Gratuit - Les-Arts de la grimpe

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Gratuit - Les-Arts de la grimpe
www.escalademag.com
Gratuit 47
et le restera
Et les Shadoks pompaient…
EscaladeMag
Février 2012
N°47
Vous me direz : quel point commun y a-t-il entre un Shadok et un grimpeur ?
À première vue, la ressemblance n’est pas frappante. Le Shadok pond des
œufs métalliques, s’exprime par onomatopées (GA, BU, ZO, MEU) et n’atteint
des hauteurs vertigineuses qu’au prix de paradoxes savoureux : « Avec un
escalier prévu pour la montée, on réussit souvent à monter plus bas qu’on ne
serait descendu avec un escalier prévu pour la descente ».
Au Vieux Campeur
S Y MB O L E D U C H O I X , D U C O N S E I L E T D U P R I X
Toutefois, le grimpeur et le Shadok sympathisent sur le terrain de la
persévérance. Car le Shadok est l’inventeur d’une maxime bien utile pour la
varappe : « Ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir.
Autrement dit : plus ça rate, plus on a de chances que ça marche ». Les
prises maintes fois serrées, le pas de bloc retors et le relais si difficile à
atteindre n’ont qu’à bien se tenir ! Oyez le chant langoureux des dégaines :
« Clippe-moi ! Clippe-moi ! »…
4 - Expresso
Actu en bref
6 - Abécédaire
Les mots de la grimpe
8 - Focus livres
Les sorties
10 - Focus initiative
Parapente et escalade
12 - Crashtest
Realization short Mammut
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Cet hiver, venez S du marché !
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SU R CE RTAI NS A CH AT S En 1968, de drôles de petits personnages faisaient leur apparition sur les
écrans de télévision : les Shadoks. Le comédien Claude Piéplu prêtait sa voix
à cette série d’animation, qui narrait les aventures absurdes et galactiques
d’êtres anthropomorphes, rondouillards, pompant inlassablement le
Cosmogol 999 de l’Univers. Hauts sur pattes, têtus, même quand ils ne
pompaient pas, ils rêvaient qu’ils pompaient.
ET
14 - Interview
Rachat 5-10 par Adidas
18 - Entrée libre
Verdon
28 - Ecogrimpeur
Vestiges du passé
30 - D’Antan
SALLANCHES - 1997
ALBERTVILLE - 2005
LYON - 1992 TOULOUSE/LABÈGE - 2002
MARSEILLE - 2008
THONON-LES-BAINS - 1996
STRASBOURG - 2004 GRENOBLE - 2010
Ce mois-ci, nous tentons un saut au Verdon. Pas un saut dans le vide bien
sûr, ni un saut de l’ange, ni même un saut dans l’espace gravitationnel
qui inquiète tant les Shadoks. Nous prenons juste un peu de hauteur pour
admirer les lignes de fuite, les perspectives plongeantes, le gaz des Gorges.
Immersion au pays des gouttes d’eau ! Ces gouttes sculptées par l’érosion
ne filent pas au travers d’une passoire. Ça tombe bien, car la passoire shadok
est indépendante de la notion de trou et réciproquement. Alors bonne grimpe
et MEU !
Laurence Guyon
Redhead
32 - Carnet de voyage
Positano
38 - Fashion climbing
« Douceur ou rugosité ? Tout dépend du point de
vue ! Martina Roos fait corps avec le calcaire parfois
agressif de Positano. Ce petit village de la côte
amalfitaine, non loin de Capri, n’attire pas que les
stars. Les grimpeurs viennent aussi y user leurs
chaussons sous le soleil italien ! »
Hiver
40 - Vos shops spécialisés
v2
Annuaire des magasins
42 - Vos points de chutes
Sélection de gîtes et campings
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AU VIE U X C AMPE UR EN FRANCE : 9 VI LLES
PARIS QUARTIER LATIN - 1941
À voir un grimpeur essayer sans relâche un même mouvement, on est
d’ailleurs tenté de lui supposer une certaine parenté avec les personnages
de Jacques Rouxel, adeptes de la cosmopompe et créateurs d’objets aussi
saugrenus que le batteur d’air ou le tire-bouchon hypersustentateur ! Il faut
dire que les Shadoks luttent aussi contre la gravité : leur planète changeant
sans cesse de forme, ils trébuchent et encourent une chute dans le grand
vide interstellaire.
Martina Roos dans Cuccureddu, 6c+, Positano
©Christian Pfanzelt
Gratuit 47
et le restera
est édité par PRESS’EVASION.
Imprimé en France – Dépôt légal : Février 2012
Directeur de publication : Philippe Mathieu
[email protected]
ESCALADEMAG – N°47 Février 2012
SARL Press’Evasion – 184 rue des Candisons
Lot. Carrière vieille 30190 St Chaptes
Rédactrice en chef : Laurence Guyon
[email protected]
E-mail : [email protected]
SIRET 483 803 441 00037
Code APE : 5814Z ISSN : 1777-3865
Graphiste : Benjamin Broussouloux
[email protected]
Rédacteurs/Photographes : Chr. Pfanzelt, S. Silvestri
Ont collaboré à ce numéro : S. Bié, O. Broussouloux,
D. Chambre, J.-B. Chandelier, G. Clouzeau, M. Hamel, F. Kalern,
A. Lysoe, M. Romain, G. Schneider, M. Troussier, M. Wiswelden
EscaladeMag,
membre officiel de l’IFSC partner média club
expresso
L’heure de la binette
Nograd
vous présente l’actu
de la grimpe
™L’atmosphère terrestre est en extension, en
raison du réchauffement climatique lié aux
émissions de gaz à effet de serre
Wall N Ride
™La salle Block’Out (95) organise son
traditionnel stage d’escalade de février pour
les enfants âgés de 6 à 14 ans
™Le phénomène Enzo Oddo (16 ans) s’est
offert pour Noël la mythique Rambla (9a+) à
Siurana
™Le site de la Chambotte (73) sera fermé
jusqu’au 31 mars en raison de travaux sur
le bâtiment panoramique qui surplombe de
nombreuses voies
™12, 3°C, c’est la température enregistrée à
Paris la nuit de la Saint Sylvestre, soit la
plus douce constatée depuis 1883
™8, c’est le nombre de voies que le jeune
prodige tchèque Adam Ondra estime ne
pas pouvoir enchaîner
™La planète a perdu 4,9 millions d’hectares
de forêt par an, soit près de 10 hectares par
minute, au cours des 15 dernières années
™25% des terres arables mondiales sont dans
un état extrême de dégradation en raison de
l’érosion des sols et de la perte de biodiversité
™4e et 5e de la Coupe du Monde d’escalade
2011, c’est le classement final des français
Manu Romain et Romain Desgranges
4
La 41e édition de l’ISPO a
eu lieu à Munich du 29 janvier au 1er février. Ce salon
est considéré comme l’un
des plus importants sur le
segment de la glisse et de
l’Outdoor, avec cet autre
mastodonte qu’est le salon
de Friedrichshafen, organisé traditionnellement en
juillet. Chaque année, plus
de 2000 exposants, issus
d’une quarantaine de pays, présentent leurs innovations en matière de
matériel, textile ou chaussures, dans l’un des 12 gigantesques halls.
Très axé sports d’hiver, il n’en réunit pas moins les principaux acteurs
du monde de la montagne et de l’escalade.
Plus d’infos sur www.ispo.com
Patatras
™Suite à un éboulement survenu au-dessus
des Lames, l’accès aux sites de La Bastille
(Grenoble) est formellement interdit par
arrêté municipal
™EDF a décidé le 6 janvier de suspendre la
construction d’un site de stockage de
déchets nucléaires à la centrale du Bugey (01)
Le comité départemental
FFME de l’Eure en collaboration avec le Conservatoire
des Sites Naturels de Haute
Normandie organise, le 19
février, une journée d’action sur la falaise du Val
Saint Martin aux Andelys.
Le but de cette journée est
de créer un nouveau chemin
d’accès à la falaise. En bref
c’est une grosse journée de
débroussaillage et de bonne humeur qui se profile. N’hésitez pas à venir nombreux (enfants acceptés, mais âgés de plus de 12 ans).
