Le_cinema_allemand - L` Allemand dans l`Académie de Caen

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Le Cinéma allemand
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Le Cinéma allemand
A l’occasion de la 62e Berlinale et du projet « Dialogue en perspective », l’OFAJ publie un dossier en français sur
le cinéma allemand.
La Berlinale ou Festival international du film de Berlin (Internationale Filmfestspiele Berlin) est un important
évènement cinématographique et médiatique, créé en 1951, qui se tient chaque année début février, à Berlin et
décerne l'Ours d'or du meilleur film et plusieurs ours d'argent récompensant notamment des professionnels. C’est
aussi un important marché de films. Des rétrospectives et des sections parallèles complètent la manifestation,
portée par la compétition internationale de longs métrages.
Cette année, les studios de Babelsberg (www.studiobabelsberg.com) célèbrent leur 100e anniversaire. La Berlinale
leur rend hommage en projetant des succès internationaux comme « L’ange bleu » (1929/1930) avec Marlene
Dietrich ou « Le Pianiste » (2002) de Roman Polanski.
Le jury de la 62e Berlinale sera présidé par le réalisateur britannique, Mike Leigh. Les membres du jury seront :
Anton Corbijn, Asghar Farhadi, Charlotte Gainsbourg, Jake Gyllenhaal, François Ozon, Boualem Sansal und
Barbara Sukowa.
Zoom sur les membres français du Jury
François Ozon est un réalisateur français qui très vite, se passionne pour le cinéma. Il fait
quelques apparitions comme figurant et met en scène quelques courts métrages amateurs
en super 8 dans lesquels il fait jouer les membres de sa famille.
Après des études cinématographiques, il tourne ses premiers courts-métrages «
professionnels » qui lui assureront très vite une certaine reconnaissance dans le milieu de
cinéma. Ces films obtiennent d'ailleurs de nombreux prix dans des festivals. Durant dix
années, François Ozon enchaîne les courts-métrages avant de passer au long avec
Sitcom. C'est avec Sous le sable qu'i l rencontre une large reconnaissance publique et
critique.
Fort de ce succès, Ozon réunit le gratin du cinéma français (Deneuve, Huppert, Ardant,
Béart) dans 8 femmes. Il enchaîne les films à une cadence régulière – un par an
© Georges Biard
(Swimming Pool, 5x2, Le Temps qui reste, Angel, présenté en clôture de la Berlinale en
2007, Ricky, etc.). L'année 2010 marque son retour aux commandes d'un projet aux
ficelles imparables : un casting de prestige (Depardieu, Deneuve et Luchini notamment), un ton retrouvé de
comédie sociale au vitriol et un accueil chaleureux à la Mostra vénitienne où son Potiche concourait en Compétition
officielle.
En savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Ozon
http://www.francois-ozon.com/fr
Charlotte Gainsbourg est une actrice et chanteuse franco-britannique.
Elle obtient ainsi son premier rôle à l’âge de treize ans. L’année suivante, Jacques Doillon lui
offre quelques répliques dans La Tentation d'Isabelle qui lui vaut d’être remarquée par
Claude Miller. Ce dernier va lui offrir un des principaux rôles de son film L'Effrontée. Sa
performance lui vaut alors le César du meilleur espoir féminin en 1986. Elle travaille ensuite
avec son père, Serge Gainsbourg (Charlotte for Ever en 1986), puis avec sa mère, Jane
Birkin (Kung Fu Master ! en 1987). En 1988, Claude Miller fait de nouveau appel à elle pour
La Petite Voleuse d’après un scénario de François Truffaut. Mais c’est seulement avec Merci
la vie de Bertrand Blier que Charlotte décide de faire carrière dans le cinéma. Sa carrière
redémarre à partir de 2001 avec deux films de son mari, Yvan Attal, comédien et réalisateur.
© Georges Biard
Ma femme est une actrice et Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants ainsi qu’au niveau
international avec 21 grammes où elle joue aux côtés de Sean Penn, ou encore dans I'm not
there sur la vie du chanteur folk Bob Dylan.
Charlotte Gainsbourg a reçu tout au long de sa carrière de nombreux prix et distinctions.
En savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Charlotte_Gainsbourg http://www.charlottegainsbourg.com/
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Nous vous présentons un dossier sur le cinéma allemand qui n'a pas l'ambition de dresser un portrait
détaillé du septième art en Allemagne, mais entend simplement en évoquer les périodes phare. Le choix
des films n'a rien d'exhaustif et reste purement subjectif.
LES TOUS DÉBUTS (1895-1912)
L’invention d’appareils permettant de projeter des « photographies
animées » se produit presque parallèlement en France avec les frères
Lumière et en Allemagne avec Ottomar Anschütz et Max Skladanowsky. La
première projection publique du « Bioskop », inventé par Skladanowsky, a
lieu le 1 er novembre 1895 au « Wintergarten » de Berlin où il filme une
danse paysanne italienne. Outre les effets de spectacle de foire et de
variétés marquant ces débuts du cinéma, d’autres formes narratives
apparaissent vite, comme par exemple le récit documentaire. Skladanowsky
Les frères Skladanowsky
filme l’Alexanderplatz à Berlin, une alerte chez les pompiers et, comme les
frères Lumière, l’entrée en gare d’un train.
Dans les années 1911 à 1914 les films, souvent des séries de sketches avec de véritables mises en scène, durent
une heure et emploient un langage cinématographique très varié. À ses débuts, le cinéma allemand se trouve pris
entre l’obéissance à la hiérarchie et un esprit subversif utilisant les images pour une contre-culture publique. Ainsi,
à cette époque on trouve ce qu’on appelle les « Preußenfilme » (comme par exemple en 1897 le documentaire sur
le 100e anniversaire de l’Empereur Guillaume I). En même temps, certains intellectuels et enseignants ne
reconnaissent au cinéma qu’une fonction éducative.
L’ÂGE D’OR DU CINÉMA ALLEMAND (1920-1933)
La première république allemande, la République de Weimar, débute en novembre 1918 et prend fin en 1933,
l’année où Hitler accède au pouvoir. Pendant cette courte période, le cinéma allemand compte parmi les plus
grands cinémas du monde et produit de très grandes œuvres. C’est, on peut le dire, par l’entremise de son cinéma
que l’Allemagne, exclue après la guerre, va être redécouverte par le reste du monde. Le cinéma allemand des
années vingt est un cinéma d’avant-garde d’une richesse extraordinaire, qui ouvre des voies, métamorphose de
vieilles thématiques et rejoint entre autres le courant esthétique expressionniste.
L’écran démoniaque
C’est à cette époque que des réalisateurs comme Robert Wiene, Ernst Lubitsch, Fritz Lang,
Friedrich-Wilhelm Murnau, Carl Mayer et G. W. Pabst inventent l'âge d'or du cinéma allemand.
C’est selon Lotte Eisner, célèbre historienne du cinéma, la période de « l'écran démoniaque ».
Les cinéastes allemands découvrent le pouvoir de la fascination et de l’hypnose et exploitent le
filon des monstres de cauchemar et des héros de légende (Le Golem, Nosferatu, Caligari, le
cycle des Nibelungen, etc.).
L’esthétique expressionniste, violente et tourmentée, trouve alors son manifeste avec Das
Kabinett des Dr Caligari (Le Cabinet du Dr. Caligari, Robert Wiene, 1920). Les films sont alors conçus comme à
l'abri du monde, à la lumière exclusive du studio. Ils évoquent souvent des sujets lugubres et utilisent des
contrastes saisissants d'ombres et de lumières pour bâtir un monde d'artifices, souvent à la limite de l'abstraction.
La structure géométrique du décor, la pantomime crispée des comédiens sont autant d’éléments qui évoquent une
menace latente.
Fritz Lang et Friedrich Murnau dominent de très haut cette période.
Les grands films de F. W. Murnau, Nosferatu (1922), Der letzte Mann (Le dernier des Hommes,
1924), Tartüff (1925) et enfin Faust (1926) sont aussi largement marqués par l’esthétique
expressionniste, même s’ils ne sauraient s’y cantonner. Ils ont en commun de privilégier l’unité du
plan à la narration, la composition au récit et de faire appel à une multitude de références
picturales, littéraires, philosophiques.
Le célèbre Nosferatu, réalisé en 1922, première adaptation à l'écran du roman d’épouvante
Dracula de Bram Stoker, en est un bon exemple. Il devient entre les mains du réalisateur un
chef-d’œuvre du cinéma, qui dépasse de loin les classiques de sa catégorie.
Avec Fritz Lang, le cinéma allemand connaît certainement son apogée. Dans Metropolis, le réalisateur visionnaire
dépeint dans un travail de composition d’une précision extrême une immense cité verticale, véritable mégalopole
futuriste, séparée en deux parties. Dans la ville haute, les riches tiennent les commandes et mènent une vie
paradisiaque. Dans les souterrains, un peuple misérable, en passe d’être remplacé par les machines, est réduit en
esclavage.
Le passage au sonore et la mise en parenthèse du cinéma allemand
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Les années trente sont aussi marquées par les débuts du cinéma parlant. Le film le plus
connu de cette époque est sans nul doute Der blaue Engel (L’Ange bleu, Joseph
Sternberg, 1930), dans lequel la star Emil Jannings se voit voler la vedette par la
séduisante Marlene Dietrich qui ne séduit pas seulement le malheureux Professeur
Unrat, mais aussi tout le public de l’époque.
