numero 67

Transcription

numero 67
67
44 rue Alexis Lepère 93100 MONTREUIL
Tél. 01 42 87 44 34
Fax 01 48 58 46 88
[email protected]
www.aafv.org
Revue trimestrielle de l’association d’amitié franco-vietnamienne • Octobre 2008 • 4 €
p. 2
p. 3 à 5
p. 6-7
Editorial
p. 8
p. 17
l’enseignement
au Vietnam
p. 24
Conférences de l’AAFV
Les Chants de la Symbiose : une histoire
du Vietnam à travers les chansons
Les activités de l’AAFV
L’Agent Orange : Requête
à la Cour Suprême des Etats-Unis
DOSSIER
p. 9
à 16
L’incident de la nonciature
Changements climatiques : menace sur
le Vietnam
p. 18
p. 19
p. 20
p. 20 à 23
p. 23
Ce Vietnam que nous aimons
© Photo Robert Szabo, lycée Marie Curie à Ho Chi Minh Ville
In Memoriam Andrée Violis
Nécrologies
Notes de lecture
Conférences de l’AAFV
Le Vietnam, terriblement menacé par les
conséquences de l'effet de serre
Editorial
U n e re n t r é e “ l a b o r i e u s e ”
Les vacances ont, je l’espère, permis à chacune et à chacun de reprendre des forces.
A notre congrès nous avions souligné l’évolution du Vietnam au cours des dernières décennies. Le Vietnam
s’emploie à passer le mieux possible la crise financière et économique qui secoue le monde. Cette crise ne peut que
compliquer et ralentir son essor économique.
C’est une raison supplémentaire pour que notre association redouble d’ardeur pour développer sa solidarité et
ses activités en augmentant le nombre de ses adhérents, dans chaque Comité. Elle doit aussi encourager la création de
nouveaux comités départementaux et locaux. Elle devrait pouvoir diffuser plus largement notre belle revue ce qui lui
donnerait un nouvel élan.
Toute l’équipe élue s’est mise au travail.
Lors de la réunion du Bureau national de septembre, nous avons constaté des succès importants :
– Le groupe chargé des conférences « Connaissance du Vietnam », annonce pour le 18 novembre un exposé
d’Yves Lacoste (le fondateur de la géopolitique) sur le réchauffement climatique et les menaces qui pèsent sur
le Vietnam.
– La suite du programme des conférences 2008-2009 est à l’étude.
– Le site Internet (www.aafv.org) rend plus visible nos actions. Visitez le et donnez vos avis et idées.
– La traduction en anglais de notre livre L’Agent orange au Vietnam, crime d’hier, tragédie d’aujourd’hui est
parue et devrait être disponible très prochainement.
Ces éditions arrivent à point nommé : l’action de soutien aux victimes des épandages doit être relancée et
développée. Une délégation vietnamienne fait en ce moment un circuit de conférences aux Etats-Unis, à l’invitation de
la VAORRC*. Elle rencontre un grand succès dans son travail de sensibilisation. Le 6 octobre, la requête auprès de la
Cour Suprême des Etats-Unis a été déposée par la VAVA, qui lance un appel à la solidarité internationale. Nous devons
y répondre. Des contacts ont été pris avec les autres associations européennes amies du Vietnam et avec les associations
américaines de soutien aux victimes. Localement comme nationalement, multiplions les initiatives pour mobiliser
l’opinion publique.
De plus en plus souvent, la mise en cause des industries productrices de l’Agent orange/dioxine s’étend à leurs
autres activités : Vandana Shiva dénonce les conséquences dramatiques de l’introduction des OGM de Monsanto en
Inde et y voit un péril extrême . Elle évoque la menace de guerre
alimentaire et craint dans les OGM « l’agent orange de demain ».
Une campagne internationale d’information sur Monsanto, ses
crimes impunis, les complicités dont cette entreprise jouit, les
Revue trimestrielle de l’association d’amitié franco-vietnamienne
pressions qu’elle exerce, est en train de se mettre en place. Ce sera
Octobre 2008 • 4 € • Commission paritaire n° 0404 G82984
un puissant soutien à la cause des victimes de la guerre chimique,
tant vietnamiennes qu’américaines. L’un des dirigeants de Monsanto
déclarait, dans une interview : « Pour les entreprises, la réputation est
un facteur de risque ». C’est vrai.
Enfin notre trésorier national a attiré notre attention sur la
situation difficile de notre trésorerie et nous a fait des propositions.
Bon travail à toutes et à tous.
Hélène Luc, Sénatrice honoraire, Présidente
44 rue Alexis Lepère 93100 MONTREUIL
Tél. : 01 42 87 44 34 Fax : 01 48 58 46 88
[email protected] • www.aafv.org
Directeur de la publication : Hélène Luc
————
* Vietnam Agent Orange Relief and Responsability Campaign
Rédacteur en chef : Dominique De Miscault
Comité de Rédaction : Etienne Adjimah, Jean-Pierre Archambault,
Michel Dreux, Alain Dussarps, Anne Hugot-Le Goff, Marie-Hélène Lavallard
AXIOM GRAPHIC 95830 CORMEILLES-EN-VEXIN
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Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
Activités
A la suite du congrès, un entretien a eu
lieu, le 5 juin à Montreuil, avec la
délégation
de
l’association-sœur
Vietnam-France.
Quelques jours plus tard, le Président de
l’Assemblée Nationale de la République
Socialiste du Vietnam effectuait un
voyage officiel en France. P. Jorland et
M.-H. Lavallard représentaient l’AAFV à
l’arrivée de M. Nguyen Phu Trong et de
sa suite à l’aéroport d’Orly et dans
l’après-midi à la cérémonie devant le
buste de Ho Chi Minh, parc Montreau à
Montreuil.
Le mercredi 25, le Président de
l’Assemblée Nationale a accordé un
entretien à une délégation de l’AAFV
composée d’Henri Martin, Alain
Dussarps, M.-H. Lavallard et P. Jorland.
Par ailleurs, de nombreux membres de
l’AAFV présents à Paris ont participé à la
réception donnée, le 2 septembre, à
l’ambassade de la RS du Vietnam en
France, à l’occasion de la fête nationale.
Un message a été adressé le 10 août à
l’Association vietnamienne pour les
victimes de l’Agent orange/dioxine
(VAVA) dont le IIeme congrès se déroulera
à Hanoi du 1er au 5 décembre 2008.
Par ailleurs, nous étions représentés par
M.-H. Lavallard au colloque “Conflits et
environnement : de l’écocide à la justice
environnementale” organisé le vendredi
26 septembre, au conseil régional de
Bourgogne, par le Comité de Côte d’Or
du Village de l’Amitié avec le Vietnam.
Ce colloque a été précédé, la veille, par
une présentation du Village de l’amitié.
Le 11 septembre, Hélène Luc et Patrice
Jorland ont représenté l’AAFV à la cérémonie marquant l’acquisition par la
République Socialiste du Vietnam d’un
immeuble d’une superficie de 2.000 m2,
rue Albert, dans le XIIIème arrondissement, lequel, après aménagements, sera
le Centre culturel vietnamien en France.
Nous reviendrons plus longuement sur
cette institution dont la création ouvre
des possibilités nouvelles.
Patrice Jorland
de
l’AAFV
Nos comités locaux
Ile de France
Nous avons tenu un stand le samedi 21 juin à la fête de la ville de Montreuil, qui a connu un succès
sans précédent par le nombre d’associations présentes. Un temps magnifique ajoutait au plaisir d’une
foule nombreuse mais visiblement souffrant de la cherté de la vie : les ventes ont été moins importantes
que l’an dernier, pas seulement
à notre stand.
Du 12 au 14 septembre, nous
étions à la Fête de l’Humanité à
La Courneuve, grâce à l’hospitalité de nos amis du Blanc-Mesnil
qui ont hébergé notre stand et
l’exposition Le Vietnam, une
immense mosaïque ethnique,
réalisée par le comité GardCévennes. Nous y avons présenté la traduction anglaise de
notre livre L’Agent orange au
Vietnam, crime d’hier, tragédie
d’aujourd’hui, imprimée à Hanoi
et dont nous venions de recevoir
les tous premiers exemplaires.
Le comité Montpellier-Hérault annonce :
- DEMONSTRATION DE CUISINE VIETNAMIENNE
Samedi 15 novembre 2008 de 11 à 15 heures
Dégustation et plats à emporter
Lieu : Mondial Market, route de Nîmes, 34170 CASTELNAU LE LEZ
Tram Ligne 2, arrêt « Aube Rouge » ou « Sablassou »
Renseignements et inscriptions : Mondial Market 04 67 52 45 76 - AAFV 06 15 51 97 69
- CHRISTIAN TAILLARD À L’AAFV DE MONTPELLIER
Vendredi 21 novembre 2008 à 18h à la Maison des Relations Internationales
Le Viêt-nam et la Région du Grand Mékong ; l’intégration transnationale,
nouvel enjeu du développement territorial, par Christian TAILLARD, géographe,
directeur de recherche au Centre Asie du Sud-Est (CNRS-EHESS)
Pendant un quart de siècle, les enjeux terrestres l’ont emporté au Viêt-nam, avec les guerres
française et américaine. Avec la fin de la guerre froide, c’est l’ouverture maritime sur l’Asie orientale
qui a prévalue. Aujourd’hui, un nouvel équilibre s’établit entre intégration maritime et continentale
avec les corridors de la Région du Grand Mékong qui traversent chacune des trois régions du Viêtnam.
Le corridor Est-Ouest relie les deux façades de la péninsule indochinoise et redonne au Centre le
poids qui lui manque dans la construction nationale. Le corridor Sud relie les capitales méridionales
de la péninsule. Au Nord, deux corridors vont mettre en relation Hanoi avec Kunming (Yunnan) et
Nanning (Guangxi). Ces corridors conduisent à repenser l’aménagement du territoire vietnamien.
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
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Brèves
Activités
de
l’AAFV
(Anne Hugot-Le Goff)
RELATIONS INTERNATIONALES
Relations France-Vietnam, ASEAN
Le président du Sénat, Christian Poncelet, a
effectué une visite officielle de cinq jours au Vietnam, au cours de laquelle il s’est entretenu avec le
président de l'assemblée nationale du Vietnam,
Nguyen Phu Trong.
Nos comités locaux
Gard-Cévennes
Notre prestation s'est améliorée dans nos animations dans les centres de vacances ou ailleurs. L'achat
d'un vidéo projecteur, le renouvellement de notre expo photos, les ateliers de fabrication de nems bien
maîtrisés, des produits vietnamiens de meilleure qualité pour les ventes de solidarités, tout cela conduit
à des résultats très positifs sur les plans culturels et financiers.
ECONOMIE
Le gouvernement vietnamien envisage d'ajuster la
norme nationale de pauvreté pour tenir
compte de l'évolution des prix. A la campagne,
pour être considérée comme pauvre, une famille
doit disposer d'un revenu mensuel par tête de
300 000 dongs et de 390 000 dongs en zone
urbaine. Un tel ajustement porterait le taux national de pauvreté à 16,5-17,5% de la population en
fin d'année, contre 14,8% en 2007.
Les exportations vietnamiennes se sont accrues
de près de 38% entre janvier et juillet 2008 par rapport à la même période de l'année 2007. Mais les
importations ont bondi de près de 57% dans le
même temps.
Une usine d'engrais azotés a été mise en chantier à Ca Mau. L'usine appliquera des technologies
avancées du Danemark, d'Italie et du Japon. Elle
aura en 2012 une capacité annuelle de 800 000
tonnes d'urée.
Le montant des investissements étrangers
au Vietnam au cours du premier semestre 2008 a
triplé par rapport à la même période de l'année
2007 pour atteindre plus de 31,6 milliards de dollars. Taïwan est le premier pays investisseur, avec
près de 8,2 milliards de dollars dans 64 projets,
suivi du Japon avec 7,1 milliards de dollars dans
47 projets, du Canada (4,2 milliards de dollars) et
de Singapour (3,56 milliards de dollars).
La croissance du PIB a atteint 6,6-6,7% au premier semestre, ce qui promet une croissance
annuelle de 7% au moins. La récolte abondante de
riz a dopé la production agricole de près de 3%.
Les économistes du groupe HSBC (Hong Kong
and Shanghai Bangking Corporation) ont écrit
dans le journal hongkongais "Bing Gua" que
l’économie du Vietnam a une importante potentialité de croissance, bien différente de celle de la
Thaïlande en 1997.
La société Sanyo-HQ Vietnam a lancé en septembre dans la province de Bac Giang (Nord) la
construction d'une usine de lecteurs optiques
de DVD d'un coût d'investissement de 95 millions de dollars, avec 12 000 emplois à la clef.
Cinq mille employés environ se sont mis en grève
dans l’usine de chaussures « Kingmaker Footwear », près de HCM-Ville. Les travailleurs réclament une revalorisation de leurs salaires qui s'élèvent actuellement à soixante dollars par mois.
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Une multitude d’animations
Mais cela ne va pas sans nous poser
quelques problèmes. Le bouche à
oreille a fonctionné et nous sommes
sollicités de toutes parts, jusqu'en
Alsace, en été comme en hiver. Hélas,
peu de membres du comité sont à même d'animer ces
séjours, soit par manque de disponibilité, soit par
manque d'une connaissance suffisante du Vietnam,
soit encore par timidité. La baisse des rentrées d'argent
nous oblige à accepter toutes les propositions si nous
voulons avoir les moyens de continuer notre action
solidarité à un niveau satisfaisant.
Cet été, nous avons réalisé une douzaine d’animations
dans la quart Sud-Est de la France. La sollicitation de
plus en plus fréquente des quelques adhérents qui
assurent ces animations pèse lourdement sur leur vie personnelle et familiale. Il va falloir au plus vite
former de nouveaux animateurs si nous voulons répondre à toutes les sollicitations.
