Rapport projet professionnel
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Rapport projet professionnel
PROJET PROFESSIONNEL Vers une amélioration des rendements et de la qualité du foie gras… Tuteur du projet : Monsieur Christophe Schmitt Projet réalisé en collaboration avec le Domaine de Saturnin Elodie Antoine Thibault Bricks Clémence Boutfol Florianne Chaplain Jean-Baptiste Devillairs Yannis Kodaday Marion Piot-Ragoucy Camille Plasse Sophie Schmitt Clémentine Wallet Année 2008/2009 REMERCIEMENTS Nous tenons tout d’abord à remercier Madame Leclere d’avoir accepté d’ouvrir son entreprise à un groupe de projet professionnel et de nous avoir consacré du temps. Votre expérience et les problématiques que vous nous avez proposées nous ont permis d’avancer dans notre démarche et de mieux comprendre la réalité d’une entreprise telle que la votre. La découverte de vos produits et de vos méthodes nous ont convaincu quant-à votre engagement pour offrir aux consommateurs des produits de grande qualité. Nous tenons également à remercier les responsables des études pour nous avoir permis, en première année, de mettre un pied en entreprise. Cela nous a permis d’apprendre à travailler en groupe sans avoir d’affinités particulières les uns avec les autres, d’appréhender une problématique dans un secteur inconnu, ici la filière des palmipèdes gras, et de développer notre autonomie face aux requêtes d’une entreprise. Nous remercions tout particulièrement notre tuteur, Christophe SCHMITT, de nous avoir épaulé tout au long de cette démarche de recherche, d’avoir su orienter notre réflexion en respectant le travail fourni. Nous remercions de même les chercheurs de l'INRA qui nous ont aidés, dont M. GUY. Ils ont accepté de prendre un peu de leur temps pour répondre à nos questions, ce qui nous a permis d’avancer considérablement. Nous leur en sommes donc reconnaissants. SOMMAIRE Problématique : Peut-on améliorer les rendements et la qualité de la viande et du foie des canards au Domaine de Saturnin? IIINTRODUCTION N NT TR RO OD DU UC CT TIIO ON N.................................................................................................................................................. 4 LES CONDITIONS D’ELEVAGE DANS LA FILIERE DES PALMIPEDES GRAS : L’EXEMPLE DU DOMAINE DE SATURNIN................................................................................................................................. 5 1. 2. 3. L’ECONOMIE DU FOIE GRAS, PRODUIT TRADITIONNEL A LA FRANÇAISE. ................................................. 5 LE DOMAINE DE SATURNIN, UN SYSTEME D’ELEVAGE ARTISANAL.......................................................... 7 LE GAVAGE, L’ETAPE CLE DE LA PRODUCTION DE FOIE GRAS ................................................................. 9 VERS UNE AMELIORATION DES RENDEMENTS ET DE LA QUALITE DE LA VIANDE ET DU FOIE ..................................................................................................................................................................... 13 1. QUELQUES PROPOSITIONS D’INNOVATIONS APPLICABLES A LA FILIERE DES PALMIPEDES GRAS ............ 13 2. INNOVATIONS RETENUES POUR LE DOMAINE DE SATURNIN ....................................................................... 16 EXEMPLE D’UNE AMELIORATION DE LA QUALITE : L'ENRICHISSEMENT DU FOIE ET DE LA VIANDE EN OMEGAS 3................................................................................................................................... 20 1. QUE SE CACHE-T-IL VRAIMENT DERRIERE L’APPELLATION OMEGA 3 ? ................................................ 20 2. UNE INTEGRATION REFLECHIE DES OMEGAS 3 DANS L’ALIMENTATION DES CANARDS ....................... 22 3. UNE PETITE REVOLUTION POUR LE CONSOMMATEUR ?.............................................................................. 24 CONCLUSION.................................................................................................................................................... 28 ANNEXES BIBLIOGRAPHIE INTRODUCTION Le foie gras est un produit incontournable de la gastronomie française. Il possède un goût et une texture unique, grâce à sa fabrication traditionnelle et minutieuse. L’étude de cette filière est très intéressante, puisqu’elle permet de suivre le produit de sa conception à sa commercialisation, s’inscrivant ainsi dans les domaines de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Le projet initialement proposé s’intitulait « L’influence de l’alimentation du canard sur le foie gras ». Nous avons, dans un premier temps, réalisé un travail bibliographique conséquent afin de mieux connaître les différents acteurs de la filière des palmipèdes gras, les différentes phases et méthodes de production du foie gras, ainsi que les aspects de transformation, de commercialisation et économique. A partir de ces informations, nous avons réalisé un poster qui se trouve en annexe 1. La demande par rapport à cette thématique provenait du terrain, à travers les besoins de Mme Leclere, qui a développé une entreprise d’élevage de volailles, et donc de palmipèdes gras, en Lorraine. Parmi les éléments de méthode déployés pour répondre au mieux à sa demande, nous avons rencontré Mme Leclere sur son exploitation. Elle a alors répondu à toutes nos questions, que nous avions regroupées dans un questionnaire se trouvant en annexe 2. Elle nous a également expliqué le fonctionnement de son élevage, tout en nous faisant visiter ses locaux. Lors de cette rencontre, nous avons dégagé des orientations de recherche plus précises et intéressantes pour son domaine. Nous avons alors repris notre étude bibliographique et nous avons mis au point notre problématique finale qui est : Peut-on améliorer les rendements et la qualité de la viande et du foie des canards au Domaine de Saturnin? Nous avons alors travaillé sur des innovations pertinentes pour l’exploitation de Mme Leclere et permettant une amélioration de la qualité et des rendements. L’une d’entre elles, l’enrichissement du foie gras en omégas 3, nous a paru plus intéressante que les autres. C’est pourquoi nous avons réalisé une étude, de son introduction dans l’élevage jusqu’à l’impact sur le consommateur. Pour cette dernière partie, nous avons créé un questionnaire destiné aux consommateurs, qui nous a permis d’étudier le regard de ceux-ci sur notre proposition. Le travail que nous avons réalisé se compose donc de trois parties : • Une première partie décrivant la filière des palmipèdes gras et le fonctionnement du Domaine de Saturnin. • Une seconde partie sur les idées d’innovations que nous avons soumises à Mme Leclere. • Une dernière partie étudiant l’introduction des graines de lin dans l’élevage des canards, ce qui permettrait d’enrichir le foie et la viande en omégas 3. PARTIE 1 : Les conditions d’élevage dans la filière des palmipèdes gras : l’exemple du Domaine de Saturnin A Noël, la plupart des français trouvent dans leurs assiettes une tranche de foie gras. Mais savent-ils vraiment ce que c’est, d’où il vient ou encore comment il est fabriqué ? La filière des palmipèdes gras est en effet peu connue du grand public, alors que le foie gras est un produit typiquement français, il a même été reconnu comme « patrimoine culturel et gastronomique » par la loi française du 5 janvier 2006. C’est un produit très ancien, on peut observer des fresques datant de 2 500 ans avant Jésus Christ où les égyptiens gavaient déjà les oies à l’aide de figues séchées. Depuis, le gavage se fait au maïs essentiellement sur des canards, et de moins en moins sur des oies. Nous allons vous faire un état des lieux de la filière en France mais aussi de sa place à l’étranger. Ensuite nous vous expliquerons le processus d’élevage du Domaine de Saturnin pour arriver jusqu’au canard gavé prêt à l’abattage. 1. L’économie du foie gras, produit traditionnel à la française. Aujourd’hui en France, le marché du foie gras est en pleine expansion. En effet, en 2007, 20 000 tonnes de foie gras ont été produites, alors que cette production représentait seulement 300 tonnes en 1980 (figure 1). Figure 1 : Evolution du marché français de foie gras cru entre 1990 et 2007 Ceci place la France en tête des producteurs mondiaux de foie gras : sa production représente environ 80% de la production mondiale. Cette production est alors, soit distribuée en France par des grandes enseignes ou par des petits producteurs, soit exportée vers l’Espagne, le Japon, la Suisse et la Belgique. Ces exportations représentent 15% de la production, c’est-à-dire environ 3000 tonnes par an. Cependant, 4500 tonnes de foie gras rencontrées sur le marché français sont importées de Bulgarie, de Hongrie ou de Belgique. La balance commerciale reste néanmoins bénéficiaire, en terme monétaire, de 13 millions d’euros. En France, les principales régions productrices de foie gras sont les Landes (4000 tonnes en 2002), les Pyrénées atlantiques (2400 tonnes en 2002), le Gers (2200 tonnes en 2002), la Vendée (1800 tonnes en 2002), les Pays de la Loire et la Bretagne. Ces régions regroupaient, en 2000, près de 17 000 exploitations, contenant de plus en plus d’animaux. Ceci a contribué à l’augmentation de la consommation de foie gras en France : elle était de 50g par personne et par an au début des années 1980, alors qu’aujourd’hui elle est de 280g. Cependant, les canards gras sont également élevés pour leur viande, comme vous pouvez le constater sur la figure 2. Fois gras Magrets Confits Rillettes Gésiers Graisses 20 000 T 1 600 T 13 000 T 1 600 T 1 000 T 1 200 T Figure 2 : Détail de la production française de canard en 2007 La Bulgarie et la Hongrie sont donc des concurrents sérieux pour le foie gras français. Leurs productions sont essentiellement traditionnelles, ce qui leur permet d’être conformes aux nouvelles recommandations sur le bien-être animal au niveau européen, et destinées à l’exportation. Ce foie gras « étranger » a permis de démocratiser ce produit en le rendant plus accessible par un prix de vente moindre, qui s’explique par des conditions de travail différentes. Voici les principales caractéristiques de ces productions : Bulgarie Hongrie - second rang mondial après la France (pour le - Troisième rang mondial (1er pour la production foie gras de canard). de foie gras d'oie) - Exportation principalement - vocation exportatrice - entreprises privées (peu d'aides financières) - support public des entreprises - pas de transformation, exportation de produits frais ou congelés - production traditionnelle - production traditionnelle -coût de production faible (main d'œuvre peu coûteuse) - compatible avec les recommandations sur le bien-être animal. 