SDV 33 FEV 2014 - Institut Pasteur de Lille
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SDV 33 FEV 2014 - Institut Pasteur de Lille
V Signesde N° 34 Mai 2014 journal santé édité par l’institut pasteur de lille ie Notre dossier : Allergies, la flambée ça bouge dans l’assiette Dis moi ce que tu manges ? Kid campus Cellules souches, la fontaine de jouvence Fondation reconnue d’utilité publique SOMMAIRE L’actu au microscope 3 Prise de poids : une question de salive ? 8 Allergies, la flambée • Les mécanismes de l’allergie En bref 4 Dossier Recherche : Un laboratoire d’analyse des protéines dédié aux parasites • Allergies croisées : d’étonnants rapprochements • A l’Institut Pasteur de Lille, l’asthme au microscope 4 Santé : • Cannabis : attention danger, même à dose modérée • Les allergènes les plus courants 5 Activité physique : • Le LOSC s’engage aux côtés de l’Institut Pasteur de lille Itinéraire d’un chercheur • Manger-bouger plus 5 5 Lecture : • Faut-il arrêter de manger de la viande ? Conférence : • 17 juin : machine à rire Ça bouge dans l’assiette 6 16 Sylviane Pied, curieuse, passionnée et humaniste Kid campus La science expliquée aux enfants 18 Cellules souches, la fontaine de jouvence ? Dis moi ce que tu manges ? Edité par l’Institut Pasteur de Lille - DIrEctEur DE LA PubLIcAtIon : Eric Diers rEsPonsAbLE DE LA PoLItIquE réDActIonnELLE : Marie-José Hermant réDActrIcE : Emmanuelle Deleplace concEPtIon grAPHIquE : carole Leclercq créDIt PHotos : ©Kletr-Fotolia.com p1, ©ajkkafe, rod Ferris, Andre-Fotolia.com p.2, ©geronimo-Fotolia.com p.3, Luis carlos Jiménez-Fotolia.com p.4, ©Photothèque Institut Pasteur de Lille p.4, 5, 13, 16, 17, ©K.-u. 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Une équipe internationale coordonnée par le professeur Philippe Froguel du laboratoire Génomique et maladies métaboliques (CNRS /Université Lille 2/Institut Pasteur de Lille) vient de trouver une explication à cette « capacité à profiter de tout » dans notre salive. Moins on a de copies du gène de l’amylase salivaire, un gène qui sert à digérer les sucres complexes (amidons), plus on risque d’être obèse. E n effet, les chercheurs ont démontré que les personnes qui ont le plus petit nombre de copies d’amylase salivaire (et ainsi peu d'enzyme amylase dans leur sang) ont un risque multiplié par 10 de devenir obèses. Chaque copie de ce gène en moins augmente de 20% le risque d'obésité. Ces travaux, publiés le 30 mars 2014 dans Nature Genetics, démontrent pour la première fois le lien génétique entre la digestion des glucides complexes et l'obésité. « Si au niveau d'une population entière c'est l'environnement délétère qui favorise l'obésité, au niveau individuel les facteurs génétiques expliquent 70% du risque des personnes prédisposées à l'obésité. On a découvert 70 gènes impliqués dans l’obésité commune mais l’impact de chacun reste faible. Le gène que nous avons mis à jour ici est le plus important jamais trouvé puisqu’il explique près de 10% du risque génétique » explique Philippe Froguel. 3 Signes de vie n° 34 - Mai 2014 Pour parvenir à ce résultat les chercheurs ont analysé le génome et les gènes du tissu adipeux de fratries comprenant des individus obèses et de poids normal. « On n‘avait aucune idée préconçue, précise le Pr Froguel, mais on a mis en évidence des différences notoires dans une région du chromosome 1 : l'amylase salivaire. Au lieu d'avoir seulement deux copies de ce gène (un du père, un de la mère) le nombre de copies varie de une à vingt copies et moins on a de copies, plus on est gros. » Par ailleurs, la quantité de copies d’amylase salivaire a un effet direct sur la flore intestinale. On observe une corrélation directe entre un faible taux d’amylase salivaire et le développement de certaines bactéries que l’on retrouve en quantité importante dans l’intestin d’enfants obèses ou d’adultes atteints de stéato-hépatite non alcoolique (NASH). Si cette découverte, facilement transposable dans un simple test salivaire, ouvre de nouvelles pistes pour les chercheurs, elle n’apporte pas de solution immédiate dans le traitement de l’obésité. Faut-il adapter les doses de sucre lent dans le bol alimentaire en fonction du taux d’amylase salivaire ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais ces travaux lèvent le voile sur un processus de prise de poids dans lequel le rôle de la salive et celui de la flore intestinale sont clairement mis à jour. n Les travaux ont été réalisés en grande partie à l’Institut Pasteur de Lille par l'équipe francobritannique coordonnée par le professeur Philippe Froguel du laboratoire Génomique et maladies métaboliques (CNRS/Université Lille 2/Institut Pasteur de Lille) et Imperial College London, en collaboration avec des chercheurs anglais, suédois, qataris et de Singapour. Côté français sont aussi impliqués des laboratoires rattachés à : l’Inserm, l’Université Paris-Sud, l’Université Paris Diderot, l’Université de Lorraine ainsi que le CHRU de Lille et l’AP-HP. En bref Recherche Un laboratoire d’analyse des protéines dédié aux parasites Une nouvelle plateforme technologique consacrée à l’analyse des protéines des parasites a été inaugurée jeudi 17 avril à l’Institut Pasteur de Lille. Grâce à cet équipement de pointe, unique en France, les meilleurs spécialistes de l’étude des maladies parasitaires, associés dans le laboratoire d’excellence ParaFrap, pourront mieux analyser, comprendre les relations complexes entre les protéines des parasites et celles des malades qu’ils infectent. Si elles touchent moins les pays du nord que les pays du sud, les infections parasitaires (paludisme, toxoplasmose, maladie du sommeil...) demeurent une des principales causes de mortalité et de morbidité dans le monde. Il est donc urgent d’agir. C’est la raison pour laquelle les principales équipes françaises en parasitologie ont décidé de se regrouper dans l’alliance française contre les maladies parasitaires ParaFrap, un consortium qui a obtenu une reconnaissance laboratoire d’excellence (LabEx) en octobre 2012. L’analyse protéomique permet d’identifier les protéines, de les 4 Signes de vie n° 34 - Mai 2014 caractériser et de rechercher les modifications et de les quantifier. Ce domaine de compétence fait appel à des équipements sophistiqués et une importante expertise. La technique n’est pas nouvelle. Ce qui est nouveau et unique en France, c’est le fait c’est de dédier une plateforme à l’analyse des protéomes des parasites, des protéomes encore mal cernés à ce jour. Cet équipement va permettre la production de nouvelles connaissances sur la nature et la localisation précise des différentes modifications des protéines parasitaires, connaissances fondamentales manquantes à l’heure actuelle pour permettre la conception de nouveaux vaccins et traitements contre ces parasitoses. n ParaFrap, une force de frappe contre les parasites 19 équipes françaises, dont deux situées à l’Institut Pasteur de Lille, participent à ce laboratoire d’excellence (labEx) qui réunit le meilleur de la recherche parasitaire en France sur le paludisme, la maladie du sommeil, la toxoplasmose, les leishmanioses, la theileriose et les amibiases. Un LabEx qui présente l’avantage de travailler en partenariat