Un nouveau programme de voyages, en été
Parallèlement, nous avons enfin décidé d'organiser des voyages au Vietnam, non pas en mars ou
novembre, et pour six ou huit semaines, mais en période d'été, tant pis pour les pluies de mousson, et
pour vingt et un jours. Après les voyages pour retraités, nous allons toucher les tranches d'age qui
travaillent et qui ne disposent que de leurs congés annuels. Notre ami Christian Vaytet est l'organisateur
de cette initiative qui décharge un peu notre président Gérard Terrier. Nos voyageurs retrouveront au
Vietnam nos amis Régis Roullet, Adrien Hauck, Jean Cabane ainsi que Gérard Kimpe qui, depuis
septembre 2008, a succombé au charme de ce beau pays et s'est installé à Danang. "Mon enfant, ma
sœur / Songes à la douceur / D’aller là-bas vivre ensemble..."
Yves Yague
La Rochelle
Le comité Rochelais annonce sa vente-exposition de charmants petits cadeaux venus du Vietnam,
lors du Marché de Noël qui se tiendra du 2 au 24 décembre à la Chapelle des Dames Blanches
à La Rochelle. Ne manquez pas cette occasion, le succès de l’an dernier sera sans nul doute au rendezvous et l’étalage se videra vite !
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
Activités
de
l’AAFV
Les lieux de la solidarité
La province de Ninh Tuan
Le comité Gard–Cévennes a
permis le financement de nombreux projets dans la province
de Ninh Thuan, une province
méridionale du Centre Vietnam
aux dunes immenses. Très
pauvre elle recèle cependant
des potentialités que l’on ne
retrouve nulle part ailleurs au
Vietnam : élevage ovin et vignes
en treille. Selon de vieux paysans de Ninh Thuân, les moutons de cette région considérée
comme “la plus aride du pays”,
sont d’origine indienne. Ils
apparurent pour la première
fois à Ninh Thuân il y a près
d’un siècle, furent élevés par la
communauté cham et servirent
aux cultes et festivités. Ils se
sont bien adaptés aux conditions climatiques très difficiles à
cause de la sécheresse.
Dans la province de Ninh Thuan
la route Mandarine est coincée
dans une étroite bande entre la
mer et les collines que longe la
ligne de chemin de fer reliant
HCMV à Hanoi. La baie de Ca
Na est magnifique avec ses
plages de sable fin émaillées de
gros rochers de granit et la mer
turquoise. Vous découvrirez à
Ca Na de magnifiques cactus.
Située à 5 km de Phan Rang, la
capitale provinciale, la plage de
Ninh Chu est un beau lieu de
promenade ; vous pourrez voir
aussi des marais salants, les
vignes treille et des pins verdoyants.
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
L’ethnie Cham est une des
minorités de Ninh Thuan ce qui
explique la présence de nombreuses tours comme celles de
Pô Dam et de Pô Klong Garai.
Ces complexes sont encore le
siège de pratique religieuse en
particulier lors de la fête Katé
(du premier au troisième jour du
septième mois du calendrier
Cham). L’ensemble de Pô Klong
Garai situé au sommet d’une
colline recouverte de cactus
dominant la plaine à 9 km de
Phan Rang abrite les vestiges de
quatre tours en briques
construites au XIIIe siècle.
Pour la solidarité notre tâche a
été facilité par l’effort fait par le
Président de la Croix Rouge
locale : il a appris le français. Un
grand merci à Mr Do Van Than
Trente réalisations ont vu le jour
grâce à lui et aux bénévoles de
la CR depuis 1995: deux dispensaires, une adductions d’eau,
une école primaire et deux
maternelles, sept puits, trois
centres de formation professionnelle (couture, tissage et
informatique), huit aides aux
familles victimes de l’agent
orange (élevages de vaches et
truies), information sur le SIDA
et achat d’un command car.
Depuis 2006 des parrainages de
familles de victimes de la
dioxine sont financés.
Alain Dussarps
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Brèves
Le groupe français Alstom
Transport souhaite
investir dans la construction d'un métro à
Hanoi. Le Plan global de communications de
Hanoi comporte des investissements dans les projets de métro, les lignes devant entrer en service en
2013. Les projets pour les lignes de métro « Bo Hô
- pont Thang Long » [investissements japonais]
et « gare de Hanoi –Nhôn » [investissement de
plus de 500 millions d'euros provenant des aides
publiques au développement, dont plus de 200
millions de la part du gouvernement français],
devront être achevés en octobre. Le troisième projet, « Ngoc Khanh-Lang-Hoà Lac », est actuellement étudié par des consultants malais. Ces voies
ferrées traverseront souterrainement une série de
rues de la capitale.
Exxon et British Petroleum sont au centre des tensions entre la Chine et le Vietnam. La Chine
menace de rompre ses contrats si Exxon et BP
s'associent à PetroVietnam pour l'exploration
d'un gisement pétrolifère dans les Paracelses.
Le Vietnam est aujourd’hui le premier pays asiatique en terme d’importation de soja et par contre
exporte des dérivés du coton. Le gouvernement
vient donc d’annoncer un fort développement des
cultures transgéniques qui devraient
atteindre 70 % dans la production nationale de
soja, coton et maïs, d’ici à 2020.
EDUCATION
programme de formation de stylistes vient
de commencer à l'Université Hoa Sen de HCMVille, en coopération avec l'Institut français des
beaux-arts et de la mode. Les étudiants suivront
un cursus de deux ans au Vietnam avant d'aller
en France pour une dernière année.
Le taux d'étudiants ayant trouvé un emploi trois
mois après leur sortie de l'université oscille
entre 42% et 62% ; deux ans après, entre 90% et
100%. Les étudiants des écoles de construction,
d'architecture, d'économie, d'administration
d'entreprise et de technologies sont ceux qui trouvent le plus rapidement un emploi.
Un
SANTÉ
Le nord du Vietnam est touché depuis novembre
par de nouveaux foyers de choléra (quelques
dizaines de cas) que les autorités peinent à éradiquer.
Environ 1 800 handicapés au Vietnam bénéficieront d'ici la fin de l'année d'une formation professionnelle et 70% d'entre eux travailleront dans
divers secteurs, grâce à l'Association de patronage des handicapés et orphelins vietnamiens.
Egalement prévus, l'opération de la cataracte pour
2 000 personnes pauvres, l'octroi de 2 000 bourses
à des orphelins et enfants handicapés, la distribution de fauteuils roulants, de vélos et la construction de "maisons du cœur".
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L’Agent Orange
Requête à la Cour Suprême des Etats-Unis
Le 6 octobre, la VAVA et 27 victimes vietnamiennes de l’Agent orange
ont déposé à la Cour Suprême des Etats-Unis une requête demandant
que soit reconsidérée la décision de la cour d’Appel de New York, qui a
rejeté le 22 février 2008 leur plainte contre les entreprises de produits
chimiques qui ont fabriqué l’Agent orange (Monsanto, Dow Chemical
et trente-cinq autres).
Trois questions sont posées à la Cour
Suprême. La première concerne l’utilisation, durant la guerre du Vietnam, d’un
herbicide contenant un poison inutile, évitable et en quantité excessive : était-ce
une violation de la loi internationale coutumière ? Celle-ci interdit l’usage de poisons contre les êtres humains. Les deux
autres questions contestent la pertinence
des références juridiques invoquées par la
Cour d’appel.
Les arguments invoqués à l’appui de la
requête, dans un texte de 41 pages, soutiennent que la décision de la Cour d’Appel est en désaccord avec les procédures
légales actuelles ou passées aux EtatsUnis.
Tran Xuan Thu, vice président et secrétaire
général de la VAVA, a déclaré que le
dépôt de cette requête était un pas
important et conforme à la législation
américaine. Si elle est acceptée, la VAVA
pourra ensuite interjeter appel auprès de
la Cour Suprême.
La Cour Suprême est saisie chaque année
de plusieurs milliers de requêtes, dont une
centaine seulement sont acceptées. La
décision demande un long délai, des
mois, voire des années.
Délégation de victimes
vietnamiennes aux Etats-Unis
Comme cela avait été le cas lors des précédents jugements, une délégation des
victimes vietnamiennes a entrepris une
tournée de manifestations aux Etats-Unis,
pour mobiliser l’opinion publique. Cette
délégation est composée de Mme Dang
Hong Nhut, 72 ans, qui souffre d’un cancer, a fait trois fausses couches et a eu un
enfant mort-né, et de Mlle Tran Thi Hoan,
victimes de deuxième génération, née
sans jambes et avec un seul bras. L’emploi
du temps de la délégation est chargé. Jusqu’à la fin octobre elle parcourra les
Etats-Unis d’un bout à l’autre, faisant
étape dans onze villes, de New York à San
Francisco, pour s’adresser notamment aux
étudiants dans plusieurs universités .
La tournée a été organisé, comme les précédentes, grâce au soutien technique et
financier de l’association que préside
Merle Ratner, la VAORRC, et à des contributions volontaires, en particulier celles
de plusieurs associations de Vétérans
américains. Elle rencontre un accueil très
favorable du public. A son arrivée, le syndicat des chauffeurs de taxis a annoncé
qu’il assurerait gratuitement ses déplacements en ville.
Campagne internationale
La VAORRC lance une campagne internationale pour exiger que Monsanto, Dow
Chemical et les autres firmes, de même
que le gouvernement américain, reconnaissent leur responsabilité à l’égard de
toutes les victimes des défoliants. Plusieurs initiatives sont en préparation.
Face à la puissance financière et aux
appuis politiques de Monsanto et de
Dow, seule l’opinion publique peut obtenir des résultats. Un des dirigeants de
Monsanto, interrogé par Marie-Monique
Robin dans son documentaire « Le
Monde selon Monsanto », en reconnaissait l’importance. Il déclarait : « Pour les
entreprises, la réputation est un facteur
de risque ». Il s’agit donc de faire
connaître la vérité sur les activités de
Monsanto et de Dow. Le site www.combat-monsanto.org rassemble les informations disponibles sur Monsanto et les protestations partout dans le monde.
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
Trois organismes mixtes se sont mis en
place pour faire face aux conséquences
des épandages de défoliants, tant en ce
qui concerne les dégâts écologiques que
les victimes humaines .
- Le « Dialog Group » tient des sessions
annuelles pour déterminer les « points
chauds » (voir Perspectives d’octobre
2007, n° 63).
Le documentaire de Marie-Monique
Robin passe en salle au Canada avec un
très grand succès. Len Aldis, secrétaire de
l’association d’amitié Grande BretagneVietnam, a écrit une lettre ouverte au Président de Monsanto. Vandana Shiva, fondatrice de l’association Navdanya pour le
respect de la biodiversité, dénonce le
désastre provoqué en Inde pas les OGM.
Elle a reçu le soutien du prince Charles
d’Angleterre lors d’un symposium à New
Delhi. Dans le journal allemand Tagesblick, Isabella Pfaff, reporter de la chaîne
ARD, accuse le gouvernement américain
de faire fi de ses responsabilités envers le
Vietnam. Etc.
Du côté américain
Plusieurs mesures d’indemnisation sont
envisagées par le Congrès en faveur des
Vétérans américains et de leurs enfants.
Une polémique très vive en conteste la
teneur, jugée trop restrictive.
En Australie et en Nouvelle Zélande, les
anciens combattants de la guerre américaine continuent à faire valoir leurs droits.
Aux Philippines, les résidants voisins des
aires de stockage de l’Agent orange alertent l’opinion publique sur les conséquences et demandent des initiatives
gouvernementales Au Canada, la controverse sur la dioxine présente sur la base
de Gagetown se poursuit.
Rencontres Vietnam-Etats-Unis
Plusieurs rencontres ont eu lieu au niveau
diplomatique pour envisager les conséquences des épandages et faire face à
certaines de leurs conséquences, dans un
but humanitaire et dans l’intérêt des
bonnes relations mutuelles.
- Le JAC (Joint Advisory Commitee,
Comité consultatif conjoint) a créé des
groupes de travail pour mettre au point
un programme de mesures prioritaires
pour l’environnement et la santé, destiné
aux deux gouvernements. Le Ke Son, président du Comité 33, y participe. Dans
l’immédiat, le JAC concentre ses efforts
sur l’étude fine des zones contaminées de
l’ancienne base de Danang. Le JAC
compte utiliser une partie des 3 millions
de dollars votés par le Sénat américain à
sa décontamination mais les Vietnamiens
estiment qu’il faudra 14 millions. Le JAC
est en relation avec les autorités des deux
pays, l’ambassade américaine au Vietnam, et plusieurs organisations internationales. Il fera aussi appel à des collaborations scientifiques.
- Plus récemment la Fondation Ford, qui
soutient aussi le Dialog Group et le JAC, a
financé un troisième projet, qui réunit le
Comité 33, Hatfield Consultant (Canada),
le Ministère de la Défense nationale du
Vietnam, le Service de santé de la ville de
Danang et l’AAAS (Académie Américaine
pour l’Avancement des Sciences).
M.H. L.
L’agent Orange
au Vietnam Crime d’hier Tragédie
d’Aujourd’hui, édité en
février 2005 par les
Éditions Tirésias vient
d’être publié dans sa
version anglaise par
la National political
Publishing House de
Hanoi. Le livre a été présenté le 14 septembre
sur le stand de l’AAFV à la Fête de l’Humanité à La
Courneuve.
Agent Orange in Vietnam
Yesterday’s Crime, Today’s Tragedy
Association d’Amitié Franco-Vietnamienne
(Franco-Vietnamese Friendship Association)
Foreword by François Gros
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
Brèves
Au
Vietnam, 9 nouveaux-nés sur 10 ne bénéficient pas d'allaitement maternel durant
leurs six premiers mois et 1 sur 4 en est privé dès
l'heure de sa naissance. Conséquence directe,
quelque 2,6 millions d'enfants sont actuellement
atteints de malnutrition.
