RTL donne la parole à l`IMA de Villiers-le

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RTL donne la parole à l`IMA de Villiers-le
LE MONDE
DES
RETROUVEZ DANS CE NUMÉRO TOUTE L'INFORMATION DE VOTRE CMA
rtisans
Bimestriel n°71 • juillet-août 2009 • 1 €
ÉDITION
Val d’Oise
RTL donne la parole à l’IMA
de Villiers-le-Bel ! P. 6
L’OFFRE GLOBALE
DE SERVICES
UN NOUVEAU
SITE INTERNET
POUR LA CMA95 P. 4
CES ARTISANS
AUX MÉTIERS
RARES P.16
Banque Fédérale des Banques Populaires – 5, rue Leblanc – 75511 PARIS Cedex 15 – Octobre 2008 – Siren 552 028 839 RCS – Photographe : Ian Abela /Visionairs in art –
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Pour ces opérations la SOCAMA bénéficie d’une garantie
au titre du programme-cadre pour la compétitivité
et l’innovation de la Communauté Européenne.
P ANORAMA
D OSSIER
JOUEZ LA CARTE
DE L’APPRENTISSAGE
La CMA du Val d’Oise vient de rénover ses trois
sites Internet. P 4
■ ÉVÉNEMENT
4 TROIS SITES INTERNET et toujours
plus de connexion entre nous
■ ACTUALITÉS
6 RTL a donné la parole
à l’apprentissage
7 UNE NOUVELLE FORMATION
DIPLOMANTE assistant de dirigeant
d’entreprise artisanale
8 PREMIÈRES RENCONTRES de l’écoconstruction
12 APPRENTISSAGE séjour professionnel
en Grèce
13 LES CUISINIERS à l’honneur
S TRATÉGIES
Anne Dorillat, lunetière-tablettière à Domont,
propose un service haut de gamme et « sur
mesure ». P 14
■ STYLE DE VIE
14 ALERTE ! métiers en voie
de disparition
16 TÉMOIGNAGES ces artisans
aux métiers rares
■ ÉCLAIRAGE
17 RECRUTEMENT laissez tomber
vos préjugés
■ 1 JOUR AVEC…
24 UN BOUCHER LIBRE-SERVICE,
le client beaucoup, passionnément
■ CAS D'ENTREPRISE
26 ÉCHANGES une entreprise
européenne
■ RÉUSSITE
28 ÉCOLE D’ÉBÉNISTERIE D’AVIGNON
pour l’amour du bois
Plus que jamais, l’apprentissage
est au goût du jour. La filière attire
des jeunes motivés grâce à son
taux d’embauche record en fin
d’études. Si vous hésitiez encore,
il est peut-être temps de vous
muer en maître d’apprentissage.
P. 29
EMBAUCHER UN APPRENTI
Zoom sur deux chefs d’entreprise
artisanale jouant la carte de
l’apprentissage.
P. 33
P RATIQUE
■ PRATIQUE
34 RUPTURE CONVENTIONNELLE
DU CONTRAT DE TRAVAIL un quart
des demandes rejeté
35 CHÔMAGE PARTIEL de nouvelles
conditions
36 NOTRE OFFRE DE FORMATIONS
second semestre 2009
■ BANC D’ESSAI
38 UTILITAIRES GNV
■ SHOPPING
39 5 PRODUITS à votre service
■ PRATIQUE VAL D’OISE
40 ENVIRONNEMENT suivi
des températures et nettoyage
« avec un verre d’eau »
R EGARDS
■ PRESTIGE
42 MAÎTRE FACTEUR ET RESTAURATEUR
D’ACCORDÉONS dans l’atelier
d’un archéologue des instruments
à anches libres
■ INITIATIVES
44 DANS TOUTE LA FRANCE
les boulangers sont de sortie
45 L’ARTISANAT à la loupe
■ OPINION
46 GÉRARD RAPP, président de la société
nationale des MOF, a pris conscience
des atouts et faiblesses du secteur
É DITO
Robert Benardeau
Président de la CMA
du Val d’Oise
Un point d’appui
pour tous les artisans »
n cette période de débat parlementaire
sur la réforme des chambres consulaires,
nous tenons à rappeler l’utilité et la grande
qualité de services de notre CMA auprès
des artisans, créateurs/repreneurs d’entreprise
et des jeunes et moins jeunes ayant fait appel
à nos services afin d’être accompagnés
au mieux et efficacement dans leur projet.
Nos missions de proximité opérationnelles
sont d’autant plus pertinentes en cette période
de situation de crise.
Les actions et les projets structurants
de la CMA95, adaptés aux réalités du monde
d’aujourd’hui, font preuve de modernité et
se traduisent par l’ouverture en cette année
en 2009 du site de Villiers-le-Bel, antenne
au service de notre public du secteur « Est »
du département, et nos projets en faveur
de l’apprentissage et le développement
de l’IMA, notre CFA à Villiers-le-Bel et
sur Cergy pour l’horizon 2012.
J’insisterai sur un de nos points
de vigilance : le succès « quantitatif »
de l’auto-entrepreneur montrant certes
l’appétence sans doute des Français pour
la création d’entreprise ! Mais à quel prix ?
La création d’entreprise, c’est la prise de risque :
■ pour le porteur de projet qui doit être
qualifié pour le métier et accompagné par
les CMA dès lors qu’il s’agit d’un métier
artisanal. L’objectif étant de pérenniser
tout projet ;
■ pour le tissu économique d’entreprises déjà
existantes en espérant que le groupe de travail
sur ce statut gomme les distorsions
de concurrence, sans parler de l’insécurité
du consommateur, en faisant appliquer
les mêmes règles sociales et fiscales à chacun.
Nous lançons une campagne « Agir pour
réussir » faisant suite à « l’artisanat,
1re entreprise de France »; de par nos actions
à caractère économique et de formation et
forts de 15 000 artisans, soit + 23,5 % en trois
ans, c’est la démonstration que tout projet
de société doit d’abord valoriser les outils
existants comme peuvent l’être les CMA,
facilitatrices et point d’appui pour tous les
artisans et les publics en quête de formation.
Il me reste à vous souhaiter à tous, en cette
période estivale, de passer d’agréables congés,
malgré tout dans un contexte difficile, mais
qui reste porteur d’espoir pour l’Artisanat.
Ce numéro comprend des pages spécifiques entre les pages 1 à 16 et 33 à 48 pour les abonnés du Val d’Oise.
Le Monde des artisans n°71 – Juillet-août 2009 – Éditeur délégué : Stéphane Schmitt – Rédaction : ATC-ÉDIMÉTIERS, rédactrice en chef : Charlotte de Saintignon, rédactrice en chef adjointe : Barbara Colas,
Tél. 01 42 74 28 32, fax 01 42 74 28 35, e-mail : [email protected] – Ont collaboré à ce numéro : Florence Brunel, Guillaume Geneste, Florent Lacas, Hélène Sauvage – Secrétariat de rédaction :
M. Anthony, J. Clessienne, J. Neisse – Pages Val d’Oise : Sophie Marchand et Olivier Salat - Publicité : ATC-ÉDIMÉTIERS, 84 bd de Sébastopol, 75003 Paris – Chef de publicité : Philippe Saint Etienne – Édition
nationale : Mathieu Tournier, Tél. 01 42 74 28 73, fax 01 42 74 28 35, e-mail : [email protected] – Éditions départementales sud-ouest : Thierry (Tél. 06 22 69 30 22) et Cédric Jonquières (Tél.
06 10 34 81 33), fax 05 61 59 40 07, e-mail : [email protected] – Éditions départementales nord et est : François Bederstorfer, Tél. 03 87 69 18 12, fax 03 87 69 18 14, e-mail : [email protected] – Photographies : Laurent Theeten, responsable image – Conception éditoriale et graphique : TEMA|presse, Tél. 03 87 69 18 01 – Fabrication : Pixel image, I. Marlin, J.-M. Tappert, Tél. 03 87 69 18 18
– Éditeur : ATC, 23 rue Dupont des Loges, 57000 METZ, Tél. 03 87 69 18 18, fax 03 87 69 18 14 – Directeur de la publication : François Grandidier – N° commission paritaire : 0311 T 86957 – Dépôt légal : juin 2009
– Impression : Groupe Socosprint imprimeurs, route d’Archettes, 88000 Épinal certifiée PEFC CTP/1-013. Le Monde des artisans est imprimé sur papier PEFC issu de forêts gérées durablement.
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
3
vénement
Val d’Oise
La Chambre de Métiers et de l’Artisanat du Val d’Oise a procédé à la rénovation
de ses sites Internet. Plutôt que de mettre en ligne un énorme site web
« tentaculaire », il a été décidé de mettre en valeur d’une part la CMA95 en tant
que maison des artisans et, de l’autre, l’Institut des Métiers de l’Artisanat
en tant qu’organisme de formation en alternance. Un troisième site plus
interactif fonctionne comme un moteur de recherche des entreprises
artisanales valdoisiennes et permet de laisser des annonces.
Trois sites Internet
et toujours plus de connexi
www.cma95.fr,
notre site institutionnel
D
Depuis
i avril
il 2009
2009, lle nouveau site
i
institutionnel de la CMA95, accessible à l’adresse www.cma95.fr,
est actif. Simple, fonctionnelle et
ergonomique, sa structure est déjà
utilisée dans d’autres Chambres de
Métiers en France et a fait ses preuves. D’emblée, la CMA95 a voulu
proposer un contenu clair aux internautes. C’est ainsi que l’on retrouve
facilement les coordonnées de nos
différents sites géographiques, des
agents et la liste des élus.
Par ailleurs, le site s’adresse à trois
types de publics : les chefs d’entreprise artisanale, leur conjoint
et salarié(s), les futurs créateurs/
repreneurs d’entreprise et les jeunes
intéressés par une formation en alternance dispensée par l’IMA.
Un maximum de documents est
4
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
disponible en téléchargement sur
le site : les formulaires CERFA, les
publications et fiches techniques, les
menus de nos restaurants pédagogiques et tous les dépliants en rapport
avec l’actualité.
Une rubrique Actualités permet de
se tenir au courant des événements
organisés ou co-organisés par la
CMA95. Enfin, l’onglet « Marchés »
permet aux entreprises de répondre à
nos appels d’offres.
www.artisan95.com,
le site annuaire
◼ Nos sites en bref
◼
www.cma95.fr
y site institutionnel,
y actualités et infos
pratiques,
y offres de marchés publics,
y toutes nos coordonnées.
◼
www.artisan95.com
y site annuaire,
y Petites annonces
professionnelles.
◼
www.ima95.fr
y actualités de l’IMA,
y bourse de l’apprentissage,
y contacts utiles,
y liste des formations
proposées.
on entre nous
riel, local, fonds de commerce, etc.)
Artisan95.com devrait prochainement
évoluer vers de véritables pages-vitrines des entreprises accessibles depuis
un nouveau moteur de recherche.
www.ima95.fr,
tout sur notre offre
de formations en alternance
Artisan95.com a été créé en 2002,
une période où nous avons organisé
bon nombre de manifestations pour
promouvoir l’usage de l’informatique dans les entreprises artisanales.
Le principe de ce site, c’est de mettre à la portée de tous un moteur de
recherche des entreprises artisanales
du département avec une mise à jour
mensuelle. Il sert également de bourse
de petites annonces facilement déposables en ligne (achat/vente de maté-
D i un peu plus
Depuis
l d’un
d’ an maintei
nant, ima95.fr rencontre quotidiennement son public. Au premier rang
des pages consultées, les actualités…
Il faut dire qu’il se passe toujours quelque chose à l’Institut des Métiers de
l’Artisanat ! La CMA95 forme près
de 1 800 apprentis et pré-apprentis
chaque année sur ses trois sites de
Cergy, Eaubonne et Villiers-le-Bel. La
publication du site ima95.fr est un élément indispensable de la campagne de
recrutement annuelle de l’IMA. Une
bourse de l’apprentissage permet aux
candidats et aux maîtres d’apprentissage de se contacter en toute discrétion.
N’hésitez pas à la consulter.
◼ Donnez
de la visibilité
à votre entreprise
sur la toile…
Internet est devenu
un outil marketing fort
efficace pour se faire
connaître et, pourquoi pas,
vendre.
La CMA95 vous propose
des formations adaptées,
courtes et à prix modique
sur les thèmes suivants :
y créer le site vitrine
de votre entreprise,
y améliorer son site
Internet,
y vendre en ligne,
y être référencé par un
moteur de recherche,
y créer l’animation de son
site internet.
Le détail de ces formations
se trouve en pages 36-37
ou alors dans le calendrier
des stages du second
semestre 2009.
3
INFORMATIONS :
Isabelle Cot
Tél. : 01 34 35 80 35
E-mail : [email protected]
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
5
ctualités
Val d’Oise
RTL A DONNÉ LA PAROLE
À L’APPRENTISSAGE
La radio RTL a choisi l’Institut des Métiers de l’Artisanat de Villiers-le-Bel pour diffuser en direct les émissions
RTL Midi (12h30-13h10) et Les Auditeurs Ont La Parole (13h10-14h30) lors de la journée du 25 mai 2009,
consacrée à l’emploi des jeunes.
L
es émissions étaient couplées avec une bourse d’offres d’emplois et de formations en apprentissage que les auditeurs
pouvaient déposer sur le site http://emploi.rtl.fr.
Cette démarche a connu un succès inespéré avec près de
12 000 offres mises en ligne.
Alain Griset, président de l’APCM (Assemblée Permanente des
Chambres de Métiers) et Olivier Salat, secrétaire général de la
CMA95, se sont fait les porte-parole de l’apprentissage et des
entreprises artisanales. Après avoir visité les locaux qu’ils ont
qualifiés par trois fois de « magnifiques » à l’antenne, les animateurs Isabelle Millet et Jérôme Godefroy, ont pris place sur
le plateau improvisé dans notre restaurant pédagogique, délaissant pour une fois le confort de leur studio de la rue Bayard à
Paris. Après les actualités, nous sommes entrés dans le vif du
sujet avec la présentation des grands principes de l’apprentissage par les intervenants, puis rapidement, selon le principe de
l’émission, des auditeurs ont témoigné de leur attachement à
ce mode de formation. Visiblement, il n’est pas toujours simple
de trouver un maître d’apprentissage puisque plusieurs appels
allaient dans ce sens. Cerise sur le gâteau, six de nos apprentis
ont pris place autour de l’animateur et nous ont fait part de
leurs expériences et de leurs ressentis. Avec un naturel déconcertant, ils ont répondu avec plaisir aux questions des auditeurs. Dès la fin de l’émission, nous avons reçu énormément
d’appels au standard de l’Institut des Métiers de l’Artisanat
de Villiers-le-Bel. Jérôme Godefroy a noté ses impressions sur
son passage à l’IMA dans le blog des Auditeurs Ont La Parole.
« Je veux ici remercier tous ceux qui ont accueilli à la mi-journée l’équipe de RTL à l’Institut des Métiers de l’Artisanat de
Villiers-le-Bel dans le Val d’Oise. On parle trop souvent (dans
ce « on », j’inclus volontiers les médias) des questions sociales de manière abstraite. Nous avons rencontré à Villiers-leBel des jeunes gens motivés et un encadrement mobilisé. Le
chômage des jeunes n’est pas une fatalité et l’apprentissage,
tel qu’il est mis en œuvre à Villiers-le-Bel et dans beaucoup
d’autres endroits en France, semble une arme efficace. Votre
réponse massive à notre nouvelle journée pour l’emploi en est
une preuve supplémentaire.
Au passage, nous sommes satisfaits à RTL d’avoir parlé de
manière positive de cette commune de Villiers-le-Bel dont le
nom est encore attaché à des événements violents. Sans angélisme, il est permis de penser, à Villiers-le-Bel comme ailleurs,
qu’il n’y a pas que des problèmes. Il y a aussi des solutions. »
Aidez-nous à former les apprentis
en versant la taxe d’apprentissage à l’IMA !
La taxe d’apprentissage est le principal mode de financement des CFA et c’est aussi le seul impôt dont vous pouvez choisir l’affectation ! Alors rapprochez-vous de votre comptable et indiquez-lui que vous souhaitez verser la taxe à l’IMA. N’hésitez pas à contacter le service apprentissage pour connaître les modalités et vous faire aider.
3
CONTACT :
Service apprentissage - Tél. : 01 34 35 80 00
6
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
Nouvelle formation
Diplôme
diplômante
homologué
de niveau IV
La CMA95 propose dès la rentrée
- baccalauréat 2009 une nouvelle formation
diplômante Assistant(e)
du Dirigeant(e) d’Entreprise Artisanale (Adea).
Cette formation est destinée
à renforcer la compétence
de l’assistant(e) du chef d’entreprise artisanale afin
de le seconder efficacement
dans sa gestion administrative, comptable et commerciale.
Ce diplôme homologué
de niveau IV permet d’obtenir
une reconnaissance du rôle
tenu par ce collaborateur
(le plus souvent conjoint)
dans la gestion de l’entreprise
par une validation de ses compétences.
La formation se déroule sur
deux ans entre 2009 et 2011.
L’Adea est composé de quatre
modules :
■ communication et relations
humaines (70 heures),
+
Info
■ gestion de l’entreprise artisanale (203 heures),
■ secrétariat bureautique
(112 heures),
■ stratégie et techniques
commerciales (98 heures).
Les cours ont lieu chaque
mardi de 9 h à 12 h 30
et de 13 h 30 à 17 h
(hors vacances scolaires)
à la CMA, 1 avenue du Parc
à Cergy Préfecture. Ils débutent le mardi 1er septembre.
Coût pour le chef d’entreprise :
1 035 € (pour les salariés,
merci de nous consulter).
3
RENSEIGNEMENTS :
Isabelle Cot
Tél. : 01 34 35 80 35
E-mail : [email protected]
Exposition d’artisanat d’art
Novembre 2009
Notez d’ores-et-déjà dans vos agendas
g
notre prochaine exposition
d’artisanat d’art organisée
du 19 au 22 novembre 2009
par la CMA95.
Tous les détails dans
le prochain numéro
de notre journal ou sur
le site :
www.cma95.fr
NOS RENDEZ-VOUS
Soirée d’information gratuite
sur le bail commercial
29 juin 2009 à 18 heures. Vous êtes propriétaire
ou locataire de locaux commerciaux, et vous trouvez confronté à la complexité de la législation qui
réglemente les baux commerciaux ? La CMA95
vous propose une soirée d’information au cours de
laquelle des professionnels de ces questions, avocat,
notaire, huissier de justice, vous présenteront les
diverses dispositions législatives et réglementaires
applicables dans ce domaine. Cette soirée est réalisée
en partenariat avec l’Ordre des Avocats du Barreau
du Val d’Oise, et la Chambre Départementale des
Huissiers de Justice.
Lieu : CMA, 1 avenue du Parc à Cergy-Préfecture.
3
RENSEIGNEMENTS :
Tél. : 01 34 35 80 00
Journées du Patrimoine
Septembre 2009. La CMA95
ouvrira ses portes le samedi
19 septembre prochain de
10 heures à 17 heures. Le
public pourra découvrir l’architecture remarquable des
locaux implantés à Cergy-Préfecture mais également
l’horloge monumentale, Le Grand Escaladeur, réalisée par le sculpteur valdoisien Jacques Monestier. Le
petit train mis en place par la municipalité desservira
la CMA95 puis des stands d’artisans d’art valdoisiens
dans le cadre de la Fête de Cergy-Village. Entrée libre et
gratuite. Le restaurant pédagogique Côté Parc ouvrira
également exceptionnellement ses portes. Attention, le
nombre de convives est limité et nous ne pouvons recevoir que des groupes de 4/5 personnes. Coût du repas
(entrée - plat - fromage et dessert) : 15 euros.