2. Le Domaine de Saturnin, un système d’élevage artisanal. En France, nous pouvons distinguer deux types d’exploitations productrices de palmipèdes à foie gras : les exploitations artisanales et les exploitations industrielles. Le tableau suivant décrit chacune d’elle. Exploitation artisanale • • • • • Transformation et commercialisation des produits. Le producteur réalise toutes les étapes de la production : élevage des jeunes oies ou canards, gavage, abattage, transformation et commercialisation locale. Nombre d’animaux élevés dans l’année de l’ordre de quelques centaines à quelques milliers. La production peut être saisonnière. La production de palmipèdes à foie gras constitue soit l’activité principale (dans la plupart des cas), soit un complément de revenu. Exploitation traditionnelle • • • • Exploitation spécialisée : maillon d’une chaîne de compétences. Objectif : approvisionnement des grandes marques ou des marques artisanales. En 2006, on recense environ 3000 exploitations. Les éleveurs peuvent être eux-mêmes spécialisés dans une étape de la production (éleveurs de palmipèdes dits « prêt-à-gaver », gaveurs, éleveursgaveurs). Malgré les contraintes européennes qui les obligent à des investissements disproportionnés, de nombreux producteurs fermiers indépendants perpétuent la tradition du gavage, de l’élaboration et de la vente à la ferme à partir de leur élevage. Les volaillers, charcutiers, traiteurs, et même certains restaurateurs fabriquent également leurs conserves artisanales, à côté d’un secteur industriel (coopératives agricoles et conservateurs) très dynamique. Le Domaine de Saturnin, entreprise avec laquelle nous avons travaillé et dont vous pouvez voir la photo en figure 3, s’inscrit parfaitement dans la catégorie des exploitations artisanales. Il s’agit en effet d’une entreprise à taille humaine, située à Bernecourt en Lorraine, et tournée entièrement vers la qualité de ses produits. Catherine Leclere, ancienne formatrice à la Chambre de Commerce et d’Industrie, est chef d’entreprise de deux sociétés SARL (Société A Responsabilité Limitée), l’une concernant Figure 3 : Photo du l’élevage de volailles et l’autre la gestion de deux établissements, un restaurant et une ferme auberge, Domaine de Saturnin pouvant ainsi réaliser 500 couverts par jour. Elle emploie 3 personnes à mi-temps, mais peut également, en pleine saison, compter jusqu’à 22 personnes sous sa responsabilité. Concernant son élevage, elle élève environ 3000 volailles par an, sur un terrain de deux hectares : - 50% sont des gallinacées (poulets, coqs, poules, poulardes, chapons) - 50% sont des palmipèdes gras : 1200 canards par an, par lots de 150 et 40 oies par an reçues en avril pour être prêtes à Noël. En ce qui concerne les canards, deux races sont utilisées : LE CANARD DE BARBARIE Ce canard provient d'Amérique centrale. Il présente un dimorphisme sexuel aussi bien du point de vue de son plumage que de son poids : le mâle est blanc et noir et pèse environ 4,5 kg alors que la femelle est blanche et pèse environ 2,5 kg. Il pond peu d’œufs, donc les coûts de reproduction engendrés sont trop importants. Il est également difficile à gaver car son jabot ne se dilate pas bien et son foie est assez petit (360-380g), mais sa chair est dense et goûteuse, c’est pourquoi il est utilisé au Domaine de Saturnin comme canard maigre. LE CANARD MULARD Ce canard résulte d'un croisement entre un canard de Barbarie et une cane commune (le plus souvent une cane de Pékin). Il s'agit donc d'un hybride infertile. Ce canard est principalement destiné à la production de foie gras et de viande grasse. Il pèse 3 à 4 kg et son foie 500 à 600g. Au niveau de l’élevage des oies, Mme Leclere utilise des oies grises de Toulouse : OIE DES LANDES Cette race, ainsi que l'oie de Toulouse et l'oie de Masseube, sont plus communément connues sous le nom d’"oie grise du sud ouest". Ce sont les seules oies utilisables pour la production de foie gras en France. Leur viande est savoureuse et largement consommée. Originaire de France, elle est toutefois largement répandue dans d'autres pays comme la Hongrie. Le poids des mâles adultes est de 6 kg contre 5 kg pour les femelles. Les animaux vivent essentiellement dehors sauf en période de grand froid et pendant la phase de gavage. Les petits arrivent sur l’élevage à l’âge de 3 semaines après avoir été préparés par un autre éleveur, en accord avec les techniques d’élevage du domaine. De la troisième à la sixième semaine, ils entrent en phase de croissance. Il arrive que les canards soient rationnés au début de cette phase afin d’éviter le blocage de la croissance et le déplumement. Lors de cette phase de croissance, les volailles reçoivent une alimentation à base de tourteaux de soja, de maïs, de blé, et de divers mélanges d’oligoéléments, de protéines et de vitamines, achetée auprès de la coopérative agricole de Lorraine 500€/quintal. Il est également important d’amener beaucoup de verdure comme de l’herbe fraîche et il ne faut pas que les animaux manquent d’eau. En effet à partir de la sixième semaine les canards consomment 1 litre d’eau par jour et par tête. La croissance est très rapide entre la deuxième et la huitième semaine. De plus entre la cinquième et la huitième semaine beaucoup de plumes sont produites, ce qui mobilise de l’énergie. Les aliments doivent donc être adaptés : les animaux trouvent leur propre nourriture dans les parcs et bénéficient d’un complément de maïs. La croissance cesse à la huitième semaine, le poids des cuisses reste alors constant et seuls les pectoraux et les tissus adipeux se développent. Il est donc important que les canards aient accès à un lieu où ils peuvent s’ébattre, et ils doivent bénéficier d’un bon éclairage et d’une bonne aération. Ces conditions permettent à Mme Leclere d’obtenir des canards mulards prêts au pré-gavage en huit semaines. 3. Le gavage, l’étape clé de la production de foie gras Les animaux destinés à la production de foie gras, c’est-à-dire uniquement les mâles, entrent alors en phase de pré-gavage pour une durée d’un mois environ. Durant cette phase, les canards ont accès à la mangeoire seulement une fois par jour, ils adoptent donc instinctivement un comportement boulimique, ce qui permet une dilatation de l’œsophage, une stimulation des fonctions digestives qui seront nécessaires pendant le gavage et un démarrage du processus de production de foie gras, afin de préparer au mieux le moment du gavage. Le gavage débute alors entre la douzième et la quatorzième semaine, si le poids du canard est supérieur à 2,5kg. Chez le canard, on utilise le gavage « forcé », c’està-dire qu’on le fait manger de force et abondamment. L’éleveuse introduit une pompe hydraulique dans la bouche de l’animal (figure 5) jusqu’à l’estomac pour le contraindre à manger. Le but du gavage est de provoquer la stéatose, qui est l’accumulation de graisses avec évolution du foie, de manière efficiente et rapide, afin d’avoir une amplification provoquée d’un phénomène naturel appelé zugunruhe (sentiment d’anxiété qui arrive chez les oiseaux migrateurs, accompagné de stéatose). Ceci est rendu possible par trois phénomènes : Figure 5 : Pompe hydraulique -une augmentation de la lipogenèse hépatique. pour le gavage des canards -la capacité des cellules du foie à stocker des réserves. -une diminution relative des lipoprotéines responsables du transport des triglycérides vers les tissus adipeux périphériques. Chez l’animal, le gavage a pour effet la distension immédiate de l’œsophage, accompagnée d’une augmentation de la production de graisse et de lipides et du halètement de celui-ci, avec une excrétion de matières fécales semi-liquides. Au Domaine de Saturnin, le gavage est très bien maitrisé grâce à une courbe de gavage idéale qui est adaptée à chaque animal. Nous l’avons représentée en figure 6. Les canards sont gavés deux fois par jour, au maïs entier, ramolli dans de l’eau chaude (20% d’humidité, 80% de matière sèche). En général, pour obtenir un foie gras de bonne taille (400 à 600 grammes), les canards restent en gavage 13 jours en moyenne. Pendant cette période, les animaux sont disposés par dizaine dans des parcs d'environ 4m². La salle de gavage est ventilée, ce qui permet de garder les animaux dans de bonnes conditions pour le gavage, Figure 6 : Courbe de gavage appliquée au Domaine de Saturnin même en saison chaude. Au Domaine de Saturnin, le gavage est entièrement réalisé à la main, mais il existe aujourd’hui des gaveuses électriques qui permettent d'alléger le travail de l'éleveur. Le prix d'une gaveuse s'élève environ à 1000 euros la pièce, ce qui est un investissement conséquent. Le gavage peut cependant provoquer des pathologies chez l’animal, pouvant conduire à une mortalité, telles que le mal de cou ou de jabot, qui résulte d’une introduction trop brutale de l’embuc ou de la perforation de l’œsophage lors de son passage, ou de l’asphyxie par fausse déglutition causée par le passage accidentel de maïs dans la trachée, en cours de gavage. A la sortie du gavage, les canards sont abattus sur le Domaine, puis découpés et transformés. Les foies gras sont soit utilisés en cuisine au niveau de la ferme auberge et des restaurants, soit destinés à la vente tels quels, ou transformés. Il existe plusieurs transformations possibles : foie entier, en bloc ou dans des préparations telles que le magret fourré, le cou farci… Les autres produits sont également destinés essentiellement à la cuisine dans les restaurants. Ils sont ainsi très bien valorisés. Quelques uns servent à la vente directe, mais ils sont moins rentables. Exemple : Gain de 4€ pour un canard maigre vendu à la boutique. Gain de 20 € pour un canard découpé et mis à la vente. Gain de 120€ pour un canard transformé et utilisé à la ferme auberge. Tout au long de l’élevage, Catherine Leclere fait le maximum afin de respecter le bien être de ses animaux. En effet, la prise en compte du bien-être animal dans les élevages de palmipèdes gras devient de plus en plus importante, notamment du fait de la polémique qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Les anti-gaveurs et les pro-gaveurs présentent tous deux des arguments plus ou moins justifiés. En tenant compte de ces différents raisonnements, la législation se fait de plus en plus restrictive. L’élevage des canards gras est donc soumis à des règles traitant des densités par établissement, par exploitation, de l’apport alimentaire dépendant lui-même de l’âge mais aussi des différents lieux où se développent les palmipèdes. L’interdiction d’utiliser des cages individuelles (figure 7) a d’ailleurs été prévue pour 2011 en France, du fait du peu d’espace disponible par animal. De même, le foie gras ne peut plus être produit dans les exploitations actuelles, toute nouvelle installation est impossible. Ainsi, l’intégration du bien-être de l’animal est passée jusqu’au plus haut niveau du gouvernement pour pouvoir rationnaliser l’élevage des palmipèdes gras. Figure 7 : Elevages de canards en cages individuelles Dès les débuts de son activité en 2006, Mme Leclere a rencontré des problèmes à cause