Semence potagères fines - Chambre d`Agriculture du Gard

Transcription

Semence potagères fines - Chambre d`Agriculture du Gard
Fiche Technique
Production Développée en Languedoc-Roussillon
Filière Semences
Septembre 2008
Semences potagères fines
Rédigée par :
Thierry PIANETTI
Chambre d’Agriculture du Gard
Définition
Sous la dénomination «potagère», le
Groupement National Interprofessionnel
des Semenciers (GNIS) distingue deux
groupes d’espèces dont les semences
sont multipliées : les potagères fines et
les légumes secs. Par ordre décroissant
de surface multipliée en 2007 (source
GNIS), ils comprennent :
Légumes secs : Pois potager, Haricot
nain, Lentille et Pois chiche.
Potagères fines : Carotte, Oignon,
Epinard, Radis, Persil, Betterave
potagère, Chicorée witloof (endive),
Mâche, Courge-Courgette, Poirée,
Chou cabus, Céleri, Poireau, Aneth,
Navet, Chou rave, Concombre, Chou
rouge, Echalote, Ciboulette, Cresson
des fontaines, Coriandre, Chou-fleur,
Chicorée sauvage.
Ne pas confondre les potagères des
potagères certifiées qui quant à elles
indiquent
des
espèces
dont
la
multiplication concerne des plants. On y
retrouve l’ail, l’échalote, le fraisier.
Potentiel des marchés
Production
Production en France en 2007
Après une année record en 2006, les
surfaces de multiplication de semences
de potagères fines baissent de 8% et
sont repassées sous la barre des
8 000 ha (7 492 ha).
Les plus fortes baisses concernent les
betteraves potagères, qui diminuent de
50% après avoir dépassé 500 ha
pendant trois ans.
Les persils chutent de 40%, les radis de
14% et en carottes, les surfaces ont
diminué de 10%. Les oignons restent
stables à un haut niveau : plus de
1 400 ha. Les principales hausses sont
pour les mâches et les épinards qui ont
augmenté de 30% et les courgescourgettes de plus de 70%.
Pour les légumes secs, les surfaces sont
en baisse de plus de 1 000 ha pour
atteindre 5 937 ha.
Les pois baissent de 18%, les lentilles de
42% alors que les haricots remontent de
11%, à plus de 1 000 ha.
Sur
les
13 429 ha
de
semences
potagères en 2007, les cinq premières
espèces en terme de surface multipliée
et récoltée en 2007 sont la carotte,
l’oignon, le radis, le pois et le haricot.
Toutes
espèces
confondues,
les
principales zones de multiplication sont
le Centre avec 5 768 ha, les Pays de
Loire 2 868 ha, Midi Pyrénées 1 108 ha,
le
Languedoc-Roussillon
783 ha
et
l’Aquitaine avec 643 ha.
Les acteurs semenciers du marché
français en 2006 :
Limagrain avec ses filiales : Clause,
Téziers, Vilmorin
Monsanto
Bejo
Pujol
Organisation commerciale
Deux départements sont leaders en
multiplication de semences d’espèce
potagère dans le Sud-Est : La Drôme et
Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne »
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Partie 2 : Fiche Semences potagères fines
l’Aude. Les établissements semenciers
cités précédemment produisent dans ces
régions et y ont un pied à terre.
Les producteurs de semences de
potagères
tout
comme
la
filière
betterave, sont représentés par les
Syndicats
des
Agriculteurs
Multiplicateurs de Semences (SAMS) du
Gard et de l’Hérault.
Ces syndicats adhèrent à la Fédération
Régionale
des
Agriculteurs
Multiplicateurs de Semences du Sud-Est
(FRAMSSE). L’ensemble des fédérations
forme au niveau national la Fédération
Nationale
des
Multiplicateurs
de
Semences (FNAMS).
A la FNAMS, la section Potagère réunit
les représentants de ces productions.
Comme toute production de semences,
le Service Officiel de Contrôle (SOC)
garantit au travers de contrôles la
qualité des lots de semence produits
ainsi que leur traçabilité. Chaque parcelle
de multiplication est suivie et les
dispositifs de production (isolement,
semis…) sont contrôlés.
Comme toutes les semences, des
normes minimales de qualité telle que la
faculté germinative, la pureté spécifique
et pureté variétale sont exigées. En cas
de non agréage (normes minimales non
atteintes), le lot n’est pas payé.