Hélas, quelques années plus tard, en janvier 1933, la prise du pouvoir par les nazis
sonne le glas de la liberté artistique du cinéma allemand. De très nombreux techniciens,
acteurs, réalisateurs fuient les persécutions raciales et politiques et vont enrichir les
cinémas européen et américain. Le cinéma allemand mettra des décennies à renaître :
c’est seulement en 1962 que le manifeste Oberhausen lui donnera un nouveau souffle.
Coups de projecteurs
Das Kabinett des Doktor Caligari, 1920 (Le Cabinet du Dr. Caligari)
Réalisateur : Robert Wiene
Acteurs : Werner Krauss, Conrad Veidt, Lil Dagover, Friedrich Feher, etc.
Synopsis :
Deux hommes sont assis sur le banc d'un parc, à la tombée du jour. Le plus jeune, Franz,
raconte à un vieil homme une terrible histoire. Celle-ci commence dans l'ambiance bigarrée de
la foire d'Holstenwall. Parmi les attractions, un docteur aux allures inquiétantes, Caligari, exhibe
dans sa roulotte un jeune somnambule qui dort dans un cercueil. Celui-ci prédit à l’ami de Franz
la mort avant l’aube. La prédiction ne va pas tarder à se réaliser...
En savoir plus : http://www.plume-noire.com/cinema/culte/caligari.html
Nosferatu. Eine Symphonie des Grauens, 1922 (Nosferatu. Une Symphonie de l’Horreur)
Réalisateur : Friedrich Wilhelm Murnau
Acteurs : Max Schreck, Gustav Von Wangenheim, Greta Schroeder, Alexander Granach, etc.
Synopsis :
Vers 1830, Jonathan Hutter, commis d'un agent immobilier, habite Brême avec sa jeune femme.
Il est envoyé en Transylvanie chez un étrange châtelain des Carpates, le comte Orlock, afin de
finaliser l'achat d'une propriété dans la ville. Son hôte se montre vite sous son vrai visage : il est
la réincarnation du vampire Nosferatu, créature démoniaque qui ne peut vivre qu'en suçant le
sang des humains. Dès lors, la terreur et la peste se répandent aux alentours…
En savoir plus : http://www.plume-noire.com/cinema/culte/nosferatu.html
Das Testament des Doktor Mabuse, 1932 (Le Testament du Docteur Mabuse)
Réalisateur : Fritz Lang
Acteurs : Rudolf Klein-Rogge, Oskar Beregi, etc.
Synopsis :
Mabuse, savant illuminé, est interné dans un asile. Ses pouvoirs hypnotiques lui permettent de
faire contrôler par le directeur, le professeur Baum, un gang de malfaiteurs qui sème la terreur.
Aux deux hommes s'opposent un policier et un criminel repenti...
En savoir plus : http://www.devildead.com/critique.php3?FilmID=769
Zoom sur
Fritz Lang (1890-1976)
En 1924, Lang voit pour la première fois la ville de New York. La vue de cette ville de 8
millions d’habitants l’impressionne au point qu’il crée avec sa femme et scénariste, Thea von
Harbou, Metropolis, la quintessence de la modernité mise en images, un univers de ville
futuriste, unique dans son genre. Son œuvre est traversée par de nombreux thèmes comme
la mort, la vengeance, le pouvoir, le surhomme, le double.
En savoir plus : http://www.cineclubdecaen.com/realisat/lang/lang.htm
Ernst Lubitsch (1892-1947)
Dans un premier temps, Lubitsch est acteur et metteur en scène
(courtes grotesques) de la vie quotidienne de Berlin, s’inspirant du
slapstick. En 1922, il part aux Etats-Unis. En trente ans, Lubitsch
tourne plus d’une cinquantaine de films qui témoignent d’un style
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très particulier, fait d’élégance et de légèreté, que l’on a qualifié de « Lubitsch-touch ».
En savoir plus : http://archives.arte.tv/cinema/lubitsch/00.htm
Friedrich Wilhelm Murnau (1888-1931)
Docteur en philosophie, Murnau entre comme acteur dans la
troupe de théâtre de Max Reinhardt qui, avec son travail sur le
clair-obscur, pendant l’ère expressionniste, influença beaucoup
de metteurs en scène de cinéma. De comédien, Murnau devient
un metteur en scène et devient très demandé. Son film
fantastique Nosferatu s’impose comme un classique du cinéma
muet allemand. Son talent est remarqué aux Etats-Unis, où il se
rend en 1926 pour réaliser L’Aurore (Sunrise), considéré
comme son chef-d’œuvre.
En savoir plus :
http://www.arte.tv/fr/mouvement-de-cinema/cinema-muet/Tartueff/1125576,CmC=1128516.html
http://cinema.murnau.bifi.fr/
http://www.murnau-stiftung.de/fr/01-05-00-murnau.html
LE CINÉMA ENTRE PARENTHÈSES (1933-1945)
A partir de 1933, les Nazis au pouvoir contrôlent de près la production cinématographique. « La loi sur le cinéma »
du 16 février 1934, créée par la Chambre du cinéma du Reich (die Reichstagsfilmkammer), met en place la
censure et l’étatisation de l’ensemble de l’industrie cinématographique. Les médias sont donc entièrement placés
sous le joug de l'Etat et toute forme de création privée disparaît. Plus de 2.000 techniciens, acteurs, réalisateurs
fuient les persécutions raciales et politiques et vont enrichir les cinémas européen et américain.
Le cinéma du IIIe Reich cultive d’abord les films de divertissement, les films documentaires au service de la
propagande, mais de rares cinéastes réussissent à réaliser des films qui interrogent subtilement l’histoire
allemande récente.
Faire marcher les usines à rêves
En 1933, le peuple allemand avait l’habitude d’un cinéma de qualité. L’industrie
cinématographique nationale-socialiste disposait des budgets importants. Parmi les
1094 longs métrages produits sous le régime national-socialiste, on trouve d’abord
des comédies (48%), des mélodrames (27%), des films de propagande (14%) puis
des films d’action (11%). Des mélodrames féminins (Wunschkonzert, Eduard von
Borsody, 1940; Die grosse Liebe, Rolf Hansen, 1942; Ich klage an, Wolfgang
Liebeiner, 1941) évoquent des mères et des épouses vertueuses attendant
patiemment le retour des hommes au front. Image qui contraste avec quelques stars
féminines de l’époque, comme Zarah Leander, chanteuse de revue et actrice,
représentant la femme indépendante, libre et même opposée à l’Allemande idéale.
Le film documentaire et la propagande
Peu à peu, à la demande d'Hitler qui se plaignait d'avoir « beaucoup de films patriotiques en général, mais pas de
national-socialistes », les films deviennent ouvertement antisémites : Jud Süss (Le Juif Süss, Veit Harlan, 1940) et
Der ewige Jude (Le Juif éternel, Fritz Hippler, 1940) en sont les plus célèbres exemples.
La propagande s'exerce aussi dans le film historique à la gloire des héros de la germanité; la cinéaste la plus
remarquée du régime est Leni Riefenstahl, qui magnifie les cérémonies nazies dans Triumpf des Willens (Le
Triomphe de la Volonté, 1935) et Fest der Völker und Fest der Schönheit (Les Dieux du Stade, 1938).
Les cinéastes et l’exil
La prise de pouvoir par les nazis en 1933 oblige une grande partie des gens du cinéma à quitter le pays. La France
accueille de nombreux réalisateurs, comme Max Ophüls, Robert Wiene, Georg Wilhelm Pabst, Fritz Lang, Billy
Wilder en 1933. Le film noir, avec son éclairage contrasté, laissant de larges pans de l’écran dans l’obscurité, va
être inventé par ces hommes qui vivaient l’isolement, le chaos de l’Europe et le pessimisme des exilés. À
Hollywood sont produits les films antifascistes les plus connus par des Allemands exilés : To be or not to be (Jeux
dangereux, 1942) de Ernst Lubitsch, et Hangmen (Les bourreaux meurent aussi, 1943) de Fritz Lang.
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Coups de projecteurs
Filmprogramm "Illustrierter Film-Kurier" zum antisemitischen Propagandafilm der
Nationalsozialisten, Herausgeber: Vereinigte Verlagsgesellschaft Franke und Co.
KG, 29,8 x 22,8 cm, Berlin, 1940, DHM, Berlin, 1990/248
Jud Süß, 1940 (Le Juif Süss)
Réalisateur : Veit Harlan
Acteurs : Ferdinand Marian, Werner Krauß, Heinrich George, Kristina
Söderbaum, etc.
Synopsis :
Un juif ambitieux, Süß Oppenheimer, devient le ministre des Finances du faible
duc de Wurttemberg. Il convainc ce dernier de négliger son peuple afin d’établir
une cour luxurieuse. Pour rembourser les dettes, on confie à Süß l’administration
des routes du duché et des péages, ce qui provoque le mécontentement des
habitants. Pour faire face à l’opposition grandissante, Süß suggère la répression
violente de la menace d’une révolution. Finalement, Süß est condamné pour avoir
abusé d’une jeune chrétienne, il est pendu en place publique.
