Tokyo-Dakar, Sabar d`Asie
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Tokyo-Dakar, Sabar d`Asie
Les Japonaises de l’école de danse Pape Moussa Sonko Tokyo-Dakar, Sabar d’Asie Mana Ito, Aya Shimamura, Midori Okura, Nao Ikeda et Mari Fukuda sont comme les cinq doigts de la main, elles sont inséparables, complices et partagent le même fol amour pour la danse sénégalaise. Aujourd’hui, ces Japonaises férues de tamtam, élèves assidues de l’école de danse de Pape Moussa Sonko basée à Dakar, ont troqué leurs doux noms japonais contre des «surnoms» de Sénégalaises : Fatimata, Fama, Khady, Adjara et Marie. Ces cinq bonnes dames célibataires content leur histoire d’amour avec le Sabar à Weekend. … Par Mor Talla GAYE [email protected] LA PIONNIERE LA PLUS CURIEUSE MANA ITO ALIAS FATIMATA, 35 ANS AYA SHIMAMURA ALIAS FAMA, 32 ANS «La danse sénégalaise me fait vibrer» «Depuis que je danse, je n’ai plus de stress» «J ’ai commencé à m’intéresser à la danse sénégalaise, quand je suis venue pour la première fois au Sénégal en 1999. J’ai pu connaître le Sabar (tam-tam) grâce à Wagane Ndiaye, le fils de Doudou Ndiaye Rose (grand tambour major de Dakar, musicien percussionniste sénégalais reconnu, Ndlr), qui m’a appris à le jouer à Tokyo (Japon). C’est lui qui m’a fait venir au Sénégal pour la première fois. Au début, j’étudiais différentes façons de danse, mais quand j’ai vu la façon de danser des Sénégalais, je me suis intéressée à ça. Depuis 1999, je viens chaque année au Sénégal et j’ai beaucoup amélioré mon Wolof. Quand je danse le Sabar (tamtam), je ressens un sentiment de plaisir immense, ça me fait vraiment vibrer. La danse sénégalaise que je maîtrise le plus, c’est le Ceebu jeun. Ma danseuse préférée au Sénégal est Ndèye Guèye. Aujourd’hui, nous avons créé un groupe de danse qui s’appelle Tang na jeur (Chaudbouillant) en 2005 et j’ai également une école de danse à Tokyo dénommée Ecole Fatimata. Au début, nous étions 4 à former Tang Na jeur, aujourd’hui nous sommes au nombre de 15. Au début, ma mère a toujours voulu que j’arrête de danser, mais je me suis entêtée. Maintenant, comme je suis arrivée à faire de la danse un métier et à gagner ma vie grâce à ça, ma mère m’encourage beaucoup (rire). Aujourd’hui, à chaque cours de danse que je dispense à mes élèves, chacune me paie 10 000 Yens (environ 50 000 F Cfa) la séance.» L’AVIS DE PAPE MOUSSA : «C’est avec elle que tout est parti. C’est vraiment elle qui a intéressé la plupart de ces filles japonaises à la danse sénégalaise. Elle me facilite beaucoup de choses, parce qu’elle connaît parfaitement les différentes formes de danse au Sénégal.» Semaine du 19 au 25 février 2011 - Page 14 «J ’ai commencé à m’adonner à la danse sénégalaise en 2006. J’aime bien danser, car ça me procure de l’énergie. Au Japon, j’enseigne le Yoga pilates (sorte de thérapie physique à base d’exercices physiques, Ndlr). En fait, quand je me suis documentée et fait des recherches sur Internet sur la danse sénégalaise, je me suis rendu compte que la danse sénégalaise était très proche du Yoga pilates. C’est pourquoi je m’y suis intéressée. Auparavant, j’ai travaillé dans une agence de voyage pendant 5 ans, mais je suis restée longtemps alitée à cause du stress. Car, je travaillais beaucoup et je suis tombée malade. Alors comme traitement, on m’avait orientée L’EXPERIMENTEE MIDORI OKURA ALIAS KHADY, 36 ANS «La danse sénégalaise permet de me lâcher» me «J ’ai commencé à danser à l’âge de 16 ans, je faisais la danse classique. J’étudiais à l’époque dans un établissement dénommé Hills Sport Academy à Tokyo. En 2000, un danseur sénégalais du nom de Babacar Mbaye avait quitté les Etats-Unis pour venir à Tokyo et c’est là que j’ai eu mon premier contact avec la danse sénégalaise. Je payais à l’époque 3 500 Yens (environ 17 500 F Cfa) la séance. vers le Yoga Pilates. Et j’ai découvert qu’il y a des ressemblances avec la danse sénégalaise. J’avais déjà eu un premier contact avec la danse sénégalaise en 2001, lorsque j’étais à l’université à Tokyo et que j’étudiais la danse artistique et le Jazz dance. Mais comme il n’y avait pas de professeur de danses africaines au Japon, je suis allée aux Etats-Unis et c’est là que j’ai vu différents styles de danse de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Sénégal etc., mais comme le style de danse sénégalaise était très difficile. J’ai alors décidé de venir au Sénégal en 2006 et j’ai rejoint l’école de danse de Pape Moussa Sonko. Je fais actuellement partie d’un groupe de danse Wala Bokk (façon de parler en vogue au Sénégal, Ndlr), basé dans ma ville à Osaka (Troisième ville du Japon, Ndlr) qu’on a créé en 2010. Wala Bokk compte 14 membres. Le style de danse sénégalaise qui me plaît le plus et avec lequel je me sens à l’aise c’est Fass (la manière de danser des lutteurs). Depuis