de la grippe aviaire : les gens avaient des réticences à manger de la volaille. En 2008 elle a connu d’autres difficultés dues à l’augmentation du cours des céréales. Elle a également essayé de faire passer son élevage en agriculture biologique en 2008, mais cela lui a été refusé à cause de la phase de gavage. Malgré cela, la confiance est toujours présente et les perspectives pour 2009 sont ambitieuses. Ses principaux objectifs consistent à intégrer la mirabelle dans ses foies gras et à améliorer le rendement des foies, c’est-à-dire augmenter le nombre de foies gras extra. En effet, il existe différentes sortes de foie gras : - Les 1er choix ou extras : ils pèsent entre 300g et 580g et n’ont pas de défauts de texture, de couleur ou d’aspect. - Les tout-venants : leur poids est supérieur à 580g. - Les déclassés : ce sont les petits foies ou ceux qui ont des anomalies et des défauts. Nous avons donc observé, le temps d’une matinée, le fonctionnement du Domaine de Saturnin, qui est résumé sur la figure 8, ce qui a été complété par des recherches bibliographiques sur la filière des palmipèdes gras. Nous avons ainsi pu nous rendre compte des soucis que pose un élevage de canards et des problèmes que peut rencontrer un éleveur. C’est pourquoi, nous avons travaillé avec Mme Leclere, afin de lui proposer des pistes, ou des solutions pour améliorer les rendements et la qualité de sa production. Schéma d’élevage du Domaine de saturnin De 21 à 56 jours Séparation des canards en fonction de l’âge Élevage en plein air sauf si période de grand froid Apport en eau vital Alimentation à base de tourteaux de soja, de maïs, de blé et d’herbe fraîche De 56 à 90 jours Elevage en plein air 1 repas/jour à base de maïs Foie gras Magret Le gavage Uniquement les mâles Poids du canard supérieur à 2,5kg Gaveuse manuelle 2 repas / jour Maïs entier ramolli dans l’eau chaude 10 canards pour 4m² Loi : 70% céréales ; 15% maïs min.; 40% blé max. Figure 8 : Schéma récapitulatif de l’élevage au Domaine de Saturnin Partie II : Vers une amélioration des rendements et de la qualité de la viande et du foie Afin de préparer notre visite du 27 février 2009 au Domaine de Saturnin, nous avons cherché différentes innovations applicables aux élevages de palmipèdes gras, dans le but de proposer à Madame Leclere des améliorations possibles pour son système d’exploitation. En plus de l’amélioration des rendements et de la qualité de ses produits, nous nous sommes intéressés aux différentes intégrations possibles dans la logique d’un développement durable. 1. Quelques propositions d’innovations applicables à la filière des palmipèdes gras Production d’énergie à base de fientes de canards Cette innovation reste assez anecdotique à l’échelle du domaine de Saturnin. Au Pays-Bas et bientôt en Chine, les fientes des élevages intensifs de volailles sont collectées pour être ensuite transformées en énergie. Ce sont près de 440 000 tonnes de fientes par an qui vont servir à produire annuellement 270 millions de kWh, couvrant ainsi les besoins de 800 000 Chinois. Cette innovation s’inscrit dans l’intégration de la filière des volailles dans une politique de développement durable et dans une meilleure gestion des déchets organiques. Foie gras sans gavage En Espagne, un producteur connait un énorme succès avec son foie gras "éthique" appelé la "Pateria de Sousa". Il s’agit d’un foie gras d’oie ibérique biologique et sans gavage. Ce foie gras coûte tout de même la somme de 500€/kg soit 10, voire 20, fois plus qu’un foie gras classique. Depuis longtemps le gavage des canards et des oies par l’homme fait polémique et est considéré comme un acte barbare, c’est pour cette raison que la production de foie gras est interdite dans de nombreux pays comme l’Allemagne, la Pologne et la Suisse. Toutefois d’après un article dans le magasine « Que choisir » de décembre 2008 (qui se trouve en annexe 3), la solidité de cette innovation n’est pas vérifiée. En France la dénomination foie gras désigne un foie ayant subit une phase de gavage forcé, donc un pareil produit ne pourrait porter une telle dénomination, mais il pourrait prétendre à l’appellation « Agriculture Biologique ». Musique pour détendre les dindes Une expérience est entrain d’être menée en Grande-Bretagne pour évaluer l’impact de la musique sur des dindes et le genre de musique qui serait le plus efficace pour détendre les volailles (annexe 4). Cela permettrait de diminuer le stress des animaux notamment avant l’abattage. Pour certains scientifiques, cette expérience n’a pas lieu d’être et serait une supercherie visant uniquement à couvrir les bruits environnants d’un élevage industriel. D’après l’expérience de Catherine Leclere, la musique n’aurait aucun effet sur les canards, contrairement aux oies qui elles, apprécient. Elevage des canards sur mare piscicole Dans de nombreux pays, tels que le Japon et le Cameroun, l’élevage de canards est couplé à la gestion d’une mare piscicole. Les poissons sont nourris par les déchets de la ferme ainsi que les fientes de canards tandis que les canards se nourrissent de petits poissons et d’algues envahissantes pour la mare (figure 9). En effet cela présente de nombreux avantages pour l’éleveur : Figure 9 : Schéma de la complémentarité entre l’élevage de canards et une mare piscicole Augmentation des rendements de la mare Gestion naturelle de la population de poissons Augmentation du poids des canards Amélioration de la qualité de la viande de canards Elimination des algues nuisibles Meilleure oxygénation de la mare L’installation d’une mare pourrait donc améliorer les rendements et la qualité de la viande au domaine de Saturnin. Malheureusement, notre engouement vis-à-vis de cette innovation fut stoppé lorsque nous apprîmes que la Direction des Services Vétérinaires (DSV) français interdisait tout point d’eau stagnante pour l’élevage de volailles à causes des risques sanitaires. Introduction d’une période de jeûne avant l’entrée en gavage Le but recherché avant tout est de diminuer la période de gavage. L’intérêt principal de cette innovation est donc non seulement économique mais également en rapport avec le bien être des canards. Le principe est le suivant : les canards subissent un rationnement, ce qui entraine un comportement hyperphagique par la suite. Celui-ci permet alors d’introduire plus d’aliments énergétiques dans la ration et de provoquer ainsi un engraissement beaucoup plus rapide. Au sortir de la période de pré-gavage, les canards sont déjà partiellement engraissés et leurs foies sont alors beaucoup plus aptes à subir un engraissement forcé. On observe ainsi un début de stéatose hépatique (processus qui permet l’engraissement du foie et la production de foie gras). Toutefois, il faut noter que les objectifs de production restent les mêmes, seule la durée de la période de gavage est concernée. La validité ou non de cette innovation et son intérêt doivent être vérifiés par l’exploitante, le meilleur protocole de ration retenu suite à l’expérimentation, étant le suivant : • De leur arrivée sur l'élevage à 42 jours, les canards sont nourris à volonté. • Du 42ème au 79ème jour, les canards sont rationnés modérément, de l’ordre de 230 g (d’aliments utilisés habituellement) par jour. • Du 80ème au 107ème jour le rationnement est plus important, il est de 210 g par jour. • Du 108ème au 113ème jour, on réintroduit des aliments en grande quantité et riches en énergie dans les rations. Le poids des rations augmente progressivement, de 240 g à 280 puis 320, 360, 420 et à volonté. Pour une optimisation maximale, il est recommandé de donner une ration par jour le matin. Ces rations doivent comporter 15% de fructose pour un meilleur résultat. Le poids du foie devrait être d’environ 61 g au 108ème jour et de 149g au 113ème jour. En l’espace de 6 jours, on voit bien que la prise de poids est importante. Le principal défaut de cette innovation serait un rétrécissement du jabot suite à la période de rationnement. Cela pourrait entrainer des blessures lors de la période de gavage. Voici un tableau récapitulatif des innovations avec leurs avantages et les inconvénients qui ne nous permettent pas de les conserver pour les appliquer au domaine de Saturnin. Innovation Avantages Inconvénients Production d’énergie à base de fientes de canards Valorisation des déchets Coût important Production d’énergie Grande échelle (environ 440 000 tonnes de fientes/an) Foie gras sans gavage Respect de l’animal Validation des expériences Possibilité d’exportation Pas le droit à l’appellation foie gras Possibilité de labellisation en Agriculture Biologique Elevage de canard sur mare piscicole Elevage plus naturel Apport de protéines Problèmes environnementaux animales Augmentation des rendements Utilisation de musique pour détendre les animaux Détendre les animaux Intégration d’une période de jeûne avant gavage Réduction du temps de gavage Limiter le stress Présence de mare interdite par la DSV en France Peu d’impacts sur les canards Blessures au niveau du jabot Ces innovations n’étant pas intéressantes pour le domaine de Saturnin, nous avons poursuivi nos recherches. Celles-ci nous ont permis d’approfondir deux nouvelles innovations. 2. Innovations retenues pour le domaine de Saturnin Nous avons retenu, avec l’éleveuse, deux innovations susceptibles de l’intéresser et qui pourraient être intégrées à son élevage. La première innovation est l’incorporation de pois fourragers dans la ration. En effet, le maïs est un aliment idéal pour le gavage des palmipèdes car il est : -riche en amidon, source de glucides entrants dans la synthèse des lipides, qui s’effectue dans le foie, -riche en biotine, vitamine nécessaire pour obtenir un bon rendement de la synthèse lipidique, -pauvre en facteurs lipotropes, ce qui favorise l'accumulation hépatique des lipides. Cependant, sa teneur assez faible en protéines et sa relative pauvreté en lysine (acide aminé essentiel qui contribue au métabolisme des glucides) et en méthionine (acide aminé essentiel qui joue un rôle particulier dans la biosynthèse des protéines) obligent à avoir recours à des compléments plus riches en azote. Dans notre objectif d’améliorer la qualité du foie gras, nous avons donc cherché à compléter le maïs par un aliment plus riche en matières azotées, ce qui nous a conduit à nous intéresser au pois fourrager dont la teneur en matière azotée est d’environ 25%. Le pois fourrager, ou pois protéagineux, présente une composition particulière (voir figure 10) qui lui confère des propriétés nutritives recherchées dans l’amélioration de la qualité du foie gras. En effet, riche en amidon et en protéines, il est employé pour l'alimentation des palmipèdes gras pour sa richesse en énergie digestible et en lysine. Son intérêt économique et sa disponibilité sont les principales contraintes d’incorporation du pois dans les formules. D’un point de vue