Pour plus de renseignements, contactez :
[email protected]
ISPO 2012
Une nouvelle salle ouvre ses portes en périphérie de l’agglomération nîmoise : le Wall
N Ride. Dans les locaux de l’ancien Délirium
vous retrouverez dès février une salle complètement remise à neuf avec de nouveaux
secteurs, de nouveaux tapis de réception
et de nouvelles prises. Près de 300m² de
surface grimpable avec une hauteur maxi
de 4 mètres. Pour les amateurs de glisse,
le Wall N Ride propose également un bac
à mousse. De quoi découvrir de nouvelles
sensations après une séance de grimpe !
Plus d’infos sur www.wallnride.com
Sur les ondes
RMC sera la radio
officielle des prochains Championnats du Monde
d’escalade qui se
dérouleront à Paris
Bercy du 12 au 16
septembre 2012. C’est ce qu’a annoncé la
Fédération Française de la Montagne et
de l’Escalade début janvier. RMC mettra
en place un dispositif spécial (spots promotionnels, relais sur le site internet, jeux
concours) pour relayer cet événement sportif. De son côté, la FFME mettra à disposition de son partenaire média des places à
gagner sur son antenne. Plus d’infos sur
www.ffme.fr
Les Arts en fête
Fin novembre, un éboulement a eu lieu dans les
Gorges de la Jonte. Les
voies n’ont pas été touchées, par contre tous
les sentiers du haut du
Cirque des Vases sont
totalement
détruits.
Des blocs ont roulé
jusqu’à la route et la
pente est recouverte de terre. Il est donc difficile et dangereux d’y circuler. Le CAF Causses et
Cévennes, gestionnaire du site, recommande
donc aux grimpeurs de ne pas s’aventurer au secteur Cirque des Vases, entre les voies Biotone et
Une belle dans la tête, jusqu’à ce qu’un travail de
réhabilitation des sentiers ne soit effectué.
L’Appel pour nos montagnes
Cette campagne d’opinion vise à rassembler
les acteurs de la montagne, les citoyens, les
décideurs politiques pour construire une nouvelle vision de la relation entre l’Homme et les
espaces montagnards. « Qu’on y vive, qu’on
en vive, qu’on s’y ressource, la montagne nous
offre l’expérience de la beauté des paysages, de
la nature et du partage. Cette expérience n’est
possible que grâce à un équilibre entre l’homme
et la montagne. Conscients de la fragilité de cet
équilibre nous nous sentons le devoir de lancer un appel pour nos montagnes. » Pétition à
signer sur www.appelpournosmontagnes.org
Les 4 et 5 Février a eu lieu à la salle
d’escalade rémoise Les Arts de la
Grimpe la 7e édition des « Arts en
Fête ». Cette manifestation se caractérise par son ambiance conviviale et
musicale, battucada et ukulélé étant
de la partie… Les Arts en fête, ce n’est
pas seulement 30 blocs de tout niveau
à réaliser en bon style mais c’est aussi
l’occasion de se rencontrer autour
d’une passion commune dans une atmosphère bon enfant.
Plus d’infos sur
www.lesartsdelagrimpe.com
Artline
Une nouvelle marque de
prises vient de voir le jour,
Artline. C’est Brice Anziutti
(l’ancien shapeur des prises
Volx) qui en est à l’origine. Le
lancement officiel a eu lieu les
4 & 5 février au Mur de Lyon
lors de la Coupe de France de
bloc. Organisées par tailles
et préhensions, ces prises
ont fait l’objet d’une attention
toute particulière en terme
de confort et d’ergonomie. Un
must pour grimper ! À moyen
terme, les gammes FreshLine
et ProLine proposeront plus de 350 modèles, prises, volumes et
poutres confondues.
Plus d’infos sur www.artline-holds.com
ABC daire
Texte Marco Troussier
Illustration Audrey Lysoe
N comme…
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Nature ?
L
ongtemps grimper fut synonyme de
« grimper dans la nature ». Le support de notre jeu favori était constitué
de toutes les roches possibles, pourvu
qu’elles fussent solides. Le grimpeur ne
pouvait se représenter grimper sur autre
chose qu’une matière minérale et plus ou
moins verticale. L’entraînement aussi se
déroulait sur le même support.
6
ouvent le grimpeur s’exclame après
un échec dans l’enchaînement d’une
longueur et une chute incompréhensible
à ses yeux : « Décidément, j’ai pas de
neurone ! ». Alors qu’il voulait réussir sa
voie, il vient d’échouer lamentablement
pour des raisons parfois obscures à sa
conscience. Une chose est sûre, il pend
au bout de la corde et regarde le relais
avec dépit, colère, détestation.
L
es mécanismes de la pensée sont
complexes et les neurosciences
P
e rapport à la nature change radicalement, et d’autant plus que pour
toujours trouver du « neuf » dans les
falaises, il convient de les équiper, voire
de les aménager (le vilain mot !). Hygiène,
sport, poésie des éléments naturels que
sont les rochers, comment concilier tout
ceci ? Est-il encore possible d’associer
rêverie, nature et force évocatrice de
l’escalade ?
S
a falaise, ce théâtre épisodique
de notre vie réelle et rêvée, recèle
quelques moments de vérité qui donnent tout son sel à notre activité préférée.
Dans l’échec ou dans la réussite, que le
parcours d’une longueur soit « à vue » ou
« après travail », le grimpeur constate
ses carences et ses faiblesses, comptabilise ses atouts et suppute au départ d’un
enchaînement ses chances de réussites.
vec la sportivisation de l’escalade, on
commence à différencier les phases
d’entraînement et les phases de grimpe.
Pour autant les supports à grimper sont
toujours des rochers. On peut s’entraîner, grimper sur une même voie. On
peut aussi atteindre un sommet, le bout
d’une longueur, s’affranchir de toutes
contraintes spatiales en pratiquant sur
du bloc et quand même faire tout cela
dehors en contact avec la nature en s’immergeant en elle.
L
Neurone
L
A
uis vint la révolution gymnique qui est
avant tout une révolution idéologique.
On va peu à peu faire « dehors » ce que
d’autres sportifs font « dedans ». Dans
un stade, une salle de sport, un gymnase, un espace clos. Dès ce moment, le
geste prend le pas sur le milieu que l’on
fréquente et être dehors, être en contact
avec les éléments naturels, devient
secondaire quand on veut faire un mouvement pour ce qu’il apporte intrinsèquement de jouissance corporelle et quand
on veut aussi réaliser une performance.
sités diverses, et de pratiquer dans la relative liberté que permet le respect de la
propriété privée. Affaire à suivre !
Natura 2000
P
our la plupart des grimpeurs
« Natura 2000 » ne veut rien dire.
Pour certains, confrontés à la gestion des
sites d’escalade, ce vocable est synonyme
de menaces ! Nature et escalade ? Plus
rien d’évident ! Attention, tensions ! Nous
avons longtemps vécu dans la douce illusion que nous ne menacions nullement
le délicat équilibre des écosystèmes.
Aujourd’hui le grimpeur se trouve tiraillé
entre sa passion (quand elle consiste à
grimper dehors) et certains protecteurs
qui tentent de lui interdire de pénétrer
dans ou sur les parois.
C
es faces que le grimpeur recherche et
désire, sont aussi les espaces protégés de certaines espèces plus ou moins
rares. Pour faire court, on peut dire que
le grimpeur, au même titre que d’autres
sportifs « de nature », réalise une intrusion dans un milieu ou certains pensent
qu’il n’a pas sa place. Dès lors les conflits
apparaissent. Quand on observe que
dans le même temps que la protection
des espèces a pris une dimension européenne et qu’elle s’est dotée d’un arsenal réglementaire assez contraignant,
on mesure à quel point, il devient difficile
d’équiper des falaises riches en biodiver-
sont fascinantes. L’état second que procure une escalade intense peut rarement
s’analyser dans l’instant. Dans le pire
des cas, il monte en soi une angoisse
parfois irrépressible, ou au contraire le
sentiment d’être dans un fluide, un cours
d’eau qui nous transporte sans à-coup.
La sensation du danger peut dominer
toute action et dans ce cas l’échec est l’issue probable. Parfois c’est l’inverse. Tout
se déroule à la perfection, sans heurt,
avec fluidité et on se retrouve étonné de
passer la corde dans le mousqueton final
avec la sensation qu’il ne s’est quasiment
rien passé.
T
out ça pour ça ! La réussite peut être
un « non événement ». Mais parfois,
le corps semble un ennemi, le cerveau
s’emballe sans raison et dans le meilleur
des cas la réussite survient après une
longue agonie de chaque mouvement.