En savoir plus :
http://www.monde-diplomatique.fr/2001/09/RICHARD/15600
http://www.lepost.fr/article/2010/02/17/1946683_le-juif-suss-a-nouveau-dans-les-salles-obscures.html
Die große Liebe, 1942 (Le grand Amour)
Réalisateur : Rolf Hansen
Acteurs : Zarah Leander, Viktor Staal, Grethe Weiser, Paul Höbiger, Wolfgang
Preiss, etc.
Synopsis :
Sur une scène de variétés berlinoise, le lieutenant en chef, Paul Wendlandt, voit
pour la première fois la chanteuse danoise Hanna Holberg. C’est le coup de
foudre. Mais le lendemain, Paul doit rentrer au front. Même si tous deux essayent
à plusieurs reprises de se revoir au cours du film, le destin se montre cruel et les
empêche de se retrouver. Ils se retrouvent finalement et Paul, blessé, demande à Hanna de l’épouser. Comme elle
l’aime toujours, elle accepte.
En savoir plus : http://www.cineartistes.com/ficheZarah+Leander.html?PHPSESSID=d272abaa830c1c5880d8d3323ea53576
Zoom sur
Leni Riefenstahl (1902-2003)
Aussi connue comme danseuse, actrice et photographe, Leni Riefenstahl
s’associe au nazisme à partir de 1933. Ses films de montagne (Die weisse Hölle
des Piz Palü, L’Enfer blanc du Piz Palü, 1929 ; Das blaue Licht, La Lumière
bleue, 1932) avaient beaucoup impressionné Hitler et Goebbels qui commandent
un film sur le congrès de 1934 du NSDAP à Nuremberg : Triumpf des Willens.
Pour la réalisation, Riefenstahl obtient des moyens exceptionnels. Illustrées par la
musique de Richard Wagner, les prises de vues jouent sur les émotions, la
réalisatrice développe ce que Susan Sontag a décrit comme « une esthétique filmique fasciste ».
En savoir plus : http://www.monde-diplomatique.fr/2002/10/RICHARD/16955
Helmut Käutner (1908-1980)
Avec Wolfgang Staudte, Käutner est l’un des rares cinéastes de son époque à
interroger l’histoire allemande récente. Loin du sentimentalisme des mélodrames
grand public, il réalise des films subtilement critiques : Romanze in Moll
(Romance en mineur, 1943), Unter den Brücken (Sous les ponts, 1944). Après la
guerre, Käutner a travaillé pour la radio et a eu beaucoup de succès avec ses
pièces radiophoniques. Il est aussi le réalisateur de deux films allemands très
connus : Der Hauptmann von Köpenick, 1956, et Die Feuerzangenbowle, 1970.
En savoir plus : http://www.premiere.fr/Star/Helmut-KAUTNER
LES ANNÉES D’APRÈS-GUERRE (1945-1949)
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Après la guerre, à partir de 1945, la production cinématographique se développe indépendamment en RDA et en
RFA. À l’Ouest, ce seront essentiellement les Américains qui définiront la politique à mener. À l’Est, par contre, ce
seront les Soviétiques. Les anciens studios de la UFA font partie du secteur soviétique, ils se trouvent à Berlin-Est.
À L’EST
Avant la fondation de la RDA, la zone d’administration soviétique ainsi que sa production cinématographique est
réorganisée par la SMAD (Sowjetische Militäradministration Deutschland, Administration militaire soviétique en
Allemagne). En 1945, de nombreux exilés communistes et des intellectuels se retrouvent à Berlin-Est pour discuter
de la reconstruction d’une nouvelle production cinématographique, animés par le profond désir de critique du
national-socialisme et par la volonté de créer une société socialiste meilleure.
Le 10 mai 1946, la compagnie DEFA (Deutsche Film Aktien AG, Société cinématographique allemande par
actions) obtient une licence exclusive des Soviétiques. Ce sera le futur studio d’État de la RDA qui veillera sur la
production de chaque œuvre cinématographique. Durant les premières années règne à la DEFA une ambiance
stimulante, caractérisée par l’enthousiasme et l’engagement de ses fondateurs ainsi que par l’élan des émigrants
de retour, même si la DEFA est soumise à la double influence de la SMAD et du nouveau parti socialiste unifié
(SED, Sozialistische Einheitspartei Deutschlands). Très tôt, un sérieux travail d’analyse de l’histoire allemande est
entrepris à la DEFA. En effet, Die Mörder sind unter uns (Les Assassins sont parmi nous) de Wolfgang Staudte
est le premier film allemand de l’après-guerre qui, déjà en 1946, pose la question de la culpabilité individuelle.
Coups de projecteurs
Die Mörder sind unter uns
DEFA-Stiftung/Eberhard
Klagemann
Die Mörder sind unter uns, 1946 (Les Assassins sont parmi nous)
Réalisateur : Wolfgang Staudte
Acteurs : Hildegard Knef, Ernst Wilhelm Borchert, Arnold Paulsen
Synopsis :
1945. Susanne Wallner, une jeune photographe, après avoir été internée dans un
camp de concentration, rentre dans son appartement berlinois. Elle y trouve l’ancien
soldat docteur Hans Mertens, qui essaye d’oublier les atrocités de la guerre avec
l’aide de l’alcool. Tous deux s’accordent à partager l’appartement de Susanne et
tombent amoureux. C’est le hasard qui mène Mertens à retrouver son ancien
capitaine Ferdinand Brückner qui entre temps est devenu un homme d’affaires
prospère. Mertens veut se venger au nom de toutes les victimes qui ont été tuées
sous l’ordre de Brückner. Susanne comprend ses intentions et intervient : « Nous
n’avons pas le droit de juger ». Mertens a compris : « Mais nous avons le devoir
d’accuser, d’exiger réparation pour les millions d’innocents assassinés. »
En savoir plus : http://www.cineclubdecaen.com/realisat/staudte
/assassinssontparminous.htm
Zoom sur
Wolfgang Staudte
DEFA-Stiftung
Wolfgang Staudte (1906-1984)
Venant d’une famille de comédiens, Wolfgang Staudte devient lui-même acteur
spécialisé dans le doublage à partir de 1926, d’abord à la Volksbühne, puis dans la
troupe de Max Reinhardt. A partir de 1933, il commence à réaliser ses premiers
courts métrages et tient également des rôles secondaires dans divers films durant
l’époque nazie.
Avec le film Die Mörder sind unter uns (1946), il se penche sur son passé
controversée – en 1940, il avait joué dans le film de propagande Jud Süß –, tout en
créant le premier long-métrage de l’après-guerre qui pose la question de la culpabilité
allemande et individuelle.
De 1946 à 1953, il tourne cinq films au sein de la DEFA, tous caractérisés par un fort
antifascisme et une critique radicale de la haute bourgeoisie. Der Untertan (Pour le
Roi de la Prusse, 1951) d’après le roman de Heinrich Mann, en est un exemple très
connu. Cette satire féroce du militarisme prussien et de l’esprit de soumission est
interdite en RFA jusqu’en 1958. Après son film pour enfants Die Geschichte vom
Kleinen Muck (Le petit Muck) en 1953, Staudte quitte la RDA pour s’installer
définitivement en RFA où il travaille essentiellement pour la télévision.
En savoir plus : http://www.cineclubdecaen.com/realisat/staudte/staudte.htm
À L’OUEST
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Tandis que le centre de production de films se trouve dans la zone orientale, l’infrastructure d’une production doit
d’abord être créée à l’Ouest. Les Américains définissent les grandes lignes et exigent la création de plusieurs petits
centres de production à Munich, Hambourg et Berlin-Tempelhof. Après la guerre, le paysage politique y est
beaucoup plus complexe qu’à l’Est, et on est loin d’un consensus ou d’une réflexion commune à mener au sujet du
passé chez les cinéastes. Certains réalisateurs ayant tourné pour les nationaux socialistes (Veit Harlan, Josef von
Baky, Carl Boese) continuent après 1945 à tourner des films de distraction pour l’Allemagne de l’Ouest. En même
temps, des réalisateurs qui avaient émigré, comme Fritz Lang ou Georg Wilhelm Pabst, reviennent et essayent de
renouer avec le cinéma des années 20. Certains d’entre eux abandonnent pour rentrer aux Etats-Unis. La plupart
des films d’après-guerre sont des films de distraction destinés à faire oublier le passé. À l’ouest, la majorité des
réalisateurs de cette époque sont encore incapables d’aborder le passé récent et se réfugient dans des sujets
sentimentaux et rassurants. Ainsi commence la période des Heimatfilme, des films de famille ou des films
nostalgiques.
LE CINÉMA EN RDA (1949-1990)
Les années 50
Après le départ euphorique que laissaient présager les années 40, le parti montre clairement sa puissance en
définissant le film comme « outil » pour éduquer le peuple au niveau idéologique et impose des valeurs propres au
réalisme socialiste soviétique. Certains réalisateurs, comme Wolfgang Staudte, fuient le régime et laissent en crise
la DEFA. Les réalisateurs restants se plaignent d’un trop grand nombre de règles et d’obligations. En 1951 se
produit le premier cas de censure : Das Beil von Wandsbek de Peter Harnack est interdit par la commission de la
DEFA.
