B-info Les mots bleus

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B-info Les mots bleus
B-info
Les mots bleus
4e
tre
trimes
2014
édito
C’est avec un immense plaisir que je vous
retrouve au travers de cet édito, mais il est
difficile de faire une synthèse de l’actualité
débordante, à l’image du dynamisme des
équipes présentes partout sur le territoire.
L’agrément national de l’Éducation nationale constitue une avancée incontestable
pour notre association qui bénéficie d’une
reconnaissance supplémentaire de l’État.
En ces temps difficiles d’exacerbation de
l’homophobie et de la transphobie, la multiplication des interventions en milieu scolaire
constitue un excellent vecteur de sensibilisation et de lutte contre les préjugés. L’association est de plus en plus sollicitée par
le personnel éducatif pour des situations
d’homophobie au sein des établissements.
Cette démarche ne peut qu’être encouragée ! J’ai eu l’occasion d’assister à une
intervention orchestrée par Frédéric Gal
au sein d’un lycée de Montpellier. J’ai pu
constater combien les préjugés sont encore présents et destructeurs, et combien
la place de la femme est dévalorisée, celleci étant la première victime des insultes
sexistes des adolescents.
Je salue l’esprit engagé et sportif des
équipes du Refuge en ayant une pensée
toute particulière pour la délégation de
Lyon qui s’est mobilisée pour le traditionnel
semi-marathon le 5 octobre !
70 jeunes sont hébergés tous les soirs au
sein de nos dispositifs : 70 jeunes qui ont
trouvé, grâce à vous, la stabilité nécessaire
à un nouveau départ ! Ces jeunes sont
encadrés au quotidien par des équipes de
bénévoles, salariés, volontaires du service civique et stagiaires mobilisés pour
construire un monde meilleur pour les plus
fragiles d’entre nous. Leur travail est régulièrement salué par les jeunes accompagnés qui témoignent, toutes les semaines,
sur mediaterranee.com, grâce à un formidable partenariat.
Quel beau travail accompli depuis la création de l’association il y a bientôt 12 ans !
L’association n’existerait pas sans le soutien de ses 3 000 adhérents et le travail de
terrain de ses 250 bénévoles qui véhiculent
nos belles valeurs, à l’image de Katia, mise
en lumière pour son implication au sein de
l’association.
Je remercie Morgane Le Roux, nouvelle rédactrice en chef de notre B-Info, entourée
de rédacteurs et de relecteurs qui donnent
le meilleur pour cette belle aventure !
J’espère que vous serez toutes et tous les
porte-paroles de notre campagne 20142015 « Pas de trêve hivernale pour l’homophobie ». Je compte sur vous !
Nicolas Noguier
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ACTU nationale
agrément de l’éducation nationale  Nous sommes agréés depuis
août 2014 ! Après deux ans de procédure administrative pour l’obtenir, le ministère de
l’éducation nationale a décidé de retirer son appel et d’accréditer le Refuge à aller à la
rencontre des lycéens et collégiens sur tout le territoire.
Désormais, le Refuge fait donc partie des quelques intervenants autorisés par le ministère de l’éducation à pouvoir évoquer les thématiques de l’homosexualité et de l’homophobie.
Forte de cette reconnaissance, l’association va poursuivre l’action qu’elle mène dans
les lycées depuis quatre ans pour sensibiliser les jeunes aux conséquences de l’homophobie. C’est un réel engouement que nous suscitons auprès des jeunes, avec 87 %
de satisfaits et 90 % de jeunes qui estiment avoir acquis des connaissances.
Le but de l’intervention est de les amener à développer une réflexion autonome et déconstruite sur des sujets touchant à la discrimination. Il s’agit de leur faire comprendre
le mécanisme débouchant sur l’homophobie, et de les faire réfléchir à leurs propres
comportements.
Le ministère de l’éducation nationale reconnaît par l’obtention de cet agrément l’utilité
des actions du Refuge et encourage encore plus notre travail auprès du système éducatif. Notre prochaine cible ? Le corps professoral et les parents : et il y a du chemin !