étroit avec les pays où toutes ces maladies sont endémiques permettant notamment aux doctorants de ces pays de venir achever leur formation dans les équipes de ParaFrap. Santé Cannabis : attention danger, même à dose modérée On connaissait déjà les méfaits d’une consommation intensive de cannabis sur l’attention, l’apprentissage et la mémoire mais on ignorait jusqu’à présent les effets d’une consommation occasionnelle, jugée même par certains moins nocive que le tabac ou l’alcool. Afin d’en savoir plus, des chercheurs américains ont comparé 20 volontaires âgés de 18 à 25 ans fumant de façon « festive » (une à deux fois par semaine) de la marijuana à 20 autres n’en consommant jamais. Puis, grâce à des techniques d’imagerie, ils ont observé l’impact d’une consommation occasionnelle sur le volume, la forme et la densité de la matière grise et ont démontré qu’une consommation même modérée, peut donc provoquer des changements dans l’anatomie du cerveau. En fait, les scientifiques ont constaté que le degré d’anomalies cérébrales était directement lié au nombre de joints fumés. n Le saviez-vous ? Vous souhaitez réduire ou stopper votre consommation de cannabis, vous pouvez consulter un médecin tabacologue spécialisé à l’Institut Pasteur de Lille. contact : tel 03 20 87 79 90 Activité physique Le LOSC s’engage aux côtés de l’Institut Pasteur de Lille Ce n’est plus à démontrer, l’activité physique procure un bien-être physique et moral pourtant, pour certaines personnes, « se bouger » relève du défi insurmontable. Des problèmes de santé, du surpoids, une vie familiale et professionnelle compliquée… et la sédentarité s’installe. Mais il est toujours temps de s’y remettre. Pour redonner à ces personnes l’envie de bouger, l’Institut Pasteur de Lille a conçu un programme de retour à l’activité physique : des consultations avec un éducateur médico-sportif suivies si besoin d’un programme adapté en petits groupes. Tous les deux ans, les participants au programme « Envie de bouger » sont invités à une journée bilan pour faire le point sur le niveau de forme et glaner de nouveaux conseils. Le Losc soutient cette initiative dans le cadre de ses « Grandes Causes ». Ainsi pour que cette journée voie le jour, le club a offert à l’Institut un chèque de 10 000 € et ouvert les portes de son centre d’entrainement, le domaine de Luchin, où les joueurs sont venus prêter main forte aux éducateurs médico-sportifs pour la plus grande joie des participants fans de foot. n Conférences Machine à rire Mardi 17 juin, ne ratez pas « Machine à rire », dernière conférence 5 à 7 de la saison 2013-2014. Une conférence animée par le Docteur Henri Rubinstein, spécialiste des explorations neurologiques. Les explorations récentes concernant les "hormones du cerveau" permettent de comprendre comment le rire influe sur la santé, comment l'humeur et le moral influent sur l'évolution des maladies. Le Dr Rubinstein expliquera ce qui se passe exactement dans notre corps quand nous rions et évoquera l'utilisation thérapeutique du rire. Bonne humeur garantie ! Mardi 17 juin à 17h à l’Institut Pasteur de Lille, conférence gratuite mais réservation indispensable sur le site internet www.pasteurlille.fr/5a7 ou par téléphone au 03 20 87 77 91 Lectures Faut-il arrêter de manger de la viande ? Depuis une quinzaine d’années, les Français mangent de moins en moins de viande. Quelles sont les raisons de ce changement d’habitudes ? Les végétariens affirment qu’un régime sans viande est non seulement plus respectueux de la nature, mais aussi meilleur pour la santé. Les défenseurs de la viande, pour leur part, mettent en avant les qualités d’un aliment savoureux et sûr, ancré dans notre culture. Ce livre invite le lecteur à la table des contradicteurs, afin de faire le tour d’une question qui dépasse largement le cadre de nos assiettes. René Laporte, ingénieur agronome et ancien responsable d’organisations professionnelles du secteur viande, se confronte à Elodie Vieille Blanchard, mathématicienne et docteure en sciences sociales mais surtout présidente de l’Association végétarienne de France. Dans le rôle de Mr Loyal, Eric Birlouez, sociologue de l’alimentation et conférencier bien connu des participants aux Entretiens de Nutrition de l’Institut Pasteur de Lille. ”Faut-il arrêter de manger de la viande ?” - Eric birlouez, rené Laporte, Elodie Vieille blanchard, Editions Le Muscadier, février Fier d’être nordiste Le dernier ouvrage d’Annie Degroote, n’est pas un roman, c’est un hommage à sa région à travers 100 bonnes raisons qui la rendent fière d’être Nordiste. De Jean Bart à Jean-Claude Casadessus, de l’héritage des mines aux cerfs-volants berkois, du carillon au genièvre… l’auteur présente 100 raisons d’être fier d’être Nordiste. Et parmi ces bonnes raisons, il y a les premiers jalons de la microbiologie posés par Louis Pasteur à la faculté des sciences et Albert Calmette à l’Institut Pasteur de Lille. Avec une émotion non feinte Annie Degroote avait accepté de participer à « La passion d’épauler », le livre événement de l’Institut Pasteur de Lille (voir en dernière de couverture), elle poursuit ce sincère hommage dans ce nouvel ouvrage plein d’humour et d’histoires aussi passionnantes qu’édifiantes. ”Fier d’être nordiste”- Annie Degroote, éditions ouest France, 192 pages, 14€ n 5 Signes de vie n° 34 - Mai 2014 Ça bouge dans l’assiette Dis-moi ce que tu manges ? En début d’année 2014, près de 18 000 personnes ont répondu par courrier ou sur le site internet de l’Institut Pasteur de Lille à la Grande enquête sur le régime alimentaire et l’hygiène de vie. Cette enquête n’est pas représentative de la population française mais elle est le reflet des habitudes des répondants à ce questionnaire, sans doute bien concernés par leur alimentation. Retour sur ces réponses avec les conseils Les fruits et les légumes plébiscités 99% des personnes qui ont répondu à la Grande enquête mangent des légumes cuits ou crus au moins une fois par jour et 64% au moins 2 fois/jour De même 99% d’entre eux consomment des fruits (ou pur jus de fruits) au moins 1 fois par jour, et 64% au moins 2 fois par jour. En revanche 39% des répondants consomment des céréales complètes et/ou des flocons d’avoine parfois (24%) ou souvent (15%). Le pain complet est un peu mieux loti avec 54% de personnes qui en mangent parfois (28%) ou souvent (26%). Enfin 85% des participants à l’enquête consomment des légumes secs au moins une fois par semaine, ce qui est mieux que la moyenne nationale (1 fois/mois). 