des tendances
2014/2015 : mode ou technologie ? La réponse :
les deux ! Pour Hayden Biener, designer footwear
chez la marque de Los Angeles HUF, le secteur
se dirige dans une voie qu’il résume par le “skate
contemporain” : “Notre objectif est de produire
les skateshoes les plus pratiques et les plus
performantes qui soient, tout en soignant à part
égale l’aspect esthétique.”
Des chaussures techniques et belles à la fois
- sur une planche ou pas - tel semble être le
dénominateur commun parmi les marques
traditionnelles de skateshoes, à l’aulne de la
saison prochaine, comme le confirme Osiris :
“Notre objectif pour 2014/2015 est de nous
distinguer par des modèles très axés sur la
technique. Nous revenons à l’essence de la
marque et misons sur ce qui avait permis à
Osiris de sortir du lot à ses débuts. Davantage
Et qui a dit qu’il était impossible de lancer
une nouvelle marque en ces temps de crise ?
Bienvenue à Filament, une nouvelle enseigne dans
le milieu du skate, fondée par deux vétérans du
secteur, Tim Gavin et Byron Schroeder : “Pour
Filament, la conception de nos chaussures fait
appel à la combinaison de la technique et d’une
histoire. Tous nos modèles possèdent un flex
multidirectionnel caractéristique au niveau de la
marche, représenté par un triangle. Ce symbole
fort, à notre sens, évoque le tiercé gagnant que
forment le skate, l’art et la musique. C’est la fibre
essentielle qui fait la particularité de Filament.”
PRIX-REPÈRES : TARIFS À LA HAUSSE
Dans le commerce, le juste équilibre en termes
de prix-repères ne semble pas avoir bougé. “Le
gros des ventes se fait sur des modèles tournant
autour de 75-85 ¤”, avance Juss Apivala, chef
de produit chaussures et accessoires chez Vans
Action Sports EMEA (Europe, Moyen Orient
et Afrique). Néanmoins, ces derniers temps,
on assiste à une nouvelle évolution tarifaire,
comme le confirme Mike de Globe : “Jusqu’ici
le juste prix était dans les 70-80 ¤, mais nous
constatons que les clients sont disposés à payer
plus cher en contrepartie d’une plus-value sur
les modèles, comme l’utilisation de matériaux
haut de gamme ou un plus grand degré de
finition. Les gens semblent être disposés à payer
plus pour avoir de la qualité et il s’agit d’une
tendance profonde qui émerge, avec un rejet de
ces chaussures vulcanisées bas de gamme.”
Certaines marques n’hésitent pas à atteindre
des sommets sur leur modèles les plus haut
de gamme, à l’image d’Element : “Notre gamme
de baskets varie entre 55 et 85 ¤ mais, pour la
gamme Emerald, les prix vont jusqu’à 170 ¤ pour
des modèles fabriqués à partir de matériaux
recyclés, avec des cuirs de luxe et des semelles
Vibram.” Même écho du côté de DC Shoes,
comme l’évoque Antoine Soulé, chef de produit
EMEA : “La valeur haute en termes de prix dans
le segment des skateshoes se situe dans les
110 ¤ dans le commerce actuellement, mais nos
modèles streetwear haut de gamme se vendent
jusqu’à 150 ¤ (prix public conseillé).”
Derrière ces quelques exemples se cache une
vraie tendance de fond illustrée par une scission au
niveau de la clientèle avec, d’un côté, les skateurs
hardcore - ceux qui font subir les pires outrages à
leurs chaussures et ont besoin de les renouveler
fréquemment – et, de l’autre, des personnes plus
intéressées par des modèles haut de gamme typés
lifestyle, qui ne mettront probablement jamais les
pieds sur un plateau. Pour satisfaire ces mordus et
leur proposer des chaussures à prix raisonnable,
les détaillants peuvent faire confiance à la marque
européenne Sykum : “Nos modèles YSK8 débutent
à partir de 59,95 ¤, tandis que les modèles Vienna
et Porto s’affichent à un prix très compétitif de
69,95 ¤ en magasin. À l’achat, les détaillants
bénéficient d’un coefficient très intéressant de 2,5
sur les précommandes”, explique Hannes et Volker
de Beanuts Distribution.
S’agissant de tarifs, Samir Krim chez Etnies
explique : “Nous faisons en sorte que les skateurs
puissent se payer nos produits et la gamme de
prix entre 70 et 80 ¤ semble être la plus abordable
pour eux. Cependant, sur certains produits plus
techniques et plus haut de gamme, le prix de vente
peut grimper jusqu’à 95 ¤, mais pas plus. C’est le
cas sur les modèles Highlight d’Etnies, qui sont les
skateshoes les plus légères du marché, ou encore
sur les prochaines Marana E-lite.”
DE NOUVELLES SILHOUETTES : PANTALONS
LARGES MAIS CHAUSSURES SLIM
Alors que les jeans ultra-slim disparaissent peu
à peu, les skateshoes vont-elles suivre la même
tendance et prendre de l’embonpoint ? Ce n’est
pas l’avis d’Antoine chez DC Shoes : “Même si
les pantalons s’élargissent pour devenir plus
confortables, il n’y a aucune chance que le style
des chaussures fasse un virage à 180° pour
revenir au look massif des années 90.” Chez Vans
aussi, on a bien l’intention que les chaussures
conservent une allure svelte, comme on peut le
constater avec le nouveau pro-model AVE : “C’est
Vans qui a initié cette tendance du slim avec Geoff
Rowley en 1999. Cela avait littéralement mis fin à
l’ère des grosses chaussures façon D3 [Osiris] et
c’est une des raisons pour lesquelles les skateurs
se sont mis à porter des chaussures vulcanisées.”
Pour Hayden Biener de HUF, c’est le b.a.-ba
du design : “Une chaussure se doit d’être peu
encombrante. Inutile d’avoir une chaussure
énorme pour bénéficier de la meilleure protection
possible. La gamme HUF a toujours mis l’accent
sur des formes plus fines, avec une esthétique
contemporaine, afin d’éliminer tout matériau superflu
qui ne vient pas contribuer au côté pratique.”
STYLISME ET COLORIS : UN TRAVAIL SUR LES
MATIÈRES
Si le skate est un milieu avant-gardiste par nature,
il semble par contre que le skateur soit plutôt
conservateur au niveau des couleurs qu’il porte.
Nouveau venu sur le marché de la chaussure,
Volcom valide ce constat, tel qu’évoqué par Gene
Piccotti : “Si vous devez devinez les coloris qui se
vendront le mieux, misez toujours sur le noir !” Juss
chez Vans ne peut qu’aller dans le même sens :
“C’est un peu étrange mais on dirait que les skateurs
n’évolueront jamais. Ils portent toujours les mêmes
couleurs. Et le noir demeure un favori, aux côtés
de tons automnaux.” Pour certaines marques, c’est
même un signe distinctif, comme chez Element :
“Les couleurs terre bénéficient d’un très bon accueil
chez nous, elles font partie de l’image d’Element.”
Chez DVS, Sam Culshaw partage le même
constat quant aux coloris favoris : “Si le nombre
de modèles proposant des associations de
couleurs progresse, tout comme les choix de
tissus et de matières s’élargissent, il n’empêche
pas moins que le gros des ventes se fait toujours
sur ce trio gagnant noir-gris-bleu marine.”
Mathieu Tourneur de 101 Agency, qui s’occupe du
marketing de Lakai, affirme également que : “le
daim foncé est une couleur forte pour la marque,
mais nous n’avons jamais hésité à employer
une palette de couleurs plus large. Pour la
collection automne 2014, vous pourrez observer
beaucoup de tons gris, orangés, pourpres et vert
foncés”. Chez Fallen, on mise également sur
l’association de couleurs basiques et d’autres plus
flashy, comme nous l’explique Scott Sentianin,
codirecteur S&OP pour Black Box : “Les couleurs
dominantes seront le vert militaire, le noir et le
gris, mais que nous avons égayées avec des
touches de vert et orange fluo, ou avec des tie-dye
et des tissus ethniques.”
“Notre objectif est de produire les skateshoes les plus pratiques et les plus performantes qui soient,
tout en soignant à part égale l’aspect esthétique.” Hayden Biener, Designer Footwear chez HUF
39
tendances
photo: Sam Partaix / Vans
“Les gens semblent être disposés à payer plus pour avoir de la qualité, et il s’agit d’une tendance
profonde qui émerge, avec un rejet de ces chaussures vulcanisées bas de gamme.” Mike Xavier de Globe
Chez Sykum, on constate également que,
désormais, “à chaque occasion sa chaussure”.
“Auparavant, les gens possédaient une paire
de chaussures unique qu’ils portaient en toute
occasion. Aujourd’hui, ces mêmes personnes
ont un meuble à chaussures rempli de modèles
différents, de la plus basique à la plus délirante.”
S’agissant de modèles peu courants, Don Brown
ne jure que par une seule couleur chez éS : “Le
rouge ! C’est la couleur de la marque et elle
cartonne !” D’autres également ont fait de la
couleur un argument de vente : “Nous avons été les
premiers à nous engager dans la couleur. Ça fait
quatre ans que ça dure, et vous trouverez encore
de fortes touches de couleur dans notre gamme.
Mais dans le même temps, nous avons également
évolué vers des motifs à base de tissus et de toiles
techniques, ainsi que vers des choix de matières
moins courants qui viennent donner de l’éclat à des
couleurs primaires”, souligne Brian Reid d’Osiris.
Cette diversification semble faire l’objet d’une
nouvelle tendance en matière de stylisme, comme
vient ajouter Timothy de Emerica : “Les choix de
coloris sont importants, mais le travail sur les
matières l’est encore plus. Les toiles épaisses,
les cuirs et les matières innovantes ont très bien
fonctionné chez nous.” Ce travail sur les matières
revient également dans la bouche d’Antoine de
DC Shoes : “Faire preuve d’originalité dans les
matériaux utilisés est un axe de développement
fort pour nous et qui a connu un grand succès. En
faisant appel à des matériaux haut de gamme, en
les mixant entre eux et en utilisant de nouvelles
40
méthodes de tissage, tout cela apporte beaucoup
de fraîcheur.” Et pourquoi ne pas s’associer à
des partenaires extérieurs, comme le fait World
Industries avec Realtree, spécialisée dans les
motifs camouflage ? “Nous allons créer un
modèle camo qui sera disponible en juin. Nous
avons également réalisé un modèle en jersey de
coton plutôt qu’en toile. Nous essayons de nous
distinguer en optant pour des matières différentes”,
explique R.P. Bess de World Industries.
C’est le cas également chez DVS : “Opter pour
des matières plus haut de gamme permet de se
démarquer, et il s’agit clairement de la tendance
sur les deux prochaines années. Une foule
de nouvelles techniques apparait, comme des
tissus tricotés, des assemblages par soudure ou
de nouveaux meshs que l’on ne trouvait pas il
y a encore un an. Tout cela vient enrichir notre
approche dans la conception des chaussures
et cela devrait donner lieu à un nouveau souffle
dans ce secteur un peu moribond.”
LIFESTYLE ET AFTER-SKATE
Depuis l’époque où Tom Penny et Chad Muska
ont popularisé le port de bottes Timberland pour
“chiller”, les skateurs ont tendance à enfiler des
chaussures confortables après une dure journée
passée à rider. Et, depuis peu, on assiste même
à l’arrivée d’une nouvelle famille de chaussures
chez les marques de skateshoes traditionnelles,
celle de l’after-skate. Pionnière de cette nouvelle
tendance, Osiris s’est faite remarquer la saison
passée avec son modèle baptisé The Uprise
et, aujourd’hui, les équipes de Doug Weston
présentent The Sophistic, “un modèle habillé et
novateur, doté d’une semelle fine et résistante,
ainsi que le Yachter, une chaussure bateau à la
semelle en EVA, idéale pour chiller et profitez de
la vie sans stress, tout en style.”
Etnies y va également de son modèle après-skate,
comme l’explique Samir Krim : “L’an passé, nous
avons lancé les Scout, une paire faite pour tout
le monde et pour tout faire, réalisée avec une
semelle moulée en STI Evolution Foam, à fort
amorti et anti-usure, qui en fait nos “chill shoes”
les plus confortables. Le succès des Scout nous
a poussé à sortir les Scout MT et les Lo-Cut SC
dans cette même catégorie.”
HUF a également envahi ce nouveau segment
avec ses HR-1, disponibles aujourd’hui dans une
série spéciale en collaboration avec le Wu-Tang
Clan, comme le détaille Hayden Biener : “Nous
avions lancé les HR-1 lors de la collection automne
2013 ; il s’agit de chaussures montantes inspirées
des modèles de rando pour la partie supérieure,
mais avec une semelle façon running. C’est notre
nouvelle approche : un modèle hybride qui combine
longévité et aspects pratiques avec une dimension
stylée. C’est un concept qui tenait à cœur à Keith
[Hufnagel].” Personne n’est oublié chez Filament
non plus, qui décline son offre en trois gammes
distinctes et complémentaires : “Nous possédons
trois familles de chaussures - Skate, Training et
Lifestyle. Pour une marque ancrée dans le skate
comme nous, il est important de pouvoir satisfaire
photo: Sam Partaix / Vans
tendances
nos clients à chaque moment de la journée.”
Parmi les autres exemples, on notera chez éS
“l’arrivée de différentes matières dans la gamme
Accelite qui procurent un confort incroyable
et font la part belle au chill”, dixit Don Brown.
Du côté de chez Vans, la tendance after-skate
a fait l’objet d’une collection à part, nommée
LXVI, tandis qu’Emerica possède “les Wesgate
Cruiser LT, une déclinaison after-skate du
pro-model Brandon Westgate”. Quant à Globe,
la marque signale “l’arrivée de deux nouveaux
modèles haut de gamme qui rentrent dans ces
catégories ‘modern surf’ et ‘après-skate’ avec
la Daley Boot et la NoMaD Boot”. Enfin, chez
Diamond, la marque venue de L.A., Shafik El Kadi
ajoute que leurs modèles Native Trek et Jasper
“pourraient s’inscrire dans cette nouvelle famille
de chaussures”.
LES PRO-MODELS : UN SUCCÈS RENOUVELÉ
Après l’abandon de certains pro-models de
la part de quelques marques, les rumeurs
sont allées bon train, affirmant qu’il s’agissait
de la mort de cette catégorie de skateshoes.
Beaucoup de bruit pour rien si l’on se fie aux
très attendues chaussures signées Dylan Rieder
chez HUF. Car, comme le confirme Shafik
chez Diamond, “bénéficier de quelqu’un qui
représente vos produits est une bonne façon de
faire passer votre discours ou votre message”.
Chez DC Shoes également, l’avenir du pro-model
n’est pas remis en question ; il n’y a qu’à écouter
Antoine Soulé : “On trouve de nombreux promodels dans notre gamme car nous disposons
d’un team de skateurs pros incroyable ; c’est sur
eux que nous allons miser lors des saisons à
venir.” Même discours de la part de Fallen : “La
majorité de notre gamme se compose de promodels. Les fans veulent voir nos rideurs porter
des shoes qu’ils ont contribué à créer.”
Dans le même ordre d’idée, Etnies continue de
miser sur ses skateurs en sortant “différentes
associations de couleurs sur les pro-models
et chaussures associées à des pros dans la
42
gamme automne 2014, à l’image des Marana
E-lite et des OG Marana avec Ryan Scheckler,
des Highlight avec Tyler Bledsoe, des Marana
Vulc aux couleurs de Willow, Julian Davidson
et Nick Garcia.”
