B-info Les mots bleus
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B-info Les mots bleus 4e tre trimes 2014 édito C’est avec un immense plaisir que je vous retrouve au travers de cet édito, mais il est difficile de faire une synthèse de l’actualité débordante, à l’image du dynamisme des équipes présentes partout sur le territoire. L’agrément national de l’Éducation nationale constitue une avancée incontestable pour notre association qui bénéficie d’une reconnaissance supplémentaire de l’État. En ces temps difficiles d’exacerbation de l’homophobie et de la transphobie, la multiplication des interventions en milieu scolaire constitue un excellent vecteur de sensibilisation et de lutte contre les préjugés. L’association est de plus en plus sollicitée par le personnel éducatif pour des situations d’homophobie au sein des établissements. Cette démarche ne peut qu’être encouragée ! J’ai eu l’occasion d’assister à une intervention orchestrée par Frédéric Gal au sein d’un lycée de Montpellier. J’ai pu constater combien les préjugés sont encore présents et destructeurs, et combien la place de la femme est dévalorisée, celleci étant la première victime des insultes sexistes des adolescents. Je salue l’esprit engagé et sportif des équipes du Refuge en ayant une pensée toute particulière pour la délégation de Lyon qui s’est mobilisée pour le traditionnel semi-marathon le 5 octobre ! 70 jeunes sont hébergés tous les soirs au sein de nos dispositifs : 70 jeunes qui ont trouvé, grâce à vous, la stabilité nécessaire à un nouveau départ ! Ces jeunes sont encadrés au quotidien par des équipes de bénévoles, salariés, volontaires du service civique et stagiaires mobilisés pour construire un monde meilleur pour les plus fragiles d’entre nous. Leur travail est régulièrement salué par les jeunes accompagnés qui témoignent, toutes les semaines, sur mediaterranee.com, grâce à un formidable partenariat. Quel beau travail accompli depuis la création de l’association il y a bientôt 12 ans ! L’association n’existerait pas sans le soutien de ses 3 000 adhérents et le travail de terrain de ses 250 bénévoles qui véhiculent nos belles valeurs, à l’image de Katia, mise en lumière pour son implication au sein de l’association. Je remercie Morgane Le Roux, nouvelle rédactrice en chef de notre B-Info, entourée de rédacteurs et de relecteurs qui donnent le meilleur pour cette belle aventure ! J’espère que vous serez toutes et tous les porte-paroles de notre campagne 20142015 « Pas de trêve hivernale pour l’homophobie ». Je compte sur vous ! Nicolas Noguier 1 ACTU nationale agrément de l’éducation nationale Nous sommes agréés depuis août 2014 ! Après deux ans de procédure administrative pour l’obtenir, le ministère de l’éducation nationale a décidé de retirer son appel et d’accréditer le Refuge à aller à la rencontre des lycéens et collégiens sur tout le territoire. Désormais, le Refuge fait donc partie des quelques intervenants autorisés par le ministère de l’éducation à pouvoir évoquer les thématiques de l’homosexualité et de l’homophobie. Forte de cette reconnaissance, l’association va poursuivre l’action qu’elle mène dans les lycées depuis quatre ans pour sensibiliser les jeunes aux conséquences de l’homophobie. C’est un réel engouement que nous suscitons auprès des jeunes, avec 87 % de satisfaits et 90 % de jeunes qui estiment avoir acquis des connaissances. Le but de l’intervention est de les amener à développer une réflexion autonome et déconstruite sur des sujets touchant à la discrimination. Il s’agit de leur faire comprendre le mécanisme débouchant sur l’homophobie, et de les faire réfléchir à leurs propres comportements. Le ministère de l’éducation nationale reconnaît par l’obtention de cet agrément l’utilité des actions du Refuge et encourage encore plus notre travail auprès du système éducatif. Notre prochaine cible ? Le corps professoral et les parents : et il y a du chemin ! Nomination de Gildas au conseil d’administration