La mort de Staline en 1953 introduit une courte période de décontraction qu’on appelle aussi « Tauwetter » (le
dégel). La réalisation du film Berlin – Ecke Schönhauser (Berlin – Carrefour Schönhauser, 1957) de Gerhard
Klein, qui met l’accent sur l’individu en représentant des jeunes inadaptés contredisant les autorités et dansant sur
de la musique américaine, n’est possible que dans cette période où la réglementation idéologique est relâchée
dans le sens où plus de responsabilité est donnée à l’artiste et où le dogmatisme et la bureaucratie sont diminués.
En 1959, Konrad Wolf réalise Sterne (Etoiles), l’un des films les plus remarquables sur le génocide juif. La
coproduction est-allemande-bulgare a reçu de nombreuses distinctions internationales, dont le Prix spécial du Jury
au Festival de Cannes en 1959.
Zoom sur
Konrad Wolf (1925-1982)
Konrad Wolf est le fils du romancier Friedrich Wolf et le frère de l’espion Markus
Wolf. En 1933, sa famille a émigré en France et ensuite à Moscou pour demander
la nationalité russe. Déjà tout jeune, Wolf est en contact avec le film soviétique : à
l’âge de 10 ans, il joue un petit rôle dans le film Borzy. A l’âge de 17 ans, Wolf fait
son entrée à l’Armée rouge. Il fait partie des troupes, qui, en 1945, libéraient
l’Allemagne. Il décrira ces expériences personnelles dans le film Ich war neunzehn
(J’avais dix-neuf ans, 1967).
Konrad Wolf
DEFA-Stiftung/Walter Ruge
De 1949 à 1955, Wolf apprend le métier de cinéaste à Moscou. En 1965, il devient
Président de l’Académie des Beaux Arts de RDA. Au sein de la DEFA, il réalise des
films souvent très critiques, parmi les plus connus l’on peut citer : Der nackte Mann
auf dem Sportplatz (L’Homme sur le Terrain de Sport, 1974), Mama, ich lebe
(Maman, je vis, 1976), et Solo Sunny (1979). Ce dernier a été réalisé en
collaboration avec le scénariste Wolfgang Kohlhaase et montre la vie marginale
d’une jeune artiste berlinoise.
En savoir plus : http://www.avoir-alire.com/mot-cine.php3?id_mot=110355
1965 « Kahlschlag »
Les années 60 sont marquées par la construction du mur de Berlin (13 août 1961) ainsi que par les problèmes
de stabilité économique grandissants. La DEFA souffre des restrictions imposées par le parti et demeure
« paralysée » à partir de 1965, date à laquelle le comité central du SED se réunit. Lors du 11ème Congrès du
SED, les professions artistiques et culturelles sont particulièrement attaquées et la moitié des œuvres
cinématographiques produites cette année-là, plus tard dénommées Kaninchenfilme (« films de lapins ») est
censurée.
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La plupart de ces films, qui critiquent ouvertement l’Etat, ne sont montrés qu’après la chute du mur. Quelques-uns
de ces films sont : Spur der Steine (Trace des Pierres) de Frank Beyer avec Manfred Krug, acteur très populaire
en RDA ; Berlin um die Ecke (Berlin au Coin de la Rue) deGerhard Klein, Wenn du groß bist, lieber Adam
(Quand tu seras grand, cher Adam) de Egon Günther ; Karla de Herrmann Zschoche ; Jahrgang ’45 (Année 45)
de Jürgen Böttcher ; Der verlorene Engel (L’Ange perdu) de Ralf Kirsten ; Ritter des Regens (Le Chevalier de la
Pluie) de Egon Schlegel et Dieter Roth. Ces films sont aujourd’hui les plus connus de l’héritage cinématographique
est-allemand, étant donné qu’ils reflètent une certaine révolte envers le régime et la vie en RDA. En revanche, ils
ne sont pas représentatifs de la production cinématographique est-allemande.
Coups de projecteurs
Das Kaninchen bin ich
DEFA-Stiftung/Jörg Erkens
Das Kaninchen bin ich, 1965 (Le Lapin, c’est moi)
Réalisateur: Kurt Maetzig
Acteurs: Angelika Waller, Alfred Müller, Ilse Voigt, etc.
Synopsis:
Maria Morzeck a 19 ans et travaille comme serveuse dans un restaurant. Elle ne
peut pas faire ses études comme prévu parce que son frère Dieter a été arrêté et
condamné à 3 ans de prison. Maria tombe amoureuse d’un homme plus âgé, Paul
Deister. Elle apprend plus tard que c’est Paul, en tant que juge, qui a condamné
Dieter. Maria, qui n’a jamais compris le jugement, veut alors connaître toute la
vérité. Paul Deister se révèle être un carriériste ambitieux qui n’arrive pas à
justifier son jugement. Maria le quitte.
En savoir plus: http://www.evene.fr/cinema/films/le-lapin-c-est-moi-23896.php
La vie quotidienne sur grand écran
En 1971, Erich Honecker remplace Walter Ulbricht et devient secrétaire général du SED ainsi que président du
Conseil d’État de la RDA. Ce moment de transition dans la direction politique est d’une grande importance pour la
production cinématographique du pays : dans cette situation particulière où aucun dirigeant n’est clairement en
place, le réalisateur Heiner Carow saisit sa chance pour réaliser le film culte de la RDA : Die Legende von Paul
und Paula (La Légende de Paul et Paula) en 1973. Il s’agit d’une histoire d’amour pleine de charme, de fraîcheur
et de fantaisie qui révèle les ambitions et les espoirs des réalisateurs de l’époque. Angelica Domröse devient
l’icône de la jeunesse est-allemande qui s’identifie à Paula. Par son individualisme, sa liberté et la quête du
bonheur qu’on y trouve, le film est emblématique de la période.
Les films de l’époque se concentrent sur la vie quotidienne en RDA et commencent à mettre plus l’accent sur le
destin individuel. Ainsi, le film Der Dritte (Le Troisième, 1972) de Egon Günther raconte l’histoire de la
mathématicienne Margit Fließer (Jutta Hoffmann), qui casse toutes les conventions en se mettant à la recherche
d’un homme, avec même une parenthèse homoérotique.
Les années 70 sont aussi propices aux adaptations littéraires, un genre très réputé de la DEFA. En 1975, Frank
Beyer reprend le roman de Jurek Becker Jakob der Lügner (Jacob le Menteur). Le film n’est pas seulement
vivement accueilli en RDA, mais rencontre un succès international. Trois ans plus tard, Frank Beyer réalise
l’ambitieux Geschlossene Gesellschaft (Huis clos), qui connaîtra un tout autre destin et marquera la rupture
définitive du réalisateur avec la RDA. Comme il critique de manière trop ouverte les conditions de vie en RDA,
Geschlossene Gesellschaft est interdit par le parti. Par conséquent, les acteurs principaux, Jutta Hoffmann et
Armin Müller-Stahl expriment leur mécontentement en quittant le pays pour s’installer à l’Ouest. Ainsi, la RDA
perd à nouveau deux de ses meilleurs acteurs. En 1976, suite à « l’Affaire Biermann » durant laquelle un grand
nombre d’artistes est-allemands avait signé une pétition pour manifester contre l’expatriation du chanteur contesté
Wolf Biermann, Manfred Krug avait lui aussi quitté la RDA.
Coups de projecteur
Die Legende von Paul und Paula, 1973 (La Légende de Paul et Paula)
Réalisateur : Heiner Carow
Acteurs : Angelica Domröse, Winfried Glatzeder, Eva-Maria Hagen, etc.
Synopsis :
Paul a fait carrière en tant que fonctionnaire au ministère des Affaires
étrangères, sa vie privée est marquée par la routine et l’échec de son mariage.
Paula, quant à elle, vit seule avec ses deux enfants. Lors de leur première
rencontre, ils tombent amoureux l’un de l’autre. Pour Paula cet amour devient sa
seule raison de vivre. Paul, par contre, est perturbé et angoissé et essaye à tout
Die Legende von Paul und Paula
prix de garder le contrôle.
DEFA-Stiftung/Herbert Kroiss
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L’accident mortel du fils de Paula est un moment décisif. Alors que Paula commence à le repousser, Paul
comprend que son amour pour Paula est la chose la plus importante de sa vie. Paul commence à camper devant la
porte de l’appartement de Paula et prend finalement les choses en mains. Sous les yeux des voisins, il casse la
porte avec une hache et reconquiert ainsi Paula. Pourtant, cette histoire d’amour ne durera pas longtemps. Paula
meurt suite à l’accouchement de l’enfant qu’elle attendait de Paul.
En savoir plus: http://www.fragil.org/focus/1055
Crise économique, morale, politique
« L’Affaire Biermann » a profondément changé la relation entre les artistes et le régime. Pour la première fois, des
questions comme celle de la liberté d’opinion circulent ouvertement en RDA. La DEFA en souffre : la qualité des
films pâtit du trouble semé chez les réalisateurs et par conséquent les films attirent de moins en moins de
spectateurs. La RDA essaie de ralentir la chute de fréquentation des salles de cinéma en ouvrant le marché
intérieur aux productions occidentales. Des superproductions hollywoodiennes (Kramer gegen Kramer, Kramer Vs.
