Olivier Brandouy
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Olivier Brandouy
UE 5 : Gestion d’Actifs Asset Management Mesures de Performances Olivier Brandouy Université de Bordeaux 2014–2015 Diapo 1/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 PLAN 1 Principes généraux 2 Mesures de performance Rentabilités Mesures classiques Mesurer la ”sur-performance” Interpréter l’alpha Market timing 3 Autres mesures Un détour par la théorie du cadrage (Prospect theory) Mesures centrées sur les pertes etou les moments spérieurs 4 Étude de cas Diapo 2/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Plan : 1 - Principes généraux Diapo 3/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Objectifs 1 2 La performance obtenue est-elle “significative” ? Il nous faut donc un “benchmark” pour juger ce qui est “normal” (la plupart du temps). 1 2 3 La performance doit donc être rapportée à celle du marché en utilisant des données historiques. Ou en utilisant un modèle de marché pour comparer ce qui a été obtenu par rapport à ce qui était exigé ex-ante. Une mesure de performance ! Aucun de ces choix n’est évidemment neutre. Diapo 4/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Un bon benchmark 1 Doit pouvoir être choisi comme support d’investissement réel. 2 Doit avoir une valeur mesurable en tout point du temps où la comparaison avec notre portefeuille est nécessaire. 3 Doit être de “style” comparable à celui du fonds évalué ! Diapo 5/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Un bon benchmark 1 Doit pouvoir être choisi comme support d’investissement réel. 2 Doit avoir une valeur mesurable en tout point du temps où la comparaison avec notre portefeuille est nécessaire. 3 Doit être de “style” comparable à celui du fonds évalué ! Remarque Le benchmark est souvent suggéré : S&P 500, MSCI, mix indice Obligataire CitiGroup + indice actions global ou spécifique, Russell 1000 croissance ou value, ... Diapo 5/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Plan : 2 - Mesures de performance Diapo 6/63 Rentabilités Mesures classiques Mesurer la ”sur-performance” Interpréter l’alpha Market timing Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Rappels Principe : rapport de tout ce qu’on possède à l’issue de la période de placement sur tout ce qui a été initialement investi Exemple : t = 0 : investissement une action au prix de 50 e t = 1 : investissement une seconde action de même type que la première, 53 e, encaissement d’un dividende lié à la première action, 2 epar action t = 2 : dividende encaissé, à nouveau 2 epar action, revente des actions 54 epièce. Rentabilité de l’investissement ? Diapo 7/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Deux approches possibles 1 Approche par les DCF (dite ”pondérée par les sommes engagées”) : 50 + 2 2 112 53 = + (1 + r ) (1 + r ) (1 + r )2 On obtient r = 7.117% Ignorer le nombre de titres possédés dite ”pondérée par le temps”) : I I Rentabilité de l’investissement de la première année : 10% Rentabilité de l’investissement de la seconde année : 54 + 2 − 53 = 5.66% 53 Moyenne arithmétique des rentabilités : rA = 7.83% Diapo 8/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Méthode de calcul des rentabilités moyennes Rappel : En utilisant les données précédentes, on peut calculer les rentabilités moyennes de deux façon (au moins) : P 1 Moyenne arithmétique : rA = n1 i ri Avantage : Simple comme calcul Inconvénient : Mathématiquement très discutable ! 