les sels de schuessler - Association odonto
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36 LES SELS DE SCHUESSLER té^ A^ Docteur Christian GARCIA Pour réaliser ce cours, nous avons compulsé d'abord, puis piller sans vergogne les trois textes suivants: • Surtout: un petit ouvrage « Introduction à l'étude de la biochimie du Dr SCHUESSLER » de A. RICHARD (Editeur René LEHNING - METZ 1963). » Article: « SCHUESSLER et ses douze sels des tissus » du Dr POIX dans la revue: « Actes de la Société Rhodanienne d'Homéopathie », 1957 n°1. • Article: « Des remèdes trop peu employés: les sels biochimiques de SCHUESSLER» du Dr M. FLAMENT, dans la revue «Archives Homéopathiques de Normandie », 1965 n°40. D'abcra* un peu d*hi$tcire... L'édifice de SCHUESSLER repose sur la rencontre de la biochimie et de l'homéopathie. Guillaume-Henri SCHUESSLER est né en 1821 dans le Grand Duché de Oldenburg, où il exerça la médecine et mourut en 1898. Il a été influencé par les travaux de Justus LIEBIG, de Jacob MOLESCHOTT, et bien sûr de Samuel HAHNEMANN. Dans son ouvrage principal1, J. LIEBIG défendait la thèse de l'importance en agriculture des alcalins, des terres alcalines, des phosphates, tous indispensables à la croissance des végétaux. Ces travaux ont été repris et complétés par Jacob MOLESCHOTT2 environ 20 ans plus tard: « L'édification et la capacité vitale des organes sont conditionnées par la présence en quantités voulues des substances inorganiques indispensables à leur constitution....Il est indiscutable, en présence de l'enchaînement des faits que les substances minérales qui subsistent dans les cendres après calcination, participent aussi essentiellement à la constitution, donc à la structure des tissus, que les substances que la calcination volatilise...Pas d'os sans calcaire, pas de sang sans fer, pas de cartilage sans silice, ni de salive sans chlorure de potassium ». Inspiré de ces travaux, SCHUESSLER émet l'hypothèse: « Les tissus sont malades parce que les cellules qui les constituent ne contiennent plus dans les proportions requises les substances minérales qui entrent dans leur constitution », puis il vérifie cette hypothèse en thérapeutique: « Par l'apport progressif et à faibles doses, de ces 1 2 « Lettre sur la chimie » - Baillière Paris 1845. « La circulation de la vie » - Baillière Paris 1866. 37 substances, il sera permis aux cellules de refaire leur structure et de recouvrer à nouveau leur vitalité ». Eléments organiques et substances minérales étroitement associés conditionnent le bon fonctionnement des tissus et l'équilibre intracellulaire. S'il y a rupture de cet équilibre par carence ou par tout autre mécanisme, la maladie apparaît Mais si la cellule peut compenser ses pertes en trouvant dans le liquide intercellulaire les éléments dont elle a besoin, la santé revient. Cependant, il reconnaît volontiers que toutes les maladies ne relèvent pas de carences minérales Et c'est là que SCHUESSLER comprend tout ce que l'homéopathie peut apporter à sa méthode par l'utilisation de ses substances minérales diluées et dynamisées. Mais bien entendu, SCHUESSLER reconnaît volontiers que sa méthode n'obéit pas au principe de similitude pathogénétique. H base sa technique uniquement -sur la biochimie. Mais son idée fera du chemin. Plusieurs homéopathes comme Maurice FORTIER-BERNOVILLE et beaucoup plus près de nous Roland ZISSU étudient les pathogénésies à la lumière de la physio-pathologie des substances utilisées en homéopathie, ce qui permet d'expliquer les localisations préférentielles et l'action générale de chaque substance. Les 12 sels de SCHUESSLER sont les substances minérales retrouvées dans les cendres après calcination: 1. CALCAREA FLUORICA 2. CALCAREA PHOSPHORICA 3. FERRUM PHOSPHORICUM 4. KALI CHLORATUM 5. KALI PHOSPHORICUM 6. KALI SULFURICUM 7. MAGNESIA PHOSPHORICA 8. NATRUM MURIATICUM 9. NATRUM PHOSPHORICUM 10.NATRUM SULFURICUM 11.SILICEA 12.CALCAREA SULFURICA Par la suite, il reconnut une erreur à propos de son 12° sel: Ca/carea sulfurica, qui ne fait pas partie de l'organisme bien que « 11 est vrai que CALCAREA SULFURICA a été employé avec succès dans certaines affections suppuratives de la peau et des muqueuses... ». Notamment, NASH rapporte une observation de mal de Bright avec présence de pus dans les urines, guéri rapidement avec CALCAREA SULFURICA 12°. Mais on peut s'étonner de ne pas voir figurer dans cette liste CALCAREA CARBONICA, sel calcique appartenant incontestablement à la matière vivante ! Comme cela a été dit, SCHUESSLER a été inspiré des travaux de J. LIEBIG. Or ce dernier avait constaté que lorsque les substances minérales dont a besoin une plante sont en trop grande quantité, la plante dépérit, alors qu'une faible dose rétablit la physiologie perturbée. SCHUESSLER, étant homéopathe, ne pouvait qu'abonder dans ce sens et 38 préconisa pour la plupart de ses sels la 6° décimale hahnemannienne, sauf pour CALCAREA FLUORICA, FERRUM PHOSPHORICUM et SILICEA qu'il préférait en 12 DH. La préparation des dilutions se fait comme pour les médicaments homéopathiques, par trituration au mortier. Les sels de SCHUESSLER sont délivrés en poudre ou en comprimés, utilisés par voie buccale, à sec sous la langue. Ils sont prescrits assez longtemps, plusieurs semaines, voire jusqu'à 6 mois, selon l'évolution clinique. Le choix de l'un ou de plusieurs sels (donnés alors en alternance) n'exigent pas le respect du principe de similitude, mais repose seulement sur quelques signes cliniques. ETUDE CLINIQUE DES SELS DE SCHUESSLER (complétée par la Matière Médicale Homéopathique) 1 CALCACEA FLLCCICA Le fluorure de calcium est présent dans la calcination de l'os, mais il n'est pas le seul. SCHUESSLER détermine les indications de ce sel en fonction de sa présence dans les tissus: • • • • • • Os et périoste: asymétrie faciale, irrégularités osseuses, exostoses... Dentaires: caries dentaires, malpositions et malformations, « pyorrhée ». Fibres élastiques: vaisseaux (anévrismes, aortite, varices, hémorroïdes...). Ligaments: relâchements, entorses et luxations (dont A.T.M.), ptôses... Peau: callosités, fissures, fistules, chéloïdes... Tous les tissus quand il y a: hypertrophie, induration, nodosités, atonie, relâchement... Sur le plan homéopathique: La pathogénésie de CALCAREA FLUORICA n'a pas été réalisée d'une manière aussi approfondie que celle des autres calcarea. La plus complète a été réalisée en 1954 par Metzger. Mais on retrouve presque exactement les mêmes signes et symptômes: • Tissu osseux: avec les deux phases = carences (ostéoporose), excès (ostéophytes, exostoses, épaississements. • Fibres élastiques: hyperlaxité ligamentaire et relâchement des tissus de soutien = pathologie vasculaire (anévrismes, aortite, varices...), ptôses viscérales, entorses, luxations.... • Tissus glandulaires et ganglionnaires = hypertrophie, induration puis atrophie, adénopathies indurées, nodosités diverses (seins, ovaires, utérus - fibrome), goitre.... • Peau et phanères: peau sèche, dure, épaissie, fissurée, ongles durs, cassants, épaissis... Les modalités générales n'avaient pas échappé à SCHUESSLER: 39 • Aggravation: temps humide et changements de temps, pendant le repos et au début du mouvement. • Amélioration: chaleur et applications chaudes, mouvement continué. Le type sensible, même si l'on répète qu'il n'est pas suffisant pour justifier la prescription, est tout de même un élément déterminant pour ce remède: sujet asymétrique, dystrophique, disharmonieux, ayant tendance à la scoliose, aux entorses, au comportement souvent imprévisible et