Kramer, Robert Benton, 1979), les films musicaux ouest-allemands avec Peter Alexander, la série danoise Die
Olsenbande, ainsi que les films français avec Louis de Funès connaissent un grand succès en RDA dans les
années 80.
Au sein de la DEFA arrive toute une nouvelle génération de réalisateurs, dont des réalisatrices comme Evelyn
Schmidt et Iris Gusner. Ils souffrent de la méfiance de la direction et sont sans cesse obligés de faire preuve de leur
loyauté envers le système socialiste. Leur frustration fait écho au mécontentement grandissant de la population qui
souffre de la grave récession et qui, grâce à la télévision, a l’impression qu’un autre monde est possible à l’ouest.
En 1987, 110 000 hommes quittent la RDA.
Dans les films des années 80, le « héros positif » disparaît au profit de l’individu en crise. Les cinéastes se
concentrent sur des problématiques auparavant ignorées, comme la maladie, la vieillesse, le divorce. Dans Die
Beunruhigung (L’Inquiétude, 1982) de Lothar Warneke, une femme apprend lors d’un examen de dépistage que
les médecins soupçonnent chez elle un cancer du sein et qu’elle doit se faire opérer le lendemain. Dans les 24
heures qui suivent et sous une tension psychologique énorme, Inge réfléchit à sa vie et trouve un nouveau point de
départ, malgré l’inquiétude permanente de la maladie.
Avec les grands mouvements réformateurs de glasnost qui se déclenchent à partir de 1985 en U.R.S.S., la chute
du régime est-allemand n’est plus qu’une question de temps.
Fin
Même si le régime est-allemand tente d’abord de bloquer tout changement, les voix d’artistes s’élèvent de plus en
plus fort pour réclamer plus de liberté, de confiance et la suppression de la censure, que l’écrivain Christoph Hein
décrit en 1987 comme « inutile, paradoxale, inhumaine, illégale et délictuelle ».
La fin de la DEFA s’annonce sur fond de crise économique, de renforcement des activités de la Stasi (ministère de
la Sécurité d’Etat) et d’émergence de l’insatisfaction du peuple qui peu après n’hésite pas à descendre dans la rue
pour l’exprimer. À Dresde comme à Leipzig se déroulent d’importantes manifestations pour la liberté, qui donnent
lieu à des affrontements avec la police.
Die Architekten (Les Architectes, 1989/90) de Peter Kahane a été tourné à cette époque précise et constitue une
parabole politique où une équipe de jeunes architectes devient le symbole de tous ceux qui, au moment où rien ne
semble plus possible, souhaitent changer les choses et s’exprimer librement. Trop tard. Par la touchante histoire de
Daniel Brenner, le spectateur voit s’approcher la fin du système.
En novembre 1989, le mur tombe, ouvrant la frontière entre Berlin-Est et Berlin-Ouest. Ce moment est pérennisé
dans le film documentaire Die Mauer (Le Mur, 1990) de Jürgen Böttcher. Ce film tendant vers le cinéma
expérimental, est consacré entièrement aux derniers jours du mur de Berlin. Il offre au spectateur par ses collages
visuelles et sonores la possibilité de plonger pendant un moment dans l’atmosphère particulière qui régnait à Berlin
après la chute du régime communiste.
Quelques mois plus tard, la réunification de l’Allemagne a lieu (octobre 1990) et la même année, la DEFA devient
une société privée. En 1992, elle est vendue à la Compagnie Générale des Eaux (aujourd’hui Vivendi-Universal)
pour être de nouveau vendue en juillet 2004 aux FBB, les Filmbetriebe Berlin Brandenburg.
Coups de projecteur
Die Architekten, 1989/90 (Les Architectes)
Réalisateur : Peter Kahane
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Acteurs :
Kurt Naumann, Rita Feldmeier, Uta Eisold, Jörg Schüttauf, etc.
Synopsis :
Daniel Brenner est un architecte plein d’idées qu’il n’arrive pas à mettre en œuvre.
Vers la fin des années 80, il vit avec sa femme Wanda et leur fille à Berlin-Est,
derrière le rideau de fer, en attendant ce qui va changer sa vie : la commande d’un
gigantesque projet de construction dans la banlieue berlinoise. Rempli
d’enthousiasme, il part alors à la recherche des meilleurs architectes qu’il compte
parmi ses amis pour former une équipe capable de réaliser ce projet. Pourtant, les
Die Architekten
critères du parti socialiste brident rapidement leurs rêves d’innovation
DEFA-Stiftung/Christa Köfe
architecturale. Tandis qu’au début les architectes se disputent encore avec
l’administration est-allemande, ils finissent par échouer. Wanda et l’enfant quittent la RDA en laissant Daniel seul,
amer et sans perspectives.
En savoir plus : http://web.mac.com/...
Zoom sur
Jürgen Böttcher (1931)
Böttcher, alias Strawalde, est l’un des artistes les plus importants de la RDA.
Pendant toute sa vie, le documentariste s’est trouvé entre l’expression libre de son
art et la censure politique. Même si un certain nombre de ses films ont été interdits
(Drei von vielen, 1961 ; Barfuß ohne Hut, 1964 ; son seul long métrage
Jahrgang ’45 de 1965, Der Sekretär, 1967), Jürgen Böttcher a été de loin le plus
connu des metteurs en scène de films documentaires, genre prédominant en
RDA.
Après la douloureuse expérience de la Seconde guerre mondiale, Böttcher
Jürgen Böttcher
DEFA-Stiftung/Thomas Plenert s’installe en 1949 à Dresde et y entame des études de peinture. Entre 1955 et
1960, il fait ses études à la Hochschule für Filmkunst à Potsdam-Babelsberg et
travaille ensuite dans la section « Actualité et documentaire » de la DEFA.
Parmi ses films les plus connus comptent Stars (1963), Im Lohmgrund, (1976), Martha (1978), Potters Stier,
Venus nach Giorgione, Frau am Klavichord (1981), Rangierer (1984) et Die Mauer (1990).
En savoir plus : http://www.goethe.de/kue/flm/prj/kub/flm/fr3947235.htm
En savoir plus sur le cinéma de RDA : http://www.espacestemps.net/document372.html
LE CINÉMA EN RFA (1949-1990)
À partir de 1949, le cinéma de la RFA, entièrement orienté vers les productions les plus
commerciales, essentiellement préoccupé par la satisfaction d’un marché intérieur, est, jusque
dans les années 1960, un cinéma voué aux genres les plus stéréotypés. C’est le triomphe de
l’opérette filmée et du Heimatfilm (idylle campagnarde et patriotique véhiculant une idéologie
conservatrice), du film de guerre tendant à dédouaner la Wehrmacht de son passé récent ou
des bluettes sentimentales à la Sissi. À l'exception de quelques films de Helmut Käutner (Die
letzte Brücke, Le dernier Pont, 1954 ; Des Teufels General, Le Général du Diable, 1954), il faut
attendre le « manifeste d'Oberhausen » en 1962 pour que naisse un nouveau langage
cinématographique.
À partir de 1949, le cinéma de la RFA, entièrement orienté vers les productions les plus commerciales,
essentiellement préoccupé par la satisfaction d’un marché intérieur, est, jusque dans les années 1960, un cinéma
voué aux genres les plus stéréotypés. C’est le triomphe de l’opérette filmée et du Heimatfilm (idylle campagnarde
et patriotique véhiculant une idéologie conservatrice), du film de guerre tendant à dédouaner la Wehrmacht de son
passé récent ou des bluettes sentimentales à la Sissi.
1962-1980 : Le jeune cinéma allemand
L’héritage d’Oberhausen et l’affirmation d’un cinéma d’auteur
Il est d’usage de considérer que les années soixante, suite à la signature du Manifeste d’Oberhausen par vingt-six
jeunes cinéastes en 1962, marquent le début du « Nouveau Cinéma allemand ». Avec des préoccupations parfois
plus idéologiques qu’esthétiques, les cinéastes s’inspirent de la Nouvelle Vague française. Leurs thèmes de
prédilection sont la quête de la terre natale, la recherche d’identité, la marginalité et de nombreux sujets de société.
Les œuvres réalisées par les nouveaux venus rencontreront immédiatement un grand succès critique, parfois
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même un relatif succès public, tels Der junge Törless (Les Désarrois de l’Elève Törless) de
Volker Schlöndorff, primé au festival de Cannes, et Abschied von Gestern (Anita G.)
d’Alexander Kluge, couronné à Venise. Ce film évoque, à travers le personnage de la juive de
RDA Anita G. qui ne parvient pas à s’intégrer dans la société de l'Allemagne fédérale, le
poids du passé sur la société contemporaine de la fin des années soixante.
En 1979, Alexander Kluge réalisera aussi Die Patriotin (La Patriote), dont le sujet, ambitieux,
est l’Histoire. Le cinéaste est aujourd’hui aussi écrivain (Chronique des sentiments collection « L´Imaginaire » de Gallimard), homme de radio et de télévision.
Si les pionniers d’Oberhausen ont permis l’émergence d’un cinéma d’auteur soutenu par les
institutions et reconnu par l’opinion, l’apogée du jeune cinéma allemand se situe dans les
années soixante-dix, avec des réalisateurs majeurs comme Wim Wenders, Werner Herzog,
Volker Schlöndorff et bien sûr Rainer Werner Fassbinder.
