La franc-maconnerie à Brest
Transcription
La franc-maconnerie à Brest
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BRESTDIS
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La franc-maconnerie
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à Brest
.4: Brest
l'a8rest
metropole oceane
cO .... u... ull u . . . ....
L'édita
E n identifiant la franc-maçonnerie
brestoise comme objet de patrimoine,
les services des archives, /a bibliothèque
et le musée de Brest initient un processus
qui /a fait exister comme tel. En effet
le patrimoine n'existe pas en soi,
il est le résultat d'une mise en perspective
par laquelle s'expriment une conception
du monde, un rapport à l'his toire
et une idée de la société.
L'approche patrimoniale de la trenemaçonnerie brestoise consiste à rendre
lisibles et intelJigibles les contours
de cet univers social actif à Brest
depuis le milieu du xVllr""" siècle.
1/ s'agit ici de réordonner les évènements,
les œuvres, les éléments institués
comme repères pour la cité, afin d'in terpréter
ces "objets " matériels ou immatériels
en les rattachant à une construction de sens.
Oue nous le revendiquions comme notre
ou que nous nous en distinguions,
l'objet pa trimonial nous fait pénétrer au cœur
des stratégies sociales : il nous parle
de notre rapport à l'espace e t au temps,
des enjeux politiques dont il est toujours
le produit. il révèle {es facettes de l'identité
collective qui le crée et atteste d'un effort
pour la protéger ou l'actualiser.
Considérer la franc-maçonnerie brestoise
comme "bien de la cité est une manière
de la reconneitre comme élément constitutif
d'une vie sociale complexe et riche.
Brest, qui valor ise et promeut la diversité,
avait le devoir de rendre compte
de cette tradition vivante porteuse d'un système
de valeurs e t de repères éthiques, _
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Anne -Mane Kervem . adjoi nte au maire,
chargée de l'insertion par le dialogue des cultures
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Brest
et
la franc-maçonnerie
Un engagement
dans la cité
Lhistoire de la trene-maçonnerie moderne comme nce otflciellement à Londres le 2 4 juin 1 7 1 7 par la réunion de quatre
loges qui se constituent en Grande Loge d'Angleterre , Mais la
franc -maçonnerie remonte à des temps beaucoup plus anciens
et est issue vraisemblablement des loges des Maçons "operatifs", bausseurs du Mo yen.Aqe qui, peu à peu, admirent dans
leurs rangs des M açons "acceptés" non pro fessionnels,
Très vite la tranc.maço nnene va s'étendre en France ou une
premiè re Loge est ouverte à Paris en 1726 . Elle se développe
très rapidement et parti culièrement dans les ports militaires,
lieux d'échanqe de population par excellence,
C'est ainsi qu'en 1772 on dénombre 4 1 loges à Paris , 1 69 en
province, 11 aux "colonies", 5 à l'étranger et 31 loges militaires.
A Brest, la franc -maçonnerie est certainement anté rieure à
1 74 5 puisque cett e même année, le 4 décembre. est crée
"L'Heureuse Rencontre" qui réunit plusieurs loges existantes .
En 1783 se cr ée la Loge "Les élus de SullY' du nom d'un régi.
ment d'artillerie qui deviendra ensuite "Les Amis de SullY', loge
qui travailler a à Brest sans interruption j usqu'à aujourd 'hui.
Comme réent Jean.vves Guengant dans son livre "Brest et la
Franc-maçonnerie" : "L'histoire de la loge de Sully peut parfois
se confondre avec celfe de la ville de Bres r . En effet. tout au
long de son histoir e, les membres de la loge de Sully sont restés fidèles aux engagements du Grand Orient de France qui exigent de ses membres non seulement de s'amélior er sol-meme
mais sur to ut de t ravailler à l'extérieur du temple pour faire progresser l'homme et la société ,
De nombreux maires de Brest furent fra ncs-maçons (24), le
premier député républicain de Bretagne, Emile Goude, faisait
par tie de la loge des "Amis de Sully", Mais les francs-m açons
brestols ne s'engagèrent pas seulement en politique. On les
retrouve à l'origine des premier s syndicats. des œuvres de jeunesse, des mouvements coopératifs, des patronages laïques.