paradoxal. Les circonstances étiologiques ont été élargies. Au début, on parlait d'hérédosyphilitique. On a ajouté ensuite l'alcoolisme des parents, surtout celui de la mère pendant la grossesse. De même que sont incriminés la consanguinité, l'âge trop avancé des parents. Aujourd'hui, du fait du mode de vie, l'assise étiologique de CALCAREA FLUORICA est beaucoup plus large: irradiations et ultrasons pendant la grossesse, les vomissements gravidiques, les carences vitaminiques et minérales souvent favorisés par les traitements antibiotiques répétés perturbant la flore intestinale et empêchant l'absorption), les embryopathies virales (dont la plus connue est la rubéole), les intoxications diverses (alcool, métaux lourds, vaccins, fluor...). A tout cela il faut ajouter les facteurs traumatiques de l'accouchement. Au cabinet dentaire: 11 est rarissime de voir des nourrissons au cabinet dentaire. Mais dès la naissance, le médecin peut déjà voir des signes importants de CALCAREA FLUORICA: céphalhématomes, dysplasie luxante de la hanche, asymétrie faciale, déjà des exostoses du crâne. Les motivations de la consultation du médecin ou du pédiatre sont les suivantes: appétit variable, prise de poids irrégulière, vomissements (aliments non digérés), hoquet, flatulence. De plus, la tendance à la suppuration apparaît très tôt et doit faire penser à SILICEA (qui a de nombreux facteurs étiologiques communs, dont la consanguinité et l'âge avancé des parents) = otites avec otorrhées, dépôts calcaires sur le tympan, le nez coule abondamment (écoulement irritant, vert jaunâtre), conjonctivite. Et déjà aussi, il y a des troubles du comportement: bébé agité, nerveux, capricieux. A ce stade, c'est évidemment le médecin ou le pédiatre qui doit commencer l'action thérapeutique, de préférence d'ailleurs pendant la grossesse. L'enfant sera vu au cabinet dentaire pour de nombreux problèmes bucco-dentaires: dents mal minéralisées avec le plus souvent un émail insuffisant, expliquant des caries dentaires précoces, donnant volontiers le tableau classique de la mélanodontie. Les malpositions, les variations morphologiques (dents trop petites ou trop volumineuses sur la même arcade), les malformations alvéolaires et maxillaires sont fréquentes et parfois graves. Sur le plan général, l'enfant CALCAREA FLUORICA présente à l'évidence les troubles morphologiques bien connus: asymétrie, taille souvent trop petite, hyperlaxité ligamentaire (entorses, scoliose...). La tendance aux hypertrophies ganglionnaires et glandulaires explique l'hypertrophie des amygdales et/ou des végétations adénoïdes, avec des rhino-pharyngites à répétition durant la saison froide, entraînant une thérapeutique iatrogène par antibiothérapie répétée - ou les adénopathies cervicales indurées. L'enfant peut présenter déjà des kystes des paupières, des chalazions. La pathologie cutanée n'est pas absente: sécheresse, fissures, ongles hypertrophiés avec onychophagie, verrues (sans doute expliquées par le mode sycotique favorisé par le froid humide et les diverses thérapeutiques iatrogènes) - éruptions sur la face dont l'herpès aux 40 coins des lèvres. Plusieurs auteurs3 insistent sur un signe psychique: l'enfant a déjà peur de la pauvreté et se trouve préoccupé par l'argent. L'adulte CALCAREA FLUORICA viendra consulter son dentiste pour de nombreuses caries, déjà traitées et retraitées plusieurs fois depuis son enfance, avec les mêmes complications apicales. Chez l'adulte de ce type apparaissent deux signes: les caries du collet et le tartre. Et comme ce patient néglige souvent son hygiène, la gingivite d'origine tartrique est fréquente, avec des gingivorragies. A notre avis, il faut éviter les prothèses fixées, notamment les dents à tenon, du fait de la mauvaise résistance des tissus dentaires, mal minéralisés, aux pressions de la mastication et du risque de complications apicales, toujours menaçant. L'atteinte parodontale est fréquente, avec des poches suppurées. La notion de frilosité, d'aggravation par le froid humide et de suppuration tendant à la chronicité peut inciter à rechercher les signes éventuels de S1LICEA, que l'on peut donner en alternance et en basse dilution lorsqu'il y a une suppuration chronique, ou une fistule. Ces deux médicaments ont une action lente, il faut les donner longtemps. On peut tenter lors d'une parodontite subaiguë, avec suppuration, une première action avec HEKLA LAVA. Indications de CALCAREA FLUORICA selon SCHUESSLER: • Coeur/Vaisseaux: artériosclérose, anévrisme • Appareil respiratoire: coryza sec, avec envie infructueuse d'éternuer Ulcérations de la cloison nasale, nez obstrué, rhinorrhée jaunâtre, épaisse, perte de l'odorat et du goût - Polypes volumineux - Végétations adénoïdes - Toux par chatouillement laryngé, sensation de corps étranger, gêne respiratoire Relâchement et dilatation des bronches et des vacuoles. • Thyroïde: goitre. • Appareil digestif: constipation avec hémorroïdes saignantes, fissures, fistules anales, flatulence excessive, besoins urgents - cirrhose atrophique. • Appareil génital: nodosités des seins, indurations utérines et ovariennes, tumeurs des ovaires, fissures et excoriations des mamelons pendant la lactation - Nodosités indurées des testicules. • Peau: acné indurée, angiomes, prurit sur peau sèche (< chaleur, > froid), verrues. • Bouche et dents: caries dentaires (prévention surtout), fistule persistante, dilatation puis rétrécissement des canaux salivaires, induration de la langue, « pyorrhée » quand la dent devient mobile et douloureuse au moindre contact. PHCSPUCCICAs Le phosphate de chaux est le sel le plus répandu dans l'organisme. La calcination de l'os en produit 60 à 80%. Ce même phosphate de chaux est également le principal constituant de la dentine, expliquant ainsi l'importance des caries du tuberculinique du type CALCAREA PHOSPHOR1CA. Nous avons souvent insisté, à la suite de R. ZISSU, sur le risque de déminéralisation par malabsorption intestinale à la suite d'excès d'aliments acides, notamment de boissons acides. Ce risque n'avait pas échappé à SCHUESSLER. Il faisait remarquer que lorsqu'on plonge un fragment d'os dans un acide 3Voir « L'homéopathie exactement » - Tome ïï - Ch. Pérignant - B. Vindret - pages 70 à77 rr 4l (chlorhydrique ou acétique) pendant un temps suffisant, cet os devient mou et flexible, il a perdu ses minéraux qui lui donnent sa dureté. Il y a une trentaine d'années, on obtenait le même résultat en plongeant suffisamment longtemps une dent dans du coca-cola! Rappelons également que le pus a un pH acide et à son contact l'os perd ses minéraux, expliquant les images radioclaires que l'on peut voir par exemple dans les complications apicales (granulomes). ^ Les perturbations du métabolisme phospho-calcique aboutissent au rachitisme, dont on connaît les stigmates définitifs au niveau des dents. Mais il y a encore bien d'autres conséquences, comme l'anémie, expliquant la pâleur des sujets de ce type. Le phosphate de calcium augmente le catabolisme protidique, s'exprimant par la fuite des albumines: par les muqueuses (catarrhes abondants, diarrhée, leucorrhée, spermatorrhée...), par les séreuses (épanchements synoviaux), par le rein (albuminurie). Les troubles de son métabolisme affectent également le système nerveux (dépression, hypersensibilité, fatigabilité, douleurs), les tissus lympho-ganglionnaires (adénopathies). Le système endocrinien, dans son ensemble, est également concerné: hypersympathicotonie (spasmes, céphalées, douleurs), hyper-thyroïdie, hyper-para-thyroïdie (développement en