La fiche descriptive de Mme Auzas
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La fiche descriptive de Mme Auzas
HSITOIRE DES ARTS : LA TONDUE DE CHARTRES de ROBERT CAPA Robert Capa : Femme tondue pour avoir eu un enfant d’un soldat allemand Chartres, 16 août 1944 Tirage sur papier baryté, 24,5 x 35 cm BNF, Estampes, acquisition 1964-12200. Ep-25Fol. Au verso, tampon à l’encre noire : Please credit ROBERT CAPA – MAGNUM / COURTESY – LIFE MAGAZINE. Légende dactylographiée sur papier collé : Panel 43 B. Marked by shaved head, a woman collaborationist is escorted out of a village near Cherbourg by jeering town folk following liberation of the region by Allied troops. (Reconnaissable à son crâne tondu, une femme coupable de collaboration est conduite hors d’un village près de Cherbourg sous les railleries de la population après la libération de la région par les troupes alliées.) Document 1 : L’histoire de la Tondue de Chartres La scène célèbre se déroule l’après-midi. Les responsables FFI locaux ordonnent qu’on reconduise une famille honteuse jusqu’à son domicile des numéros 18 et 20 de la rue de Beauvais (rebaptisée après-guerre en rue du Docteur-Jacques-de-Fourmestraux). Robert Capa quitte précipitamment la préfecture pour se placer en avant de la procession. Il se tient au milieu de la chaussée, à l’entrée de la rue du Cheval-Blanc. Au fond, un grand drapeau tricolore flotte, accroché au portail de la préfecture ; au second plan, sur l’actuelle place Jean-Moulin située au carrefour de la rue Sainte-Même, […]. Quand la troupe arrive sur lui, le photographe actionne le déclencheur de son Contax. Au centre du cliché, Simone Touseau, jeune femme de 23 ans, complètement rasée, porte son bébé dans les bras. On lui a brûlé le front au fer rouge. Au premier plan sur la droite, le père de Simone, Georges Touseau, chemine avec béret et baluchon. Derrière lui, marche Germaine Touseau, son épouse, dont on distingue la tête, tondue elle aussi… Auprès d’eux, deux policiers et plusieurs dizaines de civils – une majorité de femmes -, rigolards et vengeurs. Pendant ce temps, les combats contre l’armée allemande en retraite continuent en ville. Ils cesseront seulement le 19 août. En 1941, baccalauréat en poche, la jeune Simone a obtenu un emploi d’interprète dans les services allemands d’occupation, d’abord à la caserne Marceau, puis au centre de placement allemand […]. Cette même année, elle tombe amoureuse du soldat allemand qui gère la librairie militaire allemande […]. Fin 1942, le soldat est muté sur le front de l’Est soviétique. Quand Simone apprend qu’« Erich » a été blessé et ramené en convalescence dans la région de Munich, elle n’hésite pas à s’engager comme travailleuse volontaire dans la capitale de Bavière, où elle retrouve effectivement son amant en septembre 1943. Et où elle tombe enceinte…, ce qui lui vaut d’être rapatriée en France fin novembre 1943. Dans la nuit du 24 au 25 février 1943, cinq voisins des Touseau, dans un rayon de vingt mètres autour du domicile de ces derniers, sont arrêtés par la police de sûreté allemande (SD ou Gestapo). Ils ont été dénoncés par un informateur comme « ennemis de l’Allemagne » parce qu’ils écoutent la radio anglaise. Henri Godard, Didier Hée, René Ligneul, Fernand Guilbault et Edouard Babouin sont conduits à la prison de la rue des Lisses toute proche. Godard est libéré le lendemain : il ne possède pas de poste de radio TSF ! Par contre, les quatre autres sont transférés successivement à Orléans et Compiègne avant leur déportation au camp de concentration autrichien de Mauthausen. Fernand Guilbault et Edouard Babouin ne reviendront jamais de captivité : ils meurent respectivement le 4 décembre 1943 et le 31 juillet 1944… La famille Touseau est accusée de dénonciation. Après les événements du 16 août, les deux femmes sont incarcérées à la maison d’arrêt de Chartres jusqu’en octobre 1944, date de leur transfert pour le camp d’internement de Pithiviers. Georges Touseau […] et sa fille aînée Annette (à qui échoit la garde du bébé de Simone) échappent à la mesure carcérale. Mais tous les quatre sont officiellement « prévenus d’avoir postérieurement au16 juin 1940 soit sciemment apporté en France ou à l’étranger une aide directe ou indirecte à l’Allemagne ou à ses alliés, soit porté atteinte à l’unité de la nation ou à la liberté et l’égalité des Français », délit prévu par l’ordonnance du 26 décembre 1944. Source : Gérard LERAY, http://tonduechartres.wordpress.com/2009/11/29/la-photo-de-la-honte Document 2 : « Les tontes de femmes à la Libération sont devenues le symbole de l’épuration. Trop souvent considéré comme une explosion spontanée à l’encontre des seules femmes ayant eu des relations avec les Allemands, le phénomène est mal interprété. […] Près de 20000 femmes subirent ce châtiment, non à la place d’un autre, ou parce qu’on leur reprochait une collaboration sexuelle, mais bien parce qu’elles étaient des femmes. Comme les collaborateurs hommes, certaines furent fusillées, internées, passées à tabac, mais aussi jugées et condamnées, parfois libérées. Mais elles subirent en plus la tonte de leur chevelure, une des principales marques de la différence des sexes. Refusant de considérer leur engagement comme politique, on l’assimilait alors à de l’immoralité : un adultère à la nation. Le corps coupable devait être puni, la tonte permettait d’en faire la démonstration aux yeux de tous par une mise en scène publique. […] Par les arrestations, les mises à sac, les tontes, chaque village, chaque quartier participait à la libération du territoire, au redressement du pays, mais aussi à la réaffirmation de l’autorité masculine sur le corps des femmes. L’accession, enfin, à la citoyenneté politique (1) ne devait en aucun cas signifier pour les femmes le droit au contrôle de leur propre corps. » Fabrice VIRGILI, « La France des années noires », in Dermenjian (G.), Jami (I.), Rouquier (A.), Thébaud (F.), La place des femmes dans l’histoire. Une histoire mixte, Belin/Mnémosyne, Paris, 2010, 415 p. 1. Les femmes obtiennent le droit de vote en avril 1944. I° Présentation de la photographie. Nom de la photographie : Auteur (courte biographie) : voir doc 1 page 198 Format : Indication sur la technique : noir et blanc/ papier baryté : Le papier baryté est un papier photo destiné au tirage argentique en noir et blanc. Support épais qui offre une surface glacée très lisse et un blanc obtenu à partir de sulfate de baryum (ou baryte). Très bonne conservation dans le temps, sa tenue en main et très beau rendu, avec des noirs très profonds. Date : Lieu de conservation de la photographie : agence photo Magnum Contexte historique : Prise de vue (position du photographe, angle de vue) : II° Analyse de la photographie 1) Décris les 3 plan. 2) Nomme, dans les cases, les différents personnages de la photo et leurs action à l’aide du doc 1. 3) Trace les lignes directrices sur la photographie. III° Interprétation 1) Quelle impression cette photographie te laisse-telle ? 2) Quel est selon toi le message du photographe ?
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