Le Vietnam avait connu une baisse de la natalité
qui lui avait valu le prix de la démographie
décerné par les Nations unies. Pourtant, depuis
2003, la situation s'inverse, les cadres souhaitant
avoir trois enfants. Par ailleurs, le planning familial manque de crédits. Dans ces conditions on ne
peut que s’inquiéter du déséquilibre des
sexes : actuellement, il naîtrait 112 garçons
pour 100 filles.
SCIENCES
députés ont entériné le vœu du bureau politique du Parti communiste en décidant de la
construction d'une première centrale
nucléaire, dans la province de Ninh Thuan.
Une première tranche d'une capacité de 1 000
MW est prévue pour 2020. Actuellement, la capacité installée au Vietnam est de 14 000 MW (un
tiers d'hydraulique) que le gouvernement souhaiterait pousser à 100 000 MW d'ici à 2020.
Japonais, Chinois, Français, ainsi que Sudcoréens et Russes ont déjà fait des offres de service. Des alliances sont possibles, notamment
entre Français et Chinois, ce qui permettrait à
l’offre française d’être moins onéreuse, les vietnamiens souhaitant évidemment privilégier le
meilleur marché, c'est-à-dire les offres chinoises,
sud-coréennes ou russes.
Le groupe Orange France Télécom et l'Institut
polytechnique de Hanoi ont signé une convention de coopération en technologies de
l'information et télécommunication, en
présence de l'ambassadeur de France au Vietnam, Hervé Bolot. La convention porte sur la
mise en oeuvre de cinq programmes de formation d'ingénieurs en technologies de l'information et télécommunication.
Les
CULTURE
Antigone-Vietnam,
un spectacle de théâtre
classique chanté, coproduit par le Théâtre du
Monte-Charge de Pau et le Théâtre national du
Vietnam, a été présenté au Festival d'Avignon
2008, pour vingt-quatre représentations. Création
du metteur en scène français Alain Destandau,
cette pièce est interprétée par trois Français et
trois Vietnamiens, avec Lôc Huyên dans le rôle de
la princesse Ti An, double d’Antigone dont le courage va se révéler dans l’adversité. La pièce mêle
ainsi en harmonie deux langues, deux styles
théâtraux et deux cultures. Elle avait déjà été présentée à Hanoi, HCM-Ville et en juin dans le cadre
du Festival de Huê
7
Brèves
La
ville de Hai Phong a participé en juillet à la
Fête maritime internationale de Brest,
organisée tous les quatre ans. Le Vietnam a
envoyé une délégation avec marins et artistes et
des bateaux traditionnels. Hai Phong a présenté
un village du Vietnam sous le thème "Navigation
maritime et culture vietnamiennes".
Le
dossier à soumettre à l'Unesco pour la reconnaissance de la citadelle impériale de
Thang Long en tant que patrimoine culturel
mondial sera déposé en septembre. Fin 2007, la
citadelle de Thang Long a été reconnue patrimoine historique, architectural et artistique au
niveau national. En 2009, des missions de
l'Unesco viendront effectuer au Vietnam les
contrôles sur le terrain pour vérifier le dossier. La
zone centrale de la citadelle impériale de Thang
Long date de plus de dix siècles. Il s'agit de la résidence de l'Empereur durant les dynasties Ly, Trân
et Lê (postérieur). Les fouilles menées de 2002 à
2004 sur une superficie totale de 19 000 m2 au 18
rue Hoàng Diêu ont révélé les soubassements de
palais, tours de guet, réseaxu d'évacuation d'eau,
puits... et plusieurs millions d'objets en porcelaine et en métal remontant à 1 300 ans qui, tous,
témoignent de l'histoire originale de Thang
Long-Hanoi.
Des vestiges du port royal de Bôn
Ngu (dynastie
des Nguyen) ont été découverts à Huè
Changements climatiques :
menaces sur le Vietnam (1)
Les répercussions de la hausse du niveau de la mer seraient un désastre pour le Vietnam,
indique un rapport de la Banque mondiale (BM) et de l'Organisation des Nations Unies
(ONU) sur le changement climatique, publié le 6 août lors d'un duplex réalisé depuis
Washington vers huit pays d'Asie-Pacifique, dont le Vietnam.
Des questions du Vietnam
Une grande partie du rapport de 150 pages est consacrée aux impacts de la hausse du
niveau des océans sur les villes vietnamiennes, dont Hanoi, Nam Dinh et d'autres villes
côtières. Les auteurs ont constaté que "les plus grandes répercussions se produiraient
notamment dans le delta du fleuve Rouge et celui du Mékong".
Dans le rapport, de nombreuses mesures sont proposées : renforcement du système des
digues, des activités de lutte contre les inondations et les crues... pour aider ces villes à
affronter le changement climatique mondial.
Le changement climatique fait augmenter le niveau de la mer, provoquant chaque
année typhons et inondations qui menacent notamment les villes en Asie de l'Est. Selon
les prévisions, le Vietnam, la Chine, le Myanmar et la Thaïlande seraient les pays les plus
touchés par ce phénomène. Pourtant, "ses répercussions seront plus ou moins graves
en fonction des plans d'action et des initiatives déployés par les autorités", a constaté
Jim Adams, vice-président de la BM en Asie de l'Est et Pacifique.
Bùi Phuong/CVN (07/08/2008)
————
(1) Une conférence de Yves Lacoste sur ce sujet est proposée au mois de novembre dans le cadre
des Conférences de l’AAFV (voir p. 23)
Restauration
de la cour du palais royal de
Lam Kinh. Au XVeme siècle Lam Kinh était capitale sous la dynastie des Lè. A partir de là, le fondateur de la dynastie, Lè Loi, s'est soulevé contre
les envahisseurs chinois de la dynastie des Ming.
Le
Vietnam vient d'être invité à participer à la
81e cérémonie des Oscars le 22 février 2009
à Los Angeles. Deux films sont en lice : « La forêt
noire » du réalisateur Vuong Duc et « La petite
cour » du réalisateur Thanh Vàn.
Un colloque s’est tenu à Hanoï pour étudier l’in-
fluence de l'art bouddhique sur la musique,
la peinture, la sculpture, l'architecture et la gastronomie du Vietnam. Par exemple, la musique et
la danse de cour de Hué prennent source dans la
danse "luc cung hoa dang" (Offrande de fleurs et
de lanternes) du bouddhisme.
Création
de l'Institut national de lexicographie encyclopédique pour la rédaction
de dictionnaires et encyclopédies en vietnamien et
en dialectes ethniques.
“Le monde change, nous devenons plus fragiles.
Seuls nous savons assumer, ensemble nous générons mieux les nouveaux défis.”
8
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
l’enseignement au Vietnam
DOSSIER
l’enseignement au Vietnam
Le pays est très jeune et de plus en plus (même si la démographie enregistre une baisse
depuis deux ans, il n’en demeure pas moins que plus de 60 % plus de la population a
moins de 35 ans).
Philippe Delalande
L’Éducation représente à nouveau un souci majeur dans ce Vietnam émergeant. Cette
volonté de développement ne va pas sans inégalités et contradictions. Nous présentons
ici l’enseignement général, nous reviendrons ultérieurement sur l’enseignement
technique dont l’importance apparaît de plus en plus décisive.
Ce dossier a été ralisé par Philippe Delalande.
La Rédaction
École bouddhique du dimanche
Musée d'histoire, 1 Pham Ngu Lao, Hanoi
(ancienne EFEO)
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre
2008
9
DOSSIER
l’enseignement au Vietnam
Évolution des enseignements
primaire et secondaire de base
De même que l’alphabétisation des adultes,
l’enseignement primaire et l’enseignement
secondaire de base (premier cycle) poursuivent leur marche vers la généralisation,
conformément aux objectifs définis dans la
Stratégie du développement de l’éducation
pour 2010. Il s’agit de passer d’un taux de
scolarisation de 95% en 2005 à 98% en 2010
pour le primaire, et de 82 % à 90% pour le
secondaire de base.
En 2008 ces objectifs sont proches de leur
réalisation, mais la marge qui demeure est
de plus en plus difficile à réduire. Cette
marge en effet n’est pas simplement statistique, ni seulement assujettie aux ressources budgétaires de l’État, non plus
qu’aux seules capacités financières des
familles concernées, même si les inégalités
de scolarisation sont aussi le reflet des
inégalités de niveau de vie. Cette marge est
avant tout culturelle et sociale, et les défi-
cits de scolarisation qui restent à résorber
concernent avant tout les groupes de populations désignés par l’appellation « minorités
ethniques », et…les filles. Ces deux catégories de population souffrent de handicaps
scolaires spécifiques et font l’objet de politiques plus ou moins affirmées, selon le cas,
et avec des résultats inégaux.
Des efforts particuliers sont faits en faveur
des populations qui habitent, selon la formule consacrée, dans les « zones montagneuses, lointaines et reculées ». Il faut
comprendre par là qu’il s’agit des ethnies
montagnardes d’une part, ensuite des
familles (entre autres de militaires qui y
maintiennent une présence) qui vivent dans
les archipels Paracels et Spratley, et enfin
des populations dispersées dans le delta du
10
Mékong ou des familles de pêcheurs vivant
sur leur bateau dans la baie de Ha Long.
Les ethnies montagnardes sont le plus souvent des isolats ethniques et linguistiques
vivant dans la ruralité et la pauvreté, et qui
ont longtemps fait l’objet d’un double discrédit. Le premier est celui de leur mode de
vie considéré comme archaïque, bien qu’exploité sur le plan touristique dans la région
du Nord-Ouest. Le second est celui de leur
patriotisme considéré comme douteux dans
la région des hauts plateaux du Centre (certaines zones sont d’ailleurs interdites au
tourisme). Il faut dire que cette dernière
région a servi de déversoir à des migrations
organisées pour alléger la pression démographique du delta du Fleuve Rouge et que
les nouveaux colons ont occupé de grandes
superficies pour y développer la culture du
caféier, et avec le succès agronomique (et
commercial) mondial que l’on sait.
Face à des difficultés de ce type, la politique
éducative s’est adaptée et, peut-on dire,
assouplie. Plutôt que de tirer les enfants et
les familles vers son cadre classique et
auto-centré, c’est le cadre scolaire qui s’est
adapté, et l’offre qui s’est enrichie et diversifiée. Il y a ainsi dans la baie de Ha Long
des bateaux-écoles qui accompagnent les
flottilles des familles de pêcheurs dans leurs
pérégrinations. Par ailleurs la plupart des
hameaux et villages dans les zones montagnardes ou dans les hauts plateaux disposent maintenant d’écoles maternelles, selon
le Ministère de l’Éducation et de la formation (1). De plus des classes préparatoires
sont organisées sous diverses formes, et les
enfants y suivent des cours intensifs de vietnamien avant l’entrée dans l’école primaire.
Le pourcentage des enfants d’ethnies minoritaires qui sont scolarisés en primaire augmente lentement, mais régulièrement, tout
en restant encore plutôt bas (12,9% en
2002-2003 et 13,7% en 2005-2006), ce qui
donne une idée du retard accumulé et de
l’effort qui reste à accomplir. En effet, le
principe de la planification de l’éducation
est qu’il y ait un collège dans chaque commune et un lycée dans chaque district, et le
réseau d’écoles se diversifie ainsi, progressivement, dans toutes les régions peuplées
de minorités ethniques. S’y ajoutent des
filières de formation professionnelle. Il ne
suffit pas cependant de créer des écoles ou
des collèges, il faut encore que les élèves y
restent. On en est venu ainsi à l’idée de
créer des écoles spécifiques réservées aux
ethnies minoritaires. Ce sont des écolesinternats qui permettent de réduire les
déperditions. Il s’agit aussi de former des
cadres « autochtones », et 4 écoles supérieures ont été créées depuis 1990.
Le Viêtnam poursuit sa marche en avant
dans le domaine éducatif, mais de nombreuses difficultés, autant sociologiques
que statistiques, restent à surmonter. Il en
va ainsi de la question de l’inégale scolarisation des filles par rapport aux garçons, au
demeurant peu évoquée dans le pays. La
place éminente de la mère dans le système
familial et l’existence de quelques personnalités féminines célèbres dans la politique, la
littérature, les beaux-arts, la musique ou la
recherche contribuent sans doute à cette
quasi-occultation. Cependant la vogue des
questions de genre dans les sciences
sociales, venue principalement des pays
anglo-saxons, de plus en plus influents culturellement, fait que les chercheurs vietnamiens commencent à s’y intéresser. Une
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
l’enseignement au Vietnam
récente étude (2) dresse ainsi un panorama
éloquent.
Si une quasi égalité garçons-filles (49% de
filles en 2000-2001) existe dans l’enseignement maternel, la proportion de filles s’amenuise régulièrement quand on s’élève dans
les niveaux d’enseignement, pour ne plus
atteindre que 43% dans l’enseignement
supérieur, du fait principalement que les
filles monopolisent quasiment (70%) les
abandons scolaires, et que c’est une majorité de filles (près de 53%) qui a bifurqué vers
l’enseignement secondaire technique et professionnel. Les garçons de leur côté sont les
plus nombreux dans les disciplines scientifiques et techniques des universités, et les
filles dans les disciplines plus littéraires. Il
est souligné par ailleurs que plus les familles
sont pauvres, plus grands sont les écarts
scolaires entre les garçons et les filles, et au
détriment, bien sûr, de ces dernières.
Les stéréotypes de genre sont bien sûr issus
des mentalités et des positions sociales,
politiques et économiques inégales entre les
hommes et les femmes et qu’ils tendent à
reproduire. Ils sont aussi véhiculés dans les
manuels scolaires qui restent, de ce point de
vue, extrêmement traditionnels et dans la
grande conformité prônée par Confucius.
Ces manuels sont bien sûr contrôlés par un
comité spécialisé, mais ce dernier n’a de
compétence que sur les contenus pédagogiques, et pas sur les questions de genre.