Suite à la démission de Krystal Gil de notre conseil d’administration, la candidature de Gildas Leprovost a été proposée lors du CA du 3 octobre. Gildas est un ancien jeune accompagné par la délégation parisienne du Refuge. Il est désormais auto-entrepreneur dans la conception de sites et pages web, et il habite chez son petit ami. Il nous a paru important de continuer à permettre l’admission d’anciens jeunes dans le CA, car c’est aussi une volonté du Refuge que de responsabiliser les jeunes bénéficiaires de la structure, afin que ceux-ci en deviennent de véritables acteurs : ils ne sont désormais pas uniquement spectateurs mais peuvent prendre part aux décisions concernant la politique générale de l’association. On s’investit à son tour ! Rencontre avec la direction générale de la cohésion sociale Nous avons rencontré la directrice générale de la direction générale de la cohésion sociale (DGCS) qui est chargée de la conception, du pilotage et de l’évaluation des politiques publiques de solidarité, de développement social et de promotion de l’égalité favorisant la cohésion sociale. Gildas, en tant qu’ancien hébergé par la structure et nouvel administrateur, a lancé il y a quelques mois une pétition visant à demander un soutien officiel de la DGCS à l’action menée par la structure, adressée directement à sa directrice générale. Sabine Fourcade nous a reçus afin de faire dans un premier temps un bilan de notre action puisque nous nous étions déjà rencontrés deux ans auparavant. La seconde partie de l’entretien a été consacrée à écouter le témoignage de Gildas et à le questionner sur son vécu, sur sa volonté de faire cette pétition, mais aussi sur les B-Info 4e trimestre 2014 2 ACTU nationale solutions qui pouvaient être éventuellement trouvées pour pérenniser la structure. Si des pistes ont été évoquées (et seront suivies), nous n’en sommes pas ressortis avec une assurance d’un financement plus pérenne dans l’immédiat. Mais nous ne lâchons rien ! ©Le Refuge Des forces salariées nouvelles ! Grâce au soutien de la Fondation Inkermann, nous avons pu ouvrir trois postes, dont deux de travailleurs sociaux : un nouveau conseiller en économie sociale et familiale (CESF) à Paris et un travailleur social à Lille. Nous sommes ravis de pouvoir élargir notre équipe de salariés et ainsi de plus professionnaliser encore la structure. C’est un gage d’efficacité et d’efficience pour notre public que d’être encadré par des personnes formées, conscientes des enjeux d’une telle structure et de tels accompagnements. Il est tout aussi bénéfique de voir que les effectifs bénévoles sont aussi en augmentation ! C’est l’une des caractéristiques du Refuge de vouloir mêler différents statuts, différentes approches, ceci afin d’être au plus proche des jeunes : l’un n’est pas plus important, ni plus indispensable que l’autre : sans l’une de ces deux entités, la structure ne pourrait pas fonctionner ! Et chacun apporte sa pierre à l’édifice, avec son expérience, son approche et sa conformité à l’éthique de la structure : la force est dans l’ouverture multi-culturelle, non pas dans le repli sur soi. B-Info 4e trimestre 2014 3 actu des délégations et antennes Délégation de Montpellier / Languedoc-Roussillon [email protected] Délégation de Paris / Île-de-France [email protected] Délégation de Marseille / Provence-Alpes-Côte-d’Azur [email protected] Délégation de Lille / Nord [email protected] Délégation de Saint-Denis / La Réunion [email protected] Délégation de Toulouse / MidiPyrénées [email protected] Antenne de Bastia / Corse [email protected] [email protected] Antenne d'Avignon / Durance [email protected] Antenne de Bordeaux [email protected] Antenne de Perpignan [email protected] Antenne de Narbonne [email protected] Antenne de Strasbourg [email protected] Pour tout autre lieu géographique : [email protected] www.le-refuge.org délégation de Paris / Île-de-France Les adieux d’une icône. Samedi 27 septembre, c’est au Grand