1 2 Moyenne géométrique : 1 + rG = Πi (1 + ri ) i Avantage : Mathématiquement exact Inconvénient : Plus compliqué, et au final conduira également à des erreurs ”pratiques” (pensez au calcul de l’écart-type par exemple !) On a ici rA = 7.83% et rG = 7.81%. Notez que rG ' rA − 12 σ 2 Diapo 9/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Que choisir ? Calcul des rentabilités ri : pour des calculs financiers exacts ”mathématiquement” la réponse est ”rentabilités continues” : rc = ln(pt+1 + dt+1 ) − ln(pt ) Calcul des moments : on peut utiliser l’approche arithmétique comme estimateur non biaisé des espérance de rentabilité (et par extension utiliser des rentabilités arithmétiques, des écart-types aruthmétiques etc...) Remarque N’oubliez pas de prendre en compte les différents frais liés à l’investissement Diapo 10/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Plan : 2 - Mesures de performance Diapo 11/63 Rentabilités Mesures classiques Mesurer la ”sur-performance” Interpréter l’alpha Market timing Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Ratio de Sharpe SP = r¯P −r¯f σP r¯P les rentabilités moyennes du portefeuille r¯f le taux sans risque moyen observé sur la période σP l’écart type des rentabilités du portefeuille Soit la rentabilité par unité de risque total. Diapo 12/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Ratio de Sharpe (2) A comparer avec le ratio de la CML SP > SCML : bonne performance du fonds SP < SCML : mauvaise performance du fonds Diapo 13/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Ratio de Treynor SP = r¯P −r¯f βP r¯P les rentabilités moyennes du portefeuille r¯f le taux sans risque moyen observé sur la période P βP le bêta du portefeuille. Rappel : βP = i wi βi Soit la rentabilité par unité de risque systématique. On évalue ainsi si le gestionnaire est bien capable d’éliminer le risque non systématique. Diapo 14/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Ratio de Treynor (2) On peut calculer le Treynor pour le marché (pente de la SML) TP > TM : bonne performance du fonds TP < SM : mauvaise performance du fonds Remarque Attention : le ratio de Treynor doit être analysé conjointement au Sharpe ; un bon Treynor peut aller avec un portefeuille mal diversifié. Pour cette raison le Treynor est souvent délaissé. Diapo 15/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Ratio de Modigliani et Miller (a.k.a) M 2 Ratio de Sharpe compliqué à interpréter. M2 normalise les performances par rapport à un benchmark rt s’interprète en % de rentabilité MP2 = rf + r¯P −r¯f σP σB = rf + σB σP (r¯P − r¯f ) r¯P les rentabilités moyennes du portefeuille r¯f le taux sans risque moyen observé sur la période σP l’écart-type des rentabilités du portefeuille étudié σB l’écart-type des rentabilités du portefeuille Benchmark Permet de comparer des portefeuilles avec des niveaux de risque différents. Diapo 16/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Plan : 2 - Mesures de performance Diapo 17/63 Rentabilités Mesures classiques Mesurer la ”sur-performance” Interpréter l’alpha Market timing Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 L’alpha de Jensen Mesure basée sur le CAPM, l’α est centré sur la gestion du risque systématique. αP = r¯P − r¯f + βP (r¯M − r¯f ) En théorie l’α doit être égal à zéro. S’il est positif cela mesure la capacité du gestionnaire à dégager des rentabilités significatives en prenant en compte le risque de marché. SI l’α est significativement différent de zéro, on l’interprétera directement. Si le CAPM est mal estimé, toute la mesure de performance est sujette à caution ! On peut améliorer tout ça en utilisant des modèles multifacteurs type Fama-French 1993 ou Fama French Carhart 1997 par exemple. Diapo 18/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Ratio d’information ou ”tracking error” Mesure de la rentabilité anormale (α par rapport à un benchmark –portefeuille de marché par exemple–) obtenue par unité de risque qui aurait pu être éliminée en investissant dans le benchmark. Rapport gain/écart par rapport au benchmark : IRP = r¯P −r¯B σP−B r¯P les rentabilités moyennes du portefeuille r¯B les rentabilités moyennes du portefeuille benchmark choisi σP−B l’écart-type des différences de rentabilités du portefeuille étudié et du portefeuille benchmark choisi