longueur), hyper-gonadisme, etc... La clinique homéopathique valorise les circonstances étiologiques suivantes: croissance trop rapide chez l'enfant ou l'adolescent (moments privilégiés de la prévention), convalescences, surmenage intellectuel, pertes de liquides organiques, etc... SCHUESSLER, comme les homéopathes, décrivent le type sensible comme étant le longiligne réagissant électivement sur le mode tuberculinique. Ce qui n'avait pas échappé aux morphologistes, dont Antoine NEBEL et Henri BERNARD. Malgré les mises en garde concernant le type sensible, il faut bien reconnaître que les CALCAREA, du moins les trois principaux, sont très souvent prescrits sur la morphologie. SCHUESSLER avait l'excuse de ne pas obéir au principe de similitude. Il recommandait ce sel pour diverses affections, à titre préventif ou curatif: troubles de la croissance, de la dentition, anémie, inflammations des muqueuses (surtout respiratoires). Mais les homéopathes peuvent avancer les mêmes indications. Au cabinet dentaire, CALCAREA PHOSPHORICA joue un rôle très important dans la prévention des troubles de la croissance et de la minéralisation des dents, comme cela a été déjà dit. Mais il faut y penser chez l'adulte qui présente de nombreuses caries dentaires, ou une gingivite sans caractère spécifique, que l'on peut inclure dans les éliminations du type tuberculinique. SCHUESSLER avait déjà remarqué: « Les dents se désagrègent et se déchaussent vite ». Il faut préciser que lors d'une gingivite, il est rare de prescrire CALCAREA PHOSPHORICA en première intention, car ses signes restent imprécis. On trouve plutôt l'indication de NATRUM MUR1AT1CUM, ou de PHOSPHORIC ACID., parfois de SILICEA, voire même de FERRUM PHOSPHORICUM lorsque l'anémie domine avec une pâleur inhabituelle de la gencive. Il est toujours curieux de constater la précision de la Matière médicale. Par exemple, CALCAREA PHOSPHORICA et FERRUM PHOSPHORICUM sont complémentaires pour de nombreux troubles, mais ils peuvent avoir des modalités différentes. Tous deux ont des douleurs dentaires mais celles de CALCAREA PHOS. sont aggravées par les boissons chaudes ou froides, celles de FERRUM PHOS. sont améliorées par les boissons froides. Si l'on se basait uniquement sur ces signes dentaires, l'aggravation nocturne et par les températures extrêmes que l'on 42 trouve dans CALCAREA PHOS. sont comparables à ce qui se passe dans MERCURIUS. Il n'est pas toujours facile de s'y retrouver !!!! II semble que SCHUESSLER ait trouvé beaucoup plus d'arguments, surtout biochimiques et physiopathologiques, pour faire du phosphate de fer un sel important que les homéopathes pour en faire un'médicament important. En effet, les homéopathes ne l'utilisent que comme remède de troubles inflammatoires fébriles, surtout de rhinopharyngites, laryngites, trachéites, bronchites ou otites chez des sujets le plus souvent jeunes et réagissant volontiers sur le mode tuberculinique (une sorte de BELLADONA avec des « bémols » à la clef, c'est-à-dire que l'asthénie due à l'anémie interdit des réactions violentes). Une étude4 a été réalisée sur «l'effet de BELLADONA et FERRUM PHOSPHORICUM sur la chemiluminescence des polynucléaires neutrophiles humains » par POITEVIN, AUBIN et ROYER. Sans entrer ici dans les détails de cette étude, on peut dire qu'elle montre une activité anti-inflammatoire comparable à celle de l'indométhacine et de la déxaméthasone, du moins sur des sujets sensibles. Ce qui confirme l'utilisation homéopathique de ces deux médicaments. SCHUESSLER base l'action de FERRUM PHOS. sur l'action anémiante du phosphate de fer: « 11 est avec le soufre (qui y est contenu sous forme de sulfate de potasse = kali sulfuricum) un des éléments minéraux des globules sanguins ». Ils sont des transporteurs d'oxygène depuis les poumons jusqu'aux cellules. Toujours selon SCHUESSLER, FERRUM PHOS. peut être utilisé dans toutes les inflammations, au début, avec le plus souvent un état fébrile. Mais avec des indications plus nombreuses qu'en homéopathie. En particulier, SCHUESSLER cite le cas des « odontalgies avec inflammation de la gencive que le froid améliore et la fièvre de la dentition avec spasmes convulsifs». Ce peut être aussi un « petit » remède d'algies vasculaires de la face. 0 KALICHLCCATUA4: Avec cette substance, il y a un piège. Cherchez dans n'importe quel ouvrage de matière Médicale, ou répertoire ou nomenclature des médicaments homéopathiques, on ne trouve pas KALI CHLORATUM. 11 y a bien KALI CHLOR1CUM, le chlorate de potassium, remède d'aphtes au degré fort. En fait, KALI CHLORATUM est le chlorure de potassium qu'on appelle également en latin KALI MURIATICUM. Pour SCHUESSLER, le manque de chlorure de potassium est responsable d'inflammations avec exsudats fibrineux. Ce que confirme la pathogénésie: inflammations subaiguës des muqueuses respiratoires, digestïves et génitales avec exsudats fibrineux (fausses membranes) et sécrétions épaisses, visqueuses, tenaces, gris blanchâtres (VOISIN). La pathogénésie ajoute une déminéralisation des cellules cutanées avec exsudation séreuse et desquamation furfuracée. 4B. POITEVIN, M. AUBIN, J.F. ROYER - Les Annales Homéopathiques Françaises 1983 n°3. 43 Les indications en homéopathie sont très voisines de celles que préconisait SCHUESSLER. D'abord, KALI CHLORATUM ou MURIAT1CUM s'adresse à des sujets maigres, agités, frileux, irritables. Et comme on ajoute la présence de quelques oedèmes ou infiltrations du tissu conjonctif interstitiel, le lien est établi avec NATRUM MURIATICUM. La différence est que KALI CHL. est plus sensible au froid, il supporte mieux la chaleur et lorsqu'il est fatigué, il ne se met pas en colère en cas de consolation. L'une des principales indications de ce médicament concerne les inflammations subaiguës pharyngées ou laryngées: encombrement de la gorge par des mucosités tenaces, difficiles à expulser, amas de petits amas caséeux épais et nauséabonds qui obligent le patient à raclait sa gorge (on peut penser à KALI BICH.). L'angine est caractérisée par des amygdales énormes, ulcérées, toujours les mucosités épaisses et adhérentes, catarrhe de la trompe d'Eustache. On retrouve les mêmes mucosités en cas de rhinites, de bronchites, etc.. Une autre indication: la gastrite, à condition de retrouver les signes habituels = suite d'excès alimentaires (aliments gras surtout) ou de refroidissement, peu d'appétit, soif, langue sèche, chargée d'un enduit épais et visqueux surtout à la base, APHTES ou ulcérations disséminées. L'insuffisance hépatique explique l'aggravation par les aliments gras. La constipation est fréquente (élément muriatique), avec des hémorroïdes saignantes (sang noir), etc... La peau peut présenter des éruptions: eczéma, vésicules (herpès, zona, suites de brûlure), le tout évoluant vers une desquamation furfuracée qui évoque ARSENICUM ALBUM. La perlèche est possible. PHCSDHORICUA4: Le phosphate de potassium se trouve présent en relative grande quantité dans les tissus nerveux, dans les muscles et dans le sang. Ce qui explique, selon SCHUESSLER, qu'en cas de carence, l'indication de ce sel correspond à des cas d'épuisement nerveux avec dépression, asthénie, le plus souvent après un surmenage intellectuel ou après une maladie épuisante. Toujours pour cet auteur, le sujet est pâle, anxieux sans raison, se réveille fatigué parce qu'il a mal dormi et souffre de névralgies (surtout à droite, > par les applications froides). Du fait de la faiblesse musculaire, les douleurs entraînent des paralysies ou des crampes (crampes des écrivains, dans les mollets, au menton, surtout après surmenage physique). Pour les homéopathes, KALI PHOS. est utilisé dans l'asthénie physique et mentale après surmenage aussi bien physique qu'intellectuel. Cet état s'accompagne volontiers de céphalées, de troubles de la mémoire, d'insomnie (avec parfois des terreurs nocturnes du type KALI BROMATUM). Plusieurs sensations peuvent valoriser ce « petit » remède: sensation de poids à l'occiput et autour des yeux, sensation de boule à la gorge, sensation de vide à l'estomac > en mangeant. La faiblesse explique peut-être l'hyperesthésie, surtout au bruit qui fait sursauter. 