Comme il serait instructif de voir les cerveaux en action avec la neuro imagerie
cognitive chère à Jean-Pierre Changeux.
C
hangeux nous dit en substance :
apprendre, c’est « éliminer » des faisceaux et des connections ; c’est stabiliser
des cheminements dans une sorte de
« Darwinisme neuronal », il restera des
traces et ces « chemins » seront plus
ou moins stables et durables, ce sont
les bienfaits de l’apprentissage. Grimper
c’est éliminer le stress, c’est remettre les
neurones dans le bon ordre et c’est « intimer » à son corps et son cerveau des
ordres clairs pour des taches précises,
sans bugs ni rupture de courant.
S
i on accepte l’idée que ces apprentissages doivent être réalisés assez tôt,
on comprend pourquoi il est si difficile
pour certains de redresser la barre passé
un certain âge. On observe que stress,
peur et efficacité ne font pas vraiment
bon ménage. Si l’on rajoute une dose de
risque, on introduit dans le mélange un
ingrédient détonnant !
C
e qui est sous-entendu dans les
exclamations à la fois piteuses et
rageuses que profère les grimpeur
en cas d’échec, c’est que en plus d’être
« équipé » d’un physique adapté à l’escalade, il faut aussi un cerveau prêt à gérer
des taches multiples sous des contraintes
importantes.
focus livre
Texte Laurence Guyon
2H BDR NTUQ@FDR Mŗ¤S@HDMS O@R RNTR KD R@OHM BDSSD @MM¤D NƤQDY UNTR TMD R¤@MBD CD
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Croisière au-dessus des Alpes
Du Mont-Blanc au Triglav
Éditions Glenat
49 €
Matevz Lenarcic
Un beau livre qui nous entraîne des cimes slovènes aux villages du Mercantour, des sommets
de plus de 4000 mètres suisses aux parois des Dolomites. 300 pages à vol d’oiseau, pour
découvrir les Alpes autrement : une rêverie suspendue… L’auteur, Matevz Lenarcic, est à la
fois biologiste, photographe, alpiniste, parapentiste et pilote d’appareil motorisé ultraléger. En
plus des magnifiques photos présentées dans cet ouvrage, il a réuni les textes de nombreux
spécialistes européens en matière de géographie, géologie, écologie, économie ou culture.
Leurs contributions mettent l’accent sur la fragilité d’un écosystème complexe et d’identités
culturelles isolées, qu’il est indispensable de préserver.
Les trois mousquetons
Tribulations alpines
Éditions Glenat
14,95 €
Yann Picq
Chaque grimpeur du dimanche, chaque montagnard amateur se retrouvera dans les aventures et mésaventures loufoques de ces tribulations alpines. Ils sont quatre, comme...
Les Trois Mousquetaires, en un peu moins héroïques. Comme Les Quatre Filles du docteur
March, en un poil plus frustres. Comme Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse, à peine moins
hallucinés, mais indiscutablement plus foutraques. Quatre montagnards ordinaires qui parcourent cimes et arêtes à la recherche de quelque bonheur embusqué. Le fil doré d’un pilier,
les perles argentées d’un ruisseau saisi par le gel ou les courbes voluptueuses d’une randonneuse croisée sur le chemin !
La Légende d’Aksaï
Yves Soltner
Éditions Coqalhuy
20 €
Un roman de science fiction sur l’escalade, ce n’est pas courant. La Légende d’Aksaï, par Yves
Soltner, devrait amuser aussi bien les amateurs d’aventures dans le futur que les grimpeurs.
L’intrigue se déroule en 2185. Alors que les montagnes sont totalement interdites, l’escalade
individuelle pratiquée en salle est devenue l’activité sportive la plus populaire de la planète.
Les meilleurs grimpeurs s’affrontent sur des structures artificielles mythiques, les Bigwalls.
Quatre jeunes gens, passionnés d’escalade naturelle, vont braver les interdits et les dangers
pour partir à la conquête d’une nouvelle paroi vierge aux confins de la Chine occidentale. Ils
y découvriront l’esprit des pionniers de l’alpinisme et la puissance de la cordée qui les transformera profondément.
8
focus initiative
Texte Manu Romain
Photos Manu Romain, Gill Schneider
et Jean-Baptiste Chandelier
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Quelques minutes plus tard, c’est au tour
de Gill de prendre son envol. Il monte de 30
mètres à la verticale et se retrouve à jouer le
long du relief. Il parait minuscule, perdu au
milieu de cette énorme face. JB reste donc
seul sur la vire. Son aile monte au-dessus
de lui, il prend le temps de la contrôler, se
retourne et quitte le sol. Nous sommes tous
les trois en l’air et savourons ces quelques
minutes de vol.
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Thomas Bourdeau, co-fondateur et concepteur des ailes « Little Cloud » fut la clé de
voute de notre projet. Avec seulement 3,5kg
à porter jusqu’à la vire, l’ascension devenait
envisageable. Nous avons donc été dotés
d’une Ginseng 15 et deux Spiruline L et XL.
18 aout 2011 : première tentative. Les trois
premières longueurs se passent bien. Puis
vient l’erreur d’itinéraire nous obligeant à
gravir une longueur bien plus dure que prévu.
Nous y laissons beaucoup d’énergie, redescendons en rappel pour retrouver la bonne
voie et jetons un coup d’œil à l’horaire. Il
est 9 h 30, nous avons pris énormément de
retard et n’avons plus le temps de continuer.
La décision est sans appel, nous redescendons au pied de la face. La chute est brutale.
Trop euphoriques pour être objectifs, nous
n’avions pas réellement envisagé l’échec.
Onze jours plus tard. Les conditions météo
sont propices, nous sommes prêts à en découdre à nouveau. Arrivés au pied de la voie,
nous attendons les premières lueurs du jour
pour débuter notre escalade. Cette fois-ci
l’itinéraire est le bon, nous sommes mieux
préparés, plus tôt dans la face, plus habiles
dans les manips’ de corde.
Nous avalons les premières longueurs avec
une fulgurance sans nom. 9h30 : il ne nous
reste plus que cinq longueurs avant le sommet de la voie. Le premier déclenchement
thermique se fait sentir. Les longueurs à
venir sont les plus dures de la voie, c’est
maintenant que tout se joue. La fatigue commence à pointer le bout de son nez. Avec
deux cents mètres sous les pieds ainsi que
des thermiques de plus en plus puissants,
la tension monte d’un cran, les discussions
s’estompent laissant place au silence.
Nous arrivons enfin sous la dernière longueur, mes deux acolytes sont éreintés
mais n’ont rien lâché. Se sachant parvenus
au sommet, JB et Gill profitent pleinement
de cette dernière escalade. Nous voilà enfin
tous les trois au sommet. La brise est descendante, pourvu que le vent tourne ou nous
ne pourrons pas décoller. Même si personne
n’ose le dire, le doute commence à s’immiscer
en chacun de nous.
Ce projet est né d’une rencontre ; la rencontre entre un grimpeur et deux parapentistes. Il y a six mois j’ai eu la chance
de croiser Gill Schneider et Jean-Baptiste
Chandelier. Deux drôles de zèbres qui passent leur temps en l’air à défier les lois de
la physique. Pour ma part l’escalade avait
toujours été mon horizon, mais je venais de
commencer le parapente et ne pensais plus
qu’à cela.
À notre arrivée sur la vire les doutes ne font
que persister. Elle est bien plus courte que
prévu, nettement plus raide et l’aérologie est
complexe. Nous sommes principalement
sous le vent du thermique, le vent vient dans
notre dos. Seulement lors de rares intervalles une légère brise de face nous redonne
espoir. JB insiste pour que nous ne perdions
pas de temps, il est déjà midi et les conditions peuvent se renforcer subitement. Les
300 m de falaise en sortie de décollage nous
effraient. Nous savons qu’il sera interdit de
se rater. La raideur de la vire empêche tout
arrêt dans la course d’élan, nous n’avons
droit qu’à une seule tentative.
Insouciants et utopistes, un nombre d’idées
gargantuesque émergeait de nos corps
avides de nouvelles sensations. Une en particulier m’émoustillait depuis longtemps.
Au-dessus de l’Argentière-la-Bessée se
trouve une belle vire herbeuse au milieu
d’une face calcaire n’attendant que nos ailes
afin d’en décoller. Le problème était les 300 m
de paroi qui la séparait du sol et qu’il nous
faudrait donc gravir pour en jouir.