Nomination de Gildas au conseil d’administration  Suite à la démission de Krystal Gil de notre conseil d’administration, la candidature de Gildas Leprovost a été proposée lors du CA du 3 octobre. Gildas est un ancien jeune accompagné par la délégation parisienne du Refuge. Il est désormais auto-entrepreneur dans la
conception de sites et pages web, et il habite chez son petit ami. Il nous a paru important de continuer à permettre l’admission d’anciens jeunes dans le CA, car c’est aussi
une volonté du Refuge que de responsabiliser les jeunes bénéficiaires de la structure,
afin que ceux-ci en deviennent de véritables acteurs : ils ne sont désormais pas uniquement spectateurs mais peuvent prendre part aux décisions concernant la politique
générale de l’association. On s’investit à son tour !
Rencontre avec la direction générale de la cohésion sociale 
Nous avons rencontré la directrice générale de la direction générale de la cohésion
sociale (DGCS) qui est chargée de la conception, du pilotage et de l’évaluation des
politiques publiques de solidarité, de développement social et de promotion de l’égalité favorisant la cohésion sociale.
Gildas, en tant qu’ancien hébergé par la structure et nouvel administrateur, a lancé il y
a quelques mois une pétition visant à demander un soutien officiel de la DGCS à l’action menée par la structure, adressée directement à sa directrice générale.
Sabine Fourcade nous a reçus afin de faire dans un premier temps un bilan de notre
action puisque nous nous étions déjà rencontrés deux ans auparavant.
La seconde partie de l’entretien a été consacrée à écouter le témoignage de Gildas et
à le questionner sur son vécu, sur sa volonté de faire cette pétition, mais aussi sur les
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ACTU nationale
solutions qui pouvaient être éventuellement trouvées pour pérenniser la structure. Si
des pistes ont été évoquées (et seront suivies), nous n’en sommes pas ressortis avec
une assurance d’un financement plus pérenne dans l’immédiat. Mais nous ne lâchons
rien !
©Le Refuge
Des forces salariées nouvelles !  Grâce au soutien de la Fondation
Inkermann, nous avons pu ouvrir trois postes, dont deux de travailleurs sociaux : un
nouveau conseiller en économie sociale et familiale (CESF) à Paris et un travailleur
social à Lille.
Nous sommes ravis de pouvoir élargir notre équipe de salariés et ainsi de plus professionnaliser encore la structure. C’est un gage d’efficacité et d’efficience pour notre
public que d’être encadré par des personnes formées, conscientes des enjeux d’une
telle structure et de tels accompagnements. Il est tout aussi bénéfique de voir que
les effectifs bénévoles sont aussi en augmentation ! C’est l’une des caractéristiques
du Refuge de vouloir mêler différents statuts, différentes approches, ceci afin d’être
au plus proche des jeunes : l’un n’est pas plus important, ni plus indispensable que
l’autre : sans l’une de ces deux entités, la structure ne pourrait pas fonctionner ! Et
chacun apporte sa pierre à l’édifice, avec son expérience, son approche et sa conformité à l’éthique de la structure : la force est dans l’ouverture multi-culturelle, non pas
dans le repli sur soi.
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actu des délégations et antennes
Délégation de Montpellier /
Languedoc-Roussillon
[email protected]
Délégation de Paris / Île-de-France
[email protected]
Délégation de Marseille /
Provence-Alpes-Côte-d’Azur
[email protected]
Délégation de Lille / Nord
[email protected]
Délégation de Saint-Denis /
La Réunion
[email protected]
Délégation de Toulouse / MidiPyrénées
[email protected]
Antenne de Bastia / Corse
[email protected]
[email protected]
Antenne d'Avignon / Durance
[email protected]
Antenne de Bordeaux
[email protected]
Antenne de Perpignan
[email protected]
Antenne de Narbonne
[email protected]
Antenne de Strasbourg
[email protected]
Pour tout autre lieu
géographique :
[email protected]
www.le-refuge.org
délégation de Paris / Île-de-France
 Les adieux d’une icône. Samedi 27 septembre, c’est au
Grand Rex, pendant la semaine de la Fashion Week, que les
jeunes du Refuge de Paris ont passé la soirée pour les adieux
de Jean-Paul Gaultier au prêt-à-porter, avec la présentation
de l’ultime collection printemps-été 2015.