La saison prochaine, Vans continuera
également à élargir sa gamme Pro Classics,
“avec derrière ces skateurs - Kyle Walker,
Dustin Dollin et Jeff Grosso - une histoire à
transmettre : l’Amateur, le Pro et la Légende”.
Pour Macbeth, une marque aux confins des
mondes de “la musique, la mode et la culture
jeune”, le terme “pro” englobe une réalité
un peu différente. “Nos pro-models portent
le nom de Studio Projects et permettent
de présenter des musiciens, artistes et
personnes de spectacle de talent. Nous avons
collaboré par exemple avec Chris Shiflett des
Foo Fighters, Mike Dirnt de Green Day, Tom
Delonge de Blink182 et nous avons même
réalisé des chaussures DEVO entièrement
en bandes rétro-réfléchissantes 3M ! L’année
prochaine, nos pro-models endosseront des
noms aussi variés que The Gaslight Anthem
ou les Dead Kennedys. Ça promet du grand !”,
lance Ben Gustin de Macbeth Footwear.
Pour les marques core du secteur du skate,
les team rideurs sont les piliers de leur offre,
comme le met en évidence Timothy d’Emerica :
“Les pro-models forment une part essentielle de
l’ADN d’Emerica. Au-delà de l’évidence qu’il y a
à posséder des modèles qui portent le nom de
nos rideurs, le team Emerica est notre famille, il
est indissociable de ce que nous accomplissons
en tant qu’entreprise. Tous les détaillants
connaissent les membres de notre conseil
d’administrations, ils peuvent aller skater avec
eux quand ils le souhaitent.” Laissons le mot de
la fin à Mathieu de Lakai, qui résume la situation
avec une simplicité non moins évocatrice :
“Nous sommes une entreprise spécialisée dans
les chaussures pour skateurs et notre principale
source d’inspiration provient de notre team.
Nous produisons les chaussures, ils skatent !”
“Nous avons été les premiers à
nous engager dans la couleur. Ça
fait quatre ans que ça dure, et vous
trouverez encore de fortes touches
de couleur dans notre gamme.
Mais dans le même temps, nous
avons également évolué vers des
motifs à base de tissus et de toiles
techniques, ainsi que vers des choix
de matières moins courants qui
viennent donner de l’éclat à des
couleurs primaires.”
Brian Reid d’Osiris
SKATESHOES : 5 TENDANCES MAJEURES
DES COLLECTIONS A/H 2014/2015
1. Les années 90 font un come-back en
force ! Le retour de la marque éS ou encore
la collaboration HUF x Wu-Tang, ainsi
que le reboot des modèles D3 d’Osiris et
l’émergence d’une nouvelle génération de
marques créées par des skateurs, à l’image
de Tim Gavin avec FILAMENT.
2. Des ajouts de matières en guise
d’imprimés. Si les classiques imprimés à
motifs font toujours recette (surtout les
motifs à fleurs et hawaïens), les marques
utilisent désormais des matières complexes
pour créer des motifs : les toiles épaisses,
les cuirs texturés et nubuck viennent
apporter de la richesse aux stylismes, et
justifient des tarifs haut de gamme.
3. La chaussure dite after-skate. Plus
besoin d’aller chercher parmi les marques
hors-skate pour trouver des chaussures
d’après-skate. Désormais, les marques du
milieu proposent également des modèles
confortables, une fois les planches rangées.
Des chaussures bateau aux mocassins en
passant par les chaussures de running et
les boots hybrides façon rando.
4. Des tarifs à la hausse sur le haut de
gamme. Si le prix-repère demeure aux
alentours des 75-85 ¤, surtout chez les
pratiquants assidus qui renouvellent
fréquemment leurs chaussures, le prixplafond sur les modèles haut de gamme
n’hésite pas à dépasser le seuil des 170 ¤.
5. Les pro-models ont toujours la cote.
Même si certaines marques ont remplacé
leurs véritables pro-models par de simples
déclinaisons de modèles existants, aux
couleurs d’un pro, des marques core telles
que DC Shoes, HUF et Emerica misent
toujours autant sur leurs pro-rideurs.
RÉSEAUX SOCIAUX
ANALYSE DE VISIBILITÉ DES BOARDSPORTS
RIDE O’METER
Ride O’Meter, l’outil d’analyse de la visibilité des marques et des rideurs, couvre désormais 4 familles de médias : la presse papier, les sites
web, les réseaux sociaux et les vidéos sur le web. Le dispositif opère une veille permanente, évalue et analyse les données récoltées pour
ainsi comparer la couverture médiatique entre les marques, les rideurs et les événements du monde des boardsports en Europe.
En un laps de temps très court, les réseaux sociaux sont devenus un des relais clés des stratégies de communication des marques. Qui dit nouveau
support, dit par la même occasion de nouvelles règles du jeu et de nouveaux défis. Il ne s’agit pas uniquement de vouloir générer l’audience la
plus grande le plus rapidement possible, ni non plus de mesurer seulement la fréquence des partages de contenus, mais aussi d’interagir avec ce
nouveau public et de faire en sorte qu’il soit à l’origine de l’effet viral. Il faut compter également avec les rideurs sur les réseaux sociaux, capables de
démultiplier l’impact par eux-mêmes, quand ils ne deviennent pas tout simplement leurs propres supports.
Depuis juillet 2013, RIDE O’METER intègre les réseaux sociaux parmi ses outils d’évaluation, sur la base des rapports analytiques issus des trois
principales plateformes (Facebook, Twitter, Instagram), qui sont proposés aux marques, aux rideurs, aux organisateurs d’événements et agences de
communication. Ride O’Meter souhaite s’inscrire comme un service référence de monitoring et de benchmarking au niveau des réseaux sociaux, fort
d’une base de données où sont étudiés à la loupe quelques 1000 événements, 2000 marques et 8000 rideurs.
fig1.
fig3.
VALORISATION DE LA VISIBILITÉ PAR TEAM (€) (JUILLET – DÉCEMBRE 2013, PRESSE PAPIER EUROPÉENNE)
SURF / EUROPÉEN TOP 5 – HOMMES / RÉSEAUX SOCIAUX (TOTAL DE FOLLOWERS, DÉCEMBRE 2013)
rédactionnel
publicité*
FACEBOOK
TWITTER
INSTAGRAM
*comprend la publicité
réalisée par la marque ainsi
que celle d’autres sponsors
communiquant sur les mêmes
rideurs (exemple : Pub Flip
mettant en scène un skateur
sponsorisé par Vans).
fig2.
VALORISATION DE LA VISIBILITÉ PAR TEAM (€) (JUILLET – DÉCEMBRE 2013, PPRESSE PAPIER INTERNATIONALE)
rédactionnel
publicité*
* comprend la publicité
réalisée par la marque ainsi
que celle d’autres sponsors
communiquant sur les mêmes
rideurs (exemple : Pub Hurley
mettant en scène un rideur
sponsorisé par Oakley).
44
fig4.
INSTAGRAM, DÉCEMBRE 2013
Ranking
Name
Abonnés
Instagram
Moy. de Like
par post
% d’abonnés
1
Jeremy Flores
39108
2277
6%
2
Michel Bourez
18047
1169
6%
3
Aritz Aranburu
16784
1037
6%
4
Leonardo Fioravanti
14151
1386
10%
5
Kepa Acero
13870
645
5%
45
la ligne verte
VERS DES PRODUITS
PLUS “RESPONSABLES”
Par Cira Riedel/GreenroomVoice.com
En janvier dernier, le cabinet de conseil GreenroomVoice avait animé la
conférence Action Sports Summit qui se déroulait dans le cadre de l’ISPO
Academy à Munich. Grâce à l’expérience et la bonne humeur d’Anna
Rodewald (diplômée en Ingénierie textile) qui menait les débats, ceux-ci
ont donné lieu à un bouillon d’idées fructueux de la part des intervenants,
aussi bien des détaillants que des marques ou encore de simples
consommateurs. De ces échanges sont nées quelques pistes à suivre loin
d’être inintéressantes et bon nombre d’exemples pratiques au quotidien.
La conférence s’est ouverte par l’intervention du Suédois Gabriel Arthur de
NORR Magazine, lors de laquelle il a mis en avant les résultats d’une étude
réalisée par une grande marque de l’outdoor auprès des consommateurs
sur le territoire scandinave. Ces résultats particulièrement évocateurs se
sont révélés être un point récurrent durant toute la durée des échanges.
“Du point de vue du consommateur, la transparence est un argument clé,
inutile de vous faire l’article. Le second point important réside dans la
confiance (conjointement à une identification plus simple sur le produit à
travers des données chiffrées et certifiées). Enfin, le troisième argument
- et sûrement le plus étonnant - tenait dans cette exclamation : “Payez
vos impôts !”, comme l’avançait Gabriel Arthur. Pour les marques, il
s’agit désormais de plus en plus de mériter leur réputation et notamment
en communiquant de façon plus accessible et conviviale. “La presse de
niche est un très bon moyen pour communiquer sur l’aspect technique
et scientifique des produits, et ainsi de gagner en confiance auprès du
consommateur”, a confié Arthur pour clore sa présentation.
Mais trop d’information ne tue-t-il pas l’information au final, repoussant le
consommateur ? “Nous devons être capables de faire entendre la parole
d’experts au grand public”, répond le Dr. Tobias Luthe de l’Université de
Sciences Appliquées de Coire en Suisse. “Inutile de communiquer de façon
exhaustive en fournissant les moindres détails, mais le discours scientifique
a bel et bien sa place dans la communication, du moins s’il est remis dans un
contexte. Ces informations doivent être obtenues à partir de la plus grande
rigueur scientifique et la méthodologie employée doit être transparente. Pour
ce faire, il est conseillé d’utiliser des outils de mesure admis par le plus
grand nombre et ensuite de replacer ces résultats dans un contexte pour leur
donner du sens. Et le GreemroomVoice Transparency Tool me semble être
un bon outil pour y parvenir. Il s’agit de mettre des données scientifiques en
relief dans votre vie quotidienne. Disons que mon empreinte carbone est de
10 g. de CO2 par cm3 ; c’est une information des plus scientifiques. Si cette
information est utile pour faire valoir des exigences auprès des politiques
ou pour mieux développer des produits, l’étape suivante est de mettre ce
chiffre en perspective dans des exemples du quotidien, afin que tout le
monde puisse intégrer ces données. La communication doit faire davantage
de place à la science, et en particulier dans le monde des action sports et de
l’outdoor, qui sont des milieux où il est possible de faire appel à l’émotion.
Prenez l’exemple de NORR Magazine : leur message est positif, pas négatif,
et digne de confiance. Le travail des scientifiques est une chose, celui des
communicants, qui doivent faire partager les résultats, en est une autre. Il est
important de s’engager dans le respect de bonnes pratiques et de s’appuyer
sur des cas exemplaires pour montrer que le changement est possible.
S’agissant de modèles du genre, la présence lors de cette conférence de Seth
Lightcap, de Jones Snowboard, a permis d’en présenter un exemple concret.
Très engagé sur les questions du réchauffement climatique, Jeremy Jones
est un des meilleurs représentants de cette tendance. “Je suis fier d’avoir
pu participer à ce mouvement depuis les débuts de Jones Snowboards. Le
créateur de la marque, Jeremy Jones, est un acteur très actif concernant non
seulement la prévention du réchauffement climatique, mais également dans
l’éducation à ces problèmes en s’appuyant sur des faits.” La forte personnalité
du directeur associée à ses convictions à ce sujet font que sa marque jouit
d’un plus grand capital confiance auprès des consommateurs.
“Il n’est pas facile de faire comprendre ce que durable signifie au
consommateur final”, a fait remarquer Laura Seppälä, doctorante en économie
durable. “On distingue deux groupes : ceux qui sont sensibles à ces idées mais
qui ne savent pas où ni comment se procurer des produits responsables, pas
plus qu’ils ne sont capables d’identifier un véritable produit “vert”. Le second
groupe n’a tout simplement rien à faire de ces préoccupations. Ils regardent le
green-washing avec suspicion, persuadés que les marques en abusent pour
se donner bonne image. Il est nécessaire d’éveiller davantage les consciences
sur les questions d’économie durable, que ce soit au niveau social ou
environnemental. Il ne s’agit pas uniquement de choisir un produit à l’achat.”
“Dernier point et pas des moindres : le besoin de réaliser des campagnes
publicitaires responsables”, ajoute Tobias. “Une marque doit confier le
travail d’audit scientifique à un tiers si elle veut que les résultats soient
acceptés en toute confiance. Ce n’est pas à la marque de le faire ellemême. Pour commencer, il faut utiliser les bons outils d’évaluation ; il
existe des méthodologies éprouvées pour les diagnostics, tant au niveau
social qu’environnemental, telle l’analyse du cycle de vie (LCA). Nos skis
écologiques sont réalisés à partir de ces données (www.grownski.com).
Procéder à un contrôle LCA permet d’en tirer des informations fiables. Si
davantage de marques le faisaient, ce serait déjà un excellent départ. Nous
devons pousser en faveur de partenariats plus solides entre les mondes de
l’industrie, de la science, des politiques et des consommateurs.”
“Il s’agit de mettre le consommateur dans la boucle et de penser en
termes de co-design (modèle collaboratif, ndt)”, ajoute Laura. “Au-delà des
questions de production du produit, il nous faut penser également au soin
porté à celui-ci durant son cycle de vie. Pour réduire son impact sur la
nature, il est nécessaire d’apprendre aux intéressés comment les réparer et
les personnaliser, afin de leur donner une plus-value sentimentale.”
“Nous devons être capables de faire entendre la parole d’experts au grand public” Prof. Dr. Luthe
47
aide au détaillant
aide au détaillant
ASTUCES POUR BOOSTER VOTRE
IMPACT SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
Pour le retour de notre rubrique d’Aide au Détaillant, nous nous intéressons au très
puissant – et souvent déroutant – monde des Réseaux Sociaux. Voici comment les petits
shops de quartier peuvent boxer sur Internet dans la catégorie poids lourds. Par Dirk Vogel.
L’autre jour, j’ai déjeuné avec un skateur pro qui possède sa propre marque
de vêtements. Quand on en est venu à parler de Facebook et d’ Instagram
– probablement les deux seules plateformes dont vous aurez besoin
pour votre shop – ses yeux se sont tout de suite illuminés : “Les réseaux
sociaux donnent un pouvoir phénoménal aux plus petits d’entre nous.
C’est clair qu’il y a dix ans, n’importe quelle marque aurait rêvé d’avoir des
informations directes sur le nombre de personnes ayant vu leurs pubs ;
aujourd’hui, tout le monde peut compter ses “Likes”, ses “Partages” et ses
impressions. Un feedback instantané !”
Le paysage actuel des réseaux sociaux offre aux petits magasins
exactement les mêmes outils qu’aux géants de l’industrie – gratuitement,
pour l’essentiel. Et l’audience est bien présente : on dénombre actuellement
autour de 1,7 milliards d’utilisateurs de réseaux sociaux dans le monde
selon HootSuite. Les analystes du Pew Internet Project ont démontré
que plus de 89% des internautes de 18-29 ans utilisent fréquemment les
réseaux sociaux et, chez les adolescents, le taux dépasse 94%.