44 Chez l'enfant, KALI PHOS. peut être indiqué chez un élève généralement doué, studieux, aimant son entourage et ses enseignants, mais manquant de moyens physiques pour assurer une bonne scolarité. Dans la phase dépressive (qui domine du fait de l'élément potassium), l'enfant devient replié sur lui-même, facilement vexé et boudeur, pleurnichard, aboulique, mais calme. Dans certains cas, l'enfant peut devenir dyslexique, avec des troubles de la mémoire qui peuvent inhiber son intellect au moment des examens, surtout en raison du surmenage. Et puis certaines migraines rappellent la fuite minérale cérébrale, parfois d'origine digestive, mais le plus souvent par surmenage intellectuel. Au cabinet dentaire: On verra surtout l'indication de KALI PHOS. chez des adolescents maigres, épuisés par un travail intellectuel intensif, ou par des soucis ou des chagrins ou encore une vie sexuelle débordante. Ils arrivent alors avec une gingivite d'aspect scorbutique avec des brûlures dans la bouche ou des ulcérations, ou encore des douleurs dentaires. Parfois une alvéolyse récente motive la consultation et inquiète le jeune patient, d'autant plus qu'elle s'accompagne de gingivorragies. Il faut alors comparer ce remède à PHOSPHORIC ACID., qui correspond à un état plus grave. SLLFUCICUM Le sulfate de potassium a été utilisé en médecine classique comme purgatif. Curieusement, il n'a pas fait l'objet d'une pathogénésie approfondie et son usage homéopathique repose surtout sur la clinique et sur les observations de SCHUESSLER. Dans un article5, le Dr C. BOURDEL parle de « Kali sulfuricum le mal aimé ». Citons-le: « Combien de fois n'avons pas entendu: Kali suif. « le pulsatilla minéral ». Tout est dit et le voilà relégué dans un rôle subalterne: un coryza qui traîne, une suppuration qui s'éternise, une convalescence qui n'en finit pas et si l'anémone ne marche pas, on pensera parfois au sulfate neutre de potasse. Neutre, déjà le pauvre traîne ce qualificatif dans son état civil. Il faut avouer qu'il n'a pas eu de chance, on doit le dire: ce n'est qu'une enfant illégitime. Ni orgues, ni fonts baptismaux, aucun de nos grands prêtres ne s'est penché sur son expérimentation. Il est entré par la petite porte, derrière la sacristie, introduit subrepticement par un hérétique, car les théories de SCHUESSLER sont loin de la loi de similitude ». SCHUESSLER situe l'indication de son 6° sel à la troisième phase des inflammations: « Premier stade = inflammation sans exsudation ==> FERRUM PHOS. • Deuxième stade = inflammation avec exsudation épaisse, blanchâtre, difficile à éliminer ==> KALI CHLOR. • Troisième stade = inflammation avec « évacuation des cellules usées » ==> KALI SULF. 5Voir « Les Annales Homéopathiques Françaises » 1973 n°5 p.37. 45 Ainsi, KALI SULF. correspond à des affections des muqueuses accompagnées de sécrétions abondantes et interminables, de douleurs erratiques aggravées par la chaleur, améliorées par fe froid. Ces affections concernent plus volontiers les tissus superficiels et les téguments. En homéopathie, on retrouve les mêmes indications: inflammations des muqueuses au stade de la suppuration: coryza avec rhinorrhée jaune verdâtre, bronchite catarrhale. Ou encore les dermatoses squameuses, suintantes ou suppurantes (eczéma, psoriasis, lésions impétigineuses...). Ses modalités sont proches de celles de PULSATILLA, mais il n'y a pas le caractère doux et soumis. Au cabinet dentaire: II est rare de trouver son indication car les troubles dentaires paraissent peu établis: gonflement et sécheresse (larges écailles) de la lèvre inférieure - Brûlure dans la bouche ou sensation de chaleur - goût insipide ou perdu ou sucré - douleurs dentaires pires dans une chambre chaude, > par le froid et au grand air (SULFUR, PULSATILLA) - langue recouverte d'un enduit jaune visqueux - gencive douloureuse - verrues sur les lèvres. 7 MAGNESIA PHGSPHCCICA Pour SCHUESSLER, le phosphate de magnésium mobilise les éléments des cellules, libérant celles-ci des produits hors d'usage ou décomposés ou toxiques. Son manque cause des douleurs vives et des spasmes dans les nerfs et les muscles. Il affirmait la présence de ce sel en abondance dans le sang, les tissus nerveux, dans l'os et les dents (à celles-ci, disait-il, il donne leur solidité). La présence de magnésium et de phosphore explique sans doute l'action élective sur le système nerveux, surtout central. D'abord au niveau de l'innervation sensitive = acroparesthésies, névralgies violentes et soudaines (sensations de courant électrique, douleurs fulgurantes...). Puis secondairement au niveau des synapses neuro-musculaires expliquant les crampes et les spasmes6. Pour SCHUESSLER, la prescription repose sur le fait que le malade est épuisé, qu'il est atteint de troubles spasmodiques ou de névralgies, ou encore de crampes. Les douleurs sont fulgurantes, à l'image du flash au magnésium. L'une de leurs caractéristiques est qu'elles suivent le trajet d'un nerf. Elles sont améliorées par la pression forte indirecte (le malade se replie sur lui-même pour calmer ses coliques), elles sont aggravées la nuit, au lit et obligent le malade à arpenter sa chambre. Schuessler ajoute: « MAGNESIA PHOS. servira à l'entretien des dents en bonne santé, préviendra les caries, employé conjointement ou alternativement avec les autres sels de ces organes: CALCAREA PHOS., CALCAREA FLUOR, et aussi SILICEA ». L'usage homéopathique est conforme à celui de SCHUESSLER. Dans un article ancien 7non signé, les indications de MAGNESIA PHOSPHORICA sont bien résumées: 6 Voir: « Pharmacologie et matière médicale homéopathique » - D. DEMARQUE et col. Boiron 1993. « Le Propagateur de l'homéopathie » 1937 n°l. 7Voir: 10 46 douleurs aiguës paroxystiques ou crampoïdes, en éclairs, violentes, soudaines, élançantes, changeant rapidement de place, < par le froid, > par la chaleur, par l'eau chaude, par la pression, par la flexion, < nocturne. Le malade parle sans cesse pendant les douleurs. Ces douleurs se produisent à différents endroits: névralgies faciales (surtout à droite), tics douloureux de la face, douleurs dentaires fulgurantes déclenchées par les boissons froides, douleurs abdominales, règles douloureuses, manifestations spasmophiliques. Ces douleurs peuvent être accompagnées de crampes: crampes fugaces (écrivains, pianistes, harpistes...), crampes des membres supérieurs de certains ouvriers manuels (traite des vaches, tricoteuses, maniement de manches d'outils divers...). Enfin, c'est encore un remède de coliques: hépatiques, abdominales, néphrétiques, de dysménorrhée crampoïde, douleurs crampoïdes de l'accouchement. 