Diapo 19/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Relation α, Treynor, Sharpe Treynor (TP ) Relation α ∆ Perf. Marché Diapo 20/63 E (rP )−rf βP = αP βP + TM TP2 = TP − TM = Olivier Brandouy (U Bdx) Sharpe (SP ) αP βP E (rP )−rf σP SP − SM = Master 2 Finance, Gestion d’Actifs = αP σP αP σP + ρP,M SM + (ρP,M − 1)SM 2014–2015 Plan : 2 - Mesures de performance Diapo 21/63 Rentabilités Mesures classiques Mesurer la ”sur-performance” Interpréter l’alpha Market timing Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Illustration introductive On cherche à répondre à la question suivante : le gérant d’un fonds X a-t-il dégagé un alpha significatif sur la période d’évaluation ? Réponse sur un cas concret Diapo 22/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Rentabilités historiques vs. anticipées (1) Exemple : Fidelity Contrafund Objective : Seeks capital appreciation. Strategy : Investing in securities of companies whose value FMR believes is not fully recognized by the public. Investing in either ’growth’ stocks or ’value’ stocks or both. Normally investing primarily in common stocks. Benchmark : Russell 1000 Growth Total Return Diapo 23/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Rentabilités historiques vs. anticipées (2) 0.00 −0.05 rent. FCNTX 0.05 0.10 Travail sur des données historiques longues (07/2004-07/2014) : −0.10 −0.05 0.00 0.05 0.10 rent. RUSSEL Diapo 24/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Risque systématique hist(model$residuals, nclass=30, main="", col="grey", freq=TRUE) sd(model$residuals) 200 0 100 Frequency 300 400 ## [1] 0.003222 −0.01 0.00 0.01 0.02 model$residuals Diapo 25/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Rentabilités historiques vs. anticipées (3) Modèle linéaire : model<-lm(FCNTX~RUSSELL) summary(model) ## ## ## ## ## ## ## ## ## ## ## ## ## ## ## ## ## ## ## Call: lm(formula = FCNTX ~ RUSSELL) Residuals: Min 1Q -0.016940 -0.001663 Median 0.000179 3Q 0.001881 Max 0.022113 Coefficients: Estimate Std. Error t value Pr(>|t|) (Intercept) 1.95e-04 6.42e-05 3.03 0.0024 ** RUSSELL 8.60e-01 5.00e-03 172.15 <2e-16 *** --Signif. codes: 0 '***' 0.001 '**' 0.01 '*' 0.05 '.' 0.1 ' ' 1 Residual standard error: 0.00322 on 2515 degrees of freedom Multiple R-squared: 0.922, Adjusted R-squared: 0.922 F-statistic: 2.96e+04 on 1 and 2515 DF, p-value: <2e-16 Diapo 26/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Interprétation α 1.95E-4 soit environ 5% par an ! β 0.86, portefeuille défensif On fait l’hypothèse (franchement héroı̈que) que la distribution de rentabilités du fonds est de moyenne constante sur ces dix ans, que l’alpha et le bêta sont stables. 2 Quel est le risque systématique pour ce portefeuille βP2 σM ? 0.86^2*sd(RUSSELL)^2 ### Portefeuille ## [1] 0.0001223 sd(RUSSELL)^2 ### RUSSEL ## [1] 0.0001654 Diapo 27/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Interprétation (suite) On voit que le portefeuille est très bien diversifié, sa corrélation avec l’indice ρ= 12 2 βP2 σM 2 + σ2 βP2 σM (e) est remarquable : rsys<-0.86^2*sd(RUSSELL)^2/sd(FCNTX)^2 #### Risque systématique rsys ## [1] 0.9217 rspec<-(sd(FCNTX)^2-0.86^2*sd(RUSSELL)^2)/sd(FCNTX)^2 #### Risque spécifique rspec ## [1] 0.07832 Le risque spécifique est réduit à 7.83% du risque total ce qui est excellent a priori. Diapo 28/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Généralisation – Les valeurs que nous avons eu pour l’alpha et le bêta ne sont que des estimations des vraies valeurs qui par nature sont inobservables. – L’erreur dont est entachée l’estimation de l’alpha est environ σˆe σˆα = √ N avec N le nombre d’observations dans la série. – La statistique t pour l’alpha estimé est alors : √ α̂ N α̂ tα̂ = = σˆα σˆe Diapo 29/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Application (tirée de BKM, Investments, 9eme ed) On considère les performances du fonds XYZ : α = 20 