Il est grand temps que votre shop participe à ce monde – si ce n’est pas
déjà le cas. Les grandes marques disposent de leurs propres community
managers mais, avec un peu d’organisation et de stratégie, vous pourrez
rapidement vous construire une armée de fans et interagir avec les
meilleurs d’entre eux. Voici comment faire.
#1 CHOISISSEZ VOS ARMES
Vous n’avez pas besoin d’être présent sur tous les réseaux sociaux
existants. Concentrez-vous à créer du contenu attrayant – avec photo à
l’appui, étant donné que 65% des gens apprennent par l’image – sur les
plateformes que fréquentent vos cibles démographiques. Alors oubliez
Twitter (qui utilise surtout du texte) ou Google+ (pratiquement pas utilisé)
et faites passer votre message sur les deux réseaux qui comptent dans
les boardsports : Facebook et Instagram. Quant au réseau social le plus
important aux yeux des adolescents, Facebook est actuellement à la baisse
(33% par rapport à 42% en 2012 selon NextAdvisor), alors qu’ Instagram
gagne vite du terrain (17% comparé à seulement 12% en 2012). Pourquoi
les kids se lassent-ils de Facebook ? Parce que leurs parents y sont aussi
présents et surveillent leurs agissements (souvenez-vous de poster le
visuel de weed de la dernière board Baker).
Pour bien débuter, créez une page Facebook pour votre shop, où figurent
votre adresse physique et numéro de téléphone afin que les gens puissent
vous trouver. Créez également un nouveau compte Instagram pour votre
shop (n’utilisez pas votre compte perso). Assurez-vous d’avoir un nom
d’utilisateur facile à retenir sur Instagram : si votre shop s’appelle Shred
Skateshop, optez pour @shredsk8shop. Et si un petit malin a déjà pris ce
nom, ajoutez donc “thereal”, qui donnera @therealshredsk8shop. Réglez
les paramètres de confidentialité de vos deux comptes sur “public” (vous
Photos du shop skate Civilist sur Instagram
48
êtes une entreprise), puis allez dans les paramètres de partage d’Instagram
et connectez vos publications avec Facebook pour optimiser l’impact. La
mayonnaise commence déjà à prendre !
#2 PLANIFIEZ EN AMONT
Le grand mythe des réseaux sociaux est que toutes ces publications
et statuts mis à jour par les marques et personnalités sont totalement
spontanées (oui, et la WWE de catch c’est pour de vrai). Vos pro-skateurs
préférés emploient en réalité quelqu’un qui tweete pour eux, du moins
de temps en temps. Le plus gros secret de cette sorcellerie des réseaux
sociaux : les publications pré-écrites, composées en gros une semaine plus
tôt pour des dates spécifiques (voir n°7. Le timing est crucial) et des idées,
classées et prêtes-à-poster dans un fichier Excel.
Planifier en amont signifie aussi suivre ses marques, pro-skateurs,
magazines et représentants préférés pour voir ce dont ils parlent. Puis
ajoutez leur @nomd’utilisateur ou #sujet adéquat que vous souhaitez qu’ils
voient pour un maximum de #buzz.
#3 PUBLIEZ DES IMAGES FORTES
Les photos sont la mine d’or des réseaux sociaux. Non seulement les
boardsports et leurs produits affiliés rendent bien en photos mais surtout,
les publications Facebook avec photos obtiennent 53% de plus de Likes,
104% de plus de commentaires et 84% de plus de taux d’ouverture selon
Kissmetrics. Les appareils photo des Smartphones sont devenus très
performants, et Instagram fournit une large palette de filtres pour donner
l’ambiance – tiens, le filtre old-school “Kelvin” va être idéal sur la photo des
cruisers rétro qui viennent d’arriver au shop, non ? Arty !
Dès que de nouveaux produits sont livrés en magasin, prenez des photos
éclatantes et chargez-les sur Instagram, en invitant les clients à venir les
découvrir. Mettez en scène les produits avec soin sur un fond de couleur
neutre, ou proposez à vos employés en magasin de faire les modèles
(voir n°4. Mettez votre staff à l’honneur). Ajoutez les #marques et @
agentscommerciaux dans la légende. Et vous avez déjà connecté Instagram
à votre page Facebook (voir n°1. Choisissez vos Armes) ? Bien !
#4 METTEZ VOTRE STAFF À L’HONNEUR
Assurez-vous que vos clients connaissent votre staff et postent leurs
photos sur les réseaux sociaux de façon à ajouter une dimension humaine
à leur acte d’achat. Et pourquoi ne pas demander à vos employés de
porter les derniers vêtements arrivés au magasin (juste pour la photo,
hum, désolé..) ? Avant l’ère d’Internet, mon ami “Mike, the Shopper” était
modèle pour Limited, le magazine fondé par Urban Supplies distribution
– et cette rubrique est devenue un hit. Vous pouvez aussi demander à vos
spécialistes matériel de prodiguer quelques conseils de réglage, ou à votre
Le feu de ces projecteurs virtuels marche dans les deux sens : demandez à vos clients de les prendre en photo au
moment de l’achat : “@sk8willy vient d’acheter une nouvelle deck #Baker ! Passez prendre la votre !”
49
aide au détaillant
ASTUCES POUR BOOSTER VOTRE IMPACT SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
Utiliser les bons hashtags pourra booster l’impact de vos publications, mais attention : #ne
#pas #utiliser #de #hashtag #à #chaque #mot !
styliste en herbe, appelons-le Ben, de lister ses frusques préférées.
Le feu de ces projecteurs virtuels marche dans les deux sens : demandez à
vos clients de les prendre en photo au moment de l’achat : «@sk8willy vient
d’acheter une nouvelle deck #Baker ! Passez prendre la votre !” (Voir 6.
Impliquez votre audience).
#5 COURT ET BON
En termes de sémantique, il faut veiller à faire court et utiliser un langage
simple et direct. Selon Kissmetrics, les publications de moins de 250
caractères peuvent susciter jusqu’à 60% d’engouement supplémentaire,
tandis que poser une question à vos fans est tout à fait normal sur les
réseaux sociaux. En réalité, les publications Facebook qui intègrent
des questions reçoivent deux fois plus de commentaires et HubSpot a
déterminé que les questions au subjonctif, au conditionnel, et commençant
par un pronom obtiennent le plus de réponses.
Alors une bonne légende pour une nouvelle publication mode par Ben, notre
spécialiste, pourrait donner : “Pensez-vous que Ben devrait garder pour lui
cette nouvelle chemise flannel #rvca ? “Likez” si vous êtes d’accord.” Ou:
“Partagez cette publication pour tenter de gagner une deck #chocolate,
dédicacée par @internetfamous.” Tout dépend de votre vision d’Instagram !
#6 IMPLIQUEZ VOTRE AUDIENCE
Ne vous cachez pas derrière votre comptoir. Les utilisateurs de réseaux
sociaux apprécient quand les marques et les groupes qu’ils suivent sont à
l’écoute et répondent. Sauf qu’environ 70% de toutes les marques ignorent
les commentaires de leurs clients selon Socialbackers ! Montrez l’exemple
en répondant aux questions (pensez à tager les clients concernés pour
qu’ils voient votre réponse) et en “Likant” les bons commentaires.
Gardez aussi à l’esprit que 35% des fans Facebook suivent une page pour
#7 LE TIMING EST CRUCIAL !
Les réseaux sociaux sont une habitude quotidienne pour 67% des internautes
adultes, selon le Pew Internet Project. Mais chaque jour est différent en termes
d’efficacité : plus c’est tard dans la semaine mieux c’est, l’implication sur
Facebook est 18% plus forte les Jeudis et Vendredis, et 32% les weekends.
Le moment de la journée est aussi décisif : le matin, pendant les trajets
à l’école ou au travail, est un moment privilégié pour la socialisation
sur smartphone – notamment pour ceux qui prennent les transports en
commun – on observe à la pause déjeuner et à 15h00 des pics d’activité,
alors que les réseaux se vident entre 18h et 20h, pour revenir en force
après 21h. Vous pouvez déterminer l’heure idéale pour vos publications en
regardant les statistiques sur Statigram, un service d’analyse complet déjà
approuvé par 150 000 marques dans 200 pays.
Par ailleurs, il n’y a absolument aucune honte à répéter plusieurs fois
les mêmes publications, ou la même information formulée différemment
avec d’autres photos. La plupart des gens suivent tellement de pages que
certaines publications tombent aux oubliettes. Alors faites retentir votre
#venteprivée ou démo de pros, ou contest de mini-rampe deux ou trois
fois en amont (voir n°2. Planifiez en Amont), et toutes les huit heures dans
les trois derniers jours précédant l’évènement. Et, au cas où vous vous le
demandez, vous pouvez dès maintenant glorifiez vos fans avec quelques
publications #concours.
3 TRUCS À EVITER SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX !
QUI SUIVONS-NOUS...
Et à ne surtout pas commettre :
Prenez note, ces détaillants sont sur la bonne voie..
N’achetez pas de fans. Ok, il existe des sites Internet qui vous
permettent d’acheter 1000 fans pour environ 10 €, mais aucun
d’entre eux n’est réel (Justin Bieber aurait soit disant 18 millions
de faux fans). C’est préférable d’avoir de vrais fans qui fréquentent
aussi votre magasin. Assurez-vous d’avoir simplement plus de
gens qui vous suivent, que l’inverse (ce serait désespéré sinon).
@stil_laden
Photos produits, events, visites de pros – le shop de skate et
sneaker favori de Vienne où tout est beau.
Ne répondez pas à tout. Certaines personnes laissent leurs manières
à l’extérieur lorsqu’ils vont sur Internet. Là où être à l’écoute est
une bonne chose (voir n°6. Impliquez votre audience), vous pouvez
aussi définir une ligne imaginaire au-delà de laquelle certains types
d’agression ne passeront pas : effacez les publications offensantes,
et répondez aux mauvaises langues en privé plutôt que d’engager un
débat public (qui ne pourra pas être effacé une fois écrit).
N’abusez pas des hashtags. Utiliser les bons hashtags pourra
booster l’impact de vos publications, mais attention : #ne
#pas #utiliser #de #hashtag #à #chaque #mot ! Même si les
publications avec hashtags rencontrent deux fois plus d’adhésion
que celles sans, il y a une limite : les tweets avec un ou deux
hashtags sont OK, au-delà c’est vraiment #toomuch!
50
pouvoir participer à des concours et 42% pour recevoir des coupons de
réductions selon Buffer. Alors donnez-leur ce qu’ils veulent : proposez aux
marques d’organiser un contest avec des lots à gagner. Best trick vidéo,
best snowboard photo – tout fonctionne ! Demandez à vos fans de partager
la publication avec leurs amis pour diffuser le message au maximum (voir
n°5. Court et Bon) et regardez votre compteur de fans grimper en flèche.
@civilistberlin
Les sneakers, bonnets et beer bong occasionnels des plus
fins trend-setters berlinois.
@slamcityskates
Le skate shop premium de Londres qui sait ce que veulent
ses clients, avec plus de 7000 abonnés – et ça continue.
@arrowandbeast
Des ventes privées, des visites de pros, des arrivages de
nouvelles decks – le tout sur Instagram.
@streetmachine
Des produits alléchants et un staff qui travaille d’arrachepied à Copenhague.
BEST SELLERS
BEST SELLERS
Les rumeurs sont positives, les chaussures se vendent toujours bien, et il y a aussi eu une augmentation notoire des ventes
de matériel de skate et de snowboard. De nouveaux shops continuent d’ouvrir, comme le New School Shop aux DeuxAlpes, un snowboard shop qui propose aussi des leçons de snow. Nous avons aussi échangé avec les anciens du skate shop
Rodolfo, à Amsterdam, qui ont beaucoup à dire après leur déménagement, synonyme d’augmentation des ventes.
SNOW / NEW SCHOOL SHOP / LES DEUX APLES / FRANCE / WWW.NEW-SCHOOL.FR
SKATE / PONKES SATE SHOP / HELSINKI / FINLANDE
Qu’est-ce qui différencie votre magasin et
de quelle manière se démarque-t-il de la
concurrence ?
Nous sommes dans le secteur depuis de
nombreuses années, je crois que notre
expérience, notre service client ainsi que la
gamme de produits que nous vendons nous
donnent une longueur d’avance sur les autres
magasins locaux. Nous avons une communauté
bien tissée et des clients locaux.
Que faites-vous pour attirer du monde dans
votre magasin ?
Nous organisons souvent des événements de
skateboard, ce qui ramène beaucoup de clients.
Nous organisons aussi des skate jams, qui
sont très appréciées. Tous les skateurs locaux
participent à ces sessions et entrainent des gens
de l’extérieur. Ces événements sont très sympas et
c’est une super manière de promouvoir le magasin.
Quels sont les avantages d’avoir un magasin
physique plutôt que de n’avoir qu’un magasin
en ligne ?
Les gens peuvent nous rendre visite et voir
que nous sommes vraiment impliqués dans nos
sports. Je vois notre boutique comme le centre de
la communauté locale, où les gens se sentent bien
accueillis, peuvent aller et venir et essayer ce que
nous avons à leur proposer. C’est aussi beaucoup
plus facile pour nous de garder un œil sur la
tendance, parce que nous voyons directement les
attentes des clients.
Comment se porte le milieu du skate localement ?
Nous avons un milieu du skate et du longboard
exceptionnel ici. Il y a beaucoup de spots de
street dans le coin, ce qui le rend très apprécié
des locaux. Il est très rare en plein été de trouver
un de ces spots vide, sans un skateur ou un
longboardeur local.
Quelles ont été pour vous les trois catégories les
plus vendues sur les 12 derniers mois ?
Le longboard et le skateboard. Cependant, nos
vêtements de snowboard sont actuellement ce
qui se vend le mieux grâce, évidemment, à une
météo plus froide.
SNOW / THE SNOWBOARD SHOP / FLEET / ROYAUME-UNI / WWW.THESNOWBOARDSHOP.CO.UK
Quel est le leitmotiv de votre entreprise ?
“Votre satisfaction fait notre succès”, vous devez
réaliser le rêve du client.
le mieux est Element, et pour les chaussures,
c’est Vans. C’est le cas depuis deux ans avec
Vans, tant c’est une marque appréciée.
Depuis combien de temps votre magasin est-il
en activité et qui le dirige ?
Nous sommes en activité depuis huit ans. Nous
ciblons les gens plus jeunes grâce au fait que
nous sommes situés dans un bel droit où il y a
beaucoup d’étudiants. Nous sommes un petit
magasin dirigé par un couple.
Quels sont les avantages d’avoir un magasin
physique plutôt que de n’avoir qu’une boutique
en ligne ?
Eh bien, nous n’avons pas de boutique en ligne.
Et c’est parce que nous sommes trop occupés à
gérer le magasin physique car nous n’avons que
quelques employés. Nous apprécions beaucoup
de travailler dans le magasin parce que nous
pouvons directement voir le comportement des
clients. Nous observons que beaucoup de gens
Quelles sont les marques que vous vendez le mieux ?
Pour les vêtements, la marque que nous vendons
partent du principe que les articles doivent être
soldés sur Internet. Quand vous parlez à un client,
vous pouvez avoir un échange professionnel,
un réel face-à-face, et vous assurez qu’il est
entièrement satisfait.
Quelles sont les tendances en ce moment ?
Les tendances semblent bouger très rapidement,
pas aussi vite qu’à Paris, mais tout de même.