3
CONTACT :
Réservation obligatoire au 01 34 35 80 36
ou 01 34 35 80 28 pour déjeuner.
Le programme complet sera bientôt consultable
sur le site www.ville-cergy.fr, rubrique actualités,
et sur le site www.cma95.fr.
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
7
ctualités
Val d’Oise
◼ Nouveau
◼ La CMA
devient
accompagnatrice
Nacre
Depuis le 1er janvier
2009, les aides d’État
Eden et les chèques
conseils sont remplacés par le parcours
Nacre (Nouvel
Accompagnement
pour la Création
et la Reprise d’Entreprise). Pour en bénéficier, nous vous invitons à consulter le
dépliant de présentation en téléchargement sur notre site
www.cma95.fr
ou en consultant
le service économique de la CMA95.
Le dispositif Nacre
est également
détaillé sur le site
du ministère
de l’Économie et
de l’Emploi.
PREMIÈRES RENCONTRES
DE L’ÉCO-CONSTRUCTION
Le froid mordant de ce premier week-end d’avril nous a rappelés combien
il est important d’optimiser le chauffage et l’isolation de nos logements.
D
ans cet état d’esprit, le Parc naturel régional du Vexin français a organisé, en collaboration avec les CMA des Yvelines et du
Val d’Oise, une manifestation qui permettait
de rencontrer dans le cadre du parc du château de Théméricourt des professionnels et
des fournisseurs spécialisés dans le développement durable.
Il y avait en tout 35 exposants dont 17 entreprises et des institutionnels, ainsi que des associations, universités, architectes sur les thématiques
suivantes : matériaux et isolants écologiques,
construction ossature bois, ventilation, photovoltaïque, chauffage bois et granulés, pompe à
chaleur, régulation de chauffage, toiture végéta-
lisée, étanchéité à l’air et récupération d’eau de
pluie. Des conférences et des visites de chantiers
ou d’ouvrages exemplaires étaient incluses dans
le programme. Des « cafés bavards » ont permis en amont de la manifestation de développer
des thèmes comme « construire une extension
écologique à son pavillon » ou « construire écologique et social ».
Le développement durable est une des priorités
de la CMA qui propose des diagnostics environnement gratuits et qui édite chaque année
de nombreux supports comme le guide de l’écoconstruction. Nous proposons également des
formations adaptées aux professionnels du
bâtiment (voir en pages 36 et 37).
3
CONTACT :
www.entreprises.
gouv.fr/nacre
Infos pratiques
Clôture des inscriptions
du 24e Concours des Meilleurs
Ouvriers de France
Attention, les inscriptions doivent être
effectuées avant le 31 décembre 2009 !
gérant, modification du nom commercial,
etc.) ainsi que lors de la cessation d’activité, ces formalités doivent être déclarées
au Centre de Formalités des Entreprises
(CFE) de la CMA95.
3
3
RENSEIGNEMENTS :
CMA du Val d’Oise - Tél. : 01 34 35 80 08
Pour tout connaître du concours :
www.meilleursouvriersdefrance.info
Modifications apportées
à votre entreprise
Entreprises et sociétés artisanales, pour
toute modification liée à votre entreprise
(exemples : changement d’adresse ou de
8
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
RENSEIGNEMENTS :
de 9 h à 16 h, du lundi au vendredi
Tél. : 01 34 35 80 00
Marchés publics de la CMA95
Les offres de marchés publics de la CMA95
sont régulièrement mises en ligne sur
le site internet www.cma95.fr. Nous vous
incitons vivement à les consulter et
à vous mettre en concurrence pour l’ob-
tention de ces derniers.
Continuer à recevoir le journal...
Artisans, vous êtes sur le point de prendre
votre retraite et vous souhaitez continuer
à recevoir le journal. Nous vous proposons
de vous l’envoyer gratuitement pendant
un an (quatre numéros) à compter de votre
radiation du RM. Pour ce faire, vous devez
adresser une lettre de demande à l’attention du Président Robert Benardeau.
3
CONTACT :
CMA du Val d’Oise - 1 avenue du Parc
95015 Cergy Pontoise Cedex
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
9
ctualités
AGIR POUR RÉUSSIR
PREMIÈRE CAMPAGNE DE COMMUNICATION
NATIONALE SUR LES CMA
Déterminée à mettre plus en avant le rôle des chambres de métiers et de l’artisanat, et à les rendre
plus visibles pour le grand public, l’APCM lance la première campagne de communication nationale
sur les CMA : « Agir pour Réussir ».
A
près avoir travaillé sur l’harmonisation des serviq
donc aussi de marquer
un grand coup, voire d’obtenir
ntes chambres,
retom
ces proposés par les différentes
les mêmes retombées
qu’avec « L’Artisanat, 1re
entreprise de France ».
le réseau des chambres de métierss et de l’arndre sa
tisanat veut désormais faire entendre
Un la
label pour la visibilité
voix. L’outil choisi à cet effet est tout
ont
Le label
la
« Agir pour Réussir » sera
d’abord la radio. Ainsi, ce ne sont
nt
dés
désormais la marque de l’engagepas moins de 720 spots qui sont
m
ment des chambres. « Nous vouprévus sur RTL, Europe 1, RMC,
lo
lons rendre la marque Chambre
BFM, Radio classique, France
d métiers plus dynamique
de
Bleu, France Inter et France Info
eet plus forte », précise Alain
fin mai-début juin. La deuxième
Griset. Ce label devra être utitranche se déroulera en sepllisé par toutes les chambres
tembre-octobre. Des insertions
d
dans tous les documents édités.
en presse quotidienne régioÉ
Évidemment, avec plus d’un milnale sont également prévues.
lio
lion investi, l’APCM attend des
Le public visé : les artisans et less
rs
résu
résultats : « Nous voulons que de
éventuels repreneurs ou créateurs
plus en plus d’artisans fassent appel
d’entreprises artisanales. Mais pas
nscrit
CM et pas seulement pour s’insaux CMA,
seulement. « Cette campagne s’inscrit
municacrire au ré
répertoire des métiers. » La camdans une vraie politique de communicapagne doit permettre aux chambres de se
tion. Notre objectif : montrer laa place et
différencie d’autres structures et de réafdifférencier
le poids de l’artisanat dans notree pays », a
firmer
leur positionnement par rapport
déclaré Alain Griset, président de l’APCM
Le label, nouvelle marque
lors de la conférence de presse. Il s’agit d’identification des chambres de métiers. aux artisans.
Du côté des chambres…
Alors que la campagne a déjà été lancée, nous sommes allés recueillir l’avis de quelques chambres sur celle-ci.
La démarche de la campagne est
appréciée par les chambres.
Toutes s’accordent à dire qu’elle arrive
au bon moment. « Il était temps de
se différencier des CCI ou d’autres organismes », confie Marge Vandendries
de la CMA des Bouches-du Rhône.
« C’est la première campagne faite
exclusivement sur les chambres
de métiers et ça c’est très bien » ,
ajoute Céline Dellezay de la CMA
des Deux-Sèvres. Même si certaines
10
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
tempèrent un peu : « Tout le monde
avait beaucoup apprécié la campagne
sur l’artisanat, première entreprise
de France. Il faut donc veiller à ne pas
entraîner de confusion entre les deux
vis-à-vis du grand public. Pour moi,
la nouvelle campagne s’adresse plus
aux pouvoirs publics car ce sont eux qui
doivent prendre conscience de
notre place dans l’économie actuelle »,
remarque Catherine Pradal de la CMA
du Calvados. En tous les cas,
elles en attendent beaucoup.
« Nous manquons de notoriété
et de visibilité, et c’est cela que doit
nous apporter Agir pour Réussir »,
estime Kelly Ferras de la CMA d’Eure-etLoir. Dans les Bouches-du-Rhône,
on compte même lui donner un
retentissement plus fort au niveau
local « en sollicitant à nouveau
les politiques et les institutionnels
pour montrer qu’on a notre place
auprès des artisans ».
Des inquiétudes
Après la première séance
de travail, certains points
ont déjà soulevé de grandes
divergences mais on reste
optimiste, notamment
à l’APCM : « Nous devions
quantifier les effets du régime
d’auto-entrepreneur sur l’artisanat, et comme toujours,
nous n’obtenons pas les
mêmes chiffres que l’INSEE.
Il y a 30 à 40 % de décalage,
car l’INSEE n’a jamais su ce
qu’était une entreprise artisanale », confie François Moutot,
directeur général de l’APCM.
Décidé à ne pas laisser
s’installer une concurrence
déloyale, il a réaffirmé
que « n’importe qui ne peut
pas faire n’importe quoi.
Pour nous, ce régime est
adapté à des activités
secondaires, mais pas
à des activités principales ».
Selon François Moutot,
« tout le travail fait
auparavant sur la création
d’entreprise ces dernières
années est mis à mal par
ce régime ». Malgré son
inquiétude, « on se demande
si le nombre d’artisans ne sera
pas plus faible fin 2010 par
rapport à 2009 », il est
rassuré par la volonté
gouvernementale affichée
de « gommer les difficultés
du secteur par rapport
au régime de l’autoentrepreneur ».
Une procédure
devant l’Autorité
de la concurrence
Du côté de l’UPA, on a déjà
tranché, puisqu’elle se
réserve « la possibilité
d’engager une procédure
auprès de l’Autorité
de la concurrence visant
à contester la légalité
du régime de l’auto-entrepreneur et des décrets relatifs
à sa mise en œuvre »,
dixit le quotidien Les Échos.
L’organisation a par ailleurs
souligné « l’impossibilité
de vérifier réellement
la qualification de l’autoentrepreneur et l’absence
d’inscription au répertoire
des métiers ».
Le contrôle des
qualifications et la reconnaissance des compétences
sont notamment
au programme des
prochaines réunions.
Le groupe de travail doit
rendre un rapport d’étape
fin juin et un rapport définitif
en septembre.
À la sortie de la réunion,
Hervé Novelli a insisté
sur le fait que « plus de
145 000 personnes se sont
inscrites au régime,
qui fait l’objet d’un grand
succès et ne concerne pas
en priorité les artisans
mais d’autres activités dans
le commerce ou les services ».
UN GUICHET
UNIQUE POUR
LA CRÉATION
D’ENTREPRISE
U
n nouveau portail sera mis en place le 1er janvier 2010 pour la création d’entreprise. Entériné
par la signature d’une convention par Hervé Novelli,
secrétaire d’État chargé de l’Artisanat, et les responsables des centres de formalités des entreprises
(APCM, AFCI, APCE, etc.), il permettra à tous les
entrepreneurs de créer leur entreprise en ligne. Grâce
à ce « guichet unique », ils pourront accéder aux
informations récentes sur la création d’entreprise,
identifier les pièces nécessaires à leurs démarches,
déposer en ligne les dossiers de formalités, et enfin
suivre leur dossier au quotidien. Les partenaires
signataires ont fondé une association responsable
de la création du portail d’ici à la fin de l’année.
© laurent hamels
Alors que l’Union des
auto-entrepreneurs vient
de signer ses premiers
partenariats, les inquiétudes
sur ce régime dans le secteur
de l’artisanat sont relayées
auprès du gouvernement
par un comité de suivi.
Ce groupe de travail, obtenu
lors de la rencontre du 14 avril
dernier entre Hervé Novelli,
secrétaire d’État chargé de
l’Artisanat, Pierre Martin, président de l’UPA, Alain Griset,
président de l’APCM et
Jean Lardin, président
de la Capeb, a été créé par
le président de la République
le 14 mai. Composé de
représentants de l’État
et de l’artisanat, il est censé
évaluer l’impact du régime
de l’auto-entrepreneur
sur les créations d’entreprises
artisanales, sur les règles
d’immatriculation dans
les CMA et sur les métiers
soumis à qualifications
professionnelles et obligation
d’assurance.
INTERNET
Comité pour le
commerce de proximité
L
e comité stratégique et la Commission d’orientation du commerce de proximité ont été installés
par Hervé Novelli, secrétaire d’État chargé de l’Artisanat. Le premier, composé de 16 membres a pour
mission « d’émettre des avis et des recommandations relatifs aux politiques publiques en faveur du
commerce ». La commission d’orientation, elle, est
chargée « de mettre en place et d’observer les indicateurs du commerce, d’analyser les évolutions, de
les diffuser, d’accompagner l’impulsion des actions
collectives et d’encourager les méthodes innovantes
qui ont montré leur efficacité ». Pour l’instant les
deux organes ont travaillé sur les statistiques du
commerce, les bilans et perspectives du Fisac et la
campagne de communication qui sera
lancée prochainement pour promouvoir le commerce de
proximité auprès des
consommateurs.
© LUMIERES
L’épineux problème
de l’auto-entrepreneur
Source : Les Échos
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
11
ctualités
Val d’Oise
APPRENTISSAGE
SÉJOUR PROFESSIONNEL EN GRÈCE
C
ette année encore, les jeunes apprentis en brevet professionnel
de boulangerie et en mention complémentaire de pâtisserie de
l’Institut des Métiers de l’Artisanat de Villiers-le-Bel ont bénéficié
d’un séjour professionnel en Grèce du 27 avril au 6 mai 2009.
Petite innovation de ce séjour, les jeunes ont été placés chez des
artisans grecs pendant trois jours, l’échange a été constructif
pour nos apprentis. Le groupe a pu également visiter une école
et une entreprise de viticulture sans oublier la découverte des
aspects culturels, incontournables pour leur vie sociale et professionnelle. Parmi les accompagnateurs se trouvait Marcel
Foubert, membre du Bureau de la CMA95 et membre actif du
Syndicat des boulangers du Val d’Oise.
Lancement de l’ouvrage photographique
« L’Apprentissage au Féminin »
L’Institut des Métiers de l’Artisanat
de Villiers-le-Bel a servi, mardi 24 mars
2009, de cadre au lancement du livre
photographique « L’Apprentissage
au Féminin, au-delà des Préjugés » réalisé
par la photographe Danièle TaulinHommell pour le Conseil Régional
d’Ile-de-France et la Mission Égalité
des Chances de la Préfecture de Paris.
Michèle Loup, conseillère régionale
et vice-présidente de la Commission
de la Formation Professionnelle et
Apprentissage, s’est fait porte-parole
de ces jeunes filles qui ont choisi d’apprendre un métier traditionnellement exercé
par les hommes à l’encontre des habitudes
et des conventions établies.
Deux des jeunes apprenties présentes
dans l’ouvrage nous ont fait part de leur
quotidien et de leur expérience et ont
commenté l’exposition avec Danièle
Taulin-Hommell. Pour avoir un aperçu
du livre, vous pouvez aller sur la page
www.iledefrance.fr/galerie-dimages/
social/lapprentissage-au-feminin/.
Le buffet était bien entendu préparé
et servi dans le respect de la parité par nos
apprentis cuisiniers et serveurs de l’IMA…
12
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
La photographe en compagnie de deux apprenties figurant dans son ouvrage : Caroline,
en Bac Pro Aéronautique au CFA des Métiers de l’Aérien de Massy et Siddiqa (au milieu),
en BEP Logistique et Commercialisation au CFA des Métiers de la Logistique de Rungis.
Les cuisiniers à l’honneur
Sébastien Thuaux,
vainqueur du trophée
de l’ARIV – 30 mars 2009
Une belle distinction pour ce
jeune âgé tout juste de 18 ans
et pour son entreprise d’accueil ! Sébastien Thuaux, élève
de première année de CAP
Cuisine à l’Institut des Métiers
de l’Artisanat de Cergy, vient de
remporter le Trophée ARIV/CCI.
Lundi 30 mars 2009, il a conquis
le jury avec un filet de sandre
particulièrement bien cuisiné,
devançant les neuf autres candidats... Sébastien a été entraîné à l’IMA par ses formateurs,
Béatrice Lapeyre et Sébastien
Chicoisne. Il a été inscrit au
concours et largement encouragé par Amélia et Marie Claro,
gérantes du restaurant
La Ferme d’Argenteuil où
il est apprenti.
Sébastien dans son entreprise
d’accueil : La Ferme d’Argenteuil.
Sébastien et Yohann,
finalistes du concours
Cervia à Rungis –
29 avril 2009
L’IMA de Cergy fait partie
des six établissements franciliens sélectionnés pour participer au Concours Régional d’Art
Culinaire Cervia. Il était le seul
représentant du Val d’Oise.
Pour sa première édition,
le concours avait pour thème
« Tables d’Ile-de-France,
recettes de Cour, recettes
Brasserie » et pour objectif de
mettre en valeur l’identité culinaire de la région Ile-de-France.
Les participants ont dû s’approprier deux recettes traditionnelles :
■ la poularde à la briarde,
■ le gâteau parisien, dit
polonais.
Le dossier technique détaillant
la touche personnelle de chaque classe a permis une pre-
mière sélection. Puis deux élèves ont été désignés par leurs
pairs pour les représenter.
Pour l’IMA, c’était Yohann
Yrles, apprenti cuisinier, et
Sébastien Scoccini, apprenti
serveur. La finale s’est déroulée le 29 avril 2009 dans les
Halles de Rungis. Les apprentis
cergypontains se sont classés
quatrième ex-aequo.
NOUVELLES
MESURES POUR
L’APPRENTISSAGE
Maîtres d’apprentissage, vous êtes nombreux à
nous demander des précisions sur les mesures en
faveur de l’apprentissage annoncées récemment par
Nicolas Sarkozy.
Le 25 avril dernier, alors qu’il visitait un CFA
valdoisien, le Président a effectivement évoqué
entre autres la création d’une prime conséquente
octroyée à l’employeur s’il embauche en CDI un
de ses apprentis à l’issue de son cursus. À l’heure
où nous écrivons ces lignes, la prime est à l’état de
projet. Nous ne manquerons pas de vous informer
de l’évolution de l’ensemble des mesures dès que
nous en saurons plus.
Démonstrations au
Salon de l’agriculture
C’est presque devenu une tradition... Trois apprentis cuisiniers de l’IMA de Villiers-le-Bel
proposaient des démonstrations culinaires fin février
dans le cadre d’une des manifestations favorites des
Français : le Salon de l’Agriculture. Accueillis sur le stand de
la Région Ile-de-France, les
apprentis ont régalé un nombre incalculable de visiteurs
avec des mets très variés tels
des crèmes vichyssoises,
des potages de cresson
ou encore des feuilletés croquants d’agneau à la menthe.
Micheline Pierredon, spécialiste de l’orientation en
apprentissage, tenait à leurs
côtés un stand d’information
sur nos formations en alternance. Micheline partant en
retraite fin juin, toute l’équipe
de la CMA95 profite de ces
quelques lignes pour saluer
son inépuisable énergie mise
au service de la promotion
de l’apprentissage durant
deux décennies. Bravo à toi
Micheline et merci !
Portes ouvertes 2009
et mercredis de
l’apprentissage
Réparties sur trois jours, les portes ouvertes ont
connu une fréquentation satisfaisante sur les trois
sites de l’IMA, à Cergy, Eaubonne et Villiers-le-Bel.
Pour ceux qui n’auraient pas pu se rendre aux portes
ouvertes, un accueil spécifique est organisé chaque
mercredi après-midi par le Bureau de Développement
de l’Apprentissage jusque début juillet.
3
RENSEIGNEMENTS :
www.ima95.fr
Tél. : 01 34 35 80 36 ou 01 34 35 80 43 (Cergy),
01 34 27 44 88 (Eaubonne),
01 34 29 46 76 (Villiers-le-Bel)
L’IMA
de Villiers-le-Bel
choisi pour accueillir
la finale régionale
du MAF Cuisine
Pour la première fois, l’IMA de Villiers-le-Bel servira
de cadre à la finale régionale du célèbre concours du
Meilleur Apprenti de France en cuisine, la version
junior du Meilleur Ouvrier de France. Les sélections
se dérouleront le 2 novembre prochain.