Coups de projecteur
Im Lauf der Zeit, 1975 (Au Fil du Temps)
Réalisateur : Wim Wenders
Acteurs : Rüdiger Vogler, Hanns Zischler, Lisa Kreuzer, Rudolf
Schündler, Marquard Bohm, etc.
Synopsis :
Bruno Winter, un itinérant solitaire allemand habitant dans un camion
de déménagement, travaille comme réparateur de projecteurs de
cinéma. En Allemagne de l’Est, il fait la connaissance de Robert
Landner, un pédiatre qui, souffrant de la séparation d’avec sa femme,
erre dans les rues avec une valise vide. Devenus amis, ils poursuivent
ensemble un voyage qui bouleversera la vie de chacun d’entre eux…
En savoir plus :
www.arte.tv/fr/cinema-fiction/wim-wenders/906530.html www.cinemotions.com/modules/Films/fiche/15488
/Au-fil-du-temps.html
fr.wikipedia.org/wiki/Au_fil_du_temps_%28film%29
Berlin Alexanderplatz, 1979/1980
Réalisateur : Rainer Werner Fassbinder
Acteurs : Günter Lamprecht, Hanna Schygulla, Barbara Sukowa, Gottfried John, etc.
Synopsis :
Tourné pour la télévision, le film basé sur le célèbre roman d’Alfred Döblin, consiste en 14
épisodes, qui décrivent la vie des bas-fonds à Berlin pendant les jours les plus sombres de
la République de Weimar. Franz Biberkopf, qui a tué son amie Ida, vient de sortir de la
prison Berlin-Tegel. Désormais il prévoit de mener une nouvelle vie honnête, mais dans les années 1927-1928 à
Berlin, il n’est pas aisé de mettre ce plan en pratique…
En savoir plus :
www.berlinalexanderplatz.carlottafilms.com/
www.zerodeconduite.net/berlinalexanderplatz/
Die Blechtrommel, 1978 (Le Tambour)
Réalisateur : Volker Schlöndorff
Acteurs : Mario Adorf, Angela Winkler, David Bennent, Daniel Olbrychski, Katharina Thalbach,
Heinz Bennent, etc.
Synopsis :
Dantzig, 1924, le petit Oscar, enfant surdoué, voit le jour. À l'âge de 3 ans, ne voulant pas
accéder au monde des adultes qui le répugne, il décide de mettre brutalement fin à sa
croissance. De son tambour et de sa voix qui brise le verre, Oscar commente l'histoire de sa
famille, de sa ville natale et de la Pologne menacée et envahie par Hitler...
En savoir plus : http://archives.arte.tv/thema/19991205/ftext/programme1.htm
Aguirre, der Zorn Gottes, 1972 (Aguirre, la Colère de Dieu)
Réalisateur : Werner Herzog
Acteurs : Klaus Kinski, Cecilia Rivera, Ruy Guerra, etc.
Synopsis :
En 1560, un groupe d’Espagnols s’engage dans la forêt vierge dans l’espoir de découvrir
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l’Eldorado. « C’est une sorte de farce, d’opéra bouffe, les gens meurent comme à l’opéra.
Cependant il y a deux façons de mourir : les Indiens ont la leur qui comporte beaucoup de
dignité. Bien sûr c'est aussi un film politique : le rôle de l’église, la condition des Indiens. » (W.
Herzog, 1975)
En savoir plus : http://www.cadrage.net/films/aguirre.htm
Zoom sur
Werner Herzog (1942), le cinéaste de l’indicible
Reconnu dès 1967, Herzog est l’une des figures centrales du « jeune cinéma
allemand » .
Avec Jeder für sich und Gott gegen alle (Chacun pour soi et Dieu contre tous –
L’Enigme de Kaspar Hauser, 1974), qui obtient plusieurs prix à Cannes, Werner
Herzog connaît son premier succès international. La portée visionnaire de ses films,
qui mettent en scène des personnages d’exception, est une constante chez le
cinéaste. Dans Aguirre, der Zorn Gottes (Aguirre, la Colère de Dieu, 1972), il
dresse le portrait d’un conquérant de l’inutile à la recherche de l'Eldorado. Aguirre,
l’aventurier mégalomane assoiffé de puissance et d’absolu, finira seul sur un radeau
à la dérive, perdu dans l’univers amazonien.
En savoir plus sur le réalisateur : www.allocine.fr/personne
/fichepersonne.html?cpersonne=201
Rainer Werner Fassbinder (1945-1982)
R. W. Fassbinder est un réalisateur particulièrement prolifique, qui a produit une
quarantaine de longs métrages et de téléfilms en treize ans. Ses œuvres originales
et subversives, à l’image de Martha (1972), posent un regard à la fois critique et
humain sur la société et évoquent de nombreux sujets tels que l’exploration du
fascisme ordinaire, l’aliénation féminine, la discrimination et la marginalité.
Dans ses films, le réalisateur prend souvent le parti des opprimés et des déshérités,
que ce soient des prolétaires dans Händler der vier Jahreszeiten (Le Marchand
des quatre Saisons, 1971), des immigrés dans Angst essen Seele auf (Tous les
autres s’appellent Ali, 1973) ou des homosexuels dans Faustrecht der Freiheit (Le
Droit du plus fort, 1974).
En savoir plus sur le réalisateur : www.arte-tv.com/cinema/fassbinder/ftext
/index.htm
Alexander Kluge (1932)
Critique acerbe de la société contemporaine et du cinéma commercial, Alexander
Kluge est l'un des cinéastes et auteurs majeurs de l'Allemagne de l'après-guerre. Cet
ancien assistant de Fritz Lang est adepte de l'expérimentation visuelle, en particulier
dans le montage de ses films. Abschied von Gestern (1966), adapté de sa
nouvelle.
Anita G. conte les mésaventures d'Anita, une jeune allemande de l'est errant de
petits larcins en vocations avortées, qui enchaîne les déconvenues lorsqu'elle tente
sa chance à l'Ouest.
L'œuvre littéraire de Kluge comprend de nombreuses nouvelles, essais critiques et textes philosophiques dont les
thématiques rejoignent celles de son cinéma.
En savoir plus sur le réalisateur : http://www.goethe.de/INS/fr/lp/kue/flm/fr2062574.htm
Le cinéma au féminin
En 1974, des femmes réalisatrices fondent la revue Frauen und Film, un lieu de réflexion sur les sujets comme le
pouvoir masculin et l’image de la femme au cinéma. À cette époque, le mouvement de femmes est très fort. De
nombreuses femmes font leur entrée dans le monde cinématographique.
Margarethe von Trotta (née en 1942), l’épouse de Volker Schlöndorff, sort en 1978 son premier long métrage Das
zweite Erwachender Christa Klages (Le deuxième Réveil de Christa Klages) en s’intéressant tout au long de son
œuvre à des destins de femmes. Dans Rosa Luxemburg (1985), elle trace un portrait sensible de la grande
socialiste.
Helma Sanders-Brahms (née en 1940) décrit dans ses films le monde du travail en RFA et, avec Shirins
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Hochzeit (Les Noces de Shirin, 1975) le statut des femmes turques en Allemagne. C’est avec le film Deutschland
bleiche Mutter (Allemagne, Mère blafarde) de 1979, qu’elle obtient un succès international important. Apfelbäume
(Pommiers, 1991) est l’un des premiers films après la chute du mur qui ait pour sujet la relation inter-allemande.
Helke Sander (née en 1937), reprend dans son film Die allseitig reduzierte Persönlichkeit – Redupers
(Personnalité réduite de toutes parts) de 1977 la formule utopique de l’Etat est-allemand « la personnalité socialiste
entièrement développée » pour expliquer la situation des femmes en RFA, prises entre travail, enfants et désirs de
créativité.
D’autres réalisatrices de l’époque sont Ulrike Ottinger, Elfie Mikesch, Monika Treut.
La trilogie Heimat
L’œuvre importante « Heimat », une trilogie en 30 épisodes, est une chronique filmée du XXe siècle en Allemagne
et raconte la vie quotidienne de trois familles allemandes à travers quatre générations.
Heimat. Eine deutsche Chronik, 1980-1984
Le feuilleton met en scène la vie quotidienne des habitants de Schabbach (petit village de Rhénanie) entre 1919 et
1982. Au centre du film se trouve la famille Simon avec leurs trois enfants.
Zweite Heimat. Chronik einer Jugend, 1986-1992
Le film accompagne le fils Hermann Simon de son baccalauréat jusqu’à ses études à Munich et son retour à
Schabbach en 1970. L’accent est mis sur la vie des étudiants à Munich dans les années 60.
Heimat 3. Chronik einer Zeitenwende, 2002/2003
Le film se passe dans le Hunsrück et rassemble de nouveau les protagonistes des autres films Heimat. La chute du
mur de Berlin en 1989 est choisie comme point de départ.
En savoir plus : www.heimat123.de
La dépression des années 80-90
Dans les années 80-90, la génération de Oberhausen du Nouveau Cinéma allemand continue à exister et à
produire, mais la jeune génération commence à s’opposer au « cinéma à problèmes », sans cependant trouver de
nouveaux sujets intéressants. Des cinéastes comme Doris Dörrie cherchent du côté de l’humour. C’est l’époque de
la nouvelle comédie allemande. D’autres réalisateurs comme Sönke Wortmann avec Das Superweib (Supernana,
1996) ou Der bewegte Mann (Des mecs, 1998) remplissent avec leurs « Beziehungskomödien » (comédies
« relationnelles ») les salles de cinéma.
