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l’alimentation Lyophilisation : les Français se jettent à l’eau Un plat peut se conserver jusqu’à vingt-cinq ans à température ambiante ! Et sans conservateurs. Les sportifs de l’extrême et les navigateurs du Vendée Globe ne sont plus seuls à manger des plats déshydratés. Et si cette technique était l’avenir de la conservation des aliments ? le département Caractérisation et élaboration des produits issus de l’agriculture de l’Inra (Institut national de recherche agronomique). Lyophilisés, les légumes et les fruits perdent de 90 % à 95 % de leur poids, les viandes et poissons de 60 % à 80 %. Avec des qualités nutritives intactes, ou presque. Les bactéries utiles à notre organisme souffrent en effet moins qu’avec d’autres techniques de conservation comme la déshydratation par la chaleur ou l’appertisation (la stérilisation à la chaleur). Idem pour les vitamines, qui s’oxydent au contact de l’oxygène. « Comme les produits sont séchés sous vide, il n’y a pas d’oxydation », explique Romain Jeantet, chercheur pour l’Inra à l’Agrocampus Ouest de Rennes, en Ille-et-Vilaine. L’absence d’oxygène et d’humidité empêche les bactéries et les moisissures de proliférer et les enzymes de déclencher des réactions chimiques néfastes. Dans un emballage hermétique, à l’abri de l’humidité, de la lumière et de l’oxygène, un plat lyophilisé peut se conserver jusqu’à vingt-cinq ans à température ambiante ! Et sans conservateurs. Par ALEXANDRA BOGAERT C Fraises, café, abricots, estragon : on lyophilise à tout-va. La bonne nouvelle pour les papilles, c’est que la gamme des plats ne se limite plus aux spaghettis bolognaise ou au hachis parmentier. Désormais, une quinzaine de marques – dont deux françaises – proposent loup de mer aux crevettes, ragoût de gibier, truffade auvergnate, fondue quatre fromages, etc. Et pour le dessert, mousse au chocolat ou salade de fruits, qui, réhydratées, reprendront leur aspect, taille et texture d’origine. La lyophilisation consiste en effet à sécher sous vide des aliments par le froid, à 72 février 2013 terra eco basse pression. L’eau contenue dans la nourriture passe de l’état liquide à l’état solide (glace) puis directement à l’état gazeux (vapeur) – jusqu’à son évaporation complète – sans repasser par la phase liquide : c’est la « sublimation ». Cette technique « préserve la structure, la texture, l’arôme et la capacité de réhydratation [des denrées] mieux que la plupart des procédés existants », assure Truffe et caviar s’y mettent nicolas sartore - office de tourisme de menton Le parmentier concurrencé bert folsom - fotolia / roblan - fotolia / bert folsom - fotolia / reikan photography - fotolia ’est un effet indirect de Fukushima. Depuis la catastrophe japonaise, un secteur de l’agroalimentaire français a explosé : celui des repas lyophilisés. La société lorientaise Saveurs et logistique – et son site Lyophilise.fr – a ainsi vendu dix fois plus de portions individuelles en novembre dernier qu’à la même période en 2011. La marque américaine Mountain House, qu’elle distribue, a vu ses résultats doubler en un an. Et Lyophilise.fr a vendu 85 000 portions, dont 40 % vouées à être stockées dans les placards des maisons. « Les gens se disent : “ Au cas où… ” », explique Ariane Pehrson, créatrice de Saveurs et logistique, citant ce client qui, après avoir subi une inondation, refuse désormais de dépendre des secours. Ou cet homme qui, de peur de se retrouver au chômage, a décidé de stocker des repas lyophilisés « ne sachant pas si, dans un mois, il aura des sous pour manger ». Tout, a priori, peut être lyophilisé. Mais certains ingrédients ne se laissent pas ratatiner facilement. C’est le cas des produits très sucrés – le miel, le raisin –, très salés ou très gras – l’huile végétale ne contient pas d’eau. Les plats lyophilisés sont donc souvent plus sains que les repas tout prêts vendus au supermarché, même si le prix n’est pas le même (entre 4,10 et 11 euros le plat). Alors la lyophilisation, technique 100 % vertueuse ? Ce serait trop beau. « Le coût énergétique est cinq à dix fois plus important que pour un séchage classique » par la chaleur, explique Romain Jeantet. « Il faut quarante-huit heures pour lyophiliser un centimètre d’aliment, c’est pourquoi ils sont toujours découpés en petits morceaux », complète Réjane Falières, cofondatrice de Falièresnutrition, qui a équipé son entreprise agroalimentaire des Landes de panneaux photovoltaïques pour compenser (un peu) sa conso d’énergie. L’ère du régime sec pour tous n’est pas encore arrivée. — EN VOILÀ DES méTHODES ! Pour conserver les aliments sans les farcir de produits chimiques, les solutions ne manquent pas. Le principe est toujours le même, empêcher la prolifération des micro-organismes et retarder l’oxydation des graisses, qui donne au produit un goût rance. Pour cela, trois grandes solutions. La conservation par le froid, qui ralentit les micro-organismes, les méthodes traditionnelles comme le séchage naturel ou le salage, et le traitement par la chaleur. Mais il en existe d’autres : votre salade sous plastique est ainsi conservée par l’injection d’un mélange gazeux chiche en oxygène, qui ralentit l’activité microbienne, tout en conservant l’humidité. — Pour aller plus loin Le site de Saveurs et logistique www.lyophilise.fr Le site de Falières-nutrition www.cabac.net La page de l’Inra sur les méthodes de conservation des aliments www.bit.ly/5iHG5H Miss BoUFFE racontE… Le béton contre le citron de Menton E t si le fruit de la tentation était un citron ? Celui de Menton est si doux que son quartier se croque avec la peau et le zeste. Lorsque l’Hexagone pleure sous les gelées, le divin agrume arrive à maturité dans le microclimat du petit port des Alpes-Maritimes. A l’heure des carnavals, Menton fait parader des chars à son effigie. Mais l’âge d’or n’est plus. Elle est loin la fin du XIXe siècle, quand 35 millions de citrons partaient annuellement, dans du papier de soie génois, vers la Russie et l’Amérique ! Maladies et gelées tuèrent une partie des arbres en 1956. Mais le pire ennemi du citron, c’est le béton ! Les terrasses et leurs citronniers ont été grignotés par les villas. L’Association pour la promotion du citron de Menton s’emploie depuis 2004 à les replanter, en subventionnant l’achat de plants, et la mairie lance des baux agricoles sur des terrains en friche. Une douzaine d’agrumiculteurs produisent aujourd’hui 100 petites tonnes qui filent chez les chefs étoilés ou les parfumeurs voisins de Grasse. Des faux circulent même, venus d’Italie. Les Mentonnais attendent, eux, une Indication géographique protégée (IGP) pour sauver le magot. — La crêpe Suzette, invention de Menton, est arrosée de jus d’orange. Qu’à cela ne tienne, en ces temps de Chandeleur, vive la crêpe au citron ! terra eco février 2013 73
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le citron de menton
> Dans un saladier, casser les 2 œufs et verser le sucre
dessus, bien battre au fouet afin d’obtenir un mélange
mousseux, ajouter alors la crème épaisse ainsi que le zeste
d’un citron.