Devant des célébrités (Cristina Córdula, Yvette Horner,
Jean-Paul Goude, Isabelle Boulay, Amanda Lear et Catherine Deneuve étaient là, parmi tant d’autres), la scène s’est
transformée en podium de miss : miss météo, miss France,
miss femme de footballeur… Tout le farfelu de Gaultier, qui a
lui-même fait le final
en miss Jean-Paul
Gaultier, le torse
orné d’un ruban
tricolore.
Le défilé a présenté
de belles pièces
pour retracer son
parcours : le cha-
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©Le Refuge
LIGNE D’URGENCE :
06 31 59 69 50
©Le Refuge
Délégation de Lyon / Rhône-Alpes
[email protected]
Délégation de Toulouse / MidiPyrénées  à cheval et en confiance !
Pour les jeunes,
l’équithérapie est un
soin par le cheval
qui devient un tuteur
de résilience face
au traumatisme du
rejet parental. C’est
pourquoi Le Refuge
de Toulouse a lancé
ce projet avec le
Poney club de Gouny, à Seysses. Les
jeunes du Refuge, soutenus par l’équipe éducative (Déborah,
Camille et Anna), accompagnés de l’équithérapeute MariePierre Médecin, ont appris à connaître l’animal, à être attentifs,
à le brosser, lui parler, etc. Autant d’attitudes bénéfiques et
valorisantes pour eux, qui ont beaucoup apprécié cette rencontre. Une première séance encourageante pour que ces
jeunes en souffrance reprennent confiance en eux !
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actu des délégations et antennes
peau de Fontenay, le soutien-gorge conique, tout comme le fameux smoking déstructuré, ou ses fameuses combinaisons de catcheuses... tout ce qu’il fallait pour cacher
l’émotion submergeant le pape de la mode qui fit ses adieux sous une pluie de cotillons
et la reconnaissance appuyée de ses pairs après 38 ans de créativité.
Soirée exceptionnelle pour le plus grand plaisir des jeunes. Enjoy !
©Le Refuge
délégation de montpellier / languedoc-roussillon  Visite de
Dell. Fin septembre, une partie des salariés de l’entreprise Dell de Montpellier, membres du groupe « pride »,
sont venus aider les jeunes dans la rénovation de leurs
appartements : peinture des chambres, des salons et de
l’épicerie ! Ils ne se sont pas arrêtés là. Ils ont souhaité
sensibiliser l’ensemble de leurs collègues en organisant
une quête. Mardi 21 octobre, lors de l’une de nos permanences, c’est avec une grande surprise qu’ils sont venus
les bras chargés de vaisselle, de linge de maison, d’un joli
chèque et... d’une WII, ainsi que d’une multitude de jeux !
Les soirées d’hiver vont être animées ! Encore merci !
©Le Refuge
Délégation de Lyon / rhône-alpes 
Courir pour le Refuge. Le dimanche 5 octobre, des
bénévoles du Refuge ont pris le départ du 10 km
du Run In Lyon, célèbre événement qui accueille
chaque année plus de 20 000 coureurs. Quatre
bénévoles de la délégation de Lyon ont pris part
à cette aventure et ont traversé Lyon au pas de
course, heureux de porter les couleurs du Refuge.
Entre 57 minutes pour le plus rapide et 1 h 09 pour
le reste de l’équipe, ils ont tous franchi la ligne d’arrivée avec fierté ! Sponsorisés par des
proches ou des anonymes, les coureurs ont pu récolter des dons qui serviront à l’achat
de cartes cadeaux pour les anniversaires des jeunes hébergés !
 Camira, une entreprise solidaire. Camira est une entreprise spécialisée dans le conseil,
le coaching et la formation. C’est son dirigeant qui s’est rapproché du Refuge pour
proposer gratuitement aux jeunes des formations CACES. La délégation de Lyon /
Rhône-Alpes a donc la chance, depuis 2013, de compter Camira parmi ses contacts
privilégiés. Pour le moment, trois jeunes ont suivi la formation. Parmi eux Yoann, un jeune
actuellement hébergé, qui a bénéficié de cette formation en septembre 2014. En plus
d’une compétence sur son CV, cette formation lui a permis de reprendre confiance en lui
et ainsi de se remettre dans une dynamique de retour à l’emploi. Un réel plus, à tous les
niveaux, pour les jeunes !
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interview
VINCENT LANON
Le projet d’antenne
du havre
Comment avez-vous connu le
Refuge ?