Les ailes sont étalées sur le sol. Cela fait
déjà plusieurs minutes que le silence est roi.
L’attente du créneau se fait pesante. Face à
ma voile, une légère brise vient me lécher les
oreilles, c’est le moment ou jamais. Je lève
mon aile légèrement de travers et ne prends
pas vraiment le temps de la contrôler. Je me
suis déjà retourné, l’aile est toujours au-dessus de ma tête, je fais quelques pas et me
voilà en l’air.
10
Après quelques acrobaties et pirouettes en
tout genre, nous arrivons près de l’atterrissage et entrons dans un mille-feuille à rien
n’y comprendre, mais qu’importe ! Quatre
tours face planète, histoire de passer à travers cette mauvaise couche et nous voilà de
retour sur la terre ferme. Nous pouvons enfin profiter du moment. La tension s’est évanouie pour laisser place à l’euphorie. Nous
venons de réussir une première dans le domaine du sport, mais qui bien au-delà de ça
est avant tout une belle aventure humaine.
Nous tenons à remercier Little cloud qui
nous a permis de redescendre en quinze
minutes montre en main ; Gloryfy qui a
conservé nos pupilles à l’abri du gros réverbère ; Edelrid qui ne retenait nos vies qu’à un
fil ; Nutcase qui a mis nos encéphales sous
bonne garde ; La Sportiva qui nous a évité de
patiner sur le calcaire ; et Avasport qui nous
a évité de voler à bout de bras.
Crampons
RACE 290
QR Code
Vidéo démo
www.camp-france.fr
crashtest
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Texte et photos O. Broussouloux
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Résultat d’une hybridation entre une short
et un harnais, le Realization a été rôdé par
les grimpeurs du pro-team durant toute la
saison 2011 et sera distribué en France à la
fin du printemps 2012.
Nain Pact ne pouvait laisser échapper cette
nouveauté ! Il s’est donc procuré un modèle,
puis l’a confié à Olivier Bézy pour un test en
règle.
En falaise, le fait de ne pas disposer de pontet central rend les manipulations de relais
plus délicates : pour moi par conséquent, cet
équipement est destiné plutôt à des grimpeurs qui évoluent sur SAE, des compétiteurs ou alors des pratiquants confirmés sur
falaises courtes, disposant éventuellement
de relais équipés de mousquetons de sécurité.
>Olivier Bézy
Médecin Psychiatre
Niveau 6b
À première vue c’est un short banal qui ne
se trahit que par la présence des porte-matériel, et des boucles d’encordement. Alors
quand on commence à grimper, l’effet de
surprise est garanti : à plusieurs reprises
d’autres grimpeurs sont venus vérifier mon
équipement pensant que je grimpais encordé
à la taille !
>L’analyse du Nain Pact
Vu de l’extérieur, c’est un short, mais il en a
des ressources !
Tissu stretch, poches accessibles (même en
grimpant !), logement pour la brosse à dent
et sangle pour fixer le sac à magnésie ; tout a
été pensé jusqu’au moindre détail.
On l’enfile, on s’encorde et hop, on grimpe.
Fini les plis disgracieux du short, saucissonné
dans les cuisses de mon harnais old school.
Top fashion et néanmoins fonctionnel :
jamais eu de souci pour lever les gambettes
lorsque je grimpe dans ma grotte.
Pour ce qui est du technique, rien à dire non
plus : la sanglerie est identique à celle dans
autres harnais de la marque et il est très
facile de contrôler l’évolution des coutures,
grâce aux zones ajourées du filet intérieur.
Bref - comme dirait l’autre – on a testé un
harnais bien sympa !
Confectionné dans un tissu léger, agréable
au toucher, le vêtement m’a paru bien coupé.
On l’enfile sans problème et le maintien
offert par l’élastique réglable, intégré à la
ceinture, est efficace.
La culotte filet est surprenante au départ
(cela fait un peu maillot de bain) ; elle sert en
fait au maintien de la ceinture et des cuisses
(comme les élastiques sur les baudriers
classiques). Et puis j’ai été étonné, de prime
abord, par la souplesse de la ceinture dans
sa partie dorsale.
L’encordement s’effectue grâce à deux
points situés de part et d’autre de la ceinture,
non pourvus d’un pontet. Il y a deux portematériel, rigides et bien conçus : il ne faut
pas prévoir d’emporter trop de quincaillerie.
J’ai utilisé le Realization pour du travail de
voies, sur mur et un peu en falaise (mais
en Auvergne en hiver, on grimpe peu
dehors et généralement pas en short). Lors
des chutes, le confort ne se dément pas : on
perçoit même un effet plus « enveloppant »
qu’avec un baudrier classique où le choc est
plus ressenti au niveau du dos.
12
Suite à plusieurs séances, le problème du
lavage s’est naturellement posé. Effectué
à 30°, comme indiqué, celui-ci n’a posé
aucun problème. Reste toutefois en suspens
la question de l’effet des cycles de machine
itératifs sur la couleur par exemple et sur
une éventuelle usure prématurée due aux
lessives.
Au final, pour moi, le bilan est grandement
positif. Ce short-harnais constitue un équipement très intéressant, a fortiori si l’on se
situe dans une des catégories mentionnées
ci-dessus.
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en version pantalon
RETROUVEZ LE NAIN PACT ET SA TRIBU SUR ™igƒh[dcXi^dccZa
™Zhi]‚i^fjZ
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interview
Propos recueillis par Fred Kalern
Photos coll. Adidas
Pub Escalade mag:Mise en page 1
30/01/1
NANTES
ESCALADE & EQUIPEMENT
Salle d’escalade
1800 m2 DE SURFACE DE GRIMPE
« Je crois surtout que Five Ten sera plus
original. Nous sommes connus pour notre
innovation, nous savons qu’avec nos
ressources nous serons capables d’aller
plus loin… »
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> Charles Cole, PDG et créateur de la marque Five Ten
Vous êtes à la tête de Five Ten depuis 26 ans : pourquoi avez-vous décidé
de vendre votre marque légendaire ?
J’ai rencontré Rolf Reinschmidt (PDG d’Adidas Outdoor) pour la
première fois au salon des détaillants de l’Outdoor à Salt Lake cet hiver
(2011). Nous devions nous voir pour parler du projet de fusion avec
Stealth. Nous nous sommes retrouvés au Naked Fish, un bar à Sushi,
à Salt Lake.
Ça a été une rencontre formidable et il était évident que Rolf avait bien
compris à la fois notre philosophie « Brand of the Brave » (la marque
des intrépides) et notre regard sur les athlètes. Five Ten a toujours eu
plus de demande que de capacité de production. Pour nous, la difficulté
14
a toujours été de produire assez de chaussures pour nos clients. Quand
Rolf a amené l’idée qu’Adidas acquière Five Ten, ça tombait presque
sous le sens tant sur le plan professionnel que personnel. Adidas a
toujours été une entreprise dirigée par des athlètes, et ce depuis les
premiers jours de sa création par Adi Dassler et les chaussures qu’il
a créées pour Jesse Owens. L’entreprise a un extraordinaire crédit
auprès de ses clients. Chaque entreprise a des points forts qui viennent
compléter ceux de l’autre.
Five Ten a créé le premier chausson d’escalade asymétrique, l’Anasazi.
Pensez-vous qu’Adidas sera capable d’en faire autant ?
Five Ten restera indépendante – et Adidas est ravie de nous laisser faire
ce que nous faisons le mieux. En fait, c’est la raison pour laquelle ils ont
choisi Five Ten, parce que nous avons été leader en matière d’innovation.
L’impact de l’acquisition sera surtout sur l’unité
administrative et logistique. Five Ten va bénéficier
de la chaîne d’approvisionnement d’Adidas et de son
expertise industrielle. Il y aura des synergies bien sûr
– Adidas et Five Ten ont des athlètes incroyables – et
nous sommes engagés sur de nombreux événements
communs.