6 Signes de vie n° 34 - Mai 2014 Les conseils du service nutrition Il faut manger 5 fruits et légumes par jour mais une pomme n’est pas une fraise alors comment se repérer ? En fait il faut manger 400 g de végétaux, sachant que : • 1 portion de crudités = 100g • 1 portion de légumes en garniture = 200g • 1 potage de légumes = 150g • 1 fruit moyen = 150g Les végétaux apportent des minéraux, vitamines et autres pigments colorés contribuant non seulement au bien-être mais à la protection de notre corps contre la survenue de cancers et de maladies cardiovasculaires. Fruits et légumes apportent des fibres qui facilitent le transit intestinal, ont un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires, les cancers du côlon et du rectum et procurent une sensation de satiété évitant ainsi de manger plus que de nécessaire. La consommation de céréales complètes et de légumes secs augmente considérablement l’apport en fibres. Carte d’identité • Age moyen des répondants : 71 ans. • 95 % des participants ont plus de 58 ans. • 59 % de femmes pour 41 % d’hommes. • Indice moyen de masse corporelle (IMc) = poids (kg) / (taille (m) x taille (m) : 25,07 • Pour mémoire : la corpulence normale est comprise entre 18,5 et 25. • En dessous de 18,5 on parle de maigreur et au-dessus de 25 de surpoids. • En France en moyenne 3,5 % de la population est trop maigre, 49,2 % de corpulence normale et 47,3 % en surpoids dont 15 % en obésité. Protéines animales, jetez-vous à l’eau De bons résultats dans l’ensemble puisque 97% des répondants mangent du poisson au moins une fois par semaine et 49% au moins 2 fois. Quant à la consommation de viande ou de charcuterie, elle n’est pas excessive non plus. Elle ne dépasse pas une fois par jour pour 87% des personnes interrogées et 47% en consomment moins de 6 fois par semaine. Le fromage est consommé quotidiennement : une fois par jour pour 53% des personnes interrogées et deux fois par jour pour 31%, ce qui est tout à fait raisonnable, si les quantités le sont aussi. Les conseils du service nutrition « C’est un résultat excellent, commente le docteur Jean-Michel Lecerf. Le poisson est en général 10 à 15 fois moins gras que la viande. Il n’est pas tout à fait exact de dire que le plus gras des poissons est plus maigre que la plus maigre des viandes car les poissons gras contiennent entre 10 et 15% de matières grasses. Mais ce sont des graisses différentes de la viande, ce sont des graisses proches des graisses végétales contenant des acides gras omégas 3. Les omégas 3 ont un rôle protecteur très important vis-à-vis du système cardiovasculaire, c’est pourquoi il est intéressant d’en consommer deux fois par semaine. ” Il n’est pas nécessaire de manger de la viande deux fois par jour, ni même tous les jours. D’autres aliments apportent les protéines : 7 • le fromage. Il apporte les mêmes protéines et les mêmes graisses que la viande, il est donc superflu de consommer les deux au même repas. On peut donc envisager de consommer du fromage à la place de la viande et dans ce cas on peut en consommer 50 à 60g au lieu de la moitié, • les abats sont tombés en disgrâce depuis la vache folle, ce sont pourtant des aliments contenant des protéines de très bonne qualité, ils sont riches en fer, plutôt moins gras que la viande mais un peu plus riches en cholestérol. Ils mériteraient un retour dans nos assiettes, • la charcuterie est malheureusement souvent grasse, on a donc coutume de la limiter à une consommation par semaine. Toutefois, certaines charcuteries sont moins grasses que d’autres : l’andouillette, l’andouille de Vire par exemple et le boudin noir est la meilleure source en fer de l’alimentation. Pas trop gras, trop sucré La consommation de fritures, viennoiseries, beignets, quiches, pâtisseries, crèmes glacées reste modeste puisque 65% des personnes interrogées en consomment 1 fois par semaine ou moins et seuls 2% en consomment 7 fois par semaine ou plus ! Une pomme n’est pas une fraise alors comment se repérer ? En fait il faut manger 400 g de végétaux, sachant que : 1 portion de crudités = 100g 1 portion de légumes en garniture = 200g 1 potage de légumes = 150g 1 fruit moyen = 150g Les conseils du service nutrition Pour garder le plaisir de manger, il ne faut pas négliger les aliments plaisir mais en manger une à deux fois par semaine est une bonne moyenne. • le poisson, bien sûr, Bouger tous azimut • les œufs. Ils contiennent des protéines d’excellente qualité à un prix défiant toute concurrence. De plus on est de plus en plus convaincu que le cholestérol alimentaire intervient relativement peu dans le cholestérol sanguin, on peut donc aisément en manger 2 à 3 fois par semaine, 49% des répondants pratiquent régulièrement une activité sportive au moins une fois par semaine. 76% d’entre eux consacrent, par ailleurs, plus de 15 minutes par jour à la marche et 65% au moins 2 heures par semaine à des travaux légers (bricolage, jardinage, ménage). Signes de vie n° 34 - Mai 2014 5 fruits et légumes par jour, c’est quoi ? Les conseils du service nutrition Il est recommandé de pratiquer ½ h à une heure d’activité physique d’intensité modérée par jour. Ce n’est pas forcément du sport, cela peut être de la marche rapide, du vélo, du jardinage ou du ménage. Cette enquête révèle, chez les répondants à ce questionnaire, une prise en compte très encourageante des messages de nutrition et d’hygiène de vie pour la prévention. n Dossier Allergies, la flambée 8 Signes de vie n° 34 - Mai 2014 Pour soutenir la recherche médicale faites un don à l’Institut Pasteur de Lille www.pasteur-lille.fr Tous allergiques ? Non les médecins n’ont pas encore reconnu l’aversion à votre collègue de travail ou votre bellemère comme une véritable pathologie mais les allergies avérées, celles qui grattent, qui font tousser, pleurer, gênent la respiration… sont en constante augmentation. A travers le monde, le nombre d’allergiques a doublé en 20 ans et les allergies, toutes catégories confondues, touchent aujourd’hui 20 à 30% de la population dans les pays industrialisés. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) classe les allergies au 4e rang des maladies chroniques dans le monde, derrière les cancers, les pathologies cardiovasculaires et le Sida. Plus inquiétant encore, l'organisation estime que, d'ici à 2050, une personne sur deux sera allergique. Lutter contre les causes, agir sur les conséquences pour enrayer cette véritable épidémie, les enjeux sont de taille pour les chercheurs. « O n est loin d’avoir encore tout découvert des mécanismes des allergies » explique Anne Tsicopoulos, directrice de recherche Inserm à l’Institut Pasteur de Lille et pneumologue/ allergologue à la clinique des maladies respiratoires au CHRU de Lille. Cela fait plus de 20 ans qu’Anne et son équipe, étudient les mécanismes en jeu dans l’asthme et les allergies respiratoires. « Les connaissances avancent et certaines découvertes nous ont fait faire de grand pas. Par exemple, la généralisation des corticoïdes inhalés a révolutionné le traitement des asthmes allergiques d’intensité modérée. Mais il reste encore de gros problèmes de traitement pour les asthmes sévères » note le médecin. L'allergie est une réponse excessive de notre système immunitaire au contact d’une substance étrangère identifiée à tort comme dangereuse. C'est une maladie multifactorielle où la génétique et l’environnement 9 Signes de vie n° 34 - Mai 2014 sont intimement liés. Mais comment expliquer la véritable flambée d’allergies en tous genres ? « Longtemps on a cru que l’augmentation exponentielle des allergies était liée à des facteurs purement environnementaux (pollution, alimentation, mode de vie…) tout simplement parce qu’il faut plusieurs générations pour voir apparaître des mutations génétiques. Aujourd’hui on parle plutôt d’épigénétique c’est- à-dire de la façon dont l’environnement et l’aventure de vie de chaque individu peut modifier non pas la séquence