Rex, pendant la semaine de la Fashion Week, que les jeunes du Refuge de Paris ont passé la soirée pour les adieux de Jean-Paul Gaultier au prêt-à-porter, avec la présentation de l’ultime collection printemps-été 2015. Devant des célébrités (Cristina Córdula, Yvette Horner, Jean-Paul Goude, Isabelle Boulay, Amanda Lear et Catherine Deneuve étaient là, parmi tant d’autres), la scène s’est transformée en podium de miss : miss météo, miss France, miss femme de footballeur… Tout le farfelu de Gaultier, qui a lui-même fait le final en miss Jean-Paul Gaultier, le torse orné d’un ruban tricolore. Le défilé a présenté de belles pièces pour retracer son parcours : le cha- B-Info 4e trimestre 2014 ©Le Refuge LIGNE D’URGENCE : 06 31 59 69 50 ©Le Refuge Délégation de Lyon / Rhône-Alpes [email protected] Délégation de Toulouse / MidiPyrénées à cheval et en confiance ! Pour les jeunes, l’équithérapie est un soin par le cheval qui devient un tuteur de résilience face au traumatisme du rejet parental. C’est pourquoi Le Refuge de Toulouse a lancé ce projet avec le Poney club de Gouny, à Seysses. Les jeunes du Refuge, soutenus par l’équipe éducative (Déborah, Camille et Anna), accompagnés de l’équithérapeute MariePierre Médecin, ont appris à connaître l’animal, à être attentifs, à le brosser, lui parler, etc. Autant d’attitudes bénéfiques et valorisantes pour eux, qui ont beaucoup apprécié cette rencontre. Une première séance encourageante pour que ces jeunes en souffrance reprennent confiance en eux ! 4 actu des délégations et antennes peau de Fontenay, le soutien-gorge conique, tout comme le fameux smoking déstructuré, ou ses fameuses combinaisons de catcheuses... tout ce qu’il fallait pour cacher l’émotion submergeant le pape de la mode qui fit ses adieux sous une pluie de cotillons et la reconnaissance appuyée de ses pairs après 38 ans de créativité. Soirée exceptionnelle pour le plus grand plaisir des jeunes. Enjoy ! ©Le Refuge délégation de montpellier / languedoc-roussillon Visite de Dell. Fin septembre, une partie des salariés de l’entreprise Dell de Montpellier, membres du groupe « pride », sont venus aider les jeunes dans la rénovation de leurs appartements : peinture des chambres, des salons et de l’épicerie ! Ils ne se sont pas arrêtés là. Ils ont souhaité sensibiliser l’ensemble de leurs collègues en organisant une quête. Mardi 21 octobre, lors de l’une de nos permanences, c’est avec une grande surprise qu’ils sont venus les bras chargés de vaisselle, de linge de maison, d’un joli chèque et... d’une WII, ainsi que d’une multitude de jeux ! Les soirées d’hiver vont être animées ! Encore merci ! ©Le Refuge Délégation de Lyon / rhône-alpes Courir pour le Refuge. Le dimanche 5 octobre, des bénévoles du Refuge ont pris le départ du 10 km du Run In Lyon, célèbre événement qui accueille chaque année plus de 20 000 coureurs. Quatre bénévoles de la délégation de Lyon ont pris part à cette aventure et ont traversé Lyon au pas de course, heureux de porter les couleurs du Refuge. Entre 57 minutes pour le plus rapide et 1 h 09 pour le reste de l’équipe, ils ont tous franchi la ligne d’arrivée avec fierté ! Sponsorisés par des proches ou des anonymes, les coureurs ont pu récolter des dons qui serviront à l’achat de cartes cadeaux pour les anniversaires des jeunes hébergés ! Camira, une entreprise solidaire. Camira est une entreprise spécialisée dans le conseil, le coaching et la formation. C’est son dirigeant qui s’est rapproché du Refuge pour proposer gratuitement aux jeunes des formations CACES. La délégation de Lyon / Rhône-Alpes a donc la chance, depuis 2013, de compter Camira parmi ses contacts privilégiés. Pour le moment, trois jeunes ont suivi la formation. Parmi eux Yoann, un jeune actuellement hébergé, qui a bénéficié de cette formation en septembre 2014. En plus d’une compétence sur son CV, cette formation lui a permis de reprendre confiance en lui et ainsi de se remettre dans une dynamique de retour à l’emploi. Un