Nous pourrons nous concentrer sur l’innovation et sur
la gomme Stealth. Tous les chaussons continueront
à être produits aux US. Et nous avons un laboratoire
de gomme de première classe au siège. L’accès
immédiat à la R&D nous permet d’être sans limite en
termes d’innovation. Par exemple, quand Tom Cruise
a eu besoin d’une nouvelle gomme pour escalader
le Burg Khalife à Dubaï pour Mission Impossible 4,
nous avons pu affiner la MI6 (un composé Stealth qui
accroche littéralement sur le verre) et les lui procurer
en une quinzaine de jours. Adidas ne produira pas de
chaussons et l’une des raisons avancées par Adidas
est que Five Ten le fait très bien.
Est-ce que les chaussures Five Ten (escalade, vélo,
life style) conserveront les mêmes originalités et
performances ?
Je crois surtout que Five Ten sera plus original. Nous
sommes connus pour notre innovation, nous savons
qu’avec nos ressources nous serons capables d’aller
plus loin… avec une structure comme Adidas. Nous
avons littéralement des milliers d’innovations qui
attendent d’être produites.
Maintenant nous pouvons nous intéresser à d’autres
domaines tels que le base jump, le wingsuit, la
high-line et le trick riding, et nous concentrer sur
l’innovation avec la même implication que pour les
chaussons d’escalade. Si vous vous souvenez, en
plus des premiers asymétriques velcros, Five Ten a
introduit les premiers chaussons d’escalade pour
femme, l’enrobage intégral et les chaussons cambrés.
Magasin
Avez-vous une idée de l’avenir de Five Ten ?
Nous sommes encouragés à rester nous-mêmes.
Nous avons toujours été le mouton noir de l’industrie
outdoor – nous suivons nos propres règles. Cela ne
changera pas. Je crois vraiment que nous allons
garder notre activité principale et notre esprit
« corporate ». Adidas est ravie de la façon dont notre
marque s’est développée.
Que vont devenir les athlètes sponsorisés par Five
Ten ?
Nous espérons des synergies avec les athlètes Adidas.
Plus que ça, nous allons continuer à travailler avec
les meilleurs athlètes mondiaux. Nous sommes très
excités concernant notre équipe 2012. Nous avons la
meilleure équipe mondiale en sports extrêmes. Nous
espérons travailler plus près de notre équipe avec une
approche plus globale.
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02 40 36 48 16
interview
Qu’est ce qui vous a amené à choisir Five Ten et pas
un autre fabricant de chaussures ?
Le fait que Five Ten soit parfaitement complémentaire
avec notre gamme outdoor, très attrayante pour les
jeunes et dans les sports extrêmes, et bien sûr la
gomme Stealth. Charles Cole le dit très bien : « Nous
partageons une même philosophie, ils sont juste
devenus mille fois plus gros que nous… ».
Avez-vous une exclusivité à nous révéler sur les prochains
produits Five Ten ?
Bien sûr nous ferons attention à ce que Five Ten
produit. Mais la R&D et la vision de l’avenir viendront
de Five Ten.
Est-ce que Five Ten va augmenter sa propre
production et vendre des vêtements techniques, ou
autre chose que des chaussures ?
On va se concentrer sur l’escalade et le vélo, mais
nous nous intéresserons à des domaines tels que
le textile ou les tissus résistants (sacs à dos) – mais
seulement dans les domaines où nous avons des
ressources clairement disponibles et quand ce sera
le bon moment.
Qu’en est-il des personnes ayant travaillé pour
Five Ten et des changements dans l’organisation
mondiale ?
Five Ten va embaucher – et je crois que certains des
premiers emplois seront en Europe.
Est-ce qu’au salon Outdoor de Friedrichshafen 2012,
Five Ten aura son propre stand ou les trouveronsnous présentés avec les produits Adidas ?
Five Ten aura son propre stand. Vous m’y verrez peutêtre, d’autant plus souvent que le stand Five Ten
est un endroit excitant où il faut se trouver sur les
salons, mais il y aura bien un stand séparé comme
aujourd’hui.
Retrouvez l’intégralité de cet entretien sur :
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La signature
neige
et glace
Stages 2011/2012
> cascades de glace
> goulottes
> couloirs
Conditions montagne
tez
> Suivez et alimen
ligne
en
s
les condition
des cascades,
couloirs et goulottes
des Hautes-Alpes
> Rolf Reinschmidt, PDG d’Adidas Outdoor
Oui, nous avons une croissance extraordinaire. Nous avons connu un
véritable succès avec Adidas Outdoor jusqu’à présent, surtout en ce
qui concerne le textile, et Five Ten nous apporte des relations dans
quelques domaines très importants.
Quel est l’objectif de l’acquisition de Five Ten ?
Five Ten et Adidas sont très compatibles. Adidas a des forces dans ses
sports – running, les sports olympiques, les sports collectifs. Five Ten
est juste imbattable sur les sports extrêmes.
Five Ten, « The Brand of the Brave », est reconnue comme un véritable
spécialiste de la chaussure (escalade, vélo, base jump, skate…)
comment comptez-vous garder cette identité ?
Ils resteront indépendants – comme ils le sont aujourd’hui. Ils ont une
équipe très performante qui a développé la marque jusqu’à présent.
Nous allons leur apporter nos forces en matière d’approvisionnement
et de production, mais ils continueront à être gérés par des athlètes et
à l’écoute de leurs clients.
Five Ten continuera-t-elle à exister comme une marque à part entière ?
Five Ten continuera comme avant. Le public ne verra aucun changement
– là où Adidas sera la plus engagée c’est sur le back office.
16
Five Ten a besoin de plus de budget pour continuer à se développer.
Quelles sont vos priorités ?
Il y a des questions auxquelles nous répondrons au fur et à mesure. La
plus importante est que la cellule créative de Five Ten soit renforcée
pour pouvoir faire ce qu’elle fait de mieux. Nos prochaines discussions
et nos futurs projets produits sont particulièrement excitants.
Qu’est-ce qui va changer pour les grimpeurs et autres athlètes
sponsorisés par Five Ten ?
Barbara et Bernd Zangerl, athlètes Adidas, portent déjà des chaussures
Five Ten. Dans le futur, nous voulons créer plus de synergies avec
quelques-uns de nos athlètes.
Atelier Guillaume-S — Photos : Marie Durand
Adidas Outdoor veut-il devenir un leader sur ce segment commercial ?
[email protected]
06 62 33 84 71
Made in Hautes-Alpes, Pays des Ecrins
since 1990
entrée libre
Texte et photos
Stéphane Silvestri (sauf mentions)
Que de choses écrites sur ce berceau de l’escalade ! Et si l’histoire de la grimpe est passée en ces lieux, ce
n’est pas par hasard. Des murs calcaires d’une telle ampleur, ça ne court pas les rues. Qu’on soit australien,
allemand, japonais ou français, on est attiré par ces gorges mythiques !
Elmar Wilde, dans A tout cœur, 6b+
18
19
Niché à mi-chemin entre la Méditerranée
et les Alpes-de-Haute-Provence, le Verdon
a su creuser patiemment ce canyon laissant
apparaître au fil des millénaires ces immenses
et fabuleuses falaises. De telles parois ne
pouvaient pas laisser insensible la gente
grimpante. Si les premières voies datent du
milieu des années soixante, les décennies
suivantes ont connu des phases de découvertes
et d’ouvertures aux styles bien différents.
Saison après saison, des locaux surmotivés
découvrent encore des perles rares qui viennent
s’ajouter à l’immense offre que propose déjà
le site. Ici, la grimpe est loin d’être jaunie
et ternie. Il n’y a vraiment aucune page à
dépoussiérer, aucune odeur de renfermé. C’est
même tout le contraire !
L’ambiance des plus aérées ne peut que remplir
les alvéoles pulmonaires et redonner un teint
vif. Allez donc essayer quelques mouvements
précaires en plein gaz, si vous doutez encore !
Bref, cet incontournable de la planète grimpe
nécessite un temps d’acclimatation. C’est bien
le seul reproche qu’on peut lui faire : il va
falloir s’habituer à grimper avec des centaines
de mètres sous les chaussons.
Alain Guinet,
jamais loin des gorges
Après avoir quitté sa Bourgogne natale il y a
une bonne vingtaine d’années, Alain s’installe
définitivement à La Palud. Grimpeur et
skieur, il enchaîne les saisons. Un coup dans
les gorges comme Brevet d’Etat, un coup à la
Foux d’Allos en tant que pisteur, mais jamais
trop loin du Verdon, rivière qui lui permet
d’assouvir, dès avril, une autre de ses passions :
la pêche à la mouche. En côtoyant ainsi la
rivière sous tous ses aspects, il en connaît les
moindres recoins. Les nouvelles ouvertures,
les voies à l’abri des foules, il saura toujours
vous aiguiller, vous conseiller ou vous guider.