points de base / mois (soit près de 2.4% par an sans composition des taux) β = 1.2 Ecart-type des résidus de la régression (sur une base mesuelle) = 2% (c.a.d le risque non systématique) Le marché a une volatilité de 6.5% par mois (22.5% par an) On vous demande de : 1 Calculer la variance systématique du portefeuille 2 Sa corrélation avec le marché 3 Si on exige un degré de significativité de 5% pour l’alpha estimé, la valeur du t est égale à 1,96. Sur combien de mois l’alpha devrait-il être observé pour être jugé significatif ? Diapo 30/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Luck vs. Skill Question additionnelle (également issue de BKM) : En utilisant les données précédentes (alpha = 0.2% et écart-type de 2%, base mensuelle), quelle est la probabilité pour que cet alpha positif ne soit dû qu’à la chance et que la compétence du gérant soit finalement négligeable ? Diapo 31/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Plan : 2 - Mesures de performance Diapo 32/63 Rentabilités Mesures classiques Mesurer la ”sur-performance” Interpréter l’alpha Market timing Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Market Timing Si un gérant arrive à anticiper le marché : En cas de signal haussier, il choisira d’augmenter le bêta de son portefeuille En cas de signal baissier, il se repliera sur un portefeuille de faible bêta ~ L’alpha découlant de ce choix et risque d’apparaitre négatif pour l’évaluateur ne connaissant pas la stratégie du gérant. Voir Grinblatt et Titman 1989, Journal of Business Diapo 33/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Illustration Diapo 34/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Evaluation de la performance des gérants Un vrai défi ! Mesurer : Leur aptitude à bien sélectionner les actifs (stock picking) Leur aptitude à bien anticiper le marché (market timing) Diapo 35/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Market timing : modèle de Treynor et Mazuy (1966) On ajoute un terme au carré dans la régression : rP − rf = α + β(rM − rf ) + γ(rM − rf )2 + ε Si γ > 0 alors on a une évidence de l’aptitude du gérant à anticiper le marché le dernier terme rendant la pente de la droite caractéristique plus pentue quand rM − rf devient grand. Ref : J. L. Treynor and K. Mazuy, ”Can Mutual Funds Outguess the Market ?” Harvard Business Review, vol44, 1966, pp. 131-136 Diapo 36/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Illustration (1) A gauche, absence de timing, le bêta reste constant. A droite, timing effectif, le bêta est ajusté en raison des anticipations sur la prime de risque. Diapo 37/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Illustration (2) Recours au package PerformanceAnalytics sous R library(PerformanceAnalytics) suppressWarnings(MarketTiming(FCNTX,RUSSELL, Rf=0, "TM")) ## Alpha Beta Gamma ## FCNTX.Adj.Close to ^GSPC.Adj.Close 0.0002128 0.8596 -0.1073 Résultat sans appel, γ < 0 Diapo 38/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Plan : 3 - Autres mesures Diapo 39/63 Un détour par la théorie du cadrage (Prospect theory) Mesures centrées sur les pertes etou les moments spérieurs Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Raisons La théorie du portefeuille est fondée sur des hypothèses de normalité et dès lors qu’on les lève les mesures précédentes semblent limitées. Pour cette raison, une série de mesures de risque et de performance sont centrées sur : Les “downside deviations” : semi-variance, shortfall risk, VaR et cVaR par exemple Les moments d’ordre supérieur : skewness, kurtosis. Diapo 40/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Plan : 3 - Autres mesures Diapo 41/63 Un détour par la théorie du cadrage (Prospect theory) Mesures centrées sur les pertes etou les moments spérieurs Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Fondements théoriques D. Kahneman et A. Tversky (1979) ”Prospect Theory : An