Concernant le style, le Street Wear est très urbain.
Nous voyons aussi l’apparition d’un “Mountain Chic”.
Et une grande tendance très en vogue est le retour
du Surf Vintage. Cependant, ce n’est pas vraiment
ce que nous proposons dans nos produits.
SKATE / RODOLFO’S SKATESHOP / AMSTERDAM / PAYS BAS / WWW.RODOLFOS.NL
Quels sont les avantages d’avoir un magasin
physique plutôt que de n’avoir qu’un magasin
en ligne ?
Rodolfo a ouvert ses portes longtemps avant que
n’existe la vente en ligne, nous sommes depuis
longtemps un lieu de rendez-vous pour acheter
des planches, boire un café et bénéficier d’un
bon service client. Il est toujours et encore plus
important d’avoir un magasin physique plutôt
qu’une expérience purement virtuelle. Il n’y a rien de
tel que de tenir un deck dans sa main et d’apprécier
concrètement les shapes, les tailles et les concaves.
Quels conseils donneriez-vous aux autres
revendeurs indépendants qui essaient de
52
concurrencer les grands magasins ?
Il est important de ne pas vous jeter à corps
perdu dans une bataille de prix. Il faut rester
fidèle à votre propre vision et ajuster la direction
que prend votre magasin, quand et si nécessaire.
Êtes-vous confiants quant à l’hiver prochain et
à l’entrée dans l’été ?
Rodolfo vient de déménager. Une décision qui
représente toujours en soi un certain risque
mais, heureusement, les clients réguliers sont
restés à nos côtés et nous accueillons de
nouvelles personnes chaque jour.
Comment se porte le marché local en ce moment ?
Distributeurs...Pour apparaître dans les Best Sellers...
Email [email protected]
A part le fait que les grands magasins et les plus
grandes marques adoptent le rôle de revendeurs,
et se comportent donc comme des concurrents
directs pour tous les magasins privés, j’ai
l’impression qu’il y a un certain engouement
pour les entreprises locales et plus petites parmi
les clients. Une loyauté qui nous aide à survivre,
nous les petits magasins.
Veuillez nous faire part des initiatives que votre
magasin a prévues dans un futur proche ?
Sur les deux derniers mois, nous nous sommes
occupés d’installer et de mettre en place notre nouvel
espace ; dès que nous serons installés, nous serons
plus disponibles pour préparer des événements.
Pouvez-vous nous dire depuis combien de temps
vous êtes en activité et nous offrir un bref
historique de votre magasin ?
Nous sommes en réalité un nouveau magasin
de snowboard qui vient d’ouvrir aux DeuxAlpes. Notre magasin est dirigé par des
snowboardeurs enthousiastes et nous allons
aussi proposer des cours.
Quels sont les accessoires les plus appréciés ?
Nous vendons principalement des casques,
des gants, des manteaux ; essentiellement et
principalement des accessoires de snowboard.
J’ai été agréablement surpris quant à la quantité
de clients que notre magasin a déjà rassemblés,
ce qui est principalement lié à la grande gamme
d’accessoires que nous vendons.
Quelle est la marque que vous vendez le plus ?
Je dirais que ce sont les planches Never Summer.
peuvent ainsi venir nous parler directement
et nous poser leurs questions sur notre sport
avant de l’expérimenter par eux-mêmes. Nous
apprécions vraiment l’interaction directe dont
nous bénéficions avec le magasin.
Quels sont les avantages d’avoir un magasin
physique ?
En tant que snowboardeurs enthousiastes,
nous apprécions de tester tous les nouveaux
produits, ce qui nous permet d’offrir un
conseil précis et honnête à nos clients, et nous
sommes aussi en mesure de proposer des
cours. Tout cela facilite l’accès aux personnes
qui envisagent d’essayer ce sport et qui
Quelles sont les initiatives que votre magasin a
prévues dans un futur proche ? (événements,
dédicaces, rénovations, etc.)
Nous allons organiser un événement pour
lancer l’ouverture du magasin en ligne et nous
proposerons quelques petites compétitions
pour les élèves de notre école. La saison
prochaine, nous espérons organiser un peu plus
d’événements, et le travail est déjà en cours.
SURF / SECRET SURF / SCARBOROUGH / UK / WWW.SECRETSURF.CO.UK
Quel pourcentage de vos ventes provient de la
boutique en ligne par rapport à votre magasin
physique ?
Notre boutique en ligne est vraiment liée à la météo
de la saison en elle-même, si c’est un bon hiver ou
un bon été, nous vendrons beaucoup plus de matériel
sur notre page Web. Nos ventes doivent être d’environ
15 % par rapport à nos ventes en magasin physique.
Quels sont les avantages d’avoir un magasin
physique plutôt que de n’avoir qu’une
boutique en ligne ?
La promotion des sports et des articles est bien
plus efficace et personnelle en magasin, par
rapport au fait de n’avoir qu’une boutique en ligne.
Nous pouvons partager notre propre expérience
avec nos clients et leur donner des conseils bien
plus adaptés et bien plus personnels.
Quelle tendance voyez-vous venir ?
Résolument le Wakeboard. Beaucoup de gens
le trouvent très accessible par rapport au surf
et s’essaient donc maintenant à quelque chose
de différent.
Quelle est la catégorie d’accessoires que vous
vendez le mieux ?
Nous vendons beaucoup de combinaisons IONS,
ainsi que différentes catégories de planches de surf.
Que faites-vous pour attirer du mone dans votre
magasin ?
Nous faisons de la promotion sur Facebook,
Instagram, Twitter, Linkedin, tous les réseaux
sociaux habituels. Nous organisons aussi des
mini-événements pour faire la promotion du
magasin et des produits que nous proposons.
SURF / WAVERIDERS SURF SHOP / ABERSOCH / UK
Quelles sont les initiatives prévues par votre
magasin dans un futur proche ? (événements,
dédicaces, rénovations, etc.)
Nous sommes toujours en contact avec les
pros sur le tour pour organiser la signature de
cadeaux, et nous projetons de lancer notre propre
compétition appelée Freeriders pro/am Search.
Nous cherchons toujours à étendre notre activité.
Quel produit en particulier a été le plus vendu ?
Qu’est-ce qui marche et qui ne marche pas ?
Ultimate surfboards se porte très bien, nous
vendons toute une gamme de planches,
principalement au moment où le festival Wake
Stock se déroule ici.
Quelle est votre catégorie d’accessoires la plus
vendue ?
Nous proposons une énorme gamme de
planches de surf, et elles se vendent toutes
très bien. Les paddleboards se sont très bien
vendus l’été dernier, et nous en espérons
autant cette année.
Quels sont les avantages d’avoir un magasin
physique plutôt que de n’avoir qu’un magasin
en ligne ?
C’est très simple. En ligne, vous ne pouvez pas
avoir d’interaction directe avec le client. Je
crois que c’est un des grands avantages d’un
magasin physique.
Qu’est-ce qui différencie votre magasin et
de quelle manière se démarque-t-il de la
concurrence ?
Nous savons ce que veut notre client et nous
interagissons énormément avec lui, nous sentons
que nos clients ont confiance en nos conseils, et
c’est ce qui les fait revenir.
Quelle tendance voyez-vous venir ?
Je crois qu’il y aura une véritable tendance au
wakeboard cet été. Je crois que ça attire de plus
en plus les gens.
Quels conseils donneriez-vous aux autres
revendeurs indépendants qui essaient de lutter
contre les grands magasins ?
Sincèrement, je dirais juste qu’il faut rester
en contact avec les locaux et développer une
relation avec vos clients. Il nous semble très
facile de maintenir notre relation clientèle et
nous voyons bien que c’est un avantage que
nous avons sur les grands magasins.
53
profil de marque
PENGUIN
Penguin produit des vêtements techniques de free ride de grande
qualité à un prix abordable. C’est une petite entreprise suisse avec
beaucoup d’ambition et, grâce à sa petite taille, elle offre aux
revendeurs une approche “main dans la main” plutôt rassurante.
Pourvez-vous nous dresser un panorama de
comment et pourquoi l’entreprise a démarré ?
Nous nous sommes dit qu’il y avait une niche
pour les vêtements techniques de free ride pour
une utilisation exclusive en backcountry. Notre
passion pour l’exploration de la poudreuse fraîche
dans les Alpes suisses a constamment orienté et
caractérisé notre ligne de vêtements.
Qui compose l’équipe managériale et quel est
leur parcours ?
Tristan Winkler, propriétaire et directeur général
(passionné d’Outdoor) Benjamin Boss, directeur
des ventes (dirige les ventes en Allemagne
dans la région GAS) Steve Schaerer, directeur
marketing (a travaillé avec Oakley & The North
Face dans la zone EMEA)
Quel est le leitmotiv de l’entreprise ?
Nous voulons produire les vêtements techniques
les plus perfectionnés possible pour les
passionnés de free ride, à un prix compétitif et
sans compromis sur les matériaux. Nos modèles
sont propres, simples et sans fioritures.
Qu’est-ce que vous différencie de vos concurrents ?
Le prix. Nous proposons des produits techniques
haut de gamme à un prix raisonnable comparé aux
autres marques dans le même segment de marché.
Pour parvenir à ça, nous avons limité notre budget
marketing au strict minimum et nous laissons nos
produits parler pour nous. Les gens qui achètent
nos produits en sont très satisfaits et ne tarissent
pas d’éloges sur notre marque. Pour une marque,
nous pensons que c’est la manière la plus saine de
croître dans l’environnement actuel de l’outdoor.
Pouvez-vous nous dire de quelle manière vous
utilisez les ressources locales dans vos produits ?
Nous travaillons avec une petite usine locale
suisse. Ils sont bien plus connus que nous ne
le sommes. À notre avis, Schöller développe
actuellement certains des tissus les plus
techniquement perfectionnés du monde. Nous
sommes très heureux de travailler avec eux.
Qu’est-ce qui vous semble important sur le
marché européen ?
Venant de Suisse, nous ne voyons pas l’Europe
comme un marché. En fait, même le marché
suisse ne peut pas se définir comme un marché.
Nous avons une partie allemande, une partie
française et une partie italienne. Chacune de
ces régions se travaille très différemment. Et
c’est la même chose pour l’Europe. Par exemple,
le marché allemand évolue de manière très
différente du marché autrichien et du marché
italien. C’est très important de rester constant,
mais aussi de s’adapter aux habitudes régionales
de travail. C’est tout un art d’équilibriste.
Comment soutenez-vous les athlètes et les
sports de glisse ?
Nous avons 10 rideurs pro dans notre team et
nous les soutenons avec des vêtements Penguin.
Nous contribuons aussi aux frais de compétition
et aux dépenses liées aux voyages lorsque nous le
pouvons. De plus, nous sponsorisons des projets
de photos et de films dans lesquels sont impliqués
nos rideurs. Du côté des ambassadeurs, nous avons
15 membres et nous soutenons la SwissJ&S Team
(profs de sport pour la jeunesse). C’est un groupe
d’instructeurs de ski et de snowboard très entraînés
qui enseignent aux jeunes gens plusieurs disciplines
de sports d’hiver dans les Alpes suisses.
Quelles autres actions marketing mettezvous en place ?
Pour être honnête, il y en a très peu à cause des
contraintes budgétaires. Nous réinvestissons
tout dans la marque. Nous croyons que la
meilleure manière de promouvoir notre marque,
c’est d’aller voir ailleurs, et de skier ou de rider
dans les différentes régions. Parler directement
aux clients en montagne, échanger, partager
des idées et écouter. Parfois, il nous arrive de
monter un stand sur un événement de ski ou de
snowboard, et de montrer aux gens ce que nous
avons créé et de les encourager à l’essayer.
Pourquoi les revendeurs devraient vendre
votre marque ?
Parce que nous offrons des produits techniques
haut de gamme à un prix raisonnable. Nous offrons
un service unique et flexible aux revendeurs,
grâce à la petite taille de notre entreprise. Nous le
suivons “main dans la main” sur presque chaque
étape. Notre taille nous permet d’agir comme ça.
Nous avons un contrôle total sur notre inventaire
dans la zone européenne.
Comment voyez-vous le futur de votre
entreprise ?
L’industrie de l’outdoor n’est pas vraiment prospère
en ce moment. Je vois toujours beaucoup de
potentiel pour la niche des petites marques comme
Penguin, qui devraient se développer petit à petit.
Une croissance saine est ce que l’on prévoit pour
le futur de l’entreprise et de la marque.
Comment voyez-vous le futur de l’industrie ?
Pour être honnête, les quelques prochaines
années ne seront pas faciles, mais nous restons
positifs. Les grandes marques devraient cesser
d’inonder le marché avec des inventaires produits
en masse et seraient plus intelligentes d’investir
dans un meilleur contrôle qualité et une approche
plus créative sur la manière de travailler avec
leurs partenaires et leurs marques.
Où peut-on trouver vos produits/vidéos/
matériels ? (Web/Facebook/etc.)
www.penguinclothing.ch
instagram.com/penguinclothing#
www.facebook.com/pages/Penguin-Clothing
WWW.PENGUINCLOTHING.CH / KALISTI INTERNATIONAL GMBH, THURGAUERSTRASSE 109, 8152, SWITZERLAND / [email protected] / +41 (0)44 586 63 60
55
profil de marque
METRO FREERIDE FOOTWEAR
Les chaussures Freeride de Metro constituent le premier programme de chaussures de free ride de l’industrie du skate. Buddy Carr,
l’ex-pro et fondateur de la marque, a bien l’intention de lancer Metro, née de son amour du skateboard, à travers toute l’Europe.
Pouvez-vous nous dresser un panorama de
comment et pourquoi l’entreprise a démarré ?
Il y a quatre ans, j’ai pu observer le besoin d’un
nouveau type de roues, une roue conçue pour
glisser, qui serait prévisible, qui s’userait de
manière homogène et sans zone plate. Nous nous
sommes concentrés là-dessus, en lançant des
prototypes et en développant un team, et nous
produisons à présent ce que beaucoup voient
comme les meilleures roues de slide du marché.
Si on en vient en accéléré jusqu’à aujourd’hui, nous
portons la même énergie et la développons sur le
marché mondial, avec le premier programme de
chaussures de free ride de l’industrie.
Qui compose l’équipe managériale et quel est
leur parcours ?
Notre designer de chaussures en interne est luimême un skateur, avec plus de 10 ans d’expérience
dans le design de chaussures de skate. Il comprend
les besoins liés à la chaussure de skate et est en
mesure d’adopter le point de vue du freerideur ainsi
que la perspective du skateur de Street. Moi-même,
j’ai démarré dans le business du skate il y a près
de 30 ans, j’ai dirigé Tracker Trucks pendant plus
de 20 ans et j’ai aidé à lancer plusieurs marques
de skate comprenant Skate Rags, A1 Meats, Orion
Trucks, Street Rod Clothing et d’autres au fil des
ans. J’ai skaté pour le team Alva dans les années
80 et 90, j’ai voyagé à travers le monde et rencontré
de nombreuses personnes exceptionnelles, que je
considère comme ma famille aujourd’hui.
Qu’est-ce qui vous différencie de vos concurrents ?