À suivre dans le journal…
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
13
STYLE
de vie
Travaillant en majorité seuls, les artisans qui exercent
des métiers rares sont les détenteurs d’un savoir
inestimable. Notamment quand ils sont les derniers
à connaître son exercice. Qu’ils soient attachés
à la tradition ou inspirés par les tendances actuelles,
ils ont en commun une chose : la passion.
Alerte ! Métiers en voie
de disparition
+
Info
14
●
B.C.
T
ourneur sur bronze, ornemaniste, relieur, sellier,
maréchal-ferrant… Autant
de métiers qui ne sont plus
exercés que par une poignée d’irréductibles. Et pour cause : manque de
formations existantes ou difficultés à
rentabiliser certaines activités, ceux
qui les exercent sont plus que passionnés. C’est leur point commun
malgré des profils très différents.
Certains ont repris l’entreprise familiale et ainsi fait perdurer la tradition comme Bruno Lesterren, tisserand à bras dans le Morbihan. Alors
que d’autres se sont tournés vers ces
métiers en reconversion professionnelle. Après une carrière d’agent d’assurance, Fabienne Béron s’est décidée
à vivre sa passion au quotidien en
devenant relieuse. Aujourd’hui c’est
dans un charmant atelier situé au
cœur du Grenier de Magny, entourée
d’antiquités, qu’elle relie avec assiduité. « Après mon licenciement, j’en
ai eu marre du monde des bureaux.
Formée à 16 ans à la reliure, j’ai
décidé de revenir à mon premier
amour. » Elisabeth Garcin Joubert
a, elle aussi, un passé très différent
du métier qu’elle exerce aujourd’hui.
« J’ai été dentiste pendant 22 ans. »
Passionnée de cheval, elle s’initie au
travail du cuir lors d’une année sabbatique. Depuis 2003, elle fait de la
sellerie et occupe un des ateliers de
l’association Encre de Fer (voir enca-
Après une carrière d’agent d’assurance, Fabienne Béron s’est décidée à vivre sa passion
au quotidien en devenant relieuse. Aujourd’hui c’est dans un charmant atelier situé au cœur
du Grenier de Magny, entourée d’antiquités, qu’elle relie avec assiduité.
dré). Stéphane Auder, lui, exerce un
métier très peu connu : ornemaniste.
« Je crée des ornements de couverture, des œils de bœuf, des lucarnes …
bref, tous les éléments de décoration
métallique des toitures en métaux
non ferreux. »
■ Une touche de modernité
pour durer
« Les jeunes reprennent et adaptent les
techniques à des usages contemporains
plus en accord avec les demandes des
consommateurs », raconte Catherine
Virassamy de la Sema (Société d’en-
couragement aux métiers d’art). De
nouveaux métiers rares ont, en effet,
émergé, portés par des passionnés à
l’imagination débordante, comme
Caroline Corbier, métallier d’art. Elle
s’est inspirée de son père qui faisait
de la découpe de métal. Mais elle a
voulu se placer plutôt « en dehors de
la tradition ». « Il faut s’affranchir
du savoir-faire. Je vis aujourd’hui,
pas dans le passé », confie-t-elle. Sans
avoir une démarche aussi poussée,
et quel que soit leur âge, la plupart
des artisans aux métiers rares allient
modernité et tradition pour durer tout
La convention pour la sauvegarde du patrimoine immatériel
Une liste des métiers rares a été établie par la Sema avec environ 1 000 détenteurs qu’ils soient entreprises,
associations, personnes ou musées. L’inventaire de l’Unesco est fait depuis un an. À partir de cette liste,
les groupements professionnels locaux ont la possibilité de présenter une liste de protection urgente.
« Il y a alors obligation de créer des formations pour la transmission de ces savoirs », explique
Catherine Virassamy, de la Sema (Société d’encouragement aux métiers d’art).
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
+
Quizz
E NCRE DE FER
Le quizz des métiers rares
Une association qui
se bouge pour la sauvegarde
de ces métiers
1. Un lapidaire est :
A. Un taxidermiste travaillant exclusivement sur des lapins
B. Un tailleur de pierre pour la bijouterie
C. Un tailleur de pierre pour les églises
2. Un graveur héraldique réalise :
A. Des sceaux
B. Des messages dans la pierre
C. Des reproductions de gravures antiques
3. Le whappeur est spécialisé dans :
A. Les serrures anciennes
B. L’entretien des machines agricoles
C. La fabrication de la dentelle de Calais
4. Un glypticien :
A. Fabrique des verres pour les appareils d’astronomie
B. Grave la pierre par abrasion
C. Est spécialiste du travail du marbre
Au départ, un petit groupe d’artistes
qui faisait de la gravure a eu l’idée
de travailler ensemble. La raison :
« l’équipement encombrant et coûteux
que cette activité nécessite », explique
Denis Garcin, le gestionnaire de
l’association. En 1997, le premier
atelier commun ouvre ses portes.
Depuis, il a plusieurs fois déménagé,
et aujourd’hui deux ateliers sont à
disposition de la trentaine d’artisans
adhérents à l’association avec deux
activités principales : la gravurereliure et la sellerie-harnachement.
« Nous sommes également un
organisme de formation
professionnelle. Notre objectif est
la sauvegarde de techniques qui se
perdent comme la gravure sur cuir. »
Le but premier de l’association est
de faire « vivre ces techniques
à l’heure actuelle et de ne pas figer
le savoir-faire ancien ».
■ Transmettre ce savoir
si précieux
Pour transmettre, Bruno Lesterren a
choisi d’utiliser tous les moyens possibles et imaginables : « Nous multiplions les démonstrations et les anima-
© Caroline Corbier
Réponses : 1B, 2A, 3C, 4B
simplement. Bruno Lesterren, même
s’il n’abandonnera jamais son métier
à tisser à la main, conçoit certains travaux grâce à des logiciels informatiques. Conscient des tendances actuelles, il a également créé un site Internet,
« depuis plus de deux ans, on propose nos produits et on présente l’entreprise via le web, et désormais cela
représente un petit pourcentage du
chiffre d’affaires, qui se développe ».
Et il n’y a pas que dans la conception
du produit que la modernité apporte
son grain de sel. Coiffes pour le défilé
Hermès, sacoches de moto sur-mesure pour Johnny… Elisabeth GarcinJoubert s’adapte aux demandes. Et
elle y prend goût : « J’ai désormais
plus envie de faire mes propres créations en petite série. »
« Il faut s’affranchir du savoir-faire.
Je vis aujourd’hui et pas dans le passé »,
confie Caroline Corbier, métallier d’art.
tions dans les écoles, et nous faisons
régulièrement des visites de l’atelier.
De quoi créer des vocations ! » Ce qui
fait défaut à la plupart des métiers,
c’est le manque de formations existantes, quand ce ne sont pas les formateurs eux-mêmes qui sont devenus
trop rares. « Il n’existe pas de formation d’ornemaniste et j’ai eu la chance de rencontrer un repousseur qui
partait à la retraite et qui m’a appris
quelques trucs. Ce que je transmets
aujourd’hui à mes employés », confie
Stéphane Auder, ornemaniste. Pour
Fabienne Béron, la reliure est « un
métier de vieux bonhommes qui couvent leurs savoirs ». Parce qu’elle aime
son métier, elle transmet son savoir à
un club de retraités, à de jeunes stagiaires mais également à des enfants.
Pour Elisabeth Garcin-Joubert, il
est dommage que « par crainte de
concurrence, les selliers ne transmettent pas ». Confrontée à cette difficulté lorsqu’elle a voulu se former,
elle ne compte pas suivre leur chemin. « J’accueille régulièrement des
stagiaires de l’école Grégoire Ferrandi
et j’espère pouvoir embaucher un
apprenti grâce à l’association. »
Barbara Colas
L E LABEL « ENTREPRISE DU PATRIMOINE VIVANT »
Ce label national du
ministère de l’Économie,
des Finances et de
l’Emploi, est valable pour
une durée de cinq ans.
Il vise à faciliter
la médiatisation à l’échelle nationale
et internationale des entreprises
concernées, les inciter à innover, assurer
le développement de l’emploi et favoriser
leur transmission. Il a pour objectif
de « récompenser une entreprise qui
détient un patrimoine économique, un
savoir-faire rare et ancré territorialement,
qui possède une notoriété locale »,
précise Laetitia Toullec de l’ISM (Institut
supérieur des métiers). « Pour l’instant,
600 entreprises sont labellisées. Elles
bénéficient donc de deux crédits
d’impôt mis en place spécifiquement
pour elles. L’un dans le domaine de la
création, l’autre dans celui de
l’apprentissage. »
3
POUR RETIRER LES DOSSIERS
de candidature pour le label : téléchargezen un sur www.patrimoine-vivant.com
ou faites la demande par courrier auprès de
l’ISM, 28/30 rue des Peupliers, 75013 Paris.
[email protected]
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
15
STYLE
de vie
Val d’Oise
TÉMOIGNAGES
Ces artisans aux métiers rares
■ Philippe Baudelet,
Versmée Pesage à Pontoise
Le pesage, Philippe Baudelet est
tombé dedans après son BTS d’électronique. Successivement directeur
technique chez Testut, puis chef de
produit chez Precia, les deux leaders
français, il compte parmi ses clients
l’entreprise Versmée de Pontoise
qu’il reprendra en 1998.
« En 1980, il y avait environ
460 balanciers mais actuellement il
doit n’en rester que 70 en France.
Je travaille essentiellement sur
le Val d’Oise et les départements
limitrophes. » Le travail quotidien
de Philippe Baudelet consiste en la
vérification périodique, la réparation et la vente des instruments
de pesage. « On en trouve partout,
dans les hôpitaux, les industries,
les supermarchés, les crèches, etc.
16
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
Par exemple, j’ai travaillé longuement aux systèmes de pesage des
jockeys dans les hippodromes français. » Être garant de la métrologie
ne s’improvise pas : « Je renouvelle chaque année mon agrément et
j’ai dû entreprendre une certification ISO 9001 en septembre 2006. »
Philippe compte travailler prochainement avec son fils mais, regrette
t’il, impossible de lui apporter de
qualification car le CAP de balancier
a été supprimé en 1978… L’envers
du décor des métiers rares !
■ Anne Dorillat, lunetière-
tabletière à Domont
Anne Dorillat est une des rares lunetières françaises. Tout commence
dans les années 50 alors que Fernand
Dorillat, le père d’Anne, travaille
lui-même chez un lunetier et connaît
les débuts de l’industrialisation et
de l’utilisation massive des matières
plastiques.
Il choisit de se démarquer et crée
l’entreprise Dorillat qu’il exploite à
Domont, en se spécialisant dans le
sur-mesure, proposant à ses clients des
produits uniques et personnalisés tout
aussi bien en acétate de cellulose (la
matière plastique traditionnellement
utilisée en lunetterie), qu’en corne de
buffle, et est particulièrement reconnu
pour son expertise dans la tabletterie
et le façonnage d’une matière prestigieuse : l’écaille de tortue.
Ce matériau naturel est particulièrement apprécié par les professionnels,
car il est composé de kératine, connue
pour ses nombreuses propriétés dont
la thermoélasticité, le caractère anallergique et non transpirant.
L’écaille provient d’une espèce de
tortue protégée par la convention
de Washington. Son commerce est
donc strictement contingenté aux
stocks déclarés auprès du ministère
de l’Environnement en 1983.
Au décès de Fernand en 1986, son
épouse qui travaillait déjà avec lui
continue de faire tourner l’entreprise avec son unique ouvrier. Anne,
opticienne de formation, a reçu de
son père le savoir-faire de la tabletterie de l’écaille et a toujours gardé
un pied dans l’entreprise familiale. En 1997, quand sa mère part
en retraite, elle fait le choix de s’y
consacrer entièrement et de s’équiper (machines à commandes numériques) pour optimiser sa production, tout en restant attachée à sa
capacité d’offrir un produit très
personnalisé.
C’est ainsi qu’elle élabore chaque
mois une trentaine de montures
pour des opticiens soucieux d’apporter à leurs clients un service haut
de gamme et « sur mesure ».
É clairage
© Kirsty Pargeter – Fotolia
Souvent perçus à tort comme des salariés
plus compliqués à embaucher ou à manager,
les personnes handicapées, les seniors ou encore
les étrangers sont pourtant une source de maind’œuvre intéressante pour le chef d’entreprise.
Expérience, motivation ou encore compétences
pointues, les raisons sont nombreuses. Alors
laissez tomber vos idées reçues et plongez-vous
dans notre dossier !
RECRUTEMENT
Laissez tomber vos préjugés
C
© Rob - Fotolia.com
ontrairement à ce qu’il y
paraît, embaucher des profils atypiques, en dehors
des chemins balisés, peut
être très enrichissant pour l’entreprise. Les personnes handicapées,
les seniors ou les étrangers ayant
un point commun non négligea-
ble : la motivation. Les situations
difficiles qu’ils traversent les rendent différents, au sens positif du
terme. Certes, un salarié handicapé
pourra demander un investissement
sur l’aménagement du poste de travail par exemple. Il sera difficile de
confier des tâches très physiques à
un senior. Un étranger envoyé pour
des prestations à domicile pourra
être mal reçu par des particuliers à
la mentalité un peu dépassée. Mais
ces difficultés sont bien souvent largement compensées par une motivation à toute épreuve dont il serait
dommage de se priver.
« Quand on donne une chance à des
gens qui sont en difficulté, on n’est
jamais déçu. Ils se sentent valorisés
et sont prêts à s’investir à 100 % »,
observe Giovanni Baglio, gérant
d’une entreprise de nettoyage à
Saint-Maurice-de-Gourdans (Ain).
Il y a quatre mois, il a embauché
une personne de 57 ans, au chômage depuis deux ans, qui a répondu à
son annonce d’emploi. « J’ai testé sa
motivation en lui demandant de passer me voir le lendemain à 8 heures,
ce qu’il a fait, sans même me demander l’adresse du bureau. Et depuis, il
ne m’a jamais déçu. Le fait qu’il n’ait
« Je crois
profondément,
en tant que chef
d’entreprise,
que plus
la diversité
est présente,
plus la richesse,
plus l’invention
se déploient et se
développent. »
Laurence Parisot,
présidente du Medef.
plus d’enfants en bas âge est un plus :
il peut travailler sans problème à des
horaires décalés. » Même expérience
heureuse il y a trois ans avec un salarié handicapé auquel il confiait des
tâches compatibles avec ses problèmes de santé. Les efforts en termes
d’organisation étaient récompensés
par une qualité de travail irréprochable.
Faire appel à ces profils est également une solution efficace pour
compenser le déficit de main-d’œuvre dans certains secteurs. Comme le
confirme Francis Paillard, président
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
17
É clairage
Pallier à la pénurie
de main-d’œuvre
Faire appel à la main-d’œuvre étrangère effraie certains employeurs qui
craignent de devoir affronter divers
problèmes : barrière de la langue,
attitudes racistes de la part de leurs
clients, paperasse administrative…
Pourtant les exemples d’artisans
satisfaits d’avoir employé des personnes de nationalité étrangère sont
nombreux. Pour Thierry Erchoff,
co-gérant de Saint Georges Couture
(Eure), ce recrutement a d’abord été
le fruit du hasard. Il y a six ans, il a
embauché en intérim une personne
cambodgienne qui correspondait au
profil qu’il recherchait : un couturier
capable de réaliser des housses destinées à protéger le matériel audiovisuel. « Comme j’étais très satisfait de
lui, je lui ai demandé s’il connaissait
d’autres personnes ayant le même
type de compétences et il m’a proposé des connaissances à lui, appartenant à la communauté cambodgienne de Chartres. Je suis passé par
son biais car il est vraiment difficile
de trouver de bons couturiers dans
la région. » Il emploie aujourd’hui
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18
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
A TTENTION AUX RISQUES
DU TRAVAIL ILLÉGAL
Pour aller vite, des chefs
d’entreprises sont tentés de faire
appel à de la main-d’œuvre
sans papiers. C’est dangereux
car ils s’exposent à des
peines lourdes.
Selon Hakima Slimane,
avocate à la cour
d’appel de Paris,
« les sanctions pénales
sont de plus en plus
nombreuses. Dans un
premier temps, il s’agit
d’amendes, puis en cas
de récidives, il s’agit de peines
d’emprisonnement, généralement
avec sursis.
© DR
………
de la CMA de l’Aube :
« Dans les entreprises artisanales,
on ressent moins la discrimination
que dans les autres secteurs de l’économie, principalement car elles se
trouvent face à une cruelle pénurie
de main-d’œuvre, en particulier dans
les secteurs du bâtiment. Par exemple, on y trouve bien plus de chefs
d’entreprises et d’employés issus de
l’immigration qu’ailleurs. »
« J’ai recherché
en France sans
succès pendant
plusieurs mois
puis j’ai décidé
de faire venir
de Turquie
un membre de
la famille d’un
de nos salariés. »
David Arslan, PDG de PFF
Façade à Norroy-le-Veneur
(Moselle).
sept salariés étrangers sur un effectif
de onze personnes. Pour contourner
les difficultés de compréhension, il
demande tout simplement à ceux qui
Les employeurs ont donc peur
de régulariser leurs salariés
et d’être ainsi découverts ».
Mais un télégramme du ministère
de l’Immigration daté
du 15 décembre 2008
recommande de
neutraliser l’obligation
de licencier le salarié
sans papiers, le temps de
l’instruction du dossier.
Ainsi, après dépôt du
dossier de régularisation
à la préfecture, celle-ci
délivrera à chaque salarié concerné
une autorisation provisoire de
séjour avec autorisation de travail.
comprennent bien le français de traduire aux autres.
C’est également le manque de candidats suffisamment qualifiés en
France qui a poussé David Arslan,
PDG de PFF Façade à Norroy-leVeneur (Moselle), à faire venir un
travailleur turc : « J’ai recherché en
France sans succès pendant plusieurs
mois puis j’ai décidé de faire venir
de Turquie un membre de la famille
d’un de nos salariés. » Celui-ci possédait les connaissances techniques
pour le travail de la pierre et la force
physique, « c’est-à-dire toutes les
compétences dont l’entreprise avait
besoin ». Pour être en règle, David
Arslan a déposé un dossier avec une
attestation de l’ANPE certifiant
qu’elle ne pouvait pas lui fournir de
main-d’œuvre sur ce domaine d’activité.
La vannerie de Villaines (Indre-etLoire) emploie quatre salariés handicapés sur un total de 35 personnes. L’activité se pratiquant assis,
elle convient aux personnes en fauteuil. « Nous avons besoin de vanniers, et surtout de gens motivés à
apprendre un métier, quel que soit
leur profil », explique Christian
Boutreau, le directeur. Que les
chefs d’entreprise se rassurent, le
coût de l’aménagement du poste de
travail n’est pas forcément important puisque « seulement 15 % des
personnes handicapées ont besoin
d’un aménagement de leur poste de
travail », précise Mathilde Petitot,
responsable du pôle Start People
Handi. Cette cellule de l’agence
d’emploi Start People sensibilise
les entreprises au quota obligatoire
d’embauche des salariés handicapés. Elle les aide à entrer en contact
avec des candidats aux compétences
requises et à envisager les éventuels
aménagements de poste.
« Beaucoup
de handicaps
ne se voient pas »
© Start People
Si un aménagement se révèle nécessaire, l’Agefiph (Association pour
la gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées) participe au
financement. En 2007, l’organisme a engagé près de 465 millions
d’euros pour les aides, soit 13 %
de plus qu’en 2006. Mais « les
chefs d’entreprises sont généralement peu au courant des aides qui
existent pour embaucher ou maintenir dans son emploi un salarié
© Franz Pfluegl
Les personnes
handicapées prêtes
à s’investir à 100 %
handicapé », a constaté Catherine
Vignaud, responsable de la mission management des connaissances à l’Agefiph. Par exemple, pour
une personne déficiente visuelle
qui occupe un poste de secrétaire,
le matériel informatique de base
est à la charge de l’employeur mais
le logiciel d’agrandissement ou le
différentiel entre un écran de taille
standard et un grand écran sera
pris en charge.