Analysis of Decision under Risk”, Econometrica, 47, pp. 263–291” Principes : Renversement des préférences quand on change l’énoncé La formulation, le ”cadre” (perte ou gains) importe ! Diapo 42/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Exemple Pour lutter contre une maladie aiguë, qui pourrait toucher 9000 personnes en France, deux programmes de santé publique sont envisagés par le gouvernement et vous devez vous prononcer sur celui qui vous semble le meilleur : Diapo 43/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Exemple Pour lutter contre une maladie aiguë, qui pourrait toucher 9000 personnes en France, deux programmes de santé publique sont envisagés par le gouvernement et vous devez vous prononcer sur celui qui vous semble le meilleur : Diapo 43/63 : P1 ou P2 P1 : 3000 personnes seront sauvées ! P2 : 1/3 que tous soient sauvés, et 2/3 pour que nul ne soit sauvé ! Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Exemple Pour lutter contre une maladie aiguë, qui pourrait toucher 9000 personnes en France, deux programmes de santé publique sont envisagés par le gouvernement et vous devez vous prononcer sur celui qui vous semble le meilleur : Diapo 43/63 : P1 ou P2 P1 : 3000 personnes seront sauvées ! P2 : 1/3 que tous soient sauvés, et 2/3 pour que nul ne soit sauvé ! Près de 80% des agents préfèrent P1 : P3 ou P4 P3 : 6000 personnes mourront ! P4 : 1/3 que personne ne meure, et 2/3 pour que tous meurent ! Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Exemple Pour lutter contre une maladie aiguë, qui pourrait toucher 9000 personnes en France, deux programmes de santé publique sont envisagés par le gouvernement et vous devez vous prononcer sur celui qui vous semble le meilleur : Diapo 43/63 : P1 ou P2 P1 : 3000 personnes seront sauvées ! P2 : 1/3 que tous soient sauvés, et 2/3 pour que nul ne soit sauvé ! Près de 80% des agents préfèrent P1 : P3 ou P4 P3 : 6000 personnes mourront ! P4 : 1/3 que personne ne meure, et 2/3 pour que tous meurent ! Près de 80% des agents préfèrent P4. Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Analyse – Alternatives identiques, seul le cadrage change. – Présentation des énoncés est perçue + ou - négativement. Diapo 44/63 Si le cadre est perçu + ⇒ les agents préfèrent des issues déterministes (3000 personnes sauvées...) Si le cadrage est perçu - ⇒ les agents préfèrent des issues probabilistes (1/3 que personne ne meure, 2/3 que tous meurent...) Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Analyse – Alternatives identiques, seul le cadrage change. – Présentation des énoncés est perçue + ou - négativement. Si le cadre est perçu + ⇒ les agents préfèrent des issues déterministes (3000 personnes sauvées...) Si le cadrage est perçu - ⇒ les agents préfèrent des issues probabilistes (1/3 que personne ne meure, 2/3 que tous meurent...) Remarque Khaneman et Tverski parlent d’un effet de miroir, de ”réflexion” Ce qui est préféré en cadrage + devient repoussant en cadrage – Au voisinage de zéro il y a renversement des préférences Diapo 44/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Effet de cadrage Diapo 45/63 Cadre Positif Recherche du risque Cadre Négatif Aversion pour le risque Une perte probable est préférée à une perte sure Un gain sur est préféré à un gain probable ⇒ Surestimation de la certitude ⇒ recherche du risque en matière de perte ⇒ Surestimation de la certitude ⇒ aversion risque en matière de gains Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Représentation de la fonction d’utilité (1) Diapo 46/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Représentation de la fonction d’utilité (2) Diapo 47/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Illustration numérique Choisissez entre l’une ou l’autre des loteries suivantes : Diapo 48/63 S1 : 1/10 000 de gagner 100 000 e S2 : 1/1 de gagner 10 e Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Illustration