8 NATRUM MURIATICUM: SCHUESSLER reprend pour NATRUM MUR. tout ce que les homéopathes et les biochimistes ont largement décrit avant lui, notamment son rôle dans l'hydratation des cellules et des tissus et dans le métabolisme de l'eau. Aussi n'est-il pas étonnant de voir pratiquement confondues les indications proposées par cet auteur et celles reconnues en homéopathie. Pour ce qui concerne la bouche et les dents, SCHUESSLER conseille ce médicaments dans les cas suivants: • Accidents de la dentition chez le nourrisson lorsque celui-ci « bave constamment et abondamment ». • Glossite à type de brûlure . • Noma. • Pulpite aiguë quand il y a en même temps un larmoiement abondant et une hypersalivation. NATRUM MURIAT1CUM fait partie des polychrestes les mieux connus, d'autant plus que dans le cadre de notre formation continue en homéopathie bucco-dentaire de nombreux cours lui ont été consacrés et il n'est pas question de faire injure aux stagiaires en leur rappelant les signes et symptômes pathogénétiques élémentaires. Rappelons seulement quelques traits de ce remède. Il y a souvent contradiction apparente entre des signes qui semblent opposés. Par exemple, le patient peut éprouver une sensation de sécheresse buccale malgré une salivation normale ou même excessive. La rhinite alterne entre la sécheresse et un catarrhe abondant. La soif, parfois inextinguible, peut s'accompagner d'une sécheresse buccale, ou non. De même, l'appétit est variable et le sujet maigrit même lorsqu'il mange beaucoup. Son désir de sel ou d'aliments salés peut alterner avec une aversion pour ces mêmes aliments. L'amaigrissement peut être masqué en certains endroits par des oedèmes de rétention. Toutes ces contradictions ne sont que le reflet du métabolisme du chlorure de sodium, assurant l'hydratation des cellules et des tissus. Or il y a correction physiologique des anomalies de ce métabolisme: lorsque la déshydratation menace, la soif compense. Lorsqu'il y a hydratation excessive, l'élimination urinaire compense également. Rappelons également qu'il existe différents points de vue sur le rôle de NATRUM MURIAT1CUM dans les troubles relevant des modes réactionnels généraux. Pour Roland 11 47 ZISSU , toujours partisan de l'existence des 4 modes réactionnels, NATRUM MURIATICUM se trouve indiqué au début de la décompensation tuberculinique surtout dans le premier âge avec atteinte des muqueuses et de la peau et retentissement psychique (introversion). NATRUM MURIATICUM est le remède « pilier » de la déminéralisation cellulaire et donc de ce fait un remède essentiellement tuberculinique en permettant d'inverser les conséquences de la déminéralisation cellulaire et tissulaire. Pour Denis DEMARQUE9, NATRUM MUR. est un remède psorique du fait de sa périodicité (souvent quotidienne), de ses alternances courtes au sein du même appareil (sécheresse - catarrhe...) et au niveau d'appareils différents (manifestations cutanées érytnémateuses ou vésiculeuses alternant avec des troubles muqueux comme le coryza, l'asthme, ...). Mais il est vrai que cet auteur nie l'autonomie du mode tuberculinique en en faisant un sous-groupe du mode psorique. Rappelons pour terminer les signes bucco-dentaires: • Grande sécheresse buccale malgré une salivation normale ou augmentée, avec soif fréquente pour de grandes quantités d'eau froide (BRYONIA). Syndrome de Gougerot. • Inflammation, gonflement et saignement des gencives. • Gencives scorbutiques. Gingivite ulcéreuse. • Aphtes, ulcérations, herpès, vésicules sur la langue, les lèvres, autour de la bouche ou dans la bouche. Lèvres sèches et fissurées. Ulcérations des commissures labiales. • Langue dépapillée en « carte de géographie ». • Dysgueusie: goût perdu, les aliments semblent sans saveur ou amer, l'eau a un goût avarié, goût acide. • Mycose labiale. • Sensations de brûlure: langue, gencive (stomatodynies). • Névralgies faciales ou douleurs dentaires suivant la courbe solaire. 9 NATCUA4 PHCSDHCCICUM: SCHUESSLER affirme catégoriquement que « NATRUM PHOSPHORICUM guérit les maladies qui sont dues à un excès d'acide lactique ». Ce dernier est un produit de dégradation des hydrates de carbone, dont les sucres comme le glucose pendant le travail musculaire. D'ailleurs LACTIC ACID. et SARCOLACTIC ACID. sont deux médicaments indiqués dans les conséquences d'un travail musculaire intensif. Le phosphate de sodium participe aussi à la désintégration des albumines en libérant de l'acide urique. Ainsi, les indications de ce sel, selon SCHUESSLER, concernent les maladies produites par ces deux acides: troubles articulaires de type goutteux et syndrome digestif hyper-acide. Les Matières Médicales sont peu disertes sur ce médicament, car il est absent de la plupart d'entre elles, ou alors traité de façon limitée. II est vrai que M. GUERMONPREZ reconnaît qu'on attend toujours une grande pathogénésie de ce remède. Les Anglosaxons lui accordent plus d'intérêt et on en trouve quelques pages dans « Symptômes 8Voir: « Les principaux remèdes des états chroniques » A.F.M.C.H. 1983. Voir: « Pharmacologie et matière médicale homéopathique » Boiron 1993. 12 48 Guides » de Constantin HERING. Comme elle est très brève, voici la pathogénésie de ce remède telle que décrite par GUERMONPREZ10: • Uricémie élevée. Goutte du gros orteil, du poignet, des petites articulations. Crises par temps chaud. Hydrarthrose goutteuse, crampes des écrivains. • Base de la langue couverte d'un enduit épais jaune orangé. • Désir d'aliments très relevés (Nux vomica). • Vomissements, diarrhées acides, ténesme. • Rhinite postérieure avec sécrétions jaune orangé (Natrum carb.). • Transpiration acide. • Eczéma: suintement jaune épais. • Verminose infantile avec prurit du nez et de l'anus (Cina). • Amélioration générale par la bière. • Pollutions nocturnes et asthénie. Dans notre « banque de données », nous avons retrouvés trois articles. Dans l'un de Catherine GAUCHER11, devenue plus ou moins spécialiste des maladies tropicales, elle se contente de donner deux observations cliniques de douleurs articulaires certes intéressantes, mais malgré son titre « NATRUM PHOS. dans mon expérience personnelle », ces deux observations comprennent plusieurs remèdes. Il est donc difficile d'affirmer que seul NATRUM PHOS. aurait été efficace. L'autre article est plus complet. Il est dû à notre confrère de Colmar, le Dr Hugues SCHWIEG12, qui a présenté une communication sur ce médicament à un Congrès de Strasbourg en 1977. On peut résumer ainsi la pathogénésie de NATRUM PHOS.: • Troubles du métabolisme des urates et de l'acide lactique avec hyperacidité digestive. • Tendance uricémique avec une pathologie rhumatismale goutteuse des petites articulations. • Tendance dépressive sans doute due au sodium: tristesse, mélancolie, désir de solitude. En cherchant dans le Répertoire de KENT et en complétant par diverses sources, nous avons trouvé les signes ou symptômes suivants: • Causes: suites de dentition, de colère, après avoir mangé des aliments gras, ou avoir bu du lait, suites de mauvaise nouvelle, de masturbation, de surmenage intellectuel et de verminose. • Signes psychiques: anxiété (le soir, la nuit, pour sa santé), aversion pour la compagnie, hypersensible au bruit, irritable (pire pendant les règles), pertes de mémoire, peurs (avenir, maladies, crépuscule, pauvreté, voleurs), timide et triste. • Signes généraux: amaigrissement, anémie, asthénie, frilosité, insuffisance hépatique, rhumatismes et arthroses, verminoses. • Sensations: brûlure, battements, chatouillement, cheveu, décharge électrique, engourdissement, piqûres, sable, tiraillement, tremblements. 10Voir « Matière Médicale Homéopathique » Doin 1985. 