Pour prétendre à une participation au financement de l’aména-
gement du poste de travail, l’employeur doit contacter une antenne
du réseau Cap Emploi avant d’engager le moindre frais. À la demande
de l’entreprise, un conseiller peut
même se déplacer dans les locaux
pour étudier les contraintes de l’environnement de travail et proposer
des candidatures dont le handicap
est compatible avec le poste. Si le
candidat a déjà été retenu, il suffit
de demander des devis et de les faire
valider par Cap Emploi qui travaille
en lien avec l’Agefiph.
Jamel Debbouze
a offert sa popularité
à l’Agefiph pour
une campagne
de communication
sur l’emploi
des personnes
handicapées.
« Seulement 15 %
des personnes
handicapées ont besoin
d’un aménagement
de leur poste de travail »,
Mathilde Petitot,
responsable du pôle
Start People Handi.
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
19
É clairage
© DR
Nathalie Galesne, reconnue
en invalidité partielle
depuis peu, a décidé
de créer des vêtements
pour les handicapés.
Elle compte évidemment
en embaucher pour
la fabrication.
Faire jouer la solidarité
C’est parfois quand les entrepreneurs ont eux-mêmes été touchés
par des situations douloureuses
qu’ils pensent à recruter ce type de
profil.
Nathalie Galesne, gérante d’un
magasin de retouches couture à
Neuville-en-Ferrain (Nord), est en
train de créer une nouvelle entreprise : Styl Médical.
Son idée de créer des vêtements
pour faciliter le quotidien des personnes handicapées, âgées ou hospitalisées, lui a été inspirée par sa
propre expérience.
Elle a subi plusieurs hospitalisations successives et est désormais
reconnue en invalidité partielle.
Elle a l’intention de former des personnes reconnues par la Cotorep
(Commission technique d’orientation et de reclassement professionnel) pour la confection des vêtements, et pour les finitions elle
sait déjà qu’elle fera appel à l’Esat
(Établissement et service d’aide par
le travail, anciennement CAT) de
Roubaix.
© Frédéric Caillet
………
Pensez à respecter
cette procédure car a posteriori le remboursement est difficile à
obtenir comme le montre l’exemple de Frédéric Caillet, dirigeant
d’une entreprise de motoculture à
Cussay (Indre-et-Loire). Il a embauché Mickael Bonnet, mécanicien en
fauteuil et collègue de longue date.
« J’avais toujours dit que si je créais
une entreprise, ce serait avec lui.
C’est un excellent mécanicien et une
personne très intéressante humainement. » Il a donc adapté les machines à son handicap : pont élévateur
spécial, établis et sertisseuse abaissés de quelques centimètres… pour
un surcoût d’environ 4 000 €, sur
un investissement total de 12 000 €.
Et il a aujourd’hui bien du mal à
obtenir un remboursement.
Un équipement adapté permet
à Mickael Bonnet de travailler dans
une entreprise de motoculture.
Les aides de l’Agefiph pour l’emploi des personnes handicapées
Embauche
◾ Pour un contrat d’au moins 12 mois et un minimum de 16 heures de travail par semaine ou 720 heures sur l’année.
◾ Prime à l’embauche : 900 € pour le salarié et 1 700 € pour l’employeur (versée une seule fois).
◾ PIE (Prime initiative emploi) : cumulable avec la prime à l’embauche. Réservée aux personnes dans des situations
d’employabilité difficile (demandeurs d’emploi de plus de 45 ans, demandeurs d’emploi inscrits depuis au moins 12 mois à
Pôle emploi, ou percevant des minima sociaux, ou présentant une situation de handicap lourde). De 3 000 à 6 000 € selon
le temps de travail, pour l’employeur. Avec des majorations (depuis janvier 2009) si l’embauche concerne un senior (plus de
45 ans) ou s’il s’agit de la première embauche de personne handicapée dans l’année.
◾ Prime contrat durable : elle concerne les CDD d’au moins 3 mois et les contrats d’alternance (apprentissage et
professionnalisation) transformés en CDI (non cumulable avec la PIE). 3 000 € pour un temps plein, versés à l’employeur.
Avec une majoration de 1 600 € s’il s’agit d’un senior.
Contrats
en alternance
(apprentissage
et professionalisation)
◾ Aide à l’apprentissage ou à l’alternance (nouveaux montants depuis le 2 mai 2009) : 1 700 € à la signature pour un contrat
d’au moins 6 mois, 3 400 € pour un contrat d’au moins 12 mois, pour le salarié.
◾ Pour l’employeur : 5 100 € par an si le salarié a moins de 30 ans et 6 800 € tous les 6 mois si le salarié a plus de 30 ans.
◾ Cumulable avec la prime contrat durable si transformation du contrat en alternance en CDI.
Formation
◾ Un forfait formation est disponible si une formation est envisagée dans les 12 mois qui suivent l’embauche : 2 000 €
pour une formation d’au moins 70 heures. Le forfait passe à 4 000 € pour une formation d’au moins 140 heures si elle est
réalisée dans le cadre d’une embauche ayant donné lieu au versement d’une PIE.
Aménagement
du poste de travail
◾ Ni plancher ni plafond, uniquement du cas par cas.
Aide à
l’aménagement du
temps de travail
◾ Pour aider un employeur à garder un salarié handicapé de plus de 55 ans qui veut passer à temps partiel en raison de son
état de santé : 9 000 € par an jusqu’au 60e anniversaire du salarié (nouvelles dispositions applicables depuis mai 2009).
20
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
L E TÉLÉTRAVAIL,
UNE SOLUTION
CONTROVERSÉE
© Pamela Uyttendaele
Le télétravail
peut apparaître
comme un bon
moyen
d’embaucher
ou de maintenir
dans l’emploi des personnes ayant des
problèmes pour se déplacer et qui
bénéficient chez elles d’un
aménagement bien adapté. Mais selon
Quentin Ha, psychologue du travail et
chargé de mission à l’Aract
(Association régionale pour
l’amélioration des conditions de
travail), il ne s’agit pas d’une solution
idéale. « D’une part car son cadre
juridique reste flou, notamment en
matière d’accident du travail, d’autre
part car c’est une manière d’isoler
encore plus une population qui est
déjà stigmatisée par le handicap. »
Laurent Wauquiez, Le Figaro – Réussir, 4 mai
Le secrétaire d’État à l’Emploi a dressé le bilan de la loi de février
2005. « On observe les premiers effets positifs de la loi à travers
l’augmentation du nombre d’embauches (19 300 en 2006 contre
15 600 en 2005). Toutefois, la situation des travailleurs handicapés au regard
de l’emploi et de l’accès à la formation doit, incontestablement, être améliorée.
On dénombre encore 35 % d’établissements assujettis à l’OETH (Obligation d’emploi
des travailleurs handicapés) qui n’en emploient aucun. […] La crise actuelle va,
par ailleurs, toucher les travailleurs handicapés plus durement et durablement
que les travailleurs valides. » Concernant les TPE qui n’ont aucune obligation
en terme d’embauche de handicapés, Laurent Wauquiez estime qu’elles constituent
un réservoir d’emplois non-négligeable. « Je ne veux pas oublier les entreprises
de moins de 20 salariés qui participent activement à l’insertion professionnelle
de ce public. Environ 100 000 personnes handicapées travaillent dans ces
entreprises. Comme toutes les autres entreprises, elles peuvent bénéficier
des aides et prestations de l’Agefiph. Elles constituent un vivier d’emplois
important pour les politiques publiques. »
O BLIGATION D’EMBAUCHER DES SALARIÉS
HANDICAPÉS
Depuis 1987, les établissements d’au moins 20 salariés sont tenus à une obligation
d’emploi d’au moins 6 % de personnes handicapées, sans quoi elles devront verser
une contribution à l’Agefiph. Depuis la loi du 11 février 2005, le plafond de
la contribution à l’Agefiph a été réévalué pour les entreprises n’atteignant par
le quota de 6 %. Pour chaque personne handicapée manquante, la contribution
annuelle s’élève à 400 fois le Smic horaire.
« L’embauche d’un handicapé redynamise les petites structures »
Patrick Toulmet, président de la chambre de métiers et de l’artisanat de Seine-Saint-Denis, est
lui-même handicapé. Ce qui ne l’a pas empêché de créer son entreprise et de s’engager politiquement lors des élections municipales à Sarcelles en 2008.
● Pourquoi encourager les artisans à embaucher un handicapé ? Avoir un handicapé comme salarié n’est pas un handicap pour votre entreprise ! Ils apportent même des nouvelles valeurs dans l’équipe,
améliorent les rapports humains. Cela redynamise les petites structures qui sont les plus présentes dans
l’artisanat. Il faut informer davantage les artisans sur les aides dispensées par divers organismes. Bien sûr, il
y a aussi des inconvénients, car c’est au gérant de s’adapter à son salarié handicapé. Et tous les métiers ne
sont pas accessibles à cette classe de travailleurs. Mais ils constituent un public très motivé. Ils ont beaucoup moins le droit à l’erreur que les valides, donc ils se démènent d’autant plus pour réussir ! C’est le même
problème qu’avec les seniors dont l’expérience peut beaucoup apporter à l’entreprise.
● Comment abattre les clichés sur le handicap ? Il y a évidemment une mauvaise perception des handicapés. Déjà, derrière le mot « handicap » se cachent beaucoup de différences. Il y a des handicaps qui n’empêchent pas de travailler normalement. Un homme en chaise roulante peut très bien monter son entreprise. Il
faudrait qu’on comprenne qu’embaucher un handicapé, c’est vouloir créer une nouvelle ambiance dans son
entreprise. Il est également faux de dire que les handicapés sont toujours en retard, ou souvent absents, en
congés-maladie. Personnellement, durant ma vie de salarié, j’ai été le travailleur le plus présent ! À l’UPA, je
m’occupe de la question du handicap pour que les choses s’améliorent. Ça va de mieux en mieux, même si
l’information ne circule pas encore assez. Les grandes entreprises sont plus au courant, car elles ont des services de ressources humaines qui savent où aller trouver des subventions.
● Que conseillez-vous pour bien accueillir un handicapé dans l’entreprise ? C’est à l’entrepreneur de faire
les efforts pour faciliter les rapports quotidiens et songer à ne pas l’exclure du reste de l’équipe. Je viens
d’embaucher un travailleur sourd-muet de 37 ans, nous avons trouvé des moyens originaux de communiquer. De son côté, il nous apprend, à mon apprentie et moi-même, le langage des signes. Cela enrichit le rapport intergénérationnel. Voilà ce qu’apporte un salarié handicapé et cela n’a pas de prix.
© DR
+
Info
L ES TPE CONSTITUENT UN VIVIER
D’EMPLOIS POUR LES HANDICAPÉS
© B. Colas
+
Chiffres
◾ 1,8 million de personnes
pouvaient bénéficier
potentiellement de
l’Obligation d’emploi
de travailleur handicapé
(OETH) au titre de la
reconnaissance de
leur handicap, selon les
chiffres 2007 de l’Insee.
F.L.
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
21
É clairage
Seniors :
une main-d’œuvre délaissée
Conscient des difficultés rencontrées par les salariés âgés, le gouvernement a lancé en juin 2008 le plan
emploi senior pour les entreprises de
plus de 50 salariés. Les entreprises
et les branches professionnelles qui
n’auront pas conclu d’accord d’ici
fin 2009 concernant l’amélioration
de l’embauche des seniors (les plus
de 55 ans) seront assujetties à une
cotisation retraite additionnelle.
Le ministère de l’Emploi vérifiera
notamment qu’un objectif chiffré
sur trois ans du nombre de recrutements de salariés âgés aura été fixé.
Sans accord, l’entreprise devra verser une pénalité équivalente à 1 % de
la masse salariale.
Gageons que ces menaces de sanctions inciteront les employeurs à
faire appel à ces travailleurs qui peinent à se réinsérer dans le monde
+
Info
F AIRE TRAVAILLER DES RETRAITÉS :
UN DISPOSITIF PEU CONNU
Depuis 2003, un dispositif a été mis en place pour qu’un salarié puisse
cumuler son salaire avec ses pensions de base et complémentaires, à
condition que le total soit inférieur au montant de son dernier salaire,
ou qu’il ne dépasse pas 1,6 fois le montant du Smic dans la limite annuelle
de 1 820 heures. Une solution efficace pour réintégrer ses anciens bons
éléments partis à la retraite (le délai de carence de six mois a été supprimé
depuis le 1er janvier 2009) ou pour compenser la pénurie de main-d’œuvre.
Si vous choisissez cette option, pensez à demander un document écrit
mentionnant le montant du salaire à ne pas dépasser.
du travail quand ils ont perdu leur
emploi. La conjoncture actuelle les
fragilise davantage. « Les seniors
sont les plus touchés par la crise.
L’embauche d’un jeune coûtant
moins cher, les employeurs préfèrent ce type de candidats », analyse
Richard Benita, directeur du cabinet
de recrutement Senior Pro (RhôneAlpes). Pourtant les seniors présentent de sérieux atouts, notamment
dans l’artisanat. Leur principale
6 raisons d’embaucher un senior
Avec Serge Guérin, professeur à l’ESG,
sociologue spécialisé sur le vieillissement,
auteur de nombreux ouvrages dont
Le Management des seniors, paru en mars
dernier.
1 Il s’adapte. « Conscient des enjeux
d’une entreprise, un salarié senior
est rapidement opérationnel et respecte les consignes. »
2 Il est disponible et motivé. Parce que
le marché de l’emploi n’est pas toujours évident pour eux,
« les seniors ont envie de travailler ». Et du fait de leur âge,
ils sont plus disponibles que des pères ou mères
de famille plus jeunes.
3 Son expérience. « Il a une vraie expérience notamment
humaine, que ce soit pour la relation client ou le travail
en équipe. »
4 Ses contacts. « Il peut disposer d’un vrai carnet d’adresse
non utilisé, d’un réseau intéressant pour l’entreprise ».
5 Sa productivité. « Les études montrent qu’il est aussi productif qu’un jeune. S’il a des difficultés au niveau physique, il
sait s’adapter pour les contourner grâce à son expérience.
6 Sa fonction de pacificateur. Dans une entreprise, « il permet de pacifier les relations sociales, notamment avec des
salariés plutôt jeunes ou des apprentis. On imagine des
conflits, en réalité, il aura, dans la plupart des cas, une bonne influence ».
Les seniors présentent
de sérieux atouts
dans l’artisanat.
Leur principale force :
l’expérience.
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
© Lisa
22
force : l’expérience, qu’ils peuvent
transmettre aux plus jeunes.
g
F. Youn
Le Management des seniors, Serge Guérin, Gérard Fournier, Éditions d’Organisation,
mars 2009, 320 p.
« Les seniors
sont les plus touchés
par la crise. »
Richard Benita,
directeur du cabinet
de recrutement
Senior Pro.
- Fotolia.com
………
+
Chiffres
◾ 53,4 % des personnes
âgées de 50 à 64 ans et 38,3 %
des 55-64 ans travaillent, selon les chiffres 2007 de la
Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques). Un
taux encore très éloigné de
l’objectif européen fixé à
50 % pour 2010. Dès 50 ans, la
probabilité d’embauche est
plus de deux fois inférieure
à celle des 30-49 ans. La sortie du chômage des seniors
est difficile : seulement un
tiers d’entre eux retrouvent
un emploi, contre plus de
la moitié des demandeurs
d’emploi de moins de 50 ans.
Visuels de la campagne lancée en 2006 par le gouvernement pour l’emploi des seniors.
Une motivation indéfectible
On a vite tendance à stigmatiser
les seniors : ils savent tout sur tout
et ne veulent pas changer leurs
habitudes… Pourtant, ils ne sont
pas plus réticents que les autres à
évoluer et à se former, à condition
qu’on leur en donne l’opportunité.
À l’instar de Claude Boileau qui
a présenté, à l’âge de 53 ans et en
recherche d’emploi depuis deux
ans, sa candidature spontanée à
Pascal Kesler, gérant d’une entreprise de chauffage en Meurtheet-Moselle. Après deux semaines
d’essai, ses compétences se sont
révélées trop faibles mais le chef
d’entreprise a senti une motivation
indéfectible et a choisi de l’embaucher en contrat de professionnalisation. Pendant neuf mois,
Claude a donc partagé
son temps entre l’entreprise et un centre de
formation, avant de
signer un CDI. Au
final, Pascal Kesler est
satisfait de son choix :
« Je préfère embaucher une personne qui a
encore des choses
à apprendre mais
investie dans
son travail,
ponctuelle,
attentionnée avec
la clientèle et
perfectionnis-
L ES SENIORS,
CES ENTREPRENEURS…
te, plutôt qu’un salarié expérimenté qui travaille en dilettante. »
Florence Brunel
3
CONTACTS :
L’Agefiph : www.agefiph.fr - 0811 37 38 39
Le Pôle emploi : www.pole-emploi.fr
L’ANAEM : www.anaem.social.fr
Cap Emploi : www.capemploi.net
Start People : www.startpeople.fr
Senior Pro : www.senior-pro.com
Face aux difficultés qu’ils rencontrent
sur le marché de l’emploi, les seniors
choisissent désormais de plus en plus
de créer leur entreprise. 50 000
personnes d’au moins 50 ans ont créé
une entreprise en 2008, d’après
l’observatoire de la création de l’APCE.
36 % étaient demandeurs d’emploi
auparavant, 23 % salariés et 20 %
chefs d’entreprise. Il faut dire que
« La plupart du temps, à 50 ans,
les contraintes familiales sont
moindres (plus d’enfants à charge),
les crédits sont remboursés
et les créateurs propriétaires de leurs
logements », souligne l’enquête.
La plupart des seniors qui se lancent
dans l’entreprenariat revendique
avoir fait un choix volontaire.
Pour beaucoup d’entre eux,
« la volonté d’entreprendre » semble
être la principale motivation et la
majorité y voit un moyen d’assurer
leur propre emploi. « La création
est intervenue après un événement
déclencheur : changement
professionnel ou situation
professionnelle peu satisfaisante
par exemple ». Un de leurs objectifs
semble être la transmission de leurs
compétences aux plus jeunes.
D ES ENTREPRISES DE PLUS
EN PLUS ACCOMPAGNÉES
Les initiatives se développent pour donner aux
employeurs les outils nécessaires pour favoriser
la diversité et lutter contre les discriminations.
La dernière en date est une brochure éditée par
la Halde « Prévention des discriminations dans
l’emploi. Guide pour les PME, les TPE et l’artisanat »
(disponible sur le site www.halde.fr).
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
23
1
journée
avec…
… UN BOUCHER LIBRE-SERVICE
Le client beaucou
h
9
L.T.
F.L.
LA VIANDE À LA DÉCOUPE
h
L.T.
6
LES BOUCHERS
ENTRENT EN SCÈNE
Pour les bouchers, la première
tâche de la journée est
d’écouter le répondeur pour
pourvoir aux commandes
passées par les restaurants
partenaires. « Nous ne livrons
pas des cantines, que de
bons établissements. Cela
représente plus de 50 % de
notre activité », précise Xavier
Besnier, le dirigeant. Celui-ci
a bien réglé l’ordre de ses
priorités. « D’abord, la qualité.
Un petit commerce n’a pas le
droit de décevoir son client.
Ensuite, le prix. Nous nous
situons entre 2 et 10 € de moins
le kilo que chez un boucher
normal. » Au même moment,
un camion part pour Rungis
avec des instructions d’achat.