LE CINÉMA ALLEMAND CONTEMPORAIN
Après le tournant politique de 1989/90, le cinéma allemand semble renaître de ses cendres. La
production de films est en hausse, le cinéma allemand fait à nouveau parler de lui sur le plan
international, notamment grâce au succès de films tels que Lola Rennt, (Cours Lola cours, 1998),
Halbe Treppe (Frites Et Folie, 2001), Good Bye Lenin (2003), Der Untergang (La Chute, 2005),
Das Leben der anderen (La Vie des Autres, 2006), Auf der anderen Seite (De l’autre Côté,
2007).
Clin d’œil à la RDA
L’humour semble être une manière adéquate d’aborder le sujet du passé
allemand récent. En 1999, Leander Haußmann crée avec Sonnenallee
(1999) une comédie sur la vie quotidienne en ex-RDA et avec Herr
Lehmann (2004) une comédie dont l’histoire se termine avec la chute du
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mur.
Good Bye Lenin (2004) de Wolfgang Becker raconte l’effondrement de l’Allemagne de
l’Est au moment de la chute du mur, et ce avec tendresse, humour et lucidité.D’autres
films se servent de la RDA comme toile de fond. Ainsi Alles auf Zucker (2004) de Dani
Lévy et NVA (2005) de Leander Haußmann.
En 2006, Das Leben der anderen (La Vie des Autres) de Florian Henckel von
Donnersmarck reçoit de nombreuses récompenses, dont l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.
Films sur le passé allemand
Si le douloureux passé de l’Allemagne continue aujourd’hui à inspirer nombre de cinéastes,
ceux-ci semblent désormais porter un regard nouveau, plus distancié et finalement plus
décomplexé, sur l’histoire de leur pays.
Le sujet de la Seconde Guerre mondiale est abordé dans des films tels que Der Untergang
(La Chute, 2005) de Oliver Hirschbiegel ; Sophie Scholl. Die letzten Tage (Sophie Scholl.
Les derniers Jours, 2005) de Marc Rothemund ; Die Fälscher (Les Faussaires, 2006) de
Stefan Ruzowitzky, Am Ende kommen Touristen (Et puis les Touristes, 2007) de Robert
Thalheim, Une perspective humoristique est proposée par le réalisateur suisse Dani Lévy
dans Mein Führer – Die wirklich wahrste Wahrheit über Adolf Hitler (Mon Führer – La
vraie véritable Histoire d’Adolf Hitler, 2007).
Mais d’autres aspects du passé allemand trouvent aussi le chemin du grand écran, dont
l’« automne allemand ». En 2007, le réalisateur Uli Edel rassemble les grands acteurs
allemands pour raconter dans Der Baader-Meinhof-Komplex (La Bande à Baader) les
premières années de la RAF, organisation révolutionnaire d’extrême-gauche ouestallemande. Le documentaire Black Box BRD de Andreas Veiel avait été distingué en
2001, sur le même sujet, par le Prix du cinéma européen et par le Prix du film allemand
en 2002.
Avec plus que 3 millions de spectateurs, Das Wunder von Bern (Le Miracle de Berne,
2003) de Sönke Wortmann, long-métrage sur le parcours miraculeux de l’équipe d’Allemagne de football lors de la
Coupe du Monde de 1954, est un grand succès commercial du cinéma allemand.
Nouveaux réalisateurs
En dehors du célèbre réalisateur d’origine turque Fatih Akin, qui depuis ses débuts
connaît un énorme succès en Allemagne et à l’étranger, un grand nombre de jeunes
réalisateurs et réalisatrices aux origines pluriculturelles font leur entrée sur la scène du
cinéma allemand.
« Le cinéma des immigrés » ne se limite cependant pas aux portraits de certains
milieux, comme des films tels que Kanak Attack (Lars Becker, 2000), Lost Killers (Dito
Tsintsadze, 2000) ou Status Yo (Till Hastreiter, 2004) pourraient le suggérer.
Originaire de Corée du Sud, Cho Sung-hyung présente avec son film documentaire Full
Metal Village (2005/06) un portrait du festival de musique métal allemand « Wacken
Open Air ». Au centre du film se trouvent les habitants du petit village qui accueillent
chaque année environ 60 000 fans de musique métal avec qui ils coexistent pour une
période de quelques jours.
Shasheen Dill-Riaz montre dans son documentaire Eisenfresser de 2008 la démolition navale à Chittagong en se
focalisant sur la situation des ouvriers indiens démantelant des épaves. Son film a été distingué par de nombreux
prix internationaux, dont le premier Prix du festival international du film d’environnement (2007) ainsi que le Prix
Adolf Grimme en 2010.
Nouveaux sujets
Naturellement, la nouvelle génération de cinéastes n’hésite pas pour autant à aborder des thématiques résolument
contemporaines, parfois critiques de la société. Avec Die fetten Jahre sind vorbei (The Edukators, 2004), Hans
Weingartner choisit le sujet de la mondialisation, de la précarisation du travail et de la résistance de la jeune
génération.
Les conflits d’une société multiculturelle sont abordés dans le cinéma allemand intitulé « Cutural Clash » avec des
représentants comme Fatih Akin (Gegen die Wand, 2004 et Auf der anderen Seite, 2007) ou Hans Christian
Schmid.
Lichter (Au loin les lumières, 2003) relate de façon presque documentaire plusieurs tentatives d'immigration de la
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Pologne vers la ville de Francfort-sur-l’Oder en ex-RDA et pose ainsi de façon très concrète la question du rapport
de l'Allemagne aux pays de l’Est.
La réalisatrice Sylke Enders (Kroko, 2003) traite dans ses films la situation des gens marginaux qui vivent dans les
zones urbaines sensibles de Berlin. Avec Allein (2004), Thomas Durchschlag décrit les problèmes d’une jeune
étudiante qui souffre d’une personnalité « borderline ».
« Neue Berliner Schule »
Une autre tendance de la production cinématographique actuelle est le phénomène de la « Neue Berliner Schule ».
Depuis quelques années, une jeune génération de réalisateurs, tels que Thomas Arslan, Christian Petzold et
Angela Schanelec semble renouveler la « Berliner Schule » des années 90. Les films tels queMarseille (2004) de
Angela Schanelec ; Gespenster (2005) de Christian Petzold ; Schläfer (2005) de Benjamin Heusenberg ; Aus der
Ferne (2006) de Thomas Arslan et Sehnsucht (2006) de Valeska Grisebach se caractérisent par de très longs
plans, peu de dialogues, un jeu neutre, voire inexpressif, des acteurs, et une action pauvre. Il n’est pas surprenant
que cette nouvelle tendance artistique soit peu populaire. Seul Die innere Sicherheit (2000) de Petzold a réussit
d’attirer 120 000 spectateurs.
Coups de projecteurs
Das Leben der anderen, 2006 (La Vie des Autres)
Réalisateur : Florian Henckel von Donnersmarck
Acteurs : Martina Gedeck, Ulrich Mühe, Sebastian Koch, Ulrich Tukur
Synopsis :
En Allemagne de l'Est, au début des années 80, Gerd Wiesler accepte de collecter des
informations contre un auteur de théâtre et sa compagne, pour le compte de la police
secrète. La mission de surveillance tourne à l'obsession et les certitudes de Gerd vacillent
quand il s'attache à l'homme qu'il doit détruire.
En savoir plus :
http://www.lemonde.fr/cinema/article/2007/01/30/la-vie-des-autres-au-temps-de-la-rda-etdu-soupcon_861418_3476.html
La Bande à Baader
Der Baader Meinhof Komplex, 2008 (La Bande à Baader)
Réalisateur : Uli Edel
Acteurs : Bruno Ganz, Moritz Bleibtreu, Martina Gedeck, Alexandra Maria Lara
Synopsis :
Ce film d’Uli Edel et de Bernd Eichinger met en scène l’histoire de la RAF, fraction armée
rouge, organisation révolutionnaire d’extrême gauche qui se développe suite à l’essor des
mouvements étudiants en Allemagne. Le film retrace la formation de la RAF autour
d’Andreas Baader (Moritz Bleibtreu), Ulrike Meinhof (Martina Gedeck) et Gudrun Ensslin
(Johanna Wokalek) et sa radicalisation. Il s’étend de la mort de l’étudiant Benno Ohnesorg en
juin 1967 au détournement de l’avion « Landshut » de la Lufthansa jusqu’à l’assassinat du
patron des patrons Hanns Martin Schleyer en octobre 1977.
En savoir plus : http://www.excessif.com/cinema/critique-la-bande-a-baader-4708514-760.html
Das weiße Band, 2009 (Le Ruban blanc)
Réalisateur : Michael Haneke
Acteurs : Susanne Lothar, Ulrich Tukur
Synopsis :
À la veille de la Première Guerre mondiale, l’été 1913 est marqué par une série
d’étranges accidents. Un médecin est victime d’un violent accident de cheval. La
Picture-alliance/DPA
femme d’un paysan meurt. L’histoire des enfants et adolescents de la chorale dirigée
par l’instituteur du village est racontée.