Nous sommes la seule marque de chaussures
qui propose une semelle spécifique au free ride,
au downhill et au longboard. J’ai la sensation que
nous ne sommes pas réellement en concurrence
avec d’autres marques, mon objectif est de créer
une sous-catégorie complètement nouvelle dans
la chaussure de skate. Les fonctionnalités que
notre designer a incorporées dans notre semelle
scindée exclusive sont différentes de toutes
les autres chaussures de skate du marché. Elle
est vraiment à part. Notre marketing répondra
aux besoins spécifiques de la culture free ride,
nous allons sponsoriser des événements free
ride, de downhill et de slide style, puis nous
allons réinvestir dans le milieu pour l’aider à se
développer dans une direction positive.
Quelles sont les autres actions marketing que
vous menez ?
Nous serons actifs sur les réseaux sociaux et
nous serons présents lors d’événements dans
l’ensemble des US. Nous nous focaliserons sur
les compétitions plus petites et populaires, parce
que de nombreuses race jams et slide jams sont
simplement illégales, ce sont des événements
sans autorisation. Les skateurs organisent ces
événements à la volée et espèrent simplement ne
pas se faire embarquer avant les phases finales.
Pourquoi les revendeurs devraient proposer
votre marque ?
Les temps sont incertains et personne ne veut
prendre le risque de dévier d’une formule qui
marche, mais la seule manière de croître et de se
développer, c’est de devenir un vrai leader et de
prendre des risques. L’objectif est de changer la
norme, d’apporter une toute nouvelle sous-catégorie
à un marché de la chaussure éculé en quelque sorte.
Comment voyez-vous l’avenir de votre entreprise ?
Je veux proposer la meilleure chaussure possible
et attirer une audience très spécifique. Nous
allons créer l’étincelle qui va allumer une toute
nouvelle sous-catégorie de chaussures de skate.
De la même manière que nous avons été leaders
avec nos roues spéciales slide, nous serons
leaders avec nos chaussures spécifiques au free
ride. Et je n’ai pas l’intention de m’arrêter là, j’ai
d’autres produits dont je constate qu’ils répondent
à un besoin, j’ai toujours recherché des trous dans
le marché, puis je crée des produits pour essayer
de les remplir. Je vois nos chaussures comme
un tremplin pour d’autres vêtements lifestyle, et
ensuite pour une gamme d’accessoires.
Comment voyez-vous l’avenir de l’industrie ?
Notre objectif est d’aider à orienter l’industrie dans
une direction qui lui permettra de se développer.
Plus longtemps nous conserverons les véritables
skateurs aux commandes, ceux qui travaillent
avec passion et amour pour le skateboard, plus
le futur se montrera positif pour l’industrie tout
entière. L’industrie du longboard peut et continuera
à croître avec un nombre croissant de gens qui
se mettent à rider des planches plus longues, non
seulement pour le plaisir de rouler sur quatre
roues, mais aussi comme moyen de transport.
Mais nous avons vraiment besoin du soutien des
revendeurs, ceux qui n’ont pas peur de tenter leur
chance, les revendeurs non-conformistes, ceux qui
savent que pour se développer, il faut changer en
permanence.
Où peut-on trouver vos produits/vidéos/
matériels ?
Envoyez-moi vos questions et vos commentaires
par mail à [email protected]
METRO FREERIDE FOOTWEAR / CARLSBAD, CALIFORNIA / [email protected]
56
profil de marque
ION WETSUITS
ION, un producteur de Néoprène de grande qualité pour le kite, le windsurf et le wakeboard, a dorénavant étendu sa
gamme au surf et au VTT, en incorporant des modèles et des designs pour l’eau, comme pour les sentiers et les pistes.
Pouvez-vous nous dresser un panorama de
comment et pourquoi l’entreprise a démarré ?
ION a été lancée en 2005 en tant que
marque du portefeuille Boards and More. Au
commencement, la marque se concentrait sur les
combinaisons, les produits en Néoprène et les
accessoires pour les milieux internationaux du
kite, du windsurf et du wakeboard. À l’époque,
les combinaisons étaient noires sur noir…et il
était temps d’apporter quelque chose de nouveau
et de frais. ION a réinterprété les combinaisons
classiques du marché, avec une association
exclusive de matériaux de grande qualité à des
styles et des designs progressifs. En 2013, nous
avons adopté la même approche pour les pistes,
en lançant notre segment vélo, puisque notre
second grand amour a toujours été le VTT.
Qui compose l’équipe managériale et quel est
leur parcours ?
L’équipe managériale est composée de Till Eberle
(PDG) & Gregor König (DF). Till possède un Master
en ingénierie de l’industrie légère et a été par
ailleurs pro ainsi que membre de l’équipe nationale
de snowboard allemande. Till a démarré sa carrière
chez Boards & More en tant que directeur produit
pour Fanatic Snowboards. En 2000, il a lancé
North Kiteboarding. Gregor possède un Master en
sciences de l’ingénierie industrielle et s’est focalisé
sur l’audit et la finance dans plusieurs entreprises
multinationales avant de prendre la responsabilité
des finances, des comptes, de la logistique, des
achats, du service client, des technologies de
l’information, des ressources humaines et du
juridique chez Boards & More.
Quel est le leitmotiv de l’entreprise ?
Ne vous fixez pas de limites et appréciez le
spectre complet des surprises que la vie à vous
offrir. Cette philosophie se reflète aussi dans
notre accroche “Surfing Elements”. Nous aimons
juste rider tous les types de boards ou de vélos
que nous avons sous la main. Au final, nous
partageons tous la même passion, ce sentiment
de plaisir et d’énergie qu’on ressent sur une
planche ou un vélo, sur l’eau ou sur terre.
Qu’est-ce qui vous différencie de la
concurrence ?
En évoluant dans l’environnement de B&M,
ION a des liens forts avec les marques de
matériel du groupe. ION est simplement
devenue l’uniforme de travail quotidien de toute
l’équipe de développement de produits. En
conséquence, nous avons obtenu beaucoup de
retours d’un point de vue très technique, ce qui
nous a naturellement conduits à une approche
orientée vers la fonctionnalité ; un des avantages
principaux de tous les produits ION. Associer la
fonctionnalité à une technologie innovante et un
design progressif est ce qui fait l’unicité de ION.
Pouvez-vous nous dire comment vous utilisez
les ressources locales dans vos produits ?
Tous les modèles et toute la recherche et le
développement sont faits en Allemagne. Les
produits principaux de ION sont les combinaisons
qui sont faites à partir d’un Néoprène calcaire
Premium. Taïwan et le Japon sont les pays leaders
dans le monde de la production de produits en
Néoprène. Pour répondre à nos exigences de
qualité, nous restons en lien avec des spécialistes
expérimentés provenant de ces marchés.
Qu’est-ce, qui selon vous, est important sur le
marché européen ?
L’Europe, c’est chez nous et, en même temps,
elle représente le marché le plus solide.
Le marché européen est plus orienté vers
la technique et possède une appréciation
complètement différente d’un design progressif
que le marché américain ou australien
par exemple. En Europe, nous voyons des
différences significatives entre les besoins de
chaque marché. Nous faisons l’expérience de
demandes différentes concernant les produits
ainsi que des manières de communiquer et
d’interagir. Nous travaillons de très près avec
notre réseau de distributeurs et d’agences, et
nous écoutons attentivement leurs demandes.
Grâce à ça, nous sommes en mesure de recevoir
une vision profonde de chaque marché et de
l’inclure dans nos produits et notre stratégie de
communication.
Comment voyez-vous l’avenir de l’industrie ?
L’industrie des sports de glisse aura toujours
l’avantage de la passion qui nous habite. La
passion des gens qui travaillent, la passion
des gens qui vivent et pratiquent les différents
sports. Cela conduira au progrès et à l’innovation,
et nous permettra d’être moins affectés par
les crises économiques. Nous économiserons
toujours de l’argent sur des choses autres que
nos passions. Rester fidèles à notre patrimoine
et être authentiques, c’est la clé.
Où peut-on voir vos produits/vidéos/trucs ?
(Web/Facebook/etc.)
Produits & Team – ION website : www.ionproducts.com
ION Bike & Water news (team, produits, clips, etc.) :
http://ionproducts.tumblr.com/
ION Water facebook (team, produits, clips, etc.) :
https://www.facebook.com/ion.water
ION Bike facebook (team, produits, clips, etc.) :
https://www.facebook.com/ion.bike
WWW.ION-PRODUCTS.COM
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NOUVEAUX PRODUITS
01.
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02.
06.
01. DAKINE : JETTY WET/DRY 29L
Le nouveau sac de surf DaKine vous permettra de
transporter tout ce dont vous avez besoin pour l’avant et
l’après session, grâce à des fonctionnalités sympas comme
une poche isolée pour votre bière ou votre bouteille d’eau,
ou encore la poche supérieure enroulée imperméable pour
votre combinaison.
www.eu.dakine.com
02. CLICHÉ : HAIR CUP SERIES SKATE DECKS
Pour marquer la coupe du monde de cet été et célébrer le Big
Hair avec des skateurs du monde entier, ces planches présentent
un graphisme original peint à la main par Marc McKee, inspiré des
stickers de football Panini des années 90. La gamme est dispo
chez Collet (France), Winter (Australie), Esponiza (Mexique),
Brezinski (USA), Mendizabal (Espagne) et Villemin (Allemagne).
www.clicheskate.com
03. OSPREY : STRIPE SINGLE KICK LONGBOARD
Le Longboard “Stripe” Single Kick d’Osprey est le Big Kahuna
de la gamme de longboard d’Osprey. La planche idéale pour
les surfeurs frustrés ou ceux qui préfèrent rider “old school”.
www.ospreyactionsports.co.uk
03.
04.
05.
04. PENNY : FADES SERIES
Inspirée du Surf Art et née dans l’esprit créatif d’un vrai
fan de Penny, la nouvelle gamme Fades regroupe ce qui
se fait de mieux dans les deux mondes de Penny : des
couleurs fabuleuses et vives, et le Beach Lifestyle qui
imprègne l’essence de la marque Penny. Chaque planche
de la collection mélange trois couleurs parfaitement
complémentaires dans un effet d’ombres dégradé.
www.absoluteboardco.com
05. FOX : ALCHEMY BRUCE IRON’S SIGNATURE
BOARDSHORT
Le boardshort Alchemy, pro-model de Bruce Irons, présente
un système de braguette z-lock et des cordons de serrage
élastiques pour fixer un design qui ne glisse pas et ne tombe
jamais. Ce short possède une bande micro-rigide dissimulée et
cousue à l’intérieur de la doublure de la taille, pour une coupe
sécurisée. Sans oublier, les ourlets et coutures soudés, légers et
confortables, qui s’adaptent à 100 % au tissu pour une mobilité et
une performance supplémentaires dans les sports aquatiques.
www.foxhead.com/boardies
06. FIREWIRE : TIMBERTEK
Bien qu’en aucun cas fabriqué de manière durable, le Timbertek
de Firewire possède de loin l’empreinte carbone la plus faible
et la moins toxique de toutes les planches de surf disponibles
dans le commerce aujourd’hui. Combinant un noyau léger en
EPS, un revêtement en bois issu de forêts gérées durablement,
la fabrication de rails paraboliques exclusive à Firewire et la
bio-résine Entropy, le Timbertek est une planche durable, légère
et écoresponsable qui présente TOUTES les caractéristiques de
performance du flex des technologies Firewire existantes.
www.firewiresurfboards.com/timbertek.php
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VEILLE DES MARCHÉS ROYAUME UNI
Par Gordon Way
Bon allez, commençons par ça. Le revenu réel au Royaume-Uni (j’imagine
que c’est le revenu disponible) est toujours en dessous du niveau de 2003. La
récession est peut-être derrière nous, mais elle a très profondément blessé
le portefeuille des citoyens les plus ordinaires du Royaume-Uni. Le buzz du
moment, c’est que notre économie est en croissance (prévision aujourd’hui à
2,7 % [Budget Day]). Voici la mauvaise nouvelle. Ça n’apparaît pas comme une
valeur élevée mais, quand vous pensez que le revenu disponible est toujours
en dessous du niveau qu’il avait il y a 11 ans, ça fait réfléchir.
OK, fini pour les mauvaises nouvelles.
Jeremy Salden (TSA, Ellis Brigham), comme vous le savez tous maintenant,
Jez est mon contributeur préféré grâce à son approche directe de la vie et
parce qu’il parle peu, mais bien. Il s’est pointé au bureau aujourd’hui, j’ai donc
profité de l’opportunité pour lui demander son avis ? En ayant Jeremy en faceà-face, je savais que je pourrais obtenir un peu plus que quelques mots.
Un “super”, c’est tout ce que j’ai réussi à en tirer. N’avait-il rien d’autre
à dire ? “Non, c’est juste super”. Juste un peu de harcèlement et un peu de
conversation supplémentaires, mais ça se résume à ça : le stock est le plus
grand problème. Non pas qu’il y en ait trop, mais plutôt pas assez ! Jeremy
était venu pour vérifier si nous avions quelque stock de snowboard sur lequel
mettre la main. C’est donc le problème habituel, le stock, qui freine les affaires,
mais pas de la manière habituelle !
Jeremy a balancé qu’il était sur le point de tracer pour BC pour une
semaine d’heli-boarding (gros bâillement…), puis il me l’a dit encore une fois
et a jubilé de manière plus qu’évidente ! J’ai fini par en savoir un peu plus de
la part de cet homme d’importance de l’industrie : “c’est vraiment très bon, ça
fait vraiment longtemps qu’on l’attendait, on a fini par être en rupture de stock.
Et ce n’est pas seulement le cas de TSA, la plupart des revendeurs ont un
niveau de stock très bas, ce qui présage quelque chose de très positif pour le
futur. Les “chasseurs de marchandises” ne pourront pas se remplir les poches
et ça ne peut être que positif pour nous tous. Il y a un véritable changement
dans l’état d’esprit du consommateur, vers quelque chose de très positif pour
nous et c’est super !”, (ce mot à nouveau !).
C’était aussi très sympa de faire le point avec lui sur les résultats des
Jeux Olympiques d’hiver du Royaume-Uni (les meilleurs de tous) et d’obtenir
une perspective de ce snowboardeur avide, de ce gourou de l’industrie et
de ce revendeur : “l’effet olympique se ressentira déjà l’hiver prochain. Les
Snowdomes en récoltent déjà les bénéfices, et vont continuer à le faire, les
revendeurs devraient en percevoir les avantages lors des saisons à venir.
Nous devons juste être prêts, et préparer nos stocks avec de l’entrée de
gamme, quelque chose que nous n’avons pas fait depuis des années. Et, quant
aux résultats olympiques, et bien, nous sommes juste au commencement de
ce qui pourrait être une belle spirale positive. Le snowboard va obtenir plus
de fonds, ce qui va permettre d’attirer les jeunes talents pour les prochains
Jeux Olympiques, ce qui amènera plus de médailles et fera se développer les
affaires. C’est vraiment super n’est-ce pas ?”
Voilà, vous savez tout, c’est super.
