M. Buchheit – 30-15 Intermittent Fitness Test et
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Buchheit Laboratoire de recherche, EA 3300 « APS et conduites motrices : Adaptations–Réadaptations », faculté des sciences du sport, université de Picardie–Jules-Verne, allée P.-Grousset, 80025 Amiens cedex, France Disponible sur Internet le 16 janvier 2008 Résumé Introduction. – Le 30-15 Intermittent Fitness Tests (30-15IFT ) permet d’atteindre une vitesse maximale (VIFT ) très bien corrélée avec la plupart des qualités déterminantes en sport collectif : vitesse, explosivité, puissance maximale aérobie et récupération cardiorespiratoire inter-efforts. Cependant, la relation entre VIFT et capacité de répétition de sprints n’avait pas encore été évaluée. Synthèse des faits. – Les résultats montrent que, chez 84 athlètes, la VIFT est négativement corrélée au temps moyen du test de répétition de sprints (p > 0,001). Conclusion. – Fortement corrélée aux principaux déterminants physiques de la performance en sport collectif, la VIFT peut ainsi être utilisée pour évaluer de manière globale le potentiel athlétique des joueurs. © 2007 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. Abstract Introduction. – The maximal running velocity (VIFT ) reached at the end of the 30-15 Intermittent Fitness Tests (30-15IFT ) is very well related to most physiologic determinants of team-sport performance: explosive power of lower limbs, speed, maximal aerobic power and the ability to recover between exercise bouts. Nevertheless, its relationship with repeated sprint ability (RSA) was unknown. Synthesis of the facts. – Present results in 84 team-sport athletes show that VIFT is very well related to mean sprint time during a RSA test (p > 0.001). Conclusion. – We conclude that VIFT is highly representative of most physiologic determinants of performance in team-sports, and could thus been used to monitor athletic performance of team-sport players. © 2007 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. Mots clés : Sports collectifs ; Tests de terrain ; 30-15 Intermittent Fitness Test ; Test de répétition de sprint Keywords: Field tests; Team-sports; 30-15 Intermittent Fitness Test; Repeated sprint ability test 1. Introduction Le développement du potentiel athlétique du joueur de sport collectif passe par celui des qualités déterminantes dans l’activité, à savoir entre autres, la vitesse, l’explosivité, la coordination, la puissance aérobie et la capacité de récupération inter-efforts [3]. Pour évaluer ces qualités, il est usuel d’avoir 夽 Présenté au Colloque sports et sciences, faculté des sciences et technique de Limoges, 9 mai 2007. Adresse e-mail : [email protected]. 0765-1597/$ – see front matter © 2007 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. doi:10.1016/j.scispo.2007.12.002 recours à divers tests de terrain : sprints sur 10 à 30 m pour la vitesse, counter mouvement jump (CMJ) pour l’explosivité, test de vitesse maximal aérobie (VMA) pour le domaine aérobie et, depuis peu, test de répétition de sprint (RSA) pour la capacité à réitérer des efforts brefs et à récupérer entre ceux-ci [3,4]. Récemment, il a été montré que le 30-15 Intermittent Fitness Test (30-15IFT ) [2], un test progressif de terrain intermittent et en navette, permettait d’atteindre une vitesse maximale intermittente (VIFT ) très bien corrélée avec la plupart des qualités déterminantes dans l’activité : vitesse sur 10 m, hauteur de saut sur un CMJ, VO2max mesurée en laboratoire, et indice car- Author's personal copy M. Buchheit / Science & Sports 23 (2008) 26–28 27 diaque de récupération inter-efforts [2]. De plus, il apparaît aussi que la VIFT est plus appropriée que la vitesse maximale aérobie pour paramétrer le travail en intermittent court [2]. En effet, les réponses cardiorespiratoires enregistrées sur des séances d’interval-training montrent une disparité interindividuelle moindre en utilisant la VIFT plutôt que la VMA. Cependant, aujourd’hui, la relation entre la VIFT et les qualités de répétition de sprint n’a pas encore été évaluée. Le but de cette étude est donc de vérifier la relation VIFT /répétition de sprints auprès d’une large population de joueurs(euses) de sports collectifs. 