strictement technique, et sous réserve d’un bon équilibre de la ration en acides aminés, les limites d’incorporation sont de 20% maximum par ration. Nous avons donc comparé les apports d’une ration constituée Figure 10 : Composition du pois fourrager uniquement de maïs à ceux d’une ration composée de 80% de maïs et de 20% de pois. Pour cela, nous avons utilisé les valeurs de références du pois et du maïs, à savoir : • EM (Energie Métabolisable) maïs : 3300 kcal/kg • EM pois : 2670 kcal/kg • PB (protéines brutes) maïs : 9% • PB pois : 20,7% Les résultats ont été consignés dans les tableaux suivants : Poids de maïs donné, 2 fois par jour (en g) EM (en kcal) PB (en g) Poids de maïs et de pois donné, 2 fois par jour (en g) EM (en kcal) PB (en g) Jours 1 à 5 180 Jours 6 à 10 450 Jours 11 à 13 510 594 16,2 1485 40,5 1683 45,9 Jours 1 à 5 144g de maïs 36g de pois Jours 6 à 10 360g de maïs 90g de pois Jours 11 à 13 408g de maïs 102g de pois 571,32 20,4 1428,3 51 1618,14 57,8 Nous pouvons constater que l’ajout de pois à la ration diminue légèrement l’énergie métabolisable mais à l’inverse augmente considérablement le taux protéique, entrainant une amélioration de la qualité du foie gras. Nous avons ensuite comparé le coût de revient de ces deux rations pour estimer le surcoût dû à l’incorporation du pois, sachant que le prix du maïs est de 200€/T environ et que le prix du pois fourrager est d'environ 220€/T. Ration du gavage 10 kg de Maïs Cout du maïs Cout du pois Cout total par canard Cout annuel (1500 canards) 2,00€ 0,00€ 2,00€ 3000 € 8 kg de Maïs + 2 kg de pois 1,60 € 0,44 € 2,04€ 3060 € Nous pouvons constater que l'incorporation de pois fourrager dans la ration n'engendre pas un surcoût excessif (seulement 60€ de plus par an) comparé au coût de revient de la ration habituelle. A la vue de nos résultats, nous pourrions proposer à Mme Leclere de tester cette ration dans le but d'améliorer encore plus la qualité de ses foies gras. La deuxième innovation retenue par Mme Leclere a été l’enrichissement de la nourriture des canards en omégas 3 lors de la période de gavage. En effet, l’intégration de graines de lin dans la ration a un double intérêt : - tout d’abord, l’enrichissement de la viande et du foie en omégas 3, ce qui peut être ensuite valorisé au près du consommateur avec la mention « enrichi en omégas 3 » lors de la vente de ces produits; - surtout, l’obtention de foies gras de meilleure qualité (grâce à la diminution du taux de fonte). En effet l’éleveuse pourra ainsi vendre son foie gras à un meilleur prix puisqu’il sera classé dans une catégorie supérieure. Ceci est également un avantage pour cuisiner le foie et offrir à son restaurant des produits de meilleure qualité. De plus, les omégas-3 semblent avoir à jouer un rôle important dans notre future alimentation. La part des lipides dans notre alimentation est importante et nécessaire. Toutefois, dans les pays développés cette consommation peut être qualifiée d’excessive et déséquilibrée, ce qui se traduit par l’augmentation de l’incidence des maladies comme l’obésité (14,4 millions de personnes en surpoids en France, figure 11), ou encore des maladies cardiovasculaires (1 décès sur 2 en Europe). Figure 11 : Evolution du surpoids et de l’obésité en France entre 1980 et 2006 chez l’enfant et entre 1997 et 2003 chez l’adulte Ces omégas exercent de nombreux rôles physiologiques, notamment comme constituants des membranes cellulaires ou encore comme régulateurs du métabolisme lipidique. Leur non consommation peut favoriser les maladies cardiovasculaires (figure 12), auto-immunes, inflammatoires, ou encore le diabète, d’où l’engouement actuel pour ces acides gras. Nous verrons donc plus en détails les modalités de la mise en place de cette innovation dans une troisième partie, grâce à une étude transversale de l’éleveur au consommateur. Figure 12 : Effet des omégas 3 (apportés par de l’huile de poisson enrichie) sur le taux de mortalité en France Partie III : Exemple d’une amélioration de la qualité : l'enrichissement du foie et de la viande en omégas 3 L’innovation ayant retenue notre attention est l’enrichissement de la viande et du foie des canards par les omégas 3. Cette idée d’innovation a été initiée par un constat : la présence de plus en plus forte de produits de consommation enrichis en omégas 3, comme le lait ou le beurre. Au quotidien, nous sommes assaillis de publicités vantant les bienfaits de ces produits sur la santé, notamment sur le système cardiovasculaire (par exemple les publicités Danacol, Fruit d’or, Candia ou encore Bongrain). Cela pousse sans aucun doute le consommateur à se tourner de plus en plus vers des produits « bons pour la santé ». En France, les aliments «anti-cholestérol» totalisaient 600 millions d'euros en 2007, selon l'analyste Precepta. Photo DNA-Laurent Réa. Nous avons donc décidé d’effectuer une étude, la plus complète possible, sur cette innovation potentielle. Elle est axée tout d’abord sur la présentation des omégas 3 et de l’aliment utilisé pour enrichir la viande et le foie (à savoir la graine de lin). Ensuite, nous avons travaillé sur l’élaboration d’une ration applicable au canard et viable économiquement et enfin, sur la stratégie qui pourrait être mise en place pour inciter le consommateur à acheter ces produits. Cette dernière partie s’appuie sur un sondage effectué auprès du consommateur. 1. Que se cache-t-il vraiment derrière l’appellation Omega 3 ? Avant de se lancer dans ce projet, il était nécessaire de s’informer sur le mode d’action des omégas. En quoi sont-ils bons pour la santé ? Quel(s) aliment(s) utiliser pour un apport optimal en omégas ? Y aura-t-il modification de la flaveur des aliments ? Nous avons essayé de répondre à toutes ces questions, par de nombreuses recherches. Quels sont les effets d’une alimentation équilibrée en omégas 3 pour le consommateur ? Le rééquilibrage du rapport omégas 3 / omégas 6 a de nombreux avantages pour la santé du consommateur. En effet, il : • • • • • Optimise le fonctionnement du cœur en diminuant la tension artérielle et la formation de caillot dans les artères. Limite l’inflammation et prévient les maladies inflammatoires. Régule l’humeur et lutte contre la dépression en augmentant les neurotransmetteurs responsables de la bonne humeur. Prévient certains cancers. Prévient les risques d’obésité en amplifiant l’utilisation des graisses au dépend de leur stockage. Devant le nombre important d’études au sujet des omégas 3 et de leurs nombreux bienfaits, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments préconise un apport journalier de 2g/jour et un rééquilibrage omégas 6/omégas 3 aux environs de 4. Celui est réalisable en favorisant une alimentation riche en produits de la mer et en favorisant les matières grasses d’origine végétale. Quel aliment utiliser pour enrichir la viande et le foie des canards en omégas 3? Nombreux sont les aliments à fournir ce type d’acides gras. On distingue ainsi les produits marins comme les algues ou les poissons gras ainsi que les noix, les légumes verts, le soja, le colza ou encore le lin. Après avoir consulté un certain nombre d’études sur l’enrichissement de la viande de lapin, de ruminants ainsi que d’agneaux, nous avons remarqué la prédominance de l’utilisation de graines de lin extrudées. Notre choix s’est alors également porté sur cette graine. En effet, avec 60% des acides gras de type omégas 3, le lin est la graine la plus riche en omégas 3 (contre 8% pour le soja par exemple et 10% pour le colza). Graines de lin entières Graines de lin extrudées Ces graines de lin ne peuvent pas être consommées telles quelles par les palmipèdes mais doivent subir un processus appelé extrusion. En effet, les graines entières ont de bonnes valeurs nutritionnelles mais sont difficilement digestibles. L’extrusion dégrade partiellement les parois cellulaires des graines, ce qui permet une bonne digestibilité. Le tourteau de lin, quant-à lui, contient peu d’omégas et présente donc peu d’intérêt. Quels sont les effets de l’incorporation de graines de lin sur la qualité de la viande et du foie, ainsi que sur le goût et la texture? Le foie gras (d'oie ou canard) accroît sa concentration lipidique au cours du gavage : les lipides représentent 2 à 5 % du poids de foie de l'animal prêt à gaver et 55 à 60 % du poids du foie en fin de gavage. Lors du traitement thermique, une partie des lipides accumulés pendant la phase de gavage peut migrer de la structure cellulaire vers la surface du foie : il s'agit du phénomène de fonte. Le principal critère de qualité technologique du foie gras est la fonte lipidique qui résulte de l’exsudation extra-hépatique des graisses sous l’effet de la chaleur (pasteurisation et stérilisation). La fonte lipidique est donc préjudiciable tant à la qualité visuelle qu’organoleptique du foie gras. Conférer davantage de souplesse aux membranes des hépatocytes pour assurer une meilleure résistance à l’hypertrophie cellulaire engendrée par le stockage des graisses permettrait de répondre à ce problème technologique majeur qui se pose dans la production de foie gras. Cet objectif pourrait être atteint grâce à un apport alimentaire d’oméga-3, en supposant que cet acide gras se loge préférentiellement dans les phospholipides membranaires des cellules. Pour vérifier cette hypothèse, un essai (réalisé par le CRA-W en collaboration étroite avec Messieurs Delmotte et Fameree de la Direction générale de l'Agriculture de la Région wallonne) a été mené sur deux lots de 280 canards Mulards recevant soit l’aliment de gavage seul (pâtée maïs grain), soit l’aliment de gavage contenant 2% de graines de lin extrudées (source d’omégas-3). L’ajout de quelques 2% de graines de lin extrudées dans l’alimentation du canard durant 13 jours de gavage suffit à enrichir naturellement la viande (cuisse et magret) en omégas-3, acides gras bénéfiques pour la santé humaine (d’après l’étude en annexe 5). Cet acide gras augmente aussi dans les tissus hépatiques mais en plus faible proportion. Le taux de fonte de rouleaux de foie gras mesuré le jour d’abattage des canards est plus faible pour le lot« lin » (0,5% contre 3,5% pour le lot « témoin »). Après 24 heures, le taux de fonte augmente sensiblement pour les foies des deux lots mais l’écart initial de 3 points est conservé (9,7% contre 12,8% respectivement pour les lots « lin » et « témoin »). En outre, la mesure d’un taux de fonte de laboratoire confirme cette tendance. Ces résultats semblent donc conforter notre hypothèse, à savoir que la fonte lipidique peut être diminuée par l’ajout d’une source alimentaire d’omégas-3. Les diverses expériences montrent également qu’il n’y a pas de modification du goût des aliments. Ainsi, l’inclusion de 2% de graines de lin extrudées dans l’alimentation des canards au cours du gavage permettrait à l’éleveuse d’obtenir des foies gras de meilleure qualité et donc d’en tirer un meilleur prix à la vente. Tout ceci sans tenir compte de l’éventuelle influence qu’aurait le label « enrichi en omégas-3 » sur l’étiquette du produit. Après cette première approche, nous avons essayé de déterminer la proportion de graines de lin à intégrer à l’alimentation des canards mulards en période de gavage. 