Disponibilité en contrat de semence
Les exigences toujours croissantes des
établissements en terme de distance
d’isolement, jusqu’à quatre kilomètres
entre hybride de même espèce mais de
couleurs
différentes,
poussent
les
établissements à élargir leur zone de
prospection afin de trouver de nouvelle
zone de production lors d’augmentation
de programme.
C’est le cas pour 2008 en oignon
hybride. Les programmes sont en forte
hausse.
Synthèse
Ces productions sont adaptées au climat
méditerranéen et encadrées par des
contrats. Cependant, la mise en place de
ces productions nécessite irrigation,
main d’œuvre et trésorerie ce qui peut
être
un
facteur
limitant
pour
l’agriculteur.
Prix
Cette production fait l’objet d’un contrat
de semence d’une durée d’un an.
Après plusieurs années de blocage des
discussions interprofessionnelles sur les
prix, il a été décidé d’abandonner toute
fixation
de
référence
interprofessionnelle.
L’habituel tableau sur les prix de
référence par espèce et pour les variétés
du domaine public n’existe plus.
Au sein de la section semences
potagères du GNIS, une commission
économique s’est substituée à la
commission des prix. Cette nouvelle
instance interprofessionnelle s’est réunie
pour la première fois en mai 2006 et à
nouveau le 10 mai 2007. Elle permet aux
représentants des agriculteurs et à ceux
des
entreprises
d’échanger
des
informations sur les rendements, les
surfaces, les prix et les chiffres d’affaires
réalisés, et ce pour les cinq principales
espèces potagères en terme de surface :
carotte, oignon, radis, pois et haricot.
Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne »
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Partie 2 : Fiche Semences potagères fines
Impact environnemental
Impact des intrants
Multiplier
une
semence
exige
un
rendement rémunérateur mais aussi et
surtout une qualité minimale en terme
de faculté germinative et de pureté
spécifique. Optimiser ces 2 paramètres
indicateurs d’un lot de qualité passe par
une parfaite maîtrise de l’enherbement
(pureté spécifique) et des maladies (la
faculté germinative).
Ces
interventions
relèvent
de
l’application
de
bonnes
pratiques
agronomiques
et/ou
des
produits
phytosanitaires dans des conditions
adaptées et à des stades physiologiques
clés pour une meilleure efficacité des
traitements. Cela sous-entend un suivi
de culture rigoureux pour anticiper toute
intervention.
Impact sur la biodiversité
L’obligation donnée au travers du contrat
d’une
rotation
minimale
implique
l’alternance de cultures d’hiver avec des
cultures de printemps et de familles
variées. Cette diversité apporte un
impact positif sur la biodiversité.
Synthèse
Ces cultures apportent un plus au niveau
paysage mais demandent un savoir-faire
et une technicité particulière de la part
de l’agriculteur multiplicateur.
Côté fertilisation, le fait de multiplier des
géniteurs de type lignée (peu de vigueur
à la levée et besoin plus important en
chaleur) peut en certaines circonstances
exiger plus d’éléments nutritifs comme
l’azote mais aussi les oligo-éléments.
Impact sur la ressource en eau
Les contraintes de la production de
semences rendent obligatoire l’irrigation.
L’irrigation sera réalisée de préférence à
la couverture, voire au canon.
Les besoins en eau sont peu importants,
de l’ordre de 1 000 m3/ha en année
moyenne
pour
les
cultures
dites
biannuelles (implantation à l’automne et
récolte courant juillet, exemple l’oignon).
Ces besoins sont plus importants pour
les cultures dont le cycle est estival,
exemple les cucurbitacées.
Impact sur les paysages
Dans tout contrat de multiplication de
semences, une rotation minimale est
mentionnée.
Cette notion de rotation induit un
paysage diversifié et non une vision de
monoculture.
Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne »
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Partie 2 : Fiche Semences potagères fines
Contraintes
techniques
agronomiques
Calendrier de production
Biannuelles : Carotte, Oignon…
et
Type de sols
Leurs exigences en type de sol sont
comparables à celles des mêmes espèces
cultivées à des fins alimentaires, les
légumes.
En ce qui concerne l’oignon, un sol
filtrant est fortement recommandé afin
de minimiser les pertes de bulbes à
cause de pourriture au cours de l’hiver.
La parcelle devra également être bien
exposée pour bénéficier de courant d’air
évitant ainsi les brouillards propices au
développement du mildiou, maladie
fortement préjudiciable à la culture. Une
forte attaque de mildiou non maîtrisée
peu amener à l’abandon de la culture
voire même à sa destruction.