des gènes mais leur expression » poursuit Anne Tsicopoulos. Le stress, la pollution et l’environnement, l’alimentation, les changements de température, d’hygrométrie, le tabac, la vie fœtale et le vécu de chacun seraient ainsi capables d’activer ou d’inhiber certains gènes. Les mécanismes de l’allergie notre système immunitaire reconnait et élimine des corps étrangers comme les parasites, les bactéries ou encore les virus. quand ceux-ci pénètrent l’organisme, le système immunitaire produit des molécules spécialisées en particulier anticorps et lymphocytes t, chargées de reconnaître l’intrus, puis de le détruire. L’allergie est un dérèglement du système immunitaire qui réunit deux conditions : une prédisposition génétique et une exposition à la substance allergène. Les maladies allergiques peuvent être dues aux anticorps et/ou aux lymphocytes t. L’eczéma et l’asthme chronique sont dus aux lymphocytes t qui infiltrent la peau et les bronches. La plupart des autres allergies sont liées à la synthèse anormale d’un anticorps spécialisé dans le lutte contre les parasites, appelé immunoglobuline de type E (IgE). Les IgE circulent librement dans le sérum sanguin et sont présentes en grande quantité dans la peau, les poumons et le tube digestif, ce qui explique la localisation des symptômes allergiques. Dossier (suite) La pollution Cet effet a bien été démontré avec la pollution au diesel. Ainsi les particules diesel inhalées exacerbent l’interleukine 4 qui stimule les mécanismes de défense de l’organisme, en l’occurrence les lymphocytes T et rend notre système immunitaire plus réactif aux pollens. Dans son avis du 19 mars 2014 consacré à l’impact sanitaire des pollens, l’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement, travail (Anses) estime que le réchauffement climatique et la concentration de C02 rendent les pollens plus allergisants. Les polluants atmosphériques pourraient affaiblir la réactivité des bronches et dans le même temps accentuer l’irritation des muqueuses nasales ou oculaires. De plus, les polluants agiraient également sur les pollens eux-mêmes en cassant la paroi du grain, permettant ainsi à des particules plus petites de pénétrer dans le système respiratoire bien plus profondément que les grains de pollen. Enfin, même si ce dernier point est encore en discussion, les polluants chimiques pourraient modifier le contenu protéique du pollen et donc son pouvoir allergisant. Et les allergologues pointent également du doigt la pollution intérieure : pollution extérieure qui s’infiltre et se concentre dans des logements pas ou mal ventilés, tabac, monoxyde de carbone, concentration d’acariens et microbes et autres moisissures, sans oublier les poils de nos amis à quatre pattes, voire la toxicité de certains produits d’entretien… un cocktail détonnant pour les systèmes respiratoires fragiles. Et l’hygiène Sur le banc des accusés, aux côtés de la pollution on trouve également l’excès … d’hygiène. Vivre dans un univers aseptisé, inciterait l’organisme à réagir plus violemment aux allergènes. L’exposition aux allergènes à petites doses dès l’enfance, doperait le système immunitaire en préparant le corps à ne pas considérer ces substances comme dangereuses. Depuis 20 ans, de nombreuses études se sont succédées confirmant cette hypothèse hygiéniste Un anglais, David Strachan, remarque d’abord que le nombre de cas de rhinites allergiques est moins important dans les familles nombreuses. Trois ans après la chute du mur de Berlin, des chercheurs ont constaté, qu’à patrimoine génétique identique, les enfants nés en RDA étaient moins allergiques que ceux nés en RFA. Explication : à l’Est, les enfants fréquentaient quasi systématiquement la crèche dès le plus jeune âge. A travers le monde, une vingtaine d’études ont montré les effets bénéfiques d’une enfance à la ferme. La plus large étude sur le 10 Signes de vie n° 34 - Mai 2014 sujet, l'étude GABRIEL(2012) a étudié près de 80 000 enfants vivant dans des villages en Suisse, en Allemagne et en Autriche distinguant les enfants résidant dans des fermes, ceux en contact régulier avec ces fermes, et ceux vivant dans le voisinage. Résultat : la prévalence de l'asthme et du rhume des foins était ainsi respectivement de 6,4% et 14,1% pour les enfants de fermiers, contre 18,2% et 22,2%, pour les enfants du voisinage. « Deux facteurs protecteurs ont été identifiés : un environnement contenant plus de microbes et la consommation de lait cru non stérilisé » précise le docteur Tsicopoulos. Déjà coupable de nous faire manger trop salé et trop sucré, l’industrie agroalimentaire est-elle aussi responsable du développement de nos allergies alimentaires ? L’allergologue Christine Castelain n’en est pas persuadée. « C’est plus l’utilisation d’ingrédients auxquels notre corps n’a pas été génétiquement préparé qui est en cause que les procédés industriels ». Elle a ainsi fait une étude comparée sur les allergies Allergies croisées : d’étonnants rapprochements Un allergique au bouleau devient tout à coup allergique à l’ingestion de pommes ou de noisettes, un allergique aux acariens peut ne plus être capable de manger d’escargots, un allergique au latex ne plus supporter les bananes ou les kiwis… c’est ce qu’on appelle les allergies croisées. G énéralement l'exposition aux pollens précède celle causée par l'ingestion de l'aliment. Elle se présente par des démangeaisons des lèvres et de la langue, un œdème labial et une sensation de picotement. Si l'ingestion se poursuit, des manifestations plus graves peuvent survenir jusqu’au choc anaphylactique... S’ils étaient complétement ignorés il y a une vingtaine d’années, la plupart de ces étranges rapprochements sont désormais bien connus (voir tableau ci-contre) et n’ont rien de mystérieux. « La pomme et le bouleau ou le latex et le kiwi ont des antigènes communs ce qui explique les manifestations cliniques croisées » précise Le Dr Tsicopoulos. Comment déterminer l'ensemble de ces allergies croisées ? Des tests peuvent être pratiqués chez l'allergologue mais le traitement visera toujours l'allergène initial. Bonne nouvelle toutefois, certains des allergènes des fruits et légumes ne résistent pas à la chaleur : ils peuvent donc être consommés cuits sans risques. 