Et puis, durant l’été, alors que je parcourais les informations sur internet, je suis
tombé par hasard sur un article consacré au décès de Peter. J’y ai beaucoup
pensé pendant mes vacances, touché
par ce drame, mais aussi par toute la
solidarité et l’émotion des bénévoles du
Refuge. Aussi, dès la fin de mes congés,
ma priorité a été de connaître davantage
les missions et actions de l’association.
Je n’avais plus seulement envie de faire
un don, mais je voulais aussi réellement
m’engager en tant que bénévole. J’ai
alors remarqué que le Refuge était absent
dans le quart nord-ouest de la France.
Or il ne me semblait pas envisageable de
devenir bénévole au sein d’une antenne
ou d’une délégation à plusieurs heures de
route du Havre où je vis. J’ai donc continué de façon régulière à lire le site, mais
aussi à consulter les articles de presse
partagés sur Facebook et Twitter.
Je suis tombé par hasard sur un article
indiquant que le président du Refuge
avait rendez-vous avec une équipe municipale, à la demande du député-maire du
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©Vincent Lanon
 Je parcourais régulièrement le site
internet du Refuge, car je me sentais
concerné par le soutien apporté aux
jeunes. Je ne pensais pas particulièrement devenir bénévole, mais j’ai fait un
don pour soutenir l’action de l’association.
Havre. Mon projet d’engagement comme
bénévole au sein du Refuge allait donc
peut-être pouvoir se réaliser... J’ai rencontré Nicolas Noguier et il m’a demandé
si j’accepterais d’être l’interlocuteur local
du Refuge auprès de la Mairie. Tout s’est
ensuite enchaîné, et le conseil d’administration m’a fait l’honneur de me nommer coordinateur du projet d’antenne du
Havre.
Pourquoi avoir choisi de vous investir
dans cette association ? Cela fait-il
écho à votre propre vécu ?
 Mon engagement au sein du Refuge
tient à ma sensibilité à cette cause, même
si je n’ai jamais été confronté personnellement à l’homophobie. J’ai fait un comingout relativement tardif, et je pense que
j’avais la chance d’être déjà bien armé
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interview
psychologiquement au moment de le
faire. Cela ne signifie pas que tout a été
simple, mais j’ai été très bien entouré par
mes amis, mes voisins, et une famille qui
a fait preuve de beaucoup d’ouverture
d’esprit. Il y a eu quelques « bras de fer »
et beaucoup d’heures de discussion,
mais j’ai eu beaucoup de chance.
Aujourd’hui, je me sens terriblement
ému quand j’écoute les témoignages
de jeunes qui n’ont pas bénéficié de la
même écoute dans leur entourage, et
dont certains ont vécu des choses terriblement poignantes. J’en ai parfois les
larmes aux yeux, mais je dois rester vigilant pour que l’efficacité de notre action
ne soit pas atténuée par l’émotion.
d’un mois ! Il va maintenant falloir organiser une rencontre collective, mais aussi
et surtout prendre le temps de connaître
chacun individuellement pour que nous
puissions tous agir en fonction de nos
compétences personnelles.
Par ailleurs, nous avons bénéficié d’une
bonne couverture de la part des médias.
J’ai accordé des interviews à la radio
(environ six diffusions sur deux radios), à
la presse (trois articles dans les journaux
régionaux).
Quels sont les projets immédiats de la
délégation ou de l’antenne ?
Je sens aujourd’hui l’urgence de mieux
structurer notre démarche, notamment en
partageant la réflexion et le montage du
projet avec d’autres bénévoles. Je suis
pour cela en contact avec deux femmes
que je connais de longue date et en qui
j’ai toute confiance. Leur expérience dans
le domaine social sera d’une grande aide.
 J’ai été membre d’associations, aussi
ai-je une assez bonne connaissance de la
vie associative. Et si le dossier est vaste,
j’ai la chance d’avoir toujours exercé des
fonctions professionnelles impliquant de
prendre des initiatives, de gérer des projets, mais aussi de travailler en équipe.
Nous devons prochainement participer à
un speed dating au Havre dans le but de
poursuivre la recherche de bénévoles. Je
ne doute pas que cela permettra essentiellement de rentrer en contact avec des
associations avec lesquelles nous pourrons partager des projets...