Cette tradition, ces engagements perdurent . Aujourd'hui, toutes les obédiences sont présentes à Brest. Les femmes et les
hommes qui t ravaillent dans les loges brestoises sont des
membres act ifs de la société au cote des autres organisa tions
démocratiques et dans le respect des idées de chacun. Mais
les trancs-macons restent vigilants et, avec d'autres, continuent à défendre les idéaux de notre r épublique sociale et
laïque .
Le Grand Orient de France a la même devise que la France
"Liber té, Egalité, Fraternité".
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Loge maçonnique Or de Brest . Façade 5Ur la rue Guyot
Yannick Michel ,
ancien Grand Maitre adjoint du Grand Orient de France,
ancien adjoint au maire de Brest
r abie r de rraoc-mecc n . XVIII""" siècle
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' r ,Tabher d'Apprenti . XIX-
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Splendeur et misère
de la maçonnerie sous l'Empire
Brest, 8 germinal an XIII
Un salon transformé
en temple maçonnique
Cela se passe donc à Br est le 2 9 mar s 18 0 5 . dans quelque salon de la socrété l'Athénée , transformé en t emp le maçonnique à l'occasion de la mo rt de
l'Ami ra l Etienne Eustach e Bruix . survenue une dizaine de jours plus tôt. Afi n de
r endre "au Grand Capitaine. au Marin dis tingué. à l'Homme d 'Etat. au bon Pèr e
de Famille" que fut Bru! x tous les honneur s dus à son ra ng, une fêt e funèbr e
a lieu ce jour-là , qui ra ssemb le les principales loges de la ville, sous les auspices , sinon du Gra nd Architecte de l'Univers , du moins de Napoléon Bonapar te,
Empere ur. Un céno t aphe est inst allé au cen t re de la pièce , ent ouré de fleurs
et surmonté d'u ne pyra mide au-dessus de laquelle "ptenott l'Aigle, symbole précieu x à plus d 'un titre" . Un doc ument remarquab le, co nservé à la Bibliothèq ue
d'Etude, retrace ce t événement mémorable : il s'agi t d'un fascicule publié par
la loge L'Heureuse Rencontre en 18 0 5 sous le titre A la mémoire du R:. F:.
Bruix ' .
Un ordre inféodé
au pouvoir en place
Apr ès les tour ment es de la Terreur dont, exsangue, elle s'est relevée péniblem ent, la maçonnerie affic he désormais un lustre nouveau et. for te du soutien
des Cambacé rès et au tres Roëttiers de Mont ereau. elle peut s'eno rgueillir de la
présence en son sein des plus haut s digni taires de la société française de l'époque . A Br est, com me ailleur s, les prestig ieux corps civils et m ilit aire s de l'Etat
garnissent donc les "co lonnes" 2, à l'instar de Bruix lui-même, dont l'initi at ion à
L'Heur euse Rencontre re monte à 1783 , et qui fut minist re , Conseiller d'Etat et
Am iral. Ce 29 mars 18 0 5 , les "frères" venus lui re ndre hom mage sont aussi
ses pairs. t els Gante aume . Am ir al, Conseille r d'Etat et Gra nd Officier du Grand
Orient de Fr ance . Après avoir acc ueilli nota mm ent la loge des Elus de Sully, les
loges militai res et les francs-maçons en visite . le "vénér able" Guilhem qui prestde la séa nce prend la parole et prononce une orai son funèbre aux allures de
panég yrique à la gloi re de l'Empereur : "0 NAPOLEON! toi qui pour le bonheur
de la France, as fondé, sur des bases inébranlables, le seul Gouvernement qui
lui convient .. toi qui , dès l'au rore de to n règne, as fait cesser les haines et les
dissentions [sic] qu 'entraine eoree elle une révolution délirante (... î", Une dévotion similai re est exprimée à la suite par Sibert de Cornillon, "Orateur" de cette
m eme loge ; " 0 toi Napoléon ! dont les soins pa ternels s 'étendent sur les rejetons de ce Ministre que nous pleurons en ce jour (_..) toi que nous ch érissons
comme le meilleur des Princes et le plus grand des Rois (...