Xavier Besnier y a été grossiste
pendant 18 ans, ça aide.
24
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
Alors que le camion revenu de Rungis repart pour livrer
les restaurants dont les commandes ont été préparées
par les bouchers, ceux-ci se mettent au travail pour remplir
les rayonnages de viande en barquette. « Nous proposons
différents grammages pour chaque morceau, afin
de satisfaire chaque public », indique Xavier Besnier.
« Comme nous avons un roulement très important,
nous pouvons proposer de la viande très fraîche.
Avec autant de choix que chez un boucher à la découpe ! »
10h
DES BARQUETTES
ARTISANALES
Pour Xavier Besnier, l’idée
de libre-service est basée
sur une philosophie de respect
du client. « S’il y a de moins
en moins de boucherie, c’est
que leur manière de travailler
n’a pas évolué depuis cinquante
ans ! juge-t-il. Quand vous faites
la queue chez le boucher, vous
n’êtes pas forcément à l’aise.
Vous ne savez pas exactement
ce que vous coûtera votre
achat, vous ne voulez pas faire
attendre tous les gens qui
sont derrière vous… Et tous
constatent que les bouchers
vous servent un peu trop
généreusement. » Selon lui,
le libre-service permet de pallier
à tous ces désagréments,
en faisant en sorte que le client
se sente comme chez lui.
DANS LE XVe ARRONDISSEMENT DE PARIS, XAVIER BESNIER A INSTALLÉ SA BOUCHERIE EN
LIBRE-SERVICE. POURQUOI CE CONCEPT ? CAR CE BOUCHER N’A QU’UN CREDO : DONNER
LE MAXIMUM DE LIBERTÉ AU CLIENT, À QUALITÉ ÉGALE AVEC UNE BOUCHERIE CLASSIQUE.
p, passionnément
h
h
16
LES RAYONS
SE GARNISSENT
CONSEIL DU CLIENT
F.L.
11
F.L.
F.L.
13h30
QUAND LE CLIENT EST VRAIMENT ROI
Au fur et à mesure que
les bouchers découpent
dans l’arrière-boutique,
les rayonnages se remplissent.
« Nous avons 75 % de viande
et le reste en produits annexes,
vin, légumes surgelés,
épicerie… » Ces produits
complémentaires sont
également une manière de
répondre à la demande du client.
« À Paris, les gens rentrent tard
du travail, leur frigo est souvent
vide. Eh bien jusqu’à 21 heures,
ils savent qu’ils peuvent
s’assurer un repas complet ici,
de bonne qualité, et moins cher
qu’au restaurant ! »
3
CONTACT :
Boucherie Marguerite, Paris XVe,
01 45 79 51 80
C’est l’heure pour les bouchers de rentrer chez eux
avec le sentiment du travail accompli. La viande est
rangée, le flux de client est continu. « Nous ne fermons
pas à midi. Je veux un magasin le plus ouvert possible. »
Certains clients regrettent de ne plus voir leur boucher
couper la viande devant eux. « Ils s’en sont plaints
et ont décidé de changer de boutique. Nous les avons
récupérés un peu plus tard, grâce à nos prix attractifs. »
+
Info
L’après-midi, deux charcutiers et
Xavier Besnier lui-même sont là
pour conseiller les clients, leur
donner des éléments de réflexion
pour qu’ils fassent tranquillement
leur choix. Un moyen pour le
dirigeant de mieux connaître sa
clientèle. « Je n’aurais qu’un conseil
à donner : chercher à avoir toujours
plus de clients et les fidéliser. »
À la boucherie Marguerite, 10 % de
Le défi du petit commerce
réduction au client qui prend pour
Selon Xavier Besnier, « il faut s’adapter
plus de 100 € de viande ! Et parfois,
à la concurrence de la grande distribution, un petit saucisson gratuit pour les
en ouvrant le magasin au maximum sans habitués et les gros mangeurs…
gêner le personnel ». Un autre principe, ce- « En deux ans, nous sommes passés
lui de se mettre à la place du client, notam- de 1 300 clients par semaine à 2 300. »
ment sur la politique de prix. « Je vois trop
de bouchers qui tiennent à leurs marges. »
À la boucherie Marguerite, on cherche à
atteindre le meilleur rapport qualité / prix.
Et puis, on sent bien sa clientèle. « Ça, c’est
inné », affirme Xavier Besnier, l’œil sûr.
Florent Lacas
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
25
Le recrutement des jeunes en maçonnerie
n’est pas simple, notamment à cause
du déficit d’image sur ce corps de métier.
Ce qui ne décourage pas Franck Perdoux, 45 ans,
pour qui la transmission du savoir-faire est
essentielle. Il s’investit même pour valoriser
l’image de son métier à l’étranger en accueillant
des apprentis d’autres pays européens.
H.Sauvage
C as d'entreprise
« Accueillir des professionnels de cultures différentes,
c’est un vrai enrichissement ! La langue fait rarement
barrage car le dessin, lui, est universel. »
ÉCHANGES
Une entreprise européenne
C
’est tout sourire que Franck
Perdoux, 45 ans, ouvre la porte
de ses bureaux pour nous parler de son métier, la maçonnerie. Les difficultés de recrutement, il
connaît. « C’est un métier qui souffre
cruellement d’un déficit d’image : on le
voit pénible, peu innovant… alors que la
maçonnerie, au même titre que la plomberie ou la menuiserie, a largement évolué. Les charges sont moins importantes
pour les manutentionnaires. Nous disposons d’engins de levage et les matériaux, les outils ainsi que les techniques
ont beaucoup évolué », remarque Frank
Perdoux. Cette mauvaise image constitue un frein au recrutement de futurs
+
Info
26
●
IL A SU
maçons, « beaucoup d’artisans maçons
arrêtent et les entreprises ne sont pas
reprises. Alors qu’il faut transmettre le
savoir-faire sinon il risque de disparaître », précise-t-il. Et la clé du succès,
selon lui, c’est de donner une vision positive du métier.
Promouvoir l’image
auprès des jeunes
« Si t’es pas bon à l’école, tu seras
maçon ! » Au-delà de la caricature, il faut
préciser que peu de jeunes accèdent à
cette voie par choix personnel. « Nous
avons a priori des jeunes plutôt en échec
scolaire, qu’il faut motiver. Et pour cela,
il est indispensable de communiquer sur
● Identifier les vrais attraits d’un métier en mal d’image,
afin de dépasser les vieux clichés d’un métier pénible
et peu valorisant.
● S’investir dans la formation pour accompagner
les maçons de demain (former techniquement
les apprentis et leur donner la possibilité de s’ouvrir
sur l’autre).
● Se former pour faire évoluer son métier et aller à
la rencontre des autres. Évoluer c’est se confronter
à l’autre. L’échange permet d’apprendre et de créer
une synergie.
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
tous les attraits du métier et de les faire
rêver », s’accorde à dire Mme Perdoux qui
assure la comptabilité de l’entreprise.
« C’est un métier qui offre beaucoup de
possibilités d’un point de vue professionnel, on peut se spécialiser en béton, en
carrelage… On peut travailler au sein de
petites structures familiales comme dans
des grands groupes du bâtiment et des
travaux publics. Les jeunes peuvent
contribuer à l’entretien d’un patrimoine
ancestral ou participer à des chantiers de
grandes envergures, comme la construction de ponts, d’autoroutes, de barrages.
Et quelles que soient leurs affinités, ils
ont la possibilité d’exercer un métier aux
multiples perspectives ! », explique Frank
Perdoux, enthousiaste.
En tant que professionnel, il estime qu’il
est de son devoir d’aller rencontrer les
jeunes pour leur exposer et transmettre
son savoir-faire. Il parcourt donc les carrefours des métiers, intervient dans les
écoles, accueille des jeunes de 14 ans en
stage découverte et ne s’arrête jamais !
Miser sur l’échange culturel
Pour faire de ces futurs maçons des professionnels compétents, motivés et
enthousiastes, il ne se contente pas d’en
accueillir chaque année, il tente également d’enrichir et de compléter leur for-
Une vision ouverte
de son métier
« J’ai été apprenti et ouvrier avant de
reprendre l’entreprise familiale. J’ai
bénéficié de la transmission du savoir-
H. sauvage
« Je suis passé de la bétonnière à l’ordinateur, c’est essentiel d’évoluer et de se former
en permanence, en veillant à ne pas trop s’éloigner du terrain. »
faire de mon père que je transmets à mon
tour. C’est essentiel ! » Pour montrer aux
apprentis européens l’importance de
cette transmission pour lui, il leur offre
une boîte à outils en fin de stage.
La dimension nouvelle qu’il veut donner
à son métier nécessite d’évoluer toujours
plus. Il est ainsi « passé de la bétonnière
à l’ordinateur » en suivant des formations. « Je participe aussi activement
aux réunions organisées par la
+
Info
« Avoir le sens du travail d’équipe,
c’est essentiel : chacun peut apporter
une bonne idée. »
Fédération française du bâtiment. C’est
l’occasion d’échanger, de ne pas rester
dans son coin. C’est une vraie valeur
ajoutée pour mon travail et un enrichissement personnel. » L’occasion pour lui
de rappeler que la maçonnerie c’est aussi
un travail d’équipe où il faut savoir
écouter l’autre, échanger les idées pour
que se crée une synergie autour d’un
chantier.
Hélène Sauvage
SARL Perdoux, l’essentiel
● Ville : Saint Pryvé-Saint-Mesmin (Loiret)
● Année de reprise : 1999
● Dirigeant : Frank Perdoux (45 ans)
● Effectif : 15 personnes
● Chiffre d’affaires 2008 : 1,5 million d’euros
F.Perdoux
mation par des échanges culturels. « Ces
jeunes n’ont pas encore eu le temps de
découvrir le monde », explique-t-il. Il y a
une dizaine d’années, le CFA lui propose
de recevoir des apprentis venus d’Allemagne et d’Espagne. Il accepte tout de
suite et ne le regrette pas : « C’est formidable pour toute l’équipe d’échanger à la
fois techniquement et culturellement,
c’est très enrichissant pour nous comme
pour eux. Eh oui, nous ne montons pas
forcément un mur de la même façon en
Allemagne et en France. J’accueille aussi
des compagnons de France, et croyezmoi, d’une région à l’autre, on n’utilise
pas les mêmes outils, on ne travaille pas
les mêmes matériaux. L’échange culturel
contribue non seulement à la formation
professionnelle des jeunes, mais participe
aussi à leur épanouissement personnel. »
Ces derniers peuvent aussi effectuer des
missions humanitaires : « Ils apprennent
alors à travailler avec pas-grand-chose, le
système D très souvent. C’est une chance
extraordinaire de pouvoir vivre ces expériences. »
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
27
Charlotte de Saintignon
R éussite
En Avignon, l’école d’ébénisterie forme chaque année en 10 mois une cinquantaine d’élèves
de tous horizons aux métiers d’ébéniste et de sculpteur-doreur sur bois. Alex et Louis Suau
ont su faire de leur école un lieu alliant pédagogie et épanouissement personnel.
ÉCOLE D’ÉBÉNISTERIE D’AVIGNON
Pour l’amour du bois
C
’est la première fois en
40 ans que je me lève heureux ! » Depuis qu’il a
commencé son stage
d’ébénisterie à l’école d’Avignon, Thierry,
41 ans, ne cache pas sa joie. Et pourtant il
travaille d’arrache-pied pour obtenir son
année. Il faut dire que pour tenir un métier
en main, créer 6 meubles et un chef-d’œuvre, en 10 mois seulement, l’investissement personnel de chacun est grand.
Marie-Josée, 35 ans, penchée sur son
confiturier en noyer, œuvre avec passion
dans l’atelier : « Je n’ai même pas l’impression de venir travailler tellement le plaisir
est là ! » Dans l’école règne une ambiance
d’atelier artisanal. Chacun a son autonomie, son établi, ses propres outils.
«
Pas de rétention de savoir
Pas d’âge, ni de catégorie socioculturelle pré-établis. D’ailleurs la plupart des
52 élèves en ébénisterie et sculpture ont
déjà un passé de salarié dans des domaines généralement bien éloignés du bois.
Tous prennent un nouveau virage : ils opèrent une reconversion totale vers ce qui les
motive et les rassemble : l’amour du bois.
Ici, on ne parle pas méritocratie mais simplement de motivation profonde. C’est
une école à résonance humaine qui ne
28
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
laisse pas les élèves se décourager. Quatre
formateurs à temps plein, tous anciens élèves, veillent à transmettre leurs « secrets
d’ateliers », les petites combines qui leur
permettent d’exercer leur métier au jour
le jour. Ils apprennent aussi aux élèves
à penser avant de travailler avec leurs
mains : « Le plus gros du travail consiste
à visualiser l’objet dans l’espace à l’aide de
dessins, maquettes et techniques », confie
Louis Suau. Cet ébéniste de formation a
créé « l’école de ses rêves », il y a 25 ans,
avec son frère Alex et y enseigne encore
aujourd’hui avec passion. Il diffuse son
+
Info
En pratique
métier « comme je pense qu’il doit se
transmettre et pas comme il se transmet
ailleurs ». Outre les échanges techniques
et les cours pratiques de gestion pour que
les élèves puissent rapidement s’installer
à leur compte, les formateurs font preuve
de patience et de disponibilité pour leurs
élèves. Qui le leur rendent bien : « C’est
magique de voir les gens se révéler peu à
peu et prendre confiance en eux. »
CdS
3
CONTACT :
Louis Suau 04 90 33 90 58
● Organisme de formation professionnelle pour adultes,
l’école dispense des formations en ébénisterie ou
en sculpture ou encore des stages à la carte d’initiation
ou de perfectionnement (7,80 €/h).
● Le coût de cette formation qualifiante et diplômante
de niveau IV homologuée par l’État depuis 1994 est
de 12 000 € TTC pour 1 500 h de formation (38 h/semaine
sur 10 mois). Prix incluant le matériel et les 6 œuvres réalisées durant la scolarité. Divers organismes prennent
en charge tout ou partie du coût de la formation.
● Inscriptions en ligne sur www.esea-avignon.com.
Pour l’admission définitive, entretien obligatoire
d’une demi-journée.
ossier
e
att
oM
alk
©F
©
Al
ex
ey
Jouez la carte
de l’apprentissage !
P
lus que jamais, l’apprentissage est au goût du jour. Pour les entreprises,
les aides au recrutement d’un apprenti ont été augmentées.
D’autre part, la filière attire des jeunes motivés grâce à son taux
d’embauche record en fin d’études. Si vous hésitiez encore,
□□ □
il est peut-être temps de vous muer en maître d’apprentissage.
Dossier réalisé par Florent Lacas
◾ Dites oui à un apprenti
Pour accueillir un jeune apprenti
dans votre entreprise, la marche à suivre
est assez simple. P.30
◾ Une sortie de crise par l’apprentissage
L’artisanat, réservoir d’emplois, résiste encore
et toujours à l’envahisseur. Et montre la voie,
en particulier par le biais de l’apprentissage. P.32
Kl
em
en
tie
r
D ossier
Dites oui à un apprenti
Pour accueillir un jeune apprenti dans votre entreprise, la marche à suivre est assez simple.
Par contre, ce sera à vous de trouver le bon.
« Former
la relève »
Cela permet en outre de
renouveler l’ensemble de
votre corps de métier. « Si
nous ne formons pas la relève, c’est la mort du métier ! »,
juge Nicole Richard, gérante d’un salon de coiffure à
Fontenay-sous-Bois, habituée aux apprentis. Ce n’est
pas une raison, toutefois,
pour prendre en apprentissage le premier venu ! On peut
rencontrer plusieurs candidats, en se mettant en contact
avec sa CMA. Il y a toutes les
chances pour que vous trouviez votre bonheur, car les
motivés sont nombreux.
L’apprentissage revient
à la mode
Sandrine Alet, de la CMA
d’Aveyron, note en effet que
les jeunes sont de plus en plus
attirés par les cursus en alternance. « Ils en ont assez que les
employeurs leur disent qu’ils
manquent d’expérience. »
30
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
Salaire d’un apprenti
Année
d'exécution
du contrat
Âge de l'apprenti
Moins
de 18 ans
De 18 à
21 ans
Plus de
21 ans
1re année
25 %*
41 %
53 %
2e année
37 %
49 %
61 %
53 %
65 %
78 %
e
3 année
* Calculé en pourcentage du SMIC
Et contrairement au cliché
en cours, leurs profils sont de
moins en moins ceux d’élèves
en situation d’échec. « Des
jeunes volontaires viennent
de plus en plus vers nous. Les
entreprises ont donc des expériences positives avec eux et
en redemandent ! »
« Je vois vite
si l’apprenti
est dans
son élément »
Pour vérifier que le candidat
est prêt à travailler, rien ne
vaut une rencontre. Selon les
entrepreneurs qui recrutent
régulièrement des apprentis,
il faut mieux privilégier les
jeunes qui viennent directement se présenter dans vos
locaux. N’hésitez pas à les
inviter ensuite à passer une
journée ou deux au sein de
l’entreprise. Guettez chez eux
l’étincelle de la passion naissante ! « Par exemple, dans
le métier de la coiffure, le
contact avec le client est primordial. Je vois donc assez
vite si l’apprenti est dans son
élément », commente Nicole
Richard. Une fois que vous
aurez fait votre choix, commence alors la phase d’apprentissage.
Accueillir un apprenti,
ça s’apprend
Comme pour n’importe quel
autre salarié, meilleures seront
les conditions de travail, plus
© Florent Lacas
B
ien sûr, certains
entrepreneurs estiment que c’est une
perte de temps. Ils
n’ont pas forcément raison,
car former un apprenti, c’est
éventuellement l’embaucher
en CDI une fois que vous lui
aurez transmis votre conception du métier. Rien ne garantit que vous trouverez un salarié aussi performant, adapté
à vos méthodes et aussi peu
cher que celui-ci.
l’apprenti pourra progresser.
Ne négligez pas de le former,
car c’est lui qui finira par
vous rendre service ! Vous
devrez choisir avec attention
qui sera son maître d’apprentissage. Si vous n’avez pas la
disponibilité nécessaire pour
l’être, vous pouvez déléguer
cette tâche à l’un de vos salariés (voir encadré).
Dès le départ, informez clairement votre nouvel élément
sur les usages de la maison.
La visite des locaux est évidemment un passage obligé
ainsi que la présentation au
reste de l’équipe. Vous devrez
ensuite, progressivement, lui
donner des responsabilités.
« Il ne faut pas qu’il s’ennuie, il
faut l’accueillir, l’intéresser »,
conseille Isabelle Aondetto,
coiffeuse à Créteil. « Et le
former pour qu’il devienne rentable pour nous. »
Les
L
es 6 p
principaux conseils à retenir
1V
Veillez à ne pas saturer d’informations le nouveau venu.
2 Évitez
ez d
de
e trop le surveiller ou faites-le sans en avoir l’air.
3D
Donnez-lui
onnez-lui des responsabilités à sa portée mais en lui laissant assez de latitude
p
ourr q
u’il se ssente valorisé dans ce qu’il fait.
pour
qu’il
4 Soyez
ez atten
attentif
n à ce qu’il apprend en CFA. Tentez de faire correspondre ce qu’il pratique
ett ce q
qu’il
apprend.
u’il ap
pp
5É
Éviter
vitter de le faire débuter uniquement avec des basses besognes. Présentez-lui un panel
des activi
activ
vitté
é qu’il effectuera pendant sa formation, pour lui donner le goût du progrès.
activités
6 En
Enfin,
Enfi
fin, ve
fi
veillez à respecter les consignes de sécurité propres à votre métier.
© F.L.