Alain Guinet,
dans Les deux doigts dans le nez, 6b
D’ailleurs, la première fois que l’on se penche
au-dessus des rambardes des belvédères, on
peut se sentir un brin mal à l’aise. C’est qu’il
y a quand même plus de 500 mètres de vide
entre le mince filet d’eau qui serpente plus
bas et nos lunettes de soleil. Alors imaginez
un peu, quand vous devrez serrer cette fine
réglette afin d’entamer le crux de la longueur,
les pieds à plats, le tout en équilibre précaire
au-dessus du point.
Ou alors, si vous vous intéressez à l’origine
de la nomination des voies pour vous
engager, voici quelques indices pour les
grandes classiques. Ula : le nom d’un molosse
qui terrorisait à l’arrière d’une deuche les
ouvreurs ; La Demande : en mariage bien sûr,
d’un précurseur ; Surveiller et punir : un clin
d’œil aux intellectuels de gauche…
« Tentez donc quelques mouvements
précaires avec le gaz qui vous caresse
les chaussons ! »
peuple demag
escala
20
La prise de température étant faite, il ne reste
plus qu’à choisir l’itinéraire et à se lancer.
Que l’on évolue dans le 5e ou le 8e degré, on
pourra trouver de quoi se rassasier. Les choix
sont nombreux, les seules gorges recensent
plus de mille voies rive droite et quatre cents
rive gauche, de une à quinze longueurs. À
vous de choisir entre colonnettes, dalles,
devers, toits, escalade sportive ou artificielle,
terrain d’aventure, en fonction de votre niveau
technique et de votre style préféré.
Quelle que soit l’option choisie, la journée
commence par la nécessité de rassembler et
de trier le matériel indispensable. L’inventaire
terminé, deux solutions d’approche sont alors
possibles en fonction de la voie convoitée.
Les adeptes de la marche emprunteront le
célébrissime sentier Martel, les autres opteront
pour les impressionnants rappels qui font
office d’efficaces réveils matin.
Fabrice Duranthon
dans Wide is love, 6a
www.escalademag.com
entrée libre
Arnaud Petit dans Le vieil homme et la mer, 7c
© Photo Th. Vialletet
Alain Jamain, dans Tire flemme, 5c
« Des classiques en veux-tu en
voilà : La Demande, Afin que nul
ne meurt, La Fête des nerfs et bien
d’autres ! »
Si, dans les premiers mouvements, on a
tendance à serrer les prises un peu plus
que d’habitude, gaz oblige, on se décrispe
rapidement afin de retrouver une escalade
plus fluide. On peut enfin profiter de ce
paradis de la grande voie. La rivière turquoise
qui serpente au fond, les vautours curieux
qui viennent s’amuser avec les courants d’air
chaud, le calcaire qu’il faut décrypter.
Une fois en haut, un peu sec, on est impatient
de prendre le chemin du camp de base. Pour
le coup, c’est direction la Palud sur Verdon,
village où il fait bon s’arrêter et où bon nombre
de grimpeurs ont d’ailleurs posé leurs valises
définitivement. Normal : le Verdon représente
le rêve de tout amoureux de la verticale. Du
rocher à perte de vue, un cadre sauvage, une
tranquillité hors norme, bref, de quoi satisfaire
n’importe quel individu mordu de la corde.
Jean-Marc Blanche,
le charpentier de l’escalade
Il a été coursier, militant, un peu voyou,
professeur, squatteur, mort clinique, gardé
à vue, danseur vertical, organisateur de
concerts et architecte. Créateur des premières
prises d’escalade et des premiers murs de
compétition internationaux, Jean-Marc
continue à sculpter les prises qui agrémentent
nos pans et murs. Installé au Verdon depuis
vingt ans, il a monté en 2004 sa propre
société, Verdon Designs. Il défend avec passion
la démarche artisanale, histoire de faire
les choses de manière juste. Une personne
comme on aimerait en rencontrer tous les
jours !
Ce n’est sûrement pas pour rien que des
références de la grimpe s’y sont installées.
François Guillot, grimpeur avant-gardiste
et ouvreur de la célèbre Demande, s’est ainsi
éloigné de la cité phocéenne. Jean-Marc
Blanche créateur des premiers murs d’escalade
a décidé d’y créer sa propre entreprise Made
In Verdon. Patrick Edlinger, qu’on ne présente
plus, est revenu à ses premiers amours calcaires.
À la Palud, on se côtoie, on parle de grimpe,
on philosophe sur la manière de mener sa
vie. Alors si vous êtes exténués par la croix
de la journée, il ne vous reste plus qu’à vous
asseoir gentiment au coin d’une terrasse tout
en savourant une bière fraîche et en glanant
les renseignements utiles pour la visée du
lendemain. Plus qu’ailleurs, ce moment
post-grimpe fait sans aucun doute partie de
l’activité.
peuplelademag
esca
Alain Guinet,
dans Pique assaut, 6c
25
24
entrée libre
Par L. Guyon
Accès
Les Fous du Verdon
Bernard Vauchez
Depuis Lyon, prendre l’A7, puis l’A51 sortie Oraison. Prendre ensuite la
direction de Puimoisson, puis Moustiers-Sainte Marie et enfin la Palud
sur Verdon.
De Nice, l’A8 sortie le Muy, puis N555, direction Draguignan. Retrouver
la D955, pour Comps-sur-Arturby, Trigance, et enfin la Palud-surVerdon.
La Bible des amoureux des Gorges ! Jeune grimpeur, « Barney » Vauchez a côtoyé les
pionniers du Verdon et s’est encordé avec quelques-unes des pointures qui ont ouvert les
principales lignes. Quelques années plus tard, cette expérience est devenue un livre. Parue en
2008 aux éditions Guérin, cette somme fourmillant d’anecdotes savoureuses reste l’ouvrage
de référence pour tous les passionnés du Verdon.
Carte
Plus qu’une histoire exhaustive, Les Fous du Verdon est un ouvrage décalé, qui œuvre à
restituer l’ambiance des premières ouvertures et l’état d’esprit qui animait les grimpeurs
qui ont osé s’aventurer en ces lieux. En 40 ans de fréquentation assidue, Bernard Vauchez
a connu l’essentiel des protagonistes et rend compte de l’époque fondatrice du mythe du
Verdon. À consommer sans modération, comme les gouttes d’eau des Gorges et le gaz qui
les accompagne !
Benoit Forot dans Les marches du temps, 7a
Période idéale
De mars à octobre. Mais il est possible de grimper l’hiver, en jouant
avec les horaires et les lieux.
Topos
Rien de plus simple, la plupart des commerces l’ont en stock à la Palud.
Pour les plus pressés : www.leilagramusas.fr
6A DES CHAUSSONS...
...pour la vie de tous les jours !
Dans les bras de Morphée
Gite l’Escalès : Tel 04 92 77 30 02 ou www.gite-escales.com
Camping municipal, route de Castellane : Tel 04 92 77 38 13
Les amis de Gargantua
Bar Brasserie, Lou Cafetie, place des bars : c’est le rendez-vous des
grimpeurs. De quoi se rafraîchir et se remplir l’estomac après une
bonne journée passée sur le calcaire. Tel 04 92 74 41 65
Pour une cuisine servie en toute convivialité, la Crêperie Le Tilleul, rue
Grande. Tel 04 92 73 08 71
www.6a-­escalade.com
Commerces
Petite superette à La Palud où l’on trouve l’essentiel.