Le projet d’antenne du Havre est encore
très récent (puisque j’ai été nommé coordinateur il y a un peu plus d’un mois) et je
me questionne beaucoup sur les priorités
pour monter ce projet, mais cela n’empêche pas l’action ! Ma première priorité
a été de créer une page d’information sur
Facebook, pour établir le contact avec
les futurs bénévoles et communiquer sur
l’évolution de notre projet. Elle est suivie
aujourd’hui par 238 personnes.
La page
Facebook du
projet d’antenne
du Havre
à ce jour, 36 personnes sont prêtes à
s’engager comme bénévoles. En l’espace
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témoignage
parce ma situation l’affectait
beaucoup, j’ai pris la décision de
contacter le refuge.
Jusque là, tout allait pour le mieux. J’ai
pris la décision de venir m’installer à Montpellier et de vivre avec mon frère, avec
lequel j’étais très complice. Mais notre
relation s’est dégradée au fil du temps,
on se supportait de moins en moins. Un
jour, je lui ai présenté ma copine, avec qui
je suis toujours. Elle était en conflit avec
sa maman et je l’ai accueillie quelque
temps chez mon frère. Pour lui, c’était la
goutte de trop ! Il m’a mis dehors avec ma
copine. On est d’abord allé chez une amie
et ensuite chez ma mère, pendant deux
mois. Dès le troisième mois, la situation
est devenue très difficile pour ma mère,
B-Info  4e trimestre 2014
©Lisa Risager, from Denmark
Je m’appelle Jennyfer, j’ai 19 ans,
je suis lesbienne et en couple depuis
presque un an.
J’ai très vite compris que j’étais lesbienne,
dès toute petite ! Je suis quand même
sortie avec des garçons, mais il manquait
quelque chose : le corps d’une fille. J’ai
eu la chance de ne jamais avoir entendu
de propos homophobes au lycée. Bien au
contraire, j’étais aimée de tout le monde.
Je parlais de mon homosexualité, je ne
me cachais pas, j’étais comme les autres
– sauf que j’avais une sexualité différente !
Quand ma mère l’a su, elle a mal réagi.
Pendant quatre mois, on ne s’est plus
parlé. Je me rappelle lui avoir dit que j’étais
« bi » pour faire passer la pilule. L’avis de
ma mère était très important pour moi, je
voulais qu’elle le sache. Par contre, l’avis
de mon père, je n’en avais rien à faire.
Pour mes frères et sœurs, cela n’a jamais
posé aucun problème.
car elle n’acceptait pas notre couple et
ne supportait plus de voir ma copine tous
les jours chez elle. Elle m’a alors fait comprendre qu’elle devait partir de la maison…
Mon choix a vite été fait : nous sommes
parties le jour même de chez ma mère !
On est arrivé de nouveau à Montpellier. Là
j’ai dit à ma copine qu’il fallait qu’elle rentre
dormir chez sa mère, et que moi, j’allais
me débrouiller pour la nuit. J’ai alors compris que ça allait être long... Je n’avais aucun endroit où aller, ni pour dormir, ni pour
manger. Une amie m’a hébergée pendant
quelques semaines, pas dans de très
bonnes conditions : je dormais à même le
sol, avec une petite couette – mais c’était
toujours mieux que la rue ! Ensuite j’ai
connu le Refuge. Je ne voulais pas y aller,
mais ma copine a insisté, et m’a dit que ça
la soulagerait, qu’elle ne se poserait plus
de questions horribles du genre « où elle
va dormir ? » ou encore « mange-t-elle à
sa faim ? ». Parce que ma situation l’affectait beaucoup et la faisait souffrir, j’ai pris la
décision de contacter le Refuge. Je devais
faire ça pour elle. Je suis donc arrivée à
l’association fin août. J’y ai trouvé un toit
et j’ai commencé à chercher du travail.
Je suis sur le point de commencer une
formation, je suis heureuse. J’entame la
reconstruction des liens avec ma famille, la
relation avec ma mère s’est améliorée, je
ne lui en veux pas, l’erreur et la connerie,
c’est humain après tout !