2. Une intégration réfléchie des omégas 3 dans l’alimentation des canards Habituellement, l’éleveuse utilise une technique de gavage avec des quantités de maïs qu’elle juge optimales. De plus, elle met le maximum de la ration possible (au niveau capacité d’ingestion), donc nous ne pouvons pas augmenter le poids d’aliments fournis. L’étape du gavage étant très rapide et caractérisée par un déséquilibre nutritionnel, nous ne pouvons pas à nous référer à des tables nutritionnelles, comme nous l’a confirmé M. Guy, chercheur à l’INRA. Il nous a également dit que la texture et l’encombrement de la ration donnée aux canards ne seraient pas modifiés par une incorporation de seulement 2% de graines de lin. Pour les différentes phases de la période de gavage, nous avons calculé l’énergie contenue dans la ration, ainsi que sa teneur en protéines et plus particulièrement en lysine. Ces données sont contenues dans le tableau ci-dessous. Poids de maïs donné, 2 fois par jour (en g) EM (en kcal) PB (en g) Lysine (en g) Jours 1 à 5 180 Jours 6 à 10 450 Jours 11 à 13 510 594 16,2 0,45 1485 40,5 1,13 1683 45,9 1,28 Nous allons détailler les calculs pour les jours 1 à 5 (ce sont les mêmes pour les autres phases). Pour l’EM (Energie Métabolisable) : On prend le poids de maïs que l’on met en kg, et l’on multiplie ce poids par le QM (quantité métabolisable) d’une volaille, qui est de 3 300 (valeur trouvée dans des tables spécifiques, en annexe 6). D’où : EM = 0,180*3300=594 kcal. Pour le PB (Protéines Brutes) : On prend le poids de maïs que l’on met en kg, et l’on multiplie ce poids par 0,09 (valeur trouvée dans table des volailles, en annexe 6). D’où : PB=0,180*0,09=16,2g. Nous proposons de changer la ration des canards en gavage, afin d’enrichir leur foie en omégas 3. Pour cela, nous proposons de faire un mélange avec 98% de maïs et 2% de graines de lin extrudées, comme le préconise le résultat de l’enquête en annexe 5. Nous avons donc, de la même manière que précédemment, recalculé l’EM, le PB et la teneur en lysine pour cette nouvelle ration, ainsi que le poids de maïs et de graines de lin à fournir pour chaque phase. Cela est résumé dans le tableau ci-dessous. Poids de lin et de maïs donnés deux fois par jour (en g) EM (en kcal) PB (en g) Lysine (en g) Jours 1 à 5 176,4 g de maïs 3,6 g de graines de lin Jours 6 à 10 441 g de maïs 9 g de graines de lin Jours 11 à 13 499,8 g de maïs 10,2 g de graines de lin 593 16,6 0,47 1482 41,5 1,18 1679,8 47 1,33 Cette nouvelle ration permettrait donc d’enrichir le foie des canards en omégas 3, dont les bienfaits sur la santé humaine, et la qualité du foie des canards ont été présentés précédemment. De plus, on peut constater que cette nouvelle ration ne modifie que très peu l’EM, le PB et la teneur en lysine lors des différentes phases de gavage. Elle pourrait donc être testée dans le but de l’appliquée en élevage ensuite. D’un point de vue économique, nous avons ensuite comparé le coût de cette nouvelle ration à la ration utilisée actuellement par l’éleveuse, dans son exploitation. Cela est résumé dans le tableau ci-dessous. Ration du gavage Coût du maïs Coût du lin Coût total par canard Coût annuel (1500 canards) 10 kg de Maïs 2,00€ 0,00€ 2,00€ 3000 € 9,8 kg de Maïs + 200g de lin 1,96 € 0,074 € 2,034 € 3051 € Pour gaver un canard, il faut 10 kg de maïs. Dans notre cas, il faut donc 9,8kg de maïs et 200g de graines de lin par canard. Pour gaver 1500 canards, c’est-à-dire le nombre total de canards gavés au Domaine de Saturnin, cela coûte 51 euros de plus que s’ils étaient gavés au maïs uniquement. Ces 51 euros pourraient être rentabilisés par un taux de fonte moindre pour le foie gras enrichi aux Omégas 3. Pendant la période de gavage, qui dure environ 15 jours, un canard ingurgite 10 kg de maïs. Or le maïs est acheté 200€/T soit 0,2€/kg. Durant la période de gavage, le canard mange l’équivalent de 2€ de maïs. Si on intègre 2% de graines de lin extrudées à la ration du gavage, cela représente 200g. Le groupe Velorex se propose de livrer des graines de lin extrudées à 372€/tonne si l’approvisionnement se fait entre Août et Octobre (voir la fiche technique des graines de lin en annexe 7). Pour les 200g de la ration de gavage d’un canard cela représente 7,4 centimes ainsi que 9,800kg de maïs soit l’équivalent de 1,96€. Soit un total de 2,03 € pour un gavage enrichi en graines de lin, soit un surplus de 0,03 centimes par canard. Sachant que l’élevage gave 1500 canards par an, cela représente un surcoût de 51 € par an ! 3. Une petite révolution pour le consommateur ? Le consommateur est le dernier maillon du processus de commercialisation d’un produit, c’est aussi l’acteur qui permet la réussite ou l’échec d’un nouveau produit. Pour nous, le projet de foie gras enrichi en omégas 3 présente de nombreux avantages, que ce soit pour l’éleveuse et pour le consommateur. Toutefois, nous ne pouvons pas prévoir les réactions des consommateurs face à une modification du foie gras. Le foie gras est un produit traditionnel, qui est associé au plaisir de la table et aux périodes de fêtes. Est-ce compatible avec la notion d’innovation pour faire du foie gras « bon » pour la santé ? Pour connaître l’avis des consommateurs nous avons décidé de réaliser un questionnaire, présenté en annexe 8, que nous avons mis en ligne sur Internet pour avoir le maximum de réponses. L’ensemble des réponses se trouve en annexe 9. Nous avons eu de nombreuses interrogations quant-aux bienfaits et aux effets réels des omégas 3 sur la santé. Nous nous sommes rendu compte que les consommateurs ne sont pas ou peu informés vis-à-vis de l’importance du rapport omégas 3 sur omégas 6. Ce questionnaire nous a permis de répondre à quelques questions que nous nous posions sur la vision des consommateurs, nous allons vous les exposer ici : Que pensent les consommateurs à propos des omégas 3 ? On peut constater à l’aide de la figure 13 que seules 44% des personnes interrogées pensent que les omégas 3 sont bons pour la santé. Or nous savons grâce à notre recherche bibliographique que les effets des omégas 3 dans une alimentation saine diminuent les risques de maladies cardiovasculaires et réduisent les risques d’obésité infantile. Nous pouvons en déduire que les consommateurs ne Que pensez-vous des omegas 3 ? 17% 44% 11% 28% C'est bon pour la santé C'est un coup marketing des industriels Je suis sceptique vis-à-vis des omegas 3 Je n'ai pas d'avis Figure 13 : Vision des consommateurs sur les omégas 3 sont pas assez informés sur les bienfaits des omégas 3. Les consommateurs sont-ils prêts à acheter un foie gras enrichi, s’il est plus cher qu’un foie gras classique ? On peut voir sur la figure 14 que si le prix est identique, 1/3 des personnes interrogées seraient prêtes à tenter le foie gras enrichi en omégas 3. Par contre, si celui-ci est plus cher, seules 9% des personnes sont prêtes à essayer le foie gras enrichi. choix (%) importance du prix dans le choix des consommateurs 100,0 90,0 80,0 70,0 60,0 50,0 40,0 30,0 20,0 10,0 0,0 90,3 62,1 37,9 Enrichi en omegas 3 classique 9,7 si foie gras enrichi est plus cher prix identique Figure 14 : Vision des consommateurs sur le prix du foie gras A l’heure où la crise économique et la baisse du pouvoir d’achat sont présentes dans tous les esprits, cette réaction des consommateurs est compréhensive. Toutefois, est ce que Madame Leclere peut se permettre de continuer de vendre ses produits au même prix malgré le changement d’alimentation de ses canards qui entraine un léger surcoût annuel ? A l’heure actuelle, les consommateurs ne sont pas prêts à payer plus cher pour du foie gras enrichi en omégas 3. Nous avons réalisée une étude comparative pour voir si les produits enrichis en omégas 3, déjà présents sur le marché, sont plus chers que les produits classiques. Pour cela, nous avons comparé des margarines ayant la même marque et la même quantité, l’une étant enrichie en omégas 3 et l’autre ne présentant aucune allégation santé. On peut voir les résultats sur la figure 15, et on observe des augmentations de prix de l’ordre de 13% pour la marque St Hubert, mais cela peut aller jusqu’à plus de 80% d’augmentation de prix pour Planta fin et Carrefour. Ces écarts de prix peuvent être expliqués par le coût marketing que doivent investir les industriels pour faire connaître les bienfaits des omégas 3 à travers des spots publicitaires notamment. 0g Figure 15 : Comparaison des prix de différentes marques de margarines avec et sans omégas 3 M G 25 25 0g G M 60 % % 60 Sans omégas 3 be rt f in Avec omégas 3 hu ta Pl an be rt hu or d' on 50 M G 60 % M % 60 60 % 'or Fr ui td 0g g 50 0 G 50 M M % 60 f in ta Pl an G G 50 0 G M % 60 ur fo rre 0g 50 0g 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 g Prix (€/kg) Comparaison des prix de margarine avec et sans omégas 3 St St ut Bo Ca Toutefois nous constatons qu’à prix égal, la majorité des consommateurs n’achèterait pas le foie gras enrichi, alors que celui-ci présente une valeur ajoutée plus importante et surtout un effet positif sur la santé. L’attente des consommateurs semble mettre un coup d’arrêt à notre projet, car le consommateur n’est pas prêt à acheter du foie gras enrichi en omégas 3. Quelle est la vision du consommateur sur l’initiative d’enrichir le foie gras en omégas 3? Pour comprendre la réaction des consommateurs vis-à-vis de notre initiative, nous pouvons voir sur la figure 16 que seul ¼ des consommateurs pense que le fait d’enrichir le foie gras est une bonne idée et 20% semblent très négatifs vis-à-vis de notre démarche. La grande majorité des consommateurs pensent que le processus d’enrichissement du foie gras en omégas 3 n’est pas important. Que pensez vous du fait d'enrichir le foie gras en omegas 3 ? 