'Voir « L'Homéopathie Française » 1990 n°5. I2Voir: « Dentaria acta » 1977 n°20. '13 49 • Sommeil: sommeil agité, réveil vers 5h avec insomnie, rêves effrayants, erotiques, de la mort. • Modalités: < aliments acides, gras, par le lait. < chaleur (lit, confinée). < efforts intellectuels. < matin, nuit, au réveil. < avant et pendant les règles. < temps chaud, orageux. > repos. • Bouche: gingivorragies, goût acide, ou amer, ou, mauvais, ou métallique, ou salé. Muguet. Douleurs dentaires, la nuit, grincement. Dents mobiles, parodontopathies. Langue engourdie, jaune, sensation de picotements, de cheveu, saburrale, vésicules. • Estomac: aversions = aliments gras, lait, pain, viande, nourriture en général (appétit vite rassasié). Désirs = alcool, bière, boissons froides, épices, oeufs, poisson, sucre. Pyrosis, brûlure, ulcère, éructations acides. Nausées, soif, vomissements acides, pendant la céphalée ou durant la grossesse. • Yeux: secs, brûlants, photophobie, sensation de sable. On peut encore compléter pour différents organes, ce qui prouve que lorsqu'on cherche, on trouve !!! 1€ NATRUAi SI I PI C in H Le rôle du sulfate de sodium dans le métabolisme de l'eau, inverse de celle du chlorure de sodium, n'avait pas échappé à SCHUESSLER. Il considère NATRUM SULF. comme un anti-toxique parce « grand éliminateur » et attribue cette caractéristique par action prédominante sur le foie. Il note encore que ce remède « trouve son emploi dans l'hydrémie et dans les affections aggravées par le temps humide, la proximité de l'eau, le séjour dans les maisons et lieux humides, améliorées par temps sec et chaud ». Ce qu'aucun homéopathe ne pourrait nier. SCHUESSLER recommande ce remède dans les affections des muqueuses ayant les modalités sus-décrites et présentant des écoulements épais, jaunâtres, de mauvaise odeur. Le chlorure de sodium retient l'eau dans les cellules et leur apporte les minéraux, et en cas de manque, on constate le contraire, c'est-à-dire une déshydratation et une fuite minérale. Le sulfate de sodium participe, lui, à l'élimination des éléments cellulaires « vieillis ». Le premier joue un rôle centripète, le second centrifuge. Et quand il a manque de sulfate de soude, il y a en même temps rétention d'eau. Et SCHUESSLER affirme qu'il y a comme conséquences: gonflement du foie, douleurs intestinales, rétention de l'acide urique, etc... Bien après HODIAMONT, le Dr Jean QUENOT13 rappelle que « Le rôle capital du sulfate de soude dans le métabolisme de l'eau fait que toute maladie, quelle qu'elle soit, quelle que soit sa localisation ou l'étiquette clinique que l'on y pose, lorsque l'aggravation par l'humidité est très marquée, doit faire penser à rechercher les symptômes de NATRUM SULFURICUM ». NATRUM SULFURICUM fait également partie des grands polychrestes bien connus, que nous avons déjà étudiés plusieurs fois à Montrouge. Aussi ne seront pas rappelés ici les grands symptômes pathogénétiques. Nous insistons seulement sur 13Voir: « Les Annales Homéopathiques Françaises » 1963 n°6 (numéro comportant plusieurs articles sur NATRUM SULFURICUM). 14 50 quelques aspects, comme une circonstance étiologique, certes bien connue, mais qui mérite un commentaire: les suites de traumatisme crânien. Le traumatisme crânien est très fréquent, mais ses conséquences médiates passent parfois inaperçues. Nous avons plusieurs fois rapporté une observation d'aphtose buccale apparue peu après un traumatisme crânien, avec des poussées successives durant plus de 18 mois. La guérison a été obtenue avec NATRUM SULF., alors que d'autres remèdes, dont SULFUR, prescrits par un confrère, n'ont apporté aucun résultat Les pédiatres insistent sur le traumatisme crânien pendant l'accouchement qui peut 14 expliquer certaines pathologies du nourrisson. Didier GRANDGEORGE en propose une observation intéressante: « Staniel J., après une grossesse sans histoire subit un accouchement très traumatisant du fait du bassin limite pour ses mensurations crâniennes. Transféré en néonatologie, il présente à partir du 2° jour de sa vie 48 heures d'un état de mal convulsif traité par Gardénal IV. Le scanner met en évidence une hémorragie interhémisphérique et surtout un important oedème cérébral. Des doses d'ARNICA 15 CH sont administrées, puis NATRUM SULF. en échelle de 15 à 30 CH, à raison d'une dose par semaine. A l'âge de trois mois, le bilan clinique et paraclinique est tout à fait normal, ce qui permet d'arrêter le Gardénal. A l'âge de cinq mois, on note l'apparition de nombreuses excroissances charnues, de type molluscum contagiosum, sur l'abdomen et le périnée, qui disparaissent à dix mois. Revu régulièrement, cet enfant âgé actuellement de deux ans et demi a un développement psychomoteur parfait et n'a présenté aucune affection grave depuis ». Le même auteur signale également l'indication éventuelle de NATRUM SULFURICUM dans l'ictère néonatal, lorsqu'il est important. Or SCHUESSLER avait affirmé que le dérèglement du métabolisme du sulfate de soude aboutissait à une congestion hépatique importante. André ROUY (dans un article publié dans la revue citée ci-dessous) propose trois médicaments dans le traumatisme crânien tout récent: ARNICA + CALENDULA + NATRUM SULF. Cet auteur rappelle l'action d'ARNICA dans l'oedème traumatique et celle au niveau des capillaires en cas d'extravasation sanguine. CALENDULA est ajouté pour son action analgésique et résolutive également sur l'oedème local. Quant à NATRUM SULF., il permet le rétablissement rapide du métabolisme de l'eau après le traumatisme du crâne. Dans un article intéressant15, Michel GUILLAUME traite, entre autres caractéristiques pathogénétiques et cliniques, de 4 grandes modalités de NATRUM SULFURICUM, avec les comparaisons de remèdes qui s'imposent. 14 Voir: « L'Homéopathie exactement » tome II - Ed. Jollois - 1990. Bulletin du C.H.F. 1952 2° semestrep.23-29. 15Voir: 15 51 17 L'aggravation par l'humidité: C'est la grande caractéristique de NATRUM SULF., mais elle est partagée par THUYA, DULCAMARA, ARANEA DIADEMA, RHUS TOX., et quelques autres. C'est également la grande modalité de la phase dite « hydrogénoïde » du mode réactionnel sycotique. L'explication semble simple: l'eau a tendance à stagner dans les espaces péricellulaires. L'humidité ajoute un peu d'eau et donc aggrave l'imbibïtion. 2/ L'aggravation par l'immobilité prolongée: II est possible que l'immobilité facilite la rétention hydrique, alors que le mouvement des masses musculaires favorise au contraire la circulation hydrique et diminue l'imbibition. Alors que pour SEPIA ou PULSATILLA, l'immobilité accentue la stase veineuse, notamment des membres inférieurs. SULFUR, FERRUM METALLICUM ou RHUS TOX. n'aiment pas non plus l'immobilité qui favorise les congestions localisées dont ils sont enclins. 3/ L'aggravation le matin et par le repos: NATRUM SULF. est très mal le matin, après une nuit de repos parce que la position allongée, le sommeil de la nuit favorisent la stagnation de l'eau. Aussi se lève-t-il avec une bouffissure des doigts (signe de la bague) et des endroits déclives. Il est de mauvaise humeur et ne se retrouve qu'après la selle qui suit habituellement le petit déjeuner, qui exonère une grande partie de l'eau qui l'imbibe. NUX VOMICA ou LYCOPODIUM se lèvent aussi fatigués et de mauvaise humeur après une nuit de repos. Bien sûr parce qu'ils ont souvent mal dormi, mais surtout parce que leur système nerveux végétatif n'est pas encore « réveillé ». De plus, tous les venins sont aggravés le matin après une nuit de sommeil pour des raisons circulatoires qui aggravent les congestions. Et enfin, les remèdes « acides » sont plus mal le matin parce que le sommeil, du fait du ralentissement respiratoire, favorise l'accumulation de CO2. 