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culture
©éditions Textes Gais
des livres pour le refuge... En septembre,
les éditions Textes Gais avaient publié Des larmes sur les
draps, un sombre et beau roman qui abordait les thèmes
de la drogue et de la prostitution à travers les errances
de Zach, un garçon de 16 ans. L’auteur, Luc Frey, avait
très généreusement décidé de céder ses droits d’auteur à
notre association.
Pour Noël, l’éditeur propose une nouvelle et généreuse
surprise : deux recueils de nouvelles ayant pour double
thématique Noël et l’homosexualité sont en effet proposés
en téléchargement ou au format papier (à la librairie Les
Mots à la bouche). Une très belle idée de cadeau et une
nouvelle occasion d’aider le Refuge, puisque là encore,
tous les auteurs de ces deux recueils nous cèdent leurs
droits...
©ORSO
...et de la musique ! Le groupe ORSO, scandalisé par la tournure qu’ont pris les débats autour du
« mariage pour tous », a réagi avec le réflexe artistique
qui est le sien, en composant une chanson (et sa version
anglaise) d’inspiration soul, Au Grand Jour / You Gotta
Know, qui évoque la légitimité d’une relation amoureuse
entre deux hommes.
Un CD comprenant quatre morceaux (deux remixes
complètent les deux titres) est d’ores et déjà disponible à
la vente. Dix euros qui seront intégralement reversés au
Refuge.
brèves  Un calendrier sous le sapin. Rémy et Benoît, deux photographes, ont réalisé douze clichés mettant en scène des modèles masculins passionnés de sport afin
de réaliser un calendrier. Un grand plaisir pour les yeux à offrir et à s’offrir ! Format :
30 × 42 cm ; prix de vente : 15 euros. Disponibles sur le site du Refuge, sur le site
gaypresse.com, ainsi qu’à la boutique Mister B, 24 rue du Temple dans le 4e arrondissement parisien.  Des acteurs se mobilisent pour le Refuge. Trois jeunes acteurs
(Lucie Lucas, Elodie Fontan et Kevin Elarbin) de la série à succès Clem, diffusée sur
TF1 depuis plusieurs années, ont enregistré un clip de soutien pour le Refuge. Il est
encore en phase de montage pour l’instant, mais nous ne manquerons pas de vous
tenir informé dès qu’il sera achevé...
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9
solidarités
Pour que l’association puisse continuer à héberger ces jeunes, nous avons
besoin de VOUS. Vos dons (déductibles d’impôt) sont indispensables pour
mener à bien nos projets. Avec 500 €, nous pouvons héberger et accompagner deux jeunes pendant un mois.
Source : France 3
Opération MicroDON – Délégation
de Paris / Île-de-France. Simplifier le don
d’argent aux associations en scannant un codebarres et indiquer le montant que l’on désire offrir.
Tel est le principe, simple mais innovant, de l’opération MicroDON, dont la seconde édition a eu lieu
les 10 et 11 octobre derniers à Paris. Celle-ci a
mobilisé plus de 200 associations d’Île-de-France,
dont Le Refuge. Monoprix, l’un des partenaires
de l’événement, a ainsi donné accès à son magasin de Nation. Au 20 boulevard de Charonne,
bénévoles et jeunes se sont succédé pour distribuer, aux deux entrées, des cartes à scanner en
caisses. Par défaut, deux euros sont ainsi ajoutés
à la note – ou plus à la demande du client. « C’est plus facile, ça disparaît dans le prix
des courses », a notamment assuré un donateur.
En 2013, ce dispositif avait permis de récolter 2 148 euros. Et pour faire appel à la
générosité des clients du magasin, chacun sa méthode : simple bonjour sous les kakemonos installés pour les uns, interpellation joviale des clients pour les autres. En outre,
MicroDON permet également à l’association de gagner en visibilité : l’opération a suscité
un réel intérêt, les plus curieux n’ayant pas hésité à poser des questions. Le dialogue a
notamment permis de rappeler que le budget de fonctionnement du Refuge, comme
bon nombre de structures associatives, provient essentiellement des donations.
Le succès a été tel qu’au deuxième jour, toutes les cartes imprimées avaient été distribuées avant la fermeture du magasin. Au final, le compteur a affiché 2 194 euros
(+ 2 % par rapport à 2013). Déjà, les jeunes ont proposé d’utiliser cette somme pour
financer les futures activités, qu’il s’agisse de sorties ludo-éducatives ou de différents
ateliers culturels et artistiques.