17% 58% C'est une bonne idée Figure 16 : Vision des consommateurs sur le foie gras enrichi en omégas 3 25% Ca ne me parait pas important Ca ne sert à rien Suite à ces résultats plutôt décevants, nous avons voulu recouper les réponses des consommateurs qui seraient susceptibles d’acheter les produits de Mme Leclere. C’est pour cela que nous avons choisi de nous intéresser : - aux consommateurs du grand Est de la France, à proximité du Domaine de Saturnin, - aux consommateurs qui s’approvisionnent en vente direct, puisque les produits du domaine ne sont pas présents en grandes surfaces, - aux consommateurs prêts à acheter du foie gras enrichi en omégas 3 au même prix qu’un foie gras classique. Profil des consommateurs du Grand Est de la France • Consommateurs occasionnels de foie gras : 80% des consommateurs interrogés achètent du foie gras 3-4 fois par an, ce qui est plus que la moyenne nationale. • S’approvisionnent peu en direct chez le producteur : cela s’explique par la faible présence de producteurs dans l’est de la France. • Sont des consommateurs réguliers d’omégas 3. • ¼ est prêt à acheter du foie gras enrichi en omégas 3. • Associent majoritairement les omégas à leurs bienfaits sur la santé. Profil des consommateurs s’approvisionnant chez les producteurs uniquement • Consommateurs occasionnels de foie gras : 61% des consommateurs interrogés achètent du foie gras 3-4 fois par an. • Ils consomment peu d’omégas 3 dans la vie courante et semblent donc peu favorables aux omégas 3. • Pensent qu’enrichir le foie gras en omégas 3 n’est pas important et qu’il s’agirait plus d’un coup marketing : ceci, et le fait de ne pas consommer des produits enrichis en omégas 3 régulièrement, peut s’expliquer par un manque d’information sur l’effet des omégas 3 sur la santé. • 78% continueraient à acheter du foie gras classique, même si celui enrichi était au même prix. • La plupart serait des consommateurs du sud-ouest de la France, ce qui peut être dû au nombre assez important de producteurs de foie gras dans cette région. Profil des consommateurs étant prêt à acheter du foie gras enrichi en omégas 3 au même prix qu’un foie gras classique : • Quasiment la moitié ne donne pas d’importance au fait que le foie gras soit enrichi aux omégas 3, alors que les autres penchent vers le foie gras enrichi parce que « c’est bon pour la santé » ; • Ils n’achètent pas forcément des produits courants enrichis aux omégas 3 ; • Ils consomment du foie gras entre une à quatre fois par an ; • Ils se fournissent plutôt en grande surface et peu chez les producteurs. Ainsi, selon les résultats des expériences sur la qualité du foie enrichi aux omégas-3, nous conseillons plusieurs choses à Mme Leclere : -si, après expérience, le foie gras enrichi est de qualité équivalente au foie gras classique ; elle peut convertir un peu moins de 10% de sa production vers un foie gras enrichi. Ceci pour satisfaire la faible demande actuelle, mais également en prévision d’un engouement futur pour les produits riches en omégas 3. En effet la première cause de mortalité en France est les maladies cardiovasculaires et les omégas 3 permettent de lutter contre ce problème. -si le foie gras enrichi est de qualité supérieure au foie gras classique, elle peut alors convertir une majorité de sa production, compte tenu du coût peu élevé de l’enrichissement de la ration avec des graines de lin et n’afficher que sur 10 % de ses étiquettes qu’il s’agit de foie gras enrichi, pour ne pas effrayer les consommateurs réticents. CONCLUSION CONCLUSION Les recherches bibliographiques nous ont permis d’avoir une vision plus précise de la filière des palmipèdes gras et de poser des questions cohérentes à l’éleveuse lors de notre visite. En collaboration avec Madame Leclere, nous avons orienté notre travail vers ses priorités. Nous avons appris à ce moment là que si une innovation peut nous paraître très intéressante, elle n’intéresse pas forcément notre collaboratrice. Il a fallu nous adapter à ses conditions d’élevage particulières, d’où l’importance de connaître les réelles motivations de Madame Leclere. En nous appuyant sur nos recherches, nous proposons à Madame Leclere un protocole expérimental, mis en annexe 10, pour qu’elle puisse expérimenter l’enrichissement de la ration des canards. Nous avons réussi à avoir un contact avec Guillaume Chesneau du groupe VALOREX spécialisé dans les produits extrudés. Il s’engage à envoyer à Madame Leclere un échantillon de graines de lins extrudées si celle-ci souhaite appliquer notre protocole expérimental. Nous croyons réellement en notre projet et en l’importance future des omégas 3 dans notre alimentation. Cette importance a été confirmée par une déclaration du ministre de l’agriculture, Michel Barnier en février 2009. Celui-ci a annoncé les 10 priorités pour relancer l’innovation dans les industries agroalimentaires (annexe 11), les deux premiers points étant : 1.Promouvoir une alimentation bénéfique pour la santé et le bien-être, 2.Concevoir une alimentation de l’animal favorisant la santé et le bien-être de l'homme et préservant les ressources naturelles ainsi que l’environnement : Il s’agit en particulier de favoriser les projets R&D dans le domaine des aliments pour animaux à haut potentiel nutritionnel enrichis en oligo-éléments issus de céréales, ou les aliments à base de lin enrichis en oméga 3. L’intégration de graines de lin semble une voie prometteuse pour atteindre les objectifs ambitieux du Plan National de Nutrition Santé, qui promeut une alimentation plus saine et une activité physique régulière. Nous retiendrons de cette expérience, la différence entre les informations que l’on peut trouver dans la littérature et ce qu’il se passe réellement dans les entreprises au quotidien. Nous avons pris en compte que dans l’industrie agroalimentaire le consommateur est « roi » et que même si une innovation semble prometteuse, seul le consommateur est en mesure de juger de sa viabilité sur le marché. En ce qui concerne le travail de groupe, nous avons appris à nous adapter au rythme de chacun, nous avons su gérer les tensions qui se sont crées au fur et à mesure. BIBLIOGRAPHIE Articles de revue : Auvergne A., Leprettre S., Babilé R., Dubois J.P. 2006. 7èmes Journées de la Recherche sur les Palmipèdes à Foie Gras, Arcachon, 18-19/10/2006, (sous presse). COMITI, Antoine. L’INRA au secours du foie gras. Editions Sentience, 2006. 271 pages. NORMAND, Jérôme. Incidence d’un apport d’acides gras polyinsaturés en cours d’engraissement sur la qualité des viandes de gros bovins. Juin 2004. BOURRE, J-M. Enrichissement de l'alimentation des animaux avec les acides gras omégas 3. Médecine/Sciences. 2005. RONDIA, Pierre. Les oméga-3 : vers une meilleure maîtrise de la qualité diététique et technologique du foie gras de canard. CRA-W Info n°8.2005. Sites internet : Process alimentaire [En ligne] Josselin Moreau, 2009 [consulté le 31 mars 2009]. Disponible sur : http://www.editionsduboisbaudry.fr/bi/article.php?action=pa&id=45049 Plan de nutrition santé (PNNS) [En ligne] Ministère de la santé et du sport, mars 2009 [consulté le 2 avril 2009]. Disponible sur : http://www.santesports.gouv.fr/dossiers/sante/nutrition-programme-national-nutrition-sante-pnns/nutritionprogramme-national-nutrition-sante-pnns-sommaire.html Les oméga-3 [En ligne] Axis media, [Consulté le 21 mars 2009] Disponible sur : http://www.lanutrition.fr/Les-om%C3%A9ga-3-d-100.html Agriculture à vocation santé [En ligne] Association Bleu-Blanc-Cœur, 2008[Consulté le 17 mars 2009] Disponible sur : http://www.bleu-blanc-coeur.com/ La viande de canard : production et principales caractéristiques [En ligne] INRA ,1996-2008 [Consulté le 12 février 2009] Disponible sur : http://www.inra.fr/productionsanimales/spip.php?article264 Production des oies [En ligne] FAO [Consulté le 12 février 2009] Disponible sur : http://www.fao.org/DOCREP/004/Y4359F/y4359f00.htm Le canard de barbarie [En ligne] INRA [Consulté le 17 février 2009] Disponible sur : http://www.inra.fr/internet/Directions/DIC/presinra/SAQfiches/canardbarb.htm Foie gras[En ligne] Wikipédia [Consulté le 17 février 2009] Disponible sur : http://en.wikipedia.org/wiki/Foie_gras Unité de Recherche Avicoles, [En ligne], INRA Centre Tours, 2004, Disponible sur : http://wcentre.tours.inra.fr/sra/internet/resultats/actuels/foiegras.htm Tout savoir sur la production de Palmipèdes à Foie Gras[En ligne], Fédération Nationale des producteurs de Foie Gras, Juillet 2007, Disponible sur : http://www.elevage-gavage.fr/elevage-palmipedes-foie-gras.html ITAVI - Institut Technique de l'AVIculture[En ligne], Disponible sur : http://www.itavi.asso.fr Le Pois [En ligne], Wikipédia, [Consulté sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Petit_pois le 17 avril 2009] Disponible Le Pois Fourrager et Protéagineux, [En ligne], ENVL, [Consulté le 17 avril 2009] Disponible sur : http://www2.vet-lyon.fr/ens/nut/webBromato/cours/cmprotea/presepoi.html Utilisation du pois protéagineux [En ligne], gnis, [Consulté le 17 avril 2009] Disponible sur : http://www.gnis-pedagogie.org/pages/plantaprotein/pois/35.htm Des dindes plus zen, [En ligne], Science et technologie, Octobre 2008, Disponible sur : http://www.mdeie.gouv.qc.ca/index.php?id=4854#c107123 ANNEXES Annexe 1 : Poster Annexe 2 : Questionnaire destiné à Madame Leclere Annexe 3 : Article « Que choisir » : Peut-on faire du foie gras sans gaver les volailles ? Annexe 4 : Musique relaxante pour les dindes anglaises Annexe 5 : Effet des graines de lin sur la quantité d’omégas 3 contenus dans le foie et la graisse intramusculaire de canards gavés Annexe 6 : Tables de ration Annexe 7 : Fiche technique des graines de lin Valorex Annexe 8 : Questionnaire destiné aux consommateurs sur le foie gras enrichi en omégas 3 Annexe 9 : Analyse des réponses du questionnaire consommateurs Annexe 10 : Protocole d’expérimentation Annexe 11 : Les dix priorités du ministre de l’agriculture pour relancer l’agroalimentaire ANNEXE 1 : POSTER Comment Comment optimiser optimiser les les conditions conditions d’élevage d’élevage des des canards canards pour pour améliorer améliorer la la qualité qualité de de leur leur foie foie et et de de leur leur viande? viande? LLaa France France eest st le le pr premi emier er producteur producteur et etco consommateur nsommateur de de foie foie gras. gras. Cel Celui-ci ui-ci est est obtenu obtenu àà parti partirr du du foie foie d’ d’un un canard canard gavé. gavé. En En effet, effet,llee ggavage avageco consiste nsiste en en une une accumulation accumulation de de lilipides pides dans danslleefoi foieedu dueeàà un un app apport ort énergétiq énergétique ueiimpor mportant. tant. N Nous ousavons avons déterminé déterminé les lesco conditions nditions opti optimales males d’élevag d’élevageeau au cours cours de de la la viviee du du canard canard afi afinn d’obtenir d’obtenir le le meill meilleur eurpr produit oduitppossi ossible, ble,tout tout en en tenan tenanttcompte compte du du bien bien être être de de l’ani l’animal mal.. Choix Choixdes desraces races:: Barbarie BarbarieÆt Ætrès rès bonne bonneviviande ande Pék Pékinin Ætrès Ætrès bonne bonneviande viande Mulard Mulard(barbarie (barbarieccrois roisééavec avecpékin) pékin) Ætrès Ætrès bon bonffoioie,e,bonne bonneviande viande F o ie gFras o ie De 1 à De 1 à 550 jours 0 jours TTem pér rredu vver em pératu atu edubâtiment bâtimentété été(16) (16)/ /hihi er(13) (13) Séparation Séparationdes descanards canardsen enfonction fonctionde del’âge l’âge 113000 aximum eevage 3000canards canardsm m aximumpar par élél vage 77,5,5canards/m2 canards/m2 g ras Mag Magret ret Pas ences Pasde decontraintes contraintesninid’exig d’exig ences Apport Apporten eneau eauvital vital SSortie ispensab leleààpartir ortieind ind ispensab partirde de22semaines semaines dans i eu é.