Le maître d’apprentissage
Des petites attentions
qui changent tout
L’apprenti deviendra un véritable collaborateur quand
vous lui aurez délimité son
domaine d’action. Vous
devrez sans cesse veiller à
l’équilibre qu’il faut respecter entre la liberté d’initiative et l’encadrement. Une
prise de contact avec le professeur du CFA reste primordiale. Connaître le comportement de votre apprenti à
l’école vous éclairera sur ses
attentes, ce qui vous permettra de mieux communiquer
avec lui. « Et plus il y a de
communication, plus il y a
de réussite » selon Catherine
Gavet, directrice du pôle formation emploi de la CMA de
Toulouse.
« Ils nous
apportent des
idées fraîches »
© L.Theeten / Pixel image
Le maître d’apprentissage, qui peut encadrer au maximum
deux apprentis, n’est pas forcément le chef d’entreprise.
Il peut être un salarié s’il a les compétences attendues.
Il doit posséder un diplôme supérieur ou égal à celui
préparé par le jeune ainsi qu’une expérience professionnelle de trois ans dans la filière correspondante à
la formation qu’il suit. S’il ne détient pas les qualifications
scolaires nécessaires, cinq ans de pratique professionnelle
dans l’activité pratiquée par l’apprenti suffiront,
ainsi qu’un niveau de qualification minimal fixé
par le comité départemental de l’emploi.
Laurent Fumas, pâtissier à
Montluel (Ain), a été récompensé par sa CMA pour ses
talents de formateur. En
matière de pédagogie, il ne
distille qu’un seul conseil.
« Il faut apprendre à connaître chaque jeune et adapter
son message. Au final, ce
sont eux qui apportent des
idées fraîches ! » Isabelle
Aondetto est tout aussi préventive avec ses apprentis.
« Il y a des petits détails qui
changent tout. Comme les
envoyer faire un tour quand
je sens qu’ils sont fatigués.
Ce genre d’attentions fait
que l’apprenti se sent bien
chez vous. »
3
CONTACT :
Pour recruter un apprenti,
joignez votre CMA.
Sur www.artisanat.fr,
consultez la rubrique :
Espace artisan / Recruter /
Un apprenti
Les 3 aides à l’embauche
Les
1 Ex
Exonération
E
on
né
de charges : pour les contrats signés à compter du 1er janvier 2007, elle porte sur les cotisations patronales
l’exclusion
de celles dues au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles) et salariales.
(à l’e
exc
2 Indem
Indemnité compensatrice forfaitaire : propre à chaque région, celle-ci est fixée à 1000 € en moyenne pour chaque année
d
u cycle
e de formation.
du
3C
Crédit
rédit
it d’impôt apprentissage : 1 600 € par apprenti employé. Ce montant peut-être porté à 2 200 € lorsqu’il s’agit
d’un
na
ap
apprenti reconnu travailleur handicapé ou lorsqu’il bénéficie de l’accompagnement spécialisé prévu au profit des jeunes
renc
rencontrant des difficultés particulières d’accès à l’emploi.
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
31
D ossier
Une sortie de crise
par l’apprentissage ?
Toute l’économie française est envahie par la crise et la fébrilité. Toute ? Non. L’artisanat,
réservoir d’emplois, résiste encore et toujours à l’envahisseur. Et montre la voie, en particulier
par le biais de l’apprentissage.
N
ous faisons
le pari de
l’apprentissage »,
a proclamé le président de la
République, en annonçant
son plan gouvernemental
pour l’emploi des jeunes (cf.
encadré). Son objectif : 25 %
d’une classe d’âge dans l’apprentissage. Même discours
pour Martin Hirsch, hautcommissaire à la Jeunesse,
qui a demandé 1,5 milliard
d’euros pour financer l’embauche en apprentissage de
100 000 jeunes pour 2009 –
2010. Pour endiguer l’explosion du chômage des jeunes
(+ 34 % en un an), la solution miracle semble donc être
l’apprentissage. Les prophéties des responsables de l’artisanat seraient-elles en train
de se réaliser ?
Le point de vue d’Alain Griset, président de l’APCM
Le recours à l’apprentissage dénote-t-il une victoire des valeurs
de l’artisanat ?
Tout le monde s’est rendu compte au même moment que c’était
une méthode utile pour les jeunes. Certainement parce qu’en temps
de crise, la solidité de l’artisanat se voit davantage qu’en temps normal.
Notre secteur est protégé des délocalisations, les statistiques n’ont pas montré
de débauchages élevés dans l’artisanat. Par contre, elles montrent un taux d’embauche
très important à l’issue des cursus en alternance. Les faits nous donnent raison.
Cela ne peut que convaincre ceux qui avaient encore des doutes…
ELI/APCM
«
Quels sont les freins à l’augmentation des effectifs d’apprentis dans l’artisanat ?
Il faut investir pour créer des nouveaux CFA, capables d’accueillir plus d’apprentis.
Ils ont été pleins en 2008. Pour cela, nous devons disposer de plus de moyens financiers,
donc que les Régions tirent dans le même sens que nous. Enfin, que l’orientation
des élèves soit plus équilibrée entre les filières classiques et la filière professionnelle.
Qu’on arrête de dissuader un jeune de devenir apprenti !
proches des réalités. Et donc,
plus porteuses de débouchés.
La preuve : les 90 % qui trouvent en effet un travail à l’issue
de leur formation. Dès juillet
2007, un sondage du FNPCA
montrait que 52 % des jeunes seraient prêts à travailler
dans l’artisanat si l’occasion
se présentait. Pour leur part,
97 % des Français estimaient
que l’apprentissage devait être
davantage valorisé !
L’apprenti, si longtemps
Un retour en grâce
Car ils étaient nombreux à prévoir depuis quelques années
un retour à des formes d’enseignement plus ancestrales, plus
assimilé à un exploité ou un
jeune en situation d’échec,
est de plus en plus perçu
comme celui qui se place efficacement, et dont la volonté
première est d’accéder à l’indépendance. Si tous les nouveaux apprentis ne deviendront pas nécessairement
artisans, cette reconnaissance
est quand même une victoire
pour l’artisanat. Puisque sa
méthode de transmission du
savoir est désormais recon-
L’apprentissage en vedette
dans le plan en faveur des jeunes
Alexey Klementiev
Annoncé en avril, le plan gouvernemental pour
l’emploi des jeunes fait la part belle au développement
de l’apprentissage. Ainsi, dans le but d’augmenter
le nombre d’apprentis de 320 000 en un an, les
entreprises qui recruteront un jeune en apprentissage
d’ici le 30 juin 2010 seront exemptées de toute charge. Les sociétés de moins de
50 salariés recevront une prime de 1 800 € par apprenti supplémentaire embauché.
32
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
nue comme la plus efficace
pour former les jeunes.
« De meilleures
conditions
de travail »
« Aujourd’hui, les grandes
entreprises découvrent l’apprentissage, celui que nous
pratiquons depuis la nuit des
temps ! », remarque un responsable de l’artisanat. Sandrine
Alet, de la CMA d’Aveyron,
voit dans ce succès le fruit d’efforts consentis par les professionnels, en particulier dans
le secteur du bâtiment. « Ils
ont augmenté les salaires des
apprentis, amélioré les conditions de travail. Plusieurs facteurs ont coïncidé pour que
l’apprentissage se retrouve
dans l’air du temps. »
D ossier Val d’Oise
Embaucher un apprenti
Dans le Val d’Oise, les chefs d’entreprise artisanale, quel que soit leur secteur d’activité, ont bien
compris que jouer la carte de l’apprentissage pouvait devenir un véritable atout, tant pour le jeune
formé que pour l’entreprise dans laquelle il va évoluer. Zoom sur deux coups de « maîtres »
à Saint-Brice-sous-Forêt et Pontoise…
Isabelle Suzanne,
agent Renault à SaintBrice-sous-Forêt
Fille de garagiste et agent
Renault depuis 15 ans tout
près de la zone commerciale de Saint-Brice-sous-Forêt,
Isabelle Suzanne est de ceux
qui ont choisi délibérément
de former des apprentis pour
leur donner une opportunité
professionnelle. Ils sont deux
en entreprise avec des plannings en alternance différents.
Chacun est encadré par un
maître d’apprentissage, des
techniciens avec beaucoup
d’ancienneté.
« Actuellement, je forme
deux apprentis de la section
de mécanique automobile de
l’Institut des Métiers de l’Artisanat (IMA) de Villiers-leBel, un en CAP et l’autre en
BEP. Mes apprentis sont très
encadrés et, telle une mère
de famille, je leur demande
des comptes par rapport au
contenu du cahier de liaison.
Je les choisis scrupuleusement
car j’ai beaucoup de demandes. Je compare les bulletins
de troisième. »
Isabelle les pousse constamment vers l’autonomie. « Les
apprentis en fin de première
année doivent être capables
d’effectuer des révisions générales complètes ainsi que des
freins sous surveillance du
maître d’apprentissage. Pour
la pression et les vidanges
c’est à la fin du premier mois
d’apprentissage. » Sa grande fierté, c’est d’avoir mené
tous ses apprentis jusqu’à
leur diplôme et parfois même
jusqu’à la médaille de l’IMA.
Isabelle Suzanne aux côtés de Kenny, un de ses deux apprentis.
Sébastien (à droite) est apprenti serveur au Pavé de la Roche
à Pontoise, ici avec Hélène et Nicolas Micheli.
Hélène et Nicolas
Micheli, restaurateurs
à Pontoise
« Avant d’arriver à Pontoise
en 1998, nous avions déjà
formé des apprentis dans
notre brasserie parisienne.
Ensuite, nous avons repris
le restaurant Le Pavé de la
Roche qui comptait déjà un
apprenti. »
Depuis, les Micheli mettent
un point d’honneur à transmettre leur métier. Comme
le dit Hélène avec humour :
« Nous avons chacun notre
apprenti, moi pour la salle
et lui en cuisine. » Elle n’élude pas les sujets qui fâchent
quand on est maître d’apprentissage : les incompatibilités d’humeur, les bretelles
qu’il faut remonter parfois…
« La période d’essai nous
aide à bien choisir les jeunes formés et nous bénéficions des conseils de l’équipe pédagogique de l’Institut
des Métiers de l’Artisanat de
Cergy. » Les Micheli accordent une grande importance
au parcours des jeunes formés. « Notre restaurant est
petit et propose de la cuisine française traditionnelle, il
est parfait pour débuter un
apprentissage. Après, pour
s’entraîner aux découpes et
aux flambages par exemple,
nous conseillons aux apprentis de partir dans des grandes
maisons et nous les aidons au
placement. Nous nous investissons toujours. L’an dernier,
notre apprenti cuisinier a fini
deuxième au concours de
cuisine de l’Association des
Restaurateurs Indépendants
du Val d’Oise. »
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
33
P ratique
◼ LICENCIE-
MENT POUR
RETRAIT DE
PERMIS DE
CONDUIRE
Peut-on licencier un
salarié qui, au moyen
de son véhicule personnel
et en dehors de son temps
de travail, commet une
infraction qui le prive,
même momentanément,
de son permis de
conduire ?
La réponse est oui.
Dès lors que le permis
de conduire est un élément essentiel pour
assurer la prestation
de travail, son retrait
peut justifier un licenciement pour cause réelle
et sérieuse.
En l’espèce, un chauffeurlivreur s’est vu retirer
provisoirement son
permis à la suite d’un
contrôle d’alcoolémie.
En dépit du fait que
l’infraction ait été commise en dehors du temps
de travail du salarié
et au moyen de son
véhicule personnel,
cela n’a pas d’incidence
sur la validité du
licenciement.
Le fait qu’il s’agisse
d’une privation provisoire
non plus.
Le licenciement ne
constitue donc pas
dans un tel cas de figure
une mesure disproportionnée et il est justifié.
RUPTURE CONVENTIONNELLE DU CONTRAT DE TRAVAIL
UN QUART
DES DEMANDES REJETÉ
La rupture conventionnelle du contrat de travail séduit : depuis la promulgation
de la Loi de modernisation du marché du travail en août 2008, on dénombre
presque 88 500 demandes déposées. Toutefois, près d’un quart de ces demandes
est refusé. Pour éviter ceci, soyez rigoureux sur plusieurs points.
R
espectez un minimum
de formalisme dans
la convocation et la
rédaction de la convention. Il
est préférable que l’employeur
convoque le salarié à l’entretien qui va permettre d’obtenir l’accord de principe de
la rupture et ouvrir le champ
des négociations, notamment
financières, par courrier
recommandé avec accusé de
réception. Rappelons que le
salarié peut se faire assister
pendant l’entretien, soit par
une personne de son choix
appartenant au personnel de
l’entreprise, soit, en l’absence
d’institution représentative du
personnel, par un conseiller
choisi sur une liste établie par
l’autorité administrative et
consultable dans chaque mairie et auprès de la DDTEFP.
Attention, le conseiller ne
peut pas être un avocat.
Le salarié doit informer l’employeur de cette assistance
avant la date retenue d’entretien. Cette obligation pèse
également sur l’employeur
si celui-ci est assisté pendant
l’entretien. Quant à la convention, elle peut se présenter
sous l’aspect d’un contrat
classique, avec plusieurs clauses, daté et signé de chacune
des parties, chaque partie
conservant un exemplaire en
sa possession. Deux éléments
sont essentiels : la définition
des conditions de la rupture
et le montant de l’indemnité
spécifique de rupture conventionnelle.
est de 15 jours (jours ouvrables c’est-à-dire jours fériés et
dimanche exclus) à compter
de la réception de la demande.
Lorsque ces délais expirent un
samedi, un dimanche ou un
jour férié ou chômé, ils sont
prorogés jusqu’au premier
jour ouvrable suivant.
Le montant de
l’indemnité spécifique
Respecter
les deux délais
Pour la rupture effective du
contrat, deux délais sont à prévoir. Le premier, de 15 jours,
commence à courir une fois
que la convention de rupture
est signée par l’employeur et
l’employé (appelé « délai de
rétractation »). Pendant celuici, chaque partie peut revenir
sur son consentement à la rupture, par courrier recommandé avec accusé de réception.
Le deuxième délai concerne
l’homologation de l’accord,
dont la demande doit être
faite par le salarié ou l’employeur auprès de la DDTEFP.
Pour cela, il faut remplir un
formulaire d’homologation
auquel il faut joindre une
copie de la convention de rupture. Là, le délai d’instruction
Cette indemnité est au moins
égale au montant de l’indemnité que verserait l’employeur
à son futur ex-salarié lors d’un
licenciement, soit au 1/5e de
mois par année d’ancienneté,
si l’ancienneté du salarié est
inférieure à 5 ans, ou à plus du
2/15e de mois par année audelà de 10 ans d’ancienneté.
Les parties peuvent parfaitement convenir d’un montant
d’indemnité spécifique supérieure. La part de l’indemnité
spécifique correspondant au
montant minimum de l’indemnité légale de licenciement
est exonérée de cotisations de
Sécurité sociale et de CSGCRDS. La part supérieure
reste exonérée de cotisations
sociales mais est soumise à la
CSG-CRDS.
Nouvelles obligations sur l’information
des consommateurs
C
oncernant l’information des consommateurs, auparavant, en cas de litige,
c’était au client d’apporter la preuve
qu’il n’avait pas été correctement informé.
Désormais, la donne a changé. Depuis une
modification de l’article L111-1 du Code
34
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
de la consommation (article 22 de la Loi
n° 2009-526 du 12 mai 2009 de simplification des démarches administratives des
usagers) applicable immédiatement, « en
cas de litige, il appartient au vendeur de
prouver qu’il a exécuté cette obligation ».
À vous, donc, de justifier au besoin par une
liste de renseignements divers, remise préalablement à la signature du contrat et signée
par le client, établissant que vous avez délivré toutes les informations à votre client
concernant votre prestation.
Rubrique réalisée en partenariat avec le cabinet
P ratique
◼ EXONÉRATION
TEMPORAIRE
DE LA TAXE
PROFESSIONNELLE
Chômage partiel :
de nouvelles conditions
C
ompte tenu du climat
actuel, des modifications législatives ont été
apportées par le décret
n°2009-478 du 29 avril 2009
relatif à l’activité partielle de
longue durée. Désormais, une
convention d’activité partielle
pour les salariés subissant une
réduction d’activité en dessous
de la durée légale du travail,
pendant une période de longue durée, peut être conclue
pour une durée de 3 mois
minimum renouvelable sans
que la durée totale ne puisse
excéder 12 mois (au lieu de 12
à 18 mois). L’indemnisation
assurée dans le cadre des
conventions d’activité partielle prend la forme d’indemnités horaires brutes au moins
égales à 75 % (au lieu de
50 %). En contrepartie, l’employeur doit s’engager :
◾ à maintenir dans l’emploi
les salariés subissant une
réduction d’activité pendant
une période égale au double
de la durée de la convention
courant à compter de sa signature,
◾ à proposer à chaque salarié
bénéficiaire de la convention
un entretien individuel pour
étudier les actions de formation ou de bilans qui peuvent
être engagées dans la période
d’activité partielle,
◾ à rembourser à l’État les
sommes reçues au titre de
l’allocation complémentaire
de réduction d’activité prévue
dans la convention d’activité
partielle, pour chaque salarié subissant une réduction
d’activité, si le contrat de travail est rompu au cours de la
période d’engagement pour
une cause économique ou en
cas de départ à la retraite.
IMPAYÉS : COMMENT RÉAGIR ?
Compte tenu du contexte économique actuel, nous constatons une forte
recrudescence de demandes quant aux procédures à suivre pour obtenir
le règlement d’une créance qui reste en souffrance. Voici l’attitude à adopter.
U
ne créance ne devient
« impayée » qu’à partir du jour où elle
aurait dû être payée, conformément aux conditions
contractuelles acceptées par le
débiteur. En premier lieu, entamez des démarches amiables
pour faire en sorte que le débiteur rembourse spontanément
sa dette. Courriers, appels téléphoniques, tous les moyens
sont bons, proposez éventuellement au débiteur un paiement échelonné, voire un règlement partiel. À défaut de
réponse positive, il faut impérativement adresser une mise
en demeure de payer. Il s’agit
d’un courrier dans lequel vous
rappellerez le numéro de la
facture impayée, le détail du
montant réclamé ainsi que le
rappel des démarches réalisées
pour obtenir un règlement
amiable. Donnez ensuite à
votre débiteur un délai pour
payer au-delà duquel vous
serez contraint de donner des
suites judiciaires. Il est obligatoire d’envoyer cette lettre par
courrier recommandé avec
accusé de réception. Si le débiteur n’agit pas dans les délais
prescrits, vous pouvez persévérer dans la poursuite amiable
ou entamer une procédure
judiciaire.
Préservez votre créance
Avant d’entamer une procédure judiciaire, vous avez la
possibilité de protéger votre
créance par des « mesures provisoires ». Demandez au juge
de l’exécution l’autorisation
de prendre des mesures conservatoires pour préserver votre
créance. Ces mesures ne vous
permettent pas à elles seules
d’obtenir la vente des meubles
du débiteur mais la combinaison de ces mesures conservatoires avec la reconnaissance
de votre créance vous permettra d’être réglée en priorité.
Intenter une action
en justice
La procédure la plus simple
et souple pour saisir le tribunal consiste à déposer une
requête en injonction de payer
auprès du tribunal d’instance.
La procédure est engagée par
une simple requête selon un
formulaire Cerfa, dûment
complété, signé et adressé par
courrier au Greffe du tribunal
du débiteur ou déposé directement au Greffe.À compter
de la signification par voie
d’huissier de l’ordonnance
portant injonction de payer, le
débiteur dispose ensuite d’un
délai d’un mois pour former
opposition à l’ordonnance. À
défaut, vous détenez un titre
exécutoire permettant d’obtenir le recouvrement forcé de la
créance.