réel plus, à tous les niveaux, pour les jeunes ! B-Info 4e trimestre 2014 5 interview VINCENT LANON Le projet d’antenne du havre Comment avez-vous connu le Refuge ? Et puis, durant l’été, alors que je parcourais les informations sur internet, je suis tombé par hasard sur un article consacré au décès de Peter. J’y ai beaucoup pensé pendant mes vacances, touché par ce drame, mais aussi par toute la solidarité et l’émotion des bénévoles du Refuge. Aussi, dès la fin de mes congés, ma priorité a été de connaître davantage les missions et actions de l’association. Je n’avais plus seulement envie de faire un don, mais je voulais aussi réellement m’engager en tant que bénévole. J’ai alors remarqué que le Refuge était absent dans le quart nord-ouest de la France. Or il ne me semblait pas envisageable de devenir bénévole au sein d’une antenne ou d’une délégation à plusieurs heures de route du Havre où je vis. J’ai donc continué de façon régulière à lire le site, mais aussi à consulter les articles de presse partagés sur Facebook et Twitter. Je suis tombé par hasard sur un article indiquant que le président du Refuge avait rendez-vous avec une équipe municipale, à la demande du député-maire du B-Info 4e trimestre 2014 ©Vincent Lanon Je parcourais régulièrement le site internet du Refuge, car je me sentais concerné par le soutien apporté aux jeunes. Je ne pensais pas particulièrement devenir bénévole, mais j’ai fait un don pour soutenir l’action de l’association. Havre. Mon projet d’engagement comme bénévole au sein du Refuge allait donc peut-être pouvoir se réaliser... J’ai rencontré Nicolas Noguier et il m’a demandé si j’accepterais d’être l’interlocuteur local du Refuge auprès de la Mairie. Tout s’est ensuite enchaîné, et le conseil d’administration m’a fait l’honneur de me nommer coordinateur du projet d’antenne du Havre. Pourquoi avoir choisi de vous investir dans cette association ? Cela fait-il écho à votre propre vécu ? Mon engagement au sein du Refuge tient à ma sensibilité à cette cause, même si je n’ai jamais été confronté personnellement à l’homophobie. J’ai fait un comingout relativement tardif, et je pense que j’avais la chance d’être déjà bien armé 6 interview psychologiquement au moment de le faire. Cela ne signifie pas que tout a été simple, mais j’ai été très bien entouré par mes amis, mes voisins, et une famille qui a fait preuve de beaucoup d’ouverture d’esprit. Il y a eu quelques « bras de fer » et beaucoup d’heures de discussion, mais j’ai eu beaucoup de chance. Aujourd’hui, je me sens terriblement ému quand j’écoute les témoignages de jeunes qui n’ont pas bénéficié de la même écoute dans leur entourage, et dont certains ont vécu des choses terriblement poignantes. J’en ai parfois les larmes aux yeux, mais je dois rester vigilant pour que l’efficacité de notre action ne soit pas atténuée par l’émotion. d’un mois ! Il va maintenant falloir organiser une rencontre collective, mais aussi et surtout prendre le temps de connaître chacun individuellement pour que nous puissions tous agir en fonction de nos compétences personnelles. Par ailleurs, nous avons bénéficié d’une bonne couverture de la part des médias. J’ai accordé des interviews à la radio (environ six diffusions sur deux radios), à la presse (trois articles dans les journaux régionaux). Quels sont les projets immédiats de la délégation ou de l’antenne ? Je sens aujourd’hui l’urgence de mieux structurer notre démarche, notamment en partageant la réflexion et le montage du projet avec d’autres bénévoles. Je suis pour cela en contact avec deux femmes que je connais de longue date et en qui j’ai toute confiance. Leur expérience dans le domaine social sera d’une grande aide. J’ai été membre d’associations, aussi ai-je une assez bonne connaissance de la vie associative. Et si le dossier est vaste, j’ai la chance d’avoir toujours exercé des fonctions professionnelles impliquant de prendre des initiatives, de gérer des projets, mais aussi de