11 Signes de vie n° 34 - Mai 2014 Allergie croisée allergène aéroporté-aliment Allergène aéroporté Aliment provoquant l’allergie croisée Acariens Crevette, crabe, homard, langouste, escargot Pollen d’ambroise Abricot, cerise, pêche, poire, pomme, fraise, coing, kiwi, noisette Tomate, pomme de terre, céleri, carotte, fenouil Céleri, carotte, persil, fenouil Moutarde, coriandre, poivre, curry, piment Graine de tournesol Melon, pastèque, banane Concombre Pollen de pariétaire Pistache Pollen de pin Pignon de pin Pollen de graminées Tomate Cacahuète Phanère de chat Porc Plumes d’oiseaux Oeuf Pollen de bouleau Pollen d’armoise Allergie croisée allergène aliment-aliment Aliment allergisant Aliments provoquant l’allergie croisée Oeuf Volaille Lait de vache Viande de boeuf, lait de chèvre Arachide Soja, pois, lentilles Sésame, moutarde Noisette, kiwi Poisson Autres poissons Soja Arachide Noix Pois, lupin Autres allergies croisées Allergène allergisant Aliments provoquant l’allergie croisée Plumes Fruits de la passion, kiwi, banane, avocat, sarrasin, châtaigne Dossier (suite) croisées (voir définition p. 11) au latex et fruits exotiques entre le Nord de la France et la Guadeloupe. Suite à l’allergie au latex bon nombre de métropolitains avaient du mal à avaler des bananes, des kiwis et autres fruits de la passion alors qu’aucun Guadeloupéen n’a présenté les mêmes symptômes. Et si l’allergie à la cacahuète a augmenté si fortement en Europe, c’est parce que c’est un produit qui est devenu de consommation courante en moins d’une génération, beaucoup trop rapide pour que nos gènes aient le temps de se modifier. Stop aux évictions injustifiées Faut-il pour autant se méfier de tous les ingrédients exotiques, abandonner le lait, le gluten… « Sûrement pas sans avis médical avec un diagnostic d’allergie clairement posé » précise le docteur Castelain. e Lors des 12 entretiens de nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, en novembre dernier, elle mettait en garde les futures mamans et les professionnels de santé qui les accompagnent contre le risque des « régimes sans » (sans lait, sans gluten…) sans raison médicalement justifiée. « Le fait de mettre la mère durant sa grossesse et son allaitement sous un régime alimentaire d’éviction ne limitera pas les risques d’allergie de l’enfant. Au contraire, une étude a prouvé que l’éviction du lait de vache chez la mère allaitante favorise l’allergie chez l’enfant car les mères qui ne boivent plus de lait ont un plus faible taux d’immunoglobulines A et les enfants un risque accru d’allergie… au lait de vache. » 12 Signes de vie n° 34 - Mai 2014 De même chez l’enfant une éviction injustifiée risque d’entraîner une rupture de la tolérance. « Ainsi une étude a comparé la tolérance aux arachides en Israël, où l’introduction est précoce et en Grande-Bretagne où elle n’est généralement réalisée qu’à partir de l’âge de 4 ans. Résultat : les petits Anglais sont dix fois plus allergiques aux arachides que les petits Israéliens. En fait, on sait maintenant qu’il existe une fenêtre de tolérance, idéale pour introduire de nouveaux aliments à potentiel allergénique qui va de 3 à 4 mois à 7 à 8 mois. » Une idée qui va à l’encontre de la pratique de nombreux pédiatres qui conseillent d’attendre au moins six mois pour l’introduction de nouveaux aliments surtout dans les familles allergiques. Pour les allergies avérées, il y a une dizaine d’années, le Dr Castelain prônait, comme tous ses confrères, l’éviction totale. Elle a été parmi les premiers en France à mettre au point des protocoles de tolérance, c’est à dire de réintroduction progressive. Il s’agit, par exemple, de proposer à l’enfant allergique à la cacahuète de manger des doses croissantes d’arachide sous forme de biscuit soufflé à l’arachide, en fonction de leur seuil de réactivité. Et quand ça fonctionne, la plupart du temps, l’enfant ne devient pas « accro aux biscuits apéro » mais ne met plus sa santé en danger quand il entre en contact avec l’aliment incriminé. « Les allergologues qui mettent en place ces protocoles ont de bons résultats mais avant de développer cette pratique et notamment en ville nous avons besoin de valider ces résultats par des études scientifiques. » Alors certes l’allergie progresse mais les connaissances scienti- fiques aussi. Aux traditionnels tests cutanés s’ajoutent aujourd’hui des dosages biologiques et des tests de provocation en milieu médical qui permettent de mieux cerner le degré d’allergie : de la simple sensibilité, qui se combat facilement par une adaptation progressive à l’allergène, aux allergies sévères. Grace aux progrès des traitements, la plupart des asthmatiques arrivent à vivre une vie tout à fait normale. Pour les pathologies respiratoires, les techniques de désensibilisation se sont améliorées et si les protocoles de tolérance tiennent leurs promesses ils pourraient changer la vie de beaucoup de personnes souffrant d’allergies alimentaires. S’ils ne se font guère d’illusion sur la progression de la maladie, les scientifiques comprennent de mieux en mieux les mécanismes complexes en jeu et s’orientent vers la mise en place d’une véritable médecine personnalisée qui permettra à chacun de vivre « en bonne intelligence » avec ses allergènes. n A l’institut Pasteur de Lille, l’asthme au microscope L' asthme est une affection pulmonaire chronique caractérisée par une inflammation, une sécrétion accrue de mucus, et une contraction des muscles entraînant un rétrécissement des voies respiratoires qui entrave la circulation de l'air dans les poumons et rend la respiration difficile. Comme toutes les allergies, l’asthme est en constante augmentation et atteint actuellement en France environ 9% des enfants et 6% des adultes. Il est responsable d'environ 1.000 décès par an dans notre pays, principalement chez les plus de 45 ans, selon l'Institut de veille sanitaire (InVS). Tous les asthmes ne sont pas allergiques. Si l’asthme a une origine allergique chez 80% des enfants, l’allergie n’est plus à l’origine que de 60% des asthmes des adultes. « L’asthme non allergique apparait généralement plus tard mais en la 13 Signes de vie n° 34 - Mai 2014 matière il n’y a jamais de certitudes, j’ai vu une personne de 72 ans déclencher un asthme allergique, commente le Dr Tsicopoulos. Ensuite les causes favorisantes d’un asthme non allergique peuvent être multiples : des infections virales ou bactériennes, l’obésité, l'exposition à une substance chimique ou biologique sur le lieu de travail. » Près de 10% des asthmes ont une origine professionnelle. La profession la plus touchée est celle des boulangers avec une allergie au blé ou au seigle. Mieux soigner l’asthme sévère Quelle qu’en soit l’origine, l’asthme sévère, celui qui réveille la nuit et limite fortement l’activité physique malgré un traitement bien conduit, (10% des asthmes) n’a toujours pas de solution thérapeutique réelle- Dr Anne Tsicopoulos ment efficace. C’est la raison pour laquelle l’équipe d’Anne Tscicopoulos essaie de mieux comprendre les mécanismes en jeu à l’intérieur des cellules inflammatoires des tissus et les cellules lymphocytaires (les globules blancs impliqués dans l’immunité). Les chercheurs analysent comment ces cellules et leurs médiateurs orchestrent la réaction inflammatoire et le remodelage des tissus afin de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques. « Ces asthmes sévères peuvent être exacerbés par des facteurs allergiques et infectieux. Mais plus on avance, plus on se rend compte que les asthmes sont multifactoriels, tant du point de vue des facteurs déclenchants ou exacerbant que des mécanismes physiopathologiques impliqués. On ne trouvera pas le médicament miracle pour tous. On se dirige vraiment vers une médecine personnalisée qui adaptera le traitement à chaque cas particulier. Nous travaillons également sur les mécanismes de l’asthme induit par l’obésité car si l’on sait depuis longtemps que cette dernière aggrave les problèmes respiratoires, elle peut aussi être à l’origine du déclenchement de la maladie ». n Dossier (suite) Les allergènes les plus courants 1 Les acariens Numéro un des allergènes, les acariens sont responsables de la majorité des asthmes et