Le Perroquet Vert, rue Grande. Du matos à gogo, un restaurant et des
chambres à louer. Tel 04 92 77 33 39 ou www.leperroquetvert.com
100% collectivité
26
éco grimpeur
Texte et photos Grégoire Clouzeau
Fontainebleau, haut lieu de l’art rupestre
5NTRMDKDR@UDYODTS¥SQDO@RL@HR!KD@T@TMONHMSBNLLTM@UDB'TDBN^Kŗ@QSQTODRSQDʖ
TBNTQRCDUNRUHRHSDRDMENQ¥SUNTRKŗ@UDYBDQS@HMDLDMSQDL@QPT¤(KX@HBHOKTRCD
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K@HRR¤RO@QKDROQDLHDQRUHRHSDTQRCDRQNBGDQR"DRFQ@UTQDRRNMSBDQSDRLNHMRB¤K£AQDR
PTD KDR BNQMHENQLDR DS ONHFM@QCR CD K@ U@KK¤D CDR ,DQUDHKKDR KODR,@QHSHLDR L@HR
BŗDRSO@QLHKŗTMCDROQDLHDQRRHSDRCŗ$TQNODONTQKDTQ¤STCD
quelques semaines après son ouverture, était
saccagé par des pilleurs venus voler les moulages en résine des gravures, documents sans
valeur vénale. Désespérant…
Signalés pour la première fois en 1868, ces
abris ornés ont été recherchés et étudiés par
bon nombre d’archéologues. Depuis 1975, le
Groupe d’Etudes, de Recherches et de Sauvegarde de l’Art Rupestre (GERSAR) a repris leur
étude de façon exhaustive. Pour l’essentiel, ces
gravures sont du Mésolithique (-8000 à -5000 ans
avant JC). Certaines, plus rares, sont plus
anciennes ou plus récentes.
des représentations d’armes et outils. Enfin, il
existe quelques gravures en plein air d’inspiration chrétienne (calices, hosties ou croix) ou de
nature ésotérique, certainement réalisées
dans les années 1950. Décoder ces gravures
est une tâche quasi impossible. Outre la difficulté de datation, comment connaître les différentes interactions entre les gravures d’une
même cavité ?
L’art rupestre bleausard montre d’importantes
différences avec celui des autres sites. Ici, les
gravures sont réalisées sous des auvents ou
dans des cavités géodiques, sortes de poches
dans le grès. Elles sont souvent exposées à
la lumière du jour et à la vue. De la niche à
la grotte d’une dizaine de mètres, les parois
sont plutôt d’un grès tendre ce qui facilitait le
travail des graveurs. Leur forte concentration
dans certains sites est sans doute liée aux
différentes natures de bancs de grès. On
notera l’absence de dalle gravée exposée en
plein air.
Ces gravures ont été réalisées dans des zones
assez protégées pour être conservées jusqu’à
nos jours. Quand les carriers du XIXe ne les
ont pas détruites, ce sont les visiteurs qui le
font... En effet, leur facilité d’accès, la faible
résistance mécanique du grès et la forte pression touristique les exposent à toutes sortes
d’actes destructeurs. Quand elles ne sont
pas couvertes par la suie d’un stupide feu de
bivouac, elles sont massacrées par des signatures, initiales ou dates !
À ce jour, nous ne connaissons que trois peintures rupestres. Elles cohabitent avec des
gravures et ne sont discernables que sous
certaines conditions atmosphériques. Leur
faible nombre ne permet pas de définir s’il y
avait une désaffection de nos ancêtres pour
ce genre de décoration ou si au contraire, ils
en ont réalisé mais avec des moyens qui n’ont
pu résister aux destructions naturelles ou
humaines.
Visiblement, certains ne peuvent se passer
de laisser une trace indélébile de leur visite !
En mars 2011, celles de l’auvent du Rocher
des Potets furent détruites par deux feux qui
ont fait éclater la roche ! Pourtant, plusieurs
alertes avaient été lancées mais mettre une
grille à l’entrée de la cavité ou, ne serait-ce
qu’un panneau d’information, n’a pas semblé
efficace. Devant de nouvelles dégradations, il a
été décidé « l’enrochement » de la grotte pour
sauvegarder ce qui pouvait encore l’être… Là,
c’est certain, le bivouac devient inconfortable !
Les gravures sont principalement schématiques ou géométriques. On trouve quelques
figurations animalières et humaines ainsi que
En juin 2011, un sentier de découverte de
ces gravures a été inauguré dans les Trois
Pignons. Un bel outil pédagogique qui,
28
Que faire pour protéger ces rares témoignages de nos ancêtres ? Quelques grottes
parmi les plus remarquables ont été murées
en 1955 et leur localisation n’est connue que
des spécialistes. Quant à ceux qui sont situés
à quelques mètres des voies d’escalade, ils
ont été, jusqu’ici, préservés. Il faut dire que les
grimpeurs locaux étaient assez respectueux...
Mais aujourd’hui, avec 17 millions de visites,
leur sauvegarde semble très incertaine.
Faut-il souhaiter que les visiteurs, grimpeurs,
randonneurs n’aient le droit de fréquenter
notre forêt qu’accompagné d’un guide professionnel et rémunéré comme à Hueco (Texas)
ou dans le PN du Mercantour ? L’accès à Bleau
doit-il être limité et payant ? Bref, sommesnous si bêtes que nous ne puissions pas préserver ces trésors qu’à coups d’interdictions ?
Une visite du blog :
http://latribunelibredebleau.blogspot.com,
vous en dira plus sur les dégradations. Un lien
permet de télécharger plaquette et vidéo sur
le sentier découverte.
R
d’antan
CA ETRO
NA UVE
L 7 Z-N
9 S OU
UR S DÉ
CA SOR
NA MAI
LS S
AT
Texte David Chambre
Photos Coll. John Redhead
John Redhead, Portrait de l’artiste en grimpeur
Originaire du Yorkshire mais d’ascendance gitane, c’est principalement dans le nord du Pays de Galles que
John Redhead va tracer son sillon, des impressionnantes falaises côtières de Gogarth aux rudes parois de
Llanberis. Pourtant, dès son adolescence durant les sixties, c’est en tant qu’artiste peintre qu’il se projette
avant tout. Autodidacte, il réussit rapidement à exposer ses tableaux dans des galeries renommées et à en
tirer un moyen de subsistance relativement stable.
La chaîne de t outes les montagnes
L
u début des années 80, il devient le
spécialiste de ce qu’on pourrait appeler
l’escalade mentale : ouverture de voies
traditionnelles sur coinceurs, difficiles et
surtout très engagées. Et le terme engagé
n’est qu’un euphémisme, on parle ici de
chutes potentiellement mortelles… On se
doute bien que ces itinéraires, dans le plus
pur style british, ne sont pas destinés à
devenir populaires mais plutôt à marquer
les esprits, notamment grâce à leurs noms
évocateurs, du genre Aux frontières de
l’esprit, Les cloches de la mort (traduction
libre de The Bells, The Bells !), etc…
a cotation, E9, 6c anglais, une
première à l’époque, ne rend pas
forcément justice au risque quasi mortel
que représente une tentative en tête ! L’un
des répétiteurs a qualifié sa difficulté de
« 100% mentale ». L’un des grimpeurs
trad actuels les plus en vue, Dave McLeod
y a renoncé après une longue réflexion,
jugeant le risque trop élevé. Un autre
grimpeur est resté 4 heures sans bouger
en pleine paroi avant d’être finalement
obligé de se décorder pour que son unique
assureur puisse monter au sommet le
secourir…
M
A
ême si ses voies évoluent dans
nos 7e et 8e degrés, son approche
est plus spirituelle que sportive. Pas
d’entraînement ou d’escalade intensive
à l’inverse de son contemporain Ron
Fawcett ou ensuite Jerry Moffat, mais
plutôt une approche inspirée de la
méditation voire du chamanisme dans
son rapport à la Nature et à ce que cette
dernière peut proposer de plus brut : la
minéralité du rocher. Il a d’ailleurs étudié
l’art pictural des indiens Anasazi sur leurs
falaises sacrées du sud-ouest américain.
P
armi les histoires qui ont fait sa
légende, « l’Affaire Indian Face » est
restée célèbre et illustre parfaitement sa
dualité d’artiste/grimpeur. Ouverte en
1986 par Johnny Dawes (autre légende
de ce type d’escalade) et située sur le très
austère Cloggy au Pays de Galles, Indian
Face est une dalle de plus de 40 mètres
dont chaque répétition est un événement
outre-Manche (seulement trois en 25
ans…).
30
vant de devenir le chef d’œuvre
de Johnny Dawes, Redhead en
avait ouvert la partie inférieure sous le
charmant nom d’Ejaculation tourmentée
puis tenté le reste, toujours selon
son éthique : en partant du sol, sans
reconnaissance préalable en rappel. Mais
après avoir survécu miraculeusement
à plus de vingt mètres de chute sur un
micro coinceur, même lui avait jugé
nécessaire de placer un spit ! Jugé par
Dawes comme « planté pour marquer
son territoire comme un chien le fait en
pissant », il fut enlevé par le non moins
célèbre Jerry Moffat pour créer Master
Wall. Revenant inspecter la voie en rappel,
Redhead
casse
malencontreusement
un petit feuillet crucial. Pour répondre
à ceux qui l’accusent de dégradation
volontaire, il retourne ensuite peindre
très artistiquement et à l’identique la
prise cassée et va déposer cette dernière au
domicile de Dawes !