travailler en équipe. Nous devons prochainement participer à un speed dating au Havre dans le but de poursuivre la recherche de bénévoles. Je ne doute pas que cela permettra essentiellement de rentrer en contact avec des associations avec lesquelles nous pourrons partager des projets... Le projet d’antenne du Havre est encore très récent (puisque j’ai été nommé coordinateur il y a un peu plus d’un mois) et je me questionne beaucoup sur les priorités pour monter ce projet, mais cela n’empêche pas l’action ! Ma première priorité a été de créer une page d’information sur Facebook, pour établir le contact avec les futurs bénévoles et communiquer sur l’évolution de notre projet. Elle est suivie aujourd’hui par 238 personnes. La page Facebook du projet d’antenne du Havre à ce jour, 36 personnes sont prêtes à s’engager comme bénévoles. En l’espace B-Info 4e trimestre 2014 7 témoignage parce ma situation l’affectait beaucoup, j’ai pris la décision de contacter le refuge. Jusque là, tout allait pour le mieux. J’ai pris la décision de venir m’installer à Montpellier et de vivre avec mon frère, avec lequel j’étais très complice. Mais notre relation s’est dégradée au fil du temps, on se supportait de moins en moins. Un jour, je lui ai présenté ma copine, avec qui je suis toujours. Elle était en conflit avec sa maman et je l’ai accueillie quelque temps chez mon frère. Pour lui, c’était la goutte de trop ! Il m’a mis dehors avec ma copine. On est d’abord allé chez une amie et ensuite chez ma mère, pendant deux mois. Dès le troisième mois, la situation est devenue très difficile pour ma mère, B-Info 4e trimestre 2014 ©Lisa Risager, from Denmark Je m’appelle Jennyfer, j’ai 19 ans, je suis lesbienne et en couple depuis presque un an. J’ai très vite compris que j’étais lesbienne, dès toute petite ! Je suis quand même sortie avec des garçons, mais il manquait quelque chose : le corps d’une fille. J’ai eu la chance de ne jamais avoir entendu de propos homophobes au lycée. Bien au contraire, j’étais aimée de tout le monde. Je parlais de mon homosexualité, je ne me cachais pas, j’étais comme les autres – sauf que j’avais une sexualité différente ! Quand ma mère l’a su, elle a mal réagi. Pendant quatre mois, on ne s’est plus parlé. Je me rappelle lui avoir dit que j’étais « bi » pour faire passer la pilule. L’avis de ma mère était très important pour moi, je voulais qu’elle le sache. Par contre, l’avis de mon père, je n’en avais rien à faire. Pour mes frères et sœurs, cela n’a jamais posé aucun problème. car elle n’acceptait pas notre couple et ne supportait plus de voir ma copine tous les jours chez elle. Elle m’a alors fait comprendre qu’elle devait partir de la maison… Mon choix a vite été fait : nous sommes parties le jour même de chez ma mère ! On est arrivé de nouveau à Montpellier. Là j’ai dit à ma copine qu’il fallait qu’elle rentre dormir chez sa mère, et que moi, j’allais me débrouiller pour la nuit. J’ai alors compris que ça allait être long... Je n’avais aucun endroit où aller, ni pour dormir, ni pour manger. Une amie m’a hébergée pendant quelques semaines, pas dans de très bonnes conditions : je dormais à même le sol, avec une petite couette – mais c’était toujours mieux que la rue ! Ensuite j’ai connu le Refuge. Je ne voulais pas y aller, mais ma copine a insisté, et m’a dit que ça la soulagerait, qu’elle ne se poserait plus de questions horribles du genre « où elle va dormir ? » ou encore « mange-t-elle à sa faim ? ». Parce que ma situation l’affectait beaucoup et la faisait souffrir, j’ai pris la décision de contacter le Refuge. Je devais faire ça pour elle. Je suis donc arrivée à l’association fin août. J’y ai trouvé un toit et j’ai commencé à chercher du travail. Je suis sur le point de commencer une formation, je suis heureuse. J’entame la reconstruction des liens avec ma famille, la relation avec ma mère s’est améliorée, je ne lui en veux pas, l’erreur et la connerie, c’est humain après tout ! 