Pour avoir droit
à l’exonération
temporaire de la taxe
professionnelle
vous devez être
un nouvel exploitant
individuel qui bénéficie du régime des
micro-entreprises
et avoir opté pour
le versement libératoire de votre impôt
sur le revenu et de
l’ensemble des cotisations et contributions
de Sécurité sociale
et ce au plus tard
le 31 décembre de
l’année de la création
de l’entreprise.
Ainsi, vous bénéficiez
d’une exonération
temporaire de plein
droit de taxe
professionnelle au
titre des deux années
suivant celle de la
création de votre
entreprise, en sachant
que cette exonération
ne pourra s’appliquer
pour la première
fois qu’à compter
des impositions établies au titre de l’année 2009. Vous devez
en faire la demande
sur la déclaration provisoire de taxe professionnelle au plus tard
le 31 décembre de l’année de création ou
de reprise de l’établissement exonéré.
◼ CONTACT
Mme
QuentinFoulard,
juriste
TélExper’
Pour poser vos
questions juridiques
professionnelles
ou personnelles
appelez TélExper
au 02 43 404 405
(non surtaxé).
Réponses de juriste
ou d’expert (avocat,
notaire, fiscaliste)
par téléphone, par
écrit, sans abonnement, sans RV.
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
35
P ratique Val d’Oise
NOTRE OFFRE DE FORMATIONS
3
CONTACT
Service formation : Isabelle COT
01 34 35 80 35 - [email protected]
Propriété industrielle
La propriété industrielle
Développement de clientèle
Nouveau
● 4 heures
● Chef d’entreprise : 15 € - Salarié : 95 €
● Cergy : 23 novembre de 9 h à 13 h
Transmission - reprise
Cibler, développer et fidéliser
votre clientèle
● 2 jours
● Chef d’entreprise : 30 € - Salarié : 505 €
● Cergy : 13-14 octobre
Concevoir des actions publicitaires
efficaces
L’évaluation de l’entreprise à céder
● Cergy : 19 octobre de 13 h à 17 h
La cession du fonds de commerce
ou la cession des parts sociales.
● 2 jours
● Chef d’entreprise : 30 € - Salarié : 505 €
● Cergy : 5-6 novembre
● Cergy : 16 novembre de 13 h à 17 h
Diagnostic commercial
La poursuite des contrats :
● Chef d’entreprise : 15 € - Salarié
alarié : 275 €
● Cergy : 12 octobre (1 jour)
le bail commercial, les contrats de travail, les
contrats commerciaux.
● Cergy : 7 décembre de 13 h à 17 h
● Chef d’entreprise : 15 € - Salarié : gratuit
Environnement
sécurité - hygiène
Réglementations et bonnes pratiques
de l’hygiène alimentaire
● 1 jour (2 sessions au choix)
● Chef d’entreprise : 15 € - Salarié : 310 €
● Cergy : 22 juin ou 12 octobre
Nouveau
Techniques de vente :
mieux négocier pour mieux vendre.
● 3 jours (2 sessions aux choix)
● Chef d’entreprise : 45 € - Salarié : 730 €
● Cergy : 15-16-17 juin ou 16-17-18 novembre
Rédiger le contenu de votre site Internet
Atelier pratique de conception-rédaction
ion-rédaction
● 2 jours
Nouveau
Informatique
Découverte informatique
● 4 jours
● Chef d’entreprise : 60 € - Salarié : 585 €
● Cergy : 21-22 septembre ou 5-6 octobre
Traitement de texte
● 4 jours
● Chef d’entreprise : 60 € - Salarié : 650 €
● Cergy : 15-16-22-23 octobre
Publipostage
● 1 jour (2 sessions au choix)
● Chef d’entreprise : 15 € - Salarié : 200 €
● Cergy : 1er juillet ou 9 novembre
Le tableur
● 4 jours (2 sessions au choix)
● Chef d’entreprise : 60 € - Salarié : 650 €
● Cergy : 15-16-22-23 juin
ou 5-6-12-13 novembre
La base de données
● 1 jour (2 sessions au choix)
● Chef d’entreprise : 15 € - Salarié : 200 €
● Cergy : 29 juin ou 7 décembre
● Chef d’entreprise : 30 € - Salarié
larié : 505 €
● Cergy : 30 novembre - 1er décembre
Traitement de texte :
passer de Word 2003 à Word 2007
Évaluation des risques professionnels
ofessionnels
du bâtiment
Nouveau
Marchés publics
● 1 jour (2 sessions au choix)
● Chef d’entreprise : 15 € - Salarié : 200 €
● Cergy : 25 juin ou 1er décembre
Nouveau
Calculer ses prix
Le tableur : passer d’Excel 2003
à Excel 2007
● 3 jours
● Chef d’entreprise : 45 € - Salarié : 495 €
● Cergy : 26-27 et 30 novembre
● 1 jour (2 sessions au choix)
● Chef d’entreprise : 15 € - Salarié : 200 €
● Cergy : 26 juin ou 2 décembre
● 1 jour
● Chef d’entreprise : 15 € - Salarié : 225 €
● Cergy : 19 octobre
Puits de lumière
● Chef d’entreprise : 15 € - Salarié : 95 €
● Cergy : 19 juin de 9 h à 13 h
● 1 jour et demi (2 sessions au choix)
● Chef d’entreprise : 22 € - Salarié : 266 €
● Cergy : 30 juin et 1er juillet ou 9-10 novembre
Jean-Emmanuel RINVIL
Taxi parisien
Originaire d’Haïti, j’ai appris le français sans en connaître les bases. De par ma profession, je
suis en contact permanent avec une clientèle variée. Je dois, par conséquent, être capable de
tenir une conversation. Je trouvais essentiel d’acquérir les notions fondamentales de la
langue française tant au niveau de l’écrit que de l’oral. C’est pourquoi, j’ai souhaité participer
à la formation en niveau « perfectionnement ». Les cours, adaptés à nos besoins, permettent
non seulement de consolider nos acquis mais également de prendre confiance en soi.
L’apprentissage du français est totalement lié au monde professionnel et à notre vie
quotidienne. Aujourd’hui, je me sens plus à l’aise face à ma clientèle.
36
●
Le monde des artisans ● juillet-août
mois 2008 2009
P ratique Val d’Oise
Thierry OHAYON
Gérant de l’entreprise de développement durable Bionat
Énergies à Enghien-les-Bains
Jeune entrepreneur dans les énergies renouvelables, intéressé par toutes les nouvelles solutions,
la formation sur le « puits canadien » suivie à la session dernière m’a paru indispensable. Elle m’a
permis d’avoir une vue d’ensemble suffisamment précise pour pouvoir en discuter et la proposer à mes clients.
Analyser les documents comptables
Faites des expositions gagnantes
● 2 jours
● Chef d’entreprise : 30 € - Salarié : 410 €
● Cergy : 21-22 septembre
Aménager son stand
Nouveau
● 2 jours
● Chef d’entreprise : 30 € - Salarié : 410 €
● Cergy : 5-6 octobre
● Chef d’entreprise : 60 € - Salarié : 660 €
Réaliser le book de présentation
de son entreprise
● 2 jours
● Chef d’entreprise : 30 € - Salarié : 410 €
● Cergy : 22-23 octobre
Organiser un stage loisir créatif
● 2 jours
● Chef d’entreprise : 30 € - Salarié : 410 €
● Cergy : 7-8 décembre
Langues
Anglais
Créer le site vitrine de votre entreprise
● 3 jours (2 sessions au choix)
● 6 jours (2 sessions au choix)
● Chef d’entreprise : 90 € - Salarié : 870 €
● Cergy : 19-20-26-27 octobre et 2-3 novembre
ou 18-28-29 janvier et 1er-8-9 février
● Chef d’entreprise : 45 € - Salarié : 510 €
Référencer son site Internet
● Cergy : 2-3-4 et 11 décembre
Établir et informatiser la feuille de paye
● Cergy : 22-23 et 30 juin ou 15-16-21 octobre
Gestion du personnel
Réussir ses photos
● 2 jours
● Chef d’entreprise : 30 € - Salarié 230 €
● Cergy : 6-13 novembre
Communication d’entreprise
● 4 jours
● 2 jours
● Chef d’entreprise : 30 € - Salarié : 325 €
● Cergy : 16-17 novembre
Améliorer votre site Internet
net
● Chef d’entreprise : 15 € - Salarié : 290 €
Nouveau
● 1 jour
● Chef d’entreprise : 15 € - Salarié
alarié : 185 €
● Cergy : 23 novembre
● Cergy : 12 octobre
Vendre en ligne
Recruter son personnel
● 1 jour
Conduire et motiver une équipe
● 2 jours
● Chef d’entreprise : 30 € - Salarié 530 €
● Cergy : 16-17 novembre
Les clés d’un bon maître
d’apprentissage
● 1 jour
● 6 jours
● Chef d’entreprise : 90 € - Salarié : 870 €
● Cergy : 3-4-9-10-14-15 décembre
Être référencé par un moteur
de recherche - Google
● 1 jour (2 sessions au choix)
● Chef d’entreprise : 15 € - Salarié 185 €
● Cergy : 24 juin ou 27 novembre
Retoucher ses photos - Photoshop
● 2 heures/semaine - Forfait 30 heures
● Chef d’entreprise : 75 € - Salarié : 490 €
● Chef d’entreprise : gratuit - Salarié : gratuit
Français
Gérer son temps et son organisation
● 3 jours
● Chef d’entreprise : 45 € - Salarié : 500 €
● Cergy : 25-26 novembre et 16 décembre
● 2 jours
Créer son diaporama - PowerPoint
● Chef d’entreprise : 30 € - Salarié : 530 €
● 2 jours (2 sessions au choix)
● Chef d’entreprise : 30 € - Salarié : 325 €
● Cergy : 18-19 juin ou 17-18 décembre
● 2 heures/semaine - Forfait 30 heures
● Chef d’entreprise : 75 € - Salarié : 480 €
Comptabilité et finances
Initiation à la comptabilité
● 3 jours (2 sessions au choix)
● Chef d’entreprise : 45 € - Salarié : 460 €
● Cergy : 16-17-18 septembre
ou 14-15-16 décembre
● Cergy : 8 octobre
● Cergy : 14-15 décembre
Travailler en couple, mission impossible ?
● 1 jour
● Chef d’entreprise : 15 € - Salarié : 290 €
● Cergy : 15 octobre
Créer l’animation de votre site - Flash
● 2 jours (2 sessions au choix)
● Chef d’entreprise : 30 € - Salarié : 325 €
● Cergy : 6-7 juillet ou 11-12 janvier
Comptabilité sur micro
● 12 jours (2 sessions au choix)
● Chef d’entreprise : 180 € - Salarié : 1 700 €
● Cergy : 16-17-18-23-24-25-30 septembre
et 1-2-7-8-9 octobre ou 14-15-16 décembre
et 6-7-8-13-14-15-20-21-22 janvier
Comptabilité : la fin de l’exercice
● 3 jours
● Chef d’entreprise : 45 € - Salarié : 500 €
● Cergy : 18-19-20 novembre
Bulletin-réponse
Artisans d’art
À retourner à Isabelle COT, CMA du Val d’Oise, 1 av. du Parc, 95015 CERGY PONTOISE CEDEX
Nom :.......................................................... Prénom : .....................................................
Date de naissance : ............................... N° Siren : .....................................................
Adresse :.................................................................................................................................
Téléphone : ...........................................................................................................................
E-mail : ....................................................................................................................................
Formation(s) choisie(s) :....................................................................................................
..................................................................................................................................................
Statut : ◻ Chef d’entreprise
◻ Conjoint associé
◻ Salarié
◻ Conjoint collaborateur ◻ Auxiliaire familial
BANC
d'essai
Utilitaires GNV
La référence
L’Iveco Daily fait figure de référence sur le segment des utilitaires lourds.
Particulièrement apprécié dans le secteur du BTP, il étrenne une nouvelle
motorisation fonctionnant au gaz naturel. Une solution que le Sprinter de
Mercedes propose depuis 18 mois.
Dimensions/
capacités
● L x l x h:
5 077/5 477/5 997/
7 012 x 1 996 x 2 260/
2 640/2 860/ 2 940 mm
● Longueur
de chargement :
2 600/ 3 000/3 520/
4 560 mm
● Hauteur
intérieure :
1 545/1 900/2 100 mm
● Largeur intérieure
mini : 1 030/1 320 mm
● Volume utile :
7,3/9/10,2/12/13,2/
15,6 / 17,2 m3
● Charge utile :
1 230 à 2 315 kg (selon
modèle et PTAC)
● Prix : à partir
de 40 000 € HT
Ce nouveau moteur du Daily fonctionnant au gaz est
étroitement dérivé du 3,0 l turbo diesel maison. Toute
la partie bas-moteur ainsi que la suralimentation par
turbo compresseur et l’échangeur thermique ont été
conservés permettant une puissance de 140 ch
(100 kW). Les rejets de
polluants , grâce au
catalyseur trois voies,
répondent d’ores et déjà
aux futures normes
Euro 6. Au volant, le Daily
GNV se conduit tout à fait
naturellement et sans différence notable par
rapport aux versions équipées d’un moteur diesel. En
revanche, un bourdonnement persistant à certains
régimes peut devenir fatigant à la longue. Le couple
est disponible à bas régime (350 Nm dès 1 500 tours/
minute). Quant à la consommation moyenne de gaz,
elle s’établit aux alentours des 8,7 kg/100 km. Avec
des réservoirs pouvant contenir de 220 à 302 litres de
gaz, l’autonomie moyenne est supérieure à 400 km.
Iveco propose une gamme complète de Daily GNV :
fourgons roues simples ou roues jumelées, châssiscabine simple ou double, quatre empattements
selon les versions et 4 PTAC de 3,5 à 6 tonnes.
Le surpoids d’équipement GNV est compensé
par un « bonus »
de poids mort
permettant ainsi
d’afficher une charge
utile identique à celle
des versions diesel.
Uniquement disponible
en version 100 % GNV aujourd’hui, le Daily sera
disponible en « bi-fuel » GNV-SP 95 à partir du mois
de juillet (doté d’un réservoir de 15 litres de
supercarburant). Dernier écueil à surmonter : un prix
de vente approchant les 40 000 € HT en entrée de
gamme.
3
CONTACT :
www.iveco.fr
Le challenger
Dimensions/
capacités
● L x l x h:
5 910/6 945/7 340 x
1 945/1 960 x 2 435 /
2 720/2 940 mm
● Longueur
de chargement :
3 265/4 300/4 700 mm
● Hauteur
intérieure :
1 650/1 940/2 140 mm
● Largeur intérieure
mini : 978/1 226/
1 350 mm
● Volume utile :
9/11/11,5/14/15,5/
17 m3
● Charge utile :
745 à 2 750 kg (selon
modèle et PTAC)
● Prix : à partir
de 29 960 € HT
Pourtant sorti avant le Daily, le Sprinter NGT est méconnu. L’arrivée du concurrent
italien relance l’intérêt du Mercedes.
Lancé fin 2007, le Sprinter NGT
fonctionne lui aussi avec un
moteur au gaz naturel. Cette version bénéficie de tous les atouts
des autres modèles de la gamme,
à commencer par le sérieux de la
fabrication, exemplaire tant du
point de vue de la cellule de chargement que des matériaux de la
cabine de conduite. Les passagers
apprécieront le confort des suspensions ainsi que le silence du
Sprinter NGT. Sous le capot du
Sprinter NGT prend place un
moteur 1,8 l suralimenté par compresseur. Malgré sa cylindrée plus
faible que celle du Daily, cette
mécanique propose une puissance maxi de 156 ch et un couple
maxi de 240 Nm. En revanche,
il est davantage nécessaire de
monter dans les tours pour exploiter pleinement la mécanique avec
des conséquences directes sur
la consommation de gaz.
À l’inverse d’Iveco,
Mercedes propose
systématiquement
le Sprinter NGT avec
un réservoir d’essence de 100
litres en plus de trois à six réservoirs de gaz (soit de 213 à
313 litres de capacité totale
en gaz). Ajouté aux 100 litres de
supercarburant, cela autorise une
autonomie maximale de 1 220 km
(conso. moyenne mixte en gaz :
9,3 kg/100 km). Le Sprinter NGT
existe en fourgons, en châssiscabine simple ou double cabine,
roues simples ou jumelées ainsi
qu’en Combi pour le transport
de personnes. Le prix de vente
commence à 29 960 € HT.
3
CONTACT :
www.mercedes.fr
Gaz naturel : le réseau à la traîne
Malgré de nombreuses annonces, le réseau de distribution du gaz naturel peine à se développer en France. Actuellement, environ 26 stations ouvertes au public ne permettent pas l’essor de ce carburant. Ce dernier est pourtant bourré de qualités : facile
à transporter, il peut même être « fabriqué » via les ordures ménagères dont la décomposition génère du méthane. Enfin, il est
plutôt respectueux de l’environnement.
38
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
SHOPPING
Échafaudages sérénité
Centaure lance une série d’échafaudages
roulants en aluminium.
Le côté pratique a été soigné avec des roues
réglables, un système d’allonges sur les
étayages qui rend le tout très maniable.
On peut ainsi faire passer son échafaudage
par des portes ou le déplacer sans
le démonter. La hauteur du plus grand
des modèles (STL) est de 10 m. À noter
le confort du plancher long de 2m50, résistant
à 260 kg.
Échafaudages Centaure
De 890 € HT à 1 870 € HT
5
produits
■ Gamme de lasures Cecil
professionnelle
La nouvelle lasure Cecil
respectueuse de l’environnement
assure une décoration et une
protection durable des bois contre
les intempéries et les rayons
UV. Pour la décoration et la
protection, quatre lasures sont disponibles,
plus ou moins performantes contre les
intempéries et les rayons UV. La lasure LX500
« imprégnation » a été formulée avec un agent
bloqueur de tanins, elle évite les remontées
brunes dues à l’humidité, tant que la
moisissure. Une gamme de saturateurs pour
bardages et maisons de bois est également
sur le marché, pour protéger les constructions
en bois.
LX500 : 40 € TTC
Lasures de protection :
de 60 € TTC à 120 € TTC
Saturateurs : de 75 à 90 € TTC
à votre service
Ciments technologiques
Lafarge, avec Sensium Mortier,
propose un ciment sans poussières
qui allie maniabilité, souplesse
et fermeté. Ce produit permet
d’accélérer les opérations de mise en
œuvre d’un mortier, en optimisant
la consommation de ciment. Lafarge
garantit la réalisation de 15 m² de
chape en plus par palette, ce qui
réduit les risques de fissurations et
de retraits.
CIMENT LAFARGE
Power 8
Quatre outils indispensables dans
une seule valise transportable de 16 kg.
C’est ce que propose Ribitech avec
une perceuse, une lampe halogène,
deux scies, une sauteuse et une circulaire.
Chacun de ces outils est alimenté par
une batterie-poignée amovible,
rechargeable en une heure, pouvant
passer d’un appareil à l’autre. Pour ne pas qu’il
y ait de pause dans le travail, Power 8 est
livré avec deux poignées batteries. Enfin,
l’absence de fil de branchement permet
une bonne maniabilité des outils.
Valise Power 8 Ribitech
Caméras infrarouges
Le Diagnostic de performance
énergétique est devenu obligatoire
pour connaître la consommation
énergétique d’un bâtiment.
Topocenter propose trois caméras
infrarouges qui effectuent ce
diagnostic. Il suffit de diriger
l’une d’entre elles vers la cible
pour obtenir des images
infrarouges. Ces appareils peuvent
être achetés ou loués, il n’y a pas
besoin de formation pour
les utiliser.
