Un coup de foudre nommé Johnny
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Un coup de foudre nommé Johnny
Nanette Workman Rock’n’Romance 37 leSoleil mardi 18 novembre 2008 Passions et dépendances Valérie Lesage [email protected] Rock’n’roll, Nanette? Oui, et plus que vous ne pouvez l’imaginer! À la lecture de Rock’n’Romance, la biographie signée Mario Bolduc (Libre Expression), on ne cesse de s’étonner devant le parcours tumultueux de la belle Nanette. De son agression sexuelle à sa dépendance aux drogues dures, de ses collaborations avec les Rolling Stones à ses rendez-vous manqués avec le vedettariat planétaire, l’ennui n’a jamais rendez-vous dans ce livre étonnant qui nous fait entrer dans une autre époque, en même temps qu’il nous plonge dans l’intimité d’une star qui a survécu au yé-yé. «Si j’avais vraiment voulu avoir une carrière internationale, je l’aurais eue. Mais ce n’est pas quelque chose que j’ai raté, parce que j’ai eu du succès dans beaucoup de choses. J’aime être en contrôle de ce que je fais et dans les trucs plus vastes, on perd le contrôle», explique Nanette, de passage à Québec hier pour la promotion du livre. Toute de noir vêtue, une ceinture Harley Davidson à la taille, Nanette ajoute que la carrière internationale, c’était peut-être davantage le rêve de sa mère, Beatryce. Mais plusieurs fois dans sa vie, à New York, à Londres ou à Paris, du yé-yé au rock, en passant par le disco, Nanette est passée à un cheveu de toucher ce rêve. Les nombreux hommes de sa vie, des musiciens pour la Nanette à quatre ans. — CETTE PHOTO ET CELLE DE DROITE SONT EXTRAITES DU LIVRE PARU AUX ÉDITIONS LIBER EXPRESION grande majorité, ont été éblouis par son talent. Johnny Hallyday, qui avait promis de marier la belle Américaine et de lui ouvrir les portes de la gloire, voyait en elle le croisement entre Édith Piaf et Tina Turner. «Avec Hallyday, j’étais en amour avec lui. Pour moi, l’amour était plus important que la carrière. Les deux n’ont jamais marché ensemble. J’aurais pu faire une carrière plus large avec ces hommes (Hallyday, Peter Frampton et d’autres), mais la grande carrière toute seule ne me tentait pas.» L’amour passait tellement avant tout que Nanette a déjà refusé de faire la première partie de la tournée des Wings parce que son chum jaloux, Angelo Finaldi, estimait que Nanette et son groupe ne seraient pas à la hauteur! «C’est quoi un mauvais coup? Si on dit un bon ou un mauvais coup, on émet un jugement. J’essaie de ne plus le faire. J’ai fait des coups désavantageux, mais je suis sortie gagnante. J’ai appris à connaître le monde et à devenir empathique», dit-elle sans le moindre regret. «J’AI AIMÉ L’AMOUR...» Dans les années 70, les journaux à potins en ont dit long sur les ravages de la drogue dans la vie de Nanette Workman. Mais qui savait qu’elle a été héroïnomane? Qui savait qu’elle s’en est sortie toute seule, à force de volonté? «La drogue et l’alcool, à l’époque tout le monde le faisait. On était tous dans le même bateau. Ça n’a pas tant changé, je pense. C’est peut-être un peu moins répandu, mais aujourd’hui il y a d’autres drogues, comme le crack. La drogue, on en parlait beaucoup à l’époque dans les journaux parce que c’était nouveau.» Évidemment, les relations amoureuses de Nanette ont aussi fait la manchette : Tony Roman, Pagliaro, Serge Fiori... La vie de Nanette, c’est une suite de passions et de dépendances. «Je ne sais pas c’est quoi le vrai amour finalement. J’ai aimé l’amour, j’ai été passionnée, mais quand je sentais qu’il n’y avait plus de passion, je m’en allais. C’est noir ou blanc, jamais gris pour moi. Je ne reste pas pour travailler une relation. Je suis comme ça», remarque-t-elle en l’acceptant et sans chercher plus à comprendre. D’ailleurs, si Nanette a choisi de raconter sa vie à 62 ans, elle jure que ça n’a rien à voir avec des volontés thérapeutiques. «C’est juste parce que c’est une bonne histoire! Je crois que les gens auront du fun à la lire. Tout ce que j’ai vécu, c’est intéressant. Les hauts, les bas, c’est pas une histoire plate...» C’est une bonne histoire! Je crois que les gens auront du fun à « la lire. Tout ce que j’ai vécu, c’est intéressant. Les hauts, les bas, c’est pas une histoire plate...» — Nanette Workman Un coup de foudre nommé Johnny PHOTO LE SOLEIL, JOCELYN BERNIER Johnny Halliday et Nanette Workman sur la photo de couverture du magasine mlle âge tendre de juin 1972. Extrait de Rock’n’Romance C’est la première journée, le travail commence à peine. Nanette répète une chanson avec Doris et Madeline lorsqu’elle aperçoit un beau grand gars entrer dans la salle de contrôle. Tout le monde l’entoure : le voilà, le fameux Johnny, ou plutôt Djeuni comme disent les Français. Il redresse la tête et sourit aux choristes. Quand le regard du rocker croise le sien, Nanette se sent défaillir. Coup de foudre! Jamais un homme ne lui a fait un tel effet! Tout le temps de la répétition, Nanette ne peut le quitter des yeux, mais Johnny ne semble pas s’en rendre compte, ou fait mine de ne rien voir. «J’ai utilisé tous les trucs possibles pour le séduire, avouera Nanette. Je voulais cet homme et il n’y avait rien ni personne au monde qui pouvait m’empêcher de lui mettre le grappin dessus!» Comme prévu, Johnny succombe. Il ne faut pas plus de jours à Nanette pour lui régler son sort, à celui-là. La chambre d’hôtel de la star devient son pied-à-terre, elle s’y retrouve tous les soirs, dans les bras de son nouvel amant. (...) Auprès de Nanette, Johnny se vide le cœur. Il lui parle de la relation agitée qu’il entretient avec Sylvie Vartan. Johnny est loin d’être un mari fidèle, au contraire, même si le public français s’efforce d’y croire. Des groupies le suivent partout, il ne se gêne pas pour en profiter. (...) Nanette se sent un peu moins responsable de briser son ménage, tout à coup, même si son niveau de culpabilité n’était pas très élevé au départ!
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