Cur ieuse image
que cette maçonnerie inféodée au pouvoir en place et qui, quelques années plus
tard allait s'associer corps et arne au desti n de la République, j usqu'à reprendre
à son propre compte la devise "Liberté, Egalité , Fraternité" . Nous n'en sommes
pas là, et en ce début de siècle , l'he ure est plutôt à la soumi ssion complaisante qu'a la révolte rép ublicai ne . Encore faut-il préc iser que l'"Or dre " était alors
étroitement contrOlé : surveillance policière, institutionnalisation forcée, nomination par le pouvoir aux postes à responsabilité . Il s 'agissait en effet pour
Napoléon de façonner l'opinion publique par le biais de ce vaste réseau de fonctionnaires, de magistrats, de militaires réunis au sein de ce qu'il faut bien eppe1er un ''par ti officiel' "
r.
Œil m açonnique sur tom beau Nor mand.
par J . poneu . vers 1871 Saint-Martin
Le dossier
M isère de la franc-maçonnerie? Certai ns ont prét endu que "la maçonnerie
impériale [était} brillante, mais creuse, e t vide de routes réflexions philos ophiques" " Sans doute ce jugement peut-il être nuancé, ne serai t-ce - justement que par le discours de l'Am ir al Bruix , prononcé initialement le 24 juin 1 79 0 . qui
fut lu lors de la fête funèb re de 180 5 , La "planche" 5 en ques tion revient sur
la significa tion profonde de l'engagement maçonnique. dep uis l'expér ience initiatiq ue jusq u'à la prat ique active de la solidari té . celle-là mê me qui fait de la
maçonnerie . aux yeux de Bruix. la véritable religion. au sens étymologique 5 ,
c'est-a-orre la liaison entre les hom mes. Pour éta yer son propos , l'auteur re prend à nouveaux frais quelques mot ifs vét ér otestarnentetres - le déluge , Babel,
mo ments désast reux auquel seuls les princi pes maçonniques auraient réc happé. "Car; n'en doutez pas, ce pe tit nombre d'hommes échappes du déluge,
étaient de vrais Maçons" " Dans une éto nnan te r elnt er pretatlo n du récit
biblique, Bruix re place donc au cœur de l'aventure humai ne et de ses vicissitudes la fr anc-maçonner ie et la per manence de ses pri ncipes moraux, ce qui lui
permet d'af firmer qu'elle "n'est autre que la plus ancienne et, j'ose le dire, la
plus pure des religions (" ,), la seule qui, de la source des sectes. soi t venue
jusqu'à nous sans altération" a, Pour autant, cette parabole n'est qu'une trypothèse invér ifiable, un réci t proprement fictif. un artifice de pensée à l'aune
duquel les act ions des Francs-maçons doiven t, ici et maintenant, êt re mesurée s . Bien qu'ayant substitué le Grand Architecte de l'Univers au Dieu bibliq ue,
Br uix invite en effet ses frères à ne poin t se borner "à une stérile croyance sur
l'existence du Grand Arch{itecter. Il s'agi t au co nt raire pour les m açons de
"prouver [leur] foi par [leurs] œuvres" 9 . Par où l'on voit, im perceptiblem ent, que
la maçonnerie brestotse . à la charnière entre les XVIW'" et XiX·... siècles, tout
en plongeant ses rac ines dans la t radi tion j uoéo-cnréttenne. s'e n détacha peu à
peu pour emp run ter la voie qui fut la sienne dans les déce nnies qui suivirent :
celle de la laïcisation progressi ve de la pensée et du libéralisme politique. •
(suite)
Une laïcisation
progressive
Nicol as Jacq uer
, A la mémoire du R:. F :. BrviJI, Ex·
Minis/re, Conseiller d'Etal, Grand
OffiGier el Chef de la 13'"" Cohorte
de la Lég'on d 'honnellr, Amiral de
la Flollille Impéria le de Boillogne,
Orateur de la R:. F:. l "Heureuse
Rencontre. 8MB , RES FBC51!.