Pas si super que ça pour Paul chez Absolute Snow. Je l’ai retrouvé
avachi sur son canapé à la maison (probablement en train de regarder
Jeremy Kyle) alors qu’il était en pause et qu’il récupérait d’une sérieuse
opération du dos. Remets-toi bien Paul ! Mis à part le fait de lui souhaiter
une récupération rapide, ce que j’ai bien sûr fait, je me suis douté que,
comme Jeremy (Sladen not Kyle), il était simplement prisonnier de la
situation et nous avons eu un échange intéressant à propos de l’état du
marché. “La saison a été bonne, nous sommes plus que contents et, tandis
que je ne suis pas convaincu que les Jeux Olympiques vont convaincre
les gens de se précipiter chez nous et d’acheter des nouveaux skis ou un
nouveau snowboard, cela ne fait aucun doute que les résultats fantastiques
du Royaume-Uni vont bousculer les ventes à l’avenir.” Mais il n’y avait pas
que de bonnes nouvelles : “le marché de la trottinette est au creux de la
vague et le skate n’est pas beaucoup mieux. Ça a été bien le temps que ça a
duré, mais ça ne se présente pas très bien pour l’avenir.”
Maintenant, comme je l’ai dit plus tôt, les trottinettes, qu’on adore ou
qu’on déteste, ont apporté une bonne part de business à un moment où c’était
bienvenu. J’espère simplement que tous ces gamins en trottinette vont trouver
leur chemin jusqu’au skate, au surf et au snowboard. Mais, d’une certaine
manière, j’en doute.
Paul est très pragmatique quant à l’avenir, mais il a quelques principes
fondamentaux dans ses affaires : “nous allons continuer à nous focaliser sur
l’achat de marques qui nous permettent de gagner de l’argent. Nous avons besoin
de la marge pour maintenir notre affaire et nous placerons notre force de vente
sur ces marques, qui offrent un soutien solide aux revendeurs raisonnables”.
Ensuite, je me suis tourné vers Freestyle Xtreme. C’est un des gros acteurs
du marché MX (qui fait partie de ses racines) mais aussi un des gros acteurs
du marché du vêtement et de la chaussure. J’ai échangé avec Jake Loughlin
(MD) et il m’a semblé très enthousiaste : “bien, vraiment très bien, avec un
super début d’année. Janvier a été excellent et inhabituellement suivi par un
mois de février solide, normalement un mois pourri, mais cette année ça s’est
vraiment maintenu.” En demandant à Jake ce qu’il y avait de nouveau, il a
indiqué que nous allions sûrement entendre parler de Freestyle Xtreme dans
les mois à venir : “nous avançons dans l’hiver et nous allons faire une grosse
percée pour captiver une partie du marché hivernal. Notre centre d’intérêt sera
sur les fournisseurs avec lesquels nous travaillons déjà et qui ont aussi une
belle offre hivernale ; nous prenons cela très au sérieux et espérons avoir un
gros impact lors de la saison prochaine.”
Quant aux 12 mois à venir, Jake est plus qu’enthousiaste : “juste confiant,
très confiant. Ça va être une très bonne année. Notre vente directe a été bonne
l’année dernière et, déjà, on voit des signes qui indiquent que cette année va
donner une superbe vente directe. Et j’en suis très content.” Voilà, vous savez
tout, je pourrais essayer d’aller à la pêche à droite à gauche et de trouver des
mauvaises nouvelles. Je pourrais vous dire qu’un distributeur établi depuis
longtemps semble avoir lâché la course (un phénix est né le jour suivant). Je
pourrais vous dire que quelques poules reviennent au poulailler quand il s’agit
de payer les lourdes factures d’hiver. C’est vrai, et cela fait partie de l’équation,
c’est la loi du plus fort et tout ça. Ça fait partie de la riche complexité de notre
industrie, qui n’est pas si différente des autres finalement. Mais chercher des
mauvaises nouvelles, ce n’est pas vraiment ce que j’ai envie de faire.
Ahhh, je sais, qu’en est-il de la météo, il y a toujours quelque chose à dire
sur la météo. Il a beaucoup plu, il a fait froid, mais il y a eu beaucoup de redoux
qui nous ont un peu titillés sur ce qui se profilait. Deux week-ends très chauds
(selon les standards anglais), qui ont réveillé de leur hibernation quelques-uns
des acteurs. Le printemps ne se profile pas si mal et, si nous avons un été comme
l’année dernière (je sais qu’il est arrivé tard…le 7 juillet, si je me souviens bien),
alors qui sait, peut-être qu’il n’y aura pas de mauvaises nouvelles du tout.
Je sais, je sais. J’ai oublié de demander à mes chers industriels quel était
leur niveau d’optimisme, j’essaierai de m’en souvenir pour la prochaine fois. Si
je devais leur donner un score, ils auraient tous un 8 ou un 9. Je crois qu’on ne
devrait jamais donner de 10, parce que ce serait vraiment chercher des noises.
Super, n’est-ce pas ?
63
VEILLE DES MARCHÉS ALLEMAGNE
Par Anna Langer
“Nouvelle année, nouvelles opportunités”. Ce vieux dicton allemand se
vérifiera-t-il en 2014 ? Cela reste à voir, mais le ministère de l’économie
entrevoit une légère croissance en Allemagne pour 2014, tout en admettant
que “la sortie de crise dans la zone euro est molle”. Ce constat vaut également
pour le secteur des boardsports, même s’il apparaît aujourd’hui que les racines
du mal sont bien plus profondes que ce simple climat économique général en
berne. Chacun y va de son opinion quant aux raisons de cette situation. Durant
un hiver qui ne méritait pas son nom dans le nord des Alpes, la période s’est
résumée à une transition depuis Noël en attendant le printemps, avec des ventes
résolument médiocres dans le secteur des sports d’hiver. “Puisque l’hiver était
absent, nos produits de sports d’hiver ont été compliqués à écouler. Et il ne
s’agit que d’un début”, affirme Jens de Fifty-Eight, un skate-snow-surf shop
situé à Ulm dans le sud de l’Allemagne.
Certes, le grand soleil et les températures chaudes ont permis aux skateurs
de remettre le nez dehors après avoir piétiné l’an passé à cause des pluies.
Puisqu’aucune chute de neige ou presque n’a été constatée dans les zones urbaines,
les surfaces d’habitude détrempées et jonchées de graviers en cette période
n’étaient pas au programme cette année. “Les ventes de longskates sont déjà plutôt
bonnes, surtout les planches complètes de Globe et Apex”, se réjouit Jens.
Chez skatedeluxe.com, une boutique skate en ligne, Johannes confirme ce
démarrage relativement bon en 2014 : “L’horizon se dégage, les commandes
et les ventes sont à la hausse comparées à celles de l’an passé. Tout se passe
comme prévu pour l’instant et j’espère que cette tendance positive va se
poursuivre.” Il faut dire que l’année précédente s’était révélée particulièrement
rude en raison “d’un marché allemand en petite santé qui nous avait obligés
à effectuer un grand nombre de changements dans nos choix de marques et
produits”. Leur solution avait alors été de viser hors des frontières allemandes
et de s’ouvrir au marché européen. “Du point de vue technique au niveau du
site, cette démarche d’internationalisation a été un vrai challenge ; il nous a fallu
travailler énormément sur les aspects à la fois pratiques et esthétiques du shop.
Mais c’est de bon augure pour l’avenir”, évoque Johannes.
Les premiers mois de l’année 2014 ont permis à skatedeluxe.com de réaliser
un bon chiffre sur le matériel technique en skate, mais aussi sur les skateshoes
et sneakers, ainsi que, dans une certaine mesure, sur les vestes, jeans,
débardeurs et sacs à dos. “Les marques qui délivrent un message sincère et
qui possèdent une vraie histoire sont celles qui s’en sortent le mieux, à l’image
d’Iriedaily, Dickies ou Vans. Et la demande est toujours aussi forte sur Nike.
Davantage de marques core tirent également leur épingle du jeu; c’est le cas de
Huf et TPDG notamment. “Nous sommes aussi très satisfaits des résultats de
notre propre marque maison, SK8DLX”, se félicite Johannes.
À Ulm, Jens évoque une situation similaire dans sa boutique Fifty-Eight. “Les
skateshoes se vendent de nouveau bien, enfin, après des mois, voire des années,
de ventes catastrophiques. Surtout des marques de skate telles qu’etnies, DC
et Globe. Je crois qu’un certain nombre de personnes en ont un peu marre du
phénomène Nike et souhaitent revenir à un look de skateur plus traditionnel”,
suggère Jens. “Le nombre de skateurs a considérablement chuté par rapport à
celui d’il y a trois ou quatre ans mais, grâce à ces excellentes conditions météo,
les gens se remettent à skater plus tôt que d’habitude et ont envie de se payer
une nouvelle paire de chaussures.”
Il a fait tellement beau que même les boardshorts commencent à partir,
même si Jens pondère la nouvelle en affirmant que les produits surf se vendent
toute l’année dans son shop. “Nous possédons également un surfshop au
Portugal et nous organisons de nombreux surftrips pour nos clients allemands,
si bien que notre clientèle surf s’étale sur toute l’année, et permet de réaliser
un chiffre d’affaires régulier, bien que faible. Il s’agit principalement de produits
techniques, d’accessoires et de combinaisons pour les courageux en hiver.”
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Le succès des petites marques est également confirmé chez Good Question
Supplies, le distributeur affirmant que les vrais rideurs core ne sont pas aussi
sensibles aux conditions météo que le sont en général les pratiquants de sports
grand public. “Nous n’avons pas vraiment ressenti de ralentissement cet hiver
car notre offre est constituée de marques de niche, moins sensibles à la météo.
Cela signifie que les amoureux de ces marques vont en montagne quelles que
soient les conditions, même si la neige n’est pas excellente”, explique Eric.
Un article a connu un franc succès, à savoir la Ninja Suit d’Airblaster, une
combinaison en mérinos qui sert de sous-vêtement technique, vendu au tarif
fort. “Même si ce genre d’article haut de gamme n’a pas fait l’objet d’autant de
commandes que les années passées, il demeure notre best-seller cette année.
Cela prouve que la clientèle est prête à mettre le prix pour avoir des sousvêtements techniques de qualité !” se rassure Eric. Au-delà de cette réussite,
il a été agréablement surpris par le décollage de la nouvelle marque qu’ils ont
rentrée en magasin, Smokin’ Snowboards : “Il semble se dégager une vraie
demande forte envers des marques qui fabriquent elles-mêmes leurs produits.
Les modèles de planches dites à magné-traction (carre ondulée, ndt) se sont
très bien vendues également.” Les grandes marques comme Burton par contre
ont pas mal souffert dans des shops tels que Fifty-Eight, comme l’explique
Jens : “Ce ne sont plus des compagnies core dans le snowboard. De nombreux
clients m’affirment qu’ils les considèrent désormais davantage comme des
marques de sacs à dos et d’accessoires.” Comme dans la plupart des shops,
Jens se plaint du comportement des grandes marques, qu’il accuse d’avoir voulu
mettre tout simplement trop de produits sur le marché, déclenchant ainsi une
véritable guerre des prix entre les shops, qu’ils soient physiques ou en ligne.
“Notre secteur doit apporter une certaine confiance de nouveau. Pourquoi les
clients paieraient-ils plein tarif alors qu’ils trouvent des réductions à 70 ou 80 %
durant toute l’année ?” Selon eux, à travers ce genre de pratique, le déclin du
marché des boardsports est loin d’être derrière eux. “Je pense que nous n’avons
pas encore touché le fond. D’autres shops viendront à fermer et cela jusqu’à
ce que le marché s’épure de lui-même à nouveau.” Mais, pour autant, il ne se
montre pas trop inquiet quant à l’avenir de son propre shop, fort d’une vingtaine
d’années d’existence. “Nous ne pourrons pas nous refaire sur le chiffre
d’affaires perdu, mais nous avons réduit la voilure et, pour écoper nos pertes,
nous avons mis l’accent sur le service offert par le magasin, à travers des cours
de snowboard et de skate, des séjours d’une journée et un dispositif de location
sur les planches kids de Nitro. En cette période, vous avez intérêt à former
vous-même vos futurs clients !”
Ce genre de plus-value est un élément vital pour les magasins physiques,
alors qu’ils ne peuvent rivaliser avec les boutiques en ligne sur l’étendue de
l’offre. “Mis à part le touché et le ressenti - qui n’existent pas encore sur un
ordinateur, il n’y a quasiment plus aucun désavantage à acheter en ligne”,
affirme Johannes de skatedeluxe.com. S’agissant de rivalité, Eric ajoute
qu’il souhaiterait connaître des relations moins tendues entre les shops, les
distributeurs et les marques : “La coopération est essentielle ! Nous devons
nous réunir autour d’une table et évoquer ensemble des solutions.” Certains
marques comme Volcom, GSM, Beatnuts et Carhartt l’ont bien compris”, affirme
Jens, “pendant que d’autres restent ancrées dans un mode de fonctionnement à
l’ancienne.” L’année 2014 nous dira laquelle de ces deux stratégies se révélera
la plus payante. Car une chose est sûre, à l’ère du numérique et des réseaux
sociaux, d’autres viendront rejoindre la troupe, comme le prédit Johannes de
skatedeluxe.com : “Je suis persuadé que les boardsports en général connaîtront
un nouvel élan avec tout ce qui se passe en ce moment et notamment l’arrivée
de nouvelles marques, de nouveaux produits et idées. De nombreuses marques
ont déjà réagi à ce mouvement et se sont adaptées en conséquence. Elles
devraient disposer des armes pour se défendre désormais.”
VEILLE DES MARCHÉS FRANCE
Par Patrick Colton
Pour le premier trimestre 2014, on s’attend à une augmentation de 0,2%
du PIB alors que les flux de capitaux transfrontaliers d’Asie, des pays du
Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord commencent à trouver leur place sur les
marchés français. La décision de la banque centrale européenne du 6 mars,
visant à maintenir les taux d’intérêt aux faibles niveaux actuels, a eu un effet
de stabilisation des marchés du prêt et des capitaux propres, qui a renforcé la
confiance du client, de même que ses dépenses en vacances. Mais, bien qu’il y ait
toujours une inquiétude quant au fait que les faibles taux d’intérêt associés à peu
d’inflation pourraient envoyer le marché français dans une spirale déflationniste,
on s’attend, de manière générale, à ce que l’Europe entame une phase de
décrispation quantitative (en faisant marcher la planche à billets) qui stimulera
plus avant notre sortie de cette récession prolongée.
En bref, tandis que la perspective des premier et deuxième trimestres est
légèrement optimiste pour la France, plusieurs trimestres pourraient s’écouler
avant que nous en voyions les effets positifs dans nos shops, particulièrement
lorsque notre cœur de cible (16 à 35 ans) occupe l’échelon le plus élevé de
l’échelle du chômage en France. François Hollande n’a pas pu tenir sa promesse
de réforme du travail et de réduction des dépenses publiques suffisamment
rapidement pour permettre aux entreprises françaises de rester compétitives par
rapport au reste de l’Europe (la France ne vient qu’après le Danemark en termes
de dépenses sociales, avec environ 0,55 centimes pour chaque euro de PIB
dépensés en programmes sociaux). La taxe à 75 %, visant les personnes les plus
riches, récemment annoncée et la révision des impôts sur la vente des maisons
secondaires ont aussi découragé les riches Européens à investir en France.
Même les shops comme Endless Winter dans la luxueuse station de ski de
Courchevel (qui ont été relativement protégés de la crise économique jusqu’à
présent) commencent à ressentir la pression. “Habituellement, notre clientèle n’est
pas véritablement regardante sur les prix comme le serait le client moyen dans
un shop de centre-ville ou de petite ville”, indique Bertie Bertim, propriétaire et
directeur. Tandis que la plupart des shops ressentent le pincement d’une mode
qui change rapidement et de l’érosion de leurs marges au profit de substituts de la
grande distribution, leurs affaires sont restées constantes en 2013. Cependant, alors
que le nouveau système d’imposition prend effet, ils ressentent plus de pression.