Se posent enfin les questions liées à la qualité de l’éducation, questions issues d’un
héritage rustique, celui d’un système
dépourvu de moyens qu’avait été celui
monté dans les maquis du Nord Viêtnam
avant 1954 et incluant un nombre d’heures
officielles d’enseignement inférieur à la
moyenne internationale, (et cela encore
pour des raisons financières). Ces questions
suscitent un vrai débat national depuis la fin
du COMECON et de l’embargo américain, et
l’ouverture progressive du pays au monde
extérieur. Le rêve des familles aisées est
maintenant d’envoyer leurs enfants se former à l’étranger, et en particulier dans les
pays où la langue anglaise est la langue
d’enseignement.
Jean-Yves MARTIN, (IRD)
————
(1) Courrier du Vietnam, 12/05/08.
(2) Do Thi Bich Loan. « Gender issues in education in
Vietnam », NIED, Hanoi.
La banderole suspendue sur le portail de l'ancien lycée Protectorat du Ton kin, actuellement
lycée Chu Van An, signifie : “Ecole culturelle, enseignant exemplaire, élève élégant, poli”
Evolution de
l’enseignement supérieur
60% DES ETUDIANTS FORMÉS
DANS DES UNIVERSITÉS PRIVÉES EN 2020
Le « plan révisé du réseau d’enseignement supérieur 2006-2010 » du 24 avril 2006, fixe à 60 % le
pourcentage des étudiants qui devront être formés dans des universités privées en 2020. Cet
objectif peut paraître surprenant dans un pays dirigé par un parti communiste. Ce n’est pas un choix
idéologique en faveur du secteur privé mais un choix dicté par des contraintes pratiques. Pour maintenir un taux de croissance économique annuel de 7 à 8%, le Vietnam doit au plus vite augmenter
ses effectifs de cadres correctement formés. Le budget national ne peut financer un tel effort. Les
universités et instituts publics demeureront mais, à côté, les universités privées, nationales ou
étrangères, fourniront l’essentiel de l’accroissement des capacités de formation supérieure.
En 2007, Il y avait 1,4 millions d’étudiants soit 11,5 % d’une classe d’âge, et 311 établissements
d’enseignement supérieur dont 146 de statut universitaire. Pour accroître la capacité de formation, le gouvernement mise en priorité sur le privé. 90 établissements d’enseignement supérieur
sont en construction ou en projet pour être achevés en 2010 : 37 publics et 53 privés du secteur
national ou international. A l’horizon 2020 le réseau d’éducation supérieure devra avoir doublé. Il
faut aussi relever le niveau des enseignants du supérieur : seuls 13,1 % ont un doctorat et 31,6 %
une maîtrise. La formation d’un docteur est longue et coûteuse. Pour tenir le rythme prévu par le
plan, il n’y a pas d’autre moyen, estime le Vietnam, que de faire appel au privé et à l’étranger.
Il y a peu de résistance de principe à ce choix politique décisif, car le Vietnam n’a pas de tradition
universitaire proprement nationale à laquelle se sentir attaché. A l’époque impériale les mandarins
étaient formés à Van Miêu (temple de la littérature) sur le modèle chinois. La langue d’enseignement était le chinois. Les matières étudiées étaient les classiques chinois. Les concours étaient
décalqués des concours chinois. A l’époque coloniale, l’Université d’Indochine à Hanoi reproduisait une université française, enseignait en français. Les instituts supérieurs spécialisés en médecine, agronomie, étaient de modèle français. Puis, au Vietnam Nord l’organisation de l’enseignement supérieur a été marquée par l’influence soviétique. Il en subsiste des fleurons réputés :
l’Institut polytechnique de Hanoi ou l’Université d’économie nationale. L’URSS a reproduit au Vietnam son système d’instituts spécialisés dépendant des ministères sectoriels. Ainsi, à la fin de la
décennie 1990, il y avait une Université de la justice dépendant du ministère de la justice et une
faculté de droit à l’Université de Hanoi avec des programmes similaires, un institut des énergies
renouvelables dépendant du ministère de l’énergie et un autre similaire à l’Institut polytechnique
de Hanoi. Des exemples semblables étaient nombreux. Ces doublons étaient coûteux et peu productifs. Une réforme s’imposait.
La création des trois Universités nationales au milieu des années 1990 visait à regrouper les établissements universitaires en trois pôles, Hanoi, Hô Chi Minh ville et Hué Da Nang. Il fallait fusionner des établissements inutilement concurrents, en supprimer, donner une cohérence à un
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
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DOSSIER
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l’enseignement au Vietnam
ensemble disparate. Une décennie a passé et cette réorganisation est
loin d’être achevée. Elle a rencontré des résistances au sein du corps
enseignant, chaque institution restant jalouse de son autonomie. D’autant qu’un des objectifs sous jacents du projet était de mieux assurer
le contrôle politique du Parti sur les enseignants et les étudiants. Après
les manifestations étudiantes en Chine qui avaient abouti à la répression de la place Tian Anmen, le Vietnam voulait éviter de se laisser surprendre par des mouvements incontrôlés au sein de l’Université.
D’ailleurs le recteur de l’université nationale N° 1, (Hanoi), Dao Trong
Thi, est membre titulaire du comité central du Parti communiste et le
vice-recteur de l’université N°2, (HCM ville ), Phan Thanh Binh, est premier membre suppléant du comité central.
Un autre objectif était de moderniser la pédagogie encore fortement
marquée par la tradition confucéenne de transmission du savoir, respectueuse du maître et peu ouverte au débat critique. Il fallait enfin
réformer les modalités des concours d’entrée dans les universités et
mettre de l’ordre dans les frais d’inscription, même si le principe du
concours et des études payantes n’était pas mis en cause.
L’ouverture de l’enseignement supérieur au secteur privé national ou
étranger pose trois problèmes. Le premier est celui de la concurrence
avec le secteur public que celui-ci est mal armé à soutenir victorieusement. Les droits d’inscription sont supérieurs dans les universités privées. Elles attireront les enfants des familles les plus aisées, et sans
doute les meilleurs professeurs mieux payés que dans le public. Les
professeurs compétents du secteur public, alléchés par ces rémunérations peuvent déserter l’université publique. Le gouvernement semble
compter sur cette concurrence comme facteur d’émulation pour améliorer la productivité du secteur public.
Le second problème est celui du contrôle politique sur les universités
privées. Elles risquent, surtout si elles sont étrangères et anglosaxonnes de devenir des foyers de diffusion des idées de démocratie
occidentale. Le gouvernement conscient du risque a esquissé un mouvement de repli.En 2004, seule une université étrangère, australienne,
avait été agréée et fonctionnait. De nombreux dossiers d’agrément
étaient en instance dont celui d’une université privée française. Ils ont
été gelés.Après réflexion, le gouvernement a décidé en 2006 que dorénavant toutes les universités privées seraient intégrées à l’une des trois
universités nationales en tant que pôles internationaux et seront du
même coup, placées sous tutelle du recteur.
Depuis le paysage de l’enseignement supérieur est en effervescence.
Quatre projets d’universités étrangères sont en cours, Etats-Unis,
Grande Bretagne, Allemagne, et le projet français resurgit. La Banque
mondiale a accordé 400 Mn$ au Vietnam pour lancer ces projets. Et les
projets d’universités privées proprement vietnamiennes fleurissent. Un
programme « d’enseignement supérieur avancé » décidé en 2006 se
met en place. Il est désormais appliqué dans 17 établissements universitaires du pays : 23 enseignements de pointe y sont dispensés, en
anglais, selon les normes internationales, avec le concours de professeurs étrangers.
Le troisième problème est celui de la
langue d’enseignement. Dans le secteur public l’enseignement est
assuré en vietnamien. Les universités privées, d’origine nationale ou
étrangère sont enclines à choisir
l’anglais. Déjà le Centre franco-vietnamien d’enseignement de la gestion, CFVG, bien qu’intégré dans
l’Université publique d’économie
nationale et financé majoritairement
par la Chambre de commerce et
d’industrie de Paris, enseigne essentiellement en anglais. Enseigner en vietnamien réduit le marché aux
seuls Vietnamiens et exclut de recourir à des professeurs étrangers.
Enseigner en anglais ouvre le marché aux pays de l’ASEAN. Et une
image d’ouverture au monde et de modernité est attachée à l’anglais à
laquelle les promoteurs d’université privée sont sensibles. Enfin toutes
les entreprises étrangères au Vietnam utilisent l’anglais comme langue
de travail, même les françaises. Il y a donc un risque que de proche en
proche le vietnamien se voie exclu de l’enseignement supérieur. L’appauvrissement de la langue en serait la conséquence. Certains universitaires vietnamiens alertent le gouvernement sur ce risque.
Le Vietnam estime que la formation supérieure et la recherche sont les
facteurs déterminants du développement de son économie. Partout en
Asie la formation supérieure est d’abord perçue comme un marché
concurrentiel, un marché d’offre. Les grandes universités des pays
développés cherchent à essaimer à travers le monde pour accroître leur
notoriété. Le Vietnam ne veut pas rester hors de ce marché dont son
économie peut bénéficier. Le classement des 500 meilleures universités du monde établi depuis 2003 par l’Université chinoise Jiao Tong de
Shanghai fait autorité en Asie. Y voir figurer un jour une université établie sur le sol vietnamien donnerait au pays un atout d’attractivité pour
les investisseurs. Enfin comme pratiquement toutes les universités en
Asie sont payantes et accessibles sur concours, la distinction entre universités publiques et universités privées est moins tranchée qu’en
France. Dans toute l’aire culturelle chinoise, le savoir est conçu comme
moyen de promotion à la fois sociale et morale. Dans la tradition confucéenne, le savoir doit permettre de s’élever de « l’homme de peu » vers
« l’homme de bien ». Les familles sont prêtes à affecter 50% de leurs
revenus, parfois plus, pour l’éducation de leurs enfants.
La mondialisation organise aujourd’hui la configuration des forces économiques et politiques. Le Vietnam estime devoir s’y adapter, coûte que
coûte, par l’éducation pour rester efficace.
Philippe DELALANDE
Quatre expositions sur l’éducation aux Etats-Unis se tiendront en octobre à Hanoi et à Ho Chi Minh-Ville. La manifestation
organisée par l’American Community College a donné le coup d’envoi à Ho Chi Minh-Ville le 1er octobre et à Hanoi deux jours
plus tard : des représentants de 23 universités ont donné aux étudiants vietnamiens des informations sur leurs programmes.
Ensuite l’exposition sur l’Education américaine sera présentée dans les deux villes. L’événement permettra aux étudiants et à
leurs familles de discuter avec des représentants qualifiés des universités américaines. On attend un nombre record de
participants, avec 95 universités à Ho Chi Minh-Ville et 52 à Hanoi.
Ces initiatives sont organisées par l’IIE-Vietnam*, organisation à buts non lucratifs créée n 1919, basée à New York et présente
au Vietnam depuis 1997 (d’après VNA).
*IIE : Institute of International Education, connu notamment pour ses programmes Fulbright.
12
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
l’enseignement au Vietnam
UN
.. APERÇU DE..
La coopération
française
dans l’enseignement
La porte d'entrée du bureau de l'AUF (Agence universitaire de la
Francophonie, 21 rue Le thanh Tong Hanoi) qui fait partie de
l'Université nationale de Hanoi (Univ d'Indochine)
La ministre française de l’enseignement supérieur et de la recherche,
Valérie Pécresse a rencontré à Hanoi le 12 juin dernier son homologue
vietnamien, Nguyên Thiên Nhân, ministre de l’éducation et de la
formation et vice-premier ministre. L’entretien avait pour objet de
passer en revue la coopération bilatérale française dans
l’enseignement supérieur, d’en dresser le bilan et de défricher des
domaines nouveaux de coopération.
La venue d’étudiants vietnamiens en France pour y poursuivre des
études supérieures donne satisfaction. La France est le troisième pays
d’accueil d’étudiants vietnamiens par le nombre d’étudiants qu’elle
forme. Evidemment le Vietnam souhaiterait un nombre plus élevé de
bourses françaises. Mais l’université française est pratiquement gratuite
et on y accède sans concours d’entrée. C’est un facteur d’attrait
Les pôles universitaires français, PUF, dans les deux universités
nationales vietnamiennes, N°1 et N°2, se développent depuis deux
ans. Une dizaine d’universités françaises y ont délocalisé des masters
et y délivrent leur diplôme dans des spécialités pointues. La moitié des
professeurs sont des français dépêchés en mission de leur université.
L’enseignement est partiellement en vietnamien mais surtout en
anglais avec le projet d’y faire progresser l’enseignement en français.
Par ailleurs le projet d’université française resurgit à la demande même
du Vietnam. Les PUF, regroupés, pourraient fournir l’assise initiale de
cette université. L’Université française serait en fait franco-vietnamienne,
ce qui est préférable, préparant ainsi un transfert de compétences des
enseignants français vers leurs homologues vietnamiens et évitant le
repli de l’université étrangère sur elle-même. Mais la décision française
de démarrer ce projet est en discussion au gouvernement. Le quai
d’Orsay semble très réticent à donner son accord. La décision finale
devrait intervenir en fin d’année 2008. Les autres pays occidentaux en
concurrence avec la France ont déjà donné leur accord.
Mais la France participe à des projets multilatéraux, tel le projet
« Valofrase » objet d’un article dans ce numéro, ou des projets de
l’Union européenne dans l’éducation secondaire.
Le Vietnam est le seul pays d’importance en Asie où la France dispose
d’un capital historique d’échanges et où sa langue a une diffusion
notable. Il est dommage que les projets de coopération souvent
s’enlisent dans des conflits entre ministères ou des atermoiements et
que les entreprises françaises, généralement, se désintéressent des
projets universitaires, contrairement aux entreprises anglo-saxonnes
qui sont les principales pourvoyeuses de fonds des projets
d’universités en Asie.
