Le travail de puissance chez le trotteur
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Le travail de puissance chez le trotteur
BO .s.slER :r LE TRAVAIL DE PUISSANCE CHEZ LE TROTTEUR Le cheval Trotteur effectue des performances en course qui durent entre 3 et 5 minutes. Il est considéré comme un athlète de demi-fond (Barrey 1990, Auvinet et Demonceau 1991) ; en conséquence, il doit effectuer, pour affiner sa préparation aux courses, des séances d’entraînement de puissance. L a pratique des séances de puissance maximale aérobie est nouvelle et ses effets physiologiques sont encore mal connus chez le Trotteur. Nous proposons ici de mieux les cerner par l’étude de divers exemples. LE TRAVAIL DE PUISSANCE : ASPECTS THEORIQUES Le but d’un tel travail est d’effectuer un travail maximal faisant intervenir les filières énergétiques aérobie et anaérobie lactique (= travail mixte). Concrêtement, cela signifie: pour la filière aérobie travailler à fréquence cardiaque maximale ou sub-maximale (Fcmax) La FC maximale est une variable individuelle que I’on détermine par un suivi de la FC en course. D'après une étude menée sur 12 Trotteurs de 2 à 7 ans, la FC maximale moyenne (+ intervalle de confiance à 95%) est comprise entre 216 f 3 bat./min et 239 f 1 bat./min (Auvinet et Couroucé, 1995). i pour la filière anaérobie obtenir une lactatémie finale supérieure à 20 mmol/l (valeur retenue suite à l’évaluation de la capacité lactique du cheval en course). - : ; : Anne Couroucé, D. Dauverné, 0. Geffroy, B. Auvinet. Pégase-Mayenne, Dé rtement de médecine du sport, rH de Laval, 5301 5 Laval cédex. 26 E n travaillant à FCmax, le cheval peut développer sa consommation maximale d’oxvgène (VO2max). De plus, l’obtention d’une lactatémie aprèstravail élevée, permet d’abaisser la vitesse d’accumulation du lactate avec l’augmentation de l’intensité de l’exercice. Le cheval P 24 + - suivre un cycle de travail de capacité de 2 mois minimum ; - précéder la période de courses ; comporter au minimum 2 séances espacées de 8 à 10 jours en alternant avec des travaux de désaturation. Un travail de puissance est toujours précédé d’un test d’effort de terrain permettant le calcul des paramètres suivants -V2= vitesse pour une Iactatémie de 2 mmol/l - FC2 = fréquence cardiaque correspondant à V2 V4 = vitesse pour une lactatémie de 4 mmol/l - FC4 = fréquence cardiaque correspondant à V4. : : - tolère alors mieux l’effort qui lui est demandé en course (Fig. 1). Le déroulement Le travail de puissance est un travail fractionné maximal. II se c o m p o s e d e x séries, ellesmêmes constituées de y répétitions (Fig. 2). modulée par : le nombre de répétitions ; -le nombre de séries la durée et la vitesse de l’intervalle de repos - la durée et la vitesse de la phase d’accélération. Chaque répétition doit amener à une FC et une vitesse - ; ; *Si FC Î et V Î d'une répétition à l’autre, il faut continuer les répétitions *Si FC 1‘ et V k il ne faut pas rajouter de répétition et arréter la série *Si le cheval fait une faute d’allure, quels que soient les paramètres, il ne faut pas tenir compte de cette répétition et recommencer. ; : ; La décision d’effectuer ou non une série supplémentaire doit ê t r e laissée à l’entraîneur. L e choix de la durée de l’intervalle de repos et des périodes de travail se fait en fonction des filières énergétiques q u e l’on veut développer. Deux modalités de travail ont été ici envisagées le 30/30 (30” d’accélération et 30~ de récupération) et le 60/60 (60. d’accélération et 60. de récupération) : La place d’un travail de puissance dans une programmation d'entraînement Un cycle de travail de puissance doit (Demonceau, 1992) : ; ; La V4 est assimilée à la capacité aérobie de l’athlète (Persson, 1983 ; Clayton, 1992, Hodgson et Rose, 1994). Des valeurs m o y e n n e s s o n t calculées en fonction de l’âge et de la piste de réalisation du test d’effort et les chevaux peuvent alors être classés en fonction de la valeur de ce paramètre (V4 basse, moyenne ou élevée). En fonction des résultats du test d’effort (capacité aérobie m o y e n n e ou bonne pour la tranche d’âge considérée), de la charge de travail effectuée au préalable à l’entraînement (cycle d’au moins 