“Les clients français sont inexistants”, se lamente Bertie. “Nous avons été
frappés il y a quelques années par les géants en ligne (qui ont cassé leurs prix
doublant ainsi toutes les petites entreprises), nous nous sommes donc concentrés
quasiment exclusivement sur les clients hauts de gamme. Notre client typique
aujourd’hui ne passe pas beaucoup de temps en ligne à chercher les meilleurs
d’affaires. Il est plus probable qu’il se pointe chez nous avec un bon paquet de
liquide dans sa poche et qu’il achète exactement ce qu’il souhaite, sur le champ.”
Mais, depuis que le nouveau système d’imposition a pris effet, les clients français
aisés restent chez eux ou s’en vont faire des affaires ailleurs. Si nous observons
le marché de l’immobilier dans les villes orientées vers le surf et le ski, comme
Biarritz, Megège ou Courchevel, il y a eu une sévère correction des prix lors de
ce trimestre, et on s’attend à ce que cela continue. Les individus les plus riches,
afin d’éviter le nouveau système d’imposition rigide sur les revenus provenant des
capitaux liés à leurs maisons secondaires, sont simplement en train de vendre
pour se retirer du marché avant le 31 mars, puis quittent la France pour des
juridictions dont la fiscalité est plus clémente. En conséquence, il y a moins de
clients à fort pouvoir d’achat dans les magasins français et encore moins dans les
shops spécialisés dans le surf, le skate et le Snow.
Par rapport au premier trimestre de l’année dernière, Bertie estime que ses
affaires ont chuté de 10 % en janvier et de 15 % en février. Le matériel s’est maintenu,
mais avec une météo incroyablement chaude entre octobre et Noël, les vestes
chaudes et les vestes techniques se sont mal vendues et les vêtements ont été les
plus malmenés de toutes les catégories. Les fortes chutes de neige de fin février
leur ont permis de rebondir et de reprendre un rythme relativement normal, mais les
dégâts étaient irréparables. Bertie rapporte que ses meilleurs résultats sont provenus
des produits techniques haut de gamme (pour les vêtements comme pour le matériel).
Bertie rapporte aussi que la saison continue de raccourcir, non seulement à
cause des changements de météo notables, mais aussi à cause des remises peu
scrupuleuses des revendeurs en ligne. Fred Pegilhan, propriétaire de La Glisse à
Grenoble, confirme cette position : “À Grenoble, nous étions tous à l’affut du gel à
la fin du mois d’octobre, et des premières neiges en novembre. Mais cette année,
il ne faisait même pas froid avant Noël et, déjà, c’était trop tard. En réalité, ça a
été l’hiver le plus chaud jamais mesuré depuis plus d’un siècle. Au moins, ça a
été bénéfique pour nos ventes de skate. Par chance, nous avons eu des chutes
de neige décentes tous les quelques jours à partir de Noël et nous avons été en
mesure de nous rattraper sur les ventes, mais globalement, nous avons raté le
pic de la saison.” Comme pour Endless Winter, les ventes de snowboard haut de
gamme de Fred se sont maintenues.
Lorsqu’interrogé sur la vente en ligne, Fred a simplement répondu que “la
vente en ligne est une proposition chère et gourmande en temps aujourd’hui. Je
suis réticent à l’idée de dépenser de l’argent dans des campagnes Adwords et
d’autres publicités en ligne, parce que je ne sais pas si c’est vraiment efficace
par rapport à une dépense similaire dans quelque chose que je peux contrôler
dans mon shop.” Bertie est d’accord : “je compare ce qui se passe dans la vente
en ligne aujourd’hui avec ce qui s’est passé quelques années plus tôt lorsque les
Virgin Megastores ou les principales chaînes de supermarchés ont envahi les
petites villes. Tout d’abord, ils ont délogé toutes les petites entreprises avec des
prix très faibles. Puis finalement, les grandes marques ont dû travailler avec eux
et faire des concessions sur leurs conditions si elle voulait rester présentes sur
le marché. Et, une fois qu’ils ont fini par obtenir toutes les meilleures marques,
ils ont à nouveau augmenté leurs prix à des niveaux normaux.” Et la partie la
plus triste, c’est que l’expertise, le savoir-faire, le service et la passion sont
perdus dans le processus. Afin de prévenir tout ça, je suggère simplement que les
marques se concentrent sur la segmentation des collections et sur la protection
des gens comme Bertie et Fred avant que l’âme de nos sports ne disparaisse dans
les airs ou sur internet.
“Le Vieux Campeur s’est installé à 200 m de La Glisse il y a deux ans”,
continue Fred, “ils m’ont pris une grosse partie des affaires. Par chance, la
plupart des kids, qui savent ce qu’ils cherchent, viennent encore chez nous pour
le conseil et le service, mais ce n’est qu’une question de temps avant que le
Vieux Campeur ne commence à mettre aussi son grain de sel dans cette partie du
business.” Pour compliquer encore plus le premier trimestre, le climat sociopolitique est tendu, alors que la Russie tente de contrôler par la force la province
de la Crimée, zone stratégique de la mer Noire en Ukraine. “Je ne sais pas s’il ne
s’agit réellement que de politique, mais Courchevel est habituellement remplie
de Russes qui dépensent leur argent dans mon shop mais, ce trimestre, ils ne
sont tout simplement pas dans le coin. C’est exactement le type de personnes
qui achètent ce dont elles ont besoin, tout de suite, sans consulter Internet au
préalable.” Bien sûr, le manque de présence russe pourrait aussi être attribué à
un moratoire forcé par le gouvernement sur les visas touristiques pour tous les
citoyens russes lors des jeux olympiques de Sotchi. Cependant, si l’embrasement
politique se poursuit, nous devons nous serrer les coudes pour nous protéger
de ses effets et commencer à envisager de concevoir un marketing visant la
jeunesse fraîche de Pékin, Singapour et Doubaï. La seule bonne nouvelle dans le
secteur du skate est que la vente de plateau a augmenté de 5 % grâce à une météo
particulièrement chaude. Le surf a été quasi inexistant à cause des violentes
tempêtes et des vagues énormes qui ont puni la côte française et détruit les
villages côtiers, causant des millions d’euros de dégâts. Pas exactement un temps
à faire du shopping !
65
VEILLE DES MARCHÉS
ESPAGNE
SUISSE
ITALIE
Par Asier Zabarte
Par Fabien Grisel
Par Franz Josef Holler
Par Michael Reinwald
Et nous voilà avec un nouveau Premier Ministre, encore un. Ancien maire
de Firenze, Matteo Renzi est issu du même parti qu’Enrico Letta et il devient à
39 ans le plus jeune Premier Ministre qu’a connu l’Europe. Son énergie sera la
bienvenue pour sortir le pays de la récession et éclairer l’avenir des Italiens ; on
souhaite que cela arrive aussi vite qu’il lui a fallu pour prononcer son discours
d’investiture ! Parmi les objectifs de Renzi figure l’aide aux petites entreprises,
et voilà qui tombe à pic dans notre secteur. Un des ses autres combats sera la
lutte contre le chômage des jeunes, une catégorie d’âge qui constitue une grande
partie de notre clientèle. L’équation est simple : s’ils sont sans emploi, pas de
perspectives de consommation nous concernant.
Le printemps bat son plein avec des températures qui grimpaient déjà audelà des 20 degrés en mars. Ce beau temps est synonyme de moral en hausse,
une bonne nouvelle pour les affaires dans le skate, alors que les kids sont
motivés pour aller rider dans la rue et les skateparks.
Les planches de moyenne gamme demeurent les best-sellers en shop, mais
les skateurs n’hésitent pas à payer davantage s’agissant de trucks, pour avoir ce
qui se fait de mieux. Idem concernant les roues, un marché dominé par Bones et
Spitfire. Les cruisers et les longskates semblent marcher moins fort en ce début
2014 ; le phénomène de mode s’essouffle quelque peu. Les surfshops s’en sortent
correctement, en raison notamment d’une clientèle vieillissante adepte du longboard,
et plus aisée. Le secteur technique en surf demeure stable même s’il encore trop tôt
pour tirer des enseignements de cette saison. En tout cas, la plupart des surfshops
semblent satisfaits de leurs ventes de technique, tandis qu’ils remarquent une
demande plus forte de petites marques de vêtements de la part des clients, de plus
en plus au fait des tendances grâce à Internet et aux réseaux sociaux.
Le marché qui explose actuellement est celui des accessoires. Grâce à des
produits comme les casquettes/chapeaux ou encore les chaussettes, les boutiques
font du chiffre. Ces deux familles de produits sont celles qui se vendent le mieux,
devant les t-shirts en ce début de printemps. Les casquettes snapback, 5 panels et les
New Era sont toujours autant recherchées, de même que les chaussettes Stance, Huf
et Happy Socks. Désormais, la plupart des boutiques consacrent des corners et rayons
spécifiques aux casquettes/chapeaux et chaussettes, devenus des “must have” qui se
vendent tout seul. Parmi les autres tendances du moment, les pantalons de jogging aux
coupes Chino font un carton : tendance et confortables, on les associe volontiers à des
chaussures de running de chez Nike, New Balance ou Vans. Nike est d’ailleurs partout
désormais, des magasins de streetwear aux boardshops en passant par les enseignes
de sport. Sa stratégie marketing a payé et ce ne sont pas les revendeurs qui s’en
plaindront, eux qui voient là un débouché à l’année. Les modèles Janoski et les Koston
Max se vendent également très bien dans les boutiques spécialisées en baskets.
Mais tous ne se réjouissent pas d’une telle omniprésence, craignant que
Nike ne se retire du marché en un clin d’œil si jamais les ventes chutaient, et ils
préfèrent conserver une certaine diversité dans leur offre de chaussures. Les
shops les plus anciens estiment qu’il s’agit de faire un effort pour soutenir les
marques créées par des skateurs alors justement que les ventes de marques
venues de grands groupes sont porteuses. Il est important de soutenir des
marques qui ont fait de notre secteur ce qu’il est, mais également d’éduquer les
clients sur nos racines, véritable pilier de notre industrie des boardsports.
Quelques nouveaux venus sur le marché italien sont à noter, à l’image
d’Asphalt Yacht Club, qui intègre le portefeuille de marques de Fresco
Distribution à Merano. C’est le cas également de Poler Stuff chez Blue
Distribution à Vérone, et de Undefeated chez Slam Jam à Ferrare. Quant à
Electric, la marque sera désormais commercialisée par Friend Distribution.
DVS Shoes a également annoncé une tournée en Italie cet été, en compagnie
de son team américain, qui sera présent lors des Championnats d’Italie à
Bolzano au Platza Skatepark. De même, le contest de best trick BLAST! THE BIG
ONE est confirmé pour fin juin. Et voilà pour ce numéro : have fun !
La situation en Autriche est de plus en plus difficile, bien qu’il y ait des
indicateurs positifs dans le secteur de la vente au détail. Tandis que le sud du
pays a été touché par un hiver centennal, d’autres régions d’Autriche n’ont reçu
qu’une infime poussière de neige. En conséquence, les résultats en termes de
vente varient de région en région. Mais, tout d’abord, une première chose à dire…
Au skateshop Fame de Vienne, le printemps a redynamisé la vente de skates
et de longboards, après une longue hibernation, avec des best-sellers parmi
lesquels Girl, Skatemafia, Bones Wheels, Independent et Real. Le segment de
la chaussure est dominé par Nike, Lakai et Emerica, les modèles à cupsole se
vendant le mieux. Dans le segment du longboard, Loaded et Sector 9 mènent la
danse, tandis que les casques, les gants et les pads constituent des catégories
fortes. Tandis que le skate monte, le segment du snowboard souffre chez Fame.
Leur magasin en ligne voit un gros turnover de fixations, de planches et de boots.
Mais les boots sont une catégorie qui se vend traditionnellement en magasin,
parce qu’il est nécessaire de les essayer pour une bonne sensation, une bonne
coupe et un bon style. Dans le segment du snowboard, Jones et Yes, ainsi que
GNU et Lib-Tech, ont été des marques fortes. Parmi les leaders dans le segment
des fixations, on trouve Burton et SP-United, tandis que les boots Nike et Burton
sont les préférées des clients. Le segment des masques tend vers de plus
grands champs de vision et des écrans interchangeables, avec Anon et Dragon
qui émergent comme de forts acteurs, avec des prix de 150 € et plus. Mais la
chose qu’il est important de garder à l’esprit est la suivante : sans une quantité
de neige minimale, les clients ne seront pas vraiment motivés à faire des achats.
Particulièrement si les prochaines soldes arrivent dans peu de temps…
Le magasin X-Double à Innsbruck fait état de résultats similaires. La vente
de planches a été stagnante mais, en ce qui concerne les nouvelles livraisons
estivales, les vêtements féminins de Naketano et Nikita se sont montrés très
solides. En même temps, leur marché reste sursaturé, particulièrement par
le fait qu’ils doivent supporter une concurrence démesurée de la part des
revendeurs en ligne. Mais Adi est optimiste sur le fait que les changements chez
une des plus grandes chaînes de magasins de sport vont inspirer les clients à
revenir chez les revendeurs spécialisés.
À l’ouest du pays, chez Lifestyle à Landeck, l’hiver dernier a été difficile.
L’année passée a déjà été le théâtre d’une lutte de la vente de matériel mais,
à présent, les vêtements techniques s’effondrent aussi. D’après Hansi, cette
chute est due à la météo, mais aussi à la concurrence des vendeurs en
ligne. Les plates-formes de vente comme Amazon offrent des vêtements de
marques à la mode à des prix démarqués dès le début de la saison. Hansi
suggère la création d’une association des revendeurs indépendants qui pourra
tisser des liens afin de limiter à un strict minimum les commandes de ces
marques distribuées trop largement, ou même peut-être pour les supprimer
complètement de leur gamme dans le but de focaliser leur activité sur des
marques dont ils sont sûrs du soutien.
Chez Alton Premium Board Store à Vorarlberg, les fixations, les boots
et les splitboards se sont très bien vendues, jusqu’au point où de nombreux
modèles étaient en rupture très tôt dans la saison. Jones, Burton et Slash ont
été les marques leaders. Et parmi les catégories fortes, on compte aussi les
skateboards et les longboards.
Chez Radix à Linz, cet hiver a été un peu mieux que le précédent. Sur une note
positive, certains skateur plus âgés sont revenus sur une planche et ont acheté
du nouveau matériel. Puisque les longboards sont toujours très demandés, Radix
a ouvert une zone dédiée aux longboards. Tous les regards sont actuellement
tournés vers le Park Urfahr, où un nouvel obstacle “Street League” sera inauguré
ce week-end avec un contest des meilleurs tricks et un barbecue. Et, à travers tout
le pays, tout le monde se joint à Andi à présent et croise les doigts pour un bon
départ de la saison printanière et pour une Pâque claire et ensoleillée !
Le ministre des finances et de l’administration publique indique que le fait de ne
pas augmenter les salaires minimums sera bénéfique pour la compétitivité espagnole
et pour son pouvoir d’achat. Le gouverneur de la Banque d’Espagne a indiqué qu’un
taux d’inflation si faible présente des aspects positifs quant à la modération des
salaires, parce qu’il évite une perte de pouvoir d’achat, mais il reconnaît aussi que
cela signifie plus de difficultés pour le processus de désendettement engagé dans
le pays comme pour le redressement économique. Regardons donc comment les
revendeurs espagnols survivent tout en étant endettés.