Les abrévatons R:. F: . et R:. F: .
si9nifient respectivement -aeecectable Frère" et "Respectable Loge".
Ce document, qui contient une des'
cription du temple, un comp terendu de la fête funêbre et les pnncceox clsccurs prononcé s. est par.
üeuerrent cité par loois Dekïurrnel,
Histoire anecdotique de Bresl à travers les rues, Les Editions de la
Tou' Gile, 1923, réèd. 1995, p. 206
$Q. , lui-même citê pal Jean-Yves
Guengant. Brest et la Iraoc-maçon nerie, Armeline, 2006, p. 77 $Q.
2 "Garnir les colonnelt' signifie,
pour les rrarcs-rneçcns. assister il
une réunion maçonnique ou
"tenue". Plus largemen t. l'expression dési9ne l'appartenan ce il la
la treoc-meçonoerie. Le Livre de
poche,2000,p.259
• Ibid, p. 260 .
franc-maçormene.
e Ibid. p. 19.
Pierre-f rançais pmaud , article
"Empire (Premier) (1804 ·1815r. in
Eric Saunie r (dir.), Encyclopéd'e de
9
3
• Une "planche" ou "morceau d'ar "
chitecture" est untexte préparé par
un franc-maçon pour être lu en
loge.
S En latin, reteqo, relegera, signifie
leclleillir, rassembler.
' Op. cit p. 17.
Ibid. p. 19
L'H eur euse Rencontre et Les Ami s de Sully
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L'Heureuse Rencontre est la loge la plus ancienne de Brest
et l'une des premières de France , Au fil de son histoire, elle
a connu plusieurs années d'interruption de ses travaux ,
renaissant chaque fois tel un phénix.
Sa toqe-rnere. la Loge Anglaise de Bordeaux lui accorda ses
Lettres Patentes en 174 5 . En 1774 , reconnue par le Grand
Orient de France , l' Heureuse Rencontre devint alors loge
"française". les années suivantes furent difficiles . De nombreux "ateliers maçonniques" opéraient à Brest, lui faisant
concurrence , En 1823, la Loge dut interrompre ses travaux ,
Ses archives furent prises en charge par "Les Elus de SullY' ,
une loge brestotse issue d'une loge militaire d'un régiment de
Toul. en garnison à Brest dans les années 178 0 .
Presque un siècle plus tard , un petit groupe quitta les "Amis de
SullY' . nouveau nom des "Elus de SullY' depuis 1855 - et se
rapprocha de la Grande Loge de France, obédience créée en
18 9 4 . lors de son installation en 19 13 , la "nouvelle loge"
reprit le titre de r neureuse Rencontre et retrouva sa place au
sein de la vie maçonnique brestotse. Ces deux ateliers se
réunissent toujours aujourd'hui. •
Une histoire maçonnique bien ancrée
Poin t n' est besoin d 'insister s ur les liens impo rt ants entre Brest et
la fran c-maçonnerie. Sit ua t ion géogra p hique . présence d e ports d e
guerre et d e co mme rce , e mbarqueme n ts d e cor ps ex pé d ition naires
(dont les tr ansports d e troupes lors d e la gue rre d 'Indépendance
amé rica ine) . tous ces facteurs expliquen t le fort d éveloppement d e
l'activit é maçonnique à Brest.
La date retenue pour la création de la
première loge, "L'Heureuse Rencontre"
est 1745. mais il est probable qu'eue
remonte au début du XVIII""'" siècle .