é. dansun unmil mil i eunon nonbétonn bétonn LL e g e gaavag vagee Gaveus eeélectrique ajoritaire Gaveus électriquem m ajoritaire Anti bbiotique ter Anti iotiqueinin terditdit 44canards/m 2 canards/m2 25 jo 25repas: repas: 22àà33par paro jur ur Augm entation ju Augm entation20g/repas 20g/repasu jsqu’à squ’à400g 400g 98% de matière sèc he eerrou 98% de matière sèche==maïs maïsenti enti ou concas sé concas sé De 50 De 50 à à 90 90 jours jours El eevage l ebotis El vagesur surcail cail l ebotisinterdit interdit ((19 999)? 19 9)? Cages n i dividu elles terdites Cages n i dividuellesinin terdites en en2011 2011en enFrance France 11rerepas/jour eede pas/jourààbas bas demaïs maïs LLoioi: :70% 70%céréales céréales; ;15% 15%maïs maïs min.; ax. min.;40% 40%blé blém m ax. Pour plus Pour aller aller plus plus loin: loin: Elevage Elevageddes escanards canards sur sur étangs étangspiscicoles: piscicoles: Les Les canards canards entreti entretiennent ennent l'étang l'étang en ense senourris nourrissant sant des despois poissons sons qui quisseenourri nourriss ssent ent eux eux mêmes mêmes des desrési résidus dus aliment alimentaiaires res des des ccanards anards Rotati Rotation onélevage élevageddeecanards canardssur sur mare mareet etriz riziculture iculture Essai d'él evage de canards l ié à l 'élevage Essai d'él evage de canards l ié à l 'élevageddeemoules moules Production d e foi e gras sans le gavage Production d e foi e gras sans le gavage (période d'élevage s ur un an)? (période d'élevage s ur un an)? EEssai ssaid' d'écoute écoutede demusiqu musiqueeen en vue vuede de détendre détendrel'anim l'animal al ((cchants d'oi seaux , brui ts de la forêt .. .)? hants d'oi seaux , brui ts de la forêt .. .)? z z z z z z z z z z Nos Nosre recher cherches ches nous nousont ontpermis permis d'é d'établir tablir ce ce modèle modèled'élevage. d'élevage.A A part partirir de de celui-ci, celui-ci,nous nous avons avons réalisé réalisé une une grille grille d'évaluation d'évaluationnous nouspermettant permettantd'établir d'établirun undiagnostic diagnostic de de l'l'élevage élevagedu duDomaine Domaine de de Saturnin. Saturnin. En Enprenant prenant en encompte compteles les attente attentessde del'é l'éleve leveuse, use, nous nous proposerons proposerons différente différentess innovations innovationsdans dans l'optique l'optique d'améliorer d'améliorer les lesqua qualités litésdu dufoie foie gras gras.. Affic he eeAntoine, éémence bbault ooriarianne lain, anteteDev illairs, ssKod aday, y,y,Cam ille eeSc hmitt éémentine eet.t. Affic heréalisée réaliséepar par :Elodi :Elodi Antoine,Cl Cl menceBoutfol, Boutfol,Thi Thi aultBricks, Bricks,FlFl nneChap Chap lain,Je Je an-Baptis Baptis Dev illairs,Yanni Yanni Kod aday,Marion MarionPiot-ragouc Piot-ragouc Cam illePlasse, Plasse,Sophi Sophi Sc hmittetetCl Cl mentineWall Wall ANNEXE 2 : QUESTIONNAIRE DESTINE A MADAME LECLERE Races : Quelles races sont utilisées ? Poulet, coq, poule, poularde, chapon, canard de Barbarie, canard Mulard, oie grise de Toulouse : 1500 palmipèdes gras, 1500 gallinacées Les races sont‐elles utilisées pour des produits Barbarie : viande maigre non gavée (dur à gaver spécifiques ? car le jabot se dilate moins bien), chair dense et goûteuse, mauvaise reproduction, petit foie de 360‐380g Mulard : 500‐600g de foie gras par canard, bonne qualité de chair et bonne reproduction (mère Barbarie qui a une bonne viande mais pond peu d’œufs, père Pékin qui pond beaucoup d’œufs) Qu’est ce que ça apporte d’élever les oies en L’oie permet de gagner plus d’argent que le parallèle des canards plutôt que d’élever juste canard, mais elle est plus vendue pour sa chair des canards ? (3kg de foie gras d’oie vendus par an, contre 200kg pour le canard) Origines des canetons : Fournisseurs ou naissance dans l’élevage ? Fournisseurs Combien sont élevés par cycle ? 150 canards par lot, avec environ 1 lot par mois Combien de cycles par an ? 12 (1 par mois environ) Si les canetons sont reçus à 1 jour, quels sont les Ils sont reçus à 3 semaines et ont passé 3 soins prodigués avant ? semaines chez un éleveur dans la Meuse, sous couveuse (elle sait exactement les soins prodigués, ce qu’ils ont mangé…). Les canards arrivent vaccinés (d’après la loi) Les canetons subissent‐ils des transformations Bec, ailes ou griffes non coupées. Sauf chez les (ailes, bec) ? canettes de Barbarie, où les plumes des ailes sont coupées pour ne pas qu’elles s’envolent. A‐t‐elle des femelles reproductrices sur Pas de femelles reproductrices, mais si elle voit l’élevage ? qu’une femelle couve, elle la laisse couver tranquillement. Quelles sont les vaccinations ? Canards arrivent vaccinés, plus de médicaments après. Alimentation : Combien il y a‐t‐il de types d’alimentation par 2 types d’alimentation avant le gavage : rapport aux âges ? • Pendant 6 semaines : tourteaux de soja, vitamines, protéines pour la phase de croissance • Puis plus grands : parcs avec herbe et vers, complété avec du maïs Où se fournit l’éleveuse ? A la coopérative agricole de Lorraine (500€/quintal pour la phase de 6 semaines de croissance) Quelles sont les caractéristiques de Phase de croissance : plus besoin de protéines et l’alimentation en fonction des âges (lipides de vitamines qu’après. privilégiées, protéines…) ? Les canards sont‐ils nourris en fonction de leur Oui pendant le gavage poids ? Phase de gavage : Y a‐t‐il une technique de pré‐gavage particulière L’éleveuse ferme les mangeoires, et ne les ouvre pour faciliter le gavage (comportement qu’une fois par jour pour que les canards boulimique, diminution du nombre de repas) ? ingèrent un maximum d’aliments en un minimum de temps, pour préparer le jabot. Elle met un peu de vinaigre pour les vermifuger. Taux de mortalité Environ 2% Au bout de combien de temps le gavage Les canards entrent en salle de gavage de 12 à commence et pourquoi ? 14 semaines : il faut qu’ils aient un poids minimum pour éviter la mortalité. Poids du canard quand il entre en phase de poids>2,5kg en entrée gavage et quand il en sort ? Poids du foie ? Environ 500‐600g, 40‐50% de foie gras extra Utilisation de mais concassé, entier, cuit ? Gavage uniquement au maïs entier, attendri avec de l’eau chaude, car les canards ne digèrent pas la première enveloppe du maïs, donc cela facilite la digestion (20% d’humidité dans le maïs utilisé pour le gavage) Nombre de repas par jour 2 pour les canards, 5 pour les oies Y a‐t‐il une augmentation des doses de ration ? • Début du gavage : 180g de maïs, 2fois par jour • Au bout de 6 jours, 450g de maïs, 2 fois par jour • 3 derniers jours : 510‐520g de maïs, 2 fois par jour Durée du gavage 13 jours (certains lots : 16 jours si les canards ne sont pas assez engraissés) Quels sont les moyens de décréter la fin du Au toucher, elle sent si le foie est bien ou pas ou gavage (durée, poids…) ? s’il faut encore continuer encore un peu le gavage (tout en sachant qu’il ne faut pas non plus trop pousser le canard) Installation interne : Litière En gavage : au sol sur paille renouvelée chaque jour Nettoyage Changement de la paille une fois par jour. Après abattage : désinfection totale de la salle. Une fois par an, désinfection au sulfate de cuivre, pour éradiquer le champignon de la candidose (champignon qui attaque le système digestif du canard, qui fait que l’on récupère un tout petit foie) Y a‐t‐il du chauffage ? La température ne doit pas dépasser 24‐25°C Ventilation ? Oui en salle de gavage Les canards sont‐ils confinés pendant le gavage ? 10 canards pour un parc de 4m2 Séparation des jeunes ? Chaque lot a son terrain et son parc Installation externe : 2 hectares d’exploitation Y a‐t‐il une mare ? Non, car c’est interdit par les services vétérinaires pour des problèmes bactériens. Y a‐t‐il des protections contre les nuisibilités externes (animaux, bruits) ? Clôtures électriques en haut du grillage pour éviter le passage du renard, qui passe chaque jour. Graviers, terre, sable ou herbe ? Elevage en extérieur, sur herbe Bien‐être animal : Pour les oies, la fréquence des lots est en fonction du rythme naturel de l’animal Musique ? Pas utilisée car fonctionne avec les oies mais pas avec les canards Date de première sortie ? Au bout de 3 semaines après réception (c’est‐à‐ dire à la 6ème semaine). Les 7 premières semaines, les canetons rentrent la nuit et sortent la journée. Maladies courantes ? Candidose : champignon développé dans le tube digestif du canard. Gros problèmes rencontrés ? Problèmes des renards et de la grippe aviaire (au début) Elevage en plein air ou en intérieur En plein air, sauf quand il fait trop froid. Séparation des sexes ? oui Economie : Combien valent les canetons ? Caneton : 4€ HT ; oie : 7€ HT ; poule : 2€50 HT (TVA=5,5%) Quel est le budget nourriture par canard ? Phase de croissance : 500€ le quintal d’aliment de croissance ; maïs : 18‐20 cts le kg Quel est le produit le plus rentable ? Ce sont les produits transformés. Bénéfices ? (rentabilité par rapport aux Poulet : 1€50, canard maigre : 4€, canard gras investissements) découpé : 15‐20€ Part de la production utilisée dans le La plupart de la production car meilleure restaurant ? rentabilité (canard gras : 120€) Part de la production utilisée dans la vente ? Par an : 200kg de foie de canard, 3kg de foie d’oie Où se fait la vente, comment ? Vente dans son magasin mais la valorisation des produits se fait grâce à la ferme auberge, au restaurant et au service traiteur. Législation : Y a‐t‐il des caillebotis ou des cages non individuelles ? Gavage : 4 canards/m2 10 canards /4m2 Nourriture : 98% de MS = maïs entier ou 80% de MS pendant le gavage concassé (pendant le gavage) Futur : Elle est pour les innovations et le Dans quelle mesure l’éleveuse serait‐elle développement. capable de changer son exploitation ? combien d’investissements ? Bio ? En projet mais problème du gavage. Vente de foie gras sans gavage ? Pourquoi pas mais problème au niveau de la législation car un foie non gavé ne peut être appelé « foie gras ». ANNEXE 3 : ARTICLE « QUE CHOISIR », PEUT-ON FAIRE DU FOIE GRAS SANS GAVER LES VOLAILLES ? ANNEXE 4 : MUSIQUE RELAXANTE POUR LES DINDES ANGLAISES [ 25/11/2003 8:56 ] Mesurer l'influence réelle de la musique sur le stress des animaux, tel est l'expérience qui vient d'être lancée dans des élevages de dinde du Royaume-Uni. On savait déjà, d'une manière empirique, que la diffusion d'une musique d'ambiance calme les animaux . Aujourd'hui la National Farmers' Union (NFU) veut aller plus loin et vient de mettre en place, en liaison avec les experts en matière de comportement des animaux de comportement de l'institut de Roslin à Edimbourg, une expérience terrain consistant en la diffusion de musique "relaxante" dans des élevages de dindes. 