8 culture ©éditions Textes Gais des livres pour le refuge... En septembre, les éditions Textes Gais avaient publié Des larmes sur les draps, un sombre et beau roman qui abordait les thèmes de la drogue et de la prostitution à travers les errances de Zach, un garçon de 16 ans. L’auteur, Luc Frey, avait très généreusement décidé de céder ses droits d’auteur à notre association. Pour Noël, l’éditeur propose une nouvelle et généreuse surprise : deux recueils de nouvelles ayant pour double thématique Noël et l’homosexualité sont en effet proposés en téléchargement ou au format papier (à la librairie Les Mots à la bouche). Une très belle idée de cadeau et une nouvelle occasion d’aider le Refuge, puisque là encore, tous les auteurs de ces deux recueils nous cèdent leurs droits... ©ORSO ...et de la musique ! Le groupe ORSO, scandalisé par la tournure qu’ont pris les débats autour du « mariage pour tous », a réagi avec le réflexe artistique qui est le sien, en composant une chanson (et sa version anglaise) d’inspiration soul, Au Grand Jour / You Gotta Know, qui évoque la légitimité d’une relation amoureuse entre deux hommes. Un CD comprenant quatre morceaux (deux remixes complètent les deux titres) est d’ores et déjà disponible à la vente. Dix euros qui seront intégralement reversés au Refuge. brèves Un calendrier sous le sapin. Rémy et Benoît, deux photographes, ont réalisé douze clichés mettant en scène des modèles masculins passionnés de sport afin de réaliser un calendrier. Un grand plaisir pour les yeux à offrir et à s’offrir ! Format : 30 × 42 cm ; prix de vente : 15 euros. Disponibles sur le site du Refuge, sur le site gaypresse.com, ainsi qu’à la boutique Mister B, 24 rue du Temple dans le 4e arrondissement parisien. Des acteurs se mobilisent pour le Refuge. Trois jeunes acteurs (Lucie Lucas, Elodie Fontan et Kevin Elarbin) de la série à succès Clem, diffusée sur TF1 depuis plusieurs années, ont enregistré un clip de soutien pour le Refuge. Il est encore en phase de montage pour l’instant, mais nous ne manquerons pas de vous tenir informé dès qu’il sera achevé... B-Info 4e trimestre 2014 9 solidarités Pour que l’association puisse continuer à héberger ces jeunes, nous avons besoin de VOUS. Vos dons (déductibles d’impôt) sont indispensables pour mener à bien nos projets. Avec 500 €, nous pouvons héberger et accompagner deux jeunes pendant un mois. Source : France 3 Opération MicroDON – Délégation de Paris / Île-de-France. Simplifier le don d’argent aux associations en scannant un codebarres et indiquer le montant que l’on désire offrir. Tel est le principe, simple mais innovant, de l’opération MicroDON, dont la seconde édition a eu lieu les 10 et 11 octobre derniers à Paris. Celle-ci a mobilisé plus de 200 associations d’Île-de-France, dont Le Refuge. Monoprix, l’un des partenaires de l’événement, a ainsi donné accès à son magasin de Nation. Au 20 boulevard de Charonne, bénévoles et jeunes se sont succédé pour distribuer, aux deux entrées, des cartes à scanner en caisses. Par défaut, deux euros sont ainsi ajoutés à la note – ou plus à la demande du client. « C’est plus facile, ça disparaît dans le prix des courses », a notamment assuré un donateur. En 2013, ce dispositif avait permis de récolter 2 148 euros. Et pour faire appel à la générosité des clients du magasin, chacun sa méthode : simple bonjour sous les kakemonos installés pour les uns, interpellation joviale des clients pour les autres. En outre, MicroDON permet également à l’association de gagner en visibilité : l’opération a suscité un réel intérêt, les plus curieux n’ayant pas hésité à poser des questions. Le dialogue a notamment permis de rappeler que le budget de fonctionnement du Refuge, comme bon nombre de structures associatives, provient essentiellement des donations. Le succès a été tel qu’au deuxième jour, toutes les cartes imprimées avaient été distribuées avant la fermeture du magasin. Au final, le compteur a affiché 2 194 euros (+ 2 % par