Les mariés. Depuis ce début d’année, bon nombre d’entre vous ont enfin pu se
dire oui pour la vie et ont, en ce jour si particulier, fait preuve d’une grande générosité.
Ces couples au grand cœur ont su mobiliser et sensibiliser leurs invités, en leur proposant de faire un don au Refuge en guise de cadeau de mariage ! Nous tenions donc à
remercier les jeunes marié(e)s pour leur initiative et le soutien apporté à nos jeunes, qui
en sont très touchés ! Nous vous souhaitons à tous beaucoup de bonheur.
Un très grand merci, donc, à : André & Olivier, Peter & Vincent, Aline & Laure,
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solidarités
Dominique & Alain, Mickaël & Yannick, Bertrand & Christophe, Franck & Sylvain,
Stéphane & Jean-Pierre, Philippe & Olivier, Jérôme & Samuel, Frédéric & Pierre-Marie,
Hans & Arnaud, Evelyne & Carmen, Patrick & Henri… ainsi qu’à l’ensemble de leurs
invités qui ont joué le jeu et nous ont envoyé de nombreux dons !
SOS SDF Les amoureux de la vie – Délégation de Montpellier /
Languedoc-Roussillon.
SOS SDF, les amoureux de la vie. Tel est le percutant et joli nom de cette jeune association montpelliéraine. Le principe est simple, il s’agit de cuisiner et de distribuer des
plats chauds aux personnes dans le besoin, tous les lundis soirs...
Anouk, la présidente, a commencé par croiser chaque samedi Nicolas Noguier, à la
Banque alimentaire. Tous deux viennent chercher la nourriture pour leurs structures
respectives. Ont alors démarré une complicité, une amitié, et puis est venue l’envie
d’agir ensemble. Sans plus attendre, Anouk a rencontré les jeunes et les bénévoles du
Refuge de Montpellier pour leur parler de son association, de son action, et elle leur a
proposé de venir jeter un coup d’œil à l’occasion d’une distribution, et pourquoi pas
de participer…
Les jeunes ont joué le jeu et ils rejoignent maintenant à tour de rôle Anouk et son
équipe de bénévoles le lundi soir à Antigone, un quartier de Montpellier. à chaque fois,
l’appréhension et la timidité disparaissent rapidement, ils se sentent tout de suite utiles
et efficaces, ce d’autant qu’il y a de nombreux plats (chauds ou froids) à distribuer et
de nombreuses personnes à servir.
Ils font face à une certaine réalité, une réalité qu’ils ont, pour quelques-uns d’entre eux,
connue, mais le bilan est positif : ils veulent y retourner chaque semaine. C’est une
expérience forte et riche en émotion, l’occasion de découvrir le bénévolat et la solidarité. Ils passent ainsi de l’autre côté de la barrière pour devenir de véritables acteurs du
secteur social, et n’en sont dès lors plus seulement les bénéficiaires.
Appel au don en période hivernale. L’hiver approche déjà et avec lui la
triste garantie de devoir accueillir plus de jeunes encore en difficulté : pas de trêve
hivernale pour l’homophobie.
Au Refuge, nous essayons de nous y préparer le plus tôt possible, car chaque année
depuis la création de l’association, le nombre de demandes d’hébergement connaît un
pic durant l’hiver, un pic particulièrement marqué en janvier et février.
Nous devons nous mobiliser pour venir en aide au plus grand nombre.
Pour nous aider, rien de plus simple : téléchargez, imprimez, complétez et adresseznous ce formulaire.
Si vous préférez, vous pouvez également faire un don de façon encore plus rapide, par
carte bancaire ou paypal, ici.
B-Info.refuge ! Association Le Refuge 2, rue Germain 34000 Montpellier Tel : 09 50 83 06 78 ● Directeur de la
publication B-Info
: Nicolas Noguier
● Rédactrice en
chef : Morgane Le Roux ● Comité de rédaction : Christohe Caulier,
 4e trimestre
2014
Tony Cotte, Marie-Claude Farcy, Amandine Ferrafiat, Frédéric Gal, Alioune Kamara, Nicolas Noguier, et Loïc BS pour la
rédaction du témoignage ● Dépôt légal : quatrième trimestre 2014 ● ISSN : 2110-879X
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