4/ L'aggravation périodique: C'est sans doute la présence de soufre qui peut expliquer la périodicité des symptômes de NATRUM SULF. et d'ailleurs on trouve dans ces deux médicaments la latéralité gauche (même si cette latéralité ne doit pas être exclusive pour les polychrestes). Il est intéressant de noter qu'elle existe aussi dans THUYA. Nous avons souvent décrit les signes bucco-dentaires de NATRUM SULF. Et nous avons, en ces occasions, souligner avec insistance la possibilité de prévention de la maladie parodontale, lorsque le patient vient consulter pour des troubles fonctionnels réversibles. Par exemple, il est fréquent de voir un patient pour des douleurs brûlantes de la bouche, notamment à la pointe de la langue, comme d'ailleurs un patient du type THUYA. Souvent, ce patient affirme que ses brûlures ressemblent à celles du poivre et évite les aliments poivrés ou pimentés. On peut voir aussi un patient uniquement pour une sensation de sécheresse buccale, qui peut accentuée la sensation de brûlure, état qui s'aggrave la nuit et le matin au réveil. On peut voir aussi une langue sale, grisâtre ou verdâtre, parfois en carte de géographie. Enfin, le patient peut venir consulter pour des douleurs dentaires, battantes souvent, aggravées par temps humide et par les boissons 16 52 chaudes, améliorées en aspirant de l'air froid. D'où le désir de boissons froides, de glaces, d'aliments froids. Ce qui est le contraire de NATRUM MURIAT1CUM. i Si lors de ces troubles certes désagréables, mais tout de même banals, on peut mettre en évidence l'indication de NATRUM SULF., il est logique de penser que le patient réagit sur le mode sycotique, il faut alors approfondir l'interrogatoire et l'examen. Puis prescrire ce remède, complété éventuellement par des remèdes de neutralisation de certains facteurs étiologiques, afin d'éviter qu'une banale gingivite érythémateuse n'évolue vers une maladie parodontale, car comme le dit la Matière Médicale: « les dents se déchaussent et tombent prématurément ». Ce même raisonnement s'applique pour de nombreux médicaments d'action profonde et nous avons maintes fois répété qu'à ce stade de lésions banales, il n'était pas toujours aisé de mettre en évidence un médicament. Mais aussi, c'est l'avantage de l'homéopathie de nous donner la possibilité d'une action préventive. Occasion qu'il ne faut pas rater. A condition que le patient s'y prête, à condition également qu'on l'en informe. Et c'est en raison de ces difficultés que nous pensons que la prescription des sels de SCHUESSLER peut rendre service, puisqu'ils sont prescrits sur des notions cliniques relativement sommaires, uniquement cliniques, ils n'exigent pas une répertorisation approfondie, qui reste tout de même une méthode préférable. 11 SILICES La silice est indispensable à de nombreux tissus auxquels elle apporte leur dureté (os et dents à l'évidence), mais aussi à différents métabolismes qui concernent les chlorures. Pourtant, il n'y aurait chez un homme de 70-75 Kg qu'environ 60 à 70 centigrammes de silice, soit 5 fois moins que de fer. Selon la méthode de SCHUESSLER, la prescription de SILICEA est facile parce que son individualisation n'est que clinique: la suppuration chronique quelle que soit la cause, les troubles de la nutrition dont le rachitisme et la déminéralisation, avec leurs conséquences au niveau des différents organes. Bien que SCHUESSLER énumère de très nombreuses indications qui semblent parfois sans rapport avec le rachitisme ou la suppuration. L'auteur s'en tire avec l'affirmation suivante: « L'universalité d'action de SILICEA fait de ce remède un complémentaire de la plupart des autres sels, suivant les stades d'évolution des maladies »16. HAHNEMANN a fait la première pathogénésie, avec des 30 CH. Mais il faut reconnaître que la lenteur d'action de la silice impose de choisir des volontaires de préférence sensibilisés à ce produit (silicoses par exemple) et c'est une exception en homéopathie. La pathogénésie justifie les indications de SCHUESSLER, mais ouvre de plus de nombreuses perspectives bien plus subtiles et précieuses que la seule approche clinique ou pathologique. Le rôle de la silice dans l'organisme est bien connu: d'abord, elle apporte aux tissus leur dureté, leur solidité et leur résistance en permettant une bonne assimilation des autres minéraux indispensables, surtout le calcium et le phosphore. Cela explique qu'en cas de troubles de son métabolisme, les cellules et les tissus se déminéralisent. SILICEA 16Voir: « Introduction à l'étude de la biochimie du Dr SCHUESSLER » - RICHARD A. - Ed Lehning 1963 p.37. 17 53 est l'un des principaux remèdes du rachitisme et de la déminéralisation, un remède quasiindispensable dans ces cas cliniques. Et c'est essentiellement pour cette raison que SILICEA appartient à la série des remèdes du mode réactionnel tuberculinique. Et c'est toujours pour cette raison que l'on trouve dans ses circonstances étiologiques les carences d'apport ou d'assimilation des minéraux de base (causes alimentaires par régime carence ou de famine (la télévision présente de temps en temps des images désolantes de petits SILICEA cachectiques, enfants à grosse tête avec des yeux saillants et un regard insoutenable, corps amaigri et gros ventre), causes médicamenteuses qui dépriment l'immunité dont les mauvais effets des vaccinations. Ensuite, la silice participe à la réponse immunitaire aux agressions microbiennes ou toxiques. Dans une étude publiée en 1987, réalisée à l'U 200 de l'INSERM (Clamait), E. DAVENAS, B. POITEVIN et J. BENVENISTE17 ont démontré que l'administration de hautes dilutions de SILICEA augmentait la production de paf-acéther par les macrophages péritonéaux chez la souris. Le paf-acéther (découvert par J. BENVENISTE) est un marqueur de la stimulation du macrophage. A concentration trop forte, la silice est un toxique pour le macrophage, en dilution infinitésimale, elle stimule le même macrophage. Ainsi, cette étude confirme donc une donnée empirique des homéopathes qui utilisent, depuis HAHNEMANN, les dilutions de SILICEA dans les suppurations chroniques. Chez l'enfant « tuberculinique », SILICEA donné en temps utile, seul ou associé à d'autres remèdes comme CALCAREA PHOSPHORICA ou NATRUM MURIATICUM, permet une action préventive ou curative sur les troubles de la croissance en générale et de la minéralisation des dents en particulier. SILICEA figure parmi les principaux remèdes de la carie dentaire. Chez tous les sujets, SILICEA est un remède important en stomatologie. Voici le rappel des signes bucco-dentaires: • Lèvres sèches et fendillées, ulcérations des commissures labiales. • Selon KENT: « Les dents se gâtent par suite de l'altération de leur émail, la dentine contient beaucoup de silicate de chaux. La surface des dents devient rugueuse, perd son apparence émaiilée et la carie s'installe peu à peu, surtout au niveau des collets...Les dents se déchaussent, la gencive se rétractant... ». • Inflammation de la gencive avec suppuration abcès, fistules... • Douleurs dentaires après suppression de la sueur des pieds. • Hypertrophie et induration des glandes salivaires, surtout des parotides. Sécheresse buccale, soif vive, sensation d'un cheveu sur la langue , glossite. Il faut rappeler encore une fois la lenteur et la chronicité des troubles de SILICEA, ce qui permet en cas de consultation précoce, de proposer un traitement curatif chaque fois que cela est possible, aussi bien pour prévenir la carie que la maladie parodontale. Ne pas oublier que SILICEA n'est pas qu'un remède du mode tuberculinique du fait de l'importance dans sa pathogénésie des troubles de la croissance et de la minéralisation. Son rôle dans le rétablissement des mécanismes perturbés de la fonction 17 Lire: « Effet de très hautes dilutions de silice administrée per os sur les macrophages péritonéux de souris » dans la revue L'Homéopathie Française - 1987 n°3. 