A
insi va le « Trad climbing » de
haut-niveau en Angleterre. Chaque
protagoniste construit son aura sur une
poignée de voies, censées reculer les
limites de la difficulté mais surtout de
l’audace et de l’abnégation face au danger.
Souvent préparées et méditées des mois
durant, on est évidemment à l’opposé
total de l’escalade de consommation
sûre et ludique telle qu’on la pratique
aujourd’hui dans le reste de l’Europe.
M
ais même durant toutes ces années
d’intense
activité,
l’escalade
reste
pour
Redhead
comme
un
accompagnement naturel à son activité
artistique et picturale. Des tableaux
toujours à son image : tourmentés,
résolument contemporains mais chargés
d’une pâte et de couleurs minérales et
organiques, dans l’esprit d’un Francis
Bacon.
J
ohn Redhead aura t-il plus marqué en
tant qu’artiste que grimpeur ? Difficile
de répondre, d’autant que sa carrière
d’artiste n’est pas terminée, quoi que le
mot carrière semble particulièrement
inapproprié pour lui ! Lui aime se voir
comme un artiste multimédia à qui
il est arrivé de grimper, plutôt que le
contraire. Son oeuvre s’élargit aujourd’hui
de créations sonores à la littérature en
passant par l’escalade de cathédrales ou
encore une recherche interactive sur
l’univers d’une carrière abandonnée du
Pays de Galles.
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A
carnet de voyage
Texte et photos Chr. Pfanzelt
Traduction Laurence Guyon
Positano, petit village de la côte amalfitaine, a longtemps attiré les stars : Greta
Gabo, les Kennedy, Freddy Mercury et bien d’autres. Capri, c’est fini : aujourd’hui,
ce sont les grimpeurs qui investissent cette région fort agréable du sud de l’Italie.
Car il y a là des falaises, des colonettes et la douceur de vivre, alors que demander
de plus ?
Telles ont été les pensées de Cristiano Bacci
quand il a arrêté sa carrière d’avocat et décidé
d’équiper et de créer un gîte dans le secteur.
À partir de là, sa devise a été de construire
à partir de rien, ou de pas grand chose. À
l’époque, il n’y avait même pas de chemin
d’accès. Mais il avait du temps, un terrain
fertile et surtout beaucoup d’énergie.
La maison qu’il a édifiée, « La Selva », a été
construite sur une terrasse plantée d’oliviers
et a nécessité 5 ans de travail. L’accès a été
déblayé et plus de 300 mètres de conduites
d’eau et de lignes électriques ont été portées
de Monte Pertuso jusqu’à La Selva. Le gîte
n’est pas là par accident, le secteur de la
Falesia della Selva se trouve juste à côté, à
deux minutes à pied après avoir traversé le
jardin.
Positano, village perché !
33
32
Martina Roos jète un Anatema, 7a
Ceux qui sont capables de grimper 6c/7a
peuvent y monter pour un ou deux jours.
Attention, doigts sensibles s’abstenir ! Mais
si vous avez de la corne, tentez les voies du
milieu du mur : 35 mètres de long, verticales
dans du rocher parfait, sur fond de ciel bleu.
Idéal pour enchaîner les longueurs ! Ne pas
oublier d’admirer, depuis le relais, la vue
magnifique sur la côte escarpée et la mer
jusqu’à l’île de Capri.
Le rocher comporte beaucoup de prises
verticales, aux bords parfois coupants. Pas
étonnant, le secteur est récent : la plupart des
itinéraires ont été équipés à partir de 2008 et
ils n’ont pas vu encore beaucoup de passage.
C’est ainsi que devait être le Verdon il y a
quelques années ! Parmi les incontournables :
Mitril 7b +, Vitamine 7a ou justement Verdon
mon amour 7a +.
Après une bonne journée de grimpe, la peau
des doigts sera aussi cuisante que les piments
que vous dégusterez le soir.
« Ceux qui sont capables de grimper
6c/7a peuvent y monter pour un ou
deux jours. »
Les pâtes maison, mélangées aux légumes
du jardin, ne sont que l’échauffement. Le plat
principal, une tarte aux légumes énorme et
excellente, est une épreuve d’endurance. À
partir de maintenant la respiration devient
difficile et doit être faite consciencieusement.
Ce serait ballot de laisser de côté le merveilleux
gâteau au chocolat qui est servi en dessert.
Le petit-déjeuner avec vue sur la mer est, Dieu
merci, plus léger. Après un café noir comme
l’âme des démons, nous nous dirigeons vers le
secteur Cannabis, au Monte Pertuso. Le café
noir, combiné aux 800 marches qui y mènent,
nous donne quelques vertiges. Tout tourne.
Condition optimale pour l’escalade...
Sur le chemin, nous passons un rocher qui
forme une immense fenêtre. L’explication est
facile d’un point de vue géologique. Mais les
habitants de Monte Pertuso ont une autre
théorie : une nuit d’orage, au 6e siècle après
JC, une jeune fille se serait perdu dans la paroi
rocheuse. La Vierge Marie lui aurait indiqué un
lieu de refuge.
Julia Pfanzelt se joue de Maia, 7a
Anna Enrich dans Guntabaar, 7b+
35
34
Bacci Africa, 6c, pour Cristiano
Un jour, j’ai demandé à Cristiano
combien de points il avait plantés
et il a répondu : « environ 200 kg »
Mais le diable n’était pas d’accord avec cette
faveur et a lancé un défi : celui des deux qui
percerait le premier un trou dans la roche,
gagnerait la jeune fille. Naturellement, le
diable a perdu le duel. Depuis ce temps, la
fenêtre de roche existe et le diable gagne
péniblement sa vie comme un serpent pétrifié,
une belle stalactite qui n’est malheureusement
pas autorisée pour l’escalade !
Le diable pétrifié et la fenêtre de roche sont
les emblèmes de la communauté. Chaque
année le 2 juillet, un pèlerinage y est organisé.
Nous sommes quand même dans le sud de
l’Italie. Ça n’empêche pas de grimper dans
le secteur avoisinant, une sorte de Kalymnos
bis. Au-dessus de nos têtes pendent des tufs
magnifiques, de toutes tailles et de toutes
formes. Ça change des trous de la veille.
partir de 2008 et, offrent donc une très bonne
friction. La plupart des routes se situent entre
6c+ et 7c+ et sont super ludiques. Mention
spéciale pour Il Plutone fallo di (7a), aux
mouvements réjouissants. Le potentiel ici est
énorme. Les 200 routes existantes peuvent
facilement être démultipliées. Le matériel
utilisé pour l’équipement des 12 secteurs
existants a été subventionné par l’Union
Européenne.
De cette façon, de nouvelles routes ont vu le
jour et l’action d’un nouveau maire a favorisé
l’expansion des secteurs. Un jour, j’ai demandé
à Cristiano combien de points il avait plantés
et il a répondu : « environ 200 kg ». Quand on
aime, on ne compte pas ! Mais si on aime, on
peut se déchaîner allègrement.
Là encore, toutes les voies ont été équipées à
Cristiano Bacci
e, il a décidé de deve
Il était avocat à Venis
an
n de gîte à Posit o, nir grimpeur et gardie
ta. Il y aurait eu de avec sa femme Mar
r construire un gîte, nombreux endroits pou
des falaises. Après 5
ils ont choisi le pied st c’e
d’aménagement, années de travaux et
ont agers innombrables chose faite. Des pot
urd’hui fournissent des été développés, qui aujo
no seulement à Cristia
repas biologiques non
qui
rs ssi aux grimpeu
et sa famille, mais au
ure.
viennent ici en villégiat
Christoph Kuhlmann dans le bien nommé Verdon mon amour, 7a
36
peupclealademag
s
Anna Enrich sans difficulté apparente dans Gozer il disstruttor, 7b
fashion
&Q@MCR EQNHCR NJ L@HR BD MŗDRS O@R TMD Q@HRNM ONTQ RD SDQQDQ › K@ L@HRNM DM S¥SD ›
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