Implantation de la production
En fonction des espèces le mode de
plantation est différent :
Les espèces qui se sèment (graine) :
le matériel utilisé est un semoir
pneumatique. Espèces concernées :
carotte, choux, poireaux, radis,
betterave.
L’opération
est
entièrement mécanisée.
Les espèces qui se repiquent :
l’établissement fournit des plants et
le multiplicateur les repique à l’aide
d’une
planteuse.
Espèces
concernées : choux, poireaux. Cette
opération nécessite de la main
d’œuvre,
en
général
quatre
personnes.
Semis (ex : carotte)
Octobre
Plantation, repiquage:
- Bulbes : Oignons…
- Plants : Poireaux…
Automne
Désherbage
Insecticides
Avril / Juin
Epuration (Floraison)
Fongicide
Destruction des mâles
Juin / Juillet
Andainage
Récolte
Calendrier de production
Annuelles : Courgette, Melon…
Topographie
Culture nécessitant de la mécanisation
(semis,
traitement,
récolte),
donc
impossible sur des pentes > 7%.
Adaptation au climat
D’un point de vue sanitaire le climat
méditerranéen
convient
à
la
multiplication de ces espèces.
25 Août / 15 Sept.
Fin Avril / Mai
Semis
Mai / Juin
Désherbage
Insecticides
Juillet
Epuration (Floraison)
Septembre
Récolte
Les
espèces
à
bulbes :
la
plantation se fait à l’aide soit d’une
planteuse ou d’une distributrice type
pomme de terre. Espèce concernée :
oignon. Cette opération nécessite de
la main d’œuvre de l’ordre de quatre
personnes.
Conduite de la production
Pour les lignées, un seul type de graine
ou plants.
Pour les hybrides : deux génétiques
différentes à mettre en place (mâles et
femelles), le plus souvent la plantation
se fait en un seul passage (pas de
décalage dans le temps).
Opération
spécifique
en
plus
du
désherbage, de la protection fongicide et
insecticide
1 à 2 binages
Destruction des mâles, dans le cas de
production d’hybride. Cette opération
peut-être mécanisée (broyeur)
Deux types de récoltes
Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne »
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Partie 2 : Fiche Semences potagères fines
- Récolte de graine : Le battage est
réalisé à l’aide d’une moissonneuse
batteuse (directement au champ). La
végétation est parfois défanée afin
d’homogénéiser le produit à battre
(exemple : carotte, fenouil, radis…).
Pour certaines espèces telles que
l’oignon, le poireau ou encore les
choux, le battage est précédé d’une
phase de séchage en séchoir. Cela se
traduit par une récolte le plus
souvent manuelle des inflorescences
qui sont ensuite mises en séchoir et
ventilées pendant deux à trois
semaines. Dès que la marchandise
est suffisamment sèche, elle est
reprise
et
battue
avec
une
moissonneuse batteuse.
Récolte
de
soupe :
Caractéristique des cucurbitacées
(courge,
courgette,
melon).
L’établissement fournit une batteuse
spécifique à cette tache. Celle-ci est
approvisionnée en fruits et extrait les
graines. L’opération nécessite un
approvisionnement continu en eau et
le produit du battage est une
« soupe » de graine avec un peu de
pulpe. Cette « soupe » est acheminée
à la station de l’établissement qui,
après séchage, va séparer la graine
des déchets (pulpe, fibres…). Ce
mode de récolte nécessite de la main
d’œuvre, au moins trois personnes.
Afin de pouvoir réaliser cette récolte,
les
fruits
seront
auparavant
andainés. Là aussi, du personnel sera
nécessaire.
Irrigation
Elément indispensable pour
d’un contrat de semence.
disposer
Contrainte de main d’oeuvre
Nécessite de la main d’œuvre afin
d’effectuer :
Plantation
Epurations
(hors
type) :
cette
opération est relativement rare mais
peu s’avérer nécessaire dans le cas
de semis
Andainage ou mise en séchoir
Récolte
Environ 200 heures sont nécessaires, de
l’implantation à la récolte, dans le cas de
multiplication d’hybride d’oignon et de
courgette.
Contrainte foncière
Aménagements
fonciers
(drainage,
entretiens des fossés pour évacuer
l’excès d’eau) sont nécessaires dans des
sols argileux ou marneux.