En savoir plus : http://www.lerubanblanc.com/
Schlafkrankheit, 2011 (La maladie du sommeil)
Réalisateur : Ulrich Köhler
Acteurs : Pierre Bokma, Jean-Christophe Folly, Jenny Schily
Synopsis :
Aujourd’hui, Ulrich Köhler est au seuil d’une reconnaissance internationale. Coproduction germano-française,
"Schlafkrankheit / Maladie du sommeil", s’affranchit totalement de la tutelle de « l’école de Berlin », l’autre étiquette
dont s’était vue affublée la jeune génération de cinéastes.
Schlafkrankheit s’attache en premier lieu à Ebbo, un médecin allemand qui dirige près de Yaoundé un programme
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consacré à la maladie du sommeil. Il ne veut pas se résoudre à l’insistance de sa femme,
qui le presse de rentrer en Allemagne, un pays qui lui est maintenant étranger. Quelques
années plus tard, Alex, un médecin français d’origine congolaise partira à la rencontre
d’Ebbo. Et ne trouvera sur place qu’un fantôme.
Ni condescendant, ni complaisant envers l’Afrique, Köhler pointe l’extrême difficulté qu’il y a
à trouver sa place sur ce continent aujourd’hui. Il poursuit ici, sur un mode majeur, son
travail sur la notion de territoire, préoccupations qui traversaient déjà ses deux premiers
films.
En savoir plus : http://www.arte.tv/fr/3708854,CmC=3708856.html
PINA – Tanzt, tanzt sonst sind wir verloren, 2011 (PINA Dansez, dansez sinon nous sommes perdus)
Réalisateur : Wim Wenders
Acteurs : L’ensemble du Tanztheater de Wuppertal
Synopsis :
Film dansé en 3D, porté par l’Ensemble du Tanztheater Wuppertal
et l’art singulier de sa chorégraphe, Pina Bausch, disparue à l'été́
2009.
Ses images nous invitent à un voyage au cœur d'une nouvelle
dimension, d’abord sur la scène de ce légendaire Tanztheater
Wuppertal, puis hors du théâtre, avec les danseurs, dans la ville de
Wuppertal et ses environs. Totalement au service des
© Digitale Leinwand
chorégraphies organiques et radicales de Bausch, le film – parfois
âpre de par son intransigeance – s’articule notamment autour de ballets majeurs comme le « Sacre du Printemps
», « Full Moon » et « Café Müller »), de l’artiste et de témoignages – racontés en mots et en pas de danse - de
ses danseurs. « Pina » sort la danse des lieux clos prouvant ainsi que sa vraie place est en liberté.
© farbfilm verleih
En savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pina_%28film%29
Zoom sur
Fatih Akin (1973)
Après ses études de Sciences de l’information et de la communication à la
Hochschule für bildende Künste (Ecole Supérieure des Arts) à Hambourg, Akin entre
comme stagiaire à la maison de production « Wüste » où il devient scénariste,
réalisateur et acteur. Pendant ses études d’art audiovisuel à la Hamburger
Hochschule für Bildende Künste, il tourne ses deux premiers courts-métrages.
Il se fait remarquer par son premier long-métrage Kurz und schmerzlos
(L’Engrenage, 1998) ainsi que, deux ans plus tard, par Im Juli (Julie en juillet, 2000).
Akin reçoit l’Ours d’or en 2004 pour son drame sur l’immigration Gegen die Wand
(Head-On). En 2005, le réalisateur germano-turc réalise un documentaire sur la
musique en Turquie : Crossing the Bridge – The Sound of Istanbul. Il remporte le
Prix du scénario au Festival de Cannes en 2007 pour le film Auf der anderen Seite
(De l’autre Côté). Sa comédie Soul Kitchen lui vaut le Prix spécial du jury à Venise
en 2009.
Fatih Akin
© Nicolas Genan
En savoir plus : http://www.allocine.fr/personne/
fichepersonne_gen_cpersonne=28280.html
Andreas Dresen (1963)
Le réalisateur est célèbre pour ses films réalistes basés sur l’improvisation et ses
documentaires.
Après avoir été stagiaire aux studios de la DEFA en tant qu’assistant réalisation,
Dresen entame des études de mise en scène à la Hochschule für Film und
Fernsehen Konrad Wolf à Potsdam Babelsberg. Le moment-clé de sa carrière est
son film Nachtgestalten de 1999 : tous les films qu’il réalise après deviennent de
grands succès. En 2002, il décrit avec Halbe Treppe (Frites et Folie) la grisaille de la
vie de deux couples à Francfort-sur-l’Oder. Son documentaire Denk ich an
Deutschland… Herr Wichmann von der CDU (2003) montre la solitude d’un
homme politique pendant sa campagne électorale dans le Brandebourg. D’autres
films importants sont Sommer vorm Balkon (Un Eté à Berlin, 2005) et Wolke Neun
(Septième Ciel, 2008).
En savoir plus : http://www.allocine.fr/personne/
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Andreas Dresen
© Petr Novák
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fichepersonne_gen_cpersonne=17985.html
Liens utiles
www.deutsches-filminstitut.de/dframe12.htm : L’Institut du film allemand
www.filmportal.de : Internet-Portal zum Deutschen Film
www.berlinale.de : 61ème Festival International du Film de Berlin
www.deutschesfilmmuseum.de : Musée du film allemand
www.studiobabelsberg.com : Les studios de Babelsberg
www.bavaria-filmtour.de : Bavaria : une ville et des studios de cinéma au sud de Munich
www.magazine-deutschland.de : Numéro spécial "Cinéma allemand" – Janvier 2009
Version actualisée par Antje Kirsten (2010) et Lara Janitza (2011).
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Glossaire
A
acteur/-trice, m/f
Darsteller/in, Schauspieler/in, m/f
angle de prise de vue, m
Aufnahmewinkel, m
appareil de projection cinématographique, m, voir
aussi projecteur, m
Filmprojektor, m
arrière-plan, m
Hintergrund, m
avancer
Vorspulen
B
bande annonce, f
Trailer, m
bande-son, f
Soundtrack, m, Tonspur, f
bobine, f, m de film
Filmrolle, f
bruitage, m
Geräuschkulisse, f
C
cadre, m
Bildeinstellung, f
caméraman, m voir aussi cadreur, -euse
Kameramann, -frau, m/f
caméra, f subjective
Subjektive Kameraführung, f
cinéma, m, ciné, m
Kino, n
comédie, f
Komödie, f
contre-plongée, f
Froschperspektive, f, Untersicht, f
court-métrage, m
Kurzfilm, m
critique cinématographique, f
Filmkritik, f
D
détail, m
Detailaufnahme, f
distribution de films, f
Filmverleih, m
documentaire, m
Dokumentarfilm, m
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Le Cinéma allemand
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doublage, f
Nachvertonung, f, Synchronisation, f
DVD, m
DVD, f
E
(grand) écran, m
Leinwand, f
échelle, f de plan
Einstellungsgröße, f
F
figurant/e, m/f
Statist/in, m/f
film, m, voir aussi pellicule, f
Film, m
film d’action, m
Actionfilm, m
film d’amour, m
Liebesfilm, m
film fantastique, m
Fantasyfilm, m
film d’horreur, m
Horrorfilm, m
flash-back, m
Rückblende, f
focale, f
Brennweite, f
G
générique, m de début
Vorspann, m
générique, m de fin
Abspann, m
gros plan, m
Großaufnahme, f
H
hors-cadre, m
Off-screen, m
I
insertion, f
Einblendung, f
L
long-métrage, m
Spielfilm, m
M
mise en scène, f
Regie, f
montage, m
Schnitt, m
montage, m parallèle
Parallelmontage, f
musique, f de film
Filmmusik, f
O
objectif, m grand-angle
Weitwinkelobjektiv, n
ouverture, f en fondu
Aufblende, f
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Le Cinéma allemand
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P
panoramique, m
Panoramaschwenk, m Übersichtschwenk, m
pellicule, f
Film, m
plan, m
Einstellung, f
plan, m américain
Amerikanische Aufnahme, f
plan, m d’ensemble
Totale Aufnahme, f
plan, m moyen
Halbtotale Aufnahme, f
plan, m moyen rapproché
Halbnahe Aufnahme, f
plan, m rapproché
Nahaufnahme, f
plan-séquence, m
Plansequenz, f
plongée, f
Obersicht, f , Vogelperspektive, f
policier, m
Krimi, m
première, f
Premiere, f
premier plan, m
Vordergrund, m
prise de vue, f
Aufnahme, f
prix, m
Filmpreis, m
producteur, m
Produzent, m
projecteur, m
Filmprojektor, m
profondeur, f de champ
Schärfentiefe, f
R
réalisateur/ -trice, m/f
Regisseur/in , m/f
rembobiner
Zurückspulen
S
scénario, m
Drehbuch, n
son, m
Ton, m
sortie, f d’un film
Erstaufführung, f, Uraufführung, f
spectateur/ -trice, m/f
Zuschauer/in , m/f
star, f
Star, m
T
téléfilm, m
Fernsehfilm, m
ticket, m
Eintrittskarte, f
tournage, m
Dreh, m
travelling, m
Kamerafahrt, f
avant
arrière
vorwärts
rückwärts
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V
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Video, n
voix-off, f
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