Celle des "Elus de Sullj' commence ses
travau x en 1783.
Par ailleurs. sur 250 ans. Jean -Yves
Guenquant . auteur d'un livre somme sur
le sujet. déno mbre pas moins de 26
maires fra ncs-maçons (Hyacinthe Bizet
Victor Aubert. Hippolyte Masson, Léon
Nardon ...).
La tranc-macomerte brestotse s'est toujours intéressée au développement de sa
ville ainsi qu'a son rayonnement culturel :
elle ajoué un rôle important dans la création de l'Académie de Marine, dans le
développement du ja rdin botanique de
l'hôpital mariti me. De grands marins
comme Bougainville. ta perouse ou encore Fleunot de Langle y ont été initiés.
Les Archives municipales et com munautaires conserven t le fonds de la loge des
"Amis de Sullj', qr ëce au don fait. voilà
plus de dix ans maintenant. par l'inter médiaire de Jean-Yves Guenguant. La
valeur du don prend tout son sens
lorsque l'on sait l'atte ntion portée par
les loges à leurs archives . Leur perte
est assimilée à un drame .
Ces archives. et tout particulièrem ent
les registres et les règlements. sont
des éléments extremement précieux
pour les fonde ments de l'histoire
maçonnique.
Le don initial de 19 9 8 a permis de
conserver une série de registres des
séances de 18 2 4 à 191 1' , des occu-
monts ayant trai t à diverses tetes dont
une fête solsticiale et un rite d'initiation
au grade d'appren ti daté de 1785.
Un don complémentaire. qui s'est étalé de
2006 à 2008. rassemble essentiellement
des documents d'après-guerre: suite des
registres de séances ijusque dans les
années 1980), bibliothèque de revues
maçonniques ijusque dans les années
2(00), un dossier sur la reconstruction
de la loge et des compléments ponctuels
sur les archives du XIX'""" siècle .
Deux bannières constituent un autre
élément important et orig inal de ce don.
A ce jo ur. il semble que ce soit l'unique
bannière de ce type rece nsée dans une
inst it ution publique à la différence de
bannières mieux connues comme les
bannières religieuses , syndicales ou
encore associatives.
Elles sont malheureusement en mauvais
état. Les Archives municipales et communautaires réfléchissent aujourd'hui à
la meilleure manière de les restaurer.
Les cherche urs ont donc à leur disposition une matière riche pouvant servir à
de nombreuses recherches .
Cependant. il est important de noter
que la consultation ne peut se faire qu'après l'autorisation du donateur. surtout
en ce qui concerne la partie la plus
contemporaine du fonds. _
Christine Bert houBajot
1 - Le complément des re gistres de séances
(178 3 -18 13) est conse r vé aux Ar chives dép arte-menta les du Finistè re. e Quim per et répe r torié
sous la co te 40J _
L'entretien
Jean-Yves Guengant
Francs-maçons brestois
un esprit utopique
Jean-vves Guengant est l'auteur de "Brest
et la Franc·Maçonnerie", paru en 2008.
Cet ouvrage se base sur le fonds d'archives
de la Loge des Elus de Sully, déposé il y a dix ans
aux Archives communautaires et municipales.
.Jeen-vves Guengant est proviseur du lycée de l'Iroise,
à Brest, depuis 2000.
• La fran c -maçonnerie
est-elle active à Brest aujourd'hui ?
Le livre "Br est
et la franc -maçonnerie
est publié aux éditions
Armeline . La naissance
de l'école publique
communale à Brest
sera le thème
du prochain ouvrage
de J ean-Yves Guengant.
Brest compte aujourd'hui cinq cents Francsmaçons r épar tis en quinze loges, dont une fém inine, trois mixtes et quatre masculines. Ils se r éunissent dans l'un des trois t emples de la ville. Huit obédiences différentes sont représentées. La majorité
des obédiences mixtes ou féminines ont moins de
dix ans d'existence. Quasiment tout l'éventail des
rites connus en France se retrouve à Brest.