18 r 54 immunitaire en fait également un remède important du mode sycotique, confirmé de plus par le mauvais effet des vaccinations, par la chronicité des inflammations, par le manque de réaction générale aux agressions physiques et psychiques. Le mode psorique apparaît un peu en retrait, mais ne pas oublier les conséquences de la suppression de la transpiration. Enfin, la tendance aux hypertrophies et aux indurations des glandes et des ganglions évoque le mode luétique. Pour plus de détails sur ce polychreste, nous conseillons de revoir le chapitre que R. ZISSU lui a consacré dans sa Matière Médicale Homéopathique Constitutionnelle, notamment l'étude clinique des circonstances étiologiques chez l'enfant. Cet auteur démontre l'existence de 4 types différents d'enfants SILICEA. Cela est intéressant pour ceux qui se préoccupent de la prévention de la carie dentaire chez l'enfant. 12 CALCACEASILPI CICA Nous avons déjà dit que SCHUESSLER regretta d'avoir classé ce remède parmi ses 12 sels du fait que le sulfate de calcium n'est pas retrouvé dans la calcination des tissus. Nous avons déjà fait part de l'absence de CALCAREA CARBONICA. Au début, SCHUESSLER utilisait CALCAREA SULFURICA dans toutes les suppurations traînantes, interminables et discutait son utilisation par rapport à SILICEA, qu'il donnait d'ailleurs en alternance. Le pus de CALCAREA SULFURICA est jaunâtre, épais, grumeleux comme du soufre. Dès que le pus devient clair, SILICEA est préféré. Ces deux remèdes ont une tendance aux fistules. L'usage homéopathique de CALCAREA SULFURICA correspond à la même indication = la suppuration qui tend à la chronicité. On peut regretter que CALCAREA SULF. soit absent de nombreuses Matières Médicales. Car en parcourant celles qui le citent et surtout les Répertoires, on trouve tout de même de nombreux signes intéressants. Ainsi: 1. Circonstances étiologiques: alcoolisme, suppression d'une éruption ou d'une élimination (transpiration), le froid humide et le traumatisme. 2. Signes psychiques: anxiété (la nuit, pour sa santé) avec désespoir de guérir, coléreux, indécis, distrait, impatient, irritable, jaloux, perte de mémoire, peurs (folie, maladies, mort, pauvreté), susceptible, aversion pour la compagnie et pour le travail intellectuel... 3. Signes généraux: adénopathies, asthénie, bouffées congestives, frilosité, périodicité des symptômes, tendances aux indurations, aux nodosités, aux polypes et aux suppurations (ganglions)... 4. Modalités: < par les courants d'air, par la chaleur (confinée+++), par le froid humide, la nuit, ...> au grand air, en se découvrant, par le temps sec... 5. Signes bucco-dentaires: brûlure dans la bouche et au niveau de la langue, gingivite, dysgueusies (acide, amer, métallique, sucré), salivation intense, haleine fétide, ulcérations, vésicules, glossite, douleurs dentaires, poches suppurées, lèvres sèches et craquelées... 6. Et il existe encore bien d'autres signes au niveau des différents appareils. 19 55 Cependant, il faut bien reconnaître que son utilisation reste surtout clinique dans les suppurations traînantes, entre HEPAR SULFUR remède de l'inflammation et de la suppurations aiguës et SILICEA, remède de la suppuration chronique. On commence généralement le traitement par une 4 ou 5 CH, mais il faut élever la dilution dès le début de l'amélioration sous peine d'entretenir la suppuration. EN RESUME Voici un tableau récapitulatif de l'emploi des sels de SCHUESSLER en odontostomatologie. Les signes cliniques et biochimiques décrits par SCHUESSLER sont confirmés par l'expérimentation homéopathique. TABLEAU RECAPITULATIF (NON EXHAUSTIF) "STOMABJEEI. CALCAREA FLUOR1CA 12 DH CALCAREA PHOSHORICA 6DH Gingivite suppurée, rétraction, poches parodontales, mobi-lité dentaire, fistules persistantes. Indu-ration de la langue Gingivite avec gencive pâle, dou-leurs. ^EwrjTjps^ L£SS£S£- ^ CARJE Desmodontite Dentition Caries < au nombreuses retardée et avec douloureuse moindre contact précoces (pré-vention), (prévention). vomis-sements Dentition retardée chez un bébé rachitique (prévention), vomissements Dents douloureuses à la pression, < nuit, < boissons froides ou chaudes, pulpites Stomatite avec Dentition: fièvre, Pulpite avec FERRUM rougeur chaude PHOSPHORICU mu-queuse douleurs, des joues, < par M 12 DH rouge, chaude, gingivite, la chaleur, > sèche, dou-leur rougeur boissons froides. vive. Langue Sensation de enflée, rouge dent trop longue som-bre « Fluxion » KALl Langue avec CHLORATUM 6 enduit blanc à la : et Caries nombreuses, précoces, rapides, globales (prévention). 20 56 base, ou gris, sec ou visqueux. Ulcérations superficielles dans la bouche. KALI Gingivite, PHOSPHORICU saigne-ment, M salivation, 6DH halitose, scorbut, aphtes. Langue sèche surtout le matin, enduit comme de la moutarde, halitose. KALI Stomatite avec SULFURICUM 6 sé-crétions DH jaunes et épaisses. Langue: enduit visqueux, jaunâtre. MAGNESIA PHOSPHORICA 6DH DH Dentition avec grande agitation, irritabilité, anxiété Dentition doulou-reuse avec spas-mes (vessie, gorge, toux convulsive), convulsions NATRUM Gingivite « scor- Dentition: quand MURIATICUM 6 butique », gingi- hypersalivation DH vorragies, aphtes; glossite en carte de géographie. NATRUM PHOSPHORICU M 6DH NATRUM SULFURICUM 6 DH Stomatite avec sécrétions jaune d'or, fluides Stomatite avec bouche pâteuse, mucosités adhérentes, langue sale (gris verdâtre), langue brûlante à la pointe, aphtes, noma Douleurs nocturnes, brusques, < froid, ressenties dans les racines, > chaleur Pulpite avec hypersalivation. Douleurs dentaires, névralgie faciale suivant la courbe solaire. Amygdales enflées, déglutition douloureuse Eruptions brûlantes, croûteuses sur les lèvres et autour de la bouche. Sensations de brûlure dans la bouche. Caries globales, rapides, douleurs Dents cariées, parodontopathie s. Parodontopathie S+++ 2l 57 SILICEA 12 DH Gingivite suppurée, fistules, aphtes. Ulcérations des commissures labiales. CALCAREA SULFURICA 6 DH Gingivite suppurée, pus épais, peu ou pas d'inflamatîon, abcès traînant. Ulcérations, vési-cules. Dentition retardée, douloureuse. Péricoronarite des dents de sagesse. La douleur irradie au menton. Douleurs dentaires après suppression de la sueur des pieds. Douleurs brûlantes Soit caries globales, soit caries des collets avec atteinte de rémail. Dents cariées, mobilité. SCHUESSLER proposait dans de nombreux cas d'associer plusieurs sels et de les donner en alternance. Ainsi pour la carie dentaire, il recommandait l'association de 4 sels: CALCAREA PHOSPHORICA, CALCAREA FLUORICA, SILICEA et MAGNESIA PHOSPHORICA. Pour ce dernier, on ne retrouve pas la carie dans la pathogénésie. Les laboratoires homéopathiques proposent diverses spécialités pour la prévention des troubles de la croissance et de la déminéralisation. OSTEOCYNESINE est le plus connu. Plus récemment, les laboratoires LEHNING ont mis sur le marché un complexe dénommé REXORUBIA, reprenant plusieurs sels de SCHUESSLER: Natrum suif. 3D, Silicea 3D, Calcarea carb. 2D, Calcarea phos. 2D, Calcarea iod. 4D, Natrum phos. 2D, Ferrum phos. 2D, Rubia 2D, Juglans pulv. 2D. On peut remarquer la présence de CALCAREA CARBONICA et l'absence de CALCAREA FLUORICA. Ce qui est dommage pour ce dernier. Il semble intéressant d'essayer cette spécialité. 22
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