Pour l’événement Obsession-A2 de cette année en Cantabrie, plus de 300
personnes se retrouveront dans les milieux du surf et du snowboard, pour la
deuxième édition de l’événement. Pedro Garcia, l’organisateur de l’événement,
est propriétaire d’un magasin de sports de glisse à Santander, appelé Obsession,
d’où vient le nom de l’événement. J’ai échangé avec Pedro pour en savoir plus
sur l’événement de cette année. “L’événement se déroule entre deux spots,
Somo et Alto Campo et, cette année, nous nous attendons à ce que le nombre de
visiteurs soit démultiplié, ce qui fera plaisir aux marques comme aux revendeurs.
Nous espérons que les revendeurs seront en mesure d’augmenter leurs ventes
d’environ 20 à 30 % lors de l’événement, une période habituellement basse pour
ce qui est du tourisme.” J’ai aussi discuté avec Pedro du business spécialisé.
“Pour moi, c’est le contact quotidien avec le client qui me satisfait ! Mais il clair
que la sur-taxation me rend fou mais, au final, je suis tout de même heureux parce
que nos ventes de matériel ont augmenté de 10 à 15 % l’année dernière.”
Ensuite, j’ai parlé à Nando Agosti, qui a fondé un magasin de location de
matériel de ski et de snowboard au pied d’Alto Campo en 1969. Nando indique qu’il
ne s’attendait pas à une forte augmentation de la location durant l’événement, mais
il apprécie que ce type d’initiative contribue à l’économie locale.
Nacho et David Garcia sont directeurs d’une école de surf dont les portes sont
ouvertes depuis 1977. Nacho nous confie : “je pense que, d’une certaine manière, les
grandes marques ont oublié de se soucier de la vente spécialisée alors qu’il faut la
considérer comme la racine de tout le reste. Les décideurs et les politiciens ne nous
ont pas fait de cadeau et, aujourd’hui, nous ne sommes rien de plus qu’un numéro
pour la plupart d’entre eux. Les remises et les soldes en pleine saison par les grandes
marques sont la chose la plus difficile à supporter pour un revendeur local. Pour nous,
la vente des combinaisons a crû à un taux de 20 %, ce qui est exactement l’inverse des
planches de surf avec une baisse de 25 %, que nous avons compensée avec les SUP,
les skates et les longboards, avec une augmentation de 30 %.”
Chily à Malaga, est dirigé par Iván Martinez de Ubago depuis 2009. “Les gens
sont un peu plus heureux et il ne parle plus de la crise. Les combinaisons se
sont mieux vendues, d’environ 30 % par rapport à l’année dernière ; les Rip Curl
“E-Bomb pro” et “Dawn Patrol” ont bien marché, ainsi que la “Fusion” d’Hurley;
quant aux boardshorts, leur modèle “Phantom” a bien marché aussi. À Noël, ce
sont les ventes de skate qui nous ont aidés à survivre. Sommes impatients de
commencer à travailler avec Hoff et Manual en ce qui concerne le SUP.”
Pedro Jiménez de Toxicworld Boardshop à Madrid, a fondé le magasin en 2005
et se spécialise dans le longboards, le skate et le surf. Pedro nous confie : “cette
saison est l’une des pires depuis notre ouverture, avec une baisse des ventes de 10
% tandis que c’est le matériel qui nous a maintenu à flot. Nous avons besoin que les
grandes marques et les distributeurs prennent soin des revendeurs en fixant des
prix équivalents, en respectant les zones de vente et d’influence de chaque magasin,
et en essayant de travailler avec toutes sortes d’événements proposés par les
magasins. Le e-commerce est aussi très agressif dans certains secteurs.”
Angel Hernandez a inventé le Rep-Sticker, un kit de réparation rapide
pour toutes les planches de surf que les revendeurs européens pourraient
commander tout en lisant cet article. Utilisant des matériaux issus de
l’aéronautique, le kit de réparation rapide offre aux surfeurs la possibilité de
continuer à surfer avec des dégâts modérés sur leur planche.
66
VEILLE DES MARCHÉS
Chaud chaud chaud ! Alors que les anciens nous prédisaient l’hiver le
plus froid depuis 50 ans, il semble que ce soit tout le contraire qui se soit
passé. D’après Météo Suisse, il s’agirait même du troisième hiver le plus
chaud depuis 150 ans. Des villes comme Neuchâtel et Genève n’auront
même pas vu un flocon tomber de tout l’hiver. Les précipitations ont été
abondantes mais souvent accompagnées de courants chauds. Résultat, un
hiver qui sera passé pratiquement inaperçu. En plaine, j’ai du mal à me
rappeler un moment où j’ai dû mettre une veste à l’extérieur. C’est dire
si cela n’aide pas le consommateur moyen de sports d’hiver à organiser
une sortie en montagne. Les seules exceptions, peut-être, sont celles du
Tessin et de l’Engadine, au sud-est de notre pays ; ces régions ont été
abondamment servies en neige. En effet, tous les courants perturbés sont
venus du sud et ont posé sur ces régions une couche record de neige,
jusqu’à deux mètres en une semaine ! Mais, sur l’ensemble du territoire, le
bilan n’est pas bon, ce qui se traduit par une fréquentation des stations en
légère baisse (-10 % pour le seul mois de février) et pas mal de soucis du
côté des magasins pour écouler leur marchandise.
Pour le marché du snowboard, ce fut une saison une fois de plus difficile
avec des taux de sortie en demi-teinte et une motivation passablement
atteinte chez certains vendeurs. Cependant, tout n’est pas si triste, les
snowboardeurs sont toujours là, on en voit même certains revenir au
snowboard après être repassés “sur les lattes”, et retrouver le plaisir
qu’ils avaient ados. Les jeunes également sont à nouveau de plus en plus
intéressés par ces planches aux fixations bizarres. Le snowboard se faisant
plus rare dans certaines stations, il attire à nouveau par son originalité,
comme ce fut le cas dans les années 90 avec le succès que l’on connait. La
mode du “je ne veux pas faire comme tout le monde” pourrait bien revenir.
Pour illustrer cette tendance, on remarque que de nombreux magasins
affichent de très bonnes statistiques de locations de planche pour les enfants
de 10 à 12 ans, ce qui est très encourageant car il s’agit clairement des futurs
clients dont a besoin le marché pour survivre.
Pour enfoncer le clou davantage, les médias grand public, à savoir la
RTS (Radio- Télévision Suisse), ne trouvent rien de plus malin que de faire
un sujet durant le journal télévisé du soir titrant “Le snowboard en perte
de vitesse” : une sympathique mise en scène à Leysin où uniquement les
skieurs ont été filmés et interrogés, en insistant sur le fait que le snowboard
est devenu “has been”. Les snowboardeurs, bel et bien présents ce jour-là,
ont été coupés au montage. Ce reportage aurait éventuellement pu être
réalisé il y a 6 ans, lorsque le vrai creux avait eu lieu, mais il se révèle
difficile à avaler aujourd’hui, alors qu’on note un léger rebondissement et
notamment un indéniable regain d’intérêt auprès des jeunes.
Pour ce qui est des nouvelles fraiches, on note l’arrivée d’une nouvelle
marque de planches, disponible à partir de septembre prochain : West
Snowboards. Il s’agit d’une marque suisse, projet de trois acteurs de la scène
snowboard suisse romande, à savoir Mathieu Rouiller, Michel Kropf et David
Lambert. Tous trois se lancent dans cette aventure, conscients du challenge
qu’elle représente, mais motivés par cette proposition différente et de qualité,
adressée à des personnes qui, comme eux, croient au snowboard. Mathieu
nous le résume ainsi : “West snowboards est l’expression de notre vision du
snowboard. David, Michel et moi sommes réunis pour transmettre une passion
qui reflète nos 20 ans passés à rider dans les Alpes romandes. We are WEST,
snowboarding is our path. Nous proposons une gamme de boards éclectiques,
simples mais efficaces, avec la collaboration de graphistes romands.”
Nouveautés du côté des distributions en Suisse, Dav Agency s’occupera
de la vente de Mizu et Poler alors que Dac Sport est désormais responsable
des ventes des Nike Vision.
AUTRICHE
67
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69
EVÈNEMENTS#70
SURF / SKATE / SNOW / TRADE
AVRIL
27-3
BASELWORLDBASELSWISSWATCH TRADE
WWW.BASELWORLD.COM
30-5
THE BRITISH SKI & SNOWBOARD CHAMPS
TIGNES
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VÖLKL WORLD ROOKIE FINALS ISCHGL AUSTRIA
SNOW
WWW.WORLDROOKIETOUR.COM
2-13
MARGARET RIVER PRO
MARGARET RIVER
AUSTRALIA
SURF WWW.ASPWORLDTOUR.COM
5LONGBOARD CLASSICSTUABIAUSTRIASNOWWWW.LONGBOARDCLASSIC.COM
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VANS HI STANDARD SERIES
CAIRNGORMS
SCOTLAND
SNOW
WWW.VANS.COM
24 COPENHAGEN FASHION SUMMIT
COPENHAGEN
DENMARK
TRADE, WWW.COPENHAGENFASHIONSUMMIT.COM
16-27
RIP CURL PRO BELLS BEACH BELLS BEACH
AUSTRALIA
SURF WWW.ASPWORLDTOUR.COM
26-2
SPRING BREAK UK BOARD TEST
KAUNERTAL
AUSTRIA
TRADE
WWW.SNOWBOARDSPRINGBREAK.COM
BILLABONG RIO PRO RIO DE JANEIRO
BRAZIL
SURF
WWW.ASPWORLDTOUR.COM
MAI
7-18
9-11
VANS SPRING CLASSICNAPOLIITALYSKATEWWW.SPRING-CLASSIC.COM
13-14 PERFORMANCE DAYSMUNICHGERMANYTRADEWWW.PERFORMANCEDAYS.EU
24-25 BACK TO THE STREETS
SKATEPLAZA LESZNO POLAND
SKATE
WWW.SKATEAGENDA.WORDPRESS.COM
JUIN
29-1
FAR’N HIGHVILLIERS-SUR-ORGE
FRANCESKATE WWW.WCSK8.COM
1-13
FIJI PROFIJISURFWWW.ASPWORLDTOUR.COM
5-8
SUMMER X GAMESAUSTIN, TEXAS
USASKATEWWW.XGAMES.ESPN.COM
21
INTERNATIONAL SURF DAYSURFWWW.SURFING-DAY.COM
27-29
RIDE EXPONIMESFRANCESKATEWWW. SKATEAGENDA.WORDPRESS.COM
27-29 CAPSULE PARIS PARISFRANCETRADEWWW.CAPSULESHOW.COM
JUILLET
4-6 KUMI YAMA
LES 2 ALPES
FRANCE
SNOW WWW.KUMI-YAMA.COM
4-6 MYSTIC SK8 CUP
PRAGUE
CZECH REPUBLIC
SKATE WWW.WCSK8.COM
8-9
CAPSULE BERLINBERLINGERMANYTRADEWWW.CAPSULESHOW.COM
8-10 BRIGHT TRADE SHOWBERLINGERMANYTRADEWWW.BRIGHTTRADESHOW.COM
8-10 BREAD & BUTTERBERLINGERMANY,TRADE, WWW.BREADANDBUTTER.COM
10-11 AGENDALONG BEACH, CA
USATRADE WWW.AGENDASHOW.COM
10-21 J-BAY OPENKOUGASOUTH AFRICA
SURFWWW.ASPWORLDTOUR.COM
10-13 THE OUTDOOR SHOWFRIEDRICHSHAFEN
GERMANYWWW.OUTDOOR-SHOW.COM
11-13 RELENTLESS NASSSOMERSETUKSKATE WWW.WCSK8.COM
21-22 AGENDA
NEW YORK CITY, NY
USA
TRADE WWW.AGENDASHOW.COM
25-27 ITALIAN SURF EXPOROMEITALYSURF WWW.ITALIASURFEXPO.IT
30-31 JACKET REQUIREDLONDONUKTRADE, WWW.JACKET-REQUIRED.COM
AUOT
15-26
BILLABONG PRO TEAHUPOOTAHITISURF WWW.ASPWORLDTOUR.COM
SEPTEMBRE
4-6
SURF EXPOORLANDO, FLORIDA USATRADE, WWW.SURFEXPO.COM
9-20
HURLEY PRO
TRESTLES, CA, USA
SURF WWW.ASPWORLDTOUR.COM
25-6 QUICKSILVER PRO FRANCE
SOUTH WEST COAST FRANCE
SURF WWW.ASPWORLDTOUR.COM
26-28
CAPSULE WOMEN’S PARISFRANCETRADE, WWW.CAPSULESHOW.COM
26-29
SILMOPARISFRANCETRADEWWW.SILMOPARIS.COM
70
L’ŒIL DU CYCLOPE
#70
ISPO 2014
686’s Jono and Stephane
Contour’s new CEO James
Dakine’s Rocio and Marco
DC’s Manu
Urban Beach’s Rob, Tom and Ross
Volkl’s Phil, Michael and Thomas
BRIGHT TRADE SHOW 2014
Union & Capitas’s Joni with the ISPO
PRODUCT OF THE YEAR, the super
lightweight FC binding
Dragon’s Craig & Sam
Dye & Protec’s Chris, Derek and Kikki
Holden stand, Marc and Mikey
ISPO’s Jose its 6pm Weds and its all
over for this year
Lib-Tech’s Lindsey & Dan
Low Pressure Studios - Bataleons
Dennis and Danny
Nidecker, two generations of Henri
Nikita’s Stephie, Heida and David
Bright’s Thomas
Cleptomanicx’s Jorg and Clara
Element’s Julian in the Dartmouth
jacket
Ground Floor - west side from above
Outdoor Tech’s Coro, Charlie and
Bobby
Phunkshun’s crew
Quiksilver / Roxy / DC booth Xavier
and Marta
Ride
Ground Floor, East side - from above
Hundreds German distributor Sacke
and Nodle’s Manfred
Jasha from Mosaic distribution and
Keith from Huf
Makia’s Hessu tries beer for the first
time
Sector 9’s Boris, Sly and Maui
Smith’s Jean-Marco and Sylvain
Spy’s Tom, Travis and Nicolas
TSG booth with Nadja holding the Gravity helmet with new goggle line and Nils
with the Path helmet and a big smile
RVCA full team
Sally and Jess at the Adidas stand
The guys behind Ashes grip tape the
new tape on the block
Zoo York’s David and Mathis
Bright’s Marco
L’ŒIL DU CYCLOPE
#70
JACKET REQUIRED 2014
Deus Ex Machinas Rob
Jimmy Z’s Blake
Maui and Sons Nuno
RVCA UK Sales Agent Matt Bryer
The Critical Slide Society’s Colin
and Matt
Tom Henshaw (Altamont, emerica, éS)
SLIDE 2014
Protest’s Hannah with
Vanessa and Pippa
Herschel’s Kiefer Ramiro from Good Company Showroom
Mat Horwood (Electric UK Marketing) & Pierre Greilsamer (Electric Retail &
Marketing Coordinator)
Sweet Protection’s Gregory
Urban beach’s James and Andrew
Westbeach’s John, Paul and Rich