Philippe DELALANDE
La valorisation
du français dans
l’enseignement
Lancé par un mémorandum signé à Paris le 21 août 2006, le projet
« Valorisation du français en Asie du Sud-Est » (VALOFRASE) rassemble
huit partenaires : les ministères de l'éducation du Cambodge, du Laos
et du Vietnam; trois partenaires bilatéraux (France, Communauté
française de Belgique, Centrale syndicale du Québec) ; deux
organisations multilatérales, l'Organisation internationale de la
Francophonie (OIF) et l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF).
Ce projet est destiné à mettre en synergie les efforts de l'ensemble des
partenaires pour une efficacité plus grande de l'enseignement, de
l'apprentissage et des usages du français dans tous les cycles de
l'enseignement (primaire, secondaire, supérieur) et dans toutes ses
modalités (classes bilingues, langue vivante 2, français langue
étrangères, français de spécialité...).
Le projet Valofrase, conçu sur une première période de trois ans (20062009), est basé sur trois volets nationaux liés aux enjeux respectifs des
trois pays en question. Ces enjeux ont été définis par chacun des trois
ministères concernés. Un quatrième volet « régional » a été instauré
pour promouvoir des transversalités régionales et mutualiser certains
efforts et expériences d'un pays à l'autre. Mais le pilotage du projet est
réalisé avant tout à l'échelle nationale et sous la tutelle de chaque
ministère.
Le rôle des partenaires associés consiste aussi à faciliter une ouverture
internationale de certaines actions, vers la France, la Belgique, le
Québec, les pays francophones.
Le projet Valofrase est structuré selon trois composantes :
– une composante institutionnelle : gouvernance éducative et politique
de communication. Un site Web a été créé dans le cas des cette
dernière : http://www.valofrase.org
– une composante pour l'appui à l'enseignement du français au niveau
scolaire
– une composante pour l'appui à l'enseignement du français au niveau
supérieur, pour l'appui à la recherche en sciences du langage et de
l'éducation, et pour l'appui à l'emploi.
Quels premiers résultats peuvent être enregistrés à mi-parcours d'un
projet ambitieux par son envergure et l'alliance de ses partenaires,
mais compact sur une durée de quatre ans ?
La première composante institutionnelle, complexe en terme
d'articulation des acteurs, appelle des efforts très techniques en terme
de formation de cadres à la gestion de projets. L'implantation au
Vietnam d'un master en « ingénierie de la formation » de l'université de
Caen sera susceptible de contribuer à un meilleur pilotage des système
éducatifs locaux au Vietnam, mais aussi au Cambodge et au Laos.
Des masters en gestion de l'interculturel ou en gestion de projet, en coformations franco-vietnamiennes, viennent également renforcer
actuellement des attentes très marquées au Vietnam dans cet ordre de
compétences. Pour l'ensemble de ce secteur de formation supérieure
à vocation professionnelle et continue, on constate à quel point
dorénavant les partenaires et donc la francophonie se mettent au
service de compétences qui devront nécessairement être transférées à
terme dans la langue et, pour une part, dans la culture locale. Cette
composante du projet Valofrase n'a en effet de sens que prise en
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
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DOSSIER
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l’enseignement au Vietnam
charge et démultipliée par des équipes et des dispositifs
locaux.
S'agissant de la deuxième composante du projet, le Vietnam
fait face actuellement à une ouverture accrue de son système
éducatif à des offres de formation étrangères. Il s’ouvre aussi
à des établissements privés vietnamiens.
L'apprentissage des langues étrangères reste plus que jamais
au Vietnam une priorité pour l'Etat Vietnamien, pour les
familles, les élèves et les étudiants. Mais cette priorité est en
partie reléguée à un marché extrascolaire de la formation
linguistique dans les villes grandes et moyennes, sur tout le
territoire. Face à l'anglais, de nouvelles langues étrangères
percent : le coréen et le chinois qui était autrefois surtout
l'apanage des familles sino-vietnamiennes.
Le français voit relancé officiellement en cette rentrée de
septembre 2008 son statut privilégié de langue académique
de l'enseignement primaire et secondaire avec l'anglais,
toutes les autres langues étrangères n'étant conçues encore
actuellement que comme langues optionnelles ou
expérimentales. Alors que les demandes des parents
vietnamiens pour l'inscription de leurs enfants au démarrage
des cursus francophones du primaire et du secondaire,
restent massives, ces cursus francophones sont pourtant en
but à deux anciennes difficultés qui n'ont pas été surmontées.
Les programmes éducatifs restent surchargés dans leur
ensemble et les élèves, qui doivent nécessairement passer les
différentes sélections de leur parcours scolaire, tendent à
réclamer au collège et au lycée des cursus allégés de français
ou d'anglais, quitte à repousser vers le cours du soir
l'indispensable complément de formation qui leur permettra
de parler vraiment une langue étrangère. Les cursus de
français intensif, comme celui instauré pour les classes
bilingues, sont les premiers à en pâtir.
La deuxième difficulté est liée à une désaffection accrue des
étudiants pour les carrières professorales, et donc pour
l'enseignement du français, au profit d'emplois salariés en
entreprise qui leur permettront de gagner parfois de cinq à dix
fois les émoluments de la fonction publique enseignante,
surtout dans une période de croissance économique toujours
aussi forte
Pour la troisième composante du projet Valofrase, c'est
justement cette vitalité économique qui dynamise l'ensemble
du champ des formations supérieures et universitaires. Les
étudiants n'ont jamais été aussi nombreux à souhaiter faire
des études dans des filières internationales localement ou à
l’étranger. L'offre française et francophone locale, qui
bénéficie d'un ancrage de qualité, en médecine, en sciences
économiques, en informatique, en sciences de l'ingénieur
reste très prisée, même si elle nécessite souvent de grands
efforts linguistiques chez beaucoup d'étudiants qui
commenceront à apprendre le français à l'université en
espérant pouvoir l'utiliser de manière pratique dans leurs
études en fin de parcours universitaire, en formant surtout le
voeu de poursuive ensuite ces études en France, en Belgique,
au Canada, si le rêve et les moyens se concrétisent...
Michel LE GALL, Agence universitaire de la Francophonie,
Responsable de l'antenne d'Ho Chi Minh-Ville
PORTRAIT
Le Comité pour la
Coopération
scientifique et technique
avec le Vietnam
Parmi les nombreuses associations françaises de coopération avec le Vietnam, le
CCSTVN s’est donné pour objectif de coopérer dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la science.
Le CCSTVN est né en 1975, suite à un appel international lancé à l’initiative de
Henri Van Regemorter et de 150 professeurs et chercheurs, pour développer la
coopération scientifique et technique avec le Vietnam. Ces scientifiques faisaient partie du Collectif intersyndical universitaire d’action contre la guerre
américaine du Vietnam. Le CCSTVN devint officiellement une association, type
loi 1901, en 1976, une fois la guerre américaine du Vietnam terminée.
Depuis, le CCSTVN a développé ses actions dans différents domaines de la
coopération scientifique et technique. Un bilan détaillé en est fourni dans le
livre : "Viet Nam, une coopération exemplaire : Henri Van Regemorter (1925-2002),
parcours d'un militant" (textes réunis par Nicole Simon-Cortés et Alain Teissonnière, Paris, CCSTVN, L'Harmattan, 2004).
Aujourd'hui, les actions de coopération scientifique entre la France et le Vietnam
sont le plus souvent initiées et exécutées dans le cadre des organismes officiels,
tandis que le CCSTVN, mémoire des coopérations et des compétences, devient
un lieu d’échanges, d’information et de concertation pour les faire connaître ou
en susciter de nouvelles. Le Comité est ainsi essentiellement un réseau de scientifiques de tous domaines, qui échangent des informations concernant le développement scientifique et technique du Vietnam et les coopérations, ainsi que
sur certains points spécifiques comme les recherches et les débats sur l’Agent
orange ; ils servent aussi d’experts à l’occasion, à la demande du Ministère français des affaires étrangères.
Une activité prometteuse vient d’être lancée : des visioconférences réalisées en
collaboration avec l'Institut Pasteur et avec l'AUF (Agence Universitaire de la
Francophonie). Ce cycle de conférences scientifiques à distance dans le
domaine de la santé s’adresse à des étudiants et des enseignants-chercheurs de
l’Institut national d'hygiène et d'épidémiologie (INHE) et des Instituts Pasteur du
Vietnam, ainsi qu'à des praticiens d’universités et d’institutions de recherche du
Cambodge et Laos Deux visioconférences associant les campus numériques
d'Hanoi, Ho Chi Minh Ville, Vientiane et Phnom Penh ont déjà été réalisées, le
conférencier étant à Paris. Elles ont porté toutes deux sur la tuberculose : "La
Tuberculose, une priorité en santé publique", par le Pr. Gilles Marchal (Institut Pasteur, Paris) et "Ce que le génome de Mycobacterium tuberculosis nous enseigne",
par le Dr. Cristina Gutierrez, (Institut Pasteur, Paris). La prochaine portera sur "De
la grippe au SRAS, la plasticité génétique virale est facteur d'émergence", par le
Dr. Jean-Claude Manuguerra (Institut Pasteur, Paris).
Les thématiques actuelles sont donc médicales, mais le CCSTVN souhaite dans
un avenir proche en développer d'autres : la biologie, les questions environnementales … La liste dépendra surtout des demandes de nos partenaires vietnamiens, et des compétences mobilisables.
Pour suivre les activités du CCSTVN, on peut se rendre sur son site :
http://www.ccstvn.org.
Annick Suzor Weiner et Michel Pédoussaut
14
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
l’enseignement au Vietnam
PORTRAIT
L’université privée “Tri Viêt”
un projet novateur
(1),
L’université « Tri Viet » qui ouvrira en 2011, se veut un modèle universitaire pilote dans le contexte d’un Vietnam en transition.
mais qui est l’œuvre et la propriété d’un
groupe de Vietnamiens. Nommée «Tri Viet »,
cette université se veut novatrice en matière
d’enseignement parce qu’elle promet d’utiliser des méthodes pédagogiques modernes
dont l’incitation à la réflexion personnelle et à
l’esprit critique, aux rapports interactifs entre
l’enseignant et l’étudiant ; l’orientation vers la
recherche ; l’approche transdisciplinaire.
L’université formera des étudiants citoyens
dotés d’un grand sens de l’intégrité personnelle et de la responsabilité sociale.
Ecole australienne à Ho Chi Minh Ville
Ces dernières années, si l’économie vietnamienne a émergé notablement sur la scène
internationale, l’éducation vietnamienne par
contre, notamment supérieure, ne se hisse
pas au niveau de la demande en ressources
humaines qualifiées. Quelques universités
vietnamiennes, pour mieux se qualifier et
pour attirer plus d’étudiants, ont collaboré
avec différentes universités étrangères, certaines avec des pays asiatiques développés
comme Singapour, le Japon, la Corée,
d’autres optent pour les universités anglosaxonnes d’Australie ou des Etats-Unis, sans
oublier de nombreuses coopérations universitaires avec la France depuis de longues
années. Les enfants issus des familles riches
choisissent d’étudier à l’étranger afin d’avoir
une meilleure qualité de formation. Ceci dit, la
plupart des universités vietnamiennes offre
des enseignements qui ne répondent pas au
besoin réel du marché économique tant sur le
plan quantitatif que qualitatif. D’importantes
lacunes et faiblesses dans les méthodologies
d’enseignement doivent être surmontées
avant de pourvoir atteindre les normes éducatives internationales.
Expérience pilote
Sur cette toile de fond est né le projet de
création d’une université privée internationale
Etant université pluridisciplinaire, Tri Viet privilégiera dans un premier temps des formations répondant aux besoins de l’économie et
de la société vietnamiennes dans les
domaines des langues étrangères, gestion,
ingénierie et technologie, et communication
et design, répartis en quatre facultés. Chaque
faculté s’organisera en plusieurs départements spécifiques, par exemple la faculté de
gestion aura quatre départements : finance &
banque, hôtellerie et tourisme, services de
santé et nursing , gestion portuaire. L’Université démarrera avec le niveau du DEU
(Diplôme d’études universitaires), soit bac +4
au Vietnam Les deux premières années
seront consacrées aux matières interdisciplinaires fondamentales faisant partie du tronc
commun pour chaque discipline. Un enseignement via internet sera intégré pour assurer la contribution régulière d’enseignants de
haut niveau en dehors du Vietnam.
Le parcours universitaire d’un étudiant de Tri
Viet pourra se compléter par un programme
d’échange et de transfert avec les universités
étrangères partenaires qui les accueilleront
dans leur établissement pendant un ou deux
ans.
L’équipe des fondateurs, présidée par
Madame Ton Nu Thi Ninh (2), réunit des personnes talentueuses (dans divers domaines
universitaire, économique, politico-social) et
soucieuses de l’avenir de la jeunesse vietnamienne. Elle veut faire de l’université Tri Viet
un lien entre le monde académique et le
monde professionnel en construisant des
rapports étroits avec le marché économique,
les institutions publiques et privées, ainsi que
des entreprises nationales et internationales
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
qui seront les futurs employeurs. L’Université
Tri Viet possèdera une équipe académique
diverse, qualifiée et expérimentée, à la fois
vietnamienne (nationale et d’outre-mer) et
internationale. Tri Viet se distinguera des
autres universités publiques et privées vietnamiennes actuelles par sa politique d’ouverture
et son engagement de créer un réseau d’accueil des intellectuels vietnamiens de l’étranger tant sur le plan académique que sur celui
de la compétence managériale. Les deux
Centres d’études internationales et d’études
asiatiques devraient servir de creuset d’idées
et de connexions régionales et globales.