2. Méthodes Quatre-vingt-quatre handballeurs évoluant à des niveaux variés (de prénationale à L1, F : n = 43, âge = 18,4 ± 0,7 ans ; H : n = 41, âge = 19,3 ± 0,5 ans) ont été testés sur 10 m départ arrêté (10 m, cellules photoélectriques Wireless Timing-Radio Controlled, Brower Timing System, Colorado, États-Unis), counter mouvement jump (CMJ, optojump Ergojump, Globus Italia, Codogne, Italy), le 30-15IFT et un test de répétition de sprint (6 × 15 m en navette, récupération passive de 14 secondes, adapté d’un test validé et reproductible [4], cellules photoélectriques Wireless Timing-Radio Controlled, Brower Timing System, Colorado, États-Unis). Le temps total (RSATot ) et l’indice de fatigue (RSADec ) étaient retenus. L’indice de fatigue se calculant : (RSATot /temps idéal) × 100 − 100 [4]. Le temps idéal étant le meilleur temps multiplié par six. 3. Traitement statistique Les valeurs sont présentées comme moyenne plus ou moins écart-types. Les relations entre les différentes performances ont été analysées à l’aide de régressions linéaires simples et multiples (ajustement sur le genre, F pour les femmes et H pour les hommes), et calculs de coefficients de Pearson. Le seuil de significativité retenu était 0,05. 4. Résultats Les résultats montrent qu’il existe de très bonnes corrélations entre VIFT et RSATot (r = 0,88, p < 0,001 pour tous les athlètes considérés ensemble [Fig. 1], r = 0,77, p < 0,001 et r = 0,81, p < 0,001 pour les F et les H, respectivement) ou VIFT et RSADec (r = 0,73, p < 0,001 pour tous, r = 0,41, p < 0,01 et r = 0,44, p < 0,01 pour les F et les H, respectivement). La régression multiple, avec RSATot , 10 m et CMJ comme prédicteurs de VIFT , ajustée sur le genre, était fortement significative (r = 0,90, p < 0,001). 5. Discussion Les résultats de cette étude montrent que, chez les 84 athlètes testés, la VIFT était très fortement corrélée au temps total du test de répétition de sprints (p > 0,001). De plus, cette relation reste est très bonne, que l’on considère la population globale, les hommes ou les femmes séparément. Cette relation négative sug- Fig. 1. Relation linéaire simple entre vitesse maximale atteinte à la fin du 3015IFT (VIFT ) et le temps total au test de répétition de sprint (RSATot ), hommes et femmes confondus. gère que les joueurs(euses) capables d’atteindre la plus grande vitesse lors du protocole intermittent en navette sont aussi ceux (celles) présentant le plus faible temps total sur le test de répétition de sprint. Il a été montré que la VIFT était déjà très bien corrélée aux capacités d’explosivité des membres inférieurs et de vitesse, à la puissance maximale aérobie et à un indice de récupération cardiaque [2]. La capacité à répéter des sprints, quant à elle, a été également reliée aux capacités cardiorespiratoires [1], à la faculté à tamponner et à compenser l’acidose engendrée par les efforts [1] et aux possibilités de resynthèse des phosphagènes [1] (que l’on peut associer indirectement aux capacités de récupération cardiovasculaires – corrélées avec la VIFT ). Ensuite, bien que cela n’ait pas été décrit comme tel dans la littérature, la puissance musculaire ou l’explosivité entrant évidemment en compte pour atteindre des vitesses élevées et réaliser des blocages efficaces lors des changements de direction, il est possible de penser, comme pour la VIFT , que ces qualités sont également déterminantes pour le test de RSA. Enfin, les mesures de lactatémie réalisées sur le terrain et lors d’études précédentes (données non publiées [2]) laissent à penser que la participation anaérobie est également très importante pour les deux tests. Nous pouvons ainsi avancer que c’est parce que les déterminants physiologiques des deux tests sont relativement proches que cette corrélation est si forte. 6. Conclusion En plus d’être une référence précise pour l’entraînement en intermittent court, la VIFT , fortement corrélée aux principaux déterminants physiologiques de la performance en sports collectifs, semblerait pouvoir aussi être utilisée pour évaluer de manière globale le potentiel athlétique des joueurs(euses). Cette relation avec l’ensemble des capacités athlétiques spécifiques laisse penser que le test pourrait être pertinent pour un suivi régulier au cours de la saison. Références [1] Bishop D, Spencer M. Determinants of repeated-sprint ability in well-trained team-sport athletes and endurance-trained athletes. J Sports Med Phys Fitness 2004;44:1–7. Author's personal copy 28 M. Buchheit / Science & Sports 23 (2008) 26–28 [2] Buchheit M. The 30-15 Intermittent Fitness Test: accuracy for individualizing interval training of young intermittent sport players. J Strength Cond Res (second issue fo the 2008 volume). [3] Rampinini E, Bishop D, Marcora SM, et al. Validity of simple field tests as indicators of match-related physical performance in top-level professional soccer players. Int J Sports Med 2007;28(3): 228–35. [4] Spencer M, Fitzsimons M, Dawson B, et al. Reliability of a repeated-sprint test for field-hockey. J Sci Med Sport 2006;9(1–2): 181–4.