numérique Choisissez entre l’une ou l’autre des loteries suivantes : S1 : 1/10 000 de gagner 100 000 e S2 : 1/1 de gagner 10 e75% des agents préfèrent S1 Choisissez entre l’une ou l’autre des loteries suivantes : S3 : 1/10 000 de perdre 100 000 e S4 : 1/1 de perdre 10 e Diapo 48/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Illustration numérique Choisissez entre l’une ou l’autre des loteries suivantes : S1 : 1/10 000 de gagner 100 000 e S2 : 1/1 de gagner 10 e75% des agents préfèrent S1 Choisissez entre l’une ou l’autre des loteries suivantes : S3 : 1/10 000 de perdre 100 000 e S4 : 1/1 de perdre 10 e75% des agents préfèrent S4 Diapo 48/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Plan : 3 - Autres mesures Diapo 49/63 Un détour par la théorie du cadrage (Prospect theory) Mesures centrées sur les pertes etou les moments spérieurs Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Notion de downside risk s DR = X min[(ri − Θ), 0]2 n (1) i Le shortfall risk (risque que la rentabilité passe sous θ) : Diapo 50/63 SR = Olivier Brandouy (U Bdx) nri <Θ n Master 2 Finance, Gestion d’Actifs (2) 2014–2015 VaR et cVaR On se reportera par exemple à : P. Jorion, ”Value-at-Risk”, McGraw-Hill, 3rd ed., 2007 ou Linsmeier 1996, ”Risk measurement, an introduction to Value-at-Risk”, http://www.exinfm.com/training/pdfiles/valueatrisk.pdf Value-at-Risk is an estimate of the loss an investor can face or exceed during a given time period with a given probability level (α) and for normal market conditions. Diapo 51/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 VaR et cVaR (2) La VaR ne prend pas en compte la forme de la queue de distribution des rentabilités ni ne donne une estimation de la perte espérée en-deçà du seuil choisi α. C’est le but de la cVaR : Diapo 52/63 α est le seuil choisi zα est la valeur de z pour ce niveau α 2 zα e− 2 c − VaRα = σ √ α 2π Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs (3) 2014–2015 Sortino SP = r¯P −Θ DR r¯P les rentabilités moyennes du portefeuille r¯f le taux en deçà duquel on ne veut pas que le portefeuille chute DR le downside risk présenté précédemment S’analyse comme le Sharpe mais en étant centré sur les déviations à gauche de la rentabilité seuil. Diapo 53/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Omega Ω On sort ici de l’hypothèse de normalité et on va prendre en compte l’intégralité de la distribution de rentabilités, avec ses asymétries et ses pics. Le ratio Omega n’est en fait rien d’autre qu’un rapport d’aires : R +∞ (1−F (x)) dx ΩP = θ R Θ F (x) dx +∞ x = r¯P les rentabilités moyennes du portefeuille Diapo 54/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Ratio de Rachev Fondé sur la cVaR RP2 = ETGα ETLβ ETGα la cVaR dans les gains (“Expected Tail Gain”) au seuil de α. ETLβ la cVaR (“Expected Tail Loss”) au seuil de β. Similaire dans sa philosophie au ratio Omega, n’a d’intérêt que si on travaille en VaR historique. Diapo 55/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Adjusted Sharpe Ratio Si l’investisseur a bien des préférences sur les moments d’ordre supérieurs, on peut calculer un Adjusted Sharpe Ratio : Basé sur une décomposition de Taylor de la fonction d’utilité, troncature faite ici au 4ème moment. Le Sharpe sera ajusté à la hausse en cas de Skewness positive et ajusté à la baisse en cas de Kurtosis négative Kurtri − 3 2 Skewri ASR = SRri × 1 + SRri − 6 6 ri Ref : Pezier J. et A. White, 2006, The relative merites of hedge-funds indices and of funds of hedge-funds in optimal passive portfolios,ICMA discussion paper in Finance Diapo 56/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Plan : 4 - Étude de cas Diapo 57/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Données On travaille sur trois fonds Français sélectionnés sur la base MSN ”money” http://www.msn.com/en-us/money/fundscreener?market=FRA 1 Carmignac