L'activité franc-maçonne est ici ancienne. La première loge, celle de l'Heureuse Rencont re, fut créée
en 1 7 4 5, soit trois decennies après la première
loge d'Ang ieter re (Londres, 1 71 7), et 20 ans après
la première loge française (Paris, 1 72 5). Elle existe
toujours et se r éunit régul ièremen t.
• Quel est le lien entre la Fr an c-maçonnerie
et Brest ville portuaire et militaire ?
Au 18....... siècle, Br est est un por t lié au pouvoir
ro yal. Or, la franc-maçonnerie se développe sous
la protection de l'aristocratie et du pouvoir royal.
En se réunissant. les bourgeoisies m ilitaire et civile (financiers, négociant s" .) recherchent d'un e
part à être entre eux, d'au tre par t à développer
un idéal de fraternité et d'égalité . A une société
co ntrainte, la loge subs ti tue une socié té libr e, du
moi ns le temps des réunions appe lées "tenues".
Pendan t long temps, les marins de la Royale
furent majorita ires car l'appart enance à la francmaçonnerie était un facteur d'in tég ra tion dans les
ports. L'explor at eur Bougainville, par exemple, fut
initié à Brest en 1 7 6 6 . De mème La Pérouse.
Cette empreinte m ar ine n'a pas dispa r u. La loge
des Cinq Por ts (Cherbourg, Lor ient. Toulon,
Rochefort et Brest) a été réactivée en 2002.
Mais les non militaires n'ont pas joué un moins
grand r ote dans la fr anc -m aç onnerie.
Femmes
tranc-maçcnnes
A Brest.
la pr emière loge
à avoir accueill i
des femmes es t Iroise ,
obédience Droit Humain.
Cette loge mi xt e
est act ive,
de façon r égulière,
depui s 19 7 5 .
• Quel rote a-t -elle jou é dans l'histoire de Brest ?
Avant 1798, la grande maj orité des per sonnes
qui com ptaient à Brest étaient francs-maçons. La
franc -maçonnerie brestoise s'est développée sur
trois axes: un idéal de fraternité de type mutualiste, un idéal rare. et un lien toujours étroit avec
le pouvoir central. dans une ville française en pays
breton. Les loges brcstotses ont joué un roto très
représentati f d'un mouvement laïque s'étant affirmé depuis la Révoluti on, face à un Léon conservateu r et clérical. A la fin du 19....... siècle, la franc-
maçonnerie brestolse lie son destin au mouvement socialiste . C'est à la fin du 20"""', avec l'etfondr em ent du communisme et ra crise des m ouvemen ts politiques que la fr anc -m açonner ie retrouve son lustre. Cela devient un lieu où les idées
et amitiés, qui ne pourraient se r etrouver ailleurs,
S'échangent sous le signe de l'égalité. L'his t oir e
entre la ville et la Ire ne-maçonne rie est longue .
Sur 250 ans, j' ai dénombré vingt-si x maires
rr anc s-rnec ons. A savoir un sur deu x. Dans m on
ouvrage, deux mill e nom s sont r ecensés, mais
pour des raisons de confiden tiali té, je ne suis pas
allé au-delà de 1955.
• Qu'en est-il du sec r et maç onnique ?
Il Y a sans doute des exagérations autour de la
fr anc-m aç onner ie, presque des légendes .
Le seur véritable sec ret est celui de l'initiat ion,
incommunicable, car personnelle. Les r ituels exis.
rent pour fixer un espace, un t emps, une appartenance. C'est une recherche individuelle, au
m ilieu d'autres personnes, toutes libres dans leur
conscience et dans le respect des au tres.
Il y a un autre secret, celui de l'appartenance
maçonnique. On ne doit ne pas dévoiler qui est
maçon, mais cela ne vaut pas pour soi. On peut
parler plus de discrétion que de secret . Ne pas
exposer les débats et les thèmes abordés sur la
place publique est garant de liberté de pensée, et
globalement. de liberté. A ce propos, les thèmes
de socié té sont t ra ités en fonction des sensibilités
de chaque obédience. Us tournent autour de l'avenir de l'homm e, de son entité physique (bioéthique) et morale, à savoir par exemple sa liberté dans des socié tés de plus en plus poussées à
la transparence et à la surveillance ..