Surface contractualisée
Les établissements ne demandent pas
d’engager un minimum de surface. Mais
compte tenu des chantiers à mettre en
place (plantation, récolte) nécessitant de
la main d’oeuvre, il est préférable de
partir sur des contrats dont la surface
est d’au moins un hectare.
Une distance d’isolement doit séparer
deux
cultures
de
même
espèce
(semence-semence,
semenceconsommation). Attention aux jardins
dès lors qu’on multiplie des potagères.
Cette
distance
est
équivalente
à
quelques centaines de mètres pour les
lignées
(non
hybride)
et
passe
rapidement à 1 000 mètres voire 2 000
mètres dans le cas de multiplication
d’hybride. Pour minimiser tout risque de
pollution de pollen provenant d’une
même espèce mais de type dont la
couleur est différente, cette distance est
portée à quatre voire cinq kilomètres.
C’est le cas en oignon hybride, betterave
potagère, par exemple.
Mécanisation
Du matériel spécifique est nécessaire
pour mener à bien la culture :
Planteuse
Bineuse
Séchoir
Sensibilité au précédent vigne
Inconnu
Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne »
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Partie 2 : Fiche Semences potagères fines
Dispositif réglementaire auquel la
production est soumise
Utiliser des produits phytosanitaires
ayant une autorisation de mise en
marché (AMM).
Les semences sont soumises au régime
PAC (cf. fiche « aides PAC »)
Une aide découplée : les semences
permettent d’activer les DPU.
L’octroi de ces aides est lié
respect de la conditionnalité.
Coûts de production moyens
Espèce
Carotte non hybride
Carotte hybride
Oignon non hybride
Oignon hybride
Radis non hybride
Radis hybride
Haricot
Pois
Coût de production
(actualisées pour 2006)
Charges
Complets
directes
2 138
2 404
3 270
3 534
6 235
7 431
5 946
7 136
2 022
2 288
2 969
3 234
1 879
2 145
1 072
1 339
au
Risque
financier
et
intérêt
économique pour l’exploitant
Résultats économiques et facteurs de
risque
Le résultat économique est encadré par
le contrat.
Le niveau de rémunération est fonction
du rendement réalisé par rapport au
rendement de référence de la variété
produite. De plus un facteur de risque
existe si les normes de qualité ne sont
pas atteintes, voir tableau ci-dessous. Ce
risque est non négligeable.
Le risque financier est limité par la
contractualisation, mais n’écarte pas un
résultat nul en cas de qualité inférieure
aux normes ou ne couvrant pas les frais
en cas de rendement faible.
Besoins de trésorerie
De l’ordre de 1 000 à 3 000 €/ha en
moyenne. Le cycle se fait sur deux ans.
Risque financier lié aux investissements
Planteuse, bineuse, matériel d’irrigation,
séchoir peuvent être utilisés pour
d’autres productions de semence. De ce
fait, l’amortissement sera plus facile et le
risque financier réduit.
Chiffre d’affaires moyen
Espèce
Carotte non hybride
Carotte hybride
Oignon non hybride
Oignon hybride
Radis non hybride
Radis hybride
Haricot
Pois
Moyenne
2006 des
CA/ha
Source
FNPSP*
2 507
6 289
4 378
5 948
1 815
3 360
2 566
934
CA moyen / ha
Récoltes 2001
à 2006
Source
FNAMS*
2 300
4 304
5 052
5 892
1 631
2 962
2 763
986
FNAMS : Fédération Nationale des Agriculteurs
Multiplicateurs de Semence
FNPSP : Fédération Nationale des Producteurs de
Semence de Potagères
Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne »
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Partie 2 : Fiche Semences potagères fines
Personnes ressources
Chambre d’Agriculture :
Thierry PIANETTI - Chambre d’Agriculture du Gard - Mas de l’Agriculture - BP 80054 30932 Nîmes Cedex 1
Organisations professionnelles et interprofessionnelles :
Nicolas THIBAUD - SAMS 34 - Mas de Saporta - 34875 Lattes Cedex
Louis-Marie BROUCQSAULT - FNAMS 26 – Fédération des producteurs de semences Marcellas - 26800 Etoile sur Rhône
Bibliographie
GNIS : Données de production récolte 2007
FNAMS : Bulletin de semence
Bulletin semence (FNAMS)
Liens Internet :
Site Internet du GNIS : Groupe National Interprofessionnels des Semences - www.gnis.fr
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Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne »
Partie 2 : Fiche Semences potagères fines