rapport à 2013). Déjà, les jeunes ont proposé d’utiliser cette somme pour financer les futures activités, qu’il s’agisse de sorties ludo-éducatives ou de différents ateliers culturels et artistiques. Les mariés. Depuis ce début d’année, bon nombre d’entre vous ont enfin pu se dire oui pour la vie et ont, en ce jour si particulier, fait preuve d’une grande générosité. Ces couples au grand cœur ont su mobiliser et sensibiliser leurs invités, en leur proposant de faire un don au Refuge en guise de cadeau de mariage ! Nous tenions donc à remercier les jeunes marié(e)s pour leur initiative et le soutien apporté à nos jeunes, qui en sont très touchés ! Nous vous souhaitons à tous beaucoup de bonheur. Un très grand merci, donc, à : André & Olivier, Peter & Vincent, Aline & Laure, B-Info 4e trimestre 2014 10 solidarités Dominique & Alain, Mickaël & Yannick, Bertrand & Christophe, Franck & Sylvain, Stéphane & Jean-Pierre, Philippe & Olivier, Jérôme & Samuel, Frédéric & Pierre-Marie, Hans & Arnaud, Evelyne & Carmen, Patrick & Henri… ainsi qu’à l’ensemble de leurs invités qui ont joué le jeu et nous ont envoyé de nombreux dons ! SOS SDF Les amoureux de la vie – Délégation de Montpellier / Languedoc-Roussillon. SOS SDF, les amoureux de la vie. Tel est le percutant et joli nom de cette jeune association montpelliéraine. Le principe est simple, il s’agit de cuisiner et de distribuer des plats chauds aux personnes dans le besoin, tous les lundis soirs... Anouk, la présidente, a commencé par croiser chaque samedi Nicolas Noguier, à la Banque alimentaire. Tous deux viennent chercher la nourriture pour leurs structures respectives. Ont alors démarré une complicité, une amitié, et puis est venue l’envie d’agir ensemble. Sans plus attendre, Anouk a rencontré les jeunes et les bénévoles du Refuge de Montpellier pour leur parler de son association, de son action, et elle leur a proposé de venir jeter un coup d’œil à l’occasion d’une distribution, et pourquoi pas de participer… Les jeunes ont joué le jeu et ils rejoignent maintenant à tour de rôle Anouk et son équipe de bénévoles le lundi soir à Antigone, un quartier de Montpellier. à chaque fois, l’appréhension et la timidité disparaissent rapidement, ils se sentent tout de suite utiles et efficaces, ce d’autant qu’il y a de nombreux plats (chauds ou froids) à distribuer et de nombreuses personnes à servir. Ils font face à une certaine réalité, une réalité qu’ils ont, pour quelques-uns d’entre eux, connue, mais le bilan est positif : ils veulent y retourner chaque semaine. C’est une expérience forte et riche en émotion, l’occasion de découvrir le bénévolat et la solidarité. Ils passent ainsi de l’autre côté de la barrière pour devenir de véritables acteurs du secteur social, et n’en sont dès lors plus seulement les bénéficiaires. Appel au don en période hivernale. L’hiver approche déjà et avec lui la triste garantie de devoir accueillir plus de jeunes encore en difficulté : pas de trêve hivernale pour l’homophobie. Au Refuge, nous essayons de nous y préparer le plus tôt possible, car chaque année depuis la création de l’association, le nombre de demandes d’hébergement connaît un pic durant l’hiver, un pic particulièrement marqué en janvier et février. Nous devons nous mobiliser pour venir en aide au plus grand nombre. Pour nous aider, rien de plus simple : téléchargez, imprimez, complétez et adresseznous ce formulaire. Si vous préférez, vous pouvez également faire un don de façon encore plus rapide, par carte bancaire ou paypal, ici. B-Info.refuge ! Association Le Refuge 2, rue Germain 34000 Montpellier Tel : 09 50 83 06 78 ● Directeur de la publication B-Info : Nicolas Noguier ● Rédactrice en chef : Morgane Le Roux ● Comité de rédaction : Christohe Caulier, 4e trimestre 2014 Tony Cotte, Marie-Claude Farcy, Amandine Ferrafiat, Frédéric Gal, Alioune Kamara, Nicolas Noguier, et Loïc BS pour la rédaction du témoignage ● Dépôt légal : quatrième trimestre 2014 ● ISSN : 2110-879X 11