• Quel fut le fil conduct eur de vot re re cherche ?
Mon interrogatio n était celle -ci comment expliquer la persistance d'un mouvement où, à travers
l'his toire, co habita ient et co habi tent autant de
courants de pensée? M êm e si tout n'est forcément pas idyllique dans le mouvement, l'hist oir e
des idées m'intéressai t aussi: les francs-maçons,
brestois notamment. sont souvent au x frontières
des changements et des idées nouvelles. Il y a
sans doute là un esprit utopique fort . Brest est
une ville rebelle et atypique . Elle n'est j am ais là où
on l'attend! •
Monique Feree
VIClor Brauner.
Antllhè':>e
Archives municipales
et communautaires
de Brest
Expositions
AJ>J-"ochel et découvrez
roccasee w recessereot des archives
modernes (1792· 1974). cen ans docunents
r elatifs au dr~ ont l!mef"gé des liasses. Le
montage de cett e expoSItion il par ailIelxS été
roccasco de se replonger dans la presse et de
vaIorisef ~ peces ~5lJCS de ronds privés.
Bon spectaele !
A
Acqu isitions
Mu sée des beaux-arts
de Brest
Scœce ; Jean-Yves Guer'çar1l
Du 7 juinet au 31 octobre 2009
• Grand Orient
de France
Exposit ion
Victor BRAUNER
Piatra Naemtz . Ro.m.ane, 1903 · Palis 1966
Proche de Giacometti, ara ocus, el Tanguy.
c 'est le peintre magique par excellence pour
Andr é Breton . Il r om pt avec le sc r reaesrre en
194 8 et con ti nue d'elplorer un monde chi.
me-que. insolite et cosesssooneë. empruntant
au spiritisme com me à ran primItif pour ireduir e des archétypes univer sels .
Cette exposition est r éalisée en reta uen avec
le M usée Breton à Quimper dan s le cadr e
d'u ne saison roumai ne en Fini stère (A
Ouimper, " Les pe intres rou mams en
Breragne'") . _
• Les archives om acquis une ceoreœ de
Chf"
(cartes publicitaires in..r.:,.
tr ees j bientot c lassées et numérisées.
• l e ser vce études de la Direction Patrimoine
logist ique il versé environ 12 000 pl n
quo de banmeras et équipements collectifs
sur Bres t et Brest métropole oceane (ver s
1950 . ver s 2005) . Ils seron t com municables
apre s classe ment
• l e service bror des 50Is il cucc ue le versement
per~ dl COl'Ktrur. sur le tomore de
Brest métropole oceane pour renooo 1999.
des
Classement
Le fond! dII
~
(adjoin t au maire pour
cec coeeoce et maire par intérim dans la première moitit:! du XIX" siècle) acquis en 2006. est en
COU'"s de classement et ses rotees seront bientot
eccessoesen Iignc
La seœ 1 (police) est en cours da reoessoroor ct
les rot ees scrom bientOl accessibles en ligne.
La sene de œssers biograptJques est en ccurs
de reclassement. Actuclement les ll()lTIS COITlrnençaot par C sont en COIn de revi5ion.
En ligne
• l 'ensemble de l"étal -ciYil orestoe te resr-ceoI r e. Recouvrance, Saint ·Ma rc , t.emœzcsec et
Saint-Pierre Quilbignon) de 1 79 3 a ' 9 0 7 est
eccesseae en ligne .
Les r eceosemens de populatlOl1 de Brest. et
tamoereaec soor dlspcJOlbles en ligne (socsse-es 1F et , F/ l) dans le respect des délais
de communieablllté (7S ans) .