Environnement international
intégré dans la culture
vietnamienne
Cette université se singularisera également
par son environnement de travail multilingue,
utilisant l’anglais comme langue d’enseignement et offrant une mise à niveau de l’anglais
pendant les deux premières années. L’apprentissage d’une deuxième langue au choix
entre le français, le chinois, le japonais ou
autres, sera obligatoire à partir de la
deuxième année parce que l’enseignement
multilingue devient indispensable pour les
citoyens de l’ère de la mondialisation. Les
échanges avec des universités étrangères à
travers des séjours d’études des étudiants
renforceront d’une manière intensive leur
niveau linguistique et leur ouverture d’esprit à
l’égard des autres cultures. Parallèlement, les
étudiants de Tri Viet auront obligatoirement
des cours d’études vietnamiennes (en vietnamien et en anglais) afin de leur rappeler leurs
origines. L’ambition de Tri Viet est de faire de
ses étudiants des citoyens éclairés du Vietnam et du monde, manifestant une responsabilité vis à vis de la communauté.
Ce Centre d’excellence en éducation sera
localisé dans la région de Ba Ria - Vung Tau,
province méridionale côtière, dotée d’une
économie dynamique et prospère, à 80 kilomètres de Ho Chi Minh Ville. Il répondra aux
besoins en ressources humaines non seulement de la province et de toute la région sud
du Vietnam mais espère à terme recruter sur
l’ensemble du territoire. Dans le cadre d’un
15
DOSSIER
l’enseignement au Vietnam
vrai campus de 55 hectares, ayant l’ambition d’être le premier campus vert du pays
répondant aux critères d’efficience énergétique, de respect de l’environnement et de
développement durable, des résidences
universitaires seront organisées sur le
modèle des collèges britanniques. Ce campus organisera des activités sportives, culturelles et autres activités collectives (club
de débat, concours d’éloquence, camps
d’été pour les jeunes Vietnamiens vivant à
l’étranger) afin d’offrir une vie estudiantine
stimulante et harmonieuse.
Université privée vouée au
service public
Bien qu’elle soit privée en terme de financement, l’université génèrera des revenus
qui seront essentiellement consacrés à
une mission d’intérêt général afin de
répondre au besoin en ressources
humaines de haute qualité du pays. Les
étudiants de Tri Viet doivent avoir des compétences dans leur domaine, être capables
de s’adapter à des milieux changeant rapidement, de travailler efficacement à la fois
dans les environnements nationaux et
internationaux. Le projet contribuera activement à l’amélioration de l’éducation vietnamienne dans la gouvernance universitaire pour un développement durable en
terme éducatif, environnemental, et social.
L’ouverture de l’université Tri Viet est prévue pour 2011. D’ici jusqu’au jour J, il reste
beaucoup de travail à faire mais avec la
puissante détermination et motivation des
fondateurs et de leurs conseillers et de
l’équipe Tri Viet le projet ne pourra
qu’aboutir. Plus que jamais, ils ont besoin
du soutien, de l’encouragement et de la
coopération de tous ceux qui veulent voir le
Vietnam se développer d’une manière efficace et durable. Tri Viet remercie d’avance
tous ses amis.
Ton Nu Thi Ninh, Présidente
du Comité Fondateur de Tri Viet ;
Nguyen Thi Hong An, Equipe Tri Viet
PORTRAIT
Le lycée Tân Trào (1), honoré
de la distinction de « héros
du renouveau » (2)
Le lycée Tân Trào est situé au
chef-lieu de la province de
Tuyen Quang. Créé en octobre
1946, il fut l’un des premiers
lycées de la République Démocratique du Vietnam. En
période de guerre, il a fallu le
déplacer à plusieurs reprises.
Son emplacement actuel, à l’intérieur de la citadelle de la
dynastie Mac, au pied de la
montagne Tho Son, date de
décembre 1981. Le lycée s'est
d'abord appelé Thi Sach. En
décembre 1947, le Comité
Populaire provincial et le Ministère de l’Éducation ont décidé de lui donner le nom de Tân Trào.
Lorsqu'il fut créé, le lycée Tân Trào ne comprenait qu'une classe et deux enseignants. En 1951, la
classe de 8e a ouvert (à cette époque, l’éducation secondaire allait jusqu'à la classe de 9e). À la fin
de la 8e, pour poursuivre leurs études, les élèves devaient se rendre dans la province de Phu Tho ou
dans celle de Thai Nguyen. A partir de 1953, le lycée Tân Trào a assuré un enseignement secondaire
complet. Travaillant dans l'un des premiers lycées créés après la Révolution d’Août, les enseignants
et les élèves de Tân Trào, conscients de leur rôle pilote dans l’oeuvre éducative de la République
Socialiste du Vietnam étaient déterminés à surmonter les difficultés pendant la guerre. Malgré l’insuffisance des infrastructures, le lycée, ne ménageant pas ses efforts, a réalisé son programme d’enseignement avec succès.
Une fois la paix rétablie, Tân Trào a assumé son rôle pilote dans les conditions nouvelles. Il s'est
agrandi. Il ne comptait encore en 1974-1975 que 11 classes de 8e, 7 classes de 9e et 4 classes de
10e, 1053 élèves et 57 enseignants. Il figure aujourd’hui parmi les plus grands lycées du Nord du Vietnam. Le lycée Tân Trào est aussi à l'origine de la création de plusieurs autres lycées dans la province
de Tuyen Quang. Depuis sa création Tân Trào a formé 30.000 bacheliers. Il suit sa « stratégie d’éducation compréhensive”, bénéficiant de méthodes pédagogiques variées et adaptées. Les générations
d’élèves qui se sont succédées à Tân Trào se sont ainsi forgé un esprit révolutionnaire, acquérant
savoirs, savoir-vivre et savoir-faire nécessaires à l'accomplissement des tâches du pays. Le lycée est
également le berceau de nombreux cadres et leaders du Parti et de l’État vietnamien. Au cours de
sa déjà longue histoire, le lycée a reçu de nombreuses distinctions : la dernière, conférée en 2001,
est celle de Héros du Renouveau.
En raison du manque de salles, le lycée doit organiser deux groupes d’enseignement par jour, l’un le
matin, l’autre l’après-midi. Il lui manque une bibliothèque, un amphithéâtre, un gymnase.
Suivant son plan d’action, Tân Trào construira en 2010 un bâtiment de trois étages, de 21 salles bien
équipées pour permettre une séance complète d’enseignement par jour, un bureau de direction, une
salle de réunion, une bibliothèque... En 2010, on espère que les infrastructures répondront aux
besoins et au rôle du lycée.
Le lycée Trân Trào recherche un jumelage avec un lycée français pour une classe francophone.
Dr Tran Thi Le Thanh, directrice (4)
————
(1) Tri Viet se traduit en français le « génie vietnamien » comme l’on dit le « génie français ».
(2) Précédemment vice présidente de la commission
des affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
Elle n’a pas sollicité le renouvellement de son mandat de députée lors des élections de 2007 et se
consacre à ce projet.
16
————
(1) Tân Trào peut se traduire par “nouveau mouvement” ou “courant neuf”.
(2) Le renouveau, Dôi Moi, décidé en 1986 a ouvert le Vietnam à l’économie de marché et l’initiative privée.
(3) La numérotation des classes est inverse de celle utilisée en France. Les numéros les plus élevés désignent les classes du
plus haut niveau.
(4) J.P. Archambault a dû abréger la description initiale trop longue de la directrice.
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
CE VIET NAM QUE NOUS AIMONS
Brèves
Le Nord Vietnam : Sa Pa
I. La fête des fiancés du samedi soir
ENVIRONNEMENT, CLIMAT, PRÉSERVATION
DU PATRIMOINE NATUREL ET URBANISME
Environ
Sapa n’est pas à proprement parler une destination très originale – au regard d’un certain
nombre de lieux qui ont été présentés dans cette
rubrique. Cette bourgade, bien desservie par voie
ça plus pratique pour repiquer le riz ou enfourcher
une mob… En attendant, c’est un plaisir de croiser, en arrivant sur Sapa, un groupe de dames
Hmongs partant travailler aux champs…
Donc, lorsque le samedi soir, les jeunes (et moins
jeunes) convergent de tous les hameaux vers la
ville, pour faire la fête comme tous les jeunes,
c’est un spectacle coloré, chamarré, éblouissant.
Hmongs fleuris, Hmongs noirs, Zhaos et Thays se
mélangent sur les trottoirs, et notre regard ne les
gêne pas. Ils n’ont pas les soucis des adultes, ils
sont heureux, tant mieux si on les trouve beaux !
20% de la population du Vietnam serait
affectée par la montée des eaux maritimes.
Une hausse de 1 mètre des océans se traduirait par
des pertes annuelles de 17 milliards de dollars et
une perte de plus de 12 % des terres arables. Plus
de 16 millions de personnes pourraient ainsi
perdre leurs habitations. Quelque 40 000 km2 de
littoral seraient sous les eaux et 17 km2 du littoral
du delta du Mékong touchés par de grandes crues.
Le
typhon Kammuri qui s'est abattu vendredi
9 août sur les régions montagneuses du Nord a
fait près de deux cent morts ou disparus. Les
dégâts matériels sont aussi considérables, avec
près de 18 000 bâtiments endommagés et
15 000 hectares de champs dévastés.
Les
deux premières stations d'alerte aux
séismes seront construites à Dà Lat et Son La ;
trente autres seront ultérieurement réparties dans
le pays. Le gouvernement prévoit un budget total
de 70 milliards de dôngs. Dans un premier temps,
les informations seront transmises par l'intermédiaire d'un satellite thaïlandais, avant d'être assurées par le satellite vietnamien Vinasat. Actuellement aucune station n’existe au Sud du pays, bien
que le risque ne soit pas nul.
Flirt
Dames Hmongs fleuris
La société Holcim
Regardez le sourire éblouissant des petites Zhaos
qui posent avec le prof kinh venu de Hanoi (qui
est tout aussi épaté que l’occidental…). Ce sourire, il n’a rien de commercial, ni de forcé, il est
vrai, tout simplement.
Demoiselles Zhao
ferroviaire et par une bonne route, figure au programme des voyagistes les plus pointus ("le Viet
Nam en quinze jours"). Quant à la promesse de
la "foire aux fiancés" du samedi soir, elle ferait
plutôt fuir le voyageur porteur d’une certaine
éthique du tourisme. Va-t-on nous exhiber des
jeunes filles en tenues folkloriques, posant devant
le photographe comme le Massaï qui vous attend
au coin d’un chemin du Kenya avec lance, collier
de dents et de plumes pour échanger une photo
contre un dollar ? Rassurez-vous, il n’en est rien.
Dans le grand nord vietnamien (au contraire du
reste du pays), tous ces vêtements sublimes que
vous pouvez admirer au musée ethnographique
de Hanoï sont encore portés couramment. Peut
être plus pour très longtemps ! Quand ils pourront s’offrir des jeans, nul doute qu’ils trouveront
La fête dure une bonne partie de la nuit. Au petit
matin, on croise des musiciens crevés et transis
qui rentrent chez eux....
Dans ce Viet Nam qui bouge à toute vitesse et qui
fonce tête baissée dans le XXIe siècle, que vont
devenir les montagnards et quelle survie pour
leurs fêtes ? Alors… allez-y vite !
Anne HUGOT LE GOFF
Vietnam, joint-venture entre
le groupe suisse Holcim et la Compagnie de
ciment Hà Tiên 1 financera d'ici 2012 la restauration de l'écosystème des montagnes karstiques de
la province de Kiên Giang. Elle est associée au
projet de préservation du lepironia, ou bàng,
herbe qui est tissée de diverses manières dans l'artisanat local traditionnel, ainsi qu’au projet de
préservation des grues à tête rouge (Grus antigone).
Une équipe de scientifiques du WWF a décou-
vert onze nouvelles espèces d'animaux et de
plantes dans une zone reculée du centre du Viêtnam. Parmi elles, deux papillons, un serpent,
cinq orchidées et trois plantes. Des études plus
poussées doivent vérifier si dix autres espèces, dont
quatre orchidées, sont également nouvelles pour
la science. Toutes ces espèces vivent exclusivement
dans les forêts tropicales de la cordillère annamite, dans la province Thua Thien Hué. Une
région également appelée le « corridor vert » en
raison de ses forêts inviolées depuis des milliers
d'années qui constituent un habitat unique pour
beaucoup d'espèces. Des nouveaux mammifères y
avaient déjà été trouvés dans les années 1990, ce
qui laisse supposer que ces découvertes ne sont
que la partie émergée de l'iceberg.
Source : « Panda Magazine », le journal du WWF
Musiciens au petit matin
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
>>>>
17
Brèves
L’incident de la Nonciature*
Ces
derniers temps, plusieurs espèces rares d'oiseaux, notamment le tantale indien (Mycterial
eucocephala) et le pélican à bec tacheté (Pelecanus philippensis), sont revenus se reproduire au
parc ornithologique de Bac Lieu. Ce parc
est le refuge de centaines de hérons pourprés, un
échassier en voie de disparition, parmi 46 espèces
rares d'oiseaux et 150 autres espèces.
TOURISME
début du 20e siècle, les Français ont investi à
Tam Dao pour en faire une station climatique
d'altitude, à 85 km de Hanoi. Ce sont 163 villas à
flanc de montagne qui nécessiteraient actuellement une restauration, au milieu d’une réserve
naturelle, protégeant une forêt primaire.
HCM-Ville a comptabilisé au premier semestre
près de 1,5 million de visiteurs étrangers, soit une
hausse de 16 % par rapport à la même période de
l'année 2007. Le secteur touristique de la ville a
réalisé entre temps un chiffre d'affaires de 14 600
milliards de dongs, soit un bond de 40 % en un
an.
La compagnie d'aviation du Nord et la Société par
actions Hoang Gia ont ouvert en août un service
d'hélicoptères-taxis de sept places entre
Hanoi et la baie d'Ha Long. Le ticket allerretour Hanoi-Ha Long coûte environ 550 dollars
par personne et 110 dollars pour la visite de la
baie. Un nouveau circuit touristique inspiré d'un
grand évènement historique sera inauguré en
septembre par la Société du Fleuve rouge. A
bord d'un bateau, les touristes remonteront ou
descendront le fleuve Rouge pour contempler ses
magnifiques paysages riverains. Il s’agit de commémorer le transfert en 1010 de la capitale de
Hoa Lu à sa place actuelle, sur l'initiative du roi
Ly Công Uân (974-1028).