rhinites allergiques. Ces insectes microscopiques de la famille des arachnides, se plaisent dans les milieux chauds et humides comme la literie, les tapis, les fauteuils ou encore les peluches. On en retrouve des millions à la maison toute l'année, mais leur reproduction est accélérée au printemps et à l’automne. Un gramme de poussière peut contenir 2 000 à 10 000 de ces petites bêtes. Si l’éviction totale est impossible, on peut réduire la présence des acariens en : • aérant régulièrement son habitation, 2 Les pollens Ils provoquent éternuements, démangeaisons nasales, conjonctivites, c’est le fameux rhume des foins qui peut être à l’origine de complications comme l'asthme, la sinusite inflammatoire, ou la bronchite. D’après l’Anses, l'allergie concernerait jusqu'à 34 % des adultes, 18% des adolescents, 20% des 9-11 ans et 7% des enfants de 6-7 ans, avec des variations importantes d’une région à l’autre, tant en quantité qu’en type de pollens allergènes. Dans le Sud-est, ce sont les pollens de cyprès qui l’emportent tandis que le bouleau mène la danse dans le Nord et l’Est et l'ambroisie s’affiche dans la vallée du Rhône. Traditionnellement, on compte trois saisons des pollens. Les troubles débutent dès janvier avec l'apparition des pollens de cyprès puis jusqu’au printemps avec les autres arbres : en févriermars pour les aulnes, les frênes et les bouleaux jusqu’en avril-mai pour les chênes et les platanes en avril-mai. Viennent ensuite les pollens des graminées puis ceux des herbacées mais ces dates varient d’une année à l’autre en fonction de la météo. • supprimant moquettes, tapis et tentures, Pour limiter l’exposition il est important de : • passant l'aspirateur et lavant les sols régulièrement, • suivre les bulletins diffusés par le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA, www.pollens.fr), • équipant sa literie de housses de protection contre les acariens. 14 Signes de vie n° 34 - Mai 2014 • faire des sorties au grand air ou aérer votre habitation en début de journée quand la quantité de pollens dans l’air est plus faible, • se laver, y compris les cheveux, et changer de vêtement fréquemment et évitez de faire sécher son linge dans le jardin en pleine saison pollinique. 3 Les aliments Tous les pays industrialisés connaissent une forte croissance des allergies alimentaires et leur fréquence croit aussi dans les pays en développement. En France, leur fréquence est estimée à 7 à 8% pour les enfants de moins de 2 ans et à 2% chez l’adulte. Chez les enfants, les allergies les plus courantes concernent le lait, l’œuf, le poisson, l’arachide, les fruits à coque. A l’exception de l’arachide et des fruits à coque, il s’agit souvent de sensibilités qui s’estompent avec l’âge. Par exemple dans 90% des cas, l’allergie au lait de vache disparait avant l’âge de 3 ans. Quant aux allergies qui se déclenchent à l’âge adulte ce sont plus souvent des allergies croisées (voir p 11) et souvent plus sévères. 4 Les animaux Les chats (2/3 des cas) et les chiens, sont, après les pollens et les acariens, les plus grands responsables d'allergies respiratoires. Les chevaux et les bovins tiennent une bonne place dans le palmarès mais s’invitent moins fréquemment dans notre salon. Les allergologues s’inquiètent du développement des nouveaux animaux de compagnie (les NAC) qui comme la gerbille, le chinchilla ou encore les reptiles sont potentiellement allergisants. La meilleure des préventions reste encore l'éviction. 5 Les médicaments Tous les médicaments peuvent provoquer toute la panoplie des réactions allergiques : urticaire, rhinite, asthme, œdème de Quincke et parfois même choc anaphylactique. Les antibiotiques, et en priorité la pénicilline et les sulfamides, sont les principales substances concernées. Mais les anti-inflammatoires, les produits anesthésiques, les vaccins, les produits iodés de contraste utilisés pour certains examens radiologiques sont aussi susceptibles de déclencher une réaction allergique, alors même qu'ils ont été antérieurement bien supportés. « Même si de nombreuses réactions revêtent les symptômes d’une allergie, les mécanismes en jeux sont souvent différents » précise Anne Tsicopoulos. 6 les moisissures Les moisissures, en particulier l’aspergillus, sont des champignons microscopiques qui se développent dans des endroits humides, obscurs et mal aérés. Facilement inhalés, les spores peuvent provoquer des épisodes de rhinites, des conjonctivites et de l'asthme. Fruit de la conjonction d’un meilleur chauffage, du développement des douches et bains et du manque d’aération des logements, les allergies aux moisissures se sont considérablement développées ces 30 dernières années et concerneraient ainsi 5 à 10% de la population. Pour lutter contre les moisissures il est important : • d’aérer et nettoyer les cuisines, salles de bains, caves et greniers, • de maintenir un taux d'hygrométrie de 50% dans le logement en installant si besoin un déshumidificateur dans la maison et des filtres à air, • de désinfecter à l'eau de javel les surfaces contaminées, • de changer régulièrement les filtres des climatiseurs et des systèmes de chauffage par air pulsé. 7 Les venins Les venins des hyménoptères (guêpes, abeilles, frelons, fourmis) suscitent parfois des allergies sévères. On dénombre trois à cinq cas mortels chaque année. Bonne nouvelle toutefois, c’est une des allergies qui répond le mieux aux techniques de désensibilisation (efficace dans plus de 95% des cas). 8 Le latex Le latex est issu de la sève d'un hévéa. L’allergie au latex concerne de 1 à 5 % de la population. Sa prévalence augmente chez les personnes particulièrement exposées comme le personnel de santé qui compterait 5 à 22 % d'allergiques. Les symptômes apparaissent quelques minutes après un contact : conjonctivite, rhinite, asthme (1ère cause d’asthme professionnel en milieu médical), urticaire... Dans un tiers des cas, les personnes allergiques au latex souffrent d'allergies alimentaires croisées avec de nombreux fruits et légumes. Et le soleil ? Avec des symptômes proches de l’urticaire, la lucite estivale n’est pas, à proprement parler, une allergie, il s’agit plutôt d’une réaction toxique locale qui touche surtout les femmes entre 15 à 40 ans lors des premières expositions solaires de l’année. La meilleure protection reste encore l’éviction. n 15 Signes de vie n° 34 - Mai 2014 Itinéraire d’un chercheur Sylviane Pied, Pour soutenir la recherche médicale faites un don à l’Institut Pasteur de Lille www.pasteur-lille.fr curieuse, passionnée et humaniste Ce qui guide Sylviane, c’est la connaissance avec un grand C. Cette passionnée d’art, de peinture et de musique a choisi la science, comme une évidence. Mieux comprendre le monde pour le rendre meilleur a toujours guidé ses choix. Des choix qui l’ont poussée à s’orienter vers l’étude des mécanismes d’infection dans le paludisme, à se lancer dans l’aventure pasteurienne et à partager sa vie de chercheuse entre la France et l’Inde. A 17 ans, bac en poche, Sylviane quitte la Guyane avec la ferme intention d’aller étudier sur le continent pour revenir participer au développement agricole de sa terre. Elle est la seule candidate à passer, à Cayenne, le concours d’entrée de l’école