La franc-maçonn eri e
à Brest aujourd'hui
Biblioth èque d'Etude
de Brest
Exposition
Henry de Monfre id
photographe
l e succès de l'abondante œuvre juerarre
d'Henry de M onfre id a large men t occulté
l'œuvre du photographe. Avant o'c rre ecn.
vain. M onfr eid fut pour tant ama teur utma.
qes . Dès son arrivée en Abyssinie en , 9 1 1 ,
il comme nça de pre ndre sur le VIf les sc ènes
qui , pour des r aisons documen tai re s ou
esthétiques, lui parurent digne s d·intérêt . Il
reur attendre 1930 et la r encontre avec
Joseph Kessel pou r que revea à la jnr er atur e
ait lieu chez cet hom me qui n'eut d'au tre
ambitiorl que de raire partager a ses p-ochés. par la cor r espond ance ou par !"image,
ses émerveillements , ses aveo tcres . ses
eepeteoces de la liberté et du voyage .
L'ellposition Henry de M onf r eid photographe .
menée en partenariat avec le fest ival
Chroniques nomades de Honfleur. rcoOl! une
cinquan taine lfœuvres . •
Obédiences. loges,
nombre d"adhérents
(esln'IaWl
2008)
" 0
-
(GODf)
-
• Gran6e Loge
de France (GLF)
" 0
• Gran6e Loge
Brl!ll
90
Nationale
le G<"..- et la FIar.....e
Française (GlNF)
Etole cnuise
Mir5cl.*le
Sl<Jerlern a \In) secs
• Gran6e Loge
la.oière ces, Amers
JO
rose
J5
• Gran6e Loge
Milite Universelle
(Gl MU)
Tonnerre
20
• Gran6e Loge
Mixte de France
(GlMF)
EleosIs
20
Fémri'le
de France (GLFF)
F.......
• Orort: Humain
(OH) . MIXte
• Grande loge
la cie de....:>ûl e
traditionnelle et
symbolique Opéra
15
Mascuhne
• Grande loge
mixte MemphisMisraim
l 'arbre de ve
7
Total : 16 loges et plus de 500 adhérents
M anifestation s
maçonniques
Une expositiOn de œcœreots et d'OIMages
se tiendra à la médiathèque des Ursulines . en
CClIaboratiex'l avec les archiYes départementales SIX l'histoire des loges rnistéfilnles.
l e 30 mai a 11 h. Jean-Yves Guengant y
interviendra comme conférencier à une
table ronde consacr ée a rhistoire de la
rr ercmeccoreoe en B..-etagne.
Des registres du cime ll(>re Salllt-Martin restaur-es et numer1sés sœn en Iogne tsocs-seœ
4N ) .
les notices de la sœs-se-e 2B1O toosse-s tJio.
graphq.Jes. m.iaIes BI sor-. en igle,
COl I Wllén 101 ation
en l'horYleI.w de JlJes Le
Gal , ancien Vénérable des Amis de SUIy.
square JlJes Le Gal , pr es ŒJ coIege 5aint-Pol
""""
Ont pancoe a ce numero les se-secs de la Vile de & es1 el: de Brest métropole OCéane Chnstne BefthclJBallol. el Hugues Coorarn. Archives r rarç ose Oan.el
Musée des beaw ans NIColas rocœcr patec a MeYel 6lIJlIo(hèqUe (fEtude Y3fV1lC ~ MIChel Monoq.Je Fèrec JOUrnaliste IlusHaloons el fonds documentéllfe Archrves
murnclpales et communautaires MUSée des beauJ arts de Brest métropole oceane 61b::othèqUe d Etude de la Ville de Brest CoordnatlOO Paula r co-œœ œectco
comrrunlCatlOO de Brest rretroooe oceane Maq.lette Amure Crédll.s photographiques Archives Musee des beeur arts &b!loI.hèque d Etude de Brest Co~tlOO
p-eee OR Monoq.Je Feree ImpresSlOO CERIO Brest tSSN , 959 2426