que je danse, je ne ressens plus de stress et je ressens une énergie positive. Ma danseuse préférée au Sénégal, c’est Aïda Dada du groupe des Lionnes..» L’AVIS DE PAPE MOUSSA : «Elle commence à durer avec nous, parce que chaque année elle vient au Sénégal pour conforter ce qu’elle avait appris. Elle est très douée dans sa capacité à comprendre les différentes formes de danse.» En 2001, je suis venue pour une visite d’une semaine au Sénégal. Je suis revenue en 2003 pour deux semaines. Mais, c’est en 2006 que j’ai commencé l’apprentissage de la danse sénégalaise auprès de Pape Moussa Sonko, qui est mon danseur préféré au Sénégal. Et depuis j’ai fait beaucoup de progrès. La danse sénégalaise que je maîtrise le plus, c’est le Ceebu jeun. Je ressens une grande joie quand je danse et ça me permet de me lâcher, parce que je suis de nature réservée. Je fais partie du groupe Tang Na Jeur.» L’AVIS DE PAPE MOUSSA : «Elle commence à en savoir plus sur les formes de danse sénégalaise. L’avantage avec elle, c’est qu’elle a dansé très tôt, donc son corps est assez souple pour maîtriser certains styles de danse.» Semaine du 19 au 25 février 2011 - Page 15 LA NOVICE NAO IKEDA ALIAS ADJARA, 29 ANS «Danser au rythme du Sabar fait mon bonheur» «J e suis élève depuis 2010 de Nato Ito qui dirige l’école Fatimata à Tokyo. Ce n’est que l’année dernière que j’ai découvert la danse sénégalaise. Et ce voyage que j’effectue pour la deuxième fois au Sénégal m’a permis de mieux maîtriser la danse sénégalaise qui est très difficile et j’aime bien quand c’est difficile. Je suis de nature timide et ça m’a longtemps bloquée dans mon apprentissage de la danse sénégalaise, mais comme je voulais coûte que coûte pouvoir danser, je me suis fait violence et maintenant ça va mieux. Je suis esthéticienne depuis 5 ans au Japon et j’ai pris des congés pour pouvoir faire ce voyage au Sénégal. Quand je danse le Sabar (Tam-tam), je suis très heureuse. La danse sénégalaise que je maîtrise le plus c’est le Ceebu jeun. Dans mon métier d’esthéticienne, la danse sénégalaise m’a beaucoup aidée dans mes rapports avec les clients, je communique mieux avec eux. Car ce qui me plaît chez les Sénégalais, c’est qu’ils sont très chaleureux, tout le contraire de ce qui se passe chez nous.» L’AVIS DE PAPE MOUSSA : «Elle a une grande soif d’apprendre, c’est vrai qu’elle vient de découvrir la danse sénégalaise, il y a de cela deux ans, mais elle apprend vite et est très passionnée. La preuve, si elle ne comprend pas une phase qu’on lui explique, elle peut se fondre facilement en larmes, ça dit tout de son grand désir d’apprendre.» LA PLUS FUTEE MARI FUKODA 29 ANS ALIAS MARIE «Je me sens pousser des ailes quand je danse» «J ’ai commencé à faire de la danse classique à l’âge de 9 ans. Après, j’ai arrêté mes études pour travailler comme serveuse dans un restaurant. C’est en 2007 que j’ai commencé à apprendre la danse sénégalaise avec Nato qui est une amie et qui dirige l’école Fatima. Quand je danse le Sabar (Tam-Tam), je me sens pousser des ailes. La danse m’aide à réduire au maximum le stress dans mon lieu de travail. Je mets à profit mes voyages au Sénégal pour filmer les manifestations où les femmes dansent, pour pouvoir bien les visionner et les imiter à mon retour au Japon. Ma danseuse préférée, c’est Fatou Wellé du Groupe Ndèye Guèye Family. Je n’ai pas encore de mari, mais j’aimerais bien être l’épouse d’un Sénégalais.» L’AVIS DE PAPE MOUSSA : «Elle est très volontaire dans sa manière d’apprendre. En fait, à chaque fois qu’elle voit des Sénégalaises danser, elle Semaine du 19 au 25 février 2011 - Page 16 les filme pour aller ensuite reproduire leurs gestes, ce qui a facilité son apprentissage. Elle est l’une des dernières à nous rejoindre, mais elle en connaît plus que beaucoup d’entre les Japonaises qui fréquentent mon école.» M.T.G Edité par : GROUPE AVENIR COMMUNICATION 12, Cité Adama DIOP-Yoff, route du Cimetière Bp : 25221 Dakar Fann Sénégal Tel : 33 869 84 84 / Fax : 869 84 99 Email : [email protected] Administrateur Général Madiambal DIAGNE Directeur de la Publication Papa Samba DIARRA [email protected] Coordonnateur de la Rédaction Babacar DIOP [email protected] Coordonnateur adjoint Elimane KANE [email protected] Rédaction Centrale Arona BASSE, Binta LY, Eva BAKENEKHE - [email protected], Mamadou Moustapha Diallo- mdiallo@ weekend.sn, Ndèye Fatou SECK, Pierre Biram DIOH, Mor Talla GAYE - [email protected], Ndiamé SAKHO Pape Sambaré NDOUR - [email protected], Papa Bakary Kamara - Ndèye Ngoné CISS Dansira Dembélé Collaborateurs extérieurs Mactar FALL dit Xuman, Aliou GOLOKO, Xavier MONNIER, Rose SAMB, Adeline SEURAT, Mamadou THIAM Photographe Libasse LAYE DIENE Equipe technique PAPE MOUSSA Ahmad Tidiane DIALLO, Laure NJIKI, Jean-Claude MBENGUE Semaine du 19 au 25 février 2011 - Page 17