nationale d’agronomie mais perdu dans les méandres administratifs son dossier arrive après la forclusion du concours en métropole. Qu’à cela ne tienne, Sylviane retentera le concours l’année prochaine et s’inscrit en médecine. « J’ai été élevée en grande partie par une grand-mère institutrice, militante de l’éducation populaire et engagée pour le développement de la Guyane et la libération de la femme » avoue Sylviane qui ne renie pas ses origines quand elle parle du machisme qui sévit encore fréquemment 16 Signes de vie n° 34 - Mai 2014 dans le milieu de la recherche. « Même s’il y avait des médecins dans la famille, notamment un oncle anesthésiste dont j’étais assez proche, je n’ai jamais eu envie de pratiquer la médecine clinique. J’ai toujours su que je ferais de la recherche. » Si elle a abandonné l’idée de travailler en Guyane, l’agronomie, -puisqu’elle n’a jamais repassé le concours-; la médecine en 4e année pour se spécialiser en biologie, sciences humaines et génétique, Sylviane a gardé le cap de la recherche, engagée dans une problématique de développement. Un modèle de recherche fascinant « J’ai choisi le paludisme parce que c’était une maladie en résurgence au Brésil, au Surinam et en Guyane et puis j’ai plongé avec délice dans le monde des parasites qui est un modèle de recherche fascinant. » «Le parasite cherche à vivre en symbiose avec son hôte. Il a une grande faculté d’adaptation, il est capable de déjouer les mécanismes de défense des hôtes qu’ils soient vertébrés ou invertébrés. Quand le parasite tue son hôte c’est un accident de l’évolution; c’est parce qu’il n’est pas encore bien adapté, comme le plasmodium falsiparum, responsable des formes de paludisme les plus meurtrières. Mon objectif c’est vraiment de mieux comprendre quelles sont les interactions entre deux systèmes complexes : le parasite et le système immunitaire de l’être humain infecté. » « Dans tout mon parcours, j’ai eu la chance inouïe de rencontrer des gens d’une grande humanité et d’une grande culture, à commencer par ma prof de sciences au lycée, Mme Arel, qui m’a transmis le virus de la curiosité scientifique. Quand j’ai voulu faire une thèse sur l’immunologie du paludisme je suis allée voir le spécialiste de l’époque, Luis Pereira Da Silva à l’Institut Pasteur à Paris, d’autant qu’il avait monté une antenne à Cayenne où j’espérais pouvoir faire mes armes. Il n’a pas pu m’accueillir mais m’a orientée vers le Pr Marc Gentilini à la Salpêtrière. Ce dernier m’a présenté Dominique Mazier avec cette formule, bien représentative du machisme ambiant : « allez voir Dominique, c’est un utérus avec un cerveau ». « Dominique Mazier montait son équipe, elle a été mon premier mentor, elle m’a accordé une grande liberté et m’a fait entièrement confiance. J’ai participé à l’émergence de cette équipe qui est devenue une référence dans l’immunologie du paludisme. » Le mentor suivant, avec lequel elle travaillera 23 ans, s’appelle Pierre-André Cazenave à l’Institut Pasteur à Paris. Sylviane fait partie de ces chercheurs pour qui la transmission et l’empathie font partie des qualités essentielles du métier. « J’ai eu des maîtres exceptionnels en parasitolo- gie et immunologie » reconnait la chercheuse qui est aussi enseignante en France et à l’étranger. Sylviane donne régulièrement des cours d’immunologie à Lille et Paris et a organisé de nombreux cours 17 Signes de vie n° 34 - Mai 2014 internationaux dans le réseau des Instituts Pasteur au Vietnam, en Thaïlande et en Inde qui est devenue sa deuxième, (troisième ?) patrie. « J’ai rencontré l’Inde il y a plus de 25 ans maintenant. J’ai commencé par y faire des séjours de travail pendant ma thèse puis grâce à un prix de la société française d’immunologie et à une bourse de la fondation pour la recherche médicale, je suis partie à Dehli pour faire mon stage post-doctoral. A cette époque il y avait un conseiller culturel et scientifique extraordinaire à l’ambassade de France. Grace à lui, je suis entrée de plain-pied dans la culture indienne », au point de devenir une intime du célèbre peintre Akbar Padamsee. Peinture, musi-que, histoire et sciences évidemment, la curiosité de Sylviane est insatiable. De retour en France, elle rejoint la Pitié Salpêtrière, puis le CNRS et l’Institut Pasteur avec Pierre-André Cazenave avant d’arriver, en 2008, à l’Institut Pasteur de Lille avec son comparse Jacques Roland, fière de contribuer à la renaissance de l’immuno-parasitologie dans cet institut monté par un certain Albert Calmette, découvreur du BCG mais qui avait consacré sa thèse de doctorat… au paludisme. Si elle revendique une recherche fondamentale, Sylviane, n’oublie pas « le terrain » et la souffrance des malades qu’elle retrouve régulièrement au Gabon avec sa collègue et amie Maryvonne Kombila ou en Inde, pays avec lequel elle a monté, en 2012, un laboratoire « sans murs » pour lutter contre les affections parasitaires rassemblant en France deux laboratoires de recherche fondamentale et en Inde quatre instituts de recherche fondamentale et deux centres de recherche clinique. n Histoire d’un ménage à trois : parasite moustique, homme Le paludisme, aussi appelé malaria, est une des maladies parasitaires les plus répandues dans le monde. Près de la moitié de la population mondiale vit dans les régions à risque, en particulier en Afrique et dans le sud-est asiatique. selon l’organisation mondiale de la santé (oms), 250 millions de personnes sont infectées chaque année et environ un million d'entre elles en meurent. L’infection est causée par un parasite du genre Plasmodium transmis lors de la piqûre de certaines espèces de moustiques. En moins de 30 secondes le parasite gagne le foie. c’est dans le foie humain que le parasite va entamer sa première phase de maturation. cette phase peut durer de sept jours à plusieurs mois selon l’espèce de parasite. Puis le parasite repart dans le sang pour infecter les globules rouges au sein desquelles il entamera un autre cycle de développement et se multipliera. c’est lors de cette phase de re-largage dans le sang que les effets se font sentir entrainant de fortes fièvres, une anémie et, lors de formes neurologiques, la mort en l’absence de traitement rapide. Lorsqu’un nouveau moustique aspire le sang ainsi parasité, il va permettre au parasite Plasmodium d’entamer sa troisième phase de développement et pond ses œufs. A l’éclosion des œufs, les agents infectants migrent jusqu’aux glandes salivaires et le cycle de l’infection peut recommencer. La sévérité de la maladie dépend de facteurs complexes qui régissent l’interaction des trois partenaires. Kid campus Cellules souches, la fontaine de jouvence ? Tapez cellules sur un moteur de recherche, c’est le mot souches qui est le premier associé. Ces cellules qu’on dit immortelles fascinent et suscitent de gros espoirs dans le domaine de la médecine dite régénératrice. En attendant que les chercheurs aient trouvé le moyen de nous maintenir dans un état d’éternelle jeunesse, la découverte de ces cellules a déjà permis de grands progrès tant en recherche fondamentale qu’en applications médicales. Des cellules aux super pouvoirs On a peut-être l’âge de ses artères, comme dit l’adage populaire, mais on est bien plus