Caméras Topocenter
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
39
P ratique Val d’Oise
UN SUIVI DES TEMPÉRATURES
PLUS FACILE POUR LES ALIMENTAIRES
Dans les métiers de bouche, le contrôle des températures est primordial pour garantir le respect
de la chaîne du froid. Il existe une nouvelle solution pour surveiller la température en continu,
pendant le stockage en chambre froide.
L
a société BDT, qui commercialise en
France ce dispositif appelé FridgeTag l’a mis à disposition de deux
boucheries du Val d’Oise.
■ Philippe Pouch, de la boucherie de
Sagy : « C’est un appareil simple d’utilisation et toutes les informations sont
visibles immédiatement. »
■ Laurent Maillet, de la boucherie Grande
Rue à l’Isle-Adam : « J’étais à la recherche
d’un dispositif de traçabilité de la température et celui-ci répond à ce besoin avec
un coût plus qu’abordable. »
Toutes les données utiles peuvent être
vérifiées à tout moment sans utiliser
d’ordinateur, et les dépassements de température sont immédiatement détectés.
Son écran donne accès d’un seul regard
à l’historique sur les 30 derniers jours,
avec les températures minimale et maximale quotidiennes, l’heure et la durée de
dépassement de température. L’indication
de l’alarme n’apparaîtra que 60 minutes après le dépassement pour éviter les
déclenchements intempestifs pendant
l’approvisionnement ou le dégivrage. Le
coût de ce dispositif est d’environ 80 €
pour une durée de vie de deux ans. Il
s’élimine ensuite dans une filière DEEE
(déchets d’équipements électriques et
électroniques), comme une calculatrice.
Cet appareil constitue un bon outil de
suivi, mais aussi d’aide à la décision en
cas de dépassement de températures
pour garantir la qualité des produits. Il
existe également des solutions pour le
suivi de température lors du transport
des denrées alimentaires.
3
INFORMATIONS :
www.lamesure-bdt.fr
Le nettoyage des voitures
« avec un verre d’eau » est en vogue
D
ans le Val d’Oise, de nombreuses
entreprises se sont lancées dans
le nettoyage des véhicules à l’aide
du strict minimum d’eau et de détergent
projetés à haute pression. Parmi elles se
trouve Autocleaner.
Fondée au début de l’année par quatre
jeunes âgés d’une vingtaine d’années et
tout juste titulaires d’une licence professionnelle en management de la gestion
commerciale et des services à l’Université de Cergy. Ces camarades de promotion ont pour l’instant investi dans deux
machines possédant chacune deux postes
de travail. Ils peuvent se déplacer partout
en Ile-de-France et facturent environ
69 € TTC par nettoyage complet de véhicule pour les particuliers. Une tarification
spéciale est proposée aux professionnels. Si ce type de nettoyage est sobre en
consommation d’eau, c’est encore mieux
de vérifier auprès du prestataire de service que les produits utilisés sont bien
40
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
biodégradables et non dangereux pour
l’environnement. Pour aller jusqu’au
bout de la démarche, on trouve à présent
des produits d’entretien auto écologiques
et à base d’huiles essentielles.
3
CONTACT :
www.autocleaner.fr
PRESTIGE
MAÎTRE FACTEUR
ET RESTAURATEUR D’ACCORDÉONS
Laurent Jarry
“
Dans l’atelier
d’un archéologue
des instruments
à anches libres
© L.T.
© L.T.
© Alban Landry
© F.L.
© F.L.
“
En haut : En moyenne,trois à quatre cents instruments par
an passent par les mains de Laurent Jarry, qui peut passer
jusqu’à cent heures de travail sur un seul d’entre eux.
Au-dessus à droite : « La boîte d’accordéon »
a également une activité plus classique de revendeur
d’instruments d’occasion. Vendre du neuf,
« ça ne m’intéresse pas vraiment ».
Au paradis d’l’accordéon…
Laurent Jarry vit les mains et la tête dans ses accordéons.
Il les répare, il les compare, il se les accapare.
Accessoirement, il les vend, ce qui ne constitue
que la partie émergée de son activité.
42
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
© L.T.
© L.T.
Aujourd’hui, Laurent Jarry a moins le temps de faire de la recherche pure. Mais grâce aux accordéons qui
transitent par son magasin, il continue de découvrir et d’apprendre.
L
© L.T.
Ci-dessous : L’accordina,
un petit instrument
inventé par Laurent Jarry
en 1995, puis amélioré
en 2004.
ui-même ne s’explique guère de quelle
manière il s’est intéressé à l’accordéon.
À la limite, peu importe, puisqu’il a
trouvé son plaisir : ausculter les entrailles
de ces instruments. Si son métier est de
les réparer, son plaisir est de les étudier, les
disséquer. Dans « La boîte d’accordéon », comme
dans toutes les boutiques, les clients vont et
viennent. Pour autant, cela n’en fait pas un
magasin comme les autres. En l’observant, on
comprend vite que Laurent Jarry n’est pas un
simple rénovateur d’objets vieux et inutilisables.
Son travail tient davantage de celui d’un
historien, d’un archéologue, d’un chercheur. Son
local ressemble d’ailleurs plus à un atelier qu’à
un magasin, avec ces accordéons accumulés là où
il reste de la place. Comme si on entrait
directement dans l’arrière-boutique, près de
l’établi où les vieux accordéons venus des quatre
coins de la France livrent leurs secrets.
Sa passion « monomaniaque », comme il le dit
lui-même en souriant, l’a conduit à créer cette
SARL en 1989, après avoir travaillé dans l’atelier
d’un maître. « Je suis un autodidacte complet »
précise-t-il sans la moindre vanité. Pas de diplômes. Juste cinq ou six cadres accrochés entre les
rangées d’instruments, où l’on peut lire qu’il est
maître artisan depuis 2005, qu’il appartient à
l’Union française des experts (UFE), ou que « La
boîte d’accordéon » est reconnue entreprise du
patrimoine vivant.
Cet homme plutôt pudique recherche-t-il une
quelconque notoriété ? « Il me tient à cœur que
mon savoir-faire soit reconnu. Mon métier, hein,
pas moi… » Laurent Jarry est un modeste, mais
d’une modestie confortée par le savoir encyclopédique qu’il a acquis sur le sujet qui l’intéresse.
« J’ai lu à peu près tous les livres qui ont été écrits
sur l’accordéon. » Lorsqu’il évoque le regretté
Pierre Monichon, historien de l’instrument, qu’il
a fréquenté, son émotion est palpable. Car entre
les murs de son atelier, l’accordéon est une affaire sérieuse. Encore aujourd’hui, Laurent Jarry
est en contact avec divers spécialistes étrangers,
avec lesquels il partage ses découvertes. « Nous
avançons exactement comme des chercheurs qui
enquêtent. »
Et c’est là ce qui anime par-dessus tout Laurent
Jarry : continuer à découvrir, à apprendre.
« Même si forcément, j’en sais de plus en plus ! »
C’est la généalogie de la facture instrumentale
qui l’intéresse, les détails imperceptibles pour les
non-initiés. Laurent Jarry compte-t-il, un jour,
transmettre ce savoir accumulé depuis 25 ans ?
« Oui, mais j’attends de voir quelqu’un qui ait la
motivation nécessaire. » Un passionné qui soit,
comme lui, capable de ressentir « une telle joie
de découvrir un nouveau système en démontant
un accordéon… »
Florent Lacas
3
CONTACT :
La boîte d’accordéon, 8, rue du sergent Bobillot,
93100 Montreuil, www.boite-accordeon.com
1989
2005
2006
Création de la SARL
« La boîte d’accordéon ».
Maître en métier d’art.
« La boîte d’accordéon » est reconnue comme
entreprise du patrimoine vivant.
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
43
I nitiatives
DANS TOUTE LA FRANCE
LES BOULANGERS SONT DE SORTIE
L Fête du pain a fait découvrir au grand public l’univers du boulanger
La
partout en France. Pour cette 14e édition, tous les départements
p
se sont mobilisés : route du pain en Moselle, dégustation de pains
régionaux à Blois… Du blé à la farine, toutes les étapes de la fabrication
du pain ont été présentées avec démonstrations et ateliers, dans un esprit
gourmand et pédagogique. À Paris, la fête a battu son plein sur le parvis
de Notre-Dame et a reçu des « correspondants étrangers ». Récit.
Mettre la main à la pâte
voilà qui amuse beaucoup trois étudiantes chinoises, passées là par hasard.
« C’est amusant de découvrir comment
on fait le pain », confie l’une d’entre elles.
Des concours ont été organisés : le prix
du meilleur croissant au beurre AOC
Charentes Poitou pendant la journée
« viennoiserie » et le master de la baguette
de tradition française. Parce que c’est la
fête des gourmands avant tout, des compagnons du devoir ont aussi proposé des
démonstrations de sucre tiré. Autres invités : le lait et le fromage présentés par le
Centre national de l’économie laitière et
le Syndicat des crémiers fromagers d’Îlede-France.
Après cette initiation, les badauds pouvaient au choix se diriger vers les petits
stands qui proposaient dégustation et
vente des produits (pains et fromages)
à l’extérieur, ou bien découvrir le beach
volley, partenaire de la fête. Enfin, pour
terminer, certains ont osé un petit pas de
danse pour accompagner violon et guitare
qui donnaient le rythme aux chansons
entraînantes des musiciens québécois.
© F.L.
Pour créer des vocations, il y a aussi des
ateliers. Apprendre à faire la baguette,
Photos :B.C.
P
our cette 14e édi
édition,
i lla Fête
ê d
du pain
i
d’Île-de-France a convié le Québec
en invité d’honneur. Et dès l’entrée
dans l’immense tente dressée pour l’occasion, le ton est donné. Car des boulangers,
il y en a, ils s’activent tous autour d’un
fournil géant. Mais ils ne vont pas trop
vite, et l’on décèle chez chacun le plaisir
du travail bien fait. Brioches, spécialités
québécoises aux pommes et les baguettes
évidemment ! Celles qui font notre réputation de par le monde !
Ensuite, à chacun de trouver son bonheur.
On peut observer, poser des questions et
découvrir la patience nécessaire au métier
de boulanger. Car il faut que la pâte lève.
« Là on remue un peu, et on le fera cuire
demain », répond un boulanger québécois
à une jeune femme. Dommage, on aurait
bien goûté tout de suite…
44
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
◾ L’ÉCO artisan,
le futur du bâtiment
I nitiatives
L’ARTISANAT À LA LOUPE
Cherchez les points communs entre Université et artisanat.
Difficile de les trouver. La première rassemble ceux qui étudient
certains phénomènes, publient des recherches, bref, travaillent
essentiellement avec leur tête. Dans le deuxième, on utilise ses mains,
au jour le jour. Et pourtant, ils ont peut-être des choses intéressantes
à construire ensemble. La preuve : la 4e conférence du réseau
Artisanat-Université, qui méritait réellement le détour.
D
es artisans, des présidents de
CMA… pour l’instant, tout est
normal. Mais ce sont aussi des
universitaires qui ont parlé avec passion
de l’artisanat lors de la 4e conférence du
réseau Artisanat-Université. Une étude très
complète sur les entrepreneurs-artisans a
été présentée par l’ISM (Institut supérieur
des métiers). Elle révèle de nouveaux profils d’artisans qui ne viennent pas du secteur. Le schéma « apprentissage + activité
salariée + installation à son compte » semble moins fréquent qu’auparavant, avec
notamment les cas de reconversions pro-
fessionnelles de plus en plus importants.
« Mon fils va reprendre l’entreprise et il est
diplômé en gestion, pas en coiffure », a par
exemple indiqué Pierre Martin, président
de l’UPA. Les universitaires, qui travaillent
avec des artisans, veulent développer des
outils d’autodiagnostic et multiplier les
échanges entre l’université et ce secteur :
« Désormais certains étudiants partent en
stage chez des artisans et y apportent leurs
connaissances. Nous avons créé des filières
spécifiques pour cela », a précisé Marion
Polge, maître de conférence à l’université
de Montpellier.
FLORALIES 2009
LE POUVOIR DES FLEURS
France des fleuristes y était organisée, et c’est
Ronan Quillio, du magasin Chlorophylle
à Chinon, qui a remporté la médaille d’or.
Plus original,
les défilés floraux Interflora
ont présenté
les créations
inédites d’une
quinzaine de
maîtres en art
floral (MOF
ou champions
de France,
d’Europe et
du monde). Les festivités se sont terminées
par un show floral dansé et un spectacle
« féérique » sur l’Erdre, la rivière voisine.
◾ Les ApprentiScènes aux Solidays !
Joël ESTRADE / PhoTo imagine
L
es Floralies Internationales 2009
viennent de se tenir à Nantes. Tous
les quatre ans, cette fête rassemble les
amoureux des
fleurs et les
plus grands
fleuristes pour
des spectacles
surprenants.
Cette année,
pour la 10e
édition, le
thème était
« le pouvoir
des fleurs ».
Le public a pu y découvrir des mini-jardins
réalisés par des classes de primaires et leurs
enseignants à l’aide d’un kit. La coupe de
Entre le 26 mars et le 3 avril, ce ne sont pas moins de 3 500 spectateurs qui sont venus
applaudir les saynètes jouées par des apprentis franciliens, à l’espace Pierre Cardin
à Paris. Une affluence record ! Deux groupes particulièrement appréciés se produisent
aux Solidays 2009, du 26 au 28 juin à l’hippodrome de Longchamp : celui du
CFA Gobelins école de l’image, et celui du CFA bureautique appliquée.
Dans la lignée du Grenelle
de l’environnement, la Capeb
a lancé son label d’ECO Artisan
lors de son assemblée générale,
en avril. Le syndicat estime à
600 milliards d’euros le marché
de rénovation énergétique du
parc résidentiel d’ici 2050.
Le défi pour les entreprises
du bâtiment sera de s’adapter
à cette nouvelle demande
écologique, ainsi qu’aux
nouvelles réglementations.
Pour bénéficier de ce label,
il suffit de se rapprocher de
sa Capeb départementale et
de passer un examen qui valide
ses compétences. Ensuite, il faut
s’engager à respecter les trois
règles de l’ECO Artisan : proposer au client une évaluation
thermique de son logement,
lui apporter un conseil global
en rénovation thermique puis
réaliser les travaux adéquats.
Les dirigeants de la Capeb ont
souhaité mettre l’accent sur
l’importance du travail en
réseau. « Il faudra travailler
ensemble pour porter l’offre
globale » a prévenu Jean-Marie
Carton, représentant de la
Capeb au Grenelle de l’environnement. Jean Lardin, président
de la Capeb, porte également
le projet. « On a du flair, et nous
sentons que les questions environnementales sont plus importantes que tout le reste. C’est
aux artisans de capter le marché
avant de devenir dépendants
des sous-traitants » a-t-il avancé.
En réponse à certains qui craignent de faire les investissements nécessaires pour devenir
ECO Artisan, Jean-Marie Carton
a répondu qu’ils « déboucheront
sur des marchés porteurs ».
Se former
La Capeb encourage les artisans
souhaitant franchir le pas
de suivre les formations FEE Bat
(Formation aux économies
d’énergie des entreprises et
artisans du bâtiment).
Trois modules de un à deux
jours sont accessibles gratuitement, ayant pour thème la
conception d’une solution
globale d’amélioration énergétique, le chiffrage de celle-ci et
les arguments techniques
et économiques pour convaincre le client, ainsi que les différentes technologique à maîtriser. Pour de plus amples
renseignements, contactez
votre Capeb départementale.
Le monde des artisans ● juillet-août 2009 ●
45
O pinion
L’artisanat est à l’honneur en cette période de crise. Les représentants de prestigieux
savoir-faire sont donc plus que sollicités par les médias. Gérard Rapp, président
de la société nationale des meilleurs ouvriers de France a, à cette occasion,
pris pleinement conscience des atouts et faiblesses du secteur.
“
“
Il faut communiquer davantage
et mieux, pour valoriser
nos savoir-faire
© B.C.
Gérard Rapp,
président national de la société nationale
des meilleurs ouvriers de France.
Le Monde des Artisans : Quels sont,
selon vous, les atouts de l’artisan
en ces temps de crise ?
Gérard Rapp : Tout d’abord, l’artisan
est polyvalent. Alors que dans l’industrie, on saucissonne les tâches, l’artisan
maîtrise toutes les étapes de production. C’est un atout indéniable puisqu’il
peut ainsi proposer des services inédits,
répondre à des demandes spécifiques.
Par exemple, un cuisiniste ne pourra présenter à son client que des modèles existants, alors qu’un menuisier pourra tout
concevoir sur mesure en fonction des
envies de son interlocuteur. Deuxième
atout primordial : le relationnel avec le
client. Sur ce plan, l’artisan a une avance
car il sait parler de son métier.
LMA : Et ses faiblesses ?
G. R. : Le revers de la médaille, c’est
que l’artisan n’est pas toujours un très
bon commercial. Et quelle que soit la
qualité de son travail, cela reste indispensable pour développer son activité.
Passionné, l’artisan est bien dans son
atelier, mais souvent, sa notoriété va
dépendre du bouche-à-oreille. Il faut
donc qu’il s’intéresse aussi à l’extérieur.
Comme je l’ai remarqué en prenant
mes fonctions à la société des meilleurs
ouvriers de France, ce qui nous fait
défaut, comme aux artisans, c’est le
manque de communication. C’est particulièrement flagrant en ce moment
alors que nous sommes beaucoup sollicités par les médias.
46
●
Le monde des artisans ● juillet-août 2009
LMA : QUELLES SONT LES RECETTES
DES ARTISANS QUI DURENT ?
G. R. : Il faut bluffer les gens, innover
et rester réactif. Mais évidemment,
il est indispensable de communiquer sur ses produits, son savoir-faire, ses idées. L’artisan doit se faire
connaître. Alors que la période est
particulièrement difficile, je pense
qu’il faut miser sur le long terme. Se
faire un nom, grâce au prestige que
représente notamment le concours
des meilleurs ouvriers de France, est
une des possibilités pour être visible sur le marché. Malgré la crise, il
y a des gens qui savent apprécier un
objet à sa juste valeur, à la passion
mise à la fabrication de celui-ci.
LMA : Que représente l’excellence
pour vous dans ce contexte ?
G. R. : L’excellence a des atouts et est
encore porteuse de réussite professionnelle. Prenez l’exemple d’Andrée Rosier,
meilleur ouvrier de France en 2007, elle a
depuis ouvert un restaurant et déjà obtenu une étoile au Michelin. Quel meilleur
atout pour attirer la clientèle ? Dans cette
optique, pourquoi ne pas s’inscrire pour le
24e concours des MOF ?
+
BIO
LMA : Le gouvernement semble
voir dans l’apprentissage
et l’alternance une solution
au chômage des jeunes. Pensez-vous
qu’il faille le développer ?
G. R. : Nous devons partager notre
expérience, notre savoir-faire de MOF,
tout comme l’artisan doit le faire avec
son apprenti. La France a un patrimoine qui mérite d’être sauvegardé. Elle a
beaucoup d’atouts patrimoniaux, culturels, nous avons le devoir de maintien de
ce patrimoine. Et cela passe forcément
par l’apprentissage.
LMA : Comment attirer plus de jeunes
vers les métiers de l’artisanat ?
G. R. : En valorisant l’image de ses
métiers. Avec le concours du meilleur
apprenti, c’est ce que nous voulons. Les
CFA et les CMA sont contents que l’on
mette en avant des jeunes niveau IV et
V. Ce concours met en valeur une filière
longtemps dépréciée. Les jeunes en ont
souffert et d’ailleurs ils nous remercient.
En tant que MOF, on véhicule une image
positive, donc on doit encourager ceux
qui peuvent nous suivre.
Propos recueillis
par Barbara Colas
1976 : Meilleur ouvrier de France Arts graphiques (impression
typographique).
Depuis 2008 : Président de la société nationale des meilleurs
ouvriers de France.
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