Au
FAITS DE SOCIÉTÉ, RELIGION,
VIE DES ETHNIES MINORITAIRES
Et Re-Miss ! Quinze jours plus tard, le 2 août,
Phan Thi Ngoc Diêm (étudiante à l'Université du
commerce extérieur de HCM-ville), de la province
de Khanh Hoà, était couronnée « Miss Tourisme Vietnam 2008 ». Trente-six jeunes
filles avaient participé aux épreuves en robe de
soirée, ao dài et bikini, mais les têtes devaient
être également bien pleines, puisque les finalistes
étaient interrogées sur l'histoire, la géographie et
la culture vietnamienne. C’est grâce à sa connaissance de l'ancienne cité impériale de Hoa Lu que
Phan Thi Ngoc Diêm a pu triompher… Tout ceci
nous montre l’extraordinaire capacité actuelle du
Vietnam à évoluer. Souhaitons que cette évolution
ne se fasse pas dans n’importe quelle direction…
L’avenir nous le dira.
18
La Nonciature* est située entre la cathédrale et le petit lac
"Salutations au pays, au parti et au printemps".
Ce très beau bâtiment entouré d’un terrain encore vague longtemps abandonné
derrière des palissades opaques a été récemment restauré. Cette ancienne propriété
papale avec son magnifique banian et son jardin en friche fait l’objet de toutes les
convoitises opposant des catholiques au gouvernement vietnamien. Les manifestations
depuis le têt vont crescendo. Un accord semblait avoir été trouvé dès février, mais les
appétits des deux côtés paraissent insatisfaits. Le scénario est à rebondissements. Cet
emplacement aurait auparavant été cédé par le Vatican au gouvernement vietnamien
en 1960. Chacun campe sur ses positions pour le moment. La pietà et la croix au pied
du banian ont été autoritairement enlevées fin septembre et emportées vers une
destination inconnue.
Sous ce conflit apparaissent les divergences sourdes mais réelles entre l’état et l’église
catholique. Pas très loin à l’ouest au delà de la ligne de chemin de fer dans le quartier
Dong Da un autre conflit entre catholiques et gouvernement avait éclaté, car un terrain
anciennement propriété de l’église catholique avait été cédé récemment par l’état à
l’entreprise Chien Tang. Depuis quelques jours cette affaire a trouvé une heureuse issue.
Le terrain a été repris à l’entreprise et deviendra un espace vert au bénéfice de tous.
DdM
————
*Ambassade du Vatican
inf
o
Changement de numérotation
pour les téléphones fixes
A partir du 5 octobre, VNPT va changer les numéros des téléphones fixes en
ajoutant un 3 devant le numéro actuel. En pratique :
1) Ho Chi Minh-Ville : le numéro à 7 chiffres en aura 8 (exemple : (08) 8 12 34 56
devient (08) 38 12 34 56).
2) Les provinces qui ont déjà un numéro à 7 chiffres ne changent pas : Danang,
Dong Nai, Hai Duong, Hai Phong, Kien Giang, Nam Dinh, Nghe An, Thanh Hoa.
3) Pour les 53 provinces restantes, le numéro à 6 chiffres devient un numéro à
7 chiffres (exemple : (064) 812345 devient (064) 3 81 23 45).
Du 5 au 18 octobre 2008, on peut utiliser l’ancien ou le nouveau numéro.
À partir du 19 octobre, seul le nouveau fonctionnera.
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
Andrée Viollis
Brèves
Pour la première fois, une course
de chevaux
a été officiellement organisée à Bac Hà, où s’affrontaient des paysans d'ethnies H'Mong, Dao, Täy
et Nung paradant sur leurs montures de trait, le
stade de Bac Hà tenant lieu d'"hippodrome" ; cinquante cavaliers ont participé pour représenter
leurs villages.
Andrée Viollis, très grande journaliste et femme de lettre, est
née le 8 décembre 1870 à Les
Mées (Alpes de Haute Provence),
fille de Claudius Jacquet de la
Qui eût imaginé cela, il y a seulement dix ans ? A
Verrière, sous-préfet d’Uzès.
Rare exemple pour son temps de jeune
fille résolument libérée, elle passe son
baccalauréat en 1890, se fait préceptrice
en Angleterre pour suivre des cours à
Oxford, et revient en France pour obtienir sa licence de lettres à la Sorbonne en
1898. Entre temps, elle a épousé Gustave Téry, normalien, agrégé de philosophie, qui l’a guidé dans ses études et de
qui elle a ses deux premières filles.
Cependant, au lieu du professorat elle
Tombe d’Andrée Viollis aujourd’hui restaurée
par Madeleine Riffaud
aidée de Jean-Luc Perramant*.
Cimetière Montparnasse, Division 27,
2e Section, lot 23, n° 6 Nord
choisit une carrière littéraire et journalistique, entrant en 1899 au journal féministe La Fronde, où elle défend Dreyfus.
Divorcée en 1901, elle épouse en
deuxième noce, en 1905, Henri d’Ardenne de Tizac, spécialiste de l’art chinois, premier conservateur du Musée
Cernusci, avec qui elle aura deux autres
filles. Il se trouve que d’Ardenne de Tizac
avait, parallèlement à ses travaux
muséographiques, entamé lui-même
des positions intransigeantes féministe,
antimilitariste et surtout anticolonialiste.
Comment l’AAFV ne souhaiterait-elle
pas instamment une nouvelle réédition,
entre autres,
d’Indochine SOS, publié
pour la première fois en 1935 chez Gallimard, avec une préface d’André Malraux (réed. 1949 aux Editeurs français
quelques centaines de kilomètres des petites dames
en noir des tunnels de Cu Chi, voilà que, le
14 juillet dernier, se pavanaient des demoiselles en
bikini, réunies à Nha Trang pour le concours de
« Miss Univers 2008 ». De notables aménagements avaient été réalisés pour accueillir l'événement, avec la construction du « Diamond Bay
Resort ». Lê Xuân Thân, vice-président du Comité
populaire de la province de Khanh Hoà était le
chef du comité d'organisation et le vice-ministre
vietnamien de la Culture, du Sport et du Tourisme,
Lê Tiên Tho, était aussi présent. C’était bien sûr
une occasion de faire découvrir le pays aux différentes délégations. Les miss en sont reparties
ravies, en emportant un ao dài. Miss Vietnam
Nguyên Thuy Lâm, faisait partie des quinze
plus belles filles du monde…. Tandis que Miss
Thaïlande, Gavintra Photijak, remportait le prix
du plus beau costume traditionnel, la vénézuélienne, Dayana Mendoza recevait la couronne des
mains de la vedette de la télévision américaine,
Jerry Springer ( !!!!) Bon, sa joie a peut être été
gâchée par de méchantes langues qui, dès le lendemain, ont découvert l’existence d’anciennes
photos de la nouvelle reine dans le plus simple des
appareils…
réunis) ?
une carrière littéraire sous le pseudo-
André Viollis a été faite chevalier de la
SPORTS (JO)
nyme de Jean Viollis ; ainsi sa femme
Légion d’honneur en 1927 et promue
Sniff
prend-t-elle celui d’Andrée Viollis pour
officier en 1937.
signer avec lui plusieurs compositions
Se souvient d’elle avec émotion notre
romanesques et chroniques d’actualité.
amie Madeleine Riffaud, qui lui doit ses
C’est sous ce nom de plume qu’elle
premiers pas dans la journalisme.
devient l’une des journalistes de grand
Léon Vandermeersch
reportage les plus célèbres de la première moitié du XXe siècle, livrant au
————
Petit Parisien d’abord ses notes de guerre
* En amont un certain nombre de personnes dont
– en 1914-18 elle parcourt les champs
des membres de l’AAFV avaient apporté une contri-
de bataille comme infirmière –, puis les
bution non négligeable à l’élaboration de ce projet.
observations qu’elle récolte en de nombreuses expéditions intrépidement effectuées en Afghanistan, en Inde, en Chine,
au Japon, en Indochine, en Tunisie, sans
!! Le joueur de badminton vietnamien
Nguyên Tiên Minh (24e rang international) a du
s’incliner face au Taïwanais Hsieh Yu Hsing lors
e
des 32 de finale à Pékin. Bon, Nguyên Tiên Minh
était quand même très heureux d’être aux JO…
…mais,
youpee ! l'haltérophile Hoang Anh
Tuan a remporté la médaille d'argent du concours
messieurs des moins de 56 kg. Hoang Anh Tuan
s'est imposé avec un total de 290 kg, après les
épreuves d’arraché et d’épaulé-jeté
Le
Vietnam a envoyé une délégation de
28 membres, aux Jeux paralympiques de
Pékin. Les neuf sportifs vietnamiens participent
aux épreuves d'athlétisme, de natation, d'haltérophilie et de judo. Il s'agit de la troisième participation du Vietnam à ces jeux.
parler des livres dans lesquels elle défend
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
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Bibliographie
Denise Pham
Denise Pham nous a quittés au début du mois de juillet. Elle se remettait
d’une délicate opération.
Elle était depuis quelques temps membre de notre association et déjà elle
avait pris une grande place dans nos activités. Infatigable dans le comité
Ile de France, elle y était de toutes les initiatives, mêmes les plus
modestes. Grâce à sa présence, les fastidieuses séances de mise sous pli
se transformaient en une série de découvertes. Elle nous parlait de son
enfance vietnamienne, de son métier d’enseignante en Afrique, de
l’histoire du Vietnam et de sa littérature, de ses fleurs et de ses fruits et
de bien d’autres choses. Après quelques hésitations, elle s’était
"aventurée", disait-elle, à donner à Perspectives des comptes rendus de
livres que nous appréciions tous.
L’hiver dernier, elle était retournée au Vietnam pour la première fois
depuis sa prime jeunesse et ce voyage l’avait vivement émue. Elle nous
en faisait partager les joies et les interrogations.
Nous conserverons le souvenir si attachant de "notre petite Denise" et
nous adressons à sa famille nos condoléances sincères.
MHL
La Carambole d’or
La Carambole d’or est un conte vietnamien
revisité par Yveline Féray et Marcelino
Truong aux éditions Picquier jeunesse.
Yveline Féray, auteur notamment de L'épopée
des bords du chemin (Julliard, 1980), de Dix
Mille Printemps (Julliard, 1989) et de contes
asiatiques, adapte ici, pour la jeunesse, un
conte extrait des Contes d'une grand-mère
vietnamienne
(Picquier,
1998),
Le
Carambolier. L'album est illustré par
Marcelino Truong, né en 1957. Autodidacte
en matière artistique, il se lance dans le
métier d'illustrateur en 1983. À travers
l'histoire vietnamienne de deux frères, sont
dénoncés l'abus de pouvoir et la cupidité qui
trouveront leur extrême châtiment.
Marcelle Devaud
DdM
La presse a annoncé le décès de Mme Marcelle Devaud et Le Monde du
15 septembre
2008
lui
a
consacré
un
article
nécrologique,
malheureusement incomplet. L’AAFV tient à rappeler et à honorer la
mémoire de Mme Devaud qui fut membre de la Présidence collective de
notre association.
Mme Devaud était gaulliste et, en tant que telle, membre de
l’Assemblée économique et sociale. Son implication dans les problèmes
sociaux la rendit sensible au drame du peuple vietnamien alors en proie
aux horreurs de la guerre américaine. Aussi est-ce tout naturellement
qu’elle trouva le chemin vers notre Association où sa présence dans
notre Présidence collective complétait le très large éventail d’opinions
de ceux qui dirigent l’AAFV.
En 1972, elle fit partie, avec le Pasteur Voge, autre membre de la
Présidence, et moi-même, alors secrétaire général, d’une délégation de
l’AAFV invitée par nos amis de l’Association d’amitié Vietnam-France.
Je me souviens de son étonnement amusé quand nos amis l’appelait
"camarade", traduction du mot "dong chi" qui était d’usage courant
alors, comme le mot citoyen l’avait été en France à l’époque de la
Révolution. Revenue en France, Mme Devaud participa activement aux
comptes-rendus publics de notre délégation qui relataient la terrible
réalité de la guerre subie par le Vietnam et le magnifique élan que
manifestait ce peuple.
Ces dernières années, chargée de nombreuses tâches et d’années (elle
est morte centenaire), elle participait moins activement à la vie de notre
association. Mais nous gardons fidèlement le souvenir de sa présence
active, de sa gentillesse et de son esprit clair, soucieux d’humanité et de
l’intérêt bien compris de la France. Que ses enfants trouvent ici
l’expression de notre chagrin à l’occasion de sa disparition.
Charles Fourniau
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Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
• Notes de lecture • Films • Bibliographie
Fragments de culture
vietnamienne traditionnelle
« Se pencher sur la culture traditionnelle peut
être conçu comme un
moyen de se donner des
clés pour comprendre le
présent. »
C’est à partir de l’expérience acquise dans la
consultation interculturelle qu’il a ouverte
il y a une dizaine
d’années au Centre
hospitalier de
Cadillac (Gironde)
que l’auteur aborde
une réflexion sur les rapports du
passé et du présent dans la culture. Attentif aux représentations culturelles des personnes étrangères en difficulté psychologique et à leurs effets dans les troubles et leur dépassement,
il propose ici six études touchant à des domaines très différents : la « romanisation » de l’écriture au Vietnam, le Culte
des ancêtres, la Fête du Têt, les Noms des Vietnamiens, La Personne humaine et ses âmes et enfin Les Femmes, à travers
cinq exemples.
Distinction
Notre amie Yvelyne Feray, membre de notre Comité
d’Honneur, vient de se voir décerné le titre de Chevalier dans
l’ordre des Arts et Lettres.