vieux que ses cellules. Une cellule de foie ou de poumon vit de 400 à 500 jours, un globule rouge 120 jours, une cellule de peau a une durée de vie de 4 semaines et une cellule de la rétine ne dépasse pas la dizaine de jours tandis que les cellules tapissant la surface de l'intestin ne «tiennent» que 5 jours. Mais la nature étant bien faite, il existe des cellules magiques qui ont la capacité de se diviser à l’infini pour reproduire les cellules disparues : ce sont les cellules souches. Elles ont un double pouvoir : renouvellement à l’infini (c’est pour cela que l’on parle d’immortalité) et capacité, pour certaines, les cellules 18 Signes de vie n° 34 - Mai 2014 Ces cellules âgées, reprogrammées in vitro en cellules souches pluripotentes ont retrouvé leur jeunesse embryonnaires appelées immatures ou pluripotentes à produire les cellules de n’importe quel organe. Les cellules souches embryonnaires sont issues d’un embryon au stade de blastocyste (cinquième ou sixième jour de développement chez l’homme). Elles peuvent former tous les tissus de l’organisme, Ces cellules sont ensuite mises en culture pour obtenir des « lignées ». Les cellules souches adultes sont présentes dans les organes et les tissus tout au long de la vie. Elles sont soit multipotentes, c’est-à-dire qu’elles peuvent donner naissance à plusieurs types de cellules d’un même tissu, soit unipotentes. Elles n’ont alors la possibilité de ne donner naissance qu’à un seul et même type de cellule. Selon la localisation des organes, elles sont plus ou moins faciles à obtenir. Des découvertes récentes C’est à la fin du XIXe siècle que des scientifiques allemands ont supposé l’existence de cellules souches à partir de l’analyse du développement des embryons et de la microscopie de la moelle osseuse, mais il faudra attendre les années 50 pour que des chercheurs canadiens comprennent le fonctionnement des cellules souches dans le développement du sperme et le remplacement des cellules de l’intestin. Et c’est en 1956, aux Etats-Unis, que les cellules souches quittent pour la première fois le laboratoire de recherche pour servir à l’hôpital dans les premières greffes de de mœlle osseuse. En 1981, le Britannique Martin Evans prouve que ces cellulessouches embryonnaires, c’est-à-dire le saviez-vous ? les premières cellules qui apparaissent après la rencontre du spermatozoïde et de l’ovule, sont pluripotentes. Cinq ans plus tard, un Italien et un Britannique, Mario Capecchi et Oliver Smithies font naître des souris dont ils avaient « désactivé » certains gènes avant la naissance en manipulant les cellules souches. En 2007, des chercheurs japonais réussissent à transformer des cellules de peau adulte en cellules pluripotentes. Ces cellules souches pluripotentes induites (CSPi) peuvent produire n'importe quelle cellule de l’organisme. Toutefois, la méthode de production des CSPi n’est encore pas pour l’instant adaptée au traitement des êtres humains. Cellules souches embryonnaires humaines Des cellules souches pour comprendre les maladies Si la manipulation de cellules souches embryonnaires avait déjà donné aux chercheurs l’occasion de mieux observer le fonctionnement des cellules in vitro, ces cellules reprogrammées permettent d’aller 19 Signes de vie n° 34 - Mai 2014 plus loin, en analysant le fonctionnement de cellules malades qu’il serait très difficile de prélever chez un patient. Ainsi à l’Institut Pasteur de Lille on est en train de fabriquer des cellules souches induites à partir du sang de patients atteints de diabète de type 2 afin de développer des cellules pancréatiques pour mieux comprendre pourquoi ces derniers produisent mal l’insuline, rendant le patient diabétique et à terme de tester directement sur la cellule de nouveaux médicaments. Un autre intérêt de l’étude des cellules souches réside dans leur implication dans la génèse de la plupart des cancers, et surtout dans leur résistance aux traitements et les rechutes. Soigner avec des cellules souches Utilisées pour soigner certains cancers et certaines maladies du sang, des cellules souches du sang, les cellules hématopoïétiques, sont prélevées dans la mœlle osseuse de donneurs compatibles et volontaires ou dans du sang de cordon ombilical. Le sang de cordon (ou sang placentaire) est le sang qui reste dans le placenta et le cordon ombilical après la naissance de l’enfant. Dans certaines maternités, il est proposé aux mères de donner ce sang de cordon à des banques spécialisées. Il existe actuellement en France 11 banques de sang placentaire et 54 maternités collectrices. Actuellement on n’utilise des cellules souches sanguines que pour soigner des maladies du sang. Demain, si on arrive à affiner la technique de mise au point des cellules souches pluripotentes Deux prix Nobel pour les cellules pluripotentes Le prix nobel de médecine 2007 a été attribué aux « découvreurs des cellules souches embryonnaires » Mario capecchi et oliver smithies et Martin Evans. Ils ont été les premiers à identifier les cellules souches embryonnaires en 1981 et ont mis au point une méthode pour les modifier génétiquement. En 2012, le prix nobel de médecine récompense un chercheur anglais, sir John gurdon, et un chercheur japonais, shinya Yamanaka, qui ont démontré la possibilité de reprogrammer des cellules matures en cellules souches c’est notamment S. Yamanaka qui avait mis au point, juste six ans plus tôt, la technique des cellules souches pluripotentes induites, en trans-formant une cellule adulte spécialisée, en l’occurrence une cellule de peau, en cellule pluripotente. induites et à les rendre utilisables en soins, alors il sera possible de fabriquer des cellules souches de beaucoup d’autres organes. Des cellules capables de remplacer les cellules perdues ou endommagées en limitant les problèmes de rejets, puisque ces cellules reprogrammées seront reconnues, à juste titre, comme des cellules du propre corps du patient. Mais on n’en est pas encore là car la production des CIPS implique une modification génétique, ce qui peut introduire des mutations dans l’ADN et provoquer la formation de tumeurs. n En savoir plus : La Commission européenne propose un portail d’information sur les cellules souches : www.eurostemcell.org/fr INSTITUT PASTEUR DE LILLE 90 CALMETTE, UNE VIE AU SERVICE DES HOMMES • photos d’épaule • récits de générosité • témoignages Bénéfices reversés au profit de la recherche menée à l’Institut Pasteur de Lille La passion d pauler un livre événement pour l’année Calmette Retrouvez toute la vie d’Albert Calmette, mais aussi les témoignages de 90 acteurs du monde sportif, culturel, économique et scientifique régional qui ont accepté de mettre en avant leur épaule, lieu d’injection des vaccins, sous le regard sensible du photographe Sam Bellet. Plus que leurs épaules, comme autant de clins d’œil à l’histoire de la vaccination, de Calmette, du BCG et de notre fondation, ces 90 personnalités y dévoilent ce qui les rapproche des valeurs et de l’engagement du personnage hors du commun qu’était Albert Calmette. “La passion d’épauler” Marie-José Hermant, Philippe Scherpereel, Sam Bellet Editions Du Quesne - 152 pages - 30 € En vente sur notre site internet ou en librairie www.pasteur-lille.fr/calmette