Patrimoine A EUR acc 2 Groupama FP Flexible Allocation I 3 HSBC Small Cap France A A/I Diapo 58/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Carmignac Patrimoine A EUR acc Objectifs : ”The fund’s objective is to outperform its reference indicator over a recommended investment horizon of 3 years. The reference indicator is composed of the following indices : - 50% MSCI AC WORLD NR (USD) (the MSCI global international equities index), calculated with net dividends reinvested and - 50% Citigroup WGBI All Maturities Eur (the world bond index), calculated with coupons reinvested. The investment policy takes into account the principle of risk spreading by means of the diversification of investments. The allocation of the portfolio between the different asset classes and categories of UCITS (equities, balanced, bonds, money market, etc.) based on fundamental analysis of the global macroeconomic environment and of its indicators (growth, inflation, deficits, etc.) may vary according to the manager’s expectations. As the Fund is managed on an active, discretionary basis, its asset allocation may differ substantially from that of its performance indicator.” Données : http://www.msci.com/products/indexes/ https://apps.yieldbook.com/ (WGBI) Diapo 59/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Groupama FP Flexible Allocation I Objectifs : ”Destiné aux investisseurs qui recherchent une gestion diversifiée et flexible par le biais de la combinaison des performances des marchés de taux et d’actions, et offrant un accès à l’ensemble des marchés financiers internationaux. Ce fonds a pour objectif d’obtenir une performance annualisée de 7% sur la durée de placement recommandée, au moyen d’une gestion active de l’allocation. Groupama FP Flexible Allocation est un fonds de fonds multi-classes d’actifs qui pourra détenir jusqu’à 100% de l’actif net en parts ou actions d’OPCVM. Le fonds est géré au quotidien avec une volatilité maximale de 8%. Compte tenu de son objectif de gestion, l’OPCVM ne cherche pas à répliquer un indicateur de référence. Cependant, l’indice EONIA capitalisé peut constituer un indicateur de référence.” Données : http://sdw.ecb.europa.eu/ (EONIA) Diapo 60/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 HSBC Small Cap France A A/I Objectifs : Le FCP, de classification AMF ”actions françaises”, a pour objectif d’obtenir une performance supérieure à celle de l’indice de référence, sur la période de placement recommandée. L’indicateur de référence, le MSCI Small Cap France, dividendes nets réinvestis (NR), regroupe les actions de petites capitalisations boursières françaises. Cet indice est calculé en euro. Les investissements portent sur un choix très sélectif de petites et moyennes valeurs françaises. L’équipe de gestion adopte, sur une base discrétionnaire, une philosophie de gestion active, avec pour principale source de performance potentielle : la sélection de valeurs : la capitalisation boursière des actions choisies le jour de l’achat doit être inférieure à 5 milliards d’euros... Cette sélection est essentiellement fondée sur l’analyse des perspectives de développement et de rentabilité des entreprises et du niveau de valorisation.” Diapo 61/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Benchmarks et autres On considérera le taux sans risque flat et négligeable Les différents benchmarks (en données quotidiennes) sont repris dans la feuille de calcul casAM.xls sur mon site perso Diapo 62/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015 Questions 1 En utilisant les différentes mesures de performances et les différents concepts évoqués dans ce cours comment jugez-vous la performance de ces trois fonds ? 2 Comme investisseur, lequel aurait votre préférence si vous deviez investir aujourd’hui ? Justifiez vos réponses ! Diapo 63/63 Olivier Brandouy (U Bdx) Master 2 Finance, Gestion d’Actifs 2014–2015