Mme Magali Selliès, sous-préfète, lui en a remis les insignes le
12 octobre 2008, à la Bibliothèque municipale de Dinan, à
l’occasion de la Fête Nationale du Livre.
Les lecteurs d’Yvelyne Feray se réjouissent de cet honneur et
adressent à notre amie toutes leurs félicitations, en souhaitant
qu’elle les enchante de ses contes pendant encore dix mille
printemps.
MHL
Sa double formation de psychologue clinicien et d’ethnologue, jointe aux apports de la psychanalyse interculturelle de
Géza Roheim, est visible dans la pertinence de ses analyses. Il
ouvre ainsi un accès à quelques-unes des représentations qui
ont composé la pensée vietnamienne et continuent à y participer, explicitement ou non, colorant de ce fait la modernité
d’une manière qu’il est nécessaire de comprendre.
On aurait pu craindre un ouvrage aride, accessible seulement
à des spécialistes. Il n’en est rien et si sa lecture demande
quelque attention, elle est agréable et enrichissante pour
toute personne qui s’intéresse à des manières de penser autres
que la sienne et veut éviter à ce sujet les banalités et les contresens trop souvent rencontrés. Le talent pédagogique de l’auteur est remarquable.
MHL
Patrick FERMI, Fragments de culture vietnamienne
traditionnelle, Association Franco-Vietnamienne,
Bordeaux-Aquitaine, 105 rue Malbec, 33800 Bordeaux, 2006,
182 p. ill., bibliographies, 18 €
http://[email protected]
(NDLR : cette association n’est pas un comité de l’AAFV)
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
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Bibliographie • Notes de lecture • Films • B
TRAN THI HAO : « Une
introduction à la connaissance
du Vietnam »
C’est un copieux
mille-feuilles que
nous
offre
Mme Hao : géographie et climatologie, histoire
ancienne et
contemporaine,
culture et religion, éducation
et santé, administration et
système politique, économie…
250 pages de
texte suivies de 50 pages de tableaux grâce auxquels
vous apprendrez aussi bien qu’on ne recense plus
que 750 Pu Peo et 850 Si La, qu’il tombe 479 mm
de pluie en juillet à Pleiku et qu’il y a 313 coopératives agricoles dans la province de Nam Dinh…
Toutes ces statistiques datent de 2005, le livre ayant
été réédité en 2007. Le tout est écrit sans recherche,
dans un style assez administratif, aéré cependant
par les inserts de légendes ou traditions populaires.
Tout au plus l’auteur se permet-t-elle de donner son
avis (critique) sur l’état réel de la parité hommes
/femmes, et les insuffisances du système éducatif.
Une discrète nostalgie aussi, plus surprenante chez
une femme encore jeune, quant à la survie de la
famille traditionnelle face aux avancées de l’homosexualité et du divorce…
Pour un voyageur curieux, ça doit encore exister,
soucieux de découvrir intelligemment le Vietnam et
les vietnamiens, c’est un livre de base à recommander chaleureusement. Quant aux lecteurs de « perspectives » déjà avancés en vietnamologie… ils
feront certainement quelques découvertes, comme
« la manière de nommer quelqu’un et de se nommer »
-assez incompréhensible pour la plupart d’entre
nous !
Enfin, une grosse critique est l’absence de carte
valable. Un mauvais schéma tout gris (sans doute
reproduit à partir d’un original en couleurs), en
grande partie annoté à la main, donc parfaitement
illisible, voilà qui est insuffisant. Trois belles cartes
du Nord, du Centre et du Sud avec un bon contraste
auraient largement facilité la lecture du livre de
Tran Thi Hao.
Anne Hugot-Le Goff
Editions l’Harmattan, 310 pages, 26,50 €.
22
Recherche sur l’identité
de la culture vietnamienne,
Tran Ngoc Thiem
Une Américaine
au milieu des Vietnamiens
Tr a n N g o c
Thiem est né en
1952 à Phu
Tho au Nord
Vietnam, il est
diplômé en
1974 de la
faculté de linguistique
mathématique de
Léningrad,
il est docteur en
1988 ;
depuis
1975 il enseigne à Hanoi et depuis
1992 à Ho Chi Minh Ville. Il n’est pas de trop de mentionner succinctement les titres et compétences de cet
auteur car l’ampleur de son ouvrage l’érige en maître
à penser de l’identité vietnamienne.
La première édition complète a été publiée par
l’Université d’Ho Chi Minh Ville en 1995, depuis son
pavé de près de 900 pages a été réédité plusieurs fois et
complété au cours des années : l’œuvre d’une vie. Tous
les aspects de la culture des Viets ou Kinh* y sont
soigneusement étudiés : des bases théoriques
indispensables à l’élaboration d’un tel projet en
passant par les historiques des régions tout en
spécifiant les données organisatrices de la vie
communautaire et individuelle. Toutes les questions
que l’on se pose sur le Vietnam y sont minutieusement
analysées et considérées : des tambours de bronzes à la
géomancie en passant par l’art et j’en passe. L’auteur
pour ancrer l’identité vietnamienne n’hésite pas à
décrire la continuité historique entre l’habitat
préhistorique de l’Époque de Dong Son et les maisons
sur pilotis voire l’école de Vinh Té aujourd’hui.
Les fondements du Vietnam ont des assises solides,
enfoncées dans la nuit des temps… Il en est de même
pour les toits recourbés… Une petite encyclopédie à la
portée de tous, dont la facture est tout à fait
occidentalisée, facile à lire pour nous et oh ! combien
instructrice.
Éditions THÊ GIO, Hanoi, 46 Tran Hung Dao, Hanoi,
Vietnam, 2008, 795 pages, 250 000 vnd (9 €)
[email protected]
DdM
*L’ouvrage n’aborde pas les cultures des minorités ethnolinguistiques.
Dans son article récent, « Souvenirs d’un passé qui
s’efface » (1), Al Burke regrettait que l’ouvrage de
Lady Borton, After sorrow, ne soit pas encore traduit
en français. C’est chose faite, grâce à l’élégante
traduction de Jean Meynard qui vient de paraître sous
le titre Vietnam l’après chagrin.
Al Burke écrivait : « Pour une paysanne vietnamienne,
raconter son histoire comme si elle avait la moindre
valeur en elle-même est le summum de l’arrogance.
Personne extérieure à qui l’on pouvait se fier, Lady
Borton (Lady est son prénom, pas un titre) a pu percer
ce mur de modestie et de silence. Elle a passé quatre
décennies à se plonger dans la vie du Vietnam et dans
sa culture, est devenue experte en Vietnamien – une
compétence qui a échappé à de nombreux autres
Occidentaux qui s’y sont essayés – a passé des heures
à parler à bâtons rompus avec des gens de toute
condition, et a donné dans After Sorrow. un choix très
éclairant de leurs histoires personnelles.
Ce sont les histoires de douces mais indomptables
âmes, principalement des femmes, que le propre pays
de l’auteur a décidé de nommer des ennemies. En leur
donnant la parole dans After Sorrow, Lady Borton a
rendu un service inestimable à tous ceux, où qu’ils
soient, qui s’intéressent aux questions liées à la guerre
américaine contre les peuples d’Indochine. »
Lors de la première publication de l’ouvrage, un
critique américain, Robert Mason, en a souligné la
portée : « Je savais comment les Vietnamiens
affrontaient la mort. Mais je ne savais pas comment ils
vivaient. Dans After Sorrow, le talent d’écrivain et le
courage de Lady Borton m’ont donné la réponse et j’en
suis reconnaissant. »
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
ibliographie
Les conférences
de l’Association d’Amitié franco-vietnamienne
Soyons reconnaissants à Jean Meynard de nous rendre
accessible ce document attachant et précieux pour la
compréhension de l’âme vietnamienne.
CONNAISSANCE DU VIETNAM
MHL
Participation aux frais : 10 € tarif réduit (étudiants…) : 5 €
Lady Borton, Vietnam l’après chagrin, trad. Jean
Meynard, 538 p., ill., Editions The Gioi, Hanoi, 2007.
Renseignements auprès de l’AAFV,
44 rue Alexis Lepère, 93100 MONTREUIL
(1) Perspectives n° 65, avril 2008, p. 17.
Tél. : 01 42 87 44 34 Fax : 01 48 58 46 88
mail : [email protected]
...Une critique à venir
De l’Indochine coloniale au
Vietnam libre, je ne regrette
rien, par Albert Clavier
Le Vietnam, terriblement menacé
par les conséquences de l'effet de serre,
par Yves LACOSTE*
Si au nord de l'Afrique et au Moyen-Orient, l'effet de serre va probablement se traduire par
une extension et une aggravation de l'aridité, en Asie du sud et du sud-est il va avoir pour
conséquence une notable augmentation des précipitations, notamment lors de la mousson.
Les fleuves qui viennent de grandes chaînes de montagnes vont avoir des crues plus fortes
et dans les plaines relativement étroites où ils descendent, la menace des inondations sera
encore plus grande. Au Vietnam, et surtout au nord, dans le delta surpeuplé du Fleuve Rouge,
cette menace permanente va devenir extrêmement grave. Le Fleuve Rouge au très fort débit,
chargé d'alluvions arrachées aux versants montagnards, débouche directement des
montagnes dans cette petite plaine. La masse des alluvions est telle qu'elles se déposent en
partie dans le lit du fleuve, formant une sorte de remblais, une "levée" naturelle sur laquelle
coule le fleuve. A Hanoï cette levée a une vingtaine de mètres de hauteur. Pour empêcher les
“De la gamelle de soupe en gardant les vaches, au
petit-déjeuner avec le président de la République
française...” Entre ces deux époques de sa vie, Albert
Clavier est parti en Indochine en 1945 avec le corps
expéditionnaire français, a déserté et servi dans les
rangs du Vietminh, puis, après la fin de la guerre en
1954, a étré journaliste à Hanoi jusqu’en 1963. Il est
un des rares occidentaux à avoir connu la guerre du
côté des combattants nationalistes vietnamiens, puis la
vie dans le Vietnam indépendant des années 50 et 60.
Une nouvelle vie commence ensuite en Hongrie
comme représentant de la Fédération Mondiale de la
Jeunesse Démocrratique, puis, après l’amnistie qui lui
permet de retourner en France, comme homme
d’affaire.
Les Indes Savantes, ISBN 978-2-84656-156-5, 23 €
inondations lors des crues, les Vietnamiens depuis des siècles ont construit des digues le long
des bras du fleuve, en épousant le contour des méandres. A Hanoï, les digues ont une
vingtaine de mètres de hauteur donc lors des crues, le niveau supérieur du Fleuve rouge est
à 40 mètres au dessus de la plaine. Il faudrait rehausser encore les digues, construites en terre
compactée, mais cela pose des problèmes techniques très délicats.
Les problèmes sont tout autres dans le delta du Mékong, car les montagnes qui alimentent
ce fleuve sont loin, les crues peuvent s'étaler dans des plaines en amont (Cambodge) et les
alluvions s'y déposer. Les levées naturelles sont à peine marquées et les inondations se font
progressivement, à la différence du delta du Fleuve Rouge où elles sont très brutales.
Mardi 18 novembre à 19 h
à l’AGECA, 177 rue de Charonne, 75011 Paris
M° Alexandre Dumas (ligne 2) ou Charonne (ligne 9)
*Géographe, spécialiste de géopolitique
Perspectives France-Vietnam • N° 67 • Octobre 2008
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Les conférences de l’Association
d’Amitié franco-vietnamienne
CONNAISSANCE DU VIETNAM
Les Chants de la Symbiose : une histoire
du Vietnam à travers les chansons,
par Ngô Tu Lap*
Qui sommes-nous ?
Les premières chansons occidentales sont arrivées au Vietnam avec
les missionnaires, puis avec la conquête du pays. Une nouvelle forme
d’Opéra, appelée « Cai luong » est née de cette confrontation.
Que faisons-nous ?
La presse en parle
Le Vietnam
Une guerre sans fin
Ainsi est née la musique moderne vietnamienne dont les influences
françaises sont évidentes, même l’hymne national en est imprégné.
Comment cette musique s’est-elle et se développe-t-elle encore
aujourd’hui, coincée entre le marché et l’idéologie ?
Archives et documents
Photothèques
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Index par mots clés
Vendredi 7 novembre à 19 h
chez Dominique de Miscault,
68 avenue d’Italie, 75013 Paris
M° Tolbiac ou Olympiades (+ 10 minutes de marche)
www.aafv.org
Participation libre aux frais
*Né en 1962 à Hanoi, Ngô Tu Lap est membre de l’Union des Ecrivains vietnamiens pour ses
œuvres. Il a étudié en Russie et en France, où il a obtenu un DEA. En 2006, il a reçu son
Littéraire et la Communication. Ngô Tu Lap a reçu sept prix pour ses textes.
BULLETIN D’ADHESION, D’ABONNEMENT ET DE SOUTIEN
✃
titre de Docteur aux USA. Il enseigne à l’Université Nationale de Hanoi, le Cinéma, la
A re t o u r n e r à l ’ A A F V : 4 4 r u e A l e x i s L e p è re, 9 3 1 0 0 M O N T R E U I L
NOM ............................................................................................ Prénom ...................................................... Année de naissance ................
Adresse ..............................................................................................................................................................................................................
Un acte à ne pas remettre
au lendemain :
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Je m’abonne au bulletin de l’AAFV ....................... 12 €
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Je m’abonne au bulletin de l’AAFV ....................... 12 €
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Je m’abonne au bulletin de l’AAFV ....................... 12 €
Total .................................................................... 32 €
En outre je fais un don de ................................... €
Ci-joint un chèque de .................... € à l’ordre de l’AAFV
Date : .............................. Signature :
Je souhaite recevoir un reçu fiscal de ma cotisation et de mon don me permettant de déduire 66 % de cette somme de mes impôts 2008 dans
la limite de 20% de mon revenu imposable.
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