114 éleveurs volontaires vont recevoir un CD qui contient dix morceaux comprenant des chants d'oiseaux, des bruits de la forêt, du vent sur des amarres, de baleines ou même des enregistrements de dindes "joyeuses". L'objectif de l'expérience est de mieux comprendre l'impact des musiques d'ambiance sur les dindes d'élevages ainsi que découvrir quel type de musique a le plus de vertus apaisantes parmi les titres proposés afin de rendre les dindes "heureuses". © Alban Moyaux - Cyberagri ANNEXE 5 : EFFET DES GRAINES DE LIN SUR LA QUANTITE D’OMEGAS 3 CONTENUS DANS LE FOIE ET LA GRAISSE INTRAMUSCULAIRE DE CANARDS GAVES ANNEXE 6 : FICHE TECHNIQUE DES GRAINES DE LIN VALOREX ANNEXE 7 : QUESTIONNAIRE DESTINE AUX CONSOMMATEURS SUR LE FOIE GRAS ENRICHI EN OMEGAS 3 1. De quelle région êtes‐vous originaire ? 2. Quelle est votre profession ? 3. A quelle fréquence consommez‐vous du foie‐gras ? □ Une fois par an □ Occasionnellement (3‐4fois par an) □ Régulièrement (1fois par mois) □ Très souvent 4. Où vous fournissez‐vous ? □ Plutôt en grandes surfaces □ Plutôt chez les producteurs □ Les deux 5. Dans votre vie courante, achetez‐vous des produits enrichis en omégas 3 ? □ Oui □ Non 6. Que pensez‐vous du fait d’enrichir le foie gras en omegas3 ? □ C’est une bonne idée □ Ca ne me parait pas important □ Ca ne sert à rien 7. Pour un même prix de vente, achèteriez‐vous un foie gras enrichi en omégas 3 ou un foie gras normal ? □ Enrichi □ Classique 8. Seriez‐vous prêt(e) à payer plus cher un foie gras s’il enrichi en omégas 3 ? □ Oui □ Non 9. Que pensez‐vous des omégas 3 ? □ C’est bon pour la santé □ C’est un coup marketing des industriels □ Je suis sceptique vis‐à‐vis des omégas 3 □ Je n’ai pas d’avis ANNEXE 8 : ANALYSE DES REPONSES DU QUESTIONNAIRE CONSOMMATEURS Question 1 : De quelle région êtes-vous originaire ? La répartition des personnes interrogées est assez homogène et peut donc être assez représentative de la population française. Nous avons par la suite isolée le secteur nordest pour connaître les intentions des consommateurs se situant dans la zone de chalandise de Madame Leclere. Question 2 : Quelle est votre profession ? Réponse 2 Etudiant Travailleur Retraité La plupart des personnes interrogées sont des travailleurs ou des retraités. Ce sont donc des personnes susceptibles d’acheter du foie gras. Toutefois nous aurions du cibler la réponse avec une liste déroulante des différents secteurs professionnels car les cadres n’ont pas le même pouvoir d’achat que les ouvriers. Question 3 : A quelle fréquence consommez-vous du foie gras ? Réponse 3 On peut remarquer ici que près de 75 % des répondants consomment du foie gras occasionnellement. Le foie gras est en effet consommé majoritairement durant les périodes de fêtes. On peut voir que près de 10% en consomment très souvent. Une fois par an Occasionnellement (3-4fois par an) Régulièrement (1 fois par mois) Très souvent Question 4 : Où vous fournissez-vous ? Réponse 4 Les fournisseurs de foie gras sont les grandes surfaces et les producteurs à part à peu près égale. Plutot en grandes surfaces Plutot chez les producteurs Les deux Question 5 : Dans votre vie courante, achetez-vous des produits enrichis en omégas 3 ? Réponse 5 Moins de la moitié des consommateurs interrogés consomme habituellement des omégas 3. Oui Non Question 6 : Que pensez-vous du fait d'enrichir le foie gras en omégas 3 ? Réponse 6 Pour la plupart des personnes, enrichir le foie gras en omégas 3 ne paraît pas important. Seuls 25% pensent que c’est une bonne idée. 17% 25% 58% C'est une bonne idée Ca ne me parait pas important Ca ne sert à rien Question 7 : Pour un même prix de vente, achèteriez-vous un foie gras enrichi en omégas 3 ou un foie gras normal ? Réponse 7 Même à un prix de vente égal, les consommateurs de foie gras préfèreraient en majorité le foie gras classique. Enrichi Classique Question 8 : Seriez-vous prêt(e) à payer un foie gras plus cher s'il est enrichi en omégas 3 ? Réponse 8 Très peu de personnes seraient prêtes à acheter un foie gras enrichi en omégas 3 à un prix plus élevé. Oui Non Question 9 : Que pensez-vous des omégas 3 ? Réponse 9 C'est bon pour la santé C'est un coup marketing des industriels Je suis sceptique vis-àvis des omegas 3 Je n'ai pas d'avis Pour la majorité des gens interrogés, les omégas 3 sont quand même bons pour la santé. Cependant, un certain nombre pense qu’il s’agit d’un coup marketing. ANNEXE 9 : PROTOCOLE D’EXPERIMENTATION Nous allons mettre en place une procédure pour permettre à Madame Leclere d’évaluer les changements de qualité entrainés par une alimentation enrichie en omégas 3. Le gavage des canards s’effectue par lot d’environ 60 canards, nous proposons donc de prendre 10 % du lot, soit 6 canards pour mener l’expérimentation. Il est important d’identifier et de rassembler dans un même parc les 6 canards expérimentés. Mme Leclere prépare les quantités de maïs pour le gavage chaque matin dans un grand récipient et lors du gavage des canards, elle utilise un verre doseur. C’est pour cela que nous lui proposons de réaliser un seau spécial pour les canards gavées avec 2% de graines de lin. Le tableau ci-dessous prend en compte les 6 canards à gaver avec deux repas par jour. Dans la première période, il suffit à l’éleveuse de mélanger 2,2kg de maïs et 43g de lin dans un seau à part et de l’utiliser pour les 6 canards à tester. Jour 1 à jour 5 Jour 6 à jour 10 Jour 11 à jour 13 Préparation Quantité de Quantité de Quantité de Quantité de Quantité de Quantité de graines de maïs graines de maïs graines de de la ration maïs lin lin lin quotidienne 2,2 kg 43,2 g 5,3 kg 108 g 6 kg 123 g Après l’abattage des canards, nous laissons au soin de l’éleveuse d’évaluer la qualité des foies et de la viande par rapport aux canards normaux. ANNEXE 10 : LES 10 PRIORITES DU MINISTRE DE L ’AGRICULTURE POUR RELANCER L’AGROALIMENTAIRE Dix priorités pour relancer l’agroalimentaire Les assises de l’agroalimentaire se sont tenues dans l’ensemble des régions de France au mois de février. La semaine dernière, à Rungis, le ministre de l'agriculture, Michel Barnier, a dévoilé ses dix priorités pour relancer la recherche-développement et l'innovation agroalimentaire. Tour d’horizon des propositions … « Placer l’agroalimentaire au cœur des politiques publiques. » Les assises de l’agroalimentaire souhaitées par le ministre de l’agriculture Michel Barnier se sont tenues dans les régions de France au cours de mois de février. Leurs conclusions ont fait l’objet d’une journée de rencontres et de tables rondes mardi dernier sur le M.I.N. de Rungis. A cette occasion, Michel Barnier a présenté ses dix axes prioritaires pour relancer la recherche-développement et l’innovation du secteur agroalimentaire. 1. Promouvoir une alimentation bénéfique pour la santé et le bien-être, Cette priorité s’inscrit dans le cadre de la nouvelle réglementation européenne sur les allégations nutritionnelles et de santé ainsi que des profils nutritionnels qui seront mis en place à partir de janvier 2010 par la Commission européenne. Le marché des aliments avec la mention santé et bienêtre est à 60 milliards d’euros, avec un taux de croissance de 8% par an. 2. Concevoir une alimentation de l’animal favorisant la santé et le bien-être de l'homme et préservant les ressources naturelles ainsi que l’environnement Il s’agit en particulier de favoriser les projets R&D dans le domaine des aliments pour animaux à haut potentiel nutritionnel enrichis en oligo-éléments issus de céréales, ou les aliments à base de lin enrichis en oméga 3. 3. Chimie « verte » : valoriser les molécules végétales pour remplacer les molécules de synthèse de la pétrochimie Substituant des additifs alimentaires issus de l’industrie pétrochimique par de la biomasse permet de diversifier les formes de valorisation des agro-ressources. La chimie dite « verte » représente un marché en croissance de 50 % par an. 4. L'énergie verte : valoriser la biomasse pour produire des carburants et de l'énergie Méthanisation, co-génération d’électricité et de chaleur, compostage, biocarburants de 2e et 3e générations, et bientôt réinjection de gaz dans le réseau : les déchets issus de l’industrie agroalimentaire représentent un des principaux gisements de co-produits organiques susceptibles de rentrer dans ces filières. 5. Les engrais naturels et la phytopharmacie : innover pour protéger et guérir ; faire croître les plantes avec des produits naturels L’objectif du Ministre de l’agriculture consiste à la réduction de moitié de l’utilisation de pesticides en dix ans par le développement d’amendements agricoles issus de la chimie végétale. 6. Sélectionner des variétés végétales adaptées au changement climatique et répondant aux attentes nutritionnelles et environnementales La France produit un quart des céréales de l'Union européenne (63,8 millions de tonnes produites en 2005). L’innovation en matière de semences dites conventionnelles constitue un enjeu majeur face à la montée en puissance des organismes génétiquement modifiés, en terme environnemental, nutritionnel et organoleptique. 7. Produits de la mer : valoriser 100% du produit issu de la pêche afin de répondre à la demande des consommateurs tout en préservant les ressources halieutiques La raréfaction des ressources naturelles marines continue. La part des poissons et coquillages prélevés des réserves halieutiques et non valorisés est quant à elle estimée à 50% alors que des « innovations-produits » sont techniquement possibles et semblent plébiscitées par les consommateurs. En 2007, les ventes de poissons pré-emballés ont augmenté de 29% (17% pour les plats préparés) 8. Le « prêt-à-consommer » : adapter les aliments et les processus de production pour répondre aux besoins des consommateurs en matière de cuisine simplifiée Alimentation nomade, RHD, emballage pratiques, etc : la consommation hors domicile représente un marché de 5,7 milliards de repas par an (+10% par an). L’objectif consiste à optimiser les qualités organoleptiques de ces produits sans en affecter la sécurité sanitaire et chimique et en maîtrisant les coûts. 9. Innover dans les domaines de la viticulture, des fruits et des légumes pour accompagner les nouveaux modes de consommation Cet objectif vise à enrichir les gammes de produits frais et transformés issus de la viticulture et de l’arboriculture pour faire face à la concurrence mondiale. Il vise aussi à mieux répondre aux attentes de consommateurs : des vins à faible teneur en alcool, plus légers, de nouvelles boissons dérivées de fruits et légumes, des smoothies, etc. 10. La traçabilité et l'emballage : répondre aux besoins de sécurité sanitaire des produits, des nouvelles formes de consommation et au respect de l'environnement. Nouveaux matériaux, étiquettes intelligentes, RFID, éco-conception : le développement d’emballages innovants constitue pour l’agroalimentaire des opportunités pour conquérir de nouveaux marchés. Josselin Moreau