2 mois de travail foncier) et de l’avis de I’entraîneur et du vétérinaire traitant, le cheval peut alors entamer un cycle de travaux de puissance. * Travaux de désaturation Contrôle Après un travail de puissance, des enzymes musculaires des travaux de désaturation (2 Deux prises de sang sur tube fois 5 minutes à la V2 et/ou la sec sont effectuées après un traFC2 calculée du cheval) sont vail de puissance afin de contrôeffectués tous les 2 ou 3 jours. ler l e s enzymes musculaires La FC et la vitesse (V) pendant (Créatine P h o s p h o K i n a s e ce travail sont enregistrées. L a (CPK) e t Transamino 0xalo lactatémie post-travail est égale- Acétate (SGOT)) : ment mesurée. - l’une 3 heures après le travail Ces travaux constituant un pour contrôler les CPK (normatest de récupération, on consi- le < 250 U I / l ; dère que : - l’autre 24 heures après le tra* le cheval a bien récupéré vail pour contrôler les SGOT lorsque. pour un travail effectué (normale < 350 UI/l). à FC2 et V2 théoriques, la lactatémie finale est proche de 2 Contrôle d’indices de forme mmol/l (comprise entre l,5 et Dans les 3 jours suivant un travail de puissance, différents 2,5 mmol/l) le cheval a mal récupéré si, points sont notés pour un travail effectué à V2 - la température rectale théorique la FC est supérieure le matin au box à F C 2 et/ou la lactatémie est - l’appétit supérieure à 2,5 mmol/l. - la gaité Dans le cas d’une mauvaise l’apparition ou non récupération, les chevaux contide molettes. nuent d’effectuer des travaux de désaturation jusqu’à c e q u e LE TRAVAIL leurs paramètres soient redeve- DE PUISSANCE : nus normaux ASPECTS PRATIQUES Travail foncier préliminaire indispensable * Travaux de capacité Le contrôle, du point de vue de I Les chevaux doivent, doicent, non non seula lactatémie. de 4 minutes de lement présenter un paramètre travail à la V4 du cheval permet V4 moyen ou bon pour leur âge de suivre l’évolution de la capa- et la piste de réalisation du test cité aérobie de l’athlètc d’effort, mais avoir également * Si la capacité aérobie se maintient, l’entraîneur p e u t p r o - dant au moins 2 mois grammer d’autres séances de de type 3x3 minutes à la V4 du puissance ou engager son cheval cheval). en course Les cas de E1, mâle de 3 ans, a à l’inverse, si la capacité aéro- et de Dl, mâle de 4 ans, peubie décroit, il est conseil1é d’en- vent illustrer l’importance d’un tamer un cycle de désaturation travail foncier préalable. Au et d’arréter l a programmation moment de la réalisation d e s des travaux de puissance afin de travaux de puissance, en mai laisser le cheval récupérer. 1 9 9 5 , E l et Dl présentaient ; * : ; - : - 28 ; : ; ; tous deux une très bonne V4 pour leur âge. La différence fondamentale entre ces 2 chevaux était leur niveau de préparation travail foncier important pour E1 et inexistant pour Dl. Ils ont effectué, ensemble, un travail de puissance le 9 mai à la suite d u q u e l ils ont réagi très diffé-remment. E1 a bien toléré le travail alors que Dl l’a mal supporté (Tableau 1). : Le déroulement "idéal" d’un travail de puissance Nombre de séries et de répétitions Dl, mâle de 4 ans, D2, femelle de 4 ans et E1, mâle de 3 ans, ont effectué un travail de puissance le 9 mai (Tableau 2, Fig. 3) pour D2, le déroulement du travail de puissance a été idéal (FC et V en progression sauf lors de la dernière répétition qui a correspondu à l’arrêt du travail) l pour El, des répétitions supplémentaires auraient été nécessaires (FC et V en progression constante lactatémie finale basse) pour Dl, la deuxième série était de trop car on observe un plafonnement de la vitesse lors de la première série pour une FC en augmentation. * : ; * : ; L’allure du trot de récupération entre 2 répétitions est très importante. En effet, plus la vitesse sera importante et plus la dureté du travail augmentera. Les cas de D 1 et D3, mâles de 4 a n s , illustrent ce point EquAthlon . Vol. 7. Numéro 27. septembre 1995 l E1 l (D3) = 651 m/mn). La différence fondamentale existant entre le travail de ces 2 chevaux I est le temps et la vitesse de récupération entre les répétitions. Ceci aboutit à une lactatémie finale beaucoup plus basse pour D3 que pour D 1. Le travail de puissance n’a alors pas le même impact. D1 Mathews, 1989). II en est de même chez le cheval. Divers travaux de puissance ont été effectués (tableau 4) : . type 30/30 (30 secondes de «bout vite» et 30 secondes de récupération au trot) ; . type 60/60 (60 secondes de "bout vite" et ‘60 secondes de récupération au trot). On constate, à travers cet exemple, qu’une accélération sur une minute conduit à une FC maximale plus basse (exprimée en % de la FC maximaIe connue du cheval) qu’une accélération sur 30 secondes. Ce ~atravail étant réalisé à une FC moins élevée, l’athlète développe moins sa filière aérobie. (tableau 3). Ces 2 chevaux présentaient une bonne capacité aérobie pour leur âge (V4 (Dl) = 649 m / m n et V4 : : Le contrôle de la récupération du cheval dans les jours qui suivent L’exemple de Dl (Tableau 1) montre l’importance du contrôle de certainsparamètres afin de savoir comment le cheval a tolé29 minutes de travail à V4. l Les enzymes musculaires (CPK et SGOT) doivent être contrôlées. * D i v e r s paramètres (appétit, gaité, température rectale au box,...) doivent être notés. CONCLUSION Cette étude préIiminaire permet d’apporter des réflexions sur l’organisation d’un travail de puissance (nombre de répétitions, nombre de séries, durée et vitesse du temps de travail et de ré le travail. Ceci permet ensui- demander le maximum à son te à l’entraîneur de pouvoir cheval sans toutefois le pousser l'intervalle de repos, . ..). Cela gérer au mieux l’entraînement à la faute. Les premières accélé- permet également d’évaluer la et de programmer ou non de rations sont ainsi plus difficiles place d’un tel travail dans une d’entraînement nouvelles séances de puissance à gérer et le travail de puissance programmation Les travaux de désaturation ou doit être précédé d’un échauffe- et de pouvoir, ainsi, gérer au de capacité aérobie de ce cheval m e n t conséquent (15 à 2 0 mieux les périodes précédant et n’ont pas été contrôlés après les minutes au petit trot puis 4 à 5 suivant les travaux de puissance. Il sera tout particulièrement deux séances de puissance qu’il minutes à la V4 du cheval avant a effectuées à 8 jours d’interval- de débuter le travail de puissan- intéressant, dans l’avenir d'affiner la programmation de cess le. Cependant, suite à ces tra- ce proprement dit). vaux, le cheval a couru sans suc* La FC doit être proche de la séances er notamment de pouvoir gérer la place du travail de cès. II a été 6 soumis aà un test FC maximale. d’effort en juin et pt&entait présentait * La lactatémie finale doit être puissance précédant le premier engagement en course. a l o r s u“ne n e capacité aérobie e n supérieure à 20 mmol/l. baisse (-35 m/mn en 1 mois et l Le nombre de répétitions est L’incidence d’un tel travail demi). fonction de la progression de la effectué peu avant la course sur les performances du cheval FC et de la vitesse EN RESUME tant que la FC et la V aug- pourrait être ainsi étudiée. Les chevaux qui ont effectué 1 - AVANT mentent, le cheval peut contic e s séances expérimentales d e un travail de puissance nuer les répétitions un cycle de 2 mois minimum si la FC augmente alors que la puissance ont réalisé de 1 à 3 d c capacité aérobie est indispen- vitesse diminue, il faut arréter séances à 8 jours d’intervalle. L’entraîneur a senti, pour cersable les répétitions. - un bon niveau de capacité l Le nombre de séries est à l’ap- tains d’entre eux, un changg e ment très net de leur comporteaérobie est requis (V4 moyenne préciation de l’entraîneur. ment en compétition ce qui ou bonne en fonction de l’âge, s’est traduit d’ailleurs par l’obdéterminée par un test d’effort 3-APRES tention de meilleures perforde terrain). un travail de puissance * Les travaux de désaturation mances. 2 - LORS doivent être contrôlés du point d’un travail de puissance de vue des lactates et de la FC. * Le travail effectué doit être * La capacité aérobie doit être maximal : l’entraîneur doit contrôlée par la réalisation de 4 - - 30 : ; Remerciements Nous dédions cet article à la mémoire d e Paul Delanoé, entraîneur, qui a soumis ses chevaux aux tous premiers travaux de puissance et qui nous a permis d’entamer cette réflexion et d’aboutir aujourd’hui à l’élaboration de ce travail.