Miniaturisation et microgreffe de cheveux
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Miniaturisation et microgreffe de cheveux
Miniaturisation et microgreffe de cheveux Dr Jack Smadja Centre Sabouraud, Hôpital Saint-Louis, Paris, France Définition de l’alopécie androgénique (AAG) L’alopécie androgénique de la femme est définie par une miniaturisation diffuse et progressive des cheveux avec une diminution de la densité capillaire des régions frontale et du vertex, tout en respectant une bande frontale antérieure (Fig.1). Jusqu’à présent c’est la classification clinique de Ludwig (Fig. 2) qui permettait de définir le stade évolutif de l’AAG, ainsi que celle de Norwood –Hamilton dans les cas d’atteinte de type masculine. Cependant ces classifications ne peuvent rendre compte que d’une évolution tardive de l’atteinte alopéciante, car il est avéré qu’une alopécie devient visible à l’œil nu à partir d’une diminution de plus de 50% de la densité globale. Ce qui explique l’écart important entre ces classifications et le début du développement du processus de l’AAG. Grade I Fig. 1 : AAG Ludwig III Grade II Grade III Fig. 2 : classification de Ludwig Physiopathologie L’évolution de l’alopécie se fait par un processus de transformation des cheveux terminaux en cheveux de type duvets <40µ, sous l’influence de facteurs génétiques et hormonaux. Le phénomène de miniaturisation des cheveux est caractérisé par la diversité des diamètres des cheveux [1], la diminution de leur croissance de pousse linéaire, et la diminution de la densité capillaire à un stade plus tardif. Méthode La méthode de mesure quantifiable de l’alopécie androgénique de la femme par vidéomicroscope (Folliscope*), est une procédure simple qui se fait par macrophotographie d’une petite zone du cuir chevelu. Cet examen est facilement accepté par les patientes, car il n’est pas utile de raser la zone à étudier. Il est reproductible, et permet d’explorer une AAG en spécifiant les différents critères d’évolutivité de l’alopécie. C’est aussi un bon examen qui permet une aide décisionnelle dans la pose des indications opératoires de microgreffes de cheveux. Diagnostic La vidéomicroscopie a l’avantage de confirmer le diagnostic d’AAG par la visualisation de la diversité des diamètres des cheveux et par la mesure du taux de miniaturisation des cheveux > 20%. (Fig. 3) La mesure du taux de miniaturisation rend possible une évaluation de l’AAG. Il permet de détecter les premiers signes, non encore visibles à l’œil nu, de l’AAG, il permet de préciser les zones du cuir chevelu atteintes par le processus de miniaturisation et de suivre également l’évolution de l’alopécie, avec ou sans traitement. La vidéomicroscopie permet aussi de révéler les autres signes péripillaires de l’AAG : [2] (Fig. 4, 5, 6, et 7) Fig. 3 : diversité des diamètres des cheveux chez la femme: densité totale 151 chx/cm², miniaturisation 88% (Normal<20%) Fig. 4 : follicules vides, du au retard de début de la phase anagène Fig. 6 : halo brun autour de l’ostium folliculaire Fig. 5 : points jaunes, correspondant aux glandes sébacées et à la kératinisation de l’ostium folliculaire Fig. 7 : augmentation du réseau pigmentaire du à l’exposition solaire du cuir chevelu Sélection des bons candidats à la microgreffe de cheveux : • Dans le domaine de la microgreffe de cheveux, la vidéomicroscopie permet de préciser les bonnes et les mauvaises indications, en mesurant le taux de miniaturisation de la zone donneuse. Lorsque le taux de miniaturisation est supérieur à 20%, cela indique une atteinte de la zone occipitale par le processus de l’alopécie, contre indiquant l’intervention de prélèvement de cheveux de cette zone (Fig. 8). 25% des femmes atteintes d’AAG présentent cette forme diffuse, avec atteinte occipitale [3]. • La mesure du diamètre des cheveux est également un élément important qui permet d’anticiper le résultat cosmétique de la microgreffe. (Fig. 9, 10, 11). • Dans la zone receveuse un taux de miniaturisation important peut engendrer un effluvium télogène majeur après la transplantation capillaire. Ce phénomène doit être expliqué à la patiente (Fig. 12, 13). Fig. 8 : miniaturisation importante de la zone donneuse : Densité = 134 chx/ cm², Miniaturisation = 67%, ce qui contre indique une microgreffe de cheveux Fig. 9 : mesure du calibre des cheveux : les cheveux de plus gros calibre donneront un meilleur résultat de la microgreffe de cheveux Fig. 10 : cheveux épais, résultat après une séance de microgreffe Fig. 11 : cheveux fins ayant nécessité deux séances de microgreffe afin d’obtenir une densité suffisante et un meilleur résultat esthétique Fig. 12 et 13 : effluvium post chirurgical important, résultat à la repousse, après plusieurs mois. Conclusion La vidéomicroscopie est un excellent outil de diagnostic, elle permet de confirmer le diagnostic d’alopécie androgénique, en révélant la miniaturisation et la variabilité des diamètres des cheveux, ainsi que les autres signes péripillaires. Le résultat confirme la bonne vitalité de la zone donneuse, sans miniaturisation, et mesure aussi le diamètre des cheveux. La vidéomicroscopie permet une meilleure sélection des patients, en précisant les meilleures indications [4], elle anticipe les bons résultats après une microgreffe de cheveux. Elle permet également de suivre l’évolution des alopécies ainsi que l’efficacité des traitements prescrits. Références : 1. Lacharriere O, Deloche C, Misciali C, Piraccini BM, Vincenzi C, Bastien P, Tardy I, Bernard BA, Tosti A.Hair diameter diversity: a clinical sign reflecting the follicle miniaturization. Arch Dermatol. 2001 May; 137(5):641-6 2. Antonella Tosti, Bianca Maria Piraccini, Diagnosis and treatment of hair disorders, an evidence Based Atlas. Taylor & Francis 2006 3. Ekmekci TR, Sakiz D, Koslu A. Occipital involvement in female pattern hair loss: histopathological evidences. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2010 Mar;24(3):299-301. Epub 2009 Aug 23 4. Bernstein. Patient evaluation and the consultation. 9th Annual Meeting, Mexico, October